La dynamique du secteur privé à Madagascar
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- Jean-Pascal Jean-René Labrie
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1 Agence Française de Développement Février 2000 Département des Politiques et Etudes Division de la Macro-économie et des Etudes Bertrand SAVOYE La dynamique du secteur privé à Madagascar 1
2 LA DYNAMIQUE DU SECTEUR PRIVE A MADAGASCAR SOMMAIRE Avant-propos I Les productions malgaches comparées à celles d autres économies en développement 1.1. Trois décennies de déclin 1.2. Une population parmi les plus pauvres d Afrique 1.3. Des productions agricoles encore modestes et une productivité agricole parmi les plus faibles d Afrique 1.4. Un tissu industriel relativement dense, mais au volume d activité restreint 1.5. Une fréquentation touristique encore minime II Atouts et handicaps des entreprises, évolution de leur environnement 2.1. Le point de vue des entrepreneurs 2.2. Un coût de la main d œuvre particulièrement attractif 2.3. Des avancées notables en matière de libéralisation de l économie 2.4. Mais la persistance de problèmes importants III La dynamique récente du tissu industriel : 3.1. Un tissu industriel densifié et rajeuni 3.2. Les succès de la zone franche industrielle compensent la poursuite du déclin de certains secteurs industriels traditionnels 3.3. Les sureffectifs et la faiblesse des capitaux immobilisés grèvent la productivité des entreprises malgaches 3.4. mais dopent leur taux de rentabilité économique 3.5. De 1994 à 1997, les entreprises ont peu investi IV Le financement des entreprises industrielles 4.1. Des financements bancaires marginaux 4.2. Un accès au crédit difficile 4.3. Le profil des sociétés bénéficiaires de crédits 4.4. La demande potentielle de financements de la part d entreprises saines est restreinte 4.4. Eléments de synthèse V Perspectives et priorités 5.1. A moyen terme, un potentiel économique à évaluer de façon réaliste 5.2. Un marché domestique restreint et un marché régional difficile à pénétrer 5.3. Les priorités selon les intéressés 5.4. Eléments d orientation pour une politique d appui au secteur industriel 2
3 Liste des tableaux et graphiques Annexes 1. Liste des personnes rencontrées 2. Sommaires des publications «Le secteur industriel formel à Madagascar» sur les exercices 1994, 1995, Méthodologie d exploitation des données d enquêtes industrielles 4. Les sources des données d entreprises au Cameroun et en Côte d Ivoire. 5. Questionnaire de l enquête annuelle industrie de 1998 sur l exercice Coûts détaillés des facteurs de production en
4 Remerciements Je remercie MM. Guenancia et Leveneur pour leur accueil chaleureux et leur disponibilité lors de la mission, et ce en dépit d un calendrier chargé (mission financière, mission du MEDEF), ainsi que Mme Nguyen pour son suivi constat et sa préparation du programme de travail depuis Paris. Je remercie également M. Roubaud, responsable du projet MADIO, et Mme Razafindrakoto, responsable des enquêtes industrielles au sein du projet MADIO, pour avoir mis à la disposition de l Agence Française de Développement, à titre gracieux, les fichiers de données des enquêtes industrielles et avoir apporté divers conseils pour leur exploitation informatique et statistique. 3
5 Avant propos Ce rapport fait suite à une mission à Madagascar qui s est déroulée du 21 juin au 2 juillet Cette mission avait pour objectif l analyse de la dynamique récente et des opportunités d investissements productifs privés à Madagascar 1, en s intéressant en particulier aux principaux obstacles rencontrés, et ce, à l aune des préoccupations des investisseurs privés. De nombreuses études macro-économiques ou de statistique industrielle ont été publiées ces dernières années et elles sont souvent de fort bonne qualité (en particulier celles réalisées dans le cadre du projet Madio 2 ). Néanmoins, il est apparu utile d apporter des éclairages complémentaires aux analyses déjà développées, plutôt que de se contenter de les synthétiser. Ceci pour deux raisons : - d une part, ce rapport est destiné à des lecteurs qui ont déjà une bonne connaissance de l économie et des entreprises malgaches, et des publications consacrées à ces questions ; - d autre part, ce rapport vise en premier lieu des finalités opérationnelles. Aussi s efforce-t-il de se centrer, en matière d appui au secteur privé, sur les domaines qui intéressent plus particulièrement l activité de l AFD et de sa filiale Proparco. Ainsi, une attention plus grande est portée aux entreprises formelles d une taille déjà conséquente, et qui pourraient faire l objet des financements du groupe. Ces éclairages complémentaire sont apportés - par des comparaisons systématiques du secteur productif malgache avec celui d autres pays en développement, et en particulier avec d autres pays d Afrique sub-saharienne ; il est en effet paru nécessaire, au fil des entretiens réalisés lors de la mission, de situer à leur juste échelle les performances actuelles, mais également les potentiels de l économie malgache ; ces comparaisons sont bien entendu à considérer avec une certaine réserve, compte tenu du peu de fiabilité des données statistiques dans nombre de ces pays. - par un exploitation informatique et statistique directe des données d entreprises collectées au cours de quatre enquêtes industrielles successives réalisées par le projet Madio, portant sur les exercices comptables 1994 à Ces données ont permis d effectuer des investigations ciblées sur les questions que se posent le groupe AFD dans sa politique de financements du secteur privé. Les analyses sont principalement centrées sur le secteur industriel. A la différence de la plupart des pays d Afrique sub-saharienne, ce secteur est en effet réellement stratégique à Madagascar. Il présente des attraits réels, du point de vue des coûts des facteurs de production, de la diversité de son tissu d entreprises ou encore de la qualité de la main d œuvre, qui expliquent le succès ces dernières années de la zone franche industrielle. En outre, la richesse et la fiabilité des données disponibles sur les entreprises de ce secteur offrent l occasion d approfondir certaines questions peu étudiées jusqu à présent en Afrique sub-saharienne, telles celle de la politique d investissements des entreprises et de leur accès au crédit. 1 Cet objectif correspond à une préoccupation formulée forte a de l AFD à Madagascar. 2 MADIO (Madagascar-Dial-Instat-Orstom) est un projet chargé d apporter aux autorités malgaches un appui à la réflexion macro-économique. Une partie de ses travaux s'inscrit dans le cadre de la réhabilitation de l appareil statistique national. Le projet a été cofinancé par l Union Européenne, l IRD (ex-orstom) et le Ministère français de la Coopération pour une durée de cinq ans ( ). 5
6 Cinq points sont traités successivement : - la faiblesse actuelle du secteur productif malgache, et en particulier de la production industrielle, au regard d autres économies africaines ou d économies en développement concurrentes ; - l évolution de l environnement des entreprises et les principales difficultés rencontrées par les industriels; - la dynamique récente des entreprises industrielles, leurs performances en termes de croissance et de rentabilité, et leur politique d investissements ; - les besoins et l accès aux financements externes des investissements des entreprises industrielles ; - les potentialités de croissance à moyen terme de l économie malgache et des éléments d orientation des politiques d appui dans les domaines du tourisme et de l industrie. 6
7 I - LA FAIBLESSE ACTUELLE DES PRODUCTIONS MALGACHES Si le niveau très bas du PIB par tête à Madagascar ne surprend guère, tant la pauvreté est un phénomène palpable dans ce pays, en revanche, son corollaire, c est-à-dire la faiblesse du PIB et de ses principales composantes sectorielles (les valeurs ajoutée agricole, minière, industrielle ou encore du tourisme) nous interrogent, surtout lorsqu on les compare à celles d autres pays africains moins dotés par la nature et apparemment moins industrieux. Aussi l on en vient à suspecter la qualité des données statistiques, exercice cartésien au demeurant salutaire, ou encore à soupçonner quelque effet monétaire de la dépréciation du franc malgache. Ce premier chapitre est consacré tout entier à ce paradoxe : un dénominateur, la population, à peu près incontestable, un ratio, le PIB par tête, tout à fait concevable, mais un numérateur, la somme des valeurs ajoutées du secteur productif, pour le moins surprenant (cf. tableau 1.1.). Les comparaisons internationales mobilisées sont bien entendu à considérer avec les réserves d usage en la matière : les classements ne sont pas à prendre «au pied du chiffre», mais comme des ordres de grandeurs. Nombre de pays africains n ont pas ou n ont plus actuellement de statistiques dignes de ce nom. A Madagascar, de nouveaux comptes nationaux ont été élaborés par l INSTAT, avec l aide de la Banque Mondiale, pour l année Le tableau 1-2 reprend en la synthétisant la ventilation sectorielle de l économie présentée dans le tableau d entrées sorties. Madagascar se situe en Afrique parmi les pays à dominante tertiaire (cf. tableau 1-3). A la différence des pays dits industrialisés, cette dominante tertiaire ne s explique pas par un dynamisme particulier des services marchands, mais plutôt comme la conséquence mécanique de la faiblesse des deux autres grands pôles, agricole d une part, industriel et minier d autre part. Certains pays africains font bien sûr exception tels les Seychelles, Maurice et dans une moindre mesure le Kenya, qui s appuient largement sur les recettes du tourisme, et surtout l Afrique du Sud, seul pays qui dispose d un secteur de services marchands réellement développé et diversifié. Tableau 1-1 : Classement en 1997 de Madagascar parmi les pays d Afrique sub-saharienne suivant différents indicateurs économiques Population (Millions d hab.) Position de Madagascar 1er pays d Afrique sub-saharienne 2ème pays d Afrique sub-saharienne 3ème pays d Afrique sub-saharienne 12 14,1 Nigeria 117,9 Ethiopie 59,7 RDC 46,7 PIB, millions de $ Afrique du Sud Nigeria Côte d Ivoire PIB/tête en parité de pouvoir d achat Maurice Botswana Gabon VA agricole, millions de $ Nigeria Afrique du Sud Cameroun VA industrielle, millions de $ (1995) Afrique du Sud Côte d Ivoire Nigeria Recettes touristiques, millions de $ Afrique du Sud Maurice 459 Kenya 400 Source : d après les World Table Indicators, Banque Mondiale 7
8 Tableau 1-2 : Répartition sectorielle de la valeur ajoutée à Madagascar en 1995, en millions de Fmg SECTEURS Valeur ajoutée Part dans le PIB AGRICULTURE ,1% Agriculture ,8% Elevage ,7% Sylviculture et chasse ,6% PECHE, AQUACULTURE ,9% INDUSTRIES EXTRACTIVES ,5% INDUSTRIE MANUFACTURIERE ,3% Industrie agricole et alimentaire ,6% Industries textiles et de confection ,7% Industries du bois ,2% Industries du papier et édition ,1% Industries chimiques ,6% Industries non métalliques ,2% Industries métalliques et mécaniques ,8% Industries électriques ,1% Industries diverses et du cuir ,1% ENERGIE, GAZ ET EAU ,9% CONSTRUCTION ,9% COMMERCE ,5% TRANSPORTS ET COMMUNICATIONS ,7% Transports de marchandises ,2% Transports de voyageurs ,1% Auxiliaires de transports ,6% Télécommunications ,8% ACTIVITES FINANCIERES ,2% SERVICES AUX ENTREPRISES ,6% SERVICES AUX PARTICULIERS, ,3% HOTELS SERVICES COLLECTIFS ,9% ADMINISTRATION PUBLIQUE ,8% TOTAL ,0% Source : Présentation AFD, à partir des données du TES de l'instat et de la banque Mondiale 8
9 Tableau 1-3 : Structures sectorielles des économies africaines en 1997 Répartition de la valeur ajoutée en % du PIB Agriculture et pêche Industrie extrac -tive et manuf., construction Commerce, services, transports Pays à dominante agricole (VA agricole > 40% PIB) TOTAL part de l'industrie manufacturière Congo, Dem. Rep. 57,9 16,9 25, Ethiopia 55,5 6,7 37, ,3 Central African Republic 54,1 18,0 27, ,6 Guinea-Bissau 53,8 11,0 35, ,0 Burundi 53,3 16,7 30, ,7 Sierra Leone 50,1 20,8 29, ,9 Mali 49,2 17,3 33, ,0 Tanzania 47,3 Uganda 43,8 17,3 38, ,2 Togo 41,8 20,8 37, ,7 Cameroon 40,9 21,5 37, ,3 Pays à dominante minière, pétrolière ou industrielle (VA > 40% PIB) Equatorial Guinea 23,1 67,2 9, Angola 9,3 62,0 28, ,2 Congo, Rep. 9,5 57,1 33, ,1 Gabon 7,5 55,4 37, ,6 Botswana 3,4 48,0 48, ,7 Nigeria 32,7 46,9 20, ,8 Lesotho 11,5 42,0 46, ,2 Swaziland 18,7 41,6 39, ,2 Pays à dominante tertiaire Djibouti 3,6 20,5 75, ,7 Seychelles 4,1 23,3 72, ,1 Cape Verde 8,7 21,4 69, ,5 Eritrea 9,3 29,5 61, ,6 Senegal 18,5 22,2 59, ,8 Mauritius 8,9 33,0 58, ,7 Sao Tome and Principe 23,3 18,7 58, ,9 South Africa 4,5 38,5 56, ,9 Zimbabwe 18,6 25,2 56, ,7 Namibia 10,7 33,4 55, ,0 Kenya 28,8 15,5 55, ,1 Gambia, The 29,9 14,8 55, ,1 Madagascar 31,6 13,5 54, ,2 Zambia 16,4 31,4 52, ,3 Cote d'ivoire 27,3 21,2 51, ,6 Comoros 38,7 12,8 48, ,3 Benin 38,4 13,9 47, ,4 Chad 38,8 14,8 46, ,2 Malawi 36,3 17,5 46, ,6 Mauritania 25,5 29,0 45, ,7 Mozambique 31,0 24,3 44, ,5 Niger 38,0 18,0 44, ,6 Guinea 22,6 35,3 42, ,4 Pays sans dominante Ghana 35,8 25,7 38, ,1 Burkina Faso 35,4 26,8 37, ,3 Rwanda 37,5 26,0 36, ,0 Source : AFD, d'après World Development Indicators, banque Mondiale 9
10 1.1. Trois décennies de déclin L économie malgache présente de 1965 à 1995 l une des récessions les plus marquées au monde. Ce déclin régulier ne s est interrompu que dans deux brèves périodes : à la fin des années soixante-dix (1979 étant «l année de l investissement à outrance») et à la fin des années quatre-vingt. La courte période de croissance de a été interrompue par la crise politique de 1991, qui s est prolongée jusqu aux élections de Au final, le PIB par tête en parité de pouvoir d achat, mesuré en dollars constants de 1995, a régressé à Madagascar de 367$ en 1960 à 230 $ en 1997 ; d un niveau proche de celui de la Thaïlande en 1960, il en représente désormais moins du dixième (cf. graphique1-1). Graphique 1-1 : Evolution du PIB par tête de 1960 à 1997 de Madagascar et de divers pays en développement, en $ constants de maurice botsw ana thaïlande Source : AFD, d après World Table Indicators, Banque Mondiale 1.2. Une population parmi les plus pauvres d Afrique rép, dominicaine indonésie côte d'iv oire madagascar Suite à ce long déclin, la population malgache apparaît aujourd hui comme l une des plus pauvres au monde. Madagascar se classe en 1997 au 147 ème rang sur 174 pays pour l indicateur de développement humain calculé par le PNUD et au 134ème rang pour le PIB par tête en parité de pouvoir d achat 3. En 1995, suivant les données de la Banque Mondiale, son PIB par tête en $ courants était au 31 ème rang des pays africains et au 32 ème rang en parité de pouvoir d achat (en dépit des fortes dépréciations du 3 Rapport Mondial sur le développement humain de 1999, PNUD,
11 franc malgache, le coefficient de parité de pouvoir d achat (PPA) n améliore en rien le classement de Madagascar, car ce coefficient s avère fortement corrélé avec les niveaux du PIB par tête). Parmi les nombreux indicateurs qui corroborent ces constats, on peut mentionner que 72% de la population se situe en deçà du seuil de pauvreté de 1$ par jour (en parité de pouvoir d achat de 1985), 74% de la population est privée d accès à l eau potable et 35% aux services de santé ; 1.3. Des cultures d exportation modestes et une productivité agricole parmi les plus faibles d Afrique Faute d enquête agricole récente, les données sur l agriculture, comme dans nombre de pays d Afrique, doivent être considérées avec réserve 4. L agriculture génère environ 32% du PIB malgache (cf. tableau 1-2). Sa valeur ajoutée se situait en 1997 au 13 ème rang des pays africains, soit un classement qui correspond à celui de la taille de sa population. Néanmoins, la productivité agricole ne serait que de 179$ en 1997, soit l une des plus faibles d Afrique (35 ème sur 41 pays classés, cf. tableau 1-4). Cette faiblesse s explique en premier lieu par le fait que l agriculture malgache est essentiellement orientée vers des productions vivrières tournées vers le marché local, donc peu rentables, à la différence des pays qui obtiennent les meilleures performances, tels Maurice (le sucre), le Gabon (la sylviculture) ou le Swaziland et la Namibie (tabac) ou encore la Côte d Ivoire (café, cacao, ). Les principales productions d exportation malgaches sont modestes au regard des autres pays d Afrique sub-saharienne : la production de café et les exportations de produits halieutiques n arrivent qu en sixième position, les productions de noix de cajou et de sucre respectivement en huitième et neuvième positions. Quant au traditionnel trio vanille - poivre - clous de girofle, il ne procure en 1998 dans son ensemble que les deux-tiers des ressources apportées par le seul café... Enfin, les exportations de crevettes représentent moins de 1% du montant des exportations mondiales de 1991, estimé à 5,1 milliards de $. Il faut noter néanmoins une progression notable de ces exportations au cours des dernières années, en volume de tonnes environ en 1995 à tonnes en 1999, et en valeur de 61 à 100 millions de $. Cette progression est d autant plus remarquable qu est intervenu en 1998 de la part de l Union Européenne une suspension d autorisation d exportation des petites et moyennes entreprises exportatrices qui ne disposaient pas d installations conformes aux normes sanitaires européennes en matière de traitement de produits frais. Dans ce domaine, Madagascar dispose d atouts indiscutables : eaux très peu polluées, qualité des crevettes cultivées et des crevettes sauvages pêchées. La faible productivité agricole malgache s explique également par les faibles rendements des cultures, faute d équipements ou d intrants suffisants. Ce problème était déjà signalé pour la riziculture dans le rapport de Leenhardt et Hirsch de : le rendement de la riziculture malgache, quasiment stable depuis le début des années 60, était de 1,7 tonne par hectare contre 4 tonnes par hectares en Asie, suite aux effets de la Révolution verte. Il a été récemment mis en avant par les résultats des observatoires ruraux mis en place dans le cadre du projet Madio : «à l exception remarquable d Antsirabe [ ], les observatoires consomment d infimes quantités d intrants de fertilisation ou de protection des végétaux» 6 et «l équipement agricole des ménages est des plus rudimentaires, le plus souvent limité à une angady, une faucille ou une hache». Il est également évoqué dans une analyse sur longue période 4 Le dernier recensement agricole remonte à Madagascar à Le riz et le problème vivrier malgache, R. Hirsch et B. Leenhardt, CFD, 12/ «Un aperçu de l état des campagnes malgaches en 1998», Madio, 12/
12 de F. Roubaud 7. Ce manque d équipements et d intrants s explique par la pauvreté des populations rurales, et, phénomène bien entendu lié, par l extrême réticence, selon R. Hirsch 8, «des paysans à modifier leurs pratiques culturales dès lors qu un effort financier, même minime, leur est demandé». En outre, s ajoute à ce comportement, «une tendance, aussi profonde que généralisée, à rechercher d abord l autosuffisance en riz du ménage, ce qui explique mieux à la fois le manque d ambition apparent de l immense majorité des exploitants et le faible dynamisme du secteur agricole». Cette tendance est encore accentuée par la faiblesse des prix offerts pour les surplus de production Un tissu industriel relativement dense, mais au volume d activité restreint En 1995, la valeur ajoutée de l industrie manufacturière (hors industries extractives, énergie et secteur du bâtiment et travaux publics) de Madagascar était estimée à 341 millions de $, soit un montant qui la classe au 15 ème rang des industries africaines, derrière celles de la Namibie, du Swaziland ou encore du Burkina Faso (cf. tableau 1-5)! Ce classement est plus déconcertant que celui de l agriculture. En effet, le tissu industriel malgache apparaît beaucoup plus étoffé que celui des pays sahéliens, voire même que celui du Cameroun. Phénomène rare en Afrique sub-saharienne, ce tissu n est pas fractionné en deux segments discontinus : les micro-entreprises d une part, les grandes entreprises, publiques ou filiales d entreprises étrangères d autre part. Il est animé par un nombre important de petites entreprises (c està-dire avec un effectif compris entre 6 et 50 personnes), lesquelles employaient en 1995 selon Madio environ personnes contre dans les moyennes et grandes entreprises 9. Pourtant, l argument de la mauvaise qualité statistique des données est difficilement opposable. En effet, pour Madagascar, cette estimation repose pour le secteur formel sur l enquête annuelle de l industrie réalisée par l INSTAT et Madio, menée avec un grand sérieux, et pour le secteur informel sur une extrapolation au niveau national des résultats de l enquête menée par les mêmes organismes sur les unités de production informelles d Antananarivo 10. Il va de soi que les données concernant les industries des autres pays africains sont beaucoup plus douteuses, mais les erreurs vont normalement dans le sens d une sous-estimation et non d une surestimation de la valeur ajoutée industrielle, soit par absence de couverture de certaines entreprises formelles ou de pans du secteur informel, soit par sous-déclarations des entreprises industrielles répondantes. 7 «La question rizicole à Madagascar : les résultats d une décennie de libéralisation», Economie de Madagascar n 2. 8 «La riziculture malgache revisitée : diagnostics et perspectives ( )», R. Hirsch, AFD, 1/ Les petites entreprises à Madagascar, le «missing middle» retrouvé, J.D. Naudet, Stateco n 86, INSEE, 4/ On peut bien sûr contester les conditions d extrapolation de cette enquête, soupçonner des sous-déclarations de certaines entreprises formelles, mais globalement ces erreurs sont sans doute minimes au regard des données sur les industries des autres pays africains. 12
13 Tableau 1-4 : Classement des productivités et des valeurs ajoutées agricoles dans les pays d'afrique sub-saharienne en 1997 V.A. agricole / tête V.A. agricole en Part dans le total de la VA agricole d'afr. Part de l'agriculture dans le PIB en $ millions de $ sub-saharienne 1 Mauritius ,6% 8,9% 2 South Africa ,5% 4,5% 3 Gabon ,7% 7,5% 4 Swaziland ,3% 18,7% 5 Namibia ,6% 10,7% 6 Cote d'ivoire ,1% 27,3% 7 Cameroon ,8% 40,9% 8 Equatorial Guinea ,2% 23,1% 9 Cape Verde ,1% 8,7% 10 Botswana ,3% 3,4% 11 Nigeria ,0% 32,7% 12 Togo ,1% 41,8% 13 Ghana ,5% 35,8% 14 Benin ,5% 38,4% 15 Congo, Rep ,4% 9,5% 16 Central African Republic ,9% 54,1% 17 Mauritania ,5% 25,5% 18 Sierra Leone ,7% 50,1% 19 Comoros ,1% 38,7% 20 Guinea-Bissau ,3% 53,8% 21 Zimbabwe ,6% 18,6% 22 Uganda ,8% 43,8% 23 Lesotho ,2% 11,5% 24 Senegal ,5% 18,5% 25 Congo, Dem. Rep ,4% 57,9% 26 Guinea ,5% 22,6% 27 Mali ,2% 49,2% 28 Kenya ,6% 28,8% 29 Chad ,1% 38,8% 30 Gambia, The ,2% 29,9% 31 Zambia ,2% 16,4% 32 Rwanda ,2% 37,5% 33 Niger ,3% 38,0% 34 Madagascar ,9% 31,6% 35 Tanzania ,5% 47,3% 36 Burkina Faso ,5% 35,4% 37 Burundi ,8% 53,3% 38 Malawi ,5% 36,3% 39 Angola ,3% 9,3% 40 Mozambique ,4% 31,0% TOTAL (hors Soudan, ,0% Somalie) Source : AFD, d'apès World Table Indicators, Banque Mondiale 13
14 Tableau 1-5 : Classement des pays d'afrique sub-saharienne suivant la valeur ajoutée de l'industrie manufacturière en 1995 Pays VA en millions de $ part dans le PIB, en % Population, en millions VA de l'ind. manuf. par habitant, en $ 1 South Africa ,3 39, Cote d'ivoire ,2 13, Nigeria ,4 111, Zimbabwe ,7 11, Mauritius ,7 1, Cameroon ,0 13, Kenya 757 9,9 27, Senegal ,7 8, Ghana 603 9,3 17, Namibia ,3 1, Burkina Faso ,8 10, Uganda 359 6,8 19, Swaziland ,5 0, Zambia 347 9,9 9, Madagascar ,6 13, Tanzania 311 7,3 29, Gabon 250 5,0 1, Botswana 217 4,7 1, Malawi ,1 9, Rwanda ,7 6, Angola 202 4,0 11, Benin 174 8,6 5, Congo, Rep ,1 2, Guinea 171 4,9 6, Chad ,0 6, Mali 169 7,2 9, Mozambique 134 7,7 15, Togo 130 9,9 4, Niger 121 6,4 9, Lesotho ,2 1, Central African Republic ,4 3, Mauritania ,5 2, Burundi ,1 6, Eritrea 74 14,4 3, Seychelles 64 12,7 0, Sierra Leone 51 6,3 4, Djibouti 23 5,4 0, Gambia, The 20 6,1 1, Guinea-Bissau 19 7,4 1, Comoros 11 5,3 0, Cape Verde 3 0,6 0, Sao Tome and Principe 2 4,1 0, Equatorial Guinea 2 1,1 0,4 4 Source : AFD, à partir des World Table Indicators 14
15 La faiblesse du secteur agro-industriel d exportation La faible valeur ajoutée de l industrie manufacturière de Madagascar s explique en premier lieu par un taux d exportation nettement inférieur à celui observé dans d autres industries africaines, et ce en dépit du succès de la zone franche industrielle. Ce taux est de 25% à Madagascar suivant les enquêtes Madio, contre environ 40% en Côte d Ivoire ou au Cameroun. Ces faibles performances à l exportation proviennent, au regard des autres industries africaines, de la faiblesse des agro-industries, qui constituent généralement leur pôle exportateur majeur. Ainsi en Côte d Ivoire, sept des dix premières industrielles (hors énergie) sont des entreprises agro-industrielles en contre trois à Madagascar (cf. tableau 1-8). Cette faiblesse découle directement de l absence en amont de grandes cultures de rente. En un sens, elle pourrait constituer un atout, dans la mesure où elle préserve Madagascar des chocs que subissent ces industries à la suite des fluctuations des cours des matières premières ; mais l autre pôle exportateur de Madagascar, la zone franche industrielle, peut également faire l objet de brusques mouvements du fait de la recherche incessante de réduction des coûts qui anime les délocalisations industrielles. Des industries tournées vers le marché local diversifiées mais aux productions limitées Mais à cette faiblesse du secteur exportateur, s ajoutent également, en dépit de leur grande diversité, les déficiences des secteurs tournés vers le marché intérieur. L insularité de Madagascar, la qualité de la main d oeuvre ouvrière, la grande variété des matières premières locales, la décennie de politique de développement autocentré ont été, à l égal en quelque sorte du tissu industriel cubain, autant de facteurs qui ont favorisé l éclosion d industries les plus diverses. Mais, du fait de l étroitesse du marché intérieur, la plupart des industries présentent de faibles taux d utilisation de leurs capacités de productions (cf. tableau 1-6). Il est délicat de comparer les niveaux de ces productions industrielles à ceux d autres pays, du fait de la diversité des modes de consommation, en particulier alimentaires, mais également des modes de construction 11. Mais il est incontestable que ces productions sont également en retrait, comme l illustrent les productions d huile alimentaire, de ciment et de bière, parmi les plus caractéristiques du secteur industriel tourné vers le marché domestique. La production d huile alimentaire se situait en 1995 et 1996 aux alentours d un millier à deux milliers de tonnes ; elle aurait atteint tonnes en 1997 (ceci reste à vérifier, sachant que la capacité de production est estimée à tonnes). Elle demeure néanmoins très en deçà de celle du Sénégal, estimée à tonnes d huile végétale destinée au marché local (et environ tonnes d huile d arachide destinée à l export) ou de la Côte d Ivoire 12, estimée à tonnes pour le marché ivoirien et tonnes environ pour les pays de la sous-région. La production malgache de ciment est en 1997 de tonnes. Même s il semble qu elle ait fortement progressé en 1998, elle est marginale par rapport à des productions de PMA tels que le Togo ou le Burkina Faso (cf. tableau 1-7). On peut noter en outre qu en Afrique de l Ouest comme au Cameroun, la plupart des cimenteries ont atteint quasiment le maximum de leur capacité de production et que de ce fait d importants projets d investissements se dessinent. 11 La brique est le matériau de base à Madagascar. 12 Le Sénégal compte 8 millions d habitants, la Côte d Ivoire14 millions. 15
16 Tableau 1-6 : Utilisation des capacités de production pour différents produits industriels BRANCHES PRODUITS UNITE Capacités de productions Production en 1996 Production en 1997 (prov.) Taux d'utilisation des capacités de production (1997) Ind. alimentaires Tapioca Tonne % Fécule Tonne % Conserves à base de viande Tonne % Charcuterie Tonne % Sucre Tonne % Huile alimentaire Tonne % Bière HL % Lait concentré sucré Tonne % Sel Tonne % Ind. du tabac Tabac à mâcher Tonne % Tabac à fumer Tonne Cigarettes Tonne % Ind.A38 textiles Tissus de coton Km % Sacs d'emballages Tonne % Couvertures Tonne % Ficelle, cordage Tonne % Industrie du papier Papier brut Tonne % Papier transformé Tonne Ind. chimiques Savon Tonne % Allumettes % btes Accumulateur pièce % Bougie Tonne % Peinture Tonne % File % pces Oxygène M % Acétylène M % Matx de construction Ciment Tonne % Fabr. d'ouvrage Tôles Tonne % en métaux Pointes Tonne % Fûts et boîtes Tonne % Fabr. de chaussures Chaussures Paire Chaussures en plastiques Paire Autres Source : Ministère de l'industrie - Avril
17 Tableau 1-7 : La production de ciment en 1997 dans différents pays africains Production Capacités de production Côte d Ivoire Env Env Sénégal Cameroun Togo ? Burkina Faso Gabon Mali Env Madagascar Niger Source : AFD Enfin, la production de bière, en forte progression ces dernières années, serait d environ hectolitres en 1997, soit un niveau à peu près comparable à celui du Burkina Faso (entre et hl suivant les années). Elle est pour la même année de 4 millions d hectolitres au Cameroun (après avoir atteint 7 millions dans les années 80), d environ 1 million d hl en Côte d Ivoire, de hl au Gabon (et atteignait hl au Congo au début des années 90). Le maillon faible : les grandes entreprises industrielles De cette faiblesse conjuguée des activités agro-industrielles d exportation et des productions industrielles orientées vers le marché local résulte une quasi - absence de grandes entreprises. La comparaison avec l industrie ivoirienne est à ce titre éloquente : la valeur ajoutée réalisée par les dix principales entreprises ivoiriennes (hors énergie et BTP) est cinq fois supérieure à celle réalisée par leurs équivalentes malgaches ; douze entreprises ivoiriennes réalisent une valeur ajoutée de plus de 100 millions de FF (dont deux dans le secteur de l énergie) contre une seule à Madagascar, située dans le secteur de l énergie (cf. tableau 1-8). En revanche, les effectifs de ces mêmes grandes entreprises malgaches sont trois fois plus nombreux que ceux de leurs homologues ivoiriennes. La productivité apparente du travail en FF dans les plus grandes entreprises malgaches est ainsi d un montant douze à treize fois inférieure à celle obtenue par les grandes entreprises ivoiriennes (ce point est développé pus loin, cf. 3.3.). 21
18 Tableau 1-8 : Classements comparés des grandes entreprises industrielles (hors BTP) de Côte d Ivoire et de Madagascar en , en millions de FF et en nombre de personnes employées COTE D IVOIRE MADAGASCAR Sigles Valeur Effectifs Secteurs Sigles Valeur Effectifs Secteurs ajoutée ajoutée CIE Energie SOLIMA Energie SIR Energie STAR IAA NESTLE Agro-industrie SIRAMA Agro-industrie SIFCA Agro-industrie JIRAMA Energie SOLIBRA IAA COTONA textile SITAB IAA SOMAPECHE Agro-industrie SODESUCRE Agro-industrie SOMACOU textile SACO Agro-industrie KRAOMA ind. extractives BLOHORN Agro-industrie GALLOIS ind. extractives SAPH Agro-industrie FLOREAL textile UNICAO Agro-industrie SECREN ind. diverses FILTISAC Emballages Savon. Tropicale Agro-industrie TOTAL TOTAL Total hors Total hors énergie énergie Source : données de l enquête de la Fédération Nationale des Industries de Côte d Ivoire et données de rapports d activité à Madagascar, calculs AFD Les comparaisons de productivité calculées en termes physiques sont plus significatives ; mais, faute de données, elles n ont été menées que dans deux activités, les brasseries et les cimenteries : - au niveau des brasseries, on estime que la productivité se situe aux alentours de 1300 hl de bière par personne en Côte d Ivoire (Solibra), de 1000 hl au Burkina Faso (Brakina), de 900 hl au Congo en 1992 (SCBK) et de 200 hl à Madagascar (Star), mais ces comparaisons sont en partie biaisées par le fait que les effectifs de ces entreprises produisent également des boissons gazeuses. - Au niveau des cimenteries et des unités de broyage de clinker, la productivité est inférieure à 100 tonnes par personne à Madagascar (SANCA), alors qu elle en atteignait en 1993 environ 450 au Gabon (Ciments du Gabon), 600 au Congo (Socico) et 950 au Cameroun (Cimencam), et qu en 1998 elle atteint respectivement 1100 tonnes par personne au Burkina Faso (Cimat), tonnes par personnes au Sénégal (Sococim) et 6100 tonnes en Côte d Ivoire (SICM). Le grand nombre d entreprises industrielles malgaches employant plus de 1000 personnes, phénomène rarissime en Afrique sub-saharienne, est trompeur. A la différence de la plupart des autres pays africains, il semble que la faiblesse de l activité industrielle malgache soit à rechercher au niveau du segment des grandes entreprises (cette notion s entendant bien entendu à l échelle de ces tissus industriels) plutôt qu au niveau des petites et moyennes industries. 13 Pour la Côte d Ivoire, l exercice comptable est réparti sur deux années civiles ; il s agit en fait de l exercice
19 1.5. Une fréquentation touristique encore minime En termes de recettes du tourisme international, Madagascar ne se classe, avec 67 millions de $, en 1997 qu au 15 ème rang des pays d Afrique sub-saharienne. Ces faibles recettes s expliquent par le niveau de fréquentation touristique, qui ne se situe en 1997, avec arrivées de touristes, qu au 27ème rang des pays d Afrique sub-saharienne et qu au 154ème rang mondial 14, ce malgré un potentiel réel qui reste à exploiter (cf. 5.1.)! Cette faible fréquentation n est pas un phénomène nouveau : jusqu au milieu des années 80, du fait de la relative fermeture du pays, la fréquentation touristique était inférieure à personnes, et elle n a dépassé les personnes qu au début des années 90. Cette faible fréquentation s explique sans doute également, au regard d autres pays africains, par des visites peu nombreuses de migrants. En effet, selon la Banque Mondiale, les recettes par touriste de 798$ en moyenne (10 ème rang en Afrique sub-saharienne) sont quant à elles relativement élevées. Elles sont proches de celles atteintes par la Tanzanie (1029 $), les Seychelles (938 $) et Maurice (856 $), et elles dépassent celles observées au Kenya (571$), au Sénégal (533 $) et en Namibie (512 $). Ceci signifie que l essentiel des séjours sont le fait de touristes et non de visiteurs qui ont des liens familiaux avec le pays. Selon l enquête Tourisme / Visa de 1998 réalisée par Madio 15, le tourisme est le motif de séjour de 60% des non résidents enquêtés, loin devant les voyages d affaires (16%), les visites familiales ou d amis (10%), les missions gouvernementales et autres motifs (17%). Néanmoins, ce secteur est en rapide évolution : le rythme moyen de croissance du nombre de touristes est de 16% par an de 1993 à 1997, et il s est encore accéléré en 1998, puisque le nombre de touristes estimé pour cette année a atteint personnes. Le tourisme est ainsi le second contributeur de devises, derrière la zone franche industrielle. Par ailleurs, suivant les données du Ministère du Tourisme, en 1997, ce secteur emploie directement environ personnes dans l hôtellerie et la restauration ( environ). 14 En 1998, la fréquentation touristique est estimée à touristes (données provisoires) : Madagascar gagnerait au niveau mondial une vingtaine de places et rejoindrait les niveaux atteints par les Seychelles ou le Burkina Faso en «Madagascar, une terre d accueil?», M. Razafindrakoto, F. Roubaud, Service Technique de l Ajustement,
20 II - L EVOLUTION DE L ENVIRONNEMENT DES ENTREPRISES L amélioration de l environnement des entreprises est au centre des préoccupations des bailleurs de fonds, et en particulier des institutions de Bretton Woods. Ainsi la Lettre de Politique de Développement signée le 1/4/1999 dans le cadre du deuxième crédit d ajustement structurel de la Banque Mondiale retient, parmi les trois axes de stratégies, «la création d un environnement des affaires favorable qui facilite le développement du secteur privé». En outre, le second axe concerne également le développement du secteur privé, puisqu il s intéresse au désengagement de l Etat des activités économiques de production Le point de vue d une agence de notation du risque pays, Nord Sud Export La mesure du risque pays de Nord Sud Export (NSE) présente l intérêt de s étendre à 100 pays émergents ou en développement et de couvrir pour une large part les pays de la ZSP (à la différence d autres notations, du type Moody s ou Standard and Poor). Elle repose sur la notation 60 critères, rassemblés en 12 facteurs de risques et en 4 grands types de risques : les risques financiers souverains, les risques financiers de marché, les risques politiques et les risques liés à l environnement des affaires. Les douze différents facteurs de risques sont affectés d un coefficient de pondération et agrégés pour aboutir à une notation de deux grands risques : le risque à l exportation et le risque lié à l investissement. Les risques pays agrégés Le risque pays export, avec une note de 300 sur 700 pour l année 1999, est considéré comme élevé (plus la note est élevée, plus faible est le risque). La note de Madagascar est nettement plus mauvaise que celle observée en moyenne dans les 30 pays d Afrique sub-saharienne observés. Le risque pays investissement, avec une note de 354 sur 700, est considéré comme assez élevé. La note de Madagascar est légèrement plus mauvaise que la note moyenne des 100 pays émergents ou en développement observés (365); elle est en revanche meilleure que celle des 30 pays d Afrique subsaharienne (339), grâce en particulier à des risques politiques beaucoup plus faibles que dans la plupart des pays africains. Les risques financiers de marché Madagascar présente des risques légèrement inférieurs à ceux observés en moyenne sur les 100 pays observés par NSE. La maîtrise des grands équilibres est bien notée et les risques systémiques sont considérés comme relativement faibles ; les risques de change ou de dévaluation forte sont considérés en revanche comme élevés, nettement supérieurs bien entendu au risque africain moyen, compte tenu dans cette zone de l appartenance d un grand nombre de pays à la zone franc. L environnement des affaires 24
21 Madagascar obtient une note moyenne pour les conditions des investissements étrangers et les conditions de travail. En revanche, la note attribuée au critère de bonne gouvernance est particulièrement mauvaise : 1,7 / 7 contre 2,5 / 7 pour l Afrique sub-saharienne et 2,9 / 7 pour les 100 pays émergents ou en développement observés. 25
22 TABLEAU 2-1 : COMPARAISON DES FACTEURS DE RISQUES-PAYS SUIVANT NORD-SUD EXPORT Note Madagascar 100 pays MENA ASS Am Latine Pays de Asie en maximale l'est devt Risques financiers souverains 70 14,6 37,9 41,8 27, ,8 43,8 Poids et service de la dette publique 7 1,3 3,8 4,3 2,4 4,1 4,8 4,6 Risques de défaut souverain 7 1,0 3,7 4,2 2,5 4 4,1 4,3 Risque d'inconvertibilité 7 2,7 4 3,8 4 4,4 3,5 4,1 Risques financiers de marché 70 35,6 32,5 32,5 33,6 32,9 26,8 36,3 Maîtrise des équilibres fondamentaux 7 4,1 3,2 3 3,1 3,2 2,8 3,9 Risque de change 7 2,6 3,4 3,6 3,8 3,3 2,6 3,7 Risque systémique et volatilité économique 7 3,8 3,2 3,3 3,3 3,4 2,6 3,2 Risques politiques 70 43, ,1 37,1 44,5 39,4 43,2 Homogénéité de la société 7 4,4 3,8 3,6 3,2 4,6 3,9 4 Stabilité du régime et du gouvernement 7 3,8 4,1 4 3,9 4,2 3,9 4,6 Conflits extérieurs 7 5,5 4,1 3,6 4 4,9 4,2 4,2 Environnement des affaires 70 34,2 36,3 37,8 33,2 40,3 32,7 39,9 Conditions des investissements étrangers 7 4,9 4,7 4,6 4,7 5,3 4,3 4,5 Conditions de travail 7 3,6 3,4 3,7 2,9 3,7 3 4,2 Bonne gouvernance 7 1,7 2,9 3,1 2,5 3,2 2,7 3,3 Risques agrégés pondérés Risque pays-export Risque pays-investissement Rappel : plus la note est élevée, plus le risque est faible en grisé : risque plus élevé que pour la moyenne des 100 pays, avec un écart significatif 26
23 2.2. Le point de vue des entrepreneurs Les enquêtes industrielles réalisées par le projet Madio ont interrogé chaque année les entrepreneurs sur les principales difficultés rencontrées dans l exercice de leur activité. Les résultats sont présentés suivant deux critères, en nombre d entreprises et en poids dans la valeur ajoutée totale, ce qui permet de distinguer les réponses des petites et des grandes entreprises. Pour les petites entreprises, essentiellement tournées vers le marché local, ce sont la faiblesse de la demande, l importance de la concurrence et le coût des matières premières qui sont les difficultés les plus fréquemment citées ; pour les grandes entreprises, viennent en tête également l importance de la concurrence, suivie des lourdeurs administratives et de l accès et du coût du financement. Le principal facteur qui fausse la concurrence est pour les petites entreprises, le secteur informel (74% des entreprises), la fraude fiscale des entreprises formelles pour les entreprises formelles (54% de la valeur ajoutée totale). Ces fraudes fiscales renvoient sans doute, comme le note Madio, à la question des exonérations injustifiées 16. Les industriels rencontrés lors de la mission évoquent également la «gouvernance» comme l un des problèmes majeurs : les sollicitations sont fréquentes (douanes, ministères) et portent parfois sur des montants considérables ; les dysfonctionnements du système judiciaire sont sévèrement critiqués 17. Toujours selon Madio, en 1996, «20% des sociétés ont été sollicitées, en termes de corruption, par des agents de l Etat pour accélérer leurs démarches administratives». 16 «Fiscalité des entreprises, exonerari ergo sum», JF Gautier, Economie de Madagascar n 3, 10/1998. Ce problème a été par ailleurs évoqué dans le rapport de Grandcolas pour le FMI intitulé «Investissements, réformes fiscales et renforcement des administrations fiscale et douanière à Madagascar» de 12/1997. Les exonérations sont accordées par chaque ministère. 17 Critiques résumées de manière abrupte par F. Lejeal : «une justice vénale une administration corrompue, une absence d infrastructures et des textes dépassés sont le lot des critiques souvent entendues dans la bouche des industriels. De plus l investisseur doit toujours composer avec les risques commerciaux (dévaluation du franc malgache), les risques à l investissement (manque d information), des textes dont la trop grande ancienneté les rend totalement décalés de la réalité, enfin une lacune de sources de financement» «Investir, oui mais», F. Lejeal, Marchés tropicaux, hors série Madagascar, 10/
24 Tableau 2-2 : Principales difficultés rencontrées dans l'industrie en % entreprises % de la VA Faiblesse de la demande 40,2 % 13,0 % Importance de la concurrence 36,0 % 39,7 % Dont * - concurrence déloyale 12,0 % - concurrence de l'informel 2,5 % - concurrence des importations 3,0 % Lourdeurs administratives 2,8 % 34,2 % Financement et accès au crédit 25,6 % 27,9 % Problème d'approvisionnement en matières premières 20,0 % 18,0 % Problème lié au système de taxation 2,4 % 13,4 % Coût des matières premières 29,7 % 12,0 % Ancienneté ou insuffisance des équipements 23,8 % 9,8 % Problème de main-d'œuvre (qualifications, 6,0 % 12,4 % motivation, ) Faiblesse des infrastructures 2,3 % % 8,3 % Instabilité de l'environnement socio-économique 1,9 % 6,6 % 10,0 % 4,0 % 3,7 % Source : Enquête annuelle dans l'industrie EAI97, calculs MADIO.; Le total des pourcentages dépasse 100 puisqu'il s'agit de questions à réponses multiples * : pour ceux qui l'ont explicitement précisé. La population des entreprises franches nécessite d être étudiée séparément, d une part par l importance des enjeux qu elle représente pour l industrie malgache, mais encore par la spécificité de sa situation : elle n est pas concernée par les deux problèmes majeurs des entreprises malgaches : la faiblesse de la demande et l importance de la concurrence interne. Pour cette population, l environnement sociopolitique apparaissait pour une majorité d entreprises en 1997 comme le risque majeur. Tableau 2-3 : La principale raison de l hésitation des investisseurs potentiels dans la zone franche, selon les entreprises déjà implantées, en % du nombre d entreprises L instabilité politique 60,2% Les dispositions légales et réglementaires ne sont pas suffisamment claires et précises 8,7% Les dispositions financières et fiscales ne sont pas suffisamment incitatives 5,0% Le faible développement des infrastructures locales 8,4% L éloignement par rapport aux grands marchés mondiaux 3,5% La lenteur et la complexité des démarches administratives 9,2% Malgré le faible coût de la main d oeuvre, l économie reste insuffisamment compétitive 5,0% Total 100% Source : Enquête annuelle de l industrie de 1996, INSTAT et projet MADIO En contrepartie de ce risque, près des trois-quarts des entrepreneurs de la zone franche reconnaissaient les attraits des faibles coûts de la main d œuvre et plus de la moitié d entre eux les dispositions fiscales (exonération totale d impôts sur les bénéfices pendant une période allant de 2 à 15 ans suivant les différentes catégories d entreprises puis taux fixe de 10% pour les années suivantes, exonération des droits de douanes et des taxes à l importation). Néanmoins l instauration d une TVA remboursable de 20% sur les produits de la zone franche depuis la loi de Finances rectificative de 1998 risque d amoindrir ces avantages fiscaux, compte tenu du coût de l avance en trésorerie. 56
25 Tableau 2-4 : Les principales raisons du choix de Madagascar comme lieu d implantation des entreprises franches, % en nombre d entreprises Le faible coût de la main d oeuvre 71,2 % Des dispositions fiscales et financières favorables 56,8% Les possibilités d exploiter des matières premières locales 39,5% Les qualifications de la main d oeuvre 36,1% Le potentiel économique du pays 18,7% Les opportunités liées à l existence de partenaires locaux 12,2% La situation géographique du pays 11,0% Autres raisons 10,5% Source : Enquête annuelle de l industrie de 1996, INSTAT et projet MADIO Le total des pourcentages dépasse 100 puisqu il s agit de questions à réponses multiples Un coût de main d œuvre très attractif Même si les comparaisons des coûts des facteurs de production entre différents pays sont toujours délicates à établir, on peut constater que Madagascar est sur ce plan beaucoup plus attractif que, par exemple, les pays de l UEMOA. Tableau 2-5 : Comparaison des coûts des facteurs de production à Madagascar en 1997 et dans les pays de l UEMOA en 1995, en francs français Madagascar pays de l UEMOA le pays de l UEMOA le moins cher plus cher Electricité prix du KW/H Industrie 0,26 à 0,96 (*) 0,57 (RCI, Sénégal) 1,01 (BF) Litre de gaz oil 1,93 1,35 (Bénin) 3,00 (Sénégal) Eau prix / m3 1,96 1,98 (Mali) 4,49 (Sénégal) Construction prix / m2 568 / 1090 (**) 800 (Togo) 1500 (Bénin) Tarif fret routier, T / km ~ 0,25 à 0,30 0,33 (Sénégal) 0,50 (Niger) Tarif fret ferroviaire, T / km 0,35 à 0,42 (***) 0,26 (Sénégal, Mali) 0,42 (Togo) Salaire mensuel ouvrier OS2 184 (****) 369 (Togo) 737 (Sénégal) Charges sociales employeur % 13% 11,4% (RCI) 20% (Sénégal) Source : AFD, à partir des données de PARI et enquêtes AFD pour les pays de l UEMOA, et de l ONUDI 18 pour Madagascar. (*) : tarifs en septembre 1997 de la moyenne tension en longue utilisation pour la zone I la moins chère (Antananarivo, Tamatave, Antsirabé, Fianarantsoa) et pour la zone III la plus chère (Diego Suarez, Morondava, Nosy Be, Toalagnaro). (**) : prix planchers pour la construction de type conventionnel (568) et pour la construction de bâtiments industriels. (***) : tarifs du Réseau National des Chemins de fer Malgaches pour les frets les moins chers (riz et blé importé, containers) et les frets les plus chers (en wagon complet (hydrocarbures). (****) salaire d embauche dans le secteur non agricole. Cet avantage de Madagascar est confirmé par la confrontation des données comptables des entreprises industrielles de ce pays avec celles de la Côte d Ivoire et du Cameroun. Une fois convertis en $, les frais de personnel annuels moyens par personne occupée sont environ à Madagascar cinq fois inférieurs à ceux observés au Cameroun et huit à neuf fois inférieurs à ceux observés en Côte d Ivoire (cf. tableau 2-6). 18 «Coûts des facteurs à Madagascar», ONUDI, MIA, 11/
26 Tableau 2-6 : Frais de personnel annuels moyens par personne occupée dans les entreprises industrielles, en $ Madagascar Côte d Ivoire Cameroun Source : données des enquêtes MADIO INSTAT (Madagascar), FNICI (Côte d Ivoire) et DSCN (Cameroun), calculs AFD Madagascar apparaissait également compétitive, au début de la décennie, en ce qui concerne les coûts de la main d oeuvre par rapport aux pays asiatiques, même par rapport à des pays réputés pour le faible coût de leur main d œuvre tels que le Pakistan, la Chine ou l Indonésie (cf. graphique 2-1). Cet avantage comparatif n a semble-t-il pas évolué, puisqu en 1998, le coût horaire d un ouvrier débutant est de l ordre de 16 cents. On peut comprendre de ce fait que, selon Madio, pour les chefs d entreprises industrielles interrogés, «le niveau du SMIG n est pas considéré comme un frein à l embauche. 51% des entreprises le jugent même trop faible». Graphique 2-1 : Comparaison des coûts de la main d oeuvre dans l industrie de l habillement en 1991 Taïw an 374 Hong Kong 339 Corée du Sud Singapour Portugal 230 Maurice Mex ique Thaïlande Rép. Dominicaine Malaisie Sri Lanka 39 Inde Pakistan Chine Indonésie Madagascar cents US Source : Banque Mondiale 58
27 2.4. Des avancées notables en matière de libéralisation de l économie La politique de libéralisation entreprise au début des années 90 a été reprise et intensifiée à partir de 1995 : libéralisation des prix intérieurs, vaste programme de privatisations ou de liquidation d entreprises publiques, libéralisation des taux d intérêt, flottement du change, etc. Cette politique se traduit aujourd hui par des avancées notables pour la pratique des affaires : - la relative stabilisation de l inflation et du taux de change du franc malgache offre une meilleure lisibilité de l avenir à moyen terme et facilite donc l élaboration de plans d investissements ; - la liberté des mouvements de biens, de personnes et de capitaux apporte souplesse et réactivité dans la gestion, mais surtout une plus grande sécurité des initiatives entreprises : - liberté d importer des biens et des équipements depuis la suppression de la licence officielle en avril 1992 ; - procédure assouplie d obtention de visas pour les étrangers, adoptée en février , qui a été suivie rapidement par un essor du tourisme ; - libéralisation des transferts à l étranger des opérations courantes (dividendes, revenus de biens meubles ou immeubles, royalties, redevances ; en revanche, les rapatriements d actifs nécessitent encore une autorisation, qui devrait être bientôt supprimée). - la liberté également (loi 96/015) pour toute personne physique ou morale d investir à Madagascar sans condition d agrément (hormis dans certains secteurs spécifiques) conforte également la sécurité juridique des affaires (puisque disparaît la menace d un retrait d agrément) ; - la baisse sensible du coût du fret maritime (de près de moitié en l espace de trois à quatre ans) et aérien, du fait de la libéralisation progressive du ciel aérien malgache et de l arrivée de nouvelles compagnies, réduit le coût des produits importés et accroît la compétitivité des biens exportés ; la libéralisation du trafic aérien intérieur et régional, achevée en 1994, a contribué également à l essor du tourisme, grâce à l arrivée de nouvelles compagnies (Air Austral, Air Mauritius, Air Inter d Afrique du Sud, TAM), de même que l ouverture des réseaux long-courriers à des compagnies autres qu Air France, telle que Corsair ; - le meilleur fonctionnement des télécommunications, suite à la libéralisation du secteur organisée par la loi de janvier 1997, facilite les échanges et la circulation des informations entre Tananarive et les autres villes du pays, et en premier lieu avec Tamatave et son port. ; - la modernisation du droit des affaires devrait clarifier les statuts, sécuriser les investissements et les financements, et améliorer la gestion des différends : - la loi 99/018 sur le statut du commerçant définit le commerçant et les actes de commerce et fixe les obligations comptables ; elle interdit, dans son article 2-4, l exercice d une activité commerciale aux fonctionnaires, officiers ministériels et auxiliaires de justice, personnes des collectivités publiques ou à participation publique ; - la loi 99/025 relative à la transparence des entreprises rend obligatoire l immatriculation des entreprises au registre du commerce et des sociétés. Il est à noter que, suivant l article 6-1, la publication des sûretés mobilières au registre du commerce devient obligatoire. Par ailleurs, «sont également publiées au registre du commerce et des sociétés toute demande tendant à la résolution judiciaire de la vente d un fonds de commerce, les clauses de réserve de propriété prises sur un acquéreur assujetti à immatriculation et les contrats de crédit-bail lorsque le preneur est 19 Les étrangers peuvent désormais obtenir leur visa d entrée sur le territoire national, sans avoir à passer par les représentations diplomatiques de leur pays d origine. Selon l enquête Visa Tourisme de Madio, déjà évoquée, cette mesure avait déjà profité à un peu plus de 40% des visiteurs, qui la jugeaient en quasi-totalité satisfaisante. 59
28 assujetti à immatriculation». Enfin l article 7-1 prévoit la création de centres de formalités des entreprises. Ils devraient permettre de «souscrire en un même lieu et sur un même document les déclarations auxquelles les entreprises sont tenues par les lois et les règlements en vigueur dans les domaines juridique, administratif, social, fiscal et statistique afférentes à leur création, à la modification de leur situation et à la cessation de leur activité» ; - la loi 99/024 sur l hypothèque judiciaire provisoire qui considère, suivant son article 32, que «tout créancier, s il justifie que sa créance est fondée en son principe, peut être autorisé à prendre une inscription forcée 20 provisoire d hypothèque sur les immeubles de son débiteur en vertu d une ordonnance rendue sur requête par le président du tribunal de première instance [ ]». Cette ordonnance autorisant l hypothèque judiciaire provisoire est, selon l article 32-1, «exécutoire sur minute, nonobstant toute voie de recours. [ ]» ; - la loi 98/019 sur l arbitrage qui définit les dispositions générales de l arbitrage interne et de l arbitrage international ; les procédures de ce dernier apparaissent souples et pragmatiques. Selon l article 461, «le tribunal arbitrage tranche le litige conformément aux règles de droit choisies par les parties communes comme étant applicables au fond du litige [ ]. A défaut d une telle désignation par les parties, le tribunal arbitral applique la loi désignée par la règle de conflit de lois qu il juge applicable en l espèce». Par ailleurs, selon l article 463, «sont soumises aux dispositions du présent chapitre, en vue de leur reconnaissance ou de leur exécution à Madagascar, les sentences arbitrales rendues en matière d arbitrage international dans n importe quel pays ainsi que, sous réserve de réciprocité, les sentences arbitrales étrangères». - Enfin les procédures de désengagement de l Etat des entreprises du secteur public sont précisées dans le cadre de la loi 98/014 qui modifie certaines dispositions de la loi 96/011 relative à ce sujet. Cette nouvelle loi décrit dans le détail les différentes procédures de privatisation et stipule la création d un Comité de privatisation chargé de la supervision et de la coordination du programme de désengagement. 20 L hypothèque forcée est celle qui est conférée sans le consentement du débiteur, soit par la loi, soit par une décision de justice». 60
29 2.5. Mais la persistance de problèmes importants En matière de droit des affaires, de nombreux points sont encore à traiter : l absence de recueil de jurisprudence, la controverse sur les dispositions de 1973 (ont-elles aboli ou non les dispositions antérieures?), l interprétation de certains textes juridiques (réglementation du travail, sur les eaux et forêts ). Par ailleurs, la France et Madagascar n ont pas ratifié à ce jour d accord bilatéral de protection et de promotion des investissements 21, alors que des accords de ce type ont été signés avec 16 des 44 pays de la ZSP hors zone franc (pays du Maghreb, Vietnam, Nigeria, Cuba, République Dominicaine, Afrique du Sud, ). La question la plus délicate est celle de l accès au foncier : la loi du 27/11/1995 interdit en effet aux étrangers l acquisition, à quel titre que ce soit, de biens immobiliers. Aux dires des responsables publics malgaches, cette décision serait irrévocable, ce qui constitue une spécificité malgache, en particulier dans le contexte actuel de libéralisation des investissements directs. Le recours au bail emphythéotique apparaît néanmoins comme une solution relativement sûre sur le plan juridique ; surtout depuis l ordonnance du 13/8/1996 qui autorise le renouvellement d un bail de 99 ans et confère désormais un droit d hypothèque, de transfert et de cession. Mais, comme dans nombre de pays en développement, le problème majeur ne réside pas tant dans les textes que dans leur application, c est-à-dire dans la parution des décrets d application et dans le fonctionnement du système judiciaire. En outre, pour la question foncière, s ajoutent les problèmes classiques liés à l absence de cadastre en dehors de l agglomération de Tananarive (contestation du détenteur effectif des parcelles) et à la parcellisation des terres, suite aux héritages successifs. La carence en techniciens est également un problème structurel important. Si la qualité et la productivité de la main d oeuvre ouvrière des régions des haut plateaux et les compétences des jeunes diplômés (informaticiens, gestionnaires,...) font l unanimité, l ensemble des opérateurs économiques rencontre une grande difficulté à trouver du personnel local pour des professions intermédiaires (techniciens, contremaîtres,...) et différentes entreprises, étrangères mais également à capitaux malgaches, en viennent à employer du personnel expatrié, mauricien, voire même français. A ce problème d orientation des filières s ajoutent les conséquences de la politique de malgachisation de l enseignement, qui a affecté le niveau de formation de la tranche d âge des ans, au coeur de l activité économique des prochaines années. En définitive, il faut noter que toute économie pré - émergente ou émergente présente des risques pour les investisseurs, et certaines entreprises considèrent que les problèmes rencontrés à Madagascar sont somme toute moindres que ceux qu elles pourraient connaître dans d autres économies à faible coût de main d oeuvre telle que le Viêt-nam, pays qui serait le principal concurrent de Madagascar pour le choix d implantation des investisseurs étrangers : selon Madio (enquête de 1997), «23% des entreprises franches déclarent avoir hésité entre les deux pays avant de porter leur choix sur Madagascar. La Chine, l Inde et la Malaisie viennent ensuite. Elles sont citée par moins de 10% des opérateurs déjà présents. Ensuite, les voix se répartissent entre d une part, d autres pays asiatiques 21 Ces accords couvrent des «investissements» tels que obligations, créances, actions, primes d émission et autres formes de participation, même minoritaires aux sociétés constituées sur le territoire de l une ou l autre des parties contractantes; ainsi que les revenus de ces investissements (dividendes ou intérêts). Les investisseurs concernés sont des «nationaux» ( de l une ou l autre partie); les «sociétés» visées sont celles constituées dans les règles et possédant leur siège social dans l un ou l autre territoire; Ces accords garantissent, sous réserve que ces investissement ont été faits conformément à la législation en vigueur dans le territoire d accueil, un traitement juste et équitable ( prenant en pratique la forme d un traitement national - c est à dire le même que celui réservé aux nationaux- et d une clause de la nation la plus favorisée). Ils garantissent en particulier un libre transfert des revenus des investissements ainsi que le remboursement des emprunts ou des produits de cession, et ceci, au taux de change en vigueur à la date du transfert. 61
30 (Indonésie, Thaïlande, Sri Lanka, Philippines, Birmanie) et d autre part quelques pays africains (Afrique du Sud, Zimbabwe, Kenya, Malawi, Maroc, Tunisie)». Plusieurs opérateurs rencontrés ont mentionné également les difficultés à exercer une activité dans des pays d Afrique australe. Au regard de ces pays, les risques des investissements à Madagascar peuvent paraître relativement circonscrits. Pourtant, le doute persiste, car, en dépit des progrès réels réalisés ces dernières années en matière de libéralisation et de clarification de la vie des affaires, les investisseurs sont en droit de s interroger sur la profondeur et la véracité des intentions affichées, et plus généralement, sur la conversion culturelle en faveur du secteur privé. Malgré les mesures de libéralisation prises ces dernières années, les désirs d interventionnisme étatique sont encore bien présents, de même que la suspicion à l égard de l étranger 22. Sur ce dernier point, les résultats de l Enquête Permis de Travail et Visas de Séjour de 1999 publiés par Madio 23 laissent songeurs. A la question : considérez-vous qu il y a trop d étrangers à Madagascar?, 66% des personnes interrogées répondent oui, 18% non et 16% n ont pas d opinion. La population des étrangers est pourtant évaluée à environ à individus, soit 0,2% de la population totale! 22 Cette suspicion imprègne des couches très larges de la population. Elle a même contaminé le récent dossier de Marchés Tropicaux (10/ 1999) consacré à Madagascar : Concernant les chinois : «Si les nationaux continuent à entretenir des liens très cordiaux de bon voisinage avec les 8000 membres de la communauté chinoise déjà implantée à Madagascar [ ], ils voient en revanche cette arrivée massive de nouveaux chinois avec un œil critique. Les petites boutiques chinoises poussent comme des champignons en particulier dans la capitale et aux meilleurs endroits. D où l interrogation des autres entrepreneurs puisque l accès des étrangers à Madagascar à la propriété foncière et immobilière reste difficile. Cette venue massive certaines sources parlent de 6 000, chiffre démenti officiellement, etc. [ ]» Concernant les indiens : «Toutefois, la communauté indienne pose régulièrement problème [ ]. Comme certains karana affichaient, surtout au lendemain du départ des français, un luxe ostentatoire alors que les ménages malgaches s appauvrissaient, les émeutes anti-karana et les pillages de leurs magasins et résidences se sont multipliés». 23 «La politique d immigration favorise-t-elle l arrivée des investisseurs étrangeres», Document de travail Madio. 62
31 III - LA DYNAMIQUE RECENTE DU TISSU INDUSTRIEL Les développements de ce chapitre et du chapitre suivant sont orientés autour des questions que peuvent se poser des investisseurs étrangers ou des organismes de financement tels que l AFD et sa filiale Proparco au sujet des entreprises industrielles. La structure détaillée du tissu des entreprises, et en particulier les comportements des entreprises individuelles ne sont qu à peine évoqués. Le lecteur intéressé par ces thèmes pourra se reporter aux publications successives des résultats des enquêtes annuelles industrielles réalisées par le projet Madio (cf. sommaires de ces publications en annexe) Un tissu industriel densifié et rajeuni Après trois décennies de déclin puis de stagnation de l activité industrielle (cf. encadré ci-dessous), la politique économique de libéralisation et d ouverture engagée depuis la fin des années 80 se traduit enfin, depuis 1996, par une véritable densification du tissu industriel, et une amélioration générale des performances, du fait pour une grande part du dynamisme de la zone franche. Une longue phase de désindustrialisation M. Razafindrakoto distingue au cours de ces trois dernières décennies quatre sous-périodes d industrialisation et de désindustrialisation successives du pays 24 : « : [ ] les échanges commerciaux avec l'extérieur augmentent, mais avec une orientation progressive vers les biens intermédiaires et d'équipement nécessaires au développement d'une capacité d'offre locale : [ ] à la réduction drastique des importations qui a touché les biens d'équipements (non produits localement) a succédé une poussée effrénée des importations visant l'accélération des investissements publics dans un contexte de détérioration des termes de l'échange : [ ]le pays est contraint à une restriction sévère de ses importations (touchant tous les produits mais en particulier les biens d'équipements) compte tenu du niveau atteint précédemment, de l'évolution défavorable des prix et de la chute en volume et en valeur des exportations : [ ] si une ouverture économique se fait jour, avec notamment une relance des exportations et des importations marquant l'inversion des tendances passées, une réelle volonté d'engagement sans retour, en faveur de la libéralisation de l'économie, tarde à se dessiner. Des demi-mesures ont laissé intactes certaines entraves aux échanges avec l'extérieur.» Au final, selon cet auteur, «le secteur industriel a subi une forte contraction de 1974 à 1983, avant de retrouver un nouvel essor avec la libéralisation de l'économie. Alors que le taux de croissance annuel moyen de la valeur ajoutée industrielle est estimée à près de 5 % de 1960 à 1968, il n'est plus que de 2 % l'an de 1968 à Ce 24 «Dynamique du secteur industriel moderne sur longue période», M. Razafindrakoto, Economie de Madagascar, n 1, 12/
32 ralentissement a en fait surtout lieu à partir de 1971 et se confirme avec la rupture dans la politique économique du pays. Ni le choix de la stratégie d'import-substitution, ni l'"investissement à outrance" n'ont donné lieu à une véritable industrialisation. Les investissements de la fin des années 70 ont pu profiter ponctuellement au secteur industriel. Mais la chute de la valeur ajoutée qui suit, atteint des proportions dramatiques : - 28 % en 9 ans (de 1974 à 1983), soit une récession moyenne de 3,6 % chaque année. Ce n'est qu'à partir de 1984 que la tendance s'inverse avec une croissance annuelle moyenne de 3 % de 1984 à La valeur ajoutée industrielle dépasse pour la première fois (en 1995) son niveau d'il y a vingt ans». L essor des entreprises individuelles Fait remarquable, en l espace de deux ans, de 1995 à 1997, le nombre d entreprises industrielles formelles s est accru de moitié, c est-à-dire de 3000 unités (cf. tableau 3-1). Cette croissance a été le fait des entreprises individuelles ; le nombre de sociétés est en effet resté à peu près le même en 1995 et en La densification du tissu industriel s est accompagnée d un accroissement des effectifs occupés de 20 milliers de personnes environ et d une progression en volume de la valeur ajoutée, depuis 1994, de près de 5% par an en moyenne. En revanche, la valeur ajoutée industrielle a perdu en pouvoir d achat : sa croissance en valeur nominale a été inférieure de 3% par an environ à celle de l indice des prix à la consommation (ce déflateur est important du point de vue des composantes de la valeur ajoutée : les salaires, les impôts et taxes et la marge brute). Tableau 3-1 : Evolution du tissu industriel de 1994 à / 94 en % ,4% Nombre d'entreprises Nombre de sociétés et quasi-sociétés (SQS) ,9% Effectifs ,9% Valeur ajoutée en milliards de Fmg courants ,8% Indice d'évolution de la valeur ajoutée, déflaté ,2% de l'indice des prix à la consommation Indice d'évolution de la valeur ajoutée, déflaté ,0% de l'indice des prix de la V.A. industrielle Effectif moyen par entreprise ,9% Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD Plus des deux-tiers des entreprises ont moins de deux ans Cette densification du tissu industriel est allée de pair avec un net rajeunissement. L âge moyen des entreprises est passé de 13 ans en 1994 à 5 ans en 1997 (cf. tableau 3-2), âge fort jeune pour le secteur industriel 25, au regard d autres pays. Fin 1997, 70% des entreprises actives ont été créées lors des deux 25 L âge moyen des entreprises de services et surtout de commerce est traditionnellement plus jeune que celui des entreprises industrielles, car les taux de mortalité et de renouvellement des entreprises y sont plus élevés. 64
33 derniers exercices (soit en 1996 ou en 1997), contre 43% fin Elles représentent plus du tiers des effectifs et près du tiers de la valeur ajoutée industrielle totale. A cet essor des entreprises très jeunes s est ajouté une disparition de près de la moitié des entreprises les plus âgées (20 ans et plus). Ces dernières, au sein desquelles se retrouvent toutes les grandes entreprises créées pendant l époque coloniale, généraient en 1994 les trois-quarts de la valeur ajoutée totale contre moins de la moitié trois ans plus tard. Tableau 3-2 : Répartition du tissu industriel malgache suivant l âge des entreprises, en 1994 et en Age moyen des entreprises 13 ans 5 ans Entreprises de moins de 2 ans Nombre % en nombre d entreprises 43% 70% % en effectifs 23% 35% % en valeur ajoutée 15% 31% Entreprises de 20 ans et plus Nombre % en nombre d entreprises 16% 6% % en effectifs 58% 37% % en valeur ajoutée 75% 48% Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD La proportion de sociétés contrôlées par des capitaux étrangers est stable, mais leur poids économique progresse En dépit des succès de la zone franche industrielle dans laquelle nombre de sociétés à capitaux étrangers se sont implantées, la présence de sociétés étrangères n est pas plus marquée en 1997 qu elle ne l était en 1994 (cf. tableau 3-3). En revanche, leur poids économique au sein de l ensemble des sociétés, en terme d effectifs occupés ou de valeur ajoutée, s est accru de façon significative. En particulier, il faut noter qu en 1997, 60% de la marge brute dégagée par des sociétés malgaches est détenue par des sociétés contrôlées par des capitaux étrangers. Tableau 3-3 : Nombre de sociétés industrielles actives à capitaux étrangers de 1994 à 1997 et poids économique de ces sociétés Nombre de sociétés avec une présence de capitaux étrangers Nombre de sociétés contrôlées par des capitaux étrangers Nombre de sociétés avec des capitaux à 100% étrangers Part des sociétés contrôlées par des capitaux étrangers 37% 40% dans les effectifs totaux des sociétés Part des sociétés contrôlées par des capitaux étrangers 40% 47% dans la valeur ajoutée totale des sociétés Part des sociétés contrôlées par des capitaux étrangers 54% 60% dans l excédent brut d exploitation total des sociétés Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD 65
34 En l espace de trois ans, le tissu industriel malgache a donc été largement renouvelé. Les entreprises sont plus nombreuses, plus jeunes, mais également dotées d un effectif moyen légèrement plus petit. 3.2 Les succès de la zone franche industrielle compensent le déclin de certains secteurs traditionnels Madagascar est, avec Maurice, l un des rares pays africains qui a expérimenté avec succès la formule de la zone franche. Instituée en 1989, la zone franche n a véritablement décollé que ces trois dernières années. En 1998, elle compte 228 entreprises, dont 116 en activité effective. Son rôle, après avoir été un certain temps controversé, est aujourd hui clairement reconnu par les macro-économistes (cf. encadré ci-dessous). De 1994 à 1997, la zone franche industrielle a contribué (cf. tableau 3-4) : - pour moitié à l accroissement des effectifs industriels ( sur ), - et pour un quart à l accroissement nominal de la valeur ajoutée industrielle (160 milliards de Fmg sur 690 milliards) : aussi est-elle pour beaucoup dans le rajeunissement du tissu industriel décrit ci-dessus. Par ailleurs, la zone franche réalise désormais à elle seule la moitié des exportations industrielles contre un quart trois ans auparavant. Enfin, si l on ne prend pas en compte le contenu en importations des investissements, la contribution de la zone franche au solde de la balance commerciale a quasiment triplé de 1994 à 1997, de 26 à 71 millions de $. Cet excédent ne permet toutefois de combler qu aux deux-tiers environ le déficit des échanges extérieurs accumulé par les autres entreprises industrielles. Dans le panel de 183 sociétés industrielles de plus de 20 personnes pérennes de 1994 à 1997 (cf. annexe), on dénombre quatre entreprises de la zone franche, Floreal, Tropic Mad, SMK et OTM, parmi les dix entreprises qui ont connu les plus fortes progression de leur effectif occupé (cf.tableau 3-5). En revanche, on en compte aucune parmi les dix entreprises qui ont connu la plus forte progression de leur excédent brut d exploitation. La stratégie des entreprises de la zone franche paraît donc, au cours de cette période, privilégier la croissance de l activité à la recherche de la profitabilité. Les plus fortes progressions des marges sont le fait d entreprises plus âgées, quatre d entre elles ayant été créées dans les années 50. La zone franche comme pôle de croissance «Du point de vue macro-économique, les simulations issues d'un modèle mettent en exergue l'ampleur de ses effets d'entraînement et réfute l'idée d'une économie d'enclave. Si les trois quarts de leurs intrants sont importés limitant l'articulation à l'économie locale, l'importance des revenus distribués aux ménages et du recours aux services locaux compense largement ce point négatif. Ainsi, malgré le faible poids de la zone franche à l'échelle du pays (de l'ordre de 1 % du PIB et de l'emploi total), elle a été à l'origine d'une contribution significative au PIB en 1995 (à hauteur de 4,9 %) et à l'emploi (3 %). Ce résultat découle des effets indirects induits par la demande générée par les revenus ré-injectés par les entreprises franches dans l'économie. Même l'idée d'un manque à gagner pour l'etat est contredite par l'accroissement des recettes fiscales sur la consommation et les importations résultant des effets d'entraînement. A cela s'ajoute la part croissante des entreprises franches dans les exportations, remédiant à la hausse inévitable des importations. Elles répondent ainsi au double objectif d'accélération de la croissance et de réduction de la pauvreté par la création d'emplois, sans pour autant dégrader la balance commerciale, et les finances publiques. Cette expérience constitue jusqu'à présent le meilleur exemple de réussite de la transition de Madagascar vers l'économie de marché et l'insertion internationale. Il convient de 66
35 favoriser l'extension de cette zone afin qu'elle puisse atteindre une taille conséquente lui permettant de répondre, à plus grande échelle, aux espoirs qu'elle suscite». «Madagascar à la croisée des chemins : une analyse de la trajectoire récente de l économie malgache», M. Razafindrakoto, F. Roubaud, Revue Economie de Madagascar n 3, 10/1998. Mais en contrepoint de cet essor en zone franche, les performances moyennes des entreprises industrielles de droit commun s avèrent inquiétantes. En effet, en l absence de la zone franche, la valeur nominale en dollars des exportations industrielles aurait nettement décru, de 160 à 133 millions, tout comme le pouvoir d achat 26 de la valeur ajoutée industrielle. Ce dualisme se retrouve au niveau des performances des différents secteurs d activité : de 1994 à 1997 l industrie textile, secteur phare de la zone franche, progresse d un millier d entreprises et environ neuf milliers de personnes, les agro-industries, autre grand pôle exportateur, de 18 milliers de personnes. Mais à l opposé, des secteurs tournés vers le marché intérieur tels que l industrie alimentaire, les matériaux de construction ou la papeterie et l édition s affaiblissent globalement de 600 entreprises et d environ 10 milliers de personnes. Tableau 3-4 : Comparaison des performances de la zone franche avec le reste du secteur industriel Zone franche Autres TOTAL Nombre d'entreprises en en Effectifs en en Evolution en % 96% 14% 24% Valeur ajoutée en 1994 en milliards de Fmg en 1997 en milliards de Fmg Evolution déflatée de l'ipc en % 104% -14% -8% Taille moyenne en en Valeur ajoutée par personne en 1994 en milliers de Fmg en 1997 en milliers de Fmg Evolution déflatée de l'ipc en % 1,04 0,72 0,72 Exportations en 1994 en millions de $ (*) en 1997 en millions de $ Matières premières importées en 1994 en millions de $ (*) en 1997 en millions de $ (*) le montant en francs malgaches a été converti suivant les taux de changes officiels moyens durant l année, soit 3067 Fmg pour un dollar en 1994 et 5090 Fmg pour un dollar en Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD 26 C est-à-dire déflaté de l indice des prix à la consommation, voir ci-dessus. 67
36 Tableau 3-5 : Les dix plus fortes progressions en termes d effectif occupé et d excédent brut d exploitation (EBE) de 1994 à 1997 Les plus fortes progressions des effectifs Les plus fortes progressions de l EBE Sigle Variation des effectifs Capitaux majorit. Année de création Sigle Capitaux majorit. Année de création 1 SIRAMA PUB 76 STAR ETR 53 2 SECREN PUB 75 COLAS ETR 53 3 JIRAMA PUB 76 RATHERA PRI 86 4 FLOREAL ETR 88 SOMACOU Mixte 60 5 TROPIC MAD ETR 93 IMPR. Nationale PUB 58 6 SMK ETR 90 SACIMEM ETR 56 7 PULLMA ETR 92 HAZOVATO PRI 79 8 SNTPI ETR 74 KRAOMA PUB 69 9 OTM PRI 91 SODIP Mixte SOMAPECHE ETR 66 HASYMA PUB 79 Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD En caractère gras : entreprises appartenant à la zone franche industrielle. PUB : capitaux publics majoritaires, ETR : capitaux étrangers majoritaires, PRI : capitaux privés nationaux majoritaires 3.3. Les sureffectifs et les faibles niveaux d immobilisations corporelles grèvent lourdement la productivité des entreprises malgaches La comparaison des grandes entreprises malgaches et ivoiriennes a permis de pointer le problème des sureffectifs dans les entreprises industrielles malgaches. A ce problème se conjugue des actifs corporels immobilisés particulièrement faibles, bien qu ils aient été valorisés, dans les enquêtes Madio, à leur coût de remplacement, après amortissement. La conjonction de ces deux phénomènes se traduit par des niveaux très bas d intensité capitalistique moyen, c est-à-dire le montant d immobilisations corporelles par personne occupée 27, des entreprises malgaches. Converti en dollars, ces niveaux apparaissent suivant les années environ 15 fois inférieurs à ceux des entreprises camerounaises (cf. tableau 3-7). Les comparaisons internationales en matière de structure capitalistique des entreprises sont certes particulièrement délicates, car ces taux sont fortement influencés par la structure sectorielle de l industrie (l importance des secteurs fortement capitalistiques), par le mode de valorisation comptable des immobilisations corporelles, ou encore par des champs d enquêtes industrielles différents. Néanmoins, on peut noter que d importants écarts s observent également pour des secteurs et des tailles d entreprises comparables. Ce sous-équipement apparent des entreprises industrielles malgaches ne relève pas à d un problème de sous-capacité de production, puisque les taux d utilisation des capacités de production existantes seraient, suivant les données du Ministère de l Industrie, loin d être atteints (cf. tableau 1-6)., mais plutôt de l obsolescence et de l usure de la plupart des installations et des équipements des grandes entreprises, qui sont souvent restées en leur état d origine. La faiblesse des capitaux immobilisés se répercute inévitablement sur les performances en matière de productivité apparente du travail, c est-à-dire de valeur ajoutée par personne occupée, comme cela a été évoqué au premier chapitre (cf. 1.4.). Ces performances sont, suivant les années, de quatre à cinq fois inférieures à celles obtenues par les entreprises camerounaises, et de huit à neuf fois inférieures environ à celles des entreprises ivoiriennes ; a contrario la productivité apparente du capital, compte tenu des sureffectifs malgaches est environ quatre fois plus élevée à Madagascar qu au Cameroun. 27 évaluées dans l enquête malgache au coût de renouvellement 68
37 Ceci ne signifie pas bien entendu que le travailleur malgache soit moins productif que le travailleur camerounais ou ivoirien ; au dire des entrepreneurs interrogés, sa productivité serait jugée bonne, et même remarquable dans certains secteurs d activité. Au final, les sureffectifs et le sous-équipement des entreprises malgaches neutralisent, du fait de la relation mentionnée ci-dessous, l avantage procuré par des salaires moyens beaucoup plus faibles : la marge brute d exploitation (VA frais de personnel) générée par un travailleur malgache est près de quatre fois inférieure à celle d un travailleur camerounais et près de dix fois inférieure à celle d un travailleur ivoirien (cf. tableau 3-7 établi pour l année 1996). (MBE / L) = [(VA / K) * (K / L)] (FP / L), avec L : effectif occupé, K : immobilisations corporelles, VA : valeur ajoutée, FP : frais de personnel, MBE : marge brute d exploitation (VA FP) Pour les mêmes raisons, la part de la valeur ajoutée consacrée aux frais de personnel est en 1996 et en 1997 plus importante à Madagascar qu en Côte d Ivoire, en dépit des salaires moyens beaucoup plus faibles. (FP / VA) = (FP / L) * (1/(K / L)) * (1/(VA / L)) Tableau 3-6 : Comparaison de différents ratios d exploitation et de productivité des entreprises industrielles de Madagascar, du Cameroun et de Côte d Ivoire, en $, en 1996 Madagascar Côte d Ivoire Cameroun Marge brute d exploitation par personne (MBE / L) Productivité apparente du capital (VA / L) 0,553 0,135 Intensité capitalistique (K / L) Rémunérations moyennes par personne (FP / L) Productivité apparente du travail (VA / L) Frais de personnel / Valeur ajoutée (FP/ VA) 34% 29% 40% Sources : données des enquêtes MADIO INSTAT (Madagascar), FNICI (Côte d Ivoire) et DSCN (Cameroun), calculs AFD 3.4. mais dopent en revanche les taux de rentabilité économique Si les faibles montants d immobilisations corporelles affectent la productivité des entreprises malgaches, ils se traduisent mécaniquement par des taux de rentabilité économique du capital immobilisé particulièrement élevés. La comparaison avec l industrie camerounaise, marquée il est vrai par le choc de la dévaluation, montre des taux de marge à peu près comparables (compris entre 15 et 20%, alors qu ils sont en France généralement inférieurs à 10% 28 ), mais des taux de rendement économiques bruts de deux à quatre fois supérieurs suivant les année (cf. tableau 3-8). 28 Les taux de marge et de rendement économique brut des entreprises industrielles de pays en développement sont généralement plus élevés, du fait en particulier de la structure monopolistique ou oligopolistique de nombreuses branches 69
38 Tableau 3-7 : Comparaison des taux de marge et de rendement économique des industries de Madagascar et du Cameroun (*) Taux de marge brute (EBE / CA) Madagascar 21% 17% 15% 16% Cameroun 20% 16% 13% Taux de rentabilité écon. (EBE / K) Madagascar 41% 47% 29% 35% Cameroun 9% 11% 14% (*) les exercices comptables au Cameroun se répartissent sur deux années civiles : 1994 correspond à 93/94 et ainsi de suite. Sources : données des enquêtes MADIO INSTAT (Madagascar), FNICI (Côte d Ivoire) et DSCN (Cameroun), calculs AFD Des performances très disparates Ces taux de rendement moyen recouvrent en fait de très fortes disparités, comme le montre le graphique ci-dessous, qui ne porte que sur les seules sociétés et quasi-sociétés (SQS), pour lesquelles les données sur les immobilisations corporelles sont plus fiables. En effet environ un quart des SQS ont un taux de rendement économique très faible ou négatif (le premier quartile Q1 sur le graphique), et un quart ont à l opposé un taux de rendement extrêmement élevé, supérieur à un seuil compris entre 70% et 100% suivant les années (cf. graphique 3-1). Graphique 3-1 : Répartition des entreprises suivant leur taux de rendement économique brut 110% 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Q1 Médiane Q3 Moyenne Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD Ces fortes disparités s observent également entre les secteurs d activité, mais il est difficile d en tirer des enseignements structurels, car les performances sectorielles en matière de rentabilité fluctuent considérablement. Les performances moyennes sur les quatre exercices sont de 59% pour le textile, 46% pour la chimie, 39% pour les industries alimentaires ainsi que pour l industrie du bois, du papier et de l édition et de 32% pour les agro-industries Ces performances moyennes atteignent 85% pour les industries diverses et 70% pour les industries extractives, mais elles sont fortement marquées par des performances exceptionnelles en 1997 pour le premier secteur et en 1995 pour le second. 70
39 Du fait de ces fluctuations, il est difficile de tirer des enseignements de la comparaison des performances entre les entreprises contrôlées par des capitaux étrangers et celles contrôlées par des capitaux malgaches, publics et/ou privés (cf. tableau 3-9). Ces performances sont affectées par les structures sectorielles de ces deux populations : ainsi les entreprises à capitaux étrangers sont beaucoup plus présentes au sein du secteur textile et des industries diverses. Il n existe pas non plus de comportement plus marqué des entreprises à capitaux étrangers au sein d un même secteur : en 1997, ces entreprises présentent des taux plus élevés que les entreprises à capitaux malgaches dans le textile, les agro-industries et les industries diverses, mais en revanche plus faibles dans les industries extractives, les industries chimiques ou encore le bâtiment. Tableau 3-8 : comparaison des taux de rentabilité économique brute (EBE / K) des sociétés à capitaux malgaches et des sociétés à capitaux étrangers Sociétés contrôlées par des capitaux 50% 75% 37% 37% malgaches Sociétés contrôlées par des capitaux 143% 56% 25% 73% étrangers Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD Environ un quart des sociétés sont déficitaires Tout au long de la période observée, une frange importance de sociétés industrielles présente un résultat net déficitaire (de 21% à 30% lors des quatre derniers exercices, cf. graphique 3-2) et même un EBE déficitaire (de 14% à 24%). Les risques de financement de ces dernières, abordés dans le chapitre suivant ne sont donc pas à négliger, et justifient tout au moins en partie, la réserve des établissements de crédit malgaches. Les entreprises individuelles présentent en revanche de meilleurs résultats, et ce surtout depuis Graphique 3-2 : Proportion de sociétés et d entreprises individuelles déficitaires de 1994 à 1997, dans l industrie malgache 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% SQS - Résultat déficitaire SQS - EBE déficitaire EI - Résultat déficitaire EI - EBE déficitaire Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD 71
40 3.5. De 1994 à 1997, les entreprises industrielles ont peu investi De 1994 à 1997, les investissements réalisés par les sociétés et quasi-sociétés industrielles représentent en moyenne environ 24% de leur valeur ajoutée (22% pour l ensemble des entreprises) et 40% de leur excédent brut d exploitation (44% pour les sociétés). Quant au taux d accumulation, calculé par le rapport des investissements sur les immobilisations corporelles, il est de 15% en moyenne (14% pour l ensemble des entreprises). A titre de comparaison (cf. tableau 3-10), au Cameroun sur à peu près la même période, le taux d investissement sur la valeur ajoutée est plus élevé, de l ordre de 30% en moyenne, mais le taux d accumulation est en revanche nettement plus faible, de l ordre de 6% seulement. Cette différence trouve sans doute son origine dans le faible niveau des immobilisations corporelles de l'industrie malgache évoqué précédemment. Tableau 3-9 : Comparaison des taux d investissements et d accumulation des sociétés industrielles de Madagascar et du Cameroun Taux d investissement (INV / VA) Madagascar 23% 19% 26% 23% Cameroun (*) 22% 33% 38% Taux d accumulation (INV / K) Madagascar 16% 18% 14% 14% Cameroun (*) 4% 7% 6% (*) les exercices comptables au Cameroun se répartissent sur deux années civiles : 1994 correspond à 93/94 et ainsi de suite. Sources : données des enquêtes MADIO INSTAT (Madagascar) et DSCN (Cameroun), calculs AFD La part des investissements réalisés par les entreprises de la zone franche dans l ensemble des investissements a progressé de 6% à 11% ; mais cette progression découle du poids économique croissant de ces entreprises et non d une propension à investir plus marquée. Bien au contraire, le taux d investissement (sur la valeur ajoutée) de la zone franche a décru, de 24% à 17%, et, de supérieur, il est devenu inférieur à celui réalisé par les entreprises de droit commun. La propension à investir décroît Phénomène inquiétant, en dépit de l amélioration de la conjoncture économique, la proportion d investisseurs est allée en diminuant de 1994 à 1997 ; ce phénomène s observe autant pour les SQS que pour les entreprises individuelles (cf. graphique 3-3). Parmi les entreprises qui investissent, la proportion d entreprises très jeunes (âgées de moins de deux ans) s est accrue de 26% à 41% : les investissements sont donc de plus en plus fréquemment destinés au démarrage de l activité. Graphique 3-3 : Proportions d entreprises industrielles ayant investi, de 1994 à
41 65% 60% 55% 50% 45% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% E.I. SQS Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD Des stratégies d investissement orientées vers l extension des capacités de production, qui vont de pair avec des augmentations d effectifs De 1994 à 1997, parmi les sociétés pérennes de plus de 20 personnes (cf. panel), un tiers d entre elles a investi chaque année, 19% trois années sur quatre, 22% deux années sur quatre, 16% une année sur quatre et 10% n ont effectué aucun investissement au cours de ces quatre exercices. En toute logique, cette faiblesse globale des investissements devrait s expliquer en premier lieu par la sous-utilisation des capacités de production existantes évoquée au chapitre 1 (cf. tableau 1-6). Pourtant, en 1997, 69% des montants investis ont été consacrés à des investissements d extension, contre 31% seulement à des investissements de rénovation. D ailleurs, on peut constater que les entreprises pérennes qui investissent le plus souvent sont aussi celles qui ont accru le plus rapidement leur taille, tandis que la taille moyenne de celles qui n ont pas investi ou qui n ont investi que lors d un seul exercice a légèrement régressé (cf. graphique 3-4). La politique d investissements ne paraît donc pas être menée en vue de substituer du capital au travail mais plutôt en vue d une extension des capacités de production. Hormis les problèmes d accès au crédit traités dans le chapitre suivant, la faiblesse des investissements paraît résulter plutôt d une certaine réticence des entreprises à moderniser leur appareil de production. Il va de soi que la faiblesse du coût du travail n incite pas les entreprises à s engager dans cette voie. 73
42 Graphique 3-4 : Evolution de la taille moyenne des sociétés (en nombre de personnes occupées) suivant le nombre d exercices au cours desquels elles ont effectué des investissements, de 1994 à : aucun investissement durant les 4 exercices, 1 : un seul exercice avec investissements, etc Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD Une forte concentration des montants investis Même si le tiers des entreprises individuelles investissent chaque année, les montants de ces investissements sont très faibles. En 1997, parmi les deux milliers d entreprises individuelles du secteur industriel qui ont effectué un investissement : - le quart d entre elles ont dépensé moins de francs malgaches (moins de 400 FF) ; - la moitié moins de 1 million de francs malgaches (moins de1200 FF) ; - les trois-quarts moins de 4 millions de francs malgaches (moins de 5000FF). Seules 5% d entre elles, soit une centaine environ, ont investi pour plus de 100 million de francs malgaches ( FF). Au final, de 1994 à 1997, 9% en moyenne de l ensemble des investissements sont réalisés par les entreprises individuelles. Quant aux sociétés et quasi-sociétés, la moitié investit pour moins de 125 millions de francs malgaches ( FF environ). La population d investisseurs qui effectuent des investissements de taille significative du point de vue d un établissement bancaire est donc tout à fait restreinte. Les entreprises qui effectuent des investissements importants sont donc peu nombreuses. Moins de 100 entreprises par an investissent pour plus d un million de francs (cf. tableau 3-11). Ces investissements représentent à eux seuls en % de la valeur totale investie. Par ailleurs, depuis 1995, moins de 200 entreprises réalisent des investissements d une taille intermédiaire, comprise entre FF et de FF, susceptible d intéresser des établissements de crédit classiques. Tableau 3-10 : Nombre estimé d investisseurs suivant les montants investis, de 1994 à
43 Montants investis < FF De à FF De à FF De à FF De à FF > FF Ensemble Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD 75
44 IV LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES INDUSTRIELLES Le coût et la difficulté d accès au crédit bancaire sont considérés par les entrepreneurs malgaches comme deux de leurs principales difficultés : elles sont fréquemment évoquées lors des colloques consacrés au secteur privé malgache, et sont mentionnées dans l enquête industrielle de par le quart des entreprises (cf. tableau 2-2). Ces difficultés se sont accrues ces dernières années, puisque les crédits à l économie ont chuté de 17% du PIB en 1990 à moins de 10% en En outre, ce rationnement apparaît d autant plus surprenant à première vue, sinon choquant, que le système bancaire est en situation de surliquidité depuis le début des années J. F. Gautier 30, dans un article consacré à ce sujet, apporte trois réponses à ce paradoxe : - la politique monétaire restrictive menée par la Banque centrale, et l émission de titres monétaires assortis de taux d intérêt élevés qui s en est suivie, «a détourné les banques de leur activité traditionnelle. Les produits issus de la trésorerie constituent une part de plus en plus importante de leur produit net» ; - «la dégradation des conditions financières du secteur bancaire public, due à l importance des crédits non performants dans leur bilan, a eu des conséquences directes sur le volume de crédit»; - enfin, «l octroi de crédits s avère une activité risquée à Madagascar [ ]. Les variations des créances douteuses et litigieuses dans les années récentes ne semblent pas forcément liées aux variations de taux d intérêt réels. Il paraît plus vraisemblable que le nombre d entreprises solvables soit limité, bien que cette hypothèse reste à vérifier». Ce chapitre analyse les conditions d accès au crédit bancaire et s intéresse aux risques du crédit aux entreprises mentionnés dans l argument ci-dessus Des financements bancaires marginaux 16% des sociétés qui investissent sont financées par des établissements de crédit En 1995, 24% des sociétés qui ont investi ont recouru à des financements bancaires ; en 1997, cette proportion s est abaissée à 16% seulement. Quant aux entreprises individuelles, cette proportion s est abaissée de 4% en 1994 à 1,5% en Compte tenu de la faiblesse des investissements industriels, les sommes mobilisées par les banques et établissements financiers malgaches sont marginales : elles seraient environ dans leur totalité, suivant les données extrapolées des enquêtes industrielles, exception faite des quelques grandes entreprises industrielles non répondantes 31, d environ 10 millions de dollars en 1994, 12 en 1995, 16 en 1996 et 9 en «Surliquidité, risque de système et rationnement du crédit dans un pays en développement, l exemple des banques de dépôt à Madagascar», J.F. Gautier, Savings and Development, Quarterly Review, n 3/99, XXII. 31 La liste de cette trentaine d entreprises est insérée dans les publications des résultats de ces enquêtes industrielles. 76
45 Les banques ne participent quasiment pas aux grands investissements industriels En particulier, les banques apparaissent très peu présentes sur le marché des grands investissements des entreprises malgaches, publiques ou privées, et à capitaux nationaux ou étrangers. Sur la base des données du panel de sociétés industrielles pérennes, les banques n auraient participé, de 1994 à 1997, qu au financement de trois des treize investissements de plus de 10 milliards de francs malgaches recensés à partir des données des enquêtes, et elles n auraient contribué qu à 8% du montant total de ces investissements. Un constat à peu près similaire vaut pour les investissements d un montant compris entre 5 et 10 milliards de francs malgaches Un accès au crédit difficile L enquête annuelle sur l industrie de 1997 permet d analyser la problématique du financement des investissements des entreprises dans sa globalité, à partir des varaibles suivantes : - le besoin de crédit à moyen ou long terme pour financer ses investissements ; - la demande de crédit à moyen ou long terme auprès de banques, institutions financières, organismes d appui spécifiques ou bailleurs de fonds ; - l obtention d un crédit à moyen ou long terme ; - et enfin, la réalisation d un investissement en 1997, thème étudié au chapitre précédent (cf. 3.5). Le rapprochement de ces différentes variables permet d aboutir à une typologie en huit catégories d entreprises présentée dans le tableau 4-1. Les lignes 1 à 4 représentent quatre différentes catégories d entreprises qui n ont pas effectué d investissement, - soit parce qu elles n en ont pas eu l intention (ligne 1), - soit parce que cela nécessitait des financements externes (lignes 2 à 4) qu elles n ont pas demandé (ligne 2), qu elles n ont pas obtenu (ligne 3), qu elles ont obtenu mais qu elles n ont apparemment pas encore mis en œuvre (ligne 4). Les lignes 5 à 8 représentent quatre différentes catégories d entreprises qui ont effectué un investissement en 1997, - soit sans que cela nécessite un crédit (ligne 5), - soit sans en demander bien que cela aurait été utile (ligne 6), - soit en demandant un crédit mais sans l obtenir (ligne 7), - soit enfin grâce à l octroi d un crédit, en partie ou en totalité du montant demandé (ligne 8). 77
46 Tableau 4-1 : Répartition en 1997 des entreprises individuelles et des sociétés suivant une typologie des besoins et des octrois de crédits, en % Typologie des modalités d accès au crédit A investi en 1997 Besoin de crédit Demande de crédit Obtention d un crédit Entreprises individuelles Sociétés et QS 1 NON NON 50% 26% 2 NON OUI NON 16% 18% 3 NON OUI OUI NON 5% 6% 4 NON OUI OUI OUI 1% 5% 5 OUI NON 10% 19% 6 OUI OUI NON 11% 11% 7 OUI OUI OUI NON 5% 5% 8 OUI OUI OUI OUI 2% 10% ENSEMBLE 100% 100% Source : données de l enquête industrielles MADIO INSTAT de 1998, calculs AFD La majorité des entreprises qui éprouvent un besoin de crédit n en font pas la demande La majorité des entreprises individuelles qui déclarent un besoin de financement externe (lignes 2 à 4 et 6 à 8) ne formulent pas de demande de crédit (lignes 3, 4, 7et 8), que ce soit à des banques, à des organismes d appui ou encore à des bailleurs de fonds. C est le cas des deux - tiers des entreprises individuelles et de 53% des SQS. Pour les entreprises individuelles, ce phénomène s explique principalement par le fait qu elles jugent cette démarche trop compliquée ; pour les SQS, par le coût du crédit, jugé dissuasif (cf. tableau 4-2). La proportion d entreprises, individuelles ou de forme sociale, qui considère qu elles n ont aucune chance d obtenir un crédit est relativement faible. Paradoxalement, les SQS qui sont dans ce cas sont d une taille moyenne importante (520 personnes). Tableau 4-2 : Les raisons pour lesquelles des entreprises ne demandent pas de crédit alors qu elles en éprouvent le besoin. Motifs Entreprises individuelles Sociétés et quasi - sociétés Démarche trop compliquée 55% 34% Taux d intérêt trop chers 27% 45% Aucune chance d obtenir le crédit 14% 11% Autres 4% 11% Source : données de l enquête industrielles MADIO INSTAT de 1998, calculs AFD Peu d élues parmi les entreprises individuelles Lorsque les entreprises individuelles demandent un crédit de moyen ou long terme (lignes 3, 4, 7 et 8), moins du quart d entre elles obtiennent satisfaction (lignes 7 et 8). Ce taux de rejet élevé laisse présager que le découragement est peut-être plus important que celui mentionné dans les réponses du tableau 4-2. Suivant ces entreprises, le motif le plus souvent évoqué par les établissements financiers contactés est le manque de garanties (dans la moitié des cas) ou la qualité insuffisante des résultats (cf. tableau 4-3). 78
47 En ce qui concerne les SQS, 58% d entre elles obtiennent satisfaction. Ce taux atteint 63% pour les SQS exportatrices contre 53% pour celles qui n exportent pas. Pour ces entreprises, le manque de garanties est également le motif de rejet le plus souvent évoqué. Tableau 4-3 : Les motifs de rejet des demandes de crédit Motifs de rejets de demandes de crédits Entreprises individuelles Sociétés et quasi - sociétés Dossier incomplet 21% 8% Garantie insuffisante 53% 39% Le projet présenté n est pas viable 18% 6% Crédit demandé trop important / ne se justifie pas 17% 34% Le volume de crédit demandé est trop faible 10% 8% Résultats de l entreprise non convaincants 27% 23% Source : données de l enquête industrielles MADIO INSTAT de 1998, calculs AFD Au final, une entreprise individuelle sur vingt qui déclarent un besoin de crédit pour investir a obtenu un crédit en Huit entreprises individuelles ont renoncé à investir et onze ont investi tout de même, mais uniquement sur leurs propres ressources. Pour les sociétés et quasi sociétés, 18% de celles qui déclarent un besoin de crédit pour investir ont obtenu un crédit en 1997, 39% ont renoncé à investir et 43% ont investi tout de même, mais uniquement sur leurs propres ressources. Enfin, parmi les SQS, 24% des entreprises exportatrices qui déclarent un besoin de crédit pour investir ont obtenu un crédit en 1997 contre 17% pour celles qui n exportent pas. Tableau 4-4 : Indicateurs de financement des investissements suivant différentes catégories d entreprises Entreprises Sociétés et quasi - sociétés individuelles Proportion d entreprises Ensemble exportatrices non exportatrices qui ont investi 28% 45% 57% 40% qui ont investi sans 10% 19% 23% 18% besoin de crédit qui ont besoin de crédit 40% 55% 62% 51% qui ont demandé un 13% 25% 33% 29% crédit qui ont obtenu un crédit 3% 14% 21% 13% Source : données de l enquête industrielles MADIO INSTAT de 1998, calculs AFD 4.3. Le profil des sociétés bénéficiaires de financements bancaires Le tableau 4-5 ci-dessous compare les profils de quatre catégories de sociétés : - ➀ les sociétés qui n ont pas investi faute de crédit ; Ces sociétés se caractérisent par un volume de valeur ajoutée moyen deux à trois fois inférieur à celui des trois autres catégories d entreprises, 79
48 des taux de rentabilité économique brute élevé mais aussi une forte proportion d entreprises déficitaires, un faible niveau de productivité apparente du travail. - ➁ les sociétés qui ont investi sans éprouver de besoins de crédits. Ces entreprises ont le niveau de productivité le plus élevé, mais elles ont en revanche, paradoxalement, des taux de marge et de rentabilité brute relativement faibles. - ➂ les sociétés qui ont investi sans obtenir de crédit, bien qu elles en aient éprouvé le besoin ; - ➃ les entreprises qui ont investi et qui ont obtenu un crédit ; ce sont les entreprises les plus grandes en termes d effectif, mais non en termes de valeur ajoutée, et surtout celles qui comptent la proportion la plus élevée d entreprise exportatrices et la plus faible d entreprises déficitaires. Tableau 4-5 : Profils des sociétés industrielles suivant une typologie d accès au crédit ➀ ➁ ➂ ➃ Investissement en 1997 NON OUI OUI OUI Besoin de crédit NON OUI OUI Obtention d un crédit OUI NON NON NON OUI Effectif moyen Immobilisations corporelles moyennes 1,4 4,9 13 8,2 en mds de Fmg Valeur ajoutée moyenne, en mds de 1,4 3,9 5,2 5,0 Fmg Taux d exportation sur le chiffre 34% 11% 26% 51% d affaires Proportion d exportateurs 30% 35% 41% 55% Taux de marge brute (EBE / CA) 16% 10% 20% 16% Taux de rentabilité économique (EBE / 39% 24% 21% 35% IMMO) Proportion d entreprises avec un 31% 22% 15% 10% résultat net déficitaire Rémunérations par personne, en 3,5 4,1 4,3 3,2 millions de Fmg Valeur ajoutée par personne, en 6,3 18,3 15,7 8,9 millions de Fmg Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD Lorsque les sociétés bénéficient d un crédit à moyen terme, ce dernier intervient en moyenne à hauteur de 38% de l investissement réalisé. Plus de la moitié de l investissement est donc autofinancée : cette part considérable s explique sans doute en partie par les exigences des établissements de crédits, mais sans doute également par le souci de l entreprise, compte tenu du coût du crédit, de limiter dans l avenir ses charges financières. Ce taux dépasse en effet largement la part de l apport de l entreprise requise par les institutions financières locales, qui serait, selon l avis des entrepreneurs interrogés, de 25% environ. A taille égale, mieux vaut être une société qu une entreprise individuelle si l on veut obtenir un crédit 80
49 En l absence de données sur l endettement des entreprises, il n est pas possible de mener une analyse discriminante approfondie des facteurs qui favorisent l accès au crédit. On se contente d apporter quelques éclairages sur les influences de la taille, de la forme juridique et de l ouverture à l export. Les chances d obtenir un crédit vont croissantes avec la taille en terme d effectif occupé au niveau du segment des PME, c est-à-dire des entreprises d une taille comprise entre 20 et 200 personnes ; en revanche, les chances des très petites entreprises de moins de 10 personnes sont plus élevées que celles d une taille comprise entre 10 et 50 personnes, et les chances des moyennes entreprises de 100 à 200 personnes sont plus élevées que celles des entreprises de taille plus grande. Graphique 4-1 : Proportion d entreprises qui ont vu leur demande de crédit à moyen terme satisfaite suivant leur taille 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% < à à à à à et + Source : données de l enquête industrielles MADIO INSTAT de 1998, calculs AFD Au sein d une même tranche de taille (en effectif occupé), le fait d être une société plutôt qu une entreprise individuelle accroît considérablement les chances d obtenir un crédit. Tableau 4-6 : Proportion d entreprises qui ont vu leur demande de crédit à moyen terme satisfaite suivant leur taille (*) et leur forme juridique Taille des entreprises Entreprises Sociétés individuelles < 10 personnes 30% 67% De 10 à 19 personnes 0% 54% De 20 à 49 personnes 17% 31% Source : données de l enquête industrielles MADIO INSTAT de 1998, calculs AFD (*) au delà de 50 personnes, les entreprises sont en quasi-totalité des sociétés En revanche, toujours au sein d une même tranche de taille, le fait d être exportateur amoindrit plutôt les chances d obtenir un crédit. Si les entreprises qui obtiennent des crédits sont plus fréquemment exportatrices, cela provient en fait d un effet taille : les entreprises de plus de 100 personnes sont beaucoup plus exportatrices que celles d une taille inférieure. L absence de ressources en devises ne paraît donc pas préjudiciable à l obtention d un crédit bancaire de moyen terme. 81
50 Tableau 4-7 : Proportion d entreprises qui ont vu leur demande de crédit à moyen terme satisfaite suivant leur taille (*) et leur ouverture à l export Taille des entreprises Exportatrices Non exportatrices 8% 24% De 20 à 49 personnes De 50 à 99 personnes 50% 59% De 100 à 199 personnes 78% 92% De 200 à 499 personnes 58% 60% 500 personnes et + 71% 75% Source : données de l enquête industrielles MADIO INSTAT de 1998, calculs AFD (*) en deçà de 20 personnes le nombre d exportateurs est insuffisant pour disposer d estimations significatives. Ce constat est d autant plus surprenant qu en première analyse, les entreprises exportatrices comptent, au sein d une même tranche de taille, nettement moins d entreprises déficitaires (cf. tableau 4-8). Le poids des charges financières dans leur EBE est également moins marqué, signe d un endettement moins prononcé. En définitive, ceci interroge sur la capacité du système bancaire malgache, accoutumé dans le passé à une clientèle d entreprises installées depuis nombre d années et tournées vers les marchés locaux, à appréhender le risque de financement d entreprises, souvent récentes, tournées vers l international. Sont-elles en mesure de juger de la qualité des projets de ces entreprises, d évaluer les marchés extérieurs visés? Ce phénomène est en tout cas regrettable, car il va à l encontre de la politique d essor des exportations prônées par les autorités malgaches et les bailleurs de fonds. Tableau 4-8 : Indicateurs de risque des entreprises qui ont demandé du crédit à moyen terme, suivant leur taille (*) et leur ouverture à l export % d entreprises déficitaires Charges financières / EBE Taille des entreprises Exportatrices Non exportatrices Exportatrices Non exportatrices 8% 54% 22% 2% De 20 à 49 personnes De 50 à 99 personnes 12% 34% 2% 12% De 100 à 199 personnes 11% 31% 11% 31% De 200 à 499 personnes 8% 10% 6% 20% 500 personnes et + 11% 25% 7% 42% Source : données de l enquête industrielles MADIO INSTAT de 1998, calculs AFD (*) en deçà de 20 personnes le nombre d exportateurs est insuffisant pour disposer d estimations significatives. La question de l insuffisance des lignes de crédits pour les PME Existe-t-il un problème spécifique du financement des investissements d un montant moyen, compris grosso modo entre FF et un million de FF? Selon l enquête Madio, trois quarts des entrepreneurs individuels ou des gérants de sociétés qui se prononcent sur ce point considèrent que le nombre de lignes de crédit destinées aux PME-PMI est insuffisant. 82
51 Il est nécessaire de distinguer sur cette question le cas des sociétés et des entreprises individuelles. Pour les sociétés, cette tranche d investissements est pour 70% d entre elles le fait d entreprises de plus de 50 personnes, pour lesquelles les taux d obtention de crédit sont élevés. Le problème ne paraît donc pas majeur. En revanche, pour les entreprises individuelles, cette tranche d investissements est le fait pour 35% de très petites entreprises de moins de 10 personnes, pour 50% d entreprises de 10 à 20 personnes et pour 15% d entreprises de 20 à 50 personnes, pour lesquelles les taux d obtention de crédit sont faibles voire nuls. En définitive, la stratégie des établissements financiers paraît la suivante : - pour les très petites entreprises de moins de 10 personnes, l investissement moyen est de 9000 FF : les besoins de financement sont donc essentiellement de besoins de micro - crédits qui relèvent d institutions financières spécialisées. Le taux de rejet élevé, de 70%, s explique sans doute en partie par le fait que ces entreprises s adressent aux banques traditionnelles. - Pour les petites entreprises de 10 à 49 personnes, une très forte réticence prévaut : les banques semblent considérer qu elles ne disposent pas suffisamment de garanties, en particulier du fait de la forme juridique des entreprises, pour engager des crédits, même si ces derniers portent sur des montants moyens modestes : FF pour les entreprises de 10 à 19 personnes et FF pour celles de 20 à 49 personnes. - Pour les entreprises de plus de 50 personnes, plus d une demande sur deux est satisfaite, et elle atteint même 86% pour la tranche des entreprises de 100 à 199 personnes, qui investissent en moyenne pour 1,5 million de FF. La mise à l écart des petites entreprises ne paraît pas relever d une insuffisance de lignes de crédits pour les PME. D ailleurs, sur les quatre derniers exercices, la proportion d investissements compris entre FF et 1 million de FF financée en partie ou en totalité par des crédits est comparable à celle des investissements supérieures à un million de francs (cf. graphique 4-2). Elle s explique par l exigence des banques, à partir de montants de crédit relativement bas, de travailler avec des entreprises qui sont en mesure d apporter des garanties et une information sérieuse sur leurs comptes, et donc de privilégier les sociétés par rapport aux entreprises individuelles. Graphique 4-2 : Proportion moyenne entre 1994 et 1997 d entreprises ayant financé sur crédit leur investissement, suivant le montant des investissements convertis en francs français 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% < 10 KF de 10 KF à 100 KF de 100 KF à 500 KF de 500 KF à 1 MF de 1 MF à 5MF > 5 MF Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD 83
52 4.4. La demande potentielle de financements de la part d entreprises saines est restreinte En fait, si 40% des entreprises individuelles et 55% des sociétés déclarent éprouver un besoin de financement, seule une minorité d entreprises paraît en mesure de s endetter, compte tenu de leur situation comptable au cours des derniers exercices. On s est intéressé, à partir du panel construit par rapprochement des quatre fichiers d enquêtes industrielles successives (cf. annexe), à une population d entreprises industrielles qui ont effectivement investi en 1997, et qui réunissaient en 1997 des conditions favorables à un octroi de crédit : - un effectif de plus de 20 personnes ; - une activité effective depuis trois ans au minimum - des résultats nets excédentaires pour leurs trois derniers exercices comptables (1994, 1995 et 1996). En moyenne, ces entreprises (au nombre de 71 dans le panel) ont cumulé sur les trois exercices précédents un EBE de 2,6 millions de dollars et un résultat net de 1,4 million de dollars (cf. tableau 4-9); elles ont réalisé en 1995 et en 1996 (les investissements de 1994 ne pouvant être financés par les marges de l exercice courant) des investissements à hauteur de 0,6 million de dollars. Même si l on suppose que la totalité de ces investissements ont été autofinancés, le solde de capacité d autofinancement cumulée de 1994 à 1996, de l ordre de 0,8 million de dollars, dépasse de moitié le montant des investissements effectivement réalisés en 1997, de l ordre de 0,4 million de dollars. Tableau 4-9 : Evolution de 1994 à 1997 de l EBE, des résultats nets et des investissements d une population d entreprises industrielles «bancables», en milliers de dollars EBE Résultat net Investissements Cumuls de 1994 à Cumuls 1995 à Sources : données des enquêtes industrielles MADIO INSTAT, calculs AFD En définitive, 13 entreprises parmi ces 71 (soit 18%) ont tout de même eu recours à des financements bancaires. Ces dernières ont représenté au total 15% des montants investis, soit des financements moyens par entreprises modestes, de l ordre de dollars environ. 84
53 4.5. Eléments de synthèse Quatre points pour conclure sur ce sujet : La proportion de sociétés déficitaires est conséquente et requiert effectivement de la prudence de la part des établissements financiers malgaches. Les investisseurs sains ont quant à eux des besoins de financement extérieurs restreints, et sont sans doute peu enclins à y recourir, compte tenu du niveau élevé des taux pratiqués. Aussi la polarisation des banques de la place autour d une petite centaine d entreprises, situation décrite par les différents banquiers rencontrés lors de la mission, est-elle logique. Le segment «intermédiaire» d entreprises qui s engagent dans d investissements compris entre FF et 1 million de FF ne parait pas écarté pour autant des financements bancaires, si ces entreprises ont adopté une forme de société et présentent les garanties et la qualité des comptes requises. En outre, le fait d exercer son activité uniquement pour le marché local, et donc de devoir se financer en ressources locales, ne paraît pas restreindre les chances d obtenir un crédit. En revanche, pour les entreprises individuelles industrielles, l accès au financement constitue un vrai problème. Nul doute qu une partie d entre elles présente des performances tout à fait satisfaisantes : en 1997, la proportion d entreprises déficitaires est d ailleurs trois fois inférieure à celle rencontrée au sein des sociétés. Mais la faiblesse des montants concernés les destine plutôt, tout au moins pour une très large partie d entre eux, aux institutions de micro - crédits. Quant à la frange supérieure, il paraît préférable, pour accéder au crédit, qu elles se transforment en sociétés et acceptent les contraintes qui s ensuivent. 85
54 V PERSPECTIVES ET PRIORITES 5.1. Une nette progression des investissements directs étrangers La question de l arbitrage entre le potentiel de marché et les risques financiers de marché La décision d investir à l étranger repose à la fois sur une analyse des risques présents du pays et sur les perspectives de croissance futures. On trouve des entreprises audacieuses prêtes à investir dans des pays qui présentent beaucoup de difficultés et de grands risques mais également un potentiel de croissance considérable, tels la Russie, l Indonésie ou la Colombie ; on trouve à l autre extrême des entreprises attirées par des pays à potentiel de croissance limité, mais avec des environnements des affaires très sûrs, tel que Maurice ou le Botswana. En se référant aux notations de Nord Sud Export (cf. 2.1), il est possible de confronter les risques financiers de marché 32 (maîtrise des équilibres fondamentaux, risque de change, risque systémique et de volatilité économique) au potentiel de marché tel qu il a été évalué également par NSE au travers de 40 critères, rassemblés en quatre facteurs : le poids économique et le niveau de développement, la taille réelle du marché, la dynamique du marché, l ouverture et la privatisation de l économie. Ce potentiel est classé en cinq catégories : A, grand marché, B : marché moyen en croissance, C : marché de taille moyenne, D : petit marché en croissance, E : marché encore marginal. Suivant ces données, Madagascar présente des risques financiers de marché modérés mais un potentiel de marché considéré comme encore relativement marginal. Cette combinaison risques / potentiel est moins intéressante que celle offerte par la plupart des pays de la zone franc, qui s avèrent plus sûrs, mais elle est en revanche plus intéressante que celles offertes par des PMA hors zone franc tels que la Mauritanie ou le Cambodge (cf. tableau 5.1). On peut considérer que la combinaison malgache risques / enjeux de marché est d un intérêt à peu près équivalent aux combinaisons offertes par le Kenya, qui présente à la fois des enjeux et des risques plus élevés. Face à une forte aversion au risque, elle peut apparaître préférable à des combinaisons enjeux / risques offertes par des marchés plus grands, mais aux risques considérables, sinon dissuasifs, tels que le Nigeria dans la ZSP, ou encore, hors ZSP, l Iran, l Equateur, Cuba et différents pays de la CEI. 32 Par ailleurs, les risques financiers de marché ont été réévalués pour tenir compte d aspects liés à la bonne gouvernance et notés sur 100 et non sur
55 Tableau 5-1 : Potentiel de marché et risques financiers de marché Risques Potentiel de marché financiers Fort Marginal de marché A B C D E Faibles >62 Corée du Sud Chili EAU, Koweït Botswana 60 Slovénie, Maurice 58 Burkina 56 Thaïlande Sénégal, Oman 54 Mexique Israël, Malaisie RCI Bénin, Mali 52 Inde Philippines Cameroun, Ghana Togo Niger Zambie 50 Chine Arabie Saoudite Hongrie Croatie, Oug. Tunisie Tchad 48 R, Tchèque, Slovaquie Namibie, Bahrein Gabon 46 Pologne B-Desh, Uruguay 44 Brésil Egypte, Af. du Sud Maroc, Pérou Bolivie MADAGASCAR 42 Guatemala 40 Liban, R. Domin. Congo B, 38 Kenya, Ethiopie 36 Turquie Vietnam Mozambique Mauritanie 34 Russie Colombie, Indonésie Algérie Zimbabwé 32 Pak., Roumanie, Vén. Syrie, Libye, Cuba, Tz. Guinée 30 Ouzbekistan 28 Iran Equateur Jamaïque 26 Ukraine Kazakhstan Yémen 24 Nigéria Soudan Arménie 22 Bielorussie Cambodge Myanmar Azerbaïdjan 16 Très Irak Angola élevés <12 Congo RDC Source : AFD, à partir de données de Nord-Sud export 87
56 Des montants d investissements directs étrangers encore modestes En ce sens, les montants modestes des investissements étrangers ces dernières années ne résultent pas seulement des troubles politiques et sociaux du début des années 90, mais d une considération froide et raisonnée des opportunités d affaires réelles offertes par ce pays. Ces montants se situent au niveau de nombre de petites économies insulaires des Caraïbes, du Pacifique ou de l Océan Indien. Elles apparaissent nettement en deçà des niveaux atteints par ses principaux voisins africains, à l exception notable toutefois du Kenya. Tableau 5-2 : Les investissements directs de l extérieur de 1990 à 1998 à Madagascar, dans différentes petites économies insulaires et dans des pays d Afrique orientale et australe Montants nets, en millions de $ montant minimum entre 1990 et 1996 montant maximum entre 1990 et 1998 Antigua et Barbuda Bahamas, The Barbados 6 15 Comoros 0 2 Dominica Fiji Jamaica Grenada Madagascar 6 49 Maldives 6 9 Mauritius Rep. dominicana Seychelles 9 54 St. Kitts and Nevis St. Lucia St. Vincent and the Gren Trinidad and Tobago Vanuatu Kenya 6 32 Mozambique Tanzanie Zimbabwe Source : AFD, à partir des données du FMI, «Balance of payments statitics yearbook» (*) : 1994, 1995 ou 1996 suivant les pays mais en forte progression depuis 1996 Toutefois, ces montants connaissent une spectaculaire progression depuis 1996, puisqu ils ont quasiment quintuplé, de 10 à 48 millions de dollars (cf. graphique 5.1.). Par ailleurs, il semblerait que les projets d investissements directs demeurent importants pour les années à venir, même s ils n atteindront pas les chiffres du Mozambique, où les chiffres sont dopés par le projet Mozal (environ 250 millions de dollars d IDE attendus chaque année pour les quatre années à venir). 88
57 Graphique 5-1 : Evolution des investissements directs de l étranger à Madagascar de 1992 à millions de $ Source : AFD, à partir de données de al Banque Centrale de Madagascar et du FMI 5.2. Des potentialités sectorielles diversifiées, mais à calibrer de façon réaliste Madagascar est un des rares pays à présenter des avantages comparatifs et des richesses encore peu exploitées à la fois dans le secteur primaire (pêche et aquaculture, cultures de rente, mines), le secteur secondaire (textile, sous-traitance industrielle) et le secteur tertiaire (tourisme, télétravail). Ce grand nombre de secteurs prometteurs offre la possibilité d un développement diversifié et équilibré, réparti sur l ensemble du territoire. Néanmoins, parmi ces multiples opportunités, aucune d entre elles n apparaît comme vraiment exceptionnelle, susceptible d engendrer une surenchère d investissements et d alimenter rapidement le budget de l Etat en ressources extérieures. Aussi le potentiel économique est-il sans doute plus limité qu il ne paraît. Le tourisme : des atouts, mais également des handicaps Compte tenu de niveau de fréquentation très bas, l essor du secteur touristique est quasiment inéluctable. Le développement de ce secteur peut même être considéré comme le premier potentiel de ce pays, car il s appuie sur de réels atouts : la douceur du climat, la préservation de l environnement et la beauté des sites, la relative sécurité des personnes, la saturation du développement touristique à Maurice ( touristes en 1996). D ailleurs, les indices de satisfaction établis par l enquête Visa Tourisme de Madio sont en moyenne très élevés, à l exception de la sécurité et surtout des moyens de transports (cf. tableau 5-3). 89
58 Tableau 5-3 : Degré de satisfaction des touristes Type de touristes Degré de satisfaction (en % du nb A titre principal A titre secondaire Total de touristes) - Beauté des sites 97,8 94,5 96,7 - Culture malgache 96,3 96,5 96,4 - Accueil de la population 96,6 95,1 96,1 - Artisanat 94,7 94,9 94,8 - Gastronomie/restauration 93,4 90,2 92,4 - Hébergement 90,2 93,2 91,1 - Sécurité 74,4 66,8 71,9 - Moyen de transport disponible 64,3 64,1 64,2 Satisfait du séjour en général 98,0 97,0 97,7 Source : Enquête ETV98, MADIO Mais en même temps, le développement du tourisme à Madagascar souffre de certains handicaps structurels : - la faible clientèle de proximité (sud-africains, réunionnais, mauriciens) à la différence des Caraïbes, du Maghreb ou de l Asie du Sud-Est : on ne comptait en 1996, dans un rayon d environ 2500 kms autour de Madagascar (zone Afrique du Sud - Maurice - Kenya), que 4 millions de départs de touristes à l étranger, contre 45 millions pour l Asie du Sud-Est (zone Inde - Indonésie - Chine), 65 millions pour les Caraïbes (des Etats-Unis au Venezuela) et plus de 280 millions pour le Maghreb (Europe occidentale et centrale, hors Scandinavie). En outre, si l on ajoute à la clientèle de proximité la clientèle de moyenne distance, située dans un rayon de 5000 kms, les écarts sont encore beaucoup plus importants : 5 à 6 millions environ dans la zone autour de Madagascar, contre 70 millions pour l Asie du Sud-Est (zone allant jusqu au Japon, la Corée du Sud, l Australie...), 89 millions pour les Caraïbes (du Canada au Brésil,...), et plus de 330 millions pour le Maghreb. - l éloignement des sites, à la différence également de ces mêmes régions où sont concentrés dans des espaces restreints à la fois des plages, des sites écologiques et des sites historiques ou archéologiques, - la difficulté d accéder aux milliers de kilomètres côtiers depuis Tananarive, qui limite les côtes réellement exploitables aux seuls alentours de sites qui seront équipés d aéroports internationaux, et qui suppose d importants investissements d infrastructures. Les touristes, selon l enquête Visa Tourisme de Madio, se plaignent principalement de l état des routes et des moyens de transport défectueux et des problèmes d insécurité, essentiellement dans la capitale (cf. tableau 5-4). Tableau 5-4 : Principales difficultés rencontrées Principales difficultés rencontrées Problèmes liés au transport (état des routes, des véhicules, manque de taxisbrousse, vol annulé) Nombre en % / ens. des touristes Insécurité (vol, pickpocket,...) 17,9 Infrastructure hôtelière, de transport et de communication, et sanitaire 6,6 Problème lié à l'hygiène (propreté des hôtels, mais également des villes) 3,1 Accueil des touristes par les professionnels du touristes 2,6 2,2 Pauvreté de la population Corruption, arnaque 25,6 1,4 90
59 Autres Source : Enquête ETV98, MADIO. Les chiffres sont en pourcentage. Ils sont calculés par rapport au nombre total de touristes. Ces chiffres correspondent au traitement d'une question ouverte, où les enquêtés ont pu noter en clair les problèmes rencontrés. Force est de reconnaître que Madagascar ne réunit pas à l orée de l an 2000 les mêmes atouts que la Thaïlande au début des années 70 ou la République dominicaine ou Cuba au début des années 90. Aussi, dans les dix années à venir, à moins d un boom de l écotourisme, il paraît difficile d envisager une fréquentation annuelle supérieure à touristes, soit un niveau considérablement supérieur au niveau actuel, mais qui reste encore modeste au regard d autres pays en développement 33. 2,2 Les agro-industries : des perspectives importantes, mais principalement sur le long terme La richesse des sols et la qualité du climat permettent également d espérer beaucoup des cultures de rentes, dont les productions ont stagné, ou pour certaines d entre elles chuté, ces deux dernières décennies. Mais la relance d une filière agricole et plus encore agro-industrielle demande beaucoup de temps pour former les paysanneries locales, mettre en place des circuits de financement, d approvisionnement et d écoulement des récoltes et, pour ce qui concerne les cultures pérennes, amener de nouvelles plantations à maturité. Par ailleurs, les potentiels d exportation restent à ce stade modestes. Les industries manufacturières d exportation : de réels avantages comparatifs En revanche, l industrie textile ou encore certaines industries de travail des métaux, de montage ou de fabrication industrielle, présentent, toutes choses égales par ailleurs, c est-à-dire dans un environnement fiscal comparable à celui des autres zones franches, des avantages comparatifs incontestables : - le coût de la main d oeuvre ouvrière, parmi les plus bas au monde (salaire mensuel moyen primes comprises de FMG en zone franche, et salaire minimum de FMG), ainsi que sa qualité et sa productivité, avec toutefois des variantes régionales ; - la présence à Tananarive d un tissu d entreprises de services aux entreprises performant ; - la disponibilité et le faible coût de l eau, fortement consommée par l industrie textile ; - le développement de stratégies de décompositions de processus productifs et de commercialisation à l échelle de la sous-région : donneurs d ordre à Maurice, sous-traitance répartie entre Madagascar et le Mozambique, ventes sur l Afrique du Sud. - le fonctionnement semble-t-il relativement satisfaisant pour les entreprises du port de Tamatave en termes de délais de livraisons, en dépit des coûts de manutention et des coûts divers de la corruption ; - on serait tenté d ajouter la francophonie des malgaches, mais force est de reconnaître que l anglophonie des pays d Afrique Australe est un attrait plus important. 33 Cuba, avec un million de touristes en 1996, ne se situait qu au 65ème rang mondial, et le Costa Rica, avec touristes, qu au 72 ème rang. 91
60 5.3. Un marché domestique restreint et un marché régional difficile à pénétrer Un marché domestique fourni aux trois-quarts par le secteur informel Du fait de la grande pauvreté de la population malgache (cf. 1.2.), seule un clientèle restreinte peut s intéresser à des produits qui ne soient pas de bas de gamme. En 1997, seuls ménages environ (les ménages étant composés à Madagascar en moyenne de 5 personnes) ont dépensé plus de 8 millions de Fmg (environ 8500 FF). Cette frange de ménages la plus élevée suffit néanmoins à la réussite de grandes surfaces commerciales, mais elle est concentrée pour moitié dans l agglomération d Antananarivo. Même dans l agglomération d Antananarivo, suivant Madio 34, près des trois-quarts (73%) de la consommation des ménages est acheté dans le secteur informel Les perspectives offertes par l éventuelle adhésion de Madagascar à la SADC La perspective d adhésion de Madagascar à la SADC suscite l enthousiasme de certains. La SADC, organisation régionale de 14 pays d Afrique australe, représente actuellement - si l on laisse de côté la RDC - un marché de 135 millions d habitants et d environ 180 milliards de $. Cette organisation vise à instituer une zone de libre échange au 1/1/2007 ainsi semble-t-il qu un tarif extérieur commun. Madagascar pourrait escompter y développer ses exportations de produits agricoles, mais également servir pour des investisseurs industriels étrangers, et en particulier français, de «base arrière» à partir de laquelle ils pourraient pénétrer librement les marchés de l Afrique australe. Ces perspectives séduisantes, développées récemment dans un colloque organisé à cet effet 35 relèvent néanmoins en partie de la politique-fiction : - la participation de Madagascar à la SADC n est pas encore acquise ; les regards de ses élites se tournent d ordinaire plus vers l Océan Indien et l Asie (Commission de l Océan Indien, Indian Ocean RIM) que vers le continent africain ; - le démantèlement tarifaire intérieur ne sera pas chose aisée, compte tenu des multiples dissensions qui divisent ses pays membres et du niveau élevé des protections douanières sud-africaines ; il en va de même pour la libre circulation des personnes, l Afrique du Sud étant d ores et déjà confrontée aux problèmes d immigration massive des populations voisines. Quant à la mise en place d un tarif extérieur commun (TEC), cet objectif à l horizon 2007 paraît pour le moins improbable, puisque la plupart des pays sont déjà engagés par ailleurs dans d autres accords internationaux : l Afrique du Sud avec l IOR et tout récemment avec l Union Européenne, l ensemble des pays à l exception de l Afrique du Sud et du Botswana avec le COMESA, Maurice avec l IOR et la COI, etc. Un TEC supposerait de démêler l écheveau quasiment inextricable des liens institutionnels multiples qui se sont tissés entre ces différents pays (des pays tels que Maurice, la Namibie ou la Tanzanie appartiennent à 5 organisations régionales différentes, qui comprennent toutes des volets douaniers 36 ). - quand bien même ces objectifs seraient atteints en 2007, Madagascar ne serait sans doute pas, en dépit des attraits du coût et de la qualité de sa main d oeuvre, la meilleure tête de pont pour la sous- 34 La consommation et le rôle du secteur informel dans la satisfaction du besoin des ménages dans l agglomération d Antananarivo, Madio, 12/ Colloque sur l intégration régionale australe, à Tananarive les 12 et 13 avril 1999, organisé par le Poste d expansion économique et le Centre National des Conseillers du commerce extérieur. 36 Cf. «Description des processus d intégration régionale en Afrique australe et orientale», N. Amdjad, DPE / AFD, 5/
61 région. Des pays plus proches de l Afrique du Sud par la géographie tels que le Mozambique, aux prévisions de croissance particulièrement rapide ces prochaines années, ou par la culture, tels que le Zimbabwé, sont mieux placés, et se sont en outre déjà préparés à saisir ces opportunités 37. Enfin, il faut noter que les performances économiques de l Afrique australe ont été plutôt faibles tout au long des années 90, du fait de la récession en Afrique du Sud, ce pays représentant à lui seul les quatre - cinquièmes de l activité économique régionale. Or, même si l on peut se réjouir du passage de relais entre MM. Mandela et Mbeki, les perspectives de croissance de ce pays, gravement touché par la violence urbaine et les conflits sociaux, paraissent à court terme limitées. Les réponses des entreprises franches confirment ces réserves : la situation géographique n a été une raison de s implanter à Madagascar que pour 11% des entreprises franches Quelles priorités? Les réponses des intéressés Les enquêtes Madio sur l industrie ou sur le tourisme, maintes fois citées, offrent l intérêt de compléter la collecte incontournable de données quantitatives par de nombreuses informations qualitatives, qui permettent d orienter les politiques économiques du gouvernement ou les stratégies d appui des bailleurs de fonds. Les priorités selon les industriels enquêtés Les actions prioritaires suivant les industriels ne sont guère surprenantes, puisqu elles concernent pour l essentiel le fonctionnement de l administration et le cadre juridique et fiscal. Il faut noter toutefois que pour les petites entreprises comme pour les grandes, l éducation et la formation viennent en tête. Les actions d appui entreprises par l AFD dans le domaine de la formation professionnelle se sont heurtées à différentes difficultés 38, tout comme d ailleurs dans la plupart des autres pays en développement, mais elles vont clairement dans la bonne direction. 37 voir «Evolution du Zimbabwé : son économie et son secteur financier», B. Nora et V. Caupin, AFD, 7/1999 et «Analyse économique du Mozambique», V. Caupin, AFD, 3/ En particulier l adéquation du projet aux besoins du secteur privé, la motivation de l organiseme gestionnaire du centre de formation (en général un syndicat professionnel), la participation financière des entreprises intéressées, etc. 93
62 Tableau 5-5 : Les industriels et les priorités économiques QUELLES SONT, D'APRES VOUS, LES PRIORITES POUR ASSURER LA % entr. % VA RELANCE ECONOMIQUE 1. Améliorer l'éducation et la formation 53,4 50,1 2. Assainir l'environnement économique en supprimant toute forme d'illégalité 44,7 31,6 3. Appuyer et encourager le secteur agricole (par des prix incitatifs) 43,2 23,0 4. Réformer le secteur public (procédures administratives, dépolitisation de 39,3 41,9 l'administration etc ) 5. Encourager l'arrivée des investisseurs étrangers 37,0 46,1 6. Améliorer le cadre fiscal et juridique des affaires pour inciter tout 34,0 49,3 investissement 7. Investir dans l'infrastructure 31,0 43,0 8. Maîtriser l'inflation 28,9 24,1 9. Encourager les exportations compte tenu de la faiblesse de la demande 20,0 20,0 intérieure 10. Mettre en place des actions concrètes touchant les plus pauvres 22,6 4,1 11. Ajuster les salaires pour motiver les main-d'œuvre 17,4 22,7 12. Autres 7,8 3,6 Source : Enquête annuelle dans l'industrie EAI96, calculs MADIO. Le total dépasse 100 puisqu'il s'agit de questions à réponses multiples. Les priorités selon les touristes enquêtés Les réponses des touristes interrogés dans le cadre de l enquête Visa Tourisme de Madio 39 soulignent les lacunes ou les problèmes suivants : - la promotion de la destination Madagascar est insuffisante ; - le manque de capacités d hébergement et la necessité de mise aux normes internationales de ces capacités ; - la faible organisation des moyens de transport à l intérieur du pays et l état déplorable des routes ; - un coût du billet d avion encore élevé. De ces constats, M. Razafindrakoto et F. Roubaud tire différentes recommandations (cf. encadré cidessous). Les recommandations de Madio pour développer le tourisme à Madagascar «En premier lieu, la promotion de la destination Madagascar reste largement insuffisante, malgré certaines initiatives. Les touristes viennent principalement grâce au conseil de leurs proches. Si le "bouche à oreille" joue en faveur du pays, il ne peut suffire pour atteindre un nombre significatif de touristes. Une campagne active et agressive, notamment de la Maison du Tourisme, mais également des différentes représentations à l'étranger, s'impose pour faire connaître les atouts de Madagascar auprès des potentiels touristes. Les messages de promotion pourraient mettre en avant l'écotourisme qui constitue l'attrait spécifique du pays. Les touristes de la zone Océan Indien, et ceux venant de plus loin mais qui choisissent cette destination, devraient plus particulièrement être ciblés. Le marché du tourisme y est déjà bien implanté, et par ailleurs, les visiteurs venus à Madagascar ont le plus souvent hésité entre les différents pays de la région. Un circuit permettant le passage par Madagascar des voyageurs se rendant dans les îles voisines pourrait être proposé. Parallèlement, la disponibilité de brochures informant les touristes sur les caractéristiques des différents sites touristiques s'avère indispensable. Certains sites à l'intérieur du pays, méritant le détour, semblent en effet être délaissés par les touristes, faute d'informations précises. En second lieu, le développement des infrastructures d'accueil se révèle un passage obligé, si on veut attirer un nombre croissant de touristes. Outre les problèmes liés à la capacité d'hébergement limitée du pays, des actions 39 «Madagascar, une terre d accueil?», F. Roubaud et M. Razafindrakoto, document de travail Madio, 6/
63 devraient être entreprises afin que les hôtels qui existent soient conformes aux normes internationales. Il ne s'agit pas pour autant d'investir exclusivement dans des grands hôtels de haut de gamme, mais plutôt dans des structures intermédiaires en adéquation avec le milieu naturel, répondant aux attentes des clients, en particulier en termes d'hygiène. Le financement requis est ainsi à la portée d'un grand nombre d'opérateurs, pour peu qu'une plus grande professionnalisation du secteur s'instaure. Parallèlement, la sécurisation des investissements privés de façon pérenne est nécessaire pour lever les appréhensions. L'assouplissement des conditions d'accès à la terre pour les opérateurs, avec en particulier l'application effective des nouvelles dispositions sur le bail emphytéotique, constitue un des moyens d'attirer les investisseurs afin d'augmenter rapidement la capacité d'hébergement dans le pays. L'état déplorable des routes, l'absence et la faible organisation des moyens de transport à l'intérieur du pays constituent également des obstacles de taille soulignés par les touristes, auxquels il convient de remédier. L'existence de possibilités de déplacements à l'intérieur d'un pays, dans des conditions convenables, fait en effet partie des critères déterminants pour le choix des destinations. Pour profiter pleinement de leur séjour, les touristes souhaitent généralement voir le maximum de sites, sans perdre la majeure partie de leur temps dans la recherche ou l'attente des moyens de locomotion. S'il faut ajouter à ces contraintes l'inconfort du voyage, le pays ne peut essentiellement attirer que les aventuriers prêts à de tels sacrifices. Enfin, le coût du billet d'avion pour venir à Madagascar, encore trop cher relativement à des destinations équivalentes, reste un frein à l'arrivée massive de touristes. L'ouverture de l'espace aérien à quelques compagnies a déjà permis l'abaissement des tarifs. La poursuite d'une telle politique visant l'instauration d'une plus grande concurrence est inéluctable pour une meilleure compétitivité-prix de la destination Madagascar sur le marché mondial du tourisme. D'ailleurs, le taux élevé de remplissage des vols charters au départ de Paris montre que cette option permet un accroissement notoire du nombre de visiteurs et que des demandes pour la destination Madagascar, surtout en haute saison, peuvent rester insatisfaites. Seule la baisse des tarifs et l'ouverture du ciel permettra d'attirer une plus grande proportion de visiteurs étrangers, issus notamment des classes moyennes des pays à revenus élevés, qui rappelons-le constitue le principal vivier de touristes à l'échelle mondiale. Si la possibilité d'obtention du visa à la frontière doit être maintenue, il conviendrait de doter les services de police de moyens plus importants (ordinateurs, guichets, etc.) pour résorber le goulet d'étranglement à l'arrivée. En revanche, la suppression totale des visas ne semble pas s'imposer, tout au moins à court terme. Bien que nombre de pays concurrents de Madagascar l'ait adoptée avec succès, une telle mesure risquerait de provoquer de vives résistances, qui bien qu'injustifiées, pourraient compromettre la politique d'ouverture. En conséquence, il semble plus judicieux d'orienter les ressources consacrées à la promotion touristique à d'autres actions plus efficaces» Quelle stratégie d appui au secteur industriel? Les analyses des deux chapitres précédents appellent les trois principaux constats suivants : Premièrement, la croissance du secteur industriel est encore précaire, et repose en fait jusqu à présent essentiellement sur le dynamisme de la zone franche. Il paraît donc prématuré de vouloir orienter le développement de ce secteur, soit par la promotion «ex nihilo» des pôles industriels dans les différentes provinces du pays, soit encore par une régulation plus marquée des entreprises franches (regroupements géographiques, accentuation des contrôles, modifications des dispositions fiscales, ). Ces ambitions risqueraient de se solder par des investissements, inutiles mais aussi de dissuader certains investisseurs étrangers. Deuxièmement, en matière d accès au crédit, il apparaît que les entreprises individuelles rencontrent de réelles difficultés. En effet, une entreprise individuelle sur vingt qui déclarent un besoin de crédit pour investir a obtenu un crédit en Ces petites entreprises bénéficient de différents programmes d appui, financés par le PNUD, la Coopération Française, et surtout la Banque Mondiale, qui s efforcent entre autres thèmes, d atténuer ces difficultés (formation à la gestion, structures de micro - financements). La tranche des entreprises de 10 à 19 personnes occupées est particulièrement affectée ; il serait intéressant de réfléchir aux possibilités d étendre à leur égard les 95
64 dispositifs de micro-crédit, car compte tenu de la modicité de leur investissements (9000 FF en moyenne) leurs besoins de financements relèvent d organismes financiers spécialisés. Pour les entreprises qui comptent un effectif de plus de 50 personnes, et en particulier pour les sociétés, les difficultés pour accéder au crédit sont moins marquées. Le problème à leur sujet, selon l exploitation des données de l enquête industrie de Madio, réside plutôt au niveau de l appréhension des risques de financement, en particulier pour les entreprises exportatrices, qu au niveau de la disposition de ressources ad hoc de la part des établissements financiers. Troisièmement, au regard d autres économies en développement, le segment défaillant de l industrie malgache se situe plutôt au niveau des grandes entreprises, et ce en dépit de leur nombre. L accès au financement ne se pose pas ou peu pour ces entreprises, courtisées pour la plupart par les différentes banques de la place. Leur faiblesse résulterait plutôt de leur stratégie de développement, axée sur des sureffectifs sous- payés et de faibles efforts de modernisation de leur appareil productif, et qui aboutit certes à de taux de rentabilité élevés mais également à des niveaux de productivité très faibles. A cet égard, le faible coût de la main d œuvre joue deux mauvais tours : - d une part, en toute logique fordiste, il comprime la demande urbaine locale et donc le développement des secteurs industriels tournés vers le marché local ; - d autre part, il n incite pas les entreprises à rechercher des gains de productivité, au travers d investissements. Aussi, même si l on peut se réjouir de ce que ces entreprises sont à «haute intensité de main d œuvre», il est à craindre qu elles soient menacées par un manque de compétitivité face à des produits importés, ou encore sur des marchés à l étranger face à d autres exportations. Il faut espérer que la baisse des taux d intérêt réels, encore insuffisante, incite ces grandes entreprises à recourir plus largement au crédit pour s engager dans un cycle de production plus dynamique. Ces constats amènent l AFD à s intéresser à des politiques qui inciteraient les grandes entreprises à moderniser leur appareil de production et à qualifier leur main d œuvre, au travers d appui à la mise aux normes des produits et des procès de production (certification des produits, ) et à la formation professionnelle. Ils conduisent également à s interroger, compte tenu de nos préoccupations en matière de lutte contre la pauvreté, sur la question d une politique salariale décente dans les entreprises du secteur moderne : des salaires mensuels de à Fmg mettent de facto les travailleurs et leur famille dans des situations de pauvreté absolue, c est-à-dire en deçà du seuil de 1$ par jour. Par ailleurs, en matière de financement, l AFD et sa filiale Proparco pourraient s intéresser à la population des petites et moyennes entreprises exportatrices, qui paraît aujourd hui quelque peu délaissée par les banques de la place. 96
65 ANNEXES 97
66 ANNEXE 1 : LISTE DES PERSONNES RENCONTREES GROUPEMENT DES ENTREPRISES FRANCHES ET PARTENAIRES (G.E.F.P.) Bruno de FOUCAULT Président REFRIGEPECHE et SOCIETE MALGACHE D EQUIPMENTS FRIGORIFIQUES Guy BESNARDEAU Président du Conseil d Administration Marcel HUMBERT CO.TE.SUD (Compagnie Textile du sud) Olivier AIGLE Directeur Général MER AUSTRAL Patrick MARTIN Président Directeur Général HAZOVATO Sylvia RAMIARISOA Directeur Général STEDIC Herizo J. RAZAFIMAHALEO Président du Groupe LES SUCRERIES DE BOURBON Henri de VILLENEUVE Directeur Général Françoise DELMONT Directeur de Projets S.A. PAPETERIES DE MADAGASCAR Patrick RAJAONARY SOCIETE D EXPLOITATION DU PORT DE TOAMASINA Roger VONY Directeur Général M. RAKOTOSON Directeur Général Adjoint Agence de la SCAC à TOAMASINA Didier Nirina RAKOTOHARIMANANA 98
67 Chef d Exploitation CARNAUD METALBOX Raymond LEIRIS Administrateur Directeur Général Groupe MARBOUR Roland RAVOTOMANGA Directeur Général CORALMA Jérôme DELAVAULT Directeur financier FINANCIERE D INVESTISSEMENT ARO Patrick W. RAZAFINDRAFITO Directeur Général BANQUE MALGACHE DE L OCEAN INDIEN (BMOI) Phaelson BENAIVONJATO Adjoint au Directeur de la Clientèle Commerciale B.N.I. CREDIT LYONNAIS MADAGASCAR Daniel A. BOURGERY Directeur Général Clovis RAVELOSON Directeur Général Adjoint MINISTERE DE L INDUSTRIALISATION ET DE L ARTISANAT Mamy RATOVOMALALA Ministre de l Industrialisation et de l Artisanat Herinirina RAVELOSON Directeur d Appui à l Industrialisation Mariette RAHARINIRINA Responsable de l Espace de Promotion des Investissements Service des Domaines Henri RAHARISON Inspecteur des Domaines AMBASSADE DE FRANCE Antoine de DIANOUS Conseiller Economique et Commercial Bureau de Développement Urbain de la commune d Antananarivo Georges LAMOURE Architecte Urbaniste, Assistant technique UNION EUROPEENNE Amadou TRAORE Conseiller Economique COMITE DE REFLEXION SUR LA COMPETITIVITE (C.R.C.) Jaona Alain RANDRIANARISOA Coordonnateur Général 99
68 BOURSE DE SOUS-TRAITANCE ET DE PARTENARIAT Maurice RAMAHENINA Expert Principal FOND D APPUI AU SECTEUR PRIVE MADIO François ROUBAUD Responsable du projet MADIO Mireille RAZAFINDRAKOTO Responsable des enquêtes industrielles 100
69 ANNEXE 4 : LES SOURCES DE DONNEES SUR LES ENTREPRISES INDUSTRIELLES DE COTE D IVOIRE ET DU CAMEROUN Le fichier FNICI des grandes entreprises ivoiriennes La Fédération Nationale des Industries de Côte d Ivoire a collecté au cours des quatre derniers exercices les données économiques principales (chiffre d affaires, valeur ajoutée, masse salariale, effectifs, exportations et investissements) de 235 entreprises. Ces entreprises comptent parmi les plus importantes du pays et représentent à elles seules 92% de la valeur ajoutée des trois milliers d entreprises suivies dans la Banque de Données Financières de Côte d Ivoire. Elles réalisent à elles seules 12,7% du PIB de Côte d Ivoire. Parmi ces 235 entreprises, 139 appartiennent au secteur de l industrie manufacturière. Elles réalisent 64% de la valeur ajoutée industrielle de Côte d Ivoire3 Ce fichier constitue donc un remarquable observatoire de l évolution du secteur industriel et surtout des flux régionaux au cours de ces quatre dernières années L enquête annuelle dans l Industrie de la Direction de la Statistique et de la Comptabilité Nationale du Cameroun L échantillon de cette enquête annuelle était constitué en 1995/96 de 199 entreprises industrielles, dont 113 SA, 55 SARL, 16 entreprises individuelles, 6 sociétés de développement, 4 entreprises publiques et 5 coopératives. Elle couvre en quasi totalité les sociétés industrielles formelles du pays, mais que très partiellement les petites entreprises individuelles. Les résultats de cette enquête ont été publiés dans le document de la DSCN «L industrie camerounaise en 1995/96» de mai
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