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1 LA RÉFÉRENCE TECHNIQUE DES PROFESSIONNELS DE L'INFORMATIQUE La virtualisation PAGE 8 Vers une professionnalisation des tests au service de la rentabilité de l entreprise PAGE 16 SOA et la déverticalisation de l industrie du logiciel PAGE 29 Bimestriel - mars/avril e n 72 Sécuriser les environnements applicatifs sous Citrix PAGE 42 Cartographie des SI : Observez le présent et vivez l avenir PAGE 35

2 ZOOM OUTSOURCING L AVIS DES DIRECTIONS INFORMATIQUES Ministère des Finances Direction Générale des Impôts Nadine Chauvière Sous-Directrice des SI de la DGI «Les solutions d Application Intelligence CAST nous aident à obtenir une meilleure visibilité de notre parc applicatif au travers de tableaux de bord composés d indicateurs techniques objectifs afin de faciliter le dialogue avec les équipes et avec nos maîtrises d ouvrage.» Groupe SFR Cegetel Eric Eteve Directeur Informatique Centre Ingénierie Mobilité «La solution CAST de gestion de la soustraitance est un élément clé dans le système de pilotage mis en place par SFR-Cegetel sur ses TMA. Nous avons constaté une attention plus particulière apportée par les SSII à la qualité des livrables et à la fiabilité des chiffrages depuis qu ils savent que nous pouvons facilement les auditer» Framatome - Groupe AREVA Michel Fondeviole DSI de Framatome-ANP «CAST fournit des critères objectifs d appréciation dans le dialogue parfois difficile avec le sous-traitant ainsi que des indicateurs nécessaires au suivi de l évolution des applications et constitue au sein de Framatome un outil de progrès partagé.» EN SAVOIR PLUS Demandez le Livre Blanc rédigé par le Gartner Group et CAST sur ce thème : «Information Series on Application Management» : Découvrez l expérience de plusieurs sociétés utilisatrices de solutions d Application Intelligence :

3 La maîtrise des applications et des prestataires dans une opération d outsourcing De la valeur ajoutée de l Application Intelligence pour piloter efficacement un parc applicatif sous-traité Les entreprises, devenues plus mûres vis-à-vis de l outsourcing, sont désormais capables d opérer des externalisations plus stratégiques. On l a récemment observé dans l automobile avec Renault ou dans la grande distribution avec Carrefour. Dans l externalisation des applications métier, c est surtout la volonté d accroître l efficacité opérationnelle de l informatique qui est motrice : pouvoir fournir plus rapidement un service à valeur ajoutée aux utilisateurs et aux clients dans un contexte en perpétuelle évolution. Comme dans n importe quelle opération d outsourcing, le contrat liant le fournisseur est capital, en particulier les SLAs. Néanmoins, les applications métier étant par nature soumises à de fréquents changements en cours de contrat, les seuls SLAs se révèlent vite insuffisants pour garantir la qualité de service et éviter les dérives de coûts. C est là que le bât blesse : l externalisation des applications métier occasionne un risque de perte rapide de savoir-faire technologique et par conséquent critique. Vigilance et suivi sont de mise pour garder le contrôle de la qualité de service et éviter les dépendances par nature dangereuses. L externalisation réussie d applications métier est donc le fruit d une vision anticipatrice partagée avec le prestataire. Sont ainsi apparues des solutions dites d Application Intelligence, basées sur une technologie avancée d analyse de code source. En fournissant des indicateurs techniques aux donneurs d ordre, ces solutions permettent de piloter un parc applicatif sous-traité en temps réel, tant en terme de qualité, que de maintenabilité et de coût. Résultat : le donneur d ordre conserve la maîtrise intellectuelle de ses applications métier et le contrôle de la relation avec son sous-traitant. La valeur ajoutée de ce type de solutions d Application Intelligence est visible à chaque étape d une opération d outsourcing, comme décrit ci-après. Recette technique Fin de contrat Cycle de vie d'une opération d'outsourcing Contrôle des coûts Appels d'offres Suivi de projet Audit de l existant et préparation des appels d offres Déterminer les caractéristiques techniques du portefeuille applicatif existant avant de le sous-traiter Disposer d informations de référence pour évaluer les propositions des sous-traitants Obtenir une image à l instant t des applications pour permettre un suivi dans le temps Transfert de connaissances Transfert vers le prestataire Réduire la phase d acquisition de la connaissance pour entreprendre plus vite des tâches productives Diminuer le coût lié à la production d une documentation exploitable et maintenable par le prestataire Contrôle de la qualité et des coûts en cours de projet Suivre l évolution de la maintenabilité et de la qualité pour éviter toute dérive Etre capable de valider la quantité et la qualité du travail facturé Etre en mesure de challenger le sous-traitant lors des négociations d avenants Industrialiser les recettes techniques Renouvellement de contrat, transfert ou ré-internalisation Déterminer et qualifier les écarts entre la prestation prévue et les livrables recettés Disposer des informations techniques caractéristiques du portefeuille applicatif en fin de prestation Le leader mondial de ce type de solutions est d ailleurs un éditeur français, CAST. Reconnu par les analystes informatiques comme précurseur du marché, CAST compte plus 500 comptes utilisateurs de sa plate-forme d Application Intelligence dans le monde. Publi-Reportage

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5 Edito édito Vers un monde informatique virtuel? Dans ce numéro, nous avons décidé d aborder la virtualisation. Certes, il semblerait - une fois encore? - que la presse fasse plus de bruit que le tiroir-caisse des éditeurs concernés. Toutefois, des entreprises commencent déjà à témoigner de projets de virtualisation générant un retour en investissement si rapide qu il fait blêmir certains vendeurs matériels Et pourtant, elle tourne! Réduction des coûts et des surfaces, sous-utilisation des ressources matérielles du parc informatique, explosion des volumes de données Bref, un terrain très fécond pour les technologies de virtualisation aujourd hui rôdées, efficaces pour les datacenters, et à portée de bourse pour les PME/PMI. Certains objecteront que les serveurs-blade apportent une partie de la réponse. Néanmoins, la limite est vite atteinte, et les constructeurs coopèrent fortement avec les éditeurs d outils de virtualisation, quand ils ne les rachètent pas! Des démarches qui confirment cette orientation inévitable. Et si le frein majeur des décideurs informatiques était surtout psychologique? De même que les responsables financiers à une époque, ou des ressources humaines à une autre, tenaient fortement à préserver leurs écritures sur du papier, certains DSI seraient-ils effrayés par la virtualisation? Seraient-ils finalement satisfaits de la règle «une application = un serveur»? Pourtant, la virtualisation n empêche nullement -bien au contraire- le stockage physique. Mieux encore, ces technologies permettent de déployer des infrastructures à très haute disponibilité (et même réplication en temps réel) à des coûts jusqu alors inégalés. Éditeurs : peut mieux faire Deux arguments devraient pourtant atteindre les éditeurs. En premier lieu, l incompatibilité entre les diverses solutions ne simplifie pas les échanges et la coopération étroite entre serveurs virtuels, et même physiques. Aujourd hui, les éditeurs publient de plus en plus leurs formats, et la collaboration devrait s accentuer puisque des acteurs comme Citrix, Microsoft et même Sun sont devenus «amis» Seconde pierre dans leur jardin, l administration et la supervision en temps réel des serveurs physiques et virtuels ne sont encore totalement possibles. Mais les choses seraient en cours de négociation entre éditeurs. À suivre. Pour les DSI et responsables d architecture, la virtualisation offre de si nombreuses possibilités, qu il serait totalement irresponsable de ne pas s essayer à ce type de technologies, que les plus importants hébergeurs d applications critiques déploient déjà en masse. N oublions pas qu elles incarnent depuis des décennies l un des arguments majeurs des mainframes qui assurent encore la plus grande part des transactions financières du globe. Editeur Press & Communication France Une filiale du groupe CAST 3, rue Marcel Allégot Meudon - FRANCE Tél. : Fax. : http ://www.it-expertise.com Rédacteur en chef José Diz Directeur de publication Aurélie Magniez Abonnements/Publicité Conception Graphique C. Grande Parution IT-expert - (ISSN ) est un journal édité 6 fois par an, par P & C France, sarl de presse au capital de ,61 e. Avertissement Tous droits réservés. Toute reproduction intégrale ou partielle des pages publiées dans la présente publication sans l autorisation écrite de l éditeur est interdite, sauf dans les cas prévus par les articles 40 et 41 de la loi du 11 mars P&C France. Toutes les marques citées sont des marques déposées. Les vues et opinions présentées dans cette publication sont exprimées par les auteurs à titre personnel et sont sous leur entière et unique responsabilité. Toute opinion, conseil, autre renseignement ou contenu exprimés n engagent pas la responsabilité de Press & Communication. Abonnement Prix pour 6 numéros téléchargeables sur le site : 70 TTC (TVA : 19,6%) Un bulletin d abonnement se trouve en pages 33/34 de ce numéro. Vous pouvez vous abonner sur Abonnements/Default.aspx ou nous écrire à José Diz Rédacteur en Chef IT-expert n 72 - mars/avril

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7 IT-expert n 72 - mars/avril 2008 Sommaire 8 Dossier La virtualisation Clients légers, fermes de serveurs, stockage, serveurs et systèmes d exploitation, la virtualisation explose dans de multiples secteurs informatiques. Ce dossier montre les avantages et les bénéfices de ces technologies, issues des grands systèmes. L auteur souligne également le problème toujours posé de l administration des ressources virtuelles. 16 Technique Vers une professionnalisation des tests au service de la rentabilité de l entreprise Comment et pourquoi les tests deviennent-ils incontournables dans l alignement stratégique et la réduction des coûts? Outre les éléments de réponse à ces questions, l article explique l industrialisation du processus, détaille les principales familles de tests, et les normes les plus usitées. 24 Actualités Internationales Les informations marquantes d éditeurs, de marchés, d organisme de standardisation, de débats en cours et de tendances. 29 Quoi de Neuf Docteur? SOA et la déverticalisation de l industrie du logiciel Un regard intéressant sur une orientation du marché informatique : l émergence «d éditeurs-constructeurs» et de «développeurs-équipementiers». En reprenant l exemple de l automobile, l auteur explique pourquoi ce mouvement irréversible est essentiel pour les choix des DSI. 35 Comment ça marche? Cartographie des SI : Observez le présent et vivez l avenir La complexification de l informatique d entreprise amène les DSI ou urbanistes à utiliser des solutions de cartographie des systèmes d information. L auteur explique comment est organisé ce marché dynamique, et quelles seront les nouveautés des outils de seconde et troisième génération. 39 Livres Virtualization for Dummies par Bernard Golden, Visibilité sur le web par Shari Thurow 40 Fenêtre sur cour Interview de Philippe Ottin, responsable système et réseaux de la société Weishardt «Bien que ne disposant d aucun informaticien sur nos sites distants, nous avons besoin d une disponibilité maximale des applications du SI et d une grande réactivité en cas de problème.» Philippe Ottin rapporte comment la virtualisation a permis à Weishardt d obtenir une architecture IT fiable et disponible, avec un excellent taux de disponibilité du SI. La satisfaction des utilisateurs est au rendez-vous, et peut se mesurer par des indicateurs précis entrant dans la politique d Assurance Qualité du groupe. 42 Rubrique à brac Sécuriser les environnements applicatifs sous Citrix La virtualisation accélère le déploiement de la solution phare de Citrix. L auteur explique pourquoi de nouvelles failles sont à considérer, et explique comment les cloisonnements physique et logique peuvent apporter des réponses efficaces. IT-expert n 72 - mars/avril

8 Dossier & Interviews LA VIRTUALISATION La virtualisation existe depuis longtemps sur les grands systèmes IBM et consorts. À l époque, il est vrai, les systèmes propriétaires et le matériel propriétaire régnaient en maître sur des budgets considérables, liés aux coûts des Mainframes. Cet aspect «propriétaire» facilitait néanmoins l interaction entre le matériel et les systèmes d exploitation, et facilitait la démarche de virtualisation, également appelée partitionnement. Ce concept de virtualisation a été remis au goût du jour il y a quelques années par VMWare notamment, dans le monde des architectures matérielles de type X86 (Intel, AMD ). Alors, la règle était «un serveur par application», ce qui entrainait une inflation galopante du nombre de serveurs dans la salle informatique, avec tous ces corollaires : occupation de la salle machine, consommation électrique, charge de climatisation, charge d exploitation, volume de sauvegarde. Au début des années 2000, les machines n atteignaient pas le niveau de puissance actuel, et les coûts de la mémoire restaient prohibitifs. En outre, les capacités des machines étaient plus limitées en terme de taille mémoire, d espace disque et de performances des processeurs. VMWare était alors une startup, et ses produits surtout utilisés par les formateurs pour optimiser le temps de création des postes dans les salles de formation. Le succès n arrivera que plus tard, avec la fulgurance que l on sait La virtualisation s est aujourd hui aventurée au-delà des frontières du seul système d exploitation pour s immiscer dans de multiples parties du système d information. Il existe plusieurs types de virtualisation : virtualisation des machines, qui virtualise le système d exploitation ; virtualisation d application, aussi connue sous le nom de «streaming» ou encapsulation ; virtualisation par déport d affichage proposé par les solutions de client léger ; virtualisation réseau ; virtualisation stockage... 8 IT-expert n 72 - mars/avril 2008

9 Le client léger et ses fermes de serveur La virtualisation proposée par les solutions de type client léger permet d utiliser une application sans en disposer sur son poste de travail, ou sans disposer d un réel poste de travail, mais seulement d un terminal. ment une gestion physique simplifiée des postes utilisateurs déportés, le déploiement des applications uniquement sur les fermes de serveurs, l accès rapide à une nouvelle application, ou encore la continuité d activité en cas de panne ou d incident d un serveur. Les prérequis restent aussi contraignants qu avec des postes sous forme de PC, mais s amenuisent au fil du temps. Et il faut être en mode connecté pour accéder aux services et disposer d une application qui supporte le mode multi-utilisateur. Un inconvénient majeur demeure, malgré ce transfert des applications du poste client vers la ferme de serveur. En effet, l application est bel et bien installée physiquement sur le serveur ; et les incompatibilités en tout genre s y manifestent joyeusement, depuis l incompatibilité des librairies de fonctions (DLL) jusqu à l incapacité d une même application à être publiée en plusieurs langues sur le même serveur. Jusqu à présent, il n existait qu une seule parade réellement efficace à ces problèmes : multiplier le nombre de serveurs de publication avec le risque de revenir à la situation de départ «une application = un serveur». En ceci le fonctionnement est virtuel du côté poste de travail qui se comporte comme si l application et les actions de l utilisateur étaient traitées en local sur le terminal. De plus, il est possible d exécuter deux applications strictement incompatibles entre elles sur ce même poste. Cela présente plusieurs avantages, notam- Les applications dans leur bulle Également appelée streaming ou encapsulation, la virtualisation des applications permet à un logiciel de s exécuter dans une «bulle» sans impact sur le poste sur lequel elle s exécute. Ce IT-expert n 72 - mars/avril

10 poste pouvant être un simple PC ou une ferme de serveurs de publication type Citrix ou Terminal Server (TSE). La démarche d utilisation est la suivante : chaque application doit être encapsulée (packagée) au préalable par un administrateur, puis déposée sur un serveur de référence sur lequel le client d encapsulation viendra la chercher à la demande. Cette plateforme gère généralement aussi les licences disponibles et assure le suivi du nombre d instances applicatives exécutées simultanément sur le réseau. Bien utile au moment d établir ses besoins en nouvelles licences ou en période de renouvellement! Cette solution présente de nombreux atouts : Cohabitation d applications incompatibles entre elles. Déploiement facilité, car les «bulles» applicatives sont hébergées sur des serveurs, et le client d encapsulation installé sur chaque poste vérifie à chaque démarrage de l application le niveau de version dont il dispose. En cas de retard de version, la nouvelle est immédiatement téléchargée et exécutée sur le poste client. Gestion de la charge réseau. Et, ici le mot «streaming» prend tout son sens, car de la même façon qu un film téléchargé à partir d Internet peut être visionné dès qu un faible pourcentage du fichier est arrivé sur le poste, l application peut se lancer dès qu une partie du code est téléchargée, le reste du code arrivant ensuite au fil de l eau. Les nombreux avantages de cette solution n empêchent pas un inconvénient majeur : si les «bulles» isolent les applications, les communications entre les applications s en trouvent affectées (cas d une application métier qui envoie un mail par exemple ). Les avantages sont nombreux et les grands éditeurs ne s y trompent pas, car les rachats se multiplient. Microsoft a racheté Softricity, VMWare a repris Thinstall, Citrix a acquis Ardence et développé son propre outil d encapsulation pour Presentation Server 4.5. Si les différences techniques vont s estomper peu à peu, le mode de licences va évoluer et, dans un premier temps, différencier les acteurs. Chez Microsoft, cette solution n est disponible qu au travers du software assurance du système d exploitation Vista, ce qui malheureusement risque d en atténuer le déploiement. En effet, peu de sociétés acceptent ce surcoût lié au mode de licence avec mise à jour intégrée de Microsoft. Il faut de plus acquérir le Microsoft Desktop Optimization Package (MDOP) pour chaque utilisateur. Chez Citrix cet outil est lié à Presentation Server 4.5 Entreprise au minimum, ce qui nécessite un fonctionnement en mode publication d application. Là aussi, l investissement financier et technique risque d en effrayer plus d un. Reste à savoir ce que fera VMWare du rachat de Thinstall. Il est encore trop tôt pour le dire. Toutefois, Thinstall commercialisait jusque-là son offre sous la forme d un packager pour encapsuler les applications puis d une licence par client utilisateur. Virtualisation du système Gestion d un cache disque local sur le poste : l administrateur peut dédier une partie du disque dur du PC au stockage des lots applicatifs encapsulés pour accélérer les prochains démarrages et permettre - cerise sur le gâteau- le fonctionnement de l application en mode déconnecté. La gestion du cache est suffisamment fine pour que l administrateur puisse définir si une application «stratégique» peut ou non être éjectée du cache en fonction des besoins selon la règle «first in, first out». Les acteurs majeurs de l informatique consacrent actuellement beaucoup d énergie à la virtualisation du système d exploitation. Cette démarche intègre dans la machine virtuelle l ensemble des éléments constituant un ordinateur (entrées-sorties bios-, pilotes matériels, système d exploitation, applications). L architecture supportant ces machines virtuelles se décompose en trois typologies de solutions : l émulation, la traduction binaire directe et la paravirtualisation. Quelle que soit l architecture, l objectif commun consiste à transférer les appels systèmes de la machine vir- 10 IT-expert n 72 - mars/avril 2008

11 tuelle vers la machine hôte pour que ces appels soient exécutés et que le résultat soit remonté à la machine virtuelle. La couche d interprétation ajoutée impactera forcément les performances perçues. Le rôle des concepteurs de ces architectures est donc de minimiser cet impact et d apporter de nombreux avantages dans tous les autres domaines. L émulation est le système permettant le plus de souplesse puisque les machines virtuelles sont complètement émulées sur les machines hôtes. C est-à-dire que chaque appel système de la machine virtuelle est capturé, puis interprété par la machine hôte. C est l architecture choisie par VMWare pour construire sa solution. L inconvénient sur les performances est qu il ne devrait pas être nécessaire de capturé-interprété chaque instruction. En effet, un certain nombre d instructions devrait pouvoir être exécuté directement sans passer par la phase interprétation. L idée est prometteuse pour les performances, mais nécessite quelques aménagements sur l architecture des processeurs. La traduction binaire directe consiste à trier les instructions provenant du système virtuel pour n interpréter que celles qui pourraient rendre instable le système virtuel. La para-virtualisation privilégie la modification du système d exploitation virtuel pour que celui-ci utilise au minimum des instructions devant être traduites par le système hôte. Cette approche limite considérablement la souplesse de la solution puisqu il est nécessaire d avoir des versions spécifiques des systèmes d exploitation à virtualiser. conteste en arguant que la différence n est pas si sensible. La jeunesse de ces architectures et les performances déjà obtenues permettent de leur prédire un avenir profitable pour aborder de manière plus mature l approche de la virtualisation. Mémoire et pilotes : peut mieux faire La virtualisation de la mémoire et des entrées/sorties est bien avancée, mais n est pas encore en production chez ces constructeurs. Pour la mémoire, le but est d intégrer au niveau de la machine hôte pour chaque machine virtuelle une table de correspondance de la mémoire (entre l adressage du système d exploitation virtuelle et l adressage du système d exploitation hôte). Cette opération permettrait d adresser directement la mémoire sans faire intervenir l hyperviseur. Pour les périphériques, plutôt que d utiliser le pilote de périphérique générique pour toutes les machines virtuelles quelque soit le matériel réellement présent, il semble intéressant de pouvoir monter directement le pilote du véritable périphérique dans la machine virtuelle et ainsi améliorer les performances et la simplicité du système. Les évolutions des deux principaux constructeurs semblent fondamentales pour faire évoluer la virtualisation. Il se posera alors un problème : lequel choisir? En fonction du choix, il faudra vérifier l adhérence au constructeur de processeur pour pouvoir choisir ses évolutions. Les fondeurs de puces adaptent leurs technologies Le problème principal de la virtualisation provient du fait que le jeu d instruction des architectures de nos ordinateurs (x86) n est pas conçu pour supporter cette virtualisation à la base. En effet, les instructions doivent être toutes capturées et interprétées. Outre la problématique du jeu d instruction, les appels mémoire sur l ensemble du spectre d un ordinateur virtuel doivent aussi être interprétés pour pointer sur la bonne adresse physique de l ordinateur hôte. Enfin, les périphériques physiques générant des appels mémoire et des interruptions doivent aussi être pilotés par l hyperviseur. L ensemble de ces interprétations impacte non seulement la complexité des outils de virtualisation et donc leur fiabilité, mais aussi la performance globale de ces systèmes (même si l augmentation de performance des machines hôtes peut cacher ce point). L approche des constructeurs de processeurs (INTEL et AMD principalement) consiste à proposer un complément dans le jeu d instruction initial des architectures x86 pour tenir compte des nouveaux enjeux de la virtualisation. Avec Intel-VT et AMD-V (ex-pacifica), les deux constructeurs proposent d ajouter une structure de contrôle et de nouvelles instructions. Cet ensemble permet de basculer la machine virtuelle du mode virtuel au mode hôte pour exécuter les instructions sensibles. Intel et AMD prétendent ainsi augmenter considérablement la vitesse de fonctionnement des hyperviseurs, ce que VMWare Des avantages et atouts déjà reconnus L approche à long terme semble très prometteuse, alors que les avantages sur les architectures actuelles sont déjà connus et reconnus : Meilleure utilisation des serveurs. Sans virtualisation, la charge CPU moyenne est de 10 % environ, alors autant l employer à faire plus ; Reconstruction rapide d une nouvelle machine, par copie d une machine existante ; Capacité à faire tourner des systèmes d exploitation obsolètes sur du matériel récent. Microsoft supporte ainsi encore Windows NT4 dans des machines virtuelles ; Cohabitation de plusieurs serveurs sur une seule machine physique ; IT-expert n 72 - mars/avril

12 Augmentation simple et dynamique des ressources (mémoire, ressources processeurs) d une machine en cas de besoin ; En cas d application d un correctif, il est très simple de faire une copie (snapshot) de la machine virtuelle, d appliquer le correctif, puis si le correctif pose problème, de revenir à la version originale ; Idem avec une évolution applicative. À ces bénéfices, il convient d ajouter la facilité de transfert d une machine virtuelle d un système physique à un autre, sans contrainte matérielle identique puisque chaque machine virtuelle embarque son propre «hardware». Ainsi, les contraintes de maintenance et de reprise sur incident (PRA et PRI) sont fortement simplifiées. On le voit les avantages sont nombreux. Le revers de la médaille Un certain nombre de voix s élèvent pour mettre en garde les responsables de Systèmes d information sur les travers de la virtualisation dans certains domaines. La sécurité Que se passe-t-il si la machine hôte est corrompue, ou si un hacker peut en prendre le contrôle? Il peut alors verrouiller l accès aux machines virtuelles ou en détourner les données! La gestion des sauvegardes se complexifie elle aussi, car les schémas traditionnels sont difficiles à appliquer : l utilisation d un agent par machine virtuelle peut se révéler onéreuse et pénalisante pour les performances. Les snapshots de machines complètes (VCB de VMWare par exemple) sont certes rapides, mais peu souples et peu granulaires dans le cadre de la restauration. Deux pistes se développent actuellement : le snapshot interne à la machine virtuelle, qui permet une granularité de restauration intéressante, et la sauvegarde continue avec une éventuelle déduplication des données sauvegardées. L avenir semble être à mi-chemin de ces solutions selon la disponibilité demandée par les critères métiers. La disponibilité Si ma machine hôte a une faiblesse, c est l ensemble des machines virtuelles qui souffrent ou s écroulent. Pour pouvoir profiter du déplacement à chaud des machines virtuelles (Vmotion chez VMWare par exemple) il est indispensable de mettre en place un espace SAN. Et si le SAN trébuche, ce sont toutes les machines virtuelles qui tombent. L administration La simplicité de création de nouvelles machines virtuelles incite parfois les administrateurs à multiplier l exercice! Et on assiste encore au retour du concept «une application = un serveur»! Attention au coût des licences, car si une machine virtuelle n a pas d existence physique, elle existe logiquement et réclame donc une licence et pour le système d exploitation et pour les applications pour services déployés. D autre part, les outils de déplacement à chaud de machines virtuelles brouillent parfois les cartes : où se trouve mon serveur de production? Hier soir il était sur le serveur A, ce matin je le retrouve sur le serveur C, par la grâce du déplacement à chaud On le voit la plupart de ces limitations sont contournables grâce à du bon sens et un peu d organisation. La disponibilité, qualité tant vantée de la virtualisation, peut se retourner contre elle. Pourtant si l on prend soin d estimer sérieusement son besoin de disponibilité selon des critères métiers (Quelles applications sont indispensables à l entreprise? Quels délais de reprise sont tolérables? Quelle perte de données est acceptable sans entraîner de ressaisie fastidieuse?) plusieurs solutions s offrent à l administrateur : Sauvegarde à intervalles réguliers des machines virtuelles ou de leur contenu (si le délai de reprise se compte en heures ), Sauvegarde continue des données, Duplication permanente des machines virtuelles sur deux serveurs hôtes différents bénéficiant chacun de leur stockage, Mise en place de deux SAN redondants avec duplication en temps réel des volumes. Concernant le stockage, l idée maîtresse impliquait jusqu à présent la mise en place d un SAN, gage de «sérieux» et de gros budgets pour les intégrateurs. Si le SAN est indiscutablement une bonne solution pour des volumes importants (plusieurs Téraoctets) nécessitant des entrées-sorties élevées, elle n est pas toujours la panacée. Et le bon vieux DAS (Disk attached Storage) reprend du poil de la bête. Il permet en effet de bâtir des solutions efficaces à moindre coût tout en permettant la réplication sur une deuxième machine hôte des machines virtuelles, même si la distance est importante. Dans le cas de machines hôtes sous Windows, un produit comme Double Take peut rendre de grands services, en permettant la recopie des fichiers de machines virtuelles sur un serveur de secours. Un enjeu majeur : L administration des architectures virtuelles La question de l administration des architectures virtuelles est plus complexe et encore jeune. Si les principes de la virtualisation sont connus depuis longtemps, ils ne concernaient jusqu alors que quelques machines hôtes par client. Or aujourd hui, et plus encore demain, le nombre de machines hôtes va exploser. Il suffit de suivre les projets de PC virtuels qui fleurissent ici ou là pour imaginer un parc de PC embarquant chacun plusieurs machines virtuelles ou des fermes de serveurs faisant tourner de très nombreux PC virtuels. Et là le rêve virtuel pourrait bien tourner au cauchemar! 12 IT-expert n 72 - mars/avril 2008

13 N oublions pas que l une des contraintes majeures de la virtualisation sera d implémenter et maîtriser des environnements puissants, redondés et haut de gamme. La virtualisation supportera mal l économie. Il faut donc investir dans des serveurs puissants et des SAN que l on doublera et que l on supervisera. Les outils d administration L avenir de la virtualisation passera donc par son administration. Les outils d administration nécessaires au bon fonctionnement de ces multiples machines virtuelles restent à inventer. Ils devront répondre à plusieurs critères. Sécuriser le fonctionnement de «l édifice virtuel» Il est nécessaire de : Faciliter l application des correctifs sur les hôtes et les clients, Contrôler les accès à l hyperviseur pour éviter l utilisation des failles de sécurité, Alerter sur les accroissements importants de ressources (disques, réseau, mémoire) sans lien avec les règles métiers définies, Suivre au plus près les déplacements «à chaud» des machines virtuelles et tracer tous les mouvements, Former les équipes techniques, car gérer une architecture virtuelle est plus complexe qu une architecture traditionnelle, Améliorer l organisation surtout sur le centre de service et la gestion des changements lors de la mise en production. La démarche ITIL est plutôt un bon atout dans cette approche. Optimiser le fonctionnement de «l édifice virtuel» en : Affectant les bonnes ressources aux bonnes machines selon les règles métiers et l échelle temporelle (la paye a besoin de tel niveau de ressources en fin de mois et d une valeur plus faible le reste du temps par exemple), Gérant les ressources nécessaires au bon fonctionnement du système sous contrôle des règles métiers, Fournissant un relevé simple et clair du nombre de sessions virtuelles, de leur utilisation. Virtualisation du réseau La virtualisation du réseau, aussi connue sous l acronyme VLAN, consiste à créer sur un réseau physique plusieurs réseaux logiques dont on contrôlera les liens et interactions par des routeurs. Cette solution élégante permet de séparer différentes populations sur un même LAN. Appliquée aux machines virtuelles elle permet de séparer logiquement différents serveurs virtuels sur un même hôte. Virtualisation du stockage La virtualisation du stockage gomme la relation entre le matériel physique de stockage (les disques) et les volumes accessibles par les serveurs (physiques ou virtuels). Cette démarche est très intéressante, car elle coupe le lien entre le volume de stockage visible par l utilisateur et le stockage des données proprement dit. Elle libère donc l affectation des ressources et en simplifie grandement l exploitation au quotidien. Un exemple parlant est la solution DFS (Distributed File System) de Microsoft, qui permet à l administrateur de déplacer les partages de fichiers d un serveur à un autre sans modifier la connexion des utilisateurs. Mais cette démarche s intègre aussi au sein des SAN grâce aux solutions d IBM, d EMC, etc. Et demain, une organisation plus efficace? La virtualisation est partout! Elle permet fondamentalement de mieux utiliser le matériel en le partageant sur plusieurs usages en fonction du temps, des performances attendues, des pointes d utilisation Nous sommes au début de la maturité de ce genre d approche. Les évolutions des constructeurs de processeur promettent bien des avantages futurs. Ces avantages ne doivent pas nous faire oublier nos fondamentaux sur la sécurité des systèmes et sur l exploitabilité des solutions. L arrivée des systèmes virtuels dans notre système d information est aussi un accélérateur pour la mise en place d organisations basées sur ITIL. En effet les contraintes de ces systèmes, les enjeux mis en oeuvre ne souffriront ni d une solution technique basée sur l économie, ni d une organisation du SI chaotique. Olivier Thomas directeur de l'ingénierie chez TIBCO Serge Le Vaillant Responsable Avant Vente Privé-Public chez TIBCO À propos de TIBCO Créateur de services,tibco s engage sur l évolution et la disponibilité des systèmes d information. Banques, assurances, retail, organismes publics, sociétés privées: pour chacun, Tibco dispose des compétences pour apporter les services adaptés aux métiers, aux usages et aux utilisateurs. Basée sur un large spectre technologique, son offre de services est globale et positionne Tibco comme un acteur notable de l infogérance modulaire. Ses 1200 collaborateurs,son centre d appel et d assistance et ses 68 points techniques en France garantissent la réactivité nécessaire pour assurer les SLA, 24H/24, 7J/7. IT-expert n 72 - mars/avril

14 LA RÉFÉRENCE TECHNIQUE DES PROFESSIONNELS DE L'INFORMATIQUE Pour compléter votre bibliothèque de référence technique, commandez vite les anciens numéros* d IT-expert à tarif préférentiel! IT-expert n 60 Mars/Avril 2006 DOSSIER : La qualité des applications développées en technologies objet L industrialisation des développements au secours des échecs projets Environnements de Développement Intégrés Urbanisme des Systèmes d Information versus Architecture d Entreprise Contrôle d accès au réseau IT-expert n 62 Juillet/Août 2006 IT-expert n 63 Septembre/Octobre 2006 IT-expert n 64 Novembre/Décembre 2006 IT-expert n 65 Janvier/Février 2007 DOSSIER : Panorama sur les techniques Agiles PHP5, une alternative à.net et J2EE? Eclipse : le Big Bang Callisto Test Driven Development Qui arrêtera Google? DOSSIER : La géolocalisation Géolocalisation, les techniques alternatives au GPS Le positionnement par GPS Géolocalisation, tout n est pas permis Recyclage des e-déchets DOSSIER : Capital Immateriel Windows Vista : le nouveau système d exploitation de Microsoft Les curseurs sous SQL Server Wimax DOSSIER : Web 2.0 entreprise, quelles réalités? ITIL et ISO20000 Logiciel libre Les wikis : définitions fonctionnelles et techniques Une approche structurée de la certification du réseau : l audit automatique du réseau et la validation des changements des configurations * Dans la limite des stocks disponibles IT-expert n 67 Mai/juin 2007 DOSSIER : SOA, l état de l art SOA :Architectures & outils Imprimez moins, maîtrisez vos coûts! Qualité interne de ses logiciels : mythes et réalités L univers étrange des unités d œuvre IT-expert n 68 Juillet/Août 2007 DOSSIER : Le décisionnel Du décisionnel à la gestion de la performance La visualisation de l information à des fins d aide à la décision Les grandes étapes d une chaîne d ETL ITIL : entre meilleures pratiques et référentiel holistique IT-expert n 69 Septembre/Octobre 2007 DOSSIER : Que peut-on offshorer dans une DSI? La qualité intrinsèque des applications dans les contrats de service Le «backsourcing» : lorsque l externalisation n est pas utilisée avec précaution Assurer le succès des projets avec la Tierce Recette Applicative Etat de l art de la convergence : lien entre informatique et téléphonie IT-expert n 70 Novembre/Décembre 2007 DOSSIER : Management de la sécurité Comment lutter efficacement contre les intrusions informatiques Microsoft Office SharePoint Serveur 2007 : les raisons-clés d un succès Les multiples facettes du contrôle d accès au réseau d entreprise Interview d Alain Bouillé, RSSI au sein du Groupe Caisse des Dépôts Sécurité de la téléphonie sur IP

15 Offre Spéciale Je souhaite acheter les numéros suivants Tarifs TTC (TVA : 5,5 %) 1 exemplaire : 8e 10 exemplaires : 60e 5 exemplaires : 35e Autre quantité : IT-expert n 61 Mai/Juin 2006 DOSSIER : Optimiser innovations et transformations en gérant le portefeuille de projets et d applications Subversion : le grand départ? L accessibilité numérique Wi-Fi Année 2006 N 60 N 61 N 62 N 63 N 64 Année 2007 N 65 N 66 N 67 N 68 N 69 N 70 Année 2008 N 71 Pour commander les anciens numéros d IT-expert, il vous suffit de nous renvoyer ce document à l adresse suivante : IT-Expert 3, rue Marcel Allégot Meudon - France Tel : +33 (0) Fax : +33 (0) Adresse d expédition & de facturation IT-expert n 66 Mars/Avril 2007 DOSSIER : Sécurité : Les applications, le talon d Achille des entreprises RIA (Rich Internet Application) : définitions et panorama des solutions Gestion des droits numériques en entreprise avec RMS Un observatoire pour mesurer l urba Les DRM : une introduction Mme Mlle M. Nom Prénom Société Fonction Adresse CP Ville Tél Fax IT-expert n 71 Janvier/Février 2008 DOSSIER : La gestion prévisionnelle des ressources humaines informatiques Logiciel libre : état de l art Les mashups débarquent en entreprise Comment le text-mining donne du sens Liberté surveillée pour l utilisation à des fins privées de l informatique de l entreprise Chèque joint à l ordre de Press & Communication France Règlement à réception de facture Date : Signature obligatoire :

16 Technique Vers une professionnalisation des tests au service de la rentabilité de l entreprise L adéquation des Systèmes d Information aux métiers des entreprises suppose l alignement des processus IT (Information Technology) pour assurer le respect des délais de mise sur le marché (Time To Market) permettant le développement du chiffre d affaires, le maintien de l avantage concurrentiel, et la satisfaction des Maîtrise d Ouvrage. Cela signifie également le bon fonctionnement en production des applications mises à disposition des utilisateurs, ainsi que la réduction des coûts de support et d évolution de ces applications. 16 IT-expert n 72 - mars/avril 2008

17 Les tests ne sont plus la dernière roue du carrosse! L enjeu majeur des DSI est la mise à disposition des applications en production en respectant des délais de plus en plus courts, dans la limite des budgets définis préalablement et avec la qualité escomptée : c'est-à-dire le respect des exigences en terme de conformité et de disponibilité fonctionnelle, d absence de bug, de stabilité en fonctionnement et de performance. operator errors 40% 20% 40% 40% Application Failure environmental factors, hardware, operating system, power, disasters application failure» Gartner : Application failures including bugs, performance issues or changes to applications that cause problems cause 40% of unplanned application downtime La vérification de l atteinte de ces objectifs est du ressort des activités de Qualification, de Recette et de préparation des Mises en Production (Q, R et MeP). Malheureusement, ces activités sont souvent positionnées dans une «zone d ombre» qui ne permet pas une vérification tout au long du cycle de vie des applications. En effet, un nombre important d entreprises appréhendent encore les activités de tests comme une étape ponctuelle compressée entre la fin de la phase de développement et le début de la phase de mise en production. Dans un tel contexte, la garantie des objectifs fixés devient illusoire. En témoigne l analyse du Gartner qui montre que 40 % des incidents survenant sur les patrimoines applicatifs sont dus à des défauts sur les applications elles-mêmes, les 60 % autres sources de pannes provenant des opérateurs ou du matériel. Pour améliorer la qualité des applications mises en production, il est indispensable de repenser les responsabilités tout au long du cycle de vie. La mise en place d un processus transversal de tests 1 allant de la gestion des exigences à la mise en production apporte cette clarté dans les rôles et les responsabilités. 1 Par abus de langage, le processus de tests englobe aussi le processus de mise en production, ainsi que les processus de support (gestion de configuration, gestion des livraisons, gestion des anomalies, pilotage, etc.) Par ailleurs, les DSI sont face à des enjeux d optimisation de leurs coûts. L industrialisation de la fonction informatique a d abord touché les phases amont et aval du cycle de mise en œuvre d une application (Développement et Production), les activités de qualification, recette et mise en production doivent évoluer à leur tour rapidement. En France, l industrialisation et l externalisation de ces activités sont restées longtemps en retrait. On note d ailleurs un certain retard accumulé en comparaison avec d autres pays européens, qui ont d ores et déjà professionnalisé le métier du test. Malgré une certaine effervescence récente sur le marché français, la situation est très diversifiée au sein des entreprises. Les entreprises les plus matures en la matière ont pris conscience de l importance de l industrialisation des processus de tests et de mise en production. Elles l ont même positionnée en priorité dans les investissements informatiques, avec un engagement stratégique à tous les niveaux de l entreprise (DG, MOA, DSI, etc.). On constate par exemple les retours d investissement lors de la mise en place des solutions industrielles sous forme de Tierce Recette Applicative ou de Centre d Intégration et de Qualification à l occasion d un programme de transformation ou d une Cellule Transverse, généralement au niveau de l entité «Qualité, Normes & Méthodes». L industrialisation permet non seulement la réduction des coûts, mais participe également à l acquisition d avantages compétitifs en contribuant à la création de la valeur. Pourquoi l industrialisation des tests devient-elle prioritaire? Les délais de mise à disposition des applications devenant de plus en plus critiques, les entreprises doivent mettre en place une stratégie d industrialisation des activités de qualification, de recette et de préparation à la mise en production. Deux types d enjeux s imposent aux entreprises. D une part, les enjeux au niveau DSI, à savoir le respect / réduction des délais, la maîtrise budgétaire, la réduction des coûts, la ré-affectation des ressources internes sur des projets à plus forte valeur ajoutée et la prise en compte rapide des demandes d évolutions du SI (Agilité). Les activités représentent entre 30 à 40 % du Coût Total des Projets, et constituent un gisement de réduction des coûts. D autre part, les enjeux pour le Système d Information, c'est-à-dire assurer la qualité des livrables par la mise en œuvre de développements + Vite orientés tests ou Development Test Driven : tester dès + Qualité les phases amont (exigences), définir pour chaque - Cher application une stratégie de tests permettant la mise en œuvre de tests pertinents et complémentaires adaptés IT-expert n 72 - mars/avril

18 aux différentes phases et la vérification aval. La garantie de la disponibilité et du bon fonctionnement des applications en production sur des plages horaires étendues, ainsi que l automatisation et la capitalisation (amont et aval) complètent les enjeux pour le SI. L industrialisation consiste à mettre en œuvre une organisation au confluent de la MOA, de la MOE Développement et de la Production, c'est-à-dire la mise en œuvre des relations de type Client / Fournisseur avec toutes parties concernées et un Guichet Unique pour le traitement des demandes. Les activités sont modélisées à travers la définition d un catalogue de service. Ce Catalogue est associé à une convention de services (SLA permettant la mesure de la qualité), ainsi qu à un catalogue d unités d œuvres (les UO valorisées initialement permettant la mesure de la Productivité dans le temps). Gestion des Packagings Gestion des Infrastructures de Tests Industrialisation du Processus de Tests Gestion des Livraisons Parallèlement, sont mis en œuvre l outillage des processus, ainsi que les méthodologies et les meilleures pratiques (R2BT 2 - Requirement and Risk Based Testing, conformité par rapport à un standard). Enfin, un modèle opérationnel de type Front Office - Back Office est implémenté permettant d adapter progressivement la localisation des services (sans rupture dans la fourniture de ces services). Dans le Front Office sont localisés les services nécessitant la proximité du client, les autres services sont en Back Office. Réduction des Coûts Organisation, Processus et Outillage Gestion de la demande Optimisation des Ressources Localisation en Centres de Tests (France), Processus Certifiés CMMi 3 Efficacité de la Gestion de la demande, Capitalisation Localisation en Centres de Tests (NearShore et Offshore) Processus Certifiés CMMi5 Capitalisation Boucle d Amélioration Continue Gestion des Outils de Tests La garantie des mises en production ne peut être assurée que si l environnement de tests est représentatif de l environnement de production (représentativité démontrée). La représentativité de l infrastructure de tests impose une gestion rigoureuse de ces infrastructures (Architecture, Capacity Planning, Rationalisation, Mutualisation), Cette garantie implique également la traçabilité de la signature des packages livrés en production. Cette problématique de la gestion des livraisons impose la mise en place d une gestion de configuration transverse permettant une cohérence entre le packaging testé et le packaging livré en production. L essor de l industrialisation et l adoption de l outillage des processus s effectuent en même rythme que l externalisation des activités et des patrimoines applicatifs. Leviers 1 Leviers 2 Leviers 3 Leviers 4 Industrialiser le seul processus de tests ne suffit pas! Pour que l industrialisation des processus de tests et de mise en production ait lieu, il faut qu elle s accompagne aussi de l industrialisation des processus de support (gestion de configuration, des livraisons, des infrastructures de tests et des outils de tests). L outillage des processus de tests (gestion de campagnes de tests fonctionnels, automatisation des tests, tests de montée en charge et de performances) n est pas encore généralisé. L utilisation massive d outils est freinée par les coûts, et par le positionnement transverse au sein des entreprises qui ne favorise pas le partage des enjeux et la compréhension des problématiques au niveau décisionnel. Pour mener à bien un projet d industrialisation, il est préférable qu il soit partagé par tous les acteurs concernés et sponsorisé au plus haut dans l organisation. 2 Atos Origin Quel cadre normatif choisir? Pour accroître l efficacité opérationnelle des activités de tests, il est conseillé de regrouper et de formaliser les meilleures pratiques du marché comme CMMi, ITIL et ISTQB/CFTL. En allant du plus général au plus orienté vers les métiers du test : Information Technology Infrastructure Library (ITIL) : cadre de référence regroupant les meilleures pratiques en matière de gestion des services informatiques, dont on retiendra plus particulièrement les processus de gestion des changements, gestion des problèmes. Ainsi que le processus de gestion des niveaux de services qui va aider à fixer les critères d arrêt des campagnes. Capability Maturity Model Integration (CMMi) : modèle général de bonnes pratiques dont on retiendra plus particulièrement les processus «VER» et «VAL» inclus dans le niveau 3. Information Software Testing Qualifications Board (ISTQB) a mis en place un processus de certification de testeurs composé de trois niveaux (fondation, avancé et expert). Le Comité Français 18 IT-expert n 72 - mars/avril 2008

19 des Tests Logiciels (CFTL) est le représentant de l ISTQB en France. Il certifie les formations ISTQB/CFTL. L ISTQB/CFTL est le seul élément normatif spécifique au métier du test. Il met en relief les limites de la démarche de tests. Il s appuie sur des principes décrits dans le tableau ci-dessous. Les tests montrent la présence de défauts, mais ne démontrent pas l absence de défaut, Les tests exhaustifs sont impossibles, Il faut tester le plutôt possible, Les tests dépendent du contexte, L illusion de l absence d erreurs : trouver et corriger des défauts n aide pas si le système conçu est inutilisable et ne satisfait pas les besoins et les attentes des utilisateurs, Le Paradoxe du pesticide : si les mêmes tests sont répétés de nombreuses fois, il arrivera que le même ensemble de cas de tests ne trouve plus de nouveaux défauts. Pour prévenir ce «paradoxe du pesticide», les cas de tests doivent être régulièrement revus et révisés, et de nouveaux tests, différents, doivent être écrits pour couvrir d autres chemins dans le logiciel ou le système de façon à permettre la découverte de nouveaux défauts. Les processus sont outillés par la mise en place de solutions de tests (définition du nombre de licences, analyse et choix des outils de tests, implémentation, etc.). Les principaux acteurs du marché des outils de tests sont HP/Mercury, IBM, Compuware, Borland. Dans certains cas, des outils Open Source peuvent être utilisés (Junit, Open STA, Selenium, etc.). Le déroulement des projets de tests est basé sur une approche par phases permettant les validations séquentielles de ce qui est produit. On distingue deux principales phases. La phase de préparation a pour objectifs d élaborer pour chaque projet de tests la stratégie et le plan de tests associé, de déterminer la couverture de tests et le périmètre des tests à automatiser, de calibrer l effort de tests et de définir les besoins en infrastructures de tests. Cette phase consiste également à concevoir et à réaliser les cas de tests prévus en fonction des exigences. La phase de réalisation a pour objectifs de réaliser les activités de tests prévus (exécution, analyse, anomalies), de gérer les Infrastructures et les outils de tests (Capacity Planning, Installation, Exploitation, etc.) Référentiels (Stratégie de référence, Capitalisation) Initialisation du Projet Tests Gestion des Exigences et des Risques (Impacts) D autres modèles peuvent être utilisés pour l amélioration des processus de tests : TMM (Test Maturity Model), TPI (Test Process Improvment) et TMap (Test Management Approach). Définition Stratégie Applicable Calibrage du Projet Mise en œuvre de l industrialisation des processus de tests L industrialisation des tests suppose la mise en place d un processus de tests tout au long du cycle de vie d une application. Ce processus doit s inscrire dans le cadre de la méthodologie générale de développement des applications. Cette approche permet l optimisation du retour sur investissement (ROI) des développements applicatifs. Elle permet aussi la gestion transverse des différents types de tests (tests unitaires, tests d intégration, tests système, recette utilisateurs, etc.) et des responsabilités associées. Elle permet également la combinaison des tests en fonction des phases des projets pour réaliser un effet de tamis et éviter, ainsi, de réaliser les mêmes tests. Plan Projet Tests La mise en œuvre de la méthodologie R2BT a pour objectif l optimisation et le calibrage des projets de tests. Cette méthodologie est basée sur une approche par les exigences et les risques (Requirement and Risk Based Testing). La mise en œuvre d un référentiel de tests pour les applications facilite la capitalisation. En fonction d éléments structurants tels que la criticité de l application ou le nombre et la fréquence des changements, il est alors préférable de mettre en œuvre une «automatisation amont des tests fonctionnels» permettant la La réalisation des campagnes de tests nécessite la mise en œuvre des processus de gestion des services (gestion du contrat dans le cas d une externalisation) et des processus de gestion opérationnelle (gestion des exigences, gestion des anomalies, gestion de configuration, etc.). Structuration & Formalisation des Exigences Métiers Modélisation UML Référentiel Métier (Processus Métier & Fonctionnel) Référentiel Cas de Tests IT-expert n 72 - mars/avril

20 création rapide des cas de tests correspondants et la réalisation de l analyse d impact au niveau des exigences, des processus métiers. Leirios est un des acteurs de ce segment de marché. La mise en œuvre de l automatisation des tests aval porte généralement sur des applications appelées à connaître de multiples changements. Cette automatisation concerne essentiellement les Tests de non-régression (TNR). La mise en œuvre de l automatisation peut se justifier, dans certains cas pour étendre la couverture de tests d une application multiplateformes. La réalisation des campagnes de tests nécessite la mise à disposition de jeux de données en cohérence. Ces données peuvent être soit définies lors de la création du script de tests, soit générées à l aide de l outil ad hoc, soit extraites à partir de base de données de production. Les principaux acteurs de ce segment de marché sont IBM/Princeton, Compuware, Genielog. Les principales familles de tests Famille de Tests Type de Test Description Fonctionnel Technique Performance Exploitabilité Recette Tests fonctionnels Tests des flux & des interfaces (2 à 2) «Tests fonctionnels» «Bout en Bout» Non régression Tests de sécurité des accès Tests d'installation/désinstallation Tests de robustesse Tests de montée en charge Tests de performance (env. de production) Tests de conformité aux normes d'exploitation Validation des procédures d'administration/supervision Revue / validation de production Sauvegarde / restauration / purge Recette utilisateur Recette technique Tester les fonctionnalités au niveau du composant Tester les flux et les liens (2 à 2) avec d'autres systèmes Tester les fonctionnalités de bout en bout avec les systèmes connexes Ensemble de tests permettant de vérifier la non dégradation fonctionnelle Tester les procédures et architecture de sécurité (accès logiques) Vérification Procédures d'installation / désinstallation Tests de robustesse aux pannes et aux limites Tests de la montée en charge en nombre, en quantité et dans la durée Tirs de performance et montée en charge en environnement de production Vérification de la conformité des procédures d'exploitation Test et validation des procédures de gestion d'habilitation (droits, profils ) et vérification des remontée d'indicateurs et de logs Tester les procédures de production Tester les procédures de sauvegarde et des reprises Vérification de la capacité à exercer le métier (assistance aux utilisateurs) Tests techniques, d exploitabilité et de performance 20 IT-expert n 72 - mars/avril 2008

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