CONCLUSION PARTIELLE
|
|
|
- Renée Gaulin
- il y a 10 ans
- Total affichages :
Transcription
1 CARE International au Mali Unité de Conception Suivi et Evaluation ANALYSE DE LA VULNERABILITE ET DES SYSTEMES DE VIE DES MENAGES EN MILIEU RURAL DE LA REGION DE SEGOU CAS DES CERCLES DE SEGOU ET NIONO Michka Seroussi Abdoul Karim Coulibaly Roland Frederic Ngampana Ahmed Ag Aboubacrine Fadimata Mahamane Diourou Cissé Dr. Elie Bankineza Juin 2003
2 TABLE DES MATIERES TABLE DES MATIERES... i LISTE DES TABLEAUX...iii LISTE DES FIGURES...vi LISTE DES GRAPHIQUES...vi LISTE DES ACRONYMES...vii REMERCIEMENT... viii RESUME EXECUTIF...ix INTRODUCTION... 1 PREMIERE PARTIE... 2 CHAPITRE 1 : CARACTERISTIQUES DE LA REGION DE SEGOU... 3 I. Aspect physique... 3 II. Infrastructures routières... 3 III. Population... 3 IV. L éducation... 3 V. La problématique de la santé... 5 VI. Les systèmes de production... 6 VII. Décentralisation... 7 CHAPITRE 2 : METHODOLOGIE DE L ENQUETE... 9 I. Définition des concepts... 9 II. Stratégies de vie et de survie III. Pauvreté et Vulnérabilité IV. Opérationalisation du concept de vulnérabilité V. Plan de sondage VI. Les Outils de collecte VII. Les étapes de collecte VIII. Vulnérabilité déclarée par les communautés DEUXIEME PARTIE CHAPITRE 1 : CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DES MENAGES, DE LA POPULATION ET MIGRATION I. Caractéristiques des ménages II. Caractéristiques de la population des ménages III. Migration CHAPITRE 2 : LES SYSTEMES DE VIE DES MENAGES I. Activités économiques des ménages II. Les équipements III. Exploitation agricole IV.L Elevage CHAPITRE 3 : LES STRATEGIES DE SURVIE DES MENAGES I. Diagnostique de l état de vulnérabilité II. Stratégies de survie des ménages CHAPITRE 4: SITUATION SANITAIRE ET NUTRITIONNELLE DES MENAGES I. Accès à l eau potable II. Etat sanitaire des enfants III. Alimentation des ménages i
3 CONCLUSION PARTIELLE TROISIEME PARTIE CHAPITRE 1 : CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DES MENAGES, DE LA POPULATION ET MIGRATION I. Caractéristiques des ménages II. Caractéristiques de la population des ménages III. Migration CHAPITRE 2 : LES SYSTEMES DE VIE DES MENAGES I. Activités économiques des ménages II. Les équipements III. Exploitation agricole IV. L Elevage CHAPITRE 3 : LES STRATEGIES DE SURVIE DES MENAGES I. Diagnostique de l état de vulnérabilité II. Stratégies de survie des ménages CHAPITRE 4: SITUATION SANITAIRE ET NUTRITIONNELLE DES MENAGES I. Accès à l eau potable II. Etat sanitaire des enfants III. Alimentation des ménages CONCLUSION PARTIELLE CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS I. Synthèse générale des deux cercles II. Quelques recommandations BIBLIOGRAPHIE ANNEXES ii
4 LISTE DES TABLEAUX Tableau Page : Répartition des communes du cercle de Ségou entre les strates : Répartition des communes du cercle de Niono entre les strates : Échantillon des communes et villages tirés pour le cercle de Ségou : Échantillon des communes et villages tirés pour le cercle de Niono : Principaux indicateurs de vulnérabilité selon la strate, cercle de Ségou : Principaux indicateurs de vulnérabilité selon la strate, cercle de Niono : Répartition des ménages selon la strate et le niveau de vulnérabilité déclaré et taille moyenne des ménages : Caractéristiques des chefs de ménages : Répartition des ménages selon le degré de vulnérabilité et les caractéristiques socio-démographiques : Taille moyenne des ménages selon la vulnérabilité : Ratio de dépendance selon le niveau de vulnérabilité : Caractéristiques socio-démographique de la population des ménages : Taux d activité par age et sexe de la population des ménages : Occupation des enfants de moins de 15 ans selon les caractéristiques socio-démographiques : Niveau d'instruction de la population de 7ans et plus selon quelques caractéristiques socio-démographiques : Taux net de scolarisation de la population de 7-14 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques : Taux de migration de la population de 10 ans et plus selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles : Destination de la population migrante selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant : Fréquence de la Migration selon quelques caractéristiques socioéconomiques : Provenance des ressources pour la migration selon quelques caractéristiques : Travaux effectués par les migrants sur leurs lieux de destination, selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant : Caractéristiques des ménages des migrants : Niveau de contribution de la migration au système de vie du ménage selon la vulnérabilité et la zone : Ménages ayant reçu des envois des migrants selon la vulnérabilité et la strate : Apport moyen de la migration par ménage ayant au moins un migrant selon la vulnérabilité et la strate : Montant moyen apporté par migrant selon la destination et le type de travail : Répartition des ménages par type d AGR pratiquée, selon la vulnérabilité et la strate : Montants moyens annuels individuels issus des AGR par sexe, selon la vulnérabilité du ménage : Répartition des ménages par type d équipements possédés selon la vulnérabilité : Location de parcelles selon la vulnérabilité du ménage proportion de ménages qui ont loué ou cédé leurs parcelles, selon la vulnérabilité et la zone : Fertilité des parcelles selon la zone et niveau de vulnérabilité iii
5 2.2.6 : Nombre moyen de parcelles possédées par les ménages selon la vulnérabilité : Type de culture céréalière selon la zone et la vulnérabilité : Type de cultures maraîchères, vivrières et fruitières selon la zone et la vulnérabilité : Production moyenne céréalière des ménages ayant exploité selon la vulnérabilité : Utilisation de la production de mil selon la vulnérabilité : Répartition des ménages selon le nombre de type d animaux possédés : Répartition des ménages selon le type d animaux possédés : Nombre moyen de type d animal par ménages propriétaires de bétail, selon la vulnérabilité, la strate, le sexe et l ethnie du chef de ménage : Part moyenne du revenu annuel consacrée à l'alimentation selon la vulnérabilité, la strate et le sexe du chef de ménage : Principales contraintes à la SCVM selon la vulnérabilité et la strate : Stratégies de survie des ménages selon la vulnérabilité : Don et Zakat reçu par le ménage selon la vulnérabilité : Source principale d'approvisionnement en eau du ménage selon la vulnérabilité et la strate : Prévalence des maladies courantes chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques : Prévalence des maladies épidémiques chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques : Prévalence de la cécité crépusculaire et du goitre dans le ménage selon la vulnérabilité et la strate : Propoprtion de ménages ayant eu des enfants malades au cours des 3 derniers mois et parmi ceux-ci proportion ayant consulté les centres de santé selon la vulnérabilité et la strate : Proportion d enfants de mois vaccinés selon la vulnérabilité la strate et le sexe de l enfant : État nutritionnel des enfants selon quelques caractéristiques socio démographiques : Nombre de repas consommés la veille selon la vulnérabilité et la strate : Répartition des ménages selon la strate et le niveau de vulnérabilité déclaré : Caractéristiques des chefs de ménages : Répartition des ménages selon le degré de vulnérabilité et les aractéristiques socio-démographiques : Taille moyenne des ménages selon la vulnérabilité : Ratio de dépendance selon le niveau de vulnérabilité : Caractéristiques socio-démographique de la population des ménages : Taux d activité par age et sexe de la population des ménages : Occupation des enfants de moins de 15 ans selon les caractéristiques sociodémographiques : Niveau d'instruction de la population de 7ans et plus selon quelques caractéristiques socio-démographiques : Taux net de scolarisation de la population de 7-14 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques : Taux de migration de la population de 10 ans et plus selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles : Destination de la population migrante selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant : Fréquence de la Migration selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant : Provenance des ressources pour la migration selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant iv
6 : Travaux effectués par les migrants sur leurs lieux de destination, selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant : Caractéristiques des ménages des migrants : Niveau de contribution de la migration au système de vie du ménage selon la vulnérabilité et la zone : Ménages ayant reçu des envois des migrants selon la vulnérabilité et la strate : Apport moyen de la migration par ménage ayant au moins un migrant selon la vulnérabilité et la zone : Répartition des ménages par type d AGR pratiquée, selon la vulnérabilité et la strate : Montants moyens annuels individuels issus des AGR par sexe, selon la vulnérabilité du ménage : Répartition des ménages par type d équipements possédés selon la vulnérabilité : Location de parcelles selon la vulnérabilité du ménage et la zone : Fertilité des parcelles selon le niveau de vulnérabilité et la strate : Nombre moyen de parcelles possédées par vulnérabilité : Type de culture céréalière selon la zone et la vulnérabilité : Type de cultures maraîchères, vivrières et fruitières selon la zone et la vulnérabilité : Production moyenne céréalière selon la vulnérabilité et la zone : Utilisation de la production de riz et de mil selon la vulnérabilité : Répartition des ménages selon le nombre de types d animaux possédés : Répartition des ménages selon le type d animaux possédés : Nombre moyen de types d animaux par ménage propriétaire de bétail, selon la vulnérabilité et la strate : Part moyenne du revenu annuel consacrée à l'alimentation : Principales contraintes à la SCVM selon la vulnérabilité et la strate : Stratégies de survie des ménages agriculteurs selon la vulnérabilité : Don et Zakat reçu par le ménage selon la vulnérabilité : Source principale d'approvisionnement en eau du ménage selon la vulnérabilité et la strate : Prévalence des maladies courantes chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques : Prévalence des maladies épidémiques chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques : Prévalence de la cécité crépusculaire et du goitre dans le ménage selon la vulnérabilité et la strate : Propoprtion de ménages ayant eu des enfants malades au cours des 3 derniers mois et parmi ceux-ci proportion ayant consulté les centres de santé selon la vulnérabilité et la strate : Raison de non-fréquentation des centres de santé selon la strate : Proportion d enfants de mois vaccinés selon la vulnérabilité, la strate et le sexe : État nutritionnel des enfants selon quelques caractéristiques socio-démographiques : Nombre de repas consommés la veille selon la vulnérabilité et la strate : Récapitulatif des principaux indicateurs SCVM dans le cercle de Ségoum et de Niono v
7 LISTE DES FIGURES Figure Page : Dynamique de la vulnérabilité LISTE DES GRAPHIQUES Graphique Page : Pyramide des âges de la population : Taux d activité par groupe d age et par sexe : Taux de scolarisation selon l'ethnie : Pyramide des âges de la population des migrants : Flux migratoire au cours de l année : Quelques activités des ménages selon la vulnérabilité : Revenu individuel moyen annuel, issu des AGR, selon le sexe : Répartition des ménages selon le type d'animal possédé et la vulnérabilité : Nombre moyen d'animaux possédés par ménage et selon le sexe : Déclaration des mois les plus difficiles pour la SCVM : Pyramide des âges de la population : Taux d activité par groupe d age et par sexe : Taux de scolarisation selon l'ethnie : Pyramide des âges de la population des migrants : Flux migratoire au cours de l année : Montant moyen rapporté par migrant selon la destination : Quelques activités des membres des ménages selon la strate : Revenu individuel moyen annuel, issu des AGR, selon le sexe : Comparaison de la répartition de la production de mil et de riz : Répartition des ménages selon le type d'animal possédé et la vulnérabilité : Nombre moyen d'animaux possédés par ménage et selon le sexe : Part en % du cheptel possédé par les femmes dans les ménages selon la vulnérabilité du ménage : Déclaration des mois les plus difficiles pour la SCVM vi
8 LISTE DES ACRONYMES ACDI : AGR : APE : CAP : CED : CM : CMDT: COMATEX : CSA-R : CSCOM : EDSM : FED : IRA : ISSA : JKS : MJT : NORAD : NSP : OC : ON : ORS : PSLT : RCI : ROCAM : SCVM : SPSS : USAID : Agence Canadienne de Développement International Activité Génératrice de Revenus Association de Parents d Elèves Centre d Animation Pédagogique Centre d Education pour le Développement Chef de Ménage Compagnie Malienne de Développement du Textile Compagnie Malienne du Textile Centre de Santé Revitalisé Centre de Santé Communautaire Enquête Démographique et de Santé du Mali Fond Européen de Développement Infections respiratoires aiguës Integrated System for Survey Analysis Jama ka Kalan So Mussow ka Jiguiya Ton Norvegian Agency for Development Ne sait pas Organisation Communautaire Office du Niger Office Riz Ségou Plan Stratégique à Long Terme République de Cote d Ivoire Renforcement des Organisations, Crédit et Aménagements à Macina Sécurité des Conditions de Vie des Ménages Statistical Package for Social Science United State Agency for International Development vii
9 REMERCIEMENTS Ce rapport est le fruit d un long processus ayant impliqué différents acteurs, de la phase de conception à la phase de production du rapport, en passant par la phase de collecte et traitement des données. La contribution de CARE NIGER pour la conception et formation a été très profitable. Elle a permis au personnel de CARE MALI de bénéficier de l expérience d une autre mission de CARE ayant déjà une expertise dans la conduite des études SCVM. Ainsi nous tenons ici à remercier tout le personnel de CARE Niger et plus particulièrement Mr. Amadou Sayo et Mr. Zacharie Madougou pour l appui technique apporté à la phase de conception et de formation. Par ailleurs, cette collecte d information ne serait possible sans le soutien et la participation des autorités locales (Assemblée Régionale, Préfectures) et des communautés de la région de Ségou, des cercles de Niono et Ségou, ainsi que des villages enquêtés. Nous tenons ici à leur adresser notre profonde gratitude. Les remerciements vont également à l endroit de toute l équipe d enquêteurs et d agents de saisie qui ont participé à cette opération de collecte. Enfin, nous tenons à remercier tout le personnel de CARE Mali, pour sa contribution à l amélioration du présent document et l organisation logistique lors de la phase terrain. viii
10 RESUME EXECUTIF Les études sur la Sécurité des Conditions de Vie des Ménages (SCVM) sont un préalable pour l orientation des stratégies d intervention de CARE MALI. Ces études, basées sur une méthodologie à la fois qualitative et quantitative, permettent de diagnostiquer tous les aspects de la vie des ménages, dans l optique d élaborer des stratégies efficaces d intervention, qui ciblent les couches les plus vulnérables. La présente étude effectue un diagnostic de la situation de vulnérabilité des ménages du milieu rural des cercles de Ségou et Niono, en vue de définir des stratégies appropriées d intervention ciblant les ménages les plus vulnérables de ces localités. Le concept de vulnérabilité est une notion plus dynamique que celui de la pauvreté, il prend en compte les stratégies d adaptation et de changement et introduit la sécurité du bien-être des ménages, la survie de ces ménages et la prise de conscience de l état de pauvreté. La définition de la vulnérabilité, ainsi que le classement des ménages selon les trois catégories de vulnérabilités retenus (très vulnérable, moyennement vulnérable et peu vulnérable) sont effectués par les communautés elles mêmes. Les indicateurs de vulnérabilité déclarés par les populations des deux cercles sont assez similaires et ont tous traits aux équipements agricoles et au bétail. Les différences entre les moins vulnérables et les plus vulnérables résident dans les quantités de chaque type d équipement ou de cheptel possédé. Ainsi, il ressort que moins de la moitié (48%) des ménages du cercle de Ségou et plus de la moitié (52%) des ménages du cercle de Niono sont très vulnérables. La structure de la population des deux cercles est à l image de celle du pays tout entier, en particulier et des pays en voie de développement en général. Elle est principalement jeune, en atteste une pyramide des âges à base large et à sommet effilé. Cette structure est révélatrice d une forte fécondité et d une mortalité infantile très importante, car peu d enfants arrivent à l âge de la production, à cause, entre autre, des maladies infectieuses. Les données sur l éducation révèlent une population peu instruite avec des taux de non-instruction assez importants (90% et 78% respectivement à Ségou et à Niono) et une sous-scolarisation des enfants (avec des taux de scolarisation de 20% à Ségou contre 40% à Niono), notamment des filles. Dans les deux cercles, la situation des femmes en matière d éducation est préoccupante. L influence de la vulnérabilité, sur la scolarisation des enfants ne se manifeste pas de la même façon à Ségou et à Niono. Tandis qu à Ségou, il n y a pas de différence de scolarisation des enfants selon la vulnérabilité, à Niono, on note que ce sont les enfants des ménages les moins vulnérables qui sont les mieux scolarisés. Dans les deux cercles, on note des disparités ethniques dans la scolarisation des enfants. Les phénomènes migratoires qui constituent des stratégies de vie et/ou de survie des ménages, sont d ampleur dans les deux cercles. Cependant, ils ne s opèrent pas de la même façon. Tandis qu à Ségou la migration, surtout celle des jeunes filles est très précoce (entre ans), à Niono, elle est plus tardive. Les filles migrantes qui quittent le cercle de Ségou vont presque toutes à Bamako pour servir de domestiques dans les ménages. Les migrations dans le cercle de Niono, sont essentiellement drainées vers l Office du Niger qui constitue un pôle important d attraction. En terme de rentabilité économique, la migration effectuée par les populations du cercle de Niono semble procurer plus de revenus que ceux générés par la migration des populations du cercle de Ségou. Il est évident que la précarité économique est à l origine de la migration des populations, dans la mesure où ce sont les populations les plus vulnérables qui sont le plus concernées par le phénomène. Bien que les populations des deux cercles vivent principalement de l agriculture, on dénote la présence de certaines AGR effectuées en complément par les ménages. Ces principales AGR ix
11 sont : l embouche, le travail agricole salarié et l artisanat. A Ségou, l exercice de ces activités est fonction du niveau de vulnérabilité du ménage ; il apparaît que les ménages très vulnérables exercent principalement le travail agricole salarié et l artisanat, tandis que les ménages peu vulnérables exercent l embouche. Par contre à Niono, il n apparaît pas une spécialisation dans un type d AGR donné selon la vulnérabilité, mais les différences apparaissent surtout quant au revenu tiré des activités, lequel est généralement plus important chez les ménages peu vulnérables. Dans l ensemble des deux cercles il apparaît des différences de revenus importantes entre les femmes et les hommes exerçant les même activités. Les hommes retirent toujours un gain supérieur à celui des femmes quelle que soit l activité considérée, à l exception des activités purement féminines. Concernant les équipements agricoles, il apparaît dans les deux cercles une insuffisance d équipements agricoles. La pratique de l agriculture traditionnelle est toujours en vigueur avec l utilisation d équipements rudimentaires. L examen du cheptel révèle des différences dans la possession de cheptel entre les hommes et les femmes et des différences selon la vulnérabilité. Ainsi, il est apparu que les ménages peu vulnérables sont ceux qui diversifient davantage leur cheptel comparativement aux ménages très vulnérables. De même, ces derniers possèdent toujours moins de têtes de bétail que les ménages peu vulnérables. Les femmes ont aussi systématiquement moins de têtes de bétail que les hommes et ceci quel que soit le type de cheptel considéré. Les mois difficiles pour la SCVM sont les mêmes dans les deux cercles, il s agit des mois de la saison des pluies, juin, juillet août et septembre. Les principales contraintes évoquées sont également les mêmes dans les deux cercles et ont trait principalement à l insécurité alimentaire. D autres parts, le système de solidarité semble plus important à Niono qu à Ségou dans la mesure ou 30% des ménages de Niono ont bénéficié de dons ou de Zakat contre seulement 17% des ménages de Ségou. Sur le plan sanitaire, le cercle de Niono semble avoir les meilleurs indicateurs : une meilleure santé des enfants, perceptible à travers les indicateurs anthropométriques, une meilleure fréquentation des centres de santé, un meilleur accès à l eau potable. x
12 INTRODUCTION Les études sur la Sécurité des Conditions de Vie des Ménages (SCVM) sont un préalable pour l orientation des stratégies d intervention de CARE MALI. Ces études, basées sur une méthodologie à la fois qualitative et quantitative, permettent de diagnostiquer tous les aspects de la vie des ménages, dans l optique d élaborer des stratégies efficaces d intervention, qui ciblent les couches les plus vulnérables. Les interventions de CARE MALI ont commencé dans la région de Ségou, depuis 1985 au niveau du cercle de Macina. La première intervention avait pour but d apporter une aide d urgence en vivres aux populations de cette zone qui traversait une période de sécheresse sans précédent. A la suite de cette intervention, CARE a commencé à initier d autres projets de développement en agriculture, hydraulique, santé, éducation, etc. Actuellement, CARE MALI est présent dans la région de Ségou à travers trois projets : un projet d éducation de base : Jama ka Kalan So (JKS) basé à Macina et qui vient d étendre ses activités au cercle de Ségou, financé par l ACDI, à travers CARE Canada; un projet d aménagement hydro-agricole et de crédit : Renforcement Organisationnel Crédit et Aménagement à Macina (ROCAM), financé par NORAD à travers CARE Norvège ; Les Centre de Conseil Communal (CCC) à Macina, financé par le FED Le projet d appui aux collectivités territoriales de Ségou et Macina (SYSTEMS), financé par CARE, qui était basé à Ségou, vient de prendre fin en novembre Pour étendre ses activités aux cercles de Niono et de Ségou, CARE MALI a conduit une enquête SCVM dans lesdits cercles, en juin Le présent document présente les résultats de cette étude sur la SCVM conduite à Ségou et Niono. Il se compose de trois parties principales : une première partie traite des aspects méthodologiques ; à ce niveau, sont présentées les caractéristiques de la région de Ségou et la méthodologie des enquêtes SCVM; une deuxième partie présente les résultats de l étude pour le cercle de Ségou ; une troisième partie présente les résultats pour le cercle de Niono. Nous terminons l étude par une conclusion sommaire et des recommandations. 1
13 PREMIERE PARTIE ASPECTS METHODOLOGIQUES 2
14 CHAPITRE 1 : CARACTERISTIQUES DE LA REGION DE SEGOU I. Aspect physique La région de Ségou est située dans la partie centrale du Mali, elle est limitée au nord par la République Islamique de Mauritanie, à l est par la région de Mopti, au sud-est par la République du Burkina Faso, au sud par la région de Sikasso et à l ouest par la Région de Koulikoro. Elle couvre une superficie de km 2, soit 5% du territoire national. Elle est la 4 ème région administrative du Mali et comporte 7 cercles (Ségou, Baroueli, Bla, San, Tominian, Macina et Niono). La région est caractérisée par trois zones climatiques : ƒ ƒ ƒ Le climat soudanien nord occupe 31% de la superficie, Le climat sahélien sud, 45% de la superficie, Le climat sahélien Nord, 24% de la superficie. Le relief au niveau de la région est assez plat et peu accidenté. Les pluies régulièrement réparties atteignent une moyenne annuelle d environ 600 mm. La région de Ségou est traversée par le fleuve Niger sur 292 km et son principal affluent le Bani sur 250 km. Grâce au barrage de Markala, le fleuve alimente un réseau d irrigation à travers trois canaux, le canal du Sahel, le canal de Macina et le canal Costa. II. Infrastructures routières Le réseau routier compte 876 km de route d intérêt régional dont 197 bitumés, 61 km de route locale et seulement 42 km de pistes agricoles. Il ressort de cette distribution spatiale des infrastructures routières trois zones fortement enclavées : la partie septentrionale du cercle de Niono, la zone Nord-ouest des cercles de Ségou, Barouéli, Bla et la zone inter fleuve du cercle de Macina. III. Population La région compte habitants soit une densité de 25 habitants au Km 2. La population, à majorité rurale (82,2%), est composée principalement de Bambaras, Peuls, Markas, Bobos et Somonos. Le taux d accroissement de la population est de 2,0% contre 2,2% pour l ensemble du pays. L islam est la religion dominante, suivi du christianisme et de l animisme. IV. L éducation 1. Niveau d éducation et infrastructures scolaires Ségou a été une région pionnière de l histoire de l éducation au Mali notamment dans l enseignement des langues. Actuellement, elle occupe la 4 e place après Sikasso, Koulikoro et Kayes à cause de l insuffisance des mesures d accompagnement. Le système éducatif est structuré comme suit : ƒ Education préscolaire et spéciale ; ƒ Enseignement Fondamental (formel et non informel) ; ƒ Enseignement secondaire ; ƒ Enseignement secondaire technique et professionnel. 3
15 La région de Ségou compte actuellement deux Directions de l Académie d Enseignement : l une à San et l autre à Ségou. Ces deux directions de l Académie d Enseignement comprennent 8 Centres d Animation Pédagogique (CAP). Chaque cercle de la région a un Centre d Animation Pédagogique excepté le cercle de Ségou qui en compte 2 (un dans la ville de Ségou et un à Markala). Pendant l année scolaire , la population scolarisable au niveau de l enseignement fondamental etait de enfants dont filles. Le taux brut de scolarisation est de 58,6% pour les garçons et 41,2% pour les filles soit une moyenne de 50,1%. a) L enseignement préscolaire La région de Ségou compte également 21 jardins d enfants au titre de l éducation préscolaire. Ils se trouvent tous dans les centres urbains et semi-urbains. b) L enseignement fondamental Il comprend l enseignement formel et l enseignement non formel. L enseignement formel comprend : les écoles fondamentales publiques, privées et communautaires, les medersas. L enseignement non formel quant à lui comprend : les centres d alphabétisation, les centres d éducation pour le développement (CED) et les centres d apprentissage. L enseignement formel : la région de Ségou compte 84 Medersas, 66 2 nd cycles, 694 écoles à 1 er cycle parmi lesquelles il y a 423 écoles communautaires. Cependant, il faut noter qu une étude du PRODEC réalisée en septembre 2000 indique que villages sur que compte la région de Ségou n ont aucune infrastructure scolaire soit 82,4% des villages de la région. Par ailleurs, la plupart des écoles de la région souffrent du manque de personnel enseignant qualifié. Les maîtres recrutés par les communautés ont rarement un niveau académique requis. Les disparités entre filles et garçons puis entre milieu rural et milieu urbain sont très perceptibles, ce qui confirme que des efforts sont à fournir pour une scolarisation équitable et équilibrée. Les cercles de Macina, Bla et Tominian connaissent le plus faible taux de scolarisation des filles ( 19,4% en 2000). Le ratio élève / maître est de 72 au 1 er cycle et 34 au second cycle, celui élève / classe est de 61 au 1 er cycle et 64 au second cycle et enfin le ratio livre / élève est 1/3 au 1 er cycle et 0 au second cycle. L enseignement non formel est couvert dans la région par l alphabétisation fonctionnelle et les Centres d Education pour le Développement (CED). L alphabétisation est le domaine d excellence des ONG. Elle a connu un succès remarquable dans la région, mais ne dispose pas d un système de suivi et évaluation. Les CED quant à eux viennent d être lancés dans le pays. On note néanmoins, une très grande adhésion des communautés et des autorités municipales à l approche. De leur lancement (le 25 février 2002) par le gouvernement à nos jours, 60 CED sont opérationnels dans la région. Les CED représentent une forme d enseignement très proche des communautés (à cause notamment de son curriculum d enseignement) ce qui présage du succès qu ils peuvent connaître dans le milieu rural qui reste très attaché à sa culture. Cependant des contraintes d ordre économiques, (liées à la prise en charge du fonctionnement du CED) et socioculturelles (cas des Sarakolés de Baraouéli qui ont refusé la langue Bamanan) ont été observées dans certaines localités. c) L enseignement Secondaire Il comprend l Enseignement normal et l Enseignement secondaire général. Au niveau de l enseignement normal, la région de Ségou compte un seul Institut de Formation des Maîtres (IFM). Il s agit de celui de Niono avec 950 élèves-maîtres dont 372 filles soit 39,15%. 4
16 L Enseignement secondaire général quant à lui connaît de plus en plus l investissement privé. C est ainsi qu on assiste à la création d établissements privés dans ce secteur. L enseignement secondaire général de la région de Ségou comprend : ƒ ƒ ƒ ƒ Le lycée Cabral de Ségou : élèves (Public) Le lycée Michel Allaire de Ségou : élèves (Privé) Le lycée de Markala : 758 élèves (Public) Le lycée de San : 927 élèves (Public) d) L Enseignement Technique et Professionnel C est dans cet ordre d enseignement que le secteur privé est très actif dans la région de Ségou. On dénombre 5 établissements dont 1 seul public. Ce sont : ƒ ƒ ƒ ƒ ƒ L Institut de Formation Professionnel (IFP) de San avec 649 élèves (le seul établissement public de l enseignement technique et professionnel de la région) Le Centre Technique Moderne (CTM) de Ségou avec 748 élèves Le Centre d Etude Technique et Industrielle (CETI) de Ségou avec 497 élèves L Ecole Secondaire et Professionnelle (ESP) de Ségou : 310 élèves Le Centre d Apprentissage Professionnel et Spécial (CAPS) de Ségou avec147 élèves 2. Les priorités de l éducation au niveau de la région L état et les communautés ont identifié un certain nombre de priorités pour renforcer l accès et la qualité de l éducation au niveau de la région. Parmi ces priorités nous notons la construction d infrastructures et l équipement des classes, le développement de curriculum, le renforcement des capacités du personnel enseignant, la mise à disposition de matériels et manuels scolaires. V. La problématique de la santé 1. Les infrastructures sanitaires et leur fréquentation Les Centres de Santé Communautaire (CSCOM) et Centres de Santé Revitalisés(CSA-R) fonctionnels de la région sont au nombre de 95 contre 179 prévus par la politique sectorielle de la santé. En plus de ces CSCOM et CSA-R, la région dispose de 7 centres de santé de cercle dont deux de référence (Niono et Bla), 2 hôpitaux secondaires (San et Markala) et 1 Hôpital régional (Ségou). L analyse du taux de couverture par année montre une stagnation des activités de vaccination, de suivi des femmes enceintes, de fréquentation et de planification entre et Cependant, le taux d accouchement assisté a régulièrement augmenté de 22% en 97/98 à 34% en Les principales maladies Les principales maladies au niveau de la région sont : le paludisme, les infections respiratoires et cardiaques et les maladies maternelles et infantiles (diarrhée, la coqueluche, poliomyélite, etc.). A ces maladies s ajoutent les IST/SIDA qui occupent de plus en plus une place importante et inquiétante pour certaines catégories de la population. Le taux de prévalence du sida dans la région avoisine 2% (EDSM-3). 5
17 VI. Les systèmes de production 1. Agriculture La région de Ségou a la particularité de s étendre sur trois zones agro-écologiques et de disposer de terres irrigables dans le delta mort du fleuve Niger et sur ses plaines alluviales. Les activités économiques de la région sont dominées par le secteur primaire. Le système de production agropastoral est dominant. La production céréalière de la région représente 30% de la production nationale sur environ hectares. Le système de production en zone de culture sèche se caractérise essentiellement par la forte prédominance de la culture du mil /sorgho qui occupe près de 90% des superficies exploitées. Le mil est cultivé sur les sols sablonneux et le sorgho sur les sols lourds à tendance argileuse. Les autres cultures sont le maïs, le fonio, l arachide, le Woandzou et le niébé. La production dépend de la pluviométrie, elle évolue en dents de scie d une campagne à l autre selon que les pluies sont abondantes ou rares. Le sud de la zone (cercle de Bla, le sud des cercles de Baraouéli, San et Ségou) se prête à la production de coton sous l encadrement de la Compagnie Malienne de Développement du Textile (CMDT). L essentiel de la production rizicole de la région provient de l office du Niger(ON) et des casiers rizicoles de l office riz Ségou (ORS). La production rizicole était de tonnes en et le rendement moyen à l hectare est de 6 tonnes en zone ON, 1,3 t en zone ORS.Il en résulte un excédent théorique de tonnes en moyenne au cours des 5 dernières années. La riziculture pluviale est pratiquée au niveau des bas-fonds en zone sèche et par les exploitants évincés en zone office du Niger. Les facteurs de production qui affectent le rendement sont l accès à la terre fertile, l accès à l équipement, l accès aux intrants et les déprédateurs. La libéralisation de la commercialisation des céréales expose les producteurs, car le système en place n offre pas une valeur ajoutée intéressante pour les producteurs. En année de bonnes productions, les céréales sont exportées vers les pays voisins (la Mauritanie, le Burkina Faso, le Sénégal et la Côte d Ivoire). En plus du riz, le maraîchage est pratiqué dans les zones de l ORS et de l ON. Les spéculations cultivées sont par ordre d importance : l échalote (petit oignon), la tomate, l ail, le piment, la patate, le gombo. Les superficies cultivées en échalote et en tomate y sont respectivement de 500 ha et de 128 ha en zone ORS. A l ON, les cultures maraîchères totalisent une superficie exploitée d environ ha. La production est plus forte à Niono et N Débougou avec respectivement des superficies de 900 et 700 ha. Plus de la moitié (65%) des superficies exploitées en maraîchage le sont par les femmes. Le revenu annuel des productions maraîchères en zone Office du Niger se situe aux environs de F CFA, soit environ 40% des revenus générés dans l ON. L activité maraîchère est pratiquée en zone ON en rotation avec le riz dans le casier (39%), sur des terres réservées spécifiquement au maraîchage (35 %), sur des champs de hors casiers (23 %) et sur des lopins de terres destinées à l extension des villages (3%). Une forte augmentation des superficies maraîchères (128%) a été enregistrée au cours des 4 dernières années. Parmi les spéculations cultivées, l échalote occupe à elle seule 88 % des superficies totales soit environ ha en zone Office du Niger. La culture de l échalote rencontre cependant des contraintes importantes, à savoir, l absence d identification de variétés adaptées, la non-disponibilité de terres, les attaques multiples et la salification /alcalinisation des sols. En zone ORS, les contraintes liées à la production maraîchère ne sont pas non plus négligeables : présence de prédateurs, insuffisance de technicité des 6
18 producteurs, insuffisance d équipements et d intrants, insuffisance de formation à la gestion et difficulté de stockage et conservation des produits. 2. L élevage L élevage est principalement de type sédentaire, l effectif du cheptel est de têtes. La partie méridionale de la région, à vocation agricole et intensément cultivée concentre 62% du cheptel qui occupe 25 à 50% des pâturages. Il résulte de cette gestion, des conflits fréquents entre agriculteurs et éleveurs. Tandis que les zones pastorales du nord de (Niono) et agropastorales du centre portent 38% du cheptel avec un taux d occupation moyen des pâturages de 15%. En zone Office du Niger, les producteurs investissent dans le cheptel soit pour l attelage soit pour constituer une épargne en nature. Aujourd hui, ces agro-éleveurs constituent le groupe le plus important d éleveurs de bovins dans la zone. Les pâturages de la zone sont aussi exploités par les éleveurs transhumants pendant la montée des troupeaux vers les pâturages sahéliens et leur descente vers les bourgoutières du delta. Au niveau de la région, l on assiste à une intégration progressive de l élevage dans le circuit économique par la pratique de l embouche et de l élevage laitier aux abords des centres urbains. 3. La pêche La pêche constitue une activité relativement importante, sur le fleuve Niger et son affluent, le Bani. Elle est surtout pratiquée par les Bozos et Somonos, mais aussi par des paysans des villages riverains sont installés le long des fleuves. Elle donne lieu à une activité de transformation (fumage, séchage) et de commercialisation. Le potentiel théorique moyen est estimé à 500kg de poisson à l hectare. Les écosystèmes halieutiques ont été sérieusement perturbés par trois décennies entraînant la disparition de certaines espèces, la réduction des zones de fraie, la diminution des captures et par conséquent celle du revenu des pêcheurs. Il en résulte que les pêcheurs s adonnent à des activités complémentaires, à l exode et migrent de plus en plus vers les zones à potentiel piscicole. En zone Office du Niger, l irrigation a rendu propice la reproduction du poisson. La pêche est pratiquée à la ligne dans les canaux secondaires et les drains, et au filet dans les ravins. 4. L industrie et le commerce Les unités industrielles de la région sont concentrées principalement dans les cercles de Ségou et de Niono. Elles reposent sur l agroalimentaire, l usine de la Compagnie Malienne du Textile (COMATEX), les unités sucrières de Dougabougou et de Siribala, les usines d égrenage de la CMDT et les unités laitières de Ségou et San. Les contraintes majeures au développement des industries et des entreprises sont liées au faible pouvoir d achat des populations, l insuffisance des infrastructures de base, les difficultés d accès aux crédits bancaires. VII. Décentralisation Suite au processus de décentralisation la région a été subdivisée en 115 communes rurales et 3 communes urbaines composées de 2166 villages. Chaque commune est dirigée par un conseil communal. 7
19 En terme de développement, les priorités des communes ressorties au niveau des plans de développement varient d une commune à l autre et sont souvent axées sur la réalisation des investissements pour répondre aux besoins sociaux de base, l accès au système financier décentralisé, les infrastructures routières, l aménagement de mares, construction et l équipement des mairies. La gouvernance au niveau de la région est entachée par le faible niveau de mobilisation des ressources par les collectivités décentralisées, les facteurs socioculturels, le faible niveau de préparation des acteurs face à la décentralisation et à la démocratisation. 8
20 CHAPITRE 2 : METHODOLOGIE DE L ENQUETE L étude sur la sécurité des conditions de vie et la vulnérabilité des ménages est un type d évaluation rapide qui utilise une gamme variée de techniques de collecte de données, notamment la recherche participative et l administration de questionnaires. Elle permet de fournir des évaluations compréhensibles sur les aspects socioculturels, économiques et écologiques et les systèmes de vie et de survie des ménages d une communauté ou d une région donnée. Elles comblent l écart entre les enquêtes formelles et les interviews non structurées. Ce type d enquête est développé pour pallier les insuffisances des autres méthodes liées, notamment, au temps nécessaire à la production des résultats et au coût élevé des enquêtes. En plus, les méthodes formelles d enquête permettent rarement le dialogue interdisciplinaire entre les enquêteurs, les planificateurs, les preneurs de décision et les bénéficiaires. La méthodologie de l enquête SCVM utilise également un ensemble de démarches complémentaires triangulant aussi bien les données quantitatives que qualitatives pour mieux saisir les dimensions multiples des conditions de vie des populations rurales et de leur vulnérabilité. L application de la méthodologie permet d obtenir, en un temps record, une mine d informations de première main sur la sécurité des conditions de vie actuelles des ménages. La base de données générée constitue une abondante source d informations pour les ONG et les partenaires au développement. Les interviews sont conduites par les enquêteurs eux-mêmes, assistés des personnes ressources du village. Ces interviews sont essentiellement non structurées et semi-directionnelles avec un accent mis sur l interaction enquêteur-enquêté. La procédure de collecte de données est donc dynamique et interactive, c est-à-dire que les enquêteurs évaluent les données collectées et reformulent les besoins et réadaptations nécessaires sur une base régulière. En résumé, les avantages principaux des études SCVM sont : ƒ La rapidité : les résultats sont promptement mis à la disposition des preneurs de décisions ; ƒ L interdisciplinarité ; ƒ La participation des communautés à la recherche ; ƒ L objectif théorique est de présenter une image globale et fidèle de la situation locale ; ƒ La méthodologie est basée sur des techniques d interview détaillée qui réduisent les erreurs de non-échantillonnage ; ƒ Une interaction entre les enquêteurs et la population cible. L étude est menée en plusieurs étapes soigneusement articulées : collecte et revue de données secondaires relatives aux conditions de vie des ménages ruraux dans la région d étude ; élaboration d instruments de travail (questionnaires, enquêtes dirigées, focus, matrices) ; choix d une équipe qualifiée d enquêteurs ; formation des enquêteurs à la méthodologie, aux questionnaires quantitatifs et aux outils MARP ; échantillonnage des villages et des ménages à enquêter ; enquête principale ; puis, saisie, analyse et interprétation des résultats. I. Définition des concepts 1. Sécurité des conditions de vie Les programmes de développement de CARE Mali s inscrivent tous dans le cadre de la Sécurisation des Conditions de Vie des Ménages (SCVM). La SCVM désigne l accès approprié, équitable et durable aux moyens et ressources permettant aux ménages de satisfaire les besoins de base de leurs membres (nourriture, eau potable, santé, éducation, logement, participation communautaire et intégration sociale). Les ménages sont en sécurité quand leur bien-être est 9
21 durable. Le bien-être comprend une sécurité alimentaire (en quantité et en qualité), une sécurité sanitaire et la possibilité de disposer de revenus pour subvenir aux besoins de base. Par ailleurs, ce bien-être doit être accessible de façon équitable à tous les membres du ménage sans distinction de sexe, d âge ou de fonction. Les systèmes de vie englobent les moyens, les processus de production et d échange, les stratégies de consommation et de gestion des ressources. Les ressources de base et environnement physique et social déterminent le caractère singulier des composantes d un système de vie. Par conséquent, le caractère cyclique de certaines activités pratiquées par les populations rurales pour satisfaire leurs besoins dans des conditions normales, peuvent être différentes des activités qu elles pourraient être amenées à exercer en temps de crise. Les conditions de vie des ménages ne sont pas statiques : elles fluctuent d une saison à une autre et d une année à une autre. La sécurité alimentaire, par exemple, peut revêtir un caractère irrégulier ou chronique. Compte tenu du caractère changeant de ces conditions, des scénarii d interventions doivent être disponibles et prêts à être utilisés pour faire face à des circonstances variées et changeantes auxquelles doivent faire face les ménages. Les différents domaines de la sécurité des conditions de vie des ménages sont : la sécurité alimentaire, la sécurité économique, la sécurité de l éducation, la sécurité sanitaire, la sécurité de l habitat, la sécurité environnementale et la participation communautaire et communale. 2. Sécurité alimentaire La sécurité alimentaire est définie par la Banque Mondiale (1986) comme l accès de tout peuple, à tout moment, à une nourriture suffisante pour une vie active et saine. Cette notion s articule autour de quatre concepts fondamentaux : ) Accessibilité : capacité des ménages à acquérir une alimentation adéquate là où ils résident et quand ils en ont besoin. ) Autosuffisance nutritionnelle : il ne s agit pas seulement d acquérir la nourriture en quantité, mais il faut aussi que la qualité de cette nourriture soit assurée pour une vie active et saine. ) Sécurité : minimisation des risques liés à l acquisition de la nourriture. ) Continuité dans le temps : le caractère saisonnier de la production en milieu rural n assure pas souvent une consommation continue. Quelques mois après les récoltes, les paysans sont souvent en situation d insécurité alimentaire. La nourriture doit être adéquate en termes de quantité et de qualité pour constituer une alimentation susceptible de satisfaire les besoins nutritionnels des membres du ménage. Cette nourriture doit être culturellement acceptable et équitablement répartie. L accès stable à la nourriture est assuré à travers des mécanismes variés qui permettent aux ménages de se la procurer au cours de l année et pendant les périodes de pénurie. L accès durable suppose que les moyens d obtenir la nourriture de façon permanente et dans le long terme soient en adéquation avec quatre facteurs : une utilisation rationnelle et durable des ressources de base, le maintien de la base productive, le respect de la dignité humaine et la prise en compte de l ensemble des besoins des ménages, dont l autosuffisance alimentaire. Un certain nombre d indicateurs permettent de mesurer la sécurité alimentaire : les mois d auto approvisionnement du système primaire de bien-être, la production de denrées de base, l efficacité des stratégies de survie, la diversité des repas, la disponibilité calorique per capita, une consommation alternative (exemple : Nombre de plats/jour), et l état nutritionnel général. 10
22 3. Sécurité économique Les activités génératrices de revenus permettent aux populations d obtenir du cash pour satisfaire les besoins du ménage (alimentation, habillement, santé, etc.) Elles permettent également l épargne et par-là même, un accès au crédit et aux services financiers, permettant ainsi leur propre accroissement et / ou diversification. Ces activités génératrices de revenus sont souvent saisonnières et très différentes entre les hommes et les femmes. L état de la sécurité économique peut être mesuré par le flux positif des revenus. La sécurité du système de production utilisé par les ménages détermine le niveau de sécurité économique. Les types d indicateurs à prendre en considération sont, entre autres, le bilan des revenus et des biens, la possession de terre par ménage et par tête selon le sexe et l âge. 4. Sécurité de l éducation La sécurité de l éducation signifie un accès équitable à l éducation des enfants et des adultes. Plusieurs indicateurs sont disponibles pour mesurer cette sécurité : disponibilité d écoles et d enseignants, accès aux établissements, qualité de l enseignement et utilisation des diplômes (débouchés professionnels). L état de la sécurité de l éducation peut être mesuré par le taux de scolarisation et de rétention, selon le sexe et par l alphabétisation. La sécurité de l éducation revêt une importance particulière notamment dans le domaine de la scolarisation de la jeune fille et l alphabétisation, dans le domaine des activités génératrices de revenus, dans l organisation des groupements communautaires et dans le renforcement organisationnel et institutionnel de ces groupements. 5. Sécurité sanitaire D après le cadre conceptuel de CARE, la sécurité sanitaire est atteinte quand les individus et les ménages sont capables d identifier, prévenir et gérer les risques majeurs relatifs à leur santé, avec des techniques sanitaires optimales, dans le respect des normes communautaires et sociales, des institutions compétentes et efficaces et des politiques sanitaires appropriées. En utilisant le cadre conceptuel de la SCVM, les causes de l insécurité sanitaire peuvent être liées à l une ou l autre ou à la combinaison des conditions suivantes : ƒ L insécurité alimentaire, ƒ La faiblesse des services de santé (absence de moyens, inaccessibilité pour les populations), ƒ L absence de soins et d attention aux populations vulnérables comme les femmes et les enfants, ƒ Le manque de revenus ou de système alternatif pour le paiement des soins de santé. Les indicateurs qui permettent de mesurer la sécurité sanitaire sont entre autres : l accès aux services de santé, à l eau et aux latrines. L état de sécurité sanitaire des populations est mesuré par la fréquence de problèmes respiratoires, la diarrhée, le taux d immunisation, le taux de malnutrition et l espacement des naissances. Toutefois les revenus disponibles, les connaissances, attitudes et pratiques en matière de santé ainsi que la sécurité alimentaire peuvent déterminer dans une large mesure l état de santé et de bien-être des populations. 6. Sécurité de l habitat La sécurité de l habitat est définie comme l accès adéquat à l abri et aux ressources y afférentes (chauffage, énergie, eau) pour un environnement sain et la protection contre les agressions nuisibles de l environnement. 11
23 7. Sécurité environnementale C est la capacité d utilisation et d organisation des ressources naturelles et environnementales, pour assurer leur accès et disponibilité équitable. 8. Participation communautaire et communale La participation communautaire se rapporte à la participation et à la contribution du ménage à la vie socioculturelle et économique du village. La participation communale, quant à elle, est relative à la prise de décision démocratique par tous les citoyens de la commune, au développement de cette dernière. Au Mali, la décentralisation est effective depuis juin 1999 et les communes, par le biais de leur bureau communal élu, sont désormais en charge du développement local. II. Stratégies de vie et de survie La sécurité des conditions de vie des ménages se définit, de manière générale, comme une situation d accès durable et approprié aux moyens et ressources qui permettent à un ménage de satisfaire ses besoins fondamentaux en matière de nutrition, de santé, d éducation, de logement et de développer ses capacités à participer aux activités sociales et communautaires. Dans le contexte social malien, le ménage est considéré comme la principale unité de production. Pour faciliter l identification, le terme ménage désigne une unité de consommation, de production et de logement. En d'autres termes, il s'agit d'un ensemble d'individus qui vivent sous le même toit, partagent l'essentiel de leurs repas ensemble, reconnaissent l'autorité d'une personne (chef de ménage) et mettent en commun le fruit de leur production. Un ménage tentera de satisfaire directement ses besoins nutritionnels en ayant accès à, et en développant une stratégie productive basée sur un ensemble de systèmes de production ; ce même ménage pourra indirectement satisfaire ses besoins grâce à des activités génératrices de revenus et des réseaux sociaux de soutien. Manifestement, tous les ménages ont toujours, à leur disposition, différents moyens et activités leur permettant d atteindre la sécurité alimentaire. Ce sont les stratégies de vie. Dans le cadre des études SCVM réalisées par CARE, l insécurité alimentaire est constamment citée comme étant l une des contraintes majeures qui influent sur les conditions de vie en zone agricole et pastorale, bien que d autres préoccupations liées aux conditions de vie puissent survenir dans l établissement des contraintes prioritaires du ménage. Les productions agricole et pastorale dans le Sahel ont été sans doute de tout temps, une entreprise incertaine et les ménages ont adopté en conséquence, ce qu il est convenu d appeler des stratégies d adaptation pour gérer cette précarité. Les méthodes traditionnelles d adaptation aux incertitudes ont été classées en pratiques permettant de minimiser les risques et en mécanismes de gestion des pertes. Les stratégies permettant de minimiser les risques sont la production et les ajustements dans l utilisation des ressources pendant la campagne de production. Les stratégies de vie sont un ensemble d activités et de démarches pour satisfaire les besoins fondamentaux en temps normal. Les stratégies de survie diffèrent des stratégies de vie par le fait qu elles sont déployées en période de crise. Face à un environnement défavorable et peu productif, les ménages développent une gamme de stratégies pour assurer leur survie, comme par exemple : ) L extension des superficies cultivées en zone agropastorale où la jachère est encore observée, sur des terres marginales. 12
24 ) L association et le mélange de cultures en zones agricole et agropastorale comme alternative à l absence de terres de culture et arme contre la sécheresse. ) La diversification des activités agricoles (petit élevage, culture de contre-saison). ) La constitution de réserves de sécurité dans les zones présentant un certain niveau de vulnérabilité. ) Les activités génératrices de revenus. ) L émigration saisonnière. Parmi d autres stratégies souvent mises en œuvre, mentionnons la collecte et l utilisation de plantes sauvages, les échanges et prêts inter ménages, les crédits, la rationalisation de la consommation alimentaire, la vente de biens, de bois et d animaux reproducteurs, la vente de moyens de production (terre, capital, cheptel) et la subdivision du ménage. Une compréhension des stratégies de survie des ménages est essentielle dans la conception et l exécution des interventions. Les stratégies de vie et de survie peuvent être placées sur un continuum qui va de celles adoptées pour gérer les pressions mises sur les ressources du ménage à celles utilisées pour faire face aux chocs importants. On distingue en général 3 principaux stades : le premier stade au cours duquel les ménages ont recours à des pratiques de réduction des risques et de gestion des pertes qui se traduisent par un faible engagement des ressources du ménage, permettant ainsi un redressement rapide après la crise. Le deuxième stade nécessite un engagement plus important des ressources du ménage pour satisfaire les besoins vitaux, ce qui rend plus difficile le retour à la situation précédant la crise. Le dernier stade représente l incapacité à s adapter et entraîne le dénuement et la migration. III. Pauvreté et Vulnérabilité La pauvreté et la vulnérabilité des ménages sont des concepts théoriques différents, mais dans la réalité des ménages les plus pauvres, ces concepts se recoupent, c est-à-dire que généralement les ménages les plus pauvres sont également les plus vulnérables. La pauvreté est généralement évaluée, aussi bien en termes absolus qu en termes relatifs, par les revenus des ménages et/ou les biens de consommation et/ou les dépenses des ménages. Les limites d une telle mesure ont été mises en évidence par les dimensions multiformes de la pauvreté. La capacité des individus est influencée par une série de facteurs (besoins de base, emploi, éducation, santé, etc.), mais aussi les opportunités offertes par le milieu ainsi que la solidarité qui accompagne les crises. La pauvreté est une mesure sur une période précise, c est un concept statique. Les pauvres sont parmi les plus vulnérables, mais tous les vulnérables ne sont pas pauvres, surtout si on introduit les concepts de marginalisation ou d exclusion sociale qui ne sont pas forcément basés sur des critères de richesse mais plutôt sur des facteurs ethniques, religieux ou de genre. Pour appréhender les aspects multidimensionnels des changements socio-économiques du bien-être des populations, il faut introduire la notion de vulnérabilité. Comment les ménages affrontent-ils les difficultés économiques et quelle est l efficacité et la pertinence des stratégies adoptées? Quels sont les autres facteurs qui diminuent ou augmentent la capacité des pauvres à répondre aux conditions créées par l environnement externe? Les réponses à ces questions permettront de préciser la notion de vulnérabilité. 13
25 La vulnérabilité est une notion plus dynamique qui prend en compte les stratégies d adaptation et de changement et qui introduit la sécurité du bien-être des ménages, la survie de ces ménages et la prise de conscience de l état de pauvreté. Le concept de vulnérabilité n a pas été rigoureusement défini ou opérationalisé. De plus, eu égard à la non-clarté du concept dans un contexte socio-économique et un environnement changeants, les indicateurs de vulnérabilité sont souvent difficiles à définir. Les changements environnementaux qui influent sur le bien-être des ménages peuvent être écologiques, économiques, sociaux ou politiques, et peuvent prendre la forme de chocs immédiats, de problèmes structurels ou conjoncturels ; les risques peuvent être permanents pour les communautés de base. L analyse de la vulnérabilité implique l identification des problèmes, mais aussi les possibilités d exploiter les opportunités et les résistances aux effets négatifs de l environnement changeant. Les moyens de résistance sont les capacités que les individus, les ménages et les communautés peuvent mobiliser face à une situation difficile. La vulnérabilité est liée aux moyens dont disposent les ménages ; plus les ménages ont des moyens d autosubsistance ou d adaptation, moins ils sont vulnérables, a contrario, plus les moyens et possibilités sont limités ou érodés, plus grande est leur insécurité. La vulnérabilité ne caractérise pas seulement les individus, mais aussi les ménages et les communautés. La vulnérabilité : un concept pour comprendre les stratégies de vie des ménages La population rurale du Mali vit dans une forme de précarité prononcée, d où un nombre élevé de stratégies de vie adoptées par les ménages en vue de satisfaire les besoins de base qui peuvent être multiples et parfois mal appréciés à leur juste valeur : l eau, la nourriture, l éducation, la santé, l habitat et la participation à la vie sociale et culturelle. L approche au niveau du ménage est justifiée par l hypothèse qu une famille qui n arrive pas à satisfaire ses propres besoins fondamentaux restera plus préoccupée par sa situation personnelle que par des actions ou réponses au niveau collectif. La vulnérabilité est conçue comme «un écart par rapport à un accès garanti et suffisant aux besoins fondamentaux de tout être humain», écart qui n affecte pas de la même façon tous les ménages d une communauté ou d une zone géographique. Il faut noter également que la vulnérabilité peut être due à des causes structurelles, puisque les individus d un même ménage peuvent présenter des niveaux de vulnérabilité différents. La figure ci-dessous caractérise les différents types de ménages, définit leur situation et propose des interventions appropriées. Figure : Dynamique de la vulnérabilité Caractérisation de la situation des ménages Pauvreté absolue Vulnérabilité P Les ménages en crise n ont pas accès aux ressources essentielles, services ou C a r a moyens Les biens productifs ont été liquidés et les capacités d adaptation des ménages sont épuisées. R Situation des ménages Situation Les des ménages ont accès à Les Les Les certaines ressources mén mén mén age essentielles, age services age ou s moyens. s s cris Les biens ont productifs ont sont e insuffisants acc ou acc inexistants ; n on les risques ès à liés à ès la perte de t ces biens cert sont aux néanmoins importants; approvisionnement les stratégies de protection vie/survie ont évité la situation de pénurie absolue. Les ménages ont accès aux ressources essentielles, ainsi que des services et moyens. Les biens productifs sont nécessaires et suffisants. Il faut intensifier et développer la production. Réponses à apporter approvisionnement protection et promotion et aide a court terme réhabilitation développement 14
26 On observe en général 3 classes de vulnérabilité recensées dans les études SCVM : Les ménages très vulnérables (classés 1, dans la méthodologie SCVM) : ces ménages ont perdu leurs biens productifs essentiels et les stratégies de substitution n offrent qu une réversibilité partielle ou faible ; ces ménages ont des systèmes de vie basés sur la précarité et la survie des membres du ménage dans tous les domaines (santé, habitat, capital social, sécurité alimentaire et éducation). Les biens de productions essentiels ne sont pas disponibles au niveau du ménage et la consommation est uniquement axée sur l alimentation. Les ménages moyennement vulnérables (classés 2, dans la méthodologie SCVM) : ces ménages sont affectés par les crises mais ils recouvrent leur niveau précédent de sécurité de vie sans trop de difficultés. Ces ménages ont pu consommer la totalité de leurs stocks alimentaires et vendre des petits ruminants, mais d une façon générale, ils ont pu préserver leurs biens productifs. Les ménages peu vulnérables (classés 3, dans la méthodologie SCVM) : ces ménages font face aux crises sans conséquence réelle sur leur sécurité alimentaire. En fait, ils peuvent même tirer profit des crises de par leur disponibilité monétaire (achat de biens de production à prix bradés, crédits, etc.) ou par effet d entraînement économique (emploi de main d œuvre, etc.). Il est cependant important de se rappeler que la catégorisation des ménages en trois classes de vulnérabilité peut occulter les disparités sociales importantes comme la vulnérabilité différentielle entre hommes et femmes, première ou deuxième épouse, personne de caste ou les risques d un glissement d une catégorie à une autre, notamment de la catégorie 2 vers la catégorie 1. Cette division entre ménages a pour principal intérêt de montrer les différents aspects que revêt la précarité des conditions de vie et la vulnérabilité des ménages. IV. Opérationalisation du concept de vulnérabilité Ainsi que dit plus haut, il n existe pas de définition précise de la vulnérabilité. L équipe arrivant dans le village définit, pour la communauté, la vulnérabilité comme étant : "la capacité (ou l incapacité) du ménage de faire face à un choc et la capacité (ou l incapacité) de recouvrer son niveau d avant le choc". Un choc peut être dû à un cataclysme naturel, à un coup d état ou à un bouleversement économique important. Il peut également s agir de la mort du chef de ménage ou de la perte d un emploi. Une fois les explications données, les enquêteurs demandent à la communauté de donner des critères de vulnérabilité pour leur communauté et de donner également les paliers ou niveaux de ces critères différenciant les trois catégories de vulnérabilité. Ces derniers sont cependant beaucoup plus difficiles à déterminer. Les critères et les paliers peuvent varier d une communauté à une autre puisqu ils sont dépendants des conditions de vie de cette communauté qui elle-même s adapte à la zone dans laquelle elle vit et produit. Cette méthode a également l avantage de mettre en relief les problèmes prioritaires des ménages, notamment les plus vulnérables, en cas de chocs et permet l orientation de certaines interventions. La section 8 donne la liste des critères de vulnérabilité identifiés par les communautés de la région de Ségou. Une fois ces indicateurs de vulnérabilité déterminés, l équipe fait, avec la communauté, le recensement de tous les ménages du village classés chacun selon sa catégorie de vulnérabilité. V. Plan de sondage L enquête SCVM dans la région de Ségou a ciblé deux cercles jugés pertinents par rapport aux objectifs d extension des programmes de CARE : le cercle de Ségou et celui de Niono. Les raisons justifiant le choix du cercle de Ségou sont liées au fait que CARE avait déjà un projet intervenant dans ledit cercle : le projet SYSTEMS. Quant au cercle de Niono, la principale raison ayant motivé sa sélection est le fait du nombre limité d intervenants dans ce cercle. 15
27 Ce choix a guidé la procédure d échantillonnage. Ainsi, deux échantillons indépendants ont été conçus, représentatifs du milieu rural de chaque cercle d intervention. Dans chacun des deux cercles, un échantillonnage à 3 degrés (commune, village, ménage), représentatif du milieu rural 1 de chaque cercle et des systèmes de vie (agriculture, pêche, élevage), a été mis en place. Compte tenu des contraintes de coûts et de temps (15 jours de terrain), il a été prévu d enquêter 350 ménages. Mais, au préalable chaque zone a été stratifiée. Ainsi, le cercle de Ségou a été divisé en 3 strates (rive droite, rive gauche sud et rive gauche nord). De même, le cercle de Niono a été reparti en trois strates (zone office, zone nord et autres zones). 1. Les zones agro-écologiques ou Strates a) Dans le cercle de Ségou Comme indiqué ci-dessus, le cercle de Ségou a été réparti en 3 différentes strates. Cette répartition a été effectuée en fonction de la position du fleuve Niger. En effet, le fleuve Niger divise le cercle de Ségou en deux : la rive droite et la rive gauche. Cette dernière est constituée d une partie plus aride, que nous avons dénommée rive gauche nord. ƒ La rive droite du fleuve La rive droite est située du coté de la ville de Ségou, donc mieux dotée en infrastructures de tout ordre, relativement à la rive gauche. C est la zone la plus peuplée, englobant 68% de la population du cercle 2. ƒ La rive gauche sud La rive gauche sud est constituée des communes de : Baguindadougou, Diganibougou, Dougabougou, Farako, Markala(rive gauche), Samafoulala, Sansanding, Sibila et Souba. Elle englobe plus du quart (28,2%) de la population rurale du cercle. ƒ La rive gauche Nord C est la partie la plus aride et la moins peuplée du cercle, elle est constituée des communes de Bellen et de N koumandougou. b) Dans le cercle de Niono Le cercle de Niono est l un des sept cercles qui composent la région de Ségou, située dans la partie septentrionale de la région et faisant frontière avec la Mauritanie, la région de Tombouctou, de Koulikoro et celle de Mopti. Le cercle de Niono a été réparti en 3 strates, selon le système de production : la zone Office, la zone Nord et les autres zones. ƒ La Zone Nord C est la partie la plus aride de la région faisant frontière avec la région de Tombouctou et la Mauritanie. La végétation est composée de savane arborée, plaine sableuse. Elle est constituée des communes de Dogofry et de Nampalari. Les principales activités menées par les populations sont l élevage, agriculture et l artisanat. 1 Les centres urbains on été exclus de l'échantillonnage. Ont été définis comme centres urbains : la capitale régionale (ville de Ségou) et toutes les capitales de cercle. 2 Non compris les zones urbaines 16
28 ƒ La zone Office C est une zone de production rizicole par excellence. Elle couvre les communes de : Sokolo, Diabaly, Toridagako, Sirifila boundy Mariko, Yeredon Saniya, Kala Siguida, Niono, Siribala. Elle est constituée aussi bien de villages appartenant à l Office du Niger que de villages n y appartenant pas, mais pouvant bénéficier indirectement des retombées économiques. Elle est densément peuplée et englobe l essentiel de la population du cercle (84%). ƒ Les autres zones Elles sont constituées de la commune de Pogo située à l extrême sud du cercle. Les systèmes de vie sont basés sur l agriculture et le maraîchage. Tableau : Répartition des communes du cercle de Ségou entre les strates Poids relatif STRATE COMMUNE POPULATION en % RIVE DROITE BOUSSIN ,1 CINZANA DIEDOUGOU DIORO DIOUNA FARAKOU MASSA FATINE KAMIANDOUGOU KATIENA KONODIMINI MARKALA RIVE DROITE MASSALA N.GARA PELENGANA SAKOIBA SAMINE SEBOUGOU SOIGNEBOUGOU TOGOU Sous-total RIVE GAUCHE SUD BAGUINDADOUGOU ,2 DIGANIBOUGOU DOUGABOUGOU FARAKO MARKALA RIVE GAUCHE SAMAFOULALA SANSANDING SIBILA SOUBA Sous-total ZONE NORD BELLEN ,6 N KOUMANDOUGOU Sous-total ENSEMBLE ,0 17
29 Les tableaux et donnent la répartition des communes et de leur population entre les strates, respectivement pour le cercle de Ségou et celui de Niono 3. Tableau 1.2.2: Répartition des communes du cercle de Niono entre les strates Poids relatif Strate Commune Population % ZONE OFFICE DIABALY ,2 KALA SIGUIDA MARIKO SIRIBALA SIRIFILA BOUNDY SOKOLO TORIDAGA KO YEREDON SANIONA Sous-total ZONE NORD DOGOFRY ,8 NAMPALARY Sous-total AUTRES ZONES POGO ,0 Sous-total Total ,0 2. Répartition de l échantillon et sélection des communes, des villages et ménages La liste des communes et villages des cercles de Ségou et Niono, comportant des informations sur leur localisation et leur population a été utilisée comme base de sondage 4. Finalement, en tenant compte des contraintes financières, un total de 6 communes et 8 villages ont été sélectionnés dans chaque cercle de l enquête (cf. tableau et 1.2.3). Une fois dans les villages, les équipes d enquêteurs ont procédé au recensement exhaustif des ménages résidant et ont déterminé, avec les communautés et selon les critères définis par ces dernières, le niveau de vulnérabilité de chacun des ménages recensés. Ainsi que précisé auparavant, dans le cadre des enquêtes SCVM, on a défini le ménage comme un groupe de personnes qui correspond à une unité de production, de consommation et d habitat. Dans chacun des villages sélectionnés, le tirage des ménages à enquêter a été fait de façon proportionnelle à la répartition des niveaux de vulnérabilité et du sexe du chef de ménage. Les tableaux et présentent l échantillon de communes et de villages ainsi que la population des villages de l échantillon. 3 Ces informations sont obtenues à partir de la base de données des communes du Mali, commanditée par la Mission de Décentralisation et des Réformes Institutionnelles (Logiciel : Cartographie du Mali, 1998). Nous avons extrait les données de la Commune urbaine de Ségou ainsi que celle de la ville de Niono, considérées comme milieu urbain. 4 Cette base de sondage a été commanditée par la Mission de Décentralisation et des Réformes Institutionnelles (Logiciel : Cartographie du Mali, 1998) 18
30 Tableau 1.2.3: Échantillon des communes et villages tirés pour le cercle de Ségou Strates Rive droite Rive Gauche Sud Rive Gauche Nord Sous-total Total Tableau : Échantillon des communes et villages tirés pour le cercle de Niono Strates Zone Office Zone Nord Communeséchantillon Villageséchantillon Population totale Nombre de ménages enquêtés Diedougou Konkona Foroko Togou Tesserebougou Markala rive droite Banabougou Sous-total Baguindadougou Dlaba Samafoulala Dongobambara Sous-total Bellen Gawatou Tomono Communeséchantillon Villageséchantillon Population totale Nombre de ménages enquêtés Toridagako Fraction bellah Sirifila Boundy Tigabougou ND Sokolo Medina-coura Siribala Massala Sous-total Nampalary Goundourou Niake-N.dondi Sous-total Pogo Kanto Autres Zones Tiongoba Sous-total Total VI. Les Outils de collecte L'étude a utilisé une combinaison d'approches quantitatives et qualitatives. 1. Les Outils quantitatifs Trois types de questionnaires ont été administrés : le questionnaire ménage, le questionnaire sanito-nutritionnel et le questionnaire communautaire (Annexe 1). a) Le questionnaire communautaire Il contient des informations générales sur le village en terme de population (nombre d habitants, de ménages) et d'infrastructures -routes, écoles, centre de santé, etc.;, ainsi que des informations sur la migration et sur la santé au niveau du village. Il est généralement rempli en interviewant des personnes ressources du village, désignées par la communauté. De nombreuses informations de ce questionnaire sont collectées en utilisant les outils MARP : carte des ressources du village, carte sociale, diagramme de Venn, etc. 19
31 b) Le questionnaire ménage Il comporte différentes sections : recensement des membres du ménage, exode, activités pratiquées par les membres du ménage, équipements productifs et biens du ménage, exploitation agricole pour la campagne 2001, utilisation et répartition de la production, cheptel, stratégie de vie et de survie. L entretien est fait en privé avec le ménage concerné. Pour ce faire, on interroge généralement, mais pas uniquement, le chef de ménage (homme ou femme). Cet entretien est long (plus de 2 heures) et il nécessite l accord total des répondants car y figurent de nombreuses informations que la plupart des ménages sont réticents à livrer (biens possédés, revenus, etc.) c) Le questionnaire sanito-nutritionnel Il comporte des informations sur l'état sanitaire et nutritionnel des enfants de moins de 5 ans, l'alimentation du ménage, la fréquentation des centres de santé par le ménage et la fécondité. Tous les enfants de moins de 5 ans présents dans les ménages enquêtés sont pesés et mesurés afin d avoir des informations sur leur état nutritionnel, généralement très lié à la vulnérabilité. Des questions sur l allaitement, le sevrage, les vaccinations et les maladies sont également posées aux mères ou à la personne en charge de l enfant. Il a été déterminé qu il faut avoir au moins 40 enfants pesés et mesurés par village pour assurer la qualité de l information. Quand ce nombre n est pas atteint au sein des ménages sélectionnés d un village, les équipes d enquêteurs vont rechercher le complément d information auprès d enfants de ménages de même catégorie de vulnérabilité. 2. Les Outils qualitatifs Les outils qualitatifs sont constitués de Focus group et d indicateurs de vulnérabilité déclarés. a) Focus group Des entretiens sur certains thèmes (participation communautaire, femmes et AGR, stratégies de vie et de survie, MST SIDA) ont été effectués à partir d un guide d entretien semi-structuré. Les participants à ces entretiens ont été sélectionnés selon la connaissance des thèmes à débattre. b) Indicateurs de vulnérabilité Les critères de vulnérabilité sont donnés par les populations (informateurs clés) qui, à partir de cette liste, classent tous les ménages du village selon trois différents niveaux de vulnérabilité. VII. Les étapes de collecte Les étapes suivies lors du travail de terrain sont : ƒ Identification des informateurs clés : 5 à 6 personnes ressources ont été choisies dans le village. Elles ont pour rôle : l'identification des personnes éligibles pour les focus, la définition des critères de vulnérabilité, l'identification et la classification des ménages en fonction du niveau de vulnérabilité. ƒ ƒ Définition des indicateurs de vulnérabilité et classification des ménages selon trois catégories de vulnérabilité (très vulnérable, moyennement vulnérable et peu vulnérable) Sélection d'échantillons aléatoire de ménages dans chaque strate de vulnérabilité (très vulnérable, moyennement vulnérable et peu vulnérable) proportionnellement à son poids respectif dans le village. 20
32 ƒ ƒ ƒ Enquête quantitatif : les informations sur le ménage sont fournies par le chef de ménage ou son épouse. Entretiens qualitatifs Restitution des résultats : avant de quitter le village une séance de restitution est organisée. Cette activité vise à mieux faire participer le village dans le processus. La saisie et l exploitation statistique des données ont été faites respectivement avec les logiciels ISSA et SPSS. La saisie des données a été effectuée simultanément à l enquête de terrain. VIII. Vulnérabilité déclarée par les communautés Ainsi que précisé plus haut, chaque communauté donne la liste de ce qu elle considère comme étant un indicateur de vulnérabilité. Ce qui est présenté dans ce document est donc une analyse basée sur la vulnérabilité déclarée. Les tableaux et présentent la liste des principaux indicateurs cités pour chaque strate dans les cercles de Ségou et de Niono. Dans certains cas, des critères donnant la limite entre les 3 niveaux de vulnérabilité ont pu être donnés par les personnes ressources du village (exemple : nombre de têtes de bovins possédés pour être classés dans les peu, les moyennement ou les très vulnérables), mais la plupart du temps la quantification de telles informations reste difficile à faire. Dans le cercle de Ségou, le stock de céréales apparaît être un indicateur important de vulnérabilité des ménages. Cet indicateur a effectivement été cité dans l ensemble des strates. Selon la déclaration des communautés, les ménages très vulnérables ont des stocks insuffisants de céréales, alors que les ménages moyennement et peu vulnérables auraient des stocks suffisants leur permettant d assurer la sécurité alimentaire de leur ménage. Dans certains villages, il a été souligné que les moins vulnérables ont des stocks suffisants à tel points, qu ils sont en mesure de vendre une partie de leur production. Ceci parait être une évidence dans la mesure ou une grande partie de la population vit de l agriculture. Les équipements agricoles, ainsi que le bétail ont aussi été cités par les communautés du cercle de Ségou comme indicateurs de vulnérabilité des ménages. A ce niveau la distinction entre les différents niveaux de vulnérabilité découle du fait que les peu vulnérables possèdent en quantité supérieure aux très vulnérables qui souvent n en possèdent pas du tout. Tableau : Principaux indicateurs de vulnérabilité selon la strate, cercle de Ségou STRATE INDICATEURS DE VULNERABILITE Rive Droite Stock de céréales Charrue Bovins Charrette Rive gauche sud Stock de céréales Ovins, caprins Rive gauche nord Stock de céréales Charrue Ovins, caprins Bovins ENSEMBLE Stock de céréales Charrue Ovins, caprins Bovins 21
33 Tableau : Principaux indicateurs de vulnérabilité selon la strate, cercle de Niono STRATE INDICATEURS DE VULNERABILITE Zone Office Charrue Bovins Bœufs de labour Nord Anes Bœufs Ovins, caprins Bœufs de labour Cheval Autres Zones Charrue Anes Bœufs Ovins, caprins Bœufs de labour Cheval Charrette Exode Stock de riz ENSEMBLE Charrue Ane Bœufs Ovins, caprins Bœufs de labour Dans le cercle de Niono, les principaux indicateurs de vulnérabilité déclarés par les communautés sont : la possession de charrue, d âne, de bœufs, d ovins et caprins et la possessions de bœufs de labour. Ces indicateurs sont pour la plupart liés à la possession d équipements agricoles qui permettent aux ménages une production importante. La spécificité du cercle de Niono par rapport à celui de Ségou découle du fait que dans ce cercle, les activités d élevage dominent, d où des indicateurs liés à la possession de bétail. 22
34 DEUXIEME PARTIE CONDITIONS DE VIE DES MENAGES DANS LE CERCLE DE SEGOU 23
35 CHAPITRE 1 : CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DES MENAGES, DE LA POPULATION ET MIGRATION L enquête sur la sécurité des conditions de vie dans la région de Ségou a permis de collecter des informations sur les ménages et les populations à l intérieur de ceux-ci. Dans le présent chapitre, nous donnons un aperçu des caractéristiques des ménages de la région ainsi que celles de la population des ménages, ensuite nous étudierons les mouvements migratoires de la population. I. Caractéristiques des ménages Le ménage a été défini comme : «toute unité de production, consommation et habitat». A ce titre, le ménage désigne un ensemble de personnes apparentées ou non, vivant sous le même toit, partageant l essentiel de leurs repas ensemble, produisant ensemble ou mettant en commun le fruit de leur production. Le ménage est dirigé par un chef de ménage qui sera généralement le plus âgé ou le plus influent. Dans cette section, nous examinons les caractéristiques des ménages ainsi que le profil de leur vulnérabilité. 1. Caractéristiques socio-démographiques des ménages Comme le montre le tableau suivant, les ménages du cercle de Ségou sont principalement concentrés sur la rive droite du fleuve Niger (68%) suivi de la rive gauche sud (28%). La rive gauche nord est sous peuplée avec seulement 4% de la population totale du cercle. Cette faible population de la rive gauche Nord serait liée à la précarité de cette zone. Tableau : Répartition des ménages selon la strate et le niveau de vulnérabilité déclaré et taille moyenne des ménages % Effectif des ménages Strate Rive droite Rive gauche sud Rive gauche nord 4 8 Vulnérabilité Très Moyen Peu Taille moyenne des ménages 11.4 Ensemble Le niveau de vulnérabilité a été défini par chaque communauté, de même que le classement des ménages dans les différentes catégories de vulnérabilité. Il ressort de cette classification, que plus de la moitié (52%) des ménages a été déclarée comme très vulnérables. Les ménages moyennement et peu vulnérables représentent respectivement 36% et 13% de l ensemble des ménages. Les ménages du cercle de Ségou sont de taille relativement élevée, en effet on dénombre une moyenne de 11 personnes par ménage. Le chef du ménage est la personne responsable du ménage. Il prend les décisions importantes affectant la vie d un ménage. Le tableau suivant nous renseigne sur les caractéristiques des chefs de ménages dans le cercle de Ségou. 24
36 Tableau : Caractéristiques des chefs de ménages % Effectif des ménages Sexe du CM Homme Femme Occupation Agriculture du CM Artisanat Commerce Autre 2 4 Travaux ménagers Aucune Situation Célibataire Matrimoniale Monogame du CM Polygame Veuf(ve) 3 6 Divorcé(e) Ensemble Dans le cercle de Ségou, la quasi-totalité des ménages sont dirigés par des hommes (97%). Les ménages dirigés par les femmes ne représentent que 3% de l'ensemble des ménages. Elle serait attribuable à la structure sociale forte du milieu bambara, marquée par le lévirat et dans laquelle la conception de femmes dirigeantes est très mal perçue. L occupation principale a été définie pendant l enquête comme celle occupant le plus le temps de l enquêté. Les questions ont été posées à l ensemble de la population de 6 ans et plus. On note qu'une écrasante majorité des chefs des ménages vivent principalement de l agriculture (82%). Le commerce et l'artisanat occupent la seconde place (2%). Les chefs de ménages qui n exercent aucune activité productive représentent 13% de l ensemble des chefs de ménage (travaux domestiques et aucune activité). Selon le statut matrimonial, on note que les mariés monogames représentent plus de la moitié des chefs de ménages (61%), les polygames occupent la seconde place (32%). On note aussi la présence de veuf(ve)s (3%) de célibataires (3%) et de divorcé(e)s (1%). 2. Profil de la vulnérabilité des ménages Le tableau suivant nous aide à dégager un profil de vulnérabilité des ménages selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Nous avons fait un test de Khi-deux pour valider l existence ou non de liaison statistique entre la vulnérabilité et chacune des caractéristiques prise individuellement. La vulnérabilité déclarée est significativement liée au statut matrimonial du chef de ménage. Les chefs de ménages veufs, divorcés, de même que les célibataires semblent être plus vulnérables que les chefs de ménages mariés (monogames et polygames). Parmi ces derniers, les polygames sont moins vulnérables que les monogames. En effet, tandis qu un peu plus du tiers (36%) des ménages dont le chef est polygame sont très vulnérables, on note que plus de la moitié (59%) des ménages dont le chef est monogames le sont. 25
37 Tableau : Répartition des ménages selon le degré de vulnérabilité et les caractéristiques sociodémographiques 5 Vulnérabilité Très Moyen Peu Total Strate (ns) Rive droite Rive gauche sud Rive gauche Nord Ethnie (ns) Bambara Peulh Sarakolé Autre Situation (**) Célibataire Matrimoniale Monogame Polygame Veuf(ve) Divorcé(e) Groupes (ns) ans d'âges ans ans ans ans ans ans et Ensemble Effectif des ménages En résumé, il apparaît une vulnérabilité moindre dans l union et plus forte en dehors de l union. Le mariage est l union de deux personnes, deux familles, ou deux communautés, d où la mise en commun des biens, ce qui peut développer non seulement les réseaux sociaux du nouveau ménage, mais aussi sa capacité économique. Le fait d être célibataire s expliquerait par le manque de moyen pour contracter une union, ou par le fait que certains individus sont rejetés par la communauté (cas de femmes ayant eu des enfants hors mariage, ou de castes qui n auraient pas la possibilité d épouser des gens en dehors de leur caste), d où une vulnérabilité plus grande des célibataires. Dans les cas de rupture d union (divorce, veuvage), les femmes sont les premières à subir les conséquences : elles se retrouvent subitement chef de ménage, souvent avec un nombre important d enfants à charge, et se trouvent souvent expropriées des moyens de production, repris par la famille du mari, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Par ailleurs, celles qui ont un âge assez avancé ont moins de chance de contracter une nouvelle union. Les différences de vulnérabilité entre les zones de l'enquête (Rive droite, Rive gauche sud et Rive gauche nord), l ethnie du chef de ménage et les groupes d ages, ne sont pas significatives. La taille du ménage apparaît être un facteur important dans la production d un ménage, surtout en milieu rural. En effet, dans un contexte marqué par une agriculture traditionnelle dû au manque de matériel agricole, la force de travail revêt une importance capitale. Les ménages qui possèdent à ce titre une quantité importante de main d œuvre peuvent soit l exploiter directement ou 5 Des tests statistiques pour valider le degré de liaison entre les variables sont effectués dans la plupart des tableaux. Deux types de test sont effectués (test de Khi-deux et test d analyse de la variance ou ANOVA), le choix est fonction de la nature des variables utilisées. Le test de Khi-deux est utilisé lorsque les deux variables sont qualitatives, tandis que le test ANOVA permet de tester les relations entre une variable qualitative et une variable quantitative. Les signes suivants sont utilisés pour attester du degré de signification de la liaison : (**) = significatif à 95%, (*)=significatif à 90%, (ns)=non significatif. 26
38 indirectement en la louant à d autres. Bien que cette variable n ait pas été citée par les communautés, parmi les indicateurs de vulnérabilité, elle reste toutefois un facteur important dans l étude de la vulnérabilité. Le tableau examine le lien entre vulnérabilité et taille du ménage. Tableau 2.1.4: Taille moyenne des ménages selon la vulnérabilité Taille moyenne Effectif des ménages Vulnérabilité (**) Très Moyen Peu Ensemble La taille des ménages est liée au niveau de vulnérabilité. Le nombre de personnes du ménage diminue avec la vulnérabilité. Ainsi, les ménages très vulnérables ont une moyenne de 8 personnes, les ménages moyennement vulnérables et peu vulnérables ont pratiquement le double de ce chiffre (15 personnes en moyenne). Par contre, le phénomène inverse est observé dans plusieurs études en milieu urbain, où il apparaît que la taille du ménage est inversement proportionnelle au niveau de vie du ménage (Sanou et Lachaud, 1993). Deux hypothèses antagonistes peuvent être avancées pour expliquer cette tendance en milieu rural : la taille du ménage est liée à la disponibilité de main d œuvre, ce qui donne une dynamique de production et d innovation importante aux ménages ayant plus de personnes, d où une vulnérabilité moindre. A l opposée, on peut penser que les ménages moins vulnérables attirent beaucoup de personnes qui viennent vivre au dépend du ménage, justifié par le système de solidarité dans le contexte malien. Cet indicateur de taille de ménage est cependant relativement limité. Il vaudrait mieux tenir compte du nombre d actifs par ménage par rapport au nombre d inactifs. Ceci nous amène à calculer un ratio de dépendance dans les ménages (tableau 2.1.5). Tableau 2.1.5: Ratio de dépendance selon le niveau de vulnérabilité Vulnérabilité Population en activité Population totale Ratio de dépendance Très vulnérable ,2 Moyennement vulnérable ,0 Peu vulnérable ,2 Ensemble ,4 Le ratio de dépendance est calculé en rapportant la population totale à la population en activité. Ce ratio traduit le degré de dépendance dans le ménage. On constate que dans les ménages peu vulnérables et moyennement vulnérables, la dépendance est plus forte que dans les ménages très vulnérables. Ainsi, la main d œuvre ne serait pas un facteur de vulnérabilité dans le cercle de Ségou. La seconde hypothèse qui postule que les ménages moins vulnérables attirent beaucoup de personnes, serait plus plausible dans l explication de la relation entre la taille du ménage et la vulnérabilité. II. Caractéristiques de la population des ménages Au cours de l'enquête SCVM de Ségou, des données socio-démographiques sur chaque membre des ménages enquêtés ont été collectées. Dans cette section, nous étudions les caractéristiques de la population des ménages enquêtés. Nous verrons dans un premier temps les caractéristiques socio-démographiques de cette population, ensuite la scolarisation et l instruction seront abordées. 27
39 1. Caractéristiques socio-démographiques de la population La pyramide des âges (graphique 2.1.1) est à base large et à sommet effilé, structure caractérisant les pays en voie de développement. Ceci traduit une population relativement jeune dans un contexte de forte natalité. A ans, l écart entre hommes et femmes commence à se marquer, ceci pourrait être dû à la migration féminine qui commence très précocement. Cet écart tend à se résorber entre ans et ans, c est à ces âges que les hommes expérimentent plus la migration, ils correspondent aussi au retour des femmes de leur exode. A ans, on note un déficit de femmes, cette situation, à priori paradoxale, pourrait s expliquer par plusieurs facteurs : un retour progressif des hommes de leur exode, une mortalité maternelle assez marquée due notamment à des maternités tardives et rapprochées. Graphique 2.1.1: Pyramide des âges de la population 90 ans et ans ans ans ans ans Femmes Hommes ans ans ans 0-9 ans -20,0-15,0-10,0-5,0 0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 Le tableau nous donne les informations complémentaires sur les caractéristiques sociodémographiques de la population des ménages. On y note que la population est principalement concentrée sur la rive droite du fleuve (66%) et sur la rive gauche sud (30%). La rive gauche Nord ne retient que 4% de la population. 28
40 Tableau 2.1.6: Caractéristiques socio-démographique de la population des ménages Répartition de la population selon la strate, le sexe, l ethnie et l occupation principale % Effectif de la population Strate Rive droite Rive gauche sud Rive gauche Nord Sexe Homme Femme Ethnie Bambara Peulh Sarakolé Autre Ensemble population Occupation Agriculture 61,6 928 Principale Elevage 1,1 17 Artisanat 0,5 7 Commerce 1,0 16 Autre 0,8 13 Elève 3,8 58 Travaux ménagers 20,8 314 Aucune 10,2 154 Ensemble population 10 ans et Les principales ethnies du cercle sont par ordre d importance numérique : les Bambara (68%), les Peulh (32%), les Sarakolé (4%). On note aussi la présence d autres ethnies plus marginales (2%) : Boso, Dogon, Sonrhai, Bobo. La population vit principalement de l'agriculture (62% de la population de 10 ans et +), puis de l'élevage (1%) et du commerce(1%). On constate que près de la moitié (44%) de la population de 10 ans et plus n exerce aucune activité ; cette population est en grande partie, composée de femmes qui ne s occupent que de l entretien de leur foyer (21%) et d enfants scolarisés (4%). Pour compléter les données sur l activité, nous avons analysé les taux d activité par groupe d âges. Le tableau suivant présente les taux d activité de la population des ménages de l enquête selon le sexe et le groupe d âges. Au niveau de l analyse, nous avons décidé de ne tenir compte que des activités rémunératrices pratiquées par les membres des ménages. De ce fait, les femmes qui s occupent de leur ménage et qui ne font que cela, ne sont pas enregistrées comme ayant une activité. Les taux d activité sont une fonction concave de l âge. La proportion de personnes en activité augmente avec l âge, jusqu à atteindre une valeur maximale à ans, ensuite elle commence à décroître à partir de ces âges. Cette structure des taux d activité par âge est un modèle qui s observe dans tous les contextes, elle est liée au cycle de vie d un individu : aux âges extrêmes, la plupart des individus manquent de force pour exercer une activité économique. On relève par ailleurs que le taux d activités des femmes est plus faible que celui des hommes et ceci à tous les âges sauf entre 0 et 9 ans. Cette situation relève de facteurs sociaux (la femme a un rôle de reproduction et de gardienne de foyer dans la société Bambara) et biologique (les maternités multiples et rapportées entravent l exercice d une activité économique chez la femme). 29
41 Tableau : Taux d activité par age et sexe de la population des ménages Population en activité Groupes d'ages Homme Femme Ensemble Effectif de la population 0-9 ans 7,1 8,7 7, ans 70,1 41,1 56, ans 93,8 46,0 69, ans 96,9 46,8 70, ans 95,9 51,6 77, ans 99,7 51,2 76, ans 93,1 37,1 70, ans 51,3 10,2 31, ans 55,3 0,0 41, ans et + 0,0 0,0 0,0 4 Ensemble 61,3 32,2 47, Graphique : Taux d activité par groupe d age et par sexe 120,0 100,0 80,0 60,0 40,0 20,0 0,0 0-9 ans ans ans ans ans ans ans ans ans 90 ans et + Gr oupes d ages Homme F emme Ensemble Source : Tableau Les enfants représentent très jeunes, une force de travail dont les ménages peuvent difficilement se passer. Aussi le tableau présente t-il des informations relatives à l occupation des enfants de moins de 15 ans à l intérieur de leur ménage. Nous avons classé les enfants en plusieurs catégories : ceux qui sont scolarisés tout d abord (les élèves), ceux qui font uniquement des travaux ménagers dans leur ménage (corvée d eau, ramassage du bois, etc.) et enfin, ceux qui ont une activité productive (qui pourrait également être rémunératrice). Cette dernière catégorie concerne 18% des enfants de 0-14 ans. Cependant, cette proportion varie avec certaines caractéristiques, principalement avec la vulnérabilité du ménage, le sexe, l âge de l enfant et son ethnie. Ainsi, si l on considère l âge, on constate que près de la moitié (44 %) des enfants de ans ont une activité productive, c est dire l importance de cette force de travail dans les ménages. Par ailleurs, dans cette même catégorie, les garçons sont presque 2 fois plus nombreux que les filles (21 % contre 15 %). En ce qui concerne la vulnérabilité, l exploitation des enfants est plus pratiquée par les ménages très vulnérables (22%) que par les ménages moyennement et peu vulnérables (16%). Considérant l ethnie, on note que le travail des enfants est plus pratiqué par les Sarakolé (41%) que par les autres ethnies. 30
42 Tableau 2.1.8: Occupation des enfants de moins de 15 ans selon les caractéristiques sociodémographiques Total % exerçant Occupation principale une activité écono. Agri. Eleva. Artisa. Autre Elève Travaux ménagers Aucune Effectif des enfants de moins de 15 ans Vulnérabi Très lité (**) Moyen Peu Strate (ns) Rive droite Rive gauche sud Rive gauche Nord Sexe (**) Homme Femme Groupes (**) 0-9 ans d'âges ans Ethnie (**) Bambara Peulh Sarakolé Autre Ensemble NB : Le test est effectué pour la variable %exerçant une activité économique 2. Instruction et scolarisation actuelle a) Instruction Le niveau d instruction de la population est appréhendé à travers la fréquentation du système d enseignement formel. On a distingué ici trois groupes de niveaux d instruction : ceux qui ne sont jamais allés à l école, ceux qui ont un niveau primaire incomplet (niveau fondamental 1, allant de la 1 ère à la 6 ème année, mais non achevé) et, ceux qui ont le niveau primaire complet et plus. On s intéresse ici à la population de 7 ans et plus pour le niveau d instruction (tableau 2.1.9) et à la population de 7-14 ans pour la scolarisation actuelle (tableau ). 31
43 Tableau : Niveau d'instruction de la population de 7ans et plus selon quelques caractéristiques socio-démographiques Niveau d instruction Aucun Primaire incomplet Primaire complet et + Total Effectif Vulnérabilité(*) Très vulnérable 91,2 7,5 1, Moyen vulnérable 88,1 9,8 2, Peu vulnérable 93,3 5,9 0, Strate(**) Rive droite 86,5 11,6 1, Rive gauche sud 94,8 3,5 1, Rive gauche Nord 93,4 5,7 0, Sexe(**) Homme 86,5 11,4 2, Femme 93,9 5,2 0, Ethnie(**) Bambara 87,1 10,7 2, Peulh 98,6 1,4 0, Sarakolé 93,7 6,3 0, Autre 96,2 3,8 0, Ensemble 90,1 8,3 1, Le taux de non-instruction est très élevé : près de 90% de la population n est jamais allée à l école. On dénote, derrière cette globalité, des disparités régionales et sociales. On note ainsi, que : ¾ les populations vivant sur la rive droite sont plus instruites(14%) que celles vivant sur la rive gauche(5%) ; ¾ les hommes sont plus instruits que les femmes (14% contre 7%) ; ¾ les Peulh sont les moins instruits de l ensemble des ethnies considérées (1%) et les Bambara sont les plus instruits (13%) ; ¾ Il y a un lien évident entre vulnérabilité et instruction, cependant, il ne va pas dans le sens attendu. En effet, on note que les personnes vivant dans des ménages moyennement vulnérables sont les plus instruites (12%) ; les personnes vivant dans des ménages très vulnérables ont sensiblement les mêmes niveaux d'instruction que celles vivants dans les ménages peu vulnérables (respectivement 9% et 7%). b) La scolarisation des enfants Le taux de scolarisation est calculé en rapportant la population de 7-14 ans (en âge de scolarisation) qui fréquente l école à la population totale des 7-14 ans. Il s agit ici d un taux net de scolarisation, par opposition au taux brut de scolarisation qui est le rapport entre la population totale inscrite au primaire quel que soit son âge et la population totale ayant l âge d aller au primaire. 32
44 Tableau : Taux net de scolarisation de la population de 7-14 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques Effectif des Taux net de scolarisation enfants de 7-14 ans Vulnérabilité (ns) Très vulnérable 20,2 185 Moyen vulnérable 17,7 224 Peu vulnérable 28,2 69 Strate (**) Rive droite 23,8 324 Rive gauche sud 12,9 136 Rive gauche Nord 11,1 18 Sexe(**) Homme 25,6 228 Femme 15,2 251 Ethnie(**) Bambara 27,0 325 Peulh 5,9 125 Sarakolé 8,2 18 Autre 0,0 10 Ensemble 20,2 478 On peut constater que moins d un quart (20%) des enfants de 7-14 ans fréquentent l'école. Ce taux net de scolarisation est très bas, mais se rapproche cependant de celui du niveau national 6. Les distances entre les villages, le peu d infrastructures existant, dans le primaire mais surtout dans le secondaire, la réticence de certains groupes ethniques, sont autant de facteurs entravant l inscription scolaire. Ce faible taux laisse voir des disparités géographiques et socio-économiques assez importantes. On note ainsi, que les enfants vivant sur la rive gauche sont moins scolarisés que ceux vivant sur la rive droite (12% contre 24%). Cette situation serait liée à un problème d'infrastructures sur la rive gauche, dans la mesure où la rive droite est mieux dotée que la rive gauche en infrastructures scolaires. Les disparités entre filles et garçons sont aussi remarquables (26% des garçons contre 15% des filles sont scolarisés). Selon l ethnie(graphique 2.1.3), on note que les enfants Bambara présentent les taux de scolarisation les plus élevés (27%), tandis que les enfants des ethnies «autre» (0%) et Peulh(6%) présentent les taux les plus faibles. Cette particularité des Peulh serait liée à leur mode de vie nomade, qui ne favorise pas la fréquentation scolaire des enfants. Aussi le Peulh a toujours été réfractaire à l école, en effet depuis la colonisation, les chefs traditionnels Peulh préféraient envoyer leurs esclaves à l école plutôt que d envoyer leurs enfants, car l école était perçue comme un système qui inculque des idées occidentales aux enfants et les détourne de l islam et des valeurs traditionnelles. D autres formes d enseignement étaient à cet effet préférées, dont l école coranique. 6 Selon les données du RGPH 1998, le taux net de scolarisation calculé pour l ensemble du pays est de 29,1% pour la population de 7-12 ans. 33
45 Graphique 2.1.3: Taux de scolarisation selon l ethnie Peulh Sarakolé Bambara Source : Tableau III. Migration Dans les systèmes de vie d une grande précarité, la migration est souvent utilisée comme une stratégie de vie, permettant d obtenir des ressources supplémentaires, en argent ou en équipement / biens de production. L intensité de ces mouvements migratoires fluctue en fonction de la saison, du sexe et de l âge des partants. Les destinations sont très variables, et peuvent être très éloignées du lieu de départ. La migration est faite pour des raisons économiques, professionnelles (le cas des pêcheurs et des commerçants), sociales (femmes qui partent accoucher dans leur village) ou encore pour des études (pour rejoindre les écoles de second cycle, notamment). Les durées de migration sont également variables, mais il y a toujours au moins deux pics de retours correspondant au moment des s les et celui des récoltes. Cependant, la migration est aussi un phénomène culturel important et a toujours fait partie des traditions. Elle peut correspondre, pour les jeunes hommes, à un rite initiatique de passage à l âge adulte. Au cours de l'enquête SCVM, la migration a été saisie en prenant comme référence la période de 12 mois précédant la date de l enquête. Elle se définit comme l'ensemble des déplacements effectués en dehors de la zone de résidence, pour une période de plus de deux mois et moins de dix mois, au cours des 12 mois précédant l'enquête. Seule la population de 10 ans et plus était éligible à cette question. Les données sur la migration ont été collectées quelle que fut la raison la motivant, mais pour cette analyse orientée sur les stratégies de vie / survie et sur la vulnérabilité, nous avons tenu compte exclusivement de la migration pour raisons économiques. Près de 7% de la population de plus de 9 ans a effectué un mouvement migratoire au cours de la période de référence dans le cercle de Ségou. Qui sont ces migrants? Quand, pourquoi et dans quelles conditions vont-ils en migration? Nous répondons à ces questions dans les sections qui suivent. 34
46 1. Caractéristiques socio-démographiques des migrants Le tableau présente le pourcentage de la population des ménages âgée de 10 et plus ayant migré pendant la période de référence, selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles. Tableau : Taux de migration de la population de 10 ans et plus selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles Effectif des % en migration personnes De 10 ans et + Strate Rive droite Rive gauche sud Rive gauche nord Vulnérabilité Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Sexe Homme Femme Ethnie Bambara Peulh Sarakolé Autre Ensemble Les populations vivant sur la rive gauche sud (10%) migrent plus que celles vivant sur la rive droite(6%) et la rive gauche nord(2%). Ce constat semble contraire à la logique qui voudrait que les populations des zones les plus à risque de faible production soient celles qui migrent plus. On note que par rapport aux individus des ménages très vulnérables et moyennement vulnérables, ceux des ménages peu vulnérables migrent moins (respectivement 6% et 10% contre 2%). Les précarités économiques auxquelles font face les ménages très vulnérables seraient à l origine de leur migration. Cependant le manque de ressources pour l exode empêcherait certains de migrer, d où un taux plus faible de migration des très vulnérables par rapport aux moyennement vulnérables. La migration des femmes est trois fois moins importante que celles des hommes. Cependant, il faut constater que c est un phénomène très récent et qui prend de l ampleur rapidement. Le taux de migration selon l'ethnie, laisse voir que l'ethnie Sarakolé est celle parmi laquelle il y a le plus de migrants (22%). Le comportement migratoire des Sarakolé est assez connu au Mali, et se trouve être un élément culturel. L ethnie Bambara vient en deuxième position dans la migration (7%). Le graphique suivant présente la structure par âge de la population des migrants. Il permet de dégager un profil de migration selon l'âge et le sexe dans le cercle de Ségou. 35
47 Graphique : Pyramide des âges de la population des migrants ans ans ans ans Homme Femme ans ans ans -40,0-30,0-20,0-10,0 0,0 10,0 20,0 30,0 La migration féminine est beaucoup plus précoce que la migration masculine. Les filles commencent principalement à migrer à partir de ans. Cette migration précoce des filles pourrait s'expliquer par un phénomène observé en milieu Dogon où les filles migrent pour chercher du travail (principalement en tant que ménagères dans les centres urbains), dans l'optique de réunir suffisamment d'argent en vue de payer leur trousseau de mariage. Progressivement la proportion des filles migrantes à tendance à diminuer. Au-delà de 40 ans il n y a pas de migration féminine. La proportion des hommes migrants atteint son maximum entre ans. A partir de cette tranche d âges, les migrations masculines diminuent progressivement. 2. Destination des migrants Au niveau de l étude, nous n avons enregistré que la destination finale des migrants, étant entendu que plusieurs lieux de passage ont pu être atteints avant d arriver à cette destination. Le tableau présente la destination finale de chacun des migrants selon quelques caractéristiques socio-économiques. 36
48 Tableau : Destination de la population migrante selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant Destination des migrants Total Effectif des migrants Bamako Même Autre Afrique Ailleurs cercle Mali Strate (ns) Rive droite Rive gauche sud Rive gauche Nord Vulnérabi Très lité (ns) Moyen Peu Sexe (**) Homme Femme Ensemble Près de la moitié des migrants du cercle de Ségou se déplacent vers Bamako (46%). Cet état de fait serait lié à la distance, le déplacement vers Bamako ne nécessite pas beaucoup de frais compte tenu de la proximité (environ 240 km) et aux opportunités offertes par les grands centres urbains. Les migrants font un arbitrage entre le revenu escompté et la distance de la zone de destination, si le rapport revenu escompté/distance est important alors ils auront tendance à aller vers cette destination. Le modèle d actualisation des bénéfices élaboré par Todaro en 1967, trouve tout son sens ici. Ce dernier postule que «lorsque le salaire attendu dans le secteur moderne urbain est supérieur au salaire actuel dans le secteur traditionnel, rural et si le coût de la migration est faible, les migrations ont tendance à se déclencher du milieu rural vers le milieu urbain, jusqu à ce que l équilibre entre les revenus ruraux et urbains soit rétabli» 7. Selon le sexe du migrant, on note que la destination privilégiée des femmes est Bamako (73%). Les hommes, pour leur part vont à l extérieur du pays. La structure par âge de cette population féminine migrante a été analysée plus haut, et nous avons vu qu il s agissait de femmes très jeunes (10-19 ans généralement). Ceci constitue un problème assez sérieux surtout lorsque la migration s opère dans des conditions où ces femmes ne disposent pas suffisamment d informations pour se protéger une fois en ville. En effet, ces jeunes filles sont vulnérables à plus d un titre : le fait qu elles ne soient pas allées à l école, la méconnaissance de leurs droits qui les expose à l exploitation des employeurs, leur jeune âge qui en font des victimes de grossesses précoces, débouchant sur une forte exposition aux risques de VIH-SIDA. Bien que des réseaux d informations informels constitués d anciennes migrantes existent dans les villages, ceci ne suffit pas à enrayer les problèmes vécus par ces filles. Les différences de destinations selon la strate et la vulnérabilité ne sont pas significatives. 7 Lututala,M.,B.,1995 «Les migration africaines dans le contexte socio-économique actuel-une revue critique des modèles explicatifs», In. Gérard et Piché, «La sociologie des populations» AUPEL- UREFP
49 3. Le flux migratoire C est essentiellement aux mois de septembre (fin de la saison des pluies et des travaux champêtres) et janvier qu on observe le départ des migrants et leur retour se fait généralement au mois de juin (début de la saison des pluies et des travaux champêtres). Graphique : Flux migratoire au cours de l année 50,0 45,0 40,0 35,0 30,0 25,0 20,0 15,0 10,0 5,0 0,0 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Mois Dépar t Retour La fréquence de la migration est aussi indicative des stratégies de vie et de survie. Lorsque la migration est régulière, ceci indique une certaine stabilité du phénomène; par contre lorsqu'elle ne s'effectue qu'à un moment précis, en cas de crise par exemple, la migration devient alors une stratégie de survie (tableau ). Tableau : Fréquence de la Migration selon quelques caractéristiques socio-économiques Fréquence Effectif % des Annuelle Ponctuelle migrants Strate (ns) Rive droite 65,1 34,9 100,0 52 Rive gauche sud 72,7 27,3 100,0 48 Rive gauche Nord 33,3 66,7 100,0 1 Vulnérabilité (**) Très vulnérable 51,8 48,2 100,0 29 Moyennement vulnérable 73,6 26,4 100,0 69 Peu vulnérable 100,0 0,0 100,0 4 Sexe (ns) Masculin 67,5 32,5 100,0 77 Féminin 70,7 29,3 100,0 25 Total 68,3 31,7 100,0 102 La migration est annuelle pour plus de la moitié des migrants (68%). La fréquence de la migration suit à peu près la même tendance dans l'ensemble des strates, de même que selon le sexe du migrant. Selon le degré de vulnérabilité, on note que les ménages peu vulnérables sont ceux qui vont régulièrement en migration (100%), suivis des moyennement vulnérables (74%) et des très vulnérables (52%). Cela confirme l hypothèse d une migration liée à des événements réguliers pour les personnes appartenant à la catégorie de ménages peu vulnérables. 38
50 4. Provenance des ressources pour la migration et travaux effectués par les migrants Pour mieux comprendre les motivations pour la migration et savoir si le phénomène migratoire est une stratégie de vie ou de survie, il est important de connaître la provenance des ressources pour la migration. Le tableau nous renseigne sur la provenance des ressources finançant la migration selon les caractéristiques socio-économiques du migrant et de son ménage. Nous avons identifié les principales ressources utilisées pour financer cette migration : ƒ ƒ ƒ ƒ Les ressources provenant de la vente de la production (production agricole, production de pêche), Les ressources provenant de la vente des biens productifs (bétail, terre, équipement, etc.) Les sources extérieures émanant souvent du système de solidarité du milieu rural (Emprunts/ crédit, aides extérieures), et enfin, Aucune ressource Pour presque la moitié des migrants (42%), la vente de la production agricole a été une source de financement de leur migration. Il s agit principalement de ménages peu vulnérables (100%) que de ménages très vulnérables (44%) et moyennement vulnérables(38%). C est dire que les ménages très vulnérables sont obligés de se rabattre sur d autres ressources, compte tenu du fait que chez ces ménages, la production n est pas toujours bonne. Nous avons vu plus haut, que les ménages très vulnérables ne pratiquent généralement pas un système annuel de migration contrairement aux ménages moins vulnérables, ceci indique que la migration est une stratégie de survie des ménages très vulnérables. C est dire, qu elle s effectue surtout en période de crise. La vente de la production est de loin la ressource la plus souvent utilisée, suivie de la modalité aucune ressource (13 %). Ces migrants sont donc obligés de trouver de quoi survivre pendant leur voyage et donc, de travailler de façon journalière sur différents types d emploi. La vente du bétail, ainsi que celle des biens d équipements, concerne 11% des migrants. Tableau : Provenance des ressources pour la migration selon quelques caractéristiques Vente Vente de Revenu Effectif production Vente biens Aucune de son des agricole bétail équipements Emprunt/crédit ressource activité Autre migrants Vulnérabi Très vulnérable 43,5 4,7 9,7 12,5 21,3 4,2 8,3 29 lité Moyen vulnérable 37,8 14,3 12,3 6,0 9,5 3,8 16,2 69 Peu vulnérable 100,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 4 KHI-DEUX (**) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Strate Rive droite 46,5 7,0 4,7 9,3 18,6 7,0 9,3 52 Rive gauche sud 36,4 15,2 18,2 6,1 6,1 0,0 18,2 48 Rive gauche Nord 44,4 22,2 11,1 0,0 11,1 11,1 0,0 1 KHI-DEUX (ns) (ns) (*) (ns) (ns) (ns) (ns) Sexe Homme 44,9 6,9 12,9 8,6 13,3 5,0 10,1 77 Femme 31,9 23,9 5,8 4,8 10,3 0,0 23,2 25 KHI-DEUX (ns) (**) (ns) (ns) (ns) (ns) (*) Ensemble 41,7 11,1 11,1 7,6 12,6 3,7 13,4 102 Les activités économiques exercées par les migrants dans leur lieu de destination sont abordées dans le tableau Il s agit ici du travail effectué sur le lieu principal de la migration, étant entendu que divers travaux peuvent être effectués tout au long du voyage pour financer celui-ci. 39
51 Dans l'ensemble, la majorité des migrants pratiquent les travaux domestiques (30%), les travaux manuels(26%) et le petit commerce (8%). Selon la zone de résidence, on note une différence de pratique d'activité sur le lieu de destination du migrant. Ainsi, les travaux domestiques sont exercés par les migrants de la rive gauche sud (46%) relativement aux migrants des autres zones. Ceci est également, et sans surprise, vrai pour les femmes (78%) par rapport aux hommes(15%). Les travaux manuels sont plus souvent exercés par les populations de la rive droite (33%) et de la rive gauche nord (44%) que par celles de la rive gauche sud (18%). Selon la vulnérabilité, les travaux manuels sont l'apanage des migrants de ménages très vulnérables (38%), les travaux domestiques celui des ménages moyennement et très vulnérables (37% et 67%). Cette liaison entre la vulnérabilité et le type de travail serait lié au sexe du migrant. En effet, c est parce qu il y aurait plus de migrants de sexe féminin dans les ménages peu vulnérables et moyennement vulnérables et plus de migrants de sexe masculin dans les ménages très vulnérables, qu un tel profil se dessine. En effet, les femmes font généralement les travaux ménager et les hommes les travaux manuels. Tableau : Travaux effectués par les migrants sur leurs lieux de destination, selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant Type de travail Petit Travaux Travaux Travaux Manœuvre Autre commerce domestiques dans les manuels plantations Strate (*) Rive droite 9,3 16,3 9,3 32,6 2,3 30,2 52 Rive gauche sud 6,1 45,5 3,0 18,2 6,1 21,2 48 Rive gauche Nord 22,2 22,2 0,0 44,4 11,1 0,0 1 Vulnérabi Très vulnérable 8,9 10,2 5,0 38,0 0,5 37,4 29 lité (*) Moyen vulnérable 8,0 36,7 5,3 22,2 6,0 21,9 69 Peu vulnérable 0,0 66,7 33,3 0,0 0,0 0,0 4 Sexe (**) Homme 10,3 14,5 6,7 32,5 5,6 30,4 77 Femme 0,6 78,1 4,8 5,8 0,0 10,6 25 Ensemble 7,9 30,2 6,2 25,9 4,2 25, Apport de la migration au ménage Effectif des migrants Dans cette section nous étudierons les apports des migrants dans leurs ménages respectifs. Nous avons cherché à déterminer ce que les migrants envoient pendant leur séjour, à leur ménage resté au village et / ou ce qu ils ramènent avec eux à leur retour, que l apport soit en argent ou en nature (vivres, biens d équipement, vêtements, etc.). La migration est analysée cette fois à l'échelle du ménage avec l'examen des caractéristiques des ménages pratiquant la migration (tableau ). Plus d un quart des ménages (29%) en milieu rural du cercle de Ségou a eu au moins un membre parti en migration au cours des 12 mois ayant précédé l enquête, pour une période minimum de 2 mois, ce qui est une bonne indication de l ampleur du phénomène migratoire de la région. Ce pourcentage devrait même être plus élevé si on prend en considération ceux qui partent pour de plus longs séjours. La proportion de ménages ayant au moins un migrant au cours des 12 derniers mois avant l enquête est variable selon la vulnérabilité et l ethnie du chef de ménage. Selon la vulnérabilité, on note que les ménages les plus vulnérables(ménages moyennement et très vulnérables) sont ceux qui ont généralement des migrants par rapport aux ménages peu vulnérables (respectivement 45% et 23%, contre 10%). 40
52 Selon l ethnie du chef de ménage, il ressort que les ménages Sarakolé (64%) et Bambara (33%) sont ceux dont les membres migrent le plus souvent. Tableau : Caractéristiques des ménages des migrants % de ménages avec au moins un migrant pour cause Effectif des économique ménages Vulnérabilité (**) Très vulnérable 23,1 101 Moyen vulnérable 45,2 69 Peu vulnérable 9,9 25 Strate(ns) Rive droite 28,7 132 Rive gauche sud 32,4 54 Rive gauche Nord 16,3 8 Ethnie du chef Bambara 32,6 126 de ménage (**) Peulh 17,6 57 Sarakolé 64,3 7 Autre 28,4 4 Ensemble 29,3 194 Les différences selon la strate ne sont pas significatives par rapport à la migration. En d'autres termes, la migration a la même ampleur quelque soit la zone de résidence des ménages. Nous avons demandé aux ménages ayant eu au moins un migrant au cours des 12 derniers mois avant l enquête, quel était le degré de contribution des apports de la migration dans leur système de vie (tableau ). La contribution de la migration au système de vie des ménages est considérée comme très importante pour près de la moitié des ménages (42%). Les différences selon la vulnérabilité et l ethnie ne sont pas significatives. Selon la strate, l apport de la migration est jugée très importante par les ménages vivant sur la rive gauche sud par rapport à ceux vivant dans les autres strates (57% contre 35% pour la rive droite et 33% pour la rive gauche nord). Tableau : Niveau de contribution de la migration au système de vie du ménage selon la vulnérabilité et la zone Vulnérabilité (ns) Strate(*) Degré de contribution Effectif des de la migration ménages avec au Très Moyen Peu Total moins un migrant Très vulnérable 41,9 23,2 35, Moyen vulnérable 39,4 44,9 15, Peu vulnérable 68,8 0,0 31, Rive droite 35,3 26,5 38, Rive gauche sud 57,1 42,9 0, Rive gauche Nord 33,3 55,6 11, Ensemble 42,3 32,4 25, Tous les types d envois ou d apports provenant des migrants pour leur ménage d'origine ont été saisis au cours de l'enquête. Pour les envois ou apports en nature, nous avons demandé aux enquêtés de nous donner une estimation de leur valeur. Nous sommes conscients du fait que ces 41
53 estimations sont très relatives et peuvent ne pas être données correctement, cependant, elles permettent quand même de se faire une bonne idée du phénomène. Nous nous sommes intéressés uniquement aux ménages qui ont eu au moins une personne migrante au cours des 12 derniers mois ayant précédé l enquête. Près de la moitié des ménages (46%), dont au moins un membre est parti en migration ont reçu un apport en espèce ou en nature, provenant de cette migration (tableau ). Les différences d envoi des migrants selon la vulnérabilité, la strate et l ethnie ne sont pas significatives. Tableau : Ménages ayant reçu des envois des migrants selon la vulnérabilité et la strate % de ménages ayant reçu Effectif des un envoi des ménages avec au migrants moins un migrant Vulnérabilité (ns) Très vulnérable 45,8 23 Moyen vulnérable 43,0 31 Peu vulnérable 50,0 2 Strate(ns) Rive droite 45,2 38 Rive gauche sud 41,7 18 Rive gauche Nord 62,5 1 Ensemble 44,5 57 Le tableau nous donne des informations sur le montant total de la migration selon la vulnérabilité, la strate et l ethnie du chef de ménage. Pour cette analyse, seules ont été retenus les 25 ménages qui ont effectivement reçu un apport de la migration. Tableau : Apport moyen de la migration par ménage ayant au moins un migrant selon la vulnérabilité et la strate Espèce Nature Total Vulnérabilité Très vulnérable Moyennement vulnérable Peu vulnérable Strate Rive droite Rive gauche sud Rive gauche Nord Total Les ménages enquêtés qui ont eu au moins un migrant qui a envoyé ou rapporté quelque chose de sa migration disent avoir reçu en moyenne FCFA. L apport en argent est près de 2 fois supérieur à l apport en nature. Les ménages très vulnérables et peu vulnérables sont ceux qui ont reçu, en moyenne, le plus de profit de la migration par rapport aux ménages moyennement vulnérables. En effet, les ménages moyennement vulnérables ont reçu au cours de l'année un montant moyen total de FCFA, les ménages peu vulnérable FCFA et les ménages très vulnérables FCFA. Selon la zone, les ménages de la Rive gauche Nord bénéficient de plus d'apport de la migration que les ménages de la Rive Droite et ceux de ceux de la rive gauche sud. Nous avons également cherché à analyser l apport de la migration selon la destination et le type de travail effectué par les migrants (tableau ), ceci pour savoir si la contribution de la migration est fonction de la distance ou du type de travail effectué. Les apports de la migration varient selon la destination et le type de travail effectué par le migrant durant son séjour. 42
54 Tableau : Montant moyen apporté par migrant selon la destination et le type de travail Montant moyen en FCFA Effectif des migrants Type de travail Petit commerce Travaux domestiques Travaux dans les plantations Travaux manuels Manœuvre Autre Destination des Bamako migrants Même cercle Autre Mali Afrique Ailleurs Total Les migrants qui vont dans d'autres pays d'afrique( FCFA) ou dans le même cercle( FCFA) sont ceux qui envoient, en moyenne, le plus d'argent 8 à leur ménage. Selon l'activité, les migrants effectuant le petit commerce (en moyenne FCFA) et les travaux dans les plantations( FCFA) sont ceux qui envoient le plus d'argent, suivis de ceux qui effectuent les travaux de manœuvre( FCFA). Par contre, les activités de travaux domestiques et les travaux manuels effectués pendant la durée de la migration sont celles qui rapportent le moins (respectivement, FCFA et FCFA). 8 Ou d équipement ou autres, dont la valeur est incluse dans les moyennes présentées dans ce tableau. 43
55 CHAPITRE 2 : LES SYSTEMES DE VIE DES MENAGES Les systèmes de vie des ménages sont l ensemble des activités de production, d échange, de consommation que les ménages mettent en place pour assurer leur fonctionnement. Dans le cercle de Ségou, les systèmes de vie sont basés principalement sur l agriculture et l élevage. Dans ce chapitre, nous nous intéressons à toutes les dimensions du système de vie des ménages : les Activités Génératrices de Revenus (AGR) seront abordées dans un premier temps, ensuite la production agricole puis nous terminerons par l'élevage. I. Activités économiques des ménages Au-delà de l activité principale des membres du ménage (tableau 2.1.6), nous avons collecté des informations sur les activités génératrices de revenus (AGR) pratiquées par les membres du ménage, en faisant la distinction entre celles pratiquées par les hommes et celles pratiquées par les femmes. Nous avons également collecté l information sur le revenu annuel moyen que procurent ces activités. Un ménage peut avoir de nombreuses activités génératrices de revenus, ce qui lui permet une diversification de ses sources de revenus. Il y a traditionnellement, des activités exclusivement exercées par les hommes, dites lourdes et celles spécifiquement exercées par les femmes. Cependant, les crises répétées et l augmentation du coût de vie générant un besoin constant d argent, ont profondément modifié la division sexuelle du travail au sein des ménages, notamment les rôles et travaux dévolus aux femmes. Le tableau suivant donne les principales activités génératrices de revenu effectuées par les ménages, selon la vulnérabilité et la strate. Les activités liées à l élevage (embouche et vente de produits d élevage), le petit commerce, le maraîchage, la vente de ressources naturelles (dont le bois) et le travail agricole salarié constituent les principales activités rémunérées effectuées par les ménages du cercle de Ségou. Selon la strate, il ressort que le travail agricole salarié est surtout effectué par les ménages de la Rive Gauche. On pourrait supposer que les ménages de la rive Gauche Nord (qui n est pas une zone d agriculture) se déplacent pour vendre leur force de travail soit dans le cercle de Niono (Office du Niger), soit dans les autres localités du cercle de Ségou (principalement la Rive Gauche Sud). L artisanat, pour sa part est principalement pratiqué par les ménages de la Rive Gauche Nord et la vente de ressources naturelles, par ceux de la Rive Gauche Sud. 44
56 Tableau : Répartition des ménages par type d AGR pratiquée, selon la vulnérabilité et la strate Très vulnérable Vulnérabilité Moyen vulnérable Strate Peu Rive vulnérable Rive droite gauche sud Rive gauche Nord Ensemble Elevage/Embouche, vente produit d'élevage 19,6 20,3 39,1 25,9 13,5 22,4 22,3 Petit commerce 16,1 21,6 18,2 18,5 18,9 10,2 18,3 Maraîchages 16,1 16,9 16,2 21,3 5,4 10,2 16,4 Vente ress. Naturelles 12 23,1 0, ,6 6,1 14,5 Travail agricole salarié 17,1 3,8 5 8,3 16,2 16,3 10,9 Artisanat 10,3 6,3 1,3 6,5 8,1 26,5 7,7 Pêche 4, ,3 2,7 0 7,1 Construction 8,1 4,3 5,6 6,5 5,4 12,2 6,4 Confection corde 9,2 3,8 0 7,4 2,7 8,2 6,1 Vente de fruits et légumes 2,4 3,6 5 4, ,1 Fétichisme 3,6 2,1 0 2,8 2,7 0 2,6 Transport 2, ,8 0 6,1 2,1 Marabout 1,4 3,6 0 2, Transformation produits agricoles 0 5,3 0 2, ,9 Travail du métal 0,5 0 10,9 0,9 2,7 6,1 1,6 Coiffure et tressage 1,4 2,1 0 0,9 2,7 2 1,5 Domestique 1,5 1,8 0 1,9 0 4,1 1,4 Autres activités 10,5 16 0,6 10,2 13,5 12,2 11,2 Effectif des ménages L examen du profil de vulnérabilité selon l AGR (graphique 2.2.1) nous conduit aux constats suivants : les ménages très vulnérables exercent le travail agricole salarié, l artisanat et la confection de corde ; les ménages moyennement vulnérables, pratiquent le petit commerce ; enfin les ménages peu vulnérables font de l embouche et la vente des produits issus de l élevage. La vente de la force de travail constitue une stratégie adoptée généralement par les plus vulnérables, le manque de terre et/ou de moyens de production de cette catégorie les poussant à travailler pour d autres afin de subvenir au quotidien. Il est certain que les ménages très vulnérables ne disposent pas de mises de fonds permettant d entreprendre des activités demandant un certain investissement (petit commerce et embouche par exemple). 45
57 Graphique : Quelques activités des ménages selon la vulnérabilité Elevage/Embouche, vente produit d elevage Petit commerce Travail agricole salarié Ar tisanat Conf ection cor de AGR Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Source : tableau Les AGR sont évidemment vitales pour le système de vie du ménage car c est à travers elles que les ménages peuvent se créer des revenus monétaires. Elles sont souvent le complément indispensable permettant de payer aux membres des ménages tout ce qui n est pas strictement alimentaire. Nous nous sommes donc intéressés aux apports monétaires des activités. Le tableau donne une comparaison des apports monétaires annuels des activités selon le niveau de vulnérabilité et le sexe. Les niveaux de revenus que nous avons collectés sont, bien entendu des estimations données par le chef de ménage ou bien par la personne qui a répondu au questionnaire ménage, estimations ne pouvant donner lieu à aucune vérification approfondie. Cela nous permet simplement d avoir un ordre de grandeur et surtout d estimer les différences entre ce que rapportent les différentes activités et entre ce que gagnent les hommes et les femmes pour une même activité. Les données du tableau nous renseignent sur le montant annuel individuel moyen gagné par un homme d un ménage pratiquant l activité X, le montant annuel individuel moyen gagné par une femme d un ménage pratiquant la même activité, ainsi que le montant annuel moyen gagné par le ménage dans lequel cette activité X est pratiquée. Nous avons pris le montant individuel homme/femme afin d éviter l effet de nombre de personnes pratiquant l activité dans lequel les revenus sont cumulés au niveau du ménage. En collectant l information, nous avons enregistré pour chaque ménage, le nombre d hommes et le nombre de femmes pratiquant l activité ainsi que le revenu total pour les hommes et le revenu total pour les femmes générés par cette activité. Les montants sont exprimés en milliers de FCFA. En règle générale, les montants moyens individuels pour une même activité sont très différents selon le niveau de vulnérabilité et n obéissent pas toujours à un schéma classique qui voudrait que les plus riches aient des revenus plus élevés que les plus pauvres. Ceci peut avoir plusieurs explications, notamment, la fréquence et l intensité des AGR (c est le cas notamment du travail agricole salarié, de l artisanat et de la vente de ressources naturelles, qui sont des AGR exercées surtout par les plus vulnérables). 46
58 Tableau : Montants moyens annuels individuels issus des AGR par sexe, selon la vulnérabilité du ménage Vulnérabilité Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Activités du ménage Homme Femme Total Homme Femme Total Homme Femme Total Travail agricole salarié 51,7 2,5 40,4 40,7 38,7 15,0 15,0 Artisanat 55,0 8,8 40,8 9,5 6,9 6,9 10,0 10,0 10,0 Transformation de produits agricoles 3,2 3,2 Confection de cordes 35,2 4,0 36,9 40,7 40,7 Petit commerce 60,5 82,9 78,9 80,2 9,8 37,5 0,0 43,7 29,4 Vente de ress. naturelle 54,5 3,7 38,2 24,5 12,5 20,1 15,0 15,0 Travail du métal 34,2 34,2 41,5 41,5 Construction 16,0 2,5 15,8 27,5 27,5 3,4 69,8 Coiffure et tressage 32,4 32,4 3,7 3,7 Transport 19,7 24,0 21,6 5,5 5,5 Domestique 25,0 51,8 49,0 55,0 55,0 Pêche 111,3 111,3 60,4 41,3 54,2 0,0 37,5 Maraîchage 15,8 31,0 21,8 143,3 12,0 71,0 53,2 26,5 30,6 Elevage/embouche, vente prdt élevage 75,5 32,6 71,3 75,5 19,6 71,2 116,8 69,1 111,1 Vente fruits et légumes 8,7 8,7 3,3 3,3 50,0 30,0 35,7 Marabout 22,5 22,5 345,0 345,0 Fétichisme 104,4 0,0 69,6 100,0 100,0 Autres activités 42,1 10,9 38,1 57,4 63,8 34,0 34,0 Moyenne 50,1 31,0 45,6 72,2 11,3 50,3 66,4 49,1 66,5 On peut aussi noter qu en général le revenu moyen tiré par les hommes d une activité est supérieur à celui des femmes pour la même activité, et ce pour pratiquement tous les niveaux de vulnérabilité et toutes les activités. En considérant le revenu annuel moyen pour l ensemble des activités, on remarque que : le gain augmente proportionnellement au niveau de vulnérabilité : un individu d un ménage très vulnérable a un revenu moyen annuel de FCFA, celui d un ménage moyennement vulnérable gagne FCFA et celui d un ménage peu vulnérable gagne FCFA par an. Les écarts de revenu selon le genre sont beaucoup plus manifeste dans les ménages moyennement vulnérables que dans les autres ménages (graphique 2.2.2) : tandis qu un homme d un ménage moyennement vulnérable gagne en moyenne FCFA, une femme de ces ménages ne gagne que FCFA par an. 47
59 Graphique 2.2.2: Revenu individuel moyen annuel, issu des AGR, selon le sexe Homme F emme Ensembl e T r es vulner ables Moyen vulnerable Peu vulnerable Source : tableau II. Les équipements Au cours de l'enquête, les équipements possédés par les ménages ont été recensés, de même que certaines informations concernant ces équipements : quantité possédée, propriétaire, valeur estimative du bien et enfin mode d'acquisition. Nous avons regroupé les équipements en 5 grandes catégories : les animaux de traits, les équipements agricoles rudimentaires et de haut niveau, les moyens de transport, les biens durables et les autres types de biens. Les résultats de notre analyse selon la vulnérabilité figurent dans le tableau
60 Tableau : Répartition des ménages par type d équipements possédés selon la vulnérabilité Vulnérabilité Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Ensemble Animaux de trait Animaux de trait 70,0 94,0 92,4 81,8 Equipements agricoles rudimentaires Charrue / cultivateur 68,8 94,1 92,4 81,2 Charrette 55,3 88,7 86,5 71,5 Herse 2,7 9,9 0,0 4,9 Hache 72,0 82,3 86,5 77,9 Pioche 42,7 43,5 44,3 43,4 Barre à mine 18,7 19,7 5,5 17,4 Pelle 13,4 12,6 16,5 13,6 Brouette 0,0 1,8 0,0 0,6 Arrosoir 1,2 3,9 0,6 2,1 Houe ou daba 91,7 93,6 86,9 92,2 Coupe-coupe 50,9 53,0 60,5 53,2 Faucille 60,1 65,4 53,7 61,5 Binette 2,6 2,1 4,9 2,7 Râteau 10,4 22,3 12,6 14,9 Hilaire 6,0 0,0 0,0 3,1 Equipements agricoles de haut niveau Motopompe 1,2 0,2 0,0 0,7 Décortiqueuse 1,2 0,0 0,0 0,6 Moyens de transport Pirogue 7,9 5,3 4,9 6,6 Bicyclette 42,9 79,5 74,2 60,1 Moto 18,0 14,0 43,3 20,0 Biens durables Puisette 53,5 56,6 64,4 56,3 Lits 13,8 25,0 21,1 18,8 Mortier 73,5 80,9 76,1 76,8 Machine à coudre 1,5 1,8 0,6 1,5 Foyer amélioré 2,6 6,2 4,9 4,2 Poste radio 55,2 54,5 59,5 55,8 Tasses 60,1 73,0 47,2 63,3 Selle 4,0 5,9 1,3 4,3 Abreuvoir 9,3 24,8 37,4 18,5 Bijoux 10,9 23,7 35,8 18,7 D'une manière générale et ainsi qu on l attendait, on note que les ménages les moins vulnérables (moyennement et peu vulnérables) sont mieux nantis en équipements que les très vulnérables. Ce constat se vérifie au niveau de la presque totalité des équipements considérés. Il apparaît également que très peu de ménages dans le cercle de Ségou disposent d équipements agricoles de haut niveau. Par exemple, les motopompes et la décortiqueuses ne sont accessibles qu à moins de 1% des ménages du cercle. En ce qui concerne les biens durables, on constate les mêmes tendances que celles observées précédemment. 49
61 III. Exploitation agricole Dans cette section nous allons étudier l'exploitation agricole au cours de la campagne La production agricole constitue la base des activités de l ensemble des ménages de la zone. Pratiquement tous les ménages la pratiquent. Les systèmes de production sont complexes et variés et dépendent de nombreux facteurs tels la fertilité des sols, la disponibilité de la main d œuvre et des animaux de traits et l accès au matériel de production. Par ailleurs, les niveaux de production sont généralement bas, à cause de nombreuses contraintes, comme la dégradation des ressources naturelles de base, imputable en partie à la baisse des précipitations, les déprédateurs, etc.. De plus les techniques agricoles sont souvent inefficaces et peu adaptées, la main d œuvre essentiellement manuelle et les intrants difficilement accessibles à cause de leurs coûts. Les principales cultures céréalières de la zone sont : le riz, le mil, le sorgho et dans une moindre mesure, le mais et le fonio. Les cultures maraîchères sont : l oignon, le gombo, le niébé. La pluviométrie aléatoire de la zone ne permet pas de sécuriser un type de culture et les crues du fleuve sont également instables et jouent de façon sensible sur les cultures fluviales, comme le riz, principale production de la région. 1. Pratiques culturales et types de cultures Dans les tableaux qui suivent, nous examinons les pratiques culturales et les types de cultures pratiquées dans la zone au cours de la campagne Nous allons analyser s'il y a un profil de vulnérabilité selon ces 2 variables. Le tableau nous renseigne sur la location de parcelles par les ménages selon leur niveau de vulnérabilité. Tableau : Location de parcelles selon la vulnérabilité du ménage Proportion de ménages qui ont loué ou cédé leurs parcelles, selon la vulnérabilité et la zone % ayant loué ou cédé des Effectif de ménages parcelles à Vulnérabilité (ns) d'autres Très vulnérable 14,1 101 Moyen vulnérable 8,2 69 Peu vulnérable 5,0 25 Strate (ns) Rive droite 9,3 132 Rive gauche sud 16,2 54 Rive gauche Nord,0 8 Ensemble 10,8 194 La location ou le prêt de parcelles pour cultiver n est pas une pratique très courante dans le cercle de Ségou puisqu elle ne concerne que 11 % des ménages producteurs enquêtés. Les différences dans la location ou prêt de parcelles selon la vulnérabilité, et la strate ne sont pas significatives. Le tableau nous donne une idée de la fertilité des parcelles selon la zone et selon le niveau de vulnérabilité de leur exploitant. La déclaration de la fertilité de la terre a été donnée par le répondant au questionnaire ménage, elle est donc très subjective. Les ménages ont déclaré que le quart de leurs parcelles sont riches. Les producteurs de la rive gauche sud sont ceux qui auraient les parcelles les moins fertiles relativement aux ménages de la rive droite et de la rive gauche Nord. Les différences dans la déclaration de la fertilité des parcelles ne sont pas significatives selon la vulnérabilité des ménages. 50
62 Tableau : Fertilité des parcelles selon la zone et niveau de vulnérabilité Fertilité du sol Effectif Pauvre Moyen Riche de Total parcelles Vulnérabilité(ns) Très vulnérable 37,2 38,2 24, Moyen vulnérable 33,5 44,7 21, Peu vulnérable 31,2 39,0 29, Strate(*) Rive droite 35,4 36,0 28, Rive gauche sud 35,6 49,2 15, Rive gauche nord 20,0 56,7 23, Ensemble 35,0 40,6 24, Le nombre moyen de parcelles possédées par les producteurs est de 1,5 et ce nombre varie selon la vulnérabilité (tableau 2.2.6). Tableau : Nombre moyen de parcelles possédées par les ménages selon la vulnérabilité Vulnérabilité(**) Nombre moyen de parcelles Effectif des ménages Très vulnérable 1,4 101 Moyennement vulnérable 1,5 69 Peu vulnérable 2,0 25 Ensemble 1,5 195 Le nombre de parcelles possédées par les ménages est fonction de leur vulnérabilité. On peut dire que le nombre de parcelles diminue proportionnellement à la vulnérabilité. En d autres termes, les ménages les moins vulnérables sont ceux qui possèdent plus de parcelles. Les agriculteurs peuvent utiliser leurs parcelles pour différents types de culture à différents moments de l année. Le nombre moyen de cultures de toutes natures pratiquées par les producteurs du cercle de Ségou est de 3 environ et ceci quelque soit le niveau de vulnérabilité du ménage (données non publiées). Le tableau nous donne des informations sur le type de cultures pratiquées par les ménages selon leur lieu de résidence et leur niveau de vulnérabilité. Avec ces résultats, on peut mieux constater que les ménages produisent plusieurs types de céréales, dont les principales sont le mil (84%), le fonio (40%) et le sorgho (30%). Tableau 2.2.7: Type de culture céréalière selon la strate et la vulnérabilité Type de culture Effectif de Mil Riz Sorgho Mais Fonio ménages Strate Rive droite 84,3 3,7 36,1 8,3 56,5 132 Rive gauche sud 83,8 18,9 16,2 10,8 5,4 54 Rive gauche Nord 87,8 0,0 30,6 6,1 4,1 8 Khi-deux (ns) (**) (**) (ns) (**) Vulnérabilité Très vulnérable 89,5 3,6 23,4 9,7 40,4 101 Moyen vulnérable 81,6 16,7 29,5 9,2 40,9 69 Peu vulnérable 70,2 0,0 60,9 5,0 36,8 25 Khi-deux (*) (**) (**) (ns) (ns) Ensemble 84,3 7,8 30,3 8,9 40,1 194 Chacune de ces cultures est produite dans les 3 strates, à l exception du riz qui n est pas produit sur rive gauche Nord, ceci à cause de l aridité du sol et de l irrégularité des pluies. On peut, par ailleurs, constater une différence dans l ampleur de la production de certaines cultures, selon les zones. Ainsi, on note que le riz est principalement cultivé sur la rive gauche sud, le fonio et le sorgho sur la rive droite. 51
63 Strate De même, chacune des cultures est produite par tous les ménages quel que soit leur niveau de vulnérabilité, à l exception toujours du riz qui n est pas produit par les ménages peu vulnérables. Cependant, on note une différence dans l ampleur de la production. A cet effet, on note que le mil est principalement produit par les ménages très vulnérables, le riz par les moyennement vulnérables et le sorgho par les peu vulnérables. En ce qui concerne les cultures maraîchères, vivrières et fruitières, le tableau nous permet de faire les constats suivants. Les principales cultures pratiquées par les ménages sont, par ordre d importance, l arachide (52% des ménages), le niébé (20 % des ménages) et l oignon (6% des ménages). Vulnérabi lité Tableau : Type de cultures maraîchères, vivrières et fruitières selon la zone et la vulnérabilité Type de culture Oign on Oseille Gom bo Pi ment Auber gine Cale basse Niébé Arachide Sés ame Manioc Effectif de ménages Rive droite 9,3 0,0 0,0 2,8 0,9 0,9 20,4 56,5 0,0 2,8 132 Rive gauche sud 0,0 0,0 2,7 0,0 2,7 0,0 18,9 43,2 8,1 0,0 54 Rive gauche Nord 0,0 8,2 4,1 2,0 0,0 0,0 12,2 44,9 6,1 0,0 8 Khi-deux (*) (**) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) Très vulnérable 6,1 0,3 0,3 2,6 1,2 0,0 19,2 50,9 3,1 1,2 101 Moyen vulnérable 5,3 0,2 2,1 0,0 2,1 0,0 15,3 54,2 2,4 3,6 69 Peu vulnérable 9,9 0,6 0,0 5,0 0,0 5,0 33,8 53,0 0,6 0,0 25 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) (ns) (ns) (ns) Ensemble 6,3 0,3 0,9 2,0 1,4 0,6 19,6 52,3 2,5 1,9 194 En fonction de la vulnérabilité des ménages, on remarque que la seule culture dont l exploitation est variable en fonction de la vulnérabilité est celle de la calebasse, produite par 5% des ménages peu vulnérables et aucun ménage moyennement et très vulnérable. 2. Niveaux de Production agricole Les niveaux de production de céréales peuvent enregistrer de grandes variations selon les différents types de ménages qui les cultivent et selon les zones. Les tableaux et nous renseignent sur le niveau de la production des ménages selon la vulnérabilité et la zone. Tableau : Production moyenne céréalière des ménages ayant exploité 9 selon la vulnérabilité Production moyenne en Kg Effectif Mil Riz Sorgho Fonio Mais Vulnérabilité Très vulnérable , ,7 866,7 579,2 43,7 101 Moyen vulnérable , , ,4 280,3 39,5 69 Peu vulnérable 6.081, ,6 473,3 200,0 25 Khi-deux (ns) (ns) (*) (ns) (ns) Strate Rive droite , , ,2 440,8 75,0 132 Rive gauche sud , , ,0 10,0 54 Rive gauche Nord , , ,0 333,3 8 Khi-deux (ns) (ns) (*) (ns) (**) Total , , ,8 449,6 56,1 194 Seule la production de sorgho présente une liaison significative avec la vulnérabilité. Les ménages très vulnérables produisent presque 2 fois moins que les moyennement vulnérables et 3 fois moins que les peu vulnérables. En ce qui concerne les autres spéculations, les différences ne sont pas significatives. Ces résultats nous laissent supposer que les ménages peu vulnérables seraient 9 Le dénominateur pour le calcul de la quantité moyenne de céréales produite est le nombre de ménages exploitants qui en ont produit. 52
64 orientés vers d autres activités (telles que l élevage et la vente des produits dérivés, comme montré précédemment par l analyse des AGR) et pratiquent l agriculture comme activité complémentaire. En ce qui concerne la zone de production, on constate que les 2 zones rizicoles sont la rive droite et la rive gauche sud ; ces zones sont situées au bord du fleuve, ce qui leur offre plus de facilités pour la production rizicole. Concernant les autres spéculations, on peut noter que le sorgho est surtout produit sur la rive gauche et le mais sur la rive gauche Nord. 3. L utilisation de la production Les façons d utiliser la production sont très variées. Elles englobent les quantités mises en stocks, le remboursement de prêts, le paiement de taxes, les dons et Zakat, etc.. Les catégories d utilisation de la production varient selon le niveau de vulnérabilité du ménage, mais également selon le type de céréales. Dans le tableau , nous allons étudier la répartition de cette production pour le mil, qui est la principale culture de la zone. La répartition est faite sur l ensemble de la production disponible au niveau de chaque ménage. Au moment de l enquête, en juin 2001, la récolte de mil a déjà eu lieu (en octobre 2000). Les informations suivantes sur la répartition de la production, sont donc basées sur ce que les ménages ont déjà fait de leur récolte. Les postes d utilisation les plus importants sont ceux relatifs à l auto-consommation (36%) et au stockage (29%). Des utilisations différentes de la production apparaissent lorsque l on regarde le niveau de vulnérabilité des ménages enquêtés. Tableau : Utilisation de la production de mil selon la vulnérabilité Rembou rsement Zakat Répartition en % de la production Consom Don Vente Prêt Stock mation Semences Vulnérabilité Très vulnérable 4,9 11,0 6,4 34,5 14,2 0,0 28,4 0,7 Moyen vulnérable 7,3 9,9 11,9 37,2 1,0 0,0 32,2 0,4 Peu vulnérable 0,0 9,4 3,9 53,3 6,4 1,3 24,0 1,7 Ensemble 5,4 10,7 7,8 35,6 10,6 0,0 29,3 0,6 La production des ménages peu vulnérables est principalement destinée à l autoconsommation (53% de la production totale). Ce sont surtout les très vulnérables qui font la commercialisation du mil (14 % de leur production totale). Les parts stockées sont sensiblement les même quelle que soit la vulnérabilité. Le système de solidarité semble assez important dans la région avec les dons et la zakat qui retiennent respectivement 11 % et 8 % des productions. Il faut cependant constater que la quantité de céréales produite n est jamais suffisante pour assurer une couverture alimentaire aux ménages pendant 12 mois. En fait, près des trois quarts des ménages pensent que ce qu ils ont produit ne suffira pas pour couvrir les besoins alimentaires de leur ménage au cours de l année (données non publiées). 53
65 IV. L Elevage L élevage joue un rôle très important dans les stratégies de vie et de survie d une grande partie des ménages du cercle. Nous avons vu dans la section des AGR, que les AGR directement liées à l élevage concernaient à elles seules près d un quart des ménages. Le cheptel dans son ensemble est considéré comme une épargne sur pied et est utilisé quand un besoin monétaire se fait sentir, pour pallier une crise ou encore, comme c est le cas avec le petit bétail, pour financer les évènements sociaux et religieux (baptêmes, mariages, Tabaski, etc.) ou pour payer les frais de santé. L élevage nécessite des investissements de la part des ménages, en aliment pour bétail, plus spécifiquement en saison sèche, et en vaccinations, notamment pour les bovins. Aussi il entraîne une consommation importante des ressources naturelles de la région (l eau, les herbacées et pâturages, etc.). Dans cette section, nous nous intéressons dans un premier temps, à la possession d animaux par les ménages, aux disparités sociales et de genre dans la possession du cheptel. 1. Le cheptel Le tableau suivant nous donne la répartition des ménages de l enquête selon le type d animaux possédés. Il s agit des types suivants : bovins, ovins, caprins, équidés et volaille. Dans le cercle de Ségou, la majorité des ménages (91 %) possède au moins un type de cheptel et plus du quart des ménages (27%) en possèdent au moins 4 types différents. Tableau : Répartition des ménages selon le nombre de types d animaux possédés Diversité de possession d'animaux Aucun 1 type 2 types 3 types 4 types et + Effectif de Total ménages Vulnérabilité(**) Très vulnérable 15,4 14,8 30,8 24,1 14, Moyen vulnérable 2,0 19,2 23,3 20,0 35, Peu vulnérable 0,0 5,0 20,9 17,5 56, Strate(**) Rive droite 11,1 15,7 32,4 20,4 20, Rive gauche sud 2,7 13,5 16,2 24,3 43, Rive gauche Nord 10,2 16,3 8,2 28,6 36, Ensemble 8,7 15,1 26,9 21,8 27, Il y a une forte liaison entre vulnérabilité et nombre de type d animaux possédés. On constate en premier lieu que 15 % des ménages très vulnérables ne possèdent pas du tout de cheptel alors que cette proportion est insignifiante pour les autres catégories de ménages. Par ailleurs, on observe une tendance à la diversification de l élevage avec la diminution de la vulnérabilité. Ainsi, on note que plus de la moitié (57%) des ménages peu vulnérables possèdent au moins 4 types différents de cheptel. Cette proportion décroît lorsque la vulnérabilité augmente, elle est de 35% chez les ménages moyennement vulnérables et seulement 15% chez les ménages très vulnérables. On note aussi, des différences dans la diversité du cheptel possédé selon la zone. Ainsi, les ménages de la rive gauche (Nord et sud) sont ceux qui possèdent le plus d espèces animales comparativement aux ménages de la rive droite. La rive gauche Nord représente une zone propice à l élevage. Les résultats du tableau montrent que plus des trois quarts des ménages possèdent des bovins (77 %). La possession de caprins concerne 50 % des ménages et celles des ovins, 44 %. 54
66 Tableau : Répartition des ménages selon le type d animaux possédés Equidés Che Bovin Ovin Caprin vaux Anes Volaille Ensemble Vulnérabilité Très vulnérable 64,5 31,6 42,0 0,8 29,5 42,7 101 Moyen vulnérable 87,8 50,2 53,8 6,2 41,8 50,3 69 Peu vulnérable 100,0 78,5 68,5 7,3 39,1 50,6 25 Khi-deux (**) (**) (**) (ns) (ns) (ns) Strate Rive droite 79,6 37,0 35,2 1,9 29,6 47,2 132 Rive gauche sud 73,0 62,2 81,1 5,4 45,9 43,2 54 Rive gauche Nord 67,3 38,8 73,5 18,4 51,0 55,1 8 Khi-deux (ns) (**) (**) (*) (*) (ns) Ensemble 77,3 44,1 49,6 3,5 35,1 46,4 194 La possession de certaines espèces de bétail est en liaison avec la vulnérabilité (Graphique 2.2.3) et la zone de résidence. La proportion des ménages possédant le bétail diminue lorsque la vulnérabilité augmente. Les types de bétail les plus concernés par cette affirmation sont : les bovins, les ovins et les caprins. Ainsi, tandis que l ensemble des ménages peu vulnérables possèdent des bovins, seulement un peu plus de la moitié (65%) des ménages très vulnérables en possèdent et 88% de ménages moyennement vulnérables. De même, pour les ovins, et les caprins, on observe cette tendance. Nous rappelons que la possession de bétail a été citée par les communautés comme indicateur de vulnérabilité, ces données ne font que confirmer le classement des ménages effectué par les communautés. Selon la zone de résidence des ménages, on note que les ménages de la rive gauche sud, sont les plus nombreux à posséder des ovins et des caprins et ceux de la rive Gauche Nord, des équidés. Graphique : Répartition des ménages selon le type d'animal possédé et la vulnérabilité B ovin Ovin Caprin T ype de bét ail Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Source tableau
67 2. Les effectifs du cheptel Le graphique et le tableau nous informent sur le nombre moyen d animaux de chaque espèce possédé par les ménages, puis par les hommes et les femmes au sein des ménages. Le nombre moyen de volailles est le plus élevé, atteignant 15 animaux par ménage, suivi par les caprins, les ovins, les équidés et les bovins. Il existe des écarts entre ces moyennes selon la vulnérabilité et la strate. Le graphique montre également que dans le cercle de Ségou il y a d importantes disparités dans la possession d animaux d élevage selon le genre. En effet, entre les hommes et les femmes, les écarts sont extrêmement importants, par exemple pour les bovins et les ânes (14 fois plus en faveur des hommes), les chevaux (5 fois plus en faveur des hommes), les ovins (4 fois plus en faveur des hommes), les caprins (3 fois plus en faveur des hommes) et la volaille (2 fois plus en faveur des hommes). Selon la vulnérabilité, on note que c est dans les ménages moyennement vulnérables qu on a le moins d écarts entre les sexes dans la répartition du cheptel. En effet, les femmes des ménages moyennement vulnérables possèdent 53% des ovins, 45% des caprins et 60% de la volaille. Graphique : Nombre moyen d'animaux possédés par ménage et selon le sexe Bovin Ovin Caprin Chevaux Anes Volaille Homme Femme Ensemble Source tableau
68 Tableau : Nombre moyen de types d animaux par ménage propriétaire de bétail, selon la vulnérabilité et la strate Equidés Bovin Ovin Caprin Chevaux Anes Volaille H F T H F T H F T H F T H F T H F T Vulnérabi Très vulnérable 2,2 0,2 2,4 3,5 0,3 3,8 2,9 1, ,1 0,1 1,2 7 1,8 8,8 lité Moyen vulnérable 3,5 0,2 3,7 3,1 3,5 6,6 4,6 3,7 8, ,4 0 1,4 9,1 13,5 22,6 Peu vulnérable 8,8 0,7 9,5 8,4 0,5 8,9 13 1,6 14,5 12,6 4,1 16,7 1,7 0 1,7 16 0,3 16,3 ANOVA (**) (*) (**) (**) (*) (ns) Strate Rive droite 3,7 0,2 3,9 3 0,7 3,7 3 1,8 4, ,1 0,1 1,2 6,3 3,7 10 Rive gauche sud 3,6 0,4 4 6,1 3 9,1 7,7 2,6 10,3 8 2,5 10,5 1,5 0 1,5 16,6 12,6 29,2 Rive gauche Nord 6,8 0,3 7,1 8,3 2 10,3 5,7 2 7,7 1,1 0 1,1 2,2 0,1 2,3 7,7 4 11,7 ANOVA (ns) (**) (**) (ns) (**) (**) Ensemble 3,8 0,3 4,1 4,4 1,6 6 5,3 2,2 7,5 4 1,1 5,1 1,3 0,1 1,4 9 6,1 15,1 57
69 CHAPITRE 3 : LES STRATEGIES DE SURVIE DES MENAGES Les stratégies de vie et de survie des ménages seront abordées dans ce chapitre. Ces stratégies ont été dégagées lors de l enquête auprès des différents ménages à travers le questionnaire élaboré. I. Diagnostique de l état de vulnérabilité Dans cette section, nous examinons quelques indicateurs liés à l état de vulnérabilité des ménages. Il s agit plus précisément de la part du revenu annuel consacré à l alimentation du ménage et l identification de la période pendant laquelle les ménages rencontrent des difficultés pour assurer leur sécurité alimentaire. 1. Part du revenu annuel consacrée à l alimentation La part du revenu annuel consacrée à l'alimentation est indicative du degré de vulnérabilité d'un ménage. Plus un ménage est vulnérable, moins il devrait penser à investir dans les autres secteurs, notamment la santé, l éducation. La priorité des ménages les plus vulnérables est d abord leur sécurité alimentaire Au cours de l enquête, il a été demandé aux chefs de ménages d estimer la part du revenu annuel allouée à l alimentation, les résultats obtenus sont donnés dans le tableau suivant. Tableau : Part moyenne du revenu annuel consacrée à l'alimentation selon la vulnérabilité, la strate et le sexe du chef de ménage Part du revenu annuel Effectif consacré à l'alimentation du ménage Vulnérabilité (ns) Très vulnérable 76,4 101 Moyen vulnérable 72,6 69 Peu vulnérable 78,1 25 Strate (ns) Rive droite 76,3 132 Rive gauche sud 72,8 54 Rive gauche nord 75,7 8 Ensemble 75,3 194 Dans l'ensemble, 75% du revenu annuel des ménages est consacré à l'alimentation. Les différences observées entre les ménages selon la vulnérabilité ne sont pas significatives. En d autres termes, les parts de revenu allouées à l alimentation sont les mêmes quelle que soit la vulnérabilité du ménage. Les ménages moins vulnérables sont de grande taille et ont beaucoup de dépendants familiaux (cf. chapitre 2), ce qui pourrait expliquer en partie le fait qu il n y ait pas de différences dans l allocation de revenu à l alimentation selon la vulnérabilité. Il en est de même du point de vue des strates auxquelles appartiennent ces ménages ; les différences observées à ce niveau ne sont pas significatives. En d autres termes, les parts de revenu allouées à l alimentation sont les mêmes quelle que soit la strate d appartenance des ménages. 2. Mois difficiles pour la sécurité alimentaire Nous avons demandé aux ménages de nous dire quels étaient les 4 mois les plus difficiles de l année pour leur sécurité alimentaire. En règle générale, les mois les plus difficiles sont ceux de la 58
70 période de soudure comprise entre juin et septembre, période qui correspond également à celle de la saison pluvieuse. Graphique : Déclaration des mois les plus difficiles pour la SCVM 45,0 40,0 35,0 30,0 25,0 20,0 15,0 10,0 5,0 0,0 Janvier Fevrier Mars Avril Mai Juin Juillet Août S eptembre Octobre Novembre Decembre Mois 1er mois 2eme mois 3eme mois 4eme mois De façon générale, ainsi que le montre le graphique ci-dessus, les 4 premiers mois les plus difficiles cités par les ménages sont les mois correspondant à cette période de soudure, à savoir, juin, juillet, août et septembre. Les mois de juin et juillet correspondent à l épuisement des stocks de cultures vivrières, de céréales et durant cette période, l hivernage n a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Ce qui se caractérise par un manque de nouveau pâturage pour le bétail. Au cours des mois d aoûts et septembre, les ménages ont fini de semer leurs champs et sont dans l attente des récoltes. Ils n ont alors pas grand chose pour faire face à leurs besoins et cela est ressenti aussi bien par les éleveurs que par les ceux qui exercent le petit commerce. Durant ces quatre mois de difficultés cités par les ménages, les ménages peu et très vulnérables sont les moins nombreux à connaître des difficultés par rapport aux ménages moyennement vulnérables. 3. Principales contraintes à la SCVM Au cours de l enquête il a été demandé aux chefs de ménages d exprimer les trois principales contraintes au système de vie de leur ménage. Les résultats obtenus sont présentés dans le tableau Les quatre principales contraintes au système de vie des ménages sont : l insécurité alimentaire (76%), le manque de moyens financiers (48%), le manque d équipements agricoles (46%) et le problème d eau (24%). Concernant l insécurité alimentaire, selon la vulnérabilité, cette contrainte semble davantage préoccuper les ménages très vulnérables (79%) et moyennement vulnérables(80%) que les ménages peu vulnérables (56%). Selon la strate d appartenance, l insécurité alimentaire semble 59
71 plus préoccuper les ménages de la rive gauche nord (94%) et ceux de la rive droite (82%) que les ménages de la rive gauche sud (59%). Le manque de moyens financiers a été plus évoqué par les ménages moyennement vulnérables ( 60%) que par les ménages très et peu vulnérables (respectivement 45% et 22% ). Comme on devait s y attendre, le manque de matériel agricole à été davantage avancé par les ménages très vulnérables (57%) que par les ménages moyennement et peu vulnérables (respectivement 32% et 43%). Cette contrainte a été citée à peu près avec la même fréquence dans les trois strates. Le problème d eau a été davantage cité par les ménages peu vulnérables (43%) et moyennement vulnérables (33%) que par les ménages très vulnérables (13%). Selon la strate, les ménages de la rive gauche nord (33%) sont plus confrontés aux problèmes d eau que les ménages des autres zones (respectivement 24% et 22% pour la rive droite et la rive gauche sud). Tableau : Principales contraintes à la SCVM selon la vulnérabilité et la strate Très vulnérable Vulnérabilité Moyen vulnérable Peu vulnérable Rive droite Strate Rive gauche sud Rive gauche nord Ensemble Insécurité alimentaire 78,8 80,2 56,3 82,4 59,5 93,9 76,4 Manque moyens financiers 45,1 60,4 21, ,5 55,1 47,6 Manque matériels agricoles 57 31,8 43,4 45,4 48,6 46,9 46,4 Problème d'eau 12,9 32,8 42,7 24,1 21,6 32,7 23,7 Manque main d œuvre 19,6 20,5 0, ,7 10,2 17,5 Prob. Santé 17 18,1 6 15,7 16,2 18,4 16 Difficulté de mariage 12,1 4,1 11,9 5,6 18,9 4,1 9,2 Conflit Agri./eleveur 4,1 4 16,9 3,7 10,8 4,1 5,7 Manque crédit 4 5,3 0,6 5,6 0 6,1 4 Baisse prix de production 1,5 7,1 0 3,7 2,7 0 3,3 Manque d'école 2,7 1,8 5 3,7 0 4,1 2,7 Vente des céréales à bas prix 1,2 1,8 10,9 2,8 2,7 0 2,6 Manque semences 3,1 2,2 0 1,9 2,7 10,2 2,4 Surcharge travail des femmes 0, ,1 Autres contraintes 14,5 11,6 22,2 13,9 16,2 12,2 14,5 NSP 2, ,9 2,7 0 2 Effectifs des ménages
72 II. Stratégies de survie des ménages Dans cette section, nous abordons les stratégies de survie des ménages. L analyse sera basée dans un premier temps sur les déclarations des ménages à propos des stratégies qu ils mettent en place en temps de crise ; dans un deuxième temps, le système de solidarité qui s inscrit également comme une stratégie, sera analysé. Les stratégies de survie qui nous ont été rapportées sont les actions entreprises par les ménages du cercle de Ségou pour gérer les crises et maintenir leur sécurité alimentaire. Certaines de ces actions sont également entreprises dans une situation de non-crise, mais c est l intensité de l activité et la façon dont elle peut contribuer à l appauvrissement total du ménage (vente de petit ruminant, de biens de production, etc.) qui la différencie de celles utilisées en temps normal. Plusieurs stratégies de survie peuvent être mises en place simultanément quand la crise est importante et elles peuvent être différentes selon les membres du ménage et selon le sexe. Elles peuvent également être appliquées l une après l autre, mais plus la crise est grave et longue et plus les stratégies sont désespérées et plus le ménage se démunit de ses biens pour assurer son alimentation. 1. Stratégies déclarées par les ménages Le tableau suivant donne les informations sur les stratégies de survie des ménages du cercle de Ségou. Les principales stratégies de survie déclarées par les ménages du cercle de Ségou sont : la vente de petits animaux (40% des ménages), le crédit (24% des ménages), le soutien communautaire (22% des ménages), le salariat agricole (15% des ménages), l exode (12% des ménages), la vente des biens (9% des ménages). Les différences observées entre les ménages selon leur vulnérabilité (quant aux stratégies de survie suivantes : crédit, soutien communautaire, salariat agricole, exode, vente des biens, maraîchage, vente de bois, achat de céréales, construction) ne sont pas significatives. Cependant, la vente de petits animaux, l artisanat et la cueillette pratiquées par les ménages comme stratégies de survie est fonction de leur vulnérabilité. La vente de petits animaux a été davantage évoquée par les ménages peu vulnérables (70%) que par les ménages moyennement vulnérables (40%) et très vulnérables (32%). En effet, comme observé dans le chapitre précédent, ce sont les ménages peu vulnérables qui sont les plus nombreux à posséder le bétail (gros comme petit). Donc, il leur est plus facile qu aux autres de vendre le petit bétail pour faire face à la période de crise par rapport aux autres. L artisanat a été davantage évoqué par les ménages très vulnérables (12%) que par les ménages moyennement vulnérables (2%) et peu vulnérables (0%). En effet, le chapitre précédent a révélé que l artisanat est pratiqué par les ménages très vulnérables comme stratégie de vie. Selon la strate d appartenance des ménages, les différences observées entre les ménages ne sont pas significatives en ce qui concerne les stratégies suivantes : la vente d animaux, le crédit, soutien communautaire, salariat agricole, exode, artisanat, vente des biens, construction. Cependant, les stratégies comme la vente de biens, le maraîchage, la cueillette, l achat des céréales dépendent de la strate d appartenance des ménages. Le maraîchage par exemple a été exclusivement évoqué par les ménages de la rive droite alors que l achat des céréales a été évoqué uniquement par les ménages de la rive gauche sud. 61
73 Tableau : Stratégies de survie des ménages selon la vulnérabilité Vulnérabi lité Strate Vente de petits Soutien Communautaire Salariat Vente de Arti- Marai- Cueil- Vente de Achat Cons- Autres Effectif des agricole Exode biens animaux Crédit sanat chage NSP lette bois céréales truction stratégies ménages Très vulnérable 29,2 28,0 23,9 14,3 9,3 8,3 12,2 6,1 5,0 1,5 3,6 2,9 1,5 8,1 101 Moyen vulnérable 39,9 32,8 18,0 19,4 17,6 5,9 2,0 5,3 7,8 1,8 2,1 2,1 0,0 7,1 69 Peu vulnérable 70,5 22,5 21,9 7,9 10,9 17,5 0,0 5,0 0,0 11,9 0,0 0,0 0,0 9,9 25 Khi-deux (**) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) (ns) (**) (ns) (ns) (ns) (ns) Rive droite 36,1 27,8 18,5 13,0 13,9 5,6 7,4 8,3 5,6 0,9 2,8 0,0 0,9 11,1 132 Rive gauche sud 43,2 32,4 29,7 18,9 8,1 16,2 5,4 0,0 5,4 8,1 2,7 8,1 0,0 0,0 54 Rive gauche Nord 38,8 26,5 16,3 30,6 18,4 8,2 12,2 0,0 2,0 0,0 0,0 0,0 4,1 10,2 8 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) (*) (ns) (**) (ns) (**) (ns) (**) Ensemble 38,2 29,0 21,6 15,3 12,5 8,6 7,0 5,7 5,4 2,9 2,6 2,3 0,8 8,
74 2. Système de solidarité et d entraide Le système de solidarité est basé sur les dons et la Zakat. La Zakat est une imposition de la religion musulmane, en vue d inciter les plus riches à assister les plus démunis. Le tableau donne la proportion des ménages qui ont bénéficié de dons ou de Zakat au cours de l année. Tableau : Don et Zakat reçu par le ménage selon la vulnérabilité % de ménages ayant bénéficié de don ou de Zakat Effectif des ménages Vulnérabilité (**) Très Moyen Peu 0 11 Ensemble Au total, 17% des ménages ont bénéficié de dons ou de Zakat au cours de l année. Aussi, ce sont les ménages très vulnérables qui sont les plus nombreux à bénéficier de dons ou de Zakat (25%) en comparaison avec les ménages moyennement vulnérables (7%) et peu vulnérables (0%). C est résultats mettent en exergue l existence d un système de solidarité très fort dans le cercle de Ségou, qui viendrait en assistance aux plus démunis. C est ainsi qu on peut remarquer que ceux qui sont sensés disposer de plus de moyens, c est à dire les ménages peu vulnérables, n ont reçu aucun don ou Zakat, ils auraient au contraire contribué à assister les plus vulnérables. 63
75 CHAPITRE 4: SITUATION SANITAIRE ET NUTRITIONNELLE DES MENAGES Ce chapitre traitera des questions relatives à la santé des enfants, la nutrition et l accès à l eau potable des ménages. Au cours de l enquête, le questionnaire sanitaire administré aux ménages de l échantillon a permis de recueillir diverses informations sur les enfants de moins de 5 ans vivant dans les ménages : maladies courantes et maladies épidémiques, vaccinations, pratiques nutritionnelles et mesures anthropométriques. Le questionnaire a aussi saisi des informations sur les sources d eau pour les ménages et pour le bétail. Les informations sur les pratiques alimentaires des ménages (composition et nombre des repas) et les comportements faces aux services de santé ont également été relevées. Dans un premier temps, nous nous intéresserons à l eau potable, ensuite à l état sanitaire et nutritionnel des enfants, enfin nous aborderons les comportements alimentaires et ceux liés à la fréquentation des centres de santé par les ménages. I. Accès à l eau potable Lors de l enquête, il a été demandé aux ménages d indiquer la source principale 9 d eau utilisée pour les besoins de consommation du ménage. Les différentes sources évoquées sont : les puits ouverts, les puits couverts (traditionnels et améliorés), les pompes/ forages et les eaux de surface. Pour rendre opérationnel ce concept d eau potable, nous avons retenu comme tel, toute source d eau n ayant pas de contact avec l extérieur, donc qui ne peut pas être souillée par l extérieur. Cela comprend les puits couverts (traditionnel et améliorés) et les forages. Les robinets sont très peu fréquents dans la zone, mais ils entrent également dans cette définition. Cette définition de l eau potable nous le reconnaissons, présente quelques limites car, elle ne prend pas en compte les comportements hygiéniques de conservation de l eau, et, pour les puits couverts, ne tient pas compte de l état d entretien. Nous avons par ailleurs demandé aux ménages d estimer si leur besoin en eau est ou non satisfait. Les résultats obtenus figurent dans le tableau Vulnérabi lité (ns) Strate (*) Tableau : Source principale d'approvisionnement en eau du ménage selon la vulnérabilité et la strate Source d approvisionnement en eau Puit % ayant % de ménages couvert Puit Forage accès à dont besoins Puit tradi couvert ou Eau de l'eau en eau non Effectif de ouvert tionnel amélioré Pompe surface Total potable satisfaits ménages Très vulnérable 57,6 8,0 0,0 32,0 2, ,0 26,5 101 Moyen vulnérable 54,1 16,7 3,9 21,7 3, ,3 18,2 69 Peu vulnérable 51,3 22,9 5,0 20,9 0, ,7 34,4 25 Rive droite 52,8 11,1 1,9 30,6 3, ,5 27,8 132 Rive gauche sud 59,5 16,2 2,7 21,6 0, ,5 16,2 54 Rive gauche nord 75,5 22,4 0,0 2,0 0, ,5 28,6 8 Ensemble 55,6 13,0 2,0 26,9 2, ,9 24,6 194 NB : les test sont effectués sur la variable % ayant accès à l eau potable 9 Plusieurs sources peuvent être utilisées pour couvrir les besoins du ménage, en fonction de la saison et de l usage. Pour cette raison, nous avons demandé aux ménages de nous indiquer celle dont ils avaient le plus l usage. 64
76 Les besoins en eau des populations du cercle de Ségou sont encore loin d être satisfaits. En effet, moins de la moitié des ménages (42%) ont accès à l eau potable. Par ailleurs, d importantes disparités géographiques dans l accès à l eau potable sont à noter. Les problèmes d accès à l eau potable se situent sur la Rive gauche nord où à peine le quart des ménages ont accès à de l eau potable. Dans cette zone, l eau provient principalement de puits ouverts (utilisés par 75% des ménages). Par ailleurs, concernant l appréciation faite par les populations sur leurs besoins en eau, on note que le quart des ménages estiment que leurs besoins en eau ne sont pas satisfaits. Il s agit principalement des ménages peu vulnérables (34%) et très vulnérables (26%). Ces ménages vivent principalement sur la rive gauche nord (29%) et sur la rive droite (28%). II. Etat sanitaire des enfants Au cours de l enquête, tous les enfants de moins de 5 ans des ménages sélectionnés ont été enquêtés sur divers aspects liés à la santé infantile : les maladies courantes, les maladies épidémiques, la vaccination, etc.. Ils ont également été pesés et mesurés afin de déterminer leur statut nutritionnel. Les résultats relatifs à la santé des enfants sont donnés dans cette section. 1. Prévalence des maladies Deux types de maladies ont été distingués : les maladies courantes (diarrhée, paludisme, les Infections Respiratoires Aiguës (IRA)) et les maladies épidémiques (rougeole, méningite, choléra). Pour les maladies courantes, la période de référence porte sur les deux dernières semaines et pour les maladies épidémiques, sur les deux dernières années. A part la diarrhée, la déclaration des autres maladies courantes ou épidémiques pose le problème de difficulté de diagnostic correct par les ménages. Les résultats collectés ici donnent donc une image subjective de l état de santé de ces enfants. a) Prévalence des maladies courantes Le tableau nous renseigne sur la prévalence des maladies courantes telles la diarrhée, les IRA et le paludisme, chez les enfants de moins de 5 ans. 65
77 Tableau : Prévalence des maladies courantes chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques Diarrhée Paludisme IRA* Effectif des enfants de moins de 5 ans Vulnérabilité Très Moyen Peu Khi-deux (**) (**) (**) Strate Rive droite Rive gauche Rive gauche Nord Khi-deux (**) (**) (ns) Sexe Masculin Féminin Khi-deux (**) (ns) (*) Age en mois Khi-deux (ns) (ns) (ns) Ensemble *IRA = Infection respiratoire aiguë Dans le cercle de Ségou, la diarrhée a un taux de prévalence très élevé (27%) au sein de la population des moins de 5 ans. La prévalence des infections respiratoires aiguës et du paludisme, au sein de la même population est respectivement de 16% et 15%. Les enfants de la rive droite et ceux de la rive gauche semblent être plus vulnérables à la diarrhée et au paludisme que ceux de la rive gauche nord. Ces deux zones sont en effet à proximité du fleuve ce qui les rend probablement plus à risque. Les eaux de surfaces sont utilisées par les populations sans aucune mesure d hygiène, tant pour le bain des enfants que pour la vaisselle et même pour la boisson, entraînant ainsi une exposition plus importante aux différentes maladies hydriques et au paludisme. En faisant un parallèle avec les sources d eaux utilisées par les ménages (tableau ci-dessus), on note en effet que les ménages de la rive droite sont ceux qui utilisent le plus les eaux de surface (4 %), ce qui peut avoir une incidence certaine sur la santé des enfants. En ce qui concerne les IRA, les enfants connaissent le même risque de les contracter quelle que soit la zone dans laquelle ils résident. Il y a une forte liaison entre vulnérabilité et maladies courantes. Près d un quart des enfants de ménages très vulnérables ont contracté un paludisme dans les 2 semaines ayant précédé l enquête, alors que seulement 10 % des enfants de moins de 5 ans des ménages moyennement vulnérables et 13 % de ceux des très vulnérables ont été atteints. La liaison est également significative pour la diarrhée et les IRA. Selon le sexe, les filles et les garçons connaissent le même risque de contracter le paludisme. Par contre on note que le risque de contracter la diarrhée et les IRA est plus importante chez les filles que chez les garçons, ce qui pourrait être dû à des comportements préventifs plus importants en faveur des garçons qu en faveur des filles. Le risque de contracter les différentes maladies est le même quelle que soit la catégorie d âge de l enfant. 66
78 b) Prévalence des maladies épidémiques Les principales maladies épidémiques pour lesquelles nous avons collecté l information sont la méningite, le choléra et la rougeole. Une fois de plus ces observations sont à prendre avec prudence, sachant les mauvaises déclarations (confusion entre les maladies, oubli des évènements, etc.) qui peuvent nous être données ici. Tableau : Prévalence des maladies épidémiques chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques Rougeole Méningite Choléra Effectif des enfants de moins de 5 ans Vulnérabilité Très Moyen Peu Khi-deux (**) (**) (**) Strate Rive droite Rive gauche Rive gauche Nord Khi-deux (**) (**) (**) Sexe Masculin Féminin Khi-deux (ns) (ns) (ns) Age en mois Khi-deux (ns) (ns) (ns) Ensemble Parmi les maladies épidémiques observées dans les 2 ans ayant précédé l enquête, c est la rougeole qui a été la plus fréquente chez les enfants de moins de 5 ans avec une prévalence de 6%; viennent ensuite, la méningite et le choléra avec respectivement 4% et 2%. Selon la vulnérabilité, nous constatons que les enfants des ménages moyennement vulnérables et ceux des ménages très vulnérables ont le plus fort taux de prévalence de la rougeole (respectivement 10% et 6%, contre 0% d enfants des ménages peu vulnérables). Paradoxalement, les enfants des ménages peu vulnérables présentent les plus forts taux de prévalence de la méningite (16% contre seulement 1% chez les très vulnérables et 0% chez les moyennement vulnérables) et du choléra (9% contre 0% chez les très vulnérables et les moyennement vulnérables). Ce paradoxe pourrait s expliquer par plusieurs facteurs dont : une mauvaise déclaration/diagnostique de la maladie par la mère ; une faible vaccination des enfants des ménages peu vulnérables contre la méningite. Selon la zone de résidence, la rive gauche est la zone la plus à risque de méningite et de choléra, tandis que la rive droite et la rive gauche Nord sont des zones à risque de rougeole. Les filles connaissent le même risque que les garçons de contracter les maladies épidémiques. Aussi, le risque est le même quel que soit le groupe d âges de l enfant. 67
79 c) Autres maladies liées à une carence alimentaire Au cours de l enquête, nous avons demandé si certains membres du ménage souffraient de cécité crépusculaire ou de goitre. La cécité crépusculaire ou héméralopie est due à une déficience en Vitamine A, c est souvent le premier signe de carence en vitamine A. Il se traduit par une difficulté à voir en lumière réduite. Dans de nombreux pays où la carence en vitamine A est endémique, la langue locale comporte un mot spécifique pour désigner ce trouble. Les parents constatent parfois que leur enfant est maladroit dans le noir ou ne reconnaît pas les gens dans une pièce mal éclairée. Ce trouble est dû à une diminution de la rhodopsine dans les bâtonnets de la rétine. La carence en vitamine A affecte aussi d'autres organes et contribue à augmenter la mortalité des enfants, surtout en cas de rougeole. ( Le goitre quant à lui, est dû à une carence en iode et se manifeste par une inflammation de la glande thyroïde, qui s extériorise par un gonflement disgracieux du cou. Dans les zones où le n y a que des cas sporadiques de goitre, la nourriture n'est généralement pas en cause. Ce peut être une tumeur bénigne ou maligne. A l'inverse, si le goitre est fréquent dans une communauté, la cause est probablement nutritionnelle ( Le tableau suivant donne des informations sur la prévalence de la cécité crépusculaire et du goitre selon la vulnérabilité des ménages et la strate. Tableau : Prévalence de la cécité crépusculaire et du goitre dans le ménage selon la vulnérabilité et la strate % de ménages avec au moins un cas de : Cécité crépusculaire Goitre Effectif des ménages Vulnérabilité Très vulnérable 31,3 12,4 91 Moyen vulnérable 29,9 14,1 64 Peu vulnérable 28,1 10,9 25 Khi-deux (ns) (ns) Strate Rive droite 31,3 15,6 117 Rive gauche sud 29,7 8,1 54 Rive gauche Nord 21,7 2,2 7 Khi-deux (ns) (*) Ensemble 30,4 12, Près du tiers (30%) des ménages présentent au moins un cas de cécité crépusculaire. Les cas de goitres sont plus discrets et concernent seulement 13% des ménages. Cette proportion assez importante des cas de cécité crépusculaire pourrait être due à une erreur de déclaration des enquêtés qui auraient considéré comme telles toutes les infections rétiniennes. Par contre le goitre étant très facilement observable à travers le gonflement disgracieux du cou qu il produit, nous pouvons supposer que le chiffre déclaré est proche de la réalité. Selon la vulnérabilité, il n apparaît pas de différences significatives entre les ménages dans la prévalence des cas de goitre et de cécité crépusculaire. Par contre, selon la strate, on note une 10 Compte tenu du fait que 15 ménages n ont pas répondu aux questions relatives à la santé du ménage, le dénominateur de ce tableau et des suivants est de
80 plus grande prévalence des cas de goitre sur la rive droite (16%) et la rive gauche sud (8%) que sur la rive gauche nord (2%) 2. Consultation des centres de santé La fréquentation des centres de santé en cas de maladies des enfants et même des adultes est loin d être systématique. Nous avons déjà mis en avant dans la première partie, le manque et la faiblesse des équipements et centres de santé existants dans la région de Ségou. Le tableau nous donne le pourcentage de ménages ayant eu un enfant malade au cours des 3 derniers mois et parmi eux, ceux qui sont allés les faire consulter dans un centre de santé. Près de 50 % des ménages qui ont eu au moins un enfant malade l ont emmené en consultation dans un centre de santé. Une telle proportion est très faible dans le contexte actuel du développement essentiellement orienté vers l accès aux services sociaux de base. Il est intéressant de constater que les ménages peu vulnérables (64 %) ont plus souvent emmené leurs enfants que les moyennement vulnérables (39 %) et surtout les plus vulnérables (28 %), ce qui laisse supposer que la fréquentation des centres de santé est très liée aux ressources disponibles dans les ménages. C est en fait la principale raison de non-fréquentation avancée par 25% des ménages enquêtés, principalement des ménages très vulnérables (31%) et moyennement vulnérables (22%) alors que seulement 8% de peu vulnérables ont évoqué cette raison (données non publiées). Tableau : Propoprtion de ménages ayant eu des enfants malades au cours des 3 derniers mois et parmi ceux-ci proportion ayant consulté les centres de santé selon la vulnérabilité et la strate % de ménages avec enfants malades Dont % ayant fréquenté un centre de santé Effectif des ménages Vulnérabilité(*) Très 51,0 28,0 91 Moyen 61,1 38,7 64 Peu 50,3 63,8 25 Strate(ns) Rive droite 62,5 41,7 117 Rive gauche sud 37,8 21,4 54 Rive gauche nord 50,0 26,1 7 Ensemble 54,5 36,8 179 NB : Le test est effectué sur la variable % ayant fréquenté un centre de santé Les différences de fréquentation des centres de santé selon la strate ne sont pas significatives. 3. Couverture vaccinale Au cours de l enquête, pour tous les enfants de moins de 5 ans, on a enregistré les informations permettant d évaluer leur couverture vaccinale contre les 6 maladies infantiles, qui sont le BCG, la poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, la coqueluche et la rougeole. Ces vaccinations sont préconisées par le Programme Elargi de Vaccination. Nous avons enregistré l information à partir des cartes de vaccinations disponibles ou, s il n y en avait pas, à partir des déclarations de la mère ou de la personne en charge de l enfant. Le tableau présente la couverture vaccinale des enfants de 12 à 23 mois, groupe d âges qui devrait avoir reçu l ensemble de ces vaccinations puisque celles-ci doivent toutes être données avant que l enfant n ait atteint son premier anniversaire. Près de la moitié (43%) des enfants de mois disposent d une carte de vaccination qui nous a permis de récupérer l'information, les enfants des ménages peu vulnérables étant 2 fois moins 69
81 nombreux que les autres à posséder une telle carte pour leurs enfants (25 % contre plus de 50 % pour les autres). A peine la moitié (51%) des enfants de mois ont été entièrement protégés par les vaccinations du PEV. Paradoxalement, bien que ce soient les ménages peu vulnérables qui emmènent leurs enfants le plus fréquemment dans les centres de santé, ils sont ceux dont les enfants sont les moins vaccinés. En effet, 60% des enfants de mois des ménages très vulnérables et 55% des enfants des ménages moyennement vulnérables ont reçu toutes les vaccinations contre seulement 25% des enfants des ménages peu vulnérables. Selon la strate, les enfants de la rive gauche sud (avec seulement 27% d enfants ayant reçu tous les vaccins), sont ceux qui ont reçu le moins de vaccins relativement aux enfants de la rive gauche nord (58% d enfants ont reçu tous les vaccins) et ceux de la rive droite (61%). Tableau : Proportion d enfants de mois vaccinés selon la vulnérabilité la strate et le sexe de l enfant Vulnérabi lité Strate Sexe BCG POLIO DTCOQ A reçu tous les vaccins Dispose d'une carte de vaccination Effecti f des mois Très 76,9 78,1 69,5 69,5 62,0 62,0 62,0 62, Moyen 87,0 75,0 65,9 57,3 78,5 75,0 66,5 54, Peu 59,5 59,5 49,7 25,0 49,7 25,0 25,0 25, Khi-deux (ns) (ns) (ns) (**) (*) (**) (**) (*) (ns) Rive droite 93,0 83,7 79,1 65,1 81,4 74,4 67,4 60,5 51,2 52 Rive gauche sud 46,7 46,7 26,7 26,7 40,0 33,3 33,3 26,7 26,7 22 Rive gauche nord 75,0 75,0 66,7 66,7 58,3 58,3 58,3 58,3 33,3 4 Khi-deux (**) (**) (**) (**) (**) (**) (**) (**) (ns) Masculin 75,5 78,9 62,9 51,7 59,7 51,4 48,6 48, Féminin 83,7 65,3 64,8 57,7 80,0 75,7 68,6 53, Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (**) (*) (ns) (*) Ensemble ,9 63,7 54,4 68,6 62,1 57,4 50,9 43,4 78 En ce qui concerne les types de vaccins, on constate que 79 % des enfants ont reçu le BCG et 72 % la première dose de Polio. La bonne couverture de ce dernier vaccin s explique par les Journées Nationales de Vaccination (JNV) qui ont lieu en novembre et décembre de chaque année. Pendant ces JNV, on vaccine les enfants contre la Polio avec les 2 premières doses prescrites données à un mois d intervalle. Par contre, la couverture vaccinale de la Polio 2 et 3 diminue et atteint, respectivement 64 % pour la 2 ème dose et 54 % pour la 3 ème. Normalement, la couverture du DTCop suit celle de la Polio, car ces deux vaccins sont administrés en même temps. 4. Etat nutritionnel des enfants de moins de 5 ans L état nutritionnel est évalué au moyen d indicateurs anthropométriques calculés à partir de l âge et des mesures de taille et du poids de l enfant prises au cours de l enquête. Le poids et la taille permettent de calculer les trois indicateurs suivants : la taille par rapport à l âge, le poids par rapport à la taille et le poids par rapport à l âge. «Selon l OMS, l état nutritionnel des enfants observé pendant l enquête est comparé à une population de référence internationale, connue sous le nom de standard NCHS/CDC/OMS. Cette référence internationale a été établie à partir de l observation d enfants américains de moins de cinq ans en bonne santé et elle est utilisable pour tous les enfants de cet age dans la mesure ou, quel que soit le groupe de population, ils suivent un modèle de croissance similaire. Les données de la population de référence internationale ont été normalisées pour suivre une distribution 70
82 normale où la médiane et la moyenne sont identiques. Pour les différents indicateurs utilisés, on compare la situation des enfants dans l enquête avec le standard de référence internationale, en calculant la proportion d enfants observés qui se situent à moins de deux et à moins de trois écarts type en dessous de la médiane de la population de référence» (EDSM, 1996). Retard de croissance La malnutrition chronique qui se manifeste par une taille trop petite pour l'âge traduit un retard de croissance. Cette situation est généralement la conséquence d'une alimentation inadéquate et/ ou de maladies survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à plusieurs reprises. L'indice taille pour âge qui prend en compte la taille d'un enfant par rapport à son âge est une mesure des effets à long terme de la malnutrition et elle ne varie que très peu en fonction de la saison au cours de laquelle les enfants sont mesurés. La taille-pour âge est révélatrice de la qualité de l'environnement et, d'une manière générale, du niveau de développement socioéconomique d'une population (EDSM-II). Émaciation Les informations sur la malnutrition aiguë figurent également au niveau du tableau précédent, exprimé par l'indice poids-taille. Cet indice qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec la taille reflète la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l'enquête), et il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l'enfant, que ce soit les maladies (rougeole, diarrhée, ) ou des déficits alimentaires (sécheresses, périodes de soudure) sont très sensibles à la saison. Ce type de malnutrition est la conséquence d'une alimentation insuffisante durant la période ayant précédé l'observation et/ou d'une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère ou anorexie, par exemple). Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant de malnutrition aiguë modérée, ceux se situant à moins de 3 écarts type sont considérés comme souffrant de malnutrition aiguë sévère (EDSM-II). Insuffisance pondérale L indice poids-pour-âge est un indice combiné, son niveau pouvant être aussi bien provoqué par l émaciation que par le retard de croissance. Il traduit une insuffisance pondérale. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de 2 écarts type au-dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d insuffisance pondérale modérée, ceux se situant à moins de 3 écarts type sont considérés comme souffrant d insuffisance pondérale sévère (EDSM-II). Durant notre enquête, tous les enfants de moins de 5 ans des ménages de l échantillon ont été pesés et mesurés. Les mesures aberrantes ont été retirées de l analyse et les résultats présentés dans le tableau concernent 262 enfants de moins de 5 ans. 71
83 Tableau : État nutritionnel des enfants selon quelques caractéristiques socio-démographiques Taille-pour-age Poids-pour-taille Poids-pour-age Effectif des <-3ET <-2ET <-3ET <-2ET <-3ET <-2ET ménages Vulnérabilité Très vulnérable 27,2 44,6 1,9 13,6 17,1 32,5 79 Moyen vulnérable 36,8 52,1 0,3 7,0 17,2 42,1 116 Peu vulnérable 27,7 38,1 1,8 6,1 14,9 23,5 66 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) Strate Rive droite 35,5 52,6 1,3 8,6 19,7 38,2 186 Rive gauche sud 21,7 30,4 0,0 8,7 8,7 23,9 67 Rive gauche nord 24,1 33,3 7,4 14,8 11,1 37,0 9 Khi-deux (ns) (**) (**) (ns) (ns) (ns) Sexe Masculin 34,9 46,9 1,2 11,3 18,1 36,1 149 Féminin 27,2 45,5 1,1 5,4 14,6 32,2 113 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Age en mois ,0 9,9 0,0 5,0 0,0 6, ,1 46,1 0,8 17,7 27,0 53, ,7 49,9 0,3 9,3 21,8 34, ,4 49,8 3,3 7,2 17,0 35, ,4 56,3 0,0 0,0 3,2 21,4 43 Khi-deux (**) (**) (ns) (**) (**) (**) Ensemble 31,6 46,3 1,2 8,8 16,6 34,4 262 Selon les résultats du tableau précédent, on constate que près de la moitié des enfants (46%) du cercle de Ségou souffrent d'une malnutrition chronique, c est-à-dire sont trop petits pour leur âge (la taille-pour-âge se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence). Près du tiers de ces enfants (32%) souffrent de malnutrition chronique sévère (la taillepour âge se situe à moins de 3 écart-type de la médiane de la population de référence) 11. Ces proportions sont beaucoup plus élevées que celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie, à savoir 2,3% (à -2 écarts type) et 0,1% (à -3 écarts type). Selon la vulnérabilité, les enfants des ménages les plus vulnérables semblent être plus atteints par cette forme de malnutrition que ceux des ménages peu vulnérables. De même, selon l âge, on note que le risque est plus important à partir de 1 ans, et ceci quelle que soit la forme de malnutrition considérée. Par contre ces niveaux varient peu selon le sexe de l enfant. III. Alimentation des ménages Chaque ménage enquêté nous a donné des informations sur le nombre et la composition des repas pris la veille de l enquête. Une liste d aliments leur a été proposée pour chaque repas et il suffisait de cocher si oui ou non cet ingrédient ou aliment entrait dans la composition du repas de la veille. Le tableau donne la répartition du nombre de repas pris la veille de l enquête par les ménages. 11 Selon l EDSM-III de 2001, au niveau national, 38 % des enfants maliens de moins de 5 ans ont un retard de croissance, 11 % souffrent d émaciation et 33 % d insuffisance pondérale. 72
84 Tableau : Nombre de repas consommés la veille selon la vulnérabilité et la strate Nombre de repas Total Effectif consommés la veille 2 3 et + Vulnérabilité(ns) Très 7,4 92, Moyen 1,9 98, Peu 0,6 99, Strate(ns) Rive droite 5,2 94, Rive gauche sud 2,7 97, Rive 6,5 93, gauche Nord Ensemble 4,5 95, Globalement, tous les ménages interrogés avaient consommé au moins trois repas pendant les 24 heures ayant précédé l enquête. Le nombre de repas consommés est le même quelle que soit la vulnérabilité et la zone de résidence du ménage. Il faut considérer d autres indicateurs notamment la qualité des repas considérés pour juger d une éventuelle liaison entre la vulnérabilité et la sécurité alimentaire. 73
85 CONCLUSION PARTIELLE Après avoir parcouru les différentes composantes des conditions de vie des ménages dans le cercle de Ségou, nous pouvons faire les constats suivants. Le premier chapitre nous a permis d examiner la structure sociale et démographique des ménages ainsi que la migration. A ce niveau, il apparaît que : ¾ ¾ ¾ ¾ ¾ ¾ Un peu plus de la moitié des ménages ( 52%) ont été classés dans la catégorie très vulnérable ; Les ménages sont de taille relativement élevée, 11 personnes en moyenne et cette taille varie selon le niveau de vulnérabilité : les ménages de grande taille sont ceux qui sont les moins vulnérables et ont le plus de personnes à charge ; Le phénomène de femme chef de ménage n est pas une réalité du cercle de Ségou, car seule 3% des ménages sont dirigés par des femmes, ceci, à cause de la structure sociale forte du milieu bambara marqué par la pratique du lévirat ; L agriculture est l activité dominante et occupe une écrasante majorité de ménages comme activité principale (82%) ; La population est relativement jeune, les moins de 20 ans représentent près de 54% de la population totale ; La population est très peu instruite et les taux de scolarisation sont assez faibles surtout chez les filles et sur la rive gauche ; Par ailleurs, concernant la migration on note que : ¾ La migration concerne 7% de la population de 10 ans et + et 18% des ménages; ¾ Elle concerne surtout les plus vulnérables et les populations de la rive gauche sud ; ¾ La migration féminine est plus précoce que la migration masculine et atteint son pic entre 10 et 19 ans ; ¾ L essentiel des migrations est orienté vers Bamako, surtout celles des filles ; ¾ Moins de la moitié des ménages reçoivent des appuis de leurs migrants ; Dans le deuxième chapitre, nous avons analysé le système de production des ménages, ceci nous a permis de faire les constats suivants : ¾ Les femmes ont des revenus plus faibles que les hommes en matière d AGR ; ¾ Insuffisance d équipement agricole sophistiqué ; ¾ La production de mil est la production dominante dans le cercle de Ségou ¾ Il y a une inégale répartition de cheptel d une part entre homme et femme, au sein d un même ménage, d autre part entre peu vulnérables et très vulnérables L examen des stratégies de vie et de survie au chapitre 3 a permis de faire les constats suivants : ¾ L insécurité alimentaire est la principale contrainte avancée par les ménages ; ¾ Les mois les plus difficiles cités par les ménages sont ceux correspondant à la saison des pluies : juin, juillet, août et septembre ; Pour terminer le chapitre 4 a étudié la situation sanitaire et nutritionnelle des ménages. Les constats suivants ressortent de ce chapitre : ¾ La malnutrition des enfants est particulièrement élevée, bien que conforme aux tendances nationales. En effet, près de la moitié (46%) des enfants souffrent de malnutrition chronique ; 74
86 ¾ ¾ La fréquentation des centres de santé est liée à la fois à une insuffisance d infrastructure, mais aussi au faible revenu des populations. La rive gauche est la moins dotée en infrastructures sanitaires; Peu de ménages ( 41%) ont accès à l eau potable. Les problèmes d accès se posent surtout sur la rive gauche nord. 75
87 TROISIEME PARTIE CONDITIONS DE VIE DES MENAGES DANS LE CERCLE DE NIONO 76
88 CHAPITRE 1 : CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DES MENAGES, DE LA POPULATION ET MIGRATION L enquête sur la sécurité des conditions de vie dans la région de Ségou a permis de collecter des informations sur les ménages et les populations à l intérieur de ceux-ci. Dans le présent chapitre, nous donnons un aperçu des caractéristiques des ménages de la région ainsi que celles de la population des ménages, ensuite nous étudierons les mouvements migratoires de la population. I. Caractéristiques des ménages Le ménage a été défini comme : «toute unité de production, consommation et habitat». A ce titre, le ménage désigne un ensemble de personnes apparentées ou non, vivant sous le même toit, partageant l essentiel de leurs repas ensemble, produisant ou mettant en commun le fruit de leur production. Le ménage est dirigé par un chef de ménage qui sera généralement le plus âgé ou le plus influent. 1. Caractéristiques socio-démographiques des ménages Comme le montre le tableau suivant, les ménages du cercle de Niono sont principalement concentrés dans la zone Office(68%) suivi de la zone Nord(12%). Les autres zones n englobent que 4% de la population totale du cercle de Niono. La zone Office du Niger est une zone qui offre beaucoup d opportunités de production agricole, elle attire les populations des zones Nord et celles des autres Zones. Tableau : Répartition des ménages selon la strate et le niveau de vulnérabilité déclaré % Effectif des ménages Strate Zone office Zone Nord Autres Zones Vulnérabilité Très Moyen Peu Taille moyenne des ménages 12.6 Ensemble Le niveau de vulnérabilité a été défini par chaque communauté, de même que le classement des ménages dans les différentes catégories de vulnérabilité. Il ressort de cette classification, que près de la moitié (48%) des ménages ont été déclarés comme très vulnérables. Les ménages moyennement et peu vulnérables représentent respectivement 31% et 20% de l ensemble des ménages. Les ménages du cercle de Niono, sont de taille relativement élevée, en effet, on dénombre une moyenne de 13 personnes par ménage. Le chef du ménage est la personne responsable du ménage. Il prend les décisions importantes affectant la vie d un ménage. Le tableau suivant nous renseigne sur les caractéristiques des chefs de ménages dans le cercle de Niono. 77
89 Sexe du CM Occupation du CM Statut matrimonial du CM Tableau : Caractéristiques des chefs de ménages % Effectif des ménages Homme 97,3 188 Femme 2,7 7 Agriculture 78,4 151 Elevage 7,0 14 Artisanat 1,5 3 Autre 7,7 16 Travaux,4 1 ménagers Aucune 5,0 11 Célibataire 2,6 6 Marié monogame 45,9 89 Marié polygame 48,5 94 Veuf(ve) 2,5 6 Divorcé(e),5 1 Ensemble 100,0 195 Dans le cercle de Niono, la quasi-totalité des ménages sont dirigés par des hommes (97%) les ménages dirigés par les femmes ne représentent que 3% de l'ensemble des ménages. Cette faible proportion de femmes chefs de ménages dans le cercle de Niono serait attribuable à la structure sociale forte en milieu bambara, marquée par la pratique du lévirat et dans laquelle la conception de femmes dirigeantes est très mal perçue. L occupation principale a été définie pendant l enquête comme celle occupant le plus le temps de l enquêté. Les questions ont été posées à l ensemble de la population de 6 ans et +. On note qu'une majorité des chefs des ménages vivent principalement de l agriculture (78%). L élevage occupe la seconde place (7%), suivi de l artisanat (2%). Les chefs de ménages qui n exercent aucune activité productive représentent 5% de l ensemble des chefs de ménages (travaux domestiques et aucune activité). Selon le statut matrimonial, on note que les mariés polygames représentent près de la moitié des chefs de ménages (49%), les monogames occupent la seconde place (46%). On note aussi la présence de veuf(ve) (3%) de célibataires (3%) et de divorcé(e)s (1%). 2. Profil de la vulnérabilité des ménages Le tableau suivant nous aide à dégager un profil de vulnérabilité des ménages selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Nous avons fait un test de Khi-deux pour valider l existence ou non de liaison statistique entre la vulnérabilité et chacune des caractéristiques prise individuellement. La vulnérabilité déclarée est significativement liée au statut matrimonial du chef de ménage. Les chefs de ménages veufs, divorcés de même que les célibataires semblent plus vulnérables que les chefs de ménages mariés (monogames et polygames). Ces derniers, ont les mêmes niveaux de vulnérabilité (45% et 46%). 78
90 Tableau : Répartition des ménages selon le degré de vulnérabilité et les caractéristiques socio-démographiques Strate(ns) Très vulnérable Vulnérabilité Moyen vulnérable Peu vulnérable Total Effectif Zone office 46,4 32,7 20, Zone Nord 59,6 26,9 13, Autres Zones 48,5 21,2 30, Ethnie(ns) Bambara 43,7 37,9 18, Peul 50,0 32,0 18, Minianka 50,0 25,0 25, Sarakolé 51,9 24,1 24, Bellah 50,0 27,3 22, Autre 61,2 14,3 24, Statut Célibataire 86,0 9,1 4, matrimonial(*) Marié monogame 45,0 37,6 17, Marié polygame 45,9 28,8 25, Veuf(ve) 100,0 0,0 0, Groupes d'ages (ns) Divorcé(e) 100,0 0,0 0, ans 100,0 0,0 0, ans 96,8 0,0 3, ans 54,0 34,0 12, ans 50,6 31,7 17, ans 39,8 32,4 27, ans 48,3 27,5 24, ans 28,5 51,6 19, ans 32,5 50,0 17, ans et + 23,7 0,0 76, Ensemble 48,1 31,5 20, En résumé, il apparaît une vulnérabilité moindre dans l union et plus forte en dehors de l union. Le mariage est l union de deux personnes, deux familles, ou deux communautés, d où la mise en commun des biens, ce qui peut développer non seulement les réseaux sociaux du nouveau ménage, mais aussi sa capacité économique. Le fait d être célibataire s expliquerait par le manque de moyens pour contracter une union (donc traduirait un état de vulnérabilité), ou par le fait que certains individus sont rejetés par la communauté (cas de femmes ayant eu des enfants hors mariage, ou de personnes de castes qui n auraient pas la possibilité d épouser des gens en dehors de leur caste), d où une plus grande vulnérabilité. Dans les cas de rupture d union (divorce, veuvage), les femmes sont les premières à subir les conséquences : elles se retrouvent subitement chef de ménage, souvent avec un nombre important d enfants à charge, et se trouvent souvent expropriées des moyens de production, repris par la famille du mari, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Par ailleurs, celles qui ont un âge assez avancé ont moins de chance de contracter une nouvelle union. Les différences de vulnérabilité entre les zones de l'enquête (Zone Office, Zone Nord et Autres Zones), l ethnie du chef de ménage et les groupes d ages, ne sont pas significatives. La taille du ménage apparaît être un facteur important dans la production d un ménage, surtout en milieu rural. En effet, dans un contexte marqué par une agriculture traditionnelle dû au manque de matériel agricole, la force de travail revêt une importance capitale. Les ménages qui possèdent à ce titre une quantité importante de main d œuvre peuvent soit l exploiter directement ou indirectement en la louant à d autres. Bien que cette variable n ait pas été citée par les 79
91 communautés, parmi les indicateurs de vulnérabilité, elle reste toutefois un facteur important dans l étude de la vulnérabilité. Le tableau examine le lien entre vulnérabilité et taille du ménage. Tableau : Taille moyenne des ménages selon la vulnérabilité Taille moyenne Effectif des ménages Vulnérabilité (**) Très Moyen Peu Ensemble La taille des ménages est liée au niveau de vulnérabilité. Le nombre de personnes du ménage diminue avec la vulnérabilité. Ainsi, les ménages très vulnérables ont en moyenne 10 personnes, suivent ensuite les ménages moyennement vulnérables (12 personnes) et peu vulnérables qui ont pratiquement deux fois plus de membres que les ménages très vulnérables (20 personnes en moyenne). Le phénomène inverse est observé dans plusieurs études en milieu urbain, où il apparaît que la taille du ménage est inversement proportionnelle au niveau de vie du ménage (Sanou et Lachaud, 1993). Deux hypothèses antagonistes peuvent être avancées pour expliquer cette tendance en milieu rural : la taille du ménage est liée à la disponibilité de main d œuvre, ce qui donne une dynamique de production et d innovation importante aux ménages ayant plus de personnes, d où une vulnérabilité moindre. A l opposé, on peut penser que les ménages moins vulnérables attirent beaucoup de personnes qui viennent vivre au dépend du ménage, ce qui serait justifié par le système de solidarité dans le contexte malien. Cet indicateur de taille de ménage est cependant relativement limité. Il vaudrait mieux tenir compte du nombre d actifs par ménage par rapport au nombre d inactifs, pour mieux comprendre la relation entre main d œuvre et vulnérabilité. Ceci nous amène à calculer un ratio de dépendance dans les ménages (tableau 3.1.5). Tableau : Ratio de dépendance selon le niveau de vulnérabilité Vulnérabilité Population en activité Population totale Ratio de dépendance Très vulnérable ,5 Moyennement vulnérable ,9 Peu vulnérable ,5 Ensemble ,4 Le ratio de dépendance est calculé en rapportant la population totale à la population en activité. Ce ratio traduit le degré de dépendance dans le ménage. On constate que dans les ménages vulnérables, la dépendance est plus forte que dans les ménages moyennement ou peu vulnérables. Cette tendance pourrait confirmer notre première hypothèse liée au dynamisme des ménages de grande taille, dans lesquels le nombre de personnes actives est important, ce qui serait un des éléments expliquant leur plus faible vulnérabilité. II. Caractéristiques de la population des ménages Au cours de l'enquête SCVM de Niono, des données socio-démographiques sur chaque membre des ménages enquêtés ont été collectées. Dans cette section, nous étudierons les caractéristiques de la population des ménages enquêtés. Nous verrons dans un premier temps les caractéristiques socio-démographiques de cette population, ensuite la scolarisation et l instruction seront abordées. 80
92 1. Caractéristiques socio-démographiques de la population La pyramide des âges (graphique 3.1.1) est à base large et à sommet effilé, structure caractérisant les pays en voie de développement. Ceci traduit une population relativement jeune dans un contexte de forte natalité. Entre 20 et 39 ans, on note une prédominance des femmes, ceci serait lié à une migration de la force de travail masculine. A ans cet écart entre hommes et femmes tend à se résorber, sans doute à cause d une migration de retour des Hommes. Graphique : Pyramide des âges de la population 80 ans et ans ans ans ans Homme Femme ans ans ans 0-9 ans Le tableau nous donne les informations complémentaires sur les caractéristiques sociodémographiques de la population des ménages. On y note que, la population est principalement concentrée sur la rive droite du fleuve (66%) et sur la rive gauche sud (30%). La rive gauche Nord ne retient que 4% de la population. La rive Gauche Sud est une zone très instable moins arrosée et sujette aux aléas climatiques. Les principales ethnies du cercle sont par ordre d importance numérique : les Bambara(46%), les Peuls(16%), les Minianka(15%), les Bellah(9%) et les Sarakolé(9%). On note aussi la présence d autres ethnies plus marginales(maure, Bobo, etc.). La population vit principalement de l'agriculture (53% de la population de 10 ans et +), puis de l artisanat et de l'élevage (3% chacun). On constate que plus du tiers (39%) de la population de 10 ans et + n exerce aucune activité ; cette population est en grande partie, composée de femmes qui ne s occupent que de l entretien de leur foyer (27%), d enfants scolarisés (8%), et de personnes qui n exercent aucune activité (4%). 81
93 Tableau : Caractéristiques socio-démographique de la population des ménages Répartition de la population selon la strate, le sexe, l ethnie et l occupation principale % Effectif de la population Strate Zone office 86, Zone Nord 7,9 193 Autres Zones 5,7 140 Sexe Homme 48, Femme 51, Ethnie Bambara 45, Peul 16,4 402 Minianka 14,7 359 Sarakolé 8,8 215 Bellah 9,0 219 Autre 5,5 135 Ensemble population Occupation Agriculture 52,6 823 Principale Elevage 2,6 41 Artisanat 3,0 47 Autre 2,7 42 Elève 8,2 129 Travaux ménagers 27,3 427 Aucune 3,5 54 Ensemble population 10 ans et + 100, Pour compléter les données sur l activité, nous avons analysé les taux d activité par groupe d âges. Le tableau suivant présente les taux d activité de la population des ménages de l enquête selon le sexe et le groupe d âges. Au niveau de l analyse, nous avons décidé de ne tenir compte que des activités rémunératrices pratiquées par les membres des ménages. De ce fait, les femmes qui s occupent de leur ménage et qui ne font que cela, ne sont pas enregistrées comme ayant une activité. Les taux d activité sont une fonction concave de l âge. La proportion de personnes en activité augmente avec l âge, jusqu à atteindre une valeur maximale à ans, ensuite elle commence à décroître à partir de ces âges. Cette structure des taux d activité par âge est un modèle qui s observe dans tous les contextes, elle est liée au cycle de vie d un individu : aux âges extrêmes, la plupart des individus manquent de force pour exercer une activité économique. On relève par ailleurs que le taux d activités des femmes est plus faible que celui des hommes et ceci à tous les âges sauf entre 0 et 9 ans. Cette situation relève de facteurs sociaux (la femme a un rôle de reproduction et de gardienne de foyer dans la société Bamanan) et biologique (les maternités multiples et rapprochées entravent l exercice d une activité économique chez la femme). 82
94 Tableau : Taux d activité par age et sexe de la population des ménages Groupes d ages Homme Femme Ensemble Effectif de la population 0-9 ans 14,0 3,7 8, ans 63,9 28,7 46, ans 98,0 42,4 64, ans 98,6 42,8 68, ans 98,2 47,8 71, ans 99,5 55,0 77, ans 94,4 63,9 80, ans 61,3 34,7 50, ans 50,0 0,0 14, ans et + 0,0 0,0 0,0 5 Ensemble 58,0 27,3 42, Graphique 3.1.2: Taux d activité par groupe d age et par sexe 120,0 100,0 80,0 60,0 40,0 20,0 0,0 0-9 ans ans ans ans ans ans ans ans ans 90 ans et + Homme F emme Ensemble Source : Tableau Les enfants représentent très jeunes, une force de travail dont les ménages peuvent difficilement se passer. Aussi le tableau présente t-il des informations relatives à l occupation des enfants de moins de 15 ans à l intérieur de leur ménage. Nous avons classé les enfants en plusieurs catégories : ceux qui sont scolarisés tout d abord (les élèves), ceux qui font uniquement des travaux ménagers dans leur ménage (corvée d eau, ramassage du bois, etc.) et enfin, ceux qui ont une activité productive (qui pourrait également être rémunératrice). Cette dernière catégorie concerne 15 % des enfants de 0-14 ans. Cependant, cette proportion varie avec certaines caractéristiques, principalement avec le sexe, l âge, l ethnie de l enfant ainsi que son lieu de résidence. Ainsi, si l on considère l âge, on constate que plus du tiers (34 %) des enfants de ans ont une activité productive, c est dire l importance de cette force de travail dans les ménages. Par ailleurs, les garçons sont 3 fois plus nombreux que les filles (22 % contre 7 %) à exercer une activité économique. C est dans les Autres zones (32 %) et dans la Zone Nord (24 %) que la force de travail des enfants est plus fréquemment mise à contribution, par rapport à la Zone Office où seulement 13 % des enfants travaillent. 83
95 Les principales activités des enfants sont essentiellement dans l agriculture (13%), les autres activités comme l élevage, l artisanat ou autre occupent chacune moins de 1 % des enfants. Tableau : Occupation des enfants de moins de 15 ans selon les caractéristiques socio-démographiques Occupation principale Tra vaux Total % exerçant une Effectif moins de 15 Agri- Ele- Arti- mén Aucune activité ans culture Vage sanat Autre Elève agers productive Vulnérabi Très 14,1,7 1,0 1,0 18,1 13,8 51,2 100,0 16,8 421 lité Moyen 12,3,4,4,0 17,9 8,8 60,2 100,0 13,1 325 (ns) Peu 11,8 1,5,0,0 13,5 12,0 61,2 100,0 13,3 381 Strate (**) Sexe (**) Groupes d'âges (**) Ethnie (**) Zone office 11,9,6,3,0 18,4 11,7 57,1 100,0 12,8 990 Zone Nord 9,7 5,5 3,6 5,5,6 11,5 63,6 100,0 24,3 74 Autres Zones 31,9,4,0,0 4,2 12,7 50,8 100,0 32,3 62 Homme 19,3 1,8,4,7 20,1 3,1 54,7 100,0 22,2 570 Femme 6,3,0,6,0 12,8 20,6 59,8 100,0 6, ans 7,5,8,3,2 10,3 6,8 74,0 100,0 8, ans 30,3 1,2 1,2,9 36,7 27,9 1,7 100,0 33,6 262 Bambara 16,4,0,1,0 18,2 13,8 51,6 100,0 16,5 534 Peul 5,9 3,2 1,3 2,3 16,2 6,1 65,0 100,0 12,7 173 Minianka 12,4 1,8,9,0 17,7 17,7 49,6 100,0 15,1 164 Sarakolé 3,7,0,0,0 19,3 9,6 67,4 100,0 3,7 90 Bellah 13,7 1,4 1,4,0,0 8,2 75,3 100,0 16,5 106 Autre 14,8,0,0,0 24,0 3,1 58,0 100,0 14,8 60 Ensemble 12,8,9,5,4 16,5 11,8 57,2 100,0 14, NB : Le test est effectué pour la variable %exerçant une activité économique 2. Instruction et scolarisation actuelle a) Instruction Le niveau d instruction de la population est appréhendé à travers la fréquentation du système d enseignement formel. On a distingué ici trois groupes de niveaux d instruction : ceux qui ne sont jamais allés à l école, ceux qui ont un niveau primaire incomplet (niveau fondamental 1, allant de la 1 ère à la 6 ème année, mais non achevé) et, ceux qui ont le niveau primaire complet et plus. On s intéresse ici à la population de 7 ans et plus pour le niveau d instruction (tableau 3.1.9) et à la population de 7-14 ans pour la scolarisation actuelle (tableau ). 84
96 Tableau : Niveau d instruction de la population de 7ans et plus selon quelques caractéristiques socio-démographiques Niveau d instruction Effectif Aucun Primaire Primaire population incomplet complet et + de 7 ans Total et + Vulnérabilité(**) Très vulnérable 79,2 17,9 2, Moyen vulnérable 75,8 19,6 4, Peu vulnérable 79,1 19,5 1, Strate(**) Zone office 75,1 21,5 3, Zone Nord 97,2 2,2 0, Autres Zones 95,2 4,6 0, Sexe(**) Homme 70,3 25,4 4, Femme 85,5 12,8 1, Ethnie(**) Bambara 79,5 18,2 2, Peul 79,4 19,3 1, Minianka 63,2 29,2 7, Sarakolé 76,9 21,2 1, Bellah 98,0 1,0 1, Autre 76,2 19,3 4, Ensemble 78,1 18,9 2, Le taux de non-instruction est très élevé : près de 78% de la population n est jamais allée à l école. Ce taux est plus faible que celui observé dans la région de Tombouctou (81%) et dans le cercle de Ségou(90%). On dénote, derrière cette globalité, certaines disparités régionales et sociales. On note ainsi, que : ¾ les populations vivant dans la zone de l Office du Niger sont de loin plus instruites (25%) que celles vivant dans la Zone Nord (3%) et dans les Autres Zones (5%) ; ¾ les hommes sont plus instruits que les femmes (30% contre 15%); ¾ les Bellah sont les moins instruits de l'ensemble des ethnies considérées, avec un taux d'instruction de 2% et les Minianka, les plus instruits (37%); Bambara, Peul et Sarakolé présentent à peu près le même niveau d instruction (20% environ) ; ¾ Il y a un lien évident entre vulnérabilité et instruction, cependant, il ne va pas dans le sens attendu. En effet, on note que les personnes vivant dans des ménages moyennement vulnérables sont les plus instruites (24%) ; les personnes vivant dans des ménages très vulnérables ont les mêmes niveaux d'instruction que celles vivant dans les ménages peu vulnérables (21%). b) Scolarisation Le taux de scolarisation est calculé en rapportant la population de 7-14 ans (en âge de scolarisation) qui fréquente l école à la population totale des 7-14 ans. Il s agit ici d un taux net de scolarisation, par opposition au taux brut de scolarisation qui est le rapport entre la population totale inscrite au primaire quel que soit son âge et la population totale ayant l âge d aller au primaire. 85
97 Tableau : Taux net de scolarisation de la population de 7-14 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques Effectif des % d enfants scolarisés enfants de 7-14 ans Vulnérabilité(**) Très vulnérable 35,7 215 Moyen vulnérable 50,9 140 Peu vulnérable 36,1 161 Strate(**) Zone office 44,9 452 Zone Nord 1,5 31 Autres Zones 8,3 33 Sexe(**) Homme 47,3 282 Femme 31,1 235 Ethnie(**) Bambara 41,7 263 Peul 40,8 74 Minianka 39,3 83 Sarakolé 53,8 33 Bellah 4,0 37 Autre 55,0 27 Ensemble 39,9 516 On peut constater que plus d un tiers des enfants de 7-14 ans fréquentent l'école (40%). Ce taux net de scolarisation est assez prometteur, car il est au-dessus de la moyenne nationale. On relève cependant des disparités régionales et socio-économiques assez importantes. On note ainsi, que les enfants vivant dans la zone Office sont de loin plus scolarisés (45%) que ceux dans la Zone Nord (2%) et dans les Autres zones (8%). Cette situation pourrait s'expliquer par un problème d'infrastructures scolaires, dans la mesure où la zone Office est mieux dotée que la zone Nord et les autres zones en infrastructures scolaires. Selon l ethnie (graphique 3.1.3), les enfants de l ethnie Bellah présentent les taux de scolarisation les plus faibles (4%), à l opposé, les Sarakolé et les Minianka présentent les taux de scolarisation les plus élevés (54% et 39%). Cette particularité des Bellah pourrait s expliquer par un problème d infrastructures scolaires dans les villages Bellah, par ailleurs la précarité des conditions de vie de l ethnie Bellah pourrait être aussi en partie à l origine de cette sous-scolarisation des enfants Bellah. Graphique : Taux de scolarisation selon l ethnie Bellah Bambara Peulh Autre Minianka Sarakolé Source : tableau
98 Les disparités entre filles et garçons sont aussi remarquables (47% des garçons sont scolarisés, contre 31% des filles). III. Migration Dans des systèmes de vie d une grande précarité, la migration est souvent utilisée comme une stratégie de vie, permettant d obtenir des ressources supplémentaires, en argent ou en équipement / biens de production. L intensité des ces mouvements migratoires fluctue en fonction de la saison, du sexe et de l âge des partants. Les destinations sont très variables, et peuvent être très éloignées du lieu de départ. La migration est faite pour des raisons économiques, professionnelles (le cas des pêcheurs et des commerçants), sociales (femmes qui partent accoucher dans leur village) ou encore pour des études (pour rejoindre les écoles de second cycle, notamment). Les durées de migration sont également variables, mais il y a toujours au moins deux pics de retours correspondant au moment des s les et celui des récoltes. Cependant, la migration est aussi un phénomène culturel important et a toujours fait partie des traditions. Elle peut correspondre, pour les jeunes hommes, à un rite initiatique de passage à l âge adulte. Au cours de l'enquête SCVM, la migration a été saisie en prenant comme référence la période de 12 mois précédant la date de l enquête. Elle se définit comme l'ensemble des déplacements effectués en dehors de la zone de résidence, pour une période de plus de deux mois et moins de dix mois, au cours des 12 mois précédant l'enquête. Seule la population de 10 ans et plus était éligible à cette question. Les données sur la migration ont été collectées quelle que fut la raison la motivant, mais pour cette analyse orientée sur les stratégies de vie / survie et sur la vulnérabilité, nous avons tenu compte exclusivement de la migration pour raisons économiques. Seulement 4% de la population de plus de 9 ans a effectué un mouvement migratoire dans le cercle de Niono, au cours de la période de référence. Qui sont ces migrants? Quand, pourquoi et dans quelles conditions vont-ils en migration? Nous répondons à ces questions dans les sections qui suivent. 1. Caractéristiques socio-démographiques des migrants Le tableau présente le pourcentage de la population des ménages âgée de 10 et plus ayant migré pendant la période de référence, selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles. Les populations vivant dans la zone Nord (16%) migrent plus que celles vivant dans les autres zones (4%) qui elles aussi migrent plus que les populations de la zone Office(3%). Ainsi, le déplacement paraît être fonction des aléas climatiques et de la précarité des conditions de vie. En effet, la zone Office est une zone ou les aménagements permettent de sécuriser la production, la rendant moins dépendante des aléas climatiques. La présence des aménagements permet une production régulière toute l année. A l opposé, La zone nord et les autres zones sont des zones moins productives et plus dépendantes des aléas climatiques. Comme nous le verrons plus loin, la plupart des migrants de ces zones vont en destination de la zone Office du Niger, pour y travailler comme ouvriers agricoles (cf. destination des migrants). 87
99 Tableau : Taux de migration de la population de 10 ans et plus selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles Effectif des % en migration personnes de 10 ans et + Strate Zone office 2, Zone Nord 15,6 136 Autres Zones 4,6 98 Vulnérabilité Très vulnérable 5,1 578 Moyen vulnérable 2,8 493 Peu vulnérable 2,4 493 Sexe Homme 5,0 743 Femme 2,2 821 Ethnie Bambara 2,6 724 Peul 7,7 262 Minianka 0,6 236 Sarakolé 1,1 138 Bellah 9,9 120 Autre 1,8 84 Ensemble 3, On note que par rapport aux individus des ménages très vulnérables, ceux des ménages moyennement vulnérables et peu vulnérables, migrent moins (respectivement 6% contre 3% et 2%). Les précarités économiques auxquelles font face les ménages très vulnérables seraient à l origine de leur migration. Cependant le manque de ressources pour l exode empêcherait certains de migrer. La migration des femmes est trois fois moins importante que celles des hommes. (6% contre 2%). Cependant, il faut constater que c est un phénomène très récent et qui prend de l ampleur rapidement. Le taux de migration selon l'ethnie, laisse voir que l'ethnie Bellah et l ethnie Peul, sont de loin celles qui migrent plus (10% et 8%). Ce comportement migratoire serait lié au mode de vie nomade mené par ces ethnies. Comme nous le verrons dans le chapitre sur le cheptel, les Bellah ne sont pas directement possesseur de bétail, mais font souvent le berger pour les Tamasheq notamment. A l opposé, l ethnie Minianka est celle qui migre moins (0,4%). Le graphique suivant présente la structure par âge de la population des migrants. Il permet de dégager un profil de migration selon l'âge et le sexe dans le cercle de Niono. Contrairement au cercle de Ségou et à la région de Tombouctou, dans le cercle de Niono, la migration féminine est moins précoce. Elle est par ailleurs plus tardive que la migration masculine. En effet, tandis que chez les hommes, le flux migratoire atteint son maximum entre 20 et 29 ans, chez les femmes, c est entre 30 et 39 ans qu on observe le maximum de migrantes. A ces ages, les femmes sont généralement en union, il pourrait donc s agir d une migration de couple. Lors de nos investigations sur le terrain, ce système de migration a été mis en évidence, nous avons en effet observé des familles entières se déplacer en direction de l Office du Niger pour les récoltes. 88
100 Graphique : Pyramide des âges de la population des migrants ans ans ans ans Homme F emme ans ans Destination des migrants Au niveau de l étude, nous n avons enregistré que la destination finale des migrants, étant entendu que plusieurs lieux de passage ont pu être atteints avant d arriver à cette destination. Le tableau présente la destination finale de chacun des migrants selon quelques caractéristiques socio-économiques. Tableau : Destination de la population migrante selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant Destination des migrants Effectif Bamako Ségou Même Autre RCI des ville cercle Mali Total migrants Strate (**) Zone office 40,0 5,0 45,0 10,0 0, Zone Nord 10,9 45,7 28,3 10,9 4, Autres Zones 11,1 11,1 33,3 0,0 44, Vulnérabilité (ns) Très vulnérable 16,6 31,5 36,6 12,8 2, Moyen vulnérable 40,9 6,7 35,0 10,8 6, Peu vulnérable 34,5 11,8 43,3 0,0 10, Sexe (**) Homme 35,7 30,3 19,6 7,8 6, Femme 8,1 2,5 73,8 13,1 2, Ensemble 26,5 21,1 37,6 9,5 5, Les migrants du cercle de Niono se déplacent principalement au sein du même cercle (38%). Bamako (27%) et Ségou(21%) sont les deuxième et troisième destinations préférentielles des migrants dans leur déplacement. Les opportunités économiques offertes par l Office du Niger seraient à l origine de cette attirance pour le cercle de Niono. Selon la strate, un profil de destination des migrants apparaît. En effet, selon que le migrant réside dans la zone Office ou non, les comportements migratoires seront différents. Ainsi, les migrants de la zone Office vont principalement dans le même cercle (45%) et à Bamako (40%) ; ceux de la Zone Nord vont principalement à Ségou (46%) et ceux des Autres Zones vont principalement en RCI (44%). 89
101 Selon le sexe du migrant, on note que la destination privilégiée des femmes est le cercle de Niono (74%). Les hommes, pour leur part vont surtout à Bamako (36%) et à Ségou (30%). L hypothèse d une migration de couple émise à partir de l analyse de la structure par âge des migrants est donc à écarter. La vulnérabilité du ménage n est pas liée à la destination du migrant. 3. Le flux migratoire Les mouvements migratoires sont liés au calendrier agricole (Graphique ). En effet, c est essentiellement à partir du mois de septembre (fin de la saison des pluies et des travaux champêtres) qu on constate le départ progressif des migrants, jusqu au mois de janvier où les départs sont les plus fréquents. Le retour des migrants s effectue progressivement de février jusqu à atteindre un pic en juin (début de la saison des pluies et des travaux champêtres). Graphique : Flux migratoire au cours de l année 35,0 30,0 25,0 20,0 15,0 10,0 5,0 0,0 Janvier Fevrier Mars Avril Mai Juin Juillet Août S eptembre Octobre Novembre Décembre Dépar t Retour La fréquence de la migration est indicative des stratégies de vie et de survie. Lorsque la migration est régulière, ceci indique une certaine stabilité du phénomène; par contre lorsqu'elle ne s'effectue qu'à un moment précis, en cas de crise par exemple, la migration devient alors une stratégie de survie (tableau ). La migration est annuelle pour plus de la moitié des migrants (63%). Selon la strate, la migration est plus régulière dans la Zone Nord (91%) que dans la zone Office et les autres zones (respectivement 45% et 50%). Il n y a pas de liaison entre la fréquence de la migration et la vulnérabilité du ménage, de même que entre la fréquence de la migration et le sexe du migrant. Ceci suggèrerait que la migration correspondrait plus à une habitude traditionnelle plutôt qu à une stratégie économique de survie utilisée par les ménages en cas de crise. 90
102 Tableau : Fréquence de la Migration selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant Fréquence Tous les ans Seulement années de crise Total Effectif des migrants Strate (**) Zone office 45,0 55, Zone Nord 91,3 8, Autres Zones 50,0 50, Vulnérabilité (ns) Très vulnérable 59,5 40, Moyen vulnérable 78,4 21, Peu vulnérable 54,6 45, Sexe (ns) Homme 62,1 37, Femme 65,2 34, Ensemble 63,1 36, Provenance des ressources pour la migration et travaux effectués par les migrants Pour mieux comprendre les motivations pour la migration et savoir si le phénomène migratoire est une stratégie de vie ou de survie, il est important de connaître la provenance des ressources pour la migration. Le tableau nous renseigne sur la provenance des ressources finançant la migration selon les caractéristiques socio-économiques du migrant et de son ménage. Nous avons identifié les principales ressources utilisées pour financer cette migration : Les ressources provenant de la vente de la production (production agricole, production de pêche), Les ressources provenant de la vente des biens productifs (bétail, terre, équipement, etc.) Les sources extérieures émanant souvent du système de solidarité du milieu rural (emprunts/ crédit, aides extérieures), et enfin, Aucune ressource. Tableau : Provenance des ressources pour la migration selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant Vente Vente Vente biens production bétail /équipements agricole Emprunt /crédit Aucune ressource Revenu issu de l'activité secondaire Autre Effectif des migrants Strate Zone office 55,0 10,0 10,0 20,0 10,0 0,0 15,0 30 Zone Nord 28,3 30,4 10,9 17,4 17,4 0,0 15,2 21 Autres Zones 33,3 0,0 0,0 27,8 5,6 27,8 0,0 4 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) Vulnérabilité Très vulnérable 49,6 15,6 9,7 20,1 14,7 4,2 14,4 30 Moyen vulnérable 32,3 24,2 10,8 24,9 15,2 0,0 14,1 14 Peu vulnérable 38,9 12,4 7,7 12,4 3,8 0,0 12,4 12 Sexe Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Homme 42,0 20,5 14,3 16,4 9,4 3,4 14,3 37 Femme 45,0 10,0 0,0 26,2 18,6 0,0 13,1 18 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Ensemble 43,0 17,0 9,5 19,6 12,5 2,2 13,
103 Pour presque la moitié des migrants (43%), la vente de la production agricole a été une source de financement de leur migration. Les emprunts/crédit (20%) sont également une source importante de financement de la migration, ainsi que la vente de bétail (17%). Les migrants qui sont partis sans ressource sont aussi relativement importants (13%). Ces migrants sont donc obligés de trouver de quoi survivre pendant leur voyage et donc, de travailler de façon journalière sur des différents types d emploi. Les différences socio-économiques dans la provenance des ressources ne sont pas significatives. Les activités économiques exercées par les migrants sur leur lieu de destination sont abordées dans le tableau Il s agit ici du travail effectué sur le lieu principal de la migration, étant entendu que divers travaux peuvent être effectués tout au long du voyage pour financer celui-ci. Dans l'ensemble, la majorité des migrants pratiquent le petit commerce (22%), les travaux dans les plantations (19%), les travaux manuels (16%) et les travaux domestiques (16%). Selon la zone de résidence, on note une différence de pratique d'activité sur le lieu de destination du migrant. Les migrants de la Zone Office se distinguent par le petit commerce (30%) et les travaux dans les plantations (25%) ; ceux de la Zone Nord se distinguent par le tissage (24%) et les travaux manuels (20%) ; enfin, les migrants des autres zones se distinguent par les travaux manuels (39%) et les travaux domestiques (28%). Selon la vulnérabilité, les migrants des ménages très vulnérables se distinguent des autres migrants par l exercice des travaux dans les plantations (30%) et des travaux domestiques (21%). Quant aux migrants des ménages moyennement et peu vulnérables, on les retrouve dans le petit commerce (respectivement 25% et 38%). Ces constats se justifient par le fait que, l exercice du petit commerce demande un fond de commerce, ce que les plus vulnérables n ont pas la possibilité de s offrir. Tableau : Travaux effectués par les migrants sur leurs lieux de destination, selon la strate, la vulnérabilité du ménage et le sexe du migrant Petit commerce Travaux domestiques Type de travail Travaux dans les plantations Travaux manuels Berger Tissage Autres travaux Effectif des Total migrants Strate (**) Zone office 30,0 20,0 25,0 10,0 0,0 0,0 15, Zone Nord 13,0 6,5 10,9 19,6 15,2 23,9 10, Autres Zones 5,6 27,8 22,2 38,9 0,0 0,0 5, Vulnérabi Très vulnérable 13,1 20,6 29,5 8,8 4,7 17,1 6, lité (**) Moyen vulnérable 24,9 10,8 10,8 16,8 13,4 0,0 23, Peu vulnérable 38,3 8,3 4,1 33,0 0,0 0,0 16, Sexe (**) Homme 28,2 1,9 16,0 17,5 6,2 12,5 17, Femme 8,1 42,7 26,2 13,1 5,0 2,5 2, Ensemble 21,5 15,5 19,4 16,0 5,8 9,2 12, En ce qui concerne le sexe du migrant, on note une concentration des femmes au niveau des travaux domestiques (43%) et des travaux dans les plantations (26%). Tandis que les hommes se retrouvent dans le petit commerce (28%), les travaux manuels (18%) et les travaux dans les plantations (16%). 92
104 5. Apport de la migration au ménage Dans cette section nous étudierons les apports des migrants dans leurs ménages respectifs. Nous avons cherché à déterminer ce que les migrants envoient pendant leur séjour, à leur ménage resté au village et/ou ce qu ils ramènent avec eux à leur retour, que l apport soit en argent ou en nature (vivres, biens d équipement, vêtements, etc.). La migration est analysée cette fois à l'échelle du ménage avec l'examen des caractéristiques des ménages pratiquant la migration (tableau ). Moins d un cinquième des ménages (18%) en milieu rural du cercle de Niono a eu au moins un membre parti en migration au cours des 12 mois ayant précédé l enquête, pour une période minimum de 2 mois. La proportion de ménages ayant au moins un migrant au cours des 12 derniers mois avant l enquête est variable selon la strate et l ethnie du chef de ménage. En zone Nord, la migration a une grande ampleur. La moitié des ménages de cette zone ont au moins une personne ayant émigré au cours de l année. Les populations habitant la Zone Nord sont des populations nomades qui se sont sédentarisées, les conditions de vie précaires liées aux aléas climatiques, combinées aux facteurs culturels seraient à l origine de la forte migration observée dans la Zone Nord. A l opposé, c est en zone Office qu on enregistre le moins de migrations. Seule 13% des ménages ont eu au moins un migrant au cours de l année. La zone Office offre beaucoup d opportunités économiques, grâce aux aménagements qui y existent, ceci contribue à retenir les populations de cette zone et à attirer les populations des zones moins nanties. Tableau : Caractéristiques des ménages des migrants % ayant au moins un migrant pour raison économique Effectif des ménages Très vulnérable 16,8 94 Vulnérabilité(ns) Moyen vulnérable 16,9 62 Peu vulnérable 20,9 40 Strate(**) Zone office 12,7 163 Zone Nord 50,0 24 Autres Zones 21,2 8 Ethnie du chefbambara 12,3 85 de ménage(**) Peul 34,0 36 Minianka 8,3 18 Sarakolé 12,0 12 Bellah 22,7 33 Autre 12,2 12 Ensemble 17,7 195 Selon l ethnie du chef de ménage, c est dans les ménages Peul que l on observe le plus de migration (34%). Les Peuls sont des nomades qui se sont maintenant sédentarisés, et continuent toujours à garder ce penchant culturel dans leur comportement. Les différences de migration selon la vulnérabilité ne sont pas significatives. Nous avons demandé aux ménages ayant eu au moins un migrant au cours des 12 derniers mois avant l enquête, quel était le degré de contribution des apports de la migration dans leur système de vie (tableau ). 93
105 La contribution de la migration au système de vie des ménages est considérée comme très importante par près de la moitié des ménages (46%). Les différences selon les groupes socioéconomiques (vulnérabilité, strate) ne sont pas significatives. Tableau : Niveau de contribution de la migration au système de vie du ménage selon la vulnérabilité et la zone Degré de contribution de la migration Effectif Très Moyen Peu Total des ménages ayant au moins un migrant Vulnérabilité(ns) Très vulnérable 56,8 25,6 17, Moyen vulnérable 27,5 39,7 32, Peu vulnérable 48,7 32,9 18, Strate(ns) Zone office 50,0 28,6 21, Zone Nord 38,5 34,6 26, Autres Zones 50,0 50,0 0, Ensemble 46,0 31,6 22, Tous les types d envois ou d apports provenant des migrants pour leur ménage d'origine ont été saisis au cours de l'enquête. Pour les envois ou apports en nature, nous avons demandé aux enquêtés de nous donner une estimation de leur valeur. Nous sommes conscients du fait que ces estimations sont très relatives et peuvent ne pas être données correctement, cependant, elles permettent quand même de se faire une bonne idée du phénomène. Nous nous sommes intéressés uniquement aux ménages qui ont eu au moins une personne migrante au cours des 12 derniers mois ayant précédé l enquête. Près de la moitié des ménages (46%), dont au moins un membre est parti en migration ont reçu un apport en espèce ou en nature, provenant de cette migration (tableau ). Les différences d envoi des migrants selon la vulnérabilité et la strate ne sont pas significatives. Tableau : Ménages ayant reçu des envois des migrants selon la vulnérabilité et la strate % de ménages Effectif de ménages ayant reçu un ayant au moins un envoi migrant Vulnérabilité(ns) Très vulnérable 83,2 16 Moyen vulnérable 81,4 10 Peu vulnérable 43,5 8 Strate(ns) Zone office 64,3 21 Zone Nord 88,5 12 Autres Zones 71,4 2 Ensemble 73,0 34 Le tableau nous donne des informations sur le montant moyen reçu de la migration par les ménages. Pour cette analyse, seules ont été retenus les ménages qui ont effectivement reçu un apport de la migration. 94
106 Tableau : Apport moyen de la migration par ménage ayant au moins un migrant selon la vulnérabilité et la zone. Montant en FCFA Espèce Nature Total Vulnérabilité Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Strate Zone office Zone Nord Autres Zones Ensemble Les ménages enquêtés qui ont eu au moins un migrant qui a envoyé ou rapporté quelque chose de sa migration disent avoir reçu en moyenne FCFA. L apport en argent est sensiblement égal à l apport en nature. Les ménages très vulnérables et peu vulnérables sont ceux qui ont reçu, en moyenne, le plus de profit de la migration par rapport aux ménages moyennement vulnérables. En effet, les ménages moyennement vulnérables ont reçu au cours de l'année un montant moyen total de FCFA, les ménages peu vulnérable FCFA et les ménages très vulnérables FCFA. Selon la zone, les ménages des Autres Zones, bénéficient de plus d'apports de la migration que les ménages de la Zone Office et de la Zone Nord. Ceci serait lié à la destination des migrants des Autres Zones, qui vont principalement en RCI (cf. Tableau ). Ainsi, nous analysons cidessous l apport de la migration selon la destination (Graphique ). Les apports de la migration varient selon la destination du migrant (Graphique 3.1.5). L apport de la migration est une fonction croissante de la distance de la destination. Plus la destination est longue, plus l apport est important. Graphique : Montant moyen rapporté par migrant selon la destination Montant moyen en FCFA Même cercle Ségou ville Autre Mali Bamako RCI Destination des migrants Ainsi, les migrants qui vont en RCI sont ceux qui font le plus d apport ( FCFA), suivis de ceux qui vont à Bamako ( FCFA). Les migrants qui font le moins d envois sont ceux qui restent dans le même cercle ( FCFA). 95
107 En somme, parlant des tendances migratoires dans le cercle de Niono, nous pouvons formuler les constats suivants. La vulnérabilité n est pas associée à un risque plus important de partir en exode dans le cercle de Niono. Le phénomène migratoire touche l ensemble des ménages avec la même ampleur, et ceci quelle que soit leur vulnérabilité. Ce constat est aussi valable lorsque l on regarde la destination des migrants et la fréquence de la migration. La seule différence existant entre les différentes catégories socio-économiques et culturelles des ménages dans la migration réside dans le type de travail qu exercent les migrants une fois arrivés à destination. En effet, tandis que les migrants des ménages très vulnérables sont concentrés au niveau des travaux domestiques (ce qui indique une tendance à la vente de la force de travail), les migrants des ménages moins vulnérables exercent des activités nécessitant un certain investissement (petit commerce). Bien qu il n y ait pas de différences dans la provenance des ressources, les migrants des ménages moins vulnérables auraient cependant des revenus plus conséquents au départ de la migration. 96
108 CHAPITRE 2 : LES SYSTEMES DE VIE DES MENAGES Les systèmes de vie des ménages sont l ensemble des activités de production, d échange, de consommation que les ménages mettent en place pour assurer leur fonctionnement. Dans le cercle de Niono, les systèmes de vie sont basés principalement sur l agriculture et l élevage. Dans ce chapitre, nous nous intéressons à toutes les dimensions du système de vie des ménages : les Activités Génératrices de Revenus (AGR) seront abordées dans un premier temps, ensuite la production agricole, puis nous terminerons par l'élevage. I. Activités économiques des ménages Au-delà de l activité principale des membres du ménage qui est déjà donnée dans le tableau 3.1.2, nous avons collecté des informations sur les activités génératrices de revenus (AGR) pratiquées par les membres du ménage, en faisant la distinction entre celles pratiquées par les hommes et celles pratiquées par les femmes. Nous avons également collecté l information sur le revenu annuel moyen que procuraient ces activités. Un ménage peut avoir de nombreuses activités génératrices de revenus, ce qui lui permet une diversification de ses sources de revenus. Il y a traditionnellement les activités exercées par les hommes, dites lourdes et celles exercées par les femmes. Cependant, les crises répétées et l augmentation du coût de vie générant un besoin constant d argent ont profondément modifié la division sexuelle du travail au sein des ménages, notamment les rôles et travaux dévolus aux femmes. Les principales activités génératrices de revenus effectuées par les ménages dans le cercle de Niono sont présentées dans le tableau suivant. Tableau : Répartition des ménages par type d AGR pratiquée, selon la vulnérabilité et la strate Très vulnérable Vulnérabilité Moyen vulnérable Peu vulnérable Strate Zone office Zone Nord Autres Zones Ensemble Maraîchage 28,7 42,2 31,7 39,1 0 21,2 33,5 Petit commerce 29,5 29,5 29,7 30,9 19,2 33,3 29,6 Travail agricole salarié 30,5 20,8 35,2 29,1 21,2 36,4 28,4 Artisanat 25, ,7 17,3 71,2 12,1 23,7 Elevage/embouche, vente 17 20,5 20,2 15,5 38,5 27,3 18,8 produits d'élevage Confection cordes/nattes 7,6 11,9 9,8 9,1 13,5 3 9,4 Pêche 7,9 4,8 7,4 8, ,8 Vente ressources naturelle 2,9 5,2 14,9 3,6 3,8 60,6 6,1 Coiffure Tressage 1,5 5,2 11,2 4,5 5,8 3 4,6 Construction 3,4 5,2 3,7 4,5 0 6,1 4,1 Travail du métal 6,8 2,4 0 4,5 1,9 0 4 Transport 4,7 2,4 3,7 4, ,8 Marabout 1,6 5,6 3,7 3,6 1,9 0 3,3 Domestique 4,6 0 0,6 1,8 5,8 3 2,4 Transformation de produits 1,6 2,4 0 1, ,5 agricoles Autres activités 11,3 20,4 14,1 15,5 9,6 15,2 14,7 Effectifs des ménages Le maraîchage (34%), le petit commerce (30%), le travail agricole salarié (28%), l artisanat (24%) et l embouche/vente des produits de l élevage (19%) sont les principales activités économiques exercées par les ménages du cercle de Niono. 97
109 Selon la strate (graphique 3.2.1), il ressort que le petit commerce, le maraîchage et la pêche sont davantage exercées par les ménages résidant dans la zone Office que par ceux de la zone nord ou des autres zones. De même, l artisanat, l élevage/embouche et la confection de cordes/nattes sont exercés par les ménages de la zone Nord. Cette zone étant une zone d élevage par excellence, il paraît logique que des activités liées à l élevage et à l artisanat y soient menées. Par ailleurs, les ménages résidant dans les autres zones se distinguent par le travail agricole salarié, le petit commerce et la vente de ressources naturelles. Selon la vulnérabilité, un profil clair d activités exercées selon la vulnérabilité, n apparaît pas de façon très nette. Cependant, on peut remarquer que le maraîchage et la confection de corde/natte sont plus pratiqués par les ménages moyennement vulnérables que par les autres types de ménages. Aussi, la vente de ressources naturelles et la coiffure sont plus pratiquées par les ménages peu vulnérables que par les autres ménages. Graphique : Quelques activités des membres des ménages selon la strate Maraichage Petit commerce Travail agricole salarié Artisanat Elev./emb vte pr dt s élevage Conf ect i on cor des/natt es P êche Vent e r essour ces naturelle Zone office Zone Nord Autr es Zones Source tableau Les AGR sont évidemment vitales pour le système de vie du ménage car c est à travers elles que les ménages peuvent se créer des revenus monétaires. Ils sont souvent le complément indispensable permettant de payer aux membres des ménages tout ce qui n est pas strictement alimentaire. Nous nous sommes donc intéressés aux apports monétaires des activités. Le tableau donne une comparaison des apports monétaires annuels des activités selon le niveau de vulnérabilité et le sexe. Les niveaux de revenus que nous avons collectés sont, bien entendu, des estimations données par le chef de ménage ou bien par la personne qui a répondu au questionnaire ménage, estimations ne pouvant donner lieu à aucune vérification approfondie. Cela nous permet simplement d avoir un ordre de grandeur et surtout d estimer les différences entre ce que rapportent les différentes activités et entre ce que gagnent les hommes et les femmes pour une même activité. Les données du tableau nous renseignent sur le montant annuel individuel moyen gagné par un homme d un ménage pratiquant l activité X, le montant annuel individuel moyen gagné par une femme d un ménage pratiquant la même activité, ainsi que le montant annuel moyen gagné par le ménage dans lequel cette activité X est pratiquée. Nous avons pris le montant individuel 98
110 homme/femme afin d éviter l effet de nombre de personnes pratiquant l activité dans lequel les revenus sont cumulés au niveau du ménage. En collectant l information, nous avons enregistré pour chaque ménage, le nombre d hommes et le nombre de femmes pratiquant l activité ainsi que le revenu total pour les hommes et le revenu total pour les femmes générés par cette activité. Les montants sont exprimés en milliers de FCFA. En règle générale, les montants moyens individuels pour une même activité sont très différents selon le niveau de vulnérabilité et n obéissent pas toujours à un schéma classique qui voudrait que les plus riches aient des revenus plus élevés que les plus pauvres. Ceci peut avoir plusieurs explications, notamment, la fréquence et l intensité des AGR. Par exemple un individu d un ménage très vulnérable exerçant la pêche gagne plus que celui d un ménage moyennement vulnérable et peu vulnérable exerçant la même activité ( FCFA par an contre FCFA et FCFA). Il en est de même pour le maraîchage, la transformation de produits agricoles et le fétichisme. Tableau : Montants moyens annuels individuels issus des AGR par sexe, selon la vulnérabilité du ménage Vulnérabilité Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Activités du ménage Homme Femme Total Homme Femme Total Homme Femme Total Travail agricole salarié 66,7 25,2 57,9 128,1 28,5 98,8 53,6 28,1 43,4 Artisanat 32,0 18,8 21,9 26,1 11,8 14,2 68,9 28,7 32,5 Transformation de produits agricoles 91,3 91,3 6,0 6,0 Confection de cordes 12,3 12,2 13,5 13,0 13,0 69,5 69,5 Petit commerce 112,7 36,0 70,5 98,9 27,9 90,7 187,3 17,6 125,9 Vente de ress. naturelle 26,4 30,0 27,0 65,7 4,2 62,6 65,5 13,2 32,1 Travail du métal 155,0 155,0 133,3 133,3 Construction 70,0 70,0 62,7 62,7 40,0 40,0 Coiffure et tressage 10,5 10,5 25,0 15,0 15,8 10,0 10,0 Transport 19,5 0,8 19,5 15,0 0,5 5,3 75,0 75,0 Domestique 50,0 19,0 48,1 6,7 6,7 Pêche 53,0 53,0 17,5 17,5 43,0 43,0 Maraîchage 60,2 24,5 54,1 57,7 36,7 49,0 26,1 35,9 36,4 Elevage/embouche,vente prdt élevage 44,7 20,1 46,1 55,8 12,9 39,9 131,1 34,3 89,5 Marabout 75,0 75,0 114,5 114,5 1000,0 1000,0 Fétichisme 200,0 200,0 100,0 100,0 Autre activité 198,2 8,8 169,1 120,9 50,0 109,6 176,9 1,5 166,2 Total 80,0 24,2 60,9 85,1 24,7 59,9 131,9 28,8 81,1 On peut aussi noter qu en général le revenu moyen retiré par les hommes d une activité est supérieur à celui des femmes pour la même activité, et ce pour pratiquement tous les niveaux de vulnérabilité et toutes les activités. En considérant le revenu annuel moyen pour l ensemble des activités, on remarque que : le gain augmente proportionnellement au niveau de vulnérabilité : un individu d un ménage très vulnérable a un revenu moyen annuel de FCFA, celui d un ménage moyennement vulnérable gagne FCFA et celui d un ménage peu vulnérable gagne FCFA par an. Par ailleurs, les écarts de revenus selon le genre sont beaucoup plus manifestes dans les ménages peu vulnérables que dans les autres ménages : un homme d un ménage peu vulnérable gagne environ 5 fois plus qu une femme d un ménage peu vulnérable, celui d un ménage moyennement vulnérable et très vulnérable, 3 fois plus. 99
111 Graphique : Revenu individuel moyen annuel, issu des AGR, selon le sexe 140,0 120,0 100,0 80,0 60,0 40,0 20,0 0,0 Homme F emme T ot al Très vulnérable Moyen. Vulnérable Peu vulnérable II. Les équipements Au cours de l'enquête, les équipements possédés par les ménages ont été recensés, de même que certaines informations concernant ces équipements : quantité possédée, propriétaire, valeur estimative du bien et enfin mode d'acquisition. Nous avons regroupé les équipements en 5 grandes catégories : les animaux de trait, les équipements agricoles rudimentaires et de haut niveau, les moyens de transport, les biens durables et les autres types de biens. Les résultats de notre analyse selon la vulnérabilité figurent dans le tableau suivant. Globalement il apparaît une insuffisance d équipements agricoles dans le cercle de Niono. Le système cultural est toujours basé sur l agriculture traditionnelle avec l usage des équipements rudimentaires (houe, daba). Les équipements agricoles sophistiqués sont presque inexistants. En effet seulement 3% des ménages ont accès à une motopompe et à une moissonneuse et 7% à une motopompe. D une manière générale, les ménages les moins vulnérables semblent plus nantis dans la possession des équipements, qu il s agisse des animaux de traits, équipements agricoles rudimentaires, moyens de transport et biens durables. Concernant les moyens de transport, les ménages moyennement vulnérables sont les plus nombreux à posséder bicyclettes et charrettes tandis que les ménages peu vulnérables sont les plus nombreux à posséder des motos. 100
112 Tableau : Répartition des ménages par type d équipements possédés selon la vulnérabilité Vulnérabilité du ménage Equipement Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Ensemble Animaux de trait Animaux de trait 60,9 83,3 84,6 72,8 Equipements agricoles rudimentaires Charrue 71,7 85,0 84,6 78,5 Herse 32,6 41,7 53,8 39,8 Hache 72,8 83,3 64,1 74,3 Pioche 37,0 41,7 43,6 39,8 Barre à mine 18,5 21,7 30,8 22,0 Pelle 47,8 48,3 51,3 48,7 Brouette 4,3 11,7 28,2 11,5 Arrosoir 3,3 6,7 7,7 5,2 Houe ou daba 80,4 83,3 74,4 80,1 Hilaire 4,3 1,7 0,0 2,6 Coupe-coupe 60,9 68,3 53,8 61,8 Faucille 69,6 63,3 56,4 64,9 Binette 19,6 21,7 23,1 20,9 Râteau 13,0 23,3 35,9 20,9 Equipements agricoles de haut niveau Motopompe 3,3 1,7 2,6 2,6 Décortiqueuse 3,3 6,7 15,4 6,8 Moissonneuse / batteuse 1,1 0,0 10,3 2,6 Moyen de transport Bicyclette 60,9 71,7 61,5 64,4 Charrette 60,9 78,3 69,2 68,1 Moto 25,0 41,7 66,7 38,7 Biens durables Lits 46,7 56,7 43,6 49,2 Mortier 82,6 81,7 76,9 81,2 Machine à coudre 2,2 3,3 2,6 2,6 Foyer amélioré 19,6 23,3 33,3 23,6 Poste radio 69,6 75,0 69,2 71,2 Tasses 79,3 83,3 76,9 80,1 Selle 1,1 3,3 0,0 1,6 Abreuvoir 5,4 15,0 17,9 11,0 Bijoux 32,6 55,0 59,0 45,0 Puisette 54,3 63,3 61,5 58,6 III. Exploitation agricole Dans cette section nous allons étudier l'exploitation agricole au cours de la campagne La production agricole constitue la base des activités de l ensemble des ménages de la zone. Pratiquement tous les ménages la pratiquent. Les systèmes de production sont complexes et variés et dépendent de nombreux facteurs tels que la fertilité des sols, la disponibilité de la main d œuvre et des animaux de trait et l accès au matériel de production. 101
113 Les principales cultures de la zone sont pour les céréales : le riz, le mil, le sorgho et dans une moindre mesure, le maïs et le fonio. Les cultures maraîchères sont : l oignon, le gombo, le niébé. La pluviométrie aléatoire de la zone ne permet pas de sécuriser un type de culture et les crues du fleuve sont également instables et jouent de façon sensible sur les cultures fluviales, comme le riz, principale production de la région. 1. Pratiques culturales et types de cultures Dans les tableaux qui suivent, nous examinons les pratiques culturales et les types de cultures pratiquées dans la zone au cours de la campagne Nous allons analyser s'il y a un profil de vulnérabilité selon ces 2 variables. Le tableau nous renseigne sur la location de parcelles par les ménages selon leur niveau de vulnérabilité. Tableau : Location de parcelles selon la vulnérabilité du ménage et la zone Proportion de ménages qui ont loué ou cédé leurs parcelles, selon la vulnérabilité et la zone Parcelles louées ou cédées à d'autres Effectif Vulnérabilité Très vulnérable 8,2 94 Moyen vulnérable 8,7 62 Peu vulnérable 11,8 40 Strate Zone office 10,0 163 Zone Nord 3,8 24 Autres Zones 6,1 8 Ensemble 9,1 195 La location ou le prêt de parcelles pour cultiver n est pas une pratique très courante dans le cercle de Niono puisqu elle ne concerne que 9 % des ménages producteurs enquêtés. Cependant, on peut noter qu elle est plus pratiquée dans la zone Office que partout ailleurs. Par ailleurs, les ménages peu vulnérables sont ceux qui pratiquent plus la location de parcelles (12%) par rapport aux ménages très et moyennement vulnérables (respectivement 8% et 9%). Le tableau nous donne une idée de la fertilité des parcelles selon la zone et selon le niveau de vulnérabilité de leur exploitant. La déclaration de la fertilité de la terre a été donnée par le répondant au questionnaire ménage, elle est donc très subjective. Plus du quart (38%) des parcelles possédées par les ménages ont été déclarées riches. Les producteurs de la zone nord sont ceux qui auraient les parcelles les moins fertiles(32% de parcelles déclarées pauvres). Les différences dans la déclaration de la fertilité des parcelles ne sont pas significatives selon la vulnérabilité des ménages. Tableau : Fertilité des parcelles selon le niveau de vulnérabilité et la strate Fertilité du sol Effectif des Pauvre Moyenne Riche Total parcelles Vulnérabilité(ns) Très vulnérable 12,4 51,1 36,5 100,0 111 Moyen vulnérable 12,7 47,9 39,4 100,0 90 Peu vulnérable 19,7 39,5 40,7 100,0 50 Strate(**) Zone office 12,7 50,0 37,3 100,0 210 Zone Nord 32,1 34,0 34,0 100,0 24 Autres Zones 3,2 37,1 59,7 100,0 15 Ensemble 14,0 47,6 38,4 100,
114 Tableau : Nombre moyen de parcelles possédées par vulnérabilité nombre moyen de parcelles possédées Effectif des ménages Vulnérabilité(**) Très vulnérable 1,2 94 Moyen vulnérable 1,5 62 Peu vulnérable 1,2 40 Ensemble 1,3 195 Le nombre de parcelles possédées par les ménages est fonction de leur vulnérabilité. On peut constater que les ménages moyennement vulnérables sont ceux qui possèdent plus de parcelles par rapport aux autres ménages. Les agriculteurs peuvent utiliser leurs parcelles pour différents types de culture à différents moments de l année. Le nombre moyen de cultures de toutes natures pratiquées par les producteurs du cercle de Niono est de 2 environ et ceci quel que soit le niveau de vulnérabilité du ménage(données non publiées). Le tableau nous donne des informations sur le type de cultures pratiquées par les ménages selon leur lieu de résidence et leur niveau de vulnérabilité. Au vu de ces résultats, on peut mieux constater que les ménages produisent plusieurs types de céréales, dont les principales sont : le riz(81%) et le mil (22%). Tableau : Type de culture céréalière selon la zone et la vulnérabilité Effectif des Mil Riz Sorgho Mais Fonio ménages Strate Zone office 10,0 91,8 2,7 9,1 0,0 163 Zone Nord 82,7 1,9 21,2 9,6 3,8 24 Autres Zones 78,8 90,9 9,1 15,2 0,0 8 Khi-deux (**) (**) (**) (ns) (**) Vulnérabilité Très vulnérable 21,5 78,7 4,0 6,2 1,0 94 Moyen vulnérable 14,6 87,1 3,4 15,9 0,0 62 Peu vulnérable 33,8 75,8 11,0 6,8 0,0 40 Khi-deux (*) (ns) (ns) (ns) (ns) Ensemble 21,8 80,7 5,3 9,4 0,5 195 Le type de culture pratiqué est fonction de la zone de résidence. Ainsi, la zone Nord, de par son aridité est plus propice aux cultures sèches (mil, sorgho et fonio). La zone Office est reconnue pour les aménagements hydro-agricoles permettant les cultures irriguées, notamment du riz. En effet 92% des ménages de la zone Office pratiquent la riziculture. Les autres zones quant à elles sont à cheval entre la culture du riz (91% des ménages) et celle du mil (79% des ménages). A l exception de la culture du mil, qui est principalement effectuée par les ménages peu vulnérables(34%), chacune des cultures est produite par tous les ménages quel que soit leur niveau de vulnérabilité. En ce qui concerne les cultures maraîchères, vivrières et fruitières, le tableau nous permet de faire les constats suivants. Les principales cultures pratiquées par les ménages sont, par ordre d importance, le niébé (12 % des ménages), l arachide et l oignon (9% des ménages) et le gombo (6% des ménages). 103
115 Tableau : Type de cultures maraîchères, vivrières et fruitières selon la zone et la vulnérabilité Effectif des Oignon Gombo Tomate Choux Salade Piment Niébé Arachide Sésame ménages Strate Zone office 10,9 5,5 2,7 0,9 0,9 1,8 10,9 4,5 0,9163 Zone Nord 0,0 7,7 0,0 0,0 0,0 0,0 15,4 34,6 0,024 Autres Zones 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 12,1 27,3 0,08 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) Vulnérabilité Très vulnérable 9,5 6,7 3,2 0,0 0,0 3,2 5,1 9,4 0,094 Moyen vulnérable 9,6 4,8 2,4 2,4 2,4 0,0 13,9 11,8 2,462 Peu vulnérable 7,4 3,7 0,0 0,0 0,0 0,0 22,8 4,8 0,040 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) (ns) Ensemble 9,1 5,5 2,3 0,8 0,8 1,5 11,5 9,2 0,8195 Selon la vulnérabilité, la seule culture dont l exploitation est fonction de la vulnérabilité est le niébé, qui est principalement exploité par les ménages peu vulnérables (23% contre 5% de ménages peu vulnérables et 14% de ménages moyennement vulnérables). De même, selon la zone, la seule culture dont l exploitation est variable entre les zones est l arachide qui est surtout produite dans le Nord et dans les autres zones (respectivement 35% et 27% contre 5% dans l Office du Niger). 2. Niveaux de Production agricole Les niveaux de production de céréales peuvent enregistrer de grandes variations selon les différents types de ménages qui les cultivent et selon les zones. Les tableaux et nous renseignent sur le niveau de la production des ménages selon la vulnérabilité et la zone. Tableau : Production moyenne céréalière selon la vulnérabilité et la zone Production moyenne en kg Effectif des Mil Riz Maïs ménages Vulnérabilité Très vulnérable 1.424, , ,4 94 Moyen vulnérable 3.241, ,7 911,2 62 Peu vulnérable 2.684, ,4 266,7 40 ANOVA (ns) (*) (ns) Strate Zone office 2.285, ,0 7266,7 163 Zone Nord 2.352,9,0 24 Autres Zones 1.680, ,7 300,0 8 ANOVA (ns) (ns) (ns) Total 2221, ,3 5426,2 195 Seule la production de riz présente une liaison significative avec la vulnérabilité. La quantité de riz produite décroît lorsque la vulnérabilité augmente. Ainsi, les ménages peu vulnérables ont produit une moyenne de kg de riz, les moyennement vulnérables kg et les ménages très vulnérables, seulement kg. La production de riz nécessite des investissements importants et des équipements appropriés. Nous avons vu antérieurement que les ménages peu vulnérables étaient plus nantis en équipements que les ménages très vulnérables, ce qui leur assurerait des niveaux de productions agricoles plus importants. En ce qui concerne le mil et le maïs, les différences ne sont pas significatives selon la vulnérabilité. Remarquons que, concernant la culture du fonio, seules les ménages très vulnérables l ont pratiquée et se retrouvent avec une moyenne de 100 kg. Ces résultats nous amènent à supposer que le riz étant une culture principale du cercle (81% des ménages pratiquent la culture du riz), c est la culture qui bénéficie le plus d investissements de la part des ménages. Ainsi, les ménages peu vulnérables produisent plus que les plus vulnérables, car ils mettent plus de moyens pour la production du riz. Ceci expliquerait pourquoi les différences dans la production des autres céréales ne sont pas significatives. 104
116 Selon la zone de production, on constate que les deux zones rizicoles sont la zone Office du Niger et les autres zones, le riz n est pas du tout produit dans le Nord. Concernant les autres spéculations, on peut noter que le fonio qui est une culture ne nécessitant pas beaucoup d investissements, n est produit que dans le Nord. Aussi, on note que les productions de maïs et de mil ne varient pas selon les zones. 3. L utilisation de la production Les façons d utiliser la production sont très variées. Elles englobent les quantités mises en stocks, le remboursement de prêts, le paiement de taxes, les dons et Zakat, etc.. Les catégories d utilisation de la production varient selon le niveau de vulnérabilité du ménage, mais également selon le type de céréales. Dans le tableau et le graphique 3.2.3, nous allons étudier la répartition de cette production pour le mil et le riz, qui sont les principales cultures de la zone. La répartition est faite sur l ensemble de la production disponible au niveau de chaque ménage. Au moment de l enquête, juin 2001, la récolte de mil a déjà eu lieu (en octobre 2000). Les informations suivantes sur la répartition de la production, sont donc basées sur ce que les ménages ont déjà fait de leur récolte. Les postes d utilisation les plus importants sont ceux relatifs à l auto-consommation (28% pour le riz et 68% pour le mil), au remboursement (24% pour le riz) et à la vente (21% pour le riz). A première vue on peut constater que la production de riz n est pas destinée à l autoconsommation des ménages, mais plutôt à la commercialisation, tandis que celle du mil est principalement destinée à l autoconsommation (graphique 3.2.3). La production de riz nécessite le paiement de redevances à l Office du Niger ce qui expliquerait que 24% de la production de riz est destinée aux remboursements. Aussi, on observe que cette redevance pèse plus sur les ménages les plus vulnérables, dans la mesure où, plus du quart de leur production (30%) est destiné au paiement de la redevance, cette proportion est presque insignifiante (6%) chez les ménages peu vulnérables. Cette différence s explique par un manque de moyens des ménages très vulnérables, ce qui les conduit à contracter des dettes avant la production, qu ils remboursent une fois la récolte effectuée. Concernant le stock, on note que les ménages peu vulnérables ont plus de stock que les ménages très vulnérables, et ceci quelle que soit la spéculation considérée. Tableau : Utilisation de la production de riz et de mil selon la vulnérabilité Vulnérabilité Remboursement Zakat Don Consommation Vente Prêt Stock Semence Très vulnérable 30,3 5,9 2,7 27,2 21,6 1,2 9,0 2,2 Moyen vulnérable 24,2 8,2 2,8 26,0 16,4 0,6 19,4 2,4 Peu vulnérable 6,6 8,8 2,7 32,4 28,4 0,6 18,6 2,0 Ensemble 23,9 7,1 2,8 27,8 21,4 0,9 13,9 2,2 MIL Très vulnérable 2,7 5,4 5,6 68,1 1,8 0,4 10,1 10,2 Moyen vulnérable 0,4 7,1 1,2 91,3 2,6 0,7 5,1 1,2 Peu vulnérable 1,9 6,0 14,5 50,2 5,1 1,0 22,3 1,9 Ensemble 1,7 6,2 7,8 68,0 3,4 0,7 13,5 4,1 RIZ 105
117 Graphique : Comparaison de la répartition de la production de mil et de riz 70,0 60,0 50,0 40,0 30,0 20,0 10,0 0,0 Cons ommati on R embour s ement Vente Stock Zakat Don Semence P r et Poste de repartition RIZ MIL Source tableau Il faut cependant constater que, la quantité de céréales produite, n est jamais suffisante pour assurer la couverture alimentaire des ménages pendant 12 mois. En fait, plus de la moitié des ménages pensent que ce qu ils ont produit ne suffira pas pour couvrir les besoins alimentaires de leur ménage au cours de l année (données non publiées). IV. L Elevage L élevage joue un rôle très important dans les stratégies de vie et de survie d une grande partie des ménages du cercle. Nous avons vu dans la section des AGR, que les AGR directement liées à l élevage touchaient à elles seules 19% des ménages. Le cheptel dans son ensemble est considéré comme une épargne sur pied et est utilisé quand un besoin monétaire se fait sentir, pour pallier une crise ou encore, comme c est le cas avec le petit bétail, pour financer les évènements sociaux et religieux (baptêmes, mariages, Tabaski, etc.) ou pour payer les frais de santé. L élevage nécessite des investissements de la part des ménages, en aliment pour bétail, plus spécifiquement en saison sèche et en vaccinations, notamment pour les bovins. Aussi il entraîne une consommation importante des ressources naturelles de la région (l eau, les herbacées et pâturages aériens, etc.). Dans cette section, nous nous intéressons dans un premier temps, à la possession d animaux par les ménages, ensuite aux disparités sociales et de genre concernant la possession du cheptel. 1. Le cheptel Le tableau suivant nous donne la répartition des ménages de l enquête selon le type d animaux possédés. Presque un dixième des ménages de l enquête (9%) ne possède aucun animal et ne pratique donc pas du tout l élevage. Cette proportion concerne 15% des ménages très vulnérables, 2% des ménages moyennement vulnérables et aucun ménage peu vulnérable. 27% des ménages possèdent deux types d animaux et 28% en possèdent au moins 4 types. 106
118 Tableau : Répartition des ménages selon le nombre de types d animaux possédés Diversité de possession d'animaux Aucun 1 type 2 types 3 types 4 types et + Total Effectif des ménages Vulnérabilité (**) Très vulnérable 5,1 14,3 37,8 23,0 19,8 100,0 94 Moyen vulnérable 2,4 8,7 33,6 34,4 21,0 100,0 62 Peu vulnérable 7,4 3,7 9,8 35,8 43,2 100,0 40 Strate (**) Zone office 4,5 10,0 32,7 30,9 21,8 100,0 163 Zone Nord 7,7 15,4 26,9 21,2 28,8 100,0 24 Autres Zones,0 3,0 3,0 18,2 75,8 100,0 8 Ensemble 4,7 10,4 30,8 29,2 24,9 100,0 195 Il y a une forte liaison entre vulnérabilité et nombre de type d animaux possédés. On observe une tendance à la diversification de l élevage avec la diminution de la vulnérabilité. Ainsi, on note que près de la moitié (43%) des ménages peu vulnérables possèdent au moins 4 types différents de cheptel. Cette proportion décroît lorsque la vulnérabilité augmente, elle est de 21% chez les ménages moyennement vulnérables et seulement 20% chez les ménages très vulnérables. On note aussi, des différences dans la possession de types de cheptel selon la zone. Ainsi, les ménages des autres zones sont ceux qui possèdent le plus d espèces animales comparativement aux ménages de la zone Office et du Nord. En effet, tous les ménages de cette zone possèdent au moins une espèce animale donnée et une majorité (76%) possèdent au moins 4 différentes espèces. A l opposé, la zone nord semble être la moins nantie en terme de diversification de l élevage, c est dans cette zone qu on observe la proportion la plus importante de ménages ne possédant pas de cheptel (8%). Ceci nous semble paradoxal dans la mesure ou le Nord, de par son aridité est une zone propice à l élevage. Nous verrons plus loin (tableau ), en étudiant le type de cheptel possédé, ce qui fait la particularité de cette zone. Les résultats du tableau montrent qu en général, la plupart des ménages du cercle de Niono possèdent des Bovins (73%), la volaille(60%) et les ânes(56%). Tableau : Répartition des ménages selon le type d animaux possédés Equidés Effectif des Bovin Ovin Caprin Chevaux Anes Volaille ménages Vulnérabilité Très vulnérable 63,6 31,8 37,2 1,5 55,5 54,9 94 Moyen vulnérable 82,7 30,8 41,2 0,7 47,3 69,1 62 Peu vulnérable 82,2 50,7 54,2 3,7 72,8 56,9 40 Khi-deux (**) (*) (ns) (ns) (*) (ns) Strate Zone office 73,6 31,8 35,5 0,9 58,2 62,7 163 Zone Nord 73,1 40,4 69,2 7,7 34,6 36,5 24 Autres Zones 69,7 90,9 90,9 0,0 84,8 69,7 8 Khi-deux (ns) (**) (**) (**) (**) (**) Ensemble 73,4 35,4 41,9 1,7 56,4 59,8 195 La possession de certaines espèces de bétail est en liaison avec la vulnérabilité (Graphique 3.2.4) et la zone de résidence. La proportion des ménages possédant le bétail diminue lorsque la vulnérabilité augmente. Les types de bétail les plus concernés par cette affirmation sont : les bovins, les ovins et les ânes. Ainsi, tandis que 82% des ménages peu vulnérables et moyennement vulnérables possèdent des bovins, seulement un peu plus de la moitié (64%) des ménages très vulnérables en possèdent. De même, pour les ovins, et les ânes, on observe cette tendance. Nous rappelons que la possession de bétail a été citée par les communautés comme indicateur de vulnérabilité, ces données ne font que confirmer le classement des ménages selon la vulnérabilité effectué par les communautés. 107
119 Graphique : Répartition des ménages selon le type d'animal possédé et la vulnérabilité 90,0 80,0 70,0 60,0 50,0 40,0 30,0 20,0 10,0 0,0 Bovin Ovin Anes T ype de bét ail Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Source : tableau Selon la zone de résidence des ménages, on note des différences dans la possession du type de bétail en faveur des ménages des autres zones ; ceci quel que soit le type d animal considéré, à l exception des chevaux. Ce dernier type de cheptel est plus répandu dans le Nord que dans les autres zones. 2. Les effectifs du cheptel Le graphique et le tableau nous informent sur le nombre moyen d animaux de chaque espèce possédé par les ménages, puis par les hommes et les femmes au sein des ménages. Le nombre moyen de volaille est le plus élevé, atteignant 15 animaux par ménage, suivi par les caprins, les ovins, les équidés et les bovins. Il existe des écarts entre ces moyennes selon la vulnérabilité et la strate. Tableau : Nombre moyen de types d animaux par ménage propriétaire de bétail, selon la vulnérabilité et la strate Equidés Bovin Ovin Caprin Chevaux Anes Volaille H F T H F T H F T H F T H F T H F T Vulnérabi Très vulnérable 2,5 0,4 2,9 2,6 1,3 3,9 5,6 1,2 6,8 1,0 0,0 1,0 1,1 0,1 1,2 6,8 3,5 10,3 lité Moyen vulnérable 5,4 1,8 7,2 5,4 1,1 6,6 5,8 2,3 8,1 2,0 0,0 2,0 1,5 0,1 1,6 3,8 4,8 8,6 Peu vulnérable 21,7 0,2 21,9 6,3 0,6 6,9 9,2 1,5 10,8 1,0 0,0 1,0 2,0 0,0 2,0 9,0 7,5 16,5 ANOVA (**) (ns) (ns) (**) (*) Strate Zone office 8,4 0,9 9,2 3,2 0,9 4,1 5,8 1,6 7,3 1,0 0,0 1,0 1,4 0,1 1,4 6,4 4,7 11,1 Zone Nord 7,1 1,0 8,1 10,3 0,9 11,2 9,9 0,5 10,4 1,3 0,0 1,3 2,1 0,2 2,3 1,4 3,3 4,7 Autres Zones 3,8 0,3 4,1 5,5 2,1 7,6 6,8 4,5 11,3 1,6 0,3 1,9 9,4 7,9 17,3 ANOVA (ns) (**) (ns) (*) (ns) Ensemble 8,0 0,8 8,9 4,5 1,0 5,5 6,7 1,6 8,3 1,1 0,0 1,1 1,4 0,1 1,5 6,2 4,8 11,0 108
120 Graphique : Nombre moyen d'animaux possédés par ménage et selon le sexe 12,0 10,0 8,0 Effectif moyen 6,0 4,0 2,0 0,0 Bovin Ovin Caprin Chevaux Anes Volaille Type de bétail Homme Femme Ensemble Source : Tableau Selon la vulnérabilité (graphique 3.2.6), on note que c est dans les ménages moyennement vulnérables qu on a le moins d écarts entre les sexes dans la répartition du cheptel. En effet, quelque soit le type de bétail, à l exception des ovins et des ânes, on note que les femmes des ménages moyennement vulnérables ont des parts plus importantes que celles des ménages très vulnérables et peu vulnérables dans la répartition du cheptel selon le sexe. Par ailleurs, la répartition semble plus équitable dans les ménages très vulnérables relativement aux ménages peu vulnérables, sauf pour la volaille. Graphique : Part en % du cheptel possédé par les femmes dans les ménages selon la vulnérabilité du ménage 60,0 50,0 Part en % des femmes 40,0 30,0 20,0 10,0 0,0 Bovin Ovin Caprin Chevaux Anes Volaille Type de bétail Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Source : Tableau
121 CHAPITRE 3 : LES STRATEGIES DE SURVIE DES MENAGES Les stratégies de vie et de survie des ménages seront abordées dans ce chapitre. Ces stratégies ont été dégagées lors de l enquête auprès des différents ménages à travers le questionnaire élaboré. I. Diagnostique de l état de vulnérabilité Dans cette section, nous examinons quelques indicateurs liés à l état de vulnérabilité des ménages, il s agit plus précisément de la part du revenu annuel consacré à l alimentation du ménage et l identification de la période pendant laquelle les ménages rencontrent des difficultés pour assurer leur sécurité alimentaire. 1. Part du revenu annuel consacrée à l alimentation La part du revenu annuel consacrée à l'alimentation est indicative du degré de vulnérabilité d'un ménage. Plus un ménage est vulnérable, moins il peut investir dans les autres secteurs, notamment la santé, l éducation. La priorité des ménages les plus vulnérables est d abord leur sécurité alimentaire. Au cours de l enquête, il a été demandé aux chefs de ménages d estimer la part du revenu annuel allouée à l alimentation. Les résultats obtenus sont donnés dans le tableau suivant. Tableau : Part moyenne du revenu annuel consacrée à l'alimentation Selon la vulnérabilité, la strate et l ethnie du chef de ménage Part du revenu annuel Effectif consacré à l'alimentation du ménage Vulnérabilité (ns) Très vulnérable 81,2 94 Moyen vulnérable 75,7 62 Peu vulnérable 80,3 40 Strate (ns) Zone office 78,7 163 Zone nord 81,0 24 Autres zones 85,2 8 Ensemble 79,3 195 Les ménages dans le cercle de Niono consacrent plus des trois quarts (79%) de leur revenu annuel à l alimentation. Les différences observées entre les ménages selon la vulnérabilité ne sont pas significatives. En d autres termes, les parts de revenu allouées à l alimentation sont les mêmes quelle que soit la vulnérabilité du ménage. De même, les différences d allocation du revenu à l alimentation, selon les strates ne sont pas significatives. 2. Mois difficiles pour la sécurité alimentaire Nous avons demandé aux ménages de nous dire quels étaient les 4 mois les plus difficiles de l année pour leur sécurité alimentaire. En règle générale, les mois les plus difficiles sont ceux de la période de soudure comprise entre juin et août, période qui correspond également à celle de la saison pluvieuse. 110
122 Graphique : Déclaration des mois les plus difficiles pour la SCVM Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 1er mois 2eme mois 3eme mois 4eme mois De façon générale, ainsi que le montre le graphique ci-dessus, les 4 premiers mois les plus difficiles cités par les ménages sont les mois correspondant à cette période de soudure, à savoir, juin, juillet, août et septembre. Ce sont des périodes de début et de plein hivernage dans le cercle de Niono, donc des périodes de début de cultures et d attente de récoltes. 3. Principales contraintes à la SCVM Au cours de l enquête il a été demandé aux chefs de ménages d exprimer les trois principales contraintes au système de vie de leur ménage. Les résultats obtenus sont présentés dans le tableau Les principales contraintes au système de vie des ménages sont : l insécurité alimentaire (78%), le manque de matériels agricoles (38%), le manque de moyens financiers (36%), le problème d eau (23%), le manque de crédit (23%) et les problèmes de santé (21%). Concernant l insécurité alimentaire, selon la vulnérabilité, cette contrainte semble davantage préoccuper les ménages les plus vulnérables que les autres (86% de ménages très vulnérables, contre respectivement 75% et 60% de ménages moyennement et peu vulnérables). Cet état de fait est conforme à l idée selon laquelle les ménages les plus vulnérables sont essentiellement préoccupés à subvenir à leurs besoins alimentaires quotidiens. Selon la strate d appartenance, l insécurité alimentaire semble moins préoccuper les ménages de la zone Office que les ménages de la zone nord et des autres zones (respectivement 75% contre 90% et 94%). Le manque de matériels agricoles a été plus évoqué par les ménages très vulnérables (46%) que par les ménages moyennement et peu vulnérables (respectivement 29% et 32% ). Selon la strate, ce sont les ménages des autres zones et ceux de la zone Office qui ont plus évoqué le manque de matériels agricoles (respectivement 58% et 39% contre 23% de ménages de la zone Office). 111
123 Le problème d eau a été cité par toutes les catégories de vulnérabilité avec à peu près la même ampleur. Cependant, selon la strate, ce sont les ménages de la zone nord qui semblent plus affectés par le manque d eau (67%) que ceux de la zone Office (17%) et des autres zones (9%). Le manque de crédits a été surtout évoqué par les ménages très vulnérables (27%) et moyennement vulnérables (21%), alors que seulement 15% des ménages peu vulnérables l ont évoqué. Selon la zone, le manque de crédits a été évoqué plus souvent dans la zone Office(25%) que dans la zone nord (15%) et les autres zones (9%). Tableau : Principales contraintes à la SCVM selon la vulnérabilité et la strate Vulnérabilité Strate Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Zone office Zone Nord Autres Zones Ensemble Insécurité alimentaire 87,5 75,5 59,8 75,5 90,4 93,9 78,1 Manque de matériels agricoles 46,3 28,9 32,1 39,1 23,1 57,6 37,9 Manque de moyens financiers 39,7 38,3 22,1 33,6 46,2 45,5 35,7 Problème d'eau 25,4 20,7 21,3 17,3 67,3 9,1 23,1 Manque de crédit 27,2 21,2 14,9 24,5 15,4 9,1 22,8 Santé 14,3 20,7 35,9 20,9 19,2 21,2 20,7 Manque de main d œuvre 13,7 7,2 11,2 12,7 1,9 6,1 11,1 Conflit Agri./éleveurs 7,0 13,2 15,5 10,9 9,6 9,1 10,7 Manque de semences 9,1 8,0 13,0 9,1 11,5 12,1 9,5 Vente des céréales à bas prix 7,1 12,0 7,4 10,0 1,9 3,0 8,7 Baisse des prix de production 3,4 9,6 18,6 10,0 0,0 3,0 8,5 Manque de terres cultivables 10,0 5,6 0,0 7,3 0,0 12,1 6,6 Difficulté de mariage 0,0 4,8 3,7 2,7 0,0 0,0 2,3 Manque d'école 0,0 0,0 5,5 0,9 1,9 3,0 1,1 Surcharge de travail des femmes 1,6 0,0 0,0 0,9 0,0 0,0 0,8 Autres contraintes 3,3 9,5 11,8 6,4 9,6 12,1 7,0 Aucune 0,0 2,4 3,7 1,8 0,0 0,0 1,5 Effectif des ménages II. Stratégies de survie des ménages Dans cette section, nous abordons les stratégies de survie des ménages. L analyse sera basée dans un premier temps sur les déclarations des ménages a propos des stratégies qu ils mettent en place en temps de crise ; dans un deuxième temps, le système de solidarité qui s inscrit également comme une stratégie, sera analysé. Les stratégies de survie qui nous ont été rapportées sont les actions entreprises par les ménages du cercle de Niono pour gérer les crises et maintenir leur sécurité alimentaire. Certaines de ces actions sont également entreprises dans une situation de non-crise, mais c est l intensité de l activité et la façon dont elle peut contribuer à l appauvrissement total du ménage (vente de petits ruminants, de biens de production, etc.) qui la différencie de celle utilisée en temps normal. Plusieurs stratégies de survie peuvent être mises en place simultanément quand la crise est importante et elles peuvent être différentes selon les membres du ménage et selon les hommes et les femmes. Elles peuvent également être appliquées l une après l autre, mais plus la crise est 112
124 grave et longue et plus les stratégies sont désespérées et plus le ménage se démunit de ses biens pour assurer son alimentation. 1. Stratégies déclarées par les ménages Le tableau suivant donne les informations sur les stratégies de survie des ménages du cercle de Niono. Les principales stratégies de survie déclarées par les ménages sont : la vente de petits animaux (33%), le crédit(32%), le salariat agricole (18%), le soutien communautaire (12%), la vente des biens (11%) et l exode (10%). Les différences observées entre les ménages selon leur vulnérabilité, quant aux stratégies de survie suivantes : crédit, salariat agricole, soutien communautaire, ne sont pas significatives c est à dire que ces différentes stratégies citées ne sont pas fonction de la vulnérabilité des ménages. Cependant, la vente de petits animaux, la vente des biens, l exode pratiqués par les ménages comme stratégies de survie dépendent de leur vulnérabilité. Ainsi, selon la vulnérabilité, la vente de petits animaux a été davantage évoquée par les ménages peu vulnérables (51%) que par les ménages moyennement vulnérables (36%) et très vulnérables (28%). Nous avons vu dans le chapitre précédent que les ménages les moins vulnérables sont ceux qui possèdent le cheptel en quantité. Par ailleurs, selon la strate, ce sont les ménages de la Zone Nord qui ont davantage cité cette stratégie (60%) que ceux des autres zones (39%) et la zone Office (29%). Ceci, se comprend aisément dans la mesure ou la zone Nord est une zone d élevage par excellence. L exode comme stratégie de survie a été davantage cité par les ménages très vulnérables (15%) que par les ménages moyennement (5%) et peu vulnérables(6%). Selon la strate, cette stratégie a été davantage citée par les ménages de la zone Nord (33%) que par ceux des autres zones (18%) et de la zone Office(6%). En effet, la zone Office est plutôt une zone d immigration que d émigration, à cause des opportunités qu elle offre aux migrants. 113
125 Tableau : Stratégies de survie des ménages agriculteurs selon la vulnérabilité Vulnérabi lité Strate Vente Salariat Artisanat Exode Vente Crédit Soutient Berger Culture Commerce Petit Vente Vente Autre NSP com- de production stratégie petits agricole de communautaire de Effectif animaux biens contre merce bois agricole des saison ménages Très vulnérable 27,6 22,2 7,1 15,3 5,2 33,4 14,1 2,1 5,0 0,0 0,0 0,8 3,2 17,5 1,0 94 Moyen vulnérable 30,7 10,0 9,1 5,1 13,4 32,1 10,4 0,0 5,6 4,8 2,4 1,2 0,0 23,2 0,0 62 Peu vulnérable 50,7 21,0 3,7 5,6 22,8 30,4 9,8 2,3 3,7 4,9 2,4 1,9 3,7 19,2 0,0 40 Khi-deux (**) (ns) (ns) (*) (**) (ns) (ns) (ns) (ns) (*) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Zone office 29,1 19,1 5,5 6,4 10,9 37,3 12,7 0,9 5,5 2,7 0,9 0,0 2,7 20,9 0,0 163 Zone Nord 59,6 13,5 17,3 32,7 15,4 5,8 9,6 5,8 0,0 1,9 1,9 0,0 0,0 13,5 3,8 24 Autres Zones 39,4 12,1 9,1 18,2 9,1 12,1 6,1 0,0 9,1 0,0 6,1 27,3 0,0 12,1 0,0 8 Khi-deux (**) (ns) (*) (**) (ns) (**) (ns) (*) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) (ns) (*) Ensemble 33,3 18,1 7,1 10,1 11,4 32,3 12,1 1,5 4,9 2,5 1,2 1,1 2,3 19,6 0,
126 2. Système de solidarité et d entraide Le système de solidarité est basé sur les dons et la Zakat. La Zakat est une imposition de la religion musulmane, en vue d inciter les plus riches à assister les plus démunis. Le tableau donne la proportion des ménages qui ont bénéficié de dons ou de Zakat au cours de l année. Tableau : Don et Zakat reçu par le ménage selon la vulnérabilité % de ménages ayant Effectif des ménages bénéficié de don ou de Zakat Vulnérabilité (**) Très vulnérable 38,8 70 Moyen. Vulnérable 26,3 31 Peu vulnérable 2,4 19 Ensemble Au total, 30% des ménages ont bénéficié de dons ou de Zakat au cours de l année. Aussi, ce sont les ménages très vulnérables (39%) et moyennement vulnérables (26%) qui sont les plus nombreux à bénéficier de dons ou de Zakat par rapport aux ménages peu vulnérables (2%). C est résultats mettent en exergue l existence d un système de solidarité très fort dans le cercle de Niono, qui viendrait en assistance aux plus démunis. C est ainsi qu on peut remarquer que ceux qui sont sensés disposer de plus de moyens, c est à dire les ménages peu vulnérables, n ont presque pas reçu d assistance, ils auraient au contraire contribué à assister les plus vulnérables. 115
127 CHAPITRE 4: SITUATION SANITAIRE ET NUTRITIONNELLE DES MENAGES Ce chapitre traitera des questions relatives à la santé des enfants, la nutrition et l accès à l eau potable des ménages. Au cours de l enquête, le questionnaire sanitaire administré aux ménages de l échantillon a permis de recueillir diverses informations sur les enfants de moins de 5 ans vivant dans les ménages : maladies courantes et maladies épidémiques, vaccinations, pratiques nutritionnelles et mesures anthropométriques. Le questionnaire a aussi saisi des informations sur les sources d eau pour les ménages et pour le bétail. Les informations sur les pratiques alimentaires des ménages (composition et nombre des repas) et les comportements faces aux services de santé ont également été relevées. Dans un premier temps, nous nous intéresserons à l eau potable, ensuite à l état sanitaire et nutritionnel des enfants, enfin nous aborderons les comportements alimentaires et ceux liés à la fréquentation des centres de santé par les ménages. I. Accès à l eau potable Lors de l enquête, il a été demandé aux ménages d indiquer la source principale 12 d eau utilisée pour les besoins de consommation du ménage. Les différentes sources évoquées sont : les puits ouverts, les puits couverts (traditionnels et améliorés), les pompes/ forages et les eaux de surface. Pour rendre opérationnel ce concept d eau potable, nous avons retenu comme tel, toute source d eau couverte, donc qui ne peut pas être souillée par l extérieur. Cela comprend les puits couverts (traditionnel et améliorés) et les forages. Les robinets sont très peu fréquents dans la zone, sinon ils entrent également dans cette définition. Cette définition de l eau potable nous le reconnaissons, présente quelques limites car, elle ne prend pas en compte les comportements hygiéniques de conservation de l eau, et, pour les puits couverts, ne tient pas compte de l état d entretien. Nous avons par ailleurs demandé aux ménages d estimer si leur besoin en eau est ou non satisfait. Les résultats obtenus figurent dans le tableau Vulnérabi lité(ns) Strate (**) Tableau : Source principale d'approvisionnement en eau du ménage selon la vulnérabilité et la strate Provenance de l eau de boisson et de cuisine % de ménages Puits Puits couverts Puits couvert Forage / Eau de % ayant accès à l'eau dont besoins en eau non Effectif des ouverts traditionnels amélioré Pompe surface potable satisfaits ménages Très vulnérable 40,1 20,4 27,8 8,6 3,2 56,8 24,5 94 Moyen vulnérable 41,1 22,1 22,8 14,0 0,0 58,9 26,8 62 Peu vulnérable 59,0 23,0 11,2 6,8 0,0 41,0 27,1 40 Zone office 39,1 23,6 26,4 9,1 1,8 59,1 21,8 163 Zone Nord 76,9 9,6 5,8 7,7 0,0 23,1 51,9 24 Autres Zones 51,5 12,1 3,0 33,3 0,0 48,5 27,3 8 Ensemble 44,3 21,4 22,9 9,9 1,5 54,2 25,7 195 NB : les tests sont effectués sur la variable % ayant accès à l eau potable 12 Plusieurs sources peuvent être utilisées pour couvrir les besoins du ménage, en fonction de la saison et de l usage. Pour cette raison, nous avons demandé aux ménages de nous indiquer celle dont ils avaient le plus l usage. 116
128 Des efforts restent encore à faire dans le cercle de Niono, pour assurer un accès adéquat des populations à l eau potable. En effet, on note qu un peu plus de la moitié des ménages (54%) ont accès à de l eau potable, ce qui est assez prometteur. Cependant, on note d importantes disparités régionales dans l accès à l eau potable. A ce sujet, notons que la rive gauche nord est la zone dans laquelle il se pose le plus de problèmes d accès à l eau potable. En effet, seulement 23% des ménages de cette zone ont accès à de l eau potable, contre 59% des ménages de la zone Office et 49% des ménages des autres zones. Les puits ouverts sont la principale source d eau utilisée par la plupart (77%) des ménages de la zone nord, il s agit de puits à grands diamètres caractéristiques des zones sahéliennes, qui nécessitent l usage des animaux de trait (ânes, bœuf) pour le puisage de l eau. Plus du quart des ménages (26%) estiment que leurs besoins en eau ne sont pas satisfaits. Il s agit principalement des ménages vivant dans la zone nord (52%). II. Etat sanitaire des enfants Au cours de l enquête, tous les enfants de moins de 5 ans des ménages sélectionnés ont été enquêtés sur divers aspects liés à la santé infantile : les maladies courantes, les maladies épidémiques, la vaccination, etc.. Ils ont également été pesés et mesurés afin de déterminer leur statut nutritionnel. Les résultats relatifs à la santé des enfants sont donnés dans cette section. 1. Prévalence des maladies Deux types de maladies ont été distingués : les maladies courantes (diarrhée, paludisme, les infections respiratoires aiguës) et les maladies épidémiques (rougeole, méningite, choléra). Pour les maladies courantes, la période de référence porte sur les deux dernières semaines et pour les maladies épidémiques, sur les deux dernières années. A part la diarrhée, la déclaration des autres maladies courantes ou épidémiques pose le problème de difficulté de diagnostic correct par les ménages. Les résultats collectés ici donnent donc une image subjective de l état de santé de ces enfants. a) Prévalence des maladies Le tableau nous renseigne sur la prévalence des maladies courantes telles la diarrhée, les IRA et le paludisme, chez les enfants de moins de 5 ans. 117
129 Tableau : Prévalence des maladies courantes chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques Diarrhée Paludisme IRA Effectif des enfants de moins de 5 ans Vulnérabilité Très vulnérable 17,7 26,5 20,2 142 Moyen vulnérable 13,7 28,0 33,9 139 Peu vulnérable 23,5 31,9 25,7 163 Khi-deux (*) (ns) (**) Strate Zone office 18,1 27,3 25,8 394 Zone Nord 17,2 48,4 45,3 29 Autres Zones 28,2 30,6 14,1 21 Khi-deux (ns) (**) (**) Sexe Masculin 19,1 24,4 25,9 217 Féminin 18,0 33,2 27,1 228 Khi-deux (ns) (**) (ns) Age en mois ,3 27,1 29, ,8 41,8 30, ,2 29,3 23, ,8 21,3 26, ,5 23,4 22,7 99 Khi-deux (ns) (**) (ns) Ensemble 18,5 28,9 26,5 445 Dans l ensemble le paludisme et les IRA ont les taux de prévalence les plus élevés (respectivement 29% et 27%) au sein de la population des moins de 5 ans. A l opposé, la diarrhée a la prévalence la plus faible et touche 18% de l ensemble de la population de moins 5 ans. Selon la zone, on note des différences de prévalence du paludisme et des IRA, entre les différentes zones de l enquête. Ainsi, les enfants de la zone Nord semblent être les plus touchés par le paludisme et les infections respiratoires aiguës (respectivement 48% et 45%) relativement aux enfants aux enfants de la zone Office et des autres zones. Ce résultat semble paradoxal, dans la mesure où la zone Office est reconnue pour être une zone d endémie palustre à cause de l humidité qui y existe. Par ailleurs, notons qu Il n y a pas de différence de prévalence de la diarrhée entre les zones. Selon la vulnérabilité, les tendances observées sont contraires à celles attendues. En effet, on observe une prévalence plus importante des maladies diarrhéiques chez les enfants issus des ménages peu vulnérables (24%) que chez ceux issus des ménages moyennement (14%) et très vulnérables (18%). De même on note une prévalence plus importante des maladies diarrhéiques parmi les enfants des ménages moyennement vulnérables (34%) et peu vulnérables(26%) que parmi ceux issus des ménages très vulnérables (20%). Par contre, la prévalence du paludisme est la même quel que soit le niveau de vulnérabilité du ménage de l enfant. Les comportements hygiéniques jouent beaucoup dans la prévention des cas de diarrhée, ainsi, le lien entre la vulnérabilité et la prévalence de la diarrhée pourrait être attribuable à un meilleur comportement hygiénique chez les ménages très vulnérables. Le risque de contracter la diarrhée et les IRA est identique quelle que soit la catégorie d âge de l enfant. Par contre, on note une différence de risque de contracter le paludisme entre les différentes catégories d âges. Selon certaines études ( Denis et Mouchet, 1991, cités par Koko et al., 1999), le risque de contracter le paludisme en zone d holoendémicité devrait être plus faible 118
130 avant 6 mois à cause d une protection naturelle assurée par un taux élevé d hémoglobine F et par les anticorps passivement transmis par la mère qui vont disparaître progressivement. Le schéma d évolution du paludisme selon l âge observé dans le tableau semble conforme à cette hypothèse. On observe à cet effet qu entre 0-11 mois et mois, le risque passe de 27% à 42% avant de décroître de nouveau à mois. Ce taux relativement faible observé à 0-11 mois serait dû à l influence du groupe d âge de moins de 6 mois qui jouit d une protection naturelle. b) Prévalence des maladies épidémiques Les principales maladies épidémiques pour lesquelles nous avons collecté l information sont la méningite, le choléra et la rougeole. Une fois de plus ces observations sont à prendre avec prudence, sachant les mauvaises déclarations (confusion entre les maladies, oubli des évènements, etc.) qui peuvent nous être communiquées. Tableau : Prévalence des maladies épidémiques chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques Rougeole Méningite Choléra Effectif des enfants de moins de 5 ans Vulnérabilité Très vulnérable 6,6 5,9 3,5 142 Moyen vulnérable 5,0 5,1 0,2 139 Peu vulnérable 9,5 24,6 12,5 163 Khi-deux (ns) (**) (**) Strate Zone office 5,6 12,4 5,6 394 Zone Nord 21,9 20,3 3,1 29 Autres Zones 15,3 3,5 11,8 21 Khi-deux (**) (**) (*) Sexe Masculin 7,4 10,4 5,2 217 Féminin 6,9 14,5 6,3 228 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Age en mois ,5 9,0 1, ,5 14,1 5, ,5 19,1 9, ,3 11,9 4, ,9 9,4 8,0 99 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Ensemble 7,2 12,5 5,8 445 Parmi les maladies épidémiques observées, c est la méningite qui a le taux de prévalence le plus important (13%) au sein des enfants de moins de 5 ans, ensuite viennent respectivement la rougeole (7%) et le choléra (6%). Dans le cas des maladies épidémiques, nous constatons paradoxalement que, les peu vulnérables présentent les plus forts taux de prévalence. Ainsi, 25% des enfants issus des ménages peu vulnérables ont souffert de méningite contre respectivement 5% et 6% d enfants issus des ménages moyennement et très vulnérables. Le plus fort taux de prévalence du choléra est aussi détecté chez les ménages peu vulnérables (13%) alors que cette maladie est rare voir quasi inexistante chez les enfants des ménages très vulnérables (4%) et moyennement vulnérables (0,2%).Cependant, on note que les différences de prévalence de la rougeole ne sont pas significatives selon la vulnérabilité. 119
131 Selon la strate, la zone nord semble être la plus vulnérable à la rougeole(22%) et à la méningite(20%) relativement à la zone Office et aux autres zones. Par contre les autres zones semblent être les plus vulnérables au choléra (12%). Les différences de prévalence des maladies épidémiques selon le sexe de l enfant, ainsi que celles relatives à l âge de l enfant ne sont pas significatives. c) Autres maladies liées à une carence alimentaire Au cours de l enquête, nous avons demandé si certains membres du ménage souffraient de cécité crépusculaire ou de goitre. La cécité crépusculaire ou héméralopie est due à une déficience en Vitamine A, c est souvent le premier signe de carence en vitamine A. Il se traduit par une difficulté à voir en lumière réduite. Dans de nombreux pays où la carence en vitamine A est endémique, la langue locale comporte un mot spécifique pour désigner ce trouble. Les parents constatent parfois que leur enfant est maladroit dans le noir ou ne reconnaît pas les gens dans une pièce mal éclairée. Ce trouble est dû à une diminution de la rhodopsine dans les bâtonnets de la rétine. La carence en vitamine A affecte aussi d'autres organes et contribue à augmenter la mortalité des enfants, surtout en cas de rougeole. ( Le goitre quant à lui, est dû à une carence en iode et se manifeste par une inflammation de la glande thyroïde, qui s extériorise par un gonflement disgracieux du cou. Dans les zones où le n y a que des cas sporadiques de goitre, la nourriture n'est généralement pas en cause. Ce peut être une tumeur bénigne ou maligne. A l'inverse, si le goitre est fréquent dans une communauté, la cause est probablement nutritionnelle ( Le tableau suivant donne des informations sur la prévalence de la cécité crépusculaire et du goitre selon la vulnérabilité des ménages et la strate. Tableau : Prévalence de la cécité crépusculaire et du goitre dans le ménage selon la vulnérabilité et la strate % de ménages avec au moins un cas de Cécité crépusculaire Goitre Effectif des ménages Vulnérabilité Très vulnérable 20,3 3,4 94 Moyen vulnérable 9,9 0,4 62 Peu vulnérable 15,9 4,3 40 Khi-deux (ns) (ns) Strate Zone office 14,5 2,7 163 Zone Nord 25,0 0,0 24 Autres Zones 21,2 9,1 8 Khi-deux (ns) (ns) Ensemble 16,1 2,7 195 Globalement, prés d un ménage sur six (16%) présente au moins un cas de cécité crépusculaire. Les cas de goitre sont peu répandus (3% des ménages). Les différences selon la vulnérabilité et la zone de résidence des ménages ne sont pas significatives. 120
132 2. Consultation des centres de santé La fréquentation des centres de santé en cas de maladies des enfants et même des adultes est loin d être systématique. Nous avons déjà mis en avant dans la première partie, l insuffisance des équipements et centres de santé dans la région de Ségou. Le tableau nous donne le pourcentage de ménages ayant eu un enfant malade au cours des 3 derniers mois et parmi eux, ceux qui sont allés les faire consulter dans un centre de santé. Les taux de fréquentation des centres de santé sont assez encourageants dans le cercle de Niono. En effet, plus de la moitié des ménages (60%) ont emmené leurs enfants malades en consultation au cours des 3 derniers mois. Ce taux élevé cache d importantes disparités régionales. En effet, les plus faibles taux de fréquentation sont enregistrés dans la zone Nord (37%) et dans les autres zones (47%), tandis que les plus fortes fréquentations sont enregistrées dans la zone Office (64%). Par contre les différences de fréquentation ne sont pas significatives selon la vulnérabilité. C est dire que les facteurs entravant la fréquentation des centres de santé, dans le cercle de Niono sont d ordre géographique, donc liés plutôt à l accès et à l inégale répartition des centres de santé dans le cercle de Niono. La zone Nord est à cet effet moins dotée en infrastructures sanitaires. Le tableau confirme ce constat. Tableau : Propoprtion de ménages ayant eu des enfants malades au cours des 3 derniers mois et parmi ceux-ci proportion ayant consulté les centres de santé selon la vulnérabilité et la strate % de ménages avec au moins un enfant malade Parmi les ménages ayant un enfant malade, % ayant fréquenté les centres de santé Effectif des ménages Vulnérabilité(ns) Très vulnérable 53,9 53,3 94 Moyen vulnérable 58,5 59,4 62 Peu vulnérable 76,0 73,3 40 Strate(**) Zone office 60,9 64,2 163 Zone Nord 57,7 36,7 24 Autres Zones 45,5 46,7 8 Ensemble 59,9 60,4 195 Les principales raisons avancées pour expliquer la non-fréquentation des centres de santé sont principalement d ordre économique et géographique. Comme on l avait indiqué, les principales raisons avancées par les ménages de la zone Nord sont liées à la distance du centre de santé (37%) et à l inexistence de centre de santé (26%). Tableau : Raison de non-fréquentation des centres de santé selon la strate Zone office Zone Nord Autres Zones Ensemble Pas d argent pour soins 54,2 52,6 62,5 54,2 Centre trop loin 16,7 36,8 37,5 21,4 Pas d'argent pour médicaments 16,7 15,8 37,5 17,4 Pas d'argent pour transport 16,7 5,3 0,0 13,8 Pas de centre 8,3 26,3 12,5 11,9 Pas de transport 0,0 15,8 0,0 3,0 Effectif des ménages n'ayant pas fréquenté le centre de santé Couverture vaccinale Au cours de l enquête, pour tous les enfants de moins de 5 ans, on a enregistré les informations permettant d évaluer leur couverture vaccinale contre les 6 maladies infantiles, qui sont le BCG, la 121
133 poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, la coqueluche et la rougeole. Ces vaccinations sont préconisées par le Programme Elargi de Vaccination. Nous avons enregistré l information à partir des cartes de vaccination disponibles ou, s il n y en avait pas, à partir des déclarations de la mère ou de la personne en charge de l enfant. Le tableau présente la couverture vaccinale des enfants de 12 à 23 mois, groupe d âges auxquels ils devraient avoir reçu l ensemble de ces vaccinations puisque celles-ci doivent toutes être données avant que l enfant n ait atteint son premier anniversaire. Plus de la moitié (59%) des enfants de mois ont été entièrement protégés par les vaccinations du PEV. Cette proportion cache d importantes disparités géographiques. En effet, les enfants de la zone nord, sont ceux qui ont reçu le moins de vaccins relativement aux enfants de la zone Office et des autres zones, et ceci quel que soit le type de vaccin considéré. Ainsi, tandis que seule 6% d enfants vivant dans la zone Nord ont reçu l ensemble des vaccins, près de la moitié, voir plus de la moitié des enfants des autres zones et de la zone office ont reçu l ensemble des vaccins (respectivement 44% et 54%). Ces constats sont conformes aux disparités géographiques observées dans la fréquentation des centres de santé et seraient attribuables à des problèmes d accessibilités des populations vivant dans la zone Nord aux services de santé. Vulnérabi lité Tableau : Proportion d enfants de mois vaccinés selon la vulnérabilité, la strate et le sexe POLIO DTCOQ Dispose d'une BCG A reçu tous les vaccins carte de vaccination Effectif des enfants de mois Très vulnérable 76,7 73,7 59,1 55,5 72,5 57,9 57,9 54,3 47,9 41 Moyen vulnérable 87,8 87,8 82,3 66,0 66,0 66,0 66,0 60,6 38,1 27 Peu vulnérable 83,0 87,8 77,7 69,6 74,5 72,9 62,9 62,9 60,2 29 Khi-deux (ns) (ns) (*) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Strate Zone office 87,5 85,7 73,2 64,3 75,0 67,9 64,3 60,7 53,6 83 Zone Nord 27,8 38,9 38,9 27,8 33,3 27,8 27,8 27,8 5,6 8 Autres Zones 76,0 88,0 88,0 88,0 72,0 72,0 72,0 72,0 44,0 6 Khi-deux (**) (**) (**) (**) (**) (**) (**) (**) (**) Sexe Masculin 87,1 88,1 79,6 68,3 75,4 69,7 64,1 64,1 45,5 53 Féminin 75,3 74,6 61,4 56,1 66,4 58,8 58,8 52,2 52,8 45 Khi-deux (ns) (ns) (*) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Ensemble 81,7 81,9 71,2 62,7 71,3 64,7 61,7 58,6 48,9 98 En observant le taux de la couverture vaccinale par vaccin, nous constatons que les vaccins polio 1 contre la poliomyélite et le BCG contre la tuberculose avec 82% d'enfants vaccinés pour chacun ont la plus grande couverture, suivi du vaccin 2 de la polio (polio2) et du vaccin 1 du DTCOQ (DTCOQ1) avec 73% chacun. Ils sont ensuite suivis de celui du DTCOQ2 avec 65%. Globalement, le taux de couverture vaccinale pour chaque vaccin est supérieur à 60%, ce qui peut être considéré comme une bonne amorce dans la lutte contre les maladies infantiles. Ces taux élevés de couverture vaccinale contre la polio et le BCG s'expliquent par les campagnes de vaccination organisées ces dernières années où les agents passaient de maison à maison pour vacciner les enfants. 4. Etat nutritionnel des enfants de moins de 5 ans L état nutritionnel est évalué au moyen d indicateurs anthropométriques calculés à partir de l âge et des mesures de taille et du poids de l enfant prises au cours de l enquête. Le poids et la taille permettent de calculer les trois indicateurs suivants : la taille par rapport à l âge, le poids par rapport à la taille et le poids par rapport à l âge. 122
134 «Selon l OMS, l état nutritionnel des enfants observé pendant l enquête est comparé à une population de référence internationale, connue sous le nom de standard NCHS/CDC/OMS. Cette référence internationale a été établie à partir de l observation d enfants américains de moins de cinq ans en bonne santé et elle est utilisable pour tous les enfants de cet age dans la mesure ou, quel que soit le groupe de population, ils suivent un modèle de croissance similaire. Les données de la population de référence internationale ont été normalisées pour suivre une distribution normale ou la médiane et la moyenne sont identiques. Pour les différents indicateurs utilisés, on compare la situation des enfants dans l enquête avec le standard de référence internationale, en calculant la proportion d enfants observés qui se situent à moins de deux et à moins de trois écarts type en dessous de la médiane de la population de référence» (EDSM, 1996). Retard de croissance La malnutrition chronique qui se manifeste par une taille trop petite pour l'âge traduit un retard de croissance. Cette situation est généralement la conséquence d'une alimentation inadéquate et/ ou de maladies survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à plusieurs reprises. L'indice taille pour âge qui prend en compte la taille d'un enfant par rapport à son âge est une mesure des effets à long terme de la malnutrition et elle ne varie que très peu en fonction de la saison au cours de laquelle les enfants sont mesurés. La taille-pour âge est révélatrice de la qualité de l'environnement et, d'une manière générale, du niveau de développement socioéconomique d'une population (EDSM, 1996). Tableau : État nutritionnel des enfants selon quelques caractéristiques socio-démographiques Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge Effectif des <-3ET <-2ET <-3ET <-2ET <-3ET <-2ET enfants de moins de 5 ans Vulnérabilité Très vulnérable 18,7 38,1 1,6 8,6 12,3 29,7 125 Moyen vulnérable 18,0 37,1 0,4 9,8 9,9 35,2 117 Peu vulnérable 17,3 28,1 1,3 8,8 8,5 23,9 134 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Strate Zone office 16,8 33,6 0,9 8,4 9,3 28,3 335 Zone Nord 26,8 37,5 3,6 14,3 14,3 33,9 26 Autres Zones 29,0 41,9 1,6 14,5 22,6 43,5 15 Khi-deux (*) (ns) (ns) (ns) (**) (*) Sexe Masculin 17,8 38,2 1,0 10,6 9,9 31,1 188 Féminin 18,2 30,3 1,2 7,5 10,5 27,6 188 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Age en mois ,1 22,1 2,2 11,5 4,4 16, ,5 43,2 2,6 17,0 17,0 47, ,7 36,5 0,7 9,0 15,4 37, ,2 36,0 0,0 1,3 9,8 21, ,1 31,8 0,0 6,1 4,5 22,2 88 Khi-deux (*) (ns) (ns) (**) (**) (**) Ensemble 18,0 34,2 1,1 9,1 10,2 29,3 376 Émaciation Les informations sur la malnutrition aiguë figurent également au niveau du tableau précédent, exprimé par l'indice poids-taille. Cet indice qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec la taille reflète la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l'enquête), et il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En 123
135 effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l'enfant, que ce soit les maladies (rougeole, diarrhée, ) ou des déficits alimentaires (sécheresses, périodes de soudure) sont très sensibles à la saison. Ce type de malnutrition est la conséquence d'une alimentation insuffisante durant la période ayant précédé l'observation et/ou d'une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère ou anorexie, par exemple). Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant de malnutrition aiguë modérée, ceux se situant à moins de 3 écarts type sont considérés comme souffrant de malnutrition aiguë sévère (EDSM, 1996). Insuffisance pondérale L indice poids-pour-âge est un indice combiné son niveau pouvant être aussi bien provoqué par l émaciation que par le retard de croissance. Il traduit une insuffisance pondérale. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de 2 écarts type au-dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d insuffisance pondérale modérée, ceux se situant à moins de 3 écarts type sont considérés comme souffrant d insuffisance pondérale sévère (EDSM, 1996). Durant notre enquête, tous les enfants de moins de 5 ans des ménages de l échantillon ont été pesés et mesurés. Les mesures aberrantes ont été retirées de l analyse et les résultats présentés dans le tableau concernent 376 enfants de moins de 5 ans. Selon les résultats du tableau précédent, on constate que plus d un tiers (34%) des enfants du cercle de Niono souffrent d'une malnutrition chronique (la taille-pour-âge se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence) et environ un enfant sur six souffre (18%) de malnutrition chronique sévère (la taille-pour-âge se situe à moins de 3 écart-type de la médiane de la population de référence). Ces proportions sont beaucoup plus élevées que celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie, à savoir 2,3% (à -2 écarts type) et 0,1% (à -3 écarts type). Ceci montre le degré de malnutrition chronique qui prévaut chez les enfants de moins de 5 ans dans le cercle de Niono. Cette forte prévalence de la malnutrition provoque de graves retards dans la croissance des enfants malgré la large couverture du cercle sur le plan de la vaccination des enfants. Selon la zone de résidence, les enfants de la zone nord et ceux des autres zones sont ceux qui souffrent plus de malnutrition chronique sévère relativement aux enfants de la zone office. Aussi, selon l age, on note que les enfants de mois sont ceux qui souffrent plus de malnutrition chronique sévère relativement aux enfants des autres groupes d âges. A l opposé, les enfants de moins d un an sont ceux qui souffrent moins de malnutrition chronique sévère relativement aux enfants des autres groupes d âges. Ces différentes seraient d ordre physiologique et alimentaire. En effet, avant un an, les pratique d allaitement maternel procurent à l enfant les éléments nutritifs adéquats pour son développement. Le groupe d age mois correspond généralement à l age du sevrage de l enfant, sevrage qui n est pas relayé par une alimentation adéquate, conduisant ainsi à une sous-alimentation des enfants. III. Alimentation des ménages Chaque ménage enquêté nous a donné des informations sur le nombre et la composition des repas pris la veille de l enquête. Une liste d aliments leur a été proposée pour chaque repas et il suffisait de cocher si oui ou non cet ingrédient ou aliment entrait dans la composition du repas de la veille. Le tableau donne la répartition du nombre de repas pris la veille de l enquête par les ménages. 124
136 Tableau : Nombre de repas consommés la veille selon la vulnérabilité et la strate Nombre de repas consommés la veille Effectif des et + Total ménages Vulnérabilité (**) Très vulnérable 5,7 14,8 79, Moyen vulnérable 0,0 4,8 95, Peu vulnérable 4,9 0,0 95, Strate (**) Zone office 3,6 6,4 90, Zone Nord 5,8 25,0 69, Autres Zones 0,0 6,1 93, Ensemble 3,7 8,6 87, Globalement, la majorité des ménages interrogés (88%) avaient consommé au moins 3 repas la vieille de l enquête. En ce qui concerne l analyse de la vulnérabilité, on note que les ménages très vulnérables sont généralement ceux qui consomment le moins de repas par jour. En effet, seule 80% des ménages très vulnérables ont consommé au moins 3 repas contre 95% des ménages moyennement vulnérables et peu vulnérables. Aussi, on note des différences importantes selon les zones de l enquête. L insécurité alimentaire parait plus manifeste dans la zone nord (ou on note que seule 69% des ménages ont consommé au moins trois repas la veille de l enquête) que dans la zone office et les autres zones (avec respectivement 90% et 94% de ménages qui ont consommé au moins trois repas). 125
137 CONCLUSION PARTIELLE Après avoir parcouru les différentes composantes des conditions de vie des ménages dans le cercle de Niono, nous pouvons faire les constats suivants. Le premier chapitre nous a permis d examiner la structure sociale et démographique des ménages ainsi que la migration. A ce niveau, il apparaît que : ¾ Près de la moitié des ménages (48%) ont été classés dans la catégorie très vulnérable ; ¾ Les ménages sont de taille relativement élevée, 13 personnes en moyenne et cette taille varie selon le niveau de vulnérabilité : les ménages de grande taille sont ceux qui sont les moins vulnérables et ont le moins de personnes à charge ; ¾ Le phénomène de femme chef de ménage n est pas une réalité du cercle de Niono, car seuls 3% des ménages sont dirigés par des femmes, ceci, à cause la pratique du lévirat fortement en vigueur dans le milieu bambara ; ¾ L agriculture est l activité dominante et occupe la majorité des ménages, en tant qu activité principale (78%) ; ¾ La population est relativement jeune, les moins de 20 ans représentent près de 58% de la population totale ; ¾ La population est très peu instruite et les taux de scolarisation sont assez faibles surtout chez les filles et dans la zone Nord ; Par ailleurs, concernant la migration on note que : ¾ La migration concerne 4% de la population de 10 ans et + et 18% des ménages; ¾ Elle concerne surtout les plus vulnérables et les populations de la zone nord ; ¾ La migration féminine est plus tardive que la migration masculine et atteint son pic entre 30 et 39 ans ; ¾ Les migrations ne s effectuent pas sur de longues distances, la principale destination est le cercle de Niono étant donné les opportunités économiques offertes par l Office du Niger; ¾ La plupart des ménages tirent un revenu de la migration car 73% des ménages ayant au moins un migrant ont reçu un envoi de ce migrant ; Dans le deuxième chapitre, nous avons analysé le système de production des ménages, ceci nous a permis de faire les constats suivants : ¾ Les femmes ont des revenus plus faibles que les hommes en matière d AGR ; ¾ Une insuffisance d équipements agricoles sophistiqués ; ¾ La production rizicole est la production dominante dans le cercle de Niono, elle est plus rentable pour les ménages peu vulnérables ; ¾ Une grande partie de la production des plus vulnérables est utilisée pour le remboursement des dettes, ceci les fait entrer dans un cycle d éternel endettement ; ¾ Il y a une inégale répartition de cheptel d une part entre hommes et femmes, au sein d un même ménage, d autre part entre peu vulnérables et très vulnérables L examen des stratégies de vie et de survie au chapitre 3 a permis de faire les constats suivants : ¾ L insécurité alimentaire est la principale contrainte avancée par les ménages ; ¾ Les mois les plus difficiles cités par les ménages sont ceux correspondant à la saison des pluies : juin, juillet, août et septembre. 126
138 Pour terminer, le chapitre 4 a étudié la situation sanitaire et nutritionnelle des ménages. Les constats suivants ressortent de ce chapitre : ¾ ¾ ¾ La malnutrition des enfants est particulièrement élevée, bien que conforme aux tendances nationales. En effet, plus du tiers des enfants souffrent de malnutrition chronique ; Il apparaît une inégale répartition géographique des services de santé dans le cercle. La zone nord est celle qui est la plus défavorisée par rapport à l accès aux services de santé ; Les niveaux d accès à l eau potable sont bons relativement à l ensemble dans la mesure où plus de la moitié des ménages ont accès à l eau potable. 127
139 CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS I. Synthèse générale des deux cercles La présente étude visait à effectuer un diagnostic de la situation de vulnérabilité des ménages du milieu rural des cercles de Ségou et Niono, en vue de définir des stratégies appropriées à l'endroit des ménages les plus vulnérables. Une première partie méthodologique nous a permis de mieux cerner le concept de vulnérabilité et les techniques de collecte utilisées lors de l'enquête. Dans la deuxième partie de l étude, nous avons étudié les conditions de vie des ménages dans le cercle de Ségou. Enfin, la troisième partie a été consacrée à l étude des conditions de vie des ménages dans le cercle de Niono. Ainsi, nous avons relevé beaucoup de similitudes entre les cercles de Ségou et de Niono, cependant certaines différences existent tant dans l intensité du phénomène que dans sa manifestation. Déclaration de la Vulnérabilité Les indicateurs de vulnérabilité déclarés dans les deux cercles sont assez similaires et ont tous traits aux équipements agricoles et au bétail. Les différences entre les moins vulnérables et les plus vulnérables résident dans les quantités de chaque type d équipement ou de cheptel possédé. Se basant sur cette déclaration de vulnérabilité et les classements opérés par les populations, on note que plus de ménages du cercle de Ségou ont été classés dans la catégorie d extrême vulnérabilité (52%) que de ménages du cercle de Niono (48%). Structure socio-démographique La structure de la population des deux cercles est à l image de celle du pays tout entier, en particulier et des pays en voie de développement en général. Elle est principalement jeune, avec une pyramide des âges à base large et à sommet effilé. Cette structure est révélatrice d une forte fécondité et d une mortalité infantile très importante, car peu d enfants arrivent à l âge de la production, à cause, entre autre, des maladies épidémiques et infectieuses. Les données sur l éducation révèlent une population peu instruite avec des taux de non-instruction assez importants (90% et 78% respectivement à Ségou et à Niono) et une sous-scolarisation des enfants (avec des taux de scolarisation de 20% à Ségou contre 40% à Niono), notamment des filles. Dans les deux cercles, la situation des femmes en matière d éducation est préoccupante. Parlant de la vulnérabilité, les tendances de l instruction selon la vulnérabilité ne vont pas dans le sens escompté, ceci est valable aussi bien à Ségou qu à Niono. On observe que les ménages peu vulnérables et très vulnérables ont les même taux d instruction et que les ménages moyennement vulnérables sont les plus instruits. Concernant la scolarisation des enfants, l influence de la vulnérabilité ne se manifeste pas de la même façon à Ségou et à Niono. Tandis qu à Ségou, il n y a pas de différence de scolarisation des enfants selon la vulnérabilité, à Niono, on note que ce sont les enfants des ménages moyennement vulnérables et peu vulnérables qui sont les mieux scolarisés. Dans les deux cercles, on note des disparités ethniques dans la scolarisation des enfants. On note cependant, que la situation de Niono est meilleure à celle de Ségou en matière d éducation et d instruction. 128
140 Tableau : Récapitulatif des principaux indicateurs SCVM dans le cercle de Ségou et de Niono Indicateurs Ségou Niono % de ménages très vulnérables 52,1 48,2 % d'enfants scolarisés 19,8 40 Taille moyenne des ménages 11,4 12,6 Ratio de dépendance 2,1 2,4 Taux d'activité 47,1 42,1 Taux de non-instruction 90,1 78,1 % de la population en migration 6,9 3,5 % de ménage dont au moins une personne en migration 29,3 17,7 % de ménages ayant reçu un envoi des migrants 44,5 73 % de ménages ayant reçu des dons ou zakat 17 29,9 % de ménages ayant accès à l'eau potable 41,9 54,2 % d'enfants diarrhéiques 26,7 18,5 % de ménage avec un cas de cécité crépusculaire 30,4 16,1 % de ménages avec un cas de goitre 12,8 2,7 Taux de fréquentation des centres de santé 36,8 60,4 % d'enfants mois totalement vaccinés 50,9 58,6 % d'enfants souffrant de malnutrition chronique (taille-pour-age) 46,3 34,2 % d'enfants souffrant de malnutrition aiguë ou émaciation (poids-pour-taille) 8,8 9,1 % d'enfants souffrant d'insuffisance pondérale (poids-pour-age) 34,4 29,3 % de ménages consommant au moins 3 repas journaliers 95,5 87,6 % de ménages avec sel iodé 61,5 37,7 Migration Les phénomènes migratoires sont d ampleur dans les deux cercles, cependant ils ne s opèrent pas de la même façon. La migration s opère plus précocement à Ségou qu à Niono, surtout s agissant de la migration des filles. Celle-ci débute à un âge très précoce à Ségou (entre ans), tandis qu à Niono elle atteint son pic entre 30 et 39 ans. Ces jeunes filles qui quittent le cercle de Ségou vont presque toutes à Bamako pour servir de domestiques dans les ménages. Par contre, les femmes de Niono ne vont pas très loin et restent principalement dans le même cercle, sans doute à cause des opportunités économiques offertes par l Office du Niger. En terme de rentabilité économique, la migration effectuée par les populations du cercle de Niono semble procurer plus de revenus que ceux générés par les populations du cercle de Ségou ( FCFA en moyenne contre FCFA). On note aussi une plus grande contribution des migrants à leur ménage à Niono qu à Ségou. En effet, 73% des ménages de Niono ayant au moins un migrant, ont reçu des envois de leurs migrants, contre seulement 45% des ménages de Ségou Il est évident que la précarité économique est à l origine de la migration des populations, dans la mesure où ce sont les populations les plus vulnérables qui sont le plus concernées par le phénomène. 129
141 Main d œuvre et systèmes de production des ménages La taille du ménage est un indicateur de la disponibilité de main d œuvre du ménage. Dans l étude SCVM de Ségou et Niono, la main d œuvre n a pas été citée comme facteur important de vulnérabilité des ménages. Il y a des différences entre les deux cercles. En effet, bien que l on ait constaté au niveau du cercle de Ségou, qu il y avait plus de personnes dans les ménages peu vulnérables, il ressort que les ratios de dépendances sont plus élevés dans ces ménages que dans les ménages très vulnérables. Par contre la tendance contraire est observée à Niono, où les ratios de dépendance sont plus élevés dans les ménages très vulnérables. Bien que les populations des deux cercles vivent principalement de l agriculture, on dénote la présence de certaines AGR effectuées en complément par les ménages. Ces principales AGR sont : l embouche, le travail agricole salarié et l artisanat. A Ségou, l exercice de ces activités est fonction du niveau de vulnérabilité du ménage ; il est apparu que les ménages très vulnérables exercent principalement le travail agricole salarié et l artisanat, tandis que les ménages peu vulnérables exercent l embouche. Par contre à Niono, il n apparaît pas une spécialisation dans un type d AGR donné selon la vulnérabilité, mais les différences apparaissent surtout quant au revenu tiré des activités, lequel est généralement plus important chez les ménages peu vulnérables. Dans l ensemble des deux cercles il est apparu des différences de revenus importantes entre les femmes et les hommes exerçant les même activités. Les hommes retirent toujours un gain supérieur à celui des femmes quelle que soit l activité considérée, à l exception des activités purement féminines. Concernant les équipements agricoles, il est apparu dans les deux cercles une insuffisance d équipements agricoles. La pratique de l agriculture traditionnelle est toujours en vigueur avec l utilisation d équipements rudimentaires. L examen du cheptel a révélé des différences dans la possession de cheptel entre les hommes et les femmes et des différences selon la vulnérabilité. Ainsi, il est apparu que les ménages peu vulnérables sont ceux qui diversifient davantage leur cheptel que les ménages très vulnérables. De même, ces derniers possèdent toujours moins de têtes de bétail que les peu vulnérables. Les femmes ont aussi systématiquement moins de têtes de bétail que les hommes et ceci quel que soit le type de cheptel considéré. Contraintes au système de vie des ménages Les mois difficiles pour la SCVM sont les mêmes dans les deux cercles, il s agit des mois de la saison des pluies, juin, juillet août et septembre. Les principales contraintes évoquées sont également les mêmes dans les deux cercles et ont trait principalement à l insécurité alimentaire. D autres part, le système de solidarité semble plus important à Niono qu à Ségou dans la mesure ou 30% des ménages de Niono ont bénéficié de dons ou de Zakat contre seulement 17% des ménages de Ségou. Santé et nutrition Sur le plan sanitaire, le cercle de Niono semble avoir les meilleurs indicateurs : une meilleure santé des enfants, perceptible à travers les indicateurs anthropométriques, meilleure fréquentation des centres de santé, un meilleur accès à l eau potable. Les problèmes de santé dans le cercle de Niono ne se posent pas de la même façon que dans celui de Ségou. En effet à Niono, les problèmes d infrastructure et d accès dominent, tandis qu à Ségou il s agit principalement de moyens économiques, même si les problèmes d accès existent. En effet, à Ségou les moins vulnérables sont ceux qui fréquentent le plus les centres de santé, 130
142 tandis qu à Niono il n y a pas de différence selon la vulnérabilité. De même pour la vaccination, à Ségou, les enfants des ménages les moins vulnérables, sans doute à cause de la fréquentation des centres de santé, sont ceux qui sont les mieux vaccinés, tandis qu à Niono, les différences géographiques priment. Cependant, le cercle de Ségou est celui qui a le plus d accès au sel iodé, et celui dans lequel la plupart des ménages consomment au moins trois repas journaliers. II. Quelques recommandations 1. Cercle de Ségou Promotion de la scolarisation Les facteurs entravant la scolarisation dans le cercle de Ségou sont de plusieurs ordres. A cet effet, les politiques visant l amélioration du niveau de scolarisation des enfants doivent s attaquer à plusieurs causes : culturelles, économiques et d ordre géographique. Ainsi, la promotion de l éducation dans le cercle de Ségou devrait s effectuer par le renforcement des campagnes de sensibilisation pour montrer l importance de la scolarisation d une façon générale et celle des filles en particulier ; la facilitation de l accès des populations de la rive gauche aux infrastructures scolaires ; la canalisation des migrations féminines, qui nous l avons vu s opèrent à un âge très précoce. Canaliser les migrations s effectuant à jeunes âges, surtout celle des filles La migration dans le cercle de Ségou s effectue à des âges très précoces. Ce qui pose un réel problème, car les jeunes représentent un groupe particulièrement vulnérable. Ils sont exposés aux maladies sexuellement transmissibles dont le VIH et aux abus de tout ordre en milieu urbain. Aussi, il serait préférable, de mettre en place des actions en vue de décourager la migration des très jeunes, en créant par exemple des opportunités économiques sur place, notamment à travers les systèmes d épargne-crédit. Préparer les migrants à rentabiliser les acquis de la migration Les migrants qui quittent leur village pour les grandes villes ne sont généralement pas préparés à faire face à cette migration. Bien qu il existe des réseaux informels d information constitués d anciens migrants, ces derniers ne sont pas suffisamment bien organisés. Il convient d informer les migrants sur les risques liés à la migration à travers une organisation des anciens migrants dans les zones de départ. Parallèlement, l initiation d activités d insertion des anciens migrants dans leur milieu d origine s avère nécessaire en vue de leur permettre de rentabiliser les acquis de la migration. Renforcement des AGR des femmes, à travers les groupements MJT L étude a prouvé de nettes différences entre homme et femmes, notamment en terme de revenu et de possession de cheptel. Il convient de réduire ces écarts par la mise en place d AGR pour les femmes et la constitution des groupements d épargne MJT. Promotion des comportements sanitaires sains Les facteurs de sous-fréquentation des centres de santé sont d ordre géographique et économique. A cet effet, il conviendrait de trouver des sources alternatives de financement des coûts de santé par la mise en place de mutuelles de santé, par exemple. Par ailleurs, pour une 131
143 large couverture du cercle, il faudrait envisager le renforcement des aires de santé et le développement de services de proximité. Appui à l artisanat L artisanat est une activité principalement exercée par les plus vulnérables, il faudrait envisager un appui aussi bien technique que financier (à travers les micro-crédits) aux groupements d artisans. 2. Dans le cercle de Niono Promotion de la scolarisation Les facteurs entravant la scolarisation dans le cercle de Niono sont de plusieurs ordres. A cet effet, la mise en place des politiques visant un l amélioration du niveau de scolarisation des enfants doivent s attaquer à plusieurs causes culturelles, économiques et d ordre géographique. Ainsi, la promotion de l éducation dans le cercle de Niono devrait s effectuer par : le renforcement des campagnes de sensibilisation pour montrer l importance de la scolarisation d une façon générale et celle des filles en particulier ; la facilitation de l accès des populations de la zone Nord aux infrastructures scolaire ; Renforcement des AGR des femmes, a travers les groupements d épargne L étude a prouvé de nettes différences entre homme et femmes, notamment en terme de revenu et de possession de cheptel. Il convient de réduire ces écarts par la mise en place d AGR et les groupements d épargne MJT. Promotion des comportements sanitaires sains Les facteurs de sous-fréquentation des centres de santé sont d ordre géographique et économique. A cet effet, il conviendrait de trouver des sources alternatives de financement des coûts de santé par la mise en place de mutuelles de santé, par exemple. Par ailleurs, pour une large couverture du cercle, on doit envisager le renforcement des aires de santé et le développement de services de proximité, notamment dans le nord du cercle de Niono. 132
144 BIBLIOGRAPHIE CARE INTERNATIONAL AU MALI, CNRST RECHERCHE SSE MALI-NORVEGE, BARA UNIVERSITE D ARIZONA, 1997 «Evaluation rapide de la sécurité des conditions de vie des ménages dans le cercle de Koro (Mali)»196p. CARE NIGER, BARA Université d Arizona, 1997, «Evaluation de la sécurité des conditions de vie dans le département de Maradi», 269p. COULIBALY, S. ; DICKO, F. ; TRAORE, S.,M.; SIDIBE, O.; SEROUSSI, M.; BARRERE, B.; 1996 «Enquête Démographique et de Santé, Mali, », Claverton, Maryland, USA : Cellule de planification et de Statistique du Ministère de la Santé, Direction Nationale de la Statistique et de l Informatique et Macro International Inc. Direction Nationale de la Statistique et de l Informatique (D.N.S.I.) ; 2001 «Recensement général de la population et de l habitat, avril 1998, principaux résultats», Bamako : DNSI, 31p. LUTUTALA, M., B.,1995 «Les migration africaines dans le contexte socio-économique actuel, une revue critique des modèles explicatifs», In. Gérard et Piché, La sociologie des populations, AUPEL-UREFP SANOU, M. ; LACHAUD,J.P «Pauvreté et marché du travail au Burkina» TRAORE, M., 1980 «Atlas du Mali»,Ed. Jeune Afrique, Paris, 64p. 133
145
146 OUTILS DE COLLECTE i
147 CARE International Mali Etude SCVM Ségou 2001 QUESTIONNAIRE MENAGE IDENTIFICATION CERCLE DE COMMUNE DE STRATE NOM DU VILLAGE : NOM DU CHEF DE MENAGE NUMERO DU MENAGE NIVEAU DE VULNERABILITE DU MENAGE 1= TRES VULNERABLE ; 2 = VULNERABLE ; 3 = MOYENNEMENT VULNERABLE ; 4 = PEU VULNERABLE NOM DE LA PERSONNE ENQUETEE NUMERO DE LIGNE DE LA PERSONNE ENQUETEE DATE DE L ENTRETIEN : J J M M A A NOM DE L ENQUETEUR/RICE : RESULTAT DE L ENTRETIEN : 1 = rempli ; 2 = non rempli COMPOSANT PRINCIPAL DE L HABITATION PAILLE 1 BANCO 2 SEMI-DUR 3 CIMENT 4 AUTRE 6 ii
148 SECTION I. CARACTERISTIQUES DEMOGRAPHIQUES DES MEMBRES DU MENAGE (exclure les membres absents depuis 10 mois ou plus) 102 Ethnie 1= bambara ; 2 = peulh ; 3 = bozo ; 4 = dogon ; 5 = sarakolé ; 6 = sonrhai ; 7 = touareg ; 8 = autre (à préciser) 103 Présence 1 = oui ; 2 = non ; 104 Statut 1 = MDP ; 2 = MD ; 3 = MP ; 4 = DP ; 5 = M ; 6 = P ; (M = manger ; P = produire ; D = Dormir) 105 Lien avec CM 1 = CM ; 2 = époux(se) ; 3 = fils / fille ; 4 = père / mère ; 5 = frère / sœur ; 6 = petit-fils / fille ; 7 = marâtre ; 8 = sans lien ; 9 = autre (à préciser) 106 Sexe 1 = masculin ; 2 = féminin 108 Niveau d instruction 0 = aucune ; 1 = primaire incomplet ; 2 = primaire complet ; 3 = secondaire ou + ; 4 = coranique uniquement 109, 112 Ecole et exode 1 = oui ; 2 = non ; 110 Type d école 1 = communautaire ; 2 = publique ; 3 = privée 111 Situation matrimoniale 1 = célibataire ; 2 = marié monogame ; 3 = marié polygame ; 4 = veuf (ve) ; 5 = divorcé(e) ; 6 = mari en migration longue ; 113, 114 ID Occupation principale Occupation secondaire Nom des membres du ménage Ethnie Présence Statut 00 = aucune ; 01 = agriculture ; 02 = élevage ; 03 = commerce ; 04 = artisanat ; 05 = petit commerce ; 6 = chasse ; 07 = bucheron ; 08 = élève ; 09 = travaux ménagers / domestiques ; 10 = marabout ; 11 = griot ; 12 = féticheur ; 14 = maraîchage ; 15 = pêcheur ; 16 = apiculture ; 17 = soins des animaux ; 96 = autre (à préciser) Lien avec le CM Sexe Age Niveau d instruction VERIFIER 107 < 7 ET > 14 ANS ET 108 <> 0 POSER 109 ET 110 ; SINON PASSER A 111 Va toujours à l école Type d école Situation matrimoniale Emigration (12 derniers mois) Principale Occupation Secondaire iii
149 ID Nom des membres du ménage Ethnie Présence Statut Lien avec le CM Sexe Age Niveau d instruction VERIFIER 107 < 7 ET > 14 ANS ET 108 <> 0 POSER 109 ET 110 ; SINON PASSER A 111 Va toujours à l école Type d école Situation matrimoniale Emigration (12 derniers mois) Principale Occupation Secondaire Est-ce que le chef de ménage est aussi le chef d exploitation? OUI = 1 ; NON = 2 iv
150 SECTION II. MIGRATION Est-ce qu un membre de ce ménage est parti en migration au cours des 12 derniers mois? OUI = 1, POSER SECTION II ; NON = 2 PASSER A SECTION Ressources pour la A = Vente production. agricole ; B = vente bétail ; C = vente biens / équipement ; D = emprunt / crédit ; E = aucune ressource ; X = autre ressource (à préciser) migration 201 Raisons de la migration 1 = insécurité alimentaire ; 2 = travail ; 3 = santé ; 4 autre (à préciser) 202 Fréquence 1 = tous les ans ; 2 = seulement les années de crise 203 Destination 01 = Bamako ; 02 = Ségou ; 03 = Même cercle ; 04 = Sikasso ville ; 05 = Autre Mali ; 06 = RCI ; 07 = Ghana, Togo, Bénin ; 08 = Sénégal ; 09 = Autre Afrique ; 10 = Arabie Saoudite ; 12 = Ailleurs 204, 205 Mois 01 = Janvier ; 02 = Février ; 03 = Mars ; 04 = Avril ; etc. 207 Type de travail 1 = petit commerce ; 2 = travaux domestiques ; 3 = travaux dans les plantations ; 4 = travaux manuels ; 6 = autre (à préciser) 211 Nature des apports 1 = habits ; 2 = produits manufacturés ; 3 = produits alimentaires ; 4 = autre (à préciser) ID du mem bre Provenance ressources des Raison Migration Fréqu -ence MIGRATION (entre 2 et 10 mois) Envoi ou apport en argent Envoi ou apport en nature Destina tion Mois départ Période et durée Mois TOTAL retour MOIS Type de travail Nbre de fois au cours des 10 derniers mois Montant Nbre de fois au cours des 10 derniers mois A B C D E X A B C D E X A B C D E X A B C D E X A B C D E X A B C D E X A B C D E X A B C D E X A B C D E X A B C D E X Nature des apports Estimation valeur des apports v
151 N QUESTIONS CODES 213 Quelle est la contribution de la migration au TRES IMPORTANT 1 système de vie de votre ménage? MOYENNEMENT IMPORTANT 2 PEU IMPORTANT Justifiez votre réponse PASSER A 215 Au cours des 10 derniers mois, est-ce que vous (votre ménage) avez reçu de l aide (sous forme d argent ou en nature) d une ou de plusieurs personnes qui sont extérieures à votre ménage? 216 Pouvez-vous nous donner la valeur approximative de cette aide? OUI 1 NON 2 vi
152 SECTION III. ACTIVITES DU MENAGE 302 Lieux 1 = dans les limites du village ; 2 = dans la commune ; 3 = dans le cercle ; 4 Ségou ville ; 5 = ailleurs 303 Période 1 = toute l année ; 2 = saison sèche ; 3 = saison des pluies ; 4 = autre 304 Importance 1 = très important ; 2 = moyennement important ; 3 = pas important Activité rémunérée Lieu Période de 1 Travail agricole salarié 2 Poterie 3 Filature 4 Tissage 5 Transformation de produits agroalimentaires 6 Confection cordes / nattes 7 Sculptures 8 Gardiennage 9 Petit commerce 10 Vente de bois et charbon 11 Moudre / Piler céréales 12 Vannerie 13 Teinture 14 Construction 15 Coiffure et tressage 16 Transport 17 Pharmacie ambulante 18 Travaux domestiques 19 Vente de pailles 20 Cueillette 21 Travail du cuir 22 Pêche 23 Boucherie 24 Fente de bois 25 Fétichisme 26 Vente de carburant 27 Fraude 28 Intermédiaire (coxer) 29 Culture de contre-saison 30 Vente produits laitiers 31 Travail du métal 32 Elevage / Embouche 33 Usure Nbre de pers. Argent gagné par an impliquées l année Hom Fem Hom Fem Total Importance de ces activités au système de vie vii
153 312, 314 Mode d acquisition SECTION IV. EQUIPEMENTS DOMESTIQUES ET AGRICOLES 1 = acheté ; 2 = emprunté ; 3 = donné ; 4 = loué ; 5 = crédit ; 6 = fabriqué ; 7 = hérité ; 8 = autre (à préciser) Activité rémunérée 1 Animaux de trait 2 Charrue 3 Charrette 4 Herse 5 Hache 6 Pioche 7 Barre à mine 8 Pelle 9 Brouette 10 Arrosoir 11 Houe ou daba 12 Hilaire 13 Bicyclette 14 Coupe-Coupe 15 Faucille 16 Binette 17 Râteaux 18 Puisette 19 Appareil de traitement phyto 20 Motopompe 21 Lit 22 Mortier 23 Machine à coudre 24 Foyers améliorés 25 Moto 26 Radio 27 Tasses 28 Décortiqueuse 29 Moissonneuse Batteuse 30 Selle 31 Abreuvoir 32 Pirogue 33 Bijoux Nbre hom Mode acquisition Nbre fem Mode acquisition Total matériel viii
154 SECTION 4 : EXPLOITATION AGRICOLE (Campagne 2000) 401 Type de champ 01 = Champ pluvial ; 02 = Contre-saison ; 03 = Verger ; 04 = Pluvial + contre-saison ; 05 = Pluvial + contre-saison + verger ; 06 = Verger + contre-saison ; 07 = Verger + pluvial ; 08 = Champ fluvial ; 09 = jardin ; 10 = Autre type ; 402 Appartenance 1 = Champ commun ; 2 = Au CM ; 3 = Aux épouses ; 4 = Aux enfants ; 5 = Autre personne ; 403 Type de tenure 1 = Hérité ; 2 = Acheté ; 3 = Métayage ; 4 = Terres récupérées ; 5 = Prêtées par chef de village ; 6 = Autre ; 404 à 407 Cultures pratiquées 10 = mil ; 11 = sorgho ; 12 = mais ; 13 = blé ; 14 = fonio ; 20 = niébé ; 21 = arachide ; 22 = riz ; 23 = sésame ; 24 = coton ; 30 = patate douce ; 31 = pommes de terre ; 32 = manioc ; 34 = igname ; 40 = oignon ; 41 = piment ; 42 = oseille ; 43 = gombo ; 44 = calebassier ; 45 = courge ; 46 = aubergine ; 47 = tomate ; 48 = choux ; 49 = salade ; 50 = carotte ; 51 = canne à sucre ; 52 = poivron ; 60 = manguier ; 61 = papayer ; 62 = agrumes ; 63 = bananier ; 64 = goyavier ; 65 = karité ; 66 = pastèque ; 67 = melon ; 409 Raison de nonculture 1 = jachère ; 2 = pâturage ; 3 = manque de main-d œuvre ; 4 = manque de semences ; 5 = terre laissée en friche ; 6 = autre ; 412 Fertilité du sol 1 = pauvre ; 2 = moyenne ; 3 = riche ; N cham Type de Appartenance Type de Cultures pratiquées en 2000 Surface exploitée en 2000 Moment de culture Fertilité du sol p champ du tenur OUI NON Raison Durée champ e (en mois) BMOM RET Aller à Aller à Aller à Aller à Aller à Aller à Aller à Aller à Aller à Aller à N QUESTIONS CODES 413 VERIFIER 411 AU MOINS UN 2 AUCUN Pourquoi avez-vous cultivé en retard? PASSER A 415 Avez-vous des parcelles que vous louez ou cédez à d autres exploitants? 416 A combien estimez-vous le revenu annuel (en argent ou en nature) de la rente de ces parcelles? OUI 1 NON 2 o 500 ARGENT NATURE ix
155 SECTION V. PRODUCTION, ACQUISITION ET DISTRIBUTION (CAMPAGNE 2000) 500 Cultures pratiquées 10 = mil ; 11 = sorgho ; 12 = mais ; 13 = blé ; 14 = fonio ; 20 = niébé ; 21 = arachide ; 22 = riz ; 23 = sésame ; 24 = coton ; 30 = patate douce ; 31 = pommes de terre ; 32 = manioc ; 34 = igname ; 40 = oignon ; 41 = piment ; 42 = oseille ; 43 = gombo ; 44 = calebassier ; 45 = courge ; 46 = aubergine ; 47 = tomate ; 48 = choux ; 49 = salade ; 50 = carotte ; 51 = canne à sucre ; 52 = poivron ; 60 = manguier ; 61 = papayer ; 62 = agrumes ; 63 = bananier ; 64 = goyavier ; 65 = karité ; 66 = pastèque ; 67 = melon ; 501 Unité de Mesure et 01 = tasse ; 02 = botte ; 03 = panier ; 04 = sac de 50 kg ; 05 = sac de 80 kg ; 06 = sac de 100kg ; 07 = autre catégorie de de Litre (UML) sac ; 08 = kg ; 09 = calebasse ; 10 = unité ; 16 = autre à préciser ; 502 Stockage 1 = grenier en paille ; 2 = grenier en banco ; bidon / jarre / canari / tonneau ; 5 = case ; 6 = non stocké ; 7 = autre (à préciser) ; ID Produit agricole Code UML Stock Production Utilisation de la production 2000 (en quantité) Quantité Mode restant 2000 semence stockage Rembpret t ation stock Zaka Dons Consomm Vente Prêt En de 1999 (quantité) gardée x
156 N QUESTIONS CODES 513 Quels types d intrants avez-vous utilisés pour la ENGRAIS CHIMIQUES 1 campagne agricole de 2000? ENGRAIS NATURELS 2 PESTICIDES 3 AUTRE 6 (A PRECISER) 514 Avez-vous eu recours à de la main d œuvre salariée (en dehors des membres de votre ménage) pendant la campagne agricole de 2000? 515 Combien de personnes avez-vous embauchées? 516 Avez-vous produit suffisamment pour couvrir les besoins alimentaires de votre ménage jusqu à la prochaine récolte? PASSER A AUCUN 8 OUI 1 NON 2 o 516 OUI 1 NON 2 o Pour combien de mois avez-vous produit? 518 A PRODUIT ASSEZ PAS PRODUIT ASSEZ VENTE PETITS ANIMAUX A p p SALARIAT AGRICOLE B Que faites-vous Qu allez-vous faire ARTISANAT C quand ce que vous (qu avez-vous fait) pour EXODE D avez produit ne couvrir les besoins VENTE DE BIENS E couvre pas les alimentaires de votre CREDIT F besoins alimentaires ménage? SOUTIEN COMMUNAUTAIRE G de votre ménage? VENTE DE TERRE H AUTRE X (A PRECISER) NSP Z 519 Avez-vous vendu des bijoux, ustensiles ou OUI 1 autres objets de valeur au cours des 12 derniers NON 2 o mois pour subvenir aux besoins alimentaires de votre ménage? 520 A qui appartenaient principalement les biens vendus? CM 1 EPOUSES 2 ENFANTS 3 BIENS FAMILIAUX 4 AUTRE 6 (A PRECISER) 521 Quelle est la valeur approximative retirée de la vente de ces biens? VERIFIER 516 A PRODUIT ASSEZ N A PAS PRODUIT ASSEZ Avez-vous vendu une partie de votre production OUI 1 de la dernière récolte Quelle a été l utilisation principale de l argent provenant de la vente de votre production? 522 Au cours des 12 derniers mois, avez-vous bénéficié de dons ou de la zakat au niveau de votre village ou de votre commune? NON 2 o 523 ALIMENTATION A SANTE B EDUCATION C BETAIL D 523 EQUIPEMENT E SOCIAL F AUTRE X (A PRECISER) OUI, DON 1 OUI, ZAKAT 2 OUI, LES 2 3 NON 4 o 523 xi
157 N QUESTIONS CODES Quels produits avez-vous eus? RIZ A MIL B MAIS C AUTRES CEREALES D AUTRES PRDTS X (A PRECISER) Combien de mois d alimentation de votre ménage, ces dons ou zakat ont-ils pu couvrir? PASSER A 523 Quelle est la quantité totale d eau utilisée par le ménage chaque jour? ENTOURER L UNITE DE MESURE UTILISEE ET DETERMINER LE NOMBRE D UNITE UTILISEE PAR JOUR NOMBRE SEAUX (20 L) SEAUX 1 SEAUX NOMBRE JARRES (10 L) JARRES 2 JARRES NOMBRE BIDONS PLASTIQUES (40 L) BIDONS 3 BIDONS NOMBRE NOMBRE DE FUTS (200 L) FUTS 4 FUTS NOMBRE AUTRE RECIPIENT (PRECISER CONTENANCE) AUTRE 6 AUTRES 524 Les besoins journaliers en eau de votre ménage OUI 1 sont-ils satisfaits? NON D où provient principalement l eau que les PUITS OUVERT 1 membres de votre ménage utilisent PUITS COUVERT TRADI 2 habituellement pour boire et faire la cuisine? PUITS COUVERT AMELIORE 3 FORAGE / POMPE Est-ce que cette source d eau est suffisante pour couvrir les besoins de votre ménage tout au long de l année? 527 Quel est la principale source d énergie utilisée par le ménage? EAU DE SURFACE 5 OUI 1 NON 2 BOIS 1 CHARBON 2 BOUSE DE VACHE 3 PETROLE 4 AUTRES 6 (A PRECISER) xii
158 SECTION 6 : INVENTAIRE DU CHEPTEL DU MENAGE PENDANT LES 12 DERNIERS MOIS 609 Raisons de la vente 01 = Insécurité alimentaire ; 02 = Mariage ; 03 = Baptême ; 04 = Impôt ; 05 = Remboursement de prêt ; 06 = Frais de santé du ménage ; 07 = Habillement ; 08 = Décès ; 09 = Voyage ; 10 = Capital ; 11 = Equipement Ménager ; 12 = frais de scolarité ; 13 = Achat champ ; 14 = Remariage du CM ; 15 = Santé animale ; 16 = Achat intrants animaux ; 96 = Autre (à préciser) ; Type d animaux Effectif actuel en propriété (présents et confiés) Hommes Femmes Dons Reçus Nbre Montant (unitaire) Zakat Achats Vente Dons Animaux Nbre Raison Montant (unitaire ) Donné s Reçu s Nbre confiés Frais occasionnés Bœufs 2 Vaches 3 Taureaux 4 Béliers 5 Brebis 6 Boucs 7 Chèvres 8 Equins 9 Asins 10 Lapins 11 Poules 12 Pintades 13 Autres (à préciser) 14 Chameaux Nbre Conso mmés Nbre pris en gardi enna ge Nbre perdus ou volés Nbre morts xiii
159 N QUESTIONS CODES 619 Quelle est la part du revenu annuel (production agricole, main d œuvre, migration, commerce et élevage) consacrée à l alimentation de votre ménage? 620 A votre avis, parmi les 12 derniers mois, quels ont été les 4 mois les plus difficiles pour la sécurité alimentaire de votre ménage? ENREGISTRER LES CODES CORRESPONDANT AUX MOIS 621 Pour quelles raisons ont-ils été difficiles? INSUFFISANCE D ALIMENTS A INSUF. EAU DE PLUIE B PAS D ARGENT POUR MARIAGE BAPTEME C PROBLEME DE SANTE D PAS DE TRAVAIL E MEVENTE CERALES/PDCTION F AUTRE X (A PRECISER) 622 Quelles sont les 3 principales contraintes liées au INSECURITE ALIMENTAIRE système de vie de votre ménage? A MANQUE DE SEMENCES B MANQUE DE CREDIT C PROBLEME D EAU D CONFLITS AGRIC/ELEV POUR AIRE DE PATURAGE E MANQUE MATERIEL AGRICOLE F SANTE G MANQUE MOYENS FINANCIERS H SURCHAGE TRAVAIL DES FEMMES I MANQUE DE MAIN D ŒUVRE J MANQUE D ECOLE K DIFFICULTE DE MARIAGE L BAISSE DES PRIX DE VENTE M VENTE DES CEREALES A BAS PRIX N AUTRE W (A PRECISER) AUTRE X (A PRECISER) AUCUNE Z PASSER A 623 Quelles sont les stratégies (solution) que vous mettez en œuvre pour pallier ces contraintes? APPUI EXTERN/ZAKAT A MIGRATION B VENTE DE CHEPTEL C VENTES DE BIENS D AUTRE W (A PRECISER) AUTRE xiv
160 N QUESTIONS CODES X (A PRECISER) AUCUNE 624 Est-ce que vous ou un membre de votre ménage avez été impliqué dans un conflit d exploitation ou de gestion de ressources naturelles (conflit intra ou inter- communautaire) au cours des 12 derniers mois? Qui a été le principal agent de règlement de ce conflit? 625 Avez-vous des suggestions pour le règlement de ces conflits? PASSER A Z OUI, HOMME IMPLIQUE 1 OUI, FEMME IMPLIQUEE 2 OUI, TOUT LE MENAGE 3 NON 4 o 625 AUTORITE TRAD 1 AUTORITE COMMUNALE 2 ENTRE LES PERSONNES 3 ORGANISATIONS SC 4 AUTRE 6 (A PRECISER) PAS REGLE 7 xv
161 CARE International Mali Etude SCVM SEGOU 2001 QUESTIONNAIRE SANITAIRE IDENTIFICATION CERCLE DE COMMUNE DE STRATE NOM DU VILLAGE : NOM DU CHEF DE MENAGE NUMERO DU MENAGE NIVEAU DE VULNERABILITE DU MENAGE 1= TRES VULNERABLE ; 2 = VULNERABLE ; 3 = MOYENNEMENT VULNERABLE ; 4 = PEU VULNERABLE NOM DE LA PERSONNE ENQUETEE NUMERO DE LIGNE DE LA PERSONNE ENQUETEE DATE DE L ENTRETIEN : J J M M A A NOM DE L ENQUETEUR/RICE : RESULTAT DE L ENTRETIEN : 1 = rempli ; 2 = non rempli SCVM Ségou 2001
162 SECTION 1 : DONNEES ANTHROPOMETRIQUES : ENFANTS DU MENAGE NES DEPUIS JANVIER 1996 REPORTER DANS LES COLONNES 100 ET 101 LE NUMERO DE LIGNE ET LE PRENOM DE CHACUN DES ENFANTS DU MENAGE NES DEPUIS JANVIER 1996 SI MERE VIVANTE ET PAS DANS LE MENAGE, NOTER 00 A 104 ID ENFANT PRENOM DE L ENFANT MERE VIVANTE OU DCD SI VIVANTE, ET DS MENAGE ID MERE DATE DE NAISSANCE DE L ENFANT AGE (EN MOIS) RANG NAISS ANCE SEXE TAILLE (EN CM) POIDS (EN KG) p J J M M A A CM PASSER A p J J M M A A CM PASSER A p J J M M A A CM PASSER A p J J M M A A CM PASSER A p J J M M A A CM PASSER A 105 KG KG KG KG KG SCVM Ségou 2001 xvii
163 ID ENFANT PRENOM DE L ENFANT MERE VIVANTE OU DCD SI VIVANTE, ET DS MENAGE ID MERE DATE DE NAISSANCE DE L ENFANT AGE (EN MOIS) RANG NAISS ANCE SEXE TAILLE (EN CM) POIDS (EN KG) p J J M M A A CM PASSER A p J J M M A A CM PASSER A 105 KG KG SCVM Ségou 2001 xviii
164 ID ENFANT PRENOM DE L ENFANT MERE VIVANTE OU DCD SI VIVANTE, ET DS MENAGE ID MERE DATE DE NAISSANCE DE L ENFANT AGE (EN MOIS) RANG NAISS ANCE SEXE TAILLE (EN CM) POIDS (EN KG) p CM J J M M A A PASSER A p J J M M A A CM PASSER A p J J M M A A CM PASSER A p J J M M A A CM PASSER A p J J M M A A CM PASSER A p J J M M A A CM PASSER A 105 KG KG KG KG KG KG SCVM Ségou 2001 xix
165 ID ENFANT PRENOM DE L ENFANT MERE VIVANTE OU DCD SI VIVANTE, ET DS MENAGE ID MERE DATE DE NAISSANCE DE L ENFANT AGE (EN MOIS) RANG NAISS ANCE SEXE TAILLE (EN CM) POIDS (EN KG) p J J M M A A CM PASSER A 105 KG SCVM Ségou 2001 xx
166 SECTION 2 : ALIMENTATION ET SEVRAGE DES ENFANTS NES DEPUIS JANVIER 1996 AUTRE LIQUIDE AGE AGE INTRO- ID ACTUEL- AGE INTRO- DONNE A (NOM) LE INTRO- DUCTION ENFA LEMENT DUCTION LAIT JOUR DE LA DUCTION 1 ER ALIMENT NT ALLAITE MATERNEL NAISSANCE DE L EAU SOLIDE ALIMENTS SOLIDES DEJA INTRODUITS SEVRAGE COMPLET AGE A L ARRET RAISON DU SEVRAGE VOIR CODES CI- VOIR CODES CI- VOIR CODES CI- OUI NON EN JOURS DESSOUS EN JOUR EN MOIS DESSOUS EN MOIS DESSOUS A B C D E X Z A B C D E X Z A B C D E X Z A B C D E X Z A B C D E X Z A B C D E X Z Age introduction lait maternel 00 = le jour de la naissance ; 01 = 1 jour ; 02 = 2 jours ; 10 = 10 jours ; etc. 203 Autre Liquide donné le 1 er jour 0 = aucun liquide ; 1 = lait animal ; 2 = eau ; 3 =tisanes ; 4 = jus de fruits ; 6 = autres (à préciser) 204 Age d introduction de l eau 00 = avant le 1 er jour ; 01 = 1 jour ; 02 = 2 jour ; etc, ; Si eau pas introduite, noter 97 pour l âge 205 Age d introduction aliment solide 00 = avant le 1 er mois ; 01 = 1 mois ; 02 = 2 mois ; etc, ; Si aliment solide pas introduit, noter 97 pour l âge 206 Aliments solides déjà introduits A = lait animal / poudre pour bébé ; B = bouillie pour bébé ; C = viande / poisson / œuf ; D = céréales ; E = légumes / fruits ; X = autres (à préciser) ; Z = pas introduit 207 Age au sevrage 00 = avant le 1 er mois ; 01 = 1 mois ; 02 = 2 mois ; etc, ; Si sevrage pas fait, noter 97 et passer à section Raison de sevrage 0 = pas encore sevré ; 1 = âge normal ; 2 = nouvelle grossesse ; 3 = maladie de la mère ; 4 = maladie de l enfant ; 5 = décès de la mère ; 6 = manque de lait ; 7 = autres (à préciser) SCVM Ségou 2001 xxi
167 ID ENFA NT ACTUEL- LEMENT ALLAITE AGE INTRO- DUCTION LAIT MATERNEL AUTRE LIQUIDE DONNE A (NON) LE JOUR DE LA NAISSANCE AGE INTRO- DUCTION DE L EAU AGE INTRO- DUCTION 1 ER ALIMENT SOLIDE ALIMENTS SOLIDES DEJA INTRODUITS SEVRAGE COMPLET AGE A L ARRET RAISON DU SEVRAGE VOIR CODES CI- VOIR CODES CI- VOIR CODES CI- OUI NON EN JOURS DESSOUS EN JOUR EN MOIS DESSOUS EN MOIS DESSOUS A B C D E X Z A B C D E X Z A B C D E X Z A B C D E X Z A B C D E X Z A B C D E X Z Age introduction lait maternel 00 = le jour de la naissance ; 01 = 1 jour ; 02 = 2 jours ; 10 = 10 jours ; etc. 203 Autre Liquide donné le 1 er jour 0 = aucun liquide ; 1 = lait animal ; 2 = eau ; 3 =tisanes ; 4 = jus de fruits ; 6 = autres (à préciser) 204 Age d introduction de l eau 00 = avant le 1 er jour ; 01 = 1 jour ; 02 = 2 jour ; etc, ; Si eau pas introduite, noter 97 pour l âge 205 Age d introduction aliment solide 00 = avant le 1 er mois ; 01 = 1 mois ; 02 = 2 mois ; etc, ; Si aliment solide pas introduit, noter 97 pour l âge 206 Aliment introduit, autre que lait maternel A = lait animal / poudre pour bébé ; B = bouillie pour bébé ; C = viande / poisson / œuf ; D = céréales ; e = légumes / fruits ; X = autres (à préciser) ; Z = pas introduit 207 Age au sevrage 00 = avant le 1 er mois ; 01 = 1 mois ; 02 = 2 mois ; etc, ; Si sevrage pas fait, noter 97 et passer à section Raison de sevrage 0 = pas encore sevré ; 1 = âge normal ; 2 = nouvelle grossesse ; 3 maladie de la mère ; 4 = maladie de l enfant ; 5 = décès de la mère ; 6 = manque de lait ; 7 = autres (à préciser) SCVM Ségou 2001 xxii
168 ID CARTE DE VACCIN SECTION 3 : VACCINS RECUS PAR LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS VACCINS BCG POLIO DTCOQ ROUGE- OLE VIT A RECUE MALDIES MALADIES COU- RANTES DES 2 DERNIERES SEMAINES MALADIES EPI- DEMIQUES DES 2 DERNIERES ANNEES OUI NON DATE Date 1er Date 2eme Date 3eme Date 1er Date 2eme Date 3eme DATE OUI NON CODES CI-DESOUS CODES CI-DESOUS 302 à A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z A B C X Z VACCINATIONS Si l enfant a reçu une vaccination, mais que la date n est pas connue (par la carte ou la mère), inscrire 66 dans la colonne du vaccin concerné. Noter les dates de vaccination en inscrivant le Jour, le Mois et l Année (EX : 03/08/01) ; si le jour ou mois ne sont pas connus, inscrivez 98 à la place du jour ou du mois manquant. 311 MALADIES COURANTES A = Diarrhée ; B = Paludisme ; C = Infections respiratoires ; X = autres maladies (à préciser) ; Z = aucune 312 MALDIES EPIDEMIQUES A = Rougeole ; B = Méningite ; C = Choléra ; X = autres maladies (à préciser) ; Z = aucune SCVM Ségou 2001 xxiii
169 EVENEMENTS AU SUJET DES ENFANTS DANS LES 5 DERNIERES ANNEES A POSER A CHAQUE FEMME DU MENAGE QUI A EU AU MOINS UNE NAISSANCE DEPUIS JANVIER 1996 ID FEMME AYANT EU AU MOINS 1 NAISSANCE DEPUIS JANVIER 1997 NOMBRE D ENFANTS MIS AU MONDE DEPUIS JANVIER 1997 NOMBRE D AVORTEMENTS DEPUIS JANVIER 1997 NOMBRE D ENFANTS NES DEPUIS JANVIER 1997 ET TOUJOURS VIVANTS NOMBRE D ENFANTS NES DEPUIS JANVIER 1997 ET DECEDES SCVM Ségou 2001 xxiv
170 SECTION 4 : REPAS DU MENAGE N QUESTIONS CODES 401 Combien de repas votre ménage a t-il pris hier? PASSER A 402 Est-ce que c est le même repas préparé dans la journée qui est consommé plusieurs fois? 403 Hier, est-ce qu il y a eu un petit déjeuner dans votre ménage? 404 Composition du petit déjeuner de hier matin : lait céréales riz viande, volaille, poisson œufs huile sucre café, thé légumes fruits cubes maggi sel autres aliments (à préciser) 405 Hier, est-ce qu il y a eu un déjeuner dans votre ménage? 406 Composition du déjeuner de hier midi : lait céréales riz viande, volaille, poisson œufs huile sucre café, thé légumes fruits cubes maggi sel autres aliments (à préciser) 407 Hier, est-ce qu il y a eu un dîner dans votre ménage? 408 Composition du dîner de hier soir : OUI 1 NON 2 OUI 1 NON 2 o 405 OUI NON LAIT CEREALE S RIZ VIANDE ŒUFS HUILE SUCRE CAFE LEGUMES FRUITS MAGGI SEL AUTRES OUI 1 NON 2 o 407 OUI NON LAIT CEREALE S RIZ VIANDE ŒUFS HUILE SUCRE CAFE LEGUMES FRUITS MAGGI SEL AUTRES OUI 1 NON 2 o 409 OUI NON lait céréales riz viande, volaille, poisson œufs huile sucre café, thé légumes fruits cubes maggi sel autres aliments (à préciser) LAIT CEREALE S RIZ VIANDE ŒUFS HUILE SUCRE CAFE LEGUMES FRUITS MAGGI SEL AUTRES xxv
171 N QUESTIONS CODES 412 FAIRE LE TEST DU SEL IODE 1 NON IODE 2 PAS FAIT 3 PASSER A SECTION 5 : ACCES ET UTILISATION DES SERVICES DE SANTE N QUESTIONS CODES 501 Existe t-il des cas de cécité crépusculaire dans votre ménage? 502 Au total, combien de personnes sont atteintes? PASSER A OUI 1 NON 2 o 503 SI AUCUN DANS UNE DES CATEGORIES, NOTER 00 HOM FEM GARS FILLE 503 Existe t-il des cas de goitre dans votre ménage? OUI 1 NON 2 o Au total, combien de personnes sont atteintes? SI AUCUN DANS UNE DES CATEGORIES, NOTER 00 HOM FEM GARS FILLE 505 Est-ce que certains des enfants sont tombés OUI 1 malades au cours des 3 derniers mois? NON 2 o Est-ce que ces enfants (au moins 1) ont été OUI 1 emmenés en consultation dans un centre de NON 2 o 508 santé? 507 Est-ce que ces enfants (au moins 1) ont reçu un OUI 1 o 510 traitement dans le centre de santé? NON 2 o Pour quelles raisons n avez-vous pas consulté un PAS D ARGENT POUR SOINS centre de santé? A PAS D ARGENT POUR MEDIC B CENTRE TROP LOIN C PAS DE TRANSPORT D PAS D ARGENT POUR TRANSP. E PAS DE CENTRE F PAS CONFIANCE G AUTRE X (A PRECISER) 509 Avez-vous donné à vos enfants malades un autre OUI 1 type de traitement? NON 2 o Lesquels? TRDITIONNEL PAR FAMILLE A TRADIPRATICIEN B MEDICAMENTS DU MARCHE C MEDICAMENTS PHARMACIE D AUTRE X (A PRECISER) 511 Pourquoi avez-vous choisi ce mode de traitement? EFFICACITE A MOINS CHER B MODALITE DE PAIEMENT C PROXIMITE D xxvi
172 PAS DE TRANSPORT POUR ALLER AU CSCOM E PAS DE TEMPS POUR CSCOM F PAS CONFIANCE DANS AGENT DE SANTE G AUTRE X (A PRECISER) xxvii
173 N QUESTIONS CODES 512 En général, d où provient l argent utilisé pour payer ARGENT DISPONIBLE les dépenses de santé de votre ménage? DS MENAGE A EMPRUNT FAMILLE B VENTES DE BIENS C ECHANGE / TROC D AUTRE X (A PRECISER) 513 VERIFIER 512 VENTE DE BIENS PAS DE VENTE DE BIENS 515 p 514 Quels biens avez-vous vendu dans les 3 derniers mois, pour faire face aux dépenses de santé? 515 Y a t-il une période de l année ou c est plus difficile de payer les soins de santé? Si OUI : Laquelle? PETIT BETAIL A PRODUCTION AGRICOLE B BIENS DES FEMMES (BIJOUX,..) C AUTRE X (A PRECISER) SAISONS DES PLUIES 1 SAISON CHAUDE 2 TOUT LE TEMPS 3 FIN DE MOIS 4 AUTRE 6 (A PRECISER) NON 7 PASSER A xxviii
174 CARE MALI Etude sur la Sécurité des Conditions de Vie des Ménages dans la région de Segou QUESTIONNAIRE COMMUNAUTAIRE IDENTIFICATION CERCLE DE : COMMUNE DE : STRATE : NOM DU VILLAGE : DATE DE L ENTRETIEN J J M M A A NOM DE L ENQUETEUR/RICE : NOMBRE DE PERSONNES PARTICIPANTS A L ENTRETIEN HOMMES FEMMES xxix
175 SECTION 1 : IDENTIFICATION DU VILLAGE UTILISER LES OUTILS DE LA MARP CARTE DES RESSOURCES, DIAGRAMME DE VENN, etc. Etablir la liste de tous les ménages avec la stratification selon le niveau de richesse (VULNERABLE, MOYEN, NON VULNERABLE) Q.10 Schématisez les limites de votre terroir villageois / zone d attache Q 11 Placez les ressources naturelles les plus importantes : Forêts, Bas-fond (aghlal), champs dunaires (tchougass), etc.... Q 12. Placez les infrastructures les plus importantes pour vous Q13. DIAGRAMME DE VENN xxx
176 SECTION 2 : INFRASTRUCTURES No QUESTIONS CODES 200 Quelle est la distance du village par rapport à la route la plus proche en Km? PASSER A 201 Existe-t-il une école dans le village? OUI 1 NON 2 Æ S agit-il d écoles communautaires, publiques ou privées? COMMUNAUTAIRE A PUBLIQUE B PRIVEES C 203 Combien y a-t-il de salles de classes? Æ A quelle distance du village se situe l école fréquenté par les enfants (km)? 206 Combien y a-t-il d enfants qui vont à l école? NBRE GARCONS NBRE FILLES 207 Y a-t-il des écoles coraniques dans le village d écoles coraniques OUI 1? NON Y a-t-il des centres d alphabétisation? OUI 1 NON Y a-t-il un centre de santé dans le village? OUI 1 NON 2 Æ Type de centre de santé? CSCOM 1 CS PRIVE 2 Æ 212 AUTRE 6 (PRECISER) 211 Distance au centre de santé le plus proche? 212 Y a-t-il des agents de santé dans le village? OUI 1 NON Le village a-t-il bénéficié d une campagne de vaccination au OUI 1 cours des 12 derniers mois? NON 2 Æ Contre quelles maladies? Le village a-t-il bénéficié des services d un agent de santé au OUI 1 cours des 12 derniers mois? NON OUI 1 Y a-t-il un dépôt pharmaceutique dans le village? NON OUI 1 Y a-t-il des pharmacies ambulantes dans le village? 218 Quelles sont les sources d approvisionnement en eau de boisson du village? NON 2 PUITS CIMENTE A PUITS TRADITIONNEL B FORAGE C POMPE D AUTRE X xxxi
177 No QUESTIONS CODES PASSER A 219 Ces sources sont-elles disponibles en toute saison? OUI 1 NON Existe-t-il des Moulins et/ou décortiqueuses dans le village? OUI 1 NON 2 Æ Si oui, combien? 222 Le village participe-t-il à la vie de la commune? OUI 1 NON 2 Æ De quelle manière? 224 Avez-vous des délégués au niveau communal? OUI 1 NON 2 Æ Vos délègues vous informent-ils sur les décisions prises au sein OUI 1 de la commune? NON Quelles sont les principales sources de revenu des villageois? AGRICULTURE A ELEVAGE B PECHE C COMMERCE D AUTRE X (PRECISER) xxxii
178 SECTION 3 : Q 300. Citez les quatre principales maladies qui ont sévit dans le village au cours des 12 derniers mois, chez les hommes les femmes, les enfants de moins de 5 ans et les enfants de plus de 5 ans. MALADIES N Hommes Femmes Enfants de moins de 5 ans Enfants de 5ans et xxxiii
179 Q. 301 Quels sont les recours en cas de maladies? Q302. Quelles sont les ressources naturelles exploitées par les villageois? Et quel en est la disponibilité Ressources Périodicité Disponibilité xxxiv
180 Q 303. Existe-t-il des interventions extérieures dans le village? Oui 1 Non 2 Si Oui, lesquelles? N Nom des structures d intervention Domaines d intervention Début Fonctionnel? OUI =1 NON = 2 Si pas fonctionnel, Raisons Réalisations Impacts Acquis organisationnels CODE pour Q4013 SANTE 1 EDUCATION 2 ENVIRONNEMENT 3 AGICULTURE 4 ELEVAGE 5 AUTRE (PRECISER) 6 xxxv
181 Q 304. PRINCIPAUX PROBLEMES SELON L AVIS DES HABITANTS DU VILLAGE Importance Contrainte à la sécurité alimentaire et Solutions aux conditions de vie Prises Envisagées xxxvi
182 SECTION 4 : VIE ASSOCIATIVE Q.400. Combien y a-t-il d organisations dans votre village Q.401. Donner la liste des 10 principales organisations de votre village, leur nom et leurs domaines d intervention? Num. Nom de l organisation Domaine d intervention Nombre de membres Q4011 Q4012 Q4013 Q CODE pour Q4013 SANTE 1 EDUCATION 2 ENVIRONNEMENT 3 AGICULTURE 4 ELEVAGE 5 AUTRE (PRECISER) 6 xxxvii
183 SECTION 5 : DONNEES DEMOGRAPHIQUES Q500. DONNEES DEMOGRAPHIQUES Estimation de la ESTIMATION DU NOMBRE DE MENAGES Population totale Total Dirigés par des Hommes Dirigés par des Femmes Ayant au Moins 1 Personne en Emigration Nombre de ménages en transhumance q5001 q5002 q5003 q5004 q5005 q5006 Q501. REALISATIONS OBTENUES GRACE A L EMIGRATION xxxviii
PLAN DE SECURITE ALIMENTAIRE COMMUNE RURALE DE TOMINIAN
PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE REPUBLIQUE DU MALI ---------------------- Un Peuple Un But Une Foi Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) ----------------------- Projet de Mobilisation des Initiatives
CONGRES INTERNATIONAL SUR L ASSURANCE ET LA RÉASSURANCE DES RISQUES AGRICOLES. Partenariat Public Privé dans l Assurance Agricole
CONGRES INTERNATIONAL SUR L ASSURANCE ET LA RÉASSURANCE DES RISQUES AGRICOLES 1 Marrakech -29, 30 et 31janvier 2014 Session 2 Partenariat Public Privé dans l Assurance Agricole L expérience de la Compagnie
L Assurance agricole au Sénégal
COLLOQUE FARM - Pluriagri : Assurer la production agricole Comment faire des systèmes assurantiels des outils de développement? 1 Paris, le 18 décembre 2012 Thème L Assurance agricole au Sénégal Un système
EVALUATION FINALE MLI/016. Programme d Appui à la Santé de Base
EVALUATION FINALE MLI/016 Programme d Appui à la Santé de Base FICHE SYNTHETIQUE Pays Titre long du projet Titre court du projet Code LuxDev Mali Programme d Appui à la Santé de Base PASAB MLI/016 Version
SOMMAIRE PARTIE 1 : POURQUOI «DONNER DU CREDIT AUX FEMMES RURALES»?... 3 PARTIE 2 : EPARGNE/CREDIT DU SYSTEME FINANCIER INFORMEL...
Fédération Internationale des Producteurs Agricoles 1 «DONNER DU CREDIT AUX FEMMES RURALES» Ce document fut élaboré dans l objectif d apporter une information la plus complète possible sur le thème du
Santé Maternelle et Infantile (SMI) à Abéché, Tchad
Santé Maternelle et Infantile (SMI) à Abéché, Tchad Notre projet en 2009 Prendre soin des orphelins, des nouveaux-nés, des femmes ayant des problèmes d allaitement, des prématurés et des enfants malnutris
Adaptation Aux changements climatiques. Agriculture et sécurité alimentaire: Cas du Burkina Faso
Adaptation Aux changements climatiques Agriculture et sécurité alimentaire: Cas du Burkina Faso Sommaire Le Le contexte Notion Notion d adaptation Stratégies Stratégies et techniques d adaptation Les Les
PLAN R E V A RETOUR VERS L AGRICULTURE
REPUBLIQUE DU SENEGAL Un Peuple Un But Une Foi ------------ MINISTERE DE L AGRICULTURE, DE L HYDRAULIQUE RURALE ET DE LA SECURITE ALIMENTAIRE ------------ NOUVELLE ORIENTATION DE LA POLITIQUE AGRICOLE
Annexe 2: Région des Savanes Caractéristiques et bas fonds identifiés
Annexe 2: Région des Savanes Caractéristiques et bas fonds identifiés La mise en valeur des bas fonds en saison des pluies est intense et est l œuvre des femmes qui y pratiquent essentiellement la culture
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS Dans ce travail, nous avons évalué les possibilités d une intensification de l agriculture dans le Plateau Central à partir des nouvelles technologies (techniques traditionnelles
SYNTHESE DE PRESENTATION DU PPILDA
SYNTHESE DE PRESENTATION DU PPILDA INTITULE DU PROJET : PROJET DE PROMOTION DE L INITIATIVE LOCALE POUR LE DEVELOPPEMENT D AGUIE 1 Intitulé du Projet : Projet de Promotion de l Initiative Locale pour le
Résultats et impacts
Résultats et impacts «Creusement d un puits pour une utilisation maraîchère à Fandène, Sénégal» Village de Diayane Localisation: Village de Diayane dans la commune de Fandene, département de Thiès, à 77
TITRE DU PROJET Construction d un complexe de santé pour le compte de l ONG Education Pour la Santé et la Promotion de l Emploi (EPSPE)
TITRE DU PROJET Construction d un complexe de santé pour le compte de l ONG Education Pour la Santé et la Promotion de l Emploi (EPSPE) PAYS ET REGION DE MISE EN ŒUVRE DU PROJET Ce projet sera mise en
REPUBLIQUE TOGOLAISE. Travail Liberate Patria MINISTERE DE L AGRICULTURE, DE L ELEVAGE ET DE LA PECHE -PNIASA - PLAN D ACTION DU VOLET NUTRITION
REPUBLIQUE TOGOLAISE Travail Liberate Patria MINISTERE DE L AGRICULTURE, DE L ELEVAGE ET DE LA PECHE PROGRAMME NATIONAL D INVESTISSEMENT AGRICOLE ET DE SECURITE ALIMENTAIRE -PNIASA - PLAN D ACTION DU VOLET
23 ème Edition de la Commission des Statistiques Agricoles pour l Afrique (AFCAS)
23 ème Edition de la Commission des Statistiques Agricoles pour l Afrique (AFCAS) Rabat (Maroc) du 04 au 07 décembre 2013 PLAN DE PRÉSENTATION (1/2) La description du 4 ème RNA; La méthodologie utilisée;
Programme du Forum National sur la Nutrition et l Alimentation à l Hôtel KEMPINSKI N Djamena. 28-30 avril 2015
Deuxi ème jour Premier jour Jour 0 Programme du Forum National sur la Nutrition et l Alimentation à l Hôtel KEMPINSKI N Djamena 28-30 avril 2015 Date Heure Activité Veille du forum (Hôtel KEMPINSKI) Arrivée
Offre et demande potentielle ECOWAS STDF 13/ OIE/ FAO/ CIRAD
Offre et demande potentielle ECOWAS STDF 13/ OIE/ FAO/ CIRAD Plan 1. Offre et demande potentielle dans la zone ECOWAS 2. Offre potentielle au Mali 3. Marché au nord du Mali (Gao Algérie) 4. Estimation
la Stratégie nationale d extension de la couverture maladie du Mali Comment le Rwanda a informé Health Economics and Policy Association (AfHEA)
2 nd Conference of the African Health Economics and Policy Association (AfHEA) 2 eme Conférence de l Association Africaine d Economie et de Politique de la Santé (AfHEA) Comment le Rwanda a informé la
PLACE DE L ASSURANCE PRIVEE DANS LA MISE EN ŒUVRE D UNE ASSURANCE MALADIE DITE UNIVERSELLE
PLACE DE L ASSURANCE PRIVEE DANS LA MISE EN ŒUVRE D UNE ASSURANCE MALADIE DITE UNIVERSELLE 37 ème Assemblée Générale de la FANAF YAOUDE (CAMEROUN) 23-28 Février 1 ASSURANCE MALADIE 2 - Un des principaux
Post-alphabétisation des jeunes agriculteurs / éleveurs (JA/JE) déscolarisés
Atelier pour l Afrique Subsaharienne FORMATION DE MASSE EN MILIEU RURAL, ÉLÉMENT DE RÉFLEXION POUR LA DÉFINITION D UNE POLITIQUE NATIONALE Ouagadougou, Burkina Faso 30 mai au 3 juin 2005 Post-alphabétisation
Agricultures paysannes, mondialisation et développement agricole durable
Agricultures paysannes, mondialisation et développement agricole durable Marcel MAZOYER professeur à La Paz juillet 2 007 Contenu 1. Une situation agricole et alimentaire mondiale inacceptable 2. Développement
THEME 5: CONDITIONS DE VIABILITE FINANCIERE DE LA MICROFINANCE AGRICOLE
RESEAU DES CAISSES POPULAIRES DU BURKINA ********************************* Fédération des Caisses Populaires du Burkina (F.C.P.B.) Tél.: 50.30.48.41, Fax : 50.30.49.10 ; E-mail : [email protected] ; Adresse
PLAN STRATEGIQUE DE DEVELOPPEMENT DE LA
CROIX-ROUGE MALIENNE Reconnue d utilité publique par decret No.123 du 23 septembre 1965 PLAN STRATEGIQUE DE DEVELOPPEMENT DE LA CROIX- ROUGE MALIENNE Période : 2010-2014 Juin 2010 1 Préface et Remerciements
Jean GALLAIS (1967), Le delta intérieur du Niger, étude de géographie régionale, IFAN-Dakar, 2 tomes, 621 pages. SOMMAIRE Pages AVANT-PROPOS...
Jean GALLAIS (1967), Le delta intérieur du Niger, étude de géographie régionale, IFAN-Dakar, 2 tomes, 621 pages. SOMMAIRE Pages AVANT-PROPOS...1 INTRODUCTION PAYSAGE ET RÉGION GÉOGRAPHIQUE DANS LE DELTA
LEADER... LE PROJET DU PAYS DE SAINT-MALO : UN OBJECTIF FORT : LEADER ACCOMPAGNE : LES 4 THÉMATIQUES : POUR VOUS ACCOMPAGNER
LE DISPOSITIF DE FINANCEMENT EUROPÉEN LEADER AU SERVICE DE L ATTRACTIVITÉ TERRITORIALE LE PROJET DU PAYS DE SAINT-MALO : Le programme LEADER est un outil au service de la mise en œuvre du projet de territoire
RESUME. Mme SIDIBE Aminata S. SIDIBE Agro-économiste ; Hamady DJOUARA Agro-économiste ; Dr Zana Jean Luc SANOGO Agronome.
Impact de la riziculture de bas-fonds sur la réduction de la pauvreté des femmes rurales de la région de Sikasso : cas des villages de Sola (Cercle de Bougouni) et de Ouatialy (Cercle de Kadiolo) Mme SIDIBE
Les bourses aux céréales : la commercialisation des céréales locales en réponse à l insécurité de l approvisionnement alimentaire
Les bourses aux céréales : la commercialisation des céréales locales en réponse à l insécurité de l approvisionnement alimentaire Mohamed Haïdara, coordinateur Afrique Verte Mali, [email protected]
CONGRES REGIONAL CTA/ ATPS DE LA JEUNESSE EN AFRIQUE
CONGRES REGIONAL CTA/ ATPS DE LA JEUNESSE EN AFRIQUE Exploiter le Potentiel de la Science, de la Technologie et de l Innovation dans les chaînes Agro-alimentaires en Afrique : Créer emplois et richesse
TEST DE DÉPISTAGE DE L IMMUNITÉ CONTRE LE
TEST DE DÉPISTAGE DE L IMMUNITÉ CONTRE LE 14 TÉTANOS ET LA ROUGEOLE 14.1 INTRODUCTION Soumaïla MARIKO Comme on l a déjà précisé au chapitre 1, des tests de dépistage de l immunité contre le tétanos et
Rapport d activités 2012
République de Guinée-Bissau MINISTÈRE DE L AGRICULTURE ET DE LA PECHE Projet d Appui à la Sécurité Alimentaire (PASA) Composant II : Aménagements hydroagricoles (CAHA) Rapport d activités 2012 Élaboré
À retenir... 1. Ce qu en disent les acteurs communautaires
1 Volet 4 : Ainé-e-s Table des matières À retenir... 1 Ce qu en disent les acteurs communautaires... 1 1. Un portrait des aîné e s du quartier... 2 1.1 Répartition des personnes âgées de 65 ans et plus...
Revue des expériences Nigériennes. Présentée par Mr SANI Mahamadou Economiste Consultant Indépendant en Microfinance au Niger
Revue des expériences Nigériennes Présentée par Mr SANI Mahamadou Economiste Consultant Indépendant en Microfinance au Niger Plan de présentation Définition du warrantage Pourquoi le warrantage? Le cercle
* Extraits d'un entretien effectué dans le Karyassa 'supres de membres d'un clan Tamashek, les Kel Taddak. Document présenté par Etienne Le Roy.
(< Le chez soi pour nous, c'est l'eau 11 Cet entretien a été réalisé chez les Tamashek par J.-M. Yung le 30 novembre 1988, et traduit U au pied de la dune n. Il nous a impressionné. Le choix des extraits
Evaluation Multisectorielle RRM dans le Groupement de Minime, Bouar, Nana-Mambéré Rapport préliminaire
Evaluation Multisectorielle RRM dans le Groupement de Minime, Bouar, Nana-Mambéré Rapport préliminaire Date : L évaluation multisectorielle s est déroulée du 26 au 28/08/2015. Zone d évaluation : Localité
Résumé. 1 Les chiffres du recensement général de la population et de l habitat (RGPH2) de 2009 sont en cours exploitation. Les données seront rendues
Résumé Cette étude a été lancée par l Organisation Internationale pour les Migrations à la demande du Gouvernement du Tchad par le biais du Ministère des Affaires Etrangères et de l Intégration Africaine.
Les stocks de proximité : enjeux, opportunités et limites. Le cas des pays du Sahel
Les stocks de proximité : enjeux, opportunités et limites. Le cas des pays du Sahel Roger Blein, Bureau Issala La crise alimentaire induite par la hausse des prix a relancé le débat sur la régulation des
Spécialisation ou diversification?
A Partnership Funded by the Howard G. Buffett Foundation Spécialisation ou diversification? Perspectives divergentes sur la riziculture irriguée par trois grands barrages dans le Sahel Bara Guèye Global
Comment développer les métiers agroalimentaires en Afrique subsaharienne? Extraits d étude
Note d information / Politiques agricoles n 13 Comment développer les métiers agroalimentaires en Afrique subsaharienne? Extraits d étude 27 mai 2013 / Sélection par l équipe technique RECA RECA Réseau
Evaluation du projet Fonds pour la consolidation de la paix, Welthungerhilfe Butembo République Démocratique du Congo
Evaluation du projet Fonds pour la consolidation de la paix, Welthungerhilfe Butembo République Démocratique du Congo Numéro WHH du projet: AF 1519 / COD 1063-07 Numéro KfW du projet : KfW 2007 65 537
Z I G U I N C H O R SITUATION ECONOMIQUE ET SOCIALE REGIONALE 2013. Service Régional de la Statistique et de la Démographie de Ziguinchor
Z I G U I N C H O R REPUBLIQUE DU SENEGAL Un Peuple Un But Une Foi ------------------ MINISTERE DE L ECONOMIE, DES FINANCES ET DU PLAN ------------------ AGENCE NATIONALE DE LA STATISTIQUE ET DE LA DEMOGRAPHIE
MAQUETTE GENERALE MASTER DIDL.
MAQUETTE GENERALE MASTER DIDL. PROGRAMME DE FORMATION AU MASTER EN «DECENTRALISATION ET INGENIERIE DU DEVELOPPEMENT LOCAL» DE BAMAKO 2009-2010 Ministère de l Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Qu est-ce que l adaptation au changement climatique?
Note de position de CARE sur le changement climatique Qu est-ce que l adaptation au changement climatique? Le changement climatique représente une menace sans précédent pour les populations des pays en
LA MIGRATION DES FEMMES ET LES TRANSFERTS DE FONDS : CAS DU CAP VERT, DE LA CÔTE D IVOIRE, DU MAROC ET DU SENEGAL
LA MIGRATION DES FEMMES ET LES TRANSFERTS DE FONDS : CAS DU CAP VERT, DE LA CÔTE D IVOIRE, DU MAROC ET DU SENEGAL 1. INTRODUCTION Depuis la nuit des temps, les peuples ont immigré d un espace vers un autre.
Le pastoralisme au Sahel : Module d animation et de formation de l IIED-ARED. Note d information générale
Le pastoralisme au Sahel : Module d animation et de formation de l IIED-ARED Note d information générale Contacts Ced Hesse et Su Fei Tan (IIED) : [email protected]; [email protected] Sonja Fagerberg-Diallo
RÉUNION DES MINISTRES DE L'ALIMENTATION, DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE DES PAYS MEMBRES DU CIHEAM 9ÈME DECLARATION FINALE
9ÈME RÉUNION DES MINISTRES DE L'ALIMENTATION, DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE DES PAYS MEMBRES DU CIHEAM La Valette 27 septembre 2012 DECLARATION FINALE page 1 A l invitation de S.E. George Pullicino,
EVALUATION FINALE BKF/012
EVALUATION FINALE BKF/012 Projet d Appui à la Gestion participative des Ressources naturelles dans la Région des Hauts-Bassins FICHE SYNTHETIQUE Pays Titre du projet Code LuxDev Burkina Faso Projet d Appui
PLAN DE SECURITE ALIMENTAIRE COMMUNE RURALE DE LOBOUGOULA
PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE REPUBLIQUE DU MALI ---------------------- Un Peuple Un But Une Foi Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) ----------------------- Projet de Mobilisation des Initiatives
Thème 2 : Le rôle du «secteur informel» dans l intégration régionale
Thème 2 : Le rôle du «secteur informel» dans l intégration régionale 1. Le secteur informel en Afrique : définition et caractéristiques générales Le secteur informel est défini comme l'ensemble des unités
Evaluation de la Dissémination du Niger. d amélioration des soins obstétricaux et
URC/HCI : PROTOCOLE DE RECHERCHE ET D EVALUATION Evaluation de la Dissémination du Niger au Mali des meilleures pratiques de la mise en œuvre du collaboratif d amélioration des soins obstétricaux et néonataux
POLITIQUE D ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES
POLITIQUE D ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES MAI 2008 POLITIQUE D EGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES 1. LE CONTEXTE L égalité entre les femmes et les hommes est une condition essentielle au développement
LES OMD EN CHIFFRES. Par Raulin Lincifort CADET INTRODUCTION
1 LES OMD EN CHIFFRES Par Raulin Lincifort CADET INTRODUCTION Faisant suite à la Déclaration du Millénaire, le bureau du PNUD en Haïti s est attelé à faire la promotion des Objectifs du Millénaire pour
Foire aux Savoirs CONSOLIDER LA RESILIENCE A L INSECURITE ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNELLE AU SAHEL ET EN AFRIQUE DE L OUEST
Foire aux Savoirs CONSOLIDER LA RESILIENCE A L INSECURITE ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNELLE AU SAHEL ET EN AFRIQUE DE L OUEST Ouagadougou/Burkina Faso, du 05 au 07 novembre 2013 1. Introduction Au Sahel, environ
Portefeuille de projet
Portefeuille de projet MALI I. PROJETS RÉCEMMENT ACHEVÉS Projet d Aménagement Périmètre Irrigué de Manikoura (PAPIM) FAD- FAT 2002-08 15 604 millions FCFA Aménagement hydro-agricole de 1 094 ha Développement
Activité n 8.2.5 du PAA 2014
République du Niger Fraternité Travail Progrès MINISTÈRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE Secrétariat Général DIRECTION DES ETUDES ET DE LA PROGRAMMATION DIVISION DES ETUDES, RECHERCHES Termes de références pour la
4. Comment la maladie est-elle transmise à l homme? 2. Les composantes des soins de santé primaires : 1. Qu est-ce que l Initiative de Bamako (IB)?
GENERALITES SUR : SANTE et MALADIE SOINS de SANTE PRIMAIRES (SSP) INITIATIVE de BAMAKO (IB) Objectifs généraux Au terme de ce module de formation, les participants devraient être capables de: Comprendre
La FAFEC «Gnèna-Yèter», la «Banque» des Femmes rurales du Nord de la Côte d Ivoire
La FAFEC «Gnèna-Yèter», la «Banque» des Femmes rurales du Nord de la Côte d Ivoire BIM n 136 - Mercredi 24 Octobre 2001 Bénédicte Laurent, FIDES Un BIM du mercredi qui nous vient de loin : nous avons demandé
ExPost. Aménagements de bas-fonds. septembre 2007. Division Évaluation et capitalisation Série Note de Synthèse
Division Évaluation et capitalisation Série Note de Synthèse n 02 septembre 2007 expost ExPost Aménagements de bas-fonds en Guinée forestière ExPost est une note de synthèse qui présente sur un thème ou
Note de présentation du Projet d évaluation d un programme communautaire d hygiène et assainissement au Mali.
Note de présentation du Projet d évaluation d un programme communautaire d hygiène et assainissement au Mali. Initiative conjointe CEDLAS - DNACPN Février 2011 1 Résumé... 3 Description de l étude... 3
GUIDE PRATIQUE SUR LES BANQUES DE CEREALES
Association pour le Développement des Activités de Production et de Formation (ADAF/Gallë) Badalabougou Rue Gama! Abdel Nasser Porte 211 BP : 3267 Bamako Tél/Fax : 00223 222-00-33 E-mail: [email protected]
Le système de protection sociale en santé en RDC
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO MINISTERE DE L EMPLOI, DU TRAVAIL ET DE LA PREVOYANCE SOCIALE Le système de protection sociale en santé en RDC 13/09/2013 1 I. Contexte national Plan II. Mesures de protection
MARS 2012. rapport d analyse. étude de la situation nutritionnelle des enfants vus par Médecins du Monde à Mayotte
rapport d analyse MARS 2012 rapport d analyse étude de la situation nutritionnelle des enfants vus par Médecins du Monde à Mayotte introduction w La malnutrition se définit par des apports inférieurs ou
Un expérience pluridisciplinaire de l intensification écologique en Agriculture Familiale
Le développement du semis-direct sous couverture végétale pour les agriculteurs des exploitations familiales des biomes Cerrados (2005-2009) et Amazonia (2008-2013) Un expérience pluridisciplinaire de
AVANT-PROPOS. Directeur de la Division de la statistique de la FAO
AVANT-PROPOS L Annuaire statistique de la FAO fournit une sélection d indicateurs par pays sur l alimentation et l agriculture. Les données proviennent de FAOSTAT, la base de données statistique de l Organisation
PRESENTATION DU PROGRAMME D ACTION NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA DEGRADATION DES TERRES ET DES FORETS EN RDC
PRESENTATION DU PROGRAMME D ACTION NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA DEGRADATION DES TERRES ET DES FORETS EN RDC 1. INTRODUCTION 2. ETAT DES LIEUX PLAN 3. PROBLEMATIQUE DE LA DEGRADATION DES TERRES ET DE LA
Burkina Faso Profil pays EPT 2014
Burkina Faso Profil pays EPT 14 Contexte général Situé au cœur de l Afrique occidentale, dans la boucle du Niger, le Burkina Faso est l un pays des pays les plus peuplés de la sous-région Ouest-africaine
IMPACT DE LA MICRO FINANCE EN MILIEU RURAL EXPERIENCE DE LA CAISSE D EPARGNE ET DE CREDIT
IMPACT DE LA MICRO FINANCE EN MILIEU RURAL EXPERIENCE DE LA CAISSE D EPARGNE ET DE CREDIT D ODIENNE (CECO) PRESENTATION DE MONSIEUR TOURE GAOUSSOU PRESIDENT DU CONSEIL D ADMINISTRATION DE LA CAISSE D EPARGNE
Oeuvrer pour que les populations rurales pauvres se libèrent de la pauvreté aux Comores
Oeuvrer pour que les populations rurales pauvres se libèrent de la pauvreté aux Comores La pauvreté rurale aux Comores Depuis leur indépendance en 1975, les Comoriens ont souffert de l instabilité politique
RAPPORT FINAL ----***---- ANALYSE GENRE DANS LA REGION DE TAMBACOUNDA DANS LE CADRE DE L INITIATIVE 4R AU SENEGAL
RAPPORT FINAL ----***---- ANALYSE GENRE DANS LA REGION DE TAMBACOUNDA DANS LE CADRE DE L INITIATIVE 4R AU SENEGAL Les consultants : Mamour NGALANE, Chef de mission, Consultant en Développement Durable
ACTION N 1 Réseau d élevages bovins laitiers en Agrobiologie
ACTION N 1 Réseau d élevages bovins laitiers en Agrobiologie Capacité d adaptation des systèmes en Agriculture Biologique aux épisodes de sécheresse AUTONOMIE ALIMENTAIRE Maître d œuvre : Chambres d Agriculture
INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU
Forum de l eau de Kyoto Contribution à la session du RIOB «Les progrès réalisés dans le monde dans la gestion intégrée des ressources en eau par bassin» GESTION INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU Par M. Jean-Michel
Moyens de subsistance, Services Communautaires, Eau Hygiène & Assainissement
Moyens de subsistance, Services Communautaires, Eau Hygiène & Assainissement Enquête sur les Moyens de subsistances, les services communautaires et Eau, Hygiène & Assainissement réalisée auprès des ménages
Uniterres. Rapprocher l aide alimentaire et les producteurs locaux
Le réseau des épiceries solidaires A.N.D.E.S. Uniterres Assurer la sécurité alimentaire des plus démunis et soutenir une agriculture durable et locale Rapprocher l aide alimentaire et les producteurs locaux
Enjeux et Perspectives de la composante «Environnement Santé» du Plan d Action de l Initiative Environnement du NEPAD
PRÉSENTATION POWER POINT Enjeux et Perspectives de la composante «Environnement Santé» du Plan d Action de l Initiative Environnement du NEPAD Cheikh FOFANA, Assistant au Secrétaire Exécutif, Secrétariat
Micro-irrigation à Madagascar
P R AVSF - J. Mas A X IS LES EXPÉRIENCES I N N O VA N T E S D AV S F PAYS Madagascar TITRE DU PROJET SCAMPIS Développement des Systèmes de Micro-irrigation BÉNÉFICIAIRES DIRECTS Plus de 10 000 familles
Agriculture paysanne durable: innovations et meilleures pratiques aux fins de transposition et de reproduction à plus grande échelle
Méthodes innovantes d amélioration sylvo-pastorale: Le cas du projet de lutte participative contre la désertification et de réduction de la pauvreté dans les écosystèmes arides et semi-arides des hauts
JEUNE CONSEIL DE MONTRÉAL
JEUNE CONSEIL DE MONTRÉAL XXVII e Édition Règlement n o 2014-02 : Règlement sur le développement des toits verts et l agriculture urbaine PRÉSENTATION Présenté par M. Charles Marois, membre du comité exécutif,
PROJET DOUGORE 2011 SUR LA DECENTRALISATION AU TOGO
PROJET DOUGORE 2011 SUR LA DECENTRALISATION AU TOGO ELABORATION D UN PLAN DE DEVELOPPEMENT COMMUNAL Par : LEGONOU François, Directeur SYDEL AFRIQUE, Consultant En guise d introduction La décentralisation
R y o aume aume du du Maroc Mar Mai 2009
Royaume du Maroc PLAN MAROC VERT Mai 2009 ENJEUX Enjeux économiques Contribue pour 19 % du PIB national 15% production 4% Agro industrie Rôle capital dans la stabilité macro économique Enjeux sociaux Emploie
Préfectures couvertes. Kankan 12 CRD. Mandiana 8 CRD. Kérouané 5 CRD
Préfectures couvertes 12 CRD Mandiana 8 CRD Kérouané 5 CRD Financement du Programme FIDA 71% ($ 14 016 000 US) FINANCEMENT Bénéficiaires 20% ( $ 4 058 000 US) Gouvernement guinéen 9% 1734000($ 1 734 000
Couverture du risque maladie dans les pays en développement: qui doit payer? (Paris, 7 mai 2008)
Couverture du risque maladie dans les pays en développement: qui doit payer? (Paris, 7 mai 2008) Excellences, Chers collègues, Mesdames et Messieurs, Chers amis, Quelles méthodes, quels instruments pour
Promouvoir des synergies entre la protection des enfants et la protection sociale en Afrique de l Ouest et du Centre
inégalité Note de Synthèse Protection sociale pour les Enfants Réduction de la pauvreté q protection sociale Février 2009 exclusion sociale Politiques Sociales atteindre les OMD sécurité stratégies politiques
CHAPITRE 2. Population, ménages et familles
CHAPITRE 2 Population, ménages et familles Les faits saillants Enquête sur les conditions de vie en Haïti Distribution spatiale, structure par âge et par sexe de la population Le taux d urbanisation de
Auriol : le service public de la Restauration scolaire
Auriol : le service public de la Restauration scolaire Au titre de nos valeurs communes, nous avons voulu décliner l offre de restauration en mettant l accent au plus près des enfants. Plus de 80% des
Mali. étude sur le financement. de l agriculture. et du monde rural
étude sur le financement de l agriculture et du monde rural Rapport complémentaire - Analyse de l offre et de la demande en financement agricole Mali Étude sur le financement de l agriculture et du monde
Résultats des Comptes de la Santé 2012 en RD Congo
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE Secrétariat Général PROGRAMME NATIONAL DES COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE «PNCNS» Résultats des Comptes de la Santé 2012 en RD Congo Pr ELOKO
FICHE SIGNALETIQUE. Cœur de Flandre. 1. Profil Territoire. 2 Profil Fiscal
FICHE SIGNALETIQUE Pays Cœur de Flandre Consultable sur www.sigale.nordpasdecalais.fr Le pays a été reconnu le 9 mars 2004 et le premier contrat a été signé le 15 décembre 2004. Il comporte 45 communes
Ministère des Mines, de l Industrie et des PME PROGRAMME NATIONAL «PLATE-FORME MULTIFONCTIONNELLE POUR LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE (PN-PTFM)
Ministère des Mines, de l Industrie et des PME PROGRAMME NATIONAL «PLATE-FORME MULTIFONCTIONNELLE POUR LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE (PN-PTFM) FICHE SYNOPTIQUE DE PRESENTATION DU PN-PTFM I. INFORMATIONS
PRESENTATION DES PROGRAMMES
REPUBLIQUE DE CÔTE D IVOIRE UNION DISCIPLINE - TRAVAIL PROGRAMME NATIONAL D INVESTISSEMENT AGRICOLE (PNIA 2010 2015) PRESENTATION DES PROGRAMMES ((Documentt proviissoiire)) Mai 2010 Table des matières
Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire
Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire Observatoire de la Microfinance Novembre 2011 Hay Chabab, Rue Baamrani Ain Sebaa Casablanca-Maroc Tel +212 522 739 089/ +212 522 739 124 Fax +212
Journal d apprentissage. Union Technique du Mali
Journal d apprentissage Union Technique du Mali Projet Kénéya Sabatili «Assurer la santé» Contentus Le Projet... 1 Que quoi le projet traite t-il?... 1 Résumé du projet... 2 Faits Marquants... 3 Quelques
Partie II Données, indicateurs et sources d information
Partie II Données, indicateurs et sources d information WFP / Name and Surname Table des matières de la Partie II 1 Introduction 45 2 Plan d analyse 46 3 Besoins d information 49 4 Informations contextuelles
Consultation publique
Consultation publique PROJET DE REDÉVELOPPEMENT DU SITE DES ANCIENS ATELIERS DU CN Mémoire déposé par le Club populaire des consommateurs de Pointe-Saint-Charles dans le cadre des consultations publique
L'extension de la sécurité sociale aux populations non couvertes
Association internationale de la sécurité sociale Colloque des directeurs d'institutions de sécurité sociale des pays francophones d'afrique Limbé, Cameroun, 28-30 janvier 2004 L'extension de la sécurité
PRESENTATION DE L AMAB ET DE SES PRODUITS
PRESENTATION DE L ET DE SES PRODUITS PRESENTATION L Assurance Mutuelle Agricole du Bénin en abrégé est une société d assurance mutuelle (SAM) à cotisations fixes avec conseil d administration, régie par
L UDOPER: une OP construite sur la base des marchés à bétail autogérés
L UDOPER: une OP construite sur la base des marchés à bétail autogérés A- Présentation de l UDOPER et de ses relations avec les marchés à bétail a. Les marchés à bétail et la naissance de l UDOPER Sur
REGARDS SUR L ÉDUCATION 2013 : POINTS SAILLANTS POUR LE CANADA
REGARDS SUR L ÉDUCATION 2013 : POINTS SAILLANTS POUR LE CANADA Regards sur l éducation est un rapport annuel publié par l Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et portant sur
En Afrique, les opportunités d emploi offertes aux femmes proviennent à 92 % de l économie informelle (estimation). JORGEN SCHYTTE/Still Pictures
En Afrique, les opportunités d emploi offertes aux femmes proviennent à 92 % de l économie informelle (estimation). JORGEN SCHYTTE/Still Pictures 1 Introduction I Cette étude considère l urbanisation comme
PLAN D'ACTION POUR UNE GESTION APAISEE DE LA TRANSHUMANCE TRANSFRONTALIERE ENTRE LE SAHEL ET LA COTE
1 PLAN D'ACTION POUR UNE GESTION APAISEE DE LA TRANSHUMANCE TRANSFRONTALIERE ENTRE LE SAHEL ET LA COTE 1. LE RENFORCEMENT DE LA COMPLEMENTARITE DES ACTIVITES AGRICOLES ET D'ELEVAGE, UN LEVIER VITAL POUR
COOPERATION BELGIQUE - BURUNDI Programme 2012 de bourses d études et de stage hors-projet
COOPERATION BELGIQUE - BURUNDI Programme 2012 de bourses d études et de stage hors-projet Les bourses d études ou de stages sont financées par la coopération belge dans le cadre d un accord de coopération
COMMENT ARRIVER A L EFFET/IMPACT dans un état fragile en voie de développement? Étude de cas: bassin de MousGque HaïG
COMMENT ARRIVER A L EFFET/IMPACT dans un état fragile en voie de développement? Étude de cas: bassin de MousGque HaïG Julien Deroy Jeudi 16 octobre 2014 Contexte d HaïG 76% de la popula,on: < 2$US/jr Importa,ons
