COMMENT ASSURER L AVENIR DE SON ENFANT HANDICAPÉ?

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1 MÉDECINE Obésité et chirurgie Page 19 PRÉVENTION N 214/870 - MAI 2014 PROTECTION PRÉVENTION SANTÉ Lutter contre l hémochromatose Page 22 DOSSIER COMMENT ASSURER L AVENIR DE SON ENFANT HANDICAPÉ? pages 11 à 14 Pages 8 à 10 Mutualité Pour Jean-Claude Albinet, président de l Union Nationale des Mutuelles en Entreprise, l idée mutualiste est toujours d actualité. Interview d un observateur attentif et engagé depuis plus de 25 ans.

2 Pages 8 à 10 PROTECTION PRÉVENTION SANTÉ Pour Jean-Claude Albinet, président de l Union Nationale des Mutuelles en Entreprise, l idée mutualiste est toujours d actualité. Interview d un observateur attentif et engagé depuis plus de 25 ans. MÉDECINE Obésité PRÉVENTION Page 22 N 214/870 - MAI 2014 DOSSIER COMMENT ASSURER L AVENIR DE SON ENFANT HANDICAPÉ? pages 11 à 14 et chirurgie Page 19 Lutter contre l hémochromatose [ sommaire LA REVUE N 214/870 MAI 2014 Mutualité LA REVUE 7 rue Léon Patoux CS Reims cedex 2 Tél Fax ÉDITÉE PAR : BPCE Mutuelle 7 rue Léon Patoux CS Reims cedex 2 Tél Fax Internet : DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Hervé TILLARD DIRECTEUR DE LA RÉDACTION : Eric LE LAY 4 RÉSEAU Tête d'affiche Projet à la fois sportif et humanitaire, Kimbia Kenya vient de connaître sa deuxième édition. Claire Ngonga-Gicquel (BPCE) est au cœur de l organisation. DOSSIER SOCIÉTÉ Famille Assurer l'avenir de son enfant handicapé est le souci de tous les parents. Il est recommandé de tout prévoir à l'avance et, dans un domaine complexe, de ne pas hésiter à rechercher le conseil des spécialistes. SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Jacques RIVIÈRE PHOTOGRAPHIES : BSIP ; FNMF/Nathanaël Mergui / Gérard Monico ; Media for Medical; Patrice Lapoirie (p. 22) DOSSIER ILLUSTRATION : Christine LESUEUR ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO : Nadine ALLAIN, Virginie MORNAUD, Nutrinews, Virginie PLAUT, Cédric PORTAL, Corinne RENOU-NATIVEL. COMITÉ DE RÉDACTION : Hervé TILLARD, Paul MUSCATO, Eric LE LAY, Véronique ROCHETTE, Jacques RIVIÈRE PUBLICITÉ : nous contacter PETITES ANNONCES : à adresser 7, rue Léon Patoux CS Reims cedex 2. Tél. : TIRAGE BIMESTRIEL : exemplaires CONCEPTION ET RÉALISATION : IPPAC - Tél. : IMPRESSION : SIB IMPRIMERIE pour le compte des Editions de l'epargne, ZI de la Liane, BP 343, Boulogne-sur-Mer Tél. : COMMISSION PARITAIRE N 1113 M ISSN : ABONNEMENT : 6 Prix au numéro : 1,20 DÉPÔT LÉGAL : RÉSEAU Votre mutuelle > Le délai de participation au Concours Robert- Guérard est prolongé jusqu au 31 août > Les lunettes de soleil ne sont pas remboursées. > Médecines douces : conservez un double de vos factures SOCIÉTÉ Mutualité 8-10 Depuis plus de 25 ans, et au fil de nombreux mandats, Jean-Claude Albinet est un observateur averti du mouvement mutualiste et de son évolution. Témoignage. 15 SOCIÉTÉ Alimentation Où et comment les Français font-ils leurs courses? Une enquête du Crédoc sur la fréquentation des différents circuits de distribution alimentaire apporte des réponses SOCIÉTÉ Pratique Il existe aujourd'hui différentes façons de décrocher ce sésame que reste le permis de conduire. Encore faut-il choisir la formule qui vous convient le mieux 2 N 214/870 MAI 2014

3 [ édito NOTRE SANTÉ Médecine > Pour préserver la qualité de vie et éviter des complications de santé, la prise en charge des personnes âgées atteintes de diabète doit être spécifique. > Lorsque l obésité excessive conduit à une intervention chirurgicale, suivi postopératoire et gestion de l alimentation conditionnent la réussite NOTRE SANTÉ En bref Quelques «brèves» sur des sujets qui touchent à la santé, pour se tenir au courant dans un domaine qui évolue sans cesse NOTRE SANTÉ Prévention > La semaine nationale de l hémochromatose (2-7 juin) vise à mieux faire connaître cette maladie due à un excès de fer dans le sang. > Et si le travail de nuit - indispensable dans certains secteurs d activité et concernant des millions de Français - présentait des risques pour la santé? Eléments de réponse. > Les allergies respiratoires saisonnières sont devenues un vrai problème de santé publique. Si vous en êtes victime, un médecin allergologue peut vous proposer un traitement RÉSEAU GROUPE BPCE Sports Les résultats du challenge ski, premier rassemblement de l'année sportive ; vos délégués sportifs pour les 4 prochaines années ; nouveaux conseil d administration et bureau de l association RÉSEAU Loisirs > Avec centpourcentvacances, vive le Var et la résidence la Madrague à Saint-Cyr-sur-Mer. > Mots fléchés, lettrix, sudoku : c est à vous de jouer! RÉSEAU Petites annonces Responsable, vous avez dit responsable? Le gouvernement entend lutter contre l'inflation médicale et les restes à charge, il le dit et le répète. Pour arriver à ses fins, la Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2014 propose de redéfinir les contrats solidaires et responsables, notamment en plafonnant les remboursements des prestations des «complémentaires santé». Pour l exemple, le décret encadrant les contrats complémentaires santé prévoit un plafond de prise en charge des verres complexes, le remboursement serait de 400 euros tous les deux ans. La Mutualité Française a toujours défendu les contrats solidaires et responsables. Elle a même présenté ses propres préconisations pour en améliorer l'efficacité et créer les conditions d une réelle attractivité en proposant notamment une fiscalité incitative. C est pourquoi l ensemble du monde mutualiste attend avec impatience de connaître les obligations liées aux nouveaux contrats responsables afin d en mesurer la pertinence tant pour les adhérents que pour l amélioration des comptes de l assurance maladie. A suivre Dans un autre domaine et afin d'augmenter les économies, l'assurance maladie annonce la signature avec les syndicats de pharmaciens d un accord qui vise à encourager en 2014 la substitution des médicaments «princeps» par des génériques, vendus 60 % moins cher. Tous les départements devront atteindre un taux de substitution d'au moins 85 % d'ici à la fin de l'année, et ceux qui sont déjà au-dessus de ce seuil devront se maintenir au même niveau. Des objectifs sont aussi fixés médicament par médicament. Du côté de BPCE Mutuelle, nous connaîtrons sous peu le résultat de l appel d offres qui désignera l organisme qui assurera notre offre «dépendance». Ce résultat sera le premier aboutissement du long travail de la commission «nouvelles offres». Dès 2015, les adhérents pourront volontairement adhérer à un contrat «dépendance» de qualité. Nous en reparlerons en détail dans un prochain numéro de La Revue Hervé TILLARD Président du conseil d administration de BPCE Mutuelle N 214/870 MAI

4 RÉSEAU TÊTE D'AFFICHE CLAIRE NGONGA-GICQUEL (BPCE) Course à pied et solidarité au Kenya Quand on aime la course à pied et le Kenya, que fait-on? On organise une épreuve sportive qui vient en aide aux écoliers locaux. C'est ce qu'a fait Claire Ngonga-Gicquel (Direction Communication, image, sponsoring pour les Caisses d'epargne à BPCE) avec Kimbia Kenya, qui propose de courir en Afrique pour une belle raison. Contact : Site : ENTRE DRÔLES DE ZÈBRES Non mais franchement! Vous courez tranquille, à la fraîche, et vous devez vous arrêter soudain pour laisser passer un troupeau d'impalas - qui vous piétineraient sans vergogne, sinon ; et voilà qu'un peu plus loin, il vous faut effectuer un prudent détour pour ne pas déranger quelques rhinocéros somnolents (en effet, ce charmant mammifère herbivore de l'ordre des périssodactyles frisant les 3 tonnes et capable de dépasser les 50 km/h à la course, il est vivement conseillé de ne pas le heurter, surtout quand on sait que E=1/2mv 2 ) Incroyable mais vrai, car c est ce qu ont pu vivre les participants des éditions 2013 et 2014 du Kimbia Kenya, course à pied solidaire qui se déroule en pleine savane et au cœur de la Vallée du Rift, au Kenya, organisée notamment par Claire Ngonga-Gicquel. Pour le côté course à pied, c'est au choix 100 km en 5 étapes de 20 km, ou la moitié (50 km) mais toujours en 5 étapes, de 10 km chacune cette fois. Le dépaysement est assuré, même si les impalas et autres rhinocéros ne sont pas contractuels. Mais enfin, tout cela est aussi un bel alibi, au même titre que le programme touristique d'après course. Car les plus sportifs des mutualistes verront avant tout la dimension solidaire du Kimbia Kenya à l'égard des écoliers kenyans. PLUS DE 100 PUPITRES En effet, dès l'édition 2013, Kimbia Kenya a affiché une dimension solidaire dans le domaine de l'éducation, via un soutien apporté aux écoles situées à proximité du parcours de la course. Si, de 7 à 14 ans, l'école est obligatoire et gratuite au Kenya, l'etat ne rétribue bien souvent que la moitié des enseignants des zones rurales, laissant les autres à la charge des parents qui n ont guère de moyens, et se trouvent parfois démunis pour payer l uniforme et le matériel scolaire de leurs enfants Des classes de 60 enfants, où il n y a pas assez de chaises pour tous, ne sont pas rares. C est ainsi que ont permis, en 2013, de financer plus de 100 pupitres pour les écoles primaires de Murindu et Kongoni (pour ceux qui connaissent ), l achat de livres, de matériel de classe, et la construction de deux toilettes pour celle d Olongonot. L EAU, TOUT SIMPLEMENT En 2014, l'équipe de Kimbia Kenya a pris conscience de l'importance de l'eau et de l'hygiène pour les élèves des écoles situées autour des lacs Naivasha et Nakuru. L'achat et l'installation de réservoirs d'eau a permis à quelque 600 élèves de l'école primaire de Murindu et 400 lycéens d'eburru d'avoir accès à l'eau potable, pour se laver les mains et boire. Tout simplement. Cela permet également de nettoyer les classes et d'améliorer l'hygiène des lieux pour éviter la propagation de maladies (choléra, typhoïde ). D'autres écoles ont également bénéficié du bénévolat des participants pour rénover des salles de classe, planter des arbres, etc L'organisation a aussi contribué au programme de protection de la nature autour du lac Nakuru, dont l'objectif est de clôturer le parc (classé au Patrimoine mondial de l'humanité) pour lutter contre le braconnage dont sont victimes les rhinocéros. Lors de l'édition 2014, le programme solidaire a représenté un financement de dont la moitié a été apportée par des collectes de fonds réalisées par les participants eux-mêmes. Courir en Afrique, oui, mais pour une belle raison! TROISIÈME ÉDITION A l origine de ce projet sportif et solidaire, Claire Ngonga-Gicquel y a vu l'opportunité d'exercer toute sa fibre solidaire et d'aider un pays qu'elle aime - n'estil pas aussi celui de son époux, qu'elle a rencontré là-bas dans le cadre d'un chantier humanitaire auquel elle participait? Une quarantaine de participants en 2013, une soixantaine cette année, ils devraient être 80 l'an prochain, pour la troisième édition qui se déroulera du 6 au 14 février. Avec toujours le soutien apporté aux écoliers comme à la protection de la nature. Et peut-être la rencontre de quelques mammifères herbivores de l'ordre des périssodactyles Jacques RIVIÈRE 4 N 214/870 MAI 2014

5 VOTRE MUTUELLES RÉSEAU Quels justificatifs fournir pour vos remboursements en santé? BPCE Mutuelle vous rembourse dès réception des données télétransmises 1 par votre centre de Sécurité Sociale (ou de l original du décompte papier si vous ne bénéficiez pas de la télétransmission). Pour les soins ci-dessous, vous devez compléter ces informations par l envoi des pièces suivantes : Frais d hospitalisation Frais médicaux (consultations, pharmacie, analyses, radiologie, etc.) Vous avez réglé la totalité de la facture Facture originale détaillée et acquittée ou Avis des sommes à payer + reçu de paiement (rien à envoyer) Vous avez réglé uniquement la part mutuelle (ticket modérateur et/ou dépassement d honoraires) Facture originale détaillée et acquittée ou Avis des sommes à payer + reçu de paiement Facture originale acquittée Prothèses auditives (rien à envoyer) Facture originale acquittée Soins et prothèses dentaires Orthodontie acceptée Lunettes ou lentilles acceptées (rien à envoyer) (rien à envoyer) Facture originale acquittée Facture originale acquittée Lentilles refusées Facture originale acquittée - Cures thermales (rien à envoyer) Facture originale acquittée Opération de la myopie Facture originale acquittée - Implants Médecine douce Naissance / adoption Facture originale acquittée précisant le N de la dent, le montant et la désignation précise de l acte Facture originale acquittée précisant clairement la spécialité 2 du professionnel de santé, le montant réglé et le bénéficiaire Bulletin de naissance ou extrait du livret de famille Les prestations citées ci-dessus peuvent être spécifiques à certaines couvertures. Reportez-vous au tableau des prestations correspondant à votre contrat, disponible sur le site (page d accueil de votre «espace personnel» - voir «garanties») pour connaître votre niveau de garantie. BPCE Mutuelle se réserve le droit de demander tout renseignement complémentaire pour se prononcer sur la prise en charge des prestations. Adressez vos justificatifs à l adresse suivante : BPCE Mutuelle - 7 rue Léon Patoux - CS REIMS Cedex 2 DOSSIER COMPLET = DOSSIER VITE RÉGLÉ Pensez à noter votre N d adhérent sur toute correspondance 1. Pour vous assurer que la procédure de télétransmission est opérationnelle, vérifiez que vos relevés de Sécurité Sociale comportent la mention «Décompte transmis à votre mutuelle». A défaut, adressez-nous une copie de l attestation en cours de validité de vos droits à la Sécurité Sociale pour vous et votre famille. Dès réception, nous mettrons en place la télétransmission pour accélérer vos remboursements. Vous pouvez refuser ce service en nous l indiquant par courrier conformément à la Loi Informatiques et Libertés. 2. Chiropracteur, acupuncteur, ostéopathe, étiopathe, diététicien. N 214/870 MAI

6 RÉSEAU VOTRE MUTUELLE [ MÉDECINES DOUCES Conservez un double de votre facture [ BPCE Mutuelle rembourse les prestations de médecines douces (chiropractie, acupuncture, ostéopathie, étiopathie, diététique) à raison de 2 séances d un montant maximum de 50 chacune, par an et par bénéficiaire, sur présentation de la facture du professionnel concerné. Toutefois, si votre facture est supérieure à 50 et que vous bénéficiez d une surcomplémentaire, celle-ci est éventuellement en mesure de vous rembourser la différence. Mais, pour cela, vous devez également lui adresser la facture qui vous a été délivrée lors du paiement, car le décompte de prestation que nous vous envoyons ne précise pas le montant total que vous avez payé. Il est donc préférable que vous conserviez un double de cette facture SEVRAGE TABAGIQUE BPCE mutuelle vous accompagne Depuis plusieurs années déjà, BPCE Mutuelle apporte son concours au sevrage tabagique engagé par tout adhérent et/ou ses ayants droit. Après acceptation de votre prise en charge par la mutuelle*, notre intervention s élève à 100 par bénéficiaire pour l achat d un traitement nicotinique de substitution également pris en charge par la Sécurité sociale. A cet effet, il convient de nous adresser les éléments suivants : justificatif de votre achat, copie du décompte de la Sécurité sociale justifiant la prise en charge par le régime obligatoire, la prise en charge acceptée de BPCE Mutuelle. Attention : Certains adhérents nous demandent actuellement si BPCE Mutuelle prend en charge la cigarette électronique. Pour l'heure, la réponse est clairement «non». *Demandez votre prise en charge BPCE Mutuelle par : - courriel : - courrier : BPCE Mutuelle, 7 rue Léon Patoux, CS 51032, Reims cedex 2 ; - téléphone au (du lundi au jeudi de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30, le vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 16 h 30.) CONCOURS ASSOCIATION ROBERT-GUÉRARD Un délai supplémentaire pour participer De nombreux adhérents, responsables ou membres d'associations susceptibles de participer au Concours Robert-Guérard, organisé par l'association éponyme en partenariat avec BPCE Mutuelle, ont regretté le délai imparti (du 1 er janvier au 31 mars), trop court à leurs yeux pour constituer leur dossier. Il a donc été décidé de laisser le temps au temps, et de reporter la date de clôture des candidatures au 31 août. Chacun aura ainsi le temps de travailler sereinement à la préparation de son dossier. Rappelons rapidement que ce concours a pour objet de récompenser une action menée en faveur de l'enfance et/ou du handicap sur les territoires des entreprises adhérentes à BPCE Mutuelle. Il est ouvert aux salariés et/ou anciens salariés retraités du Groupe BPCE, adhérents de BPCE Mutuelle, et engagés en tant que membre d'une association dans une action telle que celle décrite ci-dessus. DEUX PRIX Le concours est doté de deux prix : le prix Robert-Guérard, d un montant de 4 000, et le prix Coup de cœur du jury, d un montant de Il se déroule désormais jusqu au 31 août 2014 sur les territoires des entreprises adhérentes à BPCE Mutuelle. Chaque participant ne pourra présenter qu'une seule action, qui devra être décrite dans le dossier de candidature. Ce dossier de candidature, annexé au règlement du concours, est à télécharger sur le site Une fois dûment rempli, il doit être renvoyé, par mail uniquement, à l'adresse suivante : avant 31 août 2014 à minuit. [ OPTIQUE Les lunettes de soleil ne sont pas remboursées! A l'approche des beaux jours, rappelons que la Sécurité sociale ne rembourse pas les lunettes de soleil!* Et, par voie de conséquence, BPCE Mutuelle non plus. Il semble d'ailleurs naturel à tout mutualiste que de simples équipements de confort ne soient pas pris en charge par la Sécurité sociale (c'est-à-dire la collectivité). En la matière, il convient à chacun d'assumer sa propre «consommation». *La Sécurité sociale ne prend en charge les lunettes adaptées à votre vue et aux verres teintés protégeant vos yeux de la lumière que dans les indications suivantes (et, dans ce cas, BPCE Mutuelle intervient également) : - affections oculaires (conjonctivite intense, kératite, iritis, cataracte centrale ou congénitale, rétinopathie), - myopies fortes, lorsqu elles s accompagnent de photophobie, - à titre exceptionnel, certaines photophobies, lorsqu'elles n'entrent pas dans le cadre des affections désignées ci-dessus. 6 N 214/870 MAI 2014

7 [ CHANGEMENT DE SITUATION Attestation de Sécurité sociale Si l'évolution de votre situation (déménagement, études, entrée dans la vie active ) entraîne un changement de centre de Caisse de Sécurité sociale (CPAM, sécu étudiante ) n'oubliez pas de nous adresser l'attestation de Sécurité sociale délivrée par votre nouvelle Caisse. Cela nous permettra de mettre à jour la télétransmission afin de ne pas interrompre vos remboursements automatiques. Un peu de temps Lorsqu'un adhérent pose une question par courriel (ou télécopie) aux chargées de clientèle de BPCE Mutuelle - et vous êtes nombreux à le faire quotidiennement -, sa demande est d'abord transmise au service concerné et une réponse lui est adressée sous quelques jours. Mais il semble que «quelques jours» soit encore trop long pour certains qui, n'ayant pas reçu de réponse dans les minutes suivantes, envoient déjà un message de relance ou téléphonent pour savoir ce qu'il en est. En dépit de l'instantanéité des technologies de la communication, il faut quand même un peu d'organisation et de temps pour traiter vos demandes. Et nous vous remercions de votre compréhension à cet égard. REMBOURSEMENT DE SOINS Facture ou pas facture? Dans le cas où le professionnel de santé ne pratique pas le tiers payant et vous a fait régler l'intégralité des soins ou services dispensés (radiologue, laboratoire d'analyses, opticien, dentiste ), vous devez adresser à votre régime d'assurance maladie l'ordonnance et la feuille de soins qui l'accompagne. Si vous bénéficiez de la télétransmission établie entre votre régime d'assurance maladie et BPCE Mutuelle*, il est inutile de nous envoyer votre facture : nous vous verserons directement la part mutualiste après intervention de la Sécurité sociale. Si vous ne bénéficiez pas de la télétransmission, vous devez nous adresser votre décompte de remboursement de Sécurité sociale. Dans le cas où le professionnel de santé pratique le tiers payant (c'est-à-dire qu'il ne vous fait pas payer la part prise en charge par la Sécurité sociale), vous devez alors nous adresser la facture qu'il vous aura remise, même si vous bénéficiez de la télétransmission, pour que nous puissions vous rembourser la part complémentaire. *Dans ce cas la mention «décompte transmis à votre mutuelle» figure sur votre décompte de Sécurité sociale. N 214/870 MAI

8 SOCIÉTÉ MUTUALITÉ Jean-Claude Albinet : «L'idée mutualiste est toujours d'actualité» Mutualiste engagé depuis plus de 25 ans, Jean-Claude Albinet est un observateur attentif de l'évolution du mouvement. Son expérience comme ses mandats lui font porter sur le mutualisme un regard averti et sans concession. Interview. La Revue : Jean-Claude Albinet, vous êtes engagé dans le mouvement mutualiste depuis plus de 25 ans, vous êtes président de l'union Nationale des Mutuelles en Entreprise, vice-président de la Fédération Nationale de la Mutualité Française, administrateur de la Mutualité Française Midi-Pyrénées A ces divers titres, quel regard portez-vous sur la place et le rôle du mouvement mutualiste dans le domaine de la protection sociale en France? Jean-Claude Albinet : Je constate que depuis une bonne dizaine d'années le mouvement mutualiste a connu - et connaît toujours - des mutations considérables. Et je ne suis pas sûr que d'autres organismes aient connu une telle évolution. Cette évolution nous a surtout été imposée par la réglementation, et notamment la réglementation européenne. L'exigence européenne entend tout encadrer, à l'image des secteurs de la banque et de l assurance, et on essaie de la même façon de faire entrer le mouvement mutualiste dans un moule d'assureur et de gestionnaire financier, ce qui est assez difficile à concilier avec le rôle d'acteur de la santé que nous revendiquons. Pour autant, cela a conduit les mutuelles à se réorganiser, en passant, en gros, de à 600 environ aujourd hui. Mais, même avec les contraintes que l'on nous impose, et même si certaines sont difficilement acceptables (je pense à la Taxe sur les Contrats d'assurance), le mouvement mutualiste reste plus que jamais un acteur reconnu dans le domaine de la santé et dans l'organisation du système de soins, avec des points de vue novateurs qui finissent souvent par s imposer - pas toujours comme on le souhaitait initialement, il est vrai. Cela signifie aussi que si l'on joue souvent un rôle précurseur, la mise en œuvre qui en résulte contient parfois notre propre banalisation à travers une certaine uniformisation de la notion de complémentaire santé conduisant à oublier ce qui est dû à la réflexion du mouvement mutualiste. JEAN-CLAUDE ALBINET, PRÉSIDENT DE L'UNION NATIONALE DES MUTUELLES EN ENTREPRISE, VICE-PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DE LA MUTUALITÉ FRANÇAISE, ADMINISTRATEUR DE LA MUTUALITÉ FRANÇAISE MIDI-PYRÉNÉES. Justement, le mouvement mutualiste ne peine-t-il pas à faire entendre sa voix et, pour y parvenir, ne devrait-il pas utiliser les mêmes moyens de lobbying que certains syndicats ou organismes professionnels (on pense ici aux professionnels de la santé ou aux laboratoires pharmaceutiques, notamment)? J-C. A : Il faut bien admettre que même si nos interlocuteurs sont généralement à notre écoute, nous sommes peu entendus. Il est vrai aussi que le mouvement mutualiste a du mal à faire entendre qu'il est avant tout un acteur du système de santé et, plus largement, de 8 N 214/870 MAI 2014

9 l'économie sociale, avec le souci de l'intérêt général, alors qu'on veut l'enfermer dans un rôle d'assureur. La différence avec d'autres acteurs, c'est que nous ne défendons pas d'intérêts particuliers mais bien, je le répète, l'intérêt général. Et c'est plus difficile à faire. Certains sont parfois moins puissants et moins représentatifs - n'oublions pas que la mutualité c'est plus de 38 millions de personnes protégées en France, plus de la moitié de la population, ce n'est pas rien! - mais affichent des positions plus radicales. Sans doute devrions nous être plus offensifs, plus «irritants», puisque ceux qui irritent sont davantage pris en compte. En tout cas, certainement manifester plus d'exigences qu'on ne le fait. Mais le mouvement mutualiste et la mutualité, c'est aussi la fédération. Notre mode d'organisation fait qu'il est parfois difficile de dégager un consensus général sur tel ou tel sujet, et qu'à force de chercher le bon dénominateur commun on s'affaiblit. Cela engendre assurément un problème d'efficacité. En la matière, quel rôle peut jouer l'unme pour les mutuelles en entreprise et leurs spécificités? J-C. A : L UNME n a pas attendu l Accord National Interprofessionnel de janvier 2013, par exemple, pour reconnaitre l avantage du contrat collectif à adhésion obligatoire en complémentaire santé pour le salarié. La généralisation de ce type de contrat et de son caractère obligatoire est une question de temps et de forme, mais elle est désormais irréversible. Et la mutualité a pris du retard sur ce point - le Code de la mutualité, par exemple, n'est actuellement pas satisfaisant à ce sujet. Si, dans les entreprises, nous sommes en avance, c est que nous avons su associer les partenaires sociaux (patronat et organisations syndicales) au fonctionnement mutualiste - ce qui amène, d'ailleurs, à se re-poser la question du rôle des mutuelles en entreprise et dans les différentes branches. Anticiper, faire émerger, construire, voilà notre travail à l'unme et nous impulsons un certain nombre d'idées sur la solidarité, le contenu des contrats collectifs, des contrats responsables et solidaires, des accords de branche, etc. Ce travail, ces idées, ne sont pas toujours immédiatement reconnus - on en revient à ce que j'évoquais au début à propos du mouvement mutualiste lui-même. Là encore, on ne le fait peut-être pas assez savoir. En même temps, nous devons aussi faire preuve de cohérence par rapport à l'ensemble du mouvement mutualiste. Admettons que ce n'est pas toujours simple Et puis nous sommes davantage des «bosseurs» que des «communicants», même à l'égard de nos mutuelles adhérentes. Or, la communication est importante dans des périodes de tensions sur le plan économique et social, comme celle que nous traversons. Le bien-fondé des réseaux de soins et la reconnaissance de leur conventionnement par les mutuelles vient d'être enfin reconnu. Avec quel(s) avantage(s) pour les mutuelles et leurs adhérents? J-C. A : Le mouvement mutualiste veut être un régulateur du système de santé et, dans ce cadre, le rapport qualité/prix fait partie du service dû aux adhérents. Quand on représente 38 millions de personnes, cela ne laisse pas indifférents certains interlocuteurs. C'est sans doute pour cela que nous avons eu un peu de mal à accéder au conventionnement de réseaux de soins. Cela va essentiellement procurer un avantage aux adhérents qui auront ainsi des restes à charge moindres, notamment dans les domaines de l optique et du dentaire. C est l amorce d un cercle vertueux dont l effet sur le long terme est actuellement difficilement quantifiable pour les mutuelles, mais qui devrait être immédiatement très appréciable pour les adhérents. Cependant, les mutuelles devront faire preuve de vigilance pour que leur image et leurs actions ne soient pas occultées par le réseau lui-même. Voilà encore une occasion de communiquer pour ne pas perdre notre visibilité et notre lien avec nos adhérents. On a évoqué l'accord National Interprofessionnel de janvier 2013 mais revenons-y un instant. Quelle est, pour vous, la portée de l'ani, et que pensez-vous du «flou artistique» autour des clauses de désignation, puis de recommandation, etc.? J-C. A : L ANI fait maintenant partie de notre histoire. Il est censé contribuer à la généralisation de la complémentaire santé. Indéniablement, il va permettre à un plus grand nombre de personnes d'avoir une complémentaire santé, notamment dans les secteurs d'activité à faible rémunération, mais il ne règlera pas tout, loin s en faut, en particulier pour ceux qui n ont pas d emploi. Par ailleurs, avec l'ani, le risque est renforcé de faire plus facilement des mutuelles la variable d'ajustement pour la prise en charge de nouveaux désengagements du régime obligatoire, voire de réduire à terme la mission de l'assurance maladie à la seule prise en charge d'actes médicaux très lourds! Il ne permet pas systématiquement à chacun de nos concitoyens, quelle que soit sa situation, d'avoir plus facilement un accès au système de soins. Les conditions de prise en charge santé sont porteuses de contradictions avec la nécessité d'évolution de notre système de santé. [ JEAN-CLAUDE ALBINET EN BREF >>> Né dans l'aveyron le 23 mai 1952, Jean-Claude Albinet a effectué toute sa carrière professionnelle à Toulouse au sein d'airbus. Il «entre en mutualisme» en 1988, en intégrant le conseil d'administration de Mutaéro, dont il devient président dès 1989 (et le reste à ce jour). En 1996, il prend une part active à la création de l'unme dont il est également le président. En 1998, il devient administrateur et membre du comité exécutif de la FNMF. Il est vice-président de la FNMF depuis De 1996 à 2006, il est vice-président de la Mutualité Française Haute-Garonne, et administrateur de la Mutualité Française Midi-Pyrénées depuis Il est vrai que le mouvement mutualiste a du mal à faire entendre qu'il est avant tout un acteur du système de santé et, plus largement, de l'économie sociale, avec le souci de l'intérêt général, alors qu'on veut l'enfermer dans un rôle d'assureur. N 214/870 MAI

10 SOCIÉTÉ MUTUALITÉ Qu'on le veuille ou non, il faut avoir présent à l'esprit que la santé coûtera de plus en plus cher! Parce que les besoins de la population sont de plus en plus importants, parce que les nouvelles technologies sont onéreuses, parce que la durée de la vie augmente... Quant au «flou artistique» dont vous parlez en évoquant la question du choix de la structure de protection sociale complémentaire dans les entreprises ou les branches, c'est vrai qu'il est difficile d'y voir clair pour l'instant. Il y a néanmoins des obligations légales à respecter à l'échéance 2016, avec des étapes intermédiaires. Je note surtout que les entreprises prennent conscience qu'elles ont un rôle à jouer (si ce n'est une responsabilité à avoir) en matière de protection sociale et qu'elles ne peuvent plus l'ignorer. Donc elles s'organisent pour choisir leurs partenaires. De ce point de vue, je crois que l'ani a été en quelque sorte un «coup de pied dans la fourmilière» qui fait bouger et avancer les choses! Le gouvernement vient de lancer la réflexion sur la question de la dépendance (que le politiquement correct a rebaptisé «adaptation de la société au vieillissement»). Quel peut être l'apport des mutualistes en la matière? J-C. A : Plutôt que de dépendance, je préfère parler d'autonomie. Dans le premier cas, on traite le problème par du curatif, dans le second, on intervient tout au long de la vie et l'on fait de la prévention Ce qui est sûr, c'est que notre société est très en retard sur ce sujet. De plus, on ne s'en préoccupe qu'au moment de la fin de vie alors que, justement, c'est une donnée à prendre en compte bien avant. Je pense que, comme pour la famille, la maladie ou la retraite, il faut traiter cette question le plus tôt possible, avec un mode contributif adapté. Les mutuelles peuvent jouer un rôle à deux niveaux : dans l'accompagnement des personnes concernées mais aussi de leurs aidants, dans la création de réalisations sanitaires et sociales qui répondent à des besoins spécifiques, ou l'engagement pour des solutions d'hébergements collectifs et spécialisés. Mais, même s'il fallait créer un jour une nouvelle branche de la Sécurité sociale pour couvrir ce risque, on n'échapperait pas à un volet complémentaire, en partie à la charge de ceux qui sont en mesure de contribuer un peu plus que d'autres, avec un financement inclus dans la complémentaire santé. Ce dispositif solidaire devrait s'appliquer le plus tôt possible pour en diminuer la pression financière. Enfin, il ne faut pas perdre de vue l'existant. L'organisation autour de ce sujet doit être conduite en concertation avec les collectivités territoriales qui en ont aujourd'hui en grande partie la charge et sont des acteurs de tout premier plan. [ >>> UNME Créée en 1996, l'union Nationale des Mutuelles en Entreprise rassemble et représente 80 mutuelles (soit 1,5 million de personnes protégées). L'UNME a pour «métiers» : la représentation institutionnelle de ses membres, la réflexion stratégique globale pour l'évolution des mutuelles en entreprise, l'aide spécifique aux mutuelles, l accompagnement sur la formation et les questions de gouvernance. Autre question prégnante, et peut-être encore plus au cœur des mutualistes : la réforme de notre système de santé. Tout le monde s'accorde sur l'urgence d'une remise à plat, mais rien ne bouge vraiment J-C. A : Ne rêvons pas! Il ne faut pas imaginer qu'il y aura un «grand jour» (ou un grand soir ), et le tour sera joué! Bien sûr qu'il faut faire évoluer le fonctionnement de notre système de santé, mais cela doit surtout passer par une évolution progressive et continue. On sait bien que l'articulation entre médecine de ville et médecine hospitalière est à améliorer, que les soins de premiers recours doivent être mieux organisés afin de décharger les services d'urgence, qu'il faut revoir le fonctionnement «public/privé» (le privé ne peut pas faire que des choses rentables, où il veut et quand il veut ), etc. C'est un choix de société pour une société dont la santé (et l'accès à la santé) est un pilier fondamental. Mais attention : qu'on le veuille ou non, il faut avoir présent à l'esprit que la santé coûtera de plus en plus cher! Parce que les besoins de la population, en termes de soins mais aussi de prévention, sont de plus en plus importants, parce que les nouvelles technologies sont onéreuses, parce que la durée de la vie augmente On peut, et on doit certainement moduler l'organisation du système, mais on ne peut pas s'exonérer de son financement, et il y aura toujours des coûts à prendre en charge et auxquels nous n'échapperons pas. Mais plutôt que de focaliser sur la contrainte économique, on peut aussi envisager ces coûts comme le signe d'une société qui crée et qui se développe. Il faut alors faire le choix de ce que l'on veut prendre en compte dans un dispositif social. Finalement, le mutualisme est-il toujours une idée d'actualité? J-C. A : Oui! (Dans le «oui» ferme et massif de Jean- Claude Albinet, on sent bien que tout est dit. On lui demande cependant d'expliciter un peu ). On raisonne trop souvent par rapport à l'histoire du mouvement mutualiste - qui fait, certes, partie de nos gènes -, et pas assez sur les idées qu'il porte. Il faut qu'on arrête de ne voir le mutualisme et la mutualité qu'au travers du passé et je regrette justement que nos élus et militants ne se projettent pas davantage dans l'avenir. L'histoire de la mutualité est fondée sur une évolution permanente - et je vous renvoie finalement à ce que j'évoquais au début de cette interview. Donc, «l'idée» mutualiste est, par la force des choses, d'actualité et le restera d'autant plus que la société a un besoin croissant de cette valeur essentielle portée par le mutualisme : la solidarité. Mais il appartient bien sûr aux mutualistes - et cela rejoint aussi la question précédente - de faire le lien entre l'évolution de la société, l'évolution de la mutualité et cette valeur fondamentale. Propos recueillis par Jacques RIVIÈRE 10 N 214/870 MAI 2014

11 DOSSIER FAMILLE SOCIÉTÉ Assurer l avenir de son enfant handicapé Envisager l avenir de son enfant est le souci de tous les parents. Mais quand l enfant est handicapé, cela devient une véritable source d angoisse. Pour lui assurer une vie confortable sans en faire porter la responsabilité à ses frères et sœurs, il est recommandé de tout prévoir à l avance. Mais attention, mieux vaut se faire conseiller, car les subtilités sont nombreuses N 214/870 MAI

12 SOCIÉTÉ DOSSIER FAMILLE Une succession à adapter Transmettre un patrimoine à leurs enfants est une perspective qui rassure les parents. Mais lorsque l enfant est fragilisé par un handicap, il faut prendre des décisions spécifiques. L anticipation est la seule garantie de faire les bons choix. Préserver les intérêts des frères et sœurs «L enfant handicapé est souvent un enfant sans postérité, dont les héritiers sont potentiellement les parents ainsi que les frères et sœurs et dont les créanciers sont constitués par l aide sociale», rappelle Denis R., notaire à Paris. Les parents peuvent alors recourir à une donation ou un legs «graduel» ou «résiduel», c est-à-dire accordé à condition qu au décès de cet enfant, les biens transmis reviennent automatiquement aux frères et sœurs. Il en résulte un double avantage. Les droits de succession réclamés à ces derniers sont calculés comme s ils héritaient directement de leurs parents et non d un frère ou d une sœur. De plus, l aide sociale ne peut capter les biens transmis dans ces conditions. V. M. Que deviendra-t-elle à notre mort? Pour Alain et Anne, le recours à un mandat de protection future s est tout de suite imposé comme étant «le meilleur moyen de préparer l avenir de Sabine, notre fille polyhandicapée, après notre décès ou lorsque nous ne pourrons plus nous occuper d elle». Lorsque l enfant handicapé devient majeur, il est en effet important de mettre en place une mesure de protection. Ce sont souvent les parents qui vont assumer cette responsabilité et il sera nécessaire de prévoir qui prendra le relais à leur décès et, notamment, si des frères ou sœurs sont prêts à s engager. Assurer un toit pour l avenir de son enfant handicapé est une priorité pour de nombreux parents. «A notre mort, nous voulons être sûrs que Madeleine aura un lieu de vie agréable et que son hébergement ne sera pas un problème pour ses frères et sa sœur», confient Françoise et Paul. Dans ce domaine aussi, l anticipation doit être la règle. Prévoir, par testament par exemple, de laisser son enfant handicapé occuper le domicile familial est une bonne solution qui peut toutefois se révéler un jour inadaptée. Si son état de santé ne lui permet plus de rester vivre à la maison, il sera souvent difficile de trouver un lieu de vie pour l accueillir. Saisissez dès les 16 ans de l enfant la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour préparer son projet de vie et l inscrire dans des établissements correspondant à ses besoins. DES POSITIONS QUASIMENT PHILOSOPHIQUES «Face à un enfant handicapé, on peut adopter deux positions diamétralement opposées, deux positions quasiment philosophiques, a pu constater Denis R., notaire à Paris. Le surprotéger économiquement, avec l impasse fiscale pour les frères et sœurs et le recours éventuel de l aide sociale, ou au contraire, réduire ses droits à la réserve héréditaire et retarder le moment où il héritera.» Tout n est pourtant pas possible par voie de testament ou de donation. Les parents ne peuvent avantager un enfant qu en utilisant la quotité disponible, c est-à-dire la partie de leur patrimoine qui n est pas destinée aux héritiers réservataires (ascendants ou descendants). Il faudra bien réfléchir sur l avantage concédé à l enfant handicapé. L attribution d un immeuble peut, par exemple, se révéler un mauvais choix si, comme on l a évoqué précédemment, l enfant ne peut plus y vivre. Les revenus locatifs qu il tirera de ce bien constitueront des ressources imposables déductibles de l allocation aux adultes handicapés (AAH). A son décès, le bien pourrait être utilisé pour le remboursement de l aide sociale, ce qui pénalisera ses frères et sœurs, héritiers. De plus, ces derniers seront soumis à une fiscalité lourde lorsqu ils vont recueillir la succession de leur frère ou sœur. CHANGEMENT DE RÉGIME MATRIMONIAL Pour éviter l ouverture d une succession au décès du premier parent et laisser au survivant davantage de liberté dans la gestion de son patrimoine, certains couples ayant un enfant handicapé choisissent de recourir à un changement de régime matrimonial et d opter pour la communauté universelle avec clause d attribution intégrale. Les inconvénients de ce choix sont d alourdir les droits de succession des enfants qui ne bénéficient pas des abattements sur la succession du premier parent et de voir différer au décès du deuxième parent leurs droits successoraux. On peut y remédier par des donations sur leur part d héritage. Certains parents choisissent enfin de privilégier les autres enfants en leur attribuant la quotité disponible. «En revanche, je leur déconseille de la conditionner à la prise en charge de leur frère ou sœur handicapé, précise le notaire. Il s agit d une obligation morale qui peut se révéler difficile à mettre en œuvre et dont il sera presque impossible de vérifier le respect.» Pour préparer dans de bonnes conditions l avenir de son enfant handicapé, il ne faut pas hésiter à s adresser à des professionnels, notaires ou conseillers en patrimoine. Virginie MORNAUD POUR PRÉPARER DANS DE BONNES CONDITIONS L'AVENIR DE SON ENFANT HANDICAPÉ, IL NE FAUT PAS HÉSITER À S'ADRESSER À DES PROFESSIONNELS, NOTAIRES OU CONSEILLERS EN PATRIMOINE. 12 N 214/870 MAI 2014

13 Prévoir des ressources Les frais d hébergement et d entretien d une personne handicapée en établissement spécialisé sont importants. Entre aides sociales et contrats de prévoyance, les solutions pour anticiper le décès des parents doivent être envisagées en fonction des besoins et de l état de santé de la personne handicapée. AU DÉCÈS DE SES PARENTS, UN ENFANT HANDICAPÉ PEUT BÉNÉFICIER D'UNE PENSION DE RÉVERSION. Depuis dix-huit ans, Martine fait tout son possible pour que sa fille, polyhandicapée, grandisse et vive dans les meilleures conditions. Depuis quelques mois, elle se penche sur un nouveau dossier difficile : «Je suis en train d organiser les choses, pour le jour où je ne serai plus là», raconte cette maman prévoyante. Et en ce moment, elle enchaîne les rendezvous. «C est très complexe, explique-t-elle. Je conseille à tous les parents dans mon cas de se faire aiguiller par les associations compétentes dans un premier temps, et de prendre rendez-vous avec un notaire ou un expert en gestion du patrimoine.» [ RÉDUCTION D IMPÔT Les parents, frères et sœurs ou oncles et tantes qui investissent sur un contrat rente survie ou épargne handicap, ainsi que la personne handicapée qui alimente un contrat épargne handicap, bénéficient d une réduction d impôt. Celle-ci est égale, pour l année de leur paiement, à 25 % des sommes versées, dans la limite de euros par foyer, majorés de 300 euros par enfant à charge. V. P. Et s agissant de Martine, avec l arrivée à la majorité de sa fille, se pose actuellement la question d une mise sous tutelle. «A 18 ans, l enfant, handicapé ou non, est considéré comme autonome pour réaliser seul les actes de la vie civile et gérer son patrimoine», rappelle Camille de Soras, conseillère en épargne et courtière en assurance spécialisée dans le handicap. «S il n est pas capable d exercer lui-même ses droits, il faut envisager une mesure de protection juridique», poursuit-elle. «La curatelle conviendra à une personne qui a besoin d être conseillée et assistée dans les actes importants, mais qui peut réaliser seule les actes dits d administration. La tutelle, elle, protège un majeur qui a besoin d être représenté dans la plupart des actes de la vie civile», précise-t-elle. GARANTIR UN MINIMUM Se pose également la question des moyens de subsistance et du logement de l enfant. «L allocation aux adultes handicapés (AAH) permet de garantir un minimum de ressources aux personnes handicapées qui ne disposent pas ou peu de revenus, détaille cette spécialiste. Elle est calculée chaque année en fonction des revenus imposables de l année N-2. Pour cela, le demandeur ne >>> L allocation aux adultes handicapés (AAH) permet de garantir un minimum de ressources aux personnes handicapées qui ne disposent pas ou peu de revenus. N 214/870 MAI

14 SOCIÉTÉ DOSSIER FAMILLE >>> doit pas disposer de ressources supérieures à un plafond égal à douze fois le montant mensuel de l AAH soit, pour une personne seule, 9 482,16 euros.» Les ressources prises en compte pour le calcul comprennent, entre autres, les revenus professionnels, les revenus locatifs, les plus-values mobilières, les intérêts imposables des comptes sur livret «On en arrive à des situations surréalistes, déplore Martine. On veut mettre son enfant à l abri en lui donnant une maison ou en lui ouvrant un placement spécialisé. Et finalement, c est complètement contre-productif, puisqu on lui fait perdre l AAH.» Il existe cependant certains placements permettant de constituer une épargne pour son enfant sans le pénaliser. «Il s agit des intérêts capitalisés par un contrat d assurance-vie épargne handicap et les rentes viagères épargne handicap ou rente survie, conseille Camille de Soras. Les contrats d assurance-vie de plus de huit ans ne rentrent pas dans le calcul de l AAH et des autres aides. Quant aux rentes viagères, elles ne sont retenues qu après un abattement de euros par an sur la partie imposable.» Avec la Caisse Générale de Prévoyance CAPITAL DÉCÈS ET RENTE D'ORPHELIN Tous les salariés des entreprises adhérentes à la CGP bénéficient des dispositions du Contrat Groupe National Prévoyance. A ce titre, et si le participant vient à disparaître alors qu'il est encore en activité professionnelle, ses enfants à charge, légitimes, adoptés ou reconnus, âgés de moins de 25 ans, ayant des revenus imposables inférieurs ou égaux au Smic pendant l'année civile précédant le décès, bénéficient du versement d'un capital décès. La limite d'âge est supprimée si l'enfant est atteint avant ses 25 ans d'une incapacité permanente d'un taux égal ou supérieur à 80 %. De même, les enfants légitimes, adoptés ou reconnus du participant, âgés de moins de 25 ans, ayant des revenus imposables autres que ceux versés par la CGP inférieurs ou égaux à 85 % du Smic, bénéficient du versement de la rente orphelin prévue au CGN Prévoyance. La limite d'âge est supprimée si l'enfant est atteint avant ses 25 ans d'une incapacité permanente d'un taux égal ou supérieur à 80 %. FRAIS D HÉBERGEMENT ET D ENTRETIEN C est d autant plus important quand l enfant, comme la fille de Martine, est accueilli dans un foyer d accueil médicalisé. «Les personnes logées dans ces structures sont tenues de subvenir à leurs frais d hébergement et d entretien dans la mesure du possible, indique Martine. C est énorme, ça peut représenter ou euros par mois. Mais il est toujours laissé un reste à vivre». Un montant minimum équivalent à 10 % des ressources de la personne hébergée en pension complète si elle ne travaille pas et qui ne peut pas être inférieur à 30 % du montant mensuel de l AAH. En augmentant le patrimoine de son enfant accueilli, on prend donc le risque que le montant de l AAH soit diminué, tout en augmentant la participation aux frais. Dans tous les cas, il faut prendre en compte les particularités de chacun. «En ce qui concerne ma fille handicapée à plus de 80 %, malheureusement, son espérance de vie est trop faible pour qu une rente viagère soit intéressante, précise Martine. Il est très important de ne pas se précipiter et d étudier toutes les conséquences.» Virginie PLAUT [ BÉNÉFICIER DE LA PENSION DE RÉVERSION DES PARENTS Au décès de ses parents, un enfant handicapé peut bénéficier d une pension de réversion, et ce, contrairement aux autres enfants, même s il est âgé de plus de 21 ans. C est le cas par exemple si les parents exerçaient dans le secteur privé, au titre des organismes de retraite complémentaire Arrco/Agirc. Pour le régime Arrco (non-cadres), l enfant doublement orphelin peut toucher 50 % des droits dus à ses parents. Pour le régime Agirc (cadres), l allocation versée correspond à 30 %. Si l un des parents était fonctionnaire ou militaire, un enfant handicapé (même de plus de 21 ans, s il est dans l incapacité de gagner sa vie) peut toucher une pension de 10 % des droits. S il n y a aucun conjoint survivant, la pension que celui-ci aurait touchée (50 %) est partagée entre les héritiers âgés de moins de 21 ans ou handicapés. ASSURER UN TOIT POUR L'AVENIR DE SON ENFANT HANDICAPÉ EST UNE PRIORITÉ POUR DE NOMBREUX PARENTS. 14 N 214/870 MAI 2014

15 ALIMENTATION SOCIÉTÉ Où les Français font-ils leurs courses? Ils font leurs achats moins souvent, mais dans un plus grand nombre de magasins de types différents. La proximité est un critère de plus en plus déterminant pour les courses alimentaires des Français. Et bien sûr le prix. En 2012, le Crédoc* a renouvelé une enquête déjà menée en 2005 sur la fréquentation des différents circuits de distribution alimentaire. Les hyper et supermarchés restent les lieux d achat les plus courus. Toutefois, la fréquentation des supermarchés stagne. Comme d ailleurs celle des supérettes et des marchés. Elle est en hausse, par contre, pour les commerces alimentaires spécialisés comme les boucheries ou les charcuteries, pour les magasins de surgelés et de hard discount, et dans une moindre mesure pour les hypermarchés. Les «drives» se développent : ils attirent aujourd hui 11 % des consommateurs. Et il y en a aussi 7 % qui font directement leurs courses sur Internet. Au total, les consommateurs se répartissent davantage entre les différents circuits de distribution. Ils varient leurs parcours d achat, profitent de la diversité des enseignes et des offres. Ils sont de plus en plus exigeants et zappeurs, observent les chercheurs du Crédoc PROXIMITÉ ET PRIX L éloignement du domicile est une des raisons invoquées pour expliquer une moindre fréquentation des super et hypermarchés. La proximité est jugée déterminante par 55 % des consommateurs. Un souci pris en compte par [ QUEL TYPE D ACHETEUR ÊTES-VOUS? Les chercheurs du Crédoc distinguent cinq grandes catégories de Français en train de faire leurs courses. > Il y a les «éclectiques des enseignes de proximité» du type Carrefour City, Daily Monop, Franprix, Picard et autres magasins de surgelés Ce sont des habitants des grandes zones urbaines, plutôt diplômés et à hauts revenus. Ils vont d une enseigne de proximité à l autre, accordent peu d attention au prix, beaucoup plus à la marque et à la qualité des produits. Ils sont sensibles aux garanties écologiques et à tout ce qui peut soutenir les causes humanitaires. > Il y a aussi les «éclectiques des commerces indépendants de proximité». Plutôt des acheteurs masculins, vivant dans de petites agglomérations, sensibles aux critères de qualité mais beaucoup moins aux prix. > Une autre catégorie de consommateurs fréquente un nombre restreint de circuits de distribution, principalement les hypermarchés. Ils commandent aussi par Internet et sont adeptes des «drives». Ce sont plutôt des jeunes, âgés de 25 à 35 ans, diplômés et à revenus élevés. Ils sont très sensibles aux prix, utilisent des comparateurs et ne répugnent pas aux marchandages. Les courses sont pour eux une contrainte. > Un quatrième groupe est constitué des «conquis du hard discount». Un public plutôt féminin, peu diplômé et à faibles revenus. Le prix est ici considéré comme très important. La marque, les labels, les garanties d hygiène et de sécurité importent assez peu. Les achats sont limités au strict nécessaire. On trouve peu de personnes âgées de plus de 65 ans dans ce groupe. > Beaucoup plus de seniors par contre, de retraités et d inactifs vivant en couple dans la catégorie des «papillonneurs». Les courses sont pour eux une véritable activité, un plaisir et non une obligation. Ils ont le temps, le goût de choisir et fréquentent presque tous les circuits de distribution. Très sensibles aux critères de qualité, ils privilégient le made in France, la marque, les garanties écologiques, l hygiène et la sécurité. Ils sont aussi attentifs au caractère convivial des magasins et à la fluidité de la clientèle : peu de monde et des parkings! Leur pouvoir d achat est généralement supérieur à la moyenne. les grandes enseignes, qui multiplient les implantations de magasins dans le centre des villes. Le deuxième grand critère est le prix. Avec une division des consommateurs en fonction de leurs revenus : selon leur profil (voir encadré) les uns font très attention à leur budget alimentation, les autres privilégient plutôt la qualité. Les consommateurs souhaiteraient que les grandes surfaces aient des prix plus bas et permettent une plus grande rapidité des achats. Avec plus de nouveauté et un plus large choix. Cependant, les produits de marque de distributeur sont plébiscités. On les recherche plus qu avant, et plus que les marques nationales. Ceux qui évitent les hypermarchés évoquent leur manque d attrait. Ceux qui évitent le hard discount expliquent qu ils n y trouvent pas ce qu ils cherchent. Une «mauvaise image», qui affecte aussi les achats sur Internet ou en drive. Enfin, les consommateurs ont souvent l impression de manquer de temps. Ce qui expliquerait, par exemple, que la fréquentation des marchés ait diminué d un tiers en 7 ans * Centre de recherche pour l étude et l observation des conditions de vie NUTRINEWS Les hyper et supermarchés restent les lieux d achat les plus courus. N 214/870 MAI

16 SOCIÉTÉ PRATIQUE Permis B : des formations qui tiennent la route Formation traditionnelle en auto-école, conduite accompagnée, apprentissage à titre gratuit : il existe désormais plusieurs façons de décrocher son permis. Ce qu il faut savoir pour choisir la formule qui vous convient le mieux. LE PERMIS DE CONDUIRE FAIT RÊVER LES JEUNES ADULTES DEPUIS SA CRÉATION EN Le permis de conduire fait rêver les jeunes adultes depuis sa création en Mais aujourd hui, les routes qui mènent à la fameuse carte rose se sont diversifiées. On distingue désormais trois types d enseignement de la conduite : celui qui passe par les auto-écoles classiques, l apprentissage à titre gratuit sur des véhicules à double commande et la conduite accompagnée. L auto-école reste le mode de formation le plus courant. Le candidat paie généralement un forfait qui comprend une formation théorique au Code de la route, une vingtaine d heures de conduite et le droit de se présenter aux examens. «Il faut se méfier des forfaits à prix cassés, recommande Bernard Decamas, instructeur dans les Alpes-Maritimes. Les vingt heures de pratique, qui constituent le minimum légal, sont rarement suffisantes. Il faut contrôler le tarif des heures supplémentaires qui peuvent gonfler la facture.» Pour choisir votre auto-école, privilégiez la proximité : vous perdrez moins de temps si elle est proche de votre domicile ou de votre lieu de travail. Sachez que les taux de réussite sont disponibles auprès de la préfecture. Surtout, avant de vous inscrire, n hésitez pas à interroger les élèves en cours de formation sur la qualité de l encadrement et du matériel mis à disposition. NE PAS SE TROMPER Il est théoriquement possible de changer d auto-école en cours de route - il suffit pour cela de récupérer son 16 N 214/870 MAI 2014

17 [ DES AIDES POUR ALLÉGER LA FACTURE Un permis de conduire, ça coûte cher : de 780 euros à Lille jusqu à euros à Paris, avec une moyenne de euros pour un forfait de 20 heures, selon une enquête de l association de consommateurs CLCV publiée en août C est pourtant un investissement indispensable, notamment pour trouver du travail. Différentes aides existent pour les populations les plus fragiles : dossier d inscription Cerfa - mais, dans les faits, vous aurez des difficultés à obtenir une place d examen. «Mieux vaut ne pas se tromper, assure Bernard Decamas. L appartenance à un réseau (CER, ECF) est un gage de sérieux. L auto-école reste le moyen le plus efficace pour se former. Efficace mais cher!» La volonté de trouver des solutions moins onéreuses pousse de plus en plus de candidats vers la location de voitures à double commande. Le principe : on loue directement ce véhicule auprès d une société spécialisée - environ 20 euros de l heure -, puis on est formé par un accompagnateur bénévole. L élève doit tenir à jour un livret attestant qu il a conduit au moins vingt heures. Et depuis le 1 er octobre 2013, l accompagnateur - titulaire du permis depuis cinq ans au minimum - doit lui-même avoir suivi une formation de quatre heures dans une auto-école, une association ou un centre agréé. Cette formule est particulièrement adaptée pour les Les chômeurs peuvent bénéficier, sous certaines conditions, d une prise en charge totale ou partielle des frais d apprentissage. Cette subvention est plafonnée à euros. Elle est versée directement à l auto-école. Pour les intérimaires, le Fonds d action sociale du travail temporaire (Fastt) débloque une aide de 500 euros pour le permis B. Les jeunes de 16 à 25 ans peuvent bénéficier, sous certaines conditions, d un dispositif de soutien créé en 2005 : le «permis à 1 euro par jour». Il s agit d un prêt, sans intérêt ni frais de dossier, de 800, ou euros. Le remboursement se fait sur la base de 30 euros par mois. Certaines mairies comme certains conseils généraux proposent des bourses au permis de conduire. Elles s adressent aux jeunes âgés de 18 à 25 ans dépourvus de ressources personnelles ou familiales. La collectivité prend en charge une partie de la facture en échange d un travail d intérêt collectif. Le Fonds d aide aux jeunes (Faj) propose une aide de euros maximum pour les jeunes de 18 à 25 ans qui ont «un projet précis de formation ou une promesse d embauche» exigeant la possession du permis de conduire. L Association de gestion des fonds pour l insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) délivre des aides à la mobilité aux personnes handicapées, notamment la prise en charge du permis pour 600 euros maximum. Certaines de ces subventions peuvent se cumuler : il ne faut pas hésiter à remplir plusieurs dossiers pour augmenter ses chances. L AUTOCOLLANT A (ABRÉVIATION D «APPRENTI») SIGNIFIE QUE VOUS ÊTES UN JEUNE CONDUCTEUR ET QUE VOUS AVEZ UN PERMIS PROBATOIRE, QUI VOUS ACCOMPAGNERA PENDANT UNE DURÉE DE 3 ANS (2 ANS SEULEMENT POUR CEUX QUI SONT PASSÉS PAR LA CONDUITE ACCOMPAGNÉE). EN QUALITÉ DE «CONDUCTEUR INEXPÉRIMENTÉ», VOTRE ASSURANCE AUTO SERA PLUS CHÈRE candidats ayant déjà une expérience de la conduite : les titulaires d un permis étranger non reconnu en France, ceux qui doivent le repasser après un retrait... DES DÉLAIS D ATTENTE Pour passer l examen, l élève doit s inscrire directement en préfecture. Il reçoit ensuite sa convocation au code et à l épreuve pratique. Dans les faits, les places sont accessibles en priorité aux candidats présentés par les auto-écoles : les délais d attente peuvent donc être longs. Sachez aussi que les professionnels rechignent à former les accompagnateurs pour des raisons évidentes. Depuis sa création en 1984, la conduite accompagnée - ou apprentissage anticipé de la conduite (AAC) - permet de s initier aux règles de la route dès l âge de 16 ans. Après une formation initiale en auto-école, l élève acquiert de l expérience au volant, au côté d un accompagnateur, avant le passage du permis. Cette formation est choisie par 30 % des élèves. Elle améliore les chances de réussite : 69,5 % contre 51,9 % par la filière traditionnelle. C est pourquoi, lors de la réforme du permis en janvier 2010, deux nouvelles formules ont été créées. La première, la conduite «supervisée», s adresse aux plus de 18 ans qui ont déjà réussi l épreuve du code et ont pratiqué au moins 20 heures de conduite en auto-école. Ils peuvent compléter leur formation avec un accompagnateur et présenter leur permis après avoir parcouru kilomètres. La seconde formule, conduite dite «encadrée», s adresse spécifiquement aux élèves des filières professionnelles des métiers de la route (BEP, CAP ). Ces derniers passent les épreuves de code et de conduite dès 16 ans. Ils peuvent ensuite conduire avec un accompagnateur, jusqu à la délivrance du permis à leur majorité. Cédric PORTAL Les taux de réussite des auto-écoles sont disponibles auprès de la préfecture. Surtout, avant de vous inscrire, n hésitez pas à interroger les élèves en cours de formation sur la qualité de l encadrement et du matériel mis à disposition. N 214/870 MAI

18 NOTRE SANTÉ MÉDECINE Age et diabète : adapter la prise en charge L apparition d un diabète est souvent associée au vieillissement. Les patients, souvent plus fragiles, doivent être pris en charge d une manière spécifique. Il s agit de préserver leur qualité de vie et de leur éviter des complications. LES PERSONNES ÂGÉES APPRENNENT SANS DIFFICULTÉ À SE FAIRE UNE PIQÛRE D'INSULINE, SANS QUE CELA ALTÈRE LEUR QUALITÉ DE VIE. La moyenne d âge des diabétiques est de 65 ans et 26 % des malades sont âgés de plus de 75 ans. Mais les conséquences de cette maladie sont surtout liées à l état de santé général. Elles sont différentes en présence d une bonne forme physique, d une fragilisation par plusieurs pathologies ou d une dépendance avec une prise en charge médicale et sociale lourde. Les personnes âgées sont pour la plupart atteintes du diabète de type 2, qui peut apparaître dès 40 ou 50 ans. La maladie se traduit par une présence élevée de sucre dans le sang, soit parce que le pancréas ne fabrique pas assez l insuline qui permet de le convertir en énergie et en réserves, soit parce que l insuline agit mal. «Parmi les causes du diabète, explique le Pr Jean-Jacques Altman, chef du service diabétologie à l hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, on distingue les facteurs évitables, comme la mauvaise hygiène alimentaire et le manque d activité physique, et les facteurs inévitables que sont l hérédité et le vieillissement. Avec l âge, le pancréas s affaiblit, il perd 1 à 2 % par an de sa capacité sécrétoire.» Le diabète est une maladie silencieuse. «Dans la majorité des cas, les signes sont inexistants, poursuit le diabétologue. Et quand surviennent des symptômes comme une envie importante d uriner, une grande soif ou un amaigrissement, souvent les sujets âgés se plaignent moins.» EN QUELQUES MINUTES L analyse sanguine de la glycémie est le principal moyen de détecter un diabète. Elle doit être effectuée régulièrement à partir de 50 ans en cas de surpoids ou de parent diabétique. On pratique 20 millions de dosages par an en France. Certaines pharmacies le réalisent gratuitement en quelques minutes. Il est d autant plus important qu un diabète non soigné entraîne une usure de certains organes : les yeux, le cœur et le système cardio-vasculaire, les reins. La maladie évolue à un rythme très lent. «Les complications mettent dix ans pour débuter, vingt à trente ans pour être graves, explique le Pr Altman. Aussi, les objectifs thérapeutiques sont-ils différents selon l âge du patient. On traite avec plus de rigueur une personne de 70 ans en pleine forme qu une autre de 85 ans qui souffre de plusieurs pathologies graves.» A la première, on prescrit un régime alimentaire strict ; à la seconde, on n interdit rien. «La personne âgée est plus menacée par la dénutrition que par des petits écarts diététiques de temps en temps, observe le spécialiste. Elle doit conserver le goût et le plaisir de manger.» De même, le traitement par comprimés ou injections doit s adapter à l état général du patient. «Si la personne est polymédicamentée, ce qui est fréquent après 70 ans, il faut donner les doses minimales, prévient-il. En cas de privations alimentaires excessives et de médicaments trop forts, le diabétique risque l hypoglycémie, le désucrage brutal du sang, assez redoutable chez les personnes âgées, voire un coma hypoglycémique qui peut entraîner des lésions cérébrales et cardiaques.» ACTIVITÉ PHYSIQUE QUOTIDIENNE Le traitement d un diabète débutant repose sur des règles hygiéno-diététiques modérées avec une modification des habitudes alimentaires et, dans la mesure du possible, une activité physique quotidienne. «Dans l effort, les muscles consomment du glucose, ce qui contribue à équilibrer la glycémie d une manière efficace», rappelle le Pr Altman. Les comprimés sont efficaces longtemps. Mais après une ou plusieurs décennies de diabète de type 2, il faut le plus souvent passer aux injections, car le pancréas a cessé de fonctionner. «Les personnes âgées apprennent sans difficulté à manier l insuline et à se faire la piqûre elles-mêmes, constate le médecin. Ces injections n altèrent pas leur qualité de vie.» Un suivi médical régulier du diabétique âgé s impose. Une fois par an, il doit faire contrôler ses yeux, son cœur, ses reins et ses pieds. Deux prises de sang annuelles pour vérifier l hémoglobine glyquée suffisent. En cas de décisions thérapeutiques importantes, de complications ou de passage aux injections d insuline, mieux vaut consulter un diabétologue. Enfin, il est important de se faire vacciner contre la grippe, plus grave chez le diabétique. Corinne RENOU-NATIVEL 18 N 214/870 MAI 2014

19 Obésité : quand la chirurgie devient indispensable Une obésité très importante peut nécessiter une intervention chirurgicale sur l estomac. Son succès dépend de deux obligations : un suivi postopératoire sérieux par une équipe médicale pluridisciplinaire et une gestion optimale de son alimentation par le patient. «Vous êtes en train de mourir.» Le chirurgien consulté en 2007 par Claudia Brotons Sannka-Telephe, 47 ans, à l hôpital international Georges-Pompidou, à Paris, n y va pas par quatre chemins! «Il faut dire que je pesais 210 kilos pour 1 mètre 68 et que je faisais jusqu à 90 apnées du sommeil par heure, se souvient la jeune femme, présidente de l association Allegro Fortissimo. Lassée des régimes draconiens, j ai décidé de me faire opérer.» «Il existe actuellement trois grands types de techniques chirurgicales de l obésité pratiquées au niveau de l estomac, explique le Dr Salomon Benchetrit, chirurgien, secrétaire exécutif de la Société française et francophone de chirurgie de l obésité (Soffco). Les techniques dites restrictives réduisent le volume de l estomac et entraînent une satiété rapide. Les techniques dites malabsorptives entraînent une malabsorption des graisses. Les aliments gras ne sont pas réabsorbés par l organisme. Enfin, les techniques mixtes conjuguent effets restrictif et hormonal. L estomac est réduit à un tube et le taux de grhéline, l hormone stimulant la faim, est diminué.» (voir encadré) INTERVENTIONS EN 2012 L intervention de Claudia, selon la technique mixte du bypass, s est traduite par une perte de poids de 90 kilos. «Maintenant, je mange beaucoup moins, car c est mon corps qui décide!», se félicite-t-elle. Mais elle souffre désormais d un problème esthétique en raison d un excès de peau. En 2012, interventions ont été pratiquées en France. Soumises à une entente préalable avec l assurance maladie, elles sont très encadrées et ne peuvent s appliquer qu à certains patients : ceux qui ont déjà suivi un traitement, dont l obésité est installée depuis plus de cinq ans, avec un indice de masse corporelle [ LES PRINCIPALES TECHNIQUES La chirurgie de l obésité se pratique selon trois techniques : La gastrectomie en manchon : technique restrictive se traduisant par le retrait des deux tiers de l estomac et, notamment, la partie contenant les cellules sécrétant l hormone stimulant l appétit, la ghréline. L estomac est réduit à un tube vertical, les aliments passent rapidement dans l intestin et l appétit est diminué. L anneau gastrique modulable : technique restrictive qui consiste à placer un anneau au diamètre modifiable autour de la partie supérieure de l estomac, délimitant ainsi une petite poche. Peu d aliments étant nécessaires pour la remplir, la sensation de satiété apparaît rapidement. Les aliments (IMC) supérieur à 35, avec facteurs de risque (diabète, maladies cardio-vasculaires, arthroses invalidantes, taux de cholestérol trop élevé, apnée du sommeil ), ou supérieur à 40, avec ou sans facteurs de risque. UNE PRÉPARATION DE SIX MOIS À UN AN Accompagné par différents professionnels de santé (médecin, diététicienne, psychologue ), le patient devra adhérer à une préparation de six mois à un an et à un suivi postopératoire. Il devra prendre à vie des compléments alimentaires contenant des vitamines pour compenser la carence résultant de l intervention. Outre les conséquences liées à l anesthésie générale, chaque type d intervention présente des risques spécifiques. L intervention est considérée comme réussie quand le patient a une perte de poids supérieure ou égale à 50 % de son excédent de poids «d avant». Au minimum, 30 kilos. Il faut compter de 18 à 24 mois pour obtenir un poids stable. Au terme de ce délai, 75 % des patients obèses opérés sont guéris. Nadine ALLAIN Calculez votre IMC L indice de masse corporelle (IMC) s obtient en divisant son poids en kilos par le carré de sa taille en mètres. Si vous pesez 95 kilos pour 1 mètre 68, le calcul est le suivant : 95 : 2,82 (soit 1,68 x 1,68) = 33,7 Si votre IMC est compris entre 18,5 et 25 = corpulence normale Si votre IMC est inférieur à 18,5 = maigreur Si votre IMC est supérieur à 25 = surpoids Si votre IMC est supérieur à 30 = obésité s écoulent très lentement, selon le principe du sablier. Relié par un petit tube à un boîtier de contrôle placé sous la peau, l anneau peut être serré ou desserré. Le bypass ou court-circuit gastrique : technique restrictive et malabsorptive permettant de diminuer à la fois la quantité d aliments ingérés (la taille de l estomac est très réduite) et leur assimilation par l organisme, grâce à un court-circuit d une partie de l estomac et de l intestin. Les aliments vont directement dans la partie moyenne de l intestin grêle et sont donc assimilés en moindres quantités. N. A. Gastrectomie en manchon. Réduit des deux tiers, l'estomac devient un tube vertical et les aliments passent rapidement dans l'intestin. L'appétit est fortement diminué. Représentation de la technique de l'anneau gastrique. Le principe est de serrer l'anneau autour de la partie supérieure de l'estomac. La petite poche au-dessus de l'anneau, vite remplie, conduit à un rassasiement rapide. By pass. Il s'agit de réduire les capacités de l'estomac et de court-circuiter en grande partie la digestion intestinale. N 214/870 MAI

20 NOTRE SANTÉ EN BREF [ Ne négligez pas un trouble visuel transitoire Une perte temporaire du champ visuel ou la brève perception de scintillements peuvent annoncer un infarctus cérébral. Une étude menée par des chercheurs de l Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a précisé les liens entre ces manifestations et la survenue d un accident ischémique transitoire (AIT), c est-à-dire l obstruction brève et sans séquelle d une artère cérébrale. Or l AIT constitue un signe avant-coureur d infarctus cérébral. Ces troubles «nécessitent une prise en charge immédiate aux urgences et l instauration d un traitement préventif en cas de dépistage d une maladie cardio-vasculaire», selon les auteurs de cette étude. Cancer du col de l'utérus : l'arme absolue du dépistage Si toutes les femmes entre 25 et 65 ans faisaient un frottis de dépistage tous les trois ans, «le cancer du col de l utérus n existerait presque plus», assure l Institut national du cancer (Inca). Pourtant, 40 % ne se soumettent pas à cet examen régulièrement et ce taux atteint 50 % outre-mer, faute le plus souvent d un suivi gynécologique. Une femme sur deux de plus de 50 ans ne pratique pas le dépistage, alors que la moitié des cancers surviennent après cet âge et qu il est faux de penser que la ménopause éloigne le danger. L Inca rappelle que le gynécologue n est pas le seul professionnel de santé à pouvoir pratiquer cet examen. Une femme peut obtenir ce test de son médecin traitant, d une sage-femme, dans un centre de santé, dans un centre de planning familial ou sur prescription dans certains laboratoires d analyses médicales. Rappelons que chaque année, en France, nouveaux cas de cancer du col de l utérus sont diagnostiqués et décès lui sont imputables. La propreté des mains protège des virus et bactéries Alors que huit personnes sur dix se lavent systématiquement les mains après leur passage aux toilettes, seuls 67 % le font avant de cuisiner, 60 % avant de manger et encore moins, 59 %, avant de s occuper d un bébé. Ce geste reste pourtant un moyen de prévention indispensable contre les maladies contagieuses puisque 80 % des microbes se transmettent par les mains. Rappelons que les virus et bactéries sont responsables de nombreux décès : à à cause de la grippe en hiver, et plus de 600 à cause des gastro-entérites. Hygiène bucco-dentaire : nouvelles recommandations Un brossage après chaque repas, pendant trois minutes, c est fini. L Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD) assouplit ses recommandations, notamment pour tenir compte de la réalité des contraintes de la vie quotidienne. Difficile en effet, dans le monde du travail ou à l école, de sortir sa brosse à dents après la cantine ou le restaurant. Désormais, l UFSBD conseille deux brossages quotidiens, matin et soir, pendant deux minutes. En complément : l utilisation d un dentifrice fluoré, du chewing-gum sans sucre après les repas et du fil dentaire le soir, ainsi qu une visite au minimum annuelle chez le dentiste. Une alimentation variée et équilibrée, avec la suppression des grignotages, est également préconisée. Tabagisme : le généraliste au cœur de la lutte Sans aucune aide, la quasi-totalité (97 %) des fumeurs qui essaient d arrêter le tabac échouent. C est pourquoi la Haute Autorité de santé recommande aux généralistes de dépister le tabagisme de chaque patient, quel que soit le motif de la consultation. Interlocuteur privilégié, ce praticien est le professionnel clé pour aider ses patients à arrêter de fumer, les accompagner, les soutenir et empêcher les rechutes. [ Médicaments à doser : ne vous mélangez pas les pipettes! Certains médicaments doivent être mesurés avant d être administrés aux malades. C est pourquoi ces produits sont vendus accompagnés de pipettes, cuillères mesure ou compte-gouttes. Ces dispositifs sont adaptés au produit, à sa densité et à sa posologie. Mal utilisée, la mesure peut en effet délivrer une dose trop importante ou insuffisante et le médicament peut devenir dangereux ou inefficace. L Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande d utiliser uniquement le dispositif d administration lié au médicament et de le conserver dans la boîte pour ne pas le mélanger avec un autre. En cas de perte, demandez conseil à un professionnel de santé. 20 N 214/870 MAI 2014

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