CARE International au Mali Unité de Conception, Suivi-évaluation
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- Claude Rancourt
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1 CARE International au Mali Unité de Conception, Suivi-évaluation ANALYSE DE LA VULNERABILITE ET DES SYSTEMES DE VIE DES MENAGES EN MILIEU RURAL DE LA REGION DE MOPTI Michka Seroussi Abdoul Karim Coulibaly Ahmed Ag Aboubacrine Younoussou Tangara Mme Sanagré Aminata Dicko Zana Traoré Dr. Aliou Kayo Juillet 2003
2 TABLE DES MATIERES Table des Matières...i Liste des Tableaux... iv Liste des Graphiques...v Liste des Acronymes... vi Remerciements... vii Résumé Exécutif... viii CHAPITRE 1 : CARACTERISTIQUES DE LA REGION DE MOPTI...1 I. Aspect physique...1 II. Population...1 III. L éducation Le système d'éducation formelle Le système d'éducation non-formelle Les principaux problèmes de l éducation...3 IV. La santé Pyramide sanitaire La couverture sanitaire Ressources humaines...5 V. Le système de production L Agriculture L Elevage La pêche...8 VI. Division administrative et décentralisation...9 CHAPITRE 2 : METHODOLOGIE DE L ENQUETE...10 I. Définition des concepts Sécurité des conditions de vie Sécurité alimentaire Sécurité économique Sécurité de l éducation Sécurité sanitaire Sécurité de l habitat Sécurité environnementale Participation communautaire et communale...12 II. Stratégies de vie et de survie...13 III. Pauvreté et Vulnérabilité...14 IV. Opérationnalisation du concept de vulnérabilité...16 V. Plan de sondage...16 i
3 1. Les zones agro-écologiques ou Strates Tirage des ménages...17 VI. Les Outils de collecte Les Outils Quantitatifs Les Outils Qualitatifs...18 VII. Vulnérabilité déclarée par les communautés...19 CHAPITRE 3 : CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DES MENAGES, DE LA POPULATION ET MIGRATION...21 I. Caractéristiques des ménages ) Caractéristiques socio-démographiques des ménages ) Caractéristiques des ménages dirigés par les femmes ) Profil de la vulnérabilité des ménages...24 II. Caractéristiques de la population des ménages ) Caractéristiques socio-démographiques ) Instruction et scolarisation actuelle...31 III. Migration ) Caractéristiques socio-démographiques des migrants ) Destination des migrants ) Le flux migratoire ) Provenance des ressources pour la migration et travaux effectués par les migrants ) Apport de la migration au ménage...43 CHAPITRE 4 : LES SYSTEMES DE VIE DES MENAGES...48 I. Activités économiques des ménages...48 II. Les équipements des ménages...51 III. Exploitation agricole Caractéristiques des exploitants Pratiques culturales Niveaux de Production céréalière...57 IV. L Elevage...58 CHAPITRE 5 : LES STRATEGIES DE VIE DE SURVIE DES MENAGES Diagnostique de l état de vulnérabilité...64 a) Part du revenu annuel consacrée à l alimentation...64 b) Mois difficiles pour la sécurité alimentaire...65 c) Principales contraintes à la SCVM Les stratégies de survie...69 a) Stratégies déclarées par les ménages...69 b) Système de solidarité et d entraide...71 ii
4 CHAPITRE 6 : SITUATION SANITAIRE ET NUTRITIONNELLE DES MENAGES...74 I. Accès à l eau potable...74 II. Etat sanitaire des ménages et des enfants ) Prévalence des maladies...76 a) Prévalence des maladies courantes...76 b) Prévalence des maladies épidémiques...78 c) Autres maladies liées à une carence alimentaire ) Consultation des centres de santé ) Couverture vaccinale ) Etat nutritionnel des enfants de moins de 5 ans...83 III. Alimentation des ménages...86 Conclusion et Recommandations...88 iii
5 LISTE DES TABLEAUX Tableau 1.1 : Couverture sanitaire dans la région de Mopti... 5 Tableau 1.2 : Répartition du personnel par niveau de qualification des CSCOM et des CSC... 5 Tableau 1.3. Réalisations des superficies, rendements et productions des cultures... 7 Tableau 1.4 : Effectif du cheptel dans la région de Mopti... 7 Tableau 1.5 : Organisation territoriale de la Région de Mopti... 9 Tableau 2.1 : Dynamique de la vulnérabilité Tableau 2.2: Échantillon des communes et villages tirés pour l enquête SCVM de Mopti Tableau 3.1 : Répartition des ménages selon la strate et le niveau déclaré de vulnérabilité Tableau 3.2 : Caractéristiques des chefs de ménages Tableau 3.3 : Caractéristique des ménages dirigés par les femmes Tableau 3.4 : Répartition des ménages selon le degré de vulnérabilité et les caractéristiques socio-démographiques Tableau 3.5: Taille moyenne des ménages selon la vulnérabilité et le sexe du chef de ménage Tableau 3.6: Ratio de dépendance selon quelques caractéristiques Tableau 3.7 : Caractéristiques socio-démographiques de la population des ménages Tableau 3.8 : Taux d'activité rémunératrice par âge et sexe de la population des ménages Tableau 3.9 : Niveau d'instruction de la population de 7ans et plus selon quelques caractéristiques socio-démographiques Tableau 3.10 : Taux de scolarisation de la population de 7-14 ans selon quelques caractéristiques socio-démographiques Tableau 3.11 : Taux de migration de la population de 10 ans et plus selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles Tableau 3.12 : Destination de la population migrante selon quelques caractéristiques socio-économiques Tableau 3.13 : Fréquence de la migration selon quelques caractéristiques socio-économiques Tableau 3.14 : Durée moyenne de la migration selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles Tableau 3.15 : Provenance des ressources pour la migration selon quelques caractéristiques Tableau 3.16: Travaux effectués par les migrants sur leurs lieux de destination Tableau 3.17 : Caractéristiques des ménages des migrants Tableau 3.18 : Niveau de contribution de la migration au système de vie du ménage selon quelques caractéristiques Tableau 3.19 : Ménages ayant reçu des envois des migrants Tableau 3.20 : Apport moyen de la migration par ménage ayant au moins un migrant selon la vulnérabilité et la zone Tableau 3.21 : Montant moyen apporté par migrant selon la destination et le type de travail Tableau 4.1 : Proportion de membres des ménages pratiquant AGR des membres des ménages selon la vulnérabilité et la strate Tableau 4.2 : Montants moyens annuels individuels issus des AGR selon la vulnérabilité du ménage et sexe de l individu Tableau 4.3: Répartition des ménages par types d équipements possédés selon la vulnérabilité Tableau 4.4 : Caractéristiques des ménages ayant exploité au cours de la campagne Répartition des ménages selon l exploitation agricole au cours de la campagne et diverses caractéristiques socio-économiques et culturelles Tableau 4.5 : Répartition des ménages ayant exploité selon la location/cession des parcelles et recours à la main d oeuvre salariée au cours de la campagne selon diverses caractéristiques socio-économiques et culturelles Tableau 4.6 : Répartition des ménages ayant exploité selon le type de culture céréalière pratiquée et diverses caractéristiques socio-économiques et culturelles Tableau 4.7 : Type de cultures maraîchères et vivrières selon la zone et la vulnérabilité Tableau 4.8 : Production céréalière moyenne en kg par catégories de ménages ayant exploité au cours de la campagne agricol Tableau 4.9 : Répartition des ménages selon le nombre de type d'animaux possédés iv
6 Tableau 4.10 : Répartition des ménages selon le type d'animaux possédés Tableau 4.11: Nombre moyen de type d'animal par ménages propriétaires de bétail, selon la vulnérabilité, la strate, le sexe et l'ethnie du chef de ménage Tableau 5.1 : Part moyenne par ménage, du revenu annuel consacrée à l'alimentation, selon quelques caractéristiques Tableau 5.2 : Principales contraintes à la SCVM selon la vulnérabilité Tableau 5.3 :Stratégies de survie des ménages ayant exploité en 2002, selon quelques caractéristiques Tableau 5.4 : Don et Zakat reçu par le ménage selon quelques caractéristiques Tableau 5.5: Répartition des ménages selon l appartenance de leurs membres à une Organisation Communautaire Tableau 5.6 : Répartition des ménages selon le confiage des enfants selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles Tableau 6.1 : Source principale d'approvisionnement en eau du ménage Tableau 6.2 : Prévalence des maladies courantes chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles, dans les 2 semaines ayant précédées l enquête Tableau 6.3 : Prévalence des maladies épidémiques chez les enfants de moins de 5 ans, dans les 2 années ayant précédé l enquête, selon quelques caractéristiques socio-démographiques Tableau 6.4 : Cécité crépusculaire dans les ménages selon quelques Tableau 6.5 : Enfants malades au cours des 3 derniers mois et consultation des centres de santé selon quelques caractéristiques socio-démographiques Tableau 6.6 : Vaccination des enfants de mois selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles Tableau 6.7 : Etat nutritionnel des enfants de moins de 5 ans selon les caractéristiques socio économiques et culturelles Tableau 6.8 : Nombre de repas consommés la veille selon quelques LISTE DES GRAPHIQUES Graphique 2.1 : Poids des principaux indicateurs de vulnérabilité selon la strate Graphique 3.1 : Pyramide des âges de la population Graphique 3.2 : Taux d activité par groupe d âges et par sexe Graphique 3.3: Pyramide des âges de la population des migrants Graphique 3.4 : Le flux migratoire Graphique 4.1 : Nombre de types d animaux possédés selon la vulnérabilité Graphique 4.2 : Nombre moyen de types d animaux possédé par ménage et selon le sexe Graphique 5.1 : Déclaration des 4 mois les plus difficiles pour la sécurité des conditions de viedes ménages v
7 LISTE DES ACRONYMES AGR APE ASSACO CAP CED CM CSC CSCOM CSREF DNAMR DNSI EDS ISSA OC OMBEVI OPM PRODEC PSLT SCVM SPSS ACTIVITE GENERATRICE DE REVENUS ASSOCIATION DES PARENTS D ELEVES ASSOCIATION DE SANTE COMMUNAUTAIRE CENTRE D ANIMATION PEDAGOGIQUE CENTRE D EDUCATION POUR LE DEVELOPPEMENT CHEF DE MENAGE CENTRE DE SANTE DE CERCLE CENTRE DE SANTE COMMUNAUTAIRE CENTRE DE SANTE DE REFERENCE DIRECTION NATIONALE D APPUI AU MONDE RURAL DIRECTION NATIONALE DE LA STATISTIQUE ET DE L INFORMATIQUE ENQUETE DEMOGRAPHIQUE ET DE SANTE INTEGRATED SOFTWARE FOR STATISTICAL ANALYSIS ORGANISATION COMMUNAUTAIRE OFFICE MALIEN DU BETAIL ET DE LA VIANDE OPERATION PECHE MOPTI PROGRAMME DECENNAL DE L EDUCATION ET DE LA CULTURE PLAN STRATEGIQUE A LONG TERME SECURITE DES CONDITIONS DE VIE DES MENAGES STATISTICAL PACKAGE FOR SOCIAL SCIENCE
8 REMERCIEMENTS Ce rapport est le fruit d un long processus ayant impliqué différents acteurs, de la phase de conception à la phase de production du rapport, en passant par la phase de collecte et traitement des données. Cette collecte d informations ne serait possible sans le soutien et la participation des autorités locales (Assemblée Régionale, Préfectures, et services techniques Direction Régionale de la Statistique) et des communautés de la région de Mopti plus particulièrement celles des villages enquêtés. Nous tenons ici à leur adresser notre profonde gratitude. Les remerciements vont également à l endroit de toute l équipe d enquêteurs et d agents de saisie qui ont participé à cette opération de collecte. Enfin, nous tenons à remercier tout le personnel de CARE Mali, pour sa contribution à l amélioration du présent document et l organisation logistique lors de la phase terrain.
9 RESUME EXECUTIF Les études sur la Sécurité des Conditions de Vie des Ménages (SCVM) sont un préalable pour l orientation des stratégies d intervention de CARE MALI. Ces études, basées sur une méthodologie à la fois qualitative et quantitative, permettent de diagnostiquer tous les aspects de la vie des ménages, dans l optique d élaborer des stratégies efficaces d intervention, qui ciblent les couches les plus vulnérables. La présente étude effectue un diagnostic de la situation de vulnérabilité des ménages du milieu rural de la région de Mopti. Le concept de vulnérabilité est une notion plus dynamique que celui de la pauvreté, il prend en compte les stratégies d adaptation et de changement et introduit la sécurité du bien-être des ménages, la survie de ces ménages et la prise de conscience de l état de pauvreté. La définition de la vulnérabilité, ainsi que le classement des ménages selon les trois catégories de vulnérabilités retenus (très vulnérable, moyennement vulnérable et peu vulnérable) sont effectués par les communautés elles mêmes. Au cours de l étude, les principaux facteurs de vulnérabilité déclarés par les communautés sont : la disponibilité de la main d œuvre, la capacités d envoyer des membres du ménage en exode, la possession d équipements agricoles et la possession de cheptel. Selon le classement opéré, il ressort que plus de la moitié des ménages du milieu rural de la région de Mopti sont très vulnérables. Sur le plan socio-démographique, la structure de la population de la région est à l image de celle du pays tout entier, en particulier et des pays en voie de développement en général. Elle est principalement jeune, en atteste une pyramide des âges à base large et à sommet effilé. Cette structure est révélatrice d une forte fécondité et d une mortalité infantile très importante, car peu d enfants arrivent à l âge de la production, à cause, entre autre, des maladies infectieuses. Sur le plan de l éducation, il apparaît que très peu d enfants fréquentent l école en milieu rural de la région de Mopti (seul 10% des enfants de 7-14 ans fréquentent l école), il en résulte des taux d instruction de la population très faible (6%). S agissant des phénomènes migratoires, l étude révèle leur importance dans les stratégies de vie des communautés. Ils sont pratiquées en effet par une partie assez importante des ménages (43,5% des ménages ont au moins un membre en exode), et ceci en fonction du degré de vulnérabilité. Ainsi, Les ménages les moins vulnérables sont en général les plus nombreux à avoir un membre en exode. Aussi, la distance du lieu de migration est inversement proportionnelle au niveau de vulnérabilité. En effet, les migrants des ménages les moins vulnérables vont vers des distances plus lointaines, tandis que ceux des ménages les plus vulnérables migrent vers des destinations moins lointaines, sans doute à cause des moyens économiques qu elle nécessite. Selon le genre, les migrations féminines sont très précoces et commencent entre ans, elles constituent une entrave à la scolarisation des filles. L analyse du système de vie des ménages a fait ressortir les constats suivants : Une faible exploitation agricole chez les ménages très vulnérables à cause d une insuffisance de main d œuvre et un manque de terre surtout pour les femmes ; Les ménages les plus vulnérables ne diversifient pas ou très peu leurs activités, tandis que les ménages peu vulnérables mènent plusieurs catégories d activités ; Il y a une insuffisance d'équipements agricoles adéquats, quel que soit le niveau de vulnérabilité, mais principalement chez les plus vulnérables ; Faible rentabilité des cultures des très vulnérables à cause d une insuffisance d investissement ;
10 Les ménages peu vulnérables sont ceux qui possèdent la plus grande diversité dans le bétail et, également le plus de têtes de bétails de chaque espèce ; L analyse des stratégies de vie et de survie des ménages, a permis de faire les constats suivants : L'insécurité alimentaire représente la principale contrainte de l'ensemble des ménages(contrainte évoque par 87% des ménages), mais surtout des plus vulnérables(92%) ; Le système de solidarité est assez développe dans las région. On note en effet que plus du quart des ménages ont bénéficié de dons/zakat au cours de l année. Il est surtout dirige vers les ménages les plus vulnérables ; Les stratégies utilisées par les ménages les plus vulnérables sont des stratégies qui demandent le moins d engagement : le crédit, le salariat agricole, le soutien communautaire la cueillette ; S agissant de la situation sanito-nutritionnelle des ménages, on note qu elle est très précaire et marquée par une forte prévalence des maladies diarrhéique et épidémiques, la faible fréquentation des centres de santé et un faible accès à de l eau potable dans la zone du Seno. Au vu de ces constats, un certain nombre d actions s imposent, notamment : l'appui à la scolarisation, notamment dans la zone lacustre, où les plus bas taux de scolarisations ont été observés ; L'appui à l'artisanat à travers les micro-crédits et l'encadrement des femmes (surtout les femmes chefs de ménages) ; Pour les problèmes d'accès à l'eau potable, les stratégies en matière d hydraulique doivent cibler particulièrement la zone du Seno dans laquelle les problèmes d accès à l eau potable se posent avec acuité ; Les migrations féminines constituent une entrave à la scolarisation et au maintien des filles dans le système scolaire, à cet effet, il convient de chercher à mieux cerner les raisons de ces migrations en vue de mettre en place des stratégies adéquates visant à décourager les migrations à bas âge ; La faible fréquentation des centres de santé résulterait en grande partie de problèmes financiers. Il convient à cet effet de trouver des sources alternatives de financement des coûts de santé par la mise en place de mutuelles de santé, par exemple.
11 Chapitre 1 : Caractéristiques de la Région de MOPTI I. Aspect Physique La région de Mopti, située au centre du Mali, est une région composite ayant une superficie de km2, soit 6,3% du territoire national. La majeure partie de la région est située dans le Sahel avec une pluviométrie annuelle de 150 à 550 mm. Cette pluviométrie est plus importante dans le sud de la région. Le réseau hydrographique est dominé par le fleuve Niger dont les principaux affluents sont le Bani et le Yamé. On y compte 6 lacs dont le lac Débo (250 km2), 412 mares, 29 marigots et une multitude de rivières et de sources. Ainsi, la région de Mopti est subdivisée, de façon globale, en deux grandes zones agro-écologiques : La zone exondée : pour la plupart à l Est, elle est composée de la partie montagneuse (plateau de Bandiagara, chaîne du Gandamia, mont Hombori) et des zones de plaines (plaines du Séno- Mango, du Séno-Mondoro, du sud Gourma et du Méma, le Sourou ) ; La zone inondée : elle correspond au delta intérieur du Niger ou delta central qui est une véritable plaine inondable dont la vie est rythmée par la crue et la décrue du fleuve Niger. La hauteur et la durée de la submersion ainsi que les surfaces inondées conditionnent les possibilités de production (pêche, élevage, agriculture) et l intensité et la direction des mouvements des populations. Le delta intérieur peut recevoir entre km2 de surface inondée en période de crue normale et km2 en période de crue basse 1. Ce dualisme de l espace géographique explique la complémentarité très manifeste entre les ressources et les systèmes de production. Fortement enclavée dans ses parties montagneuses, la zone exondée est relativement accessible à tout moment. Par contre, le delta n est accessible qu en période de décrue et navigable en pirogue ou en pinasse en période de crue. Cette réalité impose aussi à la région des mouvements cycliques annuels importants à cause de la variation des ressources naturelles (Mouvements de transhumance annuelle du bétail, déplacements importants des pêcheurs le long des zones de pêcheries en fonction de la crue et de la décrue des eaux, mouvement de la main d œuvre agricole vers le delta pour les travaux de campagne agricole du riz). II. Population La population de la région s élève à habitants 2. Les Peuls, les Dogons, les Sonrhaï, les Bambaras, les Bosos et Somonos constituent les principales ethnies. De façon socio-historique, malgré un brassage important des divers groupes ethniques, trois constatations majeures sont à retenir : La préséance historique des groupes Peuls sur les terroirs du delta intérieur du Niger ; La dominance importante des groupes Dogons dans les falaises et les plaines du Séno; La spécialisation des groupes Bosos et Somonos dans les systèmes de pêcherie dans l ensemble du delta. Malgré la pratique de plusieurs activités, chaque terroir est fortement marqué par ses spécificités historiques. La nature particulière du delta a poussé les divers empires et royaumes à en faire une zone de conquête et d exploitation des richesses. 1 Potentialités et conflits dans les zones péri-urbaines, le cas de Mopti au Mali ( 2 DNSI,
12 Ainsi, la région de Mopti peut se flatter d être un complexe culturel, linguistique, sociologique et économique important de l Afrique de l Ouest, à cause notamment de la présence effective dans les diverses villes de la région, de noyaux importants des grands groupes ethniques de la sous-région (Bambara, Mossis, Haoussas, Sonrhaï, Tamasheqs, etc.) et les échanges commerciaux importants (bétail, poissons, etc.) avec la majorité des pays frontaliers. III. Système Educatif Les contrastes physiques ajoutés à la mobilité de certaines populations et au faible revenu des ménages affectent de manière critique la qualité et l accès à l éducation dans la région de Mopti. Le taux d'accès à l'éducation tant formelle que pour non formelle est beaucoup plus important dans la zone exondée, où se trouve concentrée la majeure partie des interventions des acteurs du développement, que dans la zone inondée. Ceci est lié aux difficultés d accès de ces zones pendant une bonne partie de l année. Le taux brut de scolarisation au niveau de la Région est d'environ 30,9 % et le taux d'alphabétisation des adultes ne dépasse pas 20 % pour les hommes et 8 % pour les femmes. La région comprend deux Académies d Education : l Académie de Mopti, qui couvre les CAP de Mopti, Djenné, Téninkou, Youvarou et Sévaré 3 et l Académie de Douentza, qui couvre les CAP de Douentza, Bandiagara, Bankass et Koro. 1. Le Système d Education Formelle Le réseau scolaire actuel de la Région comprend les cycles suivants : Enseignement préscolaire ; Premier cycle de l'enseignement fondamental ; Second cycle de l'enseignement fondamental ; Enseignement secondaire général et professionnel. A la rentrée scolaire , la région comptait 398 écoles dont 346 écoles du 1 er cycle et 45 du second cycle. Plus de 1700 villages ne disposent d'aucune infrastructure scolaire et plus de 63 communes n'ont pas de second cycle. a) Caractéristiques du personnel enseignant et conditions d'encadrement A la rentrée scolaire la Région disposait de enseignants du 1 er cycle de l enseignement fondamental sur un besoin estimé à soit un déficit de 259 enseignants. Pendant la même période le second cycle disposait de 410 enseignants sur un besoin de 503 soit un déficit de 93 enseignants. Le personnel enseignant est mal reparti. Alors que des zones urbaines comme Mopti ont un surplus de 51 enseignants au 1 er cycle, certaines écoles rurales restent fermées à cause du manque d'enseignants. Avec un effectif de élèves et maîtres durant l'année scolaire le ratio élève/ maître était de 71,8 au niveau du 1 er cycle de l'enseignement fondamental. La plupart des maîtres pratique la double vacation ou la double division. Le déficit en personnel enseignant qualifié est chronique. La Région a eu à faire recours à une stratégie alternative qui a consisté au recrutement de vacataires constitués de ressources non qualifiées car non issues d'écoles de formation pédagogique. Sur les enseignants au 1 er cycle 2 Le CAP de Sévaré en voie d ouverture couvre les communes de Fatoma, Bassirou, Kona, Korombana, Ouroubé Doudé et Diambakourou. 2
13 du fondamental 612 sont des vacataires ou des personnes sans une grande qualification professionnelle. b) Rendement interne du système éducatif Les multiples difficultés liées à la dotation en personnel enseignant, au mode d'encadrement du système éducatif, à l'accès aux écoles ne sont pas de nature à assurer l'atteinte des rendements escomptés. Les taux de redoublement et de déperdition sont parmi les plus élevés du pays. Même si les taux d'admission aux différents examens sont assez bons, la qualité des produits issus du système, mesurée sur la base des compétences des élèves n est pas satisfaisante. 2. Le Système d Education Non-Formelle Sur 274 Centres d'éducation pour le Développement (CED) prévus pour l'année scolaire , seuls 171 ont pu démarrer avec un effectif total de auditeurs (dont 50 % filles et 50% de garçons). Le manque de ressources humaines qualifiées dans les localités abritant les 103 autres CED n'a pas permis leur ouverture. Le démarrage des programmes CED au niveau de la Région a eu lieu le 25 février Durant la campagne , centres d'alphabétisation des adultes ont fonctionné dans 894 villages avec un effectif total de auditeurs dont femmes et hommes. La Région compte néo-alphabétisés dans les langues nationales soit environ 2,5% de la population totale de la Région. Les langues nationales utilisées pour l'alphabétisation sont essentiellement le Bamanan, le Peul, le Dogon, le Boso et le Moré. La Région souffre du manque de système de suivi adéquat et de statistiques claires dans le domaine de l'éducation non formelle. 3. Les Principaux Problèmes de l Education a) Problème d odre institutionnel La grande faiblesse du système de coordination et de suivi-évaluation des activités d'éducation au niveau de la Région ; La faible capacité des structures de gestion des écoles (comité de gestion APE) dans la gestion des problèmes scolaires : la plupart des APE sont inefficaces en matière de sensibilisation et de mobilisation de la communauté en faveur d'une meilleure fréquentation scolaire et en matière de prise en charge des écoles (paiement des enseignants, construction, entretien des salles de classe, etc.) ; Le manque de légitimité de la plupart des APE car n'émanant pas de l'initiative de la communauté ; Une crise de confiance entre les APE et leurs communautés suite à leurs mauvaises performances ; Une difficulté d appropriation de l'école par les communautés et leurs élus, due entre autre à l analphabétisme; Un manque de préparation des élus pour bien assumer les rôles et responsabilités que leur confère la législation dans la gestion de l'école; b) Problèmes d'ordre pédagogique Une insuffisance d infrastructures scolaires; Un déficit en personnel enseignant: de nombreuses classes, surtout en milieu rural fonctionnent en double division (classe multigrade), alors que la plupart des enseignants ne sont pas initiés aux méthodes d'enseignement adaptées à cette situation. Beaucoup d'enseignants pratiquent contre leur gré la double vacation en vue de réduire autant que possible le nombre de salles de classe; 3
14 La faible adhésion du personnel enseignant à la philosophie du PRODEC, lié à un manque d'information; La faible fréquentation des écoles; Une insuffisance de matériels didactiques tant pour les élèves que pour les maîtres; Une insuffisance, voire absence, d'un système de formation continue pour les enseignants: le besoin de formation et de recyclage des enseignants est perceptible partout; ceci dans le but de leur permettre de répondre efficacement aux innovations pédagogiques. c) Problèmes d'ordre socioculturel et économique Le manque d adhésion des populations à la cause de l école; Le poids de la religion; L'exode et le nomadisme entraînant la déscolarisation d'un grand nombre d'enfants qui sont contraints de suivre leurs parents dans leurs déplacements sur les zones de pâture ou de pêche; L état de pauvreté des populations; Le mariage précoce des filles; L'utilisation de la main d'œuvre des enfants: un enfant scolarisé est considéré comme un manque à gagner pour les travaux champêtres, l'élevage, la pêche ou la cuisine. IV. Santé 1. La Pyramide Sanitaire Le premier échelon de la pyramide sanitaire est représenté par les centres de santé communautaire (CSCOM), qui sont gérés par les Associations de Santé Communautaires (ASACO). Le CSCOM représente la formation sanitaire de premier niveau de contact entre le système sanitaire et le malade. Dans la région, sur une prévision de 128 CSCOM, seuls 78 ont été construits, soit un taux de réalisation de 61%. Le PRODESS prévoit que le niveau de qualification minimum requis pour diriger un CSCOM est celui de médecin. Cependant, dans la région de Mopti aucun CSCom n est dirigé par un médecin. Certains CSComs sont même dirigés par des aides soignants et, parfois, des infirmiers en retraite. Cet état de fait influe négativement sur la qualité des soins. Le deuxième échelon de la pyramide est représenté par le centre de santé de cercle. Il est le premier niveau de référence des centres de santé périphériques. Au niveau de la région de Mopti, sur les 8 centres de santé de cercle, la référence est organisée seulement dans trois centres. Le CSRéf se caractérise par l existence d un plateau technique (composé d un bloc opératoire, d un laboratoire d analyses), par la présence d un médecin à profil chirurgical, d une ambulance, d un système RAC et d une capacité d hospitalisation. Le troisième échelon de la pyramide est représenté par l hôpital régional. 2. La Couverture Sanitaire En avril 2002, la région de Mopti disposait de: 78 CSCOM 8 centres de santé de cercle dont trois de Référence (Djenné, Tenenkou et Koro) 1 Centre Médical Inter-Entreprise /Institut National de Prévoyance Sociale 1 infirmerie de garnison 1 centre de prise en charge des malades mentaux à Bandiagara 1 hôpital régional (l hôpital Sominé Dolo) 2 centres de santé confessionnels (à Koro) 4
15 Le tableau suivant donne la couverture sanitaire de la région de Mopti. Tableau 1.1 : Couverture sanitaire dans la région de Mopti Chef lieu de cercle Nombre d aires de santé prévues Nombre d aires de santé réalisées Pourcentage de réalisation Bandiagara ,9 Bankass Djenné Douentza Koro ,8 Mopti ,9 Tenenkou Youwarou ,1 Total Source : Annuaire statistique Région de Mopti Il ressort de l analyse du tableau, qu en terme d accessibilité géographique 39 % de la région reste à couvrir. La couverture est totale dans les cercles de Tenenkou et de Djenné, par contre, à Koro elle est faible (inférieure à 50%). a) Accessibilité géographique L accessibilité aux structures sanitaires est un réel problème dans la région de Mopti. Ceci s explique par la diversité physique du terrain qui est composé de falaises et de zones inondées et par l éloignement pour les populations de la plaine. Par rapport à la distance, 22% de la population de la région se trouve à plus de 15 Km d un centre de soins Ressources Humaines Le tableau suivant donne la situation du personnel sanitaire au sein de la région. On note une insuffisance du personnel au niveau des centres de santé et une inégale répartition du peu de personnel disponible entre les différentes localités. Tableau 1.2 : Répartition du personnel par niveau de qualification des CSCOM et des CSC Infirmier Diplômé d Etat Infirmier Premier Cycle 5 Matrone Gérant Autres Total Cercle Médecin Sage femme Technicien de santé Bandiagara Bankass Djenné Douentza Koro Mopti Tenenkou Youwarou Ensemble de la Région Source : Annuaire statistique Région de Mopti Un effort important a été fait par le Gouvernement à travers le recrutement du personnel au compte du financement PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Ceci pourrait contribuer à la stabilité du personnel au niveau des CSCOM et à l amélioration de la qualité des soins. Cependant, malgré tous ces efforts, au niveau communautaire le personnel sanitaire reste encore insuffisant. Ceci serait dû à la mobilité du personnel et à la difficulté de recrutement sur le marché. Le personnel social de la région composé de 8 administrateurs sociaux et de 10 techniciens de développement communautaire est insuffisant. Aucune structure sociale ne dispose de personnel de soutien (chauffeurs, secrétaires, manœuvres, etc.). 4 Source : Annuaire statistique Région de Mopti 5 Y compris les infirmières obstétriciennes. 5
16 V. Le Système de Production L économie de la région est basée essentiellement sur le secteur primaire. Ainsi les activités majeures sont l agriculture, l élevage et la pêche. La région possède 30% du cheptel national et produit environ t de poissons par an. Elle est la région pourvoyeuse de mil pour les régions Nord de Tombouctou, Gao et certaines régions du Burkina Faso. Cependant, le rôle des secteurs secondaires et tertiaires n est pas négligeable. En effet, à cause des richesses culturelles importantes (dont le Pays Dogon et Djenné classés par l UNESCO dans le Patrimoine Mondial), le tourisme et l artisanat deviennent des secteurs importants et porteurs. La région de Mopti se classe en première position en terme de recettes touristiques du pays. 1. L Agriculture La principale culture est celle des céréales : 40% de la superficie nationale en riz et 20% en mil et sorgho. La pêche constitue aussi une activité très importante pour la région. L existence de deux zones naturelles (inondées et exondées) fait de la région l une des plus importantes en ressources agricoles. Les surfaces cultivées sont estimées présentement à ha sur les ha du domaine agricole réglementaire de la région. Le nombre d exploitations agricoles est de réparties dans villages et 338 hameaux 6. a) Les zones de production agricole Dans la région de Mopti le système de production agricole est divisé entre trois grandes zones de formations naturelles : le Delta, le Seno et le plateau. A l intérieur de ces régions naturelles il faut distinguer plusieurs subdivisions agro-écologiques. Le Delta Cette zone occupe 46% de la superficie de la région et abrite 48% de la population. Elle renferme d énormes potentialités rizicoles, pastorales et piscicoles. Le delta est composé des subdivisions agro-écologiques suivantes : Delta sud : avec une pluviométrie annuelle allant de 450 à 650 mm est une zone de riziculture en submersion libre et contrôlée au niveau des petits périmètres irrigués villageois (PPIV). De plus en plus les cultures sèches, surtout de mil, s y pratiquent à grande échelle. La pêche est l une des activités dominantes avec l élevage. Delta Central : caractérisé par une pluviométrie annuelle de 350 à 450 mm, les sols y sont moins riches par rapport à ceux du Delta sud. Cependant les activités du type agro-sylvo-pastorales sont pratiquement identiques et rencontrent, à quelques variations près, les mêmes contraintes de fonctionnement. Le Seno Il est composé du: Séno-Koro, caractérisé par une pluviométrie annuelle de 350 à 450 mm. Les sols sont essentiellement sablonneux. Le système de production est du type agro-pastoral avec une prédominance des cultures sèches. Son relief est assez plat. Séno Bankass, avec un système de production également agro-pastoral. Cette zone est dominée par les cultures sèches de mil associé au niébé principalement. La pluviométrie annuelle est de l ordre de mm. Les sols sont sableux à limono-sableux. 6 DNAMR Mopti, Diagnostic Régional de la région de Mopti ; bilan annuel campagne agricole 2000/01 6
17 Le Plateau Dogon Il représente 11% de la superficie régionale et 15% de la population totale. La culture intensive du mil et le maraîchage y sont les activités dominantes. a) Production agricole Le tableau suivant donne les résultats des campagnes agricoles et Tableau 1.3. Réalisations des superficies, rendements et productions des cultures Superficies (ha) Rendement (kg/ha) Production (t) Cultures Mil ,1 Sorgho ,1 Maïs ,8 Niébé 7.327, , ,6 Fonio , ,5 Voandzou , , ,5 Oseille ,1 695,4 Arachide , , ,5 Dah fibre Sésame L Elevage La région de Mopti détient une forte proportion des effectifs du cheptel du pays. Les données des effectifs du cheptel en 1998 figurent dans le tableau suivant. Tableau 1.4 : Effectif du cheptel dans la région de Mopti Type de bétail Effectifs Caprins Ovins Bovins Asins Equins Camélidés Source : OMBEVI et DNSI, 1998 Malgré le faible degré de fiabilité des données statistiques, on considère que la région de Mopti possède 40% de bovins et 30% d ovins-caprins du cheptel national. Ceci fait de Mopti, la première région exportatrice de bétail avec un taux de 40% de l effectif total exporté. Economiquement le sous-secteur élevage est très dynamique et est devenu un créneau porteur depuis la dévaluation du franc CFA en Il se place en deuxième position au plan national, juste après le coton. La transhumance, spécifique et typique à la région de Mopti donne à l élevage une empreinte singulière. En effet, la transhumance basée sur un mouvement annuel et cyclique, fait de déplacements pendulaires pour l exploitation des ressources pastorales (pâturages, eaux de surface et zones de cures salées) a été mise en place de façon historique sous la Dina en Ainsi la transhumance se base sur les éléments importants suivants : Le déplacement en commun des troupeaux sous la conduite des bergers pour les déplacements aller et retour des pâturages de saison des pluies ; L existence de pistes de transhumance ou burti 7, d aires de repos des animaux ou billé 8 et de zones d abreuvement et de pâture ; L organisation programmée de la transhumance retour avec des parcours précis et des gués de passage reconnus. 7 Burti : mot peul, pluriel de bourtol, pour désigner les pistes de transhumance des animaux. 8 Billé : mot peul, pluriel de windé, désigne les aires de repos des troupeaux lors de la transhumance 7
18 En fonction de la dominance historique des peuls sur le delta, la trame foncière a essentiellement une préséance pastorale. Ainsi, l exploitation des bourgoutières se fait avec une forte préséance pour les autochtones du delta à travers le paiement d une redevance traditionnelle ou tolo, conditionnant l'accès aux bourgoutières. Dans le delta, les éleveurs, surtout allochtones (étrangers au delta) paient une somme importante chaque année pour l accès aux bourgoutières. Cette perception devenue de plus en plus anarchique est sous la coupe des principaux dioros 9, avec des complicités diverses. En tenant compte de la reprise favorable de la pluviométrie et de la crue depuis 1990, on constate une augmentation des effectifs du cheptel et un impact plus important de la transhumance sur le delta avec des troupeaux de plus en plus nombreux. Dans la zone exondée, l élevage est caractérisé par des facteurs plus ou moins contradictoires mais complexes : des agriculteurs riches qui font de l épargne en thésaurisant dans le bétail; des éleveurs devenus de plus en plus des gros producteurs agricoles; des pasteurs devenus pauvres, notamment des Peuls qui sont devenus des bergers salariés. En fonction de la pression humaine sur l espace, les parcours pastoraux ont été fortement réduits et poussés vers les portions congrues. Les parcours de transhumance (Séno-Haïré-Delta; Gondo- Seno Bankass Delta; Méma-Delta) ont tous des passages d animaux obstrués ou disparus. Cette situation touche tous les terroirs de la zone exondée. C est pourquoi il faudrait revoir la gestion des ressources pastorales de façon globale, en évitant de se limiter spécialement au delta. 3. La pêche Les domaines réglementaires pour la pêche sont de ha. La pêche occupe une place importante dans l économie régionale et même dans l économie nationale. Dans la région de Mopti, la pêche est pratiquée par deux catégories de pêcheurs 10 : Les pêcheurs professionnels de la zone de Diafarabé, les Somonos venus de la zone de Ké- Macina, Dioro qui émigrent vers le Delta et qui sont surtout caractérisés par leur grande mobilité; Les agro-pêcheurs qui, en plus de l agriculture, pratiquent également la pêche. La pêche a connu son essor dans les années 1960 avec un potentiel régional estimé à tonnes de poisson qui représentait 85% de la production nationale. Dans la même période 30 à 40 % de ce potentiel était perdu à cause des insectes ichtyophages, ce qui a nécessité la création de l Opération Pêche Mopti qui devait faire face à cette perte énorme à travers la recherche de produits insecticides. Cependant avec les années de sécheresse (1974 et 1984) ce potentiel a été réduit à tonnes. En 1999, avec l amélioration des conditions hydrologiques ce potentiel a atteint tonnes 11. Cette variation de la production suivant les conditions hydrologiques dénote toute l élasticité de la productivité. L absence de chaîne de froid dans la région a fait que 80 90% de la production était commercialisée sous forme transformée. La région de Mopti regorge d énormes potentialités sur le plan hydrologique. Le Delta central est arrosé par le fleuve Niger et le Bani avec ses différents affluents. On peut aussi noter la présence des lacs: Debo, Korienzé, Oro, Faty, Aoudoundo (Douentza). Dans les années 1960 on pouvait compter 114 à 137 espèces de poisson. Mais actuellement depuis la sécheresse de seulement 27 espèces se retrouvent dans les captures. 9 Dioro : mot peul, désigne le gestionnaire des pâturages et le chef des bergers. Fonction traditionnelle spécifique au delta intérieur du Niger. 10 Selon les informations reçues du responsable de l Unité Pêche du Centre Régional de la Recherche Agronomique 11 OPM,
19 Du point de vue organisationnel, on peut dire que, face à la poussée démographique, l introduction de nouveaux engins de pêche à grande échelle mettant en cause le renouvellement de stock dans le Delta, et le déficit hydrologique, il y a eu un départ des populations du Delta vers d autres localités: Sélingue, Manatali, et la Côte D ivoire. Les pêcheurs résidant dans cette zone ne respectent plus les droits coutumiers, ce qui crée toujours des situations conflictuelles. Face à ce problème crucial, l Unité de la Pêche compte apporter son appui au niveau régional à travers: La mise en place d'outils de prise de décisions : indicateurs environnementaux, indicateurs de pression de la pêche, indicateurs de croissance, modèle cartographique (évolution de la pêche) ; La mise en place de règles de gestion ; Une étude sur les conditions de renouvellement du stock dans le Delta suivant les différentes zones agro-écologiques. L OPM, de son côté, tente de donner un souffle nouveau à cette activité à travers l organisation du monde des pêcheurs en associations et dans le domaine de la commercialisation (65 groupements féminins en 1999). VI. Division Administrative et Décentralisation Mopti, 5 ème Région administrative a, comme les autres régions, suivi les changements du processus de décentralisation. Ainsi en dehors de l ancienne commune urbaine de Mopti, la mise en place des communes en 1999 a engendré, comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous, la situation suivante : 5 communes urbaines, 103 communes rurales, villages officiels recensés et 2 fractions. La majorité des communes rurales est située en zones classées pauvres. Tableau 1.5 : Organisation territoriale de la Région de Mopti Nombre de communes urbaines Nombre de communes rurales Nombre total de Population 12 Cercles Communes habitants Bandiagara Bankass Djenné Douentza Koro Mopti Tenenkou Youwarou TOTAL Population : Mission Décentralisation / Données de
20 CHAPITRE 2 : METHODOLOGIE DE L ENQUETE L étude sur la sécurité des conditions de vie et la vulnérabilité des ménages est un type d évaluation rapide qui utilise une gamme variée de techniques de collecte de données, notamment la recherche participative et l administration de questionnaires. Elle permet de fournir des évaluations compréhensives sur les aspects socioculturels, économiques et écologiques et les systèmes de vie et de survie des ménages d une communauté ou d une région donnée. Elle comble l écart entre les enquêtes formelles et les interviews non structurées. Ce type d enquête est développé pour pallier les insuffisances des autres méthodes liées, notamment, au temps nécessaire à la production des résultats et au coût élevé des enquêtes. De plus, les méthodes formelles d enquête permettent rarement le dialogue interdisciplinaire entre les enquêteurs, les planificateurs, les preneurs de décision et les bénéficiaires. La méthodologie de l enquête SCVM utilise également un ensemble de démarches complémentaires triangulant aussi bien les données quantitatives que qualitatives pour mieux saisir les dimensions multiples des conditions de vie des populations rurales et de leur vulnérabilité. L application de la méthodologie permet d obtenir, en un temps record, une mine d informations de première main sur la sécurité des conditions de vie actuelles des ménages. La base de données générée constitue une abondante source d informations pour les ONG et les partenaires au développement. Les interviews sont conduites par les enquêteurs eux-mêmes, aidés des personnes ressources du village. Ces interviews sont essentiellement non structurées et semi-directionnelles avec un accent mis sur l interaction enquêteur-enquêté. La procédure de collecte de données est donc dynamique et interactive, c est-à-dire que les enquêteurs évaluent les données collectées et reformulent les besoins et réadaptations nécessaires sur une base régulière. En résumé, les avantages principaux des études SCVM sont : 1) La rapidité : les résultats sont promptement mis à la disposition des preneurs de décisions. 2) L interdisciplinarité. 3) La participation des communautés à la recherche. 4) L image globale et fidèle de la situation locale qu elle présente. 5) Une interaction entre les enquêteurs et la population cible. L étude est menée en plusieurs étapes soigneusement articulées: collecte et revue de données secondaires relatives aux conditions de vie des ménages ruraux dans la région d étude; élaboration d instruments de travail (questionnaires, enquêtes dirigées, focus, matrices); choix d une équipe qualifiée d enquêteurs; formation de ces enquêteurs à la méthodologie, aux questionnaires quantitatifs et aux outils MARP; échantillonnages des villages et des ménages à enquêter; enquête principale; puis saisie, analyse et interprétation des résultats. I. Définition des Concepts 1. Sécurité des Conditions de Vie Les programmes de développement de CARE Mali s inscrivent tous dans le cadre de la Sécurité des Conditions de Vie des Ménages (SCVM). La SCVM désigne l accès approprié, équitable et durable aux moyens et ressources permettant aux ménages de satisfaire les besoins de base de leurs membres (nourriture, eau potable, santé, éducation, logement, participation communautaire et intégration sociale). Les ménages sont en sécurité quand leur bien-être est durable. Le bien-être comprend une sécurité alimentaire (en quantité et en qualité), une sécurité sanitaire et la possibilité de disposer de revenus pour subvenir aux besoins de base. Par ailleurs, ce bien-être doit être accessible de façon équitable à tous les membres du ménage sans distinction de sexe, d âge ou de fonction. 10
21 Les systèmes de vie englobent les moyens, les processus de production et d échange, les stratégies de consommation et de gestion des ressources. Les ressources de base et l environnement physique et social déterminent le caractère singulier des composantes d un système de vie. Par conséquent, le caractère cyclique de certaines activités pratiquées par les populations rurales pour satisfaire leurs besoins dans des conditions normales, peuvent être différentes des activités qu elles pourraient être amenées à exercer en temps de crise. Les conditions de vie des ménages ne sont pas statiques : elles fluctuent d une saison à une autre et d une année à une autre. La sécurité alimentaire, par exemple, peut revêtir un caractère irrégulier ou chronique. Compte tenu du caractère fluide de ces conditions, des scénarii d interventions doivent être disponibles et prêts à être utilisés pour faire face à des circonstances variées et changeantes auxquelles doivent faire face les ménages. Les différents domaines de la sécurité des conditions de vie des ménages sont : la sécurité alimentaire, la sécurité économique, la sécurité de l éducation, la sécurité sanitaire, la sécurité de l habitat, la sécurité environnementale et la participation communautaire et communale. 2. Sécurité alimentaire La sécurité alimentaire est définie par la Banque Mondiale (1986) comme l accès de tout peuple, à tout moment, à une nourriture suffisante pour une vie active et saine. Cette notion s articule autour de quatre concepts fondamentaux : Accessibilité: capacité des ménages à acquérir une alimentation adéquate là où ils résident et quand ils en ont besoin. Autosuffisance nutritionnelle: il ne s agit pas seulement d acquérir la nourriture en quantité, mais il faut aussi que la qualité de cette nourriture soit assurée pour une vie active et saine. Sécurité: minimisation des risques liés à l acquisition de la nourriture. Continuité dans le temps : le caractère saisonnier de la production en milieu rural n assure pas souvent une consommation continue. Quelques mois après les récoltes, les paysans sont souvent en situation d insécurité alimentaire. La nourriture doit être adéquate en termes de quantité et de qualité pour constituer une alimentation susceptible de satisfaire les besoins nutritionnels des membres du ménage. Cette nourriture doit être culturellement acceptable et équitablement répartie. L accès stable à la nourriture est assuré à travers des mécanismes variés qui permettent aux ménages de se la procurer au cours de l année et pendant les périodes de pénurie. L accès durable suppose que les moyens d obtenir la nourriture de façon permanente et dans le long terme soient en adéquation avec quatre facteurs : une utilisation rationnelle et durable des ressources de base, le maintien de la base productive, le respect de la dignité humaine et la prise en compte de l ensemble des besoins des ménages, dont l autosuffisance alimentaire. Un certain nombre d indicateurs permettent de mesurer la sécurité alimentaire : les mois d auto approvisionnement du système primaire de bien-être, la production de denrées de base, l efficacité des stratégies de survie, la diversité des repas, la disponibilité calorique per capita, une consommation alternative (ex. Nombre de plats/jour), et l état nutritionnel général. 3. Sécurité Economique Les activités génératrices de revenus permettent aux populations d obtenir du cash pour satisfaire les besoins du ménage (alimentation, habillement, santé, etc.) Elles permettent également l épargne et par-là même, un accès au crédit et aux services financiers, permettant ainsi leur propre accroissement et / ou diversification. Ces activités génératrices de revenus sont souvent saisonnières et très différentes entre les hommes et les femmes. L état de la sécurité économique peut être mesuré par le flux positif des revenus. La sécurité du système de production utilisé par les ménages détermine le niveau de sécurité économique. Les 11
22 types d indicateurs à prendre en considération sont, entre autres, le bilan des revenus et des biens, la possession de terre par ménage et par tête selon le sexe et l âge. 4. Sécurité de l Education La sécurité de l éducation signifie un accès équitable à l éducation des enfants et des adultes. Plusieurs indicateurs sont disponibles pour mesurer cette sécurité : disponibilité d écoles et d enseignants, accès aux établissements, qualité de l enseignement et utilisation des diplômes (débouchés professionnels). L état de la sécurité de l éducation peut être mesuré par le taux de scolarisation et de rétention selon le sexe et par l alphabétisation. La sécurité de l éducation revêt une importance particulière notamment en ce qui concerne la scolarisation de la jeune fille et l alphabétisation, les activités génératrices de revenus, l organisation des groupements communautaires et le renforcement organisationnel et institutionnel de ces groupements. 5. Sécurité Sanitaire D après le cadre conceptuel de CARE, la sécurité sanitaire est atteinte quand les individus et les ménages sont capables d identifier, prévenir et gérer les risques majeurs relatifs à leur santé, avec des techniques sanitaires optimales, dans le respect des normes communautaires et sociales, des institutions compétentes et efficaces et des politiques sanitaires appropriées. En utilisant le cadre conceptuel de la SCVM, les causes de l insécurité sanitaire peuvent être liées à l une ou l autre, ou à la combinaison, des conditions suivantes : a) L insécurité alimentaire, b) La faiblesse des services de santé (absence de moyens, accessibilité pour les populations), c) L absence de soins et d attention aux populations vulnérables comme les femmes et les enfants, d) Le manque de revenus ou de système alternatif pour le paiement des soins de santé. Les indicateurs qui permettent de mesurer la sécurité sanitaire sont, entre autres : l accès au service de santé, à l eau et aux latrines. L état de sécurité sanitaire des populations est mesuré par la fréquence des problèmes respiratoires et des diarrhées, le taux d immunisation, le taux de malnutrition et l espacement des naissances. Les revenus disponibles, les connaissances aptitudes et pratiques en matière de santé ainsi que la sécurité alimentaire peuvent déterminer dans une large mesure l état de santé et de bien-être des populations. 6. Sécurité de l Habitat La sécurité de l habitat est définie comme l accès adéquat à l abri et aux ressources y afférentes (chauffage, énergie, eau) pour un environnement sain et la protection contre les agressions nuisibles de l environnement. 7. Sécurité Environnementale C est la capacité d utilisation et d organisation des ressources naturelles et environnementales, pour assurer leur accès et disponibilité équitable. 8. Participation Communautaire et Communale La participation communautaire se rapporte à la participation et contribution du ménage à la vie socioculturelle et économique du village. La participation communale, quant à elle, est relative à la prise de décision démocratique par tous les citoyens de la commune, au développement de cette dernière. Au Mali, la décentralisation est effective depuis juin 1999 et les communes, par le biais de leur conseil communal élu, sont désormais en charge du développement local. 12
23 II. Stratégies de Vie et de Survie La sécurité des conditions de vie des ménages se définit, de manière générale, comme une situation d accès durable et approprié aux moyens et ressources qui permettent à un ménage de satisfaire ses besoins fondamentaux en matière de nutrition, de santé, d éducation, de logement et de développer ses capacités à participer aux activités sociales et communautaires. Dans le contexte social malien, le ménage est considéré comme la principale unité de production. Pour faciliter l identification, le terme "ménage" désigne une unité de consommation, de production et de logement. En d'autres termes, il s'agit d'un ensemble d'individus qui vivent sous le même toit, partagent l'essentiel de leurs repas ensemble, reconnaissent l'autorité d'une personne (chef de ménage) et mettent en commun le fruit de leur production. Un ménage tentera de satisfaire directement ses besoins nutritionnels en ayant accès à, et en développant une stratégie productive basée sur un ensemble de systèmes de production ; ce même ménage pourra indirectement satisfaire ses besoins grâce à des activités génératrices de revenus et des réseaux sociaux de soutien. Manifestement, tous les ménages ont toujours à leur disposition différents moyens et activités leur permettant d atteindre la sécurité alimentaire. Ce sont les stratégies de vie. Dans le cadre des études SCVM réalisées par CARE, l insécurité alimentaire est constamment citée comme étant l une des contraintes majeures qui influent sur les conditions de vie en zone agricole et pastorale, bien que d autres préoccupations liées aux conditions de vie puissent survenir dans l établissement des contraintes prioritaires du ménage. Les productions agricole et pastorale dans le Sahel ont été sans doute, de tout temps, une entreprise incertaine et les ménages ont adopté en conséquence, ce qu il est convenu d appeler des stratégies d adaptation pour gérer cette précarité. Les méthodes traditionnelles d adaptation aux incertitudes ont été classées en pratiques permettant de minimiser les risques et en mécanismes de gestion des pertes. Les stratégies permettant de minimiser les risques sont la production et les ajustements dans l utilisation des ressources pendant la campagne de production. Les stratégies de vie sont un ensemble d activités et de démarches pour satisfaire les besoins fondamentaux en temps normal. Les stratégies de survie diffèrent des stratégies de vie par le fait qu elles sont déployées en période de crise. Face à un environnement défavorable et peu productif, les ménages développent une gamme de stratégies pour assurer leur survie, comme par exemple: L extension des superficies cultivées en zone agropastorale, où la jachère est encore observée, sur des terres marginales. L association et le mélange de cultures en zones agricole et agropastorale comme alternative à l absence de terres de culture et arme contre la sécheresse. La diversification des activités agricoles (petit élevage, culture de contre-saison). La constitution de réserves de sécurité dans les zones présentant un certain niveau de vulnérabilité. Les activités génératrices de revenus. L émigration saisonnière. Parmi d autres stratégies souvent mises en œuvre, mentionnons la collecte et l utilisation de plantes sauvages, les échanges et prêts inter-ménages, les crédits, la rationalisation de la consommation alimentaire, la vente de biens, de bois et d animaux reproducteurs, la vente de moyens de production (terre, capital cheptel) et la subdivision du ménage. Une compréhension des stratégies de survie des ménages est essentielle dans la conception et l exécution des interventions. Les stratégies de vie et de survie s'inscrivent dans un continuum évoluant de celles adoptées pour gérer les pressions mises sur les ressources du ménage à celles utilisées pour faire face aux chocs 13
24 importants. On distingue en général 3 principaux stades : le premier stade, au cours duquel les ménages ont recours à des pratiques de réduction des risques et de gestion des pertes, qui se traduisent par un faible engagement des ressources du ménage, permettant ainsi un redressement rapide après la crise. Le deuxième stade nécessite un engagement plus important des ressources du ménage pour satisfaire les besoins vitaux, ce qui rend plus difficile le retour à la situation précédant la crise. Le dernier stade représente l incapacité à s adapter et entraîne le dénuement et la migration. III. Pauvreté et Vulnérabilité La pauvreté et la vulnérabilité des ménages sont des concepts théoriques différents, mais dans la réalité des ménages les plus vulnérables, tous ces concepts se recoupent, c est-à-dire que généralement les ménages les plus pauvres sont également les plus vulnérables. La pauvreté est généralement évaluée, aussi bien en termes absolus qu en termes relatifs, par les revenus des ménages et/ou les biens de consommation et/ou les dépenses des ménages. Les limites d une telle mesure ont été mises en évidence par les dimensions multiformes de la pauvreté. La capacité des individus est influencée par une série de facteurs (besoins de base, emploi, éducation, santé, etc.), mais aussi les opportunités offertes par le milieu ainsi que la solidarité qui accompagne les crises. La pauvreté est une mesure sur une période précise, c est un concept statique. Les pauvres sont parmi les plus vulnérables, mais tous les vulnérables ne sont pas pauvres, surtout si on introduit les concepts de marginalisation ou d exclusion sociale qui ne sont pas forcément basés sur des critères de richesse mais plutôt sur des facteurs ethniques, religieux ou de genre. Pour appréhender les aspects multidimensionnels des changements socio-économiques du bienêtre des populations, il faut introduire la notion de vulnérabilité. Comment les ménages affrontent-ils les difficultés économiques et quelle est l efficacité et la pertinence des stratégies adoptées? Quels sont les autres facteurs qui diminuent ou augmentent la capacité des pauvres à répondre aux conditions créées par l environnement externe? Les réponses à ces questions permettront de préciser la notion de vulnérabilité. La vulnérabilité est une notion plus dynamique qui prend en compte les stratégies d adaptation et de changement et qui introduit la sécurité du bien-être des ménages, la survie de ces ménages et la prise de conscience de l état de pauvreté. Le concept de vulnérabilité n a pas été rigoureusement défini ou opérationalisé. De plus, eu égard à la non-clarté du concept dans un contexte socioéconomique et un environnement changeants, les indicateurs de vulnérabilité sont souvent difficiles à définir. Les changements environnementaux qui influent sur le bien-être des ménages peuvent être écologiques, économiques, sociaux ou politiques, et peuvent prendre la forme de chocs immédiats, de problèmes structurels ou conjoncturels ; les risques peuvent être permanents pour les communautés de base. L analyse de la vulnérabilité implique l identification des problèmes, mais aussi les possibilités d exploiter les opportunités et les résistances aux effets négatifs de l environnement changeant. Les moyens de résistance sont les capacités que les individus, les ménages et les communautés peuvent mobiliser face à une situation difficile. La vulnérabilité est liée aux moyens dont disposent les ménages ; plus les ménages ont des moyens d autosubsistance ou d adaptation, moins ils sont vulnérables, a contrario, plus les moyens et possibilités sont limités ou érodés, plus grande est leur insécurité. La vulnérabilité ne caractérise pas seulement les individus, mais aussi les ménages et les communautés. La vulnérabilité: un concept pour comprendre les stratégies de vie des ménages La population rurale du Mali vit dans une forme de précarité prononcée, d où un nombre élevé de stratégies de vie adoptées par les ménages en vue de satisfaire les besoins de base qui peuvent être multiples et parfois mal appréciés à leur juste valeur : l eau, la nourriture, l éducation, la santé, l habitat et la participation à la vie sociale et culturelle. L approche au niveau du ménage est justifiée par l hypothèse qu une famille qui n arrive pas à satisfaire ses propres besoins fondamentaux restera 14
25 plus préoccupée par sa situation personnelle que par des actions ou réponses au niveau collectif. La vulnérabilité est conçue comme «un écart par rapport à un accès garanti et suffisant aux besoins fondamentaux de tout être humain», écart qui n affecte pas de la même façon tous les ménages d une communauté ou d une zone géographique. Il faut noter également que la vulnérabilité peut être due à des causes structurelles, puisque les individus d un même ménage peuvent présenter des niveaux de vulnérabilité différents. Le tableau 2.1 ci-dessous caractérise les différents types de ménages, définit leur situation et propose des interventions appropriées. Tableau 2.1 : Dynamique de la vulnérabilité Pauvreté absolue Vulnérabilité P Situation des ménages Caractérisation de la situation des ménages Les ménages en crise n ont Situation des Les Les ménages Les Les ont accès à pas accès aux ressources mén certaines mén mén ressources essentielles, services C ou age essentielles, age services age ou moyens. ar s en moyens. s s cris ont ont Les biens productifs ont a été e Les biens acc productifs acc sont liquidés et les capacités ct n on insuffisants ès à ou ès inexistants ; d adaptation des ménages t les risques cert liés aux à la perte de sont épuisées. ces biens sont néanmoins R approvisionnement importants; les stratégies de protection vie/survie ont évité la situation de pénurie absolue. Les ménages ont accès aux ressources essentielles, ainsi qu'aux services et moyens. Les biens productifs sont nécessaires et suffisants. Il faut intensifier et développer la production. Réponses à apporter approvisionnement protection et promotion et aide a court terme réhabilitation développement On observe en général 3 classes de vulnérabilité recensées dans les études SCVM: Les ménages très vulnérables (classés 1, dans la méthodologie SCVM): ces ménages ont perdu leurs biens productifs essentiels et les stratégies de substitution n offrent qu une réversibilité partielle ou faible; ces ménages ont des systèmes de vie basés sur la précarité et la survie des membres du ménage dans tous les domaines (santé, habitat, capital social, sécurité alimentaire et éducation). Les biens de productions essentiels ne sont pas disponibles au niveau du ménage et la consommation est uniquement axée sur l alimentation. Les ménages moyennement vulnérables (classés 2, dans la méthodologie SCVM): ces ménages sont affectés par les crises mais ils recouvrent leur niveau précédent de sécurité de vie sans trop de difficultés. Ces ménages ont pu consommer la totalité de leurs stocks alimentaires et vendre des petits ruminants, mais d une façon générale, ils ont pu préserver leurs biens productifs. Les ménages peu vulnérables (classés 3, dans la méthodologie SCVM): ces ménages font face aux crises sans conséquence réelle sur leur sécurité alimentaire. En fait, ils peuvent même tirer profit des crises de par leur disponibilité monétaire (achat de biens de production à prix bradés, crédits, etc.) ou par effet d entraînement économique (emploi de main d œuvre, etc.). Il est cependant important de se rappeler que la catégorisation des ménages en trois classes de vulnérabilité peut occulter les disparités sociales importantes comme la vulnérabilité différentielle entre hommes et femmes, première ou deuxième épouse, personne de caste ou les risques d un glissement d une catégorie à une autre, notamment de la catégorie 2 vers la catégorie 1. Cette 15
26 division entre ménages a pour principal intérêt de montrer les différents aspects que revêt la précarité des conditions de vie et la vulnérabilité des ménages. IV. Opérationalisation du Concept de Vulnérabilité Ainsi que dit plus haut, il n existe pas de définition précise de la vulnérabilité. L équipe arrivant dans le village définit, pour la communauté, la vulnérabilité comme étant : "la capacité (ou l incapacité) du ménage à surmonter un choc et la capacité (ou l incapacité) à recouvrer son niveau initial". Un choc peut être dû à un cataclysme naturel, à un coup d état ou à un bouleversement économique important. Il peut également s agir de la mort du chef de ménage ou de la perte d un emploi. Une fois les explications données, les enquêteurs demandent à la communauté de citer des critères de vulnérabilité pour leur communauté et de donner également les paliers ou niveaux de ces critères différenciant les trois catégories de vulnérabilité. Ces derniers sont cependant beaucoup plus difficiles à déterminer. Les critères et les paliers peuvent varier d une communauté à une autre puisqu ils sont dépendants des conditions de vie de cette communauté qui elle-même s adapte à la zone dans laquelle elle vit et produit. Cette méthode a l avantage de mettre en relief les problèmes prioritaires des ménages, notamment des plus vulnérables, en cas de chocs, et permet l orientation de certaines interventions. Une fois les indicateurs de vulnérabilité déterminés, l équipe fait, avec la communauté, le recensement de tous les ménages du village classés chacun selon sa catégorie de vulnérabilité. V. Plan de sondage La base de sondage disponible était constituée de la liste des villages répartis par arrondissement et cercle. Elle donne la population totale des villages et diverses informations cartographiques sur le positionnement du village (latitude et longitude). Compte tenu de la diversité des systèmes de vie, nous avons retenu les zones agro-écologiques comme critère de stratification, ainsi chaque arrondissement a été reparti entre 5 différentes zones agro-écologiques. En effet, les conditions de vie des ménages sont fortement influencées par l environnement naturel dans lequel ils vivent, et mènent leurs activités de production. Les 5 zones agro-écologiques retenues sont : le delta, le Plateau, le Seno, la zone lacustre et le Gourma. Un plan de sondage à trois degrés a été appliqué : ƒ ƒ ƒ au premier degré : les arrondissements ont été tirés avec probabilité proportionnelle à la taille : 3 arrondissements à peu près dans chaque strate ; au deuxième degré : les villages ont été tirés dans chacun des arrondissements sélectionnés (deux villages à peu près par arrondissement) au troisième degré : les ménages ont été sélectionnés en tenant compte des quotas de représentation des différents niveaux de vulnérabilité et des femmes chefs de ménage. Cette dernière sélection a été effectuée sur le terrain par les équipes d enquêteurs. 1. Les zones agro-écologiques ou Strates a) Le Delta: c est la zone inondée de la région avec une superficie d environ km2. Les systèmes de production sont basés sur l agriculture (principalement la production du riz, mais aussi du mil et du sorgho), la pêche, qui est pratiquée le long du fleuve et dans les mares par les Bosos, et l élevage transhumant. C est la zone la plus diversifiée culturellement, on y rencontre des bambara, Sarakolé, Peul, Boso, etc.. Elle couvre les cercles de Djenné, Téninkou, Youvarou et Mopti. b) Le Plateau: c est une zone de falaise, regroupant le cercle de Bandiagara et la partie montagneuse des cercles de Koro et Bankass. C est une zone très homogène culturellement, dominée par les Peuls et les Dogons. Le système de production est essentiellement basé sur l agriculture (mil, sorgho, produits maraîchers, arbres fruitiers) et l élevage (ovins, caprins et équidés). Elle couvre une superficie d environ km2. 16
27 c) Le Seno : c est une vaste étendue de plaine qui s étend sur une partie des cercles de Koro, Bankass et Douentza. Les principales ethnies qui y sont présentes sont les dogons et les peuls. d) La zone lacustre : elle couvre les cercles de Korientzé et une partie du cercle de Douentza (l arrondissement de N Gouma) e) Le Gourma : il couvre une partie du cercle de Douentza (Hombori). Les systèmes de production sont basés principalement sur une économie pastorale. On trouve cependant, des cultures vivrières extensives, pluviales et localement intensives, notamment la culture du mil qui y est importante. 2. Tirage des Ménages Dans chacun des villages sélectionnés, le tirage des ménages à enquêter a été fait de façon proportionnelle à la répartition des niveaux de vulnérabilité et au sexe du chef de ménage. Le tableau 2.2 présente l échantillon des villages ainsi que le nombre de ménages enquêtés dans chaque village. Tableau 2.2: Échantillon des communes et villages tirés pour l enquête SCVM de Mopti STRATE CERCLE COMMUNE VILLAGE NOMBRE DE MENAGES A ENQUETER DELTA DJENNE NEMA PAYABA MARKA 25 BADENYAKAFO BOZOLA 25 YOUVAROU FARIMAKE SELINGOUROU 25 KORA 25 DEGUE 25 TENINKOU OURO ARDO GANDE KORBO 25 DIERMA 25 DIAKA MAYATACE 25 TOTAL 200 PLATEAU BANDIAGARA DOUROU KOKOUROU 25 BENIOUMA HAIRE 25 WADOUBA DONNOU-NADOLY 25 MENE-MENE 25 TIMIRI NENE-FOULBE 25 BARA SARA KOMO 25 TOTAL 150 SENO BANKASS LESSAGOU HABE TAMA KIKILE BANKASS SOGORA 25 BOUNDOU-SAMBA 25 DOUENTZA HAIRE TANDI 25 LORO FOULBE 25 TOTAL 150 LACUSTRE DOUENTZA DJAPTODJI MBEBA 30 SEGUE 30 GOURMA DOUENTZA HOMBORI GALLOU 30 GARMI 30 TOTAL 120 GRAND 620 TOTAL 17
28 VI. Les Outils de Collecte L'étude a utilisé une combinaison d'approches quantitatives et qualitatives. 1. Les Outils Quantitatifs Trois types de questionnaires ont été administrés: le questionnaire ménage, le questionnaire sanitonutritionnel et le questionnaire communautaire (Annexe 1). Le questionnaire communautaire contient des informations générales sur le village en terme de population (nombre d habitants, de ménages) et d'infrastructures (routes, écoles, centre de santé, etc.) ainsi que des informations sur la migration et sur la santé au niveau du village. Il est généralement rempli en interviewant des personnes ressources du village, désignées par la communauté. De nombreuses informations de ce questionnaire sont collectées en utilisant les outils MARP : carte des ressources du village, carte sociale, diagramme de Venn, etc. Le questionnaire ménage comporte différentes sections : recensement des membres du ménage, exode, activités pratiquées par les membres du ménage, équipements productifs et biens du ménage, exploitation agricole pour la campagne 2001, utilisation et répartition de la production, cheptel, stratégie de vie et de survie. L entretien est fait en privé avec le ménage concerné. Pour ce faire, on interroge généralement, mais pas uniquement, le chef de ménage (homme ou femme). Cet entretien est long (plus de 2 heures) et il nécessite l accord total des répondants car y figurent de nombreuses informations que la plupart des ménages sont réticents à livrer (possessions, revenus, etc.) Le questionnaire sanito-nutritionnel comporte des informations sur l'état sanitaire et nutritionnel des enfants de moins de 5 ans, l'alimentation du ménage, la fréquentation des centres de santé par le ménage et la fécondité. Tous les enfants de moins de 5 ans présents dans les ménages enquêtés sont pesés et mesurés afin d avoir des informations sur leur état nutritionnel, généralement très lié à la vulnérabilité. Des questions sur l allaitement, le sevrage, les vaccinations et les maladies sont également posées aux mères ou à la personne en charge de l enfant. Il a été déterminé qu il faut avoir au moins 40 enfants pesés et mesurés par village pour assurer la qualité de l information. Quand ce nombre n est pas atteint au sein des ménages sélectionnés d un village, les équipes d enquêteurs vont rechercher le complément d information auprès d enfants de ménages de même catégorie de vulnérabilité. 2. Les Outils Qualitatifs Les outils qualitatifs sont constitués d'entretiens avec des Focus groups, suivi de l'analyse des indicateurs de vulnérabilité déclarés et de l'analyse des flux de revenus dans le ménage (ressource - emploi) a) Focus group : des entretiens sur certains thèmes (la participation communautaire, la femme, les AGR, les droits, les stratégies de vie et de survie). Les participants à ces entretiens sont sélectionnés selon la connaissance des thèmes à débattre. b) Indicateurs de vulnérabilité: les critères de vulnérabilité sont donnés par les populations (informateurs clés) qui, à partir de cette liste, classent tous les ménages du village en différents niveaux de vulnérabilité. Les étapes de la collecte Les étapes suivantes sont suivies lors du travail de terrain: Identification des informateurs clés : 5 à 6 personnes ressources ont été choisies dans le village. Elles ont pour rôle: l'identification des personnes éligibles pour les focus, la définition des critères 18
29 de vulnérabilité, l'identification et la classification des ménages en fonction du niveau de vulnérabilité. Définition des indicateurs de vulnérabilité et classification des ménages selon trois catégories de vulnérabilité (très vulnérable, moyennement vulnérable et peu vulnérable) Sélection aléatoire d'un échantillon de ménages dans chaque strate de vulnérabilité (très vulnérable, moyennement vulnérable et peu vulnérable) proportionnellement à son poids respectif dans le village. Enquête quantitative: les informations sur le ménage sont fournies par le chef de ménage ou son épouse. Entretiens qualitatifs Restitution des résultats: avant de quitter le village une séance de restitution est organisée. Cette activité vise à mieux faire participer le village dans le processus. La saisie et l exploitation statistique des données a été faite par deux équipes basées à Koro et Djenné et qui saisissaient les questionnaires au fur et à mesure qu ils rentraient du terrain. La saisie des données a été effectuée sous le logiciel ISSA, et l analyse avec SPSS. VII. Vulnérabilité Déclarée par les Communautés Ainsi que précisé plus haut, chaque communauté établit une liste d'indicateurs qu elle considère comme étant ceux définissant le plus la vulnérabilité. Ce qui est présenté dans ce document est donc une analyse basée sur la vulnérabilité déclarée. Le graphique 2.1 présente les principaux indicateurs cités pour chaque strate ainsi que leur fréquence. Dans certains cas, des critères donnant la limite entre les 3 niveaux de vulnérabilité ont pu être donnés par les personnes ressources du village (exemple: nombre de têtes de bovins possédés pour être classés parmi les peu, les moyennement ou les très vulnérables), mais la plupart du temps la quantification de telles informations reste difficile à faire. Graphique 2.1 : Poids des principaux indicateurs de vulnérabilité selon la strate % de villages DELTA PLATEAU SENO LACUSTRE GOURMA Zones agro-écologique Exode Equipement agricole Main d'œuvre Cheptel Les indicateurs de vulnérabilités les plus souvent déclarés dans les différentes strates sont: la main d œuvre, l exode, l équipement agricole et le cheptel. La production agricole et le stock de la production apparaissent aussi comme indicateur dans certains villages. L exode est perçue le plus souvent comme un facteur de prospérité dans l ensemble des zones. Cependant dans le village de Gallou (situé dans le Gourma) l exode est considérée comme une caractéristique des ménages les plus vulnérables. 19
30 La main d œuvre est un facteur important dans la vulnérabilité, selon les communautés. Elle ressort dans l ensemble des zones comme indicateur de vulnérabilité. D après la catégorisation établie, les ménages les plus vulnérables possèdent très peu de bras valides: «seul le chef de ménage peut travailler»(déclaration d un village de la zone lacustre); «aucun bras valide dans le ménage, le chef de ménage ne peut pas aller en migration» (déclaration d un village du Seno). La possession des équipements agricoles est vue également comme un facteur de différentiation de la vulnérabilité, mais moins cité que la main d œuvre. Les plus vulnérables sont perçus comme ceux possédant des équipements rudimentaires et en quantité faible, ce qui a des répercussions sur le niveau de la production agricole. Les équipements le plus souvent cités sont: la charrue, la charrette, les animaux de trait, la daba. Les très vulnérables ne possèdent pas d équipements, ils travaillent souvent pour les autres pour bénéficier de leur équipement» (Un village du Delta). Le cheptel apparaît aussi dans l ensemble des strates comme un facteur de différentiation entre ménages très vulnérables et peu vulnérables. Il semble cependant plus important dans le gourma et dans la zone lacustre relativement aux autres zones. Selon les classifications établies, les très vulnérables le plus souvent ne possèdent pas de cheptel, tandis que les moins vulnérables possèdent des petits et des gros ruminants et en quantité importante. 20
31 CHAPITRE 3 : CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DES MENAGES, DE LA POPULATION ET PHENOMENES MIGRATOIRES L enquête sur la sécurité des conditions de vie dans la région de Mopti a permis de collecter des informations sur les ménages et les populations à l intérieur de ceux-ci. Dans le présent chapitre, nous donnons un aperçu des caractéristiques des ménages de la région ainsi que celles de la population des ménages, ensuite nous étudierons les mouvements migratoires de la population. I. Caractéristiques des Ménages Le ménage a été défini comme : «toute unité de production, consommation et habitat». A ce titre, le ménage désigne un ensemble de personnes apparentées ou non, vivant sous le même toit, partageant l essentiel de leurs repas ensemble, produisant ensemble ou mettant en commun le fruit de leur production. Le ménage est dirigé par un chef de ménage qui sera généralement le plus âgé ou le plus influent. Dans cette section, nous examinons les caractéristiques des ménages ainsi que le profil de leur vulnérabilité. 1. Caractéristiques socio-démographiques des ménages Comme le montre le tableau suivant, les ménages sont principalement concentrés dans la zone du Delta 13 (41%), ceci à cause des opportunités économiques beaucoup plus importantes offertes par cette zone et qui en font un pôle incontournable des mouvements de population. En effet, le Delta est un milieu très favorable à la riziculture et à la pêche. Sa situation favorise également les échanges économiques grâce, notamment, au réseau de transport fluvial qu on y trouve (bateau, pinasse, pirogue). Le Seno et le Plateau ont respectivement 29% et 21% de la population de la région, viennent ensuite le Gourma et la Zone Lacustre avec respectivement 5% et 4% des ménages de la région. Tableau 3.1 : Répartition des ménages selon la strate et le niveau de vulnérabilité, l activité principale et la taille moyenne Effectif des % ménages Strate Delta 41,3 256 Plateau 20,7 128 Seno 28,4 176 Lacustre 4,2 26 Gourma 5,4 33 Vulnérabilité Très vulnérable 53,7 332 Moyen vulnérable 28,8 178 Peu vulnérable 17,5 108 Activité principale duagriculture 82,4 510 ménage Elevage 8,5 53 Artisanat 3,5 22 Autre 5,6 34 Taille moyenne des ménages 9,3 Ensemble 100,0 618 Le niveau de vulnérabilité a été défini par chaque communauté, de même que le classement des ménages dans les différentes catégories de vulnérabilité. Il ressort de cette classification, que plus de la moitié (54%) des ménages ont été déclarés comme très vulnérables, ce qui est une proportion très élevée, indiquant de façon certaine, le faible niveau de développement de la région. Les ménages moyennement et peu vulnérables représentent respectivement, 29% et 18% de l ensemble des ménages. La taille moyenne des ménages de l enquête est relativement élevée, elle est de 9,3 13 Pour cette analyse et toutes celles qui suivent, les données ont été pondérées afin de tenir compte de la répartition proportionnelle par strate au sein de la population totale. 21
32 personnes en moyenne, ce qui est, selon les communautés un indicateur de plus grande capacité de résistance aux chocs à travers la main d œuvre qu elle procure. L occupation principale du ménage a été définie pendant l enquête comme celle occupant le plus de personnes du ménage et/ou assurant la majeure partie du revenu du ménage. On note que l écrasante majorité des ménages vit principalement de l agriculture (82%). L élevage occupe la seconde place avec 9% des ménages, ensuite vient l artisanat avec 4% et le «maraboutage/tradipraticien» qui est exercé par 3% des ménages. Le tableau 3.2 nous renseigne sur les caractéristiques des chefs de ménages. Dans la région de Mopti, la majorité des ménages sont dirigés par les hommes(89%), on distingue quelques ménages dirigés par les femmes (11%). Ces proportions sont sensiblement les mêmes que celles du niveau national (EDSM-2001). Les ménages dirigés par les femmes sont généralement des ménages dont la situation socio-économique est la plus précaire. Nous les étudierons plus en détail dans les pages qui suivent. Tableau 3.2 : Caractéristiques des chefs de ménages Effectif des % ménages Sexe du CM Masculin 88,7 549 Féminin 11,3 70 Occupation principaleagriculture 69,1 427 du CM Elevage 6,6 41 Marabout 3,2 20 Artisanat 3,9 24 Commerce 2,9 18 Tisserand/cordonnier 1,8 11 Autre 2,0 13 Travaux ménagers 1,4 8 Aucune 4,8 30 ND 4,3 27 Caste Forgeron 4,1 25 Cordonnier/Tisserand 1,8 11 Griot 1,5 9 Esclave 20,8 129 Noble 71,8 444 Statut matrimonial ducélibataire 7,1 44 CM Marié monogame 60,5 374 Marié polygame 21,0 130 Veuf(ve) 10,5 65 Divorcé(e) 0,8 5 Ensemble 100,0 618 L occupation principale d un individu du ménage a été définie comme celle occupant le plus de temps de l individu ou lui procurant le plus de revenus. On note que la majorité (69%) des chefs de ménages exercent l agriculture comme activité principale, suivie de l élevage (7%). Les chefs de ménages n exerçant aucune activité, sont aussi importants (5%). La caste est un groupe social attaché à des mœurs et à ses privilèges et qui exclut toute personne étrangère. L intérêt de la caste dans les études SCVM, réside dans le fait que des discriminations peuvent exister selon la caste. Au Mali, il existe plusieurs castes, qui sont des groupes spécialisés autour d une activité économique donnée. Par exemple la caste des forgerons, des cordonniers, etc. Les relations de mariage ne sont pas possibles entre nobles et hommes de caste par exemple. Le système de caste a pris racine dans le passé, avec la structuration de la société. Les données du tableau 3.2 révèlent que les nobles sont les plus nombreux (72%) suivi des ex-esclaves (21%), composés entre autres de Bellah et de Rimaïbé groupes respectivement attachés aux Tamacheks et 22
33 Peulh. On note aussi la présence de forgerons (4%), cordonniers/tisserands encore appelés Garangués (2%) et de griots, détenteurs de la tradition orale (2%). Selon le statut matrimonial, on note que les mariés monogames représentent plus de la moitié des chefs de ménages (60%), les polygames occupent la seconde place (21%). On note aussi la présence de veufs(ves) (10%), de célibataires (7%) et de divorcé(e)s (1%). Tableau 3.3 : Caractéristiques des ménages dirigés par les femmes % parmi les ménages dirigés par une femme % par rapport aux hommes Effectif des ménages dirigés par une femme Effectif des ménages Strate Delta 56,8 15, Plateau 16,2 8, Seno 18,5 7, Lacustre 1,9 3, Gourma 6,6 15, Vulnérabilité Très vulnérable 80,1 16, Moyen vulnérable 17,9 6, Peu vulnérable 2 0, Activité Agriculture 63,1 8, principale du Elevage 10,8 13, ménage Artisanat 20,3 63, Autre 5,7 11, Occupation Agriculture 41,8 6, principale du Elevage 2 2, CM Artisanat 18,9 54, Commerce 7,8 27, Tisserand/cordonnier 12,8 81, Autre 0,8 7, Travaux ménagers 10,4 87,5 7 8 Aucune 1,3 3, ND 4,1 11, Ethnie du CM Peul 60,5 16, Boso 2 4, Dogon 34,2 9, Sonrai 3,3 9, Caste du CM Forgeron 1,3 4, Griot 2 11,1 1 9 Esclave 22,1 11, Noble 74,5 11, Statut Célibataire 2 2, matrimonial du Marié monogame 10,3 1, CM Marié polygame 13,2 6, Veuf(ve) 69 73, Divorcé(e) 5,5 80,0 4 5 Ensemble , Caractéristiques des Ménages Dirigés par les Femmes: En milieu rural, dans la région de Mopti, plus d un ménage sur 10 (11 %) est dirigé par une femme (tableau 3.3). Les femmes deviennent généralement chef de leur ménage suite à la migration ou au décès de leur mari, mais également par divorce, comme l indiquent les résultats donnés dans le 23
34 tableau 3.3. Les ménages dont le chef est une femme sont généralement parmi les plus vulnérables (plus de trois quarts de ces ménages sont très vulnérables et près de 18% sont moyennement vulnérables). Comparativement aux ménages dirigés par les hommes, les ménages dirigés par une femme se retrouvent principalement dans la zone du Delta (16% des ménages) et du Gourma (15% des ménages). C est dans les secteurs de l artisanat et de l élevage que l on rencontre en proportion plus de ménages dirigés par les femmes (respectivement 64% et 13%). Selon la caste, c est chez les forgerons que l on rencontre en proportion moins de ménages dirigés par les femmes. Les autres castes ont les mêmes proportions de ménages dirigés par les femmes. Selon l ethnie, on note que les femmes chef de ménage sont principalement des Peulhs (16%), des Dogons (10%) et des Sonrai (10%). Les groupes ethniques Bozo et Sonrhaï ceux qui ont les plus faibles proportions de femmes chef de ménage (respectivement 2% et 3%). Ces différences sont principalement d ordre culturel. En effet, la pratique du lévirat au sein de certaines ethnies telle que les bambara par exemple seraient à l origine du faible effectif de femmes chef de ménage au sein de ces ethnies. Cette pratique voudrait que la femme soit immédiatement récupérée par son beau-frère au décès de son mari elle a pour but de préserver la famille. Selon la situation matrimoniale, on note que plus de la moitié (69%) des femmes chefs de ménages sont des veuves. Les quelques femmes chefs de ménages rencontrées dans le lot des mariés, sont des femmes dont le mari est en exode. Relativement aux hommes, ce sont parmi les chefs de ménages femmes que l on rencontre plus de veuves (74% des ménages) et de divorcées (80% des ménages). 3. Profil de la Vulnérabilité des Ménages Le tableau suivant nous aide à dégager un profil de vulnérabilité des ménages selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Nous avons fait un test de Khi2 pour valider l existence ou non de liaison statistique entre la vulnérabilité et chacune des caractéristiques prises individuellement. Géographiquement, les populations du Gourma sont les plus vulnérables (74%), les autres zones semblent avoir les mêmes niveaux de vulnérabilité. Selon le sexe du chef de ménages, tandis qu une écrasante majorité de ménages dirigés par les femmes sont dans la catégorie «très vulnérable», seule la moitié (50%) des ménages dirigés par les hommes sont dans cette catégorie. Selon l activité principale, on note que les plus vulnérables se rencontrent dans l artisanat (86%), plutôt que dans les autres secteurs. Selon l ethnie, les Boso semblent être les moins vulnérables (40%), tandis que les Sonrai et les Sarakolés semblent être les plus vulnérables. La vulnérabilité déclarée est significativement liée au statut matrimonial du chef de ménage. Les chefs de ménages veufs, divorcés de même que les célibataires semblent plus vulnérables que les chefs de ménages mariés (monogames et polygames). Parmi ces derniers, les polygames sont moins vulnérables que les monogames. En effet, tandis qu un peu moins du tiers (31%) des chefs de ménages polygames sont très vulnérables, on note que plus de la moitié (54%) des chefs de ménages monogames le sont. 24
35 Tableau 3.4 : Répartition des ménages selon le degré de vulnérabilité et quelques caractéristiques 14 Strate (**) Sexe du CM(**) Activité principale du ménage(**) Vulnérabilité Très Moyen Peu Total Effectif des ménages Delta 53,6 24,9 21, Plateau 47,1 40,4 12, Seno 54,7 30,0 15, Lacustre 55,0 26,7 18, Gourma 74,1 10,3 15, Masculin 50,4 30,2 19, Féminin 80,1 17,9 2, Agriculture 53,7 28,9 17, Elevage 45,6 37,4 17, Artisanat 86,0 6,5 7, Autre 46,1 29,3 24, Ethnie du CM (**) Bambara 45,8 29,5 24, Peulh 57,0 25,3 17, Boso 40,0 13,3 46, Dogon 51,9 35,2 12, Sarakolé 60,5 28,2 11, Sonrai 65,3 11,1 23, Tamasheq 33,3 33,3 33, Bella 0,0 86,6 13, Autre 37,0 0,0 63, Caste (**) Forgeron 63,6 19,7 16, Cordonnier/Tisserand 83,3 16,7 0, Griot 15,6 37,6 46, Esclave 67,5 17,0 15, Noble 49,2 32,9 17, Statut matrimonial du Célibataire 76,6 13,7 9, CM(**) Marié monogame 53,6 29,4 17, Marié polygame 30,9 40,2 28, Veuf(ve) 80,8 15,2 4, Divorcé(e) 100,0 0,0 0, Ensemble 53,7 28,8 17, En résumé, il apparaît une vulnérabilité moindre dans l union et plus forte en dehors de l union. Le mariage est l union de deux personnes, deux familles, ou deux communautés, d où la mise en commun des biens, ce qui peut développer non seulement les réseaux sociaux du nouveau ménage, mais aussi sa capacité économique. Le fait d être célibataire s expliquerait par le manque de moyen pour contracter une union, ou par le fait que certains individus sont rejetés par la communauté (cas de femmes ayant eu des enfants hors mariage, ou de personnes de castes qui n auraient pas la possibilité d épouser des gens en dehors de leur caste), d ou une vulnérabilité plus grande des célibataires. Dans les cas de rupture d union (divorce, veuvage), les femmes sont les premières à subir les conséquences : elles se retrouvent subitement chefs de ménages, souvent avec un nombre important d enfants à charge, et se trouvent souvent expropriées des moyens de production, repris par la famille du mari, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Par ailleurs, celles qui ont un âge assez avancé ont moins de chance de contracter une nouvelle union. Selon la caste, on note que les ex-esclaves sont les plus vulnérables (68%) et les nobles sont les moins vulnérables (49%). 14 Des tests statistiques pour valider le degré de liaison entre les variables sont effectués dans la plupart des tableaux. Deux types de test sont effectués ( test de khi-deux et test d analyse de la variance ou ANOVA), le choix est fonction de la nature des variables utilisées. Le test de khi-deux est utilisé lorsque les deux variables sont qualitatives, tandis que le test ANOVA permet de tester les relations entre une variable qualitative et une variable quantitative. Les signes suivants sont utilisés pour attester du degré de signification de la liaison : (**) = significatif à 95%, (*) = significatif à 90%, (ns) = non significatif. 25
36 La taille du ménage apparaît être un facteur important dans la production d un ménage, surtout en milieu rural. En effet, dans un contexte marqué par une agriculture traditionnelle et un manque de matériel agricole, la force de travail revêt une importance capitale. Les ménages qui possèdent une quantité importante de main d œuvre peuvent soit l exploiter directement ou indirectement en la louant à d autres. Bien que cette variable n ait pas été citée par les communautés, parmi les indicateurs de vulnérabilité, elle reste toutefois un facteur important dans l étude de la vulnérabilité. Le tableau 3.5 examine le lien entre vulnérabilité et taille du ménage. Tableau 3.5: Taille moyenne des ménages selon quelques caractéristiques Taille moyenne des ménages Effectif des ménages Vulnérabilité(**) Très vulnérable 6,7 332 Moyen vulnérable 11,0 178 Peu vulnérable 14,3 108 Strate (**) Delta 7,4 256 Plateau 10,5 128 Seno 11,8 176 Lacustre 7,5 26 Gourma 7,3 33 Sexe du CM (**) Masculin 9,9 549 Féminin 4,2 70 Ethnie du CM (**) Bambara 9,5 29 Peulh 7,3 261 Boso 6,0 21 Dogon 11,6 251 Sarakolé 8,3 25 Sonrai 8,0 21 Tamasheq 11,0 1 Bella 5,5 3 Autre 15,3 6 Caste (**) Forgeron 10,8 25 Cordonnier/Tisserand 8,9 11 Griot 6,8 9 Ex-esclave 7,0 129 Noble 9,9 444 Activité principale duagriculture 9,7 510 ménage (**) Elevage 8,7 53 Artisanat 5,3 22 Autre 6,8 34 Ensemble 9,3 618 Ainsi que le prouvent les résultats du test d analyse de la variance, la taille des ménages est liée aux caractéristiques socioculturelles telle que l ethnie et la caste, socio-économiques, telles que l activité principale du ménage et la vulnérabilité et enfin socio-démographiques et géographiques telles que le sexe et la strate. Selon la vulnérabilité, les ménages les moins vulnérables sont ceux qui ont davantage de membres. Ainsi, les ménages très vulnérables sont composés en moyenne de 7 personnes, les ménages moyennement vulnérables ont pratiquement le double de membres (11 personnes en moyenne) et les ménages peu vulnérables en ont encore plus (14 personnes en moyenne). Deux hypothèses antagonistes peuvent être avancées pour expliquer cette tendance en milieu rural : la taille du ménage est liée à la disponibilité de main d œuvre, ce qui donne une dynamique de production et d innovation importante dans les ménages ayant plus de personnes, d où une vulnérabilité moindre. A l opposé, on peut penser que les ménages moins vulnérables attirent beaucoup de personnes qui viennent vivre aux dépens du ménage, ce qui se justifie par le système de solidarité opérant dans le contexte malien. 26
37 La liaison entre taille du ménage et sexe du chef de ménage est également significative, mais est très probablement du fait de la vulnérabilité. Les ménages dirigés par les femmes sont de taille moindre que ceux dirigés par les hommes (4 personnes en moyenne contre 9 personnes). Selon la strate, les ménages du Plateau et du Seno sont ceux qui possèdent le plus de personnes en leur sein. Cette situation pourrait être expliquée par une structure sociale plus forte dans le Plateau et le Seno par rapport aux autres zones. En effet, les Dogon y sont l ethnie majoritaire, reconnus pour le rattachement aux valeurs traditionnelles. Comparant ces données aux variations ethniques, nous en déduisons que la liaison entre la strate et la taille du ménage serait être liée à l ethnie. En effet, on observe que les ménages Dogon, qui vivent principalement dans le Seno et le Plateau sont ceux qui ont le plus de personnes en leur sein et les Boso habitant au bord des points d eaux (Delta et zone lacustre) sont ceux qui ont le moins de personnes en leur sein. Cet indicateur de taille de ménage est relativement limité. Il vaudrait mieux tenir compte du nombre d actifs par ménage par rapport au nombre d inactifs. Ceci nous amène à calculer un ratio de dépendance dans les ménages (tableau 3.6). Tableau 3.6: Ratio de dépendance selon quelques caractéristiques Vulnérabilité Strate Sexe Ethnie Caste Population en activité Population totale Ratio de dépendance Très vulnérable ,9 Moyen vulnérable ,0 Peu vulnérable ,0 Delta ,9 Plateau ,0 Seno ,9 Lacustre ,3 Gourma ,5 Masculin ,6 Féminin ,6 Bambara ,8 Peulh ,1 Boso ,8 Dogon ,9 Sarakolé ,8 Sonrai ,6 Tamasheq ,5 Bella ,0 Autre ,7 Forgeron ,7 Cordonnier/Tisserand ,5 Griot ,4 Esclave ,1 Noble ,0 Ensemble ,0 Le ratio de dépendance est calculé en rapportant la population totale à la population en activité. Ce ratio traduit le degré de dépendance dans le ménage. On constate que le degré de dépendance est sensiblement le même quelque soit la vulnérabilité. Selon la strate, c est dans la zone lacustre et le gourma que la dépendance est plus forte. En effet, dans ces zones, une personne qui exerce une activité économique supporte environ 2,3 et 2,5 personnes respectivement. Selon le sexe du chef de ménage, on note une dépendance plus forte dans les ménages dirigés par une femme que dans ceux dirigés par un homme. En effet, tandis que 2,6 personnes sont 27
38 supportées par une personne exerçant une activité économique dans les ménages dirigés par une femme, c est seulement 1,6 personnes qui sont supportés par une personne exerçant une activité économique dans les ménages dirigés par un homme. Cette situation est liée au fait que dans les ménages dirigés par les femmes, il y a beaucoup d enfants qui n ont pas encore atteint l âge d exercer une activité économique. Ces ménages font donc face à un problème crucial de main d œuvre. Selon l ethnie, c est au sein de l ethnie Sonrai que les ratios de dépendance sont les plus importants(2,6). A l opposé, les plus faibles ratios de dépendance sont observés chez les bambara (1,8). Le lien entre l ethnie et le ratio de dépendance a une explication au niveau de pratiques culturelles des différentes ethnies. Selon la caste, les plus faibles dépendances sont observées chez les Forgerons et les Tisserands, tandis que les plus fortes sont observées chez les griots. II. Caractéristiques de la Population des Ménages Au cours de l'enquête SCVM de Mopti, les données socio-démographiques sur chaque membre des ménages enquêtés ont été collectées. Dans cette section, nous étudierons les caractéristiques de la population des ménages enquêtés. Nous verrons dans un premier temps les caractéristiques sociodémographiques de cette population, ensuite la scolarisation et l instruction seront abordées. 1. Caractéristiques Socio-démographiques La pyramide des âges (graphique 3.2) est à base large et à sommet effilé, structure caractérisant les pays en voie de développement. Ceci traduit une population relativement jeune dans un contexte de forte natalité. Aux jeunes âges (entre ans) les hommes sont plus nombreux que les femmes, sans doute à cause d une migration des jeunes filles à ces âges. A partir de ans, l écart entre homme et femme penche à la faveur des femmes, ceci pourrait être dû au fait que c est à ces âges que les hommes expérimentent davantage la migration. Ils correspondraient aussi au retour des jeunes filles migrantes. L écart entre hommes et femmes a tendance à se résorber à partir de ans. On peut supposer une migration de retour des hommes à ces âges. Graphique 3.1 : Pyramide des âges de la population 80 ans et ans ans ans ans Homme Femme ans ans ans 0-9 ans Le tableau 3.7 nous donne les informations complémentaires sur les caractéristiques sociodémographiques de la population des ménages. 28
39 La population est principalement concentrée dans la zone du Seno (36%), le Delta (33%) et le Plateau (23%). La concentration de la population dans ces zones serait liée aux énormes potentialités économiques qu elles offrent. En effet, le Seno est la zone de prédilection pour les cultures sèches et l élevage et le Delta est une zone inondée, caractérisée par les bourgoutières très appréciées par les bovins, les rizières et la pêche. Les zones les moins habitées sont la zone lacustre (3% de la population) et le Gourma (4% de la population). Tableau 3.7 : Caractéristiques socio-démographiques de la population des ménages Strate Sexe Caste Ethnie Effectif de la % population Delta 33, Plateau 23, Seno 36, Lacustre 3,4 195 Gourma 4,2 241 Masculin 51, Féminin 48, Forgeron 4,5 258 Cordonnier/Tisserand 1,2 69 Griot 0,8 44 Ex-esclave 16,3 927 Noble 77, Bambara 5,0 284 Peulh 33, Boso 2,4 138 Dogon 50, Sarakolé 3,5 196 Sonrai 3,1 175 Tamasheq 0,3 14 Bella 0,3 18 Autre 1,7 97 Ensemble 100, Occupation Agriculture 37, principale Elevage 4,1 234 Marabout 0,6 37 Artisanat 3,3 185 Commerce 1,7 99 Tisserand/cordonnier 1,1 61 Autre 1,0 58 Elève 3,0 173 Travaux ménagers 14,0 798 Etudes coraniques 19, Aucune 10,4 593 ND 4,0 227 Ensemble population de 10 ans et + 100, Les principales castes de la région de Mopti sont : les nobles (77%), les ex-esclaves ou Rimaibé/Bellah (16%), les forgerons (5%), les cordonniers/tisserands, encore appelés Garangués (1%) et enfin les griots (1%). Les principales ethnies de la région sont par ordre d importance numérique, les Dogons (50%), les Peuls (34%), les Bambaras (5%), les Sarakolés (4%), les Sonrhai (3%) et les Bozo (2%). On note aussi une présence d autres ethnies faiblement représentées telles que les Tamasheq/Bellahs, les Mossi, les Senoufo, etc.. 29
40 La population vit principalement de l agriculture (37% de la population de 10 ans et plus), de l élevage (4% de la population de 10 ans et +) et de l artisanat(3% de la population de 10 ans et +). On constate qu une bonne partie(47%) de la population de 10 ans et plus n exercent pas d activité économique, il s agit de femmes exerçant les travaux ménagers(14%), d élèves coraniques(20%), d élèves(3%) et de personnes n exerçant aucune activité(4%). Ces dernières sont généralement constituées de personnes très âgées et de personnes handicapées ne pouvant exercer une activité. Pour compléter les données sur l activité, nous avons analysé les taux d activité par groupe d âges. Le tableau suivant présente les taux d activité de la population des ménages de l enquête selon le sexe et le groupe d âges. Au niveau de l analyse, nous avons décidé de ne tenir compte que des activités rémunératrices pratiquées par les membres des ménages. De ce fait, les femmes qui s occupent de leur ménage et qui ne font que cela, ne sont pas enregistrées comme ayant une activité, ainsi que les enfants scolarisés. Les taux d activité sont une fonction concave de l âge. La proportion de personnes en activité augmente avec l âge, jusqu à atteindre une valeur maximale à ans, ensuite elle commence à décroître à partir de ces âges. Cette structure des taux d activité par âge est un modèle qui s observe dans tous les contextes, elle est liée au cycle de vie d un individu : aux âges extrêmes, la plupart des individus manquent de force pour exercer une activité économique. On relève par ailleurs que le taux d activité des femmes est plus faible que celui des hommes et ceci à tous les âges sauf entre 0 et 9 ans. Cette situation relève de facteurs sociaux (la femme a un rôle de reproduction et de gardienne de foyer dans la société Bambara) et biologiques (les maternités multiples et rapprochées entravant l exercice d une activité économique chez la femme). Tableau 3.8 : Taux d'activité par âge et sexe de la population des ménages Population en activité Groupes d'âges Homme Femme Ensemble Effectif de la population 0-9 ans 11,6 6,3 9, ans 76,6 49,4 64, ans 94,8 52,9 73, ans 96,4 53,4 75, ans 98,5 65,6 81, ans 96,4 62,1 79, ans 91,2 60,9 78, ans 83,4 46,2 65, ans et + 42,4 31,7 37,5 52 Ensemble 63,1 38,1 51,
41 Graphique 3.2 : Taux d activité par groupes d âges et par sexe 120,0 100,0 80,0 Taux d'activité (%) 60,0 40,0 20,0 0,0 0-9 ans ans ans ans ans ans ans ans 80 ans et + Groupes d'âges Homme Femme Ensemble 2. Instruction et scolarisation actuelle a) Instruction Le niveau d instruction de la population est appréhendé à travers la fréquentation du système d enseignement formel. On a distingué ici trois groupes de niveaux d instruction ceux qui ne sont jamais allés à l école, ceux qui ont un niveau primaire incomplet : (niveau fondamental 1, allant de la 1 ère à la 6 ème année, mais non achevé) et, ceux qui ont le niveau primaire complet et plus. On s intéresse ici à la population de 6 ans et plus pour le niveau d instruction (tableau 3.9) et à la population de 6-14 ans pour la scolarisation actuelle (tableau 3.10). Le milieu rural de la région de Mopti présente un taux de non-instruction très élevé. Près de 94% de la population n est jamais allée à l école. Derrière ce taux global on relève d importantes disparités régionales et sociales. Ainsi, il apparaît, selon la vulnérabilité, des taux d analphabétisme plus importants dans les ménages très vulnérables et moyennement vulnérables (95%) que dans les ménages peu vulnérables (92%). Selon la zone, on note que les populations du Plateau (92%), du Delta(92%) et du Gourma(93%) sont ceux qui sont les plus instruits. A l opposé, les population du Séno avec 97% d analphabétisme et celle de la zone lacustre avec 95% d analphabétisme, sont les moins instruites. Selon le genre, le constat traditionnellement observé d inégalité entre hommes et femmes transparaît dans ces résultats. En effet, on note que 92% des hommes sont non-instruits contre 95% des femmes. Selon la caste, il apparaît que les forgerons sont les moins instruits (97%), à l opposé, les griots sont les plus instruits (86%). Selon l ethnie, les Boso (99%) et les Sarakolé (97%) sont les moins instruits. A l opposé, les Sonrai (90%) sont les plus instruits. 31
42 Tableau 3.9 : Niveau d'instruction de la population de 7 ans et plus selon quelques caractéristiques Niveau d instruction Effectif de la Aucun Primaire incomplet Primaire complet et + Total population 7 ans et + Vulnérabilité (**) Très vulnérable 94,4 5,0 0, Moyen vulnérable 94,6 4,0 1, Peu vulnérable 91,9 7,0 1, Strate (**) Delta 92,1 7,1 0, Plateau 91,7 6,3 2, Seno 96,8 2,5 0, Lacustre 95,2 3,9 0, Gourma 92,6 7,1 0, Sexe (**) Masculin 92,3 6,3 1, Féminin 95,4 4,0 0, Caste (**) Forgeron 96,5 2,9 0, Cordonnier/Tisserand 94,8 5,2 0, Griot 86,2 13,8 0, Esclave 93,6 6,2 0, Noble 93,8 5,0 1, Ethnie (**) Bambara 95,4 3,9 0, Peulh 92,0 7,0 1, Boso 98,7 1,3 0, Dogon 94,5 4,4 1, Sarakolé 97,1 1,9 1, Sonrai 89,8 9,8 0, Tamasheq 100,0 0,0 0, Bella 100,0 0,0 0, Autre 98,4 1,6 0, Ensemble 93,8 5,2 1, b) Scolarisation des enfants Le taux de scolarisation est calculé en rapportant la population de 7-14 ans (en âge de scolarisation) qui fréquente l école à la population totale des 7-14 ans. Il s agit ici d un taux net de scolarisation, par opposition au taux brut de scolarisation qui est le rapport entre la population totale inscrite au primaire quel que soit son âge et la population totale ayant l âge d aller au primaire. Le taux de scolarisation des enfants dans la région de Mopti est très faible. En effet, seule 10% des enfants de 7-14 ans fréquentent l école. Cette situation est le fait de facteurs culturels, économiques et d accès géographiques. En effet ce taux de scolarisation est très variable selon les caractéristiques socioculturelles et économiques considérées dans l analyse. Selon les zones agro-écologiques, notons que le taux de scolarisation le plus important est enregistré dans le Gourma(20%) et dans le Plateau(14%). A l opposé, les plus faibles sont enregistrés dans la zone lacustre (4%). Les zones inondées du Delta et la zone lacustre sont très enclavés, ce qui ne favorise guère les déplacements des enfants vers les écoles des villages voisins car il faut le plus souvent emprunter la pirogue. Selon l ethnie, il apparaît que les enfants Bozo, Sarakolé et Tamasheq/Bella présentent des taux de scolarisation nulles. Chez les Bambaras, seulement 2% des enfants entre 7 et 14 ans fréquentent l'école. Le graphique suivant illustre cette différence ethnique dans la scolarisation des enfants de 7-14 ans. A l opposé, les Sonrhaï (24 %) les Dogons et les Peuls (11 % chacun) sont ceux qui ont les taux de scolarisation les plus importants. 32
43 Tableau 3.10 : Taux de scolarisation de la population de 7-14 ans selon quelques caractéristiques % d enfants scolarisés Effectif des enfants de 7-14 ans Strate (**) Delta 7,3 385 Plateau 13,9 298 Seno 9,5 405 Lacustre 4,1 32 Gourma 20,4 56 Vulnérabilité (**) Très vulnérable 8,1 441 Moyen vulnérable 9,8 402 Peu vulnérable 13,7 334 Caste (ns) Forgeron 9,8 60 Cordonnier/Tisserand 12,0 16 Griot 18,8 14 Esclave 7,4 181 Noble 10,7 906 Ethnie (**) Bambara 2,4 58 Peulh 10,9 370 Boso 0,0 25 Dogon 11,2 611 Sarakolé 0,0 48 Sonrai 23,5 46 Tamasheq 0,0 2 Bella 0,0 2 Autre 0,0 14 Sexe (**) Masculin 12,4 644 Féminin 7,7 532 Âge (*) 7 9, , , , , , , ,3 121 Ensemble 10, Les disparités entre filles et garçons sont aussi remarquables (12% pour les garçons contre 8% pour les filles). Par ailleurs, le manque crucial de main-d œuvre dans la région, qui sera confirmé dans les chapitres suivants, ne favorise guère, quant à lui, le taux de rétention. En effet, au lieu d aller à l école, les enfants sont le plus souvent contraints à des travaux comme la garde des animaux ou les travaux champêtres. III. Migration Dans des systèmes de vie d une grande précarité, la migration est souvent utilisée comme une stratégie de vie, permettant d obtenir des ressources supplémentaires, en argent ou en équipements/biens de production. L intensité de ces mouvements migratoires fluctue en fonction de la saison, du sexe et de l âge des partants. Les destinations sont très variables et peuvent être très éloignées du lieu de départ. La migration est pratiquée pour des raisons économiques, professionnelles (le cas des pêcheurs et des commerçants), sociales (femmes qui partent accoucher 33
44 dans leur village) ou encore pour des études (pour rejoindre les écoles de second cycle, notamment). Les durées de migration sont également variables, mais il y a toujours au moins deux pics de retours correspondant au moment des s les et celui des récoltes. La migration est aussi un phénomène culturel important et a toujours fait partie des traditions. Elle peut correspondre, pour les jeunes hommes, à un rite initiatique de passage à l âge adulte. Au cours de l'enquête SCVM, la migration a été saisie en prenant comme référence la période de 12 mois précédant la date de l enquête. Elle se définit comme l'ensemble des déplacements effectués en dehors de la zone de résidence, pour une période de plus de deux mois, au cours des 12 mois précédant l'enquête. Seule la population de 10 ans et plus a été considérée pour l analyse. Les données sur la migration ont été collectées quelle que fut la raison la motivant, mais pour cette analyse orientée sur les stratégies de vie/survie et sur la vulnérabilité, nous avons tenu compte exclusivement de la migration motivée par des raisons économiques. Environ 12% de la population de plus de 10 ans et plus a effectué un mouvement migratoire au cours de la période de référence dans la région de Mopti. Qui sont ces migrants? Quand, pourquoi et dans quelles conditions vont-ils en migration? Nous répondons à ces questions dans les sections qui suivent. 1. Caractéristiques socio-démographiques des migrants Le tableau 3.11 présente le pourcentage de la population des ménages âgée de 10 et plus ayant migré pendant la période de référence, selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles. Le Gourma (avec 22% de migrants) et la zone lacustre (17% de migrants) sont les zones de forte émigration. Des facteurs à la fois culturels et économiques seraient à l origine de l émigration des populations de ces zones. Tableau 3.11 : Taux de migration de la population de 10 ans et plus selon quelques caractéristiques Effectif de la % de la population en migration population de 10 ans et + Strate(**) Delta 12, Plateau 10,8 864 Seno 9, Lacustre 17,4 130 Gourma 21,8 163 Vulnérabilité(ns) Très vulnérable 12, Moyen vulnérable 10, Peu vulnérable 11, Sexe(**) Masculin 17, Féminin 5, Caste(ns) Noble 11, Ex-esclaves 13,6 628 Autre caste 10,1 253 Ethnie(**) Bambara 16,8 188 Peulh 14, Dogon 8, Sonrai 22,4 115 Autre 11,9 312 Ensemble 11,
45 Selon le sexe, la migration des femmes apparaît être trois fois moins importante que celles des hommes (6% contre 17%). Les taux de migration selon l'ethnie, laissent voir que l'ethnie Sonrhaï est celle parmi laquelle il y a le plus de migrants (22%), suivi des Bambara(17%). A l opposé, l ethnie Dogon est celle qui a le moins de migrants en proportion (9%). La migration s opère avec la même intensité quelque soit la vulnérabilité du ménage et la caste de l individu. En effet, les proportions de personnes migrantes selon la vulnérabilité des ménages et selon la caste ne sont pas significativement différentes. La migration dans la région de Mopti semble être un phénomène complexe relevant de facteurs économiques et culturels à la fois. Nous examinerons plus en détail, dans les pages suivantes, comment s opère cette migration et quelles en sont les particularités.le graphique suivant présente la structure par âge de la population des migrants. Il permet de dégager un profil de migration selon l'âge et le sexe en milieu rural dans la région de Mopti. Graphique 3.3 : Pyramide des âges de la population des migrants ans ans ans ans Masculin ans Féminin ans ans La migration féminine est plus importante aux âges jeunes (10 19 ans). C est d ailleurs dans ce groupe d âges que les femmes sont les plus nombreuses à migrer. Cette migration précoce des filles pourrait s'expliquer par un phénomène observé en milieu Dogon où les filles migrent pour chercher du travail (principalement en tant que ménagères dans les centres urbains), dans l'optique de réunir suffisamment d'argent, en vue de payer leur trousseau de mariage et pour apprendre la langue Bamanan. La proportion des femmes migrantes diminue progressivement avec l âge. Cependant elles se poursuivent jusqu à un âge assez avancé (60-69 ans). Les hommes, également, commencent à migrer assez jeunes, mais le mouvement migratoire s amplifie avec l âge, à l inverse de celui des femmes. La proportion des hommes migrants atteint son maximum entre ans. A partir de cette tranche d âges, les migrations masculines diminuent progressivement, mais continuent jusqu à un âge assez avancé (70-79 ans). Cette migration masculine jusqu à des âges avancés est révélatrice de l importance des mouvements de population de la région de Mopti et de leur caractère répétitif. En effet, les hommes de ans, par exemple, n en sont certainement pas à leur premier voyage en dehors de leur lieu de résidence. 35
46 2. Destination des Migrants Au niveau de l étude, nous n avons enregistré que la destination finale des migrants, étant entendu que plusieurs lieux de passage ont pu être atteints avant d arriver à cette destination. Le tableau 3.12 présente la destination finale des migrants selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles. Strate(**) Vulnérabilité (**) Sexe(**) Caste(**) Ethnie(**) Tableau 3.12 : Destination de la population migrante selon quelques caractéristiques Bamako Ségou ville Même cercle Destination des migrants Autre Mali RCI Autre Afrique Suit les pâturages Mopti ville Total Effectif des migrants Delta 25,0 6,2 20,5 17,0 10,7 13,4 1,8 5, Plateau 26,3 4,0 4,0 30,3 12,1 1,0 15,2 7, Seno 24,6 0,0 11,0 7,6 47,5 1,7 0,0 7, Lacustre 17,3 1,9 5,8 5,8 25,0 7,7 1,9 34, Gourma 30,6 3,2 35,5 0,0 14,5 9,7 0,0 6, Très vulnérable 24,8 2,8 22,4 14,1 20,6 6,2 0,5 8, Moyen vulnérable 27,7 3,4 8,1 20,6 25,8 3,4 1,0 9, Peu vulnérable 22,9 4,4 9,9 9,6 25,0 11,1 12,5 4, Masculin 23,5 3,1 12,8 15,1 26,8 8,6 3,3 6, Féminin 30,4 4,4 20,3 14,4 12,9 0,4 5,6 11, Noble 26,8 2,3 12,7 17,5 25,2 5,4 5,2 5, Ex-esclaves 18,0 8,7 19,2 9,3 12,4 12,1 0,0 20, Autre caste 28,5 0,0 23,9 0,0 36,7 4,6 0,0 6, Bambara 40,3 0,0 14,8 17,9 9,0 13,4 0,0 4, Peulh 19,3 4,5 11,3 22,0 10,1 10,2 9,1 13, Dogon 29,3 2,3 10,2 7,3 45,5 2,0 0,0 3, Sonrai 36,6 4,5 20,0 0,0 25,5 11,1 0,0 2, Autre 16,4 5,0 46,9 20,2 4,3 0,0 0,0 7, Ensemble 25,2 3,4 14,6 14,9 23,4 6,6 3,9 8, La ville de Bamako (25% des migrants) ainsi que la Côte d Ivoire (23% des migrants) sont les principales destinations prisées par les migrants de la région de Mopti. La destination choisie est très variable selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles. Selon la strate, les migrants du Delta se déplacent principalement sur Bamako (25%) et dans le même cercle (21%) ; ceux du Plateau, vont principalement dans les autres localités du Mali (30%). Près de la moitié (48%) des migrants du Seno vont en Côte d Ivoire. Quant aux migrants de la zone lacustre, ils sont partagé entre la ville de Mopti (35%) et la Côte d Ivoire (25%). Enfin les migrants du Gourma vont principalement dans le même cercle (36%) et à Bamako (31%). Selon la vulnérabilité, on note de façon générale, que les migrants des ménages très vulnérables vont moins loin que ceux des ménages moyennement et peu vulnérables. En effet, les principales destinations des migrants issus des ménages très vulnérables sont la ville de Bamako (25%) et le même cercle (22%). A l opposé, les migrants des ménages moyennement vulnérables sont partagés entre la ville de Bamako(28%) et la RCI (26%), et ceux des ménages peu vulnérables, en plus d avoir la RCI pour destination principale (25%), sont, en proportion, les plus nombreux à aller dans les autres pays d Afrique (11%). Le manque de moyens financiers pour entreprendre des déplacements sur de longues distances pourrait expliquer en partie cet itinéraire migratoire des migrants issus de ménages très vulnérables. Selon le sexe du migrant, on note que la destination privilégiée des femmes est Bamako (30%) et le même cercle (20%). Les hommes, pour leur part sont ceux qui vont à l extérieur du pays (36%), plus précisément en RCI (27%) et dans d autres pays d Afrique (9%). La structure par âge de cette population féminine migrante a été analysée plus haut, et nous avons vu qu il s agissait de femmes 36
47 très jeunes (10-19 ans généralement). Ceci constitue un problème assez sérieux surtout lorsque la migration s opère dans des conditions où ces femmes/filles ne disposent pas suffisamment d informations pour se protéger, une fois en ville. En effet, ces jeunes filles sont vulnérables à plus d un titre : le fait qu elles ne soient pas allées à l école et la méconnaissance de leurs droits les exposent à l exploitation de leurs employeurs ; leur jeune âge en font des victimes de grossesses précoces pouvant avoir d énormes conséquences sur leur santé, et les exposer aux risques du VIH- SIDA. Bien que des réseaux informels d informations constitués d anciennes migrantes, existent dans les villages, ceci ne suffit pas à enrayer les problèmes vécus par ces filles. Selon la caste, les «nobles» et les «autres castes», constituées des forgerons, griots et tisserands, prennent des destinations lointaines, comparativement aux ex-esclaves. Tandis que ces derniers vont principalement dans la ville de Mopti (20%) et dans le même cercle (19%), les migrants de la caste «noble» et ceux des autres castes vont principalement à Bamako (respectivement 27% et 29%) et en RCI (respectivement 25% et 37%). Ce rapport entre la caste et la destination de la migration serait lié à l activité économique, en effet, il y a généralement une spécialisation dans une activité donnée selon la caste. Par exemple la caste des forgerons est plus encline à effectuer les travaux de forge et celle des tisserands celui de tissage. Ces activités les prédisposent à aller vers les zones où elles sont plus rentables. Les ex-esclaves, quant à eux, sont généralement liés aux ethnies nomades telles que les peuls et les touaregs ; de ce fait, ils continuent à dépendre partiellement de leurs anciens maîtres pour lesquels ils gardent le troupeau et cultivent les champs. Ils exercent les petits métiers dans les centres urbains, notamment les travaux domestiques. Les ethnies ont une préférence dans le choix de la destination de la migration. Ce choix serait fonction des réseaux sociaux en place dans la zone d accueil. Les Bambara ont pour principale destination la ville de Bamako (40%), les Peul sont partagés entre les autres localités du pays (22%) et la ville de Bamako (19%). Quant aux Dogon, ils se déplacent principalement vers la RCI (46%), les Sonrhaï pour leur part, vont principalement dans la ville de Bamako (37%). 3. Le flux migratoire C est essentiellement aux mois de septembre (fin de la saison des pluies et des travaux champêtres) et janvier qu on observe le départ des migrants. Leur retour se fait généralement aux mois de mai et de juin (début de la saison des pluies et des travaux champêtres). Graphique 3.4 : Le flux migratoire 30,0 25,0 20,0 15,0 10,0 5,0 0,0 Janvier Fevrier Mars Avril Mai Juin Juillet Aout Septembr e Octobr e Novembr e Décembr e Dépar t Retour La fréquence de la migration est aussi indicative des stratégies de vie et de survie. Lorsque la migration est régulière, ceci indique une certaine stabilité du phénomène; par contre lorsqu'elle ne s'effectue qu'à un moment précis, en cas de crise par exemple, la migration devient alors une stratégie de survie (tableau 3.13). 37
48 Strate(**) Vulnérabilité(**) Sexe(**) Caste(*) Ethnie(**) Tableau 3.13 : Fréquence de la migration selon quelques caractéristiques Tous les ans Fréquence Seulement année de crise De façon ponctuelle Total Effectif des migrants Delta 61,6 10,7 27, Plateau 60,6 16,2 23, Seno 45,8 13,6 40, Lacustre 75,0 7,7 17, Gourma 83,9 4,8 11, Très vulnérable 56,0 12,9 31, Moyen vulnérable 54,1 17,4 28, Peu vulnérable 69,3 4,7 26, Masculin 62,3 12,6 25, Féminin 48,6 10,7 40, Noble 56,1 12,9 30, Ex-esclaves 74,5 6,8 18, Autre caste 43,9 19,3 36, Bambara 58,3 4,5 37, Peulh 77,0 7,6 15, Dogon 36,1 19,5 44, Sonrai 88,9 4,5 6, Autre 47,3 14,6 38, Ensemble 59,0 12,1 28, La migration est annuelle pour plus de la moitié des migrants (59%). La fréquence de la migration est variable selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles. Selon la strate, la zone lacustre et le gourma sont des zones traditionnelles de migration. En effet, une écrasante majorité des migrants (respectivement 75% et 84%) de ces zones effectuent leur mouvement migratoire tous les ans. Selon le degré de vulnérabilité, on note que les ménages peu vulnérables sont ceux qui vont régulièrement en migration (69%) relativement aux migrants des ménages moyennement(54%) et très vulnérables(56%). Ainsi, la migration serait plus une stratégie de vie des ménages peu vulnérables que des ménages moyennement et très vulnérables. Selon la caste, les ex-esclaves sont ceux qui vont le plus régulièrement en migration (75%). Cette relation entre la caste et la fréquence de la migration serait liée à la strate. En effet, la caste des exesclaves par exemple est surtout localisée dans la zone lacustre et le gourma, zones de forte émigration. Selon l'ethnie, les Peuls (77%) et les Sonrhaï (89%) sont ceux qui migrent le plus fréquemment. Ces ethnies sont connues pour être des ethnies nomades, donc leur mouvement migratoire ne fait qu obéir à une tradition séculaire, même si la nature du mouvement a changé. A l opposé, les Dogon sont, de toutes les ethnies considérées, ceux qui migrent le moins régulièrement. La migration des Dogon s effectue le plus souvent pour répondre à une nécessité : manque de travail, insécurité alimentaire. Il faut noter aussi que le phénomène prend progressivement de l ampleur. Pour avoir une indication sur la durée moyenne de la migration, nous avons extrait de notre échantillon, l'ensemble des migrants qui ne sont pas rentrés de l'exode (cas de troncature), ceci dans la mesure où nous ne savons pas avec certitude quand ils vont revenir de leur exode. Les données ainsi obtenues sont dans le tableau
49 Tableau 3.14 : Durée moyenne de la migration selon quelques caractéristiques Durée moyenne de la migration Effectif des en mois migrants Strate(*) Delta 4,7 158 Plateau 4,7 93 Seno 5,1 138 Lacustre 4,4 23 Gourma 6,2 36 Vulnérabilité(ns) Très vulnérable 4,7 189 Moyen vulnérable 5,3 139 Peu vulnérable 4,9 120 Sexe(ns) Masculin 5,1 338 Féminin 4,5 109 Caste(**) Noble 4,8 336 Ex-esclaves 5,1 86 Autre caste 6,1 25 Ethnie(**) Bambara 5,7 31 Peulh 4,7 190 Dogon 5,3 163 Sonrai 6,1 26 Autre 4,4 37 Ensemble 5,0 447 En moyenne, les migrants effectuent 5 mois de migration. La durée de la migration varie selon la strate, la caste et l ethnie. Selon la strate, on note que ce sont les migrants du Gourma qui passent plus de temps en migration (6 mois environ). Selon la caste, les autres castes sont celles qui migrent le plus longtemps. Selon l ethnie, les Sonrhaï (6 mois d exode) migrent le plus longtemps. 4. Provenance des Ressources pour la Migration et Travaux Effectués par les Migrants Pour mieux comprendre les motivations de la migration et savoir si le phénomène migratoire est une stratégie de vie ou de survie, il est important de connaître la provenance des ressources utilisées pour la migration. Le tableau 3.15 nous renseigne sur la provenance des ressources finançant la migration, selon les caractéristiques socio-économiques du migrant et de son ménage. Nous avons identifié les principales ressources utilisées pour financer cette migration: Les ressources provenant de la vente de la production (production agricole, production de pêche), Les ressources provenant de la vente des biens productifs (bétail, terre, équipement, etc.) Les sources extérieures émanant souvent du système de solidarité du milieu rural (emprunts/ crédits, aides extérieures), et enfin, Aucune ressource Les principales sources de financement des migrations dans la région de Mopti sont: la vente de la production agricole (22%) et la vente du bétail (22%). On note par ailleurs qu une bonne partie des migrants (21%) partent en migration sans aucune ressource. La région de Mopti est une région où les systèmes de vie sont très diversifiés et partagés principalement entre l élevage et l agriculture. Ces activités servent principalement à financer la migration. 39
50 La provenance des ressources n est pas la même selon l appartenance à une catégorie socioéconomique ou culturelle donnée. Ainsi, la vente de bétail sert surtout à financer la migration dans les ménages les moins vulnérables. Selon l ethnie, on note qu elle sert surtout à financer la migration des Peul (31%) et des Sonrhaï (21%), ethnies essentiellement pastorales. Par ailleurs, on note que les crédits servent à financer la migration des plus vulnérables (15%) plutôt que celle des moins vulnérables (8% chez les moyennement vulnérables et seulement 3% chez les peu vulnérables). Elle est moins pratiquée par les Peuls (6%) que par les Sonrhaï (17%), les Bambara et Dogon (13% chacun). Les migrants du Seno bénéficient généralement de l appui familial, lors de leur migration (12%). De même, les garçons (8%) bénéficient généralement davantage de l appui de la famille que les filles (3%). Ce résultat donne une indication sur l appréciation faite par les communautés de la migration féminine. Des études réalisées au pays Dogon par CARE Mali ont prouvé à quel point les communautés étaient réticentes à l égard de la migration des jeunes filles, en raison des conséquences que celle-ci peut avoir sur leur éducation et des risques que courent les filles en milieu urbain. Ces dernières, font souvent des fugues pour partir en migration et ceci en complicité avec leurs mères. Les activités économiques exercées par les migrants dans leur lieu de destination sont abordées dans le tableau Il s agit ici du travail effectué sur le lieu principal de la migration, étant entendu que divers travaux peuvent être effectués tout au long du voyage pour financer celui-ci. Dans l'ensemble, la majorité des migrants pratiquent les travaux domestiques (20%), le commerce (17%) et les travaux manuels (16%). A l exception de la vulnérabilité, la pratique des activités est fonction des autres caractéristiques socio-économiques et culturelles. Selon la strate, les migrants du Delta effectuent principalement les travaux domestiques (20%), ceux du plateau font principalement le Berger (30%). Les populations du Seno et du Gourma, pour leur part, font le commerce (respectivement 23% et 34%). Enfin les populations de la zone lacustre effectuent principalement les travaux dans les plantations (35%). S agissant des travaux domestiques, notons que, bien qu ils constituent une activité principale des migrants du Delta, ceux du Plateau (23%) et du Seno (20%) sont plus nombreux à l exercer. Selon le sexe du migrant, les femmes exercent principalement les travaux domestiques (44% contre 12% d hommes), tandis que les hommes exercent principalement les travaux manuels (18%) et le petit commerce (18%). S agissant du rapport entre la caste du migrant et l activité économique exercée, on note que les migrants de la caste noble exercent principalement les travaux domestiques (20%) et le petit commerce (18%), tandis que les ex-esclaves et les autres castes exercent principalement les travaux manuels (respectivement 27% et 29%). D autre part, notons que les travaux dans les plantations sont surtout effectués par les migrants de la caste des ex-esclaves, ce qui pourrait être dû à leur zone de résidence. En effet, nous avons vu plus haut que les migrants de la zone lacustre (où l on rencontre généralement les ex-esclaves) sont ceux qui effectuent surtout les travaux dans les plantations. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer un tel résultat. Dans une société en pleine mutation, telle que la région de Mopti, où les rapports de classes sont en changement (passage d une société esclavagiste à une société plus libérale), les ex-esclaves cherchent à trouver des activités alternatives pour pallier cette rupture avec leurs anciens maîtres; ne disposant le plus souvent de moyens de production, ils sont amenés à vendre leur force de travail, comme ouvriers agricoles par exemple. D autre part, ces résultats pourraient être le fait du faible potentiel économique de la zone lacustre. Ainsi, la faible productivité de la zone lacustre pousserait les populations de cette zone à migrer vers le Delta, zone ayant d énormes potentialités économiques et où la production agricole est très rentable, pour y servir de main d œuvre. Selon l ethnie, les migrants Bambara et Dogon ont pour principale activité les travaux domestiques (respectivement 37% et 24%), les Peuls font principalement le berger (25%) ; les Sonrhaï quant à eux sont connus pour le commerce (42%) ; enfin les autres ethnies, constituées, entre autres, de Boso, Touaregs, Bellah, exercent les travaux dans les plantations (31%). 40
51 Tableau 3.15 : Provenance des ressources pour la migration selon quelques caractéristiques Strate Vulnérabilité Vente production agricole Revenu de son activité Autre Vente Vente biens Emprunt/ Aucune Appui Effectif des bétail équipements crédit ressource familial migrants Delta 19,6 20,5 3,6 7,1 25,0 6,2 17,9 8,9 158 Plateau 22,2 26,3 0,0 13,1 16,2 2,0 18,2 5,1 93 Seno 21,2 21,2 7,6 8,5 23,7 11,9 16,9 3,4 138 Lacustre 30,8 13,5 0,0 17,3 5,8 1,9 19,2 5,8 23 Gourma 29,0 19,4 6,5 12,9 17,7 3,2 3,2 8,1 36 Khi-deux (ns) (ns) (**) (ns) (ns) (**) (ns) (ns) Très vulnérable 23,8 15,7 3,1 15,3 23,5 5,7 13,7 6,4 189 Moyen vulnérable 17,0 23,7 7,4 7,9 18,1 6,1 19,4 4,9 139 Peu vulnérable 24,9 28,0 2,0 3,3 21,3 8,8 17,8 7,3 120 Khi-deux (ns) (**) (*) (**) (ns) (ns) (ns) (ns) Sexe Masculin 22,8 21,0 2,9 10,6 22,1 7,8 15,7 6,4 338 Féminin 19,4 22,8 8,0 7,1 18,6 3,0 19,3 5,5 109 Khi-deux (ns) (ns) (**) (ns) (ns) (*) (ns) (ns) Caste Noble 21,6 22,1 1,8 9,4 22,3 6,8 17,1 7,0 336 Ex-esclaves 22,1 24,0 4,9 13,5 17,7 6,8 13,3 4,7 86 Autre caste 26,7 4,6 32,1 1,7 19,3 4,6 20,1 0,0 25 Khi-deux (ns) (ns) (**) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Ethnie Bambara 26,9 17,9 0,0 13,4 17,9 0,0 17,9 4,5 31 Peulh 17,8 31,1 3,6 5,9 24,3 9,1 10,7 7,0 190 Dogon 23,9 13,9 5,0 12,5 18,6 7,6 23,8 5,0 163 Sonrai 31,2 21,1 8,9 16,6 11,1 0,0 0,0 4,5 26 Autre 24,1 8,8 3,2 9,7 26,7 0,0 25,2 10,0 37 Khi-deux (ns) (**) (ns) (**) (ns) (ns) (**) (ns) Ensemble 22,0 21,5 4,1 9,8 21,2 6,6 16,6 6,
52 Tableau 3.16 : Travaux effectués par les migrants sur leurs lieux de destination selon quelques caractéristiques Type de travail Commerce/petit Travaux Travaux dans les Travaux Effectif des commerce domestique plantations manuels Berger Pêche Maçon Ouvrier Talibé Autre NSP Total migrants Strate(**) Delta 15,2 19,6 11,6 17,0 6,2 8,0 0,0 8,9 2,7 4,5 6, Plateau 7,1 23,2 11,1 6,1 30,3 0,0 1,0 4,0 1,0 7,1 9, Seno 22,9 20,3 7,6 19,5 5,9 0,0 1,7 3,4 0,0 4,2 14, Lacustre 15,4 5,8 34,6 11,5 19,2 0,0 0,0 3,8 0,0 7,7 1, Gourma 33,9 16,1 0,0 22,6 1,6 0,0 0,0 3,2 8,1 8,1 6, Vulnérabilité(ns) Très vulnérable 15,2 17,8 10,2 22,0 7,8 1,5 0,6 6,0 1,8 5,8 11, Moyen vulnérable 18,5 20,1 11,8 10,5 12,5 4,1 1,5 6,3 2,3 4,9 7, Peu vulnérable 19,4 21,9 9,6 11,6 16,0 3,5 0,0 3,8 1,2 5,4 7, Sexe(**) Masculin 17,8 11,7 10,1 18,2 12,0 3,8 1,0 7,3 2,2 6,8 9, Féminin 16,0 44,2 11,9 7,6 9,7 0,0 0,0 0,0 0,5 1,1 9, Caste(**) Noble 18,2 19,6 8,8 11,8 14,0 2,5 1,0 6,8 2,2 4,7 10, Ex-esclaves 16,7 19,9 18,7 26,9 3,3 0,0 0,0 0,7 0,7 7,8 5, Autre caste 9,2 18,4 6,3 28,5 5,5 16,6 0,0 4,6 0,0 6,3 4, Ethnie(**) Bambara 17,9 37,2 0,0 4,5 4,5 4,5 0,0 4,5 4,5 9,0 13, Peulh 14,8 17,7 8,1 16,3 25,4 0,0 0,0 8,6 2,0 3,3 3, Dogon 16,7 23,9 12,3 18,5 0,7 0,0 2,0 3,0 0,0 6,9 15, Sonrai 42,3 2,2 0,0 23,3 0,0 5,5 0,0 2,2 11,1 11,1 2, Autre 15,8 7,6 31,1 3,8 1,2 26,7 0,0 3,8 0,0 2,4 7, Ensemble 17,4 19,6 10,5 15,7 11,4 2,8 0,7 5,5 1,8 5,4 9,
53 5. Apport de la Migration au Ménage Dans cette section nous étudierons les apports des migrants dans leurs ménages respectifs. Nous avons cherché à déterminer ce que les migrants envoient pendant leur séjour, à leur ménage resté au village et / ou ce qu ils ramènent avec eux à leur retour, que l apport soit en argent ou en nature (vivres, biens d équipement, vêtements, etc.). La migration est analysée cette fois à l'échelle du ménage avec l'examen des caractéristiques des ménages pratiquant la migration (tableau 3.17). Près de la moitié des ménages (44%) du milieu rural de la région de Mopti compte au moins un membre parti en migration au cours des 12 mois ayant précédé l enquête, pour une période minimum de 2 mois, ce qui est une bonne indication de l ampleur du phénomène migratoire de la région. La proportion de ménages ayant au moins un migrant au cours des 12 derniers mois avant l enquête est variable selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles. Selon la strate, les ménages de la zone lacustre et ceux du gourma sont ceux dont les membres effectuent le plus la migration. En effet, on note que plus de la moitié des ménages de la zone lacustre (63%) et du Gourma(53%) ont au moins une personne en migration. Selon la vulnérabilité, on note que la migration est plus répandue au sein des ménages peu vulnérables (61%) que dans les ménages moyennement (43%) et très vulnérables (38%). Ce résultat est en opposition avec ce que nous avons vu plus haut à l échelle des individus, ou le rapport entre migration et vulnérabilité n était pas significatif. Ici, on peut penser que le phénomène migratoire est répandu à travers les ménages peu vulnérables, mais le nombre de personnes qui y vont est moindre comparé à celui des ménages très vulnérables, qui comptent davantage de personnes. La migration est aussi fonction du sexe du chef de ménage. Les ménages dirigés par une femme sont moins nombreux en proportion à pratiquer la migration (31%) que ceux dirigés par un homme (45%). Le taux de migration moins élevé des ménages dirigés par une femme serait lié à une insuffisance de main d œuvre dans ces ménages. Tableau 3.17 : Caractéristiques des ménages des migrants Strate (**) Vulnérabilité (**) Sexe du CM (**) % de ménages ayant au moins un migrant pour raison économique Effectif des ménages Delta 39,8 256 Plateau 35,3 128 Seno 50,0 176 Lacustre 63,3 26 Gourma 53,4 33 Très vulnérable 38,1 332 Moyen vulnérable 43,1 178 Peu vulnérable 60,7 108 Masculin 45,1 549 Féminin 30,8 70 Ensemble 43,5 618 Nous avons demandé aux ménages ayant eu au moins un migrant au cours des 12 derniers mois avant l enquête, quel était le degré de contribution des apports de la migration dans leur système de vie (tableau 3.18). La contribution de la migration au système de vie des ménages est considérée comme très importante pour un peu plus de la moitié des ménages (51%). Seules les différences d appréciation selon l ethnie sont significatives. En effet, plus de la moitié des ménages Peuls (61%), Sonrhaï (56%) et ceux des autres ethnies (64%) ont déclaré que la contribution de la migration est très importante pour leur système de vie. 43
54 Tableau 3.18 : Niveau de contribution de la migration au système de vie du ménage selon quelques caractéristiques Strate (ns) Degré de contribution de la migration au système de vie du ménage Effectif des ménages ayant au moins un migrant Très Moyen Peu Total Delta 48,6 30,6 20, Plateau 52,1 27,1 20, Seno 50,7 28,0 21, Lacustre 50,0 26,3 23, Gourma 61,3 25,8 12, Vulnérabilité (ns) Très vulnérable 48,7 31,5 19, Moyen vulnérable 50,3 26,3 23, Peu vulnérable 55,4 25,5 19, Sexe du CM (ns) Masculin 51,9 28,2 19, Féminin 37,8 32,9 29, Caste du CM (ns) Noble 49,3 29,2 21, Ex-esclaves 56,3 28,9 14, Forgeron 42,5 18,5 39, Autre caste 59,5 27,0 13, Ethnie du CM (*) Bambara 29,1 22,4 48, Peulh 60,7 23,9 15, Boso 28,6 42,9 28, Dogon 43,2 33,3 23, Sarakolé 46,4 30,4 23, Sonrai 56,3 27,0 16, Autre 64,4 35,6 0, Ensemble 50,8 28,6 20, Tous les types d envois ou d apports effectués par les migrants en faveur de leur ménage d'origine ont été saisis au cours de l'enquête. Pour les envois ou apports en nature, nous avons demandé aux enquêtés de nous en estimer la valeur. Nous sommes conscients du fait que ces estimations sont très relatives et peuvent ne pas refléter correctement la réalité ; cependant, elles permettent de se faire une idée approximative du phénomène. Nous nous sommes intéressés uniquement aux ménages comptant au moins une personne migrante au cours des 12 derniers mois ayant précédé l enquête. Il apparaît que plus de la moitié des ménages (62%), dont au moins un membre est parti en migration, ont reçu un apport en espèce ou en nature, provenant de cette migration (tableau 3.19). Seules les différences d envoi selon la strate sont significatives. A ce sujet, on note que ce sont les ménages de la zone lacustre(74%) et du Gourma (81%) qui ont surtout reçu des envois de leurs membres en migration. A l opposé, les ménages du Plateau (44%) sont ceux qui ont moins reçu d appui de leurs membres en migration. 44
55 Tableau 3.19 : Répartition des ménages comptant au moins un migrant selon la réception d un envoi du migrant et quelques caractéristiques % de ménages ayant reçu un envoi des migrants Effectif des ménages comptant au moins un migrant Strate (*) Delta 61,1 102 Plateau 43,8 45 Seno 65,3 88 Lacustre 73,7 17 Gourma 80,6 18 Vulnérabilité (ns) Très vulnérable 66,2 127 Moyen vulnérable 52,6 77 Peu vulnérable 63,5 65 Sexe du CM (ns) Masculin 61,3 247 Féminin 65,2 21 Caste du CM (ns) Noble 61,3 191 Ex-esclaves 67,7 57 Forgeron 40,5 13 Autre caste 59,5 9 Ethnie du CM (ns) Bambara 61,2 15 Peulh 62,1 118 Boso 57,1 10 Dogon 58,6 101 Sarakolé 53,6 6 Sonrai 81,3 14 Autre 75,4 6 Ensemble 61,6 269 Le tableau 3.20 nous donne des informations sur le montant total de la migration selon la vulnérabilité et la zone des ménages. Pour cette analyse, seuls ont été retenus les 166 ménages qui ont effectivement reçu un apport de la migration. 45
56 Tableau 3.20 : Apport moyen de la migration par ménage ayant au moins un migrant selon la vulnérabilité et la zone Montant en milliers de FCFA Effectif des ménages ayant reçu un apport Espèce Nature Total Strate Delta 54,7 66,5 92,6 62 Plateau 36,4 65,2 76,1 20 Seno 52,2 48,3 72,0 57 Lacustre 61,3 38,5 59,2 12 Gourma 44,3 22,5 56,0 14 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Vulnérabilité Très vulnérable 39,9 34,8 53,3 84 Moyen vulnérable 48,9 72,3 91,5 40 Peu vulnérable 70,7 73,4 114,2 42 Khi-deux (**) (**) (**) Sexe du CM Masculin 51,6 57,4 81,1 152 Féminin 25,0 36,6 43,7 14 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Caste du CM Noble 58,6 64,8 91,6 117 Ex-esclaves 33,2 37,7 50,8 38 Forgeron 13,4 17,8 23,6 5 Autre caste 11,3 16,7 21,7 5 Khi-deux (*) (ns) (**) Ethnie du CM Bambara 57,3 35,4 69,0 9 Peulh 55,2 53,9 83,9 73 Boso 50,0 62,4 74,9 6 Dogon 42,2 62,9 72,0 59 Sarakolé 80,0 72,8 142,1 3 Sonrai 53,3 27,3 64,6 11 Autre 32,1 45,0 66,0 4 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Ensemble 50,6 55,1 77,9 166 Les ménages comptant au moins un migrant, ayant envoyé ou rapporté quelque chose de sa migration, ont reçu en moyenne FCFA. L apport en argent est légèrement inférieur à l apport en nature. L apport de la migration diminue avec la vulnérabilité. Les ménages les moins vulnérables ont reçu plus d apport de la migration que les ménages très vulnérables. En effet, les ménages peu vulnérables ont reçu un apport moyen de FCFA, les ménages moyennement vulnérables, FCFA, enfin les très vulnérables n ont reçu que FCFA. De même, les nobles semblent tirer davantage profit de la migration que les ménages de castes. En effet, tandis que l apport moyen de la migration reçu par les ménages de nobles était de FCFA, celui des ex-esclaves se chiffrait à FCFA, celui des forgerons à FCFA et enfin celui des autres castes s élevait à FCFA. Nous avons également cherché à analyser l apport de la migration selon la destination et le type de travail effectué par les migrants (tableau 3.21), ceci pour savoir si la contribution de la migration est fonction de la distance ou du type de travail effectué. Les apports de la migration varient selon la destination et le type de travail effectué par le migrant durant son séjour. 46
57 Tableau 3.21 : Montant moyen apporté par migrant selon la destination et le type de travail Destination migrants (**) Type de travail (**) Montant moyen en millier de FCFA Effectif des migrants des Bamako 16,5 113 Ségou ville 44,1 15 Même cercle 12,1 65 Autre Mali 31,4 67 Côtes d Ivoire 42,7 105 Autre Afrique 76,5 30 Suit les pâturages 10,1 17 Mopti ville 16,3 36 Commerce/petit commerce 45,2 78 Travaux domestique 19,4 88 Travaux dans les plantations 41,3 47 Travaux manuels 22,5 70 Berger 13,5 51 Pêche 47,7 13 Maçon 18,7 3 Ouvrier 65,1 25 Talibé 0,8 8 Autre 21,1 24 NSP 17,4 41 Ensemble 28,9 447 A l exception des migrants qui vont dans la ville de Bamako, l apport de la migration semble être fonction de la distance. En effet, plus la destination est lointaine, plus importante est l apport. On note à cet effet, que ce sont les migrants qui vont vers d autres pays Africains qui apportent davantage à leur ménage ( FCFA en moyenne), suivi des migrants de la ville de Ségou ( FCFA) et de la Côtes d Ivoire ( FCFA). Les migrations en destination de la ville de Bamako sont parmi celles qui rapportent le moins au ménage ( FCFA). Il en est de même de celles en direction de la ville de Mopti ( FCFA). Selon le type de travail effectué, on note que les ouvriers apportent davantage à leur ménage ( FCFA), suivis des pêcheurs ( FCFA). 47
58 CHAPITRE 4 : LES SYSTEMES DE VIE DES MENAGES Les systèmes de vie des ménages sont l ensemble des activités de production, d échange, de consommation que les ménages mettent en place pour assurer leur fonctionnement. Dans la région de Mopti, les systèmes de vie sont basés sur l agriculture (82 % des ménages en font leur activité principale), l élevage (activité principale de 9% des ménages) et l artisanat (4% des ménages le pratiquent comme activité principale). Il existe quelques activités de maraboutage et de tradipraticien, mais elles sont toujours complétées par au moins une de ces 3 activités de base. Les activités de commerce existent également mais sont moins importantes (2% des ménages). Elles sont souvent liées aux productions agricoles, pastorales ou piscicoles des ménages. Dans ce chapitre, nous nous intéressons à toutes les dimensions du système de vie des ménages : les Activités Génératrices de Revenus (AGR) seront abordées dans un premier temps, ensuite la production agricole, puis nous terminerons par l'élevage. I. Activités Economiques des Ménages Au-delà de l activité principale des membres du ménage (chapitre 3), nous avons collecté des informations sur les activités génératrices de revenus (AGR) pratiquées par les membres du ménage, en faisant la distinction entre celles pratiquées par les hommes et celles pratiquées par les femmes. Nous avons également collecté l information sur le revenu annuel moyen que procurent ces activités. Un ménage peut avoir de nombreuses activités génératrices de revenus, ce qui lui permet une diversification de ses sources de revenus. Il y a traditionnellement des activités exclusivement exercées par les hommes, dites lourdes, et des activités spécifiquement exercées par les femmes. Cependant, les crises répétées et l augmentation du coût de la vie, générant un besoin constant d argent, ont profondément modifié la division sexuelle du travail au sein des ménages, notamment les rôles et travaux dévolus aux femmes. Le tableau suivant présente les principales activités génératrices de revenu pratiquées. L artisanat constitue la principale activité rémunérée effectuée par les ménages. Elle concerne plus de la moitié des ménages (55%). Le petit commerce et la confection de cordes occupent la seconde place avec environ le quart des ménages (respectivement 28% et 24%). Les AGR liées à l élevage, le travail agricole salarié et le maraîchage occupent également une bonne partie des ménages (respectivement 16%, 14% et 13%). La pêche est pratiquée par seulement 8% des ménages. Selon la vulnérabilité, il n apparaît pas une spécialisation dans une activité particulière. Cependant, on peut noter que les AGR liées à l élevage (vente de produits d élevage, embouche) sont pratiquées généralement par les moins vulnérables. Ceci est justifié par le fait que ce sont des activités qui demandent des investissements qui ne sont pas à la portée des plus vulnérables. De même, la pêche est surtout pratiquée par les ménages peu vulnérables (13% contre 8% de ménages moyennement vulnérables et 7% de ménages très vulnérables). Selon la zone, l artisanat est surtout pratiqué dans le Plateau et le Seno par la majorité des ménages qui y vivent (respectivement 88% et 74%). Le Delta reste la seule zone de pêche. Elle y est pratiquée par 20% des ménages. La confection des cordes reste une activité majeure dans la zone lacustre où elle est pratiquée par plus de trois quarts des ménages (68%). 48
59 Tableau 4.1 : Proportion des ménages pratiquant les AGR selon la vulnérabilité et la strate Vulnérabilité Strate Activité du ménage Très Moyen Peu Delta Plateau Seno Lacustre Gourma Ensemble Artisanat 52,0 65,1 48,4 34,2 88,0 73,8 18,4 17,4 55,0 Petit commerce 22,6 32,3 35,2 22,1 24,2 37,2 18,4 38,2 27,5 Confection de cordes 25,1 24,2 21,2 39,2 12,5 8,0 68,8 3,5 24,1 Elevage/embouche, vente prdt élevage 10,4 21,8 23,2 15,4 11,7 20,6 5,0 19,1 15,9 Travail agricole salarié 14,2 12,6 18,3 18,2 16,1 4,7 18,4 27,8 14,4 Maraîchage 10,5 17,8 12,6 10,5 40,3 0,7 0,0 1,7 13,0 Pêche 7,2 7,9 13,1 20,4 0,0 0,0 0,0 0,0 8,4 Domestique 6,4 4,5 4,6 6,1 5,9 4,7 0,0 8,7 5,5 Construction 4,5 6,0 5,7 6,1 5,9 2,7 6,7 6,9 5,1 Vente de ress. Naturelle 6,2 2,9 5,5 4,4 6,6 4,7 5,0 6,9 5,1 Berger 4,9 4,3 4,9 3,3 5,1 5,3 5,0 10,4 4,7 Transformation de produits agricoles 5,2 3,6 3,8 2,8 5,9 5,3 1,7 10,4 4,5 Marabout 2,6 9,3 1,4 8,3 1,5 1,3 0,0 3,5 4,3 Coiffure et tressage 3,4 4,5 2,5 2,8 5,1 3,3 3,4 5,2 3,6 Fétichisme 1,4 2,3 4,5 0,0 4,4 3,3 0,0 6,9 2,2 Moudre/piler céréales 2,5 1,8 0,9 1,7 0,7 3,3 3,4 1,7 2,0 Réparateur radio/moto 0,8 0,3 3,3 0,6 0,0 2,7 0,0 1,7 1,1 Transport 0,8 0,2 3,3 1,1 0,7 1,3 1,7 0,0 1,1 Autre activité 11,0 10,4 12,0 9,9 9,5 14,6 5,0 10,4 11,0 Effectif des ménages Ces AGR sont vitales pour les ménages. C est à travers elles que les ménages peuvent se créer des revenus monétaires. Les AGR sont souvent le complément indispensable permettant aux membres des ménages de payer tout ce qui n est pas strictement alimentaire. Nous nous sommes donc intéressés aux apports monétaires des AGR selon les différentes catégories de vulnérabilité, les résultats de l analyse sont présentés dans le tableau 4.2. Les niveaux de revenus que nous avons collectés sont, bien entendu des estimations données par le chef de ménage ou par la personne ayant répondu au questionnaire ménage. Cela nous permet simplement d avoir un ordre de grandeur et surtout d estimer les différences entre ce que rapportent les différentes activités et entre ce que gagnent les hommes et les femmes pour une même activité. Les données du tableau 4.2 nous renseignent sur le montant annuel individuel moyen (en millier de FCFA) gagné par un homme d un ménage pratiquant l activité X, le montant annuel individuel moyen gagné par une femme d un ménage pratiquant la même activité, ainsi que le montant annuel moyen gagné par le ménage dans lequel cette activité X est pratiquée. 49
60 Tableau 4.2 : Montants annuel individuels moyen (en millier de FCFA) issus des AGR selon la vulnérabilité du ménage et le sexe de l individu Très vulnérables Moyen vulnérable Peu vulnérable Activité du ménage Hommes Femmes Ensemble Hommes Femmes Ensemble Hommes Femmes Ensemble Artisanat 28,2 12,5 16,4 30,8 10,1 15,3 15,2 8,8 10,4 Petit commerce 39,5 22,3 25,6 61,5 19,2 40,9 50,0 27,2 36,1 Confection de cordes 12,5 16,7 15,8 19,3 13,1 14,5 15,1 7,7 8,8 Elevage/embouche, vente prdt élevage 27,3 12,4 20,9 33,6 20,4 29,2 85,6 33,8 65,7 Travail agricole salarié 18,9 6,2 18,5 31,7 25,0 31,4 20,3 13,5 20,0 Maraîchage 22,4 15,6 20,2 21,7 13,3 16,9 26,1 10,1 25,3 Pêche 33,1 6,7 32,2 24,0 12,5 22,7 21,9 21,9 Domestique 12,1 1,7 2,9 5,4 2,1 4,0 0,0 0,0 Construction 48,9 48,9 37,3 37,3 24,9 24,9 Vente de ress. naturelle 34,9 5,6 15,9 130,3 0,3 102,9 17,1 12,5 16,1 Berger 29,1 0,0 27,0 35,6 35,6 80,5 80,5 Transformation de produits agricoles 11,4 11,4 14,4 14,4 7,4 7,4 Marabout 60,8 60,8 83,0 83,0 50,0 50,0 Coiffure et tressage 26,4 26,4 10,0 9,1 9,2 8,5 8,5 Fétichisme 22,0 22,0 99,1 20,0 76,4 39,9 39,9 Moudre/piler céréales 6,8 6,8 2,6 2,6 5,9 5,9 Réparateur radio/moto 41,4 41,4 12,5 12,5 41,7 41,7 Transport 28,1 28,1 7,0 7,0 8,9 3,3 7,4 Autre activité 53,5 17,9 42,8 47,9 0,0 47,9 52,0 35,0 48,3 Ensemble des activités 31,1 14,1 21,4 41,1 12,9 27,7 37,2 15,5 27,3 En règle générale, les montants moyens individuels pour une même activité sont très différents selon le niveau de vulnérabilité et ne semblent pas obéir à un schéma classique qui voudrait que les plus riches aient des revenus plus élevés que les plus pauvres. Ceci peut avoir plusieurs explications, notamment, la fréquence et l intensité des AGR ainsi que l investissement mis dans l AGR. Ainsi, on peut noter que les individus des ménages très vulnérables tirent l essentiel de leur revenu des activités de maraboutage ( FCFA par an et par individus), les constructions ( FCFA) et les réparations(41.400fcfa). Quant à ceux des ménages moyennement vulnérables leur revenu provient essentiellement de la vente des ressources naturelles ( FCFA et par individu), le maraboutage ( FCFA) et le fétichisme ( FCFA). Enfin, ceux des ménages peu vulnérables tirent essentiellement leurs revenus des activités d élevage : embouche/vente de produits d élevage (65700 FCFA par an et par individu) et berger ( FCFA). Les activités d artisanat, bien que pratiquées par une majorité de ménages, surtout les plus vulnérables sont parmi celles qui procurent le moins de revenus aux individus qui les exercent (environ FCFA par an aux individus des ménages très vulnérables, FCFA à ceux des ménages moyennement vulnérables et FCFA à ceux des ménages peu vulnérables). On peut aussi noter qu en général le revenu moyen tiré par les hommes d une activité est supérieur à celui des femmes pour la même activité et ce, pour pratiquement tous les niveaux de vulnérabilité. 50
61 II. Les Equipements des Ménages Au cours de l'enquête, les équipements possédés par les ménages ont été recensés, de même que certaines informations concernant ces équipements : quantité possédée, propriétaire, valeur estimative du bien et enfin mode d'acquisition. Nous avons regroupé les équipements en 5 grandes catégories : les animaux de traits, les équipements agricoles rudimentaires et de haut niveau, les moyens de transport, les biens durables et les autres types de biens. Les résultats de notre analyse selon la vulnérabilité figurent dans le tableau ci-dessous. Tableau 4.3: Proportion de ménages possédant les équipements selon la vulnérabilité Equipement Très vulnérable ANIMAUX DE TRAIT Vulnérabilité Moyen vulnérable Peu vulnérable Ensemble Animaux de trait 24,6 45,3 62,4 37,2 EQUIPEMENTS AGRICOLES RUDIMENTAIRES Houe ou daba 78,7 87,2 84,4 82,1 Hache 61,3 77,1 81,7 69,4 Faucille 53,2 59,8 56,9 55,7 Puisette 49,5 65,9 65,1 57,0 Coupe-coupe 37,8 48,6 51,4 43,3 Pioche 33,3 40,2 38,5 36,2 Charrue 22,2 44,1 59,6 35,1 Râteau 7,5 19,0 14,7 12,1 Binette 6,9 8,4 1,8 6,4 Pelle 6,6 15,6 17,4 11,1 Barre à mine 4,8 6,1 7,3 5,6 Arrosoir 1,5 3,4 1,8 2,1 Herse 1,5 2,2 3,7 2,1 Hilaire 0,3 1,1 0,0 0,5 Brouette 0,3 0,6 0,9 0,5 EQUIPEMENTS AGRICOLES DE HAUT NIVEAU Décortiqueuse 0,0 1,7 1,8 0,8 Moissonneuse / batteuse 0,0 0,6 0,0 0,2 Appareil de traitement phytosanitaire 0,0 0,6 0,0 0,2 MOYENS DE TRANSPORT Charrette 18,9 38,5 45,9 29,3 Bicyclette 15,3 36,9 33,0 24,6 Moto 5,4 12,3 17,4 9,5 Pirogue 1,2 2,2 9,2 2,9 BIENS DURABLES Mortier 83,5 89,4 90,8 86,5 Tasses 72,7 78,2 78,0 75,2 Poste radio 40,5 62,0 71,6 52,2 Bijoux 30,6 43,0 34,9 34,9 Lits 26,1 31,8 36,7 29,6 Abreuvoir 6,9 9,5 17,4 9,5 Foyer amélioré 3,6 3,9 3,7 3,7 Selle 1,8 2,8 4,6 2,6 Machine à coudre 1,2 3,4 3,7 2,3 D'une manière générale, on note que les ménages les moins vulnérables sont mieux nantis en équipements que les ménages les plus vulnérables. Ce constat se vérifie au niveau de la presque totalité des équipements considérés. 51
62 III. Exploitation Agricole Dans cette section nous allons étudier l'exploitation agricole effectuée par les ménages au cours de la campagne La production agricole constitue la base des activités de l ensemble des ménages de la zone. Presque tous les ménages la pratiquent. Les systèmes de production sont complexes et variés et dépendent de nombreux facteurs tels que : la fertilité des sols, la disponibilité de la main d œuvre et des animaux de traits et l accès au matériel de production. Par ailleurs, les niveaux de production sont généralement bas, à cause de nombreuses contraintes : dégradation des ressources naturelles de base, imputable en partie à la baisse des précipitations, les déprédateurs, etc.. De plus les techniques agricoles sont souvent inefficaces et peu adaptées, la main d œuvre essentiellement manuelle et les intrants difficilement accessibles à cause de leurs coûts et de l enclavement de la zone. Les principales cultures de la zone sont pour les céréales : le riz, le mil, le sorgho et dans une moindre mesure, le mais et le fonio. Les cultures maraîchères sont : l oignon, le gombo, le niébé. La pluviométrie aléatoire de la zone ne permet pas de sécuriser un type de culture et les crues du fleuve sont également instables et jouent de façon sensible sur les cultures fluviales, comme le riz, principale production de la région. 1. Caractéristiques des exploitants Dans cette section, nous analysons la pratique culturale pendant la campagne Le tableau 4.4 nous donne les caractéristiques des ménages d exploitants agricoles 15. On note dans l ensemble, que près de 5% des ménages n ont pas du tout exploité de champs pendant cette campagne, nous examinerons plus tard les raisons de cette non-exploitation. Selon la vulnérabilité on note que la tendance à exploiter diminue avec la vulnérabilité. En d autres termes, les ménages les plus vulnérables sont ceux qui ont le moins exploité au cours de la campagne agricole. Bien qu une majorité des ménages très vulnérables (93%) aient cultivé, cette proportion reste toujours faible comparée aux moins vulnérables. En effet on note que la presque totalité des ménages peu vulnérables (99,6%) et une écrasante majorité des ménages moyennement vulnérables (96%) ont exploité au moins une parcelle pendant la campagne agricole. Les raisons évoquées par les ménages très vulnérables pour expliquer cette non-exploitation sont par ordre d importance : l insuffisance de main d œuvre, le manque de moyens pour payer les intrants et le manque de terres. Selon la strate, on peut dégager trois grandes zones : Les zones presque exclusivement agricoles (97% à 99% des ménages ont exploité au cours de la période): la presque totalité des ménages de ces zones ont exploité au cours de la campagne agricole. Il s agit des zones de plaine à savoir le Gourma et le Seno, ce sont des zones propices à l agriculture. Les zones intermédiaires (92% à 95% des ménages ont exploité): le Delta et le Plateau. Le Delta est une zone propice, c est une zone riche en activités, plusieurs activités peuvent y être menées. Dans cette zone, la faible exploitation serait principalement liée au fait que les ménages ne sont pas tous exclusivement agricoles. Par contre, dans le plateau ceci pourrait s expliquer par la vulnérabilité et les manques de moyen des ménages pour exploiter. 15 Ménages d exploitants agricoles : il s'agit des ménages qui pratiquent habituellement l'agriculture, que ce soit comme activité principale ou secondaire. Dans ce lot, nous avons des ménages qui pratiquent l'agriculture en même temps que la pêche par exemple. 52
63 Les zones à faible exploitation (88% des ménages ont exploité): il s agit de la zone lacustre. Les raisons de non-exploitation seraient liées à la vulnérabilité et au fait que l agriculture n est pas dans le système de production, terre non propice à la production à cause notamment des inondations. Tableau 4.4 : Caractéristiques des ménages ayant exploité au cours de la campagne : Répartition des ménages selon l exploitation agricole au cours de la campagne et diverses caractéristiques Vulnérabilité (**) Strate (**) Sexe du CM(**) Caste du CM(ns) Ethnie du CM(**) % ayant cultivé au cours de l'année Très vulnérable 93,0 332 Moyen vulnérable 95,5 178 Peu vulnérable 99,6 108 Delta 92,3 256 Plateau 94,9 128 Seno 99,3 176 Lacustre 88,3 26 Gourma 96,6 33 Masculin 96,6 549 Féminin 81,0 70 Noble 94,3 444 Ex-esclaves 96,0 129 Forgeron 94,5 25 Autre caste 100,0 20 Bambara 100,0 29 Peulh 90,0 261 Boso 93,3 21 Dogon 98,5 251 Sarakolé 100,0 25 Sonrai 100,0 21 Autre 96,0 11 Ensemble 94,9 618 Effectif des ménages Selon le sexe du chef de ménage, on note que les ménages dirigés par les femmes ont moins exploité que ceux dirigés par les hommes (81% de ménages dirigés par les femmes contre 97% de ménages dirigés par les hommes). Les principales raisons évoquées pour expliquer cette nonexploitation sont : le manque de terre et de main d œuvre. Traditionnellement les femmes n ont pas droit à la propriété foncière, l agriculture étant le domaine réservé aux hommes, ce qui fait qu elles sont obligées de s adonner à d autres activités (telles que le petit commerce). Aussi les ménages dirigés par les femmes sont généralement des ménages de petite taille, constitués essentiellement de femmes et d enfants (cf. chapitre 3), alors que l agriculture traditionnelle demande une main d œuvre conséquente, vu la faible mécanisation. Nous rappelons que la main-d œuvre est également un des indicateurs de vulnérabilité définis par les communautés (cf. chapitre 2). Selon l ethnie, on note que les boso, les peuls et les autres ethnies (composées de tamachèques, bellah, etc.) sont ceux qui ont le moins exploité au cours de la campagne. Ces ethnies sont traditionnellement spécialisées dans d autres activités telles que la pêche (pratiquée par les boso) et l élevage (pratiqué par les peuls et les tamachèque). 53
64 2. Pratiques culturales Dans les tableaux qui suivent, nous examinons les pratiques culturales des ménages. Il s agit en d autres termes, de la rente de parcelles, du recours à la main d œuvre salariée et des types de cultures pratiquées. La rente de parcelle est une stratégie utilisée par certains ménages pour accroître leur ressources. Elle permet aux ménages n ayant pas suffisamment de moyens pour produire de tirer un profit de leur terre en la louant à d autres. La contre partie peut-être en nature (une certaine proportion des produits agricoles issus de la récolte, main d œuvre agricole, etc.) ou en espèces. D autres ménages ayant suffisamment de terre peuvent totalement céder certaines de leurs parcelles sans aucune contrepartie pour aider les plus vulnérables pendant la période culturale. Les ménages les plus vulnérables qui n ont pas les moyens pour exploiter, à cause des investissements que cela nécessite, sont amenés le plus souvent à vendre leur force de travail aux moins vulnérables. Le tableau ci-dessous nous renseigne sur la rente ou la cession des parcelles et le recours à la main d œuvre salariée par les ménages, selon diverses caractéristiques. Tableau 4.5 : Répartition des ménages ayant exploité selon le système de location/cession des parcelles et recours à la main d œuvre salariée au cours de la campagne selon diverses caractéristiques Vulnérabilité Strate Sexe du CM Caste du CM Ethnie du CM Rente ou cession de parcelles Recours à une main d œuvre salariée Effectif des ménages ayant produit au cours de la campagne Très vulnérable 13,1 25,9 309 Moyen vulnérable 15,5 27,6 170 Peu vulnérable 15,8 33,0 107 Khi-deux (ns) (ns) Delta 12,6 44,9 236 Plateau 10,1 10,9 121 Seno 17,4 19,5 174 Lacustre 7,5 20,8 23 Gourma 30,4 14,3 32 Khi-deux (**) (**) Masculin 15,3 27,0 530 Féminin 5,2 34,2 56 Khi-deux (**) (ns) Noble 14,8 28,9 419 Ex-esclaves 14,8 19,7 124 Forgeron 4,9 35,7 24 Autre caste 11,5 42,2 20 Khi-deux (ns) (*) Bambara 14,8 44,3 29 Peulh 13,4 44,9 235 Boso 21,4 35,7 20 Dogon 11,8 11,5 247 Sarakolé 28,2 16,9 25 Sonrai 30,6 8,3 21 Autre 13,5 27,0 10 Khi-deux (ns) (**) Ensemble 14,3 27,
65 La rente de parcelles n est pas une pratique très courante dans la région de Mopti, dans la mesure ou elle est seulement pratiquée par 14% des ménages. Par contre l utilisation de la main d œuvre salariée est une pratique assez courante, car pratiquée par plus du quart des ménages (28%). Selon la strate, on note que la rente de parcelles est assez pratiquée dans le Gourma (30% des ménages) et moins dans la zone lacustre (8% des ménages). Selon le sexe du chef de ménage, on note que les ménages dirigés par une femme (5%) sont moins nombreux à pratiquer la rente/cession de parcelles relativement aux ménages dirigés par un homme (15%). Les différences de pratique de la rente/cession de parcelles selon la vulnérabilité, l ethnie et la caste du chef de ménage ne sont pas significatives. Le recours à la main d œuvre salariée est très pratiquée dans le Delta (45% des ménages). Le Delta est en effet la zone de production rizicole par excellence et la production de riz nécessite l utilisation d une grande quantité de main d œuvre. Aussi, le Delta reçoit de la main d œuvre en provenance des autres zones. Selon la caste, on note que ce sont les forgerons et les autres castes (constituées entre autres de griots) qui ont le plus recours à la main d œuvre salariée. Ceci pourrait s expliquer par le fait qu ils disposent de plus de moyens (cas des griots, comme nous l avons vu dans le chapitre précédent) ou par le fait qu ils vivent principalement dans le Delta (cas des forgerons). Aussi ces groupes étant spécialisés dans d autres formes d activité génératrices de revenu (forge, louange, etc.) ils ne se consacrent pas entièrement aux activités agricoles et choisissent à cet effet d avoir recours à de la mains d œuvre salariée. Le manque de liaison significative entre la vulnérabilité et le recours à la main d œuvre salariée, bien que surprenante pourrait cependant s expliquer. La différence existant entre les deux catégories de ménages pourrait se situer au niveau du nombre de personnes embauché et de la forme de l embauche (rémunération directe pour les moins vulnérables et rémunération après récolte pour les très vulnérables). Les ménages très vulnérables font face à un manque crucial de main d œuvre (cf. chapitre 3) pour l exploitation de leurs parcelles. Dans ce contexte deux opportunités s offrent à eux : soit louer leur parcelle et travailler comme ouvrier agricole, ou bien recruter de la main d œuvre salariée qui sera rémunérée après la récolte. Chez les moins vulnérables, qui disposeraient d exploitations plus importantes, la mains d œuvre salariée revêt un caractère plutôt professionnel. Dans les deux tableaux suivants, nous analysons les types de cultures exploitées par les ménages au cours de la campagne agricole. Nous nous intéressons tout d abord aux cultures céréalières (tableau 4.6) avant d aborder les cultures maraîchères et vivrières (tableau 4.7). 55
66 Tableau 4.6 : Répartition des ménages ayant exploité selon le type de culture céréalière pratiquée et diverses caractéristiques Vulnérabilité Strate Sexe du CM Caste du CM Ethnie du CM Mil Riz Sorgho Mais Fonio Effectifs des ménages ayant exploité Très vulnérable 77,8 23,6 20,9 1,9 9,3 309 Moyen vulnérable 87,7 20,3 21,8 3,0 13,4 170 Peu vulnérable 89,5 19,7 21,7 2,6 10,9 107 Khi-deux Delta 65,3 52,1 9,6 3,6 4,8 236 Plateau 100,0 2,3 48,8 3,9 29,5 121 Seno 100,0 0,7 16,1 0,0 9,4 174 Lacustre 100,0 7,5 30,2 0,0 0,0 23 Gourma 41,1 0,0 25,0 1,8 0,0 32 Khi-deux Masculin 84,4 21,1 21,6 2,4 11,2 530 Féminin 67,9 30,1 18,0 1,7 7,5 56 Khi-deux Noble 87,9 21,3 25,3 3,3 13,4 419 Ex-esclaves 62,8 28,5 6,6 0,0 3,2 124 Forgeron 100,0 0,0 29,7 0,0 9,9 24 Autre caste 79,1 20,9 17,3 0,0 4,6 20 Khi-deux Bambara 95,1 83,7 4,9 4,9 0,0 29 Peulh 63,8 32,9 13,4 0,0 10,4 235 Boso 100,0 21,4 28,6 14,3 0,0 20 Dogon 99,4 1,9 30,1 1,9 14,2 247 Sarakolé 75,1 67,7 16,9 16,9 5,6 25 Sonrai 75,0 0,0 36,2 2,8 0,0 21 Autre 86,5 13,5 4,2 0,0 22,4 10 Khi-deux Ensemble 82,8 21,9 21,3 2,3 10,8 587 Les principales cultures céréalières pratiquées dans la région de Mopti sont : le mil (83% des ménages), le riz (22% des ménages) et le sorgho (21%). Le mil est la culture dominante dans le plateau, le Séno et la zone lacustre, car cultivé par la quasi totalité des ménages de ces zones. Le riz est surtout cultivé dans le Delta (52% des ménages) plutôt que dans les autres zones (moins de 8% des ménages). Notons que les ménages dirigés par les femmes exploitent en proportion autant de riz que ceux dirigés par les hommes (respectivement 30% contre 21%). La culture du sorgho est surtout pratiquée dans le plateau (par 49% des ménages) et la zone lacustre (par 30% des ménages). Le tableau suivant donne les mêmes informations concernant les cultures maraîchères et vivrières. Les principales cultures sont le niébé (exploité par 30% des ménages) et l arachide (exploitée par 19% des ménages). 56
67 Tableau 4.7 : Types de cultures maraîchères et vivrières selon quelques caractéristiques Effectif des ménages ayant Oignon Oseille Gombo Niébé Arachide exploité Vulnérabilité Très vulnérable 2,4 9,8 4,9 25,6 18,4 309 Strate Sexe du CM Caste du CM Ethnie du CM Moyen vulnérable 4,7 16,2 7,4 40,6 22,8 170 Peu vulnérable 0,9 10,5 13,2 24,4 14,2 107 Khi-deux Delta 1,8 4,2 15,6 17,4 6,6 236 Plateau 10,1 20,2 0,8 44,2 38,0 121 Seno 0,0 15,4 0,0 41,6 27,5 174 Lacustre 0,0 15,1 11,3 17,0 3,8 23 Gourma 0,0 14,3 5,4 10,7 1,8 32 Khi-deux Masculin 3,1 11,7 6,9 29,7 18,6 530 Féminin 0,0 12,6 9,5 30,3 21,6 56 Khi-deux Noble 3,7 13,5 5,7 35,2 23,9 419 Ex-esclaves 0,0 4,5 10,5 13,1 1,3 124 Forgeron 0,0 20,8 9,9 20,8 28,7 24 Autre caste 4,6 10,4 13,9 28,9 12,7 20 Khi-deux Bambara 9,8 26,1 14,8 16,3 19,7 29 Peulh 1,2 6,7 11,7 22,0 8,8 235 Boso 0,0 0,0 14,3 7,1 0,0 20 Dogon 3,8 15,8 1,0 43,7 32,5 247 Sarakolé 5,6 5,6 5,6 11,3 5,6 25 Sonrai 0,0 22,3 15,2 23,6 9,6 21 Autre 0,0 11,2 4,2 11,2 11,2 10 Khi-deux Ensemble 2,8 11,8 7,2 29,7 18,9 587 Ces deux cultures sont principalement pratiquées dans le plateau (respectivement 44% et 38% pour le niébé et l arachide) et le Seno (42% et 28% pour le niébé et l arachide) par les Dogons (respectivement 44% et 32%). Notons que la culture du niébé est autant pratiquée par les ménages dirigés par une femme que ceux dirigés par un homme. Ce sont les seules cultures avec l oseille et le gombo qui sont autant pratiquées par les ménages dirigés par les femmes que ceux dirigés par les hommes. Le niébé est une culture de décrue rapide, qui se fait sur les hauteurs des mares dès que l eau s est retirée. Il est très nourrissant et sa croissance rapide autorise plusieurs récoltes annuelles. Par ailleurs, il est utilisé dans l alimentation humaine et dans l alimentation du bétail (le fourrage). Ce qui en fait un produit de choix pour les ménages les plus vulnérables ou manquant de main d œuvre. 3. Niveaux de Production Céréalière Les niveaux de production de céréales peuvent enregistrer de grandes variations selon les différents types de ménages qui les cultivent et selon les zones agro-écologiques. Le tableau 4.8 nous renseigne sur les niveaux produits par les ménages selon la vulnérabilité et la zone. Au cours de la campagne agricole
68 Tableau 4.8 : Production céréalière moyenne en kg par catégories de ménagesayant exploité au cours de la campagne agricole Vulnérabilité Strate Sexe du CM Caste du CM Ethnie du CM Mil Riz Sorgho Fonio Maïs Effectif des ménages ayant exploité Très vulnérable 766,6 907,0 150,1 112,4 161,4 309 Moyen vulnérable 1675,3 1758,2 162,7 114,5 163,4 170 Peu vulnérable 2669,5 2312,8 643,5 149,2 137,5 107 Khi-deux Delta 1025,1 1420,4 856,1 170,2 236 Plateau 694,0 75,5 137,8 97,5 130,0 121 Seno 2432,5 93,8 150,6 174 Lacustre 891,2 50,0 206,0 23 Gourma 734,8 75,0 322,8 32 Khi-deux Masculin 1513,9 1487,1 238,8 117,1 163,2 530 Féminin 291,3 427,3 66,2 86,7 50,0 56 Khi-deux Noble 1589,8 1433,4 219,9 105,5 154,1 419 Ex-esclaves 690,4 1128,0 306,9 124 Forgeron 1914,8 30,0 22,3 125,0 24 Autre caste 985,7 1401,7 100,0 400,0 20 Khi-deux Bambara 862,9 2656,5 300,0 29 Peulh 684,4 867,6 283,2 250,0 235 Boso 2015,4 933,3 1225,0 350,0 20 Dogon 1906,4 17,3 125,5 115,8 50,0 247 Sarakolé 1216,3 2362,5 833,3 50,3 25 Sonrai 602,4 61,2 276,9 21 Autre 2880,4 80,0 10 Khi-deux Ensemble 1413,7 1360,5 223,9 115,8 154,1 587 Les principales productions céréalières sont le mil qui procure une moyenne de 1.413,7 kg à chaque ménage par ans, suivi du riz (1.360,5 kg), du sorgho (223,9 kg), du maïs (154,1 kg) et du fonio (115,8 kg). Quelque soit la spéculation considérée (à l exception du maïs), on note que la quantité moyenne produite est proportionnelle au niveau de vulnérabilité. Ainsi les moins vulnérables sont ceux qui tirent le plus de profit de la production agricole. On note aussi que les ménages dirigés par les femmes produisent toujours moins que ceux dirigés par les hommes. Dans la section précédente, nous avons mis en évidence le fait que les femmes chefs de ménages cultivaient autant que les hommes et que les plus vulnérables pratiquaient autant l activité agricole que les moins vulnérables. Ici on relève des différences dans les quantités produites, ce qui pourrait s expliquer par des différences d investissement (intrants, main d œuvre, nombre de parcelles exploitées, etc.) entre les plus vulnérables et les moins vulnérables. IV. L Elevage La région de Mopti est une région à grandes potentialités pastorales et l élevage joue un rôle très important dans les stratégies de vie et de survie de presque tous les ménages de la région. Pratiquement toutes les espèces y sont élevées : les bovins, les ovins et les caprins, les camélidés, les équidés et la volaille. Ces animaux n ont pas tous la même valeur ni le même prestige social aux yeux des différents groupes ethniques qui vivent dans la région. De même, certaines espèces 58
69 (caprins et volailles) sont plus souvent élevées par les femmes et les espèces considérées comme plus nobles (camélidés et bovins) sont l apanage des hommes. Les ânes sont utilisés comme animaux de bats et sont donc indispensables aux déplacements des personnes et des marchandises. Par ailleurs, le cheptel dans son ensemble est considéré comme une épargne sur pied et est utilisé par les ménages quand un besoin monétaire se fait sentir, pour pallier une crise ou encore, comme c est le cas avec le petit bétail, pour financer les évènements sociaux et religieux (baptêmes, mariages, Tabaski, etc.) ou pour payer les frais de santé. Cet élevage pratiqué de façon extensive nécessite tout de même des investissements de la part des ménages, en ce qui concerne l alimentation du bétail, plus spécifiquement en saison sèche, et la vaccination, notamment pour les bovins. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que cela entraîne une consommation importante des ressources naturelles de la région (l eau, les herbacées et pâturages aériens, etc.). De plus, à cause de la croissance de la population, les espaces d habitat humain et agricoles ont augmenté, notamment au Delta, en empiétant sur des zones traditionnellement réservées au bétail, ce qui génère des conflits fonciers importants. Dans cette section, nous nous intéressons dans un premier temps, à la possession d animaux par les ménages et aux disparités sociales et de genre dans la possession du cheptel. Pour finir, la contribution du cheptel et de ses produits dérivés à la sécurité des conditions de vie des ménages sera étudiée. Le tableau suivant nous donne la répartition des ménages de l enquête selon le type d animaux possédés. Un peu plus d un dixième des ménages ne possèdent aucun animal et ne pratiquent donc pas du tout l élevage. Cependant, plus du quart des ménages (30%) possèdent au moins 4 types d animaux, c est dire l importance de l élevage dans le système de vie des ménages de la région. Tableau 4.9 : Nombre de type d'animaux possédés par les ménages selon quelques caractéristiqus Vulnérabilité(**) Strate(**) Sexe du CM(**) Caste du CM(**) Ethnie du CM(**) Diversité de possession d'animaux Aucun 1 type 2 types 3 types 4 types et + Total Effectif des ménages Très vulnérable 18,7 23,8 27,8 13,0 16, Moyen vulnérable 3,1 11,7 24,9 18,5 41, Peu vulnérable 1,3 2,4 15,2 28,5 52, Delta 14,9 20,4 27,1 17,7 19, Plateau 6,6 14,0 31,6 19,1 28, Seno 6,7 12,7 16,7 15,3 48, Lacustre 13,3 16,7 26,7 13,3 30, Gourma 22,4 17,2 22,4 20,7 17, Masculin 9,4 14,2 24,9 18,8 32, Féminin 25,3 35,2 24,3 5,7 9, Noble 10,1 16,9 24,3 18,5 30, Ex-esclaves 17,0 19,7 20,5 16,2 26, Forgeron 4,7 8,4 42,1 3,7 41, Autre caste 7,0 0,0 41,6 14,4 37, Bambara 4,9 9,8 45,8 24,6 14, Peulh 15,7 20,6 22,1 18,9 22, Boso 13,3 26,7 33,3 20,0 6, Dogon 7,2 13,0 22,6 14,8 42, Sarakolé 0,0 18,7 45,2 19,2 16, Sonrai 19,5 13,9 29,1 13,9 23, Autre 16,9 0,0 10,7 12,9 59, Ensemble 11,2 16,6 24,8 17,3 30,
70 Le nombre de types d animaux possédés est proportionnel au niveau de vulnérabilité (graphique 4.1). Les ménages très vulnérables sont les plus nombreux en proportion (19%) à ne posséder aucun animal, cette proportion n est que de 3% chez les ménages moyennement vulnérables et 1% chez les ménages peu vulnérables. A l opposé, les ménages peu vulnérables sont, en proportion, plus nombreux à posséder au moins quatre types différents de cheptel. Ainsi on note que plus de la moitié(53%) des ménages peu vulnérables et près de la moitié (42%) des ménages moyennement vulnérables possèdent au moins quatre types différents de bétail, cette proportion n est que de 17% chez les ménages très vulnérables. Graphique 4.1 : Nombre de types d animaux possédés par les ménages selon la vulnérabilité 60,0 50,0 40,0 30,0 20,0 10,0 0,0 Aucun 1 type 2 types 3 types 4 types et + Diversité de posséssion d'animaux Très vulnérable Moyen vulnérable Peu vulnérable Source : Tableau 4.9 Suivant la strate, c est au Seno (où 49% des ménages possèdent au moins 4 types différents de cheptel), au Plateau (29%) et dans la zone lacustre (30%) que les ménages diversifient le plus l élevage. Les résultats selon le sexe du chef de ménage laissent voir que les ménages dirigés par une femme diversifient moins l élevage que ceux dirigés par un homme. Selon la caste, on note que les forgerons et les autres castes diversifient davantage leur élevage comparativement aux ex-esclaves et aux nobles. En effet, tandis que 41% des ménages forgerons et 37% des ménages appartenant aux autres castes possèdent au moins 4 types différents de cheptel, seuls 30% des ménages nobles et 27% des ménages appartenant aux ex-esclaves possèdent 4 types différents de cheptel. Considérant l ethnie, on note que ce sont les ménages des autres ethnies (composés, entre autres de tamachèques) et les ménages dogon qui diversifient le plus leur cheptel. En effet, plus de la moitié (59%) des ménages des autres ethnies et près de la moitié (42%) des ménages dogon possèdent au moins quatre types différents de cheptel. Les résultats du tableau 4.10 montrent que les principales espèces possédées par les ménages sont : la volaille (58%), les ovins (54%), les caprins (50%), les bovins (45%). Les pourcentages sont nettement moins élevés en ce qui concerne les animaux plus prestigieux tels les chevaux (7 % des ménages). 60
71 Tableau 4.10 : Types d'animaux possédés par les ménages selon quelques caractérisitiques Vulnérabilité Strate Sexe du CM Bovin Ovin Equidés Caprin Chevaux Anes Volaille Effectif des ménages Très vulnérable 25,6 43,4 36,9 3,2 29,4 50,4 332 Moyen vulnérable 56,9 62,8 65,7 12,3 46,2 63,3 178 Peu vulnérable 83,1 71,1 64,1 8,7 57,0 70,8 108 Khi-deux (**) (**) (**) (**) (**) (**) Delta 56,4 44,2 37,0 2,8 27,6 45,9 256 Plateau 34,6 59,6 53,7 0,7 32,4 76,5 128 Seno 43,3 64,0 64,7 18,7 60,7 64,7 176 Lacustre 25,0 56,7 53,3 0,0 48,3 53,3 26 Gourma 15,5 50,0 55,2 3,4 31,0 43,1 33 Khi-deux (**) (**) (**) (**) (**) (**) Masculin 48,2 56,4 52,4 7,6 41,2 60,4 549 Féminin 16,4 33,7 30,6 0,0 22,0 36,4 70 Khi-deux (**) (**) (**) (**) (**) (**) Caste du CM Noble 49,0 52,9 50,6 7,2 38,6 58,3 444 Ex-esclaves 31,3 53,0 47,2 1,1 38,5 52,7 129 Forgeron 36,4 66,3 55,1 19,7 39,1 70,2 25 Autre caste 42,9 65,3 48,6 18,5 52,6 60,6 20 Khi-deux (**) (ns) (ns) (**) (ns) (ns) Ethnie du CM Bambara 73,9 54,2 21,2 0,0 24,6 60,6 29 Peulh 45,1 47,4 51,2 2,7 29,4 42,8 261 Boso 66,7 20,0 20,0 0,0 13,3 60,0 21 Dogon 37,2 64,5 56,1 13,1 53,5 71,5 251 Sarakolé 73,4 36,2 28,2 5,6 21,0 75,7 25 Sonrai 23,6 52,7 51,4 2,8 37,5 45,8 21 Autre 59,4 72,3 61,6 0,0 70,1 66,1 11 Khi-deux (**) (**) (**) (**) (**) (**) Ensemble 44,6 53,8 50,0 6,8 39,0 57,7 618 Quelque soit le type d animal considéré, on note que les moins vulnérables sont plus nombreux à en posséder que les plus vulnérables. Il en de même pour les ménages dirigés par les femmes relativement à ceux dirigés par les hommes. Par exemple pour les bovins, il apparaît que, tandis qu une écrasante majorité des ménages peu vulnérables en possèdent (83%), seulement un peu plus de la moitié (57%) des ménages moyennement vulnérables et à peine le quart (26%) des ménages très vulnérables en possèdent. Ces résultats confirment les indicateurs de vulnérabilité déclarés par les communautés qui avaient trait à la diversité du cheptel possédé. La zone de prédilection de l élevage reste le Seno où la majorité des ménages pratiquent l élevage des ovins (64% des ménages), des caprins (65%), de la volaille (65%), des ânes (60%). A l opposé, le Gourma et le Delta semblent être des zones de la région pratiquant le moins l élevage relativement aux autres zones considérées. Le tableau 4.11 et le graphique 4.2 nous informe sur le nombre moyen d animaux de chaque espèce possédé par les ménages, puis par les hommes et les femmes. Le nombre moyen de caprins est le plus élevé, atteignant 12 têtes par ménage, suivi par les bovins (en moyenne 8 têtes par ménage), la volaille(en moyenne 7 têtes par ménages) et les ovins (en moyenne 6 têtes par ménage). Enfin, les nombres moyens de chevaux et d ânes possédés sont très faibles (environ 2 par ménage). On note également que dans la région de Mopti, il y a d importantes disparités dans la possession d animaux d élevage selon le genre. A part les caprins, quelle que soit l espèce considérée, les 61
72 femmes sont toujours moins bien loties que les hommes à l intérieur d un même ménage. Par exemple pour les hommes possèdent 3 fois plus de bovins que les femmes et deux fois plus d ovins. Selon la vulnérabilité, on note une inégale répartition du cheptel. Les peu vulnérables ont toujours plus de têtes que les moyennement vulnérables qui à leur tour ont aussi plus de têtes que les très vulnérables, et ceci quelque soit le type de bétail considéré à l exception des chevaux. Graphique 4.2 : Nombre moyen de types d animaux possédé par ménage et selon le sexe Nombre moyen Bovin Ovin Caprin Chevaux Anes Volaille Type d animal Homme Femme Total Source : Tableau
73 Tableau 4.11 : Nombre moyen de types d'animaux par ménages propriétaires de bétail, selon quelques caractérisitiques Vulnérabilité Strate Sexe du CM Caste du CM Equidés Bovin Ovin Caprin Chevaux Anes Volaille H F T H F T H F T H F T H F T H F T Très vulnérable 5,7 0,3 6,0 2,7 0,8 3,6 8,7 1,2 10,0 2,2 0,1 2,4 1,3 0,0 1,3 3,5 2,1 5,6 Moyen vulnérable 5,4 0,3 5,7 5,3 1,8 7,1 9,0 1,5 10,5 1,3 0,0 1,3 1,3 0,1 1,4 4,9 3,1 8,0 Peu vulnérable 12,1 0,4 12,4 6,7 1,4 8,1 15,1 1,5 16,6 1,6 0,0 1,6 1,6 0,0 1,7 3,9 4,1 8,1 ANOVA (**) (ns) (**) (**) (**) (**) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) (*) (*) (*) (**) Delta 7,3 0,4 7,6 3,5 1,1 4,6 12,0 2,7 14,7 3,2 0,0 3,2 1,2 0,1 1,3 2,7 3,4 6,1 Plateau 9,2 0,1 9,4 3,6 0,9 4,5 5,7 0,3 6,0 2,0 0,0 2,0 1,3 0,0 1,3 3,5 2,6 6,1 Seno 7,9 0,1 8,0 6,3 1,7 8,1 12,3 1,2 13,5 1,3 0,0 1,3 1,5 0,0 1,5 5,9 2,9 8,8 Lacustre 7,1 1,7 8,8 3,5 1,4 4,9 6,2 0,8 6,9 1,7 0,0 1,7 2,8 1,8 4,6 Gourma 3,0 0,2 3,2 4,8 0,8 5,6 8,8 0,8 9,5 1,5 1,0 2,5 1,8 0,0 1,8 4,2 1,4 5,6 ANOVA (ns) (**) (ns) (**) (ns) (**) (ns) (**) (ns) (*) (**) (*) (**) (ns) (*) (**) (ns) (*) Masculin 8,0 0,2 8,2 4,8 1,2 6,0 10,6 1,1 11,6 1,6 0,0 1,6 1,4 0,0 1,5 4,3 2,9 7,2 Féminin 0,2 2,2 2,4 0,7 2,3 3,0 6,5 6,0 12,4 0,7 0,5 1,2 0,5 2,9 3,4 ANOVA (ns) (**) (ns) (**) (*) (**) (ns) (**) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (**) (ns) (**) (ns) (**) Noble 8,5 0,2 8,6 4,8 1,5 6,2 10,0 1,6 11,6 1,3 0,0 1,4 1,4 0,1 1,5 4,4 3,3 7,7 Ex-esclaves 5,3 0,7 6,0 3,7 1,0 4,8 11,3 1,0 12,3 10,0 0,0 10,0 1,4 0,0 1,4 2,5 2,1 4,6 Forgeron 5,3 0,6 6,0 4,0 0,4 4,4 7,7 0,0 7,7 1,0 0,0 1,0 1,1 0,0 1,1 4,7 0,7 5,4 Autre caste 1,6 0,8 2,5 4,7 0,1 4,8 13,7 2,0 15,7 1,4 0,0 1,4 1,0 0,3 1,2 3,9 0,6 4,5 ANOVA (ns) (**) (ns) (ns) (*) (ns) (ns) (ns) (ns) (**) (ns) (**) (ns) (**) (ns) (*) (*) (**) Ethnie du CM Bambara 2,7 0,1 2,8 2,1 2,2 4,3 18,8 0,5 19,2 1,4 0,0 1,4 2,9 9,9 12,8 Peulh 10,7 0,5 11,2 4,3 1,1 5,5 10,9 2,2 13,1 3,4 0,2 3,5 1,2 0,1 1,3 2,7 1,9 4,6 Boso 2,5 0,1 2,6 6,7 1,0 7,7 12,0 2,7 14,7 1,5 0,0 1,5 3,0 2,0 5,0 Dogon 7,0 0,1 7,1 5,1 1,4 6,5 9,7 0,8 10,4 1,3 0,0 1,3 1,5 0,0 1,5 4,7 3,0 7,7 Sarakolé 3,6 0,2 3,8 2,4 0,7 3,1 2,2 0,6 2,8 1,0 0,0 1,0 1,8 0,0 1,8 6,2 2,2 8,4 Sonrai 1,8 0,2 2,1 3,6 0,8 4,3 7,7 0,6 8,2 1,0 0,0 1,0 1,3 0,2 1,4 3,6 2,3 5,9 Autre 7,1 0,0 7,1 3,2 0,6 3,8 14,2 0,3 14,5 1,4 0,0 1,4 5,7 2,9 8,6 ANOVA (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (*) (ns) (ns) (ns) (*) (ns) (ns) (ns) (**) (**) (**) Ensemble 7,7 0,3 8,0 4,5 1,3 5,8 10,3 1,4 11,7 1,6 0,0 1,6 1,4 0,1 1,4 4,0 2,9 6,9 63
74 CHAPITRE 5 : LES STRATEGIES DE VIE ET DE SURVIE DES MENAGES Dans ce chapitre, nous allons aborder les stratégies de vie des ménages et les stratégies de survie 16 (c est à dire celles employées en période de crise). Lors de l enquête sur la sécurité des conditions de vie des ménages à Mopti, les différentes stratégies utilisées par les ménages ont été analysées. Nous présentons ci-dessous les résultats des entretiens de groupes et les résultats quantitatifs sur les stratégies de vie et de survie. 1. Diagnostic de l état de vulnérabilité Dans cette section, nous examinons quelques indicateurs liés à l état de vulnérabilité des ménages, il s agit plus précisément de la part du revenu annuel consacré à l alimentation du ménage et les mois difficiles pour assurer la sécurité alimentaire des ménages. a. Part du revenu annuel consacrée à l alimentation La part du revenu annuel consacré à l'alimentation est une indication du degré de vulnérabilité d'un ménage. Plus un ménage est vulnérable, moins il peut investir dans les autres secteurs, notamment la santé et l éducation. La priorité des ménages les plus vulnérables est d abord d assurer leur sécurité alimentaire. Au cours de l enquête, il a été demandé aux chefs de ménages d estimer la part du revenu annuel allouée à l alimentation, les résultats obtenus sont présentés dans le tableau 5.1. Tableau 5.1 : Part moyenne par ménage, du revenu annuel consacrée à l'alimentation,selon quelques caractéristiques Effectif des Moyenne ménages Strate (**) Delta 78,6 256 Plateau 64,7 128 Seno 70,4 176 Lacustre 89,0 26 Gourma 57,3 33 Vulnérabilité(ns) Très vulnérable 70,8 332 Moyen vulnérable 73,9 178 Peu vulnérable 76,4 108 Sexe du CM(ns) Masculin 72,9 549 Féminin 70,6 70 Caste du CM(**) Noble 70,4 444 Ex-esclaves 81,1 129 Forgeron 67,6 25 Autre caste 75,3 20 Ethnie du CM(**) Bambara 75,0 29 Peulh 79,8 261 Boso 64,9 21 Dogon 66,7 251 Sarakolé 67,5 25 Sonrai 62,7 21 Autre 79,3 11 Ensemble 72,7 618 Dans l'ensemble, prés des trois quarts (73%) du revenu annuel des ménages sont consacrés à l'alimentation. La part du revenu annuel consacré à l alimentation est variable selon la zone, la caste du chef de ménage et son ethnie. 16 Pour une description détaillée des concepts de stratégie de vie et de survie, le lecteur pourra se référer au chapitre 2 64
75 Nous constatons que les ménages de la zone lacustre et du Delta sont ceux qui consacrent une part plus importante de leur revenu à l alimentation (respectivement 89% et 79%). A l opposé, les ménages du Gourma sont ceux qui consacrent une part moins importante de leur revenu à l alimentation (57%). Selon la caste, les ex-esclaves sont ceux qui consacrent une part plus importante de leur revenu à l alimentation (81%), suivi des autres castes (75%). A l opposé, les Forgerons (68%) et les nobles (70%) sont ceux qui consacrent une part moins importante de leur revenu pour l alimentation. En considérant l ethnie du chef de ménage, les Peul sont, de toutes les ethnies considérées, ceux qui consacrent une part plus importante de leur revenu à l alimentation (80%). A l opposé, les Sonrhaï (63%) et les Boso (65%) sont ceux qui consacrent une part moins importante de leur revenu à l alimentation. Contrairement aux attentes, les différences de parts de revenu annuel allouées à l alimentation selon la vulnérabilité, ainsi que selon le sexe du chef de ménage ne sont pas significatives. b) Mois difficiles pour la sécurité alimentaire Nous avons demandé aux ménages de citer les 4 mois les plus difficiles de l année pour satisfaire leur sécurité alimentaire. En règle générale, les mois les plus difficiles sont ceux de la période de soudure, comprise entre juin et septembre, période qui correspond également à la saison pluvieuse. De façon générale, ainsi que le montre le graphique 5.1, les 4 premiers mois les plus difficiles cités par les ménages sont les mois correspondant à cette période de soudure, à savoir, juin (39 % de ménages), juillet (40 %), août (41 %) et septembre (41%). Ces mois constituent les mois les plus difficiles pour tous les ménages quelque soit leur niveau de vulnérabilité. Graphique 5.1 : Déclaration des 4 mois les plus difficiles concernant la sécurité des conditions de vie des ménages Janvier Fevrier Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Aussi, selon la zone, en dehors du Gourma, les trois mois les plus difficiles correspondent aussi aux mois de la période de soudure : juin, juillet et août. Dans le Gourma, les trois mois les plus difficiles commencent à partir du mois de mai (43 % des ménages qui y résident affirment que le mois de mai est le plus difficile de l année) et se succèdent jusqu en juillet. Au Gourma, le mois de mai est particulièrement redouté à cause des fortes chaleurs, du tarissement des points d eau (mares, puits) et du manque des pâturages. 65
76 c. Principales contraintes à la SCVM Au cours de l enquête, il a été demandé aux chefs de ménages d exprimer les trois principales contraintes au système de vie de leur ménage. Les résultats obtenus sont présentés dans le tableau 5.2. Les principales contraintes au système de vie des ménages sont : l insécurité alimentaire (87% des ménages), le manque de moyens financiers (48%), le manque d équipements agricoles (34%), le manque de main d œuvre (22%) et les problèmes de santé (22%). Concernant l insécurité alimentaire, cette contrainte semble davantage préoccuper les ménages les plus vulnérables que les autres (92% de ménages très vulnérables, contre 86% et 75% de ménages moyennement et peu vulnérables). Cet état de fait est conforme à l idée selon laquelle les ménages les plus vulnérables sont essentiellement préoccupés à subvenir à leurs besoins alimentaires quotidiens. Selon la zone, c est dans la zone lacustre que la contrainte d insécurité alimentaire a été le plus signalée (98% des ménages). Le manque de moyens financiers a été moins évoqué dans le Gourma que dans les autres zones (38% contre 46% au Delta, 47% au Seno, 54% au Plateau et 55% dans la zone lacustre). Les hommes chefs de ménage ont davantage évoqué la contrainte liée au manque de moyens financiers (49%) que les femmes chefs de ménages (39%). Ceci est aussi le cas pour le manque d équipements agricoles qui est évoqué par 19% de ménages dirigés par une femme contre 36% des ménages dirigés par un homme. Le manque d équipements agricole a été surtout cité par les ménages très vulnérables (37%) relativement aux ménages moyennement (32%) et peu vulnérables (27%). Cette contrainte touche en premier lieu les zones du Plateau (43%) et du Delta (37%). Aussi, les Bambara qui ont davantage évoqué cette contrainte (84%) que les autres ethnies. Le manque de main d œuvre a été surtout évoqué par les ménages très vulnérables (26%) en comparaison aux ménages peu vulnérables (19%) et moyennement vulnérables (16 %). Selon la zone, le manque de main d œuvre a été moins évoqué au Plateau et au Seno (respectivement 18% et 17 %) que dans les autres localités. Les problèmes de santé ont été plus évoqués dans le Gourma (26%) et le Seno (26%) que dans la zone lacustre (7%) et les autres zones. En ce qui concerne les castes, ce sont les cordonniers/tisserands qui ont, en proportion, le plus de contraintes liées au manque de matériel agricole et de main d œuvre. Les ex-esclaves, quant à eux, souffrent beaucoup plus que les autres castes du manque de crédits. Ceci pourrait être lié au fait qu il ne leur soit pas accordé une grande crédibilité dans la région. Les forgerons, eux, sont plus affectés par les problèmes liés à l eau. 66
77 Insécurité alimentaire Tableau 5.2 : Principales contraintes à la SCVM selon quelques caractéristiques Manque de semences Manque de crédits Problème d'eau Conflits elev./agri. Manque d'équipeme nts agricoles Manque moyens financiers Surcharg e travail des femmes Manque de main d'oeuvre Difficulté de mariage Baisse des prix de vente Santé Strate Delta 87,8 11,0 18,2 6,6 4,4 36,5 20,4 46,4 0,0 23,8 1,7 2,2 Plateau 94,9 4,4 5,1 16,2 5,9 42,6 21,3 53,7 1,5 18,4 0,7 0,7 Seno 78,7 6,7 6,0 32,0 1,3 26,7 26,0 46,7 4,0 17,3 2,7 2,0 Lacustre 98,3 5,0 23,3 30,0 0,0 20,0 6,7 55,0 3,3 33,3 0,0 0,0 Gourma 87,9 5,2 3,4 22,4 3,4 31,0 25,9 37,9 1,7 37,9 10,3 3,4 Vulnérabilité Très vulnérable 91,5 10,4 12,0 16,5 3,0 37,3 21,4 48,0 1,2 26,4 3,0 0,8 Moyen. vulnérable 86,1 4,3 10,1 17,4 4,5 31,8 24,4 48,0 2,9 15,9 0,0 3,0 Peu vulnérable 75,3 6,1 12,2 21,7 3,9 27,2 19,2 47,4 1,1 18,6 3,2 3,1 Sexe Masculin 87,1 7,7 9,6 17,6 3,4 35,9 21,5 49,0 1,4 20,2 2,3 2,0 Féminin 87,2 9,5 26,4 18,3 5,4 18,9 25,0 39,1 4,0 36,4 0,8 0,0 Ethnie Bambara 85,2 14,8 4,9 4,9 0,0 83,7 4,9 26,1 0,0 50,8 0,0 4,9 Peulh 92,3 8,6 19,1 10,1 6,7 27,5 20,7 50,1 0,6 20,5 0,7 0,8 Bozo 73,3 6,7 13,3 13,3 0,0 40,0 13,3 53,3 0,0 26,7 6,7 0,0 Dogon 85,1 6,5 6,0 27,6 1,7 34,8 24,9 48,6 3,3 18,4 2,0 1,8 Sarakolé 75,1 5,6 1,7 13,6 0,0 41,3 24,9 39,5 0,0 26,6 11,3 5,6 Sonrai 88,9 6,9 2,8 19,5 2,8 27,8 33,2 36,2 2,8 43,0 11,1 2,8 Tamasheq 100,0 0,0 66,7 66,7 0,0 0,0 33,3 33,3 0,0 0,0 0,0 0,0 Bellah 100,0 43,3 0,0 0,0 0,0 0,0 43,3 56,7 0,0 13,4 0,0 43,3 Autre 40,8 0,0 0,0 18,5 0,0 37,0 0,0 77,7 0,0 0,0 0,0 0,0 Caste Forgeron 80,3 4,7 1,7 37,4 0,0 8,4 31,8 46,6 9,3 28,1 0,0 10,3 Cordonnier/Tisseran d 79,2 20,8 18,8 20,8 0,0 39,6 10,4 37,5 10,4 20,8 0,0 0,0 Griot 68,8 0,0 0,0 31,2 0,0 21,9 0,0 31,2 6,3 15,6 0,0 0,0 Esclave 97,2 13,6 22,4 12,6 5,9 25,4 27,7 45,6 0,9 19,4 1,8 2,6 Noble 85,2 6,2 8,9 17,6 3,3 38,0 20,4 49,2 1,1 22,6 2,5 1,2 Activité principale Agriculture 86,5 8,2 11,5 17,6 1,7 36,4 23,4 47,4 1,7 22,2 2,6 1,7 du ménage Elevage 96,0 0,0 11,5 18,4 25,9 13,4 4,9 46,4 0,0 12,2 0,0 0,0 Artisanat 81,5 19,6 15,1 20,6 0,0 13,1 25,0 36,2 2,0 42,6 0,0 5,4 Commerce 94,9 10,5 0,0 10,5 0,0 17,8 38,0 53,7 10,5 10,5 0,0 12,7 Marabout/Tradiprat 77,6 6,6 15,8 0,0 0,0 69,9 14,5 77,6 0,0 24,9 0,0 0,0 Autre 100,0 0,0 0,0 73,7 0,0 0,0 25,6 48,1 0,0 26,3 0,0 0,0 Ensemble 87,1 7,9 11,5 17,6 3,6 34,0 21,9 47,9 1,7 22,0 2,2 1,8 67
78 Tableau 5.2 : Principales contraintes à la SCVM selon quelques caractéristiques(suite) Cherté du bétail Santé animale Manque de nourritures pour animaux Enclavement Manque de pluie Habillement Insuffisance d'intrants agricoles Invasion d'oiseaux Manque d'animaux Effectif Strate Delta 2,2 3,9 1,7 2,8 2,2 0,0 0,6 3,3 0,6 256 Plateau 0,7 2,9 2,2 0,0 0,7 0,7 3,7 0,0 3,7 128 Seno 2,0 1,3 2,0 0,0 2,0 2,7 2,0 0,0 0,0 176 Lacustre 5,0 0,0 0,0 0,0 0,0 3,3 0,0 0,0 1,7 26 Gourma 5,2 1,7 0,0 0,0 0,0 13,8 0,0 0,0 0,0 33 Vulnérabilité Très vulnérable 2,3 1,7 1,1 0,9 1,6 2,3 1,1 1,3 0,6 332 Moyen. vulnérable 2,3 2,8 2,6 1,6 2,0 0,7 1,2 1,6 2,1 178 Peu vulnérable 1,3 5,4 2,0 1,3 1,3 2,0 3,5 1,3 0,9 108 Sexe Masculin 2,4 3,0 1,9 1,3 1,8 1,6 1,8 1,5 1,2 549 Féminin 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 3,0 0,0 0,0 0,0 70 Ethnie Bambara 4,9 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 4,9 0,0 0,0 29 Peulh 2,7 4,4 3,6 2,2 1,6 1,9 0,0 2,2 1,4 261 Bozo 0,0 0,0 0,0 0,0 6,7 0,0 0,0 6,7 0,0 21 Dogon 0,5 2,1 0,5 0,0 1,3 1,3 3,3 0,0 1,1 251 Sarakolé 11,3 0,0 0,0 5,6 0,0 1,7 0,0 5,6 0,0 25 Sonrai 2,8 0,0 0,0 0,0 0,0 11,1 0,0 0,0 0,0 21 Tamasheq 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 Bellah 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 3 Autre 0,0 0,0 0,0 0,0 18,5 0,0 0,0 0,0 0,0 6 Caste Forgeron 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 25 Cordonnier/Tisserand 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 11 Griot 0,0 15,6 0,0 15,6 15,6 0,0 0,0 15,6 0,0 9 Esclave 1,2 4,8 0,0 1,1 0,0 3,0 0,0 3,3 0,0 129 Noble 2,6 2,0 2,4 1,0 2,0 1,6 2,2 0,6 1,5 444 Activité principale du ménage Agriculture 2,0 1,4 0,8 1,4 1,7 2,1 1,9 1,7 0,8 510 Elevage 4,8 17,9 10,2 0,0 2,7 0,8 0,0 0,0 4,4 53 Artisanat 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 22 Commerce 5,1 0,0 10,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 11 Marabout/Tradiprat 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 18 Autre 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 5 Ensemble 2,1 2,7 1,7 1,1 1,6 1,8 1,6 1,4 1,
79 2. Les stratégies de survie Dans cette section, nous abordons les stratégies de survie des ménages. L analyse sera basée, dans un premier temps, sur les déclarations des ménages à propos des stratégies qu ils mettent en place en temps de crise ; dans un deuxième temps, le système de solidarité qui s inscrit également comme une stratégie de survie, sera analysé. Les stratégies de survie qui nous ont été rapportées sont les actions entreprises par les ménages de la région de Mopti pour gérer les crises et maintenir leur sécurité alimentaire. Certaines de ces actions sont également entreprises dans une situation de non-crise, mais c est l intensité de l activité et la façon dont elle peut contribuer à l appauvrissement total du ménage (vente de petits ruminants, de biens de production, etc.) qui la différencie de celle utilisée en temps normal. Plusieurs stratégies de survie peuvent être mises en place simultanément quand la crise est importante et elles peuvent être différentes selon les membres du ménage et selon les hommes et les femmes. Elles peuvent également être appliquées l une après l autre, mais plus la crise est grave et longue et plus les stratégies sont désespérées et plus le ménage se démunit de ses biens pour assurer son alimentation. a) Stratégies déclarées par les ménages Le tableau suivant donne les informations sur les stratégies de survie des ménages, selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles. Les principales stratégies de survie déclarées par les ménages sont : la vente de petits animaux (56%), l exode (48%), le crédit (31%), l artisanat (26%), le salariat agricole (26%) et le soutien communautaire (23%). Selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles, il apparaît des différences de stratégies de survie déclarées. A cet effet, on note que la vente de petits animaux a été plus évoquée par les ménages moyennement et peu vulnérables (73% chacun) que par les ménages très vulnérables (41%). L exode a été beaucoup plus évoqué par les ménages peu vulnérables (61%) que par les ménages très vulnérables (43%) et moyennement vulnérables (50%). Cette stratégie a été également davantage citée par les ménages dirigés par les hommes (50%) que ceux dirigés par les femmes (29%). Ceci pourrait s expliquer par le fait que les ménages dirigés par les femmes manquent de ressources humaines (bras valides), pouvant aller en exode. La prise de crédit, comme stratégie de survie a été davantage citée par les ménages très vulnérables (36%) que par les ménages moyennement vulnérables (24%) et peu vulnérables (29%). L artisanat apparaît être une stratégie des plus vulnérables (33%), elle a été fréquemment évoquée dans le Delta (32%) et par les ménages dirigés par les femmes (49%).Culturellement, l artisanat a longtemps été réservé aux personnes de caste, c est sans doute pour cette raison qu il a surtout été cité par les forgerons et les autres castes comme stratégie de survie. En considérant l ethnie, on note que ce sont plus les Peulh qui ont cité l artisanat comme stratégie de survie (33%) et moins les Sarakolé (0%) et les Sonrhaï (8%). Le salariat agricole est aussi une stratégie de survie importante pour les ménages de la région de Mopti. Les ménages qui recourent à cette stratégie se déplacent souvent dans d autres localités pour vendre leur force de travail et servir d ouvriers agricoles. Cette stratégie est davantage pratiquée par les ménages les plus vulnérables (27%) que par les moyennement et peu vulnérables (24% chacun). Ceci se comprend aisément, dans la mesure ou les plus vulnérables sont les premiers à sentir les conséquences d une crise, n ayant pas suffisamment de ressources pour résister à la crise, ils pensent en premier à chercher le soutien d autres personnes à travers les crédits, la mendicité ou la vente de leur force de travail. 69
80 Tableau 5.3 :Stratégies de survie des ménages ayant exploité en 2002, selon quelques caractéristiques Vente petits animaux Exode Crédit Artisanat Salariat agricole Vente gros bétail Vente biens autres Vente biens production Commerce/p etit commerce Vente Force travail Tissage/ confecti on natte Soutien communautaire Maraîchage Cueillette Vente prdts agri. Pêche Maçon Vente de terre Autre NSP Effectif des ménages Strate Delta 43,6 43,1 38,7 32,0 27,1 19,3 13,8 8,3 3,9 6,6 7,7 3,3 2,8 1,1 2,2 3,3 2,2 2,8 10,5 1,1 256 Plateau 66,9 36,0 19,1 27,2 30,9 23,5 16,2 12,5 9,6 2,9 4,4 2,2 6,6 0,0 3,7 0,0 0,7 0,0 8,8 0,0 128 Seno 67,3 58,7 28,7 18,7 18,7 28,7 14,7 5,3 11,3 3,3 2,0 2,0 0,0 4,0 0,0 0,0 0,0 0,0 5,3 0,7 176 Lacustre 36,7 56,7 38,3 16,7 36,7 21,7 8,3 1,7 5,0 3,3 6,7 8,3 0,0 0,0 0,0 0,0 3,3 0,0 8,3 0,0 26 Gourma 60,3 67,2 29,3 17,2 20,7 17,2 3,4 6,9 3,4 12,1 0,0 0,0 0,0 12,1 0,0 0,0 0,0 0,0 6,9 1,7 33 Vulnérabilité Très vulnérable 41,0 42,7 35,8 33,3 27,2 26,7 7,8 7,5 8,0 5,9 6,1 3,6 2,3 2,7 1,7 0,9 1,6 1,7 7,0 1,0 332 Moyen vulnérable 73,3 49,5 24,5 19,6 23,5 20,7 14,9 8,5 7,6 5,1 4,2 2,9 2,9 2,8 2,6 0,0 0,5 0,0 11,8 0,0 178 Peu vulnérable 72,5 61,4 28,6 12,8 23,6 14,4 30,3 8,4 4,1 2,7 2,6 0,0 2,6 0,0 0,0 5,2 1,3 1,3 7,1 1,1 108 Sexe du CM Masculin 57,8 50,3 31,3 22,9 27,7 21,1 15,2 6,9 7,4 4,9 5,1 2,0 2,7 1,5 1,6 1,5 1,4 1,3 9,3 0,6 549 Féminin 39,9 28,9 31,0 49,0 8,1 36,7 2,2 16,2 5,4 6,6 3,7 8,7 1,3 7,9 2,0 0,0 0,0 0,0 1,5 2,0 70 Caste du CM Noble 58,6 48,9 27,3 23,0 23,9 23,9 16,6 7,2 7,5 4,6 3,2 2,6 3,3 2,3 1,5 1,9 0,8 0,0 9,9 0,9 444 Ex-esclaves 46,5 46,4 48,6 28,9 37,5 18,7 6,3 9,4 3,1 6,4 8,7 3,2 0,0 2,7 2,2 0,0 2,9 5,5 2,6 0,4 129 Forgeron 57,1 36,4 18,7 41,2 14,0 28,1 4,7 10,3 19,7 4,7 5,6 0,0 0,0 0,0 3,7 0,0 0,0 0,0 4,7 0,0 25 Autre caste 52,0 49,7 24,3 47,4 0,0 18,5 10,4 12,7 11,5 7,0 19,7 5,8 4,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 16,7 0,0 20 Ethnie du CM Bambara 44,3 39,4 29,5 16,3 49,2 9,8 4,9 9,8 16,3 4,9 0,0 0,0 19,7 0,0 4,9 29,5 0,0 0,0 0,0 0,0 29 Peulh 50,2 45,3 42,0 33,2 21,9 21,6 14,9 6,4 1,5 2,9 8,2 4,1 0,0 2,4 1,1 0,0 2,5 2,7 10,5 1,0 261 Boso 33,3 40,0 13,3 20,0 53,3 20,0 26,7 0,0 13,3 26,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 6,7 21 Dogon 67,4 47,0 20,9 24,3 25,3 26,4 13,1 8,7 12,3 4,5 2,3 2,5 3,4 2,8 1,9 0,0 0,4 0,0 6,9 0,0 251 Sarakolé 19,2 66,1 41,3 0,0 28,2 19,2 22,6 5,6 5,6 5,6 13,0 0,0 5,6 0,0 5,6 0,0 0,0 0,0 22,6 0,0 25 Sonrai 62,5 75,0 31,9 8,3 15,2 13,9 2,8 15,2 2,8 19,5 0,0 0,0 0,0 2,8 0,0 0,0 0,0 0,0 5,6 2,8 21 Autre 68,3 76,3 27,7 10,7 14,7 36,6 0,0 29,9 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 4,0 0,0 11 Ensemble 55,8 47,9 31,3 25,8 25,5 22,8 13,8 8,0 7,2 5,1 5,0 2,7 2,5 2,2 1,7 1,4 1,2 1,1 8,4 0,
81 En somme, il apparaît que les stratégies qui demandent le moins d engagement, telles que, le crédit, le salariat agricole, la vente de la force de travail, le soutien communautaire, la cueillette, sont celles généralement utilisées par les ménages les plus vulnérables. Par contre, les stratégies qui demandent davantage d engagement de biens, telles que la vente de bétail, la vente de petits animaux, sont généralement citées par les moins vulnérables. b) Système de solidarité et d entraide Le système de solidarité est basé sur de très nombreux liens entre les familles et les groupes. Il est autant traditionnel que religieux et se manifeste sur de nombreux aspects de la vie communautaire (travaux collectifs, baptême, mariage, décès). Une de ses manifestations les plus évidentes est le système de dons et de Zakat. La Zakat est une imposition de la religion musulmane, en vue d inciter les plus riches à assister les plus démunis. Le tableau 5.4 donne la proportion des ménages qui ont bénéficié de dons ou de Zakat au cours de l année selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles. Plus d un quart des ménages (28%) ont bénéficié de dons ou de Zakat au cours de l année. Les ménages très vulnérables sont ceux qui en ont bénéficié le plus (32%), suivis des ménages peu vulnérables (24%) et moyennement vulnérables (23%). Les différences selon le sexe du chef de ménage vont du simple au double en proportion. Ainsi, pendant que plus de la moitié des ménages dirigés par une femme ont reçu un don ou Zakat au cours de l année, un quart seulement de ceux dirigés par un homme en ont reçu. Par zone, on constate que les ménages du Delta sont ceux qui reçoivent le plus de don/zakat (38%) et ceux du Plateau en reçoivent le moins (14%). Tableau 5.4 : Don et Zakat reçu par le ménage selon quelques caractéristiques Strate (**) Vulnérabilité (**) Sexe du CM (**) Caste du CM (**) Ethnie du CM (**) % de ménages ayant reçu don ou zakat reçu au cours de l'année Effectif des ménages Delta 38,1 256 Plateau 14,0 128 Seno 26,0 176 Lacustre 23,3 26 Gourma 19,0 33 Très vulnérable 32,1 332 Moyen vulnérable 23,2 178 Peu vulnérable 23,6 108 Masculin 25,1 549 Féminin 51,1 70 Noble 30,6 444 Ex-esclaves 19,9 129 Forgeron 13,1 25 Autre caste 40,6 20 Bambara 34,5 29 Peulh 31,3 261 Boso 53,3 21 Dogon 21,3 251 Sarakolé 43,5 25 Sonrai 23,6 21 Autre 10,7 11 Ensemble 28,
82 Selon la caste, les autres castes (41%, constituées entre autres de griots, tisserands), de même que les nobles (31%) sont ceux qui reçoivent plus de soutien de la communauté, relativement aux exesclaves (20%) et aux forgerons (13%). Selon l ethnie, les Boso (53%) et les Sarakolé (44%) sont ceux qui reçoivent le plus de dons, relativement aux autres ethnies. Ceci pourrait être lié à des pratiques sociales différentes entre les ethnies. En effet, les Sarakolé sont connus pour leur tendance à se soutenir mutuellement. Les Organisations Communautaires (OC), qu elles soient traditionnelles (par groupes d âges, par sexe, etc.) ou modernes (associations de producteurs, APE, ASACO, etc.) peuvent également être importantes dans les stratégies de vie et de survie de leurs membres, par le système de solidarité qu elles développent. Cependant, il a été constaté dans les programmes de CARE, effectuant le renforcement des capacités des organisations, que la majeure partie des membres actifs et ceux faisant partie des instances de décisions, provenaient de ménages peu vulnérables. Cette tendance est confirmée dans la région de Mopti (tableau 5.5), où nous constatons que ce sont surtout les ménages les moins vulnérables qui ont des membres faisant partie des bureaux des OC. En effet, tandis que près du tiers ou plus des ménages moyennement vulnérables et peu vulnérables (respectivement 36% et 31%) ont au moins un membre faisant partie du bureau d une OC, seule 19% des ménages très vulnérables ont un membre faisant partie du bureau d une OC. Par contre Tableau 5.5: Appartenance des membres des ménages à une Organisation Communautaire selon quelques caractéristiques Strate Vulnérabilité Sexe du CM Caste du CM Ethnie du CM Au moins un membre du ménage faisant partie d'une OC du bureau d'une OC Effectif ménages des Delta 68,5 23,8 256 Plateau 68,4 27,2 128 Seno 61,3 30,0 176 Lacustre 38,3 11,7 26 Gourma 56,9 27,6 33 Khi-deux (**) (ns) Très vulnérable 62,0 19,3 332 Moyen vulnérable 67,7 35,5 178 Peu vulnérable 67,3 30,5 108 Khi-deux (ns) (**) Masculin 66,8 27,2 549 Féminin 47,0 16,2 70 Khi-deux (**) (*) Noble 64,9 26,2 444 Ex-esclaves 63,8 23,5 129 Forgeron 58,9 24,3 25 Autre caste 68,8 37,5 20 Khi-deux (ns) (ns) Bambara 93,6 44,3 29 Peulh 51,6 17,8 261 Boso 93,3 13,3 21 Dogon 69,7 32,3 251 Sarakolé 90,3 33,9 25 Sonrai 75,0 22,3 21 Autre 46,8 38,8 11 Khi-deux (**) (**) Ensemble 64,5 25,
83 lorsqu il s agit d appartenir simplement à l OC, les différences ne sont pas significatives entre les très vulnérables et les moyennement et peu vulnérables. Ceci, montre que ce sont les moins vulnérables qui occupent généralement les instances décisionnelles dans les OC. Les ménages dirigés par les femmes, qui sont des ménages particulièrement vulnérables, ont relativement aux ménages dirigés par les hommes, moins fréquemment de membres dans les OC, ainsi que dans les instances décisionnelles des OC. Selon l ethnie, on note que les Boso, bien que fortement impliqués dans les OC (93%), sont moins représentés dans les instances décisionnelles (13%), sans doute à cause de leur faible niveau de scolarisation. Il est important de constater que les différences selon la caste dans l appartenance aux OC ou à leurs instances décisionnelles ne sont pas significatives. Dans la région de Mopti, il est de tradition de confier son enfant dès le bas âge à un marabout pour lui inculquer le Coran. Cette tradition soumet le plus souvent l enfant à la pratique de la mendicité pour non seulement subvenir à ses besoins alimentaires mais aussi à ceux de son maître. Elle concerne 21 % des ménages de la région de Mopti (tableau 5.6). La tendance à confier les enfants à un marabout pour l école coranique est fonction de la vulnérabilité des ménages. Ainsi, on note que ce sont les ménages peu et moyennement vulnérables qui confient davantage leurs enfants pour l école coranique (respectivement 25% et 34%) comparativement aux ménages très vulnérables (14%). Confier un enfant à un marabout demande souvent des moyens, aussi dans les ménages très vulnérables, compte tenu de la non-disponibilité de main d œuvre, il est difficile se dispenser des services de l enfant en le confiant à un marabout. Selon l ethnie, on note que le «confiage» des enfants pour l école coranique est davantage pratiqué par les Bambara (49%), les autres ethnies (47%) et les Sonrhaï (42%) ; par contre c est une pratique moins répandue chez les Boso (7%). Tableau 5.6 : «Confiage» des enfants par les ménages, selon quelques caractéristiques Strate (ns) Vulnérabilité (**) Sexe du CM (**) Caste du CM (ns) Ethnie du CM (**) % ayant un enfant chez Marabout Effectif des ménages Delta 22,1 256 Plateau 14,0 128 Seno 20,7 176 Lacustre 20,0 26 Gourma 32,8 33 Très vulnérable 14,0 332 Moyen vulnérable 24,5 178 Peu vulnérable 33,7 108 Masculin 22,5 549 Féminin 4,9 70 Noble 21,2 444 Ex-esclaves 19,1 129 Forgeron 14,0 25 Autre caste 22,5 20 Bambara 49,2 29 Peulh 19,1 261 Boso 6,7 21 Dogon 16,7 251 Sarakolé 22,6 25 Sonrai 41,7 21 Autre 47,4 11 Ensemble 20,
84 CHAPITRE 6 : SITUATION SANITAIRE ET NUTRITIONNELLE DES MENAGES Ce chapitre traitera des questions relatives à la santé des enfants, la nutrition et l accès à l eau potable des ménages. Au cours de l enquête, le questionnaire sanitaire administré aux ménages de l échantillon a permis de recueillir diverses informations sur les enfants de moins de 5 ans vivant dans les ménages : report des maladies courantes et maladies épidémiques, vaccinations, pratiques nutritionnelles et mesures anthropométriques. Le questionnaire a aussi saisi des informations sur les sources d eau pour les ménages et pour le bétail. Les pratiques alimentaires des ménages (composition et nombre des repas) et les comportements face aux services de santé ont également été reportés. Dans un premier temps, nous nous intéresserons à l eau potable, ensuite à l état sanitaire et nutritionnel des enfants, enfin nous aborderons les comportements alimentaires et ceux liés à la fréquentation des centres de santé par les ménages. I. Accès à l Eau Potable Lors de l enquête, il a été demandé aux ménages d indiquer la source principale 17 d eau utilisée pour les besoins de consommation du ménage. Les différentes sources évoquées sont : les puits ouverts, les puits couverts (traditionnels et améliorés), les pompes/ forages et les eaux de surface. Pour rendre opérationnel ce concept d eau potable, nous avons retenu comme telle, toute source d eau couverte, qui ne peut être souillée par l extérieur. Cela comprend les puits couverts (traditionnel et améliorés) et les forages. Les robinets d accès à l eau de distribution sont très peu fréquents dans la zone, ils entrent également dans cette définition. Cette définition de l eau potable nous le reconnaissons, présente quelques limites car, elle ne prend pas en compte les comportements hygiéniques de conservation de l eau, et, pour les puits couverts, ne tient pas compte de l état d entretien. Nous avons par ailleurs demandé aux ménages d estimer si leurs besoins en eau sont ou non satisfaits. Les résultats obtenus figurent dans le tableau 6.1. Les niveaux d accès à l eau potable dans la région de Mopti sont assez satisfaisants. En effet, on note que près des trois quarts des ménages (72%) y ont accès à l eau potable. Cependant, il existe des écarts importants d accès à l eau potable selon la strate, la caste du chef de ménage et son ethnie. Considérant la strate, on note un accès plus important à l eau potable dans la zone lacustre (100% des ménages) et le Delta (95%), où presque l ensemble des ménages ont accès à l eau potable. Le plateau et le Gourma occupent une place intermédiaire dans cette classification, avec un peu plus des trois quart de ménages ayant accès à l eau potable (respectivement 75% et 79%). Le Seno est la zone la plus défavorisée en matière d accès à l eau potable, avec moins du tiers des ménages ayant accès à l eau potable (29%). Selon la caste, les ex-esclaves (86%) et les autres castes (77%) sont ceux qui ont plus accès à l eau potable que les nobles (68%) et les forgerons (53%). Cette relation entre la caste et l accès à l eau potable serait attribuable à la zone de résidence, dans la mesure ou les ex-esclaves sont en proportion plus importante dans la zone lacustre, où l ensemble des ménages ont accès à l eau potable. 17 Plusieurs sources peuvent être utilisées pour couvrir les besoins du ménage, en fonction de la saison et de l usage. Pour cette raison, nous avons demandé aux ménages de nous indiquer celle dont ils avaient le plus l usage. 74
85 Strate (**) Tableau 6.1 : Source principale d'approvisionnement en eau du ménage selon quelques caractérisitiques Source d approvisionnement en eau Puits ouverts Puits couverts traditionnels Puits couvert amélioré Forage / Pompe Eau de surface % ayant accès à l'eau potable % avec besoin en eau non satisfaits Total Delta 3,3 12,7 67,4 14,9 1,7 95,0 1, Plateau 19,1 7,4 49,3 18,4 5,9 75,0 9, Seno 41,3 20,0 5,3 4,0 29,3 29,3 18, Lacustre 0,0 8,3 48,3 43,3 0,0 100,0 30, Gourma 20,7 5,2 12,1 62,1 0,0 79,3 12, Vulnérabilité Très vulnérable 16,8 11,7 42,2 16,7 12,7 70,5 8, (ns) Moyen vulnérable 18,1 16,1 41,1 15,5 9,2 72,7 10, Peu vulnérable 22,6 12,4 44,3 16,3 4,3 73,1 13, Sexe du CM Masculin 19,4 13,7 39,8 17,6 9,6 71,1 9, (ns) Féminin 8,7 8,1 61,7 6,0 15,5 75,8 10, Caste du Noble 20,6 14,5 37,7 16,1 11,1 68,3 11, CM(**) Ex-esclaves 4,2 2,9 60,9 22,0 10,0 85,8 6, Ethnie CM(**) Forgeron 42,1 33,7 19,5 0,0 4,7 53,2 4, Autre caste 23,1 21,9 52,2 2,8 0,0 76,9 5, du Bambara 9,8 0,0 14,8 75,4 0,0 90,2 11, Peulh 4,2 5,7 67,9 12,0 10,1 85,7 6, Boso 6,7 86,7 6,7 0,0 0,0 93,3 6, Dogon 34,7 15,0 24,9 10,8 14,7 50,6 14, Sarakolé 5,6 28,2 13,0 53,1 0,0 94,4 0, Sonrai 25,0 8,3 33,2 33,4 0,0 75,0 13, Autre 32,2 12,9 50,8 4,0 0,0 67,8 8, Ensemble 18,2 13,1 42,2 16,3 10,2 71,6 9, Effectif des ménages Selon l ethnie, les Sarakolé (94%), les Boso (93%) les Bambara (90%) sont, de toutes les ethnies considérées, ceux qui ont le plus accès à l eau potable. A l opposé, les Dogon, avec à peine la moitié des ménages ayant accès à l eau potable, sont les plus défavorisés en matière d accès à l eau potable. Cette relation entre ethnie et accès à l eau potable serait liée au milieu de résidence. En effet, si les Dogon ont des taux d accès relativement faibles, ce serait sans doute à cause du fait qu ils résident dans le Seno et le Plateau, zones, nous l avons vu, à faible taux d accès à l eau potable. S agissant de l appréciation faite par les ménages quant à la satisfaction de leurs besoins en eau, on note que, seulement 10% des ménages de la région estiment que leurs besoins en eau ne sont pas satisfaits. C est paradoxalement dans la zone lacustre, zone où l ensemble des ménages ont accès à l eau potable, que la proportion de ménages estimant que leurs besoins en eau ne sont pas satisfaits, est la plus élevée (30%). En examinant les sources d approvisionnement en eau, il apparaît que les ménages de la zone lacustre utilisent surtout les puits couverts améliorés et les eaux des pompes et forages. La gestion des pompes et forages peut souvent poser des problèmes dans les villages, la forte sollicitation créant une difficulté pour certains ménages ne disposant pas de main d œuvre suffisante de s y approvisionner. Ceci pourrait, en partie, justifier cette appréciation négative de la part des ménages de la zone lacustre qui pourtant utilisent de l eau potable. En comparant l accès à l eau potable et la satisfaction des besoins en eau, la zone du Delta semble être celle où les problèmes d eau sont les moins criards (95% d accès et 2% de non satisfaction). En revanche, le Seno reste la zone où les problèmes d eau se posent avec le plus d acuité (29% d accès et 19% de non satisfaction). 75
86 II. Etat Sanitaire des Ménages et des Enfants Au cours de l enquête, tous les enfants de moins de 5 ans des ménages sélectionnés ont été enquêtés sur divers aspects liés à la santé infantile : les maladies courantes, les maladies épidémiques, la vaccination, etc.. Ils ont également été pesés et mesurés afin de déterminer leur statut nutritionnel. Les résultats relatifs à la santé des enfants sont donnés dans cette section. 1. Prévalence des maladies Deux types de maladies ont été distingués : les maladies courantes (diarrhée, paludisme, les infections respiratoires aiguës) et les maladies épidémiques (rougeole, méningite, choléra). Pour les maladies courantes, la période de référence porte sur les deux dernières semaines avant l enquête et pour les maladies épidémiques, sur les deux dernières années. A part la diarrhée, le report des autres maladies courantes ou épidémiques pose le problème de l identification par les ménages. Les résultats collectés ici donnent donc une image de l état de santé de ces enfants. a) Prévalence des maladies courantes Le tableau 6.2 nous renseigne sur la prévalence des maladies courantes telles que la diarrhée, les IRA et le paludisme, chez les enfants de moins de 5 ans. Dans l ensemble, 15% des enfants de moins de 5 ans ont eu au moins un accès palustre dans les 2 semaines ayant précédé l enquête. Pendant la même période de référence, la prévalence des infections respiratoires aiguës et la diarrhée 18, au sein de la même population, ont été respectivement de 7% chacune. L enquête s est déroulée en juin, période propice au paludisme avec la prolifération des moustiques. Le paludisme est la maladie courante dont la prévalence est la plus élevée dans la région, mais il faut préciser que toutes les montées de fièvre inexpliquées sont attribuées au paludisme, ce qui a pour conséquence une surestimation des prévalences observées ici. Ces chiffres sont donc à prendre avec prudence. Les enfants vivant dans la zone lacustre semblent être les plus touchés par le paludisme (24%) et les IRA (17%), ceux du Delta sont les plus affectés par la diarrhée (12%). A l opposé, les enfants du Plateau sont les moins touchés par toutes ces maladies. La prévalence élevée de diarrhée dans le Delta serait liée au fait que cette zone est située à proximité des points d eau, c est en effet la partie la mieux arrosée de la région de Mopti. Les enfants jouent avec l eau, et les populations ne prennent aucune mesure d hygiène pour empêcher les infections. Les données de notre enquête indiquent ici les plus fortes prévalences des infections respiratoires aiguës, parmi les enfants issus des ménages très vulnérables (10%, contre 5% chez les enfants des ménages moyennement et peu vulnérables). Ceci pourrait s expliquer par la précarité des conditions de vie des ménages très vulnérables qui n ont pas souvent les moyens de préserver leurs enfants de ces maladies. 18 Dans la région de Mopti L EDSM 2001 donne, dans les 2 semaines ayant précédé l enquête, un taux de prévalence de 23,5 % pour la diarrhée, de 8,3 % pour les IRA et de 26,8 % pour la fièvre qui est souvent assimilée au paludisme. 76
87 Tableau 6.2 : Prévalence des maladies courantes chez les enfants de moins de 5 ans selon quelques caractéristiques socio-économiques et culturelles, durant les deux semaines ayant précédé l enquête Effectif des enfants de Diarrhée Paludisme IRA moins de 5 ans Vulnérabilité Très vulnérable 10,2 17,1 10,1 330 Moyen vulnérable 2,4 12,5 4,8 326 Peu vulnérable 9,2 16,5 4,8 266 Khi-deux (**) (ns) (**) Strate Delta 11,6 14,5 7,2 292 Plateau 2,5 10,0 0,8 227 Seno 6,8 18,1 7,8 329 Lacustre 3,7 24,4 17,1 36 Gourma 7,1 20,0 17,1 40 Khi-deux (**) (**) (**) Sexe du CM Masculin 6,9 15,1 6,4 892 Féminin 15,1 20,7 14,8 31 Khi-deux (*) (ns) (*) Caste du CM Noble 5,4 12,1 7,2 700 Ex-esclaves 17,8 25,7 7,3 156 Forgeron 0,0 41,0 0,0 40 Autre caste 0,0 0,0 0,0 28 Khi-deux (**) (**) (ns) Ethnie du CM Bambara 18,4 18,4 15,8 54 Peulh 10,4 17,2 6,6 294 Boso 16,7 25,0 0,0 17 Dogon 4,1 12,8 5,6 478 Sarakolé 7,6 6,2 13,2 32 Sonrai 2,1 12,8 10,7 27 Autre 0,0 46,3 0,0 22 Khi-deux (**) (**) (*) Sexe Masculin 6,5 16,0 7,0 452 Féminin 7,7 14,7 6,4 471 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Age en mois ,4 14,6 6, ,6 14,1 8, ,4 20,6 9, ,3 14,5 5, ,0 13,8 5,0 181 Khi-deux (**) (ns) (ns) Ensemble 7,1 15,3 6,7 923 Selon le sexe du chef de ménage, on observe que les enfants issus de ménages dirigés par une femme courent 2 fois plus de risque de contracter la diarrhée et les infections respiratoires aiguës, que les enfants issus des ménages dirigés par un homme. Cette relation serait liée à l effet du milieu de résidence. En effet, les femmes chefs de ménages sont principalement localisées dans le Delta et le Gourma, qui ont des taux de prévalence les plus élevés de diarrhée et d IRA. Selon la caste, les ex-esclaves sont ceux qui présentent les taux de prévalence diarrhéique le plus élevé (18%), viennent ensuite les nobles (5%) les enfants de ménages forgerons ainsi que ceux des autres castes n ont pas développé de diarrhée au cours de la période de référence. En revanche, les enfants des forgerons sont ceux qui ont présenté le plus de cas de paludisme au cours de la période 77
88 de référence (41%). De façon générale, les enfants issus des autres castes semblent être les mieux protégés contre les maladies courantes. En effet, au cours de la période de référence, aucun enfant de ces ménages n a contracté les trois maladies considérées. Selon l ethnie, les enfants issus de ménages Bambara et ceux issus de ménages Boso semblent être plus exposés à la diarrhée (respectivement 18% et 17%), par contre les enfants issus de ménages Sonrhaï courent moins de risques de contracter la diarrhée. Les Boso sont rattachés à l eau, c est une ethnie qui vit essentiellement de la pêche, ce qui pourrait davantage les exposer à la diarrhée à travers la consommation des eaux contaminées par les enfants. On pourrait aussi avancer l hypothèse de comportement peu hygiénique chez les Bambara et les Boso. Concernant le paludisme, c est toujours les enfants de l ethnie Boso (25%), et surtout ceux des autres ethnies (46%) qui semblent courir plus de risque de contracter le paludisme. S agissant des IRA, ce sont les Bambara et les Sarakolé qui semblent être les plus exposés. Relevons que le risque de contracter la diarrhée est variable selon l âge de l enfant. Les enfants de mois sont les plus à risque de contracter la diarrhée (14%). Rappelons que cet âge correspond à celui du sevrage. En revanche, les enfants de 0-11 mois, sans doute à cause de l influence de l allaitement maternel qui procure à l enfant les éléments nutritifs et la protection nécessaire contre les maladies, sont ceux qui ont le moins développé des épisodes de diarrhée au cours de la période de référence (2% ). Quant au paludisme et aux IRA, il ne ressort pas de différences significatives de prévalence entre les différents groupes d âges. b) Prévalence des maladies épidémiques Les principales maladies épidémiques pour lesquelles nous avons collecté l information sont la méningite, le choléra et la rougeole. Une fois de plus ces observations sont à prendre avec prudence, sachant les mauvaises déclarations (confusion entre les maladies, oubli des évènements, etc.) qui peuvent nous être données ici. Globalement, dans la région de Mopti, les maladies épidémiques se font rares. Ceci peut s expliquer dans le cas de la méningite et de la rougeole comme un effet logique attendu suite aux vastes campagnes de vaccination entreprises dans le cadre du PEV (Programme Elargi de Vaccination). Le cas du cholera peut s expliquer par les interventions rapides de l Etat lors des épidémies et aussi les actions d hygiène/assainissement entreprises par les autorités et les différents partenaires au développement. Parmi les maladies épidémiques observées, c est la méningite qui est la plus fréquente avec une prévalence de 3%, ensuite viennent respectivement la rougeole et le choléra avec 2 % et 1% de prévalence. Selon la vulnérabilité, on note que les ménages moyennement vulnérables, sont ceux qui sont les moins affectés par les maladies épidémiques considérées. Les enfants des ménages peu vulnérables et très vulnérables ont à peu près les mêmes taux de prévalence. Selon la strate, les différents cas de choléra ont été tous détectés au Gourma et au Seno. Cette dernière zone est, comme nous l avons vu celle où l eau potable est moins accessible. La méningite sévit particulièrement au Seno (6% des enfants), suivi de la zone lacustre et du Delta (1% des enfants). Le Gourma et le Plateau sont les zones ayant la plus faible prévalence de la méningite. Les différences de prévalence de la rougeole entre les zones ne sont pas significatives. Selon l ethnie du chef de ménage, les Sonrhaï, les Peuls puis les Dogon, sont ceux qui présentent les taux de prévalence les plus importants relativement à l ensemble des ethnies, pour la rougeole et le choléra. 78
89 Tableau 6.3 : Prévalence des maladies épidémiques chez les enfants de moins de 5 ans, durant les deux années ayant précédé l enquête, selon quelques caractéristiques Effectif des enfants de Rougeole Méningite Choléra moins de 5 ans Vulnérabilité Très vulnérable 3,8 3,5 1,8 330 Moyen vulnérable 0,3 0,9 0,0 326 Peu vulnérable 4,6 3,7 1,5 266 Khi-deux (**) (*) (*) Strate Delta 3,4 1,0 0,0 292 Plateau 1,7 0,4 0,0 227 Seno 2,8 6,0 1,8 329 Lacustre 3,7 1,2 0,0 36 Gourma 2,9 0,0 10,0 40 Khi-deux (ns) (**) (**) Sexe du CM Masculin 2,7 2,7 1,0 892 Féminin 4,9 0,0 1,8 31 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Caste du CM Noble 2,9 2,4 1,0 700 Ex-esclaves 3,4 3,3 1,9 156 Forgeron 0,0 5,9 0,0 40 Autre caste 0,0 0,0 0,0 28 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Ethnie du CM Bambara 0,0 0,0 0,0 54 Peulh 4,6 3,1 1,8 294 Boso 0,0 0,0 0,0 17 Dogon 1,8 3,1 0,2 478 Sarakolé 0,0 0,0 0,0 32 Sonrai 12,7 0,0 12,8 27 Autre 0,0 0,0 0,0 22 Khi-deux (**) (ns) (**) Sexe Masculin 3,3 2,4 0,9 452 Féminin 2,3 2,8 1,2 471 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Age en mois ,6 1,4 1, ,7 2,4 0, ,7 3,9 1, ,8 3,5 1, ,9 1,9 1,0 181 Khi-deux (ns) (ns) (ns) Ensemble 2,8 2,6 1,1 923 c) Autres maladies liées à une carence alimentaire Au cours de l enquête, nous avons demandé si certains membres du ménage souffraient de cécité crépusculaire ou de goitre. La cécité crépusculaire ou héméralopie est due à une déficience en vitamine A, c est souvent le premier signe de carence en vitamine A. Il se traduit par une difficulté à voir en lumière réduite. Dans de nombreux pays où la carence en vitamine A est endémique, la langue locale comporte un mot spécifique pour désigner ce trouble. Les parents constatent parfois que leur enfant est maladroit 79
90 dans le noir ou ne reconnaît pas les gens dans une pièce mal éclairée. Ce trouble est dû à une diminution de la rhodopsine dans les bâtonnets de la rétine. La carence en vitamine A affecte aussi d'autres organes et contribue à augmenter la mortalité des enfants, surtout en cas de rougeole. ( Le goitre quant à lui, est dû à une carence en iode et se manifeste par une inflammation de la glande thyroïde, qui s extériorise par un gonflement disgracieux du cou. Dans les zones où le n y a que des cas sporadiques de goitre, la nourriture n'est généralement pas en cause. Ce peut être une tumeur bénigne ou maligne. A l'inverse, si le goitre est fréquent dans une communauté, la cause est probablement nutritionnelle ( Le tableau suivant donne des informations sur la prévalence de la cécité crépusculaire et du goitre selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles. On note que 20% des ménages présentent au moins un cas de cécité crépusculaire. Les cas de goitres sont plus discrets et concernent seulement 5% des ménages. Cette proportion assez importante des cas de cécité crépusculaire pourrait être due à une erreur de déclaration des enquêtés qui auraient considéré comme telle toutes les infections rétiniennes. Par contre le goitre étant très facilement observable à travers le gonflement disgracieux du cou qu il produit, nous pouvons supposer que le chiffre déclaré est proche de la réalité. Selon la zone, la cécité crépusculaire est plus importante dans la zone lacustre où elle touche plus de la moitié des ménages (52%) et dans le Gourma où elle en affecte plus d un quart (26 %). C est dans le Delta (12%) qu on note la plus faible prévalence des cas de cécité crépusculaire. Quant aux cas de goitre, ils apparaissent plus fréquemment dans le Seno (13%) que partout ailleurs. Selon la vulnérabilité, il n apparaît pas de différences significatives entre les ménages en ce qui concerne la prévalence des cas de cécité crépusculaire. Par contre, on note une plus grande prévalence des cas de goitre parmi les ménages moins vulnérables, ceci pourrait être lié au fait qu il y a plus de personnes dans ces ménages, d où une probabilité plus importante de contracter la maladie. Selon la caste du chef de ménage, bien que les différences de prévalence de cécité crépusculaire ne soient pas significatives, on note des différences de prévalence de goitre entre les ménages. Ainsi, les forgerons sont ceux qui présentent le plus de cas de goitre (9% des ménages), tandis que les exesclaves sont ceux qui présentent les plus faibles prévalences (0,3% des ménages). Selon l ethnie du chef de ménage, les cas de cécité crépusculaire sont localisés au niveau des Sarakolé (36%), Sonrhaï (31%) et autres ethnies (34%). Les Dogon sont de loin ceux qui présentent le plus de cas de goitre (10%). 80
91 Tableau 6.4 : Cécité crépusculaire dans les ménages selon quelques caractéristiques Cécité Effectif des crépusculaire Goitre ménages Strate Delta 12,3 1,1 253 Plateau 23,0 2,2 127 Seno 24,0 13,3 176 Lacustre 51,7 3,3 26 Gourma 25,9 0,0 33 Khi-deux (**) (**) Vulnérabilité Très vulnérable 22,0 3,3 329 Moyen vulnérable 16,0 5,4 177 Peu vulnérable 21,8 8,7 108 Khi-deux (ns) (*) Sexe du CM Masculin 20,5 5,3 545 Féminin 18,6 1,7 70 Khi-deux (ns) (ns) Caste du CM Noble 21,5 5,9 440 Ex-esclaves 17,8 0,3 129 Forgeron 20,4 9,3 25 Autre caste 8,6 5,8 20 Khi-deux (ns) (**) Ethnie du CM Bambara 14,8 4,9 29 Peulh 16,5 1,8 260 Boso 0,0 0,0 20 Dogon 23,5 9,5 251 Sarakolé 35,9 0,0 24 Sonrai 30,6 0,0 21 Autre 33,5 0,0 11 Khi-deux (**) (**) Ensemble 20,2 4, ) Consultation des Centres de Santé La fréquentation des centres de santé en cas de maladies des enfants et même des adultes est loin d être systématique. Le tableau 6.5 nous donne le pourcentage de ménages ayant eu un enfant malade au cours des 3 derniers mois et parmi eux, ceux qui sont allés consulter dans un centre de santé. Peu de ménages fréquentent les centres de santé dans la région de Mopti. En effet, moins du tiers des ménages (29 %) qui ont eu au moins un enfant malade au cours des 3 mois précédant l enquête, ont emmené leur enfant en consultation dans un centre de santé. Les différences de fréquentation des centres de santé selon les caractéristiques socio-économiques et culturelles ne sont pas significatives. 81
92 Tableau 6.5 : Enfants malades au cours des 3 derniers mois et consultation des centres de santé selon quelques caractéristiques socio-démographiques % de ménages avec enfant % ayant consulté Effectif des malade un centre de santé ménages Strate (ns) Delta 50,8 23,1 253 Plateau 24,4 30,3 127 Seno 42,0 36,5 176 Lacustre 51,7 25,8 26 Gourma 50,0 37,9 33 Vulnérabilité (ns) Très vulnérable 39,6 27,4 329 Moyen vulnérable 40,5 29,6 177 Peu vulnérable 56,7 30,7 108 Sexe du CM (ns) Masculin 42,6 30,5 545 Féminin 45,1 15,7 70 Caste du CM (ns) Noble 41,2 31,1 440 Ex-esclaves 53,1 23,5 129 Forgeron 27,0 23,7 25 Autre caste 34,1 25,2 20 Ethnie du CM (ns) Bambara 64,0 46,2 29 Peulh 49,9 21,7 260 Boso 35,7 40,0 20 Dogon 32,1 32,3 251 Sarakolé 46,2 22,2 24 Sonrai 54,2 41,1 21 Autre 50,8 58,8 11 Ensemble 42,9 28, ) Couverture Vaccinale Au cours de l enquête, pour tous les enfants de moins de 5 ans, on a enregistré les informations permettant d évaluer leur couverture vaccinale contre les 6 maladies infantiles, qui sont le BCG, la poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, la coqueluche et la rougeole. Ces vaccinations sont préconisées par le Programme Elargi de Vaccination. Nous avons enregistré l information à partir des cartes de vaccinations disponibles ou, s il n y en avait pas, à partir des déclarations de la mère ou de la personne en charge de l enfant. Le tableau 6.6 présente la couverture vaccinale des enfants de 12 à 23 mois, groupes d âges qui doivent avoir reçu l ensemble de ces vaccinations puisque celles-ci devraient toutes être administrées avant que l enfant n ait atteint son premier anniversaire. Un peu plus de la moitié des enfants de mois (52%) disposent d une carte de vaccinations, qui nous a permis de récupérer l'information. Un peu moins de la moitié (49 %) des enfants de mois a entièrement été protégée par les vaccinations du PEV. Cette faible couverture est en accord avec la faible fréquentation des centres de santé enregistrée précédemment. Elle est variable selon la vulnérabilité et les zones géographiques. Ainsi, les enfants des ménages les plus vulnérables sont ceux qui ont été complètement vaccinés contre les maladies du PEV, relativement aux enfants des ménages peu vulnérables. En effet, tandis que plus de la moitié des enfants des ménages très vulnérables (55%) et moyennement vulnérables (57%) ont été totalement vaccinés, à peine le tiers (33%) des enfants des ménages peu vulnérables ont été entièrement vaccinés. Selon la zone géographique, ce sont les enfants du Plateau (71%) et ceux du Gourma (83%) qui sont les mieux vaccinés. A l opposé, très peu d enfants de la zone lacustre ont été totalement vaccinés (19%), aussi, plus du tiers d entre eux 82
93 n ont reçu aucun vaccin. Ces résultats, contribuent à mettre en exergue l état de santé fragile des enfants de la zone lacustre, déjà observé précédemment. Tableau 6.3 : Vaccination des enfants de mois selon les caractéristiques Polio DTCOQ Dispose A reçu N'a reçu d une carte Effectif des tous les aucun de enfants BCG vaccins vaccin vaccination mois Vulnérabilité Très vulnérable 75,2 80,5 65,7 55,3 67,3 61,0 57,1 55,3 17,7 46,8 65 Moyen vulnérable 82,9 87,0 73,3 62,9 75,9 63,2 58,0 56,5 13,0 70,2 63 Peu vulnérable 85,9 83,4 52,0 41,6 57,4 44,4 41,4 32,7 8,3 38,3 65 Khi-deux (ns) (ns) (**) (**) (*) (*) (ns) (**) (ns) (**) Strate Delta 77,1 79,2 60,4 54,2 62,5 45,8 43,8 43,8 14,6 54,2 68 Plateau 94,3 97,1 88,6 74,3 91,4 88,6 77,1 71,4 2,9 74,3 33 Seno 80,6 82,3 54,8 41,9 58,1 50,0 48,4 40,3 14,5 37,1 73 Lacustre 57,1 66,7 38,1 19,0 47,6 28,6 19,0 19,0 33,3 42,9 9 Gourma 94,4 94,4 88,9 88,9 94,4 88,9 83,3 83,3 5,6 72,2 10 Khi-deux (**) (**) (**) (**) (**) (**) (**) (**) (**) (**) Caste du Noble 86,0 88,8 68,0 56,3 72,7 60,6 55,9 50,6 9,6 58,8 146 CM Ex-esclaves 63,2 60,3 43,1 34,8 45,3 37,3 34,8 34,8 27,7 26,5 35 Forgeron 73,1 87,8 63,4 63,4 48,8 48,8 48,8 48,8 12,2 24,4 10 Autre caste 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 0,0 100,0 2 Khi-deux (**) (**) (**) (*) (**) (**) (*) (ns) (**) (**) Sexe de Masculin 80,6 86,8 66,1 50,4 66,6 51,9 46,8 44,0 11,8 53,2 107 l'enfant Féminin 82,3 79,6 60,4 56,6 67,0 61,5 58,8 53,3 14,4 49,6 85 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Ensemble 81,3 83,6 63,6 53,2 66,8 56,2 52,1 48,1 13,0 51,6 193 En ce qui concerne les types de vaccins, on constate que 81 % des enfants ont reçu le BCG et 84 % la première dose de Polio. La très bonne couverture de ce dernier vaccin s explique par les Journées Nationales de Vaccination (JNV) qui ont lieu en novembre et décembre de chaque année. Pendant ces JNV, on vaccine les enfants contre la Polio avec les 2 premières doses prescrites données à un mois d intervalle. Par contre, la couverture vaccinale de la Polio 2 et 3 diminue et atteint, respectivement 65 % pour la 2 ème dose et 54 % pour la 3 ème. Normalement, la couverture du DTCOQ suit celle de la Polio, mais à cause des JNV, l écart entre les premières et deuxièmes doses de chacun de ces vaccins est très important. Ainsi, seulement 67 % des enfants de mois ont reçu la 1 ère dose de DTCOQ. La couverture pour la 2 ème et 3 ème dose de DTCOQ est également inférieure à celle de la Polio, mais l écart est moins important que pour la première. 4) Etat nutritionnel des Enfants de moins de 5 ans L état nutritionnel est évalué au moyen d indicateurs anthropométriques calculés à partir de l âge et des mesures de taille et du poids de l enfant prises au cours de l enquête. Le poids et la taille permettent de calculer les trois indicateurs suivants : la taille par rapport à l âge, le poids par rapport à la taille et le poids par rapport à l âge. «Selon l OMS, l état nutritionnel des enfants observés pendant l enquête est comparé à une population de référence internationale, connue sous le nom de standard NCHS/CDC/OMS. Cette référence internationale a été établie à partir de l observation d enfants américains de moins de cinq ans en bonne santé et elle est utilisable pour tous les enfants de cet age dans la mesure où, quel que soit le groupe de population, ils suivent un modèle de croissance similaire. Les données de la population de référence internationale ont été normalisées pour suivre une distribution normale où la médiane et la moyenne sont identiques. Pour les différents indicateurs utilisés, on compare la situation des enfants dans l enquête avec le standard de référence internationale, en calculant la 83
94 proportion d enfants observés qui se situent à moins de deux et à moins de trois écarts type en dessous de la médiane de la population de référence» (EDSM, 1996). Retard de croissance La malnutrition chronique qui se manifeste par une taille trop petite pour l'âge traduit un retard de croissance. Cette situation est généralement la conséquence d'une alimentation inadéquate et/ ou de maladies survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à plusieurs reprises. L'indice taille pour âge qui prend en compte la taille d'un enfant par rapport à son âge est une mesure des effets à long terme de la malnutrition et elle ne varie que très peu en fonction de la saison au cours de laquelle les enfants sont mesurés. La taille-pour âge est révélatrice de la qualité de l'environnement et, d'une manière générale, du niveau de développement socio-économique d'une population (EDSM-II). Émaciation Les informations sur la malnutrition aiguë figurent également au niveau du tableau suivant, exprimé par l'indice poids-taille. Cet indice qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec la taille reflète la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l'enquête), et il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l'enfant, que ce soient les maladies (rougeole, diarrhée, etc.) ou des déficits alimentaires (sécheresses, périodes de soudure) sont très sensibles à la saison. Ce type de malnutrition est la conséquence d'une alimentation insuffisante durant la période ayant précédé l'observation et/ou d'une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère ou anorexie, par exemple). Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant de malnutrition aiguë modérée, ceux se situant à moins de 3 écarts type sont considérés comme souffrant de malnutrition aiguë sévère (EDSM-II). Insuffisance pondérale L indice poids-pour-âge est un indice combiné, son niveau pouvant être aussi bien provoqué par l émaciation que par le retard de croissance. Il traduit une insuffisance pondérale. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de 2 écarts type au-dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d insuffisance pondérale modérée, ceux se situant à moins de 3 écarts type sont considérés comme souffrant d insuffisance pondérale sévère (EDSM-II). Durant notre enquête, tous les enfants de moins de 5 ans des ménages de l échantillon ont été pesés et mesurés. Les mesures aberrantes ont été retirées de l analyse et les résultats présentés dans le tableau 6.7 concernent 804 enfants de moins de 5 ans. 84
95 Tableau 6.7 : Etat nutritionnel des enfants de moins de 5 ans selon les caractéristiques socioéconomiques et culturelles Poids-pourtaille Taille-pour-age Poids-pour-age Effectif des enfants de <-3ET <-2ET <-3ET <-2ET <-3ET <-2ET moins de 5 ans Vulnérabilité Très vulnérable 20,5 36,7 2,0 12,0 13,2 33,3 292 Moyen vulnérable 15,2 35,0 2,3 15,1 10,6 34,2 285 Peu vulnérable 28,4 44,1 3,9 16,0 18,5 40,8 227 Khi-deux (**) (*) (ns) (ns) (**) (ns) Strate Delta 13,6 29,0 1,1 9,1 9,7 23,9 248 Plateau 21,8 39,3 3,4 19,4 14,6 41,7 194 Seno 26,7 45,0 3,6 15,1 17,5 42,2 294 Lacustre 17,6 39,7 0,0 16,2 10,3 38,2 30 Gourma 20,6 38,2 2,9 13,2 10,3 30,9 39 Khi-deux (**) (**) (ns) (**) (ns) (**) Sexe du CM Masculin 20,9 37,9 2,7 13,9 13,8 35,5 777 Féminin 20,6 46,9 0,0 23,8 11,4 42,6 27 Khi-deux (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) (ns) Caste du CM Noble 21,2 37,9 2,6 15,5 14,0 37,6 613 Ex-esclaves 18,1 39,8 1,1 9,8 12,3 28,5 130 Forgeron 13,3 31,3 10,0 14,6 13,3 25,9 35 Autre caste 37,1 45,1 0,0 5,4 17,0 41,5 26 Khi-deux (*) (ns) (**) (ns) (ns) (ns) Ethnie du CM Bambara 6,3 12,5 0,0 6,3 6,3 12,5 45 Peulh 16,9 37,3 3,8 11,8 12,2 32,2 244 Boso 16,7 33,3 0,0 25,0 16,7 41,7 17 Dogon 25,3 42,0 2,3 16,9 15,9 41,6 427 Sarakolé 9,2 24,9 0,0 0,0 4,6 9,2 31 Sonrai 24,7 41,1 4,7 21,2 16,5 45,8 24 Autre 25,0 47,1 7,0 9,6 14,0 30,3 17 Khi-deux (**) (**) (ns) (**) (ns) (**) Sexe de l'enfant Masculin 22,3 41,8 3,8 16,7 13,8 39,0 394 Féminin 19,5 34,7 1,5 11,9 13,7 32,6 410 Khi-deux (ns) (**) (**) (*) (**) (**) Age en mois ,4 13,7 3,6 10,8 4,4 16, ,8 40,8 5,3 26,1 17,4 44, ,5 43,6 2,7 11,4 23,2 44, ,7 49,8 0,8 11,1 17,4 41, ,9 41,2 0,7 10,5 6,9 31,5 163 Khi-deux (**) (**) (**) (**) (**) (**) Ensemble 20,9 38,2 2,6 14,2 13,8 35,8 804 Selon les résultats du tableau précédent, on constate que près de deux enfants sur cinq (38%) du milieu rural de la région de Mopti souffrent d'une malnutrition chronique (la taille-pour-âge se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence), et un enfant sur cinq souffre de malnutrition chronique sévère (la taille-pour âge se situe à moins de 3 écarts-type de la médiane de la population de référence) Selon l EDSM-III de 2001, au niveau national, 38 % des enfants maliens de moins de 5 ans ont un retard de croissance, 11 % souffrent d émaciation et 33 % d insuffisance pondérale. Pour la région de Mopti, ces pourcentages sont respectivement de 39,3%, 10,3% et 33,2%. 85
96 En milieu rural dans la région de Mopti, peu d'enfants souffrent de malnutrition aiguë (14%) et parmi eux moins de 3 % souffrent de malnutrition aiguë sévère. Les différences de malnutrition selon la vulnérabilité montrent que les enfants issus des ménages peu vulnérables sont les plus mal nourris de la région. L insuffisance pondérale affecte les enfants de 38% des ménages de la région de Mopti et touche plus les ménages peu vulnérables (41% d entre eux) que les autres (un tiers chez les ménages très vulnérables et 34% chez les moyennement vulnérables. En plus, 14% des ménages de la zone connaissent une insuffisance pondérale sévère. Les enfants de 2 à 3 ans sont les plus touchés (23% d entre eux). Par strate, ce sont les ménages du Seno et du Plateau qui en souffrent le plus (respectivement 18% et 15%). III. Alimentation des ménages Chaque ménage enquêté nous a donné des informations sur le nombre et la composition des repas pris la veille de l enquête. Une liste d aliments leur a été proposée pour chaque repas et il suffisait de cocher si oui ou non cet ingrédient ou aliment entrait dans la composition du repas de la veille. Le tableau 6.8 donne la répartition du nombre de repas pris la veille de l enquête par les ménages. Tableau 6.8 : Nombre de repas consommés par les ménages la veille de l enquête selon quelques caractéristiques Nombre de repas consommés la veille Effectif des et + Total ménages Strate (**) Delta 2,8 14,0 83,2 100,0 253 Plateau 3,0 37,0 60,0 100,0 127 Seno 2,7 15,3 82,0 100,0 176 Lacustre 15,0 36,7 48,3 100,0 26 Gourma 5,2 10,3 84,5 100,0 33 Vulnérabilité (**) Très vulnérable 5,0 23,2 71,8 100,0 329 Moyen vulnérable 1,9 17,0 81,1 100,0 177 Peu vulnérable 1,2 14,6 84,2 100,0 108 Sexe du CM (ns) Masculin 3,2 20,2 76,6 100,0 545 Féminin 5,5 17,5 77,0 100,0 70 Caste du CM (ns) Noble 3,1 19,9 77,0 100,0 440 Ex-esclaves 5,0 19,6 75,4 100,0 129 Forgeron 3,7 18,7 77,6 100,0 25 Autre caste 0,0 23,1 76,9 100,0 20 Ethnie du CM (**) Bambara 0,0 24,6 75,4 100,0 29 Peulh 4,3 14,6 81,1 100,0 260 Boso 0,0 28,6 71,4 100,0 20 Dogon 3,4 26,8 69,9 100,0 251 Sarakolé 0,0 13,8 86,2 100,0 24 Sonrai 2,8 5,6 91,7 100,0 21 Autre 8,0 0,0 92,0 100,0 11 Ensemble 3,4 19,9 76,7 100,0 614 Près du quart des ménages (23%) a consommé moins de trois repas à la veille de l enquête. Le nombre de repas consommés est fonction des caractéristiques socio-économiques et culturelles, notamment la strate, la vulnérabilité du ménage et l ethnie du chef de ménage. Selon la vulnérabilité du ménage, le nombre de repas consommés diminue lorsque la vulnérabilité augmente. Ainsi, plus du quart des ménages très vulnérables (28%) n ont pas eu accès à trois repas 86
97 la veille de notre enquête, alors que cela ne concerne que 19 % des ménages moyennement vulnérables et seulement 16% de ménages peu vulnérables. Par rapport aux zones géographiques, la zone lacustre et le Plateau présente la plus forte proportion de ménages qui n arrivent pas à s offrir trois repas par jour (respectivement 52% et 40%). A l inverse, Le Gourma, le Delta et le Seno se caractérisent par leur proportion plus élevée de ménages ayant mangé au moins trois repas la veille de l enquête (respectivement 85%, 83% et 82%). C est surtout dans le milieu Dogon, Boso et Bambara que la proportion des ménages n ayant pas consommé au moins trois repas journaliers est relativement élevée (respectivement 30%, 29% et 25%). 87
98 CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS La présente étude visait à effectuer un diagnostic de la situation de vulnérabilité des ménages du milieu rural de la région de Mopti en vue de définir des stratégies appropriées à l'endroit des ménages les plus vulnérables. Une première partie méthodologique nous a permis de mieux cerner le concept de vulnérabilité et les techniques de collecte utilisées lors de l'enquête. A ce niveau, les principaux indicateurs de vulnérabilité déclarés par les communautés ont été présentés. Il s'agit de : la main d œuvre, l exode, l équipement agricole et le cheptel. Après cette première partie méthodologique, nous avons entamé la phase active de notre étude à travers l'analyse des données collectées auprès des ménages. Ceci nous a permis de confronter ces facteurs déclarés par les communautés aux tendances observées au sein des ménages. A cet effet, nous avons dans un premier temps examiné les caractéristiques socio-démographiques des ménages et de leurs populations, ainsi que les tendances de la migration. A ce sujet, il ressort que : ƒ ƒ ƒ Plus de la moitié des ménages du milieu rural de la région de Mopti sont très vulnérable. Les ménages dirigés par les femmes présentent une vulnérabilité très marquée, liée au manque de main d'œuvre et de soutien. La caste des griots est parmi les moins vulnérables ƒ L'ethnie bozo présente une vulnérabilité moindre par rapport aux autres ethnies, mais en même temps, les indicateurs sociaux (éducation, santé) les plus alarmants. ƒ Un faible niveau d'instruction de la population en générale et des enfants en particulier. ƒ La main d'œuvre est apparue à plusieurs niveaux comme un facteur important de la vulnérabilité des ménages : de fait, il y a une insuffisance de main d'œuvre dans les ménages très vulnérables et ceux dirigés par une femme. ƒ Les phénomènes migratoires concernent une partie assez importante de la population et des ménages. Ils sont principalement pratiqués par les ménages les très vulnérables sur de courtes distances et par les ménages les moins vulnérables sur des destinations plus lointaines. ƒ Les migrations féminines sont très précoces et commencent entre ans ; ceci est un phénomène récent et constitue une entrave à la scolarisation des filles. Dans un deuxième temps, nous avons analysé le système de vie des ménages, à partir duquel les constats suivants ont été faits : ƒ ƒ Une faible exploitation agricole chez les ménages très vulnérables a cause d une insuffisance de main d œuvre et un manque de terre surtout pour les femmes ; Les ménages les plus vulnérables ne diversifient pas ou très peu leurs activités, tandis que les ménages peu vulnérables mènent plusieurs catégories d activités (élevage, agriculture, pêche, AGR) ce qui leur permet de diversifier les ressources. ƒ Il y a une insuffisance d'équipements agricoles adéquats, quel que soit le niveau de vulnérabilité, mais principalement chez les plus vulnérables. ƒ Faible rentabilité des cultures des très vulnérables à cause d une insuffisance d investissement 88
99 ƒ ƒ Les ménages peu vulnérables sont ceux qui possèdent la plus grande diversité dans le bétail et, également le plus de têtes de bétails de chaque espèce. En somme, les ménages très vulnérables sont caractérisés par : une insuffisance d équipements agricoles, un manque de main d œuvre, vivent dans la zone lacustre Dans un troisième temps, nous avons analysé les stratégies de vie et de survie des ménages de même que les principales contraintes à leur système de vie. Les constats suivants ont été notés : ƒ ƒ ƒ L'insécurité alimentaire représente la principale contrainte de l'ensemble des ménages, mais surtout des plus vulnérables. La quantité produite par les ménages quel que soit le niveau de vulnérabilité, n est jamais suffisante pour couvrir les besoins alimentaires du ménage. Les stratégies utilisées par les ménages les plus vulnérables sont des stratégies qui demandent le moins d engagement : le crédit, le salariat agricole, le soutien communautaire la cueillette. Enfin, nous nous sommes intéressés à la situation sanito-nutritionnel des ménages. Les constats effectués à ce niveau sont : ƒ Les niveaux d accès à l eau potable bien que satisfaisant pour l ensemble de la région restent déplorables dans le Seno. ƒ ƒ Une situation sanitaire marquée par la forte prévalence des maladies diarrhée, choléra et paludisme. La faible fréquentation des centres de santé par les ménages Au vu de ces constats, un certain nombre de recommandations s'imposent : ¾ L'appui à l'artisanat à travers les micro-crédits et l'encadrement des femmes ¾ Pour les problèmes d'accès à l'eau potable, les stratégies en matière d hydraulique doivent cibler particulièrement la zone du Seno dans laquelle les problèmes d accès à l eau potable se posent avec acuité. ¾ Les migrations féminines constituent une entrave à la scolarisation et au maintien des filles dans le système scolaire, à cet effet, il convient de chercher à mieux cerner les raisons de ces migrations en vue de mettre en place des stratégies adéquates visant à décourager les migrations à bas âge. ¾ La faible fréquentation des centres de santé résulterait en grande partie de problèmes financiers. Il convient à cet effet de trouver des sources alternatives de financement des coûts de santé par la mise en place de mutuelles de santé, par exemple. 89
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