OBSERVATOIRE DE LA FILIERE APICOLE LANGUEDOC ROUSSILLON

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1 Association de Développement de l'apiculture Professionnelle du Languedoc Roussillon OBSERVATOIRE DE LA FILIERE APICOLE LANGUEDOC ROUSSILLON Etat des lieux des acteurs et du poids économique de la filière régionale ADA PRO LR CRA LR - Maison des agriculteurs A Mas de Saporta CS Lattes CEDEX Tel Fax mail : N siret : code APE : 913E

2 Cette étude a été menée au cours de l année L objectif du document est de fournir un état des lieux des acteurs de la filière apicole régionale ainsi qu une estimation de la valeur économique dégagée par cette activité. Pour cela, nous nous sommes basés sur des données existantes complétées par des enquêtes auprès de services administratifs et de sociétés privées (négociants). Différentes sources d informations ont été mobilisées : pour évaluer le nombre d apiculteurs, - une enquête auprès des différentes Directions Départementales des Services Sanitaires (DDSV) a été menée. Tout possesseur de ruches est tenu de les déclarer à sa DDSV. Jusqu en 2006, les apiculteurs devaient déclarer le nombre de ruches en leur possession chaque année. Cette déclaration est désormais obligatoire uniquement en cas de variation notable du nombre de colonies (>30%). - Des données déjà disponibles d études précédentes ont été utilisées : audit GEM, 2004 ; - Une requête au niveau des Centre de Formalités des Entreprises (CFE) des Chambres d Agriculture a été effectuée. - Utilisation des résultats d une enquête MSA de 2003 (l actualisation des données n a pas été possible). les apiculteurs possédant de 10 à 150 colonies sont cotisants solidaires. Ils cotisent à l'amexa dès qu'ils ont plus de 150 colonies, où dès lors qu'ils ont une autre production agricole. - Pour les données sur l installation, une enquête téléphonique auprès de chaque Point Info Installation a complété les données du CFPPA de Rodilhan. pour analyser les pratiques apicoles - concernant les pratiques de transhumance, des chiffres ont été obtenus via les DDSV. Pour transhumer hors de son département, l apiculteur doit faire une demande d autorisation à la DDSV qui lui délivre alors une carte pastorale de transhumance - l étude des différents systèmes de production a été complétée par un diagnostic effectué en 2005 dans la région et par des entretiens avec des apiculteurs pour évaluer les volumes et poids économiques émanant de la filière - les enquêtes production effectuées par l ADAPRO auprès de ses adhérents, 2004, 2005 et les données de l audit GEM, les données de la DRAF LR basé sur le RGA données d études menées sur l apiculture en région : rapports de stage. Fabien JEREZ, avril juin Fanny SOREL, janvier juin pour étudier les acteurs de la filière - enquête auprès de différents apiculteurs (4 apiculteurs enquêtés), enquête auprès des négociants (2 réponses sur 5 enquêtés) et fournisseurs, 2007

3 Il est à noter que les données relatives au nombre d apiculteurs sont assez fiables car émanent de données réelles de déclaration. Bien entendu, il existe toujours une marge d erreur notamment due au fait du nombre important d apiculteurs amateurs. Par ailleurs, les évaluations de volumes et de prix restent approximatives et sont parfois le résultat d extrapolation d enquêtes réalisées sur un échantillon. Ces données sont donc à manipuler avec précaution et pourront faire l objet d une enquête plus large et d un suivi dans l avenir.

4 1- Les apiculteurs et productions régionaux La région Languedoc-Roussillon compte apiculteurs (données DDSV 2007), soit environ 5% des apiculteurs de France. Au sein de la filière apicole nationale, les producteurs peuvent être regroupés en trois catégories : les amateurs, ayant moins de 70 colonies (88% des apiculteurs) les pluriactifs, agricoles ou non, qui disposent de 70 à 150 (6% des apiculteurs) les professionnels qui conduisent plus de 150 colonies et dont l apiculture est la principale source de revenu (6% des apiculteurs). Avec 6% d apiculteurs professionnels, Languedoc-Roussillon est la 2ème région la plus professionnalisée de France (après PACA et ses 6,6% de professionnels). Elle dispose de 9% du cheptel national. Les 6 % d apiculteurs professionnels détiennent 55 % du cheptel de la région et produisent 70% du miel. Source : Audit de la filière miel 2005 GEM Oniflhor / août 2005 (ci-joint) basé sur le recensement réalisé par les Directions Départementales des Services Vétérinaires (DDSV). La répartition des apiculteurs dans les 5 départements de la région Du fait du nombre important d apiculteurs amateurs ayant moins de 70 ruches, le nombre d apiculteurs par département est assez difficile à déterminer. Les chiffres suivants (reportés dans le fichier Excel ci-joint) correspondent aux données fournies par les DDSV, le cas échéant complétées par les données d Agreste (Recensement Agricole 2000), ou des syndicats départementaux. Est considéré comme professionnel dans ce tableau de recensement tout apiculteur détenant plus de 150 ruches.

5 Aude Gard Hérault Lozère PO LR nb total d'apis par dpt nb d'apis professionnels par dpt % d'apiculteurs par dpt 12% 33% 30% 16% 9% 100% % d'apis professionnels par dpt 15% 30% 35% 16% 5% 100% nb adhérents professionnels ADAPRO % d'apis pros adhérant à l'adapro 53% 61% 78% 52% 44% 63% nb adhérents professionnels GQMLR % d'apis pros adhérant au Gqmlr 23% 39% 44% 23% 22% 35% Répartition des apiculteurs professionnels de la région par département Lozère 16% PO 5% Aude 15% Aude Gard Hérault Lozère PO Gard 30% Hérault 34% 40% 35% 30% 25% Répartition des apiculteurs par département 33% 30% 30% 35% % d'apiculteurs par dpt 20% 15% 10% 12% 15% 16% 16% 9% % d'apis professionnels par dpt 5% 5% 0% Aude Gard Hérault Lozère PO Une enquête auprès de la MSA a été réalisée par l ADAPRO en Elle complète les données ci-dessus, mais n informe pas précisément sur le caractère professionnel de l activité apicole. En effet, les pluriactifs agricoles, particulièrement nombreux en Lozère et dans les PO, sont considérés comme professionnels car assujettis à l AMEXA, alors que leur production principale n est pas forcément l apiculture (possesseurs de ruches dont la production principale est le bovin viande ou autre ). (Les chiffres n ont pas pu être actualisés en raison d une facturation conséquente demandée par la MSA cette année pour la fourniture de données).

6 Aude Gard Hérault Lozère non cotisants MSA Cotisants solidaires Cotisants Amexa Rappel : Tout possesseur de ruche est tenu des les déclarer en DDSV. Concernant la MSA, les apiculteurs possédant de 10 à 150 colonies sont cotisants solidaires. Ils cotisent à l'amexa dès qu'ils ont plus de 150 colonies, ou dès lors qu'ils ont une autre production agricole. La différence entre les valeurs communiquées par les DSV et la MSA s'explique par un faux taux de pluriactifs agricoles dans certains départements, notamment la Lozère et le Gard. La dynamique de la filière Les enquêtes auprès des différents Points Info Installations des 6 départements ont permis de fournir le nombre de dossier d installation en apiculture avec DJA validé chaque année depuis Nb installation DJA en Languedoc Roussillon TOTAL depuis moyenne sur 7 ans 6,71 Nombre d'installations DJA AUDE GARD HERAULT LOZERE PO moyenne entre 2000 et ,86 1,43 1,71 1,57 1,25 écarts Dans la région, on dénombre entre 3 à 9 installations DJA en apiculture par an (en moyenne 6.5 entre 2000 et 2006) avec une part d installation plus importante dans les départements de l Hérault, du Gard et de la Lozère. Il est important de noter que ce nombre d installations est sous estimé compte tenu de la part importante d installations qui se réalisent hors DJA. Il est très difficile d estimer cette part mais les discussions avec les apiculteurs laissent transparaître ces stratégies d installation progressive comme des phénomènes fréquents. L étude technico économique en cours de réalisation à l ADAPRO LR en partenariat avec le CFPPA de Rodilhan montre que sur 11 installations, 6 se sont faits avec DJA.

7 2- Quelques éléments sur les pratiques apicoles régionales Un diagnostic socio-économique élaboré en 2005 a permis d identifier une typologie des exploitations apicoles selon des critères de taille de cheptel, de volume de production, de système de production, de mode de commercialisation et de spécialisation ou pluriactivité agricole. Cette étude dénombre ainsi 5 groupes d apiculteurs (Source : Etude socio-économique de l apiculture dans le Languedoc Roussillon, ISARA de Lyon, 2005): 1 : Les exploitations en production miel semi-intensif : reprise d exploitation (agricole ou apicole) il y a environ 10 ans, de taille modeste (à peine une SMI qui correspond à 400 ruches en apiculture). Production spécialisé en miel, équipement moderne et commercialisation en gros ou demi-gros et parfois un peu en vente directe. 2 : Les exploitants optant pour une valorisation-transformation des produits apicoles : apiculteurs non issus du monde apicole, exploitations âgées de plus de ans. Tailles moyennes (le nombre de ruche atteint la SMI), équipements modernes. Production diversifiée : miel, pollen, gelée royale, essaims et transformation. Commercialisation au détail en demi gros ou en vente directe 3 : Les exploitations à production intensive. Exploitants issus du monde agricole. Taille importante (près de 700 ruches en moyenne), équipements modernes et adaptés à la taille de l exploitation. Production majoritairement spécialisée en miel, commercialisation en gros. 4 : Les jeunes exploitations : Exploitants non issus du milieu rural. Jeunes exploitations disposant d une demi SMI. Equipement faible. Production diversifiée, commercialisation uniquement en détail. 5 : Les pluri-actifs : Exploitant non issu du milieu agricole. Jeune exploitation avec un nombre de ruches moyens de 160 ruches et un niveau d équipement faible. Exploitant pluriactif. Production faible et dans les 3 circuits de commercialisation. Sur un échantillon d une cinquantaine d apiculteurs choisis au hasard dans la région, voici la répartition dans ces 5 groupes : 1 : 23% 2 : 23% 3 : 18% 4 : 16% 5 : 20% Notes sur les pratiques de transhumance Afin de diversifier les catégories de miels produits et pour face à un certain nombre d aléas climatiques, de nombreux apiculteurs sont amenés à déplacer leurs ruches au cours de l année. Les apiculteurs professionnels sont concernés par ces méthodes de transhumance, il faut en effet un investissement matériel plus ou moins conséquent (poids lourd, remorque, élévateur, grue ) pour déplacer les colonies (de 20 à plus de 100) à la fois et ce sur plusieurs centaines de kilomètres parfois. L identification de ces mouvements de transhumance interdépartementaux dans le département permet de comprendre les échanges existant entre les départements qui détiennent des caractéristiques naturelles différentes. Notons par exemple, que la transhumance des départements du Gard et de l Hérault concerne un déplacement des ruchers vers la flore de châtaigneraies, de bruyères se trouvant au nord de ces départements ou en Lozère. Par ailleurs, les déplacements des ruchers des apiculteurs lozériens (et autres ex : Hte Loire) vers les

8 départements du sud de la Région pendant l hiver permet un hivernage plus doux et une reprise d activité des ruches plus précoces au printemps. Aude Gard Hérault Lozère PO nb apis transhumant hors de leur département nb d'apis transhumant de l'extérieur vers le département Notes sur l apiculture biologique Les quelques éléments dont nous disposons proviennent d enquêtes réalisées auprès d apiculteurs de la région. En Languedoc Roussillon, 21 apiculteurs sont dénombrés comme détenant un label biologique, avec plus de la moitié d entre eux qui sont apiculteurs à titre principal (source : enquête FRAB : Fédération Régionale de l Agriculture Biologique, 2007). Cette partie de la filière apicole est actuellement peu structurée (selon les dires des apiculteurs) au niveau de la Région. La pratique de l apiculture biologique se distingue de l apiculture conventionnelle sur différents points : - traitements : pas d utilisation d antibiotique ou de produits chimiques dans la lutte des pathologies apiaires - nourrissement : sirop ou sucre biologique en quantité limitative - équipement de qualité alimentaire - emplacement des ruchers : nécessaire de fournir une carte spécifiant un zonage de flore spontanée ou de cultures biologiques - cire d origine biologique - pas de clippage des reines - traçabilité La moyenne de production par ruche est semble-t-il sensiblement la même (voire légèrement inférieure) qu en conventionnelle (pas d évaluation précise à ce jour) mais la commercialisation se réalise majoritairement en conditionné demi gros ou vente directe. Les acteurs spécifiques de la filière biologique en Languedoc Roussillon : - en aval : la cire se trouve dans les magasins apicoles conventionnels (Ickowitz), le sucre est généralement acheté auprès de grossistes spécialisé dans les produits biologiques - en amont : marchés conventionnels ou marchés paysans ou biologiques, groupement de producteurs (il existe une SARL de 3 producteurs), magasins ou coopératives spécialisés biologiques, Apibiosud qui développe une gamme apithérapie (coopérative située en Ariège regroupant environ 10 apiculteurs), société spécialisée en transformation de la propolis à Clermont l Hérault.

9 3- Les produits de la ruche Le miel La production française de miel est toujours extrêmement difficile à appréhender. Elle est en effet dépendante des aléas climatiques d une année sur l autre et d une zone géographique à l autre. Elle varie également et très fortement selon les pratiques et les stratégies des apiculteurs : ruches sédentaires ou transhumantes, importance des transhumances, choix des types de miels recherchés (miel monofloraux ou polyfloraux de crus, toutes fleurs ou miels de grandes cultures ). Source : Audit de la filière miel GEM Oniflhor / août L audit GEM réalisé en 2005 évalue la production française à tonnes, dont tonnes pour les apiculteurs professionnels. La production des amateurs n entre que très peu dans les circuits de commercialisation ; ils sont absents des circuits de gros et ½ gros. Au niveau national, la France est déficitaire en miel (de 6 000t à t en 10 ans). Les importations se font à des prix variant entre 1,8 /kg et 2,6 /kg. A titre indicatif, un apiculteur récolte en moyenne 20 kg de miel par colonie et par an. Les données fournies par la DRAF LR, basées sur le RGA 2000, indiquent une production régionale de 1500 tonnes par an, avec la répartition départementale suivante : (cf. tableur Excel ci-joint). Production de miel par dpt - RA 2000 PO 16% LOZERE 13% GARD 18% AUDE 19% HERAULT 34% Les productions moyennes à la ruche peuvent aller selon les années et les zones de production de 13-17Kg (pour des années de sécheresse par exemple) à Kg. La quantité produite par les apiculteurs est également révélatrice de leur expérience du métier. Ainsi, l étude menée par l ISARA en 2005 montre que les apiculteurs avec moins de 3 années de métier parviennent à des production de Kg par ruche, alors qu un apiculteur de 20 ans de profession atteint des production de Kg sur une même année. Par ailleurs, les enquêtes de production réalisées auprès d apiculteurs en fin de saison (année 2006, 2005, 2004) révèlent des différences de rendement selon la miellée concernée : 4-5 Kg sur le thym à 30 Kg sur le tournesol. Les miels les plus produits en Languedoc Roussillon sont ceux de châtaignier, de garrigue, de romarin, de montagne, d acacia, de bruyère blanche, de romarin. Source : enquête production ADAPRO/ 2006 Ne disposant pas de chiffres exhaustifs sur les quantités de miels obtenues par type de miellée, nous nous baserons sur les chiffres de production fournis par Agreste soit 1500 tonnes de miel sur la région par an. La gelée royale Depuis une dizaine d année, la production de gelée royale a connu un développement dans la filière apicole. Elle concerne aujourd hui environ 70 apiculteurs qui produisent une quantité annuelle de 2 tonnes au niveau national. Cette activité intéresse de plus en plus les apiculteurs qui y voient une

10 opportunité de développer leurs activités et notamment de développer le caractère technique de cette production. La production française de gelée royale est fortement concurrencée par l importation de gelée venant de Chine et d Asie du Sud-Est et vendue à moindre prix. L activité française se positionne sur une différenciation qualitative du produit par rapport aux produits importés, à travers une politique stricte de qualité, régie par une Charte de qualité mise en place par le GPGR (Groupement des Producteurs de Gelée royale). 6 apiculteurs en production de gelée royale sont dénombrés dans la région par le GPGR mais aucun apiculteur ne vit en majorité de cette activité dans la région (enquête auprès de quelques apiculteurs). La production moyenne d un apiculteur en gelée royale est de l ordre de Kg/an. (Source, enquête GPGR, 2007). La plupart des producteurs en gelée royale commercialise en direct à des prix d environ euros / Kg selon le mode de commercialisation (détail ou demi-gros par Kg). La production de gelée royale détient des perspectives de développement intéressantes nécessitant cependant une caractérisation poussée du produit français et une communication auprès des acheteurs. (Source : Audit de la filière miel GEM Oniflhor / août 2005). La pollinisation La pollinisation est une activité complémentaire à celle de la production de miel. Cette pratique permet de lier l apiculture à l agriculture. Il s agit de contrat entre un agriculteur (bien souvent maraîcher et/ou arboriculteur) et un apiculteur afin d effectuer la pollinisation des cultures grâce au dépôt de ruches à proximité des parcelles. Ce procédé est bénéfique aux deux parties car l agriculteur est contraint, notamment dans les milieux confinés et pour les plantes entomophiles de trouver une alternative de pollinisation croisée pour assurer son rendement alors que, de son côté, l apiculteur bénéficie d une source de revenu stable et indépendante de la production de miel. (Source : Etude socio-économique de l apiculture dans le Languedoc Roussillon- ISARA-ADAPRO/ décembre 2005). L évaluation économique de cette activité s avère complexe dans la mesure où il s agit de chiffrer la part de responsabilité de l activité pollinisatrice de l abeille au rendement des cultures. Différentes sources proposent des évaluations : - Contribution au rendement des cultures (et donc à la valeur économique) de l ordre de 7% (SPMF : Syndicat des Producteurs de Miel Français) - Les chercheurs Borneck et Merle estiment que l abeille serait responsable d une valeur ajoutée estimée à 3 milliards de francs (soit environ 45 millions d euros) en Europe. Robinson et al. pensent que 30% de la valeur commerciale des cultures est à attribuer à l abeille. La différence entre ces estimations de gains liées à la pollinisation des abeilles peut être attribuée au fait que dans le premier cas, on ne parle que de rendement alors que dans le deuxième cas il est également question de critères qualitatifs, de précocité et d uniformité des récoltes, ayant des répercussions sur les prix de vente. L INRA d Avignon travaille plus particulièrement sur cette évaluation. Compte tenu des données dont nous pouvions disposer, il n a pas été possible d évaluer ce poids économique de la pollinisation à l échelle régionale. En effet pour effectuer cette évaluation, il aurait été

11 nécessaire d estimer les surfaces de cultures nécessitant la pollinisation par les abeilles et faisant appel à la pollinisation dans la région (vergers : pommes, poires, maraîchage : melon.) et la part de la valeur économique de ces productions que l on peut attribuer à la pollinisation. Des recherches ont été effectuées à ce sujet auprès du CTIFL, de la Chambre régionale d Agriculture mais nous n avons pas pu avoir ces informations pour le moment. Cependant, ces évaluations sont en cours à l INRA d Avignon et nous poursuivrons nos prospectives dans ce domaine. En terme de perspective de développement de cette activité, il faut noter que la pollinisation présente des inconvénients limitants sa pratique par les apiculteurs. En effet, les apiculteurs restent frileux et à juste titre, notamment concernant les traitements phytosanitaires administrés aux cultures et sont sensibles aux risques encourus et aux conséquences économiques liées aux pertes d abeilles suite à des intoxications. La vente d essaims Certains apiculteurs diversifient leurs sources de revenus sur leurs exploitations en vendant à d autres apiculteurs les essaims qu ils constituent eux-même. Cette pratique se développe d autant plus ces dernières années où des pertes importantes de cheptel ont pu être constatées chez des apiculteurs qui ont cherché alors à rapidement reconstituer leur cheptel. Un essaim selon le son niveau de sélection peut être vendu à prix variant de 50 à 100 environ par les apiculteurs de la région. (Source : enquête apiculteur 2007) Autres produits de la ruche Le pollen, la propolis Il n'y a pas d'apiculteurs dans la région spécialisés uniquement dans la production de pollen ou de propolis. Dans la plupart des cas, le pollen et la propolis sont vendus au détail (4 apiculteurs seulement commercialisent le pollen en gros dans la région). Ces produits de la ruche peuvent représenter jusqu'à 20% du Chiffre d'affaire de l apiculteur. Les produits transformés Le miel est un produit dont la fluctuation de prix peut être importante, en raison notamment de la concurrence sur les marchés et de celle créée par les produits d importation. Ainsi, certains apiculteurs optent pour la transformation et la valorisation de leur produit en vue de garantir les prix et de diversifier son panel de produits pour sa clientèle. Les produits transformés sont le pain d épice, le nougat, l hydromel Il est difficile d évaluer cette production sur le Languedoc Roussillon car elle fluctue d années en années Cependant, la part que constitue la commercialisation des produits transformés dans le chiffre d'affaire peut être importante.

12 4 - La commercialisation du miel Le marché du miel est segmenté en deux sous catégories : - marchés alimentés par les entreprises de conditionnement : marché dit du «vrac» par les apiculteurs - marchés alimentés par les apiculteurs eux-mêmes : marché de la vente directe ou du demigros (vente à des supermarchés, commerçants) Au niveau national, la quantité de miel commercialisée en vrac auprès des entreprises de conditionnement est estimée à 25 % - 30% de la production, le reste étant vendu directement par l apiculteur. Source : Audit de la filière miel GEM Oniflhor / août En Languedoc Roussillon, une enquête réalisée en 2005 auprès d une quarantaine d apiculteurs indique la répartition des ventes de la manière suivante : % d'apiculteurs pratiquant: Vente au détail seulement 5,41% Vente en demi gros seulement 0,00% Vente en gros seulement 10,81% un seul mode de commercialisation 16,22% Vente en gros et en demi gros 5,41% Vente en gros et au détail 13,51% Vente en demi gros et détail 35,14% 2 modes de commercialisation 54,05% Trois modes de vente 29,73% 29,73% total 100,00% 100,00% % d'apiculteurs commercialisant: Exportation 5,41% Autre 13,51% Détail : Foire, marché, vente directe 83,78% Demi-gros : GMS, boutique spécialisée 70,27% Gros : Conditionneur, négociateur, coopérative 59,46%

13 Une enquête menée en 2005 à l ADAPRO LR sur un échantillon d une quarantaine d apiculteurs permet de connaître les volumes commercialisés dans les différents modes existants (stage de Fabien Gerez, ADAPRO, 2005) % du volume produit : Estimation des volumes sur la région (en Tonne de miel): Vente en gros 41.5 % Vente en demi gros 25% 375 Vente au détail 33 % 495 Vente à l exportation 0.5 % 7.5 Les enquêtes production réalisées auprès d une vingtaine d apiculteurs de la région nous fournissent des moyennes de prix de commercialisation sur trois années successives Prix en euros/kg Prix moyen du miel vendu en vrac Prix moyen du miel vendu conditionné pour le ½ gros Prix moyen du miel vendu conditionné pour le détail ,95 9,23 9,60 Ces différentes données issues d enquêtes auprès d échantillon d apiculteurs nous permettent d estimer (de manière approximative) la valeur économique liée à la production de miel en Languedoc Roussillon. Pour cela, nous avons pris les prix pratiqués en 2005 La valeur économique liée à la vente de miel en Languedoc Roussillon est donc estimée à = euros/an Les modes de commercialisation sont variés Les prix sont fluctuants surtout sur le marché du gros Le marché du miel est segmenté La vente directe La vente directe est donc le mode de commercialisation le plus utilisé par les apiculteurs mais les volumes commercialisés au détail sont nettement inférieurs aux volumes commercialisés en gros ou en demi gros. Ce type de commercialisation se pratique principalement sous forme de vente directe sur les exploitations et vente sur les marchés de proximité. (Fanny Sorel, Mémoire de fin Répatition des ventes au détail expédition Point de vente collectif Foires Marché Vente directe sur l'exploitation 0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00%

14 d étude IUP Biotraçabilité, accompagnement dans la mise en place de signes officiels de qualité des miels, 2004) Chiffres tirés d une étude menée avec un échantillon de 44 apiculteurs du Languedoc Roussillon La vente en demi-gros La vente en demi-gros se fait principalement dans la région par des boutiques spécialisées. (Fanny Sorel, Mémoire de fin d étude IUP Biotraçabilité, accompagnement dans la mise en place de signes officiels de qualité des miels, 2004) Les apiculteurs commercialisent également leur miel en passant par des GMS (Grande et Moyenne Surface) locaux. La vente en gros La vente en gros se fait principalement hors région. Les miels commercialisés en gros sont de toutes origines avec une proportion plus importante remarquée de miel de grandes cultures. Néanmoins, l importance de ce mode de commercialisation nécessite l implication des conditionneurs dans la démarche (négociants, coopératives.) (Fanny Sorel, Mémoire de fin d étude IUP Biotraçabilité, accompagnement dans la mise en place de signes officiels de qualité des miels, 2004) Ces acheteurs vont généralement conditionnés le miel qu ils ont achetés en fûts afin de le revendre pour la plupart à des GMS. Une partie du miel peut également être revendu à des transformateurs (fabricants de pain d épices, nougatiers de la vallée du Rhône ) Il n'y a pas d'acheteurs importants installés dans la Région, c'est pourquoi les apiculteurs font appel à des entreprises d'autres régions. Parmi les structures d'achat du miel en gros et vrac, on dénombre: une coopérative «France Miel» des négociants privés Notons qu il y a eu une initiative, il y a 10 ans avec le Conseil Régional de créer une association de promotion du Miel (Pro miel) qui est devenue la Coopérative Apisud. Cette initiative avait pour objectif de développer les débouchés de commercialisation pour les apiculteurs de la région, et notamment dans le secteur de la grande distribution. Cependant, même si certaines démarches positives ont pu se mettre en place, l'action n'a pas pu être pérennisée (pb d'approvisionnement...). La Coopérative «France Miel» (estimé à 16% du volume de miel régional conditionné)* La coopérative est basée dans la Jura et est le 2ème acheteur français. En Languedoc Roussillon, France miel achète entre 70 et 90 T de miel chaque année à des apiculteurs individuels (principalement professionnels et quelques pluri actifs) ou à un regroupement régional de la coopérative. 97 % du miel acheté est conditionné en pots et vendu à des GMS. L autre partie du volume est revendue en fûts à des transformateurs (nougatiers, céréaliers de petits déjeuners, pâtissiers). *(Source : Enquête producteur 2005) Quelques commentaires d un apiculteur enquêté sur la différence coopérative /négociant :

15 - délai de paiement: la coopérative achète et paye le miel dans un délai de 17 mois. Elle se base sur un prix initial du marché pour le premier versement à l'apiculteur. Si au cours des 17 mois le prix varie, l'apiculteur aura soit une augmentation de paiement, soit une déduction (principe du marché américain des céréales). Le problème signalé par les apiculteurs est le délai de paiement car l'argent attendu ne peut être utilisée pour des investissements ou pour un placement bancaire. La vente à un négociant permet un paiement dans un délai de 5 mois et cela avec un prix fixé au préalable entre l'apiculteur et le négociant. (prise de contact fin août-début septembre, pour la signature d'un contrat) - Prix d'achat: la coopérative achète généralement à un prix inférieur au négociant - conditions: l'adhésion à la coopérative nécessite l'achat de parts sociales et engage pour la livraison d'une quantité annuelle de miel fixée au préalable mais qui ne correspond pas pour autant à la totalité de la production.. Les Etablissements Michaud (estimé à 16% du volume de miel régional conditionné)* basés à Gan dans le 05 1er acheteur français avec 4 500T/an Société «les Apiculteurs associés» (estimé à 6% du volume de miel régional conditionné)* Cette société est basée à la Ferté Saint Aubin (45). En 2004, la société conditionnait 750 T/ an correspondant à une collecte sur l ensemble du territoire (Source :brochure «les apiculteurs associés, 2004). SARL Dorsman Cette société est basée dans le Jura. En Languedoc Roussillon, la société achète en moyenne 20 T de miel par an à 15 à 20 apiculteurs. La société achète préférentiellement un miel de bruyère callune. La société ne conditionne pas et le miel est revendu directement en fût à des conditionneurs. Société Apidis basée à Dijon Exportation Ce mode de commercialisation concerne une part réduite d apiculteurs. Parmi les pays cités, c est en Allemagne qu il y a le plus de miel exporté (52,7%) sinon les autres pays d export se situent uniquement dans l Union Européenne.

16 5 - Les fournisseurs apicoles En Languedoc Roussillon, l approvisionnement en matériel apicole passe essentiellement par la société Ickowicz qui propose tout le matériel apicole : ruches, cadres, produits de nourrissement, de traitement, du matériel de transhumance (grue, élévateur), des pots et emballage, de la cire Un autre lieu d approvisionnement mais cette fois-ci hors région peut également être une société basée à Avignon ou les Etablissements Thomas basés à Orléans auxquels il est nécessaire de passer commande pour une livraison (système souvent jugé moins pratique par les apiculteurs). Par ailleurs, l approvisionnement en cire peut également passer par des ciriers indépendants. 6- Structuration de la filière apicole régionale Les syndicats apicoles Les syndicats apicoles ont pour mission : - syndicats d amateurs ; la défense de l abeille dans l environnement, la réalisation d actions de promotion (foires, journées découvertes, rucher école ) - syndicats de professionnels : défendre l outil de production et les intérêts de ses membres, contribuer au développement et à la promotion du produits, aider à pérenniser les exploitation en les soutenant et en favorisant les installations. Il existe 3 grands syndicats apicoles nationaux : - le SNA : syndicat des apiculteurs amateurs, - l UNAF : union nationale des apiculteurs de France (amateurs, pluriactifs, quelques professionnels), - le SPMF : Syndicat des Producteurs de Miel de France (professionnels uniquement). A l échelle de la région, il existe la FALR (Fédération Apicole en Languedoc Roussillon) qui regroupe les présidents des 5 syndicats départementaux (hors SPAA Gard-Lozère), ainsi que le SAPLR (Syndicat Apicole Professionnel du LR). Enfin, les syndicats apicoles départementaux regroupent souvent des amateurs et des professionnels. Ils offrent la possibilité aux apiculteurs de souscrire aux assurances, ils organisent la défense de l activité, notamment dans la lutte contre les intoxications d abeilles ou dans le cadre des déclarations de calamité agricole. Ils assurent également la promotion de l apiculture (rucher école, foires ). On en compte six en Languedoc-Roussillon : - l Abeille de l Aude - l Abeille Héraultaise - le Syndicat Apicole du Gard - le Syndicat des Professionnels Apicoles Autonome du Gard et de la Lozère - le Syndicat Apicole de Lozère - l Union Syndicale des Apiculteurs du Roussillon

17 Organisation sanitaire Dans chaque département, les apiculteurs se regroupent au sein d un GDSA (Groupement de Défense Sanitaire Apicole). Ces GDSA, en liaison avec les DSV s occupent de l aspect sanitaire des ruches (information et prévention) et assurent le relais des informations relatives aux traitements sanitaires émanant des DSV (Direction des Services Vétérinaires). On en trouve un dans chaque département de LR, sauf dans le Gard où les professionnels ont créé le CTSAG : Comité Technique et Sanitaire Apicole du Gard. Organismes de développement Le Centre National de Développement de l Apiculture (CNDA) fédère toutes les Associations de Développement de l Apiculture régionales (17 ADA), dont l ADAPRO-LR. Le CNDA préfigure d un Institut Technique Apicole. Il est le seul organisme reconnu au niveau national par le Ministère de l Agriculture. Sa mission consiste à concourir au développement de l apiculture (appui technique, expérimentation, actions économiques ) et à représenter les apiculteurs auprès d instances nationales. Il fédère 17 ADA régionales (sachant qu une seule ADA est reconnue par région). Le Conseil d Administration de ces ADA doit être composé majoritairement d apiculteurs professionnels. Leur Président doit obligatoirement être lui-même apiculteur professionnel. Au niveau régional, en 1999, compte tenu de la professionnalisation de l activité et de l absence d appui technique au niveau des chambres d agriculture, les apiculteurs professionnels ont créé l ADAPRO LR qui a reçu le soutien de la DRAF LR et de la Chambre Régionale d Agriculture. Les syndicats d amateurs ont de leur côté créé l ADA LR, qui a une vocation fédératrice des structures départementales d amateurs. A noter, le Groupement qualité du Miel et des Produits de la Ruche LR a été créé en 2002 à l initiative des apiculteurs professionnels. Ce groupement œuvre pour la mise en place de Signe d Identification de la Qualité et de l Origine, en particulier une IGP «Miels des Cévennes». Schéma synthétique de présentation de la filière : : circulation du produit (miels) : autres échanges (matériels, informations, conseils ) Production extraction Fournisseurs de matériels (ruches miellerie et de consommables (nourrissement, cire ) Les producteurs de miels : apiculteurs Vente en vrac Association de développement, GDSA, Groupement Qualité syndicat conditionnement vente Vente directe Les producteurs de miels : apiculteurs Vente en conditionné superette.. Les consommateurs Les conditionneurs : négociants, coopérateurs

18 Bibliographie Résultats d enquête production auprès d apiculteurs. ADAPRO Résultats d enquête production auprès d apiculteurs. ADAPRO Résultats d enquête production auprès d apiculteurs. ADAPRO Etude socio-économique de l apiculture dans le Languedoc Roussillon. Mise en place de données de référence sur l apiculture professionnelle de la région. ISARA Lyon/ ADAPRO-LR. Décembre Audit de la filière miel. Réactualisation des données économiques issues de l audit GEM/ ONIFLHOR. Août Agreste. Données statistiques agricoles. Rapport de stage, «les modes de commercialisation en apiculture et les apports des SOQ», Fabien JEREZ, avril juin Rapport de stage, «Accompagnement dans la mise en place de SIQO», institut universitaire professionnel de biotraçabilité, Mtp II, Fanny SOREL, janvier juin Entretiens avec des apiculteurs, 2007 Enquête FRAB, Enquête GPGR (Groupement des Producteurs de Gelée Royale), 2007.

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