RAPPORT D ACTIVITÉ 2013

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1 RAPPORT D ACTIVITÉ 2013

2 rabat A est un établissement public à caractère administratif placé sous la double tutelle du ministre de l écologie, du développement durable et de l énergie (MEDDE) L IGN et du ministre de l agriculture, de l agroalimentaire et de la forêt (MAAF), qui a pour vocation de décrire le territoire national et l occupation de ses espaces urbains, agricoles, forestiers ou naturels. Il est chargé de mettre à jour l inventaire permanent des ressources forestières nationales. Opérateur national de référence pour l information géographique et forestière, l institut produit et agrège des données, les organise en référentiels qu il stocke, gère et diffuse par le biais de plateformes, et fournit des services les exploitant. Il contribue ainsi à l aménagement du territoire, au développement durable et à la protection de l environnement, à la défense et à la sécurité nationale, à la prévention des risques, et à la politique forestière en France et au niveau international. Outre la production d une information géographique certifiée, neutre, et interopérable, garante de la souveraineté nationale, les enjeux pour l IGN sont ainsi de passer de la simple acquisition et mise à disposition de données à la production d outils au profit des politiques publiques et de favoriser l émergence d un puissant service public numérique de description multithèmes du territoire.

3 rabat B L IGN EN CHIFFRES ÉVOLUTION DU BUDGET ET DU TAUX DE RESSOURCES PROPRES BUDGET 2013 : 169,8 M Le budget annuel se définit comme le total des charges, hors charges liées aux ressources affectées. TAUX DE RESSOURCES PROPRES POUR 2013 : 35,4 % Les subventions en provenance des ministères, des collectivités territoriales ou d autres organismes publics compensent la diminution de la subvention pour charges de service public et celle, continue et structurelle à produits et services inchangés, des recettes issues de la vente de données. 136,5 M PARTICIPATIONS Sans capital : Groupe de recherche en géodésie spatiale, EuroGeographics, EuroSDR, Bureau gravimétrique international, GdR SIGMA, PRES Université Paris-Est, groupement d intérêt public Centre régional auvergnat d information géographique (GIP Craig) Avec capital : IGN France International (55,7%) 132,1 M 134,2 M 160,7 M 169,8 M budget annuel ressources propres Les ressources propres sont les ressources autres que la subvention pour charges de service public. 43,6 % ,4 % ,7 % % ,4 % 2013 IMPLANTATIONS ET RÉPARTITION PAR SITE Femmes Hommes TOTAL Aix-en-Provence Bordeaux Caen Creil Forcalquier 1 1 Paris Lille Lyon Marne-la-Vallée Montpellier Nancy Nantes Nogent / Vernisson Saint-Mandé Toulouse Villefranche / Cher TOTAL Siège social, Saint-Mandé (Val-de-Marne) Une direction régionale Île-de-France Cinq directions interrégionales : Nantes, Bordeaux, Aix-en-Provence, Lyon, Nancy et leurs unités déconcentrées ( ) Un service des activités aériennes à Creil (Oise) Une unité spécialisée en imagerie satellitaire IGN Espace, à Toulouse (Haute-Garonne) École nationale des sciences géographiques (ENSG) à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) Une base logistique à Villefranche-sur-Cher (Loir-et-Cher) Un service de l inventaire forestier et environnemental (SIFE) à Nogent-sur-Vernisson (Loiret) Une boutique à Paris et un laboratoire de recherche

4 RÉPARTITION DES AGENTS PAR ACTIVITE AU 31 DÉCEMBRE 2013 Création et valorisation des connaissances, des compétences et de l'innovation Élaborer une description du territoire faisant autorité Organisation de la diffusion et partage de données multithématiques Fourniture des services pour accroître l'usage des données Soutien au ministère de la défense Élaborer la stratégie, conduire la mise en œuvre des orientations et assurer les fonctions supports AVANT-PROPOS 1 ACTIVITÉ âge PYRAMIDE DES ÂGES AU 31 DÉCEMBRE hommes : femmes : TOTAL : RÉPARTITION DES AGENTS PAR CORPS AU 31 DÉCEMBRE TOTAL : administratifs A, B et C apprenti, contrat d accompagnement dans l'emploi autres : personnels de service, vacataires chercheurs : directeurs et chargés de recherche, thésards contractuels à durée déterminée contractuels à durée indéterminée géomètres et techniciens forestiers et adjoints techniques ingénieurs des travaux médecins, infirmiers, assistant de service social personnel aéronautique personnels de direction et ingénieurs A+ : IPEF et Mines personnels ouvrier professionnel et maitrise, TAD RÉPARTITION DES FEMMES EN POSTE PAR CATÉGORIE À L'IGN RÉPARTITION DES RECRUTEMENTS PAR TRANCHE D ÂGE A+ Total : % femmes B Total : % femmes TOTAL Total : % femmes A Total : % femmes C Total : % femmes hommes : 28 femmes : % TOTAL : ans et plus 40 ans à 49 ans 30 ans à 39 ans 20 ans à 29 ans moins de 20 ans % 7 femmes % 8 femmes % 10 femmes % 2 femmes 30 % 20 femmes 2 LA GESTION FINANCIÈRE ET COMPTABLE 3 RAPPORT DE RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE ET ENVIRONNEMENTALE

5 SOMMAIRE RAPPORT D ACTIVITÉ Le mot de MARYVONNE DE SAINT PULGENT, président du conseil d administration...4 Le mot de PASCAL BERTEAUD, directeur général... 5 Les missions et activités de l IGN... 6 La gouvernance de l IGN... 7 Temps forts LA STRATÉGIE PAR CLAUDE PÉNICAND, DIRECTEUR DE LA STRATÉGIE, DE L INTERNATIONAL ET DE LA VALORISATION...10 RECHERCHE ET FORMATION 2013 VU PAR DENIS PRIOU, DIRECTEUR DE LA RECHERCHE ET DE L ENSEIGNEMENT PROJETS DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL FRÉDÉRIC VERLUISE, directeur de la société Kylia, partenaire de l IGN, s exprime sur le projet Géocube Le professeur JEAN MARTY, directeur du Samu 94, précise la finalité du projet de recherche PoSamu CLAUDE MOTTE, historienne et chercheuse à l EHESS, aborde le programme de recherche Geopeuple NICOLAS PAPARODITIS, directeur du laboratoire Matis de l IGN, nous parle de Stéréopolis PIERRE BOSSER, enseignant chercheur à l ENSG, qualifie les mesures GPS pour aider à la détection les tsunamis au Japon LA FORMATION EN GÉOMATIQUE DENIS PRIOU, directeur de la recherche et de l enseignement à l IGN, évoque l évolution des formations à l ENSG en GABRIEL VATIN, diplômé de l ENSG en 2011 et doctorant, témoigne sur son cursus LES DONNÉES IGN ET LEURS USAGES 2013 VU PAR MICHEL SEGARD, DIRECTEUR DES PROGRAMMES CIVILS...18 LES DONNÉES FAISANT AUTORITÉ, UN CONCEPT DE QUALITÉ ET DE FIABILITÉ Le capitaine FRANÇOIS GÉRARD, du SDIS 29, décrit l organisation des échanges de données avec l IGN INFORMATION GÉOGRAPHIQUE POUR LA PRÉVENTION DES RISQUES ET LA GESTION DURABLE ANDRÉ BACHOC, chef du Service central d hydrométéorologie et d appui à la prévision des inondations (SCHAPI), met les avions photographes IGN à contribution pour la prévision des crues PAUL-HENRI FAURE, ingénieur Mesure au Centre d analyse comportementale des ouvrages hydrauliques de la Compagnie nationale du Rhône. Prévenir les ruptures de digues LAURENT NIGGELER, directeur de la mensuration officielle du canton de Genève. Vol de nuit LA POLITIQUE PARTENARIALE ET LA MUTUALISATION DES DONNÉES PHILIPPE MATHONNET, chargé de mission TIC, chargé de l aménagement numérique du territoire auprès du préfet de région Languedoc-Roussillon. Trois questions sur les travaux du comité national de programmation FRÉDÉRIC DENEUX, directeur du Centre régional auvergnat d information géographique (Craig), fait le bilan 2013 sur le partenariat IGN-Craig-SDIS LAURENT COUDERCY, chef de département données sur l eau à l Office national de l eau et des milieux aquatiques (ONEMA), détaille le partenariat avec l IGN CHRISTINE TESSIER, directrice interrégionale sud-ouest à l IGN, nous parle du projet Feder d occupation des sols en Midi-Pyrénées LA NOUVELLE OFFRE DE SERVICE PUBLIC DE L IGN La préfecture de Police, GRTgaz et la Caisse centrale de réassurance donnent leur avis sur la pertinence de l offre IGN pour leurs données métiers Témoignages de participants aux sessions d information sur les fonctionnalités du référentiel à grande échelle (RGE ) DÉFENSE ET ESPACE Le colonel PHILIPPE ARNAUD, chef du bureau géographie, hydrographie, océanographie et météorologie (BGHOM) de l état-major des armées, fait le point sur la production de TopoBase dans le contexte de l accord cadre IGN-Défense...28 PHILIPPE CAMPAGNE, directeur des programmes de défense et de l espace à l IGN, évalue l information géographique obtenue à partir des images des satellites Pléiades et Spot L INFORMATION FORESTIÈRE ET LES DONNÉES D INVENTAIRE JEAN-CHRISTOPHE HERVÉ, directeur du laboratoire IGN de recherche sur les méthodes d inventaire forestier de Nancy, décrit les moyens mis en œuvre pour optimiser le dispositif d inventaire national ARNAULT LALANNE, responsable du projet CarHab au ministère de l écologie, aborde ce projet stratégique pour la connaissance et la gestion des paysages CARTOGRAPHIE ET ÉGALITÉ DES TERRITOIRES PHILIPPE GERBE, directeur de la production des référentiels à l IGN, décrit les moyens mis en œuvre pour la réalisation d une cartographie de service public L EXPERTISE IGN EN FRANCE ET DANS LE MONDE 2013 VU PAR JEAN-PHILIPPE GRELOT, DIRECTEUR GÉNÉRAL ADJOINT DE L IGN ET PRÉSIDENT DU CONSEIL D ADMINISTRATION D IGN FRANCE INTERNATIONAL TRAVAUX D EXPERTS IGN SUR LE PLAN NATIONAL DIMITRI SARAFINOF, chef du département de normalisation à l IGN, détaille les travaux de la commission de normalisation de l information géographique et spatiale de l Afnor (IGS), dont il est président VÉRONIQUE PEREIRA, responsable du département IGN Conseil, dresse le bilan 2013 en matière d expertise L INGÉNIERIE CARTOGRAPHIQUE HORS FRONTIÈRES ANDRÉ MAJERUS, directeur adjoint de l administration du cadastre et de la topographie (ACT) du Luxembourg, s exprime sur la collaboration avec l IGN AURÉLIE MILLEDROGUES, directrice technique d IGN France international, nous parle des projets d infrastructure nationale d information géographique au Mali et au Burkina Faso NATHALIE MARTHE-BISMUTH, directrice générale d IGN France international, détaille la constitution d un système d information foncière en Ouganda FACILITER L ACCÈS À L INFORMATION GÉOGRAPHIQUE 2013 VU PAR PASCAL CHAMBON, DIRECTEUR DES SERVICES ET DU SYSTÈME D INFORMATION LA DIFFUSION DES DONNÉES IGN ERIC FICHINI, chef de projet Patrim à la DGFiP, décrit ce projet numérique sur la recherche de transactions immobilières utilisant l API du Géoportail Trois questions à HENRI VERDIER, directeur d Etalab Témoignage de JEAN-FRANÇOIS GIGAND, gagnant du concours Géoportail 2013 en catégorie tourisme et culture et prix spécial du jury LES GRANDES TENDANCES PAR FRANÇOIS BAUDET, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL...42 Rapport de gestion financière et comptable L analyse de la performance SYNTHÈSE PAR THIERRY PRIN, CHARGÉ DE MISSION QUALITÉ ET RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE Ressources humaines et politique sociale par MIREILLE MOUELLE, directrice des ressources humaines Quelques publications de l IGN en Rabat A Présentation de l IGN Rabat B L IGN en chiffres Rabat C Chiffres clés 2013 Rabat D L IGN en dates

6 4 RAPPORT D ACTIVITÉ 2013 AVANT-PROPOS LE MOT DU PRÉSIDENT DU CONSEIL D ADMINISTRATION géographique et forestière contribue de manière décisive à la qualité des décisions des pouvoirs publics en L information matière écologique mais aussi économique. Les orientations de l État en faveur du développement durable mais également en faveur de l égalité des territoires, de la protection contre les risques majeurs, de la construction de logements neufs ou de la rénovation urbaine, du redressement productif, de la souveraineté nationale sont autant de chances pour l IGN. Dans chacun de ces domaines en effet, l institut propose des référentiels faisant autorité sur tout le territoire national et même bien au-delà quand on s intéresse aux programmes de défense et de l espace. L année 2013 aura été l année de préparation du contrat d objectifs et de performance (COP) quadriennal de l IGN, 2014 sera l année de sa signature par les ministres de tutelle. Ce document constitue pour tous une réassurance que la trajectoire de l établissement public est fixée avec l État pour les quatre ans à venir et surtout que chacun des partenaires sait ce qu il faut faire dans un univers aujourd hui en perpétuelle évolution technologique, voire en révolution permanente. L IGN met déjà en œuvre ces nouvelles directives avec enthousiasme, avec compétence, avec la conviction qu il y a là des enjeux importants pour la France, son bien-être, et sa place à garder dans le monde difficile qui est le nôtre. Et je suis résolument optimiste pour l avenir car l IGN a toujours su s adapter dans le passé. Je pense sincèrement que l IGN est plus que jamais un opérateur moderne, innovant, important, dont la culture d entreprise est très précieuse. Cette culture lui permet aujourd hui d offrir deux millions de photographies aériennes historiques en téléchargement gratuit sur le Géoportail, ce que ne propose aucun autre institut géographique au monde, et de préparer simultanément le Géoportail de l urbanisme qui aboutira à la dématérialisation de tous les plans locaux d urbanisme et donc à la modernisation de l administration française. Il reste encore de nombreux outils et de nouveaux «géoservices» à inventer et à développer en appui des politiques publiques. Et il nous faut bien évidemment pérenniser l indispensable équilibre économique de l institut grâce à des programmes civils ou militaires bien adaptés aux besoins des différents utilisateurs. C est le défi qui nous attend mais je suis convaincue qu en cette année du centenaire de la Grande Guerre, les femmes et les hommes de l IGN sauront se mobiliser plus que jamais pour atteindre leurs objectifs! Maryvonne de Saint Pulgent Président du conseil d administration / DANIEL MENET

7 AVANT-PROPOS RAPPORT D ACTIVITÉ a été une année particulièrement chargée en matière de réflexion stratégique qui a conduit à la fois à un nouveau positionnement stratégique, une nouvelle organisation, la rédaction d un projet de contrat d objectifs et de performance, la définition de nouvelles missions et à la poursuite d une activité très dense. En matière d enseignement, de recherche et d innovation, je retiendrai de l année écoulée le classement en A+ de la recherche IGN par l Agence de la recherche scientifique ainsi que le renouvellement de l habilitation de notre École nationale des sciences géographiques par la Commission des titres d ingénieur, doublée d un bond dans les classements des grandes écoles de L Étudiant, sans oublier la convention avec l Éducation nationale pour le portail Édugéo. Concernant notre mission de production de référentiels, 2013 aura été une année faste avec 25 stations géodésiques installées, 38 départements photographiés, plus de dix millions d objets mis à jour dans la base de données principale, une accélération de la production des référentiels altimétrique et forestier, une augmentation de 13 % des cartes à la carte produites, la mise en production de la chaîne automatique Scan-Express, l élaboration de la pyramide cartographique dédiée aux sites Internet Pyramide-Plan, la finalisation des expérimentations sur la représentation parcellaire cadastrale unique, le démarrage des référentiels d occupation du sol et de cartographie des habitats, et enfin la montée en puissance des démarches collaboratives et de l intégration d images spatiales avec Pléiades, Spot 6 et bientôt 7. Mission diffusion remplie également avec plus de trois millions de visites mensuelles sur le Géoportail dont les deux tiers via des sites partenaires utilisateurs de nos flux de données, confirmant ainsi le rôle de plateforme multithématique de notre outil dont la fonction Remonter le temps a, en outre, été primée par l Association cartographique internationale à Dresde. Mais c est aussi une centaine de conventions avec des acteurs publics pour l échange de données ainsi que le lancement du service Patrim avec la direction générale des finances publiques et du projet Géoportail de l urbanisme avec le ministère de l égalité des territoires et du logement. Et 2013 aura été l année de la refonte de la tarification IGN, allant dans le sens d une plus grande ouverture de nos données, bien accueillie par nos clients tant publics que privés. Enfin la mise en place des comités de programmation, au plan régional et national, procède de la même volonté d écoute des besoins de nos partenaires pour faire évoluer nos produits et favoriser l émergence de projets locaux ou territoriaux. Côté fourniture de services, l expertise IGN a continué à se manifester en conseil aux autorités publiques pour la mise en place d Inspire, ou sur des questions forestières ou de normalisation de l information géographique. Des nouveaux services ont été développés pour le portail gouvernemental data.gouv.fr et, à l étranger, IGN France international s est distingué au Mali, en Ouganda et au Luxembourg. Enfin, notre mission au service du ministère de la défense a été accomplie à la satisfaction de celui-ci en attendant le lancement du prochain programme Géode4D en 2014, confirmant le rôle de l IGN de composante de la souveraineté nationale et d opérateur national de référence pour l information géographique et forestière en appui aux politiques publiques. Pascal Berteaud Directeur général LE MOT DU DIRECTEUR GÉNÉRAL LIONEL PAGÈS

8 6 RAPPORT D ACTIVITÉ 2013 AVANT-PROPOS LES MISSIONS ET ACTIVITÉS DE L IGN L IGN est l opérateur public de référence pour l information géographique et forestière en France. Producteur et diffuseur de référentiels faisant autorité, de données géographiques multithématiques, il est également fournisseur de services d utilisation des données. L IGN intervient en appui d autorités publiques pour contribuer à l analyse des territoires, faciliter la mise en œuvre des projets d aménagement et de développement durable comme l application des réglementations. DES CAPACITÉS ACCRUES DE CONNAISSANCE DU TERRITOIRE L Institut national de l information géographique et forestière (IGN) est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle des ministres chargés respectivement du développement durable et des forêts. L IGN traduit la volonté commune de ses deux ministères de tutelle de renforcer leur coordination sur la mise en œuvre de l infrastructure nationale d information géographique et sur le déploiement des programmes d observation et de surveillance des écosystèmes. Les compétences de l opérateur public au service des politiques publiques concourent au développement durable. IMAGE ISSUE DU LOGICIEL DE TRAITEMENT DES LEVÉS LIDAR PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE NOCTURNE AU-DESSUS DE LA VILLE DE METZ NIVELLEMENT DIRECT LEVÉ LIDAR SUR LA RÉGION DE MONTPELLIER DES MISSIONS D INTÉRÊT GÉNÉRAL FIXÉES PAR L ÉTAT Le décret n du 27 octobre 2011 fixe les missions confiées à l IGN par l État. L institut a pour vocation de décrire, d un point de vue géométrique et physique, la surface du territoire national et l occupation de son sol, d élaborer et de mettre à jour l inventaire permanent des ressources forestières nationales. Il produit toutes les représentations appropriées des données rassemblées, les diffuse et les archive. L IGN contribue ainsi à l aménagement du territoire, au développement durable et à la protection de l environnement, à la défense et à la sécurité nationale, à la prévention des risques, au développement de l information géographique et à la politique forestière en France et à l international. DES ACTIVITÉS COMPLÉMENTAIRES Au-delà des produits et services faisant partie intégrante de sa mission de service public, l institut conçoit des produits et services commerciaux. Consulter le décret statutaire de l Institut national de l information géographique et forestière.

9 AVANT-PROPOS RAPPORT D ACTIVITÉ LA GOUVERNANCE DE L IGN L IGN est administré par un conseil d administration et dirigé par un directeur général. Un conseil scientifique et technique, un comité de la filière forêt et bois, et un conseil de perfectionnement de l École nationale des sciences géographiques assistent le conseil d administration et le directeur général dans les domaines relevant de leur compétence. LE CONSEIL D ADMINISTRATION Présidé par Maryvonne de Saint Pulgent, conseiller d État, le conseil d administration compte 24 membres désignés pour quatre ans. Il est doté d une commission de la stratégie et des programmes, d une commission de politique de tarification de ses produits et services et d une commission des marchés, cette dernière étant présidée par le conseiller d État Jacky Richard. Ces commissions sont des lieux d échanges approfondis entre les administrateurs et la direction de l IGN. LE DIRECTEUR GÉNÉRAL Nommé par décret en conseil des ministres sur le rapport des ministres de tutelle, le directeur général assure le fonctionnement de l établissement et anime son comité de direction. Pascal Berteaud, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, a été nommé directeur général le 22 février LE CONSEIL DE PERFECTIONNEMENT DE L ENSG Présidé par Dominique Perrin, directeur de l École supérieure d ingénieurs en électrotechnique et en électronique (ESIEE-Paris), et constitué de représentants du personnel, des enseignants, des élèves et de personnalités extérieures à l IGN, le conseil de perfectionnement de l ENSG se réunit au moins une fois par an. Il donne son avis sur les orientations générales des enseignements de formation initiale et continue, sur la création ou la suppression de cycles et sur le règlement intérieur de l école. Son président peut émettre des recommandations sur le fonctionnement des commissions d enseignement. LE CONSEIL SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE Le conseil scientifique et technique (CST) assiste l institut dans la mise en œuvre de sa mission de recherche et de développement, de manière analogue à un conseil scientifique d établissement de recherche. Sa composition et son organisation ont été fixées par un arrêté du 19 janvier Il est présidé par Christiane Weber, directrice du laboratoire image, ville, environnement de l université Louis Pasteur de Strasbourg. LE COMITÉ DE LA FILIÈRE FORÊT ET BOIS Sous la présidence d Antoine Carré, vice-président du conseil général du Loiret et ancien président du conseil d administration de l Inventaire forestier national, le comité de la filière forêt et bois (CFFB) assiste l institut dans la mise en œuvre des missions relatives aux forêts et aux écosystèmes forestiers. Sa composition a été fixée par un arrêté du 12 mars SIÈGE DE L INSTITUT NATIONAL DE L INFORMATION GÉOGRAPHIQUE ET FORESTIÈRE À SAINT-MANDÉ (VAL-DE-MARNE) ARMAND BOUISSOU / MEDDE

10 8 RAPPORT D ACTIVITÉ 2013 AVANT-PROPOS TEMPS FORTS 2013 JANVIER Les 17 et 18 KAMPALA (OUGANDA) IGN France international, la Banque mondiale et le Ministry of Land, Housing and Urban Development ont organisé une conférence régionale à Kampala (Ouganda) sur le thème de la modernisation de l administration foncière et des systèmes de gestion. Le 28 Entrée en service du portail du Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM) permettant de combiner des informations provenant d autres sites, dont le Géoportail. FÉVRIER Le 23 MARNE-LA-VALLÉE (SEINE-ET-MARNE) Journée portes ouvertes à l École nationale des sciences géographiques (ENSG). MARS Le 12 SAINT-MANDÉ (VAL-DE-MARNE) Journée co-animée par l IGN et le BRGM pour la restitution de la 2 e enquête nationale sur la mise en œuvre de la directive Inspire en France. Le 25 MONTPELLIER (HÉRAULT) Journée SIG LR de l association SIG en Languedoc-Roussillon, avec le soutien de l IGN. Le 26 MARNE-LA-VALLÉE (SEINE-ET-MARNE) Forum de l ENSG sur l imagerie 3D et le positionnement précis en milieu difficile. FI / NADÈGE ORLOVA Séminaire sur le système d information foncière en Ouganda Visiteurs lors de la journée portes ouvertes à l ENSG Conférence lors de la journée SIG LR à Montpellier Convention de partenariat entre l IGN et l ONEMA Délégation française à la conférence internationale de cartographie à Dresde Le marégraphe de Marseille Q. CORNET / ONEMA Le 29 Signature d un accord entre l IGN et l Office national des forêts (ONF) sur l échange de données. Le 29 Signature d une convention de partenariat entre l IGN et l Office national de l eau et des milieux aquatiques (ONEMA) pour enrichir le thème hydrographique du référentiel à grande échelle (RGE ). JUILLET Du 25 au 30 DRESDE (ALLEMAGNE) L IGN distingué lors de la 26 e conférence internationale de cartographie à Dresde en obtenant la 3 e place du prix du jury dans la catégorie Produit numérique, pour la consultation du patrimoine cartographique et photographique sur le Géoportail. AOÛT Le 15 MARSEILLE (BOUCHES-DU-RHÔNE) Visite du marégraphe de Marseille dans le cadre des 30 es journées européennes du patrimoine. Du 23 au 27 NANCY (MEURTHE-ET-MOSELLE) À l occasion des 20 ans de l Institut européen des forêts (EFI), semaine de la recherche et de la gestion forestière. SEPTEMBRE

11 AVANT-PROPOS RAPPORT D ACTIVITÉ AVRIL Le 25 BORDEAUX (GIRONDE) Signature d un protocole d accord, lors des 7 es rencontres des dynamiques régionales de l Afigéo, entre l IGN et le groupement d intérêt public ATGeRI, pour la mise à jour des données adresses en Aquitaine, dans le RGE. Du 5 au 7 PARIS 15 e Destination nature, le salon des nouvelles randonnées. Le 11 Remise de la médaille Venning Meinesz à Vienne (Autriche), à Zuheir Altamimi, directeur de recherche au laboratoire de recherche en géodésie (Lareg) de l IGN pour ses travaux sur le repère de référence terrestre international (ITRF). Les 24 et 25 MARNE-LA-VALLÉE (SEINE-ET-MARNE) Les 22 es journées de la recherche à l IGN sur le site René Descartes, au sein du pôle de recherche et d enseignement supérieur Université Paris-Est. MAI Le 17 METZ L IGN, partenaire du centre Pompidou de Metz, participe à l exposition Vues d en haut. Le 30 PARIS 16 e Journée IGN thématique à l attention des gestionnaires de réseaux au Pavillon de l eau. JUIN Le 10 SAINT-MANDÉ (VAL-DE-MARNE) Colloque Frog-Osgéo à l IGN. Conférences dédiées à la géomatique et aux données géographiques libres de droits. Du 11 au 13 MARNE-LA-VALLÉE (SEINE-ET-MARNE) 5 e édition des rencontres SIG-La-Lettre à l ENSG, au cours de laquelle Pascal Berteaud, directeur général de l IGN, a présenté la nouvelle offre de données numérique, dont Pyramide-Plan IGN. Le 22 Signature d une convention de partenariat sur les données adresses entre l IGN et l Association des maires du Gers. Le 26 PARIS 5 e Ouverture de l exposition Le Tour de France de la biodiversité au Muséum national d histoire naturelle. Le 26 NIORT (DEUX-SÈVRES) Journée IGN thématique «Assurances et risques naturels». Visiteurs au salon Destination nature Extrait de la carte de l état-major sur Metz Lors des rencontres SIG-La-Lettre Animation au Festival international de géographie VILLE DE SAINT-DIÉ-DES-VOSGES Le salon Educatec Educatice Lauréats au concours Géoportail 2013 WILDBOX Du 3 au 6 SAINT-DIÉ-DES-VOSGES (VOSGES) La 24 e édition du Festival international de géographie a pour thème «La Chine, une puissance mondiale». Du 16 au 19 PARIS 1 er PLACE CARRÉE, FORUM DES HALLES L IGN participe à l opération «Sciences au carré(e)». Du 20 au 22 PARIS 15 e Educatec Educatice, le salon des professionnels de l éducation à la Porte de Versailles. NOVEMBRE Le 12 PARIS 2 e Silicon Sentier, remise des prix de la 4 e édition du concours Géoportail. DÉCEMBRE OCTOBRE

12 10 RAPPORT D ACTIVITÉ ACTIVITÉ LA STRATÉGIE PAR CLAUDE PÉNICAND DIRECTEUR DE LA STRATÉGIE, DE L INTERNATIONAL ET DE LA VALORISATION LIONEL PAGÈS Le contexte dans lequel intervient l IGN évolue de façon rapide et conséquente. L institut doit faire face à plusieurs enjeux tels que la redéfinition de la finalité de ses missions de service public, le renforcement de ses relations avec l ensemble des acteurs du domaine pour répondre à l ampleur des enjeux nationaux et la révision de son modèle économique pour être en mesure d assurer ses missions dans un contexte marqué par les contraintes budgétaires et la volonté du gouvernement d ouvrir l accès aux données publiques (open data) fut l année de nouvelles orientations stratégiques pour l IGN. À l heure où les données relatives aux territoires sont de plus en plus indispensables à l appui des politiques publiques, l entretien de référentiels nationaux en matière d information géographique et forestière, sous la maîtrise de l IGN, ainsi que le développement des compétences pour constituer ces connaissances et en dominer le sens, constituent un élément essentiel d autonomie d appréciation de l État et permettent à l IGN, dans le cadre de ses missions, de contribuer à la souveraineté et à l indépendance nationales. Par ailleurs, face à l opportunité que représente le développement des applications de la géomatique pour l industrie dans un contexte économique tendu, l excellence de la formation et de la recherche de l IGN doit permettre aux entreprises nationales de disposer d ingénieurs de pointe. Le rôle d opérateur de référence et de fédérateur auprès de l ensemble des acteurs publics permet à l IGN de garantir la cohérence de l ensemble des référentiels relatifs au territoire national et d optimiser les efforts et les

13 RAPPORT D ACTIVITÉ INGÉNIEURS IGN INSTALLANT LES GÉOCUBES SUR LE GLACIER D ARGENTIÈRES NIVELLEMENT SUR LE SITE DE BIOUS (PYRÉNÉES ATLANTIQUES) investissements de la sphère publique. Ce rôle suppose une concertation étroite avec les collectivités dans une logique partenariale et l instauration de comités de programmation afin de formaliser et coordonner tous les besoins des acteurs publics. Si les principaux référentiels de données élaborés par l IGN visent à répondre de façon assez générique à un ensemble d usages, l institut se doit de renforcer l adaptation de ses données et de ses services en fonction des besoins des utilisateurs et d élargir son périmètre d intervention en vue de répondre aux questions de plus en plus précises qui émergent au niveau des politiques publiques. Il s agit pour l IGN de compléter son offre de données avec des référentiels dédiés à certaines thématiques ou d être en mesure de réaliser des traitements plus approfondis et particularisés dans une logique de service. La mission de service public de l IGN se décline dorénavant en quatre activités structurantes, qui concernent tant les activités civiles que de défense et pouvant se résumer au développement de connaissances, de compétences et d innovation en information géographique et forestière, à la production de référentiels faisant autorité, à la diffusion à l échelle nationale de données multithématiques et multisources mises en cohérence par l IGN et au développement en propre ou en partenariat de services d accès aux données pour les professionnels et le grand public.

14 12 RAPPORT D ACTIVITÉ 2013 RECHERCHE ET FORMATION RECHERCHE ET FORMATION 2013 VU PAR DENIS PRIOU DIRECTEUR DE LA RECHERCHE ET DE L ENSEIGNEMENT ROUGE VIF FAÇADE SUD DE L ÉCOLE HALL DE L ÉCOLE NATIONALE DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES ET DE L ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES LIONEL PAGÈS 2013 a été marquée par le rapprochement des activités de recherche et d enseignement de l IGN au sein d une même direction : la direction de la recherche et de l enseignement (DRE). L année L objectif est de doter l institut d une structure d enseignement supérieur et de recherche forte, porteuse des dernières innovations en technologies de l information géographique et en prise directe avec la demande sans cesse croissante de la société en données géolocalisées. Ce pôle de recherche et d enseignement conforte l IGN dans son rôle de référent en information géographique et forestière. En matière de formation, l année 2013 a vu une profonde évolution du cycle d ingénieur, concrétisée par une refonte pédagogique complète des deux premières années, afin d être en parfaite adéquation avec les nouveaux besoins de la société de l information. Désormais, les trois années de formation dispensées à Marne-la-Vallée placent l École nationale des sciences géographiques (ENSG) au cœur des enjeux de la société de l information et de l usage de l information géographique. Ces nouvelles orientations ont été présentées à la commission des titres d ingénieur (CTI), qui a renouvelé l habilitation de l ENSG à délivrer le titre d ingénieur. Dans le domaine de la recherche, l année 2013 a vu l achèvement de plusieurs projets ambitieux, dont certains sont détaillés dans ce rapport. La création du laboratoire d inventaire forestier, basé à Nancy, a constitué une avancée de l IGN dans un domaine largement ouvert sur les problématiques de changement climatique et de gestion des ressources forestières. Les partenariats engagés par les laboratoires avec des universités françaises et étrangères, sont très nombreux. Dans le cadre de la signature du contrat Galileo avec la société GMV, l IGN est impliqué dans trois réseaux scientifiques européens portant sur l usage de GNSS en climatologie et sur le «crowdsourcing». L excellence de la recherche de l IGN, au meilleur niveau mondial, s est notamment concrétisée par une nouvelle distinction remise à Zuheir Altamimi, directeur de recherche au laboratoire de géodésie, déjà récompensé par l Académie des sciences. Il a en effet reçu la médaille Venning Meinesz de l European Geoscience Union, le 11 avril 2013 à Vienne (Autriche), pour ses travaux sur le développement et l amélioration du repère de référence terrestre international (ITRF) et ses contributions majeures à la recherche en géodésie spatiale.

15 RECHERCHE ET FORMATION RAPPORT D ACTIVITÉ PROJETS DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL FRÉDÉRIC VERLUISE DIRECTEUR DE LA SOCIÉTÉ KYLIA, PARTENAIRE DE L IGN FRÉDÉRIC VERLUISE s exprime sur le projet Géocube GÉOCUBE AVEC SON PANNEAU PHOTOVOLTAÏQUE SUR LE SITE DE SUPER-SAUZE DANS LES ALPES DE HAUTE-PROVENCE GÉOCUBES À QUOI LE GÉOCUBE SERT-IL? Le Géocube est un GPS ultrasensible, bardé de capteurs pouvant détecter avec une très grande précision le moindre mouvement de terrain. Il comprend une carte module GPS, une carte microcontrôleur, une carte mémoire dans laquelle un microprocesseur est inséré et une carte radio permettant aux GPS de communiquer entre eux. Les informations de localisation captées par le GPS sont très précises de l ordre du millimètre. Une fois extraites, elles sont traitées par un logiciel mis au point par l IGN. Le processeur inséré dans le Géocube est optimisé, il est très intelligent, il a des capacités exceptionnelles et traite l information captée par le GPS sans avoir besoin d une grande puissance de calcul. Dès que Kylia a été contactée par l IGN, nous avons cru à ce produit. Le Géocube amène en effet un vrai changement de paradigme dans l instrumentation GPS. Non seulement ce GPS est ultra-performant, mais son coût est également minime pour un instrument de cette qualité. POURQUOI UN PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ? Le Géocube sort tout droit du laboratoire d optoélectronique, métrologie et instrumentation (LOEMI) de l IGN. Mais pour le commercialiser et l industrialiser, l IGN a voulu s associer à notre société. Ainsi, un contrat de licence a été signé avec Kylia en juillet La sortie du dernier prototype de l IGN est prévue pour début Une fois cette dernière version arrêtée, une phase de tests va être initiée pour vérifier le bon fonctionnement du matériel. Puis ce sera la phase de l élaboration, avant le lancement de la production. La vente des premiers modules est prévue pour le troisième trimestre Pour la production, les volumes visés sont de unités par an à partir de QUELLES APPLICATIONS VOUS SEMBLENT-ELLES PARTICULIÈREMENT INTÉRESSANTES? Le monde de la géologie, de la géotechnique s ouvre au Géocube. La transmission des données par radio permet en effet une surveillance des objets en temps réel avec la potentielle mise en place d un système d alerte. Idéal, donc, pour contrôler les mouvements d un ouvrage d art, les glissements de terrain, les mouvements de falaise et les mouvements des glaciers. Dès à présent, l Observatoire multidisciplinaire des instabilités de versants (OMIV) est intéressé par l achat d une vingtaine de Géocubes pour équiper les quatre sites qu il surveille dans les Alpes. GÉOCUBE EST IDÉAL POUR CONTRÔLER LES MOUVEMENTS DES GLACIERS

16 14 RAPPORT D ACTIVITÉ 2013 RECHERCHE ET FORMATION PROJETS DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL SAMU 94 JEAN MARTY LE PROFESSEUR JEAN MARTY DIRECTEUR DU SAMU 94 précise la finalité du projet de recherche PoSamu QUELS SONT LES OBJECTIFS DU PROGRAMME PoSamu? COM HENRI MONDOR QUELLE AIDE ATTENDEZ-VOUS DU PROGRAMME PoSamu? Pour un lundi à 16 heures, par exemple, le système permet de connaître statistiquement le délai d intervention jusqu à un point donné du département. À terme, nous disposerons d un prototype de calcul en temps réel tenant compte du trafic et des conditions météorologiques. Ce sont de réels outils d aide à la décision pour celui qui envoie un moyen médicalisé. Fonctionnant de manière prévisionnelle, le programme pourrait aussi signaler qu aucun véhicule ne pourrait être disponible pour atteindre le blessé ou le malade dans le délai de 30 minutes que l État a fixé aux services de secours. Cela nous permettrait d agir en conséquence. QUELLE MÉTHODE LE LABORATOIRE COGIT DE L IGN A-T-IL UTILISÉE POUR AIDER LE SAMU À LOCALISER SES VOITURES? COM HENRI MONDOR CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE HENRI MONDOR Le programme PoSamu, comme «performance et optimisation systématique de l aide médicale urgente», a été lancé pour réduire le délai d accès des secours aux patients, spécialement en zone urbaine. Je coordonne le programme qui associe le laboratoire Cogit (conception objet et généralisation de l information topographique) et d autres services de l IGN, le laboratoire de génie industriel de l École centrale de Paris, l équipe 4390 de l université Paris-Est Créteil (analyse du risque dans les systèmes de soins complexes) et le laboratoire ville mobilité transports de l université Paris-Est. Les données de base proviennent des véhicules d intervention du Samu avec traceurs GPS. Ce stock d informations est géré dans une base spécifique qui est mise en correspondance avec les informations de régulation (de la réception des appels à l envoi d une ambulance). Il y a ensuite la mise en correspondance des points GPS d une précision de 10 à 30 m environ avec le réseau de la BD TOPO, composante topographique du RGE. Une analyse statistique des données permet ensuite de déterminer les vitesses sur les tronçons les plus empruntés et d inférer une vitesse probable, pour nos véhicules de secours, sur le reste du réseau. CLAUDE MOTTE CARTE DE CASSINI SUR PARIS ET SES ENVIRONS CLAUDE MOTTE HISTORIENNE ET CHERCHEUSE À L EHESS aborde le programme de recherche Geopeuple QU EST-CE QUE «GEOPEUPLE»? Le programme de recherche Geopeuple est codirigé par le LaDéHis (laboratoire de démographie et d histoire sociale, Ehess), par le Cogit (laboratoire cartographique et géomatique, IGN), porteur du projet, et par le LIP6 (laboratoire d informatique de l université Paris 6 Jussieu). Il a pour but de suivre et d analyser l évolution de l implantation des peuplements en France à travers l observation du territoire, en mettant en relation la carte de Cassini, la carte de l état-major du XIX e siècle et la carte IGN des années Trois zones tests ont été sélectionnées : Grenoble, Reims et Saint-Malo. Les trois feuilles Cassini correspondantes ont été vectorisées afin de créer une bibliothèque des symboles, indispensable au développement informatique du LIP6 (reconnaissance semi-automatique sur cartes anciennes). Le travail réalisé en étroite collaboration avec le Cogit vise à long terme à créer une BD carto-géohistorique. Et intéresse, au final, de nombreux acteurs : les collectivités territoriales, les aménageurs du territoire, les associations historiques et enfin les archivistes.

17 RECHERCHE ET FORMATION RAPPORT D ACTIVITÉ LIONEL PAGÈS LEVÉ LIDAR DE LA PLACE SAINT- SULPICE (PARIS, 6 e ) PAR LE VÉHICULE IMAGEUR STÉRÉOPOLIS LEVÉ LIDAR DE L ARC DE TRIOMPHE RÉALISÉ À PARTIR DE STÉRÉOPOLIS PIERRE BOSSER NICOLAS PAPARODITIS DIRECTEUR DU LABORATOIRE MATIS DE L IGN nous parle de Stéréopolis QUELLES ONT ÉTÉ LES ÉVOLUTIONS DU PROJET STÉRÉOPOLIS EN 2013? Stéréopolis est un véhicule de numérisation mobile qui image la ville en 3D depuis la rue. Il est développé depuis 2008 par les laboratoires de recherche de l IGN et est équipé d un grand nombre de capteurs qui collectent en un seul passage une infrastructure de données de type BigData permettant le développement d un ensemble d applications et de services grand public ou professionnels allant de la navigation et de la saisie 3D immersive jusqu à la navigation autonome. Un des enjeux principaux de cette recherche est PIERRE BOSSER ENSEIGNANT CHERCHEUR À L ENSG d être capable d exploiter ces données en des temps compatibles avec une organisation de production. Un travail conséquent a été réalisé ces dernières années pour accroître la maturité de cette technologie. Ainsi, en 2013, l utilisation du véhicule a été transférée avec succès à une unité de production de l IGN. Le rôle de la recherche se cantonne dorénavant, d une part, à tester de nouveaux capteurs et à étudier leur impact sur l automatisation des processus en aval et, d autre part, à développer un ensemble de systèmes complémentaires dont VIAPOLIS, qui est un véhicule électrique très léger qui permettra de numériser, depuis les trottoirs, les espaces verts et les espaces ouverts au public. Certaines des technologies développées en aval passent d ailleurs à l expérimentation. Ainsi dans le cadre du projet TerraMobilita seront expérimentés, avec nos partenaires et des collectivités locales, des outils automatisés de collecte de cartes d occupation surfacique de l espace public compatibles avec les exigences de déclaration de projet de travaux (DT) et de déclaration d intention de commencement de travaux (DICT) et permettant d élaborer des diagnostics d accessibilité et de calculs d itinéraires pour personnes à mobilité réduite ou pour modes de transports doux ou mixtes. qualifie les mesures GPS pour aider à la détection des tsunamis au Japon VÉHICULE STÉRÉOPOLIS MULTICAPTEURS DE L IGN QUEL EST VOTRE TRAVAIL DANS LE CADRE DU PROJET DE RECHERCHE TO-EOS? S. TOMIZAWA / AFP LE TSUNAMI DU 11 MARS 2011 DÉFERLE SUR LES CÔTES JAPONAISES PIERRE BOSSER DPTS/ENSG - LAREG DÉPLACEMENTS HORIZONTAUX (FLÈCHES ROUGES) ET VERTICAUX (ÉCHELLE DE COULEUR) DES STATIONS DU RÉSEAU GPS JAPONAIS Les responsables du projet TO-EOS (Tohoku-Oki Earthquake from Earth to Oceans and Space) cherchaient un partenaire, tel que l IGN, qui maîtrise le traitement des signaux GPS. Le Japon possède l un des réseaux GPS les plus denses au monde, soit quelque stations terrestres permanentes. Le 11 mars 2011 à 14 h 50, juste après le séisme qui secoua la région de Tohoku, une bonne partie du Japon s est déplacée horizontalement de deux mètres, certaines zones de cinq. Toutes les stations, avec une ampleur dépendant de leur localisation, ont enregistré ces mouvements. La priorité de mon travail est d obtenir la meilleure précision des mesures GPS (quelques millimètres) autour du moment du séisme (quelques heures), pour extraire des enregistrements, les perturbations infimes pouvant nous renseigner sur les mécanismes de génération de la rupture sismique.

18 16 RAPPORT D ACTIVITÉ 2013 RECHERCHE ET FORMATION LA FORMATION EN GÉOMATIQUE LIONEL PAGÈS DENIS PRIOU DIRECTEUR DE LA RECHERCHE ET DE L ENSEIGNEMENT À L IGN évoque l évolution des formations à l ENSG en 2013 ENSG SALLE DE TRAVAUX PRATIQUES INFORMATIQUES À L ENSG ENSG ENTRÉE SUD DE L ENSG LES FORMATIONS ONT-ELLES ÉVOLUÉ AU SEIN DE L ENSG EN 2013? QUELLE EST VOTRE POLITIQUE EN MATIÈRE DE FORMATION À DISTANCE? AMPHITHÉÂTRE À L ENSG FRANCK JUERY En 2013, le cycle d ingénieur a fait l objet d une refonte en profondeur pour adapter la formation de l ENSG aux dernières évolutions d une société de plus en plus technologique et centrée sur l information géographique. Cette formation d ingénieur doit non seulement former des spécialistes de l information géolocalisée mais aussi faire en sorte que ces experts comprennent les enjeux et les besoins sociétaux en matière d urbanisme, d aménagement du territoire, d occupation du sol, de gestion des risques, d évaluation des ressources (forêt, eau), etc., pour mieux y répondre. CELA CONCERNE-T-IL AUSSI L OUVERTURE À L INTERNATIONAL? En effet, nous avons décidé d intensifier les échanges avec des établissements d enseignement supérieur et de recherche étrangers, en intégrant notamment le programme Erasmus. L ENSG a candidaté au programme en 2013 et a été retenue pour la période , ce qui lui permettra de tisser un réseau d échanges avec des universités du monde entier. De plus, nos étudiants sont tenus de passer deux mois à l étranger dans le cadre de leurs stages. Cette année, nos élèves ingénieurs ont effectué leur stage dans 13 pays différents répartis sur tous les continents. L ENSG développe une politique très forte en matière de formation à distance, notamment dans le cadre de l initiative d excellence en formation innovante (IDEFI) utop, dont l ENSG porte le sous-projet géomatique au niveau national : ce programme finance la réalisation de formations à distance, d une durée en équivalent-présentiel allant de quelques jours à une année, dans le domaine de la géomatique et des usages de l information géographique. Nous avons ainsi développé, en partenariat avec une douzaine d établissements français ou étrangers, plusieurs dizaines de modules. Notre objectif? Étendre cette collaboration à une trentaine d établissements. Bien entendu, l ENSG produit aussi de la formation professionnelle en présentiel pour répondre aux besoins de la société : certaines grandes entreprises françaises font ainsi appel à nous pour former leur personnel à la géomatique. À noter également qu en 2013, l ENSG a élargi ses voies de recrutement en s intégrant dans le processus APB (admission post-bac), lui permettant ainsi de recruter plus d élèves issus des classes de terminale dans notre BTS et d alimenter les entreprises en professionnels de niveau Licence 2. Avec l explosion de la géomatique et de la demande des entreprises en géomaticiens, notre objectif est de faire croître très sensiblement nos effectifs, actuellement d environ 300 élèves.

19 RECHERCHE ET FORMATION RAPPORT D ACTIVITÉ GABRIEL VATIN GABRIEL VATIN DIPLÔMÉ DE L ENSG EN 2011 ET DOCTORANT témoigne sur son cursus QUEL EST VOTRE PARCOURS DEPUIS L ENSG? Actuellement, je prépare une thèse au Centre de recherche sur les risques et les crises (CRC) de MINES ParisTech, à Sophia Antipolis, intitulée «Formalisation d un environnement d aide à l analyse géovisuelle pour l étude des comportements à risque Application à la surveillance maritime». Je m intéresse particulièrement aux usages de la visualisation pour l analyse des risques. L analyse géovisuelle est un domaine de recherche très récent, qui correspond à la science du raisonnement analytique par des interfaces visuelles pour la construction de connaissances et la prise de décision. L originalité de mon approche est de proposer un environnement pour guider l analyse géovisuelle de trajectoires, grâce à des visualisations adaptées aux tâches de l utilisateur. Nous appliquons cette recherche à la surveillance maritime, pour l étude de risques tels que les collisions de navires ou la piraterie. À terme, cette recherche pourra faire évoluer les outils des centres de surveillance maritime, tels que les centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) ou la gendarmerie maritime. L amélioration des méthodes de visualisation du trafic maritime leur permettra de mieux comprendre et prévenir les risques en mer. LES ENSEIGNEMENTS DE L ENSG VOUS ONT-ILS ÉTÉ UTILES? J ai aimé la qualité et la complémentarité des enseignements. L enseignement reçu à l ENSG entre 2008 et 2011 fut très varié : travaux sur le terrain, comme les relevés GPS, gestion et analyse des données au bureau. Nous avons été sensibilisés à la recherche, avec de nombreux cours donnés par les chercheurs des laboratoires de l IGN : ceux-ci m avaient alors donné envie de continuer en thèse. Au cours des deux premières années, nous avons acquis un panel de compétences éclectiques, avec, par exemple, des géologues, des géomorphologues. Ce qui permet une ouverture d esprit sur le sujet de l information géographique et s avère très utile par la suite. Nous avons également appris à gérer des projets en tant que chef d équipe, un enseignement utile lorsque l on est rapidement intégré au sein de projets européens! - DANIEL MENET LABORATOIRE DÉPARTEMENTAL DE PRÉHISTOIRE DU LAZARET UN PLAN ARCHÉOLOGIQUE ISSU DU SYSTÈME D INFORMATION GÉOGRAPHIQUE DÉVELOPPÉ PAR GABRIEL VATIN La dernière année, je me suis spécialisé en analyse spatiale et développement de SIG. J ai donc été formé aux techniques les plus utilisées : des acquis importants pour le début de ma thèse. Lorsque celleci sera achevée, fin 2014, j espère continuer dans le domaine de la recherche en effectuant un postdoctorat, en Angleterre ou aux États-Unis, dans le domaine de l analyse géovisuelle pour la gestion des risques naturels et humains. Mes compétences en géovisualisation et en modélisation des risques sont un atout important. Et peut-être, qui sait, pourrai-je un jour transmettre mes connaissances aux futurs étudiants de l ENSG PÉTROGLYPHES DE LA VALLÉE DES MERVEILLES DANS LE PARC DU MERCANTOUR

20 18 RAPPORT D ACTIVITÉ 2013 LES DONNÉES IGN ET LEURS USAGES LES DONNÉES IGN ET LEURS USAGES 2013 VU PAR MICHEL SEGARD DIRECTEUR DES PROGRAMMES CIVILS LIONEL PAGÈS EMPREINTE CORPORATE À la suite de la restructuration de l Institut national de l information géographique et forestière intervenue en 2013, la direction des programmes civils nouvellement créée contribue dorénavant à l équilibre budgétaire de l IGN en assurant les recettes de l établissement. Cette nouvelle organisation correspond au nouveau mode d approche des utilisateurs des données de l institut. L IGN est passé d une offre sur catalogue à une production guidée par les besoins des usagers. Il n est donc plus question d usages commerciaux ou noncommerciaux, payants ou gratuits, mais de développer une nouvelle stratégie axée sur l utilisateur. Elle se traduit au sein de l IGN par la fusion de deux anciennes directions : la direction de la diffusion et la valorisation, tournée vers le secteur privé, et la direction des programmes de service public, centrée sur les acteurs publics. Désormais, c est une seule direction qui est au contact des partenaires et des clients et qui met tout en œuvre pour comprendre leurs métiers afin d être en mesure de répondre à leurs besoins. Autre nouveauté, la direction devient «maître d ouvrage» de la production des référentiels et des services. Ainsi, la chaîne évaluation des besoins, formulation de l offre et passation de commande est complète. Nos chargés d affaire doivent ausculter le marché afin d orienter la production et les services. Cette veille peut conduire à repérer des besoins communs au grand public et aux services publics. Il est cependant important d avoir une approche distincte des acteurs publics et des acteurs privés : partenariats d un côté, approche commerciale de l autre. De grandes évolutions sont attendues pour les programmes civils. Une partie importante des applications développées à partir de géo-données n exige pas nos standards de qualité, comme l homogénéité de la couverture du territoire ou la précision des métadonnées. Face à la forte baisse de la valeur faciale des données et portés par le développement intensif de l information géographique, il nous faut développer un modèle économique qui repose sur des services à valeur ajoutée pour l utilisateur final. Pour y parvenir, nous devons à la fois contribuer à l amélioration des services publics et explorer des collaborations avec les acteurs privés. Si l IGN n opérait pas ce virage, nos concitoyens pourraient perdre une composante de la souveraineté nationale et le bénéfice de données de référence, neutres, sur lesquelles les réglementations s appuient.

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