LES PROBLÈMES MONÉTAIRES AU MOYEN ÂGE



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Transcription:

es oblèmes monétaies au moyen âge UNIVERSITÉ PARIS X NANTERRE Faculté de Sciences Économiques et de Gestion DEA Économie des Institutions ente de Recheche en Éistémologie Aliquée (École Polytechnique/NRS) ES PROBÈES ONÉTAIRES AU OYEN ÂGE Novembe 1997 Benoît SANTIANO ontact : /contact.htm Diecteu de mémoie : Andé ORÉAN htt:// 1

es oblèmes monétaies au oyen Âge icence de ibe Diffusion du Document DD vesion 1 e document eut ête libement lu, stocké, eoduit, diffusé, taduit et cité a tous moyens et su tous suots aux conditions suivantes : tout lecteu ou utilisateu de ce document econnaît avoi is connaissance de ce qu'aucune gaantie n'est donnée quant à son contenu, à tout oint de vue, notamment véacité, écision et adéquation ou toute utilisation ; il n'est océdé à aucune modification aute que cosmétique, changement de fomat de eésentation, taduction, coection d'une eeu de syntaxe évidente, ou en accod avec les clauses ci-dessous ; des commentaies ou additions euvent êtes inséés à condition d'aaaîte claiement comme tels ; les taductions ou fagments doivent faie claiement éféence à une coie oiginale comlète, si ossible à une coie facilement accessible. les taductions et les commentaies ou ajouts inséés doivent ête datés et leu(s) auteu(s) doi(ven)t ête identifiable(s) (éventuellement au taves d'un alias) ; cette licence est ésevée et s'alique à l'ensemble du document et des modifications et ajouts éventuels (sauf en cas de citation coute), quelqu'en soit le fomat de eésentation ; quel que soit le mode de stockage, eoduction ou diffusion, toute esonne ayant accès à une vesion numéisée de ce document doit ouvoi en faie une coie numéisée dans un fomat diectement utilisable et si ossible éditable, suivant les standads ublics, et ubliquement documentés, en usage ; la tansmission de ce document à un ties se fait avec tansmission de cette licence, sans modification, et en aticulie sans addition de clause ou containte nouvelle, exlicite ou imlicite, liée ou non à cette tansmission. En aticulie, en cas d'inclusion dans une base de données ou une collection, le oiétaie ou l'exloitant de la base ou de la collection s'intedit tout doit de egad lié à ce stockage et concenant l'utilisation qui ouait ête faite du document aès extaction de la base ou de la collection, seul ou en elation avec d'autes documents. Toute incomatibilité des clauses ci-dessus avec des disositions ou containtes légales, contactuelles ou judiciaies imlique une limitation coesondante du doit de lectue, utilisation ou edistibution vebatim ou modifiée du document. 2

es oblèmes monétaies au oyen Âge Sommaie IENE DE IBRE DIFFUSION DU DOUENT DD VERSION 1... 2 SOAIRE... 3 ES ABREVIATIONS... 4 INTRODUTION... 5 PREIERE PARTIE AFFIRATION DU POUVOIR ROYA... 7 HAPITRE I PREIINAIRES SUR ÉTAT AU OYEN AGE... 9 HAPITRE II ONEPTS POITIQUES ET AFFIRATION DU POUVOIR ROYA... 13 HAPITRE III ONNAIE ET AFFIRATION DU POUVOIR ROYA... 25 HAPITRE IV IPOT ET AFFIRATION DU POUVOIR ROYA... 35 SEONDE PARTIE AFFIRATION DU POUVOIR ARHAND... 48 HAPITRE I ES ONEPTS ET INSTRUENTS DU POUVOIR ARHAND... 50 HAPITRE II AFFIRATION HISTORIQUE DU POUVOIR ARHAND... 65 TROISIEE PARTIE AUSES ET EFFETS DES UTATIONS ONETAIRES... 89 HAPITRE I A DEFINITION DES ESPEES... 91 HAPITRE II PRESENTATION FORAISEE DES UTATIONS ONETAIRES... 97 HAPITRE III HISTOIRE DE A ONNAIE EN FRANE DES REFORES DE SAINT OUIS JUSQU AU FRAN 126 HAPITRE IV ONNAIE DE OPTE ET SYSTEE DE OPTE... 148 HAPITRE V ES AUSES DES UTATIONS ONETAIRES... 157 HAPITRE VI TYPOOGIE DES INDIVIDUS FAE AUX UTATIONS ET EURS ONSEQUENES HISTORIQUES... 171 ONUSION... 177 FIGURES ET TABEAUX... 179 BIBIOGRAPHIE... 196 TABE DES ATIERES... 198 3

es oblèmes monétaies au oyen Âge es abéviations ou l. live (1 l. = 20 s. = 240 d.) s. sou (1 s. = 12 d.) d. denie l.t. live tounoise s.t. sou tounois d.t. denie tounois l.. live aisis s.. sou aisis d.. denie aisis g.f. gos flamand gn. gain 4

es oblèmes monétaies au oyen Âge Intoduction e mémoie a comme inciale intention, de décie dans un contexte bien déteminé les oblèmes monétaies. Il n a as comme objectif d élaboe un modèle généal anhistoique, au contaie, il se veut histoique. Son exigence ne sea as d atteinde le lus haut degé d abstaction, mais lutôt de ende comte des faits histoiques. Note éflexion n aua as à juge des décisions ises a les acteus économiques à l aune d une concetion idéale de la société, mais bien de les exlique dans leu lus totale immédiateté. etains choix assés nous aaîtons incohéents, voie iéfléchis avec note gille de lectue d économiste, mais en usant d autes gilles inteétatives, ces aaentes contadictions disaaîtont. homme médiéval n était as lus stuide que son cousin du XX e siècle, simlement celui-ci était lacé dans un aadigme de ensée eligieux, alos que nous nous touvons doénavant dans un aadigme de ensée ationnel. te difféence, un ode olitique qui enait la fome d une oyauté en leine émegence, tandis qu à note éoque il end la fome d une démocatie. De sucoît, l État du oyen Âge n était qu un esatz d État modene, ien à voi avec nos administations et institutions modenes enseant l ensemble de la société. Dans un contexte difféent, les hommes ont éfléchi et agi difféemment ; cela me semble une tivialité que l on oublie afois to vite. Note méthode ne se veut outant as comlètement histoique, simlement nous «tions les leçons de l histoie», ou s abstaie de la éalité histoique sans la tavesti a un excès de éconçus. D où un aisonnement en tois tems. Dans les deux emièes aties, nous effectuons une mise en esective histoique des oblèmes monétaies à taves l ode olitique et l ode économique. Nous énuméons les conditions d existence de la monnaie métallique du oi, et de la monnaie scituale ainsi que la lette de change du machand-banquie. Ayant ent aeçu les oblèmes monétaies a l entemise de ces deux dynamiques, nous tenteons de les noue dans une toisième atie, ou lace la monnaie au cœu de la société, à la fois cause et conséquence des tibulations humaines. tement dit, la monnaie mesue un cetain degé de aots de foce, et elle est simultanément un instument de égulation sociale qui tansfome ces mêmes aots de foce. omme le disait ac Bloch en 1933, les hénomènes monétaies essemblent à «un sismogahe qui, non content de signale les temblements de tee, afois les ovoqueaient» 1. Plus généalement, note démache eose su deux ostulats inciaux : Nous substituons à une analyse des hénomènes monétaies a l intemédiaie du modèle nomatif de l école néo-classique, une analyse éaliste, c est-à-die esectueuse du contexte histoique et social. Invesement, note analyse ne eut s alique à d autes éiodes ou contextes sociologiques, elle este enfemée dans ses hyothèses éalistes. Pou autant, nous ensons qu il est nécessaie d use des deux méthodes : celle de l histoien et celle de l économiste. a véité ou du moins l exigence de véité ne eut se satisfaie d une simle cohéence logique, ou de l énuméation de faits histoiques. a véité n a jamais été le contaie de la fausseté ; un discous eut ête afaitement cohéent et valide su le lan logique, outant on le jugea faux. est le défaut que end afois l école néo-classique, qui a une écitue fomalisée et cohéente, ense atteinde la véité. etains économistes se sentant investis de cette Véité, euvent alos se emette de die ce qui est bon et ce qui ne l est as, ce qu il faut faie et ne as faie. e discous moalisateu et dogmatique n est alos lus tès loin. À l oosé, l histoie ne eut este entièement descitive et se satisfaie de monogahies éudites ou ête véitablement exigeante. e tavail des histoiens est iemlaçable, mais il faut un tant soit eu essaye d embasse la éalité dans son ensemble, ou l exlique à un niveau lus généal et lus abstait. Nous nous sommes effocé de suive 1 BOH., 1933,. 1. 5

es oblèmes monétaies au oyen Âge cette ligne de conduite quelque eu isquée, en nous laissant eut-ête to enfemés dans l analyse histoique. Il est cetain qu il auait été souhaitable que nous eussions oussés lus loin les exlications et ébauches d abstaction. Deuxièmement, nous suosons la coexistence de deux odes, celui du olitique et celui de l économique, qui au oyen Âge se déclinaient sous la fome d un ouvoi oyal et d un ouvoi machand. idée concomitante à ce ostulat est l existence de deux fomes monétaies essentielles : celle du olitique qui émet et contôle les esèces métalliques en ciculation et use afois abuse de cet instument de égulation sociale que sont les mutations monétaies, et celle des machands-banquies qui vont invente la banque locale, la monnaie scituale, les systèmes de comte monétaies, et la lette de change qui devienda une monnaie fiduciaie. Nous ensons que ces deux fomes monétaies englobent des égimes monétaies difféents, qui suivant l ode où l on se lace, changent de natue. écueil de ce mémoie, c est que dans sa toisième atie, nous nous attachons simlement à la fome métallique de la monnaie, cette intuition n est donc démontée que atiellement. Dans ce déveloement, nous monteons que les oblèmes monétaies du oyen Âge sont en atie la conséquence d un changement de égime monétaie, mais s effectuant dans le cade d une fome métallique de la monnaie. Pou l aute fome monétaie celle des machands, tout este à faie. 6

es oblèmes monétaies au oyen Âge Pemièe atie affimation du ouvoi oyal 7

es oblèmes monétaies au oyen Âge ette emièe atie va taite de l émegence et de l affimation du ouvoi oyal endant le bas oyen Âge. Nous décions cette dynamique autou de tois thèmes inciaux : aaition d une ensée olitique oiginale, à ati des éflexions des scolastiques, civilistes et canonistes, emettant au ouvoi oyal de enfoce sa légitimité jusqu à ce qu elle devienne inoosable et incontestée. es éflexions seviont de faie valoi à une oyauté de lus en lus sûe de son bon doit, mais en même tems elles taduisent la lente ise de conscience d un ouvoi oyal qui s institutionnalise, déasse la simle contingence du oi, et end la fome d un État à la fois concétisation de ce ouvoi et instument ou le enfoce. e deuxième thème décia les aots ente ce ouvoi oyal et la monnaie. Nous veons claiement, que la monnaie métallique du ince s inscit leinement dans ce mouvement d affimation du ouvoi oyal. a logique du olitique est de tace des fontièes, la monnaie en sea le vecteu, en contôlant, canalisant, les foces vives du oyaume dans un teitoie en leine céation. a monnaie est aussi un fantastique instument de olitique sociale, ca les mutations monétaies emettont de égule les aots sociaux en fonction des desideata oyaux, mais aussi en fonction des comomis qui euvent se constitue ente le gouvenement, les machands, les nobles, les ecclésiastiques, et le eule. a monnaie est au cente de la société, elle est la ésultante des aots sociaux mais invesement elle eut les tansfome. auses et effets sont toujous intimement liés losque l on taite des oblèmes monétaies. Enfin, dans note denie chaite nous taiteons d un deuxième oéateu au sevice du ouvoi oyal : l imôt. Nous y exliqueons l imbication étoite qu il existe ente monnaie, imôt et affimation du ouvoi oyal. 8

es oblèmes monétaies au oyen Âge haite I Péliminaies su l État au oyen Âge e XIII e siècle voit l affimation d un nouveau monde, dans lequel l aaition des États teitoiaux end caduque la notion d emie défendu deuis toujous a la aauté. D un aute côté se déveloent l ubanisation et l activité commeciale qui lentement désagègent l oganisation féodale. e ouvoi oyal eut donc affime son autoité, face à l affaiblissement des stuctues olitiques de ang inféieu et suéieu que sont la féodalité et l emie. Pou décie de façon concise l émegence d États teitoiaux, il nous faut au éalable cene le concet d État au oyen Âge. Section 1 e concet d État au oyen Âge Une emièe constatation s imose, note vision modene de l État ne eut s alique à l Euoe médiévale. Pou autant, comme le econnaît J.P. anning dans son intoduction su le déveloement de la ensée olitique médiévale 1, «on eut utilement ecoui au mot «État» ou analyse l oganisation olitique médiévale à ati du XII e siècle, à condition que les limites d un tel discous soient econnues comme telles». Ainsi selon l auteu, l affimation de l État aaaît comme : «émegence de communautés (ou de eules) dotées d une oganisation olitique, ayant des teitoies sécifiques et délimités, à l intéieu desquels se déveloait la souveaineté intéieue et extéieue des diigeants ou des gouvenements» 2. De la même façon, Gabiel Adant dans son Histoie de l imôt, utilise le teme d État au oyen Âge, dans une accetion minimaliste. Selon l auteu, les États sont des «entités caables d assue au moins quelques sevices ublics élémentaies sécuité, justice, défense c est-à-die des oganismes dotés d une véitable administation, d une amée discilinée, d une justice dont l execice ne soit as abandonné à des aticulies» 3. Section 2 Un État s oosant à d autes ouvois Deuxième constatation, le ouvoi olitique de l État n est as hégémonique. e teitoie aaaît comme un lieu de cométences atagées ente le gouvenement, l Église et la noblesse. Pou établi son autoité, l État fut obligé de faie des concessions avec ces autoités concuentes, et a la suite soumette les juidictions ecclésiastiques et féodales à la juidiction suême du oi. Donc une souveaineté oyale qui cheche ses maques a aot à d autes souveainetés. 1 Une féodalité moibonde En allant vite, on eut die que globalement, la féodalité devint moibonde à ati du XII e siècle 4, à cause de l extension des échanges commeciaux, de l ubanisation, et de l émegence de communautés consciemment choisies que sont a exemle les guildes de méties. Plus écisément, l accentuation du commece à ati du XII e siècle, se caactéise a une montée en uissance de l individualisme économique, qui induit la substitution du système féodal et de communautés taditionnelles a un système économique monétaie encoe balbutiant avec une 1 ANNING J.P., 1993,. 331-333. 2 Id.,. 331. 3 ARDANT G., 1971,. 216. 4 Pou lus de écisions, se éfée aux intéessantes analyses de Janet OEAN, 1993,. 574-578, et Antony BAK, 1993,. 554-558. 9

es oblèmes monétaies au oyen Âge imotante mobilité sociale. es individus ennent leu indéendance vis à vis du domaine féodal a leu aatenance multile à l Église, au oyaume, à la cité, au village, aux guildes et aux conféies. Bef, des individus qui ne sont lus enseés dans un unique aot social, mais qui au contaie aatiennent à un éseau de elations de lus en lus comlexes. omme le démonte Antony Black 1 avec une gande concision et éudition, le oyen Âge ne fut jamais une éoque collectiviste, et à l aune du ecul histoique, on eut s aecevoi que le fement essentiel de la disaition du système féodal, est la multi-aatenance des individus à des oganisations sociales. Jamais l individu ne fut éductible à une oganisation sociale englobante. Pou étaye ces généalités, il suffit de s aecevoi que les guildes sont l affimation de fatenités atificielles basées su la otection mutuelle, qui dans leu incie même, s aogent un esace d indéendance a aot à la tutelle féodale. Elles se déveloèent essentiellement aux XII e et XIII e siècles. Dans le même ode d idée, la otation des écoltes et la mise en commun du matéiel agicole vont entaîne l aaition de la commune dans les villages. Dès le début du XII e siècle, cette fome d association teitoiale se éandit aidement en Euoe 2. Pa la suite, ces communes donneont naissance aux emièes villes, oclamant leus doits conte le seigneu et l évêque. es guildes et communes, aaaissent donc comme une fome d oganisation concuente à celle de la féodalité, «fondée su le sement mutuel ou collectif ente individus fomellement égaux l équivalent hoizontal du sement féodal Dans les villes et les guildes, l individu affimait ses doits conte ceux du dehos a le simle fait de sa aticiation, qui lui donnait sa «libeté» et définissait sa osition socio-économique» 3. Des études égionales su la Fance et les Pays-Bas montent que la tès gande majoité des oiétés agicoles aysannes étaient indéendantes du vasselage, même au milieu du XI e siècle. Dans cetaines égions, les tenues allodiales étaient donc la inciale fome de oiété. Pou Jacques Hees 4, c est l abondance elative des catulaies et comtes des seigneuies, qui toment l histoien en l oientant to facilement ves une descition de la vie aysanne dans le cade des seigneuies. Pou cet histoien, c est la difficulté à touve des documents su ces goues et communautés aysannes, et le eu d intéêt des histoiens, qui font que ce domaine de la echeche histoique este encoe en fiche. es alleux ossédés a des gens de etite condition, sont difficiles à ecense, mais ils en existent de nombeux dans le Sud et le Nod 5. 1 BAK A., 1993. 2 Il est imotant de souligne la solidité de ces institutions communautaies au XIV e siècle, notamment dans les égions d habitat goué et de chams ouvets, où existe une imotante disciline et coodination communautaie sous la fome d assemblées, qui établissent le calendie des tavaux, désignent les chefs ou suveille les oéations et alique des amendes aux contevenants, veillent à l entetien des chemins, à la éatition de la taille, et au esect des doits d usages a les communaux. itons un exemle de Jacques Hees : «es cous des manois anglais faaient d amendes les défauts de entes ou de sevice, les emiétements su les chams ou les âtues ; elles suveillaient la qualité de la bièe fabiquée a les aysans ; elles écisaient ou enfoçaient les ègles de la communauté agaie a les célèbes «odonnances d automne» a communauté, et non lus le seigneu, désigne les gadiens des écoltes ; sa cou ègle les queelles et difféends, exece une sote de olice (intediction de cetains jeux)» (HEERS J., 1970,. 87). Dans les égions méditeanéennes, les assemblées essayent de éati équitablement l eau des canaux et de égle les conflits. Aaaissent ainsi dans les vallées des Pyénées, le tibunal des évôts des jadins (sobeosats de la hota). «Tès souvent les vallées des montagnes exloitent en commun les alages. D où la foce des collectivités montagnades, de ces «univesités» qui s affiment souvent au-delà des limites d un seul village, ègnent su les vesants et les outes des toueaux» (Id.,. 88). Pa exemle, le val dans les Ales italiennes fome une seule esonne juidique et moale, mais aussi les confédéations médiévales de la vallée de Ribas (Pyénées), ou de Pontalie (Jua). Plus imessionnant encoe, l association «des confédéations biançonnaises, née de l élevage, églant ensuite la foie, caable de achete en 1343 au Dauhin toutes les sevitudes des vallées ou la somme énome ou l éoque de 12 000 floins d o, augmentée d une ente de 4000 ducats» (Id.,. 88). En Fise, existent de nombeuses communautés villageoises ; les hommes y sont libes et la tutelle seigneuiale y est inexistante. es communes et communautés villageoises ont donc un ôle olitique de tout emie lan du XII e au XV e siècle. 3 Id.,. 557. 4 HEERS J., 1970,. 83-89. 5 «Suvivance afois de la oiété omaine, la tee d alleu se touve sutout dans le idi : Povence et anguedoc, Italie du Nod, où les notaies montent de etits aysans ou des jadinies vendant des tees en toute libeté, dégagées de toute containte. ais on la enconte aussi lus au nod, dans tous les ays de la Gaonne, en aticulie dans le Bodelais, où elle eésente 10 % envion des tees ; de même en Foez et dans le âconnais où les alleuties aysans se maintiennent toujous au XIII e siècle» (HEERS J., 1970,. 84). Pa excès de zèle, il ne faut as non lus coie que la majoité des 10

es oblèmes monétaies au oyen Âge Enfin, sans vouloi étende atteinde l exhaustivité, elevons que le ôle coissant de l agent, et de façon concomitante, le déveloement des techniques de cédit, finient a ende obsolètes les elations inteindividuelles taditionnelles. agent «aache» l individu de son contexte social, c est-à-die que se substituent aux elations basées su les liens de aenté et ceux du sang, des elations imesonnelles ente alte ego utilisant un langage monétaie. 2 Une autoité ecclésiastique qui edue 1 algé une volonté oyale de lus en lus hégémonique, le oyen Âge ne vit as émege d État modene, où l Église seait sous l entie contôle de l autoité séculièe, a l assimilation du doit canon à un ensemble de ègles à caactèe ivé faisant atie du système juidique de l État. Un ouvoi ecclésiastique indubitablement ogné mais cetainement as éliminé. On eut constate qu un cetain modus vivendi s est élaboé au cous de l histoie ente la aauté et les monaques fançais et anglais, a une tendance à laisse aux diigeants séculies un contôle imotant su leus églises et teitoies. ette bonne consistance de la cuie fut simlement guidée a le fait, que la aauté souhaitiat se éseve de conflits avec ces nouveaux monaques, ca la olitique aale avait déjà fot à faie avec un emie de lus en lus etod et belliqueux à son égad. e conflit fut noui a la étention des aes à confée la fonction iméiale, et invesement, a les visées écuentes de l emie su l Italie. Selon ce modus vivendi, tout au long du XIII e siècle la aauté acceta la taxation du clegé a les monachies fançaise et anglaise. a gande cise suvint à la fin du XIII e siècle, losque le ae Boniface VIII (1294-1303) 2 voulut imose à Philie le Bel (1285-1314) une concetion hiéocatique du ouvoi, et notamment l intediction de taxe l Église sans consentement du ouvoi ecclésiastique. a question fut tanchée a la foce, et l eeu de Boniface fut de vouloi imose une concetion hiéocatique du ouvoi à un État en leine fomation. a aauté edit en deux tems. Pemièement en 1296, losque Philie le Bel intedit l exotation d o et d agent en dehos de la Fance. En faant diectement les evenus ontificaux, il obligea la aauté à céde, débouchant su le comomis de févie 1297. Deuxièmement, Philie le Bel it l initiative de la ovocation, en aêtant Benad Saisset l évêque de Pamies, un otégé de Boniface VIII, et en ayant la étention de le juge a le doit séculie. Boniface ne ut accete ce cou de foce, ca, selon le doit canonique, un évêque ne ouvait ête jugé a une cou laïque. Philie le Bel en s auyant et en maniulant l oinion ublique éclama le jugement de Boniface ou cause d héésie. À la mot de ce denie, la olitique aale était en uine. Pa la suite, les aes ne écidivèent as dans cette voie quelque eu isquée, et los de la guee de ent Ans, la aauté avignonnaise usa simlement de dilomatie ou agi. Section 2 es émisses histoiques des États teitoiaux Selon la définition écédente de l État, au XII e siècle, le oyaume nomand de Sicile semble coesonde à cette concetion a son déveloement administatif écoce. Un eu lus tadivement au XIII e siècle, Fédéic II (Roi de Gemanie de 1212 à 1250, et emeeu à ati de 1220), «ut établi, dans ce ays où le commece était considéable, un système fiscal elativement évolué comotant des doits de douane, des imôts de ciculation, eut-ête un imôt foncie, une séie de monooles, un commece d État» 3. En Angletee, les fontièes géogahiques sont établies deuis longtems, l idée de nation anglaise emonte jusqu au VIII e siècle et l unité du oyaume jusqu au milieu du X e siècle, la véitable aysans était libe, cela seait caicatue la éalité dans l aute sens. imotance des mouvements d affanchissements en Fance aux XII e et XIII e siècles montent bien la éondéance de la seigneuie dans la vie aysanne. Pafois au XIII e et jusqu au XV e siècle, des fanges de la oulation se touvent encoe sous la tutelle du maîte, mais ce sont des tees à l écat des villes et de la ciculation monétaie, des ays isolés et toublés a la guee et l insécuité (Pou les affanchissements, voi aussi HEERS J., 1970,. 94-95). Il faut donc teni comte de ces deux asects ou ne as sombe dans une simlification outancièe. 1 Pou lus de écisions voi ANNING J. P.,1993,. 323-333. 2 Pou les aes et ois, nous mettons ente aenthèses les années de ègne. 3 ARDANT G., 1971,. 223-224. 11

es oblèmes monétaies au oyen Âge centalisation en evient à Heni I e (1100-1135) et Heni II (1154-1189). Finalement au XII e siècle on eut ense qu il existe un État anglais. En Fance, l évolution est lus tadive en aison de l autoité contestée de ouis VI (1108-1137) et ouis VII (1137-1180). ais duant le XIII e siècle se déveloa la cohésion fançaise, éaée notamment a les éalisations de Philie guste (1165-1223) et ouis VIII (1223-1226), et accentuée de façon vigoueuse a le ègne de Philie le Bel. ette consolidation éussie de l État fançais, disaut avec la fagmentation de la Fance los de la guee de ent Ans. a econstitution de l État fançais fut l œuve au XV e siècle, de hales VII (1422-1461) et ouis XI (1461-1483). Dans le Nod et le cente de l Italie, se déveloèent à ati de la fin du XI e siècle des cités-états avec une fome éublicaine de gouvenement. eu déveloement incial s établissant endant le XII e siècle. 12

es oblèmes monétaies au oyen Âge haite II oncets olitiques et affimation du ouvoi oyal algé les signes écuseus d une autonomisation du ouvoi oyal, les enseus médiévaux mient un cetain tems ou comende ce qui enait fome, et ou élaboe des concets ouvant décie le mieux ossible le nouveau monde qui émegeait au sein de l Euoe chétienne. N oublions as que les individus étaient longés dans un contexte eligieux, donc une ensée olitique et économique s inscivant dans un aadigme chétien. effot fut donc de claifie les aots ente ouvoi ecclésiastique et ouvoi laïc, ce qui n emêcha as de nombeux conflits, mais l oientation généale était dans une affimation de lus en lus fote de la oyauté et de sa éogative à gée la société comme bon lui semble. Église se voyait de lus en lus éduite à un ôle de gouvenement siituel et à une institution eligieuse. Voyons ensemble les difféents concets élaboés a la science olitique médiévale emettant de légitime le ouvoi oyal. assage, n oublions as que l histoie de la ensée eut s inscie dans l histoie tout cout, dans le sens où de nombeux enseus étaient des défenseus de la cause oyale chechant a leus écits à accoîte leu estige. Du côté du ouvoi oyal, le ince utilisait ces nouvelles théoies ou défende sa cause, d où la eise de cetains de ces thèmes a la oagande oyale. Section 1 a oyauté 1 Un oi divin Pou légitime de façon lus etinente le ouvoi oyal, on constuit un modèle de oi afait qui seait l incanation su Tee de la volonté divine. Dans ce cas, «ce qui laisait à un tel ince avait foce de loi, ca il ne ouvait vouloi quelque chose qui ne fût as aisonnable ni utile. Sa volonté discétionnaie était sans limites, ca on avait leine confiance qu elle ne seait utilisée que ou le bien commun. S il cessait d en ête ainsi, il n était lus oi dans le vai sens du mot» 1. e oi se touve ainsi idéalisé, encensé, on va même jusqu à lui ête des ouvois sunatuels. En olongeant cette tadition, le ouvoi oyal enfoce son assise et devient l agent léniotentiaie de la uissance divine. Il aaaît donc évident que la souveaineté oyale se fonde su la notion de divinité. Ainsi «en Fance, l identification ente le ince afait et les successeus de saint ouis (1226-1270) était une comosante essentielle du ciment avec lequel les oagandistes oyaux et les édicateus s effocèent d unifie la nation fançaise naissante» 2. Plus tadivement, Philie le Bel va amlifie cette exaltation de la sainteté oyale, en disant sa suéioité a aot aux lois humaines, mais en esectant tout de même, l égalité, la justice et l équité. ette aologie atteinda son aoxysme, losque les légistes de ce même oi, comaeont la nation fançaise à la nouvelle ace d Isaël, à la nation choisie de Dieu. autoité oyale étant suffisamment établie, hales V (1364-1380) oua se emette de evendique un «ode eligieux de oyauté», sans cainde les foudes d une aauté affaiblie. 2 indéendance juidictionnelle du oi Paallèlement à la célébation de la divinité oyale, se déloie la notion de esonne ublique du ince s insiant du doit omain. e ince devient l emeeu omain éincané. Selon Jean 1 DUNBABIN J.,1993,. 461. 2 Id.,. 461. 13

es oblèmes monétaies au oyen Âge Dunbabin, cette manœuve oliticienne des avocats oyaux débouche su une doctine modene de la souveaineté qui se éduit à deux incies juidiques essentiels 1 : Il n existe as de doit d ael au-delà du oi ; Dans le oyaume, esonne ne eut conteste légitimement le ouvoi temoel du ince. Jean Dunbabin, date l affimation de cette théoie à 1202, avec le décet aal, Pe Veneabilem, qui donne étexte aux hommes du ince de oclame l indéendance juidictionnelle du oi de Fance, et de efuse la taxation du clegé national a la aauté. omme toujous la fome la lus aboutie de ce anégyique oyal, en evient à Philie le Bel en 1297 : «e gouvenement du temoel de son oyaume aatient au seul oi et à esonne d aute. En ce qui concene l administation temoelle du oyaume, il ne econnaît et il n a esonne comme suéieu, et il n a as l intention de se subodonne ni de se soumette de quelque façon que ce soit à quelque homme vivant que ce soit» 2. Donc en synthétisant, il existe deux affimations concomitantes de la oyauté : Déveloement de la figue emblématique du oi afait comme eésentant du divin su Tee. Indéendance juidictionnelle du oi. Un doit oyal qui s imose au ae, à l emeeu et aux ducs. Dans son oyaume, le oi est seul maîte. a éflexion su la esonne du oi est cuciale mais elle n est as tout. etains enseus ont oussé lus loin leu analyse, en essayant d élagi la notion de ouvoi oyal, mais dans ce cas elle ed en claté ce qu elle gagne en éalisme. autoité oyale end alos une aute fome, elle ne se éduit lus simlement à la esonne du oi, mais tient comte des conseilles qui l entoue, de l administation oyale et du cous juidique qui se constitue. Bef, on end conscience que la oyauté est un bien commun, n aatenant as seulement au oi, mais aussi et sutout à son eule. e oi devient donc un élément du ouvoi oyal qui lentement s institutionnalise, se cistallise dans une fome étatique de lus en lus élaboée et affimée. e oi n est lus le vicaie de Dieu, sû de son bon doit et de ses éogatives, il est le esonnage cucial de l État, mais devant ende des comtes à la «couonne», au conseil, à la loi et à la coutume. Section 2 a couonne Selon Dunbabin, la «couonne» est initialement une abstaction qui ovient de la distinction ente les tees aatenant en oe au oi et celle du fisc, et «finit a inclue tous les doits et ouvois oyaux qui étaient héités et devaient ête tansmis intacts à la généation suivante» 3. e oi se touve donc containt de mainteni l intégité de la «couonne», c est-à-die qu au delà de son ouvoi absolu il sea jugé selon un incie suéieu aelé «couonne». autoité oyale bien qu ayant un ouvoi immense, se voit asteinte comme tous ses sujets à des devois. Pa l élaboation du concet de «couonne», le ouvoi oyal n est lus contingent à la esonnalité du oi, il s autonomise, il se dote en quelque sote d une esonnalité juidique déassant les questions de esonnes. a «couonne» a sa emanence temoelle devient le suot du ouvoi, comme l État devienda le suot du ouvoi démocatique. a «couonne» faisant éféence à une totalité lus gande que celle de la esonne du oi, atteint un degé de légitimité bien lus abouti. «Pace que la «couonne» eximait le caactèe duable de la monachie, elle fut associée au oyaume considéée comme un tout dans la fomule coona egni, d usage commun au XII e siècle. ette association conféait à la couonne une uissance émotive lus gande que celle de la luat des ois, considéés individuellement» 4. Juidiquement la «couonne» est un ensemble de doits inaliénables qui a sa tanscendance suéieue eut s imose «à l enconte de la folle libéalité du oi lui-même» 5. itons l exemle histoique fançais ou étaye cette thèse. début du XV e siècle, a la décision de Jean de Tee Rouge, les ois ne sont lus que les usufuities des oiétés de la couonne, «avec des doits su elles beaucou lus éduits que ceux des héities odinaies su 1 Id.,. 462-463. 2 DUPUY Piee, 1655, Histoie du difféent d ente le ae Boniface VIII et Philie le Bel, Pais,. 27-28 ; 1963, éim., Tucson, Aizona ; cité a DUNBABIN J., 1993,. 463. 3 DUNBABIN J.,1993,. 471. 4 Id.,. 471. 5 Id.,. 472. 14

es oblèmes monétaies au oyen Âge l héitage atimonial» 1. Poutant dans la atique le oi gadait une gande libeté d action, et il n existait as de éel conte ouvoi à son hégémonie. a «couonne» moins qu une éalité est lus une déclaation d intentions inscite dans des lois fondamentales. Il fauda attende une déclaation du Palement en 1489, ou que le oi soit soumis à son autoité. Section 3 e conseil Pa ce second concet qui découle d ailleus du emie, on élagit encoe la notion de ouvoi oyal. e oi et ses conseilles foment le cos diigeant, ca le caactèe ublic de l autoité oyale exige le conseil à toutes les étaes de ise de décision. Pa le conseil, le oi eut agi coectement. Deux ossibilités d inteétation : soit un conseil qui s inscit dans un ôle uement consultatif, la décision ultime en evenant au oi, soit un conseil qui gouvene éellement et dont la olitique doit ête soumise au contôle des eésentants du eule. En d autes temes, soit un conseil consultatif, soit un conseil exécutif lus ou moins contôlé a les foces olitiques en ésence. Dans le emie cas, le conseil est simlement un outil de oagande du oi qui faisait semblant de se lie aux oositions de son conseil. Donc lus un effet d annonce et un esect des fomes qu une olitique gouvenementale atagée. Ainsi on ouvait die de hales le Téméaie de Bougogne (1467-1477) qu «il écoutait volonties les délibéations de ses conseilles, mais qu aès avoi tout écouté, il suivait son oinion, qui était habituellement contaie à ce qui avait été conseillé» 2. Dans le deuxième cas, le ouvoi exécutif du conseil est éellement imotant et il est nécessaie d affime un conte ouvoi ublic ou évite les abus. ette fome de gouvenement était la fome ves laquelle l évolution histoique tendait. Avec la comlexification de la ise de décision, le oi se devait d ête conseillé ou faie un choix éclaié, mais tout déendait de la qualité de ces éminences gises dont l influence su le ince était non négligeable. On se méfiait de ces hommes de l ombe, agissants dans les cabinets feutés du oi à l abi des egads ; hommes secets fomentant bien natuellement des comlots à l enconte du «bon eule» fançais. Toute une tadition naïve eosait su l oosition ente un ince bon a natue, et les sbies du conseil qui l éloignait de son eule 3. a fusion esque chanelle ente le oi et le eule se dissolvait a l action maligne des atis. D où un discous écuent des enseus du oyen Âge ou contôle ces conseilles dont déendait l essentielle de la olitique oyale. auteu du Song of ewes 4, qui considéait les mauvais conseilles comme des ennemis du oyaume, justifiait l imosition d un conseil des baons à Heni III (1216-1272) de la manièe suivante : «Puisque le gouvenement du oyaume est sécuité ou uine ou tous, il imote de savoi à qui est confiée la gade du oyaume ; comme su la me, tout est confusion si des fous sont aux commandes» 5. imeachment, mis au oint a le Bon Palement anglais en 1376, emet à ce denie de juge et uni les seviteus du oi nuisible à la oyauté. Donc une olitique oyale temoaiement mise sous la tutelle du veto alementaie. «En Fance, les États généaux de 1356 exigèent lus que les ouvois que le Bon Palement obtint, deux décennies lus tad. ais l échec d Étienne acel et de Robet e oq aboutit à l absence de moyens institutionnels ou soumette les choix du oi à un examen ublic» 6. ette exaséation oulaie à l enconte de ces conseilles se concétise aès le décès de Philie le Bel a leu mise à mot. Plus généalement, avec le ecul histoique, on se end comte que l affimation d un conseil oyal s inscit dans un vaste lan d autonomisation des stuctues du 1 Id.,. 472. 2 VAUGHAN, 1975,. 79. 3 Beaucou lus tadivement, duant l Ancien Régime, cette hostilité initiale du eule enves le conseil, se olongea dans celle de l État, qui devint une containte tatillonne avec l imôt. Toujous un a ioi favoable ou le oi en éféence à son essence quasi divine, et un État qui au quotidien cheche à nome cette société en établissant l imôt obligatoie. «Roidonneu, magnifique ; État-eneu, fiscal : coule ambigu mais dissocié dans les consciences oulaies. Roi lointain, dans l imaginaie, homme du denie ecous ; État emanent, ésent, enant a containte» (GUÉRY Alain, 1984, «e oi déensie», Annales ES,. 1258). 4 Song of ewes, 1890, l. 809-812, éd. Kingsfod. 5 DUNBABIN J., 1993,. 475. 6 Id.,. 475. 15

es oblèmes monétaies au oyen Âge ouvoi à l égad du oi, c est-à-die que la «couonne» et le conseil aaaissent comme les écuseus d un État émegeant à ati de la monachie oyale. a sueosition en la esonne du oi, du ouvoi olitique et de la stuctue olitique (l État comme suot d exession de ce ouvoi olitique), ne eut lus se olonge indéfiniment à cause de la comlexification de la société. Il devient nécessaie d avoi une administation et des exets, ou aide un homme de moins en moins ate à gée seul des oblèmes de lus en lus nombeux et difficiles. Peu à eu une distinction s établit ente le oi et l État (ou ses fomes antéieues), ce denie emiétant su le ouvoi oyal, jusqu'à devenu suffisamment uissant et incontounable elègue le oi à un u tite honoifique, ésidu d un ouvoi assé déchu. État n est lus le oi, il est le seviteu d un ouvoi olitique eésentatif de nouveaux aots sociaux. e oi, seigneu des seigneus, figue emblématique d une société de cou, ne eut lus étende eésente une société qui fonctionne avec les nouvelles foces sociales de la bougeoisie. e oi est devenu un esonnage obsolète, il ne eésente lus les foces vives de la nation, il est de to, on eut alos lui coue la tête. final, un conseil citiqué, mais devenant de lus en lus nécessaie. Un oi vicaie de Dieu, mais qui en définitive s auie de lus en lus su les institutions temoelles a éalisme et efficacité olitique. Passage d une monachie absolue, d essence quasi divine, à une monachie lus «humaine» et a là même affaiblie. omme le aelle Dunbabin en citant le Song of ewes : «a monachie illimitée était la éogative de Dieu seul : les motels avaient besoin d aide ou ote leu fadeau» 1. Section 4 a loi ême les lus adents oyalistes considèent le oi comme lié à la loi divine et natuelle, mais aussi à la loi humaine si celle-ci écise les écetes de cette loi divine et natuelle, et enfin il doit se soumette à la loi ositive si cette denièe est au sevice du bien commun. Donc une loi qui s imose au souveain si elle fait éféence à cette totalité qui est Dieu, ou autement dit une légitimité législative d oigine divine. e coollaie de ce incie : «Un oi qui s écatait de la loi divine edait automatiquement l obédience de ses sujets» 2. Donc une métique divine qui s imose à tous y comis au monaque. Pou autant, une fois osé le incie de la loi natuelle, ien n est ésolu, ca les inteétations de ce concet sont multiles. es limites qu imose la loi natuelle à l autoité du ince sont floues, mais le incie généal à esecte, c est de mainteni et favoise le bien ublic extaolation de la loi divine. Pou écise l analyse, on objective la loi de Dieu en un bien commun, dont le contenu est lus olitique et économique, que hilosohique ou éthique. Il y a objectivation du bien ublic dans le sens, où la subodination de l autoité séculièe à la loi natuelle doit ête guidée a la aison. Donc une double objectivation de la loi : emièement, a une tansfomation de la loi natuelle en un bien ublic qui est un objectif à atteinde, ayant des caactéistiques qui euvent change en fonction des intéêts du moment ; et deuxièmement, un esect de cette loi qui doit ête guidé a la aison. Une loi qui n est donc lus entièement à la discétion du ouvoi oyal, mais au sevice du bien ublic, c est-à-die de la communauté. e oi se touve containt a la loi, émanation d une totalité lus gande, ce qui signifie que le ouvoi oyal s autonomise a aot à la contingence du ince. e oi devient un élément du ouvoi oyal, et c est ou cette aison que la loi émanation de la volonté communautaie eut lui ête imosée. eendant, le oi est toujous investi de ouvois considéables, mais il existe des limites à ne as déasse. omme nous le disions écédemment, le monaque voit son ouvoi ciconscit, ca on lui econnaît des limites, a conséquent, la communauté totalité lus gande est lus ès du vai. Ainsi selon l auteu du Song of ewes, «la loi c est ce que veut le oi ; mais la véité est tout aute, ca la loi demeue, mais le oi tombe» 3. Oesme considèe que le ouvoi législatif éside dans le eule, ca il est le seul à ouvoi juge du bien commun. Selon Fotescue : «les statuts de l Angletee sont faits non a la seule volonté du ince, mais aussi a le consentement de tout le oyaume, de sote qu ils ne uissent ête dommageables ou le eule, ni manque de lui ête 1 Song of ewes, 1890, l. 641-654, éd. Kingsfod. 2 DUNBABIN J., 1993,. 477. 3 Song of ewes, l. 871-873. 16

es oblèmes monétaies au oyen Âge avantageux» 1. Une fome abstaite du esect des lois a l autoité séculièe, fut donnée en 1308 losque le oi Edouad II (Roi d Angletee de 1307 à 1327) dû jue devant ses baons los de son couonnement, de mainteni «les leys et les custumes doitueles les quiels la communaute de voste oiaume aua esleu» 2. 1 Volonté et affimation du ouvoi olitique A a synthèse du doit omain, chétien et gemanique : la double natue de la loi Ves la fin du XII e siècle, les canonistes céèent le concet juidique fondamental de ius ositivum, ou doit ositif, qui coesond à la loi omulguée a le législateu humain. Dans ce cas, quelles sont les limites d action de ce législateu a aot au doit ositif déjà constitué? e doit omain oose des éonses contadictoies à cette question. e ode de Justinien (emeeu byzantin : 527-565) défend la thèse d un monaque au ouvoi limité, devant esecte le système juidique écédemment constitué : «bien que l emeeu fût la souce de la loi, il devait se conduie selon la loi» 3. Invesement, dans le Digeste 4, le juiste omain Ulien (mot en 228) défend la thèse d un monaque au ouvoi absolu : «ce qui laît au ince a foce de loi». Dans un aute texte : «le ince n est as lié a la loi» 5. Selon K. Pennington, les juistes devaient s asteinde à la ésolution de deux oblèmes ou embasse ces oositions contadictoies : Défini, les souces et la fonction de la loi dans la société. Synthétise la ensée omaine, chétienne et gemanique 6. ette tension, ente légitimité divine du ince dans la ensée chétienne et la hilosohie classique, et légitimité a consentement des sujets dans la ensée gemanique, fut ésolu a la distinction du «cos ivé du oi, qui était soumis à la loi, et son cos ublic qui ne l était as» 7. ette solution fut mise en évidence a Enst Kantoowicz, dans son ouvage : es deux cos du oi. e coollaie du double cos du oi fut la double définition de la loi : le doit gemanique insistait su son intangibilité a aot à la volonté du ince, alos que le doit classique insistait su sa elativité a aot à la volonté du ince. Dans le emie cas, une loi qui s imose à la volonté incièe, dans le deuxième cas une volonté du ince qui s imose à la loi ca elle a foce de loi. égitimité législative dans l immanence oulaie ou le doit gemain, légitimité dans la tanscendance divine ou le doit chétien et omain. e sont les canonistes du début du XIII e siècle qui «commencèent à comende que la volonté du ince ouvait ête séaée du contenu de la loi» 8. B a volonté du ince comme aison suffisante de la légitimité législative Avec auentius (à Floence : 1200-1248), une étae sulémentaie est fanchie dans l affimation du ouvoi oyal. Il considéait que la volonté du ince était sa aison, il lui était donc ossible de faie des lois iniques. Pace que le ince voulait cette loi, elle ne ouvait ête que aisonnable. aavant, on ne ouvait concevoi une loi valide sans qu elle ne soit nécessaiement aisonnable. Pou auentius, l essence du ince est de ne lus éonde à la aison 9, mais de suive sa volonté. 1 FORTESUE, 1949, éd. himes,. 41. 2 DUNBABIN J., 1993,. 480. 3 Digna vox, od., 1, 14, 4 ; cité a PENNINGTON K., 1993,. 402. 4 Digeste, 1, 4, 1. 5 Digeste, 1, 3, 31. 6 e lus difficile, fut de concilie, la légitimité divine de la oyauté dans la ensée omaine et chétienne, et la légitimité oulaie et baoniale de la oyauté dans la ensée gemanique et féodale. 7 PENNINGTON K., 1993,. 402. 8 Id.,. 403. 9 On eut faie un aallèle avec la chématistique d Aistote. e hilosohe oose l économie domestique à la chématistique l at d acquéi des ichesses. e qui distingue les deux c est le aot à l hybis, c est-à-die la violence en gec. a chématistique est l accumulation sans limite de ichesses, elle excède la mesue, la aison. omme ou le ince, son affimation ne déend que d elle même, sa aison est son oe mouvement accumulatif, elle est donc déaison ca aison sans limite (Voi : STIEGER Babaa, 1993, «Éthique financièe et violence du caitalisme», Revue d économie financièe, n 24, intems,. 303-329). Buno Théet dans un aticle su la souveaineté et la légitimité de la monnaie, olonge cette idée de déaison de la shèe machande et du ince, en faisant une comaaison ente l ode économique et l ode olitique. e emie étant égi a une logique d accumulation de choses et/ou signes eésentatifs de ces choses, et le deuxième, égi a une logique d accumulation de ouvoi su les hommes (THÉRET Buno, 1995, «Souveaineté et 17

es oblèmes monétaies au oyen Âge autoité législative eose alos uniquement su la volonté du ince, et donc «le ince ou l État ouvait exece le ouvoi «déaisonnablement» mais légalement» 1. et excès d abitaie, auentius le ejette en suivant le doit gemanique qui exige le esect de la volonté oulaie. ais ses oos sûement sincèes, manquent de etinence logique a aot à la cohéence de la théoie législative de la volonté du ince comme foce de loi. ette limitation de l abitaie incie, aaaît comme ajoutée, elle ne eut donc étende, tout au lus, qu à un discous d intentions. e ôle de la volonté e doit du XIV e et XV e siècle, détemine la loi en fonction de la volonté du diigeant ou du eule. a volonté devient l élément déteminant de la loi ositive. a eésentation la lus achevée de ce incie, est le modèle du ince séculie, dont la volonté devient souveaine et donc non oosable. ette affimation de la souveaineté du ince, est un olongement de la lenitudo otestatis 2, qui s affiche dans la maxime classique du bas oyen Âge : in incie o atione voluntas 3. Ainsi, chez le ince les deux souces de la loi la aison et la volonté sont fusionnées. a volonté du ince tient lieu de aison, et sa aison tient lieu de volonté. a volonté du ince devient la cause suffisante, elle s auto-justifie, elle est donc le incie fondateu de la souveaineté absolue. Ainsi ou Baldus (1327 env.-1400) : «la lénitude de ouvoi est ceendant une lénitude de volonté, qui n est soumise à aucune nécessité et n est limitée a aucune ègle du doit ublic» 4. ême dans les cas douteux, on ésumait que ce que voulait le ince était juste. a seule limite à cet absolutisme, était l obligation ou le ince de justifie ses choix en ce qui concene la nome suéieue. Il ouvait la modifie, mais une exigence de justification s imosait à sa volonté, alos que ou les lois ositives, sa volonté tenait lieu de justification. 2 es limites de la souveaineté A e ôle des nomes fondamentales oyen Âge, il existe un ésuosé essentiel qui est le eligieux. e aadigme de ensé est chétien, donc la loi ositive se mesue à l aune de la loi divine. «Ainsi, dans tous les écits juidiques, la loi divine, la loi natuelle et le ius gentium 5 founissaient les citiques nécessaies ou évalue la loi humaine ositive» 6. e ince est lié à la loi humaine, ca elle est considéée comme une fome de la loi natuelle. a loi humaine est une alication de la loi natuelle a l entemise de la aison. omme le ince est suosé ête un individu aisonnable, il doit donc obéi à la aison et a conséquent à la loi natuelle. Pou autant, le ince a une cetaine mage de manœuve, vis à vis de la loi humaine et de la loi divine. Selon Baldus, en ce qui concene la loi humaine : «le ouvoi suême et absolu du ince n est as soumis à la loi ; a conséquent, cette loi s alique à son ouvoi odinaie, non à son ouvoi absolu» 7. Pou la loi divine, le aot au ince n est as aussi uste et hégémonique que l on voudait bien le coie. e ince avait toujous la ossibilité de déoge aux imositions de la loi divine, ca il lui était ossible d inteéte souveainement cette loi dans des cas aticulies. Pa l excetion, le souveain ne otait oint atteinte à la nome, les aaences étaient sauves : c était l essentiel! On eut classiquement cite la distinction éalisée ente l intediction inaliénable de tue son ochain, et la légitimité de la eine caitale. légitimité de la monnaie. onnaie et imôt» dans AGIETTA ichel et ORÉAN Andé, éd., Souveaineté et légitimité de la monnaie, coll. Des «ahies Finance, Éthique, onfiance», A.E.F./.R.E.A.,. 71-81). 1 Id.,. 404. 2 a lenitudo otestatis définie au cous du XII e siècle, caactéise l autoité du ae su l Église. Pou les légistes classiques et médiévaux, la lénitude de ouvoi du ae est conféée a le eule, alos que ou les canonistes, l autoité aale est conféée a Dieu. Plus tadivement, la lenitudo otestatis décivit l autoité monachique ou ecclésiastique. Toujous endant le XII e siècle, émege une exession similaie mais difféente dans son usage juidique : lena otestas, lein ouvoi. Elle définit, «la concession d une autoité sans estiction à l intéieu des disositions sécifiques d un mandat faite à un ocueu ou à un eésentant» (PENNINGTON K., 1993,. 409). 3 hez le ince, la volonté tient lieu de aison. 4 BADUS, 1498, ommentaia sue I-V libis codicis, ad. 3, 34, 2, f 190v ; cité a ANNING J. P., 1993b,. 429. 5 e doit des gens. 6 ANNING J. P., 1993b,. 429. 7 BADUS, 1498, ommentaia sue I-V libis codicis, ad. 1, 14, 4, f 50-v ; cité a ANNING J. P., 1993b,. 429. 18

es oblèmes monétaies au oyen Âge B e ae et l état de l Église ême les lus fevents défenseus du ae, econnaissaient que son ouvoi était limité a le status eclessiae, c est-à-die l état de l Église, et admettaient que le ae uisse se tome. omme ou les inces séculies, avec leus coutumes et lois, l autoité du ae se voyait limitée a un ensemble de données constitutionnelles. En denie ecous, le ae ouvait ête jugé a l autoité de l Église entièe, sous la fome de «l assemblée des fidèles» ou un concile généal. e ôle de la coutume féodale Une étae imotante dans la science juidique médiévale fut l ouvage de Gatien au milieu du XII e siècle, aelé le Decetum (achevé ves 1140). auteu y assemblait lusieus textes et sutout les commentait. Selon Gatien, il existe deux souces à la loi humaine : la loi natuelle et la coutume. À ceci, s ajoute une vision hiéachique de la loi : la loi divine et natuelle est suéieue à la loi humaine. ette concetion de la loi était couante dans la ensée juidique du XII e siècle. ette scission ente loi et coutume est oblématique, et les civilistes du XII e siècle chechèent à détemine qu elles étaient les limites de l abogation de la loi a la coutume. début du XII e siècle, selon Ineius (mot en 1130), une coutume qui n était as en contadiction avec la aison et la loi, ne devait as ête abogée, invesement, la coutume ne ouvait jamais aboge la loi. début du XIII e siècle avec Azon (à Floence 1198-1230), éclôt une concetion lus soule des aots ente loi et coutume. Pou ce légiste, «une coutume écédant une loi qui lui était contaie était invalide, mais une coutume qui aaaissait aès l établissement d une loi ouvait aboge la loi écite» 1. Ainsi, ou la gande majoité des civilistes, la loi ouvait se défini de la façon suivante : «Ils définissaient la loi comme étant la volonté du ince, omulguée ou des aisons justes et nécessaies, et modéée a la coutume qui ouvait eésente la volonté du eule» 2. a coutume féodale était encoe ofondément enacinée aès l abandon du système féodal. Plus que les eliques d un assé évolu, «les juistes du oyen Âge tadif estimaient aussi que la coutume féodale ossédait a équivalence le même caactèe nomatif fondamental» 3 que les autes lois. Pou Baldus, la coutume faisait atie de la nome suéieue, ca elle coesondait à une évélation quotidienne de la loi natuelle. On disait que la coutume était une seconde natue. a coutume comme seconde natue constituait ainsi une nome éthique fondamentale, limitant la souveaineté du ince. En conclusion, selon J. P. anning : «a coutume féodale jouait ainsi son ôle de otection des doits du sujet conte les caices du diigeant» 4. Dans la atique, en cas d ael ovenant d une égion de Fance, le Palement devait juge selon la coutume locale et non as selon les lois fançaises. Donc un oi soumis atiellement à la coutume. omme nous le disions initialement, l État du oyen Âge ne détient as un ouvoi hégémonique, sa souveaineté s oose à d autes souveainetés et aticulièement à celle des gands feudataies. a coutume indique donc les limites d un conflit, ente ouvoi oyal qui s affime et duchés qui veulent conseve leus éogatives, leu indéendance, et notamment en imosant leus coutumes à ce oi si envahissant. a coutume est a conséquent le fuit d un aot de foces. Ainsi la statégie classique des ducs anglais de Gascogne ou des comtes d Amagnac de la fin du XIV e siècle, étaient de se évaloi d une antéioité histoique suéieue à celle du oyaume de Fance, et donc de efuse cette subodination oyale. et état de fait ne ouvait alle sans heuts. Ainsi selon Dunbabin : «e oi de Fance estimait que la souveaineté de ses baons était ciconscite a la sienne et qu elle n était légitime que dans la mesue où lui-même décidait qu elle était telle. Pa conte, les gands seigneus estimaient que leus ouvois étaient définis a doit d héitage et coutume familiale. En atique, l issue de tels conflits était décidée a l équilibe des ouvois en Fance. a victoie oyale définitive fut longtems etadée» 5. ette intevention oyale se caactéise a une exigence de mise en écit de la coutume faisant ede ainsi sa sécificité et sa soulesse. a coutume, comme les incies de l Église, deviennent des sous-ensembles de la stuctue législative, constuite a le ouvoi oyal ou accoîte son autoité. e oi va encoe lus loin en Fance, losqu à la fin du XIII e siècle, il s aoge le doit de 1 PENNINGTON K., 1993,. 401. 2 Id.,. 401. 3 ANNING J. P., 1993b,. 435. 4 Id.,. 435. 5 Id.,. 483. 19

es oblèmes monétaies au oyen Âge change la «mauvaise» coutume. Qu entend-il a-là? On ne sait guèe, l essentiel c est que l inteétation este à la discétion du oi. D es doits de la communauté e ouvoi absolu du ince était aussi limité dans un aute domaine, celui des doits fondamentaux de la communauté. On considéait le ôle du oi ou de l emeeu comme une chage avec comme fonction sécifique, la ésevation de l emie ou du oyaume. est la théoie de l inaliénabilité des doits fondamentaux de la communauté et lus aticulièement, ceux du oyaume et de la couonne. e sacement, institue l obligation au oi d ête le tuteu du oyaume. Selon cette doctine, le oi ne ouvait aliéne les doits attachés à sa fonction. Ainsi, le ae Honoius III (1216-1227) déclaa «dans sa décétale Intellecto, que le oi de Hongie ne ouvait as océde à des aliénations éjudiciables à son oyaume et à l enconte de l honneu de sa couonne, même s il avait fait auaavant sement de le faie. Honoius signalait que le oi avait aussi jué de éseve les doits de son oyaume et l honneu de sa couonne» 1. e oi est gadien de son oyaume avant d en ête le seigneu. E a oiété ivée es juistes considéaient que les doits de oiété ivée des sujets ovenaient de la loi natuelle ou du ius gentium, et donc, le ince ne ouvait légitimement emiéte su des doits de oiété qui ne déendaient as de sa souveaineté. 3 Théoie juidique de la souveaineté teitoiale Une théoie juidique de la souveaineté qui a déjà une longue tadition, emontant aux éflexions emièes de la fin du XII e siècle et déveloée duant tout le XIII e siècle a les civilistes et canonistes, et se concétisant dans les maximes suivantes : «un oi souveain ne econnaît as de suéieu en matièe temoelle» et «le oi est emeeu dans son oyaume». À ati de la fin du XIII e siècle, s affontent deux théoies su le statut du oi a aot à l emeeu : a emièe nie la souveaineté de l emeeu su l emie, ou y substitue une multitude de teitoies souveains. est l affimation des monachies teitoialement souveaines. ette analyse se justifiait a aot à une fable de l histoie olitique, qui considéait qu au commencement du monde, aau simultanément la ace humaine et le ius gentium. Une fois établi ce incie fondateu, émegea de ce ius gentium imitif les oyaumes natuels. Pa conséquent, l emie omain n étant qu une constuction militaie, ne ouvait étende à un doit natuel comme les oyaumes oiginaies du ius gentium. Il n était qu un ouvoi de facto, d où une souveaineté atificielle, et non as natuelle. Ainsi l émiettement et le étécissement géogahique de l emie était un mouvement louable, ca etou au doit oiginel des oyaumes emies du ius gentium. ette concetion du ouvoi aaue essentiellement chez les juistes naolitains 2, notamment ainus da aamanico (mot en 1288), Andeas de Isenia (mot en 1316), et le onsilium 69 de Oldadus da Ponte (mot en 1135). a deuxième théoie celle des commentateus fançais et italiens est le contaie de la écédente. Pou ce couant de ensée, l emeeu avec son tite de dominus mundi 3, ossédait de doit, une souveaineté univeselle inoosable. es auteus invesaient donc le aisonnement écédemment cité, en exliquant que les ois détenaient un ouvoi de facto a aot à l emeeu qui détenait un ouvoi de iue. Poutant dans la éalité histoique, on ne ouvait nie le fait qu émegeaient des souveainetés teitoiales. Baldus a essayé de teni comte de cette éalité en déveloant une théoie de la hiéachie des souveainetés, ce qui à emièe vue eut aaîte antinomique, uisque a définition une souveaineté est lénitude de ouvoi. Ainsi à côté de la souveaineté de iue de l emeeu, ouvait existe une véitable souveaineté de facto des ois. e ouvoi de facto, n était lus un simle ouvoi abitaie, il détenait une cetaine légitimité. ette subtile inflexion su l analyse de la souveaineté des ois 1 PENNINGTON K., 1993,. 413. 2 école naolitaine des juistes a contibué au déveloement de la théoie monachique. «Ses concetions eflétaient les étentions des ois de Sicile à l indéendance a aot à l emie ette école avait une tadition qui lui était oe, mais elle se fondit de lus en lus dans celle des commentateus» (ANNING J. P., 1993a,. 338). 3 Seigneu du monde. 20

es oblèmes monétaies au oyen Âge eosait su le concet de coutume découlant du ius gentium. Ainsi Baldus, bien qu admettant l emie univesel, econnaissait qu il ût existe dans l emie des intestices teitoiaux, avec une coutume nationale, et un eule qui ouvait libement choisi son monaque gâce à la nome suéieue du ius gentium. On eut mette un deuxième bémol à la théoie de l emeeu comme dominus mundi, avec les aes qui admient à ati de la décétale Pe veneabilem de 1202, un emie omain teitoialement limité. Pa la suite, des ésugences soadiques de l ancienne concetion de l emeeu éaaaîtont, avec Benad de Pame ou le ae Boniface VIII, mais l affimation juidique du ouvoi oyal était élaboée et généalement accetée dès le début du XIII e siècle. 4 a théoie cooative comme modèle de eésentation sociale et olitique Pou J. P. anning, «les juistes du XIV e siècle allèent outant au-delà des théoies su la souveaineté teitoiale : a leu alication de la théoie cooative aux cités et aux oyaumes indéendants, ils contibuèent d une façon majeue et caactéistique au déveloement de la concetion de l État teitoial lui-même. a théoie cooative leu emit de défini avec lus de écision la natue de ces entités teitoiales et d exloe la stuctue de leu gouvenement» 1. ais au éalable décivons l émegence de la notion d univesitas ou cooation aux XII e et XIII e siècles. A es cooations aux XII e et XIII e siècles omme nous l avions exliqué au début du chaite, chaque esonne ouvait aateni à difféents goues. Existait donc au sein de l Euoe chétienne, difféents niveaux de socialisation, qui exigeaient une claification juidique de leus aots. Pou K. Pennington, «la tendance natuelle des gens de cette éoque à s oganise collectivement conduisit à une évolution imotante du doit. es juistes décivient les aots à l intéieu de ces goues, aticulièement ente la tête d une communauté et ses membes, mais aussi ente les goues et avec l autoité centale» 2. e concet cental de cette analyse juidique des goues sociaux, fut la cooation ou univesitas. Univesitas, ovient du doit omain classique et désigne «des associations de esonnes dans le domaine du doit ublic comme du doit ivé» 3. Plus écisément, dans l Église, chaque univesitas était dotée d une esonnalité juidique, eflet de son histoie et des aticulaités locales. Donc, les cooations définissaient un cade juidique, lage et soule d emloi. En définitive, ou comende la ensée olitique du XII e et XIII e siècle, il est nécessaie de saisi le mode de gouvenement des cooations et leu mode de eésentation auès d autes cooations dans le cade de tansactions commeciales, et sutout auès du ince ou défende ses intéêts et «faie entende sa voix». intéêt de la théoie cooative est d ête alicable à des goues dives, aussi bien ecclésiastiques que séculies. Elle éond à la logique du contat gemanique ente un diigeant et son eule, mais ouvait aussi se concevoi ou des aots ente l évêque et son chaite de chanoines, ou bien ente un oi et son oyaume. ette théoie s est essentiellement déveloée dans l Église ou ensuite ête aliquée aux oyaumes séculies. Elle était l instument emblématique d un gouvenement constitutionnel et limité, econnaissant l autoité de la «tête», tout en ésevant les doits de ses membes. a théoie cooative est le endant des théoies énegiques des juistes su les gouvenements monachiques. es doits des membes de la cooation étant econnus, il était tout de même nécessaie ou agi, de emette ente les mains du diigeant, des ouvois fots mais esectueux de la communauté. D où l imotance de la délégation du ouvoi dans la cooation, qui était le nœud cental des aots ente membes de la cooation et leu eésentant. Dès le début du XIII e siècle en ce qui concene le doit canonique, a incie, l évêque et le chaite eésentait l église, mais on admettait qu elle uisse ête eésentée a un délégué, ouvant ête nommé, ocueu, syndic ou avocat, et qui a l oéation de délégation était doté de la lena otestas 4 ou de la genealis et libea administatio 5. Pa 1 ANNING J. P., 1993b,. 446. 2 PENNINGTON K., 1993,. 417-418. 3 Id.,. 418. 4 Plein ouvoi. 5 Administation généale et sans estiction. 21

es oblèmes monétaies au oyen Âge ce ouvoi, la communauté se touvait liée aux actes de son eésentant. Invesement, le délégué ne devait as soti des limites de son mandat et éogatives, et ne devait as agi au détiment de la communauté qu il eésentait. B Théoie cooative et État teitoial Poutant cette théoie n est as suffisante à l élaboation d un État, ca ou les glossateus 1, la cooation s identifiait à ses membes 2. Elle était contingente à la communauté humaine qui la fondait. Il faut attende l analyse des ostglossateus ou commentateus 3, ou que la cité et le oyaume soient considéés comme une cooation comosée de membes et en même tems unité abstaite. On eut touve cette idée de cooation comme entité abstaite à ati d Innocent IV (1243-1254). Plus écisément, chez les glossateus, les hommes étaient de véitables individus considéés indéendamment les uns des autes, alos que chez les commentateus, les hommes faisaient atie de la cooation, ils étaient unis à cet ensemble. hez les glossateus, analyse en teme d hommes isolés, chez les commentateus, analyse en teme d hommes «incooés». e qui est novateu dans la théoie des commentateus, c est la distinction effectuée ente oyaume souveain et ses membes. ette abstaction est cuciale à l émegence de la concetion de l État. Dans cette ensée nouvelle, la cité ou le oyaume était conçu comme une cooation ayant deux caactéistiques iéductibles : elle était la éunion contingente d hommes, ces hommes étant la base concète «d une entité unitaie que seul l intellect ouvait saisi» 4. ette cooation comme abstaction émisse de l État était immotelle et ossédait une esonnalité juidique aelée esona ficta le mot esona désignant une esonne légale. analyse la lus aboutie en evint à Baldus avec la théoie des deux cos du oi. e egnum 5, s identifiait à ses membes, mais en tant que cooation immotelle et abstaite, il se distinguait de ses membes. ette cooation immotelle se concétisait dans une «une fonction ou dignitas 6 oyale abstaite» 7. e oi était donc à la fois une esonne humaine et une esonne abstaite a sa dignitas. ette théoie olitique est l exession emièe et synthétique, d une scission qui aaaît ente le cos olitique contingent, et un État qui institutionnalise le ouvoi olitique exession de la volonté de ce cos olitique. 5 Une institutionnalisation de la loi : le Palement de Pais A Définitions Selon Jean Favie, «Un Palement est au XIII e siècle une session de la ou du oi où les justiciables «alent», au contaie de la hambe des comtes, où l on juge su dossie. e oi juge en sa ou aussi bien en emièe instance qu en ael» 8. e Palement se oclame lui-même : «cou souveaine, caitale, eésentant le oi» 9. B es tois chambes du Palement a ou du oi en alement est une institution emanente deuis envion 1250. Dès le ègne de saint ouis, «le Palement est le tibunal suême de tout le oyaume et les légistes qui s y 1 École, attachée à l étude du doit omain et qui «atteignit sa matuité à la fin du XII e siècle et au début du XIII e siècle avec l œuve du juiste bolonais Azon. Sa Summa odicis (1208-1210) et sa Summa Institutionnum euent une immense influence. De fait, son œuve fut une des souces inciales d Accusius (1191 env.-1263), dont la Glosa odinaia su toutes les aties du ous Iuis ivilis eésenta le sommet des études de toute l école des glossateus et, en qualité de glose juidique, sevit de éféence obligée ou tout le este du oyen Âge» (ANNING J. P., 1993a,. 337). 2 Accusius disait : «a cooation n est ien d aute que les hommes qui en font atie». 3 es débuts de l école des commentateus sont liés au tavail des juistes de l Univesité d Oléans, à la fin du XIII e siècle. Ils aliquèent au doit la «nouvelle logique» d Aistote. e XIV e siècle fut la gande éoque des commentateus. «es juistes écivient des commentaies dans lesquels était aliquée une méthode logique aistotélicienne évoluée ; ils étaient donc l exession juidique d une scolastique avenue à matuité. a caactéistique inciale des commentateus était qu ils chechaient à adate le doit omain à la éalité sociale et olitique contemoaine. Ils étaient donc engagés non seulement dans l étude uement univesitaie du ous Iuis ivilis, mais dans une inteétation oiginale et dans des alications, comme s il s était agi d une loi vivante ou leu éoque» (ANNING J. P., 1993a,. 337). 4 ANNING J. P., 1993b,. 447. 5 e oyaume. 6 Dignité. 7 Id.,. 448. 8 FAVIER J., 1993,. 732. 9 AUBERT F., 1890,. XXII. 22

es oblèmes monétaies au oyen Âge intoduisent en font un uissant instument de centalisation» 1. Elle s installe à Pais, et oganise des sessions annuelles qui au début du XIV e siècle sont éunies dans une session unique de six mois, uis de huit à ati de 1318. Deux commissions sont constituées ves 1290 : elle des equêtes, qui juge de la ecevabilité des causes et des aels. elle des enquêtes, qui étudie les affaies su le fond. Tès vite cette denièe commission est enfocée ou assue la qualité des jugements. XIV e siècle elle devient la hambe des enquêtes. es effectifs de cette commission ne cessent de coîte ; de quate membes en 1291, elle assa à huit en 1307, à cinquante-set en 1336, ou se stabilise à quaante «maîtes» en 1345. On fit la distinction ente les «maîtes clecs» qui s occuent des affaies ecclésiastiques et les «maîtes lais» qui s occuent des autes affaies. unité de l institution est assuée a la Gande hambe, dont l autoité su tous les membes de la ou est incontestée. a Gande hambe est aussi comosée de maîtes clecs et laïques. a océdue juidique a océdue juidique se fixe sous Philie V (1316-1322) : a Gande hambe accete de ecevoi les causes su aot de la hambe des equêtes. a hambe des enquêtes mène alos une instuction, et fome un «jugé». a Gande hambe tansfome ce «jugé» en «aêt». Pou les affaies de sang, et ou les gands esonnages, il n existe as de jugé intemédiaie, la laidoiie s effectuant diectement en la Gande hambe. D e Palement et son ôle de centalisateu juidique -delà de son ôle de cou de justice, à ati de 1337, le Palement enegiste et véifie le bien-fondé juidique des odonnances et de cetaines lettes atentes. «e Palement ne efuse alos d enegiste que les lette jugées subetices ou mal agumentées en doit» 2. En ce qui concene la véification financièe et domaniale de ces mêmes odonnances et lettes atentes, cette attibution en evient à la hambe des comtes. Tès vite le souci d une juisudence cohéente, conduit dès le milieu du XIII e siècle, à la consevation des aêts endus 3. omme le Palement est l émanation d une volonté oyale inoosable, la ou du oi est dans son incie unique. Ainsi tout au long du XIV e et XV e siècle, le Palement avec les Gands Jous, qui sont des délégations temoaies de maîtes envoyées en ovince ou aoche la justice du justiciable, s effoce de nomalise la justice, avec comme intention d évite que les gands fiefs ouvus d une ou ne deviennent des institutions emanentes et concuentes à celle du oi. Tous les Palements nouvellement céés adotent lus ou moins la océdue du Palement de Pais, mais sont dotés d une juisudence fot divese ca eosant su des coutumes difféentes. Tout au long du XIV e et XV e siècles, ou des aisons olitiques et cooatives, le Palement de Pais, mène «un combat de hacèlement conte les éogatives et la souveaineté des Palements qui ne sont as issus de la tansfomation d une ancienne cou indéendante, comme en Nomandie, en Dauhiné et en Povence, ou de la lente émanciation d une délégation aisienne (Toulouse)» 4. ais dans les faits, les nouveaux Palements ne aviendont jamais à ête des eésentants de l intéêt généal au sevice du oi, voie conte le oi. e Palement comme le oi, leus intéêts étant communs, ca du oi «émanait toute justice et les membes du Palement n étaient que ses délégués» 5 ne s est as simlement effocé de lutte conte les coutumes locales ou l émegence d autes Palements, il s est aussi oosé au ouvoi ecclésiastique. Selon Félix bet, l ame du Palement sont «ses aêts sans ael, ame edoutable jamais émoussée dont les cous, même les moindes, font des blessues inguéissables» 6. Église eda ainsi l essentiel de ses éogatives, uisque à ati du début du XIV e siècle, seuls les 1 Id.,. VI. 2 FAVIER J., 1993,. 733. 3 es achives du Palement de Pais, sont l une des inciales souces d histoie médiévale en Euoe, a leu continuité jusqu en 1790 et leu volume : elles contiennent 10 500 egistes et 16 298 catons. 4 Id.,. 733. 5 AUBERT F., 1890,. XI. 6 Id.,. 265. 23

es oblèmes monétaies au oyen Âge tibunaux oyaux auont la cométence ou juge des cimes et délits des clecs. Quant au ecous au Pae, il est imensable ca c est un cime de lèse-majesté. E es cométences du Palement e essot diect du Palement accomagne l extension du domaine oyal. ette emièe instance du Palement concene les causes ésevées a le oi : «causes dans lesquelles il était intéessé, causes de ses officies, causes des villes, communautés, églises, chaites ou esonnes lacées en sa sauvegade» 1. es autes causes ne viennent au Palement qu en ael, aès avoi fanchi tous les degés de juidictions inféieus. e Palement a une action juidique mais aussi administative qui est imotante et fot vaiée : Entetien de la voiie, des monuments ublics, et des fontaines. a olice des ues. Suveillance des hôitaux et des hosices. Réglementation su le commece. e Palement est aussi «le tibunal de commece souveain et incontesté de tout le oyaume» 2. e Palement «aide le emie ésident dans ses fonctions assagèes de chef de la olice, et le ocueu généal quand il tient lieu de évôt de Pais» 3. Gèe le chauffage de la caitale! ontôle les villes et communes, en véifiant leu comtabilité et la levée des imositions. es officies oyaux (baillis, sénéchaux, évôts, bayles, vicomtes, viguies, eceveus) déendent du Palement, et lui endent comte de leu administation et conduite. e Palement contôle et confime les coutumes. Il détient les attibutions d un conseil suéieu de l instuction ublique. Enfin, il définit, cée ou efface, les limites administatives. 1 Id.,. 259. 2 Id.,. 264. 3 Id.,. 264. 24

es oblèmes monétaies au oyen Âge haite III onnaie et affimation du ouvoi oyal Nous avons vu écédemment, qu émege dans la science olitique ainsi que dans les faits, une affimation coissante du ouvoi oyal, qui se taduit a une autonomisation ogessive de son ouvoi vis à vis des baons et de l Église, qui finiont a se soumette bon gé mal gé, à un ouvoi olitique devenu aogant et hégémonique. Tout ne s est as fait sans heuts, loin s en faut! e oi n est as tout, il doit ende comte devant les eésentants du eule, et se touve lié à la «couonne», la loi et la coutume, mais la dynamique est amocée. Dans ce chaite nous allons exloe un aute volet de cette affimation du ouvoi oyal : la monnaie. Nous veons que monnaie et olitique, bien que éondant à des logiques difféentes, sont outant conguents. En effet, une monnaie fiduciaie n existe que dans un esace homogène. O le ôle emie du olitique est de tace des limites, lus concètement, l autoité olitique s élaboe dans un esace délimité a des fontièes. Donc le ouvoi olitique semble le mieux à même, d odonne le chaos monétaie initial, ou foge une monnaie fiduciaie, à la fois exession de sa uissance (on soumet la société à une métique monétaie et teitoiale), et moyen d affime sa uissance. Section 1 Pémisses d une légitimité monétaie teitoiale Pou l Italie, selon Sylvain Pion 1, l année 1140 eut ête ise comme éféence. e oi Roge II (Roi de Sicile, de alabe et des Pouilles de 1112 à 1154), «dote la Sicile d un ensemble juidique insié du ode de Justinien qui affime, notamment, son monoole monétaie, en même tems qu il intoduit, a un «édit teible» de nouvelles ièces onées de son otait, destinées à cicule seules dans son oyaume» 2. De même on eut cite Fédéic Babeousse (Roi de Gemanie de 1152 à 1190), qui accete que les villes d Asti, Gênes et Plaisance faent des monnaies teitoiales. En Fance et en Esagne, dans les années 1170, s oèent «toute une séie de éoganisation visant à consolide des ensembles teitoiaux» 3. Section 2 a fomation de l esace monétaie fançais En eenant les faits histoiques elevés a Sylvain Pion, on eut considée que la volonté de constuie un esace monétaie fançais cohéent, date du ègne de Philie II (1180-1223). En effet, son édécesseu, ouis VII, battait dives tye de monnaies alos que Philie II, institue l émission du seul denie aisis, qui va accomagne l extension du domaine oyal, notamment en s imosant aux villes de la Somme en 1185 et d Aas en 1191. «Dès la emièe décennie du ègne, une zone monétaie cohéente est en voie de constitution dans le nod du oyaume, qui débode déjà du seul domaine oyal et fait ecule l influence du denie flamand» 4. Plus tadivement, en 1204, aès la conquête de la Nomandie, le oi établit la fae du denie tounois qui finit a conquéi tout l Ouest du oyaume. En 1224, avec l affaiblissement du denie ovinois au ai du tounois, ce denie conquiet l est du oyaume. e Sud aussi est envahi a le denie tounois gâce à sa aité simle (un ou deux) avec les denies tolza et melgoien. Donc une influence monétaie qui va en s accoissant, à mesue que la souveaineté des caétiens se enfoce et s étend, et aussi gâce à l utilisation habile des aités ente monnaies. e tounois va deveni le symbole de l affimation du ouvoi oyal des 1 PIRON Sylvain, 1996, «onnaie et majesté oyale dans la Fance du XIV e siècle», Annales HSS, mas-avil, n 2,. 325-354. 2 PIRON S., 1996,. 329. 3 Id.,. 330. 4 Id.,. 331. 25

es oblèmes monétaies au oyen Âge caétiens, et on eut considée que cette ièce symbolise la naissance d une souveaineté monétaie dans un esace oyal en voie d homogénéisation 1, mais déendant encoe de incies féodaux déclinants. En synthétisant on eut die qu il existe deux faits majeus à la fomation d un esace monétaie : héitage d esaces monétaies existants. imôt eximé dans la monnaie oyale 2. 1 es odonnances monétaies oyales 3 À ati de 1260, la olitique monétaie oyale end une dimension lus imotante en s auyant su le «enouveau du ouvoi nomatif oyal» 4 et lus écisément su les odonnances monétaies oyales. De cette manièe, le ouvoi oyal s institutionnalise, et comme nous le disions écédemment, de cette institutionnalisation émegea la notion d État. a monnaie devient donc un élément du cous juidique qui se constuit. es odonnances monétaies oyales ont tois objectifs : a ciculation des esèces. e commece des métaux écieux. a définition du système de comte. Pou autant, comme nous l avions vu avec la loi, le oi ne eut tout faie dans le domaine juidique, ca il se touve assujetti à la loi de Dieu. e bien ublic étant conditionnée a la loi divine et natuelle, la loi du oi doit a conséquent ête au sevice du bien ublic. Pas d échaatoie à cette sevitude ublique. es odonnances monétaies oyales étant un sous-ensemble de la législation oyale, elles doivent donc contibue au déveloement de ce bien ublic. Ainsi chaque odonnance oyale, doit comote une mention qui gaantit le «commun ofit». Dans la théoie, le ince se touve lié, mais aussi dans la atique. Il ne suffit as d odonne ou disose. Bien souvent les odonnances oyales estent lettes motes, à cause des difficultés que enconte le ouvoi ou les alique. À défaut d ête exécutées, ces odonnances sont un fantastique outil de oagande de la oyauté. En effet, ces textes «sont ciés de semaine en semaine su tous les caefous et laces ubliques du oyaume entie» 5. Ainsi, l écat ente théoie et atique ne signifie as que la théoie est sans valeu. contaie, la éétition égulièe des étentions à une autoité suême, fait l aologie de la oyauté et ne eut que la enfoce. 2 idéal d une unité monétaie du oyaume es odonnances, étalées dans le tems, taduisent une volonté constante d établi un étalon monétaie su le teitoie. Donc détemination à oganise une unité monétaie dans une unité olitique. e qu il imote de note, c est l oiginalité d élaboation de cette monnaie nationale. On eut ense a ioi que la monnaie sans ête sticto sensu un bien économique, touve son essence, son utilité, dans la shèe machande. O ce que nous constatons deuis que nous taitons du oblème monétaie, c est qu il aatient lus au domaine juidique qu au domaine économique. e que nous voulons die a-là, c est que l ode monétaie semble se déduie d odonnances, et de mesues législatives. Donc une monnaie nationale, aaaissant lus comme une monnaie juidique 6 que comme une monnaie économique. a légitimité monétaie est donc de l ode du doit, ou lutôt celle qui concene la monnaie nationale. O nous savons que l oéateu du olitique est la loi, donc la monnaie ne eut se éduie comlètement à un bien économique, en elle se touve aussi une caactéistique législative. D où l émegence d une monnaie nationale à ati d une succession de textes législatifs, uisqu elle-même semble en atie aateni à l ode juidique. onnaie et lois 1 itons Jean Favie dans son Dictionnaie de la Fance médiévale ou auye ces oositions : «es ogès de l autoité oyale assuent ceendant, dès le XIII e siècle, la édominance de la inciale monnaie oyale, le tounois. Alos que la fae du denie aisis cesse aès l émission de doubles en 1350, la égion aisienne utilisea toutefois jusqu à la fin du oyen Âge la éféence au denie aisis, qui vaut 5/4 de tounois. Ailleus, le aisis laisse ogessivement la lace au tounois» (FAVIER, 1993,. 651). à où le ince accete que le aisis ait cous, il cicule, ailleus non, tout déend de la volonté du oi, ce que nous voulions démonte. 2 Nous veons en détail, les aots ente monnaie et imôt dans le chaite IV de cette emièe atie,. 34. 3 PIRON S., 1996,. 332-335. 4 Id.,. 332. 5 Id.,. 335. 6 À l éoque caolingienne, on ale d ailleus de jus monetae et moneta ublica. 26

es oblèmes monétaies au oyen Âge sont donc conguents, mais nous n ions as jusqu à affime la synonymie, bien qu histoiquement l établissement d une monnaie nationale, s inscive entièement dans une affimation du ouvoi oyal et ses odonnances. Histoiquement un dési ugnace de constuie une unité monétaie, s oosant en emie lieu, aux monnaies seigneuiales et étangèes. Ensuite, à ati de 1295, une volonté de contôle l ensemble des essouces métalliques du oyaume, et à ati de 1311, l ensemble de la ciculation monétaie. A a mise sous tutelle des monnaies seigneuiales Elle commence avec Saint ouis, avec l odonnance de 1263, qui «étend officiellement le cous de ses monnaies à l ensemble du oyaume, en esteignant la diffusion des esèces seigneuiales à leus esaces «accoutumés»» 1. Pa cette odonnance, le oi se éseve la éogative d intoduie de nouvelles ièces, qui se taduia a la céation du gos tounois en 1266. ette éfome de saint ouis, eend en Fance les incies scolastiques insiés d Aistote et ceux du doit omain, et considèent que le monnayage oyal détient un ivilège su tous les autes, la monnaie des baons et élats n ayant cous que dans leu seigneuie. e mouvement s amlifie avec la susension, lusieus fois de suite, des faes baoniales à ati de 1295, et le èglement de 1315 qui détemine la liste et la fome des esèces autoisées. Enfin, l aboutissement de cette logique en evient à Philie V (1316-1322), qui oose en 1320, l aêt comlet des monnayages locaux. Ainsi le nombe des atelies monétaies seigneuiaux, asse de 300 à 80 sous le ègne de saint ouis et à 30 en 1315 2. B Pohibition des monnaies étangèes Volonté de ciconscie les monnaies intenes des feudataies, qui touve son endant dans la volonté de limite l imotance des monnaies extenes à l intéieu du oyaume. Ainsi, les estelings anglais, «sont totalement ohibés en 1295, et cette intediction est étendue à toutes les monnaies «faites hos de noste oyaume» en 1305» 3. Une volonté qui outant ne se taduit as comlètement dans les faits, ca on ne eut se asse totalement des monnaies étangèes, et notamment des estigieux floins de Floence, utilisés dans le commece intenational. iconscition d un esace monétaie autoité oyale s inscit dans un teitoie homogène, qui s affime a aot à l extéieu avec les fontièes. a monnaie nationale étant considéée comme un moyen d exession de cette entité teitoiale et emettant d assue son unité et homogénéité, il est tout natuel que le ince initie une olitique mecantiliste de sa monnaie, c est-à-die visant à saisi cette exession monétaie de la ichesse, que sont les métaux écieux, a aot aux feudataies et l étange. omme le dit judicieusement Sylvain Pion : «e mouvement est à comende de l intéieu, comme clôtue vissant à catue dans les fontièes du oyaume l ensemble de la masse métallique disonible au ofit des atelies monétaies oyaux» 4. Quate moyens ou contôle ces mouvements monétaies : intediction d exotation. Elle concene emièement, le métal agent en 1289, et ensuite, l o et toutes les esèces monétaies en 1295. es contôles effectués a la nouvelle institution des gades des ots et assages. Réquisition des tésos des sujets du oi odonnée en 1295, 1302 et 1313. gmentation de la oduction minièe 5. 3 année de la utue : 1295 Pa les odonnances de 1295, le oi Philie le Bel, s effoce d obteni un contôle monétaie absolu. D ailleus, cette date coesond au emie affaiblissement de son ègne. Pa ces moyens législatifs, la théoie eut enfin ejoinde la atique, dans le sens où le ince se dote d instuments effectifs ou mene sa olitique. e ince détient su la monnaie, un doit de monoole, qu il va mue comme bon lui semble ou mene son eule ves le bien ublic. Ainsi comme le dit de façon 1 Id.,. 336. 2 WOF J., 1995,. 73. 3 PIRON S., 1996,. 336. 4 Id.,. 337. 5 Réellement significative qu à ati du XV e siècle. 27

es oblèmes monétaies au oyen Âge imagée, Gilles de Rome : «e oi est l ache, le eule la flèche qu il diige ves la fin aoiée» 1. a mutation, va deveni la technique monétaie emblématique de l affimation du olitique, coesondant à la vision du ince chez Thomas d Aquin. es éléments théoiques sont ésents, outant, dans les emies tems, il n existe as de olitique monétaie cohéente. Ainsi comme l exlique Sylvain Pion : «su toute cette éiode, la décision monétaie est gouvenée, soit dans l ugence de considéations olitiques et financièes à tès cout teme, soit dans la méconnaissance des conséquences de ses actes su la ciculation monétaie» 2. a matuité aaaît à ati de 1308-1309, et avec foce en 1311, avec l émission des bougeois. a volonté d imose à la société, le cous des monnaies oyales, devient alos, le incie fondateu de la olitique monétaie du oi. S élaboe à ati de ce moment, une véitable olitique monétaie qui s auie su quate décisions clés : Établissement d une unité de comte, qui vise un comtage des monnaies éelles en denies, sols et lives. eci «vise à exclue des tansactions toute éféence diecte à un équivalent métallique» 3. Réglementation des changeus : céation des changeus oyaux en 1309 et ègles ou toute la ofession en 1311. Baillis et sénéchaux, qui sont les seuls habilités à contôle l alication des odonnances oyales auès des baons et élats. odonnance de juin 1313, qui comile l ensemble des disositions isent deuis 1263, édicte le etou à la bonne monnaie, et établit «la emièe céation des «commissaies et enquesteus» chagés d exlique la teneu des odonnances et de uni les tansgesseus» 4. Section 3 atuité du ouvoi oyal : une monnaie au sevice de la majesté oyale 1 Affimation de la leine souveaineté oyale dans le domaine monétaie : l acte du 16 janvie 1347 acte du 16 janvie 1347 coeond à la leine affimation de la souveaineté oyale dans le domaine monétaie. Pa cet acte, la mutation des monnaies devient un doit absolu du Pince, ca eosant su la notion de majesté oyale 5 : «Nous ne ovons coie ne esume que aucun uisse ne doit faie doute, que a nous et a noste majesté oyal n aatiegne seulement et ou le tout en noste oyaume, le mestie, le fait, l estat, la ovision et toute l odenance de monoie, et de faie monnoie teles monnoyes, et donne tel cous, ou tel ix comme il nous laist et bon nous semble ou le bien et oufit de nous, de noste oyaume et de nos subgiez, et en usant de noste doit» 6. Deux incies guident cet acte : Un objectif financie : nouvelle océdue de confiscation des meubles ; éoccuation de enfloue le fisc sans asse a l imôt ou l emunt. Affimation de la majesté oyale de diveses façons : 1) Évolution des temes emloyés dans les actes juidiques, qui taduit un «cououx» oyal de lus en lus aogant voie gandiloquent. 2) Exaltation de la majesté oyale, a les dessins et symboles su les ièces. 3) e ofit des mutations devient légitime, ca le oi incane la majesté oyale : «Pa ce texte [l acte du 16 janvie 1347], la chancelleie de Philie VI (1328-1350) entend donc 1 Gilles de Rome, 1556, De egimine incium, Rome, III, 2, 8, f o 278v. 2 PIRON S., 1996,. 338-339. 3 Id.,. 339. 4 Id.,. 340. 5 «ette notion, eise du doit omain, exime la gandeu insuassable de l office oyal, avec une fote coloation eligieuse. e cime qui la blesse, la lèse-majesté, était sacilège à Rome. Dans un cade chétien, il est econstuit à ati du XII e siècle sous une fome dédoublée : lèse-majesté divine (toute fome d héésie) et lèse-majesté humaine. elle-ci désigne lus stictement les atteintes en acte ou en aoles conte la esonne oyale, sa famille et ses emblèmes» (Id.,. 342). 6 Id.,. 341 ; citée aussi dans AZEES R., 1966,. 96. 28

es oblèmes monétaies au oyen Âge énonce sans équivoque le caactèe odinaie d un tel ofit qui evient au oi en aison de sa majesté» 1. 4) Une olitique monétaie indéendante de la olitique de l imôt. e oi n a lus à subi les exigences des contibuables et assemblés, qui n accetaient de aye qu en échange d une monnaie fote. Pa extension de cette souveaineté oyale affimée et dominatice, la monnaie devient la éogative du oi, elle devient une essouce comme une aute de son domaine, d où l aellation du «domaine des monnaies». es faits étant ésentés effoçons-nous de les analyse. exlication qu en donne Sylvain Pion, eose essentiellement su une agumentation olitique et juidique qui toune autou de la notion de majesté oyale. histoien qualifie ce doit d «inédit». N étant as histoiens, tenons cette affimation ou acquise. a majesté oyale est un concet suéieu à la notion de souveaineté ca elle «fonctionne comme une éseve de uissance au ofit de la monachie, qui ne eut se éduie à une liste close et définitive de doits oyaux», a conséquent la majesté oyale est la leine affimation du ouvoi oyal dans le domaine olitique, alos que la souveaineté oyale s élaboait uniquement dans le domaine juidique. De sucoît, tout un découm s élaboe autou de ce concet ou le ende lus tangible, ou imessionne les esits. a majesté oyale se donne en sectacle : «la majesté n est as qu un mot. Elle s incane aussi dans chacune des céémonies où se manifeste ubliquement la magnificence oyale». es exessions sont emlies d emhase : «Si avons gand meveille [ ] (d un) si gand outage» ; «nous sommes moult toublés» 2 ; «e oi se touble, se «maveille tès gandement» et se tient ou «mal content», tant des désobéissances de son eule que de la négligence de ses justicies. Et à deux eises dans les années suivantes, ces désobéissances sont dites «en gand éjudice de noste oyale majesté» (27 mas 1348 et 23 mas 1349)» 3. «absolu de l autoité oyale s affime en envoyant sa contestation dans le domaine de l inconcevable» 4 etc. À cela s ajoute toute la symbolique oyale et l imageie oulaie véhiculée a l aves des ièces métalliques, dont «la ichesse de ce ogamme iconogahique suffit à démonte sa visée de oagande» 5. Bef, nous comenons que l exlication oosée a Sylvain Pion de la leine souveaineté monétaie est éminemment olitique. aintenant, comlétons cette démonstation a celle de Raymond azelles tenue dans un aticle lus ancien de 1966, qui assemble Quelques éflexions à oos des mutations de la monnaie oyale fançaise (1295-1360). analyse de cet auteu aote des éléments qui comlètent et elativisent celle de Sylvain Pion. En effet, l affimation du ouvoi oyal a l intemédiaie de la notion de majesté oyale ne eut éonde à tous les oblèmes. Si cette affimation oyale dans le domaine monétaie était un oblème uement olitique ouquoi ne s est elle as imosée, ou du moins eximée ouvetement bien lus tôt? Philie le Bel a bien su teni tête à un Boniface VIII, alos ouquoi ne as avoi étendu cette volonté de uissance au domaine monétaie dès le début du XIV e siècle? Pou mieux comende les tenants et les aboutissants, elaçons cet acte dans son contexte histoique. Péalablement, aaaissent dans la oulation deux etounements de tendance qui se font en faveu d un affaiblissement de la monnaie : En août 1343, le oi Philie VI, fait éuni à Pais les États en «leu oosant de établi la monnaie de saint ouis en échange de la généalisation de la taxe su les tansactions de quate denies a live 6» 7. es États accetent, le établissement de la monnaie fote s effectuant d un seul cou en octobe 1343 ; s en suive tois ans de stabilité. ais aadoxalement, ce etou à la monnaie fote de saint ouis si unanimement désié accoît le mécontentement. Selon azelles, «les dévaluations de la live semblent avoi fait moins de mécontents, ou de mécontents moins exansifs, que la butale evaloisation de 1343. auteu des Gandes 1 Id.,. 345. 2 Exession aaaissant dès les années 1300, et gagne en féquence dans les odonnances monétaies à ati de 1340. 3 Id.,. 343-344. 4 Id.,. 343. 5 Id.,. 344-345. 6 Soit une taxe de 1,67 %. 7 AZEES R., 1966,. 94. 29

es oblèmes monétaies au oyen Âge choniques exlique que ce océdé ne fit qu augmente la aeté des denées et des machandises et que «le eule commença à mumue et à cie»» 1. En même tems que se déveloe le mécontentement oulaie à l enconte de la monnaie fote, «l attitude des théoiciens évolue au sujet du doit oyal su la monnaie». Raymond azelles ou défende son analyse cite E. Bidey, qui a emaqué que, ves le milieu du XIV e siècle, «dans toutes les écoles, lus ou moins fanchement, lus ou moins comlètement, les docteus se sont alliés à la vieille concetion», c est-à-die à la théoie domaniale de la monnaie. E. Bidey va même jusqu à die que cette théoie féodale de la monnaie «a eis afois une nouvelle vigueu» 2. exéience désasteuse de cette monnaie fote va évidemment joue à l enconte de ses atisans. À ce double etounement de tendance, s ajoutent les effots militaies de Philie de Valois conte Édouad III (1327-1377) avec coélativement un accoissement des besoins financies du Téso Public. es tois aguments sont à l oigine du etou des affaiblissements monétaies de 1346, sans enconte semble-t-il «de tès feme hostilité dans le oyaume» 3. oinion ublique ayant évoluée quant au doit oyal su la monnaie, le oi «en ofite» ou omulgue l acte du 16 janvie 1347, qui est l affimation de la souveaineté oyale su la monnaie. aintenant il aaît clai que cet acte a bénéficié d une oinion favoable sans quoi ce denie n auait jamais u ête omulgué sans entaîne de vastes emous ami la oulation. est gâce à un changement d attitude de la oulation et des théoiciens vis à vis de la monnaie fote avec aallèlement la volonté du ince de contôle l instument monétaie dans son lus entièe lénitude, qui fait tombe la monnaie dans l escacelle oyale. A contaio, «ni Philie le Bel ni ses fils n ont jamais alé aussi nettement et un tel éambule d odonnance [celui de l acte du 16 janvie 1347] eut été imensable si l oinion du ays n avait fanchement évolué» 4. usage de la notion de majesté oyale dans le domaine monétaie n est as seulement le ésultat d une volonté olitique qui cheche à s imose à une société écalcitante, elle s auie aussi su la volonté oulaie qui sans souteni assionnément la olitique oyale, ne s oose as à cette suenchèe dans l affimation du ouvoi oyal et aticulièement dans le domaine monétaie. a volonté oyale, le ouvoi olitique, ne sont as tout, le oi devait aussi s accommode de la ésistance du milieu ; c est là je ense, le défaut majeu de l aticle de Sylvain Pion, de faie déende to sécifiquement les mutations monétaies de la seule volonté du ince. J en ends encoe ou euve, un fait histoique elevé a Raymond azelles qui monte que l abandon à la éféence sacée de la «bonne» monnaie de saint ouis, s effectue juste à la suite du double etounement d oinion que nous avons elevé. a désuétude de ce éféent date de juillet 1346. Six mois lus tad l acte du 16 janvie 1347 était omulgué N en déduisons as to vite que c est la disaition du mythe de la «bonne» monnaie de saint ouis qui a emis au ouvoi oyal de omulgue cet acte et de mue la monnaie comme bon lui semble, simlement, elle lui donna l occasion d enteende des mutations avec une libeté beaucou lus amle, sans ête constamment évalué à l aune de cette Sainte onnaie si encombante. Pa conséquent, il sembleait que l acte du 16 janvie 1347 coesonde à la leine souveaineté oyale dans le domaine monétaie. À cette date, le gouvenement se dote d un instument monétaie à son entièe disosition ou oiente et alique sa olitique. ais le assage de la théoie à la atique n est as évident. est une chose que de osséde les moyens nécessaies ou mene à bien une olitique monétaie, c en est une aute que de la éalise concètement. tement dit, l acte du 16 janvie 1347 founit les conditions nécessaies à une olitique monétaie véitablement souveaine mais il n en gaantit as la éussite. O ou un économiste, qu est-ce qu une olitique monétaie éellement souveaine si les ésultats économiques sont inexistants? Rien d aute qu une ue déclaation d intentions, un ouvoi de acotille. Pou que l on uisse affime que la olitique monétaie soit un élément de l affimation du ouvoi oyal, encoe faut-il qu elle soit efficace et sous l égide du ouvoi oyal. O jusqu en 1347, on ne eut éellement étende que la olitique monétaie est sous l entie contôle du gouvenement, les décisions se enant le lus souvent en fonction de la 1 Id.,. 95. 2 BRIDREY E., 1906, a théoie de la monnaie au XIV e siècle. Nicole Oesme, Études d histoie des doctines et des faits économiques, thèse ou le doctoat de doit et d économie,. 389-390, aen ; Réédition, Genève, 1978, Slatkine. 3 AZEES R., 1966,. 96. 4 Id.,. 96. 30

es oblèmes monétaies au oyen Âge situation et non as en anticiant, en essayant d élaboe une véitable olitique monétaie. es gouvenements saississent les avantages et désavantages des mutations, mais ils sont encoe incaables de éellement contôle la ciculation monétaie. Nous enons ou euve les décis monétaies qui n aboutissent à aucun ésultat concet, uisque n atténuant en ien l invaisemblable divesité des esèces. Pendant toute la emièe moitié du XIV e siècle, les gouvenements successifs aennent à connaîte de mieux en mieux ce fantastique instument de égulation sociale que sont les mutations monétaies, mais cette hase n est qu un aentissage, elle ne coesond as à la matuité. Pa conséquent nous soutenons qu une olitique monétaie éellement souveaine n est aaue qu à la suite de l acte du 16 janvie 1347 qui en fixe les conditions nécessaies mais non suffisantes. Un substantiel ogès est éalisé duant la décennie de 1350, où s aticule une succession d affaiblissements suivie de enfocements ou évite que la monnaie ne se tansfome en billon. Selon Raymond azelles : «a oyauté ente désomais délibéément dans une nouvelle éiode de mutations. ais elle y énète fotifiée a l exéience des cinquante années écédentes. Ses conseilles monétaies ont u analyse les avantages et les inconvénients, tant des etous à la fote monnaie, que de la dévaluation continue de la live. ette éflexion leu a suggéé une olitique monétaie nouvelle, fondée à la fois su les deux systèmes. est ce qui essot de l étude des faits» 1. ais cette olitique bien que subtile finit a lasse la oulation. Face à cette incetitude, la monnaie éelle se substitue à la monnaie de comte dans les contats et les tansactions ou se émuni conte l instabilité monétaie, au gand dam du ouvoi oyal qui exige un comte à lives, sous et denies 2 ou que les mutations uissent ête efficaces : «obligation de stiule dans les contats en lives, sous et denies se heutait à l imossibilité où l on était de évoi la valeu de la live à l échéance» 3. Finalement l odonnance de févie 1352 entéine cet état de fait : «a oyauté est incaable d emêche les habitants du oyaume de sécifie leus engagements en monnaies métalliques. Un aticle de l odonnance de févie 1352 évoit que, s il ne s agit as d emunts, d achats, d héitages ou de omesses de maiages, losque le débiteu s est engagé à aye «cetaine somme d agent en cetaine et exesse monnoye, ou cetain et exès ix», il sea tenu a son engagement à égle dans l esèce stiulée au contat, si elle a encoe cous, ou sinon selon la valeu du mac d agent. est esque l abandon de la monnaie de comte, sauf ou quelques cas biens sécifiés, et une invitation à se éfée à une monnaie éelle e système aboutissait à encouage les stiulations en monnaie éelle, mouvement qu allaient suive les machandises, les denées et les salaies qu il devenait imossible de eteni dans les mailles du système tounois ou aisis» 4. On ne eut donc souteni que cette olitique monétaie s auyant su une succession d affaiblissements et de enfocements soit une véitable éussite, uisque l usage essentiel et fondamental du système institué a le ouvoi oyal qui est le comte à lives, sous et denies, est abandonné au ofit d un comtage en ièces éelles. Nous ensons qu une véitable égulation sociale ne sea leinement éalisée a la monnaie qu à ati de 1360 avec le etou de la bonne monnaie décidé a le oi Jean. ette décision est la conséquence de lusieus facteus : «incohéence des vaiations de la monnaie finit a lasse tout le monde» 5. a ançon à aye au oi d Angletee ou libée Jean II le Bon 6, nécessite des essouces que l on ne eut touve que a l imôt. imôt est acceté a la nation avec l aêt des 1 Id.,. 97. 2 ette exigence n est as nouvelle, dés 1330, Philie VI, émet une odonnance aelant que les èglements ne euvent ête fomulés qu en monnaie de comte : «De malicieuses gens se sont effocées de coome en tout nos odonnances en lusieus manièes, et sécialement en machandant, en contat et en êt, en denies d o et en gos tounois, au dommage de nous et de note eule, ce qui nous délaît fotement. Nous défendons que nul ne soit si hadi de machande, faie contat ou emunt en denies d o ou en gos tounois, mais seulement en sous et lives de la monnaie que nous faisons ouve à ésent» (ité a FAVIER J., 1987,. 181). 3 AZEES R., 1966,. 100. 4 Id.,. 100-101. 5 Id.,. 103. 6 «e ojet de taité de 1357 évoyait le enoncement des Anglais au tône de Fance et le vesement d une ançon de 4 millions d écus dont un emie vesement de 600 000 écus avant le 1 e novembe. e taité de Bétigny atifié à alais le 24 octobe 1360, ota la ançon de Jean à 3 millions d écus (ès de 22 t. d o) : 400 000 avaient été vesés le este devant ête vesé en tanches de 400 000 endant 6 ans. a collecte des 600 000 écus du emie teme de la ançon du oi eésentait lus de 2,5 tonnes d o» (DEPEYROT Geoges, 1995, Histoie de la monnaie des oigines au XVIII e siècle (3 vols.), ollection oneta, Wetteen,. 265). 31

es oblèmes monétaies au oyen Âge mutations monétaies : «est donc a une sote de contat assé avec ses sujets que le oi Jean enonce aux mutations, affaiblissements et enfocements, en échange d un imôt qui doit due au minimum, lusieus années» 1. Enfin avec le taité de Bétigny atifié à alais le 24 octobe 1360, le oi Jean voulut ofite du choc sychologique de la aix ou estaue la bonne monnaie. odonnance du 5 décembe 1360 décida l émission de gos «aux fleus de lis», de denies tounois et aisis su le ied 24 e 2, et d une esèce en o, le fanc. e qui est fondamental dans cette nouvelle odonnance, c est l ensemble des décisions qui l accomagne avec comme objectif la emise en ode monétaie. Une véitable olitique monétaie est instituée ou véitablement contôle la ciculation monétaie 3. Finalement, l ensemble de cette olitique débouche su vingt-cinq années de stabilité monétaie 4, le tiomhe de la bonne monnaie et le etait de la ciculation des esèces de bas aloi. Ainsi les documents d aès 1380 envion, ne contiennent lus que des ièces ayant cous légal. À ceci s ajoute une coesondance effective ente les esèces éelles et les monnaies de comte ; les individus enant l habitude de comte en fancs ca coesondant à la live de comte. Bef, la olitique monétaie du oi est enfin leinement souveaine. 2 Retou à la monnaie fote en 1360 avec le «fanc» est dans ce contexte, de monachie absolue naissante, que Nicolas Oesme écit le Taité des monnaies conte la doctine de l acte du 16 janvie 1347. Pou Oesme, la monnaie aatient avant toute chose à la communauté, le ince n en est que son déositaie, d où la condamnation des mutations abitaies qui etubent la société, la violente. Pa l usage des mutations abusives, le oi devient un tyan. Poutant, la eise de la monnaie fote à ati de 1360, n est as insiée a Oesme. e changement d oientation eut se comende de deux façons : onjonctue économique déimée, qui end inefficace toute mutation. Un teain social et histoique malsain, avec la este et le etou des éidémies, les avages fait dans les châteaux a la Jacqueie et dans les camagnes a les outies 5. À cette éoque, le oyaume est «lacé dans un état de faiblesses et de décomosition atielle qui en a détuit les foces vives» 6. e etou à la monnaie fote de 1360, c est un contôle absolu de la monnaie ca se met en lace une véitable dictatue des ivilégiés. est le etou éactionnaie et evanchad de la noblesse et de l Église, qui soliées a le lent affaiblissement monétaie, bloquent toute évolution et omotion sociale. ette fange taditionnelle du oyaume, occue l esace laissé vacant a un ouvoi olitique affaiblie. Donc soyons clai, cette exigence de stabilisation monétaie est la conséquence d une mise sous tutelle du ouvoi oyal a les foces les lus éactionnaies et les lus consevatices du oyaume. es aots de foce changent au ofit des ivilégiés qui iont jusqu à exloite l ensemble de la nation, ou satisfaie leu dési de ichesses et de ouvoi. a olitique monétaie est efficace, ca un véitable contôle de la masse monétaie en ciculation est toujous favoable aux céancies. contaie, une olitique monétaie lus laxiste est un oéateu de omotion sociale et d évolution, en ce qui concene le oyen Âge tout au moins 7. 1 AZEES R., 1966,. 105. 2 Voi. 94, ou avoi la définition du ied. 3 Nous ésenteons en détail dans note toisième atie l ensemble de ces décisions législatives ou maîtise la ciculation monétaie ; 2 a bonne monnaie etouvée (1360-1417),. 143. 4 Selon John Day (DAY J., 1994,. 266), le seul système bimétallique duable dans l Euoe du bas oyen Âge, fut éalisé a les ducs de Savoie «en éonse, notamment, aux besoins des foies intenationales de Genève où on se sevait de l étalon floin-gos ou les comensations financièes». «Ici le taux de 12 gos au floin de Savoie de etit oids fut ésevé gâce à des ajustements dans les valeus intinsèques des deux monnaies à la fois. eci eut ou ésultat de faie suive au floin et au gos un cous aallèle, emettant au ublic de joui d un étalon nominalement stable». 5 Bandes de soldats iégulies et illads (XII e -XV e siècles). 6 AZEES R., 1976,. 310. 7 est la thèse déveloée a Raymond azelles dans son bel aticle de 1976, su a stabilisation de la monnaie a la céation du fanc : «Qui dit stabilité de la monnaie dit ducissement de la société et de la fotune dans l état où elles se touvent. Qui dit mutations ouve une èe d abondante ciculation des esèces monétaies qui favoise l atisanat et le commece, esective de meilleues conditions de vie ou les tavailleus et édifications de nouvelles fotunes qui 32

es oblèmes monétaies au oyen Âge e eule va subi doublement ce etou à une olitique consevatice. Pemièement, a la monnaie stable et son enfocement, qui énalise tous les débiteus. Enfin, a un changement dans le mode de ecetion de l imôt : de l imôt diect on asse à un imôt indiect. Dès la stabilisation de la monnaie en décembe 1360, tous les imôts a caitations et su les evenus donc touchants diectement l Église et la noblesse sont abandonnés, «ou généalise la gabelle du sel et les taxes su les tansactions au taux de 12 denies a lives, conjuguées avec diveses autes taxes su la consommation et su la oduction de vin. Il est donc clai que la noblesse au ouvoi a su se déchage de toute contibution esonnelle su sa fotune et que l essentiel de l imôt ovient de la consommation oulaie quotidienne» 1. De sucoît, ce etou quelque eu haineux, s effectue a un etou à l immunité fiscale de la noblesse et du clegé, exhumation d un incie du doit féodal. e eule est donc défavoisé a l assiette de l imôt, et il en subit seul le oids écasant ou comense les etes budgétaies liés à l aêt des bénéfices du monnayage. Il existe donc un étoit aot ente fome de l imôt et dévaluation ou non de la monnaie 2. Gadons bien en tête le tableau suivant, eut ête un eu to simliste, mais qui donne une honnête gille de lectue des aots ente monnaie et stuctue sociale : Fome des aots de foce Raots de foce en faveu de l Église et de la noblesse Raots de foce en faveu du eule Fome de la monnaie Fote Faible Fome des mutations monétaies cune Nombeuses, dont la tendance est à l affaiblissement Fome de l imôt Imôts indiects : su les tansactions de machandises, su les fouages 3, la gabelle. imôt ne tient as comte de la fotune du contibuable. Imôts diects : su le evenu, su le caital. imôt tient comte de la fotune du contibuable 3 Émegence du mecantilisme ette monnaie fote, a un écho si uissant ami les sujets du oi, qu elle devient l affimation la lus emblématique de la majesté oyale. ette dimension symbolique de la monnaie fote, se touve exaltée a de nombeux auteus et lus écisément Philie de ézièe qui dit : «a en foy moalle, en veite et en eveence, la monnoye oyalle eesente la oyalle magesté. Et ce dit on souvent : Telle monoye, tel le seigneu 4» 5. D où, los des éiodes de cise, des odonnances qui font éféence à cette monnaie fote, ou défende ce ouvoi oyal contesté. Une monnaie fote, qui lentement à ati du début du XV e siècle, devient moins un instument de enfocement de l autoité oyale, qu un instument au sevice de la communauté ou favoise «le cous de la machandise». Doénavant, le oi se veut otecteu du bon fonctionnement des échanges, ca il en va de son intéêt. a monnaie, devient donc un moyen de souteni le commece, et ainsi d atteinde le «commun ofit». ette étention de la majesté oyale à un ouvoi absolu, doit s exime de façon limitée et aisonnable, afin d assue le bon fonctionnement économique de la société. Une uissance incièe qui se déveloe à ati de la oséité nationale, voilà donc les émisses du mecantilisme, et ce, dès le début du XV e siècle. On eut cite quelques exemles histoiques, ésentés a Heni Dubois dans son aticle su e ouvoi olitique du ince. modifient la stuctue des classes. D un côté, il y a blocage de la société ; de l aute il y a ouvetue et changement» (Id.,. 297). 1 Id.,. 306. 2 R. azelles signale quelques exemles histoiques en. 305 de son aticle écité. 3 Imôt extaodinaie eçu su chaque feu ou foye. 4 Nous soulignons en italique. 5 DE ÉZIÈRES Philie, e songe du vieil elein, G. W. OOPAND éd., 1969, ambidge, Univesity Pesse, t. 2,. 371 ; cité a PIRON S., 1995,. 350. 33

es oblèmes monétaies au oyen Âge A Politique commeciale du ince Une olitique commeciale qui aaaît comme un instument imodial ou atteinde le bien ublic. Ainsi, «les ducs de Bougogne ont continûment essayé de souteni les intéêts économiques de leus sujets flamands, notamment a le biais de têves avec l Angletee» 1. ette olitique, s institue aussi a l intemédiaie d accods avec les atenaies commeciaux : en 1392, le duc Philie 2, signe un taité avec les Hanséates, «liant exlicitement la machandise et le bien commun» 3. On favoise aussi l esso des foies de Flande et du Babant, en les déveloant dans lusieus villes : Funes et l Écluse a exemle. En Bougogne, los des éiodes d insécuité, on escote les machands, on établit des fotifications, ainsi que des guets et gades dans les foies. Gâce à l imosition du vingtième des tansactions à ati de 1359, les ecettes fiscales du gouvenement ducal su les foies, augmentent de façon considéable. Un esso des foies, qui concene aussi le sud de la bougogne, devenant au XV e siècle un instument de elance économique. ette sollicitude commeciale ou atteinde le «commun ofit» est une constante des ducs flamands, qui s est taduit concètement a «l amélioation du cous du Zwin, l abolition des maques ou la ohibition des das anglais» 4. B Politique monétaie du ince Selon Heni Dubois, «les XIV e et XV e siècles vient une évolution tendant à esteinde le doit incie de libe disosition de la monnaie. Il faut toutefois note qu il s agissait là de la ousuite d un ocessus commencé bien avant uisque le duc de Nomandie dès la fin du XI e siècle, le duc de Bougogne à la fin du XIII e avaient assé des contats avec les eésentants de la oulation 5 en vue de enonce, moyennant conteatie, à leu doit de mutation» 6. ette évolution taduit la ise de conscience du ôle économique et sutout social de la monnaie. a concetion d une monnaie fote au sevice des machands et de la communauté, se fait jou en Betagne en 1320 avec la céation des monnayeus «ou le offit commun de tout l univesel eule a ouve et faie monnoye» 7. En Flande, ouis de ale (comte de Flande de 1346 à 1384), taite la monnaie comme une souce de ofit, c est-à-die qu il l affaiblie. En océdant à un enfocement à la fin de 1389, ou obteni la stabilité monétaie dans l intéêt commun, Philie le Hadi est en utue avec cette tadition. omme l écivent les échevins d Anves, cette olitique de la monnaie stable, fait suite aux evendications anciennes des machands : «les odonnanches su la monnoie odonneez sont faites a la yee des tois villes de Flandes, de ceulx du Fanc et dou commun ays de Flande ou le ouffit et utilité de yaulx et dou commun machant» 8. Pou évite les désodes sociaux consécutifs aux enfocements, on met en lace des océdues d accomagnement. En 1433, dans un éambule su les mesues d unification monétaie est définie une véitable olitique économique eosant su la monnaie fote : «nous consideans que ung des inciaulx oins de toutes bonnes ollicies, su quoy le bien ublique tant du ince comme du eule est fondé, est d avoi bonne monnoye feme et duable, tant d o comme d agent, ayans vaie affection et dési de ouveoi et entende diligemment au bien et ouffit de noteditseigneu et sesdiz ais, et voulans a noste ovoi machandise augmente, les machans eteni et attaie, les communs subgez d icellui nostseigneu deffende et éseve de gief et dommaige» 9. En définitive, il existe en Bougogne dès la fin du XIV e siècle, une olitique monétaie visant à établi une monnaie fote ou gaanti la oséité du commece. Donc un ode économique de lus en lus écouté a l ode olitique. 1 DUBOIS H.,. 238. 2 Philie le Hadi, duc de Bougogne de 1363 à 1404. 3 Id.,. 238. 4 Id.,. 238. 5 e qui démonteait, une influence de lus en lus gande de la communauté. 6 Id.,. 242. 7 Id.,. 243. 8 VAN NIEUWENHUYSEN A., 1980, Documents elatifs à la gestion des finances de Philie le Hadi, duc de Bougogne et comte de Flande (1384-1404), Buxelles, doc. n. 12,. 230. 9 SPUFFORD P., 1970, onetay oblems and olicies in the Bugundian Nethelands (1433-1496), eiden,. 138. 34

es oblèmes monétaies au oyen Âge haite IV Imôt et affimation du ouvoi oyal Section 1 De l imôt don à l imôt focé aticle d Alain Guéy, su le oi déensie est intéessant à lus d un tite, concenant note analyse su le ouvoi oyal. auteu décit l évolution histoique de l imôt du bas oyen Âge jusqu à la fin de l Ancien Régime. Il démonte de façon lumineuse et oiginale la tansfomation de l aoche fiscale a l autoité oyale, duant une hase de tansition ente le XIV e et XVI e siècle, où l on asse de l imôt oyal consenti, à l imôt oyal d autoité. De façon lus ofonde, il effectue un distinguo ente une éiode écédant le XVI e siècle, où l imôt eose su la notion de don insié a acel auss, et la éiode de l Ancien Régime qui s étale du XVI e jusqu au XVIII e siècle, où l imôt devient synonyme de containte étatique, d obligation imosée à tous. ette analyse histoique, met en lumièe l idée d une difféenciation histoique. En effet, su la emièe éiode, l imôt aaaît intinsèquement lié au don, qui est une ésugence de la notion de totalité. D où une emièe hase histoique qui coesond encoe à une société eu difféenciée, où le olitique tie sa souveaineté du divin a l intemédiaie de la figue emblématique du oi divin. eci est cooboé, d ailleus a nos oositions antéieues, où nous avions monté que l autoité oyale s affime en mettant sous sa tutelle, l Église et les feudataies, a l intemédiaie d une nouvelle aoche des concets olitiques, et a l intemédiaie de la monnaie. e ouvoi oyal, en investissant le eligieux, et en se dotant de l ame monétaie ou exime sa leine uissance et soumette la société à ses désis de uissance, étend et devient l exession d une totalité englobante. e don est l économie d un ode olitique englobant, ca eosant su la libéalité et su le statut des individus. e don exime l économie du olitique ce qu exime e songe du vegie : «es Roys et les Imeeus sont donataies, et a conséquent ils sont seigneus» 1. Su la deuxième éiode, Alain Guéy démonte que l imôt n est lus lié au don mais à la containte étatique. eci étant causé essentiellement a la difféenciation de la société, et aticulièement ente le oi et l État. e oi, semble toujous lié à l ancien système, c est-à-die qu il est le seigneu des seigneus, a conséquent sa souveaineté eose su sa odigalité, mais d un aute côté les containtes et l évolution histoique font que l imôt ne eut lus eose su les bonnes volontés de dons de ses sujets. a guee de ent Ans a ses imotantes et iméieuses déenses boulevese la fiscalité. Donc l imôt modene ovient de l autonomisation du ouvoi oyal a aot à la esonne oyale, et les nécessaies déenses de fonctionnement coélatives à cet État naissant. En ésumant gossièement, l imôt don est lié à la divinité oyale, en tant qu émanation diecte de la totalité eligieuse, l imôt containt est lié à l État, en tant qu émanation d une difféenciation coissante de cette totalité. 1 imôt don du oi e don ne eut se comende qu à ati de elations hiéachiques. es deux coéchangistes du don, ont des statuts difféents, à la difféence de l échange machand où les deux coéchangistes sont égaux en doit. e don des sociétés statutaies, n a as la même signification que celui de note société. En effet, le don dans la société machande est en utue avec l échange, uisque eosant su 1 SHNERB-IÈVRE aion (éd.), 1982, e Songe du Vegie, Pais, 2 vols., ive II, cha. XX,. 123 ; cité a GUÉRY A., 1984,. 1243. 35

es oblèmes monétaies au oyen Âge un échange unilatéal et non bilatéal. e don fait violence à la ationalité de l échange équivalent. ette concetion du don n est as tansosable au oyen Âge ca l échange se déoule ente individus de statuts difféents. e don, induit alos un conte don, c est-à-die qu en accetant le don on admet la suéioité du donateu. e don, eose su un tansfet de biens et ouvoi, donc il y a éciocité, malgé la signification tomeuse du mot. A Un ouvoi qui se éalise dans la odigalité omme dans ancelot 1, et le ive de Paix 2 de histine de Pisan, on y touve énuméé les tois vetus indisensables chez un ince : la clémence, la véité et la libéalité. Pou ac Bloch, «le seul vai maîte était celui qui avait donné» 3. De même, Alain Guéy considèe qu «une vie incièe éanouie se mesue aux dons qui sont faits» 4. En donnant, on sollicite, on oblige, et en signe de soumission, on fait des conte dons. es cadeaux accomagnent l engagement esonnel vis à vis du ince. Invesement, celui qui se sent engagé unilatéalement, eut sollicite un don. e don est donc lié à l honneu et à l hommage. Pou mieux saisi cette intedéendance ente don et ouvoi, il suffit d oose le don des «uissants» à l échange des «etits». e don, est le médiateu des aots ente inces, mais il est aussi une clôtue a aot au este de la société. ette clôtue est nécessaie ou ciconscie les individus dans des statuts. e bien du don est lié au ouvoi, à la ichesse, le bien de l échange est lié au besoin. Dans le don, la elation humaine est emièe, dans l échange machand, cette même elation est seconde a aot au bien. e tavail établit une mesue en teme de coût et d effot lutôt qu en teme de ouvoi. D où une classification des individus en fonction du tye d échange : «es nombeux assages [d auteus du oyen Âge] qui témoignent de l échange de dons mettent en scène les gands de ce monde, ou ceux qui, a faveu séciale d une déjà uissante esonne, le deviennent. Pouvoi aticie à cet échange, au moyen de ce tye de dons (tees, objets de luxe, domestiques) c est déjà monte son ouvoi et ête econnu comme homme ayant du ouvoi, comme dominant. N y as aticie vous classe dans les gens sans ouvoi, donc soumis, dominés. Non as que l échange de biens et sevices n existe as en dehos d un maché dans le eule, mais les biens en cause ont une utilité dans la oduction, la consommation» 5. B imôt et le don e oi s inscivant en emie dans cette logique du don, ne eut exige un imôt containt avec lequel nous sommes habitués. Pou ête cohéent avec lui même, le oi, qui tie son estige et son autoité de sa odigalité, ne eut accoîte son ouvoi en devenant oi eneu, ca sinon, c est du vol tout cout et le «bon» oi se tansfome en tyan. Il ne eut étende qu à un imôt don, c est-à-die des subsides qui sont à l entièe discétion de ses sujets. e oi sollicite lutôt qu il n exige. est le eule, qui souveainement décide de l imôt. «est le eule, au sens lage, vague du mot, qui décide de founi de donne des subsides au oi. es assemblées de seigneu, les communes, les États ovinciaux, les États généaux votent libement l imôt. a discussion ote su les motifs de la demande, le montant. e témoignage des États, des théoiciens comme des ois eux-mêmes, établit nettement le doit d accode ou de efuse l imôt dévolu aux États. e vote de l imôt est justifié a le fait que le oi doit obteni le consentement des seigneus su les tees desquels s étend l imôt oyal. De lus, il éond à la théoie tès vivement essentie que les subsides accodés au oi sont un don» 6. Une théoie de l imôt qui est eut ête en adéquation avec la société de cou, mais sûement as avec l affimation du ouvoi oyal, et lus aticulièement la logique de l État. a fomation d un État avec un cetain tain de vie, exige un aisonnement non lus en teme de déenses estigieuses, mais en teme de ecettes, ou «boucle» le budget, concet qui d ailleus n a as gand sens à cette éoque. Il fauda attende l Ancien Régime ou avoi une aoche fiscaliste de l imôt, ce qui, sans note mise en esective histoique, eut aaaîte comme un léonasme. e besoin de ecettes est le 1 Roman du XIII e siècle. 2 DE PISAN histine, e ive de aix, édité a haity. WIARD, Gavenage, 1958,. 148 ; cité a GUÉRY A., 1984,. 1245-1246. 3 BOH ac, 1939, a société féodale, Pais, coll. évolution de l humanité, Albin ichel, éd. 1989,. 233. 4 GUÉRY A., 1984,. 1245. 5 Id.,. 1248. 6 Id.,. 1256. 36

es oblèmes monétaies au oyen Âge coollaie d une oyauté de lus en lus aogante, de lus en lus disendieuse, ne ouvant lus se satisfaie de entées financièes contingentes. 2 a hase de tansition, du XIV e au XVI e siècle a guee de ent Ans induit une double utue dans l aoche de l imôt : Rutue histoique : assage d un système attibutif à un système contibutif, qui se éalise dans l extaodinaie. Rutue logique : l imôt devient un don focé, l imôt n est donc lus un don. À ati de 1355, avec la guee de ent Ans, le oi, ecout à des aides extaodinaies qui se olongent, ca les evenus du domaine ne sont lus suffisants. Poutant du oint de vue sémantique, l aide extaodinaie eut encoe ête assimilée à un don, conteatie de la défense et de la justice du oi. Va alos sugi une invesion dans l initiative du don. e don ne va lus oveni du oi, mais du eule. e qui ose oblème, c est que «l initiative du don evient alos à la esonne qui va le ecevoi, l aute atie n ayant qu un simle consentement à donne» 1. imôt devient un don sollicité, auès du eule. Pa cette invesion, le don change de natue, «l aide, déjà, est au-delà du don», on exige les facultés contibutives de tout le monde. e don, devient une containte unilatéale, dont la conteatie est détachée et incetaine. imôt devient un don focé, il n est lus un don ca il n existe lus de conteatie immédiate. imôt eose su la containte d un seul su tous les autes, ou un sevice global indéfini et lointain. est l émegence du monoole étatique de la containte et de la violence. 3 imôt obligatoie de l État imôt obligatoie et l aaition de la fiscalité vont émege à ati de deux faits essentiels : e ôle coissant de la bougeoisie dans la société. aaition de l État à ati du système monachique. A oosition ente bougeoisie et noblesse Ente le XVI e et XVIII e siècle, la oyauté ne eose lus su les mêmes valeus. a libéalité a accomagné la ogession de la monachie oyale. O les enseus examinent en emie, l imôt sous un angle financie et non lus déensie. Dans le fonctionnement du ouvoi oyal ce qui est emie, n est lus la libéalité mais la fiscalité. es aisonnements s effectuent à ati des ecettes et non lus des déenses. a libéalité et l ostentation sont essenties comme un achaïsme dans le fonctionnement du ouvoi. analyse fiscaliste de l imôt entaîne une ationalisation des océdues de déenses, et donc une limitation des déenses sueflues que sont la somtuosité et la cou. e faste, le luxe, et les nobles sont citiqués, les nouveaux enseus considèent cette noblesse comme sueflue. Une ligne de atage s oèe donc, ente la logique caitaliste de la bougeoisie, et la logique de l éclat de la noblesse. ette oosition esugit au sujet du budget de l État, ente le oi et les eésentants de l État : «De lus en lus les esonsables du téso oyal, incialement les contôleus généaux des finances, demandent une éduction des déenses au niveau des evenus, tandis que le oi, jusqu à la fin de l Ancien Régime, continue de déense avant de s intéesse aux evenus, et au-dessus de ceux-ci» 2. Synthétisons dans le tableau ci-aès les clivages ente bougeoisie et noblesse : Noblesse ogique de la libéalité e qui est emie est la déense On déense avant de s intéesse aux evenus On déense lus qu on ne gagne Vive selon son ang Bougeoisie ogique de la fugalité e qui est emie est le evenu On calcule ses evenus avant de s intéesse aux déenses On gagne lus qu on ne déense Vive selon ses moyens 1 Id.,. 1257. 2 Id.,. 1254. 37

es oblèmes monétaies au oyen Âge B oosition ente l État et le oi «Administateus et économistes ne aisonnent lus comme le oi en matièe financièe» 1. Une éflexion budgétaie aaaît jusqu à l utilisation du mot «budget» à la fin de l Ancien Régime. Alain Guéy décit toute une évolution sémantique des catégoies de l imôts, et l aaition de nouveaux concets écuseus de l État modene. «XVI e siècle et au début du XVII e siècle, on ale lutôt des «evenus et déenses du oi». Dans la emièe moitié du XVII e siècle, les evenus et déenses sont dits de la «couonne» mais aussi déjà de l État, afois, ou les déenses. Ensuite, si les evenus estent «evenus du oi», du moins ou les evenus odinaies, les déenses sont esque toujous celle de l État» 2. Émegence de l État qui ne se fait as sans heuts, ca eosant su la containte et la violence. État étend son influence à l enconte de la noblesse et du eule qui n ont aucun intéêt à accete sa tutelle : la noblesse se sent oche du oi a son mode de vie et n a as à asse a l État ; le eule essent avec assentiment, le contôle de l État et aticulièement avec l imôt, d où, des insuections oulaies non as à l enconte du oi mais conte l État, conte l imôt. Finalement s élaboe une double oosition ente l État et le oi : e oi comme «seigneu des seigneus», ne eut se dissocie de la noblesse. e système de la cou est nécessaie au oi, alos que ou l État, elle s inscit dans la colonne «débit» sans conteatie dans la colonne «cédit». Elle déséquilibe l «hamonie» du budget, elle le gève, elle est donc nuisible. e eule fait un distinguo ente oi et État, a l intemédiaie de l imôt. Pou la majoité des gens, l État est synonyme d imôt, de églementation, de contôle, le oi estant le souveain juste et généeux. À l «hoeu économique» s oose le «sauveu olitique». En eenant la dichotomie élaboée a Alain Guéy nous ouvons oose : 1) Roi donneu, magnifique. Roi lointain, dans l imaginaie, homme du denie ecous. 2) État eneu, fiscal. État, ésent, enant a containte. À ati de cette analyse de l imôt, on eut schématiquement faie une oosition ente oi donneu dans une société de cou, et État eneu dans une société caitaliste. ette inteétation, donne un éclaiage oiginal aux aots ente État et caitalisme, l imôt modene et l État aaaissent comme le coollaie de l esit caitaliste qui souffle dans l ode économique. Tès loin d ête disjoint, l analyse de l imôt monte, qu État et caitalisme ont une même oigine : la mise à sac d une autoité oyale déensièe et déassée. Section 2 Histoie de l imôt En Fance, l imôt est à l oigine de l administation, de la centalisation et de la justice administative, ainsi la «désagégation de l État a toujous accomagné la désagégation de l imôt» 3. e souci de élèvement est le fondement de nombeuses institutions eésentatives, comme les États généaux ou le alementaisme anglais. 1 Une société qui veut soti de la féodalité Dès les XII e et XIII e siècles, les souveains ont conscience des limites du système féodal dans leu action et aticulièement dans l at de la guee ; «at» emblématique de la uissance du ince, et moyen le lus «éclatant» d affime une souveaineté conquéante. Plus qu une ise de conscience, Gabiel Adant qualifie cette volonté des souveains de soti du système féodal, comme d un «idéal» 4. À cette éoque, la stuctue militaie déendait de celle de la tee, c est-à-die que les seigneus aotaient un cetain nombe de vassaux en ootion de leus ichesses. À côtés des «nobles» gueies sevant à cheval, les «vilains» assuaient la vulgaie mais nécessaie intendance de leus héos. Donc toute une légion de seviteus ou enteteni la classe suéieue et ou lui 1 Id.,. 1254. 2 Id.,. 1254. 3 ARDANT G., 1971,. 10-11. 4 Id.,. 212. 38

es oblèmes monétaies au oyen Âge sevi d aaat, qui occasionne une cetaine lenteu et difficulté ou mette en lace cette amée féodale. De sucoît, l administation était assuée, a la hiéachie nobiliaie. Ainsi, le oi commandait diectement quelques gands seigneus qui eux-mêmes commandaient une cohote de vassaux de moinde imotance. amée féodale essemblait lus au commandement unifié d amées autonomes sous l égide du oi ou de l emeeu, mais sans la igueu militaie de note éoque. Plus une amée comosite, que véitablement unifiée. amée du oi, n était que le eflet de la bonne volonté des feudataies ou de leus intéêts : «Quant à la tansmission des odes, s il est vai que la chaîne féodale, qui avait cistallisée en quelque sote la hiéachie administative, en offait quelques moyens, ceux-ci étaient d une faiblesse évidente. omment le monaque auait-il u faie obéi l ancien fonctionnaie caolingien, devenu chef hééditaie de son comté? Inamovible, celui-ci n accodait lus qu une soumission éticente, à la mesue de son intéêt. e souveni du bénéfice s était effacé. Il en estait les obligations d aide et de conseil, définies et limitées» 1. En définitive, une oganisation militaie comlexe et eu efficace, ne ouvant éonde qu à des conflits d amleu tès limitée dans l esace et le tems. a volonté d affime sa souveaineté a de vastes camagnes était iéalisable. À cette incaacité humiliante s ajoutait le souveni idéalisé d un Emie omain oganisé et fot, où la aole de l Emeeu avait foce de loi. a condition emièe à l élaboation d une véitable monachie était donc de soti du système féodal, en émunéant les fonctionnaies et soldats, nouveaux héauts de l affimation oyale, et en ayant la ossibilité de aye les founisseus de cette amée. Pou déense il faut avoi des essouces, donc l imôt est la condition sine qua non de l État. À côté de la volonté du oi de faie fi de l existence de la féodalité, existait celle des vassaux et sefs désieux d obteni leu libeté. Une solution conciliant le dési d imosition du oi, et celui de libeté des vassaux et sefs, était de leu vende leu autonomie. Une aute classe sociale, celle des machands, était aussi favoable à l'émegence d un État fot, ou otége et déveloe ses échanges commeciaux. et ensemble de désis de changement constitue une utue cohéente, ca nous le veons a la suite, l État ne eut étende accoîte sa souveaineté indéendamment de la situation économique. Sans commece floissant, l assiette de l imôt devient aoximative et se tansfome en une technique fiscale odieuse ou les contibuables, d où les évoltes oulaies écuentes duant le XIV e siècle. État et économie sont intimement liés a ce médiateu qu est l imôt. Sans économie d échange, le ouvoi oyal ne eut affime comlètement son autoité, et de sucoît, en cas de cise, l imôt devient un facteu aggavant des difficultés économiques. 2 a enaissance du commece et des États Dans ce aagahe nous allons, décie la enaissance commeciale du X e siècle, emettant l émegence de l État, et donc l affimation du ouvoi oyal a aot à d autes ouvois. Selon Gabiel Adant, «cette évolution éète celle du monde antique» 2. Nous ouvons distingue deux hases distinctes de cet esso, et une toisième intemédiaie : 1) a emièe, est l aaition d États commeçants se touvant à des emlacements commeciaux statégiques : «villes, situées au bod de la me ou à un caefou imotant de outes fluviales et teestes, qui se attachent à d autes villes ou fondent des comtois su les voies inciales du tafic. x emies de la ète, de Ty, d Athènes ou de athage, font endant, au oyen Âge, les éubliques italiennes, les cités flamandes, cetaines villes d Allemagne du sud, les ots de la Baltique et de la me du Nod» 3. 2) De cette constuction initiale d un ouvoi olitique, eut aaaîte a démembement ou absotion des cités machandes, des États lus étendus, éousant de façon lus ou moins fidèle les fontièes natuelles. économie d échange s étendit à ati de ces deux ôles : es machands oosèent aux aysans et oiétaies teiens de nouveaux oduits, suscitant ainsi de nouveaux besoins, et favoisant la oduction agaie en vue du commece. 1 Id.,. 213-214. 2 Id.,. 218. 3 Id.,. 218. 39

es oblèmes monétaies au oyen Âge Invesement, les villes commeçantes étaient à l affût de matièes emièes, offant a la même des débouchées commeciales aux oducteus. Donc un déveloement concomitant du commece a les machands et oducteus, et l aaition de elations de lus en lus étoites ente États commeçants et inciautés teitoiales. Ainsi ou Yves Renouad, dans son ouvage su es hommes d affaies italiens du oyen Âge, ce sont les villes maitimes qui ont insufflés aux villes de l intéieu une activité économique. En Italie, c est à ati des villes maitimes que ce sont accus les échanges commeciaux. Elles imotaient de l intéieu, le bois nécessaie à la constuction navale, mais aussi les oduits suscetibles d ête exotés, invesement, elles chechaient des débouchés à l intéieu des tees, des oduits qu elles imotaient d Oient et d Occident. Raidement, dès le XII e siècle, les villes de l intéieu les lus favoisées, ont connu un ogessif esso économique. omme dans les villes maitimes, cet élan était insufflé a des familles féodales ou bougeoises, qui détenaient des oiétés immobilièes ubaines ou uales. es ossessions leu ocuaient des evenus en numéaie, constituant ainsi le emie caital destiné à ête investi dans des oéations commeciales isquées. 3) Ente ces deux hases, existe un stade intemédiaie : les gandes seigneuies, ou inciautés teitoiales, eosant su des voies commeciales. On eut cite a exemle, la Bougogne installée su une égion de assage, l Emie des Plantagenets eosant su l axe maitime et teeste du vin, eliant Bodeaux, le Poitou, la Nomandie et l Angletee, et enfin la onachie fançaise s auyant su deux voies fluviales ente Pais et Oléans. 3 a enaissance de l imôt et l affanchissement des hommes Un affanchissement intimement lié aux besoins financies de l État, ca c est le dési de leve l imôt, qui end l oéation de vente des affanchissements intéessante ou la tésoeie du oi. Ainsi, sous le ègne de ouis X le Hutin (1314-1316), le éambule de l odonnance de 1315 évoit non seulement comme incie, l émanciation des sefs du domaine oyal, mais aussi la nomination de fonctionnaies, «chagés de vende les affanchissements dans l un des bailliages du domaine oyal» 1. Deux événements enchevêtés s effectuent au niveau des seigneuies et des inciautés : a convesion des équisitions en imôt. a limitation de l abitaie dans la saisie de l imôt et des équisitions. A es affanchissements dans les seigneuies Une emièe évolution se éalise dans les gands domaines, a l abandon ogessif de leu exloitation diecte. Ainsi la «éseve» du seigneu tend à se éduie, ou ête emlacée a une gestion indiecte des tees. Se substitue aux sefs des hommes «libes», aux covées des edevances, et à une gestion diecte et autocatique des tees du ince, une gestion indiecte et économique. ette modification de stuctue, n engende as une libéation comlète, la sujétion du aysan au seigneu este de mise, ou autant, la gestion des tenues a des hommes «libes» est fot difféente de celle des sefs : es tenues des sefs es tenues des hommes «libes» Gestion diecte du ince Gestion indiecte du ince ovées seviles ovées limitées à un nombe fixe de jounées Redevances abitaies i.e. équisitions Redevances fixées en quantité ou en oucentage de la oduction, et aussi en Restictions dans la libeté de délacement, dans le maiage etc. monnaie Disaition de ces entaves à la libeté individuelle Ainsi, «la logique d un système qui demandait au sef de oduie lus en oganisant lui-même son tavail devait conduie à une libéation lus comlète» 2. 1 Id.,. 232. 2 Id.,. 233. 40

es oblèmes monétaies au oyen Âge a substitution des edevances aux équisitions, emet d accoîte la oductivité aysanne 1, et de soti de l économie de subsistance. Donc, une économie d échange qui s intensifie dans les seigneuies et va touve son olongement natuel dans les échanges avec l extéieu, notamment avec d autes seigneuies, mais aussi avec les machands et les États commeçants. De cet accoissement des échanges commeciaux, le suzeain va essenti la nécessité d effectue ses élèvements sous fome monétaie ou ouvoi acquéi des oduits lus vaiés en dehos du domaine. Avec les coisades, les seigneus doivent faie face à un double oblème : des déenses imotantes à effectue duant ce long éile, et l éloignement de leus tees qui end difficile la ecetion des edevances des aysans ainsi que leu suveillance ; d où, l abandon de la sevitude des sefs devenue inoéante a l absence duable du suzeain, et leu affanchissement ou collecte des fonds en numéaie. Bef, les affanchissements aaaissent ou le seigneu comme un moyen d obteni de la monnaie, et de libée atiellement les sefs en vue d accoîte leu oductivité. es affanchissements vont emette de ende lus attayant le commece ou les aysans, et a conséquent de faie émege une économie d échange monétisée, condition nécessaie à l aaition d un imôt efficace et donc à l affimation de l autoité du ince. B es affanchissements dans les inciautés De la même façon que dans les seigneuies, le oi affanchit les sefs de son domaine ou obteni du numéaie et exige des edevances en monnaie. «Su leus domaines diects, les souveains agient comme les seigneus tansfomant les covées en edevances écuniaies libéant les sefs. À cet égad, les ois de Fance fuent même, dans l ensemble, en avance su leus vassaux. histoie monte de façon évidente l oigine fiscale de ces affanchissements, en même tems que leu liaison avec l évolution économique» 2. On se end comte que l affanchissement des sefs coesond à une volonté de monétise la société ou emette des onctions fiscales, mais cette monétisation concene aussi d aute domaine que l émanciation des sefs. Ainsi tès tôt, les souveains oosèent la ossibilité de achete le sevice militaie, à ceux qui y était soumis. Philie III le Hadi (1245-1285), duant la camagne d Aagon, soumis les seigneus non ésents d une amende coesondant au coût esonnel de ce délacement. Invesement, il aya ceux qui aticiaient à la camagne au-delà de leu tems imati, ainsi que ceux non edevables au sevice militaie. Sous Philie le Bel, la substitution du sevice militaie ayé au sevice gatuit se déveloa. Plus écocement, on constate la même tansfomation en Angletee. es covées associées à la constuction des châteaux et fotifications, et les tous de gades concenant les estations esonnelles, fuent tansfomées en edevances monétaies. e doit de «gîte et ocuation», fut emlacé a un imôt diect. Il coesondait à l obligation des villes et abbayes, de loge le oi et sa suite, et de ende en chage toutes leus déenses. Peu atique, on le emlaça soit a une estation fixée de sevices, soit a une edevance écuniaie. e oi, lutôt que de se délace ou saisi ce doit, le fit tansfome en un imôt annuel. itons l exemle de aon : «a chate de aon de 1128 obligea les habitants à founi le gîte au oi tois fois a an, ou s il ne venait as à aye 20 lives. En 1189, confimant la chate, Philie guste emlaça l obligation des tois gîtes a une edevance annuelle de 200 lives. Des convesions de ce gene se multilièent» 3. Finalement, l affanchissement et la monétisation qui en découle, favoisent les échanges, condition sine qua non à l aaition de l imôt. En aallèle, la substitution des équisitions a les edevances emettent de limite l abitaie de l autoité oyale. est le aochement des intéêts de la oyauté 1 itons ou exemle, l analyse de R. benas, su une enquête faite a un commissaie du comté de astellane au XIV e siècle : «Pesque toutes les disositions ecueillies sont en effet tès favoables à l affanchissement et insistent encoe su les aguments ésentés a la ville. es lus suggestives sont celles qui émanent des esonnes chagées de ecevoi les doits du comte. es esonnes avouent n avoi jamais u obteni des malheueux malsevi le vesement de la moinde somme d agent deuis de nombeuses années : tout au lus les malsevi ont-ils founi, à eux tous, un agneau ascal. En conséquence, la tès gande majoité des notables affime que l affanchissement de ces sefs seait tès ofitable aux intéêts bien comis du comté» (AUBENAS R., 1937, «e sevage à astellane au XIV e siècle», Revue de doit fançais et étange,. 86-88 ; cité a ARDANT G., 1971,. 234). 2 ARDANT G., 1971,. 235-236. 3 Id.,. 238. 41

es oblèmes monétaies au oyen Âge et de la oulation aysanne, qui a fait disaaîte un système féodal incaable de éonde aux ambitions de lus en lus aogantes de l État. imôt va aaaîte comme le médiateu ente l État et le eule, foçant la monétisation de la société, mais en même tems éondant aux désis de la oulation de limite l abitaie de l État. Imôt et limitation de l abitaie Une fois l imôt élaboé, le oblème de l abitaie du ince n est as ou autant comlètement églé. À une sevitude en natue avec covées et équisitions, eut tès bien se substitue une sevitude monétaie fiscale. Si l assiette de l imôt est mal déteminée, ou bien, si les échanges commeciaux sont insuffisants aux exigences de la «couonne», l autoité oyale eut a maladesse et souvent le fait étouffe les maiges échanges naissants avec une suimosition, ou comense la baisse des ecettes fiscales. «a suéioité économique de la technique fiscale su le illage, la équisition oganisée ou la covée non églementée, ne end toute sa foce que si les conditions d établissement de l imôt sont soustaites à l abitaie» 1. Ainsi, la équisition de l imôt et la limitation de son abitaie sont à l oigine du ogès technique et l évolution de l économie. a gande éiode de défichement social ente le milieu du XI e siècle et la fin du XIII e siècle, qui voit la disaition de la féodalité et l aaition des émisses de l État, eut s exlique atiellement a une atténuation de l abitaie en généal, et l abitaie fiscal en aticulie, emettant le assage d une économie de subsistance en natue à une économie d échange monétisée, emièe étae fondamentale ves la modenité. Une émanciation sociale, coollaie de la diminution de l abitaie fiscal, se concétisant de diveses manièes : Une taille seigneuiale initialement abitaie et alicable à tous les tenancies. Duant le XIII e siècle, les communautés uales, s effocèent de ende la taille invaiable, en l «abonnant». ette taille, ne fut lus abitaie que ou les sefs, elle devenait alos un signe de sevage. Avec les affanchissements du XIII e siècle, et l émanciation des sefs, la taille edit son asect abitaie ou deveni un imôt dont le montant fut fixé. Aaition des communes à taves de nombeuses évoltes, ou échae à l emise du seigneu et de l évêque local. Elles ossèdent et cultivent, la tee et la foêt, sous un mode cooatif. Selon Antony Black, «en adotant le teme légal univesitas (cooation), les villages et, sécialement, les villes affimaient leu doit de osséde en commun et d ête econnus comme des esonnes cooatives au sens de la loi» 2. Pou les villes et villages qui n étaient as des communes, existait des chates de fanchises, où la suession de l abitaie était essentiel. Quelques exemles oosés a Gabiel Adant : «es villes de fanchises obtiennent comme les communes de gandes faveus fiscales. Pa exemle, la taille est abolie aussi bien dans les coutumes de ois, dans les chates de Bouges, d Oléans, de Tonnee, d xee, etc. que dans celles de Saint-Ome ou de antes» 3. institution de l hôtise, qui consiste à oose à des étanges aux domaines, des avantages fiscaux, ou qu ils éalisent des défichements. a céation de villeneuves et bastides, tès nombeuses dans cetaines égions au XIII e siècle, avec comme objectif, bien évidemment, la limitation de l abitaie fiscal. 4 es effets négatifs de l imôt Gabiel Adant, considèe que l imôt est une «technique libéable», dans le sens où elle otimise la libeté individuelle, tout en maintenant une cohésion sociale et une contibution «aux déenses à la vie en société» 4. ais c est aussi une technique libéable qui eut exime l oession la lus odieuse, si l économie de maché est insuffisamment déveloée. En effet, sans économie d échange, la mesue de la matièe imosable ne eut ête que gossièe, ce qui entaîne un assevissement des 1 Id.,. 299. 2 BAK A., 1993,. 557. 3 PETIT-DUTAIIS, es communes fançaises,. 49 ; cité a ARDANT G., 1971,. 311. 4 ARDANT G., 1971,. 11. 42

es oblèmes monétaies au oyen Âge contibuables maginaux, et une sous-imosition des contibuables aisés. Pa conséquent, si les individus ne euvent avoi accès à des flux commeciaux suffisamment déveloés ou obteni les essouces monétaies demandées a l État, dans ce cas, ils éféeont la covée, le sevage, l entetien du seigneu, ou le aiement en natue. imôt : instument de libéation mais aussi de coecition. À cette deuxième caactéistique, la éonse de la société fut violente, jusqu à mette le oyaume à feu et à sang. État n est encoe qu un esatz d État modene ; tès loin de déteni le monoole de la violence, il doit afois se soumette aux foudes oulaies d une ae butalité. État doit assujetti ou subi la ésistance du milieu. Deux conséquence de l imôt su la société : Un alentissement de l activité économique. es éactions violentes des contibuables avec les évoltes fiscales. A effet négatif de l imôt su l économie Globalement, du XIII e au XVIII e siècle, les systèmes fiscaux sont une containte à la oduction, au commece, et à l investissement. imôt est l une des causes de la lenteu des ogès économiques. Sans monétisation suffisante de l économie et l extension d une économie de maché, l État imosait de façon exagéée les quelques flux lui étant accessibles, ou alos, multiliait les imôts indéendants des échanges (imôts en natue, ou imôts fixes su le caital), ou bien déteminait un imôt de caitation vague 1. Plus tadivement, on eut comende le flétissement du négoce et un cetain etou à l économie femée, a le déveloement excessif des imositions su la ciculation, c est-à-die les éages. Ainsi, «su la oie, ente Roanne et Nantes on ouvait dénombe 74 bueaux de éage au XIV e siècle, 120 en 1567. a situation était de même ode su le Rhône et su la Seine. En Allemagne elle était eut ête ie. À la fin du oyen Âge, su le Rhin, se succédaient lus de 60 éages. Su l Elbe, la Wese, d autes ivièes, les bueaux n étaient as moins nombeux Su l Elbe, en 1606, de 60 ièces de bois il fallait en abandonne 42 en aiement des éages, le chiffe coesondant était de 36 en 1667, de 54 en 1685 : un dixième du chagement avenait de Saxe à Hamboug!» 2. ême constat ou les tansots a oute. A contaio, on eut comende l avance économique de la Gande Betagne su la Fance de l Ancien Régime, gâce à un système fiscal unifome et la libeté du commece intéieu. B es évoltes fiscales Tout ne s exlique as a l imôt, mais il a constamment sevi de étexte, aggavé les mécontentements. Sans cesse dans l histoie, l imôt a été utilisé et exloité ou justifie des mouvements olitiques lus ou moins violents. De nombeux meneus uent émouvoi la oulation conte l autoité oyale, en se sevant du mécontentement latent. Pendant de nombeux siècles et encoe à note éoque il n existait as de meilleu moyen ou conquéi le ouvoi, ou du moins de l infléchi en le etubant, qu en «agitant» l éouvantail fiscal. e degé de violence se déclinait des simles manifestations vite éimées, jusqu aux évoltes egouant des bandes amées, nécessitant l envoie d une véitable amée. Sinon, «classiquement» et a tadition, on s en enait aux eésentants de l autoité ublique, en leu faisant subi des sévices ou totues lus ou moins affinés 3. Tois asects aux évoltes : Oosition à l État, essentiellement duant deux siècles : le XIV e et XVII e siècle. Des égions sont ivilégiées. 1 On fait aye à chaque homme la même somme. Sous une fome un eu lus comlexe on intoduit une distinction ente les catégoies juidiques ou ofessionnelles. 2 Id.,. 358-360. 3 «De la liste des ministes des finances, suintendants ou contôleus généaux de la Fance, il n est as difficile d extaie un long matyologue. es uns sont mots su l échafaud, Engueand de aigny (conseille de Philie le Bel, sacifié a ouis X le Hutin, ou calme la haine de hales de Valois, fèe du emie) et Semblançais (suintendant des finances de Fançois I e, ce denie lui devant un million de lives tounois qu il ne eut lui embouse, le fait ousuive a une commission diigée a Duat son ennemi jué, qui finalement le condamne à mot ou malvesations), ou ne as ale des Temlies qui ayèent d affeuses totues leu habileté dans le maniement des fonds ublics ou ivés. Plus heueux Jacques œu (1395-1456) et lus tad John aw (1671-1729) uent ati en exil. Fouquet (1615-1680) n évita l exécution caitale qu au ix d une ison eétuelle. eux qui échaèent aux condamnations fuent la cible des amhlétaies. es mazainades (azain : 1602-1661) emliaient une bibliothèque et il conviendait d y joinde bien des ouvages de olémique» (ARDANT G., 1971,. 317-318). es aenthèses ont été ajoutées. 43

es oblèmes monétaies au oyen Âge Oosition de classes à l État es évoltes du XIV e siècle : En Fance : «Aès les émeutes de Rouen et de Pais, Philie le Bel se heuta, eu avant sa mot, à une ésistance généalisée qui se olongea sous son successeu avec les ligues ovinciales qui éunissaient la noblesse et les «gens du commun»» 1. a défaite de Poities (Octobe 1356), est suivie d une Jacqueie et d émeutes dont Étienne acel end la tête. hales V (1364-1380) ut gouvene dans le calme, sauf en 1378 avec la évolte du anguedoc. e début du ègne de hales VI (1380-1422), est maqué a des mouvements violents : la Picadie et la Nomandie se évoltent. À Rouen en 1392, les émeuties bûlent les achives de l abbaye de Saint-Ouen, et font jue au oi, la chate des nomands. À Pais, en 1382, c est la évolte des maillotins 2. En 1413, aboche l écocheu sème la teeu dans Pais. a éaction de la bougeoisie amène le etou des Amagnacs avec de sanglantes eésailles. Hos du oyaume, la Fance a aussi fot à faie, notamment avec les «vêes siciliennes» en 1282, les «matines bougeoises» en 1302, et le soulèvement de la Flande maitime avec la guee d extemination qui s en suivit de 1323 à 1328. Gande Betagne : «En Angletee une séie d émeutes culminèent en 1381 avec la gande évolte des tavailleus anglais» 3. es insugés massacèent de hauts dignitaies, obligeant Richad II (1377-1399) à faie des concessions, qu il n aliqua d ailleus as aès le meute du chef des évoltés et la disesion du mouvement. Heni IV (1399-1413) dut faie face aux évoltes de 1402 et 1405. Section 3 onnaie et imôt onnaie et imôt, loin de s exclue mutuellement a leu aatenance à l ode économique ou la emièe et l ode olitique ou le deuxième, sont intimement liés. À note éoque, où la monnaie nationale est utilisée dans les échanges et les imôts libéables dans cette monnaie, il aet que «le endement du système fiscal est lié au système monétaie qui founit au contibuable le moyen de aye l imôt et à l État le moyen de l utilise» 4. oyen Âge, nous avons vu que la monnaie est instituée essentiellement a le ince, avec comme coollaie le déveloement d un imôt libéable en monnaie. a tésoeie des États, induit une saisie monétaie, qui endant longtems entaîna des famines monétaies à cause de l insuffisance du numéaie dans l économie. Gabiel Adant, dans sa Théoie sociologique de l imôt 5 et son Histoie de l imôt 6, distingue lusieus oints essentiels dans les aots ente monnaie et imôt : Une subodination de l imôt à la monnaie. imôt favoise la thésauisation. imotance de la fiscalité su le fonctionnement du système monétaie. a monétisation focée de l économie a l imôt. 1 imôt déend de la monnaie a subodination de l imôt se évèle dans les éiodes de famine monétaie où l imôt eut disaaîte. En effet, le manque de monnaie entaîne un etou à l économie femée, qui induit un etou à l imôt en natue 7. es estictions monétaies ont deux effets su la fiscalité : Un effet diect, a les difficultés que encontent les contibuables ou aye l imôt libéable en monnaie. Un effet indiect, a la estiction des tansactions qui diminuent la matièe imosable. 1 Id.,. 404. 2 Sunom donné aux jeunes gens qui saccagent le quatie des Halles, focent l Hôtel de Ville, et s emaent des maillets de la olice. 3 Id.,. 404. 4 ARDANT G., 1965,. 503. 5 Id., Tite II, imôt et la monnaie,. 501-536. 6 ARDANT G., 1965,. 356. 7 Quelle est l efficacité d un imôt en natue a aot à un imôt monétaie? Il doit ête moinde, étant donné que le etou à l imôt en natue ne s effectue que duant les éiodes de cise. 44

es oblèmes monétaies au oyen Âge 2 imôt induit une double thésauisation monétaie Toutes choses égales a ailleus, l imôt saisit une cetaine quantité de monnaie du cicuit économique, qui los des éiodes de cise eut veni à manque. Pa conséquent, l imôt augmente le besoin de monnaie des agents économiques. Ainsi, les énuies monétaies en Euoe, ont atiellement été causées a «la céation des emies États modenes, au déveloement de la fiscalité, et aux onctions des tésoeies su le stock de monnaie» 1 et aticulièement ente le XIV e et XVII e siècle. A a thésauisation du ouvoi oyal e besoin de monnaie est encoe accentué, a la thésauisation de l État, qui mobilise des fonds endant de longues éiodes. Deux causes à cette thésauisation : aladesse de l administation, ou autement dit les difficultés techniques que enconte l État à accoîte la vitesse de ciculation de la monnaie. Dési des gouvenements d accumule des encaisses de écaution ou d ostentation 2. A contaio, notons l effet ositif des «déthésauisations» consécutives à cetaines conquêtes : la céation de l emie d Alexande, l exansion musulmane, et les oisades qui «s accomagnèent de la mise en ciculation de tésos notamment de tésos d église» 3 favoisant ainsi un commece enaissant. B a thésauisation des agents ivés À côté du dési de monnaie ou le motif de tansaction, de écaution, et de séculation, Gabiel Adant en cite un quatième qui est le dési de monnaie ou le motif de dissimulation. Deux causes à cette dissimulation : insécuité. a cainte de l imôt. Selon l auteu, le choix des métaux écieux comme monnaie, découle d un ocessus de sélection visant à dissimule la ichesse. Ainsi, le faible oids de la monnaie métallique, son faible encombement, et son caactèe maniable, en font un des meilleus moyens ou dissimule la ichesse. Il étaye son hyothèse en elevant la coélation existante ente le nombe de tésos enfouis et le climat d insécuité 4. a cainte de l imôt est également une cause de thésauisation, et lus aticulièement l abitaie des gouvenements et les menaces de confiscation. 3 e ôle de la fiscalité su la monnaie e défaut de monnaie dans l économie, a ou conséquence une baisse des ecettes liées à l imôt. Deux solutions à ce oblème : gmente la quantité de monnaie. Accélée la vitesse de ciculation de la monnaie. 1 Id.,. 512. 2 Pou monte l imotance de la constitution de tésos, su la diminution de la quantité de monnaie en ciculation dans l économie, Gabiel Adant (. 513) cite Fustel de oulanges, su l obsession des ois caolingiens à s emae des tésos de leus édécesseus ou concuents : «On est confondu de la lace que le téso tient dans toute cette histoie. lovis (oi des fancs : 481/482-511) «end le oyaume de Sigebet avec ses tésos». Il tue Alaic et end «son oyaume, ses tésos et son eule». hildebet I e meut, et son fèe «end son oyaume et ses tésos». Gontan aussi étend avoi «le oyaume de aibet et ses tésos». a guee civile de 613 a ou lus clai ésultat «de soumette à lotaie II tout le oyaume des Fancs et tous les tésos». Dagobet I e (oi des fancs : 629-639), à la nouvelle de la mot de son èe, «cout s emae de ses tésos». e même ince, dès qu il aend la mot de aibet, se fait aote «ses tésos». Il meut, et le choniqueu aconte en détail, comme la lus imotante affaie de cette année-là, de quelle manièe ses tésos fuent atagés ente ses deux fils. Plus tad, Péin, vainqueu à Testy, «s emaa du oi Thiey et de ses tésos»» (FUSTE DE OUANGES, es tansfomations de la oyauté endant l éoque caolingienne,. 18-20). 3 Id.,. 513. 4 Il cite une étude achéologique : «Adien Blanchet a elevé année a année quels fuent, du I e au IV e siècle, le nombe et l imotance des tésos enfouis en Gaule ; 880 touvailles sont classées a ode géogahique et a ode de date. ette éatition dans le tems et dans l esace coïncide, de façon tès nette, avec les vaiations de la sécuité ublique ; au etit nombe de touvailles sous guste, on eut oose a exemle les 48 tésos aotés aux ègnes de Godien III, de Philie, de Dèce et de Tébonien Galle, soit au total un esace de quinze ans seulement En somme, le III e siècle, cette éiode où faillit sombe une emièe fois l Emie omain, se maque nettement a le nombe de tésos enfouis» (. 514). 45

es oblèmes monétaies au oyen Âge gmente la quantité de monnaie, l attie ou la eteni. Plusieus ossibilités : 1) Pemièe éaction au oyen Âge : intedie les soties de numéaie, faie veni les métaux écieux, limite leus emlois non monétaies. 2) Dési de touve des métaux écieux : les découvetes des otugais, ou saisi l o du Soudan, le voyage de histohe olomb qui echechait à la fois les éices et les métaux écieux. 3) Favoise le commece extéieu, ou avoi une balance commeciale excédentaie, et donc accoîte la ichesse nationale : c est le mecantilisme. 4) Déveloement des banques avec la céation de la monnaie de banque, avec tout de même un bémol : dans un égime où la monnaie fiduciaie est convetible en métaux écieux, les banques doivent émette une quantité de monnaie en ootion de leus avois en métaux écieux. ieux utilise la monnaie, en accéléant sa ciculation, que ce soit ou les besoins ivés ou ublics. Accélée la vitesse de ciculation de la monnaie, evient à éduie «le alentissement de la ciculation de la monnaie qui ésulte de son assage à taves les caisses ublique» 1. En amélioant les mouvements de fonds de l État, on amélioe les mouvements de fonds ivés. 4 a monétisation focée de l économie a l imôt Nous avions vu écédemment que du XIII e au XVIII e siècle, les systèmes fiscaux sont une containte à la oduction, au commece et à l investissement, du fait de l atonie des échanges, et de la difficulté à mesue l assiette d imosition, isquant d engende un abitaie fiscal tès éjudiciable au ouvoi oyal et au déveloement du commece dans le monde aysan. Poutant, il ne faut as este su ce constat essimiste, ca l imôt a des effets ositifs su l économie. a monétisation imosée a l imôt aux aysans affanchis, les obligent à soti de l économie de subsistance, ou de la civilisation matéielle selon l aellation de Fenand Baudel. À la fin du oyen Âge, et encoe endant de nombeux siècles, l économie agaie est dominante et conditionne toutes les autes activités. ette économie aysanne fonctionne essentiellement sans monnaie. es edevances en natue assue le fonctionnement de la seigneuie, et l autoconsommation suffit juste aux aysans ou suvive. Si la monnaie semble maginale dans cette économie d autosubsistance, elle este tout de même indisensable. Ainsi, il existe une nécessaie monnaie de comte, étalon de mesue de la valeu des choses et sevices, dont le monoole est détenu a le seigneu. ême si elle n aaaît as dans le toc, la monnaie de comte emet de faie une évaluation monétaie des biens échangés. a monnaie comme intemédiaie des échanges devient nécessaie, losque les biens ou sevices que l on veut oose dans l échange ne touvent as de conteatie immédiate en biens ou sevices. Dans ce cas, il n est as nécessaie d avoi une monnaie éelle du oi, les aysans céent leu oe monnaie fondée su une econnaissance de dette, eximée en unité de comte. a monnaie du oi n est donc as imodiale ou l économie agaie, ce qui ne veut as die comme nous venons de le voi que les aysans méconnaissent la monnaie comme intemédiaie des échanges, au contaie elle leu est nécessaie, mais sous une fome difféente. a monnaie oyale est atique, mais ou comte, on eut tout aussi bien utilise la monnaie de comte. Du oint de vue logique la monnaie n est as une nécessité, au contaie son ôle est edondant, d où la question qui se ause de la ténuité de la monnaie ublique dans l économie médiévale. ogiquement, elle n a as à ête o elle est. ontadiction qui se ésout a l affimation du ouvoi oyal, qui va imose sa monnaie éelle à cette société qui n en a as fondamentalement besoin. e moyen d imose la monnaie ublique, c est d exige un imôt libéable uniquement en monnaie ublique. Dans ce cas on eut tès bien suose, que les aysans efusent ce aiement monétaie ou lui éfée le aiement en natue, lus facile. Solution séduisante mais imossible. imôt n est as discutable, il est une containte indéassable. e que nous voulons die a là, c est que la monétisation n existe que si l imôt est le médium de la violence étatique. est ace que l imôt est l exession de la volonté de l État, que la monnaie éelle eut cicule dans l économie. a violence étatique est donc la condition nécessaie à la ciculation de la monnaie ublique. e ésultat de cette 1 Id.,. 525. 46

es oblèmes monétaies au oyen Âge exigence de aiement en monnaie, c est l obligation ou les aysans de se ocue de la monnaie, et quoi de lus atique ou en obteni que de vende ses oduits su les machés. e n est donc que containt et focé, que les aysans sotent de l économie de l autosubsistance, ou ejoinde l économie d échange, en allant su les machés ubains. est donc gâce aux mesues autoitaies de l État, que les échanges se sont accus su les machés. a monnaie induit donc une déendance des aysans vis à vis de l État et des machés. assage, il est intéessant de note, que l économie de maché loin d ête autosuffisante, aaaît comme déendante de l affimation du ouvoi oyal. e maché semble ête intimement lié à la violence de l État. ette emaque, eend d ailleus celle que nous avions souligné antéieuement, avec l aticle d Alain Guey su l imôt don et l imôt focé, où nous avions vu que l imôt containt était l affimation d un État eneu fiscal, en oosition avec un oi donneu magnifique. Difféenciation histoique ésultant de l émegence de la bougeoisie, dont l esit caitaliste s affime aallèlement à l État ; tous deux étant oosés à une autoité oyale déensièe et déassée. «Dans une lage mesue, l industie uale, qui tint une si gande lace dans l économie des siècles assés, est fille de la containte fiscale» 1. Dans note deuxième atie nous allons enteende le même tye d analyse que nous venons de mene mais concenant le ouvoi machand. Nous taiteons de l émegence et de l affimation de la dynamique du ouvoi machand qui s est accomlie en aallèle de celle du ouvoi oyal. Ayant décit les conditions d existence de ces deux dynamiques, nous seons mieux à même de taite des oblèmes monétaies dans la denièe atie de note étude. 1 ARDANT G., 1971,. 356. 47

es oblèmes monétaies au oyen Âge Seconde atie affimation du ouvoi machand 48

es oblèmes monétaies au oyen Âge Avant d entame cette seconde atie, quelques écisions s imosent. Il est couant d use de l oosition classique ente ode olitique et ode économique. ode économique ayant la étention d ête autosuffisant, ce qui est une eeu concenant le oyen Âge. ette oosition nous y souscivons mais elle est to généale et to floue. Note démache est de elace dans leus contextes histoiques, les oblèmes monétaies et l émegence des dynamiques économique et olitique aux aots fots comlexes. À l oosition ente ode olitique et ode économique, nous y subsituons celle ente le ouvoi machand et le ouvoi oyal, ce qui evient à mette en situation, à «contextualise», note coutumièe oosition ente le olitique et l économique. Pouvoi oyal, ca la fome la lus emblématique au oyen Âge du ouvoi olitique est celle du oi. Pouvoi machand, ca ce sont les hommes d affaies italiens qui à ati des oisades ont étendu considéablement les hoizons du caitalisme machand, allant jusqu à cée la Bouse, ultime abstaction médiévale de cette dynamique machande exubéante d énegie et d imagination. est à ati du commece méditeanéen que s est constuit le succès des machands italiens, ou ensuite ayonne su l ensemble de l Euoe. Gadons en tête l image de ce histohe olomb, qui avant de faie la découvete des Améiques était un machand génois, dont l esit mecantile et individualiste lui a fait enteende ce voyage insensé ou l éoque. omme tous les mecatoes, il était animé d une soif inextinguible de ichesses lui faisant tavese un océan ou ejoinde cet Eldoado si enchanteu. Bef, un commece méditeanéen, d où iadie toute la dynamique caitaliste du oyen Âge. De ce négoce émegea, la banque locale, la banque intenationale, la lette de change, les comagnies en succusales et en filiales, le tout animé a un esit usé, égoïste, et ationnel, qui fea aussi bien lie les inces de l Église que ceux des oyaumes. es hommes d affaies italiens, ont su aussi bien que les ois, imose leu volonté de façon eut-ête lus discète mais sûement lus insidieuse. ême des intedictions de l Église su l usue, ils en feont fi, en inventant le echange. Nous nous effoceons de ende comte de cette belle éussite commeciale en l analysant de deux façons : Dans le emie chaite, nous emloieons une démache analytique, en exosant les difféents concets et instuments mis au oint a le ouvoi machand dans son insatiable dési de ichesses. Dans le second chaite, nous seons lus descitifs en emloyant la méthode histoique, qui nous aotea dans les faits, les euves de l émegence et de l affimation du ouvoi des hommes d affaies dès le XII e siècle. 49

es oblèmes monétaies au oyen Âge haite I es concets et instuments du ouvoi machand Section 1 e caital et le tavail e machand, l'homme de loi, le chanoine, l'officie de finance, euvent désie s'enichi en dehos de leu tavail. «Ils souhaitent un emloi qui n'exigea as d'eux un sulément d'activité et leu ocuea la simle émunéation d'un agent ou lequel ils consentent un isque calculé» 1. 1 a commission idée emièe qui vient à l esit est d associe les sécialisations des uns et des autes dans un ojet déteminé ou un bénéfice mutuellement avantageux. On confie à autui - le machand actif - de convoye et vende sa machandise. Sa émunéation est fixée a avance, il n'a as doit au ofit. «a commission n'est encoe qu'une oganisation contactuelle du tavail commecial» 2. a commission est un contat. a commission n est as encoe une véitable stuctue ou oganise le caital, elle set lutôt à amélioe l odinaie de chacun et à gagne du tems. a commission est d ode atique, elle découle du «bon sens». 2 a commande ette fome d oganisation du tavail et du caital est la emièe étae ves le caitalisme. «Deux machands, l'un disosé à mene les affaies 3, l'aute désieux de faie valoi une somme d'agent, unissent leus caacités ou une oéation dont ils atageont le ofit.... chacun end ses isques : l'un eut ede son agent, l'aute son tavail» 4. a commande est une association ente le machand qui mène l'affaie, qui aote ses connaissances des machés et ses qualités oes, et les autes qui financent. D ailleus on authentifie cette association en assant contat devant notaie. Deux fomes essentielles de commande : celle au gand commece qui est un cofinancement et déend de la duée du voyage ; celle d'investissement qui est un lacement financie, elle a un teme abitaie fixé à l'avance : «un an le lus souvent, endant lequel le commandité est maîte de ses affaies» 5. Nous veons dans le deuxième chaite 6 comment se décline la commande en fonction des contextes sociaux et commeciaux. Section 2 es difféents tyes de sociétés 1 a société à aticiations a distinction fondamentale ente la commande et la société à aticiations, c est que dans cette denièe le machand actif est aussi l un des bailleus de fonds de cette oéation collective. 1 FAVIER., 1987,. 190. 2 Id.,. 191. 3 est le machand actif. 4 Id.,. 191. 5 Id.,. 194. 6 Voi. 65-66. 50

es oblèmes monétaies au oyen Âge Un machand actif intège à son enteise des caitaux comlémentaies d'autes machands. «e machand actif est également l'un des bailleus de fonds d'une enteise collective où les aots en caital des autes associés n'ont d'aute objet que d'accoîte l'envegue des affaies» 1. Pemièe caactéistique : ce tye de société egoue eu de aticiants et sa solidité déend des alliances familiales et des contats. Deuxième caactéistique : la société en aticiations est bonée dans le tems 2. En généal, les bénéfices se atagent au oata des aots en caital. a société en aticiations est celle des etites affaies et des activités techniquement comlémentaies, ou les gands financements le machand devient banquie ou évite de cheche à l'extéieu les caitaux nécessaies à son financement. e véitable caitalisme va aaaîte chez les toscans ves 1350, à cause du volume des affaies qui nécessite une distinction ente le financement, la diection, et le labeu salaié. 2 a société en «commandite» 3 a caactéistique fondamentale de cette oganisation caitaliste est la ossibilité ou l associé de se etie de la société en commandite, quand il le désie avec sa at du ofit. est une «association de céancies à ats égales et cessibles» 4, l investisseu ouvant en osséde lusieus dans d autes sociétés en commandite 5. 'oéateu ou autant ne atage as ses esonsabilités, simlement la société doit faie aticie ses associés aux bénéfices. e tye de société séduit à la fois l'enteeneu et l'investisseu. «'un touve des caitaux qu'il ne émunéea qu'en cas de ofit. 'aute voit des lacements séculatifs caables de lus-values au ix d'un isque limité» 6. ais ou attie le cédit, c'est-à-die déveloe ou mainteni le maché des cessions, il est nécessai d insie confiance. es ats sont des oduits financies escomtables su lesquels s'oiente la séculation. Exemle Génois de la société en commandite : «Toutes les conséquences de la soulesse financièe offete a le système de la commandite, sont tiées à Gênes, où tout se met en sociétés «à caats». Entendons que, comme l'o fin est à vingt-quate caats égaux, la société est divisée en vingtquate caats égaux. vai, ien n'intedit de divise à leu tou les caats, et tel Génois qui lace en cent affaies l'agent qu'il a u éagne ne éugne nullement à l'achat d'un quat de caat : 1/96 e d'un navie ou, d'une exloitation. Ainsi offe-t-on, au milieu du XV e siècle, à un caitalisme socialement divesifié, des ats de sociétés constituées ou la commecialisation de l'alun d'asie mineue, du coail de Tunisie ou du mecue d'esagne» 7. te fome de la société en commandite, la gosse houque des villes hanséatiques, et dès le XII e siècle, les aies de Toulouse avec le atage de moulins 8. En définitive, les sociétés en commandite sont les écuseus de nos sociétés a actions. 3 a comagnie Dès les années 1300, Sienne, uis ensuite Floence, sont les emièes laces financièes occidentales. Aaaît le diecteu salaié d'une succusale. Nous diions maintenant le diecteu généal. A a comagnie se veut exclusive «omme dans la société en commandite, les associés atagent isques, ofits et etes. ais la comagnie intoduit une notion tès nouvelle, la esonsabilité collective, fotement cimentée a l'intediction des aatenances multiles. e oos des commandites était de divesifie les 1 Id.,. 195. 2 «Un quat des sociétés constituées à Toulouse ente 1400 et 1450 l'est ou moins d'un an, un ties l'est ou un an. Une société su dix, au lus, est oganisée ou des affaies à cinq ans d'échéance» (Id.,. 196). 3 Reconnu a la législation floentine en 1408 (RENOUARD Y., 1968,. 258). 4 FAVIER J., 1987,. 200. 5 À la difféence de la comagnie qui se veut exclusive. 6 Id.,. 200. 7 Id.,. 201. 8 Id.,. 201-202. 51

es oblèmes monétaies au oyen Âge investissements en lusieus sociétés dont les isques se comensaient. a comagnie, elle, se veut exclusive» 1. B a comagnie se fait aussi banque ou finance ses investissements e caital de la comagnie, se divise en deux aties : le caital social des associés, les déôts des céancies. es déôts sont émunéés en fonction de l'offe et la demande de cédit su le maché local 2. «e système a ses avantages : un intéêt gaanti ou le déosant, des caitaux disonibles sans atage du ouvoi ou les associés» 3. e système a aussi ses faiblesses celui de déende to sécifiquement de la confiance des déosants. À la emièe cise de confiance, les éagnants etient leu agent, et la comagnie ne eut lus faie face à ses engagements a manque de liquidités ; c est la faillite. Pou limite ce isque, dès 1370 les Toscans mettent au oint des sociétés en filiales. On asse ainsi, de la comagnie du XIV e siècle, comosée de succusales non autonomes, à la comagnie du XV e siècle, divisée en filiales indéendantes. eci est endu nécessaie a la lenteu des communications, et ou évite que la faillite de l une des succusales ne se éecute su l ensemble de la comagnie. Bien qu on laisse une cetaine libeté aux filiales, il existe une olitique globale symbolisée a le nom collectif. «algé l'autonomie qui éond à la lenteu des elations, le système des filiales gade intacte ce qui faisait l'unité des comagnies à succusales du XIV e siècle : la vue globale des mouvements d'affaies euoéens, l'adatation généale des tyes d'activités aux vaiations de la conjonctue, l'infomation mutuelle en un éseau à l'échelle du monde économique. a comagnie gade ce qui imote à son cédit olitique autant que financie : l'unité de maque qu'illuste le nom» 4. Il existe eut ête une décentalisation au niveau de la gestion, mais en ce qui concene le caital, la mainmise de la famille diigeante ne souffe as d excetion. Dans le second chaite de cette seconde atie, concenant l affimation histoique du ouvoi machand, nous analyseons lus en détail les comagnies 5. Section 3 e cédit local 1 a citique de l usue e monde médiéval était tès maqué a les fondements théologiques du tavail et du ofit, et a une citique tès fote du êt à intéêt ou usue. a citique de l usue : Pa l Église: «e tavail était l une des unitions du éché oiginel. homme était condamné à gagne son ain à la sueu de son font, comme la femme à enfante dans la douleu. Tout gain sans tavail aaissait donc honteux. était le tue lucum a excellence : une tomeie devant Dieu» 6. Pa les hilosohes : «es hilosohes allaient lus loin. Dans la ostéité intellectuelle d Aistote, on notait que l agent est en soi une chose stéile. agent ne oduit de ichesse que a l effet du tavail, non a l effet du tems. a le tems est à Dieu, et l agent céé a le tems est, au sens oe, déobé à Dieu. S aoie le fuit du tems, c est le éché d ogueil a excellence» 7. En déniant toute légitimité à ce ofit temoel qu est l usue, les hilosohes scolastiques ejoignaient les moalistes chétiens qui condamnaient l intéêt comme oduit de l oisiveté. algé cetaines avancées de la at de théologiens comenant la nécessité du êt à intéêt, le monde eligieux esta globalement hostile au monde économique et le fit savoi a d imotantes décisions : «Faisant écho au canon du quatième concile du atan, le concile ovincial de Têves intedit en 1227 tout déôt émunéé chez les financies. e concile univesel de yon, en 1274, ive de la séultue chétienne les usuies qui ne éaeaient as avant leu mot les «tots» causés aux 1 Id.,. 205. 2 Pou donne un ode d idée, au XV e siècle, les comagnies italiennes offent aux déosants un intéêt de 8 à 12 %. 3 Id.,. 206. 4 Id.,. 208. 5 Voi. 68-70 et. 76-80. 6 Id.,. 240. 7 Id.,. 240. 52

es oblèmes monétaies au oyen Âge emunteus a la ecetion d un intéêt» 1. Jusqu au oncile de Vienne en 1311, la ecetion d un intéêt était motif d excommunication, et tois siècles lus tad le sentiment eligieux otestant aussi bien que catholique était encoe hostile à la echeche de ichesses, même aès que l église eut fomellement acceté les notions de ofit et d intéêt. Dans la atique on se end comte de la nécessité de déveloe le cédit ou souteni la coissance et les équilibes économiques. On s effoce donc de mainteni à l écat du monde machand, les théologiens et canonistes ou évite qu ils ne aalysent le cous des affaies. D ailleus les Pinces emuntent beaucou auès des machands, et il était même entendu que le êt au Pince était l une des conditions à l obtention de ivilèges en natue, à défaut de touche des intéêts su ces êts. Donc de facto, une econnaissance du êt à intéêt, malgé sa condamnation moale. «ssi les inces, qui sont toujous êts à légifée au sujet de l usue, se gadent-ils bien de l intedie. hechant à modée la atique et à limite les excès, ca ceux-ci toublent éellement l ode économique et social, mais ne souhaitant nullement aalyse la vie économique de leus sujets, un ouis VII et un Saint ouis se contentent de fixe ou les usuies juifs un taux annuel maximum, 33 ½ %, dont nul ne cache qu il sea en fait le lafond toléé ou les usuies chétiens» 2. 2 e monde du cédit A a vente à cédit Tès souvent les oéations d achats ne se églaient as immédiatement, mais s effectuaient à teme a l ouvetue d un cédit auès du vendeu. Dans le commece de gos ente gands négociants, comme au détail ente commeçants et clients, le aiement au comtant était toujous l excetion. On allait lus loin, avec la vente à teme qui consistait à vende un bien avant qu il n existe. Dans ce cas l acheteu à teme était un séculateu qui anticiait son achat ensant ofite d un ix lus bas ou d une conjonctue lus favoable. e vendeu bénéficiait d une fome de cédit a cette vente anticiée, l intéêt de l acheteu consistant dans le bénéfice escomté. B e êt amical amitié n a ien à faie avec ce tye de êt, simlement les aaences sont sauves, c est l essentiel! e êt amical, concene de etits montants, c est l exédient des etites gens. On ête quelques sous à échéance de quelques jous, ien à voi avec les êts bancaies. e êteu est bien entendu étibué a des intéêts qui euvent ête conséquents losque la éiode de embousement s allonge : embouse six sous ou cinq à échéance d une semaine, cela fait une usue de 20 % tous les set jous. Plus simlement, on dissimulait l intéêt sous la fome d un «don» : «ien n intedit un ésent en agent à qui vous a obligé» 3. e êt amical se atique ente esonnes qui se connaissent, dans le cas contaie, on va chez l usuie en ce qui concene les modestes êts. usuie est un êteu su gage. «usuie est un homme qui tient une boutique oe à son négoce, une sote de bic-à-bac où s entasse la misèe du monde et devant lequel on asse avec cainte ou dédain, selon le besoin que l on en a» 4. Dans la atique, les usuies étaient nécessaies ou les lus démunis, et l Église «femait les yeux» même en ce qui concene les usuies chétiens qui s adonnaient à ce commece «diabolique». On ne connaît as d intediction concenant les usuies ; cetains assaient devant les tibunaux et étaient condamnés à une amende mais ils étaient ensuite libes de eende leu activité. es usuies se sont oganisés autou de sociétés, et notamment les ombads et ahosins 5, en déveloant des activités bancaies. Disosant de coffes ou les gages, le ublic y déosea ses ichesses. est le début du déôt en numéaie. 1. 243-244. 2 Id.,. 244. 3 Id.,. 253. 4 Id.,. 253-254. 5 Voi. 256. 53

es oblèmes monétaies au oyen Âge D a vente à achete 1 Une esonne désiant obteni un cédit, vend un bien tee, maison, objet mobilie en se ésevant la faculté de le achete dans un cetain délai. «e êteu qui achète en sachant qu il deva éventuellement ende son acquisition gagne en l affaie un intéêt que l on déguise lus ou moins habilement en suestimant le bien, donc l obligation de achat, sans faie aye éellement au déat le ix ainsi déclaé» 2. e système fut avec les dévaluations monétaies, l une des inciales causes de enouvellement des oiétaies foncies. es anciens nobles féodaux suendettés, incaables de esecte les délais de la clause de achat, se voyaient déossédés de leus biens au ofit de ces bougeois et céancies, nouveaux avenus. E a location-vente Essentiellement déveloée dans les milieux d affaies suffisamment élaboés. «On va chez un notaie ou vende un bien, uis chez un aute ou asse un acte qui laisse au vendeu, moyennant un loye, l usufuit du bien qu il a vendu. Il estea à asse lus tad chez un toisième notaie un toisième acte, qui annule la vente» 3. Donc un seudo-vendeu qui en définitive est le débiteu et un seudo-acheteu qui est le céditeu. acheteu (le céditeu) est embousé sous la fome de loyes du bien mis en location-vente, dont il n a as l usage, ni en doit, ni en atique. 3 es déôts et les oéations de viement A aaition du comte de déôt es déôts aaaissent avant 1200 en Italie et eu aès à etz et Buges. es déôts vont se faie chez les changeus ou deux aisons essentielles : la emièe est qu ils disosent de coffes, la deuxième est leu cométence à détemine la qualité des esèces déosées. e déôt est avant toute chose une éseve sécuisée (un coffe-fot), on ne le considèe as encoe comme un lacement émunéé. B aaition du viement e changeu disose d un jeu d écitues qui est le live-jounal. Dans ce live, le changeu va ouvoi océde à de simles comensations financièes ente clients. e viement est céé à ati de la confiance des clients dans la gestion du live-jounal du changeu. e chèque n existant as encoe, les viements s effectuaient su la foi d un ode oal et était consigné dans le live-jounal du changeu. a hase suivante fut la éalisation de viements ente comtes de changeus difféents. On touve le emie exemle d un viement de ce gene ami les ièces d un ocès laidé à Gênes duant l année 1200. À Buges 4 et dans de nombeux centes commeciaux, tous les changeus de la lace étaient en comte couant l un avec l aute. Petit à etit, on accete que le changeu, en conteatie des sevices qu il end à sa clientèle, uisse faie des affaies avec l agent qu il gèe. En effet, les changeus constatèent aidement avec l exéience, que les viements étaient d un moinde montant que les avois monétaies qu ils détenaient. Pa conséquent, les changeus êtèent et lacèent la majeue atie des fonds mis à leu disosition, tout en gadant une encaisse monétaie suffisante ou faie face aux débits de leus clients. itons Raymond De Roove ou cloe cette mutation fondamentale de la monnaie : «XIV e siècle déjà, le déôt en change ou en banque était devenu une monnaie fiduciaie qui eosait su la confiance du ublic dans la solvabilité des changeus. À côté des esèces sonnantes et tébuchantes qui ciculaient de la main à la main, il existait à Buges et dans d autes centes commeciaux une monnaie de banque, comosée de déôts, qui ciculait a tansfet dans les egistes des changeus» 5. On commence à ale de banque ca «l étal du changeu s aelle un «banc»» 6. e incial maché bancaie sticto sensu 1 est le maché du Rialto à Venise. XV e siècle, ce maché sea la lus 1 Reconnaissance de dette suéieue à la somme véitablement êtée. 2 Id.,. 257-258. 3 Id.,. 258. 4 À Buges ves 1305-1370, les quinze changeus cités a les comtes communaux sont en elation ou effectue des comensations ente comtes. 5 DE ROOVER R., 1946-1947,. 116. 6 FAVIER J., 1987,. 260. 54

es oblèmes monétaies au oyen Âge gande lace de déôts d Euoe. À Bacelone, deuis 1401 existe une Taula de cambi, jouant un ôle ublic et sevant de Téso annexe à la ville. À Buges, l activité se concente su la lace «de la Bouse», du nom de la famille Van de Beuse. e nom assea au XV e siècle à Anves, où l on aellea «Bouse» 2 le lieu de éunion des changeus. aaition de la gande banque 3 Pou que le changeu déasse l étoitesse de son négoce, il faut qu il déveloe d autes activités. «e change «manuel» ente alos dans le comlexe d affaies dont le gand machand ou la société tie les fils» 4. a banque, le change ne sont lus que les difféents éléments d un ensemble lus vaste qui end la fome d une comagnie. a banque modene aaaîta avec la asa di San Giogio. ette oganisation avait initialement comme objectif, la gestion de la dette de l État. Elle egouait l ensemble des céancies, qui géaient en commun l affemage cédé a Gênes, conteatie de leus céances. est une banque, qui ouve des «colonnes» à quiconque souhaite investi dans la dette ublique. es Génois du XV e siècle vont alos ende l habitude d acquéi des lieux de Saint-Geoges, c est-à-die ouvi des comtes, aussi natuellement que l on achetait au XIV e siècles des caats dans les comee. Nous décions avec lus de concision le fonctionnement de la asa di San Giogio dans note chaite su l analyse histoique du ouvoi machand 5. Section 4 a lette de change es atiques de l usue et du viement scituale estent enfemées au niveau local, o les machands déveloent un négoce à l échelle euoéenne qui nécessite des comensations de lace en lace. Pou évite la ciculation de métaux écieux et d esèces su les outes dangeeuses et cahoteuses de l Euoe, les machands vont s oganise ou déveloe des tites de céance emettant des aiements comensatoies ente les difféentes cités machandes. Ils endont successivement la fome du contat de change et de la lette de change. est du contat de change que naîta la banque intenationale. a banque locale émegence du change manuel était l aanage des changeus, la banque intenationale émegence du change tié sea l aanage des cambistes et machands-banquies oganisés en de uissantes comagnies 6. 1 e change tié omme su le banc des changeus, le incie este le même, on échange une monnaie conte une aute. ais le change ici, n est as une oéation manuelle et immédiate, et sans écit, on tie le change su une aute lace, le change tié ne seait donc ête immédiat. Note changeu local devient un cambiste qui intevient auès d autes cambistes mais au niveau de l Euoe. «e cambiste qui «tie» un change est d abod un machand, un négociant à qui une clientèle lointaine ocue su d autes laces des céances et des dettes» 7. Sans cette communauté de machands liés les uns aux autes a des céances et des dettes coisées, le change tié auait été imossible. e changeu taditionnel, dont les tansactions se déoulent uniquement dans sa ville, n a que faie des tansactions 1 activité bancaie se ésumant à des jeux d écitues ente les difféents comtes des clients, sans oéations de êt ou de émunéation des comtes à la difféence des gandes comagnies. 2 Quelques dates de céation de bouses euoéennes : Buges 1409, Anves 1460, yon 1462, Toulouse 1469, Amstedam 1530, ondes 1554, Rouen 1556, Hamboug 1558, Pais 1563, Bodeaux 1564, ologne 1566, Danzig 1593, eizig 1635, Belin 1716, a Rochelle 1761, Vienne 1771. est donc un mouvement ancien et de gande amleu. 3 Su l aaition du mot banque voi RENOUARD, 1968,. 260 ; HEERS, 1970,. 222. 4 Id.,. 261. 5 Voi. 74 et. 86. 6 Il faut bien faie la distinction ente le changeu qui éalisait le change manuel, tenait une table de change, était autoisé a les ouvois ublics à change des esèces d o et d agent, et le cambiste, qui éalisait le change tié et tenait un commece de lettes de change. Pafois cetains banquies tenaient les deux ôles, ce n est as ou autant que ses fonctions étaient semblables. De Roove va lus loin dans ce distinguo, il considèe que le oyen Âge a connu tois catégoies de financies : les changeus qui tenaient des tables de change, les cambistes qui tenaient un commece de lettes de change, et les lombads qui tenaient des tables de êt. e bénéfice des deux emièes catégoies était lié au change quant aux lombads leu bénéfice ovenait de l intéêt. 7 Id.,. 266. 55

es oblèmes monétaies au oyen Âge avec le lointain, et quand bien même il le souhaiteait, le change avec un changeu d une aute ville seait imossible ca comment débite le comte d un collègue dont les affaies sont-elles mêmes enfemées dans les étoites limites de sa cité? a condition d existence du change tié, c est l élaboation d un éseau d affaies ente difféents machands. est ace que l homme d affaies élagit les hoizons du ossible, osecte dans le lointain, et tisse atiemment des elations avec ses collègues éloignés, qu il end ossible le change tié. On ne tie que là où l on est connu. «e tieu est défini a son cédit et ses elations» 1. A Du contat à la lette de change e change tié, aaaît dans les années 1200, et sa fome matéielle en est le contat de change notaié fait devant témoins. Bientôt on emit en même tems que la «gosse» du contat, la lette d avis ou lette de aiement au bailleu. e denie avait en effet intéêt à envoye au lus vite cette lette de aiement au bénéficiaie. a lette de aiement tendait à deveni un tite. Si de lus, les aties étaient en elations assez suivies, alos on n envoyait que la lette de aiement. On ala alos de lette de change. Une telle évolution du contat de change ves la lette de change, n était ossible que dans les milieux machands assez élaboés et cultivés. a lette de change se déveloa avec les éseaux d affaies et notamment les sociétés en filiales. Années d aaition des lettes de change : Ves 1225 : Sienne et Plaisance. Dès le milieu du XIII e siècle ou Floence, avec un cas cetain en 1291. Gênes suit. Pemie ties du XIV e siècle : Buges. Aès 1350 : Venise. XV e siècle : Fance, Angletee et Allemagne. Déveloement de la lette de change avec beaucou de éticences. On envoie des lettes, mais on continue à faie des contats. B es quate aticiants d un contat de change e change tié, emet initialement d évite les délacements de numéaies ente machands. Il end la fome d un contat de change qui met en elation quate tyes d agents économiques : e bailleu ou donneu à change. est l individu qui veut aye au loin. Il donne des esèces, il aote les fonds au tieu. Il donne du change. On ne se éoccue as de savoi qui est le bailleu. À celui qui aote son agent on ne lui demande aucune gaantie ni justification. e tieu ou eneu à change. Il s endette en émettant une lette ou contat de change. Il faut nécessaiement que cela soit un gand machand éuté, ca «nul ne lui donnea de l o conte des omesses sans une confiance qu assuent la notoiété, le cédit connu, le volume des affaies, les écédents» 2. es inciaux tieus seont natuellement les gandes comagnies. e bénéficiaie. Il essemble au bailleu. est à lui que ofite la lette ou le contat de change, c est-à-die que le tié va lui emette le change su ésentation de la lette de change. e tié ou ayeu. Il essemble au tieu, sauf qu il est ailleus. est lui qui founit le change au bénéficiaie aès qu il lui est dûment ésenté la lette ou contat de change. Remaques : a lette de change n était as ayable immédiatement a le tié. Aès ésentation de la lette de change, le tié disosait d un délai aelé usance, ou effectue le change du bénéficiaie et qui vaiait en fonction des laces. a emièe justification de l usance c est donc la commodité du tié. ais lus essentiellement elle emet d assue un tems de cédit ou les oéateus de la lace d oigine (le bailleu et le tieu) 3. 1 Id.,. 267. 2 Id.,. 266. 3 usance vaiait avec la distance, ce qui sevait d agument aux théologiens dans leu justification de la lette de change. ais ce aisonnement était des lus fumeux, ca le lien ente usance et distance était assez lâche. «Ainsi, ente Pais et Gênes, l usance était de deux mois, mais il ne fallait as deux mois, ou qu une lette envoyée de Pais atteignit sa 56

es oblèmes monétaies au oyen Âge e tié su ésentation de la lette de change disosait de deux choix : soit il exécutait le change aès usance, soit il efusait de donne le change. Si le tié efusait de faie le change, le bénéficiaie n avait aucun moyen de ecous auès de ce denie. e bénéficiaie ouvait faie constate le efus devant notaie a un otêt. e otêt etounait alos au bailleu qui le ésentait au tieu et se faisait embouse de son avance. Soit deux individus AA et AB, qui vont asse a deux intemédiaies bancaies, XX et XY 1, ou effectue une oéation de change. AA est le bailleu ; XX le tieu ; AB le bénéficiaie ; XY le tié. Soit a exemle, AA et XX à Pais, AB et XY à Buges. Soit, l abéviation de lette de change. 1) AA donne les fonds à XX, qui en échange lui donne une lette de change qui est un tite de céance su le tié XY. 2) AA envoi sa lette de change à AB le bénéficiaie. 3) AB ésente la lette de change à XY le tié, ou que l oéation de change, i.e. l oéation de tansfet de fonds, s effectue. e aiement ne se fea qu aès usance. Bailleu Tansot de la lette de change Bénéficiaie AA 2 AB 1 Agent 3 Agent Tieu Tié XX ette d avis (facultative) 2 XY Ente le tieu et le tié les aiements euvent se faie a maniulation comtable Exemle de lette de change : VERSO : Enico de Baldo (TIRÉ), allemand à Genève. RETO : nom de Dieu, Gênes le 30 mas 1458. he fèe, a cette emièe lette, veuillez aye à la ochaine foie de Pâques, à atino Illuminato (BÉNÉFIIAIRE), 125 écus de Savoie, qui sont la valeu eçue ici de Batolomeo Illuminato (BAIEUR) à aison de 42 sous a écu. Vote Batista de SESSINO (TIREUR) 3. À Gênes : e bailleu change 5250 sous génois conte 125 écus de Savoie. ous : 1 écu de Savoie = 42 sous génois. À Genève : e bénéficiaie eçoit : 5250/42 = 125 écus de Savoie. oéation de change ouve un cédit Si le tieu et le tié n ont aucune céance et dette l un su l aute : le tieu se touve endetté auès du tié, losque ce denie exécute le change du bénéficiaie. e tieu/débiteu ne embousea «que le jou où le coesondant su qui il vient de tie lui demandea un sevice analogue et équivalent» 4. e tié est endetté auès du tieu : e tié ou embouse eut envoye les machandises conteatie de son endettement, mais le aiement eut se faie immédiatement a le jeu des écitues destination. En moyenne, le tems equis était seulement de tois semaines envion, même en lein hive. ela monte bien qu il y avait aute chose en jeu que d effectue un tansfet de fonds avec la lus gande céléité ossible» (DE ROOVER R., 1976,. 20). 1 En généal le tieu et le tié sont des associés, c est-à-die qu ils font atie d une comagnie, d où l accetation en généal a le tié, de la lette de change du tieu. 2 est elle qui déclenche le mécanisme financie du aiement : «en enant connaissance de cette «lette d avis», le tié ouvait intége le aiement de cette obligation venue d ailleus dans son oe échéancie de aiement. On alait volonties de «lette de aiement»» (Id.,. 277). 3 Exemle cité dans : HEERS J., 1970,. 225. 4 Id.,. 268. 57

es oblèmes monétaies au oyen Âge aès écetion du contat de change a le tié. «Dans ce cas le tieu n emunte as, ca il escomte indiectement sa céance» 1. D intéêt caché dans les difféentiels de taux de change Pou que le change tié uisse ête initié, il faut que le bailleu founisse des fonds au tieu. On intéessait le bailleu de fonds, en lui ésevant un intéêt caché a l intemédiaie d un difféentiel de taux de change ente les laces financièes. e choix de la cotation en cetain 2 ou incetain 3 était cucial dans la détemination de ces cous lus ou moins «tafiqués». était la lace la lus imotante qui donnait le cetain. es hommes d affaies chechaient à évite les aléas du change, en maintenant tacitement le cous d une esèce, ou que uisse émege l intéêt lié au difféentiel de taux de change. e cous était fixé a les couties en fonction de l offe et de la demande, et à un niveau lus élevé su la lace qui donnait le cetain 4. Exemle Suosons un bailleu à Gênes, qui veut un change de un ducat génois ou douze gos tounois selon le taux de change local su les foies de hamagne. Pou qu il emette son ducat il faut que le tieu lui founisse un intéêt a l intemédiaie des difféences de change. et intéêt émegea a une sous-évaluation de l esèce su la lace qui cote l incetain elativement à celle qui cote le cetain. e êteu ou bénéficie d un difféentiel de change ositif doit change sa monnaie su une lace où son cous est suévalué a aot à une aute, ou de façon équivalente, obteni le change su des laces qui sous-évalues cette monnaie. Dans tous les cas ou que le bailleu bénéficie d un taux d intéêt ositif : Il ête sa monnaie su une lace où elle est suévaluée ou obteni le change su une lace où elle est sous-évaluée. ous de la lace qui cote le cetain > cous de la lace qui cote l incetain. ous de la lace du bailleu > cous de la lace du bénéficiaie. Remaque : e sens du change doit ête invesé si l on considèe une oéation de séculation, et non as un êt. Dans ce cas, l agent économique doit achete une devise su la lace où elle est sous-estimée et la vende où elle est suestimée. tement dit, le cous de la monnaie d oigine doit ête inféieu au cous de cette même monnaie su la lace où elle doit ête changée : cous de la lace du bailleu < cous de la lace du bénéficiaie. À Gênes : e bailleu ête ou emet conte une lette de change, un ducat au tieu de Gênes, ou obteni douze gos tounois aux foies de hamagne. équivalence est en aaence ésevée, le bailleu ne bénéficiea de l usue qu indiectement, a le jeu des difféences de cous ente Gênes et la hamagne. x foies de hamagne : e tié emet douze gos tounois au bénéficiaie, ce qui est équivalent à 1,2 ducats. e bénéfice de l oéation est de 0,2 ducats, soit un taux d intéêt de 20 %. es taux de change : Gênes (lace qui cote le cetain) : 1 ducat = 12 gos tounois hamagne (lace qui cote l incetain): 1 ducat = 10 gos tounois Bénéfice du change : 1 ducat 12 gos tounois = 1,2 ducats (à Gênes) (en hamagne) 1 Id.,. 268. 2 Donne le cetain : le cous du change est coté en monnaie étangèe su la base d une unité fixe en monnaie locale. Une unité de monnaie locale = x unités de monnaie étangèe. 3 Donne l incetain : le cous du change vaie en monnaie locale a aot à une quantité immuable en monnaie étangèe. Une unité de monnaie étangèe = y unités de monnaie locale. 4 e fait histoique n est as une idée débattue, elle est admise a les histoiens. Raymond de Roove est catégoique su ce oint et cite tois aguments ou défende cette thèse : «Elle [la thèse de l existence d un taux d intéêt sous la fome d un difféentiel de taux de change] se touve confimée a la comtabilité même des banquies (voi note 1,. 21), a la statistique qui évèle claiement que le cous su la lace cotant le cetain était esque toujous au-dessus du même cous su celle cotant l incetain (voi note 2,. 21) et, enfin, a l analyse qui monte comment l intéêt agit su les changes, si l on élimine a hyothèses toutes les autes causes de fluctuations (note 3,. 21). Toutes ces euves concodent et se enfocent. Il est donc inutile de déveloe ici le même thème et d enfonce des otes désomais ouvetes, uisque la chose, à l heue actuelle, est econnue incontestable a la gande majoité des histoiens économistes» (DE ROOVER R., 1976,. 20-21). 58

es oblèmes monétaies au oyen Âge 2 e êt bancaie : le echange Nous avons vu que le êt et l usue étaient exessément intedits a l Église, o les êts étaient absolument nécessaies au bon fonctionnement des affaies. Pou contoune cette intediction, les hommes d affaies ont tès subtilement détouné l oéation de change en une oéation de echange, qui consistait à accode un cédit à un ties. a citique ecclésiastique ouvait difficilement touve à edie, ca le change tié, d usage econnu et admis a l Église, équivalait à une oéation de êt a un subtefuge difficilement décelable. a aauté auait été obligée de se dédie au sujet du change tié ou ouvoi condamne le echange, ou alos teni un discous contadictoie ente une légalisation du change tié et une intediction su le echange, deux oéations stictement identiques su le fond. Pou une institution dont l école de ensée la scolastique étendait atteinde la connaissance de Dieu a la aison, cela auait été faie un usage bien aadoxal de celle-ci que de teni des oos antinomiques. e dilemme s est dénoué en faveu des hommes d affaies. es canonistes avaient la juste intuition que l oéation de echange n était as des lus esectueuse de la moale catholique, mais à défaut de ece à jou les secets d alcôves de ces jeux de change, leus avis n avaient as voix au chaite Note situation diffèe du cas écédent à lusieus niveaux : aavant, l agent économique bailleu était offeu de liquidités auès d un tieu qui était une gande comagnie ou une banque. e tieu lui ésevait un intéêt a difféentiel de taux de change, en conteatie de la enonciation à ses liquidités. Dans le cas du echange, cet agent économique n est lus offeu de liquidités, il est demandeu. es ôles s invesent : l agent économique est le tieu de liquidités auès d une banque qui devient bailleu en lui êtant de l agent. a conteatie de cet agent êté, sea une econnaissance de dettes émise a l agent emunteu (le tieu) sous la fome d une lette de change, au bénéfice de la banque (le bailleu). Toutes les oéations qui se déoulaient su l aute lace étaient juste éalisées ou donne l imession que l on effectuait un change tié. e tié efusait tout natuellement la lette de change. On dessait alos un otêt ou lus simlement une nouvelle lette de change dans l aute sens avec comme bénéficiaie la banque, dont l intéêt du êt initial était assué a le jeu habile des taux de changes. Dans la atique, l emunt et le embousement du êt se éalisaient su la même lace gâce à l oéation de echange. emunt se faisait a un change fictif de la banque auès d un client. a somme était emise au client conte une lette de change qui stiulait un change de la lace initiale où la monnaie locale était suévaluée, ves la lace où cette même monnaie était sous-évaluée. Tout était feint ; la lette de change n était as accetée, et on océdait au echange qui consistait en une deuxième lette de change emise à la banque. ette seconde lette de change invesait les ôles des agents (l emunteu/tieu devenait ayeu/tié et le êteu/bailleu devenait embousé/bénéficiaie) et on enait en comte l invese des taux de change. emunteu devait alos embouse le change fictif au taux de la lace qui sous-évaluait la monnaie d emunt, c est-à-die la lace où devait se éalise le change de la emièe lette de change. Remaque : la emièe lette de change du echange est comaable à la situation que nous avions analysée antéieuement, où le bailleu bénéficiait d une ime ou avoi enoncé à ses liquidités. Si l on tansosait cette situation, à celle de l emunt bancaie que nous étudions, cela signifieait que le êt consenti a la banque fut un don, de sucoît, l emunteu bénéficieait d un taux d intéêt su ce don à cause d un difféentiel de taux de change. Heueusement, l oéation de echange emettait les choses à leu lace. a deuxième lette de change invesait les situations, de donneu la banque devenait un edoutable céancie, et le difféentiel de taux de change qui était favoable à l emunteu, lui était maintenant défavoable. Finalement, le débiteu devait embouse non seulement le cédit que lui avait accodé la banque mais aussi l intéêt qui lui était consubstantiel. Dans tous les cas ou que la banque bénéficie d un taux d intéêt ositif : e banquie doit ête une esèce, là où elle est suévaluée, et se faie embouse là où elle est sous-évaluée. Remaque : e sens du change doit ête invesé si l on considèe une oéation de entabilisation des fonds, et non un êt. Dans ce cas, l agent économique doit achete une devise su la lace où elle 59

es oblèmes monétaies au oyen Âge est sous-estimée et la vende où elle est suestimée. tement dit, le cous de la monnaie d oigine doit ête inféieu au cous de cette même monnaie su la lace où elle doit ête changée : cous de la lace du bailleu < cous de la lace du bénéficiaie. Dans la atique, le bailleu de la lace d oigine écuéait sa mise avec ofit a le echange. Une emièe lette de change été émise qui tenait comte du change de la lace d oigine. On bouclait l oéation en amenant les fonds de la lace où avait été fait le fait change, ves la lace d oigine mais en tenant comte du taux de change de la seconde lace. Soit la banque X qui fait un êt à l individu A. En conteatie de ce êt, la banque X obtient une lette de change, qui est un tite de céance su A. es oéations, 2,3, et 4, sont fictives. 2 Individu A Tié fictif Tieu su X A EPRUNTEUR 5 1 1 Agent 1 3 Refus Banque 2 1 Bénéficiaie Agent X fictif Donneu su A 4 Potêt X PRÊTEUR ou 2 A Exemle d oéation de echange Pemièe oéation : VERSO : Batolomeo de Famua (TIRÉ), italien de Gênes. RETO : nom de Dieu, Paleme le 14 mai 1457. he fèe, a cette emièe lette, veuillez aye à Demetio de Nigono (BÉNÉFIIAIRE), 111 lies de Gênes, qui sont la valeu eçue ici de Galeazzo Doia (BAIEUR) à aison de 37 sous de Gênes a floin de Paleme 1. Vote Tommasino SPINOA (TIREUR). es taux de change : Paleme : 1 floin de Paleme = 37 sous génois Gênes : 1 floin de Paleme = 35 sous génois Paleme e bailleu change 60 floins de Paleme conte 111 lies de Gênes au cous de Paleme (1 floin de Paleme = 37 sous génois). Gênes e bénéficiaie eçoit théoiquement : 60 37 = 2220 sous génois = 111 lies de Gênes. es 111 lies équivalent à 63,43 floins de Paleme au cous de Gênes (1 floin de Paleme = 35 sous génois), soit un taux de ofit théoique de 5,71 %. Deuxième oéation : «e 11 juillet 1457 à Gênes, Batolomeo de Famua (TIRÉ), efuse de aye la lette qui est otestée a un notaie. Il édige alos une seconde lette adessée à Paleme, à Tommasino Sinola (TIREUR), lui enjoignant de embouse Galeazzo Doia (BAIEUR)» 2. ais le cous dans le sens Gênes-Paleme va ête à l avantage du bailleu (la banque X), cette difféence eésente l intéêt de l agent endant l alle-etou des lettes. es taux de change : Gênes : 1 sou génois = 1/35 floin de Paleme 1 ous du Floin de Paleme à Gênes. 2 HEERS J., 1970,. 226. 60

es oblèmes monétaies au oyen Âge Paleme : 1 sou génois = 1/37 floin de Paleme Gênes e tié efuse de aye les 111 lies de Gênes en échange des 60 floins de Paleme. Paleme ous : 1 floin de Paleme = 35 sous génois e bailleu eçoit : 2220/35 63,43 floins de Paleme au cous de Gênes (1 floin de Paleme = 35 sous génois). Donc un intéêt de 5,71 %. B Tyologie des individus face aux vaiations des taux de change Effoçons-nous de décie au mieux le comotement des difféents agents en fonction des fluctuations des taux de change. On considèe systématiquement une oéation de change et de echange. On étudie deux tyes d agents financies : le banquie et le machand/séculateu. es deux agents seont associés esectivement à deux tyes d oéation : le êt et l achat/vente de monnaie (i.e. séculation su les changes). 61

es oblèmes monétaies au moyen âge 1 BANQUIER Dans le cas du cédit, l agent incial est le banquie. e banquie est le bailleu de la emièe lette de change. e êteu/bailleu (la banque) va faie un êt au bénéfice de l emunteu/tieu en lui achetant une lette de change qui est un tite de céance. Ou autement dit, l emunteu/tieu vend une lette de change au êteu/bailleu (la banque) comme econnaissance de dette. Soit τ cédit change, le taux de change de la emièe lette de change concenant l oéation de cédit. cédit Soit τ, le taux de change de la deuxième lette de change (le echange echange) concenant l oéation de cédit. 2 SPÉUATEUR/ARHAND Dans le cas d une séculation su les changes, c est-à-die d achat/vente de monnaie, l agent incial est le séculateu. e séculateu est le bailleu de la emièe lette de change. Soit τ achat / vente change, le taux de change de la emièe lette de change concenant l oéation d achat/vente de monnaie. ette lette consiste en la vente de monnaie suivant le taux de change de la lace d oigine. achat / vente Soit τ, le taux de change de la deuxième lette de change (le echange echange) concenant l oéation d achat/vente de monnaie. ette lette de change consiste en l achat de monnaie suivant le taux de change de la deuxième lace. Place qui cote le cetain cédit τ change (1) hange (2) Rechange Place qui cote l incetain cédit τ echange Place qui cote l incetain achat / vente τ change (1) hange (2) Rechange Place qui cote le cetain achat / vente τ echange τ cédit change > τ cédit echange achat / vente change τ < τ achat / vente echange Deux conditions équivalentes d existence d un taux d intéêt ositif ou le banquie : ous su la lace qui cote le cetain > cous su la lace qui cote l incetain. cédit τ change > τ cédit echange a baisse de τ cédit echange a un effet ositif ou le banquie (le bailleu), ca le embousement de l emunteu (le tieu) va augmente los de l oéation de echange. Deux conditions équivalentes d existence d un taux de ofit ositif ou le machand : ous su la lace qui cote le cetain < cous su la lace qui cote l incetain. achat / vente achat / vente τ < τ change a hausse de τ echange achat / vente echange a un effet ositif ou le machand (le bailleu), ca le difféentiel de taux de change va augmente los de l oéation de echange. htt:// 62

es oblèmes monétaies au moyen âge Nous avons ésenté de façon analytique les activités du banquie et du machand qui consistent esectivement en des oéations de êt et d achat/vente. Nous allons en faie la synthèse ou constate que ces deux activités tès loin d ête disjointes, sont mutuellement avantageuses ou qui sait les associe habilement. D où l aaition des machands-banquies. a notion de machand-banquie est beaucou lus ofonde que la simle évocation d hommes d affaies détenant un ouvoi caitaliste. e machand et le banquie, ou ouvoi s enichi, devaient s auye su des flux de lettes de change esectant un cetain sens de ciculation ou faie émege un difféentiel de taux de change, condition sine qua non à tout ofit. O si l on ouvait ête banquie dans un sens, c est-à-die d une lace cotant le cetain su une aute cotant l incetain où se touvait un tié hyothétique, l oéation invese de echange était imossible, ca le difféentiel de taux de change jouait à l enconte du banquie, et le ofit se tansfomait en ete. Il en était de même du machand. es taux de changes fixaient donc les conditions d existence des machands et des banquies. aintenant, on constatea que les flux de lettes de change des banquies et machands étaient invesés, ca le difféentiel de taux de change avait un effet oosé elativement à l effet de l aute. Donc, si les activités du banquie suivaient un cetain sens de echange ou ouvoi ête fuctueuses, les activités du machand ou l ête aussi, devaient esecte un sens de echange invesé. Pa conséquent, si un individu était banquie dans un cetain sens de echange ou faie fuctifie son caital, il se faisait machand dans l aute sens et invesement. D où la catégoie de machand-banquie, ca, ouquoi ête seulement banquie ou seulement machand, alos qu en étant les deux on gagnait su les deux tableaux, et on démultiliait les ossibilités d enichissement a comlémentaité afaite des deux activités? te avantage, comme les activités ente les deux laces devaient ête comlémentaies, les deux flux invesés d alle-etou de lettes de change enfoçaient le difféentiel du taux de change. Tout le monde avait intéêt à stabilise ce difféentiel ou ende bénéfique et sutout évisible les oéations de cédit et d achat/vente. Soit A et B, les laces qui esectivement cotent le cetain et l incetain. Nous avons : cédit achat / vente τa = τchange = τechange (su la lace qui cote le cetain) donc τ A >τ B. cédit achat / vente τb = τechange = τchange (su la lace qui cote l'incetain) Remaques : omme les inégalités sont cohéentes en ce qui concene le echange du banquie et celui du séculateu, leus activités sont comlémentaies ca fonctionnant en sens invese. On suose qu en tenant comte de la configuation des taux de change τ A et τ B, il n existe as d activité bancaie su la lace (B), ca sinon le embousement des êts seaient moinde que les êts eux-mêmes. De même, il n existe aucune activité machande et séculative su la lace (A), ca sinon l oéation de change et echange se taduiait a une ete. En éunissant les deux gahiques écédents, nous obtenons : (A) Place qui cote le cetain τ A Place de déat du echange concenant l activité bancaie du machand-banquie (1) hange (2) Rechange (1) hange (2) Rechange τ A >τ B (B) Place qui cote l incetain τ B Place de déat du echange concenant l activité séculative du machand-banquie htt:// 63

es oblèmes monétaies au moyen âge 3 Tyologie des agents économiques 1 Hausse de τ A -τ B i.e. hausse de τ A et/ou baisse de τ B ontaction monétaie 2 Baisse de τ A -τ B i.e. baisse de τ A et/ou hausse de τ B Exansion monétaie 3 Activité bancaie en lace (A) du machand-banquie Activité séculative en lace (B) du machand-banquie Effet ositif Effet ositif Invesement, effet négatif ou l emunteu Effet négatif Effet négatif Invesement, effet ositif ou l emunteu 4 ommentaies Il est évident que le difféentiel de taux de change τ A -τ B, ne ouvait ête en emanence ositif, losqu il devenait négatif, le machand-banquie n avait qu à emute ses activités ente les deux laces ou que ses etes se tansfoment en ofits 4. activité bancaie devait se déveloe su les laces où le machand vendait lus qu il n achetait, dans ce cas son comte était céditeu, il ouvait alos se emette de faie des cédits à ses clients. Pou finance son activité séculative en lace (B), le machand-banquie se devait d effectue un change de la lace (A) su la lace (B), ou ouvoi aatie des liquidités. Il ouvait alos tès judicieusement, finance à la fois ses activités séculatives et entabilise ses mouvements de fonds, en achetant une lette de change de la lace (A) su la lace (B), qui auait été le etou de fonds investi a son activité séculative su la lace (B). tement dit, le machand-banquie avait tout intéêt à combine ses mouvements de fonds de la lace (A) su la lace (B), au mouvement de echange de l oéation séculative initiée en lace (B). e machand-banquie ouvait judicieusement associe son mouvement de fonds à l oéation de echange (2) (A) Place qui cote le cetain τ A e banquie, achète une lette de change de (A) su (B) ou finance ses activités séculatives en (B) ouvement de fonds (1) hange (2) Rechange τ A >τ B (B) Place qui cote l incetain τ B Place de déat concenant l activité séculative du machand-banquie Ayant essayé d exose au mieux les concets et instuments inventés a le ouvoi machand, mettons les en scène dans une esective histoique, décite a Yves Renouad dans les Hommes d affaies italiens du oyen Âge. 1 Raymond De Roove, à taves un exemle, exose de façon tès claie le oblème des difféentiels de taux de change et l effet de leus vaiations su les banquies et les acheteus de devises (nos séculateus). (DE ROOVER R., 1946-1947,. 125-127). 2 est la stettezza ou esseement du maché monétaie, qui entaînait au oyen Âge une augmentation du difféentiel de taux de change et qui coesond de nos jous à une hausse du taux d intéêt. 3 est la laghezza. exansion monétaie n était as un signe de oséité : «souvent l agent était à bon maché, non as ace que la lace en était bien ouvue, mais ace qu il ne touvait as à s investi faute de eneus solvables disosés à emunte et à enteende des affaies» (DE ROOVER, 1976,. 26). 4 Ainsi selon Raymond de Roove, le gand souci des machands-banquies «était de tie ati de l altenance des éiodes de laghezza et de stettezza et de ne as ête is au déouvu avec des fonds disonibles su une lace qui souffe de laghezza ou avec des aiements à effectue là où ègne la stettezza. a olitique monétaie intéessait beaucou moins les banquies, seulement ou autant qu elle avait des éecussions su le maché des changes. eu but, il ne faut as l oublie, était de faie des bénéfices et d évite des etes. e este ne les concenait guèe» (Id.,. 38-39). 64

es oblèmes monétaies au moyen âge haite II affimation histoique du ouvoi machand Définition des hommes d affaies du oyen Âge : eus éoccuations déassent le maché local. es hommes d affaies «ont l esit touné hos du maché local a lus gande audace, le lus vif esit d initiative qui y sont nécessaies isquent de leu aote des ofits lus considéables, quoique moins assués» 1. Pa leu mentalité et l esit caitaliste qui les animent, ils ont été la cause emièe de la Renaissance. Section 1 a éiode des oisades 1 es conditions généales a emièe oisade, a été êchée en 1095. «es chevalies fançais qui constituaient la foce vive de toutes les oisades n auaient jamais u ni mene à bien l exédition initiale ni disute si longtems aux usulmans le littoal de Syie et de Palestine, s ils n avaient été constamment soutenus a les flottes des ots italiens» 2. Donc un commece italien nécessaie au bon fonctionnement de cette enteise. A émegence du commece italien d Oient gâce aux oisades cous du XII e et XIII e siècles, les villes italiennes «ont déveloé leus flottes dans des ootions inconnues jusqu alos» 3. eus navies ont été essentiels dans la conquête des ots de Syie et de Palestine. En conséquence, elles «obtiennent en toute oiété un quatie des inciales villes ou ots de Tee Sainte et, ou assue la subsistance de ses habitants, une atie de la camagne envionnante» 4. es comtois sont otégés a les inces chétiens d Oient, ce qui emet aux hommes d affaies italiens, de déveloe des elations machandes stables avec «les usulmans de l intéieu dont les caavanes continuent d aote ves la côte les oduits de l Asie centale et oientale» 5. En aallèle, Venise dès le XI e siècle, Gênes dès le XII e siècle, et Pise, s installent à onstantinole. À Péa, elles se disutent les fanchises douanièes en intevenant dans la olitique de l Emie d Oient. Pou contôle le détoit du Boshoe, Venise ousse les oisés de la quatième oisade à s emae de onstantinole en 1204, constituant ainsi un emie latin. Venise, Gênes et Pise, détiennent une situation ivilégiée, à Alexandie, Damiette et le aie. cous du XII e siècle, les machands italiens investissent les ots de la côte setentionale de l Afique : Tioli, Tunis, Bougie, Oan, euta, et Salé. es isans et génois s associent un tems avec les inces d Esagne dans leu lutte conte les musulmans ; les isans conquièent ainsi les îles Baléaes (1113) et les Génois Almêia (1146). B es nouvelles caactéistiques du commece italien es conquêtes militaies ont des conséquences économiques de emie ode ; les Italiens élaboent un commece méditeanéen, et le nécessaie avitaillement des oisés entaîne un esso considéable du tafic des villes italiennes à ati du début du XII e siècle. «e commece 1 RENOUARD Y., 1968,. 7-8. 2 Id.,. 53. 3 Id.,. 53. 4 Id.,. 54. 5 Id.,. 54. 65

es oblèmes monétaies au moyen âge intenational d occasionnel devient égulie, au fu et à mesue du déveloement de la oduction industielle» 1. Nouvelles caactéistiques de ce négoce : Élaboation aux XII e et XIII e siècles de colonies italiennes su tout le outou du bassin méditeanéen. es colonies sont des goues stables d italiens installés à demeue. e commece de la éditeanée devient le fait exclusif des italiens. Disaaissent, les hommes d affaies oientaux, syiens, gecs et juifs qui avaient contôlé ce tafic deuis l éoque de l emie omain. es Italiens vont étende leu commece aux égions continentales de l Occident. Ils y encontent quelques aes concuents comme les fabiquants de das de Flande et d Atois. ais leu maîtise des techniques financièes et les moyens financies dont ils disosent, leu assuent dès la fin du XII e siècle une hégémonie économique su toute l Euoe. «Dans tout l Occident comme dans l ensemble du bassin méditeanéen, le gand commece et les gandes affaies aatiennent exclusivement désomais aux machands italiens chétiens dont les oisades ou mille aisons ont assué le tiomhe» 2. o d Afique Si les oisades ont emis la enaissance du gand commece, c est l aovisionnement en o aficain 3 qui end comte de la duée et de la continuité de cet esso économique. et o a emis d effectue les achats coûteux en Oient, et de comense la balance commeciale déficitaie avec l Oient. o «conditionne toute l exansion commeciale de l Occident à ati du XII e siècle» 4. 2 es hommes d affaies des villes maitimes A a commande À cette éoque les voyages su mes sont tès isqués. Pa conséquent, les machands vont s assue ou s associe ou éati les isques. «e factionnement et l association sont donc la ègle des affaies» 5. es associations sont éhémèes ; elles duent l esace d un alle-etou et ne concenent que tès eu de aticiants, deux le lus souvent. Elles se dissolvent au etou du machand qui a navigué. Toute nouvelle affaie est donc une nouvelle association de machands. e tye d association qui éond à ces containtes, s aelle la commande. Selon Jean Favie avec la commande, «on fanchit une étae ves un cetain caitalisme» 6. a commande est une association ente un caitaliste qui founit tout le caital de l affaie et ne se délace as, et un machand actif qui n aote as de caital et va se délace ou mene l affaie. hacun end ses isques : l un eut ede son caital, l aute son tavail. e commandité le machand actif n est as un simle salaié du caitaliste. En effet, la commande est une véitable association ente deux hommes d affaies d ailleus on asse devant un notaie ou signe un contat, ca le machand actif met dans l association ses cométences commeciales. e commandité mène l affaie. Pou cette aison, sa émunéation consiste en une at des bénéfices : souvent un quat, afois un ties au XV e siècle 7. es commandes se déclinent en fonction des milieux économiques. À Venise, existe la colleganza, qui est une «société conclue ente un caitaliste qui founit la faction la lus imotante du caital sans se délace et un commeçant qui, oute son activité, aote une atie, la moinde, du caital social» 8. a colleganza est une société en aticiations. est un caitalisme udimentaie qui eose su un ensemble de flux commeciaux sous contat. est un accod qui se limite à un voyage, à une affaie, et le machand actif a autant de bailleus de fonds qu il ossède d affaies difféentes dans sa cale. a colleganza est le eflet de la éféence des vénitiens ou l enteise individuelle, et leu méfiance ou toute concentation et oganisation des affaies telles les Gandes omagnies toscanes. 1 Id.,. 55. 2 Id.,. 58. 3 Voi le tafic de l o. 59. 4 Id.,. 60. 5 Id.,. 63. 6 FAVIER J., 1987,. 191. 7 hez les hanséates, le machand actif eçoit la moitié des gains. ette lus haute émunéation a aot aux machands des villes italiennes s exlique a la navigation lus dangeeuse su la Baltique que su la éditeanée. 8 RENOUARD Y., 1968,. 63. 66

es oblèmes monétaies au moyen âge e caitalisme udimentaie se etouve avec les machands fançais et anglais à l esit enteenant, mais qui éugnent à l usage du cédit et à une concetion lus caitalistique de l oganisation commeciale. Ainsi à Rouen se déveloent les êts à la gosse aventue qui sans ête une véitable association, tiennent le ôle d assuance maitime. es caitaux êtés ne sont lus liés à une cetaine at du fet, simlement, un machand actif fait un emunt ou une affaie, et ne embouse à son etou qu une fois effectué la vente de ses machandises. À la difféence de la colleganza, le machand actif du êt à la gosse aventue ossède les machandises qu il tansote. hez les Anglais dès le XIV e siècle existent des associés qui atagent les bénéfices. Ainsi ce qu ils nomment le «atenaie domant», coesond au caitaliste de la commande. a commande se tansfome eu à eu en instument de lacement ou etits éagnants : «On le voit bien à Bacelone, où quiconque veut faie valoi ses économies les confie à quelque atisan ou machand dont l enteise eçoit de la sote un eu d agent fais sans suote ou autant l angoissante obligation d un intéêt fixe, indifféent au ésultat de l exloitation. Notaies, couties, atisans, machands mettent ainsi du leu, à moyen teme, dans les affaies d un daie, d un tisseand de voiles ou d un imotateu de coail» 1. Enfin les Génois, dès la fin du XIII e siècle avec la société de me ou societas mais, échaent à ce caitalisme udimentaie ou s oiente ves une oganisation lus caitaliste de la commande, sans ou autant lie leu esonsabilité de façon définitive et exclusive comme dans la comagnie toscane. Ainsi au XV e siècle, les contats s allongent, les aticiations financièes sont econduites de façon limitée et dans cetain cas de façon illimitée, ce qui enfoce l asect caitalistique de ces oéations commeciales. Selon Jean Favie, «c est cette concentation de caitaux qui donne aux affaies une envegue que n auait jamais emise le maintient de chaque oéation dans les limites financièes et techniques de l activité oe de chaque machand» 2. B es villes maitimes es hommes d affaies des villes maitimes, sont de vais mains. «Ils connaissent la manœuve, le tems, le vent, les côtes, les ots, les hauts fonds et les sables mouvants : ien ne les distingue de mains de ofessions à une éoque où les connaissances techniques demeuent udimentaies osqu il suvient en me une difficulté technique ou un doute su la osition, le caitaine assemble les commeçants du bod et leu demande leu oinion ; il a confiance en leu jugement : leu science nautique équivaut à la sienne» 3. Étudions ces hommes d affaies mains dans les tois villes maitimes inciales : Pise, Gênes et Venise. 1 Pise 4 est la moins maitime des tois. Elle détient une imotante flotte ainsi qu un imotant commece. À ati de la coisade de 1099, elle conquiet un gand nombe de ots syiens. Pendant le XII e siècle et la emièe moitié du XIII e siècle, la ommune est diigée a deux uissantes cooations : l Ode de la e et l Ode des achands. Aès le déclin d Amalfi, Pise fut de la fin du XI e siècle au début du XIII e siècle 5, la lace commeciale dominante de la me thyhénienne. 2 Gênes 6 À ati de la emièe oisade, toute l activité de Gênes est oientée ves la me avec le commece maitime et les constuctions navales. XI e et au début du XII e siècle se sont les seigneus féodaux qui ouvant accumule du numéaie et se constitue un caital mobilie, se sont isqués dans les affaies. eu caital coît aidement gâce aux éages, aux doits de douanes, ainsi qu à ceux des ots et machés, et enfin à la ecetion en agent du cens. «est ainsi que toute une séie de familles vicomtales, les Embiaco, les della Volta, les Buone, les allone, les di asto, jouent un ôle éondéant dans la emièe exansion génoise» 7. À ati du XII e siècle, les otuies commencent à se constitue un caital à ati des commandes qu ils effectuent en tant que commandités. Ils éinvestissent alos ce caital dans des commandes ou 1 FAVIER J., 1987,. 193. 2 Id.,. 195. 3 RENOUARD Y., 1968,. 64. 4 Id.,. 65-66. 5 Pise disaaît économiquement aès l anéantissement a les Génois de sa flotte en 1248 à a eloia. 6 Id.,. 66-76. 7 Id.,. 67. 67

es oblèmes monétaies au moyen âge des sociétés de me, mais en tant que bailleu de fonds. e n est qu à ati de la fin du XII e siècle, qu ils ont un ôle imotant dans les affaies. es commandes se multilient et dominent absolument le XIII e siècle. cous de ce même siècle, la commande s assoulit, elle est de moins en moins une containte iméative ou le machand actif. e denie ne eçoit lus d ode ou le etou du voyage, on lui laisse le choix de l oéation la lus fuctueuse ou aatie à Gênes les bénéfices des oduits exotés initialement. i Émegence de la banque à Gênes dès le début du XIII e siècle Ainsi ves 1230, il est esque cetain qu était ésent à Gênes un véitable système de comensation de dettes. Deuis 1180 envion, existait un nom ofessionnel désignant les banquies génois. Ils «consevaient souvent les déôts de leu clientèle ou lui estitue su éavis de quelques jous avec 10 % d intéêt ; ils en gaantissaient la estitution su leu fotune entièe. Ils investissaient les fonds ainsi eçus en déôts, en êts, en ouvetue de cédits, en aticiation dans des sociétés maitimes et des commandes dont ils attendaient un evenu lus élevé que l intéêt qu ils vesaient à leus clients» 1. À ati de 1200, aaaissent des comensations ente comtes d un même changeu, mais aussi ente difféents changeus. es viements se font su simle ode oal du débiteu. ii association dans l amement omme les isques de me atteignent autant les machandises tansotées que le navie, des associations vont aussi se déveloe dans l amement ou diminue les isques liés au fet. es bateaux font couamment 500 tonneaux, ce qui eésente un caital bien to considéable ou que les deux associés d une commande uissent ende le isque d en deveni oiétaie. Ainsi se déveloent des associations d amateus oiétaies, qui divisent les navies en ats idéales aelées loca. omme les machandises d une commande, les loca sont les machandises des associations d amateus. On ouvait les osséde, les achete, les vende, les hyothéque ou les gage. e caitalisme s emae alos de la société génoise. Ainsi toutes les catégoies sociales qui s intéessent aux affaies, sont avides de osséde ces loca qui aotent en généal 100 % d intéêts. On eut donc voi des gens du eule s associe ou achete une at de bateau. iii Un commece floissant dès le milieu du XIII e siècle es sommes mises en jeu sont considéables : Giuglielmo di asto avant sa mot avait conclu ou lus de 1000 lives génoises de commandes. Du 20 au 22 setembe 1227, Filio agnavacca eu avant son déat ou l Oient avait eçu ou 25 352 lives de commandes. algé la fagmentation des affaies sous fome de multiles commandes, il faut insiste su le fait que dès le milieu du XIII e siècle existe à Gênes une iche aistocatie commeçante en lein esso. es bénéfices des hommes d affaies génois sont considéables : 20 % d intéêts moatoies su les êts à cout teme. 20 % d intéêts su les êts consentis à saint ouis en Oient. 100 % d intéêts su les oéations de vente de oduits exotiques. 150 % d intéêts ou les camagnes. Un commece favoisé a la maîtise de la éditeanée a les flottes chétiennes dès le XIII e siècle. «es conditions favoables exliquent le déveloement à la fois aide et considéable de la ichesse de Gênes : l on y constate simultanément ves 1250 la multilication des hommes d affaies aisés et la gande ichesse d une tès lage aistocatie machande dont quelques familles seulement otent encoe les gands noms féodaux. À côté d elles ont aidement gandi les Doia, les igala, les ecai» 2. iv individualisme génois 3 À Gênes édomine un contexte machand qui exacebe l individualisme, emêchant l aaition d un État fot. es notions d intéêt généal, de esect de la législation, manquent à l homme d affaies génois. e gouvenement de cet État est soumis aux comlots et aux assions individuelles. Gênes est la ville des évolutions de alais, des bannissements et des etous vengeus. a éussite de 1 Id.,. 72. 2 Id.,. 74. 3 Id.,. 75-76. 68

es oblèmes monétaies au moyen âge la ville déend uniquement d initiatives ivées et non as ubliques comme nous allons le voi ou Venise. 3 Venise 1 i De la colleganza à la comagnie 2 es Vénitiens adotent esque exclusivement la colleganza qui est une société de me ou une société en aticiations. hacun des aticiants aote une at du caital social. Pafois les associés vont lus loin, en aotant chacun à la société des ats égales et en y consacant toute leu activité : c est la comagnie. a comagnie aaaît à Venise dès le début du XII e siècle, mais à la difféence de celles de toscane, le nombe d associés est limité et le caital social beaucou lus faible. est le début d un caitalisme affimé mais sans atteinde la matuité des gandes comagnies des villes italiennes de l intéieu. ii a vie olitique à Venise es familles d affaies tendent à domine la cité. Elles emêchent l aaition d un ouvoi monachique en éduisant les ouvois du doge, et désient diige exclusivement Venise, en endant de lus en lus difficile l accès à la magistatue et aux conseils ou les nouveaux aivants. Ainsi au cous du XII e siècle s installe à Venise, une aistocatie d hommes d affaies. Pa aot à la vie cahoteuse de Gênes, celle de Venise aaaît elativement calme et continue. iii a «solidaité» vénitienne À Venise se déveloe un esit communautaie et un «sens collectif que tout le eule vénitien, comme toute l aistocatie machande ossède au lus haut oint» 3. e hénomène est causé a les containtes géogahiques et maitimes, avec notamment la menace emanente d enfouissement de la cité dans la lagune. et envionnement hostile édisose les Vénitiens à une solidaité nécessaie dans l éeuve. Venise ne connaît as l individualisme exacebé de Gênes ou le commece. e sens collectif évite les comlots ente familles ennemies et atis. À Venise on fait fi de la vie olitique génoise intensément damatique et théâtale, faite de haine et de vengeance. Règne une aistocatie assionnée ou la gandeu de sa cité et caable de sacifices ou le bien commun. hacun accete cette disciline communautaie, et quand bien même esteaient des écalcitants, l État tout uissant est là ou imose la législation et les èglements de la cité. Ainsi au niveau commecial et olitique, c est l État lui-même qui end les décisions et non as des individus uissants ou des familles influentes. État est maîte de sa olitique, il n est as soumis à des volontés autes que la sienne. En définitive la gande difféence qui séae Venise de Gênes, c est le contôle étoit de son commece a l État. Plus écisément, l État disose du quasi-monoole de la constuction navale. Il est oiétaie des navies et les met à la disosition des machands. Il oganise et contôle la navigation : existe su chaque bateau un comité de navigation, la cagaison est églementée et la suchage intedite. Enfin, les navies machands sont éunis en convois et le lus souvent escotés a des bâtiments de guee. 3 es hommes d affaies des villes de l intéieu Selon Yves Renouad, ce sont les villes maitimes qui ont insufflé aux villes de l intéieu une activité économique 4. En Italie, c est à ati des villes maitimes que se sont accûs les échanges commeciaux. Elles imotaient de l intéieu, le bois nécessaie à la constuction navale, mais aussi les oduits suscetibles d ête exotés, invesement, elles chechaient des débouchés à l intéieu des tees, ou les oduits qu elles imotaient d Oient et d Occident. Raidement, dès le XII e siècle, les villes de l intéieu les lus favoisées, ont connu un ogessif esso économique. omme dans les villes maitimes, cet élan était insufflé a des familles féodales ou bougeoises, qui détenaient des oiétés immobilièes ubaines ou uales. es ossessions leu ocuaient des evenus en numéaie, constituant ainsi le emie caital destiné à ête investi dans des oéations commeciales isquées. 1 Id.,.76-84. 2 Id.,. 81. 3 Id.,. 82. 4 Id.,. 85. 69

es oblèmes monétaies au moyen âge A Genèse de la comagnie homme d affaies des villes de l intéieu ne conçoit as le commece comme le machand des villes maitimes. Son cade de vie est la camagne et non la me, ce qui change tout. Il fait cicule ses denées, a les outes et chemins ou a fleuves et ivièes. Si ces tansots teestes ne sont as exemts des illages et éages, ils ne sont as soumis aux caices des inteméies maitimes qui euvent se taduie dans les cas extêmes, a la ete comlète de la cagaison du navie los d une gosse temête. es esectives d échanges commeciaux a outes et fleuves étant lus stables et moins isquées, l homme d affaies de la camagne eut anticie à lus long teme et enteende des oéations lus ambitieuses. Ainsi l oiginalité inciale des hommes d affaies des villes de l intéieu, c est la constitution d associations stables sans but défini. Ils n envisagent as de éati les isques en disesant leu caital dans une multitude de commandes, au contaie ils concluent une association à lusieus, chacun aotant tout ou une gande atie de son caital, ou fonde le caital social de la comagnie. e lus souvent, elle egoue les membes d une même famille ou de difféentes familles se connaissant bien et ayant des intéêts communs. À cette famille constituante eut s y adjoinde des hommes d affaies éutés. a stabilité des comagnies, l imotance de leus caitaux, et l existence de succusales à l étange, leus ont emis de cée la banque modene. es comagnies émunéaient à un taux fixe les comtes de leus déosants qu elles utilisaient alos dans les affaies, eséant obteni un taux de ofit suéieu à celui de ses céancies. a comagnie a donc osé les fondements de la banque de déôt mais sans gaantie de duée, ce qui faisait coui en emanence un dange de faillite. es comagnies s adonnaient aux «délices» de la banque locale, mais aussi à ceux lus affinés de la banque intenationale. Gâce à l existence de eésentants dans les inciaux centes commeciaux euoéens et aticulièement aux foies de hamagne, les comagnies ouvaient effectue des tansfets de fonds sans tansot de numéaies a le simle envoi d une lette de change. a lette de change ossédait un double usage : Elle ouvait ête utilisée a la banque ou effectue une oéation de change ou l un de ses clients. Plus tadivement, l usage de la lette de change sea comlètement détouné de l oéation de change, ou deveni l instument de édilection des oéations de êts ente la comagnie et ses clients. À côté des oéations commeciales et bancaies, les comagnies se lancèent dans des activités industielles. ette industialisation concena essentiellement la oduction de la laine. est une oduction tès ationalisée, où l homme d affaies contôle l ensemble des difféentes hases nécessaies à l élaboation du oduit textile. Ainsi la comagnie founit le oduit à ouve aux atisans aux difféents stades de sa fabication, l enfemant dans une tâche bien sécifique, et le endant donc déendant de cette oganisation caitaliste. est ce que Fenand Baudel aelle le velagssystem ou le tavail à domicile : «est une oganisation de la oduction dans laquelle le machand est le donneu de tavail ; il avance à l atisan la matièe emièe et une atie de son salaie, le este étant ayé à la emise du oduit fini» 1. est un système qui se multilie à mesue que la société se modenise. Il est en utue avec les guildes, les sociétés de méties, ca il a comme objectif de substitue au monoole des conféies d atisans, celui des machands. ais le velagssystem n est as simlement un moyen de conquête du ouvoi, il est aussi oteu de modenité ca il est le écuseu de la sous-taitance qui va se déveloe avec l aaition des multinationales. e velagssystem bien qu établissant une cetaine fome de tutelle du machand vis à vis des atisans, econnaît de fait les qualifications des individus et emet donc la sécialisation de chacun en fonction de ses atitudes. e velagssystem est en quelque sote l intégateu d unités oductives disaates. ais n embellissons as to la situation, ca le tavail à domicile aboutit à des éseaux d atelies cooatifs ou familiaux, liés ente eux a l oganisation machande qui les anime et les domine. Sans cette suestuctue, le tavail de l ouvie ne touve lus acquéeu. B Plaisance es Placentins, ne se souciaient guèe de l industie. En liaison avec Gênes, ils se fient commeçants, êteus et banquies. Ainsi dès le milieu du XII e siècle, une imotante colonie 1 Pou lus de détails lie, BRAUDE F., 1980, ivilisation matéielle, économie et caitalisme. t. 2 : es jeux de l échange, Pais, e live de oche,. 372-378. 70

es oblèmes monétaies au moyen âge lacentine est établie à Gênes. es Génois n ayant guèe le goût du commece teeste, ce sont les hommes d affaies de Plaisance, qui au cous du XII e siècle vont cheche les das flamands, deuis que les machands de l Euoe du Nod n aotent lus leus oduits dans le golfe ligue. e commece va s effectue a voie teeste a l entemise des foies de hamagne, où les Placentins achètent das, laines et toiles ou les evende dans toute la ombadie 1. D intemédiaies commeciaux, les Placentins vont bien logiquement deveni intemédiaies financies, gâce à leus imosants caitaux et à l incométence elative des génois dans les oéations bancaies. Ainsi dès le milieu du XII e siècle, Plaisance contôle la banque génoise. eu uissance et leu maîtise financièe, s affichent de manièe éclatante, au milieu du XIII e siècle los de la setième coisade, a les sevices qu ils endent aux machands génois, céancies de saint ouis. Ainsi en Syie, les Génois êtaient de l agent à saint ouis et lui vendaient le avitaillement nécessaie à son amée. En conteatie, les hommes d affaies génois ecevaient des mandats de aiement, ayables à Pais auès du Téso. es Génois exédiaient alos ces mandats à Gênes, là ils étaient emis à une comagnie lacentine, qui les éexédiaient à ses eésentants aux foies de hamagne ou en assue le ecouvement. Tout tansot de fonds était inutile uisque les comagnies lacentines étaient acheteuses su les foies de hamagne (ou aye, elles ouvaient négocie auès d autes hommes d affaies ces tites de céances su saint ouis ou alle diectement à Pais se faie embouse et utilise ce numéaie dans des achats en hamagne) et vendeuses à Gênes (le oduit de la vente était éutilisé ou embouse les machands génois qui leus avaient emis ces mandats de aiement de saint ouis). es féquents ecouvements à Pais, font qu un cetain nombe de lacentins s installèent à demeue dans la caitale caétienne : «Ils y eésentent les inciales comagnies de Plaisance, les aoni (haons), les Boini (Bouins), les Scotti (Escots) etc. Et ils tiennent à Pais la emièe lace dans le gand commece qui s y imlante eu à eu à la fin du XIII e siècle, au moment même où Plaisance décline : les ôles de la taille évèlent que les machands de Plaisance ayaient le ties ou le quat total des cotes exigées des machands italiens. e lus imosé d ente eux, Gondolfo degli Acelli, Gandoufle d Acelles, est le esonnage le lus iche de Pais à la fin du XIII e siècle» 2. Gandoufle d Acelles détenait ou l éoque, la somme considéable de 70 000 lives 3 dans le caital social de la comagnie des Bouins. Sienne Son activité est similaie à celle de Plaisance. es comagnies siennoises ont des eésentants su les foies de hamagne et y achètent des das fançais et flamands ou Sienne. À ces mêmes foies, elles y installent des succusales qui vont emette d enteende des oéations bancaies en lus des oéations commeciales. D Floence Elle ece au début du XIII e siècle. S y déloient simultanément le commece, la banque et l industie. es comagnies floentines comme celles de Plaisance et de Sienne, ont des eésentants su les foies de hamagne ; elles accetent les déôts des aticulies, consentent des êts, et effectuent des oéations de change manuelles et tiées. ais ce qui distingue Floence de Sienne, c est la mise en lace d une industie textile. Elle imotait ainsi les laines d Angletee et celles de Sadaigne, et ensuite exotait ses étoffes en Italie et hos d Italie. Ainsi l économie floentine ne déend as uniquement du commece et de la banque, ce qui suffit à exlique à la fin du XIII e siècle, la victoie de Floence su ses deux ivales, Plaisance et Sienne. 4 Vie et cultue es taits généaux des hommes d affaies de la éiode des coisades : es hommes d affaies des villes maitimes ou des villes de l intéieu sont avant tout des voyageus. Ils ne sont as sécialisés. Ils achètent et vendent en gos et au détail, ils êtent, ils emuntent, ils effectuent des oéations de tansfets a lettes de change, ils investissent 1 De 1244 à 1260, la moitié de ce tye de tansactions est conclue à Gênes a les machands lacentins. 2 Id.,. 92. 3 En 1298, la ecette totale du budget oyal de Philie le Bel s élevait à 745 000 l.. ou atteinde 371 000 l.. en 1301. a ichesse de Gandoufle d Acelles s élevait ente 10 et 20 % de la ichesse du oi. 71

es oblèmes monétaies au moyen âge dans la oduction textile et la constuction navale. e machand «est à l affût de toutes les occasions de gagne de l agent. a echeche du ofit l oiente exclusivement et il ne méise as généalement les lus etits bénéfices» 1. Ils sont les insiateus d une nouvelle cultue laïque et bougeoise. Un savoi technique se déveloe difféent de la cultue littéaie et latine des clecs. Ainsi voit-on aaaîte au début du XIII e siècle, des écoles ubliques ubaines destinées à fome de futus machands. Section 2 aogée commeciale et les inventions techniques 2 1 es conditions généales «e toisième quat du XIII e siècle est un moment essentiel de l histoie économique et olitique de l Occident, lus aticulièement de l Italie. Des faits nouveaux de tout ode et de gande imotance suviennent nombeux au cous des tois décennies qui vont de 1250 envion à 1280 : ils ont de telle conséquence qu ils définissent ou lus d un siècle les conditions généales des échanges ; ils constuisent le cade de l activité des hommes d affaies italiens au cous d une nouvelle éiode de l histoie» 3. A aêt des oisades Aès la mot de saint ouis en 1270 à Tunis en leine oisade, lus aucun ince chétien d Occident n enteend d exéditions suffisamment uissantes ou établi la domination chétienne dans les ieux Saints. Doénavant, les inces et ois d Occident se éoccuent essentiellement de l affimation de leu ouvoi. Paallèlement, le déveloement concomitant du bien-ête et de la vie ubaine, atténue l influence de l esit chevaleesque et celui de la foi eligieuse. es aes euxmêmes accodent lus d intéêt à l oganisation administative de l Église et à l extension de son influence en Euoe. Finalement, faute de défenseus, l emie d Oient disaaît en 1261 avec la ise de onstantinole a ichel VIII Paléologue (emeeu byzantin à Nicée : 1258-1261 ; et à onstantinole : 1261-1282), et Saint-Jean d Ace la denièe lace chétienne en ces tees d «infidèles» tombe en 1291 ente les mains du Soudan d Égyte. Poutant, le tafic commecial ente l Occident et l Oient ne disaaît as. Un siècle et demi de contacts ente les hommes d affaies italiens, musulmans et byzantins, entaîne une cetaine oséité économique, indéendamment des vicissitudes olitiques et eligieuses. algé la disaition des laces chétiennes d Oient, «les affaies continues» 4. B exansion commeciale ves l Oient osque cessent les coisades, les Italiens vont s effoce d obteni diectement les oduits des Indes, c est-à-die, d Asie centale et d Extême-Oient, sans asse a les machands musulmans. Deux causes à cette initiative : Établissement aux alentous des années 1250, des ongols su la ive Nod de la me Noie, «ouvets aux fomes les lus déveloées de la civilisation» 5. «a aix mongole» favoise le commece. a lutte des hétiens conte les usulmans, les entaînent en Extême-Oient ou essaye de fome une alliance avec des ongols non encoe convetis à l Islam. exansion commeciale ves l Occident es hommes d affaies italiens étendent aussi ves l Occident l aie commeciale de la éninsule. e sont essentiellement les Génois qui fanchissent le détoit de Gibalta ou féquente, adix, Séville et Salé. Dès 1290, les fèes Vivaldi et Teodisio Doia tentent de contoune l Afique a la 1 Id.,. 100. 2 Denie ties du XIII e siècle XIV e siècle. 3 Id.,. 107. 4 es cités machandes signent des taités avec les inces d Oient, elles vont mêmes jusqu à leu vende du matéiel de guee. Deuis 1204, les machands italiens ont accès à la me Noie. «eus galèes, qui se substituent de lus en lus aux vaisseaux à voiles, continuent à féquente les ots byzantins et musulmans de affa à Alexandie ; elles s aêtent simlement lus volonties et lus souvent que a le assé dans l île de hye, denièe tee d Oient qui este aux mains des atins» (Id.,. 108). 5 Id.,. 109. 72

es oblèmes monétaies au moyen âge côte Atlantique. eu éilleux voyage les entaînea ves la mot. Ves le Nod, en diection de l Euoe setentionale, se déloient des flux maitimes commeciaux, gâce à la constuction de nouveaux bateaux ésistants aux temêtes atlantiques 1. D Une nouvelle oute teeste Une oute lus coute est ouvete ou elie la ombadie oientale et Venise, à la Flande et la hamagne : c est la constuction d un ont su la Reuss avant 1237, emettant aux voyageus de asse a le massif du Saint-Gothad. E Un monoole commecial italien Doénavant, ce sont les seuls machands italiens qui assuent la totalité du commece ente la hamagne et l Italie. En conséquence, les machands flamands cessent de tansote à Gênes leus das. e sont les hommes d affaies italiens qui deviennent les seuls couties ente Gênes, Floence, ilan, et les foies de hamagne. De même, les Vénitiens et Génois sont les seuls à s installe su les ives de la me Noie et à ête en elation avec l Extême-Oient. F Déclins de Pise, Sienne et Plaisance Gênes et Pise d une at, Floence et Sienne d aute at, sont to oches l une de l aute, et ossèdent des activités commeciales to similaies, ou qu elles uissent cohabite acifiquement. Pise et Sienne, subissent les événements olitiques généaux que sont les échecs successifs des Hohenstaufen 2. Plus essentiellement, Pise ne se elèvea as de l anéantissement de sa flotte a celle de Gênes à a eloia en 1248 3. À la suite de cette victoie militaie, Gênes dominea totalement la me tyhénienne. Paallèlement, l économie siennoise eosant uniquement su la banque, ne ouvait lutte conte la montée en uissance de Floence dans le domaine financie et industiel. est la faiblesse économique de Sienne qui sea la cause inciale de son déclin. De sucoît, Sienne fut ébanlée a la disaition de Pise, son allié olitique. Pou en temine avec Sienne, c est la faillite en 1298 de la lus gande banque siennoise du XIII e siècle la Gande Table des Bonsignoi qui maque son déclin définitif. Selon Yves Renouad, Plaisance décline à ati de 1260 en aot avec l esso de ilan. G affimation monétaie des cités Gênes et Floence ont enfocé leu commece a la fae de monnaies d o de bon aloi et à valeu fixe. es monnaies emlacent aidement les hyeèes byzantins et les mangons aabes, qui avaient été discédités a les dévaluations subies deuis le XII e siècle. e génois d o et le floin de Floence (22 caats 2/3 ; 0,985 de fin) aaaissent en 1252. Ils deviennent des étalons monétaies intenationaux. On fae des imitations comme les ambosini de ilan, ou les sequins ou ducats de Venise à ati de 1284 dont le tite, l aloi, et le oids, sont identiques aux monnaies génoises et floentines. H e alentissement économique de 1330-1340 a fomidable exansion économique entamée en 1275 s atténue cinquante-cinq ans lus tad. e commece oiental se feme aux occidentaux. unité mongole se dissout avec comme coollaie l accoissement de l insécuité et la éaaition de l intoléance eligieuse. En 1343, la gande colonie vénitienne de Tana su l estuaie du Don est anéantie a les ongols de Djanibek qui quelques années lus tad écidivent en assiégeant affa. «Désomais, les colonies de la me Noie, naguèe si osèes, végètent miséablement» 4. Aès les déclins de Sienne, Pise, et Plaisance, Venise et Gênes s engagent dans une domination exclusive du commece méditeanéen. Duant ce siècle, tois guees oosent ces deux villes maitimes sans aucune victoie décisive. final, toutes les deux sont affaiblies a ces conflits meuties. En 1337, la guee commence ente le oyaume d Angletee et celui de Fance. e commece des foies de hamagne est etubé à cause des oéations militaies su le teitoie fançais. Finalement les foies de hamagne éiclitent et edent toute imotance dès le milieu du XIV e siècle. 1 En 1277, une «nave» Génoise ejoint la Flande, en 1278 une seconde atteint l Angletee. Yves Renouad estime que ces voyages maitimes avaient été devancés deuis lusieus décennies a des voyages isolés mais sans cetitude absolue. 2 ot de Fédéic II en 1250 et celle de onadin en 1268. 3 Pou lus de écisions voi id.,. 127. 4 Id.,. 120. 73

es oblèmes monétaies au moyen âge Enfin à ati de 1348, la Peste Noie fait disaaîte une atie imotante de la oulation euoéenne de la moitié au huitième selon les égions. Ainsi, au début du second ties du XIV e siècle, aaaissent et se succèdent de gaves cises. e malaise généal, se taduit à Floence a des faillites de comagnies en 1342-1346. Dans les années 1378-1382, l Euoe est tavesée a une évolution sociale qui affecte gavement les villes et les gands centes industiels. ais selon Yves Renouad, même si ces cises sont tès imotantes et infléchissent l exansion commeciale euoéenne, elles n ont as d effets iémédiables. En ces années de toubles, l économie euoéenne subit lus une stagnation qu un ecul. En effet, la ete des machés oientaux est comensée a l émegence de ceux d Euoe centale et du Nod. a guee de ent Ans, induit une intensification de la ession fiscale, qui aadoxalement est souce d enichissement ou le oyaume et la noblesse. es déenses somtuaies vont donc en s accoissant, et les exotations ves la Fance et l Angletee en oduits de luxe ne diminuent as. a disaition des foies de hamagne, ne signifie as la disaition des flux commeciaux ente la Flande et l Italie, simlement une nouvelle oute aaaît lus à l Est elle elie la vallée du Rhin, ensuite Stasboug et le uxemboug, enfin la vallée de la euse, délaissant les chemins isqués en teitoie fançais. Dans le Nod de l Euoe et lus aticulièement à Buges, les hommes d affaies italiens encontent ceux de la Hanse, cette denièe atteignant son aogée en 1360, alos que les autes gands centes commeciaux sont touchés a la stagnation économique. En définitive, l intensification des affaies, ente les Italiens et l Euoe centale et setentionale, a l entemise de Buges ou les outes maitimes et a l entemise de Budaest et acovie ou les voies teestes, comense la ete ou le déclin des machés éihéiques de l Ouest et de l Oient. 2 À Gênes, foye d individualisme es Génois sont avant tout des commeçants ente l Oient et l Occident. es activités financièes et bancaies ont une moinde imotance dans leus affaies. e comotement de l homme d affaies génois se caactéise a un tès gand secet dans ses oéations commeciales, à l enconte de ses concuents bien natuellement mais aussi à l enconte de ses comatiotes. ette dissimulation constante des génois dans le négoce est l un des signes les lus significatifs de leu individualisme. A a coissance économique de Gênes Instuments notaiés du Valeu des flux de machandises dans le ot de Gênes : commece : 1191 : 30 000 1274 : n atteint as le million de lives génoises 1265 : 56 000 1293 : quate millions de lives génoises 1291 : 80 000 1334 : n atteint as les deux millions de lives génoises B e oblème de l assuance 1 assuance va se déveloe auès du machand intéessé a la vente de ses machandises, et auès de l amateu soucieux du sot de son bateau. Ainsi, au etou du navie aès la vente, le commeçant ayait le fet à l amateu et une cetaine somme en embousement d un êt fictif. e système se déveloe esque exclusivement à Gênes dans les denièes décennies du XIII e siècle. ais le oblème était qu en généal, l assueu était le bailleu du machand actif et a conséquent le siniste le énalisait doublement : une emièe fois a la ete des machandises et une deuxième fois a le embousement en tant qu assueu. Pou favoise l exansion de l assuance, la solution fut de eote le isque su un ties, n ayant as d intéêts diects dans l affaie. Ainsi, émege une nouvelle catégoie d hommes d affaies qui n aotent que le sevice de leu gaantie aux autes commeçants. e sont les Génois à la fin du XIII e siècle qui les emies oosent se mode d assuance. a fome la lus aboutie consiste au aiement d une ime à l assueu. e emie exemle date de mas 1350. 1 À la difféence de Gênes, le oblème de l assuance ne se ose as à Venise, gâce aux convois maitimes oganisés a l État et otégés a des vaisseaux de guee. 74

es oblèmes monétaies au moyen âge «Une nouvelle activité sécialisée s ouve au caital ; ses emièes conséquences sont de favoise l évolution qui oussait les hommes d affaies maintenant lus iches à osséde un vaisseau tout entie en oe au lieu de se constitue leus oes assueus en ne ossédant que des ats de dives bateaux et à ne lus hésite à emette enfin une at imotante ou la totalité de leus caitaux à une même esonne ou à une même enteise» 1. a société en commandite Gâce au déloiement considéable des affaies, à l enichissement concomitant des hommes d affaies, et à l élimination du isque a l assuance, il devenait ossible ou des caitalistes de moyenne envegue d envisage des affaies en s associant sous la fome de sociétés en commandite. Ainsi les caitalistes de second ang, n ayant as les fonds nécessaies ou acquéi un bateau, s associent ou constitue une société avec un caital social considéable. «Ainsi, en 1308, lusieus membes des familles Gilli et ontadi fondent une société au caital social de 9 450 lives génoises que l un d eux, Pacivallo Gilli, exloitea endant deux années à l issue desquelles le bénéfice ou la ete seont éatis ente les aticiants au oata du caital investi» 2. a société en commandite est donc une «association de céancies à ats égales et cessibles» 3, où la esonsabilité de l investisseu se touve engage au oata de son aot dans le caital social. Finalement, la tanquillité elative des mes, la disaition du isque de me a l assuance, le déveloement d un caitalisme lus oulaie, emettent aux affaies de ende de l amleu, aux machands d effectue des anticiations à lus long teme, bef, le caitalisme «ustique» de la commande n est lus de mise. Il devient nécessaie de ecueilli d imotants caitaux ou une assez longue duée, emettant ainsi, le financement des gandes affaies. a société en commandite éond en atie à ces exigences, le olongement de cette accumulation caitaliste va bien natuellement ête la banque. D endettement de Gênes et la asa di San Giogio Toute la dette ublique est oganisée su la souscition aux emunts de l État, de ats de 100 lives. Pou ouvoi ête embousés, ces emunts sont gagés su les evenus d un nouvel imôt. est le système de la comea. Ainsi en 1346, l État ou leve une flotte militaie à l enconte des bannis de onaco, «offe» à ses céancies une égion oientale, qu ils exloiteont jusqu à ils soient indemnisés. Tous ces céancies se éunissent dans une association en aticiation aelée maona, et affement les imôts dont les oduits sevent à embouse la dette et ses intéêts. e qu il est imotant de souligne, c est que ces maone, gâce à la cessibilité de leus ats, sont les écuseus de nos sociétés a actions. est en 1407, a la fusion de deux comee et de la maona de hye, qu est constituée la asa di San Giogio, la lus gande banque euoéenne du XV e siècle. es gandes enteises, administant la dette ublique, affemant des imôts, et exloitant des colonies entièes, ne ouvaient se satisfaie des stuctues simlistes des sociétés à coute duée, dont la gestion ouvait ête assuée a un seul homme. est ainsi que l invention de la technique comtable en atie double aaaît avec les Génois dès 1340, et eut ête même au début du XIV e siècle. Ainsi se déveloe un nouveau tye d homme d affaies qui succède à l ancien commeçant maitime, homme de me et d action, toujous êt à affonte les colèes de la éditeanée, ou établi de nouveaux comtois et de nouvelles colonies. homme d affaie génois des sociétés en commandite et des comee, est un machand tout aussi audacieux et enteenant que son écuseu, mais d une audace lus abstaite, lus technique. e tems des lointains voyages est évolu, fait lace un homme d affaies sédentaisé, lus ingénieux qu aventueux. voyage a me et tee, fait lace le voyage a lette de change 2 À Venise les emièes banques «À Venise, comme à Gênes, se manifeste dans la éiode d extaodinaie exansion du commece que sont les denièes décennies du XIV e siècle un esit d enteise vivace et audacieux» 4. 1 Id.,. 135. 2 Id.,. 136. 3 FAVIER J., 1987,. 200. 4 RENOUARD Y., 1968,. 140. 75

es oblèmes monétaies au moyen âge A Un commece vénitien lus taditionnel Venise a aot à Gênes semble un cente d affaies lus taditionnel. es activités des machands vénitiens ne changent as, simlement elles s intensifient. Venise ne connaît toujous as de déveloement industiel à l excetion des constuctions navales oganisées a l État. es techniques caitalistes ne se déveloent as non lus ; les machands continuent à la fin du XIII e siècle de atique le commece en s associant dans le cade de la colleganza. es associations sont onctuelles, et mettent en jeu de faibles sommes. est a la multilication de ces «etites» oéations financièes et commeciales que se constituent les gandes fotunes et les gandes affaies. Dans le domaine de l assuance, Venise ne connaît as les innovations de Gênes, mais ceci s exlique a un contexte commecial difféent. En effet, le machand vénitien n a as vaiment à se soucie de la sécuité de son négoce, celui-ci étant assué a la otection de l État. Yves Renouad va même lus loin en affimant que «la sécuité était à eu ès totale à bod des galèes des convois oganisés et contôlés a l État» 1. B e déveloement de la commission À ati du XIV e siècle, les hommes d affaies sédentaies emlacent la colleganza a la commission. Avec la commission, le machand adesse les machandises destinées à la vente, à un commissionnaie établit à demeue. À la difféence du caitaliste et du machand actif de la commande ou colleganza, le machand et le commissionnaie ne se connaissent as diectement. En effet, le commissionnaie aès avoi éalisé les oéations souhaitées a le machand, ne etoune as au lieu de déat du voyage, mais este dans le cente commecial où il effectue d autes «commissions» ou d autes machands. Dans ce cas la émunéation du commissionnaie ne eose lus su les mêmes incies que la commande ; le commissionnaie eçoit une commission fixe de 2 % en moyenne su les ventes et de 1 % su les achats. a banque à Venise ême si les techniques bancaies des vénitiens du XIV e siècle sont moins efectionnées que celles des génois, les changeus de la lace du Rialto ont inventé les emièes véitables banques. À la difféence des déosants floentins, les déosants vénitiens ne confiaient as leus numéaies aux banques ou ête émunéés, mais tout simlement ou déteni une éseve de liquidités en lieu sû. es banquies éalisaient des oéations de viements, d où l aellation de banchi di scitta, bancs d écitue. es comtes étaient tenus dans une monnaie fictive et fixe : la monnaie de banque. Pa cette innovation technique, les banquies vénitiens inventèent un succédané de la monnaie métallique, augmentant ainsi la ciculation monétaie, et emettant l aaition du découvet. D onclusion es conditions insulaies de Venise font que le commece este l élément incial de l activité des hommes d affaies vénitiens du XIII e et XIV e siècles. industie n aaaît as, à l excetion de celle de l État a l entemise de la constuction navale. es activités financièes ne s y déveloent as non lus : «les Vénitiens éugnent à ête aux ois étanges et les êts à l État sont lus aes à Venise qu ailleus» 2. est ace que la tadition commeciale de la cité lacuste est lus ancienne qu aaaissent des banques de déôts. aute cause essentielle à l émegence et à l éanouissement de la banque, c est la gande stabilité olitique de Venise autou d un État fot. A contaio, Gênes qui est tavesé a de multiles évolutions ne eut connaîte l établissement de banques ivées, ca, comment oganise des oéations de viements ou de découvets ou des clients qui se veont eut ête un jou faés d ostacisme, dans cette lutte inéuisable ente atis et factions. Un commece géé a l État. Bien que les commeçants de la bougeoisie et ceux de la noblesse aient le sens des affaies, ils le atiquent d une façon aticulièe en s auyant étoitement su l État. Ainsi, c est l État qui constuit les galèes et les otège, c est lui qui choisit les caitaines et qui oganise les convois maitimes de machands, c est lui enfin qui édicte les ègles du commece. Son inteventionnisme va afois encoe lus loin, en imosant des ententes ente machands vénitiens ou conseve des «ats de machés» conte la concuence étangèe. 1 Id.,. 142. 2 Id.,. 149. 76

es oblèmes monétaies au moyen âge En définitive, Venise est une cité qui se eétue gâce à un État fot et un esit nationaliste qui esteint l individualisme machand. 3 À Floence, les comagnies à succusales multiles «À Floence, le denie ties du XIII e et le XIV e siècle sont la éiode où s éanouit la ichesse des hommes d affaies et où s établit et s affime leu éondéance dans la cité. a victoie de hales d Anjou a fait du goue d hommes d affaies floentins et siennois qui le soutenait une uissance économique intenationale» 1. A a comagnie 1 es containtes su les membes de la comagnie es machands floentins continuent de se egoue dans des sociétés avec de nombeux associés, assemblant ainsi un caital social considéable. es associations sont des comagnies, c est-à-die des sociétés en nom collectif : les associés sont esonsables des dettes éventuelles de la comagnie su leus biens oes de façon illimitée. En généal, la comagnie est maquée a les liens familiaux de ses membes 2. es inciaux associés font atie la luat du tems d une même famille. Pou Jean Favie, «à la base de la comagnie, il y a la famille» 3. a majoité des comagnies egoue quate ou cinq associés, les lus imotantes, ente dix et vingt afois même vingt-cinq. aatenance à la comagnie est exclusive ; on ne eut osséde de multiles aticiations dans les comagnies, comme dans les sociétés en commandite. e oos de la société en commandite était la divesification des investissements ou comense les etes et les isques, le oos de la comagnie est d ête indéassable. eci se concétise a une activité des hommes d affaies toute dévouée à la comagnie. Tous les associés euvent exime leu oinion. es modalités de ise de décision, vont de la majoité des voix, à l unanimité. Dans la atique, le ouvoi était entièement détenu a le diecteu de la comagnie avec l aui des associés membe de sa famille. À côté des associés existent les facteus qui sont des hommes d affaies n ayant as assez de caitaux ou qui n ont as encoe suffisamment d exéience ou ête admis comme associés. es facteus sont les salaiés de la comagnie et a conséquent sont égulièement émunéés. e teme de facteu ecouve une éalité multile, qui s étale du simle emloyé ou manutentionnaie jusqu au diecteu de succusale, en assant a les notaies et les scibes. es facteus ouvaient ête en gand nombe : 100 à 120 chez les Badi et les Peuzi. Il faut souligne l imotance du diecteu de succusale, qui a son exéience et sa dextéité mecantile était esonsable localement des intéêts de la comagnie. Sa fonction au sein de la comagnie était extêmement imotante ca il avait une autonomie quasi comlète dans la succusale qu il diigeait. a bonne gestion de la comagnie déendait essentiellement de ses diecteus de succusale et ils devaient s engage a contat auès de la comagnie à n effectue aucune affaie ou leu oe comte ou ou le comte d autui. à encoe, la comagnie se veut exclusive. 2 e caital de la comagnie Deux éléments comosent ce caital : le caital social et les déôts e caital social est constitué a les aots des associés. e caital eut vaie de quelques millies de lives ou les etites comagnies, à 100 000 lives ou chacune des comagnies des Peuzzi, l une d elle atteignant même 140 000 lives, c est-à-die 103 000 floins. Pou l éoque, ces chiffes sont considéables. es associés se touvent engagés su leus biens au oata de leu at du caital social. Invesement, on éatit les bénéfices selon ces mêmes ootions. es déôts sont constitués a les associés eux-mêmes, le esonnel de la comagnie et sutout a des ties. es déôts aotaient un fixe de 6 % à 10 % a an ils sont émunéés en fonction de l offe et de la demande de cédit su le maché local selon les comagnies et les éiodes, et sutout, ils étaient embousables à vue au gé du déosant. Avec les déôts, la 1 Id.,. 152. 2 Voi aussi. 187-191. 3 FAVIER J., 1987,. 204. 77

es oblèmes monétaies au moyen âge comagnie se fait banque ou finance ses investissements. «e système a ses avantages : un intéêt gaanti ou le déosant, des caitaux disonibles sans atage du ouvoi ou les associés» 1. Bien que l on ne connaisse as diectement le montant de ces déôts, a extaolation, ils atteignent des chiffes encoe lus fantastiques que ceux du caital social. Ainsi, à la faillite des Badi et des Peuzzi, le oi d Angletee leu devait esectivement envion 900 000 et 600 000 floins, le oi de Sicile lus de 100 000 à chacun. e 1 e juillet 1318, l une des comagnies des Badi avait un actif de 1 266 775 11 s. soit 875 638 floins. Donnons-nous des données de comaaison : en 1344, Pame est vendu ou 70 000 floins ; en 1348, lément VI (1342-1352) achète Avignon ou 80 000 floins ; en 1349, le oi de Fance achète ontellie ou 120 000 écus c est-à-die 133 000 floins. «Il n y a donc as d exagéation dans l affimation de Villani que les 1 365 000 floins que devait le oi d Angletee aux Badi et aux Peuzzi «valaient un oyaume»» 2. Pa ces chiffes on s aeçoit avec évidence, que le montant des déôts déassait de beaucou celui du caital social. À cette uissance financièe, une aison toute simle : la confiance qu insiaient ces comagnies au ublic des etits déosants. Nous veons a la suite, que ces déôts à vue sont aussi le oint faible de ces comagnies que l on eut qualifie de «géants aux ieds d agile». Sans ce climat de confiance, les déosants etiaient leus liquidités auès des comagnies, un mouvement de anique se céait et se teminant a un «kach» financie. 3 e siège social et les succusales e siège social se touve odinaiement à Floence. était le lieu où se céaient et se dissolvaient les comagnies. «était le cente d où ayonnait la toile d aaignée que chaque comagnie tissait su le monde» 3. À Floence, chaque comagnie détenait lusieus magasins, comtois et déôts. e nombe de succusales déendait de l imotance de la comagnie, les lus imotantes en détenaient une vingtaine disosées à taves toute l Euoe. es gandes comagnies installaient simultanément des succusales, dans quate gandes villes euoéennes en dehos de l Italie : ondes, Avignon losque les aes y séjounaient, Pais et Buges. 4 aactéistique essentielle de la comagnie Paadoxalement, la caactéistique déteminante des gandes comagnies est de ne as ête sécialisée. eu objectif unique était de gagne de l agent, et ou y aive tous les moyens étaient justifiés. es hommes d affaies des comagnies étaient simultanément commeçant, banquie et industiel. Rien ne les ebutaient, du moment qu existait la ossibilité de s enichi. Simlement, le commece intenational était lus déveloé ca lus lucatif. B es activités bancaies et le change a banque et le change sont les olongements logiques des activités commeciales des gandes comagnies. Du fait de leus nombeuses succusales et de leus multiles clients, les comagnies détenaient des céances et des dettes dans toutes les monnaies méditeanéennes et euoéennes, qu il fallait ouvoi change et que l on comensait a l usage des comtes bancaies. Enfin, leu uissance financièe était tès souvent sollicitée a les inces. ssi, a la foce des choses, les comagnies se touvaient engagées dans des oéations de change, de déôt et de cédit. a lette de change et la monnaie scituale aaaissaient alos comme des moyens fantastiques ou se détache des loudes containtes de la monnaie métallique, et augmente le volume des affaies à un niveau insouçonné jusqu alos. es comagnies étaient les seuls oganismes qui ussent éalise des tansfets de fonds sans aucun isque, ca seules ciculaient les lettes de change. es aots comlémentaies ente la aauté et les gandes comagnies XIV e siècle, losque les mouvements de fonds de la hambe Aostolique atteignient des montants considéables, de nombeuses comagnies chechèent à gée ces tansfets ca comlémentaies aux leus. Ainsi en simlifiant, les gandes comagnies achetaient sutout à la éihéie de la hétienté et vendaient dans la atie centale de l Euoe, en Fance et en Italie. Pa conte, les aes encaissaient des fonds dans toute la chétienté et les déensaient à Avignon et en Italie. Ainsi au outou de la chétienté, les comagnies étaient débitices et l Église céditice, a 1 Id.,. 206. 2 RENOUARD Y., 1968,. 158. 3 Id.,. 159. 78

es oblèmes monétaies au moyen âge conte au sein de la chétienté les ôles s invesaient, les comagnies étaient céditices et l Église débitice. Pa la foce des choses, ces deux goues d intéêts se aochèent ou éalise des tansfets mutuellement avantageux. Pa exemle, le diecteu de la succusale d Avignon, sachant que celle de Famagouste est débitice a ses achats en oduits exotiques, lui envoie une lette de change dans ce cas il est le tieu dont elle sea le bénéficiaie, et le tié, le eésentant du ae à Famagouste. accod ecclésiastique sea bien sû évident, étant donné que la comagnie floentine détient une céance su la hambe Aostolique a ses achats somtuaies en Italie et à Avignon. Il s agit donc, d une simle écitue comtable a tansfet de céance ente deux lieux difféents : on céditait le comte de la comagnie à Famagouste en débitant celui de l Église au même lieu. Pou que l oéation soit comlète (c est-àdie que les jeux d écitues s annulent ente Avignon et Famagouste), l agent aostolique de Famagouste (le tieu) sachant que le comte de la hambe Aostolique était débiteu à Avignon, envoyait une lette de change (en quelque sote la conteatie de la emièe) au diecteu de la succusale d Avignon (le tié) avec comme bénéficiaie final le eésentant ecclésiastique à Avignon. oéation comtable était bien sû l invese de la écédente : la comagnie céditait le comte de l Église à Avignon en débitant le sien. ette oéation était accetée a la comagnie, uisqu en généal l Église su les ieux Saints, accumulait beaucou de liquidités et les êtaient bien natuellement à la comagnie floentine acheteuse de biens oientaux. Pa cet exemle nous voyons l imbication tès étoite ente oéation de change et oéation bancaie. une ne va as sans l aute. D es oéations de cédit es montants atteignaient afois des montants considéables : de 1280 à 1310, les Fescobaldi êtèent lus de 122 000 lives steling aux ois d Angletee Édouad I e (1272-1307), Édouad II (1307-1327) et les ois de Sicile. Raelons qu à la faillite des Badi et des Peuzzi, Édouad II et Édouad III (1327-1377) leus devaient esectivement envion 900 000 et 600 000 floins, le oi de Sicile lus de 100 000 à chacun. début du ontificat de Jean XXII (1316-1334), l ode de l Hôital Saint-Jean à Jéusalem devait 133 000 floins ou les Badi et 191 000 floins ou les Peuzzi. De 1372 à 1376, les Albeti êtèent lus de 40 000 floins au ae Gégoie XI (1370-1378). es conditions de êt vaiaient selon les emunteus. Pa exemle, les ois d Angletee étaient exemtés d intéêts, mais en conteatie, les comagnies ne ayaient as d imôt su les biens qu elles ossédaient dans le oyaume ainsi que les doits de douane su leus exotations de laine. es ois de Sicile en conteatie du êt concédaient des fanchises d exotation. te moyen utile ou se faie embouse : l affemage des evenus de la couonne qui emettait de défende les ositions commeciales auès du ince. «es êts consentis à Édouad III a les Floentins se émunèent de ivilèges fiscaux ou leu commece des laines. À la même éoque, l Allemand Tidemann imbeg, un homme d affaies de Dotmund établi à ondes, achète, en êtant au même Édouad III, la concession du zinc de onouaille. D autes Allemands de ologne et de Dotmund achètent de cette manièe des licences ou l exotation de laines, voie le bail de douanes affemées a le fisc anglais. XV e siècle, le monoole de l alun ontifical éond aux êts des édici, et leu osition à Buges, su le gand maché de l alun ou l Euoe du Nod-Ouest, tient au cédit que leu filiale bugeoise et son diecteu Tommaso Potinai ouvent, non sans isque, à hales le Téméaie et à aie de Bougogne. Ni les Badi, ni imbeg, ni Potinai n eussent ensé un instant que la banque fût aute chose qu une comosante du comlexe olitique et économique des affaies» 1. Bien natuellement, ces êts considéables et ces affemages céaient des aots ivilégiés ente le ince et la comagnie. es hommes d affaies si utiles aux ois, devenaient tout natuellement leus conseilles financies. «est le ôle que jouent auès de Philie le Bel Biscio et uscitto de Fanzesi, Biche et ouche, et, auès d Édouad I e, Beto Fescobaldi, aé du tite honoifique de conseille de la couonne» 2. E a fae des monnaies e estige et le bon aloi du floin, font la enommée des monnayeus floentins. es comagnies étaient donc chagées a les souveains étanges de fae leus monnaies nationales. est ce que 1 FAVIER J., 1987,. 271-272. 2 RENOUARD Y., 1968,. 171. 79

es oblèmes monétaies au moyen âge font les ois de Fance avec les Fanzesi, les Scali uis les Peuzzi, les ois d Angletee avec les Fescobaldi, de même que les aes, les comtes de Flande et de Hainaut. e monnayage leu était souvent abandonné à tite de gage et ou ête affemé. F es bénéfices des comagnies es êts : à Floence, les comagnies êtaient de 7 à 15 %, o elles étibuaient le comte de leus clients ente 6 et 7 %, le taux de ofit était donc tès faible. Avec les étanges, au début du XIV e siècle, le taux du cédit ouvait atteinde 33 1/3 %, donc un taux de ofit assez substantiel. a émunéation des tansfets de fonds, vaiait ente 1 et 5 %. es ofits des quate comagnies Peuzzi qui se sont succédées ente 1300 et 1324, étaient de 15,40 %, 20 %, 14,50 % et 16 %, a an bien entendu. Un cas extême : les ofits de la comagnie de Rosso d Ubetino degli Stozzi s échelonnaient de 300 à 1000 % ente 1330 et 1340. G es etes et les faillites des comagnies a liquidation en 1335 de la comagnie Peuzzi fait aaaîte une ete équivalente à 15,5 % du caital social. 1 auses des etes Pou les etites comagnies : 1) auvaise aéciation de la conjonctue. 2) Achat à des ix to élevés avec vente à ete. 3) es aléas des tansots : illages et iateies. 4) Ségégation fiscale des machands étanges en fonction des intéêts du ince. 5) Refus de cédits a les gandes comagnies. Pou les gandes comagnies : 1) ême causes mais accentuées a l influence lus imotante du facteu olitique. 2) Volatilité du numéaie des déosants. es déôts à vue constituent l essentiel des essouces financièes des gandes comagnies, d où leu tès gande faiblesse. Pou une comagnie engagée dans une elation ivilégiée avec un gand ince ou un oi, il était tès difficile de s en dédie, et souvent elle se touvait obligée de olonge les êts, accoissant de facto des céances difficilement embousables. Refuse un êt, c était ende le isque de subi des eésailles et de ne lus avoi accès aux avantages et ivilèges que concédait le ince, voie d ête exulsé du oyaume. es céances étaient alos iécuéables. Pa la foce des choses, les comagnies se voyaient donc dans l obligation d ête solidaies avec les inces déensies. «eus céancies n ignoent as les liens qui les unissent. Une camagne sans succès du oi d Angletee ovoque une anique chez les déosants qui se éciitent aux guichets des diveses succusales des comagnies floentines : ce fut le cas en 1297, quand les Fescobaldi euent consenti un êt à Édouad I e ou solde les mecenaies bouguignons destinés à une camagne conte le oi de Fance» 1. En fait les comagnies ne détenaient as suffisamment de liquidités, ou faie face au ush de tous les déosants. eu gandeu, leu uissance, eosait uniquement su leu éutation. et équilibe écaie ne ouvait indéfiniment se olonge, tôt ou tad il se omait à la suite d une umeu défavoable. 2 e tounant de 1326 Ente 1300 et 1302, Floence est déchiée a une lutte intestine ente deux factions olitiques : les Nois et les Blancs. a défaite et l exil des Blancs entaînent leu faillite, mais les comagnies «Noies» sont elles mêmes duement touchées, et les vingt-cinq emièes années du XIV e siècle sont maquées a la faillite de lusieus dizaines de comagnies. e oint culminant est atteint en 1326, a la faillite de la lus ancienne et de la lus uissante comagnie floentine : les Scali. économie de Floence en fut comlètement ébanlée. À la suite de ce désaste, la solidaité nationale s imosa aux nouvelles comagnies à l éeuve des faits histoiques. Ainsi, les nouvelles comagnies qui se constituent, comme les Badi, les Peuzzi ou les Acciaiuoli, vont s entende ente elles et constitue «un goue commecial et financie d une 1 Id.,. 183. 80

es oblèmes monétaies au moyen âge uissance inouïe» 1. On les qualifiea de «colonnes de la hétienté». À la concuence outancièe d auaavant, se substitue a conséquent une cetaine solidaité ente les comagnies floentines à taves un dense éseau de dettes et de céances coisées, mais ce système n est as la anacée, ca aux faillites individuelles se substituent les faillites collectives. 3 es cises de 1341-1346 En 1341, Floence tavese une gave cise aès une malenconteuse oéation dilomatique auès de la faction des Gibelins, qui fait coie à ses alliés qu elle quitte la coalition Guelfe. Bien évidemment les caitalistes du oyaume de Sicile qui avaient tous leus avois monétaies auès des comagnies floentines s émeuvent de ce etounement olitique, et c est la uée des déosants ou etie leus liquidités auès de ces comagnies. es comagnies moyennes non soutenues a les gandes, ca elles-mêmes inquiètent de leu sot, font faillites les unes aès les autes. est une véitable débandade à cause des céances coisées. En 1342, disaaissent les dell Antella, les occhi, les Peondoli, les Bonaccosi, les osini, les Da Uzzano et les astellani. En 1343, c est au tou des uissants Peuzzi et Acciaiuoli. aothéose est atteinte en 1346, avec le déôt de bilan des Badi, la lus uissante comagnie floentine. Ne estait alos lus que de modestes comagnies fot écentes, qui n allaient ouvoi véitablement se déveloe qu aès le fléau de la Peste Noie qui avagea toute l Euoe ente 1348 et 1350. e n est qu à ati de 1360 qu émegèent de nouvelles et gandes comagnies floentines : les Stozzi, les édicis, les Guadi, les Sodeini, les Rici. es comagnies floentines étaient étoitement engagées dans la vie sociale de leu ville mais aussi dans celle de l Euoe. Elles étaient à la fois des uissances économiques et olitiques, a conséquent sensibles aux événements militaies et aux faits olitiques qui ouvaient causés leu uine. 4 a mentalité ationnelle des machands A a mentalité des machands : une aoche ationaliste 2 Pa leu métie, les hommes d affaies déveloent des facultés d obsevations, de coméhension, et de echeche d infomations nouvelles. Bef, ils ont un esit incisif et cuieux, nécessaie ou ouvoi tie ofit des faits et événements de toutes sotes. eu doctine seait de savoi ou évoi, d où la nécessité de ecueilli des données exactes, écises et exhaustives. «ette conscience ofonde qu une bonne infomation emetta l action fuctueuse a des évisions judicieuses, c est la démache logique même de la ensée ationnelle. es hommes d affaies italiens du XIV e siècle agissent comme s ils coyaient que la aison humaine eut tout comende, tout exlique et diige leu action : ils ne l eximent as claiement, mais leu comotement monte qu ils le sentent sans le fomule : ils ont une mentalité ationaliste» 3. Une mentalité ationaliste qui va s exacebe dans une éthique caitaliste et hédoniste avec comme objectif, «de touve les moyens les lus efficaces d acquéi des ichesses et d utilise ces ichesses selon un incie de jouissance individualiste, sans connaîte à cette jouissance d aute limite que leu satisfaction» 4. B Définition d un tems abstait 5 Définition d un tems abstait sous la ession ationaliste de la shèe machande. En effet, les méthodes ationalistes emloyées en comtabilité et finance, ne ouvaient se satisfaie d un étalon de tems, fluctuant en fonction de la duée du jou et en fonction des ays. Ainsi, on donnait aux années des oints de déats litugiques difféents selon les États : l Annonciation, la Nativité ou Pâques. De même, la duée des heues changeait en fonction des saisons 6. Ainsi, le jou et la nuit étaient divisées 1 Id.,. 185. 2 Id.,. 223-228. 3 Id.,. 227-228. 4 Id.,. 231. 5 Id.,. 239-242. 6 eci eut aaaîte comme une inconguité ou nos esits habitués à une mesue écise du tems, mais cette simle constatation monte les difféences fondamentales ente l homme du oyen Âge et celui de note éoque. ette obsession de écision et d exactitude qui nous caactéise, n avait as beaucou d imotance ou l homme médiéval. On eut ende comme exemle la eintue de cette éoque, qui egadée avec nos «yeux» d homme modene, semble entachée de défomations géométiques, et d «iesect» enves les ègles les lus simles de la esective. Pou un esit éis de modenité et de technologie, cette «anomalie» ictuale est la simle tanscition d un etad atistique des hommes de cette éoque. De là à die que les atistes du oyen Âge sont ignoants, le as est facilement fanchissable et vite fanchi a 81

es oblèmes monétaies au moyen âge en douze éiodes toujous égales ente elles. es heues du jou s allongeaient en été et se accoucissaient en hive, et invesement ou les heues de nuit. O, les comagnies avaient besoin de dates fixes et égulièes ou faie leu bilan et calcule les intéêts, ainsi elles aêtaient leus comtes tous les six mois, le emie janvie et le emie juillet. Tout natuellement, de nombeuses comagnies ient la décision de faie débute l année au emie janvie, fête de la iconcision. Paallèlement, l influence ationaliste gandissante des hommes d affaies exigeait une éfome du système de mesue des heues. Elle se fea a l invention de l hologe. x heues inégales que seule l Église savait calcule existaient les heues égales des hommes d affaies, lisibles et coméhensibles a tous. ette égalité des heues s accodait afaitement avec la aison, et un tavail de lus en lus égulie et oductif nous ouions die de lus en lus ationalisé dans les atelies ubains. hologe était la emièe concétisation d une machine écise et modene, emblème de cette exigence de écision et d exactitude des hommes d affaies. a maîtise du tems ne seait-elle as d ailleus la emièe victoie du caitalisme su la société? -delà de cette considéation invéifiable mais séduisante, le tems était le lieu d affontements ente ouvoi temoel et ouvoi siituel, et finalement, c est le ouvoi temoel qui emotea cette guee du «tems». «Tout se asse comme si, esque atout, c étaient les hommes d affaies gouvenant les gandes villes italiennes qui avaient imosé l adotion du nouveau système eu adotion [des hologes] satisfaisait l esit civique des classes commeçantes au ouvoi ; elle leu emettait de desse, en face du camanile du dôme qui sonnait les heues ecclésiastiques, su la tou du alais municial déjà ouvue d une hologe muette et d une cloche qui aelait les citoyens à leus tâches civiles, une hologe dont la sonneie scandeait désomais la vie de la cité ; ce n est lus l heue des clecs, mais l heue laïque, municiale, qui guideait l activité de tous les habitants de la ville» 1. hologe, c est la séaation du tems abstait et atificiel, du tems concet et natuel. Avec le tems abstait, aaaît la coyance en un monde égit a des lois, a des incies mécanistes d ailleus, n a-t-on as comaé le monde à une vaste hologe? dans ce cas, la théoie ejoint la atique, dont l existence est indéendante de celle de l homme. Alos en enant un accouci histoique, mais qui monte bien sa médiévale filiation, ouquoi le domaine économique ne seait-il as autosuffisant tiant son existence de la simle exécution des foces mécaniques du maché? Section 3 esso du caitalisme financie et industiel, XV e siècle 1 es conditions généales Pendant le emie ties du XIII e siècle et los du XIV e siècle, les hommes d affaies sont au cente de la vie économique, olitique et sociale de l Italie. Duant le XV e siècle, le ouvoi olitique des cités italiennes va se enfoce, a la constitution de véitables États teitoiaux, oganisant autou d eux une aie économique ou s aovisionne mais aussi touve des débouchés à leus oduits. es villes de moinde imotance tombe dans leu zone d influence sans cesse gandissante. e nombe des gandes laces demeue à quate : Venise, Gênes, Floence et ilan. est au début du XV e siècle, que Venise enteend la céation d un État su la tee feme, et c est enfin en 1406, aès tois cents ans d un long duel, que Pise est annexée a Floence, aès sa uine commeciale au XIII e siècle a les Génois. Pa cette conquête, Floence a un accès à la me lui évitant de asse a les cités maitimes et aticulièement Gênes. est aussi au début du XV e siècle que Gênes ed son indéendance. Ébanlée as la défaite de hioggia en 1380 conte Venise, en 1402, elle accete la domination du oi de Fance. a emièe décennie du XV e siècle maque donc l aaition d une èe nouvelle a le coisement de lusieus faits : cetains Plus subtilement, cette eintue doit se elace dans un contexte mental et social difféent du nôte, où les eèes cognitifs sont difféents. es eintes du bas oyen Âge n étaient as lus stuides que leus successeus, ils avaient connaissance des techniques ictuales, simlement ils les aliquaient difféemment ca leus exigences étaient autes. 1 Id.,. 240-241. 82

es oblèmes monétaies au moyen âge a ete d indéendance temoaie de Gênes en 1402. a ete d indéendance définitive de Pise en 1406. Venise, uissance exclusivement maitime, s oiente ves la tee feme. Invesement, Floence uissance exclusivement teeste, s oiente ves la me gâce à la conquête de Pise. ette nouvelle éiode, se caactéise a l accoissement du ôle olitique des hommes d affaies. Ainsi en 1400, ucques est diigé a le chef de la lus iche famille machande de la ville : Paolo Guinigi. À Floence, cette conquête du ouvoi olitique a les hommes d affaies est encoe lus éclatante : au début du siècle, le ouvoi de la cité en evient à ôme de édicis, et comme dans une monachie hééditaie, aès sa mot, c est son fils Piee qui end sa succession, suivit de auent le agnifique. A Rétécissement de l esace commecial activité commeciale va asse de la me éditeanée à la façade Atlantique avec l émegence de la éninsule ibéique. Ainsi, à ati du toisième ties du XIV e siècle, la hine se feme aux machands italiens, à la suite de la chute de la dynastie mongole en 1368, et son emlacement a les ing. a Pese se feme aussi à leu commece. es sultans d Égyte intedisent la tavesée de leu oyaume. e commece ves les Indes devient donc imossible. XV e siècle, l influence tuc ogesse su le littoal de la me Noie, entaînant la chute des comtois génois et vénitiens naguèe si osèes : affa tombe en 1475, et etatea Alba en 1484 maquant ainsi, l éviction totale des machands italiens de la me Noie. a débandade continue en 1453 avec la chute de onstantinole, celle de Nège-Pont en 1470 et la ise d Otante en 1479. À l Est, les limites de l esace maitime des cités italiennes, ont été amenées de l océan Pacifique à la me Égée e commece italien va donc se éoiente ves l ouest méditeanéen, en suscitant la oduction de machandises qui ne sont lus accessibles su le vesant Est de la éditeanée. a ete d influence italienne en Oient n est que atiellement comensée a le déveloement commecial de la façade Atlantique, où aaaissent d ailleus de edoutables concuents. Pa conséquent, l activité commeciale des hommes d affaies italiens non seulement cesse de s accoîte mais se éduit-elle. B industialisation au XV e siècle esso industiel se diffuse à ati des activités industielles antéieues, c est-à-die celles liées au tissage et à la constuction navale. Aaaissent ainsi l extaction minièe, la métallugie, la aeteie, la tanneie et la veeie. a luat des nouveaux centes industiels se touvent en Italie du Nod et en Euoe centale. ais en définitive le ôle ionnie des floentins est elativement faible au XV e siècle, ca les industies minièes d Allemagne sont sous le contôle d hommes d affaies allemands ou de uissants États. «es hommes d affaies italiens demeuent le lus souvent attachés à une activité toute semblable à celle de la éiode écédente : gand commece qui consiste à imote en Italie les oduits d Oient ou les edistibue en Occident et à exote en Oient les tissus d Occident, et aticiation à l industie qui fabique ces tissus» 1. atuité des innovations assées e XV e siècle au niveau financie, se caactéise a l affimation des innovations assées et l aaition de oduits financies encoe lus soules d emloi. Ainsi est inventée la société en commandite, association de céancies avec des ats égales et libement cessibles. es nouvelles fomes caitalistes, emettent d attie les «gens timoés ou eu fotunés qui n entendent isque que la somme engagée et qui veulent ouvoi négocie aisément leu tite» 2. es comagnies chechent à se éseve du ush des clients a les déôts à teme. Se constituent donc des «accumulations énomes de caitaux», qui euvent ête facilement mobilisables à l échelle de l Euoe entièe, gâce à l usage devenu banal de la lette de change. es caacités financièes sont de lus en lus utilisées 1 Id.,. 254. 2 Id.,. 255. 83

es oblèmes monétaies au moyen âge a des États encoe lus aogants, avec comme coollaie des déenses de lus en lus imotantes, aggavées a des guees emanentes qui font le «bonheu» de l industie métallugique en lein esso. ette activité bancaie se concente su des laces où affluent les lettes de change et donc les caitaux. À la fin du XV e siècle, se cée alos une nouvelle institution commeciale et financièe : la Bouse. S y négocient des machandises absentes, des machandises à temes. est l ultime abstaction du caitalisme médiéval. 2 À Floence, les comagnies à filiales au tems des édicis Pou Floence, au commece teeste s ajoute le commece maitime a la conquête de Pise (1406). es galèes floentines vont alos acoui toutes les mes. activité maitime devient une activité essentielle des hommes d affaies floentins. En aallèle, les techniques commeciales continuent à se déveloe. En 1408, la législation floentine econnaît la société en commandites. es associés de ces sociétés ne sont esonsables que de la somme investie dans la société, seul le gestionnaie de la société c est-à-die le commandité se touve esonsable de façon illimitée su tous ses biens. es sociétés en commandites se touvent dotées d un tès gand caital gâce à la soulesse de souscition de ses ats. es commanditaies, emlacent les déosants des comagnies taditionnelles. usage des comtes dans les banques devient d usage couant, c est l «hamonieux achèvement» des découvetes du XIV e siècle. es viements ente comte n exigent lus nécessaiement un chèque, le simle ode vebal du client ayeu suffit à effectue le èglement. e live-jounal des banquies où sont inscits les mouvements ente comtes fait foi en justice. A e cédit a l oéation de echange es oéations de êts continuent à se déveloe mais tout en gadant l aaence d un change ou évite les foudes ecclésiastiques. est l oéation de echange, qui emet d isole l oéation de êt su la lace où la lette de change émise a le tieu (l emunteu) est achetée a la banque i.e. la banque consent un êt à son client tieu. ette lette est envoyée à un tié fictif, qui bien entendu efuse cette lette de change. On desse alos un otêt ou une nouvelle lette de change éexédié au tieu qui se doit de embouse le bailleu, c est-à-die la banque (le êteu). Bien sû, cette éexédition incluait un gossissement des fais, conteatie du êt bancaie, c est-à-die l intéêt du êt. «En un mot, otêt et echange d accidentels deviennent égulies, concetés à l avance ente le banquie et son client su la lace d oigine [ oéation], evient ou le banquie à ête de l agent au tieu ou une duée égale au délai d alle et de etou des deux lettes de change et à celui de l usance des lettes de change su les deux laces, soit de tois à six mois selon les cas» 1. À cette technique subtile et élégante ouvait se substitue celle de manièes lus gossièes. a banque ouvait se ménage un bénéfice assué a le gonflement des fais, ou en emettant à l emunteu une somme moinde que celle inscite su la lette de change. À l esit succédait afois l escoqueie. B endossement 2 endossement, dont le emie exemle emonte à 1430, emettait d utilise encoe mieux l instument financie qu était la lette de change. e bénéficiaie de la lette de change ouvait écie le nom de la esonne à qui il entendait qu elle fût ayée. a lette de change devient alos une véitable monnaie de aie. Une industie textile comlètement ationalisée «e système de l enteise se déveloe dans l industie textile tout au long du siècle ou atteinde son achèvement eu aès 1500» 3. Des caitalistes associés à des techniciens achètent la matièe emièe lainièe en Esagne et en Angletee. Ils emettent ce oduit but à une succession de vingt-six méties d atisans, qui a cinq gandes étaes (oéations éliminaies, filatue, tissage, teintue et finissage) le tansfome en da. es enteeneus ne taitaient as diectement avec les atisans, mais a l entemise de facteus et 1 Id.,. 260. 2 Id.,. 261-262. 3 Id.,. 262. 84

es oblèmes monétaies au moyen âge d intemédiaies sécialisés dans chacune des étaes du ocessus d élaboation du da. À chaque oéation, le oduit semi-ouvé était contôlé et esé avec minutie. ensemble de ces oéations duait en moyenne six mois. Poutant on ne eut ale véitablement d un gand caitalisme industiel, ca le niveau de oduction daièe était faible, envion cent cinquante ièces a an et a enteise. a faible oductivité du facteu tavail s y oosait. D De nouvelles comagnies toujous aussi fagiles que les écédentes algé la division des comagnies en filiales indéendantes, la lus gande sécuité conte les mouvements de anique des déosants a les déôts à teme, et la moinde émunéation du caital dans le cade des sociétés en commandites, les hommes d affaies floentins du XV e siècle, connaissent les mêmes oblèmes que leus édécesseus du XIV e. e caital social est toujous inféieu et de beaucou! au montant des déôts. O ces fonds sont émunéés à un taux fixe de 8 à 12 % coesondant à eu ès au bénéfice céé a l activité bancaie ou commeciale de la comagnie. Pa nécessité, les comagnies sont donc amenées à consenti des êts aux inces ou obteni des ivilèges commeciaux. ais les inces du XV e siècle ne changent as de ceux du XIV e, ils sont la luat du tems insolvables, et les céances su leu téso ublic ne signifient as gand chose. D où le cuel dilemme qui s offe aux comagnies : soit continue de ête en eséant qu un «jou» les dettes seont embousées, ou bien, cesse toute activité bancaie ou aue les comtes avec le isque d entaîne la faillite de la comagnie ou de subi le cououx oyal et de voi disaaîte les maiges avantages acquis dans son oyaume. es comagnies sont donc toujous aussi déendantes de la vaiable «ince» ou «autoité oyale». «À leu tou, les gandes comagnies du XV e siècle sont à la meci des événements olitiques : la défaite et la mot de hales le Téméaie sous Nancy en 1477 sont aussi dommageables à la filiale de Buges des édicis qui finançait son enteise que l échec d Édouad III en 1339-1340 l avait été aux Badi et aux Peuzzi» 1. ême la uissante comagnie des édicis fea l amèe exéience de la faillite le 9 novembe 1494. «omme leus devancièes du Tecento, les comagnies du Quattocento, malgé les efectionnements techniques de leu stuctue et de leus affaies, étaient, elles aussi, ou eende l exession de. A. Saoi, «des colosses aux ieds d agile»» 2. 3 À Venise sous les containtes de l État «À Venise édominent toujous a osition les conditions généales du commece maitime. ais l évolution des techniques et des institutions les a modifiés eu à eu deuis le milieu du XIV e siècle» 3. Gâce aux ogès dans la constuction navale et la science nautique, les bateaux euvent fanchi la éditeanée même en hive, emettant ainsi de double le volume des affaies, et dans la même ootion, les bénéfices. e ouvoi est exclusivement et définitivement détenu a l aistocatie machande qui enfoce le diigisme étatique dans le domaine commecial. Une églementation en vue du bien commun se déveloe eu à eu, guidée a un esit nationaliste et otectionniste. es hommes d affaies vénitiens, ne euvent, ni achete un navie étange, ni vende un navie vénitien à l étange, ni chage un navie étange à Venise, a conte ils sont les seuls à ouvoi chage à Venise. asenal est devenu la lus gande enteise industielle de tout l Occident, où s y déloient ente 1500 et 2000 ouvies. haque convoi de vaisseaux de l État est méticuleusement éaé et églementé. Ainsi, les dates de déat, la comosition du convoi, l escote, l itinéaie, la destination, sont décidés a le sénat. a églementation va jusqu à fixe le fet de chaque convoi, le nombe de galèes amées ou les machandises de gande valeu. e Sénat contôle aussi les navies dont il n est as diectement oiétaie. es bateaux ne euvent navigue en dehos des convois qu à cetaines conditions. Bien 1 Id.,. 285. 2 Id.,. 286. 3 Id.,. 289. 85

es oblèmes monétaies au moyen âge que contaignante, cette églementation est bénéfique ou la communauté machande, ca la sûeté des convois évite de s assue, emettant ainsi de faie une économie de 5 à 7 % su l achat de machandises. est à cause de cette due mais sage administation que Venise a su ésiste, à l Est, à l avancée menaçante des Tucs qui se sont emaés des Balkans et de onstantinole (1453) et s aochent dangeeusement des escales vénitiennes de la me Égée, et à l ouest, au uissant État continental de ilan englobant afois la ivale génoise. Pa une fiscalité écasante, Venise a u «s offi» une amée de mecenaies, lui emettant ainsi de conquéi des teitoies su la tee feme, et d envoye des flottes amées en Oient ou «boute» de la me Égée l envahisseu tuc. ette ession fiscale ne fut endue ossible, que gâce aux doubles otations annuelles en été et en hive des convois vénitiens. A es banquies a luat des banquies, n ont qu une activité bancaie, c est-à-die qu ils tiennent des banchi di scitta. eus activités n ont as changé deuis le XIV e siècle. es banques accetent les déôts, effectuent des oéations de change, des viements de comte ente ses clients. On utilise toujous une monnaie théoique, la monnaie de banque. En hamonie avec la dominante nationaliste et otectionniste de la cité vénitienne, les banques ne êtent as aux étanges, mais seulement à l État vénitien. B aogée commecial de Venise : le emie ties du XV e siècle «e ducat de Venise a sulanté le floin de Floence dans le ôle d étalon monétaie du monde méditeanéen» 1. Dans le discous du doge du 4 avil 1423, les chiffes suivants sont cités : 10 millions de ducats investis chaque année dans le commece extéieu. 3000 navies de moins de 120 tonneaux occuant 17 000 mains. 300 gandes naves de 120 à 600 tonneaux occuant 8000 mains. 45 galèes avec 11 000 hommes. En juillet 1433, le convoi ou Beyouth et Alexandie, emmène 150 machands et un million de ducats de machandises. Ente 1430 et 1440, Venise est le lus imotant maché monétaie de l Euoe du sud. «endomissement» de Venise En leine écession économique des ays atlantiques, les hommes d affaies vénitiens n ont as is l initiative d oiente leu commece ves l Euoe centale et l Allemagne méidionale en lein esso, allant même jusqu à ne as établi de coesondants et d associés dans les villes minièes et métallugiques de Hongie, d où outant ovenait en gande atie l o nécessaie à la fae des ducats. ême losque l industie allemande end un gand oids économique avec les méties à tisse, les Vénitiens ne s y intéessent as. Avec la céation d un État vénitien su la tee feme, la négligence vis à vis des égions continentales de l Euoe se olonge. Invesement, les Allemands s étant délacés jusqu à Venise ou déveloe leus affaies et y aende les techniques financièes et bancaies, etounent dans leu ays ou y mette au oint de gandes comagnies qui sont en mesue de ête aux oyaumes comme les comagnies floentines. «Une sote de outine semble s instaue, le sens du commece aaît s affadi eu à eu» 2. Une fois que l aistocatie s est assuée du ouvoi olitique et de la maîtise commeciale, la classe suéieue ne se enouvelle lus. es esaces à domine cessent de s étende, les limites ésentes sont celles du assé, on ne conquiet lus on gèe. e système des commissionnaies évite les voyages, on investit dans l immobilie et le foncie de la Tee Feme, abandonnant en atie les investissements commeciaux. On quitte la me ou ejoinde la tee, edant au assage un cetain esit enteenant. À la fin du XV e siècle, au moment où aivent a l Atlantique les oduits des Indes et d où atent ves un Occident lointain les emies conquéants de l Améique, le Vénitien, lui, se détoune 1 Id.,. 300. 2 Id.,. 304. 86

es oblèmes monétaies au moyen âge du commece au ofit de la finance et de l immobilie, tounant le dos à la me ou etoune à la tee. 4 À Gênes, au tems de la casa di san Giogio XV e siècle, Gênes se caactéise toujous a son individualisme. et enthousiasme individuel est la foce et la faiblesse de la cité ligue. Foce, ca cet individualisme est la cause emièe de la ichesse et de la uissance génoise. Faiblesse, ca un individualisme outancie mène à l indisciline, à l inoganisation collective, et emêche Gênes d établi sa foce économique su le lan olitique. ette instabilité emêche l émegence d une uissance commeciale oganisée et l accumulation du caital su la longue duée. a éussite génoise est toujous celle de fotes individualités, elle est donc contingente, et n accède as à une véitable oganisation caitaliste dainant les foces vives de la société. onséquence de cette iesonsabilité et insuffisante oganisation collective, Gênes se touve lusieus fois assujettie à des uissances étangèes au cous du XV e siècle. De 1402 à 1411 c est la sujétion au oi de Fance qui eend ente 1458 et 1461. Ente tems, Gênes connaît la domination milanaise. es Génois edent aussi leus escales et colonies en Oient, ils éagissent lus mollement que leus concuents, l imotation d éices à laquelle ils aticiaient devient un monoole vénitien. eu ecul est encoe lus significatif en Occident, avec l abandon de leus comtois d Afique du Nod au ofit des Vénitiens. es actions que Gênes doit mene conte ses ivaux éuisent ses finances. individualisme génois caactéise de deux façons l endettement de la cité : es hommes d affaies génois sont eu enclins à ête à leu ville, ils le font lutôt avec les inces étanges ou des sommes considéables. es Génois désient égle le oblème de l endettement de la cité en ne ecouant as à l État. Dès le XIV e siècle, fuent constituées des associations de céancies, les maone, auxquelles l État abandonnait l exloitation de monooles ou qu elles uissent ête embousées. était en quelque sote un embousement en natue. Elles étaient oganisées comme de véitables sociétés anonymes, avec des ats libement cessibles. Généalement, une maona se divisait en 24 ats ou caats. En 1407, lusieus de ces maone se egouèent dans une vaste association aelée la asa di San Giogio, assemblant la luat des céancies du téso ublic. Dans la emièe moitié du XV e siècle le ocessus se olonge, et la asa di San Giogio finit a éuni toutes les maone, devenant ainsi l intelocuteu unique de l État. omme ou les maone, la asa di San Giogio exloite les colonies et affeme les imôts indiects ou embouse ses associés. osque la Réublique a besoin de liquidités, elle fait bien sû ael à cette même asa di San Giogio. a gestion de la dette devenant tellement comlexe et les sevices financies se déveloant, est fondée en 1408 la Banco di San Giogio. Bien que le XV e siècle soit synonyme de déclin ou la cité génoise, la asa di San Giogio a emis de efectionne la technique comtable et la tenue des lives, le système bancaie lui aussi s est vu amélioé 1, et les oéations de cédit et de change ouvaient ote su des sommes considéables concuençant diectement les banquies floentins. a asa di San Giogio otait en elle les gemes des succès génois du XVI e siècle dans le domaine financie. Elle devienda alos l un des centes euoéens des mouvements de caitaux. Jusqu à maintenant nous avons taité indiectement des oblèmes monétaies. Dans la emièe atie, nous avons décit la monnaie comme étant un instument ivilégié du ouvoi oyal dans l affimation de son autoité a aot à une société écalcitante. Dans la deuxième atie, nous avons juste ébauché une analyse de la monnaie scituale et des techniques bancaies usitées a les 1 sujet de la asa di San Giogio : «c est une banque de déôt infiniment lus efficace que les bancs des changeus. San Giogio ouve dans ses lives des «colonnes» au nom de quiconque veut investi. Déose, cela signifie désomais que l on achète une ligne dans une colonne, un «lieu». De même que les Génois ont is au XIV e siècle l habitude d achete des ats, des «caats» de telle comea ou de telle aute, ils ennent au XV e celle d acquéi tout simlement des lieux de Saint-Geoges. En eu de tems naîta de cette atique un caitalisme facile, à la otée de beaucou» (FAVIER J., 1987,. 262.). 87

es oblèmes monétaies au moyen âge machands-banquies. aintenant, effoçons-nous d exose lus diectement les oblèmes monétaies que encontaient les gouvenements et qui se caactéisaient a des mutations monétaies. 88

es oblèmes monétaies au moyen âge Toisième atie auses et effets des mutations monétaies 89

es oblèmes monétaies au moyen âge Dans les ages écédentes, nous nous sommes effocés d aote des éléments de euve su l existence d une dynamique machande dès le XII e siècle et d un ouvoi oyal de lus en lus aogant et hégémonique dès le XIII e siècle. aintenant effoçons-nous de tace leus aots ambigus autou de la monnaie. Note analyse sea quelque eu tonquée, du fait qu elle se éduit à la fome métallique de la monnaie et ne s étend as à sa fome scituale, c est-à-die bancaie, toute aussi imotante, mais dont la comlexité est eut-ête lus oussée et l inteétation lus subtile. Note toisième atie est juste l ébauche d une éflexion un eu lus généale et encoe tès loin d ête aboutie en suosant qu elle le soit! Note effot et intuition initiale otait su une éatition difféente de ce que l on ouait aele bien vaguement des aots de foce ou des intéêts divegents, su la fome métallique de la monnaie et sa fome bancaie. Nous ensons que concenant la fome métallique de la monnaie, l initiative inciale, les causes ofondes, en eviennent essentiellement à l ode olitique bien que nous nions as que l ode économique uisse emêche, voie nuie, au bel odonnancement imaginé a les conseilles du oi. Invesement, la fome bancaie est esque sous l entie contôle des machands, les effets nuisibles de l ode olitique, s effectuant indiectement, à conte cou, a l excessif endettement des gandes comagnies toscanes qui fuent obligées de to déende des avantages octoyés a les inces, les mettant ainsi à la meci de leus desideata. S exliquent ainsi en atie, les vagues successives de faillites endant le XIV e siècle en Italie. Plus généalement, nous allons constate dans cette atie que les difficultés monétaies du bas oyen Âge sont essentiellement causées a un changement de égime monétaie : assage du égime monométallique agent, au égime bimétallique dans les citées italiennes, et à un égime timétallique en ce qui concene la Fance. algé cette divesité de égimes monétaies 1, tous ces égimes diffèent dans leus caactéistiques techniques, mais ils sont tous éductibles à un modèle éaliste timétallique dont nous avons commencé à en tace l ébauche, ou autement dit il est ossible de décline un modèle généal en cas aticulies. aintenant en oussant lus loin l abstaction, il semble que tous ces égimes monétaies uissent ête assemblés dans une catégoie lus généale que nous ouions nomme fome métallique de la monnaie, en la difféenciant de sa fome bancaie. Pa conséquent, il existeait une difféence de degé se concétisant a des caactéistiques techniques diveses ente les égimes de la monnaie métallique qu a connu l Euoe médiévale, mais subsisteait une difféence de natue ente la fome métallique et la fome bancaie, ca toutes deux étant sous la déendance de deux dynamiques distinctes. aintenant à lus longue échéance, il seait intéessant de olonge ces axes de éflexion ou savoi si le oyen Âge a connu lusieus égimes de monnaie bancaie, ce qui semble n avoi as encoe été enteis à ce jou. D ailleus est-ce ossible? Dans l affimative cela enfoceait note thèse. Toujous est-il que ce mémoie ne taite que de la fome métallique avec son oblème consubstantiel que sont les mutations monétaies, tout le este ne sont que des suositions lus ou moins oiseuses. Dans cette toisième atie nous taiteons successivement des chaites suivants : a définition des esèces, c est-à-die comment les hommes du oyen Âge caactéisaient les ièces ou ouvoi effectue des comaaisons (. 90). Dans le deuxième chaite nous abodeons, une ébauche de fomalisation des mutations monétaies (. 96). Amé de cet instument analytique, nous ouons nous isque avec lus de succès dans les méandes labyinthiques de l histoie monétaie médiévale (. 125). Note tavail ayant été délimité a ces éliminaies, nous nous attacheons à taite tois oblèmes lus écis. eux liés à la monnaie de comte et aux systèmes de comte monétaies (. 147). es causes des mutations monétaies (. 156). Et ou fini les effets des mutations monétaies (. 170). Avant de commence, gadons bien en tête le oblème fondamental de la monnaie au oyen Âge : une tendance inexoable ves un affaiblissement monétaie, c est-à-die la nécessité indéassable d augmente la quantité de monnaie en ciculation a l inflation, ou ouvoi éonde aux besoins de l économie, sans quoi les échanges éiclitaient faute de numéaie. 1 Voi DAY J., 1994, 251-270. 90

es oblèmes monétaies au moyen âge haite I a définition des esèces Une esèce monétaie se définit selon tois caactéistiques : Son tite. Son oids. Son cous. Section 1 e tite e tite ou aloi ou loi, «est la ootion de métal fin (o ou agent) entant dans la comosition de l alliage avec lequel la ièce est faée» 1. e tite s eximait en caats ou l o et en denies ou l agent. es unités désignaient des aots. o fin était dit à 24 caats (1,000). Un alliage à 22 caats contenait 22/24 de fin i.e. 22 aties d o et deux aties de cuive. agent fin était dit à 12 denies (1,000). Une esèce à 6 denies de loi 2 contenait 6/12 de fin. e denie de loi se divisait lui-même en 24 gains. Une ièce à 3 d. 18 gn. de loi contenait une ootion 3 + 18 24 de = 0, 312 d agent fin. 12 es alliages éliminaies Pafois dans la fabication des ièces, on utilisait un alliage éliminaie de métal fin dilué avec une cetaine quantité de cuive. A agent-ontellie odonnance du 12 juin 1355 définit son aloi au niveau suivant : 11 d. 14 gn. de loi (0,965) avec une toléance de 2 gn. B agent-le Roi Son tite est défini à 23/24 e i.e. 11 d. 12 gn. de fin (0,958). a luat des numismates s accodent à ense que son emloi dans les monnaies oyales emonte aux éfomes monétaies de saint ouis en 1266-1270, mais sans cetitude. Remaque : ou connaîte le véitable tite d une monnaie médiévale il faut teni comte de l alliage éliminaie. Une esèce à 12 d. agent-le Roi n était en éalité qu à 11 d. 12 gn. de fin. Une esèce à 6 d. d agent-le Roi, n était en fait qu à 5 d. 18 gn. d agent u. ais en tout état de cause, «qu une ièce d o émise à 24 caats ne soit en éalité qu à 0,960 ou 0,970 les contemoains l ignoaient. Ils la éutaient à 24 caats et l accetaient ou telle» 3. Section 2 e oids 1 a taille e oids des ièces déendait de la taille du lingot, lui-même mesué dans une unité ondéale aelée mac. 1 FOURNIA E., 1970,. 21. 2 Systématiquement nous éciseons denie de loi ou évite la confusion ente les denies de oids et les denies monétaies (d.., d.t.). 3 Id.,. 23. 91

es oblèmes monétaies au moyen âge Taille : «nombe de ièces qui devaient ête «taillées» dans l unité ondéale de métal monnayable» 1. e oids de la ièce, se déduisait de la taille du lingot. On eximait cette taille en lives, sous et denies de oids, qui en fait déteminaient le nombe de ièces taillées dans l unité ondéale considéée, sachant que les lives et sous de oids étaient des multiles du denie de oids. En définitive : taille du lingot = nombe de ièces taillées dans le lingot = nombe de denies de oids. Exemle de l odonnance du 5 décembe 1360 qui évoyait la fae de : Gos denies aux fleus de lis de 4 s. 6 d. de oids au mac de Pais. Dans un mac on taillait donc : 12 4 + 6 = 56 gos. Denies tounois à la taille de 17 s. 6 d. au mac de Pais. Dans un mac il y avait donc : 12 17 + 6 = 210 denies tounois. 2 e mac Un mac = un mac de Pais = un mac de Toyes = 244,7529 g. ette unité ondéale de métal aaaît en Fance à la fin du XI e siècle et connut un gand succès. e mac imitif est sans doute la live omaine de 12 onces mais divisée en 8 onces, c est-à-die qu au lieu de valoi 240 denies elle n en valait que 160 (aot multilicatif : 8/12). Remaque : 1 once de Toyes = 1 live omaine de 18 onces. 3 a live de Toyes et la live oids de mac once de Toyes a donné naissance à deux lives : a live de Toyes : 1 l. de Toyes = 1 l. de 12 onces = 1 ½ mac de Toyes. ive oids de mac : 1 l. oids de mac = 1 l. de 16 onces = 1 l. de Pais = 2 macs de Toyes, sachant que la live se divisait en 2 macs, le mac en 8 onces, l once en 8 gos, le gos en 3 denies, le denie en 2 oboles ou 24 gains. Pou s y etouve facilement dans cette léthoe d unité ondéale il suffit d utilise le etit ésumé suivant : un mac = un mac de Pais = un mac de Toyes = 244,7529 g. 1 live = 2 macs = 16 onces = 128 gos = 384 denies = 768 oboles = 9216 gains 2. Pa déduction : une live de Toyes = 367,129 g. et une live oids de mac = 489,5058 g. Section 3 e cous Une odonnance écisait à la fois l aloi, le oids et le cous de la monnaie émise. Exemle : l exécutoie des lettes du 5 décembe 1360. «Tantôt et sans délai l on fasse ouve gos denies blancs aux fleus de lis, qui auont cous ou 10 denies tounois la ièce, lesquels seont à 4 denies 12 gains de loi agent-le Roi et de 4 sols 3 6 denies de oids au mac de Pais» 4. ette odonnance, «cie» le cous légal du ince. ais à côté de ce cous légal existe un cous illégal qui est le cous aallèle ou commecial. cous légal s oose donc le cous commecial, et dès cet instant nous voyons oinde des ossibilités de séculation. e cous commecial déend de deux facteus : a quantité de métal écieux dans chaque ièce. a sychologie du maché 5. 1 Id.,. 23. 2 Toutes ces unités sont ondéales, à ne as confonde avec les aots du système monétaie (, s. d.). 3 i.e. sous. 4 ité a Founial ; Id.,. 27. 5 On eut cite comme exemle, celui du Dauhiné le 6 novembe 1323, où le facteu sychologique induit un comotement économique iationnel. Ainsi, ou des ièces ayant les mêmes caactéistiques intinsèques, nous avons une difféenciation des cous : un gos à l «O ond» = 16 d.t. ; autes gos = 15 ½ d.t. ette suestimation du gos «à l O ond» s exlique a son succès à taves toute l Euoe. 92

es oblèmes monétaies au moyen âge Section 4 Poblèmes elatifs à la définition des esèces 1 es toléances es maîtes des monnaies ne ouvaient esecte scuuleusement les odonnances oyales à cause de l imécision des faes. On définissait donc deux eeus ossibles : Eméance : défaut d aloi ou faiblesse du tite. Défectuosité : manque de oids d une esèce. ette eméance et cette défectuosité devaient ête maintenues dans des limites écises aelées emèdes. e maîte des monnaies ne ouvant tiche su le oids des ièces ca facilement véifiable a les aticulies, le faisait en s aochant le lus ossible de l eméance maximale autoisée. Ainsi, dans la atique, «le tite de la luat des esèces était beaucou lus oche du tite de toléance que du tite théoique» 1. 2 es mutations «Une mutation monétaie est un changement dans les conditions de la monnaie» 2. Deux vaiations ossibles dans la mutation : affaiblissement qui coesond à une diminution de la masse de métal fin dans l unité monétaie. a monnaie nouvelle est dite faible ou affaiblie. e enfocement ou enfocissement qui coesond à une augmentation de la masse de métal fin dans l unité monétaie. a monnaie nouvelle est dite fote ou enfocée. es deux sens de vaiation dans la mutation ouvaient se éalise a une modification éelle et/ou modification nominale de la monnaie éelle. Deux fomes de mutations : a mutation éelle qui coesondait à une vaiation du tite et/ou de la masse de la monnaie éelle. a mutation nominale qui coesondait à une vaiation du cous de la monnaie éelle. En définitive, los d une mutation, des tois caactéistiques de la monnaie (tite, oids et cous) on ouvait en change une, deux ou les tois à la fois 3. A utation éelle Jusqu en 1266, seuls les denies ciculaient, les mutations ne ouvaient donc ote que su le tite ou le oids, un denie estant toujous un denie. a mutation éelle est donc une mutation qui change la valeu intinsèque de la monnaie sans en change le cous. a mutation éelle eut se décomose en deux changements : hangement visible a modification de la masse, de l effigie et de l aellation de la ièce. est la mutation «sectaculaie» losque le gouvenement veut souligne l événement, ce qui concene esque exclusivement les enfocements. ette mutation était efficace conte la ciculation des monnaies ognées et des esèces contefaites de l ancien tye, ca les individus tendaient natuellement à aote leus anciennes ièces ou les faie démonétise. 1 Id.,. 29. 2 Id.,. 29. 3 Notons la ésentation invesée et donc fausse que oose Jacques Hees des mutations monétaies en age 314 de son live su Occident aux XIV e et XV e siècle. itons-le : «augmentation de la valeu du mac de métal fin eximée en unités de comte ; c est la mutation la lus féquente. On ale alos, en Fance, d un enfocement, ou d une augmentation de la monnaie, ca les gens de l éoque considéaient la valeu de la ièce en unités de comte diminution de la valeu du mac ; chaque unité de comte vaut alos lus de métal (affaiblissement de la monnaie dans le vocabulaie fançais de l éoque)» (HEERS J., 1970,. 314). e emie cas coesond à un affaiblissement uisque la hausse du cous de métal écieux induit une hausse nominale de l esèce constituée du même métal. onsidéons maintenant une mutation éelle avec hausse du ix du mac. omme le ix du métal écieux s accoît, ou une même valeu nominale il est nécessaie d avoi une quantité lus faible de métal écieux dans l esèce considéée. Donc, à la suite d une hausse du métal écieux, il y a diminution du tite ou du oids de la ièce considéée et donc affaiblissement et non as enfocement comme le soutient Jacques Hees. Note aisonnement doit ête invesé dans le second cas. ette eeu est celle de la toisième édition de cet ouvage, eut ête a-t-elle été coigée dans les éditions ultéieues? 93

es oblèmes monétaies au moyen âge te avantage de cette mutation a aot à la mutation nominale, c était la nécessité ou les agents économiques de démonétise les ièces qui n avaient lus cous (le déci des anciennes esèces), entaînant un accoissement du bénéfice lié au monnayage. Dans le cas d une mutation nominale, la démonétisation n avait as lieu d ête, a conséquent cette oéation était neute quant au bénéfice du monnayage. hangement invisible ou dissimulé a la diminution du tite. e tye de mutation éelle était condamné a les théologiens et l oinion ublique. es oéations de faux-monnayages odonnées a le gouvenement oyal fuent assez nombeuses. itons-en quelques exemles : 1) e mandement du 18 janvie 1347 des généaux maîtes aux gades des monnaies : fae de doubles tounois à la loi 2 d. 5 1/3 gn. (0,177) mais on intedit de faie connaîte le tite aux changeus et machands, auxquels on dia que cette monnaie est à 2 d. 12 gn. agent-le Roi (0,198), soit une suévaluation de 11,86 % de l aloi de la ièce. 2) andement du 10 janvie 1349, elatif à l abaissement du tite des doubles tounois (la valeu en monnaie de comte este à 2 s.), et destiné aux officies chagés de la diection des atelies : «Si mandons à vous, gades, que sans délai vous fassiez veni le maîte, le tailleu, l essayeu et les autes officies de la monnoie devant vous et les faictes jue que le ésent ouvage des susdicts doubles ils tiennent secètement, sans die ni faie savoi à aucun, a aucune manièe ; et aussi nous voulons que vous, gades, su le sement que vous avez fait, teniez secet ledit ouvage ; ca s il advenait qu il fut su, vous en uniions» 1. 3) e 6 mai 1349, une cue de 6 s. 3 d.t. du mac d o est oosée mais dans le même tems on dissimule le fait que le tite asse de 22 caats (0,916) à 21 (0,875). 4) e 24 mai 1349 sous le ègne de Philie VI (1328-1350), une odonnance des généaux écise le secet su les écus ou qu ils «ne edent as leu cous». Son successeu, Jean le Bon ousuivit la fae de l écu aux mêmes conditions mais le secet finit a tansie. 5) e 23 setembe 1351, on dissimule l affaiblissement de l écu dont l aloi asse de 20 caats (0,833) à 18 caats (0,750). 6) e 18 novembe 1351 on décide de fabique de «tès beaux denies doubles tounois à 2 d. de loi agent-le Roi (0,159) et gadez bien que cette chose si secètement que nul n en uisse ien aecevoi» 2. Pou cet aloi ces «tès beaux denies» essemblaient lus à de la monnaie noie, donc il était éféable de faie coie le contaie. 7) exécutoie des lettes atentes du 9 novembe 1355 (monnaie ied 120 e ) exige le «secet absolu» su la loi des esèces. B utation nominale es ossibilités de mutations se sont déveloées avec l aaition d une nouvelle gamme de ièces : les gos et les ièces d o. a mutation nominale coesond à une mutation qui modifie le cous de la monnaie a aot au denie tounois ou aisis. ette mutation nominale a été endue ossible gâce au denie qui était la seule monnaie éelle qui coesonde exactement à l unité de comte. e denie est une unité de comte éelle. Pou qu il y ait existence de mutations nominales, il faut nécessaiement que le denie soit une monnaie fiduciaie, et les autes monnaies des biens économiques dont les ix s eximent en denies 3. omme les ièces médiévales ne otaient as de valeu faciale, il suffisait de oclame une odonnance ou modifie le cous des ièces. e océdé était fot simle et avait l avantage su les mutations éelles, de ne as exige la mise en ciculation de nouvelles ièces avec tous les inconvénients que cela comotait (coût, tems nécessaie à la fae, séculation, déci, multilication des vieilles ièces en ciculation). Exemle d un affaiblissement a mutation nominale : 1266 : 1 gos tounois = 12 d.t. = 4,041 g. d agent (fin). 1290 : 1 gos tounois = 13 1/8 d.t. = 10 ½ d..= 3,693 g. d agent. 1 ité a BOH, 1953,. 447. 2 FOURNIA E., 1970,. 116. 3 Voi. 113-117 et. 147-151. 94

es oblèmes monétaies au moyen âge 1295 : 1 gos tounois = 15 d.t. = 12 d.. = 3,232 g. d agent. odonnance du 21 mas 1329 qui céa une monnaie fote a mutation nominale : aavant : 1 oyal d o = 28 s.. 26 décembe 1329 : 1 oyal d o = 21 s.. 8 avil 1330 : 1 oyal d o = 16 s.. e déci ou la démonétisation des esèces n ayant lus cous Selon ac Bloch, le déci était «l ode de aote à l atelie les anciennes monnaies, dont on décétait qu au bout d un cetain tems, si elles n avaient été ainsi efondues, elles deviendaient inates aux aiements. e déci exigeait donc un changement de tye, uisqu il fallait bien ouvoi distingue des anciennes ièces, démonétisées, les nouvelles seules ouvues désomais d un cous légal» 1. a mutation éelle et le déci étaient deux oéations indéendantes ou non selon le sens de vaiation de la mutation 2 : En ce qui concene un affaiblissement, le déci était sueflu ca les anciennes ièces s éliminaient d elles-mêmes. Dans ce cas, il était ationnel ou le thésauiseu d aote ses ièces déciées, ca aès le monnayage de son vieux stock de ièces, il obtenait lus de monnaie. En effet, a l affaiblissement, le oi augmentait son monnayage ca avec la même quantité de métal écieux, il «oduisait» lus de monnaie. autoité oyale, ouvait a conséquent se emette d amoindi le bénéfice lié au monnayage ou accélée le ocessus de démonétisation des anciennes ièces, en achetant le mac de métal écieux à un ix légèement suéieu au écédent ou intéesse les thésauiseus. os d un enfocement, le déci était absolument nécessaie ou évite que les anciennes monnaies ne chassassent les nouvelles. e déci s imosait los d un enfocement ca c était une oéation qui n était as économiquement ationnelle ou l agent économique uisque aès l oéation de démonétisation, il se etouvait avec des avois monétaies qui avaient diminué en quantité. individu n amenait ses ièces à l atelie monétaie que containt et focé. 3 e ied de la monnaie À ati de 1337, les monnaies d agent sont définies a leu ied. e ied est lui-même défini a aot au gos tounois de 1329 de Philie de Valois (1328-1350) : Gos de 1329 Taille 60 au mac Tite 12 denies agent-le Roi (0,958) ous 12 d.t. Poids unitaie 4,079 g. Poids de fin 3,908 g. Poids du s.t. 3,908 g. A Définition e ied de la monnaie est le aot ente la valeu intinsèque du gos tounois de Philie de Valois de 1329, et la valeu intinsèque du gos tounois de l émission considéée ou de l esèce considéée. T : taille de la monnaie, i.e. nombe de ièces taillées dans un mac d agent. : cous de la monnaie eximé en denies tounois. t : tite de la monnaie eximé en denies de loi, c est-à-die en douzième. P : ied de la monnaie. T P = 5t 1 Remaques e coefficient «5» du dénominateu est destiné à évite l incommodité de nombes élevés causés a la taille de dizaines de ièces dans le mac d agent. 1 BOH., 1953,. 438. 2 ie l exemle de Bloch su ce sujet (BOH., 1953,. 438). 95

es oblèmes monétaies au moyen âge Plus T et/ou augmentent, lus la monnaie est faible, et donc lus P est élevé. Invesement lus t est élevé, lus la monnaie est enfocée, et donc lus P est faible. tement dit, tout affaiblissement d une esèce en agent entaînea une hausse de son ied, alos qu un enfocement entaînea une baisse de son ied. Plus le ied est élevé lus la monnaie est faible et invesement. 2 Deux extêmes Gos de saint ouis : ied de 11,6. Pièce de l étoile, émise le 15 mas 1360 : ied de 500! 1 B Deux exemles e gos odonné le 6 setembe 1329, c est-à-die le gos de éféence : T = 60 ; t = 10 d. 16 gn. de loi ; = 12 d.t. ; P = (60 12)/(5 12) = 12 e e gos odonné le 1 e janvie 1337 : T = 96 ; t = 10 d. 16 gn. de loi ; = 10 d.t. ; 96 10 e P = = 18 5 (10 + 16 24) Double intéêt du ied Il emet de comae diectement la valeu intinsèque de la monnaie considéée a aot au gos de 1329. e gos de 1337 étant au ied 18 e, sa valeu intinsèque est une fois et demie lus faible que celle du gos de 1329 2. En multiliant le ied a cinq, on obtient le nombe de sous tounois du mac monnayé. On eut alos facilement calcule la difféence ente le ix d achat d un mac d agent et le ix de ce même mac monnayé 3. ette difféence couvait le bassage (coût de la fae) et le seigneuiage (bénéfice du souveain). 4 onométallisme et bimétallisme Un système monétaie eut ête fondé su un seul métal écieux (monométallisme) ou deux métaux écieux (bimétallisme). e oyen Âge a connu les deux systèmes. Dans le cade du monométallisme, la valeu intinsèque de la monnaie est définie a le cous commecial du métal écieux, ce qui exlique les mutations du égime du denie en Euoe Occidentale ente le VIII e et le XIII e siècle. Dans le cade du bimétallisme, il existe deux monnaies libéatoies qui cohabitent. Pou détemine la foce libéatoie de chacune des monnaies c est-à-die les valeus elatives des deux monnaies ente elles on définit un aot légal ente les deux. À côté de ce aot légal existe le aot commecial qui se détemine a l offe et la demande su le maché de l o et de l agent. «omme le aot ente les esèces fabiquées avec l un et l aute métal avait été établi en tenant comte du aot commecial, losque ce denie vaie, il entaîne obligatoiement une modification du aot légal» 4. es vaiations du aot commecial induisent donc des ajustements du cous légal a l intemédiaie de mutations. es deux systèmes métalliques sont instables, uisque le monométallisme suose que la valeu du métal écieux avec lequel on fae la monnaie soit fixe, tandis que le bimétallisme suose que le aot légal ente l o et l agent soit fixe. Exosons dans une ésentation fomalisée l instabilité du bimétallisme. 1 e niveau extême est la conséquence d une situation olitique damatique ou la Fance : à l émission de cette esèce les négociations éliminaies au taité de Bétigny (8 mai-24 octobe 1360) semblent omues ; à ceci s ajoute la évolte aisienne d Étienne acel, les menées du oi de Navae et la Jacqueie. 2 Soit x le gos étudié, V x sa valeu elative au gos de 1329, P x son ied et P 1329 le ied du gos de 1329 : V x = P 1329 /P x. 3 est la difféence ente le ix commecial et le ix légal du mac de métal écieux. 4 FOURNIA E., 1970,. 32. 96

es oblèmes monétaies au moyen âge haite II Pésentation fomalisée des mutations monétaies Section 1 odèle bimétallique avec ix de comte et unicité du tye de monnaie H 1 Pou simlifie le modèle, on considèe qu il y a un seul tye de ièce en o et un seul tye de ièce en agent, c est-à-die une seule monnaie en o et une seule monnaie en agent. H 2 Soit une économie à n biens, dont les n-4 emies sont des machandises, et les quate denies, sont : l o (), l agent (), l o monnayé ( ) et l agent monnayé ( ). Il y a donc n-2 biens qui sont des machandises (les n-2 emies) et deux qui sont de la monnaie ( et ). (1,, n-4,,,, ) 1 Deux tyes de ix Soit, K,,,,,, l évaluation des ix en unité de comte a l ode 1 n 4 économique. e sont les ix commeciaux en unité de comte. Soit, K,,,,,, l évaluation des ix en unité de comte a l ode 1 n 4 olitique. e sont les ix légaux en unité de comte. H 3 On suose que tous les ix monétaies vont s exime elativement à la monnaie en agent. A es ix commeciaux Soit 1 n 4, K,,,, Nous les noteons :, K,,, n 4 B es ix légaux Soit 1 n 4, K,,,, 1, Nous les noteons :, K,,,,, les ix monétaies commeciaux.,, {, les ix monétaies légaux. 1,, { 1 1 n 4 97

es oblèmes monétaies au moyen âge 2 Difféence d aéciation du aot o-agent a l ode olitique et a l ode économique Soit Soit k =, le ix elatif légal de l o a aot à l agent. k =, le ix elatif commecial de l o a aot à l agent. H 4 On suose que l ode olitique suestime l agent : k < k omme il y a suestimation de l agent a l ode olitique, le ix elatif commecial de l o eut s écie de la façon suivante : k = (1+α)k avec α 0 (1) > Soit Soit =, le ix elatif légal de l o monnayé a aot à l agent monnayé. k = k =, le ix elatif commecial de l o monnayé a aot à l agent monnayé. H 5 On suose que l ode olitique suestime l agent monnayé : k < k omme il y a suestimation de l agent monnayé a l ode olitique, le ix elatif commecial de l o monnayé eut s écie de la façon suivante : k = (1+β )k avec β> 0 (2) 3 Évaluation de l o et de l agent a l ode économique Soit Q et Q, les quantités esectives d o et d agent. Q et Q ont une valeu commeciale équivalente si et seulement si : Q Q = Q k = (3) Q Soit Q et Q, les quantités esectives d o monnayé (i.e. nombe de ièces en o d une unité monétaie 1 ) à ati de la quantité d o initiale (Q ), et d agent monnayé (i.e. nombe de ièces en agent d une unité monétaie) à ati de la quantité d agent initiale (Q ). Soit m, la masse d une ièce en o. Soit Soit Soit m t t Nous auons :, la masse d une ièce en agent., le tite d une ièce en o., le tite d une ièce en agent. Q Q = Q = Q m m t t (4) 1 Si on end en comte des ièces de deux unités monétaies a exemle, l équivalence ente Q ou Q et le nombe de ièces n existea lus ; le nombe de ièces étant deux fois lus faible ou exime la même quantité de monnaie. 98

es oblèmes monétaies au moyen âge En aliquant (4) à (3) : e aot légal de l o ( k ) Q Q m t k = = (5) Q Q m t, eut se défini comme le aot ente le oids du denie tounois en équivalent de métal agent et le oids du denie tounois en équivalent de métal o : m t m k = m t = m t t m t k = k (6) m t Bien évidemment, il n y a aucune aison ou que les valeus de Q et Q, évaluées a l ode olitique soient équivalentes : Q Q (i) Q Q (ii) De même, il n y a aucune aison ou que les valeus de l o et de l agent monnayés, évaluées a l ode olitique soient équivalentes : Q Q (iii) Q Q (iv) Pa conte, comme les stocks d o et d agent véifient l équivalence (3), alos les quantités d o et d agent monnayées véifieont : Q Q = Q k = Q En aliquant (5) nous obtenons : Réécitue de (7) en ix de comte m t ( 5) = = m t m t k = k (7) m t = (8) m m t t Exession concète des tois tyes de ix Pou simlifie l écitue nous ne considéons que les quate denies biens. Dans note modèle nous utilisons tois tye de ix : es ix en unité de comte,,, Dans la atique, ces ix s eximent en denies et il est imotant de écise que l unité de comte denie coesond exactement à la monnaie éelle, le denie tounois. En effet, il était admis que quelque soit les mutations subies a le denie tounois (ou le denie aisis à un coefficient multilicateu ès), celui-ci consevait toujous sa valeu, c est-à-die qu il valait un denie. Ainsi, à la difféence des autes ièces, le denie tounois ne ouvait subi de mutations nominales ca il eésentait éellement l unité de comte. Avec le denie tounois, il existait une coesondance exacte ente monnaie éelle et unité de comte. Pa conte les gosses ièces d o et d agent étaient évaluées en fonction de leu oids en o et agent fin et donc fluctuaient en fonction du cous de l o et de l agent, c est-à-die que leu valeu en unité m m t t 99

es oblèmes monétaies au moyen âge de comte changeait. e oyen Âge a donc inventé une véitable monnaie fiduciaie, le denie tounois, les autes monnaies étant considéées comme des machandises d o et d agent. ette difféence d aéciation eut se comende a le fait que les denies tounois étaient utilisés ou de etits montants, on ouvait donc lus facilement accete de se faie «floue» a ces monnaies noies de bas aloi, uisque le montant de la ticheie était tès faible. Pa exemle, si le ince décidait que le denie tounois de 1266 contenant 0,337 g. d agent fin soit affaibli de 10 %, l émission suivante de denies tounois ne contenait lus que 0,3033 g. d agent fin, soit une ete de 33,7 mg. d agent ce qui este faible en valeu absolue mais l est moins en valeu elative. Pou le menu eule le denie tounois estait toujous un denie sans dééciation de son cous. Invesement ou un èglement imotant, on efusait ou une aison atique les denies tounois à cause de leu valeu intinsèque inadéquate a aot au niveau du aiement (ou faie un aallèle histoique, c est comme si de nos jous on embousait en centimes des sommes de quelques centaines de fancs), mais sutout ou une aison économique : la coesondance ente un gos et douze denies tounois étaient uement abitaie 1. En définitive, le gos contenait lus d agent que douze denie tounois, d où le efus des machands d accete ces ièces dont la valeu monétaie était suéieue à leu valeu commeciale. es ix monétaies =,,,,,, 1 Dans la atique, ces ix s eximent a aot à la monnaie en agent de éféence : le gos ou le denie tounois. Si on considèe le tounois comme monnaie de éféence : 1 gos = 12 d.t. et 1 oyal = 10 s.t. = 120 d.t. Si on considèe le gos comme monnaie de éféence : 1 oyal = 10 g.t. 2 es ix elatifs = k, k, k, k = k,1,, et / / / / = k, k, k, k,, = k, 1 / / / / Dans la atique, ce qui nous intéesse ce sont les aots ente l o et l agent (k ) et ente la monnaie en o et la monnaie en agent (k ). es aots ne s eximent as dans une unité monétaie, ni dans une unité sécifique ca ils sont tous les deux des aots ente des biens conguents (l o métal et l agent métal ou k, l o monnayé et l agent monnayé ou k ). es aots sont des nombes indiquant un cetain niveau de ootionnalité ente deux biens de même natue. 1 est l abitaie du cous légal de l État. e cous s imose à tous et fait donc violence à la volonté individuelle. e cous eut s imose aux individus ca l État détient le monoole de la violence. 2 Si nous voulions esecte scuuleusement cette difféenciation ente ix de comte et ix monétaie nous devions ésente les choses de la façon suivante : en considéant le gos tounois comme monnaie éelle on eut lui donne deux ix logiquement difféents ; 1) Un ix en unité de comte qui fait éféence à une unité abstaite, le denie : 1 gos tounois = 12 d. ; 2) Un ix monétaie qui fait éféence à une monnaie éelle, le denie tounois : 1 gos = 12 tounois. ais comme nous avions vu écédemment que le denie tounois est une monnaie fiduciaie, a conséquent l égalité, 1 tounois = 1 d., est toujous esectée. onte exemle : die que 1 oyal = 10 gos, ne signifie as qu un oyal équivaut à 120 denies, ca le gos eut ente tems subi un affaiblissement nominal en assant a exemle de 12 d. à 14 d., dans ce cas le oyal vaut 140 d. Ou autement dit le aot, 1 oyal = 10 gos, qui est l exession monétaie du oyal, ne eut ête conveti en unité de comte qu avec la lus gande ciconsection. Passe du ix de comte au ix monétaie ne ésente aucun oblème, a conte la écioque n est as vaie. 100

es oblèmes monétaies au moyen âge 4 Rééquilibage du cous légal au niveau du cous commecial ou évite les hénomènes séculatifs A odification du cous légal de l o Il y a absence de séculation si les ix légaux de l o et de l agent sont modifiés : ' ' et. Pa conséquent (i) devient : ' ' ' ' Q Q = Q = Q ' Q k = = k (en aliquant (5)) Q k ' Soit τ k = (1+ α) k (en aliquant (1)) τ k k = ', le taux de vaiation du ix légal de l o ( k ) ou qu il y ait absence de séculation : k k =α Poiété ente α et β : k m t k D aès (6) : =. D aès (7) : k m t k Donc k k k = k k k k = k m =. D aès (1) et (2) : 1+α = 1+β α = β. B odification de toutes les caactéistiques de la monnaie en o et en agent Dans ce aagahe, nous allons ésente le cas généal des mutations, en suosant une modification de toutes les vaiables exlicatives du cous légal ou qu il y ait ajustement au cous commecial. On suose donc que le gouvenement fait subi conjointement à ses monnaies en o et en agent, des mutations éelles et nominales. ' ' ' m m t t m m ' ' ' t t t Pa conséquent (iv) devient : ' ' ' ' ' Q Q = Q = m k ' ' ' ' ' ' ' ' ' m Q m ' ' t t t m t = k (en aliquant (5)) m t m = m ' ' ' t ' t ' ' ' ' = k ' ' t ' ' t m = k (9) m ' 101

es oblèmes monétaies au moyen âge τ m t m t =β utation éelle de la monnaie en o Il y a absence de séculation si le tite et la masse de la ièce en o sont modifiés : ' ' m m et t t. S il y a mutation éelle de la monnaie en o, alos la quantité d o monnayé à ati du stock d o ' initial (Q ) sea difféente ( Q ). ais nous auons toujous : ' ' t Q = Q m t = Q m. Remaque : m t AU m t (9) s écit : = 1 ' ' k m t k ' ' m t = k m ' eésente la quantité d o fin contenue dans la ièce en o. t k ' ' k m t = m t (en aliquant (7)) k k m t ' ' m t = (en aliquant (2)) 1+β Soit τ, le taux de vaiation du contenu d o fin de la ièce en o ou qu il y ait absence m t de séculation : τ m t m = ' ' t m m t t β = 1+β D utation éelle de la monnaie en agent Il y a absence de séculation si le tite et la masse de la ièce en agent sont modifiés : ' ' m m et t t S il y a mutation éelle de la monnaie en agent, alos la quantité d agent monnayé à ati du ' stock d agent initial (Q ) sea difféente ( Q ). ais nous auons toujous : Q = Q m t = Q ' m ' ' t Remaque : m t eésente la quantité d agent fin contenue dans la ièce en agent. ' ' m t (9) s écit : = 1 k m t ' ' k m t = k m t ' ' k k m t = m t (en aliquant (7)) k k m Soit ' ' t τ ( 1+ β) = m t (en aliquant (2)) m t absence de séculation :, le taux de vaiation du contenu d agent fin de la ièce en agent ou qu il y ait 102

es oblèmes monétaies au moyen âge τ m t m = ' ' t m m t t =β E utation nominale de la monnaie en o 1 utation nominale en unité monétaie Il y a absence de séculation si le cous monétaie de la monnaie en o est modifié : Pa conséquent (iii) s écit : ' m t Q ' ' Q = Q = Q = k (en aliquant (5)) m t ' = k (en aliquant (7)) Soit τ absence de séculation : τ =, le taux de vaiation du cous monétaie légal de la monnaie en o ou qu il y ait ' =β 2 utation nominale en unité de comte Il y a absence de séculation si le cous en unité de comte de la monnaie en o est modifié : ' Pa conséquent (9) s écit : = Soit ' = k m m t t k ' = k (en aliquant (7)) k ' k τ, le taux de vaiation du cous légal en unité de comte de la monnaie en o ou qu il y ait absence de séculation : ' τ k = = τ =β 1 F utation nominale de la monnaie en agent 1 utation nominale en unité monétaie ette mutation est imossible ca a hyothèse le cous monétaie de la monnaie en agent est fixe : = = 1 2 utation nominale en unité de comte Il y a absence de séculation si le cous en unité de comte de la monnaie en agent est modifié : ' ' 103

es oblèmes monétaies au moyen âge Pa conséquent (9) s écit : ' = k m m t t ' k = 1 (en aliquant (7)) k k = ' k τ Soit, le taux de vaiation du cous légal en unité de comte de la monnaie en agent ou qu il y ait absence de séculation : τ = ' β = 1+β 5 Rééquilibage du cous légal au niveau du cous commecial en coisant les difféents tyes de mutations Bien souvent le ince, ou ajuste le cous légal au cous commecial, n utilisait as isolément l une des quate mutations décites écédemment, mais lutôt une combinaison des quate dont le choix estait à son entièe discétion en fonction de son dési de dissimule lus ou moins bien des affaiblissements si imoulaies. Tout l at, était donc d associe ces difféents tyes de mutations monétaies ou ende illisible au commun des motels la véitable valeu intinsèque des ièces émises. x méthodes ustes, s ajoutent donc toute une anolie de méthodes subtiles et difficiles à décyte. Pou déchiffe les mutations monétaies d un ince si machiavélique, il fallait a conséquent ête un véitable «ofève» au sens oe et figué ou connaîte l aloi des ièces et les taux de change à alique. Pou détemine avec écision le nouveau niveau d équilibe des vaiables exlicatives qui sont modifiées, ou ajuste le cous légal au cous commecial, il suffit de éécie l égalité (9) comme nous l avons fait dans les cas écédents. 6 Récaitulatif En généal, la discodance ente le cous légal et le cous commecial entaînait de gaves toubles monétaies. osque la sous-évaluation otait su l agent, il disaaissait de la ciculation au oint de ne lus ouvoi ête faé. En effet, les agents n accetaient lus d utilise cette monnaie ou aye, il éféait la thésauise en attendant l hamonisation ente son cous légal et son cous commecial, ou bien l aote aux ofèves qui aliquaient le cous commecial. Dans cetain cas, on l exotait à l étange où son cous était lus haut. Dans tous les cas, la mauvaise monnaie en agent chassait la bonne monnaie en agent selon la loi de Gesham 1. osque l o était sous-évalué, celui-ci ciculait toujous ca indisensable au négoce et estait sous le contôle étoit des machands. e cous légal ne s imosait as aux machands, ces denies fixaient le cous commecial de l o indéendamment de celui du ince. En définitive, le cous légal est inoéant a aot au cous commecial 2, ca on en evient toujous au cous commecial. 1 osque deux monnaies de valeu intinsèque inégale ciculent dans un ays avec une foce libéatoie égale, la monnaie ootionnellement suévaluée finit a este seule en ciculation. 2 «eendant un moment venait toujous où, bon gé mal gé, il fallait cheche à établi l hamonie avec les cous commeciaux des métaux écieux ; soit que, comme Philie le Bel, le suhaussement de l o eût abouti à tue la monnaie d agent, soit, comme sous Jean le Bon, que le suhaussement de l agent, conte lequel le commece s était défendu a ses évaluations oes, n eût sevi à ien» (BOH., 1953,. 437). 104

es oblèmes monétaies au moyen âge as généal m m ' ' t ' ' ' t ' = k = k ' τ m t m t =β e Pince a quate moyens ou comense la sous-évaluation du cous légal de l o : On affaiblit/dévalue la monnaie en o On enfoce/éévalue la monnaie en agent m utation éelle m ' t τ m ' t t m ' = τ m ' = t 1+β β = 1+β ( 1+ β) t m =β t utation nominale En ix monétaie ' = k τ = β En ix de comte ' = τ k =β ' = k τ β = 1+ β Raels A Remaques m t k k = k k = m t β = 1 k S il y a une suévaluation du cous légal de l o, c est-à-die que ( α, β) ( [ 1; 0] ) 2, les ésultats du tableau écédent ne changent as, mais les intitulés des deux lignes doivent ête éécits. On doit emlace «on affaiblit/dévalue la monnaie en o» a on «enfoce/éévalue la monnaie en o», et «on enfoce/éévalue la monnaie en agent» a «on affaiblit/dévalue la monnaie en agent». Dans un emie tems, le gouvenement choisit la mutation nominale lutôt que la mutation éelle. Si la dévaluation/éévaluation doit ête olongée c est-à-die que les oblèmes de désajustement esistent, on asse alos à la mutation éelle. En généal, on eut emaque que les olitiques monétaies ou ajuste le cous légal au cous commecial, ont ivilégié l affaiblissement de l o au enfocement de l agent losque l agent était suévalué a l ode olitique, ou l affaiblissement de l agent au enfocement de l o losque l agent était sous-évalué a l ode olitique, bien que dans les deux cas les deux méthodes soient équivalentes. e hénomène eut sûement s exlique a l insuffisance monétaie qui caactéise l économie jusqu au XVIII e siècle. Gâce à l affaiblissement ou à la dévaluation, avec une même quantité de métaux écieux, on eut accoîte la masse monétaie tout en établissant la aité ente l o et l agent. es mutations cesseont à ati du moment où la monnaie sea abondante. On caint donc moins l affaiblissement que le enfocement ca cela emet de cée lus de monnaie à ati d une même quantité de métaux écieux. 105

es oblèmes monétaies au moyen âge B Exemle numéique de mutations Gos tounois de 1290 Royal de 1290 Taille 58 au mac de Toyes Tite 12 d. agent-le Roi (0,958) 24 caats (1,000) ous 10 ½ d.. = 13 1/8 d.t. 10 s.t. = 120 d.t. Poids unitaie 4,2198 g. 3,547 g. Poids de fin 4,0426 g. 3,547 g. Poids du d.t. 0,308 g. d agent fin 0,0295 g. d o fin Raot légal ente l o monnayé et k = 120/13,125=9,143 l agent monnayé Raot commecial k = 12 ente l o et l agent t 1 = 3,547 g. = 120 d.t. m t = 0,958 = 4,2198 g. 13,125 d.t. = m 3,547 k = 12 10,53 4,2198 0,958 1 = k k = 9,143 β= 0,1517= 15,17 % = 10,53 utation éelle ' ' utation nominale En ix monétaie ' En unité de comte m t = 3,080 g. = 10,53 gos = 138,21 d.t. On affaiblit/dévalue la monnaie en o τ = -13,17 % τ t = 15,17 % τ = 15,17 % ' ' m t = 4,656 g. = 11,40 d.t. On enfoce/éévalue la monnaie en agent = 15,17 % = -13,17 % t τ ' ' τ Section 2 odèle bimétallique avec ix de comte et multilicité des tyes de monnaie On soulève l hyothèse H 1. H 2 Soit une économie à n biens, dont les n--q-2 emies sont des machandises, et les +q+2 denies sont l o (), l agent (), esèces en o et q esèces en agent. Il y a donc n--q biens qui sont des machandises (les n--q emies) et +q qui sont de la monnaie. 1 1 ( 1, K,n q 2,,, (, K, ), (, K, ) q hyothèse H 3 n a lus lieu d ête uisqu il y a multilicité d esèces en agent. H 3 es esèces d o et d agent sont classées dans l ode chonologique coissant de leu date q d émission. a denièe esèce d o émise est donc et celle d agent. 106

es oblèmes monétaies au moyen âge 1 Deux tyes de ix Soit, K,,,, n--q-2 1, K,, 1, K, q, l évaluation des ix en unité de 1 comte a l ode économique. e sont les ix commeciaux en unité de comte. Soit, K,,,, n--q-2 1, K,, 1, K, q, l évaluation des ix en unité de 1 comte a l ode olitique. e sont les ix légaux en unité de comte. En généal, losque le ouvoi olitique médiéval émettait une nouvelle monnaie, les anciennes étaient déciées. Foce est de constate qu histoiquement la atique n était as la théoie, c est-à-die que les décis étaient eu efficaces. Pa conséquent, de nombeuses émissions monétaies anciennes ciculaient avec les nouvelles, isquant d entaîne des mouvements séculatifs selon la loi de Gesham. Ainsi, à défaut de ouvoi etie les anciennes ièces, le ouvoi olitique oclamait le nouveau cous légal des anciennes ièces en fonction de la mutation effectuée su la nouvelle monnaie, c est-à-die que leu cous légal s eximait en fonction de cette denièe monnaie émise. A es ix commeciaux q n--q-2 1 1 1 Soit,, K,,,,, K,,, K, les ix monétaies q q q q q q q q commeciaux. Nous les noteons :, K,,,, n--q-2 1, K,, 1, K, q 1 B es ix légaux q n--q-2 1 1 1 Soit, K,,,,, K,,, K,, les ix monétaies légaux. q q q q q q q q Nous les noteons :, K,,,,, n--q-2 1, K, 1, K, q 1 2 Difféence d aéciation du aot o-agent a l ode olitique et a l ode économique égalité (1) n est a à edéfini, a conte il est nécessaie de éécie (2) à cause des modifications intoduites a H 2 (c est-à-die la multilicité monétaie) dans le modèle. es ix elatifs de l o monnayé a aot à l agent monnayé vont ête au nombe de q ou l ode économique ainsi que ou l ode olitique. es ix elatifs légaux de l o monnayé a aot à l agent monnayé : k 1 1 k 1 2 k q 1 1 1 1 2 1 k 2 1 k 2 2 k 2 q 2 1 2 2 2 = O O k 1 k 2 k q 1 2 es ix elatifs commeciaux de l o monnayé a aot à l agent monnayé : k 1 1 k 1 q 1 1 1 q O = O k 1 k q 1 q Il faut aussi éécie l égalité (2). q q q = = = 1 2 (10) (11) 107

es oblèmes monétaies au moyen âge omme il n y a as d égalité ente le ix commecial de l o monnayé et celui de l agent monnayé, ils euvent s écie de la façon suivante : k 1 1 k 1 q O = k 1 k q t k 1 1 k 1 q β1,1 β 1,q k 1 1 k 1 q O + O O k 1 k q β,1 β,q k 1 k q i { 1, K,} Avec β [ 1;1] et i,j j { 1, K,q } 3 Evaluation de l o et de l agent a l ode économique Pa aot au modèle à deux monnaies, l égalité (3) n est as à éécie, a conte les égalités (4), (5) et (6) doivent l ête. Soit (Q ). Soit Q i Q j, la quantité de monnaie en o de tye «i» monnayée à ati de la quantité initiale d o, la quantité de monnaie en agent de tye «j» monnayée à ati de la quantité initiale d agent (Q ). Soit m, la masse d une ièce en o de tye «i». Soit Soit Soit i m j, la masse d une ièce en agent de tye «j». t i, le tite de la ièce en o de tye «i». t j, le tite de la ièce en agent de tye «j». Nous auons : Q Q = Q = Q i j m m i j t t i j (12) En aliquant (12) à (3) : Q Q j m j t j k = = (13) Q Q m t i i i H 6 On suose que l on eut monnaye les métaux écieux dans tous les tyes de monnaies (il existe +q tyes de monnaies). Il n y a aucune aison ou que les valeus de Q et Q évaluées a l ode olitique soient équivalentes : Q Q (i) Q Q (ii) De même, il n y a aucune aison ou que les valeus de l o et de l agent monnayés, évaluées a l ode olitique soient équivalentes : Q Q (v) i i j j i i j Q Q (vi) Pa conte, comme les stocks d o et d agent véifient l équivalence (3), alos les quantités d o et d agent monnayées véifieont : j 108

es oblèmes monétaies au moyen âge Q i Q i = Q k = Q j j Avec, i { 1,,} et j { 1,,q } i. j En aliquant (13) nous obtenons : j i m i t i k i j = k (14) m t Réécitue de (14) en ix de comte : i i i m t = (15) m t j j j j j On a donc les deux matices de ix elatifs suivantes : i k i j = i { 1,,} ; j { 1,,q} j i { 1,,} ; j { 1,,q} Q j i k i j = = i { 1,,}; j { 1,,q} Q j i i { 1,,}; j { 1,,q} i { 1,,} ; j { 1,,q} es éléments de ces deux matices véifient la elation suivante : k j = 1+ β k j avec β [ 1;1] (16) ij i ( ) ij i 4 Rééquilibage du cous légal au niveau du cous commecial ou évite les hénomènes séculatifs A odification de toutes les caactéistiques de la i ième monnaie d o et la j ième monnaie d agent ' ' ' m m t t i m m j i ' j j j i t t j Pa conséquent (vi) devient : ' ' ' ' ' Q j Q j = i Q i j ' ' = m t ' ij m K = m i ' ' j ' t j j ' j ' ' t i i ' i ' = k ' j ' j ' i ' j m Q i ' t ' i i m i t i = k ' ' (17) m t B odification de toutes les caactéistiques de la ième monnaie d o et la q ième monnaie d agent H 7 On suose que c est seulement su la ième monnaie en o et la q ième monnaie en agent qu il y a des mutations éelles et nominales. j i ' j 109

es oblèmes monétaies au moyen âge ette hyothèse H 7 est tout à fait éaliste, ca le ouvoi olitique ou suive le cous commecial, q. osque effectuait une mutation nominale su les denièes monnaies en o ( ) ou en agent ( ) les oblèmes se olongeaient, on effectuait une mutation éelle c est-à-die que l on émettait de nouvelles esèces, mais on ne considéait lus les anciennes esèces uisqu en théoie on eséait les évacue de la ciculation a des décis. Dans ce cas nous avons : Si on ne considèe que K = q k q et considèe les autes aots K ij ( i { 1,, 1 } et j { 1,,q 1} ), il y a bien entendu absence de séculation, mais si l on, ils sont inchangés et donc il existe de multiles ossibilités de séculations même si la denièe monnaie en o et en agent tient comte du cous commecial. Suivant l hyothèse H 7, nous auons donc les elations suivantes : K 1,1 k K1,q 1 k K1,q k K 1,1 k K 1,q 1 k K 1,q k K,1 k K,q 1 k K,q = k Soit S, la matice des séculations ossibles : K 1,1 k K1,q 1 k K1,q k S = K 1,1 k K 1,q 1 k K 1,q k K,1 k K,q 1 k 0 Poiété de S : Dès qu il existe un seul lieu (i, j) de S non nul, alos il existe des ossibilités de séculation dans l économie. Invesement, ou qu il y ait absence de séculation dans l économie, il faut que tous les lieux (i, j) de S soient nuls. Remaques : On eut emaque que lus on s éloigne du lieu (, q) moins le aot monétaie des esèces qui lui sont liées est is en comte uisque ces esèces sont de lus en lus anciennes. haque colonne j de la matice eésente l ensemble des aots K ij qui sont définis a aot à une seule monnaie en agent, celle de tye «j». Ainsi, lus on considèe des colonnes j «éloignées» de celle de q, lus ces monnaies en agent de tye «j» sont aes ca anciennes, et donc victimes des décis successives, de l usue du tems et de la thésauisation. haque ligne i de la matice eésente l ensemble des aots K ij qui sont définis a aot à une seule monnaie en o, celle de tye «i». Ainsi, lus on considèe des lignes i «éloignées» de celle de, lus ces monnaies en o de tye «i» sont aes ca anciennes, et donc victimes des décis successives, de l usue du tems et de la thésauisation. En fait les aots les lus éalistes et les lus obables, sont ceux qui se touvent su la médiane inciale de la matice S eliant (1, 1) à (, q). Plus ces lieux se touvent «éloignés» de (, q) lus ils sont imobables. e lecteu eut donc s aecevoi qu un olongement intéessant de ce modèle seait de le obabilise, en associant des niveaux de obabilité à tous les lieux de la matice de séculation. e niveau de obabilité déendait bien évidemment de la technologie de disaition des ièces dans l économie. Intuitivement, lus une ièce est ancienne moins elle a «de chance» d existe et ce ocessus de disaition ouait suive a exemle une suite géométique de aison stictement inféieu à un. Toutes ces oositions, sont je ense, qu une succession de vœux ieux ca il est histoiquement imossible de connaîte à chaque éiode du oyen Âge, le tye de monnaie en ciculation et dans quelle quantité. ais cet échec annoncé ouait tout de même ête tenté, ou ête cetain que le contaie ne soit as vai. 110

es oblèmes monétaies au moyen âge Abitage séculatif H 8 On considèe un individu autacique, c est-à-die qu il ne eut se situe qu en un seul lieu (i, j) de la matice S. On exclue le lieu (, q) qui est sans séculation a définition aès la mutation monétaie adéquate. et individu étant autacique il ne connaît que deux aots : k et K ij. Ou autement dit, cet individu connaît le ix elatif de l o a aot à l agent, et le ix elatif de la monnaie en o de tye «i» a aot à la monnaie en agent de tye «j» i j 1. Suosons que K k 0 > ij ela signifie que le aot de l o monnayé à l agent monnayé est suéieu à celui de l o métal à l agent métal. Soit un individu séculateu détenteu d un stock d o initial Q. 1) Dans un emie tems, cet individu monnaye son stock d o auès d un atelie monétaie ou obteni la quantité Q de monnaie en o de tye «i». Q i i i Q i = (en aliquant (12)) m t 2) Dans un deuxième tems, cette quantité de monnaie en o de tye «i» ( Q i échangée conte une quantité de monnaie en agent de tye «j» ( Q légal i j j j ) est ) selon le cous i Q j = Q i (19) 3) Dans un toisième tems, cet individu fond ses ièces en agent ou obteni des lingots en agent. i Q = Q i m j t j (en aliquant (19) à (12)) ij j Q = K Q (en aliquant (18)) 4) Pou fini, il échange cet agent conte de l o selon le cous commecial stock d o final Q suivant : ' Q K ij Q = = Q k k omme a hyothèse K k 0 alos Q > Q. > ij k. Il obtient le On eut alique le même aisonnement avec un individu détenteu d agent. 1) Dans un emie tems, il échange son stock d agent initial Q conte de l o selon le cous commecial k. 1 e denie aot j, se calcule facilement à ati de K ij qui est donné dans la matice S. m t j j j i i i i i j m i t i K = = = K (18) ij m t ijm t i j j j 111

es oblèmes monétaies au moyen âge 2) Dans un deuxième tems il monnaye son o. 3) Dans un toisième tems il échange sa quantité de monnaie en o de tye «i» conte de la monnaie en agent de tye «j» selon le cous légal. 4) Pou fini, l individu séculateu fondea ses ièces en agent ou obteni des lingots en agent. Il obtienda le stock d agent final Q suivant : ' K ij Q = Q > Q k Soit un individu séculateu détenteu d un stock initial de monnaie en o de tye «i» Q i. 1) Dans un emie tems, cette quantité de monnaie en o de tye «i» ( Q i ) est échangée conte une quantité de monnaie en agent de tye «j» ( Q i j j ) selon le cous légal 2) Dans un deuxième tems, cet individu fond ses ièces en agent ou obteni des lingots en agent. 3) Dans un toisième tems, cet individu échange cet agent conte de l o selon le cous commecial k. 4) Pou fini, il monnaye cet o. Il obtient le stock de monnaie en o de tye «i» suivant : ' K ij Q i = Q i > Q i k On eut alique le même aisonnement avec un individu détenteu d un stock initial de monnaie en agent de tye «j» Q. j 1) Dans un emie tems, cet individu fond ses ièces en agent ou obteni des lingots en agent. 2) Dans un deuxième tems, cet individu échange cet agent conte de l o selon le cous commecial k. 3) Dans un toisième tems, cet individu monnaye son stock d o auès d un atelie monétaie ou obteni la quantité Q de monnaie en o de tye «i». i 4) Pou fini, il échange sa quantité de monnaie en o de tye «i» conte de la monnaie en agent de tye «j» selon le cous légal. Il obtient le stock de monnaie en agent de tye «j» suivant : ' K ij Q j = Q j > Q j k ij < Suosons que K k 0 analyse est identique au cas écédent sauf qu il faut emlace le aot multilicatif a son invese et effectue les changes dans le sens invese de ceux qui ont été éalisés. K ij k ij > ij < as considéé K k 0 K k 0 Sens des changes Taux de ofit de la séculation j i K k ij j i k 1 1 K ij 112

es oblèmes monétaies au moyen âge 5 Politique monétaie nécessaie ou évite la séculation Nous avons vu écédemment que les mutations monétaies su la monnaie en o de tye et celle en agent de tye «q», sans autes modifications dans l économie, engendent des ossibilités de séculation considéables ou les individus. e ouvoi olitique a deux moyens ou stoe ce jeu séculatif : e déci, c est-à-die l élimination hysique de toutes les ièces difféentes du tye et du et tye «q» en ciculation dans l économie. ela evient à ende nul tous les lieux (i, j) ( i { 1,, 1} et j { 1,,q 1} ) de la matice S. Dans ce cas S se éduit à S = ( 0 ). économie est auée de toute ossibilité de séculation. Dans la atique, le déci ne avenait as à élimine toutes les ièces en ciculation et tout un ensemble de vieilles ièces ciculaient imunément au cous commecial. Foce est de constate que le ouvoi en lace, se voyait obligé d accete bon gé mal gé cet état de fait. Pou évite les jeux séculatifs, le gouvenement se devait d ajuste tous les ix légaux des anciennes ièces au nouveau cous légal établit a la denièe mutation oéée su la monnaie en o de tye et celle en agent de tye «q». En bef, le gouvenement dans ses odonnances se devait de défini les conditions d émission des nouvelles ièces et de desse la liste du nouveau cous légal de toutes les autes ièces en ciculation. A odification des cous légaux des anciennes ièces Dans l équation (18) selon les hyothèses, seuls les ix légaux doivent change, c est-à-die ou qu il y ait égalité ente K j ij et m t j j ' j i i ' i ' i ' j k. ' ' K ij = = k = k i j = k m t m m i i Dans la atique tous les aots ' ' k i j devaient «se cale» su celui de k q. onnaissant ' q et ' j, on obtient a déduction : ' m i t i = k ' i q avec i m t q q 1 m j t j ' ' j = avec j k m t odonnance devait détemine deux choses : es conditions d émission de et { 1, K, -1} { 1, K, q -1} q : ' ' ' ' ' ' ' t, m, et t q, m q, q tels que K, q = k. a liste des ix légaux de toutes les autes esèces en ciculation : ' ' ' ' ' 1, K, 1 et 1, K, q 1 tels que K ij = k. 0 0 Dans ces conditions la matice S des séculations s écit : S = O 0 0 Dans une économie à +q monnaies il est nécessaie de change +q+4 aamètes ou qu il y ait absence de séculation. t t j i 113

es oblèmes monétaies au moyen âge B Résultats À l aune de ce modèle d une économie monétaie à multile esèces, le ouvoi olitique se devait d adate constamment ses cous légaux en fonction des cous commeciaux, c est-à-die d ajuste le aot légal ente le oids du denie tounois en agent et celui du denie tounois en o (K ij ), au k. oncètement cette niveau du aot commecial ente l o métal et l agent métal ( ) modification se éalisait a l émission d une nouvelle monnaie en o ' et d une nouvelle monnaie en agent q ' qui tenait comte du nouveau aot commecial ente l o et l agent. À ceci s ajoutait la «ciée» du cous légal de toutes les anciennes esèces encoe en ciculation, de telle sote qu il y ait égalité ente le aot légal du oids du denie tounois en agent à celui du oids du denie tounois en o (K ij ) et le aot commecial de l o métal à l agent métal ( k ), et ce ou toutes les emutations ossibles ente les monnaies en agent et en o. onclusion : un système monétaie médiéval intinsèquement instable es conditions théoiques ou qu il y ait absence de séculation, sont to contaignantes ou que l on uisse les éuni dans la atique. éalable, les gouvenements étaient fot mal infomés su les vaiations du cous commecial de l o et de l agent, et ne ouvaient donc estime que de façon bien imafaite, voie hasadeuse, le niveau du aot commecial de l o à l agent. D où histoiquement, de nombeuses bévues consistant à des enfocements monétaies alos que les conditions économiques exigeaient le contaie. ême si le gouvenement aivait à estime de façon aoximative k, la «liste» des nouveaux cous légaux des anciennes monnaies en ciculation malgé maintes décis, était elle aussi lus qu aoximative. Pou que ces changements soient efficaces, il fallait ajuste le lus écisément ossible, les cous légaux des anciennes ièces au cous commecial selon leu aloi. Tâche insumontable, ca esonne n était caable de savoi qu elles esèces étaient en ciculation et dans quelle quantité 1. De lus la fabication des esèces était elle même incetaine leu aloi éelle s éloignant souvent de leu aloi théoique d où l existence des emèdes. Tout ceci fait que l absence de ossibilités de séculation gâce à la olitique monétaie du ince ne ouvait ête le fait que du lus gand des hasads. omme nous le savions déjà histoiquement, le système monétaie du bas oyen Âge est intinsèquement instable. a faiblesse majeue éside dans le égime bimétallique qui suose comme condition sine qua non de stabilité, l adéquation du cous légal des métaux écieux au cous commecial. omme l o et l agent sont considéés comme des machandises a les hommes d affaies, les machands-banquies, ou les mecatoes, leus ix fluctuent. Pa conséquent, le Pince était dans l obligation d adate les cous légaux aux cous commeciaux a des mutations qui déstabilisaient l économie et intoduisaient su le maché toute une léthoe de monnaies nouvelles ce mélangeant au maelstöm d esèces déjà existantes. Section 3 odèle éaliste e modèle généal ésenté écédemment atteint un to haut degé de généalité ou que l on uisse en tie des inteétations économiques intéessantes. Pou évite cela, nous allons lui ajoute quelques hyothèses estictives qui seont choisies à ati des ésultats obtenus a les histoiens su les oblèmes monétaies du oyen Âge. e modèle généal este tout de même utile ca si l on conteste la validité des hyothèses que nous allons souteni ci-aès, il este toujous la ossibilité ou le lecteu de éécie le modèle écédent en fonction de ses affinités et desideata. 1 Ainsi une lette atente du 13 juin 1346, cite l existence de aisis et de oyaux de 1330 déciés deuis neuf ans ; encoe lus fot, à cette même date ciculaient la chaise d o et l agnel de Philie le Bel (esectivement 1311 et 1303), sans ale de l inévitable écu de saint ouis (1266) en ciculation deuis 80 ans! D où l aellation juste et fot gacieuse de ac Bloch qualifiant d «invaisemblable bigaue» la ciculation monétaie du bas oyen Âge (BOH., 1953,. 152). Exemle concet cité a Bloch de cette multilicité monétaie : «Suis de constate dans les testaments, a exemle, la ésence aux mains de tel ou tel aticulie d une meveilleuse divesité de ièces de monnaie, cetains éudits un eu naïfs ont cu avoi affaie à des collectionneus. En véité, les testateus avaient simlement entassé dans leus coffes, bon gé mal gé, ce que leu aotaient de monnaies diveses les couants udimentaies de l économie» (Id.,. 152). 114

es oblèmes monétaies au moyen âge Pemièement, nous allons ejete l hyothèse H 6 qui est totalement iéaliste. Une fois que le gouvenement décidait une mutation monétaie, les anciennes monnaies devaient disaaîte de la ciculation, a conséquent le ouvoi oyal aêtait leu diffusion. e seul monnayage acceté était celui des denièes ièces émises. omme ou monnaye son métal écieux il fallait asse a un atelie monétaie sous le contôle du oi deuis les éfomes de saint ouis, les agents n avaient as d aute choix que d accete ce monnayage oyal ou alos d enteende le faux monnayage avec les isques encouus 1. D aute at, dans note modèle généal nous tenions comte de toutes les combinaisons ossibles ente les monnaies d o et d agent ou desse la matice exhaustive des ix elatifs de l économie 2. ette écision analytique est inconcevable ou le oyen Âge. es seuls ix elatifs étaient ceux des esèces ayant cous légal bien que l on uisse econnaîte qu ils existaient lus de ix elatifs avec l ode économique, qui établissait le cous des anciennes monnaies en ciculation en fonction des mutations du ince se définissant a aot à la etite monnaie noie en agent qu était le denie tounois ou aisis. Tous les autes ix elatifs n existaient as. Pou comae nominalement les monnaies ente elles on assait a un étalon de mesue commun : le denie. Ainsi ce modèle a souci de éalisme ne considèe qu un nombe tès limité de ix elatifs. Toutes ces hyothèses que nous venons d exose sont justifiées histoiquement, nous les avons donc intoduites dans note modèle ou qu il uisse ête le lus eésentatif de la situation histoique. Pa conte nous allons devoi intoduie une hyothèse qui n est as valide histoiquement, mais qui je ense ne etube as essentiellement les inteétations économiques que l on eut déduie du modèle. Nous suoseons l existence dans l économie de tois tyes de monnaies : les gosses ièces en o et en agent et les etites ièces en agent. En théoie, cette ésentation coesond exactement à la volonté des gouvenements qui a mutations changeaient ce système monétaie à tois esèces ou qu il tienne comte des cous commeciaux. Pa cette hyothèse nous disons imlicitement que les décis accomagnant les odonnances oyales fonctionnaient à la efection, c est-à-die qu il y avait disaition comlète des anciennes esèces en ciculation dans l économie 3. aintenant nous allons intoduie l hyothèse fondamentale de note modèle qui est l existence d une monnaie fiduciaie dans l économie médiévale : le denie 4. Nous soutenons que le oyen Âge n a jamais connu d unité de comte abstaite mais une unité de comte éelle. Dans ce cas les mutations nominales ne s effectuaient as a aot à une entité abstaite mais a aot à une ièce bien éelle. Pense qu il y a eu existence d une unité de comte abstaite ou emette la mesue équivalente des ièces c est se fouvoye. De même considée que le ince a une volonté machiavélique a inventé l unité de comte ou emette à sa volonté de 1 Et encoe nous emloyons un euhémisme ou désigne l hoible cuauté qui ouvait s abatte su les malheueux couables : «les couables encouaient le isque d avoi l oeille couée, les yeux cevés, d ête endus, décaités ou de éi cuits dans un gand chaudon d eau bouillante. ette denièe eine a été le lus souvent aliquée. Su la lace ublique, on longeait le malheueux dans un gand chaudon d eau bouillante, la tête la emièe et on le maintenait dans cette osition, les ieds en l ai au moyen de longues tenailles. e châtiment s accomagnait généalement de la confiscation des biens du condamné» (FOURNIA E., 1970,. 17). 2 Voi les matices (10) et (11),. 106. 3 ette situation eut toutefois coesonde à la emise en ode monétaie oéée ente 1360-1385 duant le ègne de hales V (1364-1380). e fut une véitable olitique monétaie inteventionniste qui finit a imose les cous légaux du ince à «la licence du eule qui met les esèces déciées ou non à tel ix qu il veut». te solution (emloyée d ailleus a le gouvenement de hales V) ou ende négligeable l imotance des anciennes esèces dans la ciculation monétaie, c est de suose que les nouvelles émissions monétaies étaient d un volume suffisamment conséquent ou noye les vielles ièces et dilue les effets séculatifs concomitants. 4 Selon ach Bloch, «le denie, tès vite, est tombé au ang d une monnaie d aoint : entendez une sote de monnaie de confiance, dont la valeu nominale était toujous beaucou lus considéable que ne l eût comoté, dans l échelle généale des valeus monétaies, la quantité de métal écieux qu elle contenait» (BOH., 1953,. 150). ême ensée chez Raymond De Roove : «Dans cetains ays de l Euoe occidentale, la Fance, a exemle, le système monétaie était timétallique et la ciculation comenait : l o, l agent ou la monnaie blanche et la monnaie noie de tès faible aloi et fotement suévaluée a aot à sa valeu intinsèque» (DE ROOVER, 1976,. 22-23). 115

es oblèmes monétaies au moyen âge s imose à cette société si écalcitante et de ouvoi mue la monnaie comme bon lui semble, c est encoe se tome. unité de comte abstaite n a jamais été une éonse technique ou établi les taux de changes monétaies ou encoe une invention du ince ou affime son ouvoi 1. unité de comte abstaite en tant que telle n a jamais existée aussi bien au bas oyen Âge qu au haut oyen Âge. es deux oblèmes écités n ont donc lus lieu d ête. Histoiquement les choses se sont déoulées difféemment. est en fait note démache d économiste qui enant le cous de l histoie à ebous donne une inteétation biaisée 2 ca ne tenant as comte de la dynamique histoique assée. On en aive à comlique les choses alos que l histoie monétaie donne un éclaiage lumineux à ce oblème de l unité de comte et a voie de conséquence à l existence d une monnaie fiduciaie. Toute l aticulation toune autou du milieu du XIII e siècle. aavant existait le égime monométallique agent (VIII e -XIII e siècle) qui suffisait amlement ou éonde au besoin de l économie. Si émission d o il y a eu (sous le ègne de halemagne) ce ne fut que ou le estige ca comme le dit claiement Jean Favie dans son live o et les éices : «le monnayage de l o gade le caactèe d une affimation de souveaineté» 3. e fut le égime du denie, c est-à-die qu à taves toute l Euoe existait un seul étalon monétaie commun : le denie 4. cune aute ièce n existait. Il y avait une totale fusion ente monnaie éelle et unité de comte. e denie était à la fois une ièce en agent d un cetain aloi et à la fois une unité de comte aelée denie. Un denie valait un denie comme de nos jous un fanc vaut un fanc. emie abod cela aaît ête une boutade mais cette tautologie n est qu une confusion sémantique. Nous devions die que la ièce éelle aelée «denie» valait une unité de comte sunommée «denie», comme de nos jous la vulgaie ièce en zinc aelée «fanc» eésente éellement l unité de comte dénommée «fanc». est analytiquement lus écis mais lus indigeste à ésente au niveau du style. onséquence de l oganisation de ce système monétaie, son instabilité monétaie causée a les vaiations du ix de l agent su le maché des machandises. e souveain devait mue sa monnaie éiodiquement ou que l aloi de ses denies soit eésentatif du cous commecial de l agent. ette mutation ne ouvait ête que éelle ca n existait aucune aute monnaie, de sucoît le denie était acceté comme une unité de comte éelle. e denie ne fut donc jamais une monnaie abstaite mais au contaie une monnaie bien éelle accetée a tous. Son succès s est olongé tout le long du oyen Âge et ce n est que tès tadivement qu il fut abandonné endant la éiode de l Ancien Régime. Ainsi le denie ne eut as ête une unité de comte abstaite ca il a toujous été une unité de comte éelle, a conséquent suose l existence d une unité de comte abstaite c est faie un acte céateu totalement edondant avec l unité de comte éelle qu est le denie. Pouquoi invente une unité abstaite alos qu existe deuis l emie omain une unité monétaie éelle su l ensemble du teitoie euoéen? e denie abstait ne éond as à une nécessité logique ou histoique, il est le fuit d une céation sueficielle inutile et sueflue conséquence d une eeu d inteétation histoique. aintenant analysons l aute vesant de l histoie monétaie qui se touve en aval du milieu du XIII e siècle. À cette date chanièe se substitue au monométallisme agent du égime du denie, le bimétallisme o/agent des «gos», des écus, des agnels etc. Un consensus a émegé ami les histoiens ou econnaîte la validité de ce fait histoique. Ves 1250, les villes italiennes faent des ièces en o ce qui ne s était as vu deuis cinq siècles dans ces égions! Toute l Euoe va suive et en cinquante ans l ensemble de l Euoe edécouve le monnayage de l o. À ceci s ajoute la fae de nouvelles ièces en agent d une valeu beaucou lus imotante que les etits denies. eu émission est un eu antéieue à celle des ièces jaunes, mais gosso modo on eut die qu il y a eu coesondance histoique ente la edécouvete du monnayage de l o et la divesification du 1 Bien qu il ait usé et abusé des mutations nominales, cet usage c est fait aès l émegence des gosses ièces. On a découvet qu a osteioi les ossibilités des mutations nominales. itons le «tuc» de ac Bloch ou défende note thèse : «le système de la monnaie de comte a gandement facilité les mutations, il ne s exlique as a elle. Il n a as été un «tuc» inventé ou emette les mutations nominales. Il n a as été inventé du tout. Il est soti sontanément, de conditions économiques, qu il imote d analyse, uisque ce sont d elles, aussi bien, que sont soties les mutations» (BOH., 1953,. 152). 2 Dont j ai moi-même été abusé. 3 FAVIER J., 1987,. 162. 4 John Day dit la même chose en d autes temes : «En fait, avant la céation du gos d agent, qui s ajouta aux denies de billon sans les emlace, et la eise du monnayage de l o à gande échelle, la luat des ays d Euoe connaissaient un seul étalon monétaie fondé su la vesion locale du denie» (DAY J., 1994 (éim.),. 251). 116

es oblèmes monétaies au moyen âge monnayage de l agent. D un système mono-métallique on assa ainsi à un modèle tiatite eosant su une etite ièce en agent (le denie tounois ou aisis), une gosse ièce en agent (le gos) et une gosse ièce en o (l écu, l agnel, la chaise d o, le fanc etc.). On eut alos se ose tès légitimement la question de savoi ouquoi il a y eu émission de gosses ièces d o et d agent à ati du milieu du XIII e siècle. Nous ouvons écaitule les éléments de éonse que nous nous étions effocés de donne antéieuement : On eut déjà cite la éiode des oisades qui a avivé les elations commeciales ente l Oient et l Occident, induisant un fantastique déveloement des activités machandes des cités italiennes, base d aui de toute la logistique nécessaie au bon fonctionnement des coisés en Tee Sainte. es flux commeciaux devenant de lus en lus imotants, les flux monétaies ont aallèlement augmenté, nécessitant des esèces dont la valeu intinsèque devait ête beaucou lus élevée que les etits denies tout juste bons à satisfaie les besoins du menu eule. Il est tout à fait caactéistique que la éaaition du monnayage d o ait été initiée a Gênes et Floence, les deux ôles commeçants les lus actifs d Italie. a monnaie en o était alos indisensable ca seule monnaie admise au niveau du commece intenational. Un aute agument ou exlique le monnayage des gosses ièces, c est l intensification des échanges inta-euoéens a le déveloement coissant des villes et de la oulation euoéenne au XIII e siècle. Un oint qui est lus ou moins lié au écédent, c est la disaition du système féodale et le mouvement des affanchissements dans les inciautés et seigneuies. ais ne nous y tomons as, à un assujettissement de classe se substitue un assujettissement monétaie a l imôt bien lus insidieux, ca destucteu des communautés villageoises et d une cetaine solidaité communautaie 1. Ainsi les évoltes les lus violentes ont eu lieu duant le XIV e siècle où le oids de l imôt était devenu insuotable ou la oulation aysanne. À la limite, la situation antéieue était esque éféable ou la oulation. a monétisation de la société s imose a le bas avec les modifications des aots sociaux et l accoissement des échanges commeciaux, mais aussi a le haut avec la métique étatique naissante qui ne cesse de s imose. a emièe étae fut bien sû l élaboation d un esace «vital» ou le ouvoi oyal, c est-à-die que le emie ôle de tout ouvoi olitique est d établi des fontièes ou bien délimite ce qui est à l extéieu ou à l intéieu du teitoie ou autement dit, démaque l esace su lequel s alique une souveaineté oyale non oosable à aucun aute ouvoi. Une fois l esace céé il faut l ensee, le diige, et quoi de lus atique comme instument de contôle que la monnaie? e Pince n a donc de cesse d élaboe un esace intéieu homogène qu il cheche à domine a la monnaie mais as uniquement bien entendu ou ne as sombe dans une inteétation univoque. O la monnaie du Pince n est as une nécessité logique uisqu il existe déjà le monnayage des baons ou bien celui des machands ou bien encoe l usage de etites econnaissances de dettes ente aysans. a monnaie du oi doit donc s imose, c est-à-die que l affimation du ouvoi oyal doit asse a une monétisation de la société qui va s effectue a un oéateu de violence aelé imôt. omme l imôt est exigible en monnaie du ince, et que cet imôt est difficilement contestable uisque obligatoie à cause de la containte de l État, on se end comte que tout est lié ; une dynamique d affimation du ouvoi oyal est initiée a cette stuctue tiatite qu est la violence étatique, la monnaie du ince et l imôt. es quate facteus, sont, je ense, les causes essentielles du assage du égime monométallique au égime bimétallique. aintenant il aaaît claiement que le denie n a as été une monnaie abstaite, elle fut toujous une monnaie concète, simlement ou les aisons que l on vient d invoque, on lui a ajouté de nouvelles esèces en o et en agent. À ati de ce moment il était alos ossible d effectue des mutations nominales uisque les gos et les ièces en o était un ajout au égime du denie symbolisant des «aquets» de denies. e égime bimétallique est donc une constuction élaboée à ati du égime monométallique, dont toute la cohéence eose su le denie ; chaque ièce se définissant a aot au denie a son cous. Paadoxalement, nous ensons que la véitable caactéistique du égime bimétallique n est as l existence de deux tyes de monnayage celui de l o et de l agent, 1 Voi écédemment les tenues allodiales, les villes avec fanchises etc.,. 8-10. 117

es oblèmes monétaies au moyen âge mais la difféence qui séae les gosses ièces du denie. Il y a une dichotomie monétaie ofonde ente le denie et les autes ièces. e denie ièce multiséculaie est comme nous l avions dit une unité de comte éelle tandis que les gosses ièces ne sont que des ièces éelles. e denie étant une monnaie fiduciaie, il est acceté malgé les affaiblissements qu il subit ; a conte, il n en est as de même ou les gosses ièces dont le cous vaie ootionnellement à la diminution de leu tite 1. e denie eut ecevoi le tite de monnaie comme nous l entendons aujoud hui alos que les gosses ièces ne estent que des machandises dont la valeu se déduit de leu contenu en métal écieux, d où bien évidemment l existence de deux systèmes d évaluation eosant su des logiques d aéciation difféentes : celui de l ode olitique qui a tendance à suévalue l agent ou le daine ves ses atelies et celui de l ode olitique dont le ix de l o et de l agent déend uniquement de la loi de l offe et de la demande. tement dit, il existe une difféence de degé ente les gosses ièces en o et en agent qui s exime a des aots de quantité de métal écieux, alos qu il existe une difféence de natue ente ces gosses ièces et le denie, ce denie ne se définissant as a aot aux autes ièces mais en fonction des eésentations sociales des individus. Du oint de vu logique, il evient au même de considée des mutations nominales su les gosses ièces en unité monétaie abstaite ou en unité monétaie éelle comme le denie, ca il y a coesondance exacte dans le cas du denie ente la ièce éelle et l unité de comte qu il eésente. Donc aisonne en teme de ix de comte abstait n est as faux, mais c est manque la natue fondamentale du égime bimétallique. Il est maintenant concevable d évalue les ièces en ciculation a aot au denie ca son cous est immuable (du fait qu il est une monnaie fiduciaie) de la même façon que l unité de comte abstaite. e égime bimétallique du oyen Âge ésente une dichotomie fondamentale ente une monnaie fiduciaie qui est une unité de comte éelle, et des monnaies éelles qui sont considéées comme des machandises dont la valeu est eésentative du métal écieux qu elles contiennent. a cohéence intene du égime eose alos su des cous monétaies mesués dans une unité de comte éelle invaiable ca exession de la confiance sociale. es hyothèses suivantes vont teni comte de cette conclusion : H a économie admet tois tyes de monnaie : uc : la monnaie fiduciaie en agent qui est l unité de comte éelle. : la monnaie éelle en agent dont la valeu déend de son contenu en agent. : la monnaie éelle en o dont la valeu déend de son contenu en o. H b Soit une économie à n biens, dont les n-5 emies sont des machandises, et les cinq denies uc,. Il y a sont l o (), l agent (), une esèce en o ( ) et deux esèces en agent ( ) donc n-3 biens qui sont des machandises (les n-3 emies) et tois qui sont de la monnaie. uc 1, K, n 5,,,,, ( ) Suosons qu il existe un ix de comte ou la monnaie fiduciaie, a définition nous auons : = uc omme uc uc est une monnaie fiduciaie alos son évaluation a l ode olitique et économique est identique ca eosant su la confiance de tous les agents. Pa conséquent : = uc uc 1 Nous enons ou euve le efus des machands d ête ayés en menue monnaie ca ou une même valeu nominale le contenu en métal écieux diffèe. 118

es oblèmes monétaies au moyen âge 1 Deux tyes de ix A Un ix de comte de la monnaie fiduciaie qui coesond exactement à son ix monétaie ( uc ) tel que uc = uc = uc B es ix monétaies Soit (, K, Soit (, K, 1 1 n-5 n-5,,,,,,,,,, uc uc ) les ix monétaies commeciaux. ) les ix monétaies légaux. es ix monétaies elatifs Soit uc 1 n-5, K,,,,,, =1, les ix monétaies elatifs uc uc uc uc uc uc uc commeciaux. Nous les noteons : ( k, K, k, k, k, k, k, k = 1 ) 1 uc n 5 uc uc uc uc uc uc uc Soit uc 1 n-5, K,,,,,, =1, les ix monétaies elatifs légaux. uc uc uc uc uc uc uc Nous les noteons : ( k, K, k, k, k, k, k, k = 1 ) 1 uc n 5 uc uc uc uc uc uc uc 2 Difféence d aéciation du aot o-agent a l ode olitique et a l ode économique égalité (1) n est a à edéfini, a conte, il est nécessaie de éécie (2) à cause de l existence de deux monnaies en agent. k = (1 + α) k (1) k k uc uc [ 1;1] = (1 + β )k avec β (20) = (1 + β ) uc [ 1;1] = (1 + β )k avec β (21) 1 = (1 + β ) uc 3 Évaluation de l o et de l agent a l ode économique Pa aot au modèle à deux monnaies, l égalité (3) n est as à éécie, a conte les égalités (4), (5) et (7) doivent l ête. Soit Q, la quantité de monnaie éelle en o monnayée à ati de la quantité initiale d o (Q ). 1 Je m aeçois en elisant, qu il existe une imécision dans le emie modèle a aot au modèle éaliste. Dans le emie, je considèe que tous les ix se définissent a aot à l agent. Je este enfemé dans un modèle bimétallique alos que le modèle éaliste est timétallique. Il me faudait ajoute à l équation (2), celle de la monnaie en agent. On auait alos k = (1+ β )k (2 ). (2) et (2 ) seaient équivalents à (20) et (21) du modèle éaliste. Dans ce cas, le modèle bimétallique avec ix de comte, seait, je ense, afaitement équivalent au modèle timétallique avec ix monétaies. Il faudait éécie le emie modèle, mais je n en ai as le tems. 119

es oblèmes monétaies au moyen âge Soit Q, la quantité de monnaie éelle en agent monnayée à ati de la quantité initiale d agent (Q ). Soit m, la masse d une ièce en o. Soit Soit Soit m t t, la masse d une ièce en agent., le tite de la ièce en o., le tite de la ièce en agent. Q = Q m t Nous auons : (22) Q = Q m t Remaque : calcule l équivalent en agent de la monnaie unité de comte éelle n a as vaiment de sens ca c est une monnaie fiduciaie. Sa valeu est indéendante de sa valeu intinsèque, bien qu elle contienne encoe quelque tace d agent mais simlement ou l aaat, ou atténue l inquiétude des agents. Q Q m t En aliquant (22) à (3) : k = = (23) Q Q m t e aot légal de l o ( ) k eut se défini comme le aot ente le oids de la monnaie en agent en équivalent de métal agent, et le oids de la monnaie en o en équivalent de métal o : m t k = m t m t = k (23 ) m t Il n y a aucune aison ou que les valeus de Q et Q évaluées a l ode olitique soient équivalentes : k uc Q k uc Q (vii) Q Q (viii) De même, il n y a aucune aison ou que les valeus de l o et de l agent monnayés, évaluées a l ode olitique soient équivalentes : k Q k Q (ix) uc Q Q (x) Pa conte, comme les stocks d o et d agent véifient l équivalence (3), alos les quantités d o et d agent monnayées véifieont : k uc Q = k uc Q k k uc uc Q = Q Q = Q En aliquant (23) nous obtenons : k k (24) uc uc m m t = = k (24) m t t uc = k (24 ) m t 120

es oblèmes monétaies au moyen âge ette égalité est fondamentale ou comende les fluctuations des cous des monnaies en o et en agent en fonction du aot agent/o. omme l ode olitique fixait les conditions d émission des esèces, les vaiables m, m, t, t étaient elativement igides a aot aux fluctuations du cous de la monnaie en o ( ) et celui de la monnaie en agent ( ). es vaiables déteminées a l ode olitique étaient discontinues ca subissant des mutations monétaies butales, tandis que celles déteminées a l ode économique étaient continues ca vaiant en emanence selon l offe et la demande des hommes d affaies et ofèves. Pa conséquent ente deux mutations monétaies décidées a l ode olitique, les vaiables m, m, t, t étaient fixes tandis que le cous de l o fluctuait constamment. es machands ou esecte l échange équivalent ente la monnaie en o et la monnaie en agent eximé a l égalité (24 ), ne ouvaient ajuste les vaiations du aot de l o à l agent ( k ) que a une vaiation comensatice du ix de la monnaie en o ( ) et/ou une vaiation comensatice du ix de la monnaie en agent ( ). Pa conséquent ce sont les vaiations de k qui engendaient celles de et. De sucoît, lus les vaiations de k étaient conséquentes, lus les distosions ente les ix légaux et commeciaux de la monnaie en o et en agent étaient imotantes, et a conséquent lus les jeux séculatifs étaient considéables. À un moment donné, les distosions étaient telles que l ode olitique devait se ésoude à enteende des mutations ou évite de voi sa bonne monnaie sous-évaluée a le cous légal disaaîte selon la loi de Gesham, ou bien la hausse du aot commecial de l o à l agent était telle que l oéation de seigneuiage n était lus suffisamment bénéficiaie ou ouvoi était olongée. 4 Rééquilibage du cous légal au niveau du cous commecial ou évite les hénomènes séculatifs A odification de toutes les caactéistiques des deux monnaies éelles ' ' m m t t ' m m ' t t ' Pa conséquent (ix) devient : ' ' ' ' ' Q k uc Q = k uc Q k uc = k m m k m k k k Soit ' ' t t m m uc uc uc uc ' ' ' ' de monnaie. ' ' m = m ' t ' ' ' t ' ' ' = k ' ' ' ' t ' uc m Q ' ' t ' m t = = k ' (25) ' ' m t τ la vaiation du aot ente le oids en agent et le oids en o d une unité t t k k uc uc 121

es oblèmes monétaies au moyen âge τ τ = k = k k = k c c k k k k uc uc k k uc uc uc uc m m k 1 c uc uc t t k k 1 + β 1 1 uc uc 1 m = 1 = t k 1 1 uc + β m t k uc β β + β B utation éelle de la monnaie en o Il y a absence de séculation si le tite et la masse de la ièce en o sont modifiés : ' ' m m et t t. (25) s écit : = k m m ' t t ' (en aliquant (24)) ' ' 1 m t = m t (en aliquant (24)) k ' ' m t = 1 k k m t ' ' m t = m t (en aliquant (20) et (21)) m Soit ' τ t ' m t séculation : τ m t 1+ β = 1+ β m = m t, le taux de vaiation du contenu d o fin de la ièce en o ou qu il y ait absence de ' ' t m m t t β β = 1+ β utation éelle de la monnaie en agent Il y a absence de séculation si le tite et la masse de la ièce en agent sont modifiés : ' ' m m et t t m t (25) s écit : = k ' ' m t En aliquant successivement (24), (20) et (21) on obtient : ' ' 1+ β m t = m t 1+ β Soit τ m t absence de séculation :, le taux de vaiation du contenu d agent fin de la ièce en agent ou qu il y ait 122

es oblèmes monétaies au moyen âge τ m t m = ' ' t m m t t β β = 1+ β D utation nominale de la monnaie en o Il y a absence de séculation si le cous monétaie de la monnaie en o est modifié : (25) s écit : ' = k m m t t En aliquant successivement (24) et (21) on obtient : ' = 1 + β Soit τ, le taux de vaiation du cous monétaie légal de la monnaie en o ou qu il y ait absence de séculation : τ ' β = = 1 β + β E utation nominale de la monnaie en agent Il y a absence de séculation si le cous monétaie de la monnaie en agent est modifié : (25) s écit : ' ' = k m m t t En aliquant successivement (24) et (20) on obtient : ' = 1+ β Soit τ absence de séculation : τ ', le taux de vaiation du cous monétaie légal de la monnaie en agent ou qu il y ait ' β = = 1 5 Récaitulatif β + β as généal m m ' ' t ' ' ' t ' β τ = m t = k 1 + β m t β 123

es oblèmes monétaies au moyen âge e Pince a quate moyens ou établi la aité ente le cous légal et le cous commecial : Si β < β : On affaiblit/dévalue la monnaie en o Si β > β : On enfoce/éévalue la monnaie en o Si β < β : On enfoce/éévalue la monnaie en agent Si β > β : On affaiblit/dévalue la monnaie en agent m m τ utation éelle ' t m t ' ' t τ m t ' 1+ β = 1+ β m β β = 1 + β 1+ β = 1+ β m β β = 1 + β t t utation nominale τ τ ' = 1 β = 1 ' = 1 β + β + β = 1 β + β + β β Raels Si on connaît Si on connaît = k 1 = k m m m m t t t t k uc k uc β = 1 = 1 β 1 1 = = k k uc Exemle numéique de mutations Gos tounois de 1290 Royal de 1290 Taille 58 au mac de Toyes Tite 12 d. agent-le Roi (0,958) 24 caats (1,000) ous 10 ½ d.. = 13 1/8 d.t. 10 s.t. = 120 d.t. Poids unitaie 4,2198 g. 3,547 g. Poids de fin 4,0426 g. 3,547 g. Poids du d.t. 0,308 g. d agent fin 0,0295 g. d o fin Raot commecial k ente l o et l agent = 12 = 1 = 3,547 g. = 120 d.t. t t m = 0,958 = 4,2198 g. = 13,125 d.t. m Suosons comme dans l exemle numéique écédent que : β = 15,17 % D aès (20) et (21) : 1+ β = 1+ β ag En aliquant (24) : 1 β = 1 + β k m t ( ) 1 = (1,1517) 1 0, 00008345 120 1 4,2198 0,958 13,125 12 3,547 = m t En aliquant (20) : ' 1+ β = = 138,19 d.t. 1+ β De même en aliquant (21) : uc 124

es oblèmes monétaies au moyen âge ' 1+ β = 1+ β = 11,40 d.t. utation éelle utation nominale ' ' m t = 3,080 g. = 138,19 d.t. On affaiblit/dévalue la monnaie en o τ m t = -13,16 % = 15,16 % ' ' ' τ m t = 4,655 g. = 11,40 d.t. On enfoce/éévalue la monnaie en agent τ m t = 15,16 % = -13,16 % 6 es amélioations à aote au modèle Il faudait considée des ix elativement à ' τ uc mais aussi à, ca il eut y avoi incohéence ente ces deux tyes de ix. omme la live de denies détenait une quantité d agent inféieue à la live de gos, le cous des monnaies en o avait tendance à ête suévalué en équivalent denies a aot à celui en équivalent gos 1. Dans le modèle généal, on ouait imagine tois listes de monnaies : toutes les monnaies en o, toutes celles en agent, et toutes celles de billon. Il seait nécessaie que note modèle uisse décie claiement l ensemble des tyes d étalon monétaie suivant : l o seul, l agent seul, l o et l agent dans un aot flexible, l o et le billon dans un aot flexible, l agent et le billon dans un aot flexible, l agent et le billon dans un aot fixe (ce que John Day aelle l étalon intégé), l o et l agent dans un aot fixe (étalon bimétallique), enfin, l o, l agent, et le billon dans un aot fixe (étalon timétallique). Nous nous sommes effocés de tace l ébauche d un modèle su la monnaie métallique. Pou la monnaie bancaie et aticulièement la lette de change, il este tout à faie. On ne eut concevoi une étude séieuse de la monnaie médiévale sans analyse les monnaies scituales et toutes les techniques commeciales et bancaies céées a la fuctueuse imagination des hommes d affaies italiens. 1 itons l exemle de John Day (DAY J., 1994,. 254) su Floence en 1219. Floence, dès 1252 avait mis su ied le emie étalon bimétallique d Euoe. a live, jusqu alos n était qu une simle unité de comte, on la matéialisa alos sous la fome d un floin d o au cous de 20 floins d agent, qui lui-même valait 12 denai iccoli (l équivalent local du denie tounois). Bef, nous avions un système de comte dont la live était eésenté a le floin d o, le sou a le floin d agent, et le denie a le iccoli. ais ces cous ne tinent que l esace d un «songe», et au «éveil» de l année 1279, losque la fae du floin d agent cessa, le floin d o cotait 29 s. soit une hausse de 45 %. es ix auaient été cohéents si à la hausse de 45 % du cous en sous, coesondait une hausse de 45 % du cous en iccoli. O il n en est ien, ca dans le même las de tems, le cous du floin d o en denai iccoli était assé de 240 à 396, soit une hausse de 65 %. «Il devient, a conséquent, nécessaie de distingue le ix du floin «a fioini» et son ix «a iccoli» (la difféence en 1274 fut de 24 ¼ d.)» (Id.,. 254). 125

es oblèmes monétaies au moyen âge haite III Histoie de la monnaie en Fance des éfomes de saint ouis jusqu au fanc Dans ce chaite nous exoseons en tois sections, tois éiodes de l histoie monétaie : e monométallisme agent (VIII e -XIII e siècles). e etou au bimétallisme (XIII e siècle). es cises monétaies du XIV e siècle. Section 1 e monométallisme agent (VIII e -XIII e siècles) A a monétisation s imose a la foce «Peu aès l émission du denie au monogamme, un caitulaie de 794 menace ceux qui les efuseaient d une amende de 15 sous (180 denies) s ils étaient des hommes libes, de la flagellation en ublic s ils étaient de condition sevile» 1. es menaces sont inefficaces, ont les aggaves donc en 809 en multiliant l amande a quate. En cas de non-alication de cette législation, le comte, l abbé ou l évêque edait leu dignité. Des mesues coecitives sont mises en lace en 829 a ouis le Pieux (emeeu : 814-840) ; hales le hauve (oi de Fance : 840-877 ; emeeu d Occident : 875-877) les aellent en 856. e fisc aliqua avec tant de vigueu cette législation éessive que le oi atténua ses violentes adeus. Ainsi, «en 861, l édit de Quiezy teméa les énalités. amende due a les hommes libes fut éduite de moitié. Si un homme de condition sevile était suis à efuse un denie, l agent oyal devait examine la qualité du denie s il était econnu de bon aloi, la unition devait teni comte de l âge et de la santé du délinquant qui ne devait ête flagellé qu avec modéation» 2. et assoulissement entaîna une augmentation de la ciculation des mauvais denies. édit de Pites evint donc aux disositions antéieues beaucou lus éessives. B Aaition du système de comte (, s., d.) est au cous du VIII e siècle qu aau le système de comte monétaie. e denie d agent fut l étalon de ce système monétaie. e système se constuisit a analogie avec le système ondéal de l agent. omme 240 denies de oids équivalaient à une live de oids, on en vint tout natuellement à établi une équivalence ente 240 denies de comte et une live de comte. De même, comme 12 denies de oids équivalaient à un sou de oids, alos, 12 denies de comte valaient un sou de comte. e système de comte monétaie était constuit 3 : 1 = 20 s. = 240 d. ; 1 s. = 12 d. a live et le sou n étant que de simles exessions numéiques ou désigne esectivement 240 et 12 denies éels d agent. En Fance, ce n est qu en 1266 qu aau une ièce (le gos) valant un sou, et en 1311 une ièce valant une live (l agnel). Seul le denie admettait une coesondance ente monnaie éelle et monnaie de comte. 1 FOURNIA E., 1970,. 62. 2 Id.,. 63. 3 Histoiquement l initiative en evient à ouis le Pieux (emeeu : 814-840), qui définit ves 825 avec igueu la taille des denies d agent à 240 a live de oids (489,5058 g.), soit 2,040 g. d agent a ièce. a emièe dévaluation date de 865 sous le ègne de hales II le hauve (oi des fancs : 840-877 ; emeeu : 875-877), avec une taille de 264 denies a live de oids. ais on gada l habitude que 240 denies valaient une live. ette live n avait ien à voi avec la live de oids, la live de comte était née. e système monétaie à lives et sous, devait ête consevé en Fance jusqu à la Révolution. 126

es oblèmes monétaies au moyen âge 1 e égime du denie A a disaition de l o a fae de l o disaaît sous le ègne de halemagne (oi des fancs : 768-814 ; emeeu : 800-814) et ouis le Pieux (emeeu : 814-840). e bimétallisme est un luxe imossible. e sou d o de l emie omain n est lus qu un souveni. ême le tiens, ties de sou, se fait ae. halemagne fae encoe quelques tiens en Italie du nod et Toscane, ou affime son héitage des césas. ette fae d o ésulte d une volonté d affime sa souveaineté et non as de founi des moyens d échange à l économie. emeeu ouis le Pieux sea le denie, ves 820, à faie fae un tiens, qui ne ciculea jamais. Seuls ciculent quelques hyeèes byzantins, et ièces aabes venues d Esagne ou de Sicile. «es éfomes caolingiennes ont, en fait, consolidé et éennisé le système monométalliste instaué au début du VIII e siècle. e système monétaie, dont la base était le denie, allait ête consevé en Euoe occidentale jusqu au XIII e siècle, non sans subi, au oint de vue juidique, de ofondes tansfomations» 1. B a éaaition du mocellement monétaie Il se déveloe essentiellement endant les IX e et X e siècles. Deux causes essentielles : es concessions oyales aux églises. usuation des comtes. On ne eut ale non lus d un monnayage ivé comme au tems des méovingiens ; l émission monétaie étant assuée a les baons et les églises «au nom du oi» et non as a n imote quel quidam. es denies des emies aétiens (987-1137) Jusqu à la fin du XII e siècle, la monnaie esta locale, mais celle du oi bénéficiait d une ééminence moale. Avec l affimation du ouvoi oyal, cette ééminence moale se tansfoma en ééminence éelle su les monnaies baoniales. 1 e denie aisis est sous le ègne de ouis VII (1137-1180) qu aaaît le denie aisis. D abod faé à Pais, il le fut sous le ègne de Philie guste (1180-1223) dans d autes atelies du oyaume au fu et à mesue de son extension. Il ne subit aucun changement jusqu à hales V (1364-1380). es denies aisis sont taillés dans un mac d agent à 40 sous aisis, mais son oids théoique ne eut ête calculé a méconnaissance de son tite. À ati de 1208, on sait que l alliage du aisis de Philie guste comote 5 aties de fin et 7 aties de cuive. aactéistiques du denie aisis de Philie guste : Denie aisis de Philie guste Taille 200 au mac de Toyes Tite 5 d. de oids (0,416) Poids unitaie 1,2237 g. Poids du s.t. 6,119 g. 2 e denie tounois Sa fae ovient de la ise de ossession de l atelie monétaie de Tous, «dont les denies avaient un tès vaste cous dans le cente, l ouest et le midi de la Fance (emièe mention elevée de la monnaie tounois : 1105 à Poities). Tès habillement, Philie guste et ses successeus ne tentèent as d imose le aisis» 2. e tounois fut donc émis en même tems que le aisis, ce qui fait qu il existait deux monnaies éelles du denie. Poids du tounois : 1204 : ix légal du mac d agent = 53 s. 4 d.t. = 640 d.t. ; oids de fin = 244,7529/640 = 0,3824 g. 1 e août 1251 : Taille = 217 au mac de Toyes ; tite = 3 d. 18 gn. (0,312) ; oids du tounois = 1,128 g ; oids de fin = 0,352 g. omme il y a coexistence de deux denies éels se ose le oblème de leu aot ; il se touve attesté dès 1226 au niveau suivant : 1 Id.,. 65. 2 Id.,. 70. 127

es oblèmes monétaies au moyen âge 4 d.. = 5 d.t. 1 l.t. = 20 s.t. = 240 d.t. 1 l.t. = 16 s.. = 192 d.. 2 a ciculation monétaie du VIII e au XIII e siècle A insuffisance des échanges et la monétisation de l économie «a disette de numéaie dont souffit l Occident endant tout le oyen Âge et notamment endant le haut oyen Âge se taduit a la atique des aiements en natue ou en lingots de métal écieux» 1. ais la cause emièe des difficultés monétaies de l Occident duant le haut oyen Âge fut l atonie des échanges. En effet, cette éiode se caactéise a une insuffisance des échanges qui obligent les agents économiques à use d exédients comme moyen de tansaction. D où l utilisation des tésos, lingots, et objets écieux comme intemédiaies des échanges. On n émet as de nouvelles monnaies, non as a imossibilité matéielle on ne eut nie cet agument mais il est insuffisant, mais à cause de l imefection et de l insuffisance des échanges du XI e siècle et de la emièe moitié du XII e siècle. omme l exlique Hans Van Weveke dans son aticle su les instuments d échange du XI e et XII e siècles (onnaie, lingots, ou machandises?) : «À une éoque où l agent ne ciculait guèe, c était faie un détestable emloi de sa fotune que de la conseve même atiellement, sous fome d agent monnayé... les objets du culte, les vêtements sacés, les lives écieux l emotaient su le numéaie a leu utilité atique ou l agément qu ils ocuaient» 2. Pa conséquent, duant de longs siècles, les modestes denies suffient amlement à l étoitesse des échanges, et si afois des tansactions conséquentes s imosaient, on avait ecous aux tésos. utilisation des tésos en tant que éseve de valeu, et en tant que monnaie hétéogène imafaitement liquide, est le témoin de l insuffisance des échanges commeciaux de l éoque. Il sembleait donc, qu il y ait un lien de causalité assez étoit, ente montant des échanges, et degé de monétisation de la société. a faiblesse des échanges exlique aussi la disaition du monnayage d o et le etou à un monométallisme agent, ca ouquoi utilise une monnaie o à tès fote valeu ou de maiges biens échangés? Pou autant, si dans les faits contenu des tésos, disaition du monnayage d o, monnaie en agent de faible valeu intinsèque la société du bas oyen Âge semble eu monétisée, dans les esits l absence de monnaie ne signifie as absence de éoccuations monétaies et du dési d enichissement, bien au contaie. En fait, la monnaie à défaut d avoi envahi le cham objectif des échanges commeciaux, a envahi le cham cognitif des individus. En exagéant un eu, la monnaie est dans les têtes à défaut d ête dans les faits. Pou les agents économiques, les tésos et lingots ne sont que des exédients, ils n ont qu un dési, obteni un moyen de tansaction liquide et d accès facile qui ne soit as en soi une entave aux oéations d échange. a monnaie est donc inscite dans les têtes avant même d existe. a éalisation de cette exigence s oéea au XIII e siècle avec l aaition de nouvelles monnaies d agent et la éaaition du monnayage d o. Ainsi, malgé l insuffisante ciculation monétaie, l évaluation este monétaie. a valeu d un bien se mesue en teme d une unité de comte, mais le aiement effectif eut se faie dans une monnaie difféente, ou ie, en natue. ette éoccuation monétaie malgé la faible quantité de monnaie en ciculation démonte que l unité de comte est bien la fonction emièe de la monnaie. Exemles : «Il faut, ceendant, ende gade de ne as se laisse induie en eeu a les textes. Qu une somme soit évaluée en millies de lives, cela n imlique nullement que le ayement ait été fait en denies coesondants. Ainsi la chonique de Saint-Hubet dit que le ix de vente du château de Bouillon s élevait à 1500 lives d agent, alos que les autes souces alent de 1300 macs et que nous savons etinemment que la somme n a as été vesée en monnaie, mais en objets écieux et en lingots» 3. 1 Id.,. 71. 2 VAN WERVEKE H., 1932,. 453-454. 3 Id.,. 462. 128

es oblèmes monétaies au moyen âge «est a millies de lives que cetaines abbayes - Vicogne (1173) ou Andes (1211), - évaluent leus dettes ves la fin de la éiode envisagée. ais ces sommes si considéables ne sont jamais entièement ayées en monnaie, et le embousement est échelonné su un gand esace de tems» 1. «Visiblement, de ce qu un acte stiule en monnaies un ix ou une edevance, on ne sauait légitimement déduie, à défaut d indications lus écises, que le èglement ait éellement eu lieu sous fome d esèces monnayées» 2. «...dans toute statistique des moyens de aiement médiévaux comme il seait si désiable d en voi établi, de lus en lus nombeuses et seées, aès qu auont été soigneusement ecensés, d une at les vesements à la fois mesués et effectués en monnaie métallique, de l aute les vesements mesués en monnaie, mais effectués en machandises, une colonne sulémentaie deva ête ésevée : celle du doute» 3. Finalement ou comende la tansition du système monométalliste du denie ves le système bimétalliste avec gos et ièces d o à fote valeu nominale, il suffit d utilise comme gille d analyse, celle du volume des échanges. Ainsi, endant les XI e et XII e siècles, les tansactions et leu montant s accuent. Dans le même tems, le denie le moyen de tansaction le lus couant ne changeant as, il y eut inadéquation ente le niveau des échanges et l instument monétaie les mesuant. es solutions aaaîtont au XIII e siècle avec de nouveaux moyens d échange. B a ciculation des monnaies aabes et byzantines Avant toute chose, ésentons les ésultats de fouilles achéologiques qui vont emette d exlique de façon claie et simle, le oblème de la ciculation des esèces aabes et byzantines en Euoe. Pou les ièces byzantines (le besant ou hyeèe byzantin), les touvailles euoéennes sont excessivement aes. Ainsi, dans le téso de uedale (comté de ancaste) aaemment celui d un viking on dénombe 7000 ièces envion et une seule ièce byzantine À la aeté des touvailles s ajoute la aeté des mentions. Bef, une monnaie tès «exotique» ou l Euoe médiévale. En ce qui concene les ièces aabes (le mangon ou mancus ou dina d o, qui sea aelé maabotin dans les textes à ati du XI e siècle), nous disosons de chiffes lus significatifs. Ente le VIII e et XIII e siècle, le nombe de touvailles est le suivant : Russie : lus de 120 000. es tois ays scandinaves : 42 567. Occident 4 : 348 ièces aabes ente le VII e et XIII e siècle. es chiffes alent d eux-mêmes, là où les échanges avec l Oient sont nombeux les touvailles le sont aussi. Il y a donc une étoite coélation ente les flux commeciaux et les découvetes numismatiques. Ainsi, «les enfouissements les lus considéables et les lus nombeux se situent aux IX e et X e siècles. Ils témoignent d échanges ente les ays setentionaux et l Oient a l intemédiaie de la Russie» 5. etains histoiens ont cu que la ciculation des ièces aabes était beaucou lus amle que ne le laissaient coie les touvailles. Ils avançaient cette hyothèse à ati de nombeux textes citant les monnaies aabes. ais il ne faut as tavesti ces écits et ou Founial «ce ne sont que des allusions littéaies ou bien uisqu il n existait as de ièces d o en Occident on donnait des noms à des esèces quelconques utilisées dans les aiements symboliques» 6. analyse hilologique étant infimée, il faut en eveni à l analyse numismatique qui monte que l Occident a connu une ciculation des ièces byzantines et aabes essentiellement aux XII e et XIII e siècles mais en tès faible quantité. es découvetes de ièces aabes et byzantines sont donc le eflet des échanges commeciaux. Pou les ièces aabes, les découvetes sont en Russie, ou les ièces byzantines du fait d une balance 1 Id.,. 463. 2 BOH., 1963 (ééd.),. 874. 3 Id.,. 874. 4 Italie setentionale, Suisse, Rhénanie, Belgique, Pays-Bas, Fance, les îles bitanniques. 5 FOURNIA E., 1970,. 74. 6 Id.,. 75-76. 129

es oblèmes monétaies au moyen âge commeciale euoéenne eétuellement déficitaie avec Byzance, le besant n avait aucune aison de se touve en Euoe 1. Section 2 e etou au bimétallisme (milieu du XIII e siècle) 1 es nouveautés du XIII e siècle A es gosses monnaies d agent Venise en 1202-1203 : le «mataan». Tite : 0,965 ; cous : 24 d. ; oids : 44 gn. de Venise. ; oids de fin : 42 17/36 gn. = 2,277 g. Floence, eu avant 1237 : le «sou» 2 d agent. Su le eves, une fleu de lis éanouie d où le nom de floin d agent donné lus tad. 1 sou d agent = 12 d. isans ou lucquois. ucques à ati de 1242 : le gos denie d agent de ucques (denaii gossi ucani agenti). ême oids et même tite que les mataans vénitiens. À ati du milieu du XIII e siècle, chaque ville italienne a son gos : Gênes, ilan, Bologne, Sienne, Ancône, otone, Voltea, Rome (le omani), le Saint-Siège (le sameini). a Fance de saint ouis en 1266 : le «gos» tounois = 12 d.t. Royaume d Aagon et de ontellie en 1273. a Flande en 1275. e oi de Nales, hales d Anjou ves 1277 : les «calins». Angletee d Édouad I e (1272-1307) en 1279 : le «goat». e «goat» ne dua as, ca concuencé a une ièce d agent de haute valeu, le «steling», qui endait l usage du gos inutile. Il fauda attende 1346 avec Edouad III (1327-1377) ou que le «goat» soit une ièce leinement intégée du monnayage anglais. Bacelone avant 1285. a Bohême en 1296 : le «goschen». a multilication des faes de gos d agent évèle l amleu coissante des échanges. «Il s agit d une modification caitale dans le égime monétaie de l agent, modification qui écéda la eise du monnayage de l o, deux choses qui, au este, ne sauaient ête séaées : elles taduisent le même besoin des gens d affaies de disose de signes monétaies adatés à des aiements élevés» 3. B a eise du monnayage de l o 4 a véitable évolution du XIII e siècle, fut la eise du monnayage de l o dans des égions où il s était aêté deuis le VIII e siècle. initiative en evint aux villes machandes de la éditeanée Occidentale. En fixant le aot ente le sou et le denie à douze, il a fallu aloudi l esèce. En assant alos à l o on multilie aussi a douze mais sans changement de oids. a fae de l o eend avec l initiative de Floence et de Gênes en 1252. Angletee et la Fance, s emessent de suive, non as ou des aisons économiques mais a incie. Pou Jean Favie, «le monnayage de 1 e ésultat infime donc, une conclusion secondaie du fameux aticle de ac Bloch su e oblème de l o au oyen Âge, où l histoien exlique l aêt du monnayage d o en Euoe, a la faiblesse olitique. Pou faie cicule des esèces en o, les inces euoéens vont devoi coie des ièces byzantines et du evant. Selon Bloch, c est la fagilité du ouvoi olitique, avec comme coollaie la disesion et l hétéogénéité du monnayage de l o, qui end imossible l institution d une monnaie fiduciaie eésentative d un ouvoi olitique euoéen stable. hétéogénéité des machés ainsi que celui des monnayages euoéens, endaient iso facto imossible l établissement d une monnaie fiduciaie. aêt du monnayage du métal jaune en Euoe est donc la conséquence de la faiblesse du ouvoi olitique euoéen. A contaio, on echeche les ièces byzantines à cause de leu estige. On se fie à cette monnaie des contées lointaines à cause de la éutation quasi mythique de l Emie byzantin. ais cette «soif» d o byzantine et du evant n est qu illusion, jamais les besants et dinas n auont ciculé avec suffisamment d imotance ou ne as ête éduits à de simles monnaies exotiques. 2 a coesondance ente ièce éelle et unité de comte ne s était as vue deuis quate siècles. 3 Id.,. 80. 4 Petite emaque ou les lecteus intéessés. est avec le etou de la monnaie en o que s établit l usage de qualifie les esèces successives d aès l effigie de leu aves : écu, chaise (le oi su un tône), masse (le oi avec son scete), agnel ou mouton (l neau de Dieu), fanc (un combattant à cheval, uis à ied), oyal (le oi en majesté), couonne, salut (une salutation angélique), écu soleil etc. Tout une symbolique qui fait éféence à la souveaineté et lus essentiellement à la souveaineté absolue : Dieu. a monnaie est donc un «bien économique» tès aticulie, d usage commun, mais mettant en jeu des uissances divines. 130

es oblèmes monétaies au moyen âge l o gade le caactèe d une affimation de souveaineté. est déjà dans cet esit qu au VI e siècle, le oi Thiey, l aîné des fils de lovis (oi fanc : 481/482-511), osait mette sa oe effigie su les sous d o faés dans son oyaume. XIII e siècle, ni le aétien, ni le Plantagenêt n entendent laisse aux éubliques ubaines d Italie les aaences d un héitage iméial. Il est de sucoît tentant de ofite de l effacement du Saint Emie omain gemanique, alos incaable de eleve le défi : aès la mot en 1250 d un Fédéic II (emeeu : 1220-1250) contesté et excommunié, l Emie s enlise dans un «Gand Inteègne» qui, de la mot de l éhémèe onad IV en 1254 (oi de Gemanie : 1250-1554) à l élection de Rodolhe de Habsboug en 1273 (oi allemand : 1273-1291), débaasse les ois voisins d une encombante ivalité. Quant à hales d Anjou (comte de Povence, oi de Nales : 1227-1285), dans son oyaume sicilien où ciculent toujous les esèces d o byzantines et aabes, il n hésite as à fae des «augustales» dont l effigie iméiale est à elle seule une ofession de foi olitique» 1. a) Initiatives des cités machandes de la éditeanée : aseille en 1227. ucques eu avant 1246 : un gos d o eoduisant exactement le tye du gos d agent. Gênes en 1252 : le «genovino» vaut une live de etits denies. Floence en 1253 : le floin d o de Floence ou «fioino», eenait le tye du floin d agent. Péouse en 1259. ucques en 1265 enonce à son gos d o ou aligne sa monnaie d o su le floin de Floence. Venise en 1284 : les écieux ducats. ilan, fin du XIII e siècle : l «ambosino». b) es deux gandes monachies : Fance et Angletee. Angletee dès 1257 : médioces succès. Reise avec succès, un siècle lus tad en 1341. Fance : écu d o de saint ouis de 1266-1270, ne fut as une gande éussite. Émission conséquente d o sous Philie le Bel (1268-1314). c) e succès du floin au cous du XIV e siècle : Pays-Bas en 1292-1314. a Flande ente 1300 et 1312. e Babant ente 1300 et 1315. e Saint-Siège en 1322. a Bougogne en 1327. e Hainaut avant 1337. übeck à ati de 1340. e uxemboug emièe moitié du XIV e siècle. évêché de iège emièe moitié du XIV e siècle. Oange avant 1354. Aquitaine avant 1354. a Navae en 1358. d) a Hongie : 1308-1342. e) a Bohême en 1325. Et ainsi de suite... À l extême limite la Pologne qui ne commence à fae l o qu en 1528. Dès la deuxième moitié du XIII e siècle, existe donc un monnayage abondant d o et d agent à cause de l accoissement des échanges commeciaux. Pou autant, il ne faut as coie que tous les oblèmes monétaies sont églés, il este celui de l aovisionnement en métal écieux qui estea toujous oblématique. e oblème se concétise de façon damatique au XIV e siècle a des disettes en métaux écieux, accoissant les calamités déjà nombeuses de ce siècle si sombe ou la oulation euoéenne. 1 FAVIER J., 1987,. 162. 131

es oblèmes monétaies au moyen âge 2 e système monétaie de saint ouis A es éfomes de ouis IX Avant 1266, saint ouis n avait émis que des denies tounois dont les caactéistiques sont les suivantes : Denie tounois de 1266 Taille 217 au mac de Toyes Tite 3 d. 18 gn. (0,312) Poids unitaie 1,127 g. Poids du s.t. 4,224 g. d agent fin 1 a olitique oyale conte les monnaies baoniales objectif de la olitique monétaie de saint ouis, c est la imauté de la monnaie oyale su celle des baons. Tois actions sont élaboées ou souteni cette imauté : Intediction des monnaies contefaites 1. Favoise le monnayage des membes du lignage de saint ouis : cous des nantois, angevins et mansois 2. Décie les autes denies et lus aticulièement les estelins 3 à haute teneu de fin ou aovisionne les atelies monétaies oyaux en agent. 2 es éfomes de 1266 Reise de la fae du denie aisis en 1266. éation du gos tounois en 1266. éation de l écu d o ente 1266-1270. a emièe mesue est elativement eu imotante, quant aux deux autes elles s inscivent «dans la coube de l évolution généale des systèmes monétaies de l Occident, elles maquent en Fance l abandon du égime du denie et le etou au bimétallisme» 4. B Reise de la fae du aisis Paisis de Philie guste (1180-1223) Paisis de saint ouis (1226-1270) oi 5 d. de fin (0,416) 4 d. 16 gn. d agent-le Roi (0,372) Taille 200 au mac de Toyes 16 s. 10 d. au mac le oi Poids unitaie 1,2237 g. 1,2116 g. Poids de fin 0,5099 g. 0,4507 g. Poids du s.t. 4,896 g. d agent fin 4,320 g. d agent fin éation du gos tounois ette ièce eut un tès gand succès à taves l Euoe et ses imitations fuent innombables. e gos fut adoté a le commece intenational. Il emit d assue une gande enommée au monnayage du oi de Fance au niveau intenational 5. Dans le oyaume, le gos emit d affime la imauté du monnayage oyal su celui des baons, ces denies ayant l intediction d émette des gos. 1 aactéistiques du gos tounois Gos du 24 juillet 1266 Taille 58 au mac de Toyes Tite 12 d. agent-le Roi (0,958) ous 1 s. = 12 d.t. Poids unitaie 4,2198 g. Poids de fin 4,0426 g. Poids du s.t. 4,043 g. d agent fin 1 es denies contefaits (les oitevins, les ovençaux et les toulousains) sont ecés ou en susende le cous. Aès la mi-août 1266 ils sont confisqués. 2 eu ciculation est admise mais à un cous fixé : 15 nantois à l écu = 12 tounois ; 15 angevins = 12 tounois ; 1 mansois = 2 angevins. 3 a ciculation de l estelin est admise jusqu à la mi-août 1266 au cous légal suivant : 1 estelin = 4 tounois. À un cous suéieu on encouait une amende. Aès la mi-août 1266 son cous fut intedit. 4 FOURNIA E., 1970,. 83. 5 En 1296, il constitue 38,9 % de toutes les ièces vesées à Pise aux collecteus ontificaux. Pou la même année, les gos tounois eésentent 10 % des sommes ecueillies dans toute la Toscane (2285 l. 8 s. 4 d. su 21 047 l. 7 s. 2 d.). 132

es oblèmes monétaies au moyen âge 2 Remaques e gos de saint ouis fut aelé lus tadivement le «gos aux deux O onds» ou le gos à l «O ond» à cause de la fome de cette lette dans deux mots faés su la ièce : VDOVIVS et TVRONVS. Avec les mutations du XIV e siècle, même ou un gos faé dans les mêmes conditions, le gos à l «O ond» fut toujous lus isé ca associé au estigieux nom de saint ouis. D éation de l écu d o Il fut tès eu faé, seulement huit exemlaies ont été consevés. Écu d o du 15 août 1266 Taille 58 1/3 au mac Tite 24 caats (1,000) ous 10 s.t. Poids unitaie 4,1957 g. Poids du s.t. 0,420 g. d o fin E es tounois de ouis IX a fae du tounois est ousuivie aès 1266. Denie tounois de 1266 Taille 217 au mac (vaisemblablement) Tite 3 d. 18 gn. agent-le Roi (0,299) ous 1 d.t. Poids unitaie 1,1279 g. Poids du s.t. 4,044 g. d agent fin e système institué a saint ouis «est homogène et honnêtement conçu». Il n y a as de ticheie, le oids de fin que eésente un sou tounois dans chaque ièce est sensiblement le même, les valeus monétaies sont donc eésentatives des valeus de métal fin contenu dans les ièces. Dans le gos tounois, 0,3369 g. d agent fin eésente un denie ; dans le denie tounois, 0,337 g. d agent fin eésente un denie. e aisis diffèe légèement avec 0,360 g. d agent fin ou un d.t., mais à cette éoque cette difféence de oids était difficilement décelable ca otant su 2,3 centièmes de gamme. 3 Pésentation généale des mutations su la éiode 1295-1360 ou la monnaie en agent Duant cette éiode histoique, on eut distingue tois climats difféents en ce qui concene les monnaies en agent : es éiodes de elative stabilité : du 8 setembe 1306 au emie janvie 1337, et du 26 juin 1342 au 27 avil 1346. ette stabilité elative ne met outant as la monnaie à l abi de cetains ajustements. es éiodes d affaiblissement considéable : D août 1290 au 8 setembe 1306 (sous le ègne de Philie le Bel). Ente ces deux dates, la monnaie en agent ed 59,44 % de sa valeu. Du emie janvie 1337 au 26 juin 1342 (sous le ègne de hales IV le Bel). Ente ces deux dates, la monnaie en agent ed 70,02 % de sa valeu. Une éiode maquée a des affaiblissements choniques de la monnaie, fomés de couts moments de hausse aide suivis de etous eu duables à des alies de fote monnaie : du 27 avil 1346 au 5 décembe 1360 1. Pou cette éiode histoique voi la figue A ci-aès. Pou une ésentation gahique exhaustive des mutations monétaies su l ensemble du bas oyen Âge, voi les figues 1 à 7,. 178-185. 1 éation du fanc d o et stabilisation de la monnaie endant lus de 25 ans. Nous veons en détail la mise en lace de cette olitique et ses incidences économiques (. 143-145, voi aussi l asect olitique,. 30-32). 133

es oblèmes monétaies au moyen âge Figue A affaiblissement considéable éiode elativement stable cycle d'affaiblissements/enfocements 4,500 1e janvie 1337 4,000 août 1290 8 setembe 1306 3,500 3,000 oids en agent du s.t. 2,500 2,000 27 avil 1346 1e janvie 1365 1,500 1,000 0,500 26 juin 1342 5 décembe 1360 0,000 1-janv-90 1-janv-00 1-janv-10 1-janv-20 1-janv-30 1-janv-40 1-janv-50 1-janv-60 date htt:// 134

es oblèmes monétaies au moyen âge 4 es difficultés du bimétallisme de 1290 à 1330 A effondement du système monétaie de ouis IX a fagilité des systèmes bimétallistes éside dans l incidence du aot commecial des métaux écieux su le aot légal. omme les cous des métaux écieux sont soumis à l offe et à la demande du maché, ils sont en fluctuation emanente. Dans le même tems le oi imose un cous légal ou authentifie la qualité de sa monnaie, des désajustements aaaissent donc ente le aot légal et le aot commecial de l o et de l agent. ais à un cetain moment les hénomènes séculatifs sont tels, ou encoe, losque le seigneuiage c est-à-die le bénéfice qu obtient le oi los de l oéation de monnayage devient to faible, voie même une ete losque le ix légal est inféieu au ix commecial, le oi doit alos se ésoude à accoîte les ecettes du monnayage en affaiblissant sa monnaie. À cause de l augmentation continuelle du cous commecial des métaux écieux, le oi s est vu containt d affaibli sa monnaie ou suive cette hausse et ende ofitable le seigneuiage. 1 Pemièe étae : 1290 i gmentation de l o On assiste à une augmentation du cous commecial de l o conséquence des difficultés économiques qui commencent à oinde en Euoe. ii gmentation de l agent Pix commecial d un mac d agent en Fance 1266 54 s.t. 1283 54 s.t. 1285 55 s.t. 6 d.t. 22 févie 1289 58 s.t. iii onséquences À l écu d o fut substitué le oyal dont on conseva le cous à 10 s.t., mais dont le oids baissa à 3,547 g. Écu d o de 1266 Royal d août 1290 Taille 58 1/3 au mac Tite 24 caats (1,000) 24 caats (1,000) ous 10 s.t. 10 s.t. Poids unitaie 4,1957 g. 3,547 g. Poids du s.t. 0,420 g. d o fin 0,354 g. d o fin e oyal de 1290 coesond à un affaiblissement de 15,7 % de la valeu de l écu de 1266. omme le mac d agent monnayé aotait 58 s.t., il n était lus ossible de mainteni les conditions de fae du gos tounois de 1266. On le conseva en lui faisant subi un affaiblissement nominal. Gos de 1266 Gos d août 1290 Taille 58 au mac de Toyes 58 au mac de Toyes Tite 12 d. agent-le Roi (0,958) 12 d. agent-le Roi (0,958) ous 12 d.t. 10 ½ d.. = 13 1/8 d.t. Poids unitaie 4,2198 g. 4,2198 g. Poids de fin 4,0426 g. 4,0426 g. Poids du s.t. 4,043 g. d agent fin 3,696 g. d agent fin e gos de 1290 coesond à un affaiblissement de 8,58 % du gos de 1266. e aot o/agent est au niveau 10,44. 2 Deuxième étae : 1295 alheueusement cette emièe séie d affaiblissements n a as suffit, ca la hausse des métaux écieux s est ousuivie. i gmentation de l agent e 3 avil 1295, le mac d agent est à 61 s.t. et on taillait dans ce mac ou 62 s.t. 10 d.t. de gos. a mage était to faible, on l augmenta donc en affaiblissant la monnaie. e gos fut oté à 12 d.. htt:// 135

es oblèmes monétaies au oyen Âge ou 15 d.t. et le oyal haussé de 10 s.t. à 15 s.t. Ainsi ou le gos, le oids du s.t. était de 3,228 g. d agent fin, et ou le oyal il était de 0,236 g. d o fin. e gos de 1295 coesond à un affaiblissement de 12,66 % du gos de 1290. e oyal de 1295 coesond à un affaiblissement de 33,22 % du oyal de 1290. e aot o/agent est au niveau 13,65. omme en 1290, on effectua un affaiblissement a mutation nominale. e métal blanc étant ae, dès le 12 mas 1295, le oi intedit aux baons de batte monnaie endant deux ans ou éseve tout ce métal aux atelies oyaux. alheueusement la hausse du ix du mac d agent se ousuivit, entaînant une diminution du bénéfice lié au seigneuiage. Pou lutte conte ce enchéissement de l agent, le gouvenement it des disositions conte la thésauisation 1 et intedit l exotation de l agent. ii gmentation de l o Émission d une nouvelle ièce d o le 10 janvie 1296 : la masse asse du 10 janvie 1296 Tite 22 caats (0,916) ous 25 s.t. Poids unitaie 7,094 g. Poids de fin 6,503 g. Poids du s.t. 0,260 g. d o fin 3 Toisième étae : 1303 es mutations nominales de 1290 et 1295 n ayant as suffit, il fallut en veni aux mutations éelles. i Nouveaux gos de bas aloi : le 22 août 1303 Gos de 1295 Gos du 22 août 1303 Tite 12 d. agent-le Roi (0,958) 9 d. agent-le oi (0,718) ous 12 d.. = 15 d.t. 21 d.. = 24 ¼ d.t. Poids unitaie 4,2198 g. 4,2198 g. Poids de fin 4,0426 g. 3,0298 g. Poids du s.t. 3,228 g. d agent fin 1,499 g. d agent fin e gos de 1303 coesond à un affaiblissement de 53,64 % du gos de 1295. onséquences : Hausse des gos de 1290 et 1295 encoe en ciculation. gos 1295 = gos 1290 = 31 ½ d.. = 39 3/8 d.t. ; le oids du s.t. valant alos : 1,232 g. d agent fin. ii a chaise d o : 22 août 1303 es nouveaux gos de bas aloi fuent accomagnés de la chaise d o, de même oids que la masse. asse du 10 janvie 1296 a chaise d o du 22 août 1303 Tite 22 caats (0,916) 24 caats (1,000) ous 25 s.t. 50 s.. = 62 s.t. 6 d.t. Poids unitaie 7,094 g. 7,094 g. Poids de fin 6,503 g. 7,094 g. Poids du s.t. 0,260 g. d o fin 0,113 g. d o fin ela entaîna la hausse de la masse : 1 masse = 41 s.. = 51 s.t. 3 d.t. Poids du d.t. : 0,127 g. d o fin. B es tentatives de etou à la bonne monnaie 1 Pemièe tentative : 1306 «Bien qu en mas 1305, le mac d agent eût atteint 7 l. 5 s.t., une odonnance du 3 mai suivant annonça l émission de nouveaux gos aux conditions antéieues à 1303 (0,958 de fin ; oids : 4,2198 g.), de denies aisis et tounois de bon aloi» 2. ais comme beaucou de mauvaises ièces étaient en ciculation, les bonnes ièces émises isquaient d ête thésauisées. 1 Intediction de osséde de la vaisselle d o ou d agent ou ceux qui ont moins de 600 de entes, et ou ceux qui détiennent de la vaisselle d agent obligation d en aote le ties aux atelies monétaies. 2 Id.,. 90. 136

es oblèmes monétaies au oyen Âge Pou évite la thésauisation, l odonnance du 24 mai 1305 fixa le cous des nouvelles et anciennes esèces de la façon suivante : tounois 1305 = 3 d.t. aisis 1305 = 3 d.. = 3 ¾ d.t. tounois ancien = 0,337 g. d agent fin = 1 d.t. aisis ancien = 0,360 g. d agent fin = 1 d.. = 5/4 d.t. gos 1305 = 31 d.. = 39 3/8 d.t. a monnaie noie et la monnaie blanche edent donc les 2/3 de leu valeu de 1290. Finalement, le oi déclae que temoaiement le denie tounois de 1305 ne vauda as un denie tounois mais tois denies tounois. Ou autement dit, c est comme si le denie tounois nouveau s eximait dans une unité de comte abstaite. Dans ce cas le denie tounois qui est enfocé en contenu de métal blanc, subit dans le même tems une mutation nominale en ix de comte qui lui fait ede les 2/3 de sa valeu. Pa conséquent le enfocement en contenu de métal blanc sea comensé a la dévaluation nominale, et l effet de thésauisation consécutif à un enfocement sea fotement atténué. e mac de 1305 à 165 s.t. eximé en monnaie faible de 1305, vaut en monnaie fote de 1290, 165/3 = 55 s.t., le métal blanc est donc en baisse. e etou à la bonne monnaie est ossible. oéation s est effectuée en deux tems : Émission de nouveaux denies fots dont on fixe temoaiement le cous à tois denies tounois. Paallèlement on laisse cicule les gos de 1290 au cous de 39 3/8 d.t. Ensuite, le enfocement étant décété, les nouveaux denies ont cous à un denie tounois, les anciens en attendant d ête déciés ou un ties de cette valeu, et les gos ou 13 1/8 d.t. Retou à la bonne monnaie : 8 setembe 1306 e établissement de la monnaie se fait au niveau de 1290. Gos de 1306 = gos de 1290. Une monnaie d o est céée : le etit oyal Petit oyal du 8 setembe 1306 ous 11 s.. = 13 s.t. 9 d.t. Poids d o fin 3,496 g. Poids du s.t. 0,254 g. d o fin es nouvelles monnaies entéinent donc une hausse de 8,58 % de l agent et une hausse de 39,43 % de l o a aot à la monnaie de 1266. e aot o/agent s établit au niveau de 14,53. 2 e eli de 1311 De nouveau hausse des métaux écieux. ac d agent ac d o 3 avil 1306 55 s.t. 880 s.t. = 44 l.t. 26 janvie 1311 66 s. 6 d.t. 1111 s. 9 d.t. = 55 l. 11 s. 9 d.t. i onséquences Affaiblissement de la monnaie : Émission d esèces nouvelles le 26 janvie 1311 Hausse des esèces anciennes. ii Émission d esèces nouvelles : 26 janvie 1311 nel du 26 Bougeois du 26 janvie 1311 janvie 1311 Tite 24 caats (1,000) 0,479 ous 20 s.t. 2 d.. = 5/2 d.t. Poids de fin 4,136 g. d o 0,654 g. d agent Poids du s.t. 0,206 g. d o fin 3,139 g. d agent fin 137

es oblèmes monétaies au oyen Âge iii Hausse des esèces anciennes es anciens gos a masse ous 15 d.t. 30 s.t. Poids du s.t. 3,228 g. d agent fin 1 0,217 g. d o fin Raot o/agent : 14,862 3 Deuxième tentative : 22 setembe 1313 i Baisse de l agent : enfocement de l agnel, du gos et du bougeois émis en 1311 ette deuxième tentative du enfocement de la monnaie est endue ossible a la baisse du cous de l agent ente 1306 et 1313. Pix commecial d un mac d agent 1306 55 s.t. Setembe 54 s.t 1313 e enfocement consista en une mutation nominale de l agnel, du gos et du bougeois. nel de 1311 Bougeois de 1311 Gos ous de 1311 20 s.t. 2 d.. = 8/5 d.t. 15 d.t. ous du 22 set. 1313 15 s.t. 1 ½ d.. = 1 7/8 d.t. 12 d.t. Poids du s.t. en 1313 0,276 g. d o 4,186 g. d agent 4,043 g. d agent Pou le gos on evenait aux conditions de 1266. ii Baisse de l o : enfocement de l agnel en 1316 Pix commecial d un mac d o 26 janv. 1311 55 l. 11 s. 9 d.t. = 1111 s. 9 d.t. Juin 1313 55 l. 10 s. 4 d.t. = 1110 s. 4 d.t. Avil 1316 38 l.t. = 760 s.t. ette baisse de l o se concétisa a un enfocement nominal de l agnel. 22 set. 1313 Avil 1316 ous de l agnel de 1311 15 s.t. 12 s. 6 d.t Poids du s.t. 0,276 g. d o 0,331 g. d o es affaiblissements successifs (1318-1330) 1 Pemie alie : l affaiblissement du gos tounois (1318-1322) ette éiode se caactéise a : a eise de la fae du gos. e olongement de la fae de l agnel. a susension de la fae des monnaies noies. effot ou établi le système monétaie de saint ouis. a hausse du métal blanc de 54 s.t. à 67 s. 6 d.t. ente le 8 décembe 1316 et le emie mas 1318, induit un affaiblissement éel (baisse du oids) et nominal (hausse du cous) des gos : Gos du 8 set. 1306 Gos du 1 e mas 1318 Taille 58 59 1/6 Tite 0,958 0,958 ous 12 d.t. 15 d.t. Poids unitaie 4,219 g. 4,136 g. Poids du s.t. 4,043 g. d agent fin 3,168 g. d agent fin e 20 févie 1322, sous le ègne de hales IV (1322-1328) est enteise une nouvelle émission de gos aux mêmes conditions que celle du 1 e mas 1318. ais la hausse du mac d agent qui atteint le niveau de 80 s.t. en mai 1322, entaîne l aêt de cette nouvelle fae monétaie le 15 octobe 1322. ette hausse du métal blanc caactéise sa aeté emêchant ainsi l émission de monnaies noies. a situation n était outant as citique, ca les denies déjà en ciculation devaient suffie à satisfaie les besoins de l économie. assage soulignons que la ciculation des denies devait offi une invaisemblable divesité uisque ceux du tems de saint ouis couaient encoe. Paallèlement, le gouvenement ousuit la fae de l agnel aux conditions antéieues d avil 1316. 1 Palie de 1295. 138

es oblèmes monétaies au oyen Âge 2 Deuxième alie : l affaiblissement de l agnel (1322-1326) odonnance du 5 mai 1322 décida de olonge la fae de l agnel tout en changeant son cous à 20 s.t, qui finalement fut émis le 15 octobe 1322 au cous de 15 s.. À cela s ajoute le maintien du cous du gos à 15 d.t (gos 1322 = gos 1318 ). nel d avil 1316 nel du 15 octobe 1322 ous 12 s. 6 d.t 15 s.. = 18 s. 9 d.t. Poids du s.t. 0,331 g. d o 0,221 g. d o ette odonnance était accomagnée de l émission de denies aisis mais sans tounois, avec déci de toutes les monnaies d o et d agent à l excetion du gos tounois. es denies aisis étaient de nouveau émis ou emette une meilleue claté ami la multilicité des ièces «noies», mais sutout ou multilie le etit numéaie à l intention des besoins quotidiens du eule. D ailleus l odonnance du 15 octobe 1322 stiule que la fae des denies et mailles aisis est «ou le eule emli». ais comme bien souvent le déci qui accomagne ces nouvelles émissions n est as esecté, il ne emet as une homogénéisation de la monnaie en ciculation. e déci fut un échec, essentiellement à cause de son excessive igueu n incitant as les individus à aote leu monnaie aux atelies oyaux, mais aussi à cause de ces mêmes atelies dont la oduction en nouvelles esèces était insuffisante ou emlace les anciennes. est donc la caence en monnaie émise qui fut le facteu essentiel du non-esect de ce nouveau déci. Pa conséquent, le gouvenement assoulit la nouvelle églementation en toléant le cous d un cetain nombe de ièces : denies et mailles aisis de Philie le Bel, chaises et masses d o dont le cous officiel fut fixé mais bien entendu non esecté. Hausse de l agent ac d agent 27 octobe 1322 68 s. 9 d.t. 2 mas 1323 80 s.t. omme dans les cas écédents, cette hausse du cous de l agent conduit à un affaiblissement monétaie qui se éalise a l avilissement de l aloi des monnaies noies. 3 Toisième alie : la monnaie fondante (1326-1329) i Hausse de l o : céation d un nouveau oyal ac d o 15 octobe 1322 53 l. 8 s. 9 d.t. 16 févie 1326 67 l. 10 s.t. ette hausse s accomagne bien nécessaiement de la céation le 16 févie 1326 d une nouvelle monnaie en o le oyal dit «long vêtu» affaiblie a aot à la écédente. nel du 5 mai 1322 Royal du 16 févie 1326 Tite 1,000 1,000 ous 15 s.. = 18 s. 9 d.t. 20 s.. = 25 s.t. Poids d o fin 4,136 g. 4,219 g. Poids du s.t. 0,221 g. d o fin 0,169 g. d o fin ii Hausse de l agent ac d agent 7 mai 1322 80 s.t. 24 juillet 1326 90 s.t. 20 janvie 1327 100 s.t. 8 janvie 1328 108 s.t. Pa conséquent, les faes du oyal «long vêtu» fuent accomagnées de celles de doubles et denies aisis de bas aloi. Poutant le gouvenement s effoça tout de même de mainteni le cous du gos à 15 d.t., mais la hausse du métal blanc fut inexoable entaînant celle du cous commecial du gos. Févie 1326 12 avil 1327 25 décembe 1328 ous du gos 16 ½ d.t. 20 d.t. 25 d.t. Poids du s.t. 2,880 g. 2,377 g. 1,902 g. D Rétablissement de la bonne monnaie (1329-1330) e dési de stabilité monétaie était atagé a l ensemble de la oulation. e etou à la bonne monnaie fut endu ossible avec la baisse du mac d o et d agent. 139

es oblèmes monétaies au oyen Âge ac d o ac d agent 16 févie 1326 67 l. 10 s.t. 8 janvie 1328 108 s.t. Setembe 1329 40 l. 10 s.t. Setembe 1329 48 s.t. odonnance du 21 mas 1329 comme celle de 1306, vise le établissement de la bonne monnaie mais de façon beaucou moins butale ou atténue les désodes consécutifs au enfocement monétaie. e gouvenement de Philie VI (1328-1350) choisit d alique a étaes la éfome monétaie. «Il est décidé de modifie les monnaies et de eveni à celle de saint ouis en deux étaes, Noël 1329 et Pâques 1330. a fabication du oyal d o deva cesse et il sea faé, en o, un aisis qui vauda vingt sous aisis à Pâques 1330, un gos tounois qui coua ou douze denies tounois, c est-à-die ou un sou» 1. Pendant le las de tems séaant Noël 1329 de Pâques 1330, la ciculation du oyal este autoisée au cous d une live tounoise. Il est donc évident que l on souhaite un etou à la «bonne» monnaie de saint ouis avec équivalence ente les monnaies éelles et les monnaies de comte : 1 oyal = 1 l.t. ; 1 aisis = 1 l.. ; 1 gos = 1 s.t. ; 1 double aisis = 1 s.. «En même tems, ou avoi le métal nécessaie à ces faes, le oi décide de enonce à tout ofit su la fabication de la monnaie» 2. Bien que cohéente, cette éfome est utoique en ce qui concene le cous du oyal d o qui est insuffisamment enfocé, c est-à-die suestimé en valeu. Pa conséquent, le gouvenement éduit la valeu qu il devait ende à Pâques 1330 de 20 s.t. à 15 s.t. (12 s..). es autes équivalences sont maintenues. a éfome en détail : Dans un emie tems on entéine les cous aallèles mais jusqu à la date limite du 25 décembe 1329. e 25 décembe 1329, éduction de 25 % des cous, sachant qu ils sont ovisoies : Royal : 24 s.. 18 s.. aille blanche : 8 d.t. 6 d.t. Double aisis : 2 d.. 1 ½ d.. Seconde éduction le 8 avil 1330 : Royal : 18 s.. 12 s.. (1 s.t. = 0,281 g. d o) aille blanche : 6 d.t. 4 d.t. Double aisis : 1 ½ d.. 1 d.. Diveses décisions accomagnent l odonnance du 21 mas 1329 : e cous légal de l agnel est fixé à 14 s. 7 d.t. ou Pâques 1330 (1 s.t. = 0,284 g. d o). Pou Pâques 1330 est décidé le déci des denies aisis et tounois et de leus mailles coesondantes. On fixe le cous légal de l o et de l agent : 1 mac d o = 830 gos. 1 mac d agent = 58 gos. Nouveau système monétaie fondé su le tounois et le aisis, avec coesondance ente les monnaies éelles et les monnaies de comte à l excetion du oyal. ême l engagement du oi à ne as ende son bénéfice su le monnayage est insuffisant ou faie afflue les métaux écieux ves les atelies monétaies, ca ceux-ci sont bien to aes. Une conséquence diecte de cette aeté de l o et de l agent, est l aêt des atelies monétaies du 10 octobe 1329 à setembe 1330. a fae des doubles aisis eend de setembe 1330 à mas 1335 mais su un ythme tès alenti. À ati de mas 1335 la fae de l o et de l agent s aête. e gouvenement oyal comme tous les autes d ailleus se touve confonté à un edoutable dilemme ; soit mainteni la stabilité de la monnaie et donc gaanti celle des cous mais avec un manque cuel de monnaie en ciculation ; soit entame des mutations ou accoîte la monnaie en ciculation mais ne lus gaanti la stabilité des cous légaux. e dilemme se tanche tout natuellement en fonction des aots de foce en ésence. Pendant que ien ne se décide, les séculateus de tout oil agissent. Ainsi, le manque d esèces de billon et d agent est tel que, cetains anticient une emise en cause de cette olitique monétaie totalement suicidaie ou l économie : «a les mouvemens et mutineies d aucuns malicieux, 1 AZEES R., 1966,. 90. 2 Id.,. 90. 140

es oblèmes monétaies au oyen Âge cautilleux de noste oyaume qui toujous voudoient l afleboiement, emument et destuction de nos monoies a leu ofit singulie et au gand domage de tout le commun noste eule, se doubtoit que nos dites monois ne fussent afebloiees» 1. Pou choisi ente ces deux tendances, Philie VI convoque une assemblée de élats, de baons, et de eésentants des villes, à Oléans en mas 1332. On décide finalement de ousuive la olitique de stabilité monétaie, en essayant de emédie au manque cuel de monnaie en ciculation a des décisions autoitaies : on containt les oiétaies d agenteie d en aote le ties aux atelies monétaies, on intedit la fabication de vaisselle en métal écieux, on intedit les soties d o et d agent du oyaume, et on autoise le êt à intéêt jusqu à un denie a live et a semaine soit 21,73 % l année. E a dévaluation monétaie deuis saint ouis e etou à la bonne monnaie de 1330, se fait à un alie inféieu à celle de 1266. En 1266, le s.t. était eésenté a 4,043 g. d agent ou 0,420 g. d o, établissant un aot ente l o et l agent à 9,62. En ce qui concene 1330, le d.t. n est lus eésenté que a 3,907 g. d agent ou 0,281 g. d o établissant le aot ente l o et l agent à 13,89. Pa conséquent, en 64 ans, le s.t. a edu 3,35 % de sa valeu en agent fin et 32,48 % de sa valeu en o fin. a aison inciale des mutations, «c est l adatation du cous légal au cous commecial des métaux écieux» 2. e gouvenement était containt de océde à des mutations, chaque fois que la hausse du cous de l o ou de l agent endait l oéation de monnayage non émunéatice. instabilité monétaie est donc la ésultante des vaiations commeciales des ix des métaux écieux. Bon gé, mal gé, la valeu nominale de la monnaie devait ête en aot diect avec sa valeu intinsèque de métal écieux. Pou confime cette inteétation, on eut cite l analyse de Jean Favie dans son aticle «monnaie» de son Dictionnaie de la Fance médiévale, qui exlique que le etou au bimétallisme en Fance sous le ègne de saint ouis «maque l ouvetue d une nouvelle éiode de l histoie monétaie fançaise, avec une éoccuation désomais essentielle : ajuste le aot de l o à l agent en sote qu une esèce ne fasse as fui l aute 3 algé l incoméhension de l oinion, qui end to souvent esonsables la séculation des milieux d affaies et celles des gouvenants, la mutation monétaie est une tentative d ajustement des cous officiels aux cous atiqués su le maché en fonction du numéaie disonible et des besoins de l économie» 4. Section 3 es cises monétaies du XIV e siècle es cises monétaies du XIV e siècle sont des conséquences des cises économiques. Pou Founial, il est clai que les mutations engagées à ati du ègne de Philie le Bel, sont les conséquences des difficultés économiques, et non leu cause, bien qu elles uissent en etou avoi des effets négatifs su l économie éelle. «S amlifiant et se succédant à une cadence lus aide dans les emièes décennies du XIV e siècle, ces cises ovoquèent des dévaluations en séies entecouées de bèves éiodes de émission» 5. es cycles monétaies du XIV e et XV e siècles : Pemièe séie de cises avec les débuts de la guee de ent Ans 6. Amlification de ces cises avec les désastes militaies 7 et la este noie (1348). e ègne «éaateu» de hales V (1364-1380) Reise de la guee (1369) 8. 1 Odonnances II,. 84-85. 2 FOURNIA E., 1970,. 95. 3 Dans note modèle, cela signifie emêche les hénomènes séculatifs a une mutation monétaie ou qu il y ait adéquation ente les ix légaux et commeciaux des esèces. 4 FAVIER J., 1993,. 651. 5 Id.,. 97. 6 Officiellement ouvete en 1337 a Édouad III (1327-1377) qui omt son hommage et efuse de econnaîte Philie VI (1328-1350) comme oi de Fance. 7 e 19 setembe 1356, défaite des toues fançaises à Poities où le oi Jean le Bon (1350-1364) est fait isonnie. a ançon sea de tois millions d écus (ès de 22 t. d o). e taité de Bétigny-alais (8 mai-24 octobe 1360) coûtea à la Fance : le imousin, le Quecy, le Rouegue et la Bigoe. 8 hales V se déclae délié des obligations de Bétigny-alais et Édouad III eend le tite de oi de Fance. 141

es oblèmes monétaies au oyen Âge a monnaie ne fut définitivement stable qu avec la fin de la guee de ent Ans et la estauation économique. 1 es mutations jusqu en 1360 A instabilité a estauation de la bonne monnaie en 1329-1330 ne ut se olonge à cause de la guee, de la disette, des éidémies et des cises olitiques qui ovoquèent une succession d affaiblissements. On essaya en vain de etoune la tendance a d inoéants enfocements. itons quelques chiffes ou décie le chaos monétaie fançais de cette éoque : Du emie janvie 1337 au 5 décembe 1360, les monnaies oyales subissent 85 mutations, sans teni comte des émissions séciales ou Pais et le anguedoc. e ythme des mutations va aussi en s accoissant : 34 ente 1337 et 1354 (18 ans) ; 51 mutations ente 1355 et 1360 (6 ans). B es monnaies d agent 1 1330 à 1354 Pou cette éiode bien qu il y ait affaiblissement monétaie les vaiations sont contenues dans des limites elativement étoites. a monnaie d agent n a jamais été abaissée en dessous du ied 64 e. 8 avil 1330 11 juillet 1354 Dévaluation Teneu de fin du s.t. 3,907 g. 0,732 g. 81 % Pied 12 e 64 e 81,25 % ais constatons aussi que «chaque cascade de dévaluation a été busquement inteomue a un etou à une «bonne monnaie» qui, d ailleus, s est esque toujous établie à un alie inféieu à la «bonne monnaie» écédente» 1. Pou la éiode suivante, les affaiblissements ne cessent de s accélée. 2 1355 à 1360 es dévaluations sont de lus en lus amles. On atteint le 15 mas 1360, le ied 500 e, soit une ete de valeu de 97,6 % a aot au ied 12 e de 1329. es dévaluations sont de lus en lus féquentes : Année Nombe de mutations 1355 8 1356 5 1357 1 1358 6 1359 15 1360 17 De «bonnes» monnaies dont la duée d existence est de lus en lus coute : Date d émission Pied Duée 16 janvie 1356 24 e 6 mois 25 novembe 1356 48 e 6 mois 26 mas 1357 28 e 11 mois 22 août 1358 32 e 2 mois 28 janvie 1359 40 e 2 ½ mois 3 juin 1359 60 e 4 jous! 11 novembe 1359 72 e 3 semaines 27 mas 1360 48 e oins d un mois 28 mai 1360 48 e oins d un mois Sans oublie la «folle» année de 1360, où la «bonne» monnaie du 22 novembe 1359 asse du ied 72 e au ied 500 e en un eu moins de quate mois et set dévaluations successives, coesondant au total à une ete 85,6 % de la valeu initiale. 1 Id.,. 99. 142

es oblèmes monétaies au oyen Âge es monnaies d o Su la éiode 1337-1360, la valeu du métal jaune diminue a aot à celle de l agent avec de tès faibles amlitudes. e aot atteint 13,94 en 1330, ensuite 11,52 en 1337 et 11,5 en 1347, avec de tès faibles vaiations ente les années 1337 et 1347, uisqu elles s étalent de 11,48 jusqu à 11,62. Pou évalue ce aot o/agent, il est tentant de considée à une date donnée une monnaie en o et une en agent, et ensuite de détemine le oids d o et d agent du denie tounois à ati des caactéistiques intinsèques des deux esèces. ogiquement coecte mais aboutissant à des ésultats biaisés à cause de l imefection des cous des esèces. En effet, los de l émission de nouvelles esèces, le gouvenement émettait une odonnance oclamant les cous des anciennes esèces ou atténue les hénomènes séculatifs. ais ces ajustements nominaux de vielles ièces d o et d agent étaient éalisés de manièe aoximative, donc toute évaluation du aot o/agent en fonction de ces esèces isqueait de nous induie en eeu su les cous elatifs des métaux écieux. a seule solution à eu ès satisfaisante, est de calcule le aot o/agent los d une émission simultanée d esèces d o et d agent, ca nous ouvons suose sans to nous fouvoye, que ces émissions tiennent comte du aot commecial ente l o et l agent ou emette d aligne le cous légal au cous commecial. Ente le 8 avil 1330 et le 15 octobe 1360, n existent que cinq émissions simultanées d esèces d o et d agent : Date Poids du s.t. en g. onnaie d agent onnaie d o agent o Raot o/agent 3 janvie 1348 5 janvie 1348 2,131 0,283 7,53 22 setembe 1350 Idem 0,868 0,181 4,74 24 janvie 1355 17 janvie 1355 1,465 0,188 7,78 22 août 1358 Idem 1,465 0,148 9,89 15 avil 1359 Idem 0,976 0,141 6,92 es aots témoignent d une véitable anachie monétaie ca on eut doute que l o contôlé a les machands ait u subi de telles fluctuations. es vaiations sont lus la conséquence de la cheté de l agent et donc de sa aeté que celle de l o. o vient afois à manque mais ces difficultés d aovisionnement sont elativement moindes que ceux de l agent. D où la baisse de ce aot. D es cous aallèles e métal blanc était ae et le oi en avait absolument besoin ou satisfaie les besoins de ses sujets. o était lus sécifiquement ésevé aux échanges commeciaux. D où la oension natuelle des gouvenements à suhausse le cous de l agent a aot à celui de l o ou l «attie» ves les atelies monétaies oyaux. ais en déit des odonnances, les monnaies en o ciculaient à un cous lus élevé que leu cous légal. ême les comtables du oi ne tenaient as comte de ces cous et enegistaient les ecettes et déenses du Téso Public avec les ix commeciaux. Ainsi l odonnance du 27 avil 1346, fixait-elle le cous légal de l écu à 16 s. 8 d.t. es comtables en fient fi et enegistèent ces esèces aux niveaux suivants : Date ous de l écu ou le Téso Public 19 juin 1346 18 s. 1 d.t. 10 juillet 1346 17 s. 6 d.t. 21 août 1346 17 s. 6 d.t. 28 octobe 1346 18 s. 4 d.t. 2 novembe 1346 18 s. 8 d.t. 2 décembe 1346 18 s. 9 d.t. On eut aussi cite les cous monétaies des Jounaux du Téso 1 qui ne esectent as non lus le suhaussement de l agent a le ouvoi oyal : 1 Tableau de Founial, Id.,. 108. 143

es oblèmes monétaies au oyen Âge Esèces ous officiel au Dans les jounaux du Téso 13 juin 1346 ous Date Floin de Floence 10 s.. 10 s. 6 d.. 28 juillet 1346 nel 12 s.. 12 s. 6 d.. Idem Royal 12 s. 3 d.. 13 s.. Idem ion 14 s.. 15 s.. Idem Pavillon 14 s. 8 d.. 16 s.. 16 juin 1346 ouonne 15 s. 6 d.. 17 s.. 28 juillet 1346 Double 19 s. 6 d.. 21 s.. Idem Ange I e 20 s. 9 d.. 22 s.. Idem Ange 3 e 16 s. 9 d.. 18 s.. Idem es odonnances n étaient as esectées, les décis ne l étaient as non lus, à tel oint qu une lette atente du 13 juin 1346 fixait les cous d esèces déciées un mois et demi lus tôt. «Dans ce taif, on voit figue le floin de Floence, éiodiquement décié, la chaise d o et l agnel de Philie le Bel, déciées deuis lus de tente ans, le aisis et le oyal de 1330, toutes ièces d o émises deuis 1337, déciées elles aussi, comme on l a vu» 1. e gouvenement se ésignait à entéine les cous aallèles. Pou Founial, il sembleait que les odonnances aient été une simle ofession de foi, que même le ince considéait comme sans éelle influence. D où un cetain laxisme dans l alication des odonnances monétaies. «e 6 juin 1345, Philie VI (1328-1350) odonnait au bailli de âcon de ne as containde les bougeois et les habitants de yon à jue les odonnances touchant les monnaies : il se boneait à faie cie le cous légal des monnaies oyales. e 22 juillet suivant, le oi intedit même de moleste les yonnais ou avoi outeassé ses odonnances su les monnaies» 2. Dans la atique, on admettait donc la libe ciculation des esèces oyales ou des autes, avec un cous commecial établit a les machands et changeus ; le cous légal se éduisant à une simle déclaation d intention sans éelle influence. 2 a bonne monnaie etouvée (1360-1417) Su cette éiode, la monnaie oyale a vaié dans des limites étoites, ente le ied 21 e et le ied 32 e. On eut distingue deux hases : 1360-1385 : emise en ode du système monétaie et olitique monétaie tès sticte. À ati de 1385, commence un lent affaiblissement monétaie. Avec la guee et la défaite d Azincout (25 octobe 1415) ecommence les gandes mutations. A a emise en ode : 1360-1385 Aès le taité de Bétigny atifié à alais le 24 octobe 1360, le oi Jean voulut ofite du choc sychologique de la aix ou estaue la bonne monnaie. odonnance du 5 décembe 1360 décida l émission de gos «aux fleus de lis», de denies tounois et de denies aisis su le ied 24 e, et d une esèce d o, le fanc. Fanc du 5 décembe 1360 Taille 60 au mac de Pais Tite 1,000 Poids unitaie 3,885 g. d o ous 20 s.t. Poids du s.t. 0,194 g. d o On intedit toutes les autes esèces d o ou d agent sauf le oyal (cous fixé à 16 s. 8 d.t.) et les blancs (cous qui asse de 10 d.t. à 4 d.t.). e système monétaie était fot simle : une ièce de 20 s.t. eésentant la live unité de comte, dont le tye vaia et que l on aela invaiablement «fanc», un blanc de 5 d.t., un denie aisis et un denie tounois. Tout ceci fut comlété en 1369 a un gos de 15 d.t. et en 1373 a une maille tounois. 1 Id.,. 107. 2 Id.,. 108. 144

es oblèmes monétaies au oyen Âge omme d habitude, le établissement de la «bonne monnaie» s effectua à un ied inféieu à celui de la «bonne monnaie» de Philie VI (1328-1350) en 1330 : Bonne monnaie de 1330 : ied 12 e. Bonne monnaie de 1360 : ied 24 e. D où une ete de valeu de 50 %. ette emise en ode monétaie fut une œuve de longue haleine. es causes essentielles des échecs assés du établissement de la bonne monnaie fuent les suivants : Hausse des cous commeciaux des métaux écieux. Non-alication des décis. Insuffisance des nouvelles faes. Usage abusif des dévaluations ou souteni les finances ubliques. Une véitable olitique monétaie éalisée dans le long teme et su l ensemble du oyaume fut enteise sous le ègne de hales V (1364-1380) débouchant finalement su un véitable contôle de la masse monétaie du teitoie. Enfin la monnaie exession de la volonté du ouvoi oyal, devenait un véitable instument de contôle de la société. es décisions entéinées : 1) «es odonnances aelèent féquemment les cous légaux et les décis» 1. 2) utte conte la hausse des métaux écieux et la séculation : «e 15 mai 1365, intediction est faite aux changeus et aux ofèves d achete l o et l agent à un ix suéieu à celui odonné a les odonnances» 2. e 16 novembe 1365, on exige le sement de «tous les eceveus, officies, gens de la Sainte Église, changeus, bougeois, tavenies, hôtelies, bouches, oissonnies et autes gens de métie» de esecte l odonnance céant la monnaie 24 e du 5 décembe 1360. 3) On lutte conte les ièces étangèes contefaites de bas aloi : Des emontances sont envoyées aux sujets du oi. Des infomations sont ouvetes à l enconte des faux-monnayeus qui se touvent en bodue du teitoie oyal ou su les tees d emie. Pou combatte ces contefaçons on faisait cicule une tès gande quantité d esèces oyales. es faes fuent a conséquent intensives et on s effoçait d évite que les atelies monétaies ne chôment a un meilleu aovisionnement en métal écieux. osque l agent manque, le oi emunte de la vaisselle d agent. osque l o manque, «le oi lui-même envoie à la onnaie de Pais sa vaisselle d o et ses floins de Floence : du 10 au 17 août 1369, on en fabiqua 38 000 fancs d o 3» 4. ultilication de la fae des denies ou endigue l invasion en monnaie noie. 4) On cée de nouveaux atelies ou mieux diffuse la monnaie oyale et accoîte sa quantité en ciculation dans l économie 5 : 6 décembe 1361 : Saint Quentin. 17 mas 1362 : Saint-auent-lès-âcon. 25 avil 1365 : nouvel atelie à Dijon. 26 avil 1365 : Tous. 12 févie 1367 : Rochegude en Dauhiné. Dès que les tees sont eises aux anglais on ouve : 1 Id.,. 120. Tous les moyens sont mobilisés ou ende effectifs les décis, même la censue ecclésiastique. «e 20 avil 1365, on envoie à lusieus élats coie d une bulle de lément V (ae : 1305-1314) en date du 31 décembe 1309 excommuniant les faux-monnayeus. esue qui fut d ailleus enouvelée le 21 mas 1367 et le 28 août 1371» (Id.,. 120). 2 Id.,. 120. 3 Soit 147,63 kg. d o. 4 Id.,. 122. 5 es oblèmes monétaies ne sont donc as seulement de natue économique, mais déendent aussi de l émegence d un teitoie homogène, su lequel s auie le ouvoi olitique du ince. omme nous l avions vu antéieuement, la céation d un esace olitique et la céation d une aie monétaie ne sont as totalement indéendants. Il est bien sû évident que la monnaie n est as nécessaie à l affimation du ouvoi oyal et donc à l émegence d une souveaineté teitoiale, mais elle est un fomidable catalyseu que tous les gouvenements exloitèent. 145

es oblèmes monétaies au oyen Âge 16 août 1372 : Poities. 25 août 1372 : a Rochelle. 17 setembe 1374 : Nantes, Rennes, Vannes. 5) ontôle de la ciculation monétaie intene : Dès 1365 et eut-ête avant, aaaissent des commissaies qui se saisissent des monnaies déciées et les emettent aux atelies monétaies. «Des «généaux infomateus et inquisiteus» sont envoyés dans tout le oyaume ou veille à l exécution des odonnances oyales : en 1374, dans les bailliages de âcon et de Saint-Piee-le-oûtie et dans la sénéchaussée de Beaucaie, en 1375 dans les diocèses de Reims, de anges, de Riom, de âcon, de halon et dans le Tounaisis» 1. En 1378 on aelle aux baillis les décisions ises, et on les intéessent à la éession en leu abandonnant «le quat du ofit des fofaitues». Tout n est outant as églé. algé les odonnances, les monnaies oyales et étangèes ciculent à des cous suhaussés. Ainsi le oi constate «la licence du eule qui met les esèces déciées ou non à tel ix qu il veut» ; en mas 1362, «on donnait en aiement, a abus, des ièces étangèes ou lus qu elles ne valaient». Paeille à illau en 1361-1362, à Dijon en 1360-1361, le Nivenais en 1363-1364 etc. Des égions connuent une ciculation anachique qui se olongea : le Beaujolais et le Foez jusqu en 1377. ais finalement la bonne monnaie a tiomhé. a bonne monnaie s imose et on etie de la ciculation toutes les esèces de mauvais aloi. Ainsi les documents d aès 1380 envion, ne contiennent lus que des ièces ayant cous légal. B ent affaiblissement de la monnaie : 1385-1417 Des signes annonciateus d un futu affaiblissement aaaissent avec la fin du ègne de hales V (1364-1380) et le début de celui de hales VI (1380-1422). Ils coesondent à des mouvements oulaies à taves tout le oyaume de Fance. e sont des gens de métie et le menu eule qui se évoltent conte un imôt écasant. Plus écisément les symtômes des difficultés monétaies se taduisent a la aeté des etites ièces. e 24 octobe 1382, est odonné à la onnaie de Pais la fae de 200 macs d agent de denies aisis «ou la gande nécessité de défaut en note eule de etite monnaie noie». e 22 novembe 1384, cette décision est généalisée à l ensemble des atelies monétaies du oyaume. Finalement, le métal écieux vint à manque, sont donc ises des décisions ou aovisionne cetains atelies 2. Pou atténue cette disaition du métal écieux le oi envoie sa vaisselle d o et d agent. Il n est as le seul, font de même le duc d Anjou ou le maéchal de Sancee. Un aute indice de la lente disaition des métaux écieux : l odonnance du 7 juillet 1384 qui aelle le cous des monnaies ca le cous commecial des esèces avaient tendance à hausse. e gouvenement fut donc containt à une dévaluation monétaie à cause de la disaition des métaux écieux. Est institué le 11 avil 1385, l écu à la couonne qui fait asse le ied de la monnaie d agent de 24 à 25. 20 avil 1365 11 mas 1385 Dévaluation Poids du s.t. en agent 1,953 g. 1,875 g. 4,16 % Poids du s.t. en o 0,191 g. 0,181 g. 5,52 % Raot o/agent 10,22 10,36 e lent affaiblissement n est outant as endigué, il se olonge dans les années suivantes. Dès 1387, le cous des monnaies s accoît à cause de la hausse du ix des métaux écieux. odonnance de févie 1388 est significative de cette hausse des ix, uisqu elle aelle le cous des monnaies (on fait œuve de édagogie en esuadant la oulation du bien fondé du cous légal des monnaies) et intedit la ciculation des ièces autes que celles de hales V ou hales VI. Bien évidemment, on débouche su une dévaluation monétaie. e 23 févie 1388, l écu à la couonne est affaibli en oids : 4,079 g. 3,990 g. e 11 mas 1389, toutes les esèces blanches et noies sont abaissées au ied 27 e. 1 Id.,. 123. 2 Tounai chôme en juillet 1382 ; Toulouse de fin décembe 1383 au début de févie 1384. 146

es oblèmes monétaies au oyen Âge 11 mas 1385 23 févie 1388 11 mas 1389 Dévaluation Poids du s.t. en agent 1,875 g. 1,736 g. 8,01 % Poids du s.t. en o 0,181 g. 0,176 g. 2,84 % Raot o/agent 10,36 9,86 ette éiode elativement stable ou le cous des monnaies va ête etubée a la eise de la guee. 147

es oblèmes monétaies au oyen Âge haite IV onnaie de comte et système de comte Section 1 es oblèmes liés à la monnaie de comte Dans cette emièe section, nous allons nous effoce d aofondi gâce à des analyses histoiques, les hyothèses que nous avancions dans note modèle éaliste. Selon Hans Van Weveke, un médiéviste des oblèmes économiques, il existe tois façons de concevoi la monnaie de comte : TYPE A : a monnaie de comte eésente un oids fixe de métal fin. «comme monnaie de comte a été choisie une ièce dont la fae a cessé et dont le oids et l aloi, sont univesellement connus» 1. Dans ce cas, la monnaie de comte coesond à une esèce qui est en ciculation ou qui a disau. TYPE B : a monnaie de comte «ne eésente as une quantité de métal fin, mais est basée su une monnaie éelle sujette à voi vaie sa valeu intinsèque» 2. Dans ce cas, la monnaie de comte coesond à l unité de comte éelle. TYPE : a monnaie de comte est absolument indéendante de la monnaie éelle. «Toutes les ièces ouvaient voi leu cous s éleve, a le jeu du commece, au-dessus de ceux qui leu avaient été imitivement assignés» 3. a monnaie de comte coesond alos à l unité de comte abstaite. e oblème est de savoi si la monnaie de comte de tye a existé. a thèse que nous avions ésentée antéieuement existence d une monnaie fiduciaie qui est l unité de comte éelle et inexistence d une unité de comte abstaite est cooboée a une analyse de Dieudonné, citée a Hans Van Weveke dans son aticle de 1934, onnaie de comte et monnaie éelle. e célèbe numismate caactéise le égime monétaie du oyen Âge comme étant celui du timétallisme. Pa timétallisme, il entend l existence concomitante des monnaies en o et en agent et celle du denie. Pou cet auteu, il existe une dichotomie ente les gosses ièces et les denies : «une séculation ouvait s exece su le métal blanc et néglige l agent noi. e gos ouvait hausse a aot au denie tounois et aisis. était comme si l on avait affaie à tois métaux difféents» 4. Hans Van Weveke va lus loin en caactéisant le denie comme étant une esèce dont le cous était invaiable et qui était le fondement même du système de comte. Bef, il définit le denie comme étant une unité de comte éelle. Dans ce cas, si l on considèe une monnaie de comte basée su une ièce éelle en agent de bas aloi le denie en un mot, et s il y a hausse de la valeu machande de l o a aot à celle de l agent, «dans ce cas je concède volonties que non seulement s élève le cous des ièces en o, mais également celui des ièces d agent blanc. Seul le cous des ièces d agent noi, et notamment de la ièce su laquelle est basé le système de comte, este invaiable» ; et ou cause cette esèce d agent noi est l unité de comte éelle, invaiable a définition. Hans Van Weveke défend donc la thèse d une difféence de natue ente ièces en o et en agent blanc, et les ièces en agent noi, mais il aote une distinction sulémentaie qui enfoce la dichotomie que nous défendions ente monnaies éelles et l unité de comte éelle. En effet, à cette éiode de l histoie existait une imafaite convesion ente les denies et les gosses ièces : «conveti de la monnaie noie en monnaie blanche exigeait des fais qui endaient la fixité des 1 VAN WERVEKE H., 1937,. 123. 2 Id.,. 124. 3 Id.,. 124. 4 Id.,. 125. 148

es oblèmes monétaies au oyen Âge aots illusoie». tement dit, les machands n accetaient as facilement les denies, ils le faisaient en incluant une ime de isque dans la convesion, ou évite de se faie «floue» su l aloi de ces etites ièces noies. a natue de la valeu des gosses ièces est uement économique, a conte celle du denie est également économique uisque contenant du métal fin, mais déend aussi d aute chose qui échae à l évaluation économique et qui est de natue sociale. ette valeu sociale des denies, les machands en ont que faie, la seule chose qui les intéesse, c est la quantité de métal écieux, d où leu désintéêt ou ces ièces. Bien que l aoche de Hans Van Weveke soit assez convaincante, de nombeux auteus de son éoque ont soutenu l existence d une monnaie de comte de tye, c est-à-die d une unité de comte abstaite. Elle fut eise a d éminents histoiens et numismates du début du XX e siècle. Ainsi, en 1907 selon H. Van Houtte : «es vaiations continuelles des aots ente les difféentes monnaies nécessitaient l emloi d un commun dénominateu abstait. e ou lutôt ces communs dénominateus s aellent monnaie de comte es lives, sous, denies, avaient été, duant le haut oyen Âge, des monnaies éelles, c est-à-die des monnaies sonnantes et tébuchantes, eésentant une quantité donnée de métal écieux. ais duant le bas oyen Âge, ces temes ne désignent lus que des monnaies imaginaies, destinées à sevi de commune mesue» 1. H. auent dans son ouvage su a loi de Gesham au oyen Âge : «le cous, qui est eximé en monnaie de comte (live de 20 sous, sou de 12 denies), sote d étalon en fonction duquel toutes les ièces s évaluent, monnaie d aaence immuable, uisque la live valait toujous 20 sous, le sou toujous 12 denies. On comtait en cette monnaie fixe, mais fictive, et on ayait en une monnaie éelle, mais de ix vaiable, soumise à un change de comte». Nous avions ésenté dans note modèle éaliste, la citique logique de cette thèse. Nous allons maintenant nous effoce de citique cette même thèse en utilisant des aguments histoiques que nous avions simlement suggéés dans les hyothèses de note modèle éaliste. 1 En Fance, à la fin du XIII e et au XIV e siècle Boelli de Sees dans ses études su les mutations de Philie le Bel, admettait l existence d une monnaie de comte de tye dans le oyaume de Fance. «Pou lui, monnaie de comte et monnaie éelle ne coïncidaient as» 2. a monnaie de comte était uement abstaite, c est-à-die qu elle ne eosait su ien de matéielle, elle n était qu une ue abstaction mentale. a citique la lus adicale de cette thèse en evient à Dieudonné qui exlique «que, ami les denies sonnants il y en avait toujous un en incie, et généalement en fait, qui eésentait l unité de comte, et que c est a là que se faisait la soudue ente la monnaie de comte et la monnaie éelle» 3. ette idée eend la fomulation que nous avions exosée dans les hyothèses de note modèle éaliste, a l égalité ente un ix de comte abstait de l unité de comte et son ix monétaie légal : =. Hans Van Weveke, ense aussi que les denie tounois et aisis étaient des unités de comte éelles, c est-à-die que la monnaie de comte fançaise était de tye B. Pou cela, il avance l agument de la dynamique histoique, c est-à-die que les denies sont les lus anciennes ièces en ciculation et «il est donc assez natuel que ce fût au moyen d eux qu on comtât» 4. usage du denie était une «tadition» deuis le haut oyen Âge, il ossédait donc la caactéistique d une monnaie fiduciaie, a conséquent les nouvelles esèces du milieu du XIII e siècle se sont bien sû définies a aot à ce «noyau du» 5. Ainsi, selon Hans Van Weveke, la Fance du bas oyen Âge, n a jamais connu d unité de comte abstaite ca éalablement existait une unité de comte éelle, le denie. uc uc 1 Id.,. 125. 2 Id.,. 127. 3 Id.,. 127-128. 4 Id.,. 128-129. 5 John Day dans son aticle su es monnaies de comte médiévales et le oblème de l étalon, défend la même thèse : «es nouvelles esèces fuent intégées aux systèmes de comte comme multile ou, lus aement sous-multile, de la monnaie d attache (link monney) existante, généalement le denie» (DAY J., 1994 (éim.),. 252). 149

es oblèmes monétaies au oyen Âge 2 En Flande, au XIV e siècle e système monétaie flamand était intimement lié au système monétaie fançais uisque la monnaie nationale était le denie aisis, tous les comtes s effectuant a conséquent en lives, sous, et denies aisis. e système monétaie fut donc etubé a les affaiblissements monétaies de Philie le Bel. a Flande due a conséquent ecoui aux mêmes océdés que le oi de Fance ou évite que sa monnaie de bonne aloi ne «s évade à l étange» selon le incie de la loi de Gesham. omme ou la Fance, ces affaiblissements successifs ont été suivis d un enfocement monétaie : 1306 ou la Fance et 1309 ou la Flande. omme atout en Euoe, face à ces fluctuations monétaies commence à oinde le besoin d une monnaie de comte ou emette une évaluation commune. En Flande, ves 1318 aaaît la live de gos. omme ou le denie, le oblème est de savoi si cette monnaie de comte est de tye, c est-à-die si elle est une unité de comte abstaite. Pou démonte que cette unité de comte éelle n a as existé, nous eenons la subtile analyse de l histoien. e oblème est de comae deux séies de chiffes. a emièe est constituée a les ix du mac d o mesués en floin et donc en gos de comte, uisque a définition, dans ce système de comte un floin vaut toujous douze gos de comte. es chiffes sont ceux de l ode économique. a deuxième séie de chiffes est celle de la valeu intinsèque des gos éels mis en ciculation a l ode olitique et qui s obtient facilement à ati des odonnances monétaies. e oblème est donc de savoi s il y a coesondance ente la valeu des gos de comte et des gos éels, c est-à-die de constate si le aot ente le ix du mac d o en gos de comte et le nombe de gos éels monnayés à ati d un mac d agent est elativement stable. Nous eenons le tableau établi a le tavail méticuleux de Hans Van Weveke : Valeu du mac d o Nombe de gos Quotient fin en gos de comte, Années Années tiés d un mac des deux calculée su la base d agent fin nombes du floin 1330-34 832,8 1334-37 68,6 12,1 1338-39 960 1337-38 71,6 13,4 1345-46 1140 1343-46 1349-50 1212 1346-53 118,4 10,2 1352-53 1296 1353-54 127,0 10,2 1357-58 1386 1354-59 139,9 9,9 1362-63 1662 1359-63 145,7 11,4 1369-70 1734 1363-73 163,1 10,6 1373-80 219,9 1382-83 2392 1380-86 241,4 9,9 e aot est elativement stable su 53 années, on eut a conséquent die que la valeu de l unité de comte (le gos de comte) diminue à mesue que la ièce éelle (le gos) est altéée. e gos de comte est une monnaie de comte de tye B, il y a coesondance ente le gos de comte et le gos éel. a Flande du bas oyen Âge n a as connu non lus de monnaie de comte abstaite. 3 En Babant, ves la fin du XIV e siècle En Babant, la lectue histoique est lus comlexe qu en Flande uisque coexistent des monnaies de comte de tye A, des monnaies de comte en o de tye B et des monnaies de comte en agent de tye B. es monnaies de comte : Tye A : la live de vieux gos (c est le gos de saint ouis avec 4,04 g. d agent), la live de ouvain, la live de tounois noi, le vieil écu (écu de l emeeu ouis de Bavièe ou du oi de Fance Philie de Valois). es aots sont établis de la façon suivante : 1 vieux gos = 16 tounois nois = 9 denies de ouvain. Tye B : 1) es monnaies de comte définies à ati de l o : le ete, le fanc, le floin, le noble, le mouton. 2) es monnaies de comte définies à ati de l agent : la live de gos de Flande (monnaie de comte de Flande étudiée dans le écédent aagahe). Il n existe as de monnaie de 150

es oblèmes monétaies au oyen Âge comte babançonne à cause de la éondéance économique de la Flande su le Babant, qui tès tôt imose l usage de ses monnaies. ette domination monétaie est enfocée a l affaiblissement du gos flamand ente 1337 et 1389 qui envahit a conséquent le teitoie du Babant selon la loi de Gesham. De facto le gos de comte de Flande c est imosé en Babant. es histoiens ont donc bien démêlé l écheveau de la monnaie en Babant. ais il este tout de même le oblème de la live de ayement et du schueman. a live de ayement est une monnaie de comte de tye B ou les années allant de 1383 à 1406, uisqu elle valait invaiablement 1 2/3 gos anciens de Flande, d où un attachement de la monnaie de comte abstaite (la live de ayement) à une monnaie éelle (le gos ancien de Flande). Pou la éiode antéieue la situation est beaucou moins claie. «Ves 1374-1375, les ducs Wenceslas et Jeanne la veuve ont émis une ièce d agent, le schueman, qu ils cotent 4 s. de ayement» 1. Toutes les autes ièces en agent sont cotées en fonction de leu valeu intinsèque. e cous du schueman semble donc ête défini a le décet abitaie d un Deus ex machina, ce qui défendait la thèse d une unité de comte abstaite. ais ne nous laissons as entaîne dans note élan, la éalité est beaucou lus subtile. Une chose est de décéte abitaiement le cous du schueman, une aute est de le faie alique. O ce taif gênait la oulation, de nombeuses villes ont donc modifié son cous et ajusté les cous des autes esèces en fonction de cette modification. De sucoît, les cous commeciaux ouvait constamment vaie mais le schueman, lui, ne fluctuait as, il estait «invaiablement coté à 6 s.». Pa conséquent, la live de ayement fut toujous attachée à une esèce éelle. schueman en ce qui concene les années qui s étalent de 1374-75 à 1383-84, et au gos ancien de Flande en ce qui concene la éiode ostéieue. Donc la live de ayement fut une monnaie de comte de tye B et non as de tye. On eut die aussi que c est la faiblesse elative du ouvoi olitique, qui a emêché la céation d une monnaie de comte éellement abstaite. e ouvoi, en evenait toujous à détemine «à quel degé de l échelle des valeus se feait la soudue ente la monnaie éelle et la monnaie de comte» 2. 4 e este de l Euoe Pou connaîte avec écision l usage des monnaies de comte en Euoe duant le bas oyen Âge on eut eende l aticle de John Day de 1988, su es monnaies de comte médiévales et le oblème de l étalon. Il n aote ien de sulémentaie à l aticle de Hans Van Weveke su l existence d une unité de comte abstaite, simlement l analyse est lus exhaustive. Dans tous les exemles histoiques que cite cet histoien économiste «le ou les étalons étaient fondés su des ièces éelles, ou bien su leu oids théoique en métal écieux» 3, donc esectivement des monnaies de comte de tye B ou A. itons sa conclusion : «es étalons monétaies utilisés en Euoe au bas oyen Âge comennent dans difféentes séquences et combinaisons, l o ou l agent seuls ; l o et l agent, l o et le billon, l agent et le billon aallèlement ou associés dans un étalon intégé ; et enfin, le moins atique étant donné l imévu du maché des métaux écieux, l o et l agent éunis dans un étalon bimétallique» 4. 5 onclusion e bas oyen Âge n a jamais connu de monnaie de comte abstaite, ca les seuls cas douteux que nous venons d étudie se éduisent finalement à des monnaies de comte de tye B. Plus fondamentalement, l inexistence d une unité de comte abstaite maque les limites de la souveaineté oyale. En effet nous avions vu dans les hyothèses de note modèle éaliste que l existence d une 1 Id.,. 136. 2 Id.,. 136. 3 DAY J., 1994 (éim.),. 252. 4 Id.,. 270. Pa billon il entend l étalon eosant su le denie. Pa «l agent et le billon aallèlement ou associés dans un étalon intégé» il entend un étalon eosant su deux monnaies en agent, l une étant le gos et l aute le denie. eu aot ouvait ête soit flexible, dans ce cas chaques ièces avaient deux ix, celui en gos et celui en denies avec aucune coesondance, ou bien fixe avec les isques de séculation si le contenu en métal écieux du d.t. des deux esèces divegeait. 151

es oblèmes monétaies au oyen Âge unité de comte abstaite n était as une nécessité logique ou emette les mutations nominales. unité abstaite auait été edondante quant aux mutations nominales des esèces éelles, a conte elle auait emis d effectue des mutations nominales su l unité de comte éelle qu est le denie. O ce ne fut as le cas, ca les individus et les hommes d affaies n en voyaient as l utilité. e ince ne ut donc mette su ied cette ossibilité sulémentaie d imose sa volonté monétaie à la société. Donnons le mot de la fin à Hans Van Weveke qui est la souce de toutes ces écieuses inteétations histoiques : «e denie éel ne cesse donc as de coïncide avec le denie de comte 1, ou lus généalement, la monnaie éelle de base ne cesse d avoi en monnaie de comte la valeu qui lui a été attibuée a le ouvoi. Dans les aes cas où une divegence se oduit, elle est la conséquence d une intevention de ce même ouvoi ais jamais on ne voit de aeilles divegences se oduie a le jeu du commece. ette constatation nous emet de maque exactement jusqu où les ouvois olitiques étaient en mesue d agi su la monnaie de comte : il leu était généalement ossible de désigne la ièce qui constitueait la soudue ente la monnaie éelle et la monnaie de comte ; ils étaient également en mesue de décide à quel degé de l échelle des valeus de comte se feait cette soudue. ais ils n étaient as à même d imose au commece un aot donné ente la ièce su laquelle était basé le système de comte et les autes monnaies éelles» 2. ensemble de ces analyses nous emet de die que l unité de comte abstaite n a jamais existé au oyen Âge, seule existait une unité de comte éelle, c est-à-die une ièce éelle qui établissait le lien ente la monnaie éelle et la monnaie de comte. a seule ossibilité d infime cette thèse est de touve des exemles monétaies, qui stiuleaient a exemle le cous des denies tounois dans une unité abstaite dénommée denie. e denie tounois ou aisis ouait alos valoi ½, 3 ou 4 denies etc. ais le tavail des histoiens et numismates dans le domaine de la monnaie médiévale a été tellement oussé, qu il est quasiment imossible qu un hénomène monétaie aussi imotant ait u échae à leu sagacité qui s y alique deuis bientôt lus de 150 ans. Section 2 es caactéistiques des difféentes monnaies de comte et systèmes de comte Avec la éaaition du monnayage d o et la divesification de celui de l agent au milieu du XIII e siècle, les convesions monétaies se sont comlexifiées, endues encoe lus oaques a les ossibilités de mutations nominales, dont ont usé et abusé les gouvenements. Il était indisensable d établi des instuments de mesue communs. 1 a monnaie de comte Définition : a monnaie de comte 3 est une monnaie dont on connaît afaitement les caactéistiques ce qui evient à savoi exactement le contenu de métal fin, et qui va sevi d étalon de mesue ou toutes les autes monnaies. Exemle : la somme de 15 l. 14 s. 3 d. de gos tounois ne signifie as qu il s agit de 240 15 + 14 12 + 3 = 3771 gos tounois. est une somme qui eut eésente des esèces fot diveses mais dont la valeu est mesuée à ati de la live de gos tounois. économie euoéenne du bas oyen Âge a connu de nombeuses monnaies de comte. En effet il n existait atiquement as de ièces en o ou en agent dont le cous fut elativement stable et duable, qui ne fut utilisée comme monnaie de comte. es ièces de éféence étaient toujous de gosses ièces que l on comtait en sous et lives comme on le faisait deuis lusieus siècles, lutôt que les denies dont la valeu intinsèque était devenue infime. Deux oblèmes sont liés à la monnaie de comte : Quelle ièce en o ou en agent choisi comme monnaie de éféence? En Fance, on choisit «a une sote de consensus collectif» 1 le gos de Philie VI de Valois (1328-1350), émis en setembe 1329, comme monnaie de comte. 1 Dans note modèle cela signifie que : uc = uc. 2 Id.,. 145. 3 On considèe dans cette section 2, que des monnaies de comte de tye A. 152

es oblèmes monétaies au oyen Âge Gos de Philie de Valois Taille 60 au mac Tite 12 denies agent-le Roi (0,958) ous 12 d.t. Poids unitaie 4,079 g. Poids de fin 3,908 g. Poids du s.t. 3,912 g. d agent fin a live de gos est un instument incomlet ca ne mesuant que les ièces en agent. On en vint a conséquent à substitue à la monnaie de comte, un système de comte fondé su l o, l agent et les monnaies noies. 2 e système de comte floin-gos-denie etit Son succès fut considéable dans le sud-est de la Fance. A Ses bases Tois ièces de éféence : Une esèce en o : le floin. est le floin émis en Dauhiné le 7 févie 1327. On le sunommait floin de «etit oids». Floin du 7 févie 1327 Tite 24 caats Taille 65 au mac ontifical Poids de fin 3,423 g. Remède de loi 1/8 de caat Remède de oids 1/8 de floin a mac Une esèce en agent : le gos. Il coesond au gos à l «O ond» de Philie de Valois émis en 1329 et qui a sevi de base à la live de gos. Voi ses caactéistiques dans le aagahe ci-dessus. Un denie noi : le «denie etit». ette monnaie noie est intoduite tadivement dans le système ves 1380. aavant, l évaluation des denies s effectuait en factions de gos ce qui était souce d eeus. On utilise la maille aisis dénommée «denie etit» (½ d..). «es tois ièces étaient liées ente elles a un aot fixe et c est en fonction de ces tois unités que s évaluaient toutes les autes monnaies» 2. B es aots 1 floin = 12 gos ; 1 gos = 24 denies etits Ainsi, était établi un aot fixe ente l o et l agent. e floin contenant 3,423 g. d o et le gos 3,907 g. d agent, d aès le aot du système de comte gos-floin, 3,423 g. d o était équivalent à 46,884 g. d agent. e aot de l o à l agent s établissait au niveau suivant : Q floin gos 12 3,907 k = = = 13,70 Q 3,423 es avantages du système de comte gos-floin e système eose su deux esèces aatenant à deux systèmes monétaies difféents, le mettant ainsi à l abi des dévaluations ente ces deux monnaies. e gos fait atie du système tounois tandis que le floin aatient au système monétaie delhinal. e système de comte emet une évaluation éelle des ièces d o, uisqu il y a existence d un étalon o, et non as en fonction de factions de gos d agent dans le cas de la live de gos. Pou la live de gos, l évaluation des ièces d o était faussée a les modifications du aot commecial ente l o et l agent. D Vaiantes et évolution du système gos-floin es modifications au cous du tems du aot o/agent engendent des situations aadoxales. En effet, à la suite des gandes mutations de 1356-1360, losque que fut estauée la bonne monnaie, le aot o/agent avait baissé a aot au niveau fixé dans le système gos-floin. On est ainsi assé 1 FOURNIA E., 1970,. 142. 2 Id.,. 142. 153

es oblèmes monétaies au oyen Âge de 13,70 à 10,07 au 5 décembe 1360, 10,35 en mas 1385 ; le aot ne fluctuant qu ente 8,66 et 9,92 jusqu en 1413. e nouveau gos de hales V : Gos de setembe 1329 de Philie de Valois Gos du 14 avil 1361 de hales V Tite 0,958 0,958 Pied 21 e Poids 4,079 g. 2,914 g. Poids de fin 3,908 g. 2,792 g. ous 15 d.t. Poids du s.t. 2,232 g. d agent fin Gos de hales V = 15 d.t. O à la même éiode la cote du floin de «etit oids» vaut : Floin de «etit oids» = 15 s.t. = 180 d.t. Pa conséquent dans le système gos floin nous avons : floin de «etit oids» 180 Gos de comte = gos de Philie de Valois = = = 15 d.t. 12 12 Donc d aès les cous monétaies : Gos de hales V = gos de Philie de Valois i.e. 2,914 g. d agent = 4,079 g. d agent! Pou évite cette incohéence, le gos à l «O ond» de Philie de Valois i.e. le gos de éféence du système de comte gos-floin fut is au cous de 20 d.t. Dans ces conditions on eut die qu il y a cohéence des ix monétaies de ces deux esèces en tenant comte de l imécision des faes monétaies : 1 d.t. du gos de hales V = 2,792/15 = 0,186 g. d agent fin. 1 d.t. du gos à l «O ond» = 3,908/20 = 0,195 g. d agent fin. Il existait deux solutions ou «actualise» le aot du système de comte gos-floin au niveau du cous commecial o-agent : On conseve les deux étalons mais on change le aot ente les deux. Ainsi en yonnais ves 1365, le aot ente le floin et le gos assa de 12 à 9. On décoche le gos à l «O ond» du gos de floin, c est-à-die que le gos de comte n est lus attaché à un gos éel. e gos de floin abstait était coté à 15 d.t. dans le système de comte tandis que le gos éel (le gos à l «O ond») n était lus qu une esèce ami tant d aute dont le cou était fixé à 20 d.t. a les machands et ofèves. «Dès los, le gos de floin ne fut lus qu un sous-multile fictif du floin et ne s auya lus désomais su une ièce éelle. Il eésenta non lus 3,907 g. d agent, mais 3,423/12 = 0,285 g. d o 1. En définitive, ou conseve le aot 1 à 12 ente le floin et le gos, le système de bimétalliste qu il était, devint monométalliste» 2. 3 es systèmes de comte fanc-gos et écu-gos A e système de comte fanc-gos 1 Ses bases e fanc d o émis le 5 décembe 1360 eut un gand succès et fut emloyé comme monnaie de comte. Fanc du 5 décembe 1360 Taille 60 au mac de Pais Tite 1,000 Poids unitaie 3,885 g. d o ous 20 s.t. Poids du s.t. 0,194 g. d o fin Son équivalence avec la live tounoise (1 fanc = 20 s.t.) facilita cet usage, et l on comta en fancs, sous et denies, comme l on comtait en lives, sous et denies tounois. 1 3,423 g. coesond à la masse du floin. 2 Id.,. 146. 154

es oblèmes monétaies au oyen Âge e fanc fut alos utilisé comme étalon des ièces d o dans un système de comte déivé de celui floin-gos. e nouveau système fanc-gos est l adatation du système floin-gos au aot commecial ente l o et l agent. e gos de comte ou gos de fanc, n est as une ièce éelle, ce n est qu un sous-multile du fanc (le 16 e en ce qui nous concene). 2 es aots 1 fanc = 16 gos fanc 3,885 Gos de fanc = = = 0,242 g. d o fin 16 16 Gos éel de 1361 = 2,914 0,958 = 2,791 g. d agent fin. fanc gos Q gos éel de1361 2,791 k = = = = 11,53 Q gos de fanc 0,242 2,914 0,958 0,186 k 15 = = = 11,50 3,885 0,0162 240 Il y a donc équivalence ente le aot o/agent du système de comte fanc-gos et le aot existant ente les esèces oyales. adotion du fanc n a guèe modifié les habitudes des comtables, simlement, au lieu de goue douze gos ou faie un floin, on egouait seize gos ou faie un fanc. D où le succès elativement aide du système fanc-gos dans les égions qui avaient l habitude de comte en floins. Dès 1365, il est utilisé concuemment avec le système de comte gos-floin a les officies d église en yonnais. On l utilisa aussi en Bougogne 1. Ailleus le système fanc-gos fut emlacé a le système écu-gos. B e système de comte écu-gos Il s agit d une tansosition du système floin-gos. Son utilisation est localisée dans la égion toulousaine endant la cise monétaie de 1418-1422. étalon des ièces d o est l écu, ièce émise en 1385 au cous de 22 s. 6 d.t. i.e. 270 d.t. O le floin cotait 180 d.t., donc : 1 écu = 1 ½ floin. omme un floin vaut 12 gos alos : 1 écu = 18 gos. Raot du système de comte floin-gos : 1 floin = 12 gos. Raot du système de comte écu-gos : 1 écu = 1 ½ floin = 18 gos. es deux aots sont identiques, a conséquent «ce que l on aelle à Toulouse le gos d écu n est en éalité que le gos de floin» 2. e système de comte ne diffèe en ien du écédent, seule change la fome. 4 onclusion a Fance de la seconde moitié du XIV e siècle et du début du XV e, a connu tois systèmes de comte. aavant, le gos à l «O ond» de Philie de Valois sevait de monnaie de comte sous la fome du ied de monnaie, son oblème majeu ésidant dans le fait qu elle ne enait as en comte les monnaies en o, d où l usage de ces tois systèmes de comte successifs. Fut donc usité comme étalon des esèces en o, le floin de etit oids à 12 gos, le fanc à 16 gos et l écu à 18 gos, la base secondaie, le gos, ne changeant as. es changements d unité inciale sont causés a les vaiations du aot o/agent. haque nouveau système de comte esectant le niveau ésent du aot o/agent. «On voit que, aussi ationnel soit-il, un système de comte n échae as à l affaiblissement auquel sont inéluctablement condamnées les monnaies éelles» 3. Exlications avec le modèle Soit k, le aot initial du système de comte ente la monnaie en o de tye «i» et la monnaie en agent de tye «j». 1 «es comtabilités des moulins de Saint-Étienne de Dijon en 1373 ou du eceveu des bailliages d tun et de ontcenis en 1390» sont tenues dans le système de comte fanc-gos. 2 Id.,. 147. 3 Id.,. 147. 155

es oblèmes monétaies au oyen Âge i = k j D aès (14) : m i t k = k m t j i j i = k j k = i j Avec cette fomule, même en suosant l absence de mutation monétaie a le ouvoi olitique, k devait fluctue en fonction de k, ou que le système de comte soit cohéent. m i t i En suosant des mutations monétaies, c est-à-die des vaiations de la vaiable, le m t aot k du système de comte devait aussi change ou que ses mesues estent cohéentes. Adatations du système de comte ou qu il este cohéent avec les mutations monétaies et les vaiations du aot ente l agent et l o : es vaiations de k ouvaient s effectue en entéinant les nouveaux ix commeciaux des i j anciennes monnaies et. es agents économiques ouvaient tout aussi bien efuse de modifie k. Dans ce cas on changeait les monnaies de base, de telle façon que le aot ente le ix commecial de la nouvelle monnaie en o et celui de la nouvelle monnaie en agent soit égal à k. Denièe altenative, le système de comte ouvait se décoche de l une des deux monnaies de base. 1) Si l on se décochait de la monnaie en agent de tye «j», le système de comte devenait un monométallisme o avec une monnaie de comte en agent qui était un sous-multile fictif de la monnaie en o de tye «i» (la monnaie de comte en agent étant l équivalent de la k ième atie d o contenue dans la ièce en o de tye «i»). 2) Si l on se décochait de la monnaie en o de tye «i», le système de comte devenait un monométallisme agent avec une monnaie de comte en o qui était un multile fictif de la monnaie en agent de tye «j» (la monnaie de comte en o étant l équivalent de k aties d agent contenues dans la ièce en agent de tye «j»). j j 156

es oblèmes monétaies au oyen Âge haite V es causes des mutations monétaies a déession économique, les éidémies, la guee n exliquent as tout. Des ays bien moins touchés a ces fléaux ne fuent as éagnés a les dévaluations. Ainsi le oyaume de Bohême qui ossédait des mines d agent dont la oduction n avait as baissé endant le XIV e siècle, vit ses gos ede les deux ties de leu valeu duant la même éiode. es mutations du bas oyen Âge déendent essentiellement de six vaiables exlicatives, dont les tois emièes sont les lus imotantes : es cous intenationaux des métaux écieux. imôt monétaie inflationniste. augmentation des moyens de aiement en ciculation. a lutte conte la mauvaise monnaie. a guee. a égulation sociale. Section 1 es cous intenationaux des métaux écieux a Fance n était as un oducteu suffisamment imotant ou influe su les cous commeciaux de l o et de l agent. omme le gouvenement ne ouvait augmente et esteinde cette consommation libement, sa olitique monétaie déendait étoitement des mouvements intenationaux de oduction et de ciculation des métaux écieux, l obligeant à modifie féquemment son aot légal a des mutations ou attie l o et l agent ves son teitoie et invesement évite qu ils n en sotent. Pou monte l imotance des cous commeciaux de l o et de l agent su les mutations monétaies 1, nous allons eende l analyse enteise a Robet-Heni Bautie dans un comte endu de séance de l Académie des inscitions et belles lettes de 1951, su le thème : o et l agent en Occident de la fin du XIII e siècle au début du XIV e siècle. Histoiquement, jusque dans la seconde moitié du XIII e siècle, l économie occidentale eosait taditionnellement su l agent. a fin du XIII e et le début du XIV e siècle maque un tounant dans cette tendance uisque l o se substitue eu à eu à l agent. Selon Robet-Heni Bautie à cette date chanièe, «l agent fuit l Occident où l o se éciite, tandis que le mouvement invese s établit dans les ays de la éditeanée oientale» 2. Pou cet histoien, les difficultés que enconte l économie euoéenne aux XIII e et XIV e siècles, se mesuent à l aune de la ciculation des métaux écieux et de leus cous. 1 a disaition de l agent au début du XIV e siècle : les faits Ves 1310, un ucquois estime à lus de 400 000 macs (envion 100 t.) l agent exoté hos de Fance, non seulement l agent monnayé mais aussi le mineai extait clandestinement des mines méidionales. Ente 1308 et 1314, le oi ne eut lus émette de monnaie d agent à l excetion de la monnaie noie. 1 ac Bloch, ense qu «en emièe ligne, ici, il nous faut lace la modification du aot légal des deux métaux monnayés l o et l agent» comme cause inciale des mutations monétaies (BOH., 1953,. 433). 2 BAUTIER R.-H., 1951,. 169. 157

es oblèmes monétaies au oyen Âge «début du ègne de Philie VI l ensemble des onnaies oyales cesse la fabication endant tois ans, d octobe 1329 à setembe 1330 et de mas 1334 à févie 1336. Pa suite, les oéations monétaies les lus saines sont vouées à l échec, le oi n ayant as à sa disosition un stock de matièe suffisant ou alimente le maché et envese la tendance» 1. Une véitable exotation clandestine de l agent ves l Oient est oganisée dans la égion de ontellie aux fontièes du teitoie oyal. Une affaie concene deux moulins à Saint-auent d Aigouze où les témoins évaluent de 100 à 120 000 macs l agent qui y a été fondu. e cuive des monnaies noies était vendu à at, ou une masse de 1000 quintaux ce qui devait coesonde à un oids en monnaie s établissant ente 50 et 100 tonnes! Une aute affaie ote su un volume de 100 000 macs de monnaie noie. a faude n était as sécifique à la Fance, elle touchait aussi l Angletee où les lingots d agent et les bonnes monnaies étaient exotées clandestinement a les machands lombads et babançons. Donc des escoqueies eésentant des montants fabuleux ou l éoque. ette hémoagie de métal blanc ves les contées oientales est si considéable, que le ouvoi oyal en est éduit à émette cette athétique odonnance, econnaissant imlicitement son imuissance face aux agissements des séculateus et escocs : «À tous ducs, comtes, baons et justicies établis en note oyaume Nous mandons de faie gade et teni femement nos odonnances faites su les monnaies, et faie bien étoitement gade que nulles monnaies étangèes à note oyaume n aient cous et ne soient ises et données en aiement en vos tees et justices, et faie gade les ots et assages de vos tees et juidictions, afin que nul ne ote ou fasse ote agent ou billon ou monnaies défendues hos de note oyaume» 2. 2 es flux de métaux écieux avant 1340 A En Occident milieu du XIII e siècle, losque eend la fae de l o, la quantité de matièe disonible était elativement limitée. utilisation lus imotante de l o à cause des émissions monétaies entaîna un accoissement de sa aeté et donc la hausse de son ix. o fut suhaussé a aot à l agent, entaînant la disaition de ce denie. B En Oient 1 Égyte daine l agent Jusque ves le milieu du XIII e siècle, Alexandie et onstantinole étaient les destinations les lus féquentes des machands génois et vénitiens qui venaient s aovisionne en éices et sutout echeche l o sous la fome du «besant saazinois». ais à la suite de la conquête mongole, l Égyte fut isolée de ses souces d aovisionnements en éices et en o, ou quate aisons essentielles : a conquête mongole coue la oute teeste. Elle coue aussi la oute maitime a le détoit d Omuz. a chute de Bagdad en 1258. a guee ente les amelouks et les ongols en 1260. D aute at, l aute souce d aovisionnement en o qu était le Soudan, disaaît à la suite des «udes conquêtes du nouveau sultan de ali (1230-1255)» 3 et la destuction totale de Ghana «l antique caitale de l o». Pa conséquent, toute l économie égytienne assa à un monométallisme agent à la suite de la disaition de ses aovisionnements en o. Pou mene à bien cette econvesion, l Égyte suévalua le cous du métal blanc ou attie l agent des elais chyiote et aménien. 2 Un commece italien oienté ves l emie ongol es occidentaux à la suite de la décadence de l Égyte, enoncèent à féquente Alexandie dès le début du XIII e siècle. Tout le commece italien se éoienta alos ves l emie ongol et lus aticulièement ves la me Noie. O toute l économie était tibutaie de l agent. es navies génois et vénitiens, ou commece avec les mongols et se ocue la soie et les éices tant echechées, 1 Id.,. 170. 2 ité dans FAVIER J., 1987,. 169-170. 3 BAUTIER R.-H., 1951,. 172. 158

es oblèmes monétaies au oyen Âge aotèent de l agent. Dans le sens du etou, ils aovisionnèent l économie de l emie byzantin en vendant le blé mongol conte des hyeèes en o. 3 Un nouveau cente minie d o : l Euoe centale et oientale À l o en ovenance d Oient s ajoute celui tout écent de l Euoe oientale et centale, mais la demande d o en Fance et en Italie est telle que son cous ne cesse de ogesse. onclusion S installe su l esace méditeanéen à la chanièe du XIII e et XIV e siècle, un flux commecial de métal écieux qui ne ouvait qu engende une hausse du aot o/agent. En effet, en Euoe à cause du monnayage de l o, l agent était comlètement sous-évalué. Dans le même tems existait en Oient deux centes économiques qui «dainaient» tout cet agent euoéen : l emie mongol eosant su le monométallisme agent et l Égyte containte de asse au monométallisme agent a disaition de ses souces d aovisionnement en o. Tous ces facteus convegèent ou faie hausse le cous commecial de l o, ce que l on eut constate su la figue 6 (. 186) ente le 15 août 1290 et le 26 janvie 1311, date à laquelle le aot o/agent atteint son aogée 1. te indice de ce flux de métaux écieux, ce sont les faits que nous citions su la disaition de l agent au début du XIV e siècle, conséquence diecte de cette exotation de l agent euoéen ves l Oient. 3 es flux de métaux écieux aès 1340 Avec un etou à la nomale ves les années 1340 le aot de l o à l agent s établissant ente 10 et 12, la tendance écédente se etoune ou deveni baissièe. e minimum est atteint le 22 setembe 1351 avec un aot commecial ente l o et l agent qui s établit au niveau de 4,79 signifiant une suévaluation considéable de l agent et une sous-évaluation de l o. Effoçons-nous d exlique ci-aès ce etounement de tendance qui est la conséquence d une invesion des flux commeciaux d o et d agent dans l esace méditeanéen. Tois causes essentielles : a guee de ent Ans. a femetue de la me Noie aux hommes d affaies italiens. e enouveau du commece avec l Égyte. A a guee de ent Ans Selon Robet-Heni Bautie, cette guee est la cause essentielle de ce etounement de tendance ; le déclenchement des hostilités coïncidant exactement avec la evaloisation de l agent, ca les soldes des soldats se églaient toujous en agent. Paallèlement, des êts en o étaient consentis a les machands lombads à la couonne fançaise et anglaise, ou faie face à des déenses budgétaies en constante ogession. es êts injectèent d imotante quantité d o dans l économie, diminuant incidemment son ix commecial. e ix de l agent augmentant a suévaluation à cause des déenses militaies, et celui de l o diminuant a augmentation de la masse de monnaie en o en ciculation dans l économie, le aot de l o à l agent ne ouvait que fotement diminue. B a femetue de la me Noie es occidentaux ente 1340 et 1346 sont amenés à ome tout contact avec les ongols : Génois et Vénitiens sont massacés ou exulsés à Tabiz, Tébizonde, la Tana ; affa est a deux fois assiégés. es machands euoéens éoientent leu commece ves l Égyte : aès 23 ans d absence, les vénitiens etounent à Alexandie en 1344, suivis des atalans et des Génois en 1346. a demande d agent fut telle en Égyte et en Oient, «que ves 1345-1350 il vint à faie esque comlètement défaut su la luat des laces italiennes» 2 mais aussi en Fance. itons quelques églementations oyales qui taduisent cette «famine» en métal blanc : e oi veut attie l agent ves les atelies monétaies. On augmente son ix d achat : «le 8 août 1341, le oi offe une «cu» de 8 s.t. a mac d agent» 3. 1 Il est tout à fait symtomatique de constate qu à cette date où l o est à un tel oint suévalué et l agent sous-évalué, que le oi ente 1308 et 1314 ne eut lus émette de monnaie en agent à l excetion de la monnaie noie. 2 Id.,. 173. 3 FOURNIA E., 1970,. 113. 159

es oblèmes monétaies au oyen Âge On intedit l exotation de l agent et du billon hos du oyaume (odonnances des 17 janvie et 21 juillet 1346, du 6 janvie 1348, du 28 novembe 1355, du 25 novembe 1356, ou cite quelques exemles). es ofèves se voient limités dans la fabication de la vaisselle d agent (21 juillet 1347). On exige de la oulation qu elle accete les émissions anciennes de «aisis et tounois elés». À cause de l insuffisance de denies, le oi efuse de ecevoi des aiements de lus de 10 sous en denies tounois ou aisis. On oblige les atelies monétaies à émette éiodiquement des denies ou les besoins du «commun eule». Un cas extême : le 27 mai 1347, une décision oyale ou la égion de Toulouse, Beaucaie et acassone emit de coue en deux les doubles denies, chaque moitié valant un denie et ne ouvant ête efusée. onclusion Pou l agent : onsécutivement à la guee de ent Ans, hausse considéable de la demande d agent en Fance et en Angletee. Suite à la femetue de la me Noie aux hommes d affaies italiens, tout le commece se éoiente ves l Égyte qui «daine» des quantités considéables d agent euoéen. agent disaaît en Euoe, d où un ensemble de décisions législatives ou limite cette fuite. Pou l o : Sa quantité en ciculation augmente en Fance et en Angletee à la suite des êts consentis a les ombads. o en ovenance des mines de l Euoe centale et oientale ne cesse d afflue. e aot o/agent asse donc de 15,18 le 26 janvie 1311 à 4,79 le 22 setembe 1351, soit une baisse de 68,44 %. Ente ces deux dates, la valeu de l agent elativement à celle de l o a augmenté de 216,9 %! Date Raot o/agent Vaiation de la valeu de l o elativement à celle de l agent Vaiation de la valeu de l agent elativement à celle de l o 15 août 1290 10,42 26 janvie 1311 15,18 + 45,7 % - 31,4 % 22 setembe 1351 4,79-68,4 % + 216,9 % Avec de telles vaiations du aot commecial ente l o et l agent, les mutations monétaies étaient une iméieuse nécessité ou que le aot légal ente l o et l agent ne s éloigne as to du aot commecial, sans quoi le métal sous-évalué disaaissait accentuant encoe le déséquilibe. 4 Quelques commentaies su les analyses de Robet-Heni Bautie et Raymond azelles A itique des aots commeciaux ente l o et l agent déteminés a R.-H. Bautie Robet-Heni Bautie soutient qu il existe deux ics ou le aot commecial de l o à l agent ; en 1313-1314 avec un niveau comis ente 15 et 17, et en 1329-1330 avec un niveau suéieu à 20 1. Plus loin, il soutient que su la éiode comise ente 1295 et 1330, ce aot s élève de 12 à lus de 20, et ente 1330 et 1355 il baisse jusqu à atteinde 4,5. es ésultats ne coesondent as à note figue 6 2 mais à la figue 7 3, outant nous soutenons que c est la figue 6 qui est la lus eésentative des fluctuations du aot commecial ente l o et l agent. 1 BAUTIER R.-H., 1951,. 177. 2. 186. 3. 187. 160

es oblèmes monétaies au oyen Âge a figue 6 a été constuite en tenant comte des émissions simultanées de monnaie d o et d agent. Nous ensons que losque le gouvenement émettait en même tems des nouvelles esèces d o et d agent, il devait teni comte de façon assez écise des conditions du maché. a figue 6 semble donc se aoche au «mieux» de la vaiable k. aintenant, en ce qui concene la figue 7, elle a été établie en tenant comte de toutes les modifications oéées a le ouvoi oyal su ses monnaies, c est-à-die des doubles émissions d o et d agent comme ou la figue 6, mais aussi des émissions isolées d esèce en o ou en agent, et des mutations éelles et nominales affectant ces monnaies. ais cette léthoe de aots, tès loin d aoche avec lus de écision le aot commecial de l o à l agent, s en écatait de façon considéable, ca les émissions isolées d agent étaient fixées de façon onctuelle ou éonde à la disette emanente en métal blanc, sans se soucie éellement de son incidence su le aot commecial de l o à l agent. D aute at, le cous de l agent était actualisé beaucou lus féquemment que celui de l o, à tel oint que ou cetaine éiode on eut se demande si le gouvenement n avait as oublié l existence des monnaies en o et des fluctuations su le cous commecial de l o. Ainsi ente le 22 setembe 1351 et le 5 décembe 1360, la monnaie en agent est muée 64 fois tandis que celle en o ne l est que 5 fois te fait toublant, alos que ou les années s étalant de 1311 à 1329, le aot ente l o et l agent ne cesse de baisse su la figue 6, il ne cesse d augmente su la figue 7, ou atteinde le ic invaisemblable de 23,18 le 6 setembe 1329. Donc deux tendances totalement contadictoies ou deux coubes sensées eésente la même vaiable k. De sucoît, eut-on éellement ense que le aot commecial de l o à l agent ait u fluctue de 23,18 à 0,655 1 ente le 6 setembe 1329 et le 15 mas 1360, soit toutes choses égales a ailleus, une ete de 97,2 % de la valeu de l o ou une hausse de 3439 % de la valeu de l agent, sans sombe dans l extavagance statistique la lus comlète? Deuis toujous le langage des chiffes n a jamais été celui de la véité, il n est qu un suot à la éflexion, ien de lus. Nous ensons que ces deux coubes eésentent deux vaiables distinctes mais coélées, ésolvant ainsi les aaentes contadictions que nous avions soulevées ci-dessus. a figue 6 se aoche au k, tandis que la figue 7 eésente exactement «mieux» du aot commecial de l o à l agent ( ) les incohéences du aot légal de l o à l agent ( k ), c est-à-die les invaisemblances de la olitique monétaie du oi. Dans ce cas, les difféences d évolution des figues 6 et 7 ou les années comises ente 1311 et 1329, s exliquent simlement. Elles coesondent au décochement du aot k a aot à k. ette hausse du aot légal est la conséquence d un tès net enfocement de la monnaie en métal blanc, qui asse de 3,168 g. à 3,912 g. d agent a s.t. ente le 1 e mas 1318 et le 6 setembe 1329, soit une éévaluation de 23,5 %, tandis que su la même éiode le métal jaune était affaibli de 0,331 g. à 0,169 g. d o a s.t., soit une dévaluation de 48,9 %. ette olitique qui semble iationnelle économiquement uisque k ne cesse d augmente alos qu il devait suive la baisse de k, est cohéente olitiquement. Tout le ègne de hales IV le Bel (1322-1328) est maqué a la volonté de mainteni la monnaie fote, ce qui se taduit a une emaquable stabilité monétaie ente le 1 e mas 1318 et le 6 setembe 1329 2. a monnaie est stable gâce à la détemination du oi et de ses conseilles, mais cette olitique entaîne la disaition de la monnaie divisionnaie. Pa conséquent, le manque de billon et d agent est tel que cetains sujets du oi sont «scetiques su l aveni de la olitique de stabilité monétaie enteise» 3. En emloyant les exessions savoueuses de cette éoque, se sont les «malicieux» et «cautilleux» qui en achetant le métal et les esèces dans l attente d une dévaluation, s abodent la olitique monétaie mûement établie a le oi, d où le 1 Pou un tel aot, il y a esque égalité de valeu ente l o et l agent. Qu il y ait une suévaluation de l agent a aot à l o, je l admets volonties, mais que la valeu de l agent soit suéieue à celle de l o, cela me semble totalement invaisemblable et non etinent. 2 Voi figue A,. 133. 3 AZEES R., 1966,. 91. 161

es oblèmes monétaies au oyen Âge «longeon» du aot k su la figue 7, à ati de la date du 6 setembe 1329. e oi a cédé face à la séculation et aux foces du maché. B itique de l analyse de R. azelles su le ôle de la dévaluation de la monnaie de comte dans les mutations Raymond azelles en citant l analyse de Robet-Heni Bautie su les fluctuations des cous des métaux écieux à l oée du XIV e siècle, est tout à fait en accod avec cette inteétation histoique. Il econnaît que les ix commeciaux des métaux écieux ont eu une incidence su les monnaies a l intemédiaie des mutations. ais il intoduit une subtilité, en disant que les cous commeciaux n exliquent as tout, qu il existe un hénomène beaucou lus fondamental qui est la baisse tendancielle de la live de comte, c est-à-die la diminution de la quantité de métal écieux a unité de monnaie de comte. Pou cet histoien, la dévaluation de la monnaie de comte se mesue a des etous à la bonne monnaie qui se font à des alies de lus en lus dévalués. 1 itique logique etes, il est nomal qu une dévaluation de la monnaie de comte se taduise a des dévaluations de la monnaie éelle dont le cous se mesue en monnaie de comte. aintenant nous ne comenons as exactement ouquoi l auteu, fait un distinguo ente les effets des ix commeciaux des métaux écieux et la valeu de la monnaie de comte en équivalent de métal écieux. Pou nous, ces deux vaiables sont intimement liées, elles sont les deux asects d un même oblème. omme la valeu des gos et des ièces d o était calculée à ati de leu masse en métal écieux, la valeu monétaie de ces ièces devait exime exactement les ix commeciaux des métaux écieux sinon la séculation ouvait etube la ciculation monétaie. D où ces incessantes mutations monétaies ou qu il y ait adéquation ente k et k. Où autement dit le contenu de métal écieux dans une ièce éelle devait change invesement aux vaiations de son cous. osque le cous de l agent augmentait, il était nécessaie d avoi moins d agent dans la ièce ou exime la même valeu monétaie, au isque de voi cette bonne monnaie sous-évaluée disaaîte de l économie a l effet de la loi de Gesham. En ésumé, la valeu de la monnaie de comte et le ix commecial des métaux écieux sont inséaables, ca la valeu de la monnaie de comte en métal écieux vaie invesement à celle des métaux écieux. Note modèle intège afaitement cette liaison invese ente le aot commecial de l o à l agent ( k ), et la valeu de la monnaie de comte qui s eximait dans la atique a la valeu monétaie de la monnaie en o ( ). a monnaie de comte dans note modèle éaliste est le denie tounois qui est l unité de comte éel. Soit uc, le ix de comte du denie tounois. Pa définition ce ix est inamovible ca c est l unité de comte. Pou mémoie, ce ix de comte coesond exactement au ix légal et commecial de la monnaie de comte éelle, ca c est une monnaie fiduciaie ( = = ). Nous avons les équivalences monétaies suivantes : ' Q = Q et Q = Q uc uc uc uc = Q et uc = Q Q ' Q uc uc uc omme nous considéons une unité de monnaie de comte (1 d.t. ou 1 s.t. ou 1 l.t.) nous avons : ' Q = Q = 1 uc uc e ix de la monnaie de comte s écit de la façon suivante : = Q = Q uc uc uc uc 162

es oblèmes monétaies au oyen Âge omme a définition le ix de la monnaie de comte est fixe, les vaiations de métal écieux contenu 1 dans la monnaie de comte, doivent donc évolue en aison invese de celles du cous de l o et de l agent. a dévaluation de la monnaie de comte est donc la conséquence de la hausse des cous commeciaux de l o et de l agent. 2 itique emiique Une véification assez facile du lien invese existant ente la quantité de métal écieux eésentée dans la monnaie de comte et le cous commecial de ce métal écieux, est de comae le ix d achat a les atelies monétaies du mac d agent en d.t. et la quantité de métal écieux contenu dans un d.t. fixé a les odonnances monétaies. Si ce lien invese existe, alos il doit y avoi équivalence ente l invese du ix commecial en d.t. d un gamme d agent ou d o c est-à-die l invese du ix commecial d un mac d agent (ou d o) à une convesion ondéale ès et le oids en agent ou d o d un d.t. déteminé dans les odonnances oyales. omme nous disosons de tès eu de données su le ix commecial du mac d o, nous ne considéeons que le ix commecial du mac d agent. Nos ésultats sont éunis dans le tableau A suivant : 1 a monnaie de comte ne contenait as diectement du métal écieux ca elle n existait as, simlement elle eésentait une cetaine quantité d o ou d agent. 163

es oblèmes monétaies au moyen âge Tableau A En gas italique, à la même date, fixation du ix d'un mac d'agent et émission d'une nouvelle ièce en agent. date ix commecial d'un mac d'agent en s.t. ix ix commecial d'un mac d'agent en d.t. commecial d'un g. d'agent en d.t. (1) Invese colonne écédente (ag/d.t.) date oids d'un s.t. en agent (2) oids en agent d'un d.t. (ag/d.t.) (2) / (1) 1266 54 648 2,648 0,378 24 juillet 1266 4,043 0,337 0,892 1283 54 648 2,648 0,378 1285 55,5 666 2,721 0,367 22 févie 1289 58 696 2,844 0,352 août 1290 3,696 0,308 0,876 3 avil 1295 61 732 2,991 0,334 3 avil 1295 3,228 0,269 0,805 20 mai 1296 66 792 3,236 0,309 12 décembe 1296 68 816 3,334 0,300 4 juillet 1297 70 840 3,432 0,291 25 mai 1298 75 900 3,677 0,272 7 juin 1299 78 936 3,824 0,261 11 octobe 1299 85 1020 4,167 0,240 23 avil 1302 88 1056 4,315 0,232 24 févie 1303 104 1248 5,099 0,196 22 août 1303 1,499 0,125 0,637 7 mai 1304 120 1440 5,883 0,170 mas 1305 145 1740 7,109 0,141 3 avil 1306 165 1980 8,090 0,124 3 avil 1306 55,5 666 2,721 0,367 8 setembe 1306 3,696 0,308 0,838 26 janvie 1311 66,5 798 3,260 0,307 26 janvie 1311 3,139 0,262 0,853 setembe 1313 54 648 2,648 0,378 setembe 1313 4,043 0,337 0,892 avil 1316 8 décembe 1316 54 648 2,648 0,378 1e mas 1318 67,5 810 3,309 0,302 1e mas 1318 3,168 0,264 0,874 7 mai 1322 80 960 3,922 0,255 27 octobe 1322 68,75 825 3,371 0,297 2 mas 1323 80 960 3,922 0,255 24 juillet 1326 90 1080 4,413 0,227 20 janvie 1327 100 1200 4,903 0,204 8 janvie 1328 108 1296 5,295 0,189 novembe 1328 111 setembe 1329 48 576 2,353 0,425 6 setembe 1329 3,912 0,326 0,767 htt:// 164

es oblèmes monétaies au moyen âge es aots obtenus ((2)/(1)) sont non seulement tès eu nombeux mais de sucoît ambigus dans leu inteétation. On constate que les nombes en italique sont comis ente 0,805 et 0,892 signifiant que le d.t. d une ièce en agent ne contient qu ente 80 et 90 % de l agent contenu dans un d.t. de mac d agent. tement dit la valeu du d.t. de métal non monnayé est lus imotante que celle du d.t. de métal monnayé. aintenant on eut constate que ce aot su 62 années est elativement stable, signifiant que les vaiables (1) et (2) sont liées, c est-à-die que ce ésultat emiique semble défende note thèse su la liaison invese ente le ix commecial du métal écieux et la quantité de métal écieux eésentée dans la monnaie de comte. Nous ouvons alos exlique la sous-évaluation du d.t. de la ièce en agent a aot au d.t. de métal écieux, a le seigneuiage, le bassage (coût de la fae), et la ticheie du maîte des monnaies su l aloi des ièces 1. es ésultats sont sans doute insuffisants, ca il eose su cinq oints statistiques véitablement significatifs. Pou autant, la éiode obsevée est elativement longue et les fluctuations tès faibles. À défaut de touve mieux, il semble qu emiiquement note liaison invese soit véifiée. assage elevons que le seigneuiage eésentait un ofit comis ente 10 et 20 % 2 su le monnayage de l agent. Pou l o nous n en savons ien 3. Section 2 a dévaluation au sevice des ecettes oyales : l imôt monétaie inflationniste es cous commeciaux n exliquent as tout. es affaiblissements emettent d aote des essouces au téso ublic : c est l imôt inflationniste. En éiode de cise, les mutations monétaies sont entièement motivées a les besoins financies de la couonne. es dévaluations de la live de comte donnent au oi des evenus ou lesquels, il n est as tenu de demande l avis des «estats» du oyaume à la difféence de l imôt. es mutations sont des décisions beaucou moins consensuelles que les négociations su l imôt los des États généaux. a océdue de mutation monétaie est donc beaucou lus soule d emloi et ses effets sont immédiats, à la difféence de l imôt qui exige un cetain délai ou que la ecetion des ièces «sonnantes et tébuchantes» soit effective. itons les ésultats de Jules Viad su le déouillement des Jounaux du Téso de Philie le Bel et hales le Bel, en ce qui concene l imotance des mutations dans le budget du oyaume : Année Recette des mutations en l.. Recette totale en l.. % du monnayage Philie le Bel 1298 475 000 745 000 63,76 1299 416 000 802 000 51,87 1300 4 45 000 78 000 57,69 1301 80 000 371 000 21,56 hales le Bel 1322 546 477 000 0,11 1323 6603 598 000 1,10 1324 70 400 538 000 13,08 1325 108 000 610 000 17,70 Avec ces quelques ésultats éas on eut note l existence d une étoite coélation ente les ecettes monétaies liées au monnayage et les affaiblissements. 1 e maîte des monnaies ne ouvait tiche su le oids des ièces ca facilement véifiable a les aticulies, il le faisait en s aochant le lus ossible de l eméance maximale autoisée. 2 à aussi, je ne étends as ête catégoique su la validité de ces chiffes. 3 Nous avons éussi à glane quelques infomations su la monnaie en o. En eenant la définition du aot du tableau A, nous touvons les ésultats suivants : 0,922 (3 avil 1306) ; 0,940 (26 janvie 1311) ; 1,028 (avil 1316) ; 0,965 (15 octobe 1322) ; 0,932 (16 févie 1326) ; 0,046 (juillet 1341). À at deux aots totalement folkloiques, les chiffes touvés sont emaquablement stables, ce qui tendait à confime le lien invese ente la quantité de métal écieux a unité de comte et le cous de ses mêmes métaux écieux. Notons que le bénéfice du seigneuiage est lus faible (inféieu à 10 %), ce qui s exliqueait a des effets d économies d échelle, uisque la fonction «coût fixe» est associée à une hyebole. 4 Pou l année 1300, les ésultats concenent seulement le emie timeste. htt:// 165

es oblèmes monétaies au moyen âge En ce qui concene la éiode des gands affaiblissements de Philie le Bel, les thésauiseus avaient tout intéêt à aote leu métal aux atelies monétaies, ca ils obtenaient une quantité de métal monnayé tès imotante. omme le flux de métal monnayé était soutenu, le seigneuiage lié à cette oéation l était aussi, d où la éondéance des ecettes monétaies dans le budget du oyaume. Pou la éiode qui a aot avec hales le Bel, la monnaie a été enfocée à eu ès au niveau du alie du 26 janvie 1311 (1 s.t. = 3,168 g. d agent) su une éiode de dix ans. Elle se caactéise a un alentissement dastique de l activité économique conséquence du etou à la bonne monnaie. Un signe déteminant de ce alentissement économique est la disaition du billon dont le oi se fait l écho : «Si eu en est maintenant ente les eules ou oiemens, machande et autes choses faie que gand défaut en est atout» 1. agent est devenu si ae que le gouvenement décide qu il sea exclusivement ésevé à la fae des monnaies noies, indisensables à l économie ou évite l atohie. aboutissement de tout ceci, est l engagement is a le oi d abandonne son bénéfice su le monnayage. es décisions ne sevent à ien, l agent a quasiment disau, entièement «asié» a l Oient lointain. Bef, la faible at des ecettes monétaies dans le budget du oyaume sous le ègne de hales le Bel, est la conséquence du etou à la monnaie fote entaînant un alentissement imotant des échanges a disaition de la monnaie de billon, et l aêt esque comlet des oéations de monnayage dans les atelies monétaies. Tès loin d avoi saisi les incidences néfastes su l économie des éévaluations monétaies, le gouvenement enfoce la monnaie le 6 setembe 1329 (1 s.t. = 3,912 g. d agent). ette suenchèe dans le enfocement monétaie taie définitivement les ecettes liées au seigneuiage, ce qui fait die à Raymond azelles que «le établissement de la monnaie fote en 1330 feme cette souce de evenus a suite du chômage total ou atiel des atelies 2. Dans un budget abégé, datable des envions de 1335, un conseille du oi tient ou négligeable le oduit du monnayage» 3. Section 3 a dévaluation ou accoîte les moyens de aiement en ciculation Duant le oyen Âge, la monnaie était afois si ae que les échanges en étaient esque bloqués 4. inquiétude était telle chez les agents économiques, que la thésauisation démultiliait les incidences néfastes de l insuffisance en numéaie. En effet los des «famines» comme d ailleus endant toute famine les agents consevaient cette écieuse monnaie tant echechée, non as ou sécule, mais lus osaïquement ou faie face aux inévitables aléas de la vie quotidienne. aintenant si l on est quantitativiste, on dia que la diminution de la quantité de monnaie en ciculation sea comensée a un accoissement de sa vitesse de ciculation. économie sea indifféente à ce tye de changement. Raisonnement quelque eu simlet ou note éoque, qui tansosé tel quel au oyen Âge devient comlètement gotesque. On eut admette ou l économie modene, que la diminution de la monnaie dans l économie n a que eu ou as d incidence, ca cet accoissement de la aeté de la monnaie est somme toute négligeable ou du moins tient dans des ootions aisonnables. oyen Âge, on eut suose sans to se tome, que la monnaie était esque inexistante, ce qui est tout à fait difféent d une situation d abondance elative. En usant d une analogie avec le langage mathématique, l offe de monnaie au oyen Âge était au voisinage de zéo, a conséquent la demande de monnaie tendait asymtotiquement ves l infini avec des comotements tout à fait chaotiques et imévisibles. Il n y a as une difféence de degé ente une économie dont la aeté monétaie est elative, et une économie dont la aeté monétaie est quasiment absolue, mais une difféence de natue. es deux économies ne sont as comaables, elles sont ofondément disjointes. ette situation de aeté en numéaies tendait à exlique les vaiations considéables du cous commecial des métaux écieux, et donc des mutations monétaies ou 1 Odonnances, I, 766. 2 Rael : les atelies cessent leu oduction du 10 octobe 1329 à setembe 1330. a fae des doubles aisis eend de setembe 1330 à mas 1335 mais su un ythme tès alenti ; à ati de mas 1335 la fae de l o et de l agent s aêtent. 3 AZEES R., 1966,. 273. 4 Selon ac Bloch, «Jusqu à la découvete de l Améique, le stock d agent et d o dont disosait l Euoe était a aot au nôte oement insignifiant. ême aès l ouvetue des mines célèbes de l Améique latine, il demeua elativement faible» (BOH., 1953,. 434). 166

es oblèmes monétaies au moyen âge coige le difféentiel ente cous légal et cous commecial de la monnaie. itons l exemle de ac Bloch, su les conséquences imotantes que ouvaient engende une faible vaiation de la quantité de monnaie en ciculation : «En 1324, le oi nège du elli, ati en èleinage à la ecque, assa au aie avec une caavane chagée d o soudanais ; il distibua si libéalement celui-ci autou de lui que, dit un choniqueu aabe, la valeu de l o su la lace du aie baissa soudain d envion 12 %» 1. Pa conséquent, la mutation éond à un besoin de céation monétaie. Avec un même stock de métal écieux, on obtient a dévaluation lus de monnaie. affaiblissement éond à l iméieuse nécessité d accoîte les moyens de aiement en ciculation. affaiblissement est donc une inflation monétaie leinement désiée. À cette éoque, ce océdé était tellement nécessaie qu il en devenait habituel : «a motivation était si eu excetionnelle qu elle avait is figue d une fomule stééotyée de chancelleie» 2. es limites des affaiblissements A a hausse des ix effet de l affaiblissement est au bout d un cetain tems comensé a la hausse des ix. affaiblissement entaîne l affaiblissement. es sujets du Pince efuse d ête ayés en monnaie affaiblie, ou du moins souhaitent que leus evenus soient éestimés au oata de l affaiblissement 3. et affaiblissement de la monnaie est is en comte a les machands étanges, a une hausse de leus ix de vente, ca ces denies calculent en quantité de métal fin et non as en monnaie de comte. a hausse des ix atait donc de la hausse des machandises imotées. B indexation des tansactions a les agents économiques es contats stiulent des aiements : En monnaie stable étangèe. En mesuant la quantité de métal écieux : les machands mettent en lace «un nouveau système de comte basé su une unité ondéale de métal fin, endant ainsi l enegistement de la dette indéendante de la monnaie fixée a le Pince.... touve son aboutissement dans le système dit gos-floin uis gos-fanc» 4. Section 4 a lutte conte la mauvaise monnaie Elle enait la fome unique d affaiblissements, conséquence de la loi de Gesham. 1 auses inciales à l existence de la mauvaise monnaie industie des cisailleus 5 : ette denièe est causée a la mauvaise qualité des faes monétaies. es monnaies de cette éoque n étaient as standadisées et homogènes. En abiotant imunément les ièces, ces «emessés ogneus» ouvaient engange de substantiels bénéfices. ette industie cessea avec l aivée de nouvelles techniques de faes et notamment avec la cannelue su la tanche des ièces 6. Faes de monnaies esque étangèes dans les oyaumes ce qui accentue l hétéogénéité des ièces. e sont les atelies des gands feudataies qui avaient consevé le doit de fae. À ati de saint ouis on centalise la fae monétaie et on lutte conte le monnayage baonial. 1 Id.,. 434. 2 Id.,. 443. 3 Pou évite cet inconvénient, le ouvoi ublique océdait à des affaiblissements secets. Donne moins d agent a live ou moins d o a écu ou agnel, mais sans le die. 4 laude DUPUY, 1992, «De la monnaie ublique à la monnaie ivée au bas oyen Âge», Genèse, n 8,. 51. 5 BOH., 1953,. 441. 6 Voi exemles, Id.,. 441. 167

es oblèmes monétaies au moyen âge 2 onséquences de cette mauvaise monnaie a tésoeie du oyaume est vidée de ses encaisses en métal écieux : les sujets du Roi vont avoi tendance à aye leus imôts en monnaie faible, c est-à-die en monnaie affaiblie et conseve la bonne monnaie, tandis que l État deva aye dans sa monnaie fote. État ed donc lus de métal écieux qu il n en gagne. D où l imotance de la nomalisation de la monnaie en tant que moyen de comte et de aiement, ou emette le déloiement d une saine fiscalité. Du fait de la séculation su le maché monétaie intenational, la bonne monnaie quitte le teitoie et la mauvaise afflue. 3 oyen emettant de lutte conte la mauvaise monnaie : l affaiblissement Pou lutte conte la mauvaise monnaie de deux choses l une ; soit le Pince suffisamment uissant, imose sa monnaie à la société et oscit «ces ièces méisables» ; soit il ne le eut, et dans ce cas il s aligne de facto su cette monnaie faible a affaiblissements. est la deuxième solution qui évaut. «a conclusion s imose : l existence quelque at en Euoe d un foye un eu imotant de monnaie faible, isquait constamment de tie ves le bas toutes les bonnes monnaies» 1. Section 5 a guee comme moyen de justifie l imôt et les mutations omme ou l imôt, on a justifié la monnaie faible et la dévaluation toujous a aot à la situation de la guee de ent Ans. es dévaluations suivantes sont motivées a cette instabilité militaie : 18 mas 1348, 18 décembe 1348, 15 janvie 1349, 13 juin 1351, 28 novembe 1355, 3 août 1356, janvie 1358 2. Pou l oinion, la guee était la seule justification admise ou les mutations et l imôt. Pa conséquent les cycles de dévaluation de la live de comte sont en liaison diecte avec les besoins financies imosés a les conflits avec l Angletee et la Flande. ais les oblèmes sont bien lus subtils. Ainsi, Raymond azelles emaquant que seule la guee emettait au oi de mue sa monnaie et de ecevoi l imôt, se demande à juste tite «si le souveain et ses conseilles n ont as, dans cetain cas, enteis des hostilités conte leus voisins ace qu ils savaient qu ils ouaient exige de leus sujets ces essouces extaodinaies dont la oyauté avait besoin deuis qu elle avait céé autou d elle une administation emanente et comlexe qu il lui fallait aye» 3. ette obligation où étaient les ois de mainteni la guee et même de la favoise ou obteni des essouces financièes aaît ête une des aisons de la longueu de la guee de ent Ans. a guee est donc le subtefuge le lus usité a les gouvenements, ou mue la monnaie et a conséquent accoîte les ecettes fiscales. es mutations sont donc l un des éléments qui caactéisent l affimation du ouvoi oyal et qui tendait à s institutionnalise dans des administations de lus en lus déensièes. omme nous l avions exliqué antéieuement, la solution à ce besoin iméieux de liquidités ou cet État naissant, fut la mise en lace d une économie suffisamment monétisée et d un imôt obligatoie et non oosable, ca exession dans un emie tems de la majesté oyale, ensuite de la monachie absolue, et ou fini 4 d un État éublicain instument d un ouvoi oulaie s eximant démocatiquement. itons Raymond azelles qui est l insiateu éclaié de cette idée : «es mutations s inscivent dans l ensemble des hénomènes qui accomagnent l éclatement de la monachie atiacale qui s est constituée jusqu au XIII e siècle. est un signe, comme tant d autes, de l ébanlement d une couonne qui cheche à se dégage de son cade ancien» 5. 1 Id.,. 443. 2 En janvie 1358, les États accetèent l émission d une monnaie faible dont le cinquième du ofit eviendait au oi et le este au financement de la guee. 3 AZEES R., 1966,. 276. 4 Sans étende avoi atteint la «Fin de l histoie» comme cetains l ont dit. 5 Id.,. 276. 168

es oblèmes monétaies au moyen âge a mutation oéateu du ouvoi oyal est lus généalement un oéateu social, c est-à-die un instument de égulation sociale. Section 6 es mutations, un instument de égulation sociale a mutation est «un levie olitique» ca elle favoise économiquement les lus faibles au détiment des ossédants. En fait, l affaiblissement monétaie devient ou la oyauté un instument de oagande auès du lus gand nombe. es ois Valois, gâce à leus nombeux affaiblissements à ati du emie janvie 1337 jusqu à la céation du fanc le 5 décembe 1360, ont soulagé la vie ude et difficile du eule qui ou cette aison est demeué econnaissant enves ces ois et les a soutenus dans leu combat conte l envahisseu anglais. e qui fait die à Raymond azelles dans une exession tès à oos : «a mutation de la monnaie c est aussi la démagogie des ois du XIV e siècle» 1. En un eu moins d un siècle, la monnaie a edu envion 80 % de sa valeu ente la céation du gos de saint ouis (24 juillet 1266) et le etou à la monnaie fote avec le fanc de Jean II le Bon (5 décembe 1360). e maximum étant atteint le 15 mas 1360, avec le gos à l étoile qui a edu 97,7 % de la valeu intinsèque du gos de saint ouis. Avec ces chiffes, il est donc évident que les entes et tout ce qui n était as indexable, ont edu lus des tois quats de leu valeu. es seigneus foncies sont les emièes victimes de cette dévaluation, et de fait elle ulvéise comlètement l ode féodal qui eosait su des entes immuables eximées en monnaie de comte. Avec cette dévaluation emanente, beaucou de nobles ont disau uiné, ou bien ont été gossi les angs de ces chevalies, nobles de naissance, mais vivant iteusement de la chaité de ses ais mieux lotis, ou de ce oi si «bon» et si «généeux», souce de leus malheus. te victime de cette dévaluation, l Église. On eut mesue la ete considéable de ses avantages à la ésistance qu elle oosa à toute olitique d affaiblissement, le clegé fançais se laçant «à la tête de l oosition à la dévaluation de la monnaie de comte, suivi a cetains éléments de la noblesse du oyaume» 2. Plus solennellement, l Église exigeait que chaque oi au moment de son sace enne l engagement de ne as mue la monnaie, ce qui ou un ouvoi oyal inoosable était un véitable camouflet. ais les foces tendancielles de l économie et de la société fuent si considéables que la olitique du ince finit a évaloi su celle des inces de l Église. Finalement, les mutations éondaient à une double nécessité qui les endaient inéluctables. Elles éondaient emièement, à une nécessité économique ou que les cous légaux soient en aot avec les cous commeciaux, et deuxièmement, elles emettaient d affaibli considéablement deux goues sociaux qui étaient ofondément hostiles à un ouvoi oyal fot : la noblesse et l Église. Paallèlement, elles favoisaient le eule qui en econnaissance, éouvait une cetaine symathie ou le oi investigateu de cette olitique. es mutations ont donc emis de égule les aots sociaux en faveu du ouvoi oyal 3, ce denie se détachant de lus en lus de ses anciens alliés qu étaient l Église et la noblesse, ou deveni un ouvoi oyal lus oulaie, lus eésentatif du bien commun, et non le défenseu d intéêts atisans ou d un ode ancien moibond. Récaitulatif es mutations du bas oyen Âge déendent de six vaiables exlicatives, dont les tois emièes sont les lus imotantes : es cous intenationaux des métaux écieux. imôt monétaie inflationniste. augmentation des moyens de aiement en ciculation. 1 Id.,. 277. 2 Id.,. 86. 3 a ensée de ac Bloch est en accod avec celle de Raymond azelles : «En un sens les affaiblissements qui ont causé tant de gênes ont été ne disons as une cause de ogès, ce seait eut-ête un jugement de valeu mais un facteu considéable de l évolution de l Euoe ves une économie lus intense et des modes de stuctue sociale nouveaux» (BOH., 1953,. 449). 169

es oblèmes monétaies au moyen âge a lutte conte la mauvaise monnaie. a guee. a égulation sociale. es quate emies motifs n en font qu un : les affaiblissements étaient nécessaies ou ae aux insuffisantes quantités de métaux écieux. ette inflation était inéluctable ou éonde aux besoins de l économie. es cous commeciaux des métaux écieux vaiaient beaucou ca ils étaient aes. es budgets oyaux étaient eétuellement obéés, ca l imôt et l emunt ne mettaient à leu disosition qu une quantité insuffisante de monnaie. Enfin, on devait lutte conte la mauvaise monnaie étangèe, ca les autes États devaient faie face à cette même insuffisance monétaie et y éondaient a des affaiblissements. Finalement s il n y a qu une chose essentielle à eteni des oblèmes monétaies du oyen Âge, et donc de ce mémoie, c est l insuffisance des moyens de aiements en ciculation, qui endait nécessaie les affaiblissements monétaies. Ayant taité des causes des mutations monétaies, attachons-nous à analyse leus conséquences su les difféents tyes d agents économiques. 170

es oblèmes monétaies au moyen âge haite VI Tyologie des individus face aux mutations et leus conséquences histoiques Section 1 Tyologie des individus face aux mutations H 1 On suose que les individus n accetent as les anciennes ièces aès une mutation. H 2 On suose qu il ne eut y avoi simultanément de mutation nominale et éelle. Nous aelleons : Réévaluation, un enfocement nominal. Renfocement, un enfocement éel. Dévaluation, un affaiblissement nominal. Affaiblissement, un affaiblissement éel. Note analyse su le coule céancie/débiteu est équivalente au coule vendeu/acheteu, elle se touve ésumée dans le tableau B suivant : 171

es oblèmes monétaies au moyen âge Tye de mutation Réévaluation Renfocement Exession monétaie de la tansaction onnaie de comte onnaie éelle onnaie de comte onnaie éelle Tableau B Tye d individu éancie/vendeu Débiteu/Acheteu Thésauiseu Effet ositif e céancie/vendeu eçoit lus de monnaie éelle ou la même somme en monnaie de comte, ca les ièces ont un cous dévalué. Effet neute a monnaie éelle est inchangée dans ses caactéistiques hysiques, et la céance ou la vente s exime dans une monnaie éelle inchangée. e céancie/vendeu ne bénéficie as de la éévaluation ou a contaio ne âtit as de la dévaluation. est le cas classique d indexation des contats ou évite les effets enicieux des mutations nominales. Effet ositif e céancie/vendeu eçoit lus de métal écieux ou la même somme en monnaie de comte, ca la monnaie éelle est enfocée en contenu de métal écieux. Effet ositif e céancie/vendeu eçoit lus de métal écieux ou la même somme en monnaie éelle, ca la monnaie éelle est enfocée en contenu de métal écieux. Effet négatif e débiteu/acheteu donne lus de monnaie éelle ou la même somme en monnaie de comte, ca les ièces ont un cous dévalué. Effet neute a monnaie éelle est inchangée dans ses caactéistiques hysiques, et la dette ou l achat s exime dans une monnaie éelle inchangée. e débiteu/vendeu ne âtit as de la éévaluation ou a contaio ne bénéficie as de la dévaluation. est le cas classique d indexation des contats ou évite les effets enicieux des mutations nominales. Effet négatif e débiteu/acheteu embouse/aye la même somme en monnaie de comte avec une monnaie éelle dont le contenu en métal écieux est enfocé. Ainsi, ou obteni la même quantité de monnaie éelle, le débiteu/acheteu doit monnaye lus de métal écieux. Effet négatif e débiteu/acheteu embouse/aye la même somme en monnaie éelle avec une nouvelle monnaie éelle dont le contenu en métal écieux est enfocé. Ainsi, ou obteni la même quantité de monnaie éelle, le débiteu/acheteu doit monnaye lus de métal écieux. Effet négatif e stock de monnaie éelle du thésauiseu se dévalue, ca la éévaluation induit une baisse du cous de la monnaie éelle. tement dit, le ouvoi d achat de son stock de monnaie éelle diminue. Effet négatif Si le thésauiseu esecte honnêtement le déci qui suit nomalement un enfocement, c est-à-die s il aote son stock de monnaie à l hôtel des monnaies ou qu il soit démonétisé, dans ce cas il obtienda une quantité moinde de monnaie éelle, conséquence du enfocement. htt:// 172

es oblèmes monétaies au moyen âge Remaques : es effets et aisonnements sont invesés losqu on considèe une dévaluation ou un affaiblissement, à l excetion de l effet neute qui bien évidemment este inchangé. Notons aussi que le comotement du thésauiseu au oyen Âge est invesé a aot à celui de note éoque. e que le thésauiseu du oyen Âge cachait écieusement dans ses coffes, n était as vaiment de la monnaie, mais lutôt le métal écieux contenu dans les ièces. O quand le ince affaiblissait sa monnaie, c était la luat du tems ou entéine la hausse des ix commeciaux de l o et de l agent. ette hausse était donc tout à fait ositive ou le thésauiseu uisque cela signifiait que sa ichesse en signes monétaies s accoissait. Pou nous qui vivons au XX e siècle, cette belle esective a disau à cause d un État de lus en lus envahissant et indéassable. a volonté du ince en ce qui concene le «domaine des monnaies» est devenu desotique, on ne eut lus négocie ses ièces et billets auès des banquies ou conseilles financies, ca su le teitoie fançais un fanc vaut un fanc, ou autement dit, il y a eu absotion comlète du cous commecial a le cous légal. Il nous este toujous la ossibilité de négocie nos avois monétaies su le maché des changes intenationaux, mais à la difféence du oyen Âge, le détenteu de devises qui sont dévaluées, voit sa ichesse entamée à cause de la baisse du ix elatif de sa monnaie. Section 2 es effets des mutations su la oulation : les faits histoiques oinion était tès sensible aux mutations monétaies ca elles affectaient immédiatement la valeu des biens et des evenus. omme nous l avions exliqué antéieuement, les mutations sont un oéateu social ca emettant de égule les aots sociaux. ais qui dit égulation c est-à-die la modification des aots sociaux dit imlicitement des foces qui sont «ou» et d autes qui sont «conte». On ne eut imunément modifie la stuctue de la société sans en subi des emous, qui vont des simles gèves cooatistes d aujoud hui, aux évoltes oulaies médiévales mettant le ays à feu et à sang. 1 es effets des affaiblissements Su la figue 3 1, nous ouvons constate avec évidence que le s.t. en équivalent agent et o s est considéablement affaibli. Pou le s.t. en agent, on at d envion 4 g. avec la «bonne» monnaie de saint ouis ou fini à 1 g. à l aube du XV e siècle, soit une dévaluation d envion 75 %. En ce qui concene le s.t. en o, ou la même éiode, le niveau initial est à envion 0,425 g. d o et le niveau final à 0,1 g., soit encoe une dévaluation d envion 75 %. On eut aussi s aecevoi, qu à ati des années 1360, les jeux sont «faits», avec comme bénéficiaie incial le eule fançais, et comme edant, le clegé et la noblesse, c est-à-die l ode ancien, ce qui finalement aange tout le monde. e clegé et la noblesse ayant edu la bataille monétaie, il ne estait lus qu à entéine cette ete de ouvoi a leu maginalisation olitique tout au long de l histoie, jusqu à ce qu ils disaaissent de la société euoéenne comme acteu éellement influent. Aès ces quelques considéations généales evenons-en aux faits. A es victimes des affaiblissements es affaiblissements lèsent tous les détenteus de céances eximées en monnaie de comte. es esonnes moales ou hysiques touchées a ces affaiblissements : e oi avec son domaine, mais il ne eut se lainde ca c est lui qui enteend cette olitique. De lus, l affaiblissement emet d augmente le ofit du seigneuiage et de enfloue les caisses du Téso ublic. On eut même avance sans se tome, que les avantages des affaiblissements, comensaient lagement les désavantages liés à la diminution des entes du domaine oyal, dont l imotance dans le budget oyal se éduisait constamment ou finalement deveni maginales. e clegé détenteu de ichesses foncièes considéables qui ne sont as exloitées diectement. a noblesse qui se touve dans la même situation que le clegé. 1. 181. htt:// 173

es oblèmes monétaies au moyen âge a bougeoisie qui est devenue détentice de domaines uaux et d immeubles ubains. ais cette denièe, voit sa ete comensée a son ofit, ca selon Raymond azelles, elle est «obablement davantage détentice de biens meubles et d agent monnayé 1 que de céances en monnaie de comte» 2. Enfin tous les individus bénéficiaies de cens à teme fixe, de entes en agent, et de loyes non stiulés en natue. B es bénéficiaies des affaiblissements es thésauiseus qui sont essentiellement les séculateus et changeus. e menu eule. Tout déendait de la hausse des ix. oyen Âge, «la hausse des ix [n était] as une conséquence automatique de la dévaluation de la live» 3. En généal à la suite d une dévaluation, les ix étaient maintenus ca les agents du oi suveillaient attentivement les ix de détail ou évite qu ils n augmentent comme la valeu des métaux écieux. Tout se assait elativement bien losque les écoltes étaient bonnes. Il en était autement, losque les denées se faisaient aes (1342-1343, 1348, 1351), dans ce cas l on ne ouvait évite une hausse des ix. Dans ces éiodes de disette, la hausse des métaux écieux et celle des biens de consommation était comensée a une hausse des salaies. ais gosso modo la hausse des ix, ne comensait as l affaiblissement de la monnaie éelle. e système commecial eosant su la monnaie de comte était fondamentalement favoable aux débiteus, c est-à-die essentiellement au menu eule. es affaiblissements ont eu globalement moins d effets négatifs que les enfocements. es individus conte la monnaie stable es séculateus, sont favoables aux mutations que cela soient des affaiblissements ou des enfocements, ca elles leus emettent bien évidemment de sécule. Avec la monnaie stable, la séculation monétaie n a lus lieu d ête. te avantage ou les séculateus : les mutations, mettent en difficulté les détenteus taditionnels de la fotune. En leu êtant de l agent, ils ecueillent biens et fotunes a faillites successives. En définitive, gâce aux mutations, les séculateus se faisaient une lace dans la société. Remaque : le oi s est vu longtems containt de faie ael à de gands machands-banquies à cause des besoins financies coissants de la couonne. es séculateus se etouvaient ami l entouage du oi, l influençant en faveu d une monnaie instable ou ouvoi sécule, ou tout simlement en bénéficiant d infomations ivilégiées su les mutations à veni, ce que l on caactéiseait aujoud hui de délit d initié 4. D es individus conte les enfocements es machands, atisans et agiculteus, ne sont as sécifiquement favoables aux affaiblissements, mais sont conte les enfocements, ca bien que dans un emie tems ils bénéficient du enfocement monétaie a la vente de leu oduit en monnaie enfocée, à long teme, le manque de numéaie conduit à une contaction des échanges, et donc automatiquement à une écession économique. a monnaie disaaît de la ciculation los d un enfocement, ca le oi achète à un ix sous-évalué les métaux écieux, a conséquent les individus n aotent lus leu agent et leu o dans les atelies monétaies, mais vont les négocie auès des changeus ou machands, ou bien les exotent à l étange, bef, dans tous les lieux où l on alique un cous commecial suéieu au cous légal. 1 est l effet bénéfique de l affaiblissement ou le thésauiseu. Voi note tableau B. 2 AZEES R., 1966,. 252. 3 Id.,. 255. 4 «es hommes d affaies italiens ont céé et accaaé la fonction bancaie à taves l Euoe continentale : les Siennois en emie, dès le XIII e siècle, les Floentins eu aès, les ucquois et les Astésans, enfin au XIV e siècle. Ils n en sont que mieux à même de ofite à l occasion, des séculations qu offe l exloitation des essouces domaniales et fiscales des inces et des villes. e ucquois «Bétin assinel» et le Floentin Donato Bunelli se atagent avec les Peuzzi la feme des atelies monétaies de Philie le Bel. Un siècle lus tad, dans le Pais de 1420, c est le ucquois «gustin Ysbae» - un Sbaa - qui oganise et gouvene l association des seize changeus et machands fançais qui end le bail de tous les monnayages dont disose le ouvoi bouguignon.... Dès le XIV e siècle, Vénitiens et Génois ivalisent ou obteni des inces les baux d exloitation des mines d Euoe centale. En Pologne, en Hongie, en Tanssylvanie, le mineai est souvent aux mains des comagnies italiennes» (FAVIER J., 1987,. 61). 174

es oblèmes monétaies au moyen âge 2 es effets des enfocements Généalement les enfocements entaînent un mécontentement oulaie généal, ca d aès note tableau B 1, dans tois cas su quate le enfocement a une incidence négative ou le débiteu/acheteu, le quatième cas coesondant à un effet neute. es exemles histoiques sont nombeux ou confime cette analyse. A e enfocement de 1306 e s.t. en équivalent agent asse le 8 setembe 1306 de 1,499 g. à 3,696 g., soit un enfocement de 146,6 %! À la suite de cette odonnance des émeutes violentes éclatent à Pais et à hâlon. «e 30 setembe 1306, le eule aisien se soulève, s attaque aux oiétés du voye de Pais, Étienne Babette, et menace un instant le oi dans le Temle ; la aison de ce soulèvement se touve dans l intention des Bougeois de Pais de faie aye les loyes en fote monnaie» 2. Pou atténue ces toubles on odonne des mesues d accomagnement. B e enfocement de 1329 e s.t. en équivalent agent asse le 6 setembe 1329 de 3,168 g. à 3,912 g., soit un enfocement de 23,5 %. ette odonnance exigeait d évalue les ix et salaies en fote monnaie. oosition fut to considéable et le 8 févie 1331, le oi fut containt de susende cette odonnance, emettant ainsi une cetaine libeté dans la fixation des ix de vente a les machands et des salaies a les ouvies. Finalement, bien que les ix soient stiulés en monnaie de comte, tout le monde aisonnait en équivalent de métal écieux et adatait ses ix ou obteni la quantité désiée d o ou d agent. e enfocement de 1343 es chiffes alent d eux-mêmes : le s.t. en équivalent agent asse le 26 octobe 1343 de 0,781 g. à 3,126 g., soit un enfocement de 300,2 %, qui succède à l affaiblissement ecod de 80,0 % ente le emie janvie 1337 et le 26 juin 1342. Aès une telle amleu de l inflation, un enfocement de 300 % ouvait difficilement asse inaeçu en emloyant un euhémisme. Selon R. azelles, «le mécontentement devant le etou à la fote monnaie est généal» ; nous nous en doutions quelque eu. À cette décision qui dans le fond est tout à fait insensée, s ajoute la maladesse dans la fome du enfocement. Initialement, il était évu d alique le enfocement a alies successifs, mais devant un tel niveau de éévaluation monétaie, les séculateus se sont ués su cette ootunité d enichissement, achetant d énome quantité de denées non éissables ou les vende aès que fût entièement éalisée l oéation de enfocement. es denées se faisant si aes, le enfocement est anticié dans sa totalité le 26 octobe 1343 a un butal enchéissement monétaie de 300 %. Pou aaise «la clameu du eule», le gouvenement oyal modifie la législation monétaie des loyes et des cens dans la évôté et vicomté de Pais. 3 es excès des mutations es excès concenent essentiellement la éiode qui va du 27 avil 1446 au 5 décembe 1460, endant laquelle l économie subit ente 12 et 14 cycles d affaiblissements et enfocements de tès vastes amleus. a oulation semble initialement ésignée face à cette nouvelle olitique qui neutalisait les inconvénients majeus de la dévaluation et de la evaloisation. ais ces vaiations finient a lasse la oulation, ca les changements eétuels de la monnaie éelle, endaient les contats à teme en monnaie de comte totalement imévisibles. ette invaisemblance dans les cous monétaies, amena le emlacement de la monnaie de comte a la monnaie éelle. «a oyauté est incaable d emêche les habitants du oyaume de sécifie leus engagements en monnaies métalliques» 3. Note gille de lectue du tableau B, change alos comlètement. es individus eximent leus tansactions non as en monnaie de comte mais en monnaie éelle, ce qui a l avantage de éseve les céancies comme les débiteus des mutations nominales. Pou les mutations éelles les individus ne ouvaient se émuni conte ce isque malgé l indexation des ix 1 i-dessus. 171. 2 AZEES R., 1966,. 258. 3 Id.,. 100. 175

es oblèmes monétaies au moyen âge su la monnaie éelle. ais, comme les mutations éelles étaient beaucou lus aes que les mutations nominales, ce défaut n était qu un moinde mal. D où l usage fot déveloé d un étalon monétaie éel, ou ouvoi évalue les difféentes ièces en ciculation et sutout ende homogène les calculs et comaaisons économiques. indexation a emis à l économie de ne as ête to gavement etubée a les mutations. A contaio, l usage couant de la monnaie de comte nécessite une olitique monétaie elativement stable ou que l indexation soit endue caduque. 4 onclusion a tendance su le long teme est à la dévaluation de la monnaie, donc la catégoie des débiteus/acheteus c est-à-die essentiellement la oulation aysanne et ubaine est favoisée au détiment des enties eésentés a le clegé et la noblesse. ette tendance à la baisse était afois contebalancée a de busques enfocements, dont la soudaineté et l amleu, mettaient en colèe la oulation jusqu à menace le oi en son alais. e ouvoi oyal devant une telle hostilité oulaie devait céde, au isque de se voi emoté a ce déchaînement de violence. On sauvait les aaences en consevant le alie de la fote monnaie ou satisfaie les enties, mais cette éévaluation s accomagnait de tout un ensemble de décisions législatives qui de facto endait caduque le etou à la «bonne» monnaie 1. Dans tous les cas, le eule était le incial bénéficiaie de la olitique monétaie du oi, ou du moins, il en essentait moins cuellement les effets négatifs. itons Raymond azelles : «a églementation oyale est lus favoable aux débiteus en ce sens qu elle accode les ofits de la dévaluation, mais qu elle leu éagne les désagéments du etou à la fote monnaie» 2. Pou autant, ne nous imaginons as que la situation individuelle du aysan, de l ouvie ou celle de l aenti, était agéable, les conditions de vie estaient tès difficiles, seulement en tendance, et en considéant des goues sociaux dans leu ensemble, on eut constate un envesement des aots de foce en faveu du eule et donc du oi, qui ne désie lus ête le seigneu des seigneus, mais lutôt le eésentant du «commun eule». Eximant une volonté globale, la volonté du oi devient inoosable elativement à celle de l Église et des feudataies. En cela la monnaie est bien un instument du ouvoi olitique au sevice d un nouvel odonnancement de la société médiévale. a monnaie sous sa fome métallique est essentiellement une exession de la volonté olitique, avant d ête un «outil» économique en tant qu intemédiaie des échanges. Donc une fome métallique de la monnaie essentiellement sous le contôle de l ode olitique, qui lui insuffle toute sa dynamique. 1 odonnance de juin 1313 autoise le èglement des dettes en bougeois dééciés. odonnance du 22 août 1343 autoise en son aticle 6, la utue du bail à loye a le eneu s il ne veut aye les temes dans la monnaie nouvelle. odonnance du 3 mai 1350 a laquelle les loyes, cens et cois de cens échus deuis le 1 e janvie 1349 doivent ête ayés en monnaie faible, la monnaie fote n étant etenue que ou les temes à veni. 2 Id.,. 266. 176

es oblèmes monétaies au moyen âge onclusion Nous avons successivement taité dans ce mémoie, de l affimation du ouvoi oyal, celui du ouvoi machand, et enfin, des causes et des effets des mutations monétaies. Dans la emièe atie, nous nous sommes endus comte que dès le début du XIII e siècle, s affime de façon significative un ouvoi oyal en lutte avec l emie, la féodalité, l Église, le eule et les hommes d affaies. Dans la seconde atie, nous nous sommes aeçus qu à ati du XII e siècle, a émegé ou ensuite se enfoce de façon aide, le ouvoi des hommes d affaies italiens. a monnaie du ince a sevi à l élaboation d un oyaume, a l obligation ou toute la société de comte en lives, sous, et denies, et de aye avec les esèces oyales. Tout ne s est as fait en un jou, la matuation fut fot longue et chaotique, notamment avec la guee de ent Ans, mais la monnaie du ince et les mutations monétaies, ont emis au oi de modele la société en fonction de ses désis. e qu il imote de note, c est que la monnaie ublique est un oéateu du ouvoi, qui ou ête efficace doit s imose à la société. ette imosition a dû s accomli à l intéieu du teitoie, a le contôle uis a l aêt du monnayage des baons, et à l extéieu, en luttant conte la séculation des hommes d affaies et les effets de la loi de Gesham. e emie objectif fut atteint, il n en fut as de même ou le deuxième. a monnaie ublique doit s imose ca elle n est as nécessaie. Il est tout à fait significatif d obseve le déveloement concomitant de la monnaie ublique et du ouvoi oyal, comme si les deux étaient imbiqués. Nous soutenons qu elles le sont. a monnaie ublique s est imosée, elle est donc un acte violent de céation. ette violence a fonctionné, ca tès vite l État checha à déteni le monoole de la violence. osque le ince obtient finalement le monoole de la violence, sa volonté devient a conséquent inoosable, ca comment véitablement conteste un oi qui détient un ouvoi absolu? Pa le doit de vie et de mot su les sujets du oi, l État est en utue avec la ationalité. Dans les faits, la éalité était moins cuelle et sodide, le «bon» oi avait de la comassion enves son «bon» eule, mais ce doit était acceté dans ses incies. Deuxième oéateu de l État : l imôt. Sans imôt, as d État digne de ce nom, mais sans monnaie as d imôt efficace, ca eosant su des aiements en natue tout à fait insuffisants ou satisfaie une administation oyale en lein esso. D où la nécessité de monétise la société en lui imosant la monnaie ublique a l imôt. imôt en tant qu exession de la violence étatique a favoisé la monétisation de la société, ca seulement libéable en esèces oyales. Soulignons bien, le mot libéable, ca tant que l individu n avait as ayé son dû, il n était as libe, l État inquisiteu était là, le menaçant dans son existence même. Il fallait se libée de l imôt, ca sans alle jusqu à la condamnation à mot, les ennuis séieux ouvaient commence. Seule solution : touve de la monnaie, aye et ecouve sa libeté, d où l usage de la monnaie oyale dans l ensemble de la société. Dans la toisième et denièe atie de ce mémoie, nous avons taité lus sécifiquement de la monnaie métallique du oint de vue des mutations monétaies. Gosso modo, on eut die que les oblèmes monétaies se sont comlexifiés à ati du milieu du XIII e siècle a la edécouvete du monnayage de l o et une divesification de celui de l agent, conséquence de l intensification des échanges et donc de l affimation du ouvoi des machands, notamment avec l aaition de vastes comagnies à l échelle de l Euoe. D un égime monométallique, nous sommes assés à un égime timétallique avec des monnaies en o, en agent, et en billon. Gâce à l existence d une monnaie fiduciaie qui était le denie dont la valeu monétaie était suévaluée a aot à sa valeu intinsèque on a u océde non seulement à des mutations éelles, mais aussi à des mutations nominales, qui consistaient en une vaiation du cous eximée en denies des esèces en ciculation. unité de comte abstaite n a jamais été inventée au oyen Âge ca cela auait été un acte céateu totalement edondant avec l unité de comte éelle qu était le denie. Du oint de vue logique, le système timétallique ouvait se éduie à un système bimétallique dont la cohéence auait été assuée 177

es oblèmes monétaies au moyen âge a une unité de comte abstaite emettant la comaaison des esèces en fonction de leus ix de comte. ais voilà, histoiquement les choses ne se sont as déoulées de cette façon, le denie existant deuis le haut oyen Âge, ciculant et acceté dans toute l Euoe, il n était oint nécessaie de mette su ied une unité de comte abstaite. ême si ce ince si machiavélique, n a as inventé les mutations nominales, il est cetain qu il s est sevi au-delà du aisonnable des ossibilités de ce tye de mutation ou modele la société en fonction de l image qu il s en faisait. aintenant, si nous ne devions eteni qu une seule chose des oblèmes monétaies du oyen Âge, c est l insuffisance des métaux écieux, qui endait nécessaie les affaiblissements ou accoîte la quantité de monnaie en ciculation dans l économie et évite qu elle ne sombe dans l atonie. aissons le denie mot à Jean Favie : «Une économie qui dilate ses objets et ses hoizons, des moyens de aiement qui ne suivent as : c est l inflation» 1. 1 FAVIER J., 1987,. 159. 178

es oblèmes monétaies au moyen âge Figues et tableaux 1) a figue 1 (. 179), eésente les vaiations du sou tounois en équivalent agent endant toute la éiode du bas oyen Âge, s étalant du 24 juillet 1266 au 6 avil 1514. 2) a figue 2 (. 180), eésente les vaiations du sou tounois en équivalent o endant toute la éiode du bas oyen Âge, s étalant du 15 août 1266 au 19 novembe 1507. 3) a figue 3 (. 181), est la sueosition des deux figues écédentes. 4) agandissement 1 (. 182), coesond à la figue 3 ou la éiode s étalant du 10 mas 1343 au 14 avil 1361. 5) agandissement 2 (. 183), coesond à la figue 3 ou la éiode s étalant du 3 novembe 1413 au 28 janvie 1436. 6) a figue 4 (. 184), eésente le monnayage de l agent effectué a hales VI (1380-1422), Jean sans eu (1404-1419), Heni V (1413-1422) et hales le égent su le teitoie fançais ente 1417 et 1422. 7) a figue 5 (. 185), eésente le monnayage de l o effectué a hales, Heni V et hales le égent su le teitoie fançais ente 1417 et 1422. 8) a figue 6 (. 186), eésente l évolution du aot ente l agent et l o du 15 août 1290 au 25 avil 1498. Nous avons seulement is en comte les dates qui coesondent à l émission simultanée d une esèce en o et d une esèce en agent 1. 9) a figue 7 (. 187), eésente l évolution du aot ente l agent et l o du 15 août 1266 au 6 avil 1514. Nous avons is en comte l ensemble des dates coesondant aux nouvelles émissions monétaies et les mutations éelles ou nominales. 10) e tableau 1 (. 188), assemble toutes les données su les émissions monétaies d o et d agent effectuées a les ois de Fance, ente le 15 août 1266 et le 6 avil 1514 2. 11) e tableau 2 (. 193), assemble le monnayage d o et d agent effectué a hales VI, Jean sans eu, Heni V et hales le égent su le teitoie fançais ente 1417 et 1422. Nous avons utilisé tois éféences ou comile les données dans le tableau 1 : E. FOURNIA, 1970, Histoie monétaie de l Occident médiéval, Fenand Nathan, Pais,. 100-102, 118-119, 127-128, 133, 136. John DAY, 1994, onnaies et machés au oyen Âge, omité ou l histoie économique et financièe de la Fance, inistèe de l économie, Pais,. 168-173. aticle date de 1987. Jean FAVIER, 1993, Dictionnaie de la Fance médiévale, Fayad, Pais, l aticle «monnaie»,. 650-655. oncene exclusivement les monnaies en o. 1 Voi écédemment la aison de ce choix,. 159-161. 2 es données en italiques, oviennent de John DAY, 1994 ; celles en caactèes nomaux sont de E. FOURNIA, 1970. 179

es oblèmes monétaies au moyen âge Figue 1 oids en agent du s.t. 4,500 4,000 24 juillet 1266 1e janvie 1337 3,500 3,000 oids en g. 2,500 2,000 20 avil 1365 10 mai 1417 26 mai 1456 1,500 22 août 1303 8 setembe 1306 1,000 6 avil 1514 0,500 0,000 15-27 mas 1360 15 mai 1420 24-juil-66 24-juil-16 24-juil-66 24-juil-16 24-juil-66 date htt:// 181

es oblèmes monétaies au moyen âge Figue 2 oids en o du s.t. 0,450 0,400 15 août 1266 0,350 15 novembe 1322 0,300 13 août 1348 oids en g. 0,250 0,200 10 mai 1417 20 janvie 1447 0,150 0,100 22 août 1303 8 setembe 1306 19 novembe 1507 0,050 10 avil 1343 15 décembe 1420 0,000 15-août-66 15-août-16 15-août-66 15-août-16 15-août-66 date 182

es oblèmes monétaies au moyen âge (Agent) Figue 3 oids en agent du s.t. oids en o du s.t. (O) 4,500 0,450 4,000 15 août 1266 0,400 3,500 andissement 1 0,350 3,000 0,300 oids en g. 2,500 2,000 andissement 2 0,250 0,200 1,500 0,150 1,000 6 avil 1514 19 novembe 1507 0,100 0,500 0,050 0,000 0,000 15-août-66 15-août-16 15-août-66 15-août-16 15-août-66 date 183

es oblèmes monétaies au moyen âge andissement 1 (Agent) oids en agent du s.t. oids en o du s.t. (O) 3,500 0,350 3,000 0,300 2,500 0,250 oids en g. 2,000 1,500 14 avil 1361 0,200 0,150 1,000 0,100 0,500 10 mas 1343 0,050 0,000 0,000 1-janv-43 1-janv-45 1-janv-47 1-janv-49 1-janv-51 1-janv-53 1-janv-55 1-janv-57 1-janv-59 1-janv-61 date 184

es oblèmes monétaies au moyen âge (Agent) 1,800 andissement 2 oids en agent du s.t. oids en o du s.t. (O) 0,180 1,600 3 novembe 1413 0,160 1,400 0,140 1,200 28 janvie 1436 0,120 oids en g. 1,000 0,800 0,100 0,080 0,600 0,060 0,400 0,040 9 setembe 1429 0,200 15 décembe 1420 0,020 0,000 0,000 3-nov-13 3-nov-15 3-nov-17 3-nov-19 3-nov-21 3-nov-23 3-nov-25 3-nov-27 3-nov-29 3-nov-31 3-nov-33 3-nov-35 date 185

es oblèmes monétaies au moyen âge Figue 4 HARES VI JEAN SANS PEUR HENRI V HARES RÉGENT 1,600 1,400 12 setembe 1422 oids en agent du s.t. 1,200 1,000 0,800 0,600 10 mai 1417 13 octobe 1417 4 setembe 1417 24 août 1418 0,400 0,200 0,000 10-mai-17 10-mai-18 10-mai-19 10-mai-20 10-mai-21 10-mai-22 date 186

es oblèmes monétaies au moyen âge Figue 5 HARES VI HENRI V HARES RÉGENT 0,180 0,160 0,140 0,120 10 mai 1417 oids en o du s.t. 0,100 0,080 15 janvie 1419 11 juin 1419 12 setembe 1422 0,060 0,040 0,020 0,000 10-mai-17 10-mai-18 10-mai-19 10-mai-20 10-mai-21 10-mai-22 date 187

es oblèmes monétaies au moyen âge Figue 6 Raot agent/o 16 26 janvie 1311 15,18 14 12 1340 24 juillet 1364 11,49 10 15 août 1290 10,42 25 avil 1498 10,99 8 6 4 22 setembe 1351 4,79 15 mas 1419 4,18 2 0 1-août-90 1-août-40 1-août-90 1-août-40 1-août-90 date 188

es oblèmes monétaies au moyen âge Figue 7 aot agent/o 25 6 setembe 1329 23,18 20 15 26 janvie 1311 15,18 24 juillet 1364 11,49 1340 10 15 août 1266 9,64 15 août 1290 10,42 6 avil 1514 9,69 5 22 setembe 1351 4,79 15 mas 1360 0,65 0 15-août-66 15-août-16 15-août-66 15-août-16 15-août-66 date 15 mas 1419 4,18 189

es oblèmes monétaies au moyen âge es données oviennent de E. FOURNIA, Histoie monétaie de l'occident médiéval, Pais, 1970,. 100-102, 118-119, 127-128, 133, 136. es données en italique oviennent de John DAY, onnaies et machés au oyen Âge, Pais, 1994,. 168-173. es données en gas coesondent au aot légal de l'o à l'agent, losqu'il y a émission simultanée d'une monnaie en o et d'une monnaie en agent. ONNAIES EN ARGENT ONNAIES EN OR oids en oids de cous en oids de oids de agent du oids de cous en oids de oids en Raot date nom de l'esèce ied fin en g. d.t. la l.t. la l.t. s.t. date nom de l'esèce tite oids en g. fin en g. s.t. la l.t. o du s.t. agent/o SAINT OUIS SAINT OUIS 24 juillet 1266 Gos tounois 4,026 12 80,856 4,043 15 août 1266 Écu 1,000 4,196 4,196 10 8,391 0,420 9,636 PHIIPPE E BE PHIIPPE E BE août 1290 Gos tounois 4,043 13,125 73,920 3,696 août 1290 Royal 1,000 3,547 3,547 10 7,094 0,355 10,420 3 avil 1295 Gos tounois 4,043 15 64,560 3,228 3 avil 1295 Royal 1,000 3,547 3,547 15 4,729 0,236 13,651 10 janvie 1296 asse 0,916 6,503 25 5,202 0,260 12,410 22 août 1303 Gos tounois 3,030 24,25 29,976 1,499 22 août 1303 haise d'o 1,000 7,094 7,094 62,5 2,270 0,114 13,205 8 setembe 1306 Gos tounois 4,043 13,125 73,920 3,696 8 setembe 1306 Petit oyal 3,496 13,75 5,085 0,254 14,537 26 janvie 1311 Bougeois 0,654 2,5 61,440 62,784 3,139 26 janvie 1311 nel 1,000 4,136 4,136 20 4,136 0,207 15,180 22 setembe 1313 Gos tounois 4,043 12 80,856 4,043 22 setembe 1313 nel 1,000 4,136 4,136 15 5,515 0,276 14,662 OUIS X E HUTIN OUIS X E HUTIN avil 1316 nel 1,000 4,136 4,136 12,5 6,618 0,331 12,218 PHIIPPE V E ONG PHIIPPE V E ONG 1e mas 1318 Gos tounois 3,962 15 63,392 63,360 3,168 9,574 HARES IV E BE HARES IV E BE 15 octobe 1322 nel 1,000 4,136 4,136 18,75 4,412 0,221 14,362 16 févie 1326 Royal "long vêtu" 4,219 25 3,375 0,169 18,772 6 setembe 1329 Gos tounois 12 3,908 12 78,140 78,240 3,912 23,181 8 avil 1330 Gos tounois 3,907 12 78,144 3,907 8 avil 1330 Royal "long vêtu" 4,219 15 5,625 0,281 13,891 PHIIPPE VI PHIIPPE VI 1e janvie 1337 Gos à la couonne 18 2,169 10 52,056 52,100 2,605 1e janvie 1337 Écu 1e 1,000 4,532 4,532 20 4,532 0,227 11,496 31 octobe 1338 Gos à la couonne 24 1,628 10 39,072 39,060 1,953 31 octobe 1338 ion 1,000 4,895 4,895 25 3,916 0,196 9,974 8 juin 1339 Pavillon 1,000 5,098 5,098 30 3,399 0,170 11,493 29 janvie 1340 Gos à la couonne 30 1,302 10 31,248 31,260 1,563 29 janvie 1340 ouonne 1,000 5,438 5,438 40 2,719 0,136 11,497 6 avil 1340 Gos à la couonne 36 1,085 10 26,040 26,040 1,302 6 avil 1340 Double 1e 1,000 6,798 6,798 60 2,266 0,113 11,492 12 mai 1340 Double 2e 0,958 6,798 6,512 60 2,171 0,109 11,995 27 janvie 1341 Gos au lis 42 1,395 15 22,320 22,320 1,116 27 janvie 1341 Ange 1e 1,000 7,271 7,271 75 1,939 0,097 11,511 4 févie 1341 Floin Geoges 1e 1,000 4,647 4,647 48 1,936 0,097 11,527 17 févie 1341 48 19,520 0,976 10,081 8 août 1341 Ange 2e 1,000 6,440 6,440 75 1,717 0,086 11,366 26 juin 1342 Gos au lis 60 0,976 15 15,616 15,620 0,781 26 juin 1342 Ange 3e 1,000 5,827 5,827 85 1,371 0,069 11,393 10 avil 1343 Écu 2e 1,000 4,532 4,532 16,67 5,438 0,272 2,872 26 octobe 1343 Gos tounois 15 3,907 15 62,512 62,520 3,126 11,496 27 avil 1346 24 39,060 1,953 27 avil 1346 Floin Geoges 2e 1,000 4,706 4,706 20 4,706 0,235 8,300 17 juillet 1346 haise 1,000 4,706 4,706 20 4,706 0,235 8,300 190

es oblèmes monétaies au moyen âge 24 févie 1347 36 26,040 1,302 5,533 3 janvie 1348 22 42,620 2,131 9,057 5 janvie 1348 Écu 3e 0,958 4,532 4,342 18,75 4,631 0,232 9,203 13 août 1348 24 39,060 1,953 13 août 1348 Écu 4e 0,948 4,532 4,296 20 4,296 0,215 9,091 18 décembe 1348 32 29,300 1,465 6,820 27 décembe 1348 36 26,040 1,302 6,061 11 mas 1349 Gos à la queue 36 1,628 15 26,048 26,040 1,302 11 mas 1349 Écu 5e 0,916 4,532 4,151 25 3,321 0,166 7,841 6 mai 1349 36 26,040 1,302 6 mai 1349 Écu 6e 0,875 4,532 3,966 25 3,172 0,159 8,208 12 avil 1350 24 39,060 1,953 12,312 21 août 1350 36 26,040 1,302 8,208 JEAN II E BON JEAN II E BON 18 mas 1351 36 26,040 1,302 18 mas 1351 Écu 1e 0,875 4,532 3,966 25 3,172 0,159 8,208 14 mai 1351 48 19,520 0,976 6,153 13 juin 1351 48 19,520 0,976 13 juin 1351 Écu 2e 0,854 4,532 3,870 25 3,096 0,155 6,304 16 août 1351 48 19,520 0,976 16 août 1351 Denie aux fleus de lis 1,000 4,895 4,895 40 2,448 0,122 7,975 7 setembe 1351 Écu 3e 0,833 4,532 3,775 25 3,020 0,151 6,463 22 setembe 1351 54 17,360 0,868 22 setembe 1351 Écu 4e 0,750 4,532 3,399 18,75 3,626 0,181 4,788 22 janvie 1352 Blanc à l'éi 30 1,041 8 31,230 31,260 1,563 8,622 22 juillet 1352 Blanc à l'éi 40 0,780 8 23,400 23,440 1,172 6,465 24 novembe 1352 Blanc à l'éi 48 0,650 8 19,500 19,520 0,976 5,384 3 févie 1353 48 19,520 0,976 5,384 20 avil 1353 Blanc à l'éi 64 0,487 8 14,610 14,640 0,732 4,038 5 octobe 1353 26 36,060 1,803 9,946 9 novembe 1353 Blanc au châtel 32,5 0,948 8 28,440 28,840 1,442 7,955 12 mas 1354 32,5 28,840 1,442 7,955 8 avil 1354 Blanc au châtel 48 0,649 8 19,470 19,520 0,976 5,384 17 mai 1354 Blanc au châtel 64 0,487 8 14,610 14,640 0,732 4,038 31 octobe 1354 Blanc quadiboles 24 0,813 5 39,024 39,060 1,953 10,773 17 janvie 1355 outon 1,000 4,706 4,706 25 3,765 0,188 10,375 24 janvie 1355 Blanc quadiboles 32 0,608 5 29,184 29,300 1,465 7,783 20 mas 1355 Blanc quadiboles 40 0,487 5 23,376 23,440 1,172 6,226 22 mai 1355 Blanc quadiboles 48 0,405 5 19,440 19,520 0,976 5,185 11 juillet 1355 Gos à la queue 64 0,914 15 14,624 14,640 0,732 3,889 17 août 1355 72 13,020 0,651 3,458 27 setembe 1355 80 11,720 0,586 3,113 27 octobe 1355 100 9,360 0,468 2,486 9 novembe 1355 120 7,800 0,390 2,072 16 janvie 1356 Blanc au châtel 24 1,301 8 39,030 39,060 1,953 10,375 26 juillet 1356 40 23,440 1,172 6,226 3 août 1356 48 19,520 0,976 5,185 13 setembe 1356 Blanc au châtel 60 0,518 8 15,540 15,620 0,781 4,149 25 novembe 1356 Gos au châtel 48 0,975 12 19,500 19,520 0,976 5,185 26 mas 1357 28 33,480 1,674 8,893 22 janvie 1358 Gos au lis floencé 45 1,301 15 20,816 20,840 1,042 5,535 7 mai 1358 54 17,360 0,868 4,611 5 août 1358 Gos au lis floencé 80 0,731 15 11,696 11,720 0,586 3,113 191

es oblèmes monétaies au moyen âge 22 août 1358 Gos à la couonne 32 1,463 12 29,260 29,300 1,465 22 août 1358 Royal 1e 1,000 3,708 3,708 25 2,966 0,148 9,877 30 octobe 1358 Gos à la couonne 45 1,040 12 20,800 20,840 1,042 7,025 16 novembe 1358 Gos à la couonne 60 0,779 12 15,580 15,620 0,781 5,266? janvie 1359 72 13,020 0,651 4,389 28 janvie 1359 Blanc à la couonne 40 0,584 6 23,360 23,440 1,172 7,902 15 avil 1359 48 19,520 0,976 15 avil 1359 Royal 2e 1,000 3,547 3,547 25 2,838 0,142 6,879 28 avil 1359 60 15,620 0,781 5,505 6 mai 1359 72 13,020 0,651 4,588 3 juin 1359 Gos aux tois lis 60 0,975 15 15,600 15,620 0,781 5,505 7 juin 1359 70 13,380 0,669 4,715 8 juillet 1359 80 11,720 0,586 4,130 27 juillet 1359 96 9,760 0,488 3,440 7 setembe 1359 120 7,800 0,390 2,749 2 octobe 1359 150 6,240 0,312 2,199 18 octobe 1359 Gos aux tois lis 180 0,324 15 5,184 5,200 0,260 1,833 22 novembe 1359 Gos à l'étoile 72 1,626 30 13,008 13,020 0,651 4,588 2 décembe 1359 96 9,760 0,488 3,440 31 décembe 1359 144 6,500 0,325 2,291 21 janvie 1360 216 4,340 0,217 1,529 10 févie 1360 240 3,900 0,195 1,374 22 févie 1360 300 3,120 0,156 1,100 28 févie 1360 400 3,540 0,177 1,248 15 mas 1360 Gos à l'étoile 500 0,233 30 1,864 1,860 0,093 0,655 27 mas 1360 Gos comagnon 48 1,219 15 19,504 19,520 0,976 6,879 25 avil 1360 64 14,640 0,732 5,159 2 mai 1360 76,8 12,200 0,610 4,299 26 mai 1360 Gos comagnon 96 0,608 15 9,728 9,760 0,488 3,440 28 mai 1360 Blanc comagnon 48 0,608 7,5 19,456 19,520 0,976 6,879 27 juin 1360 60 15,620 0,781 5,505 6 août 1360 100 9,360 0,468 3,299 15 août 1360 Blanc comagnon 120 0,242 7,5 7,744 7,800 0,390 2,749? août 1360 180 5,200 0,260 1,833 30 août 1360 Blanc à la couonne 33 1,182 10 28,368 28,420 1,421 10,016 15 octobe 1360 52,8 17,760 0,888 6,259 5 décembe 1360 Blanc au lis 24 1,626 10 39,024 39,060 1,953 5 décembe 1360 fanc à cheval 1,000 3,885 3,885 20 3,885 0,194 10,054 14 avil 1361 Gos tounois 21 2,791 15 44,656 44,646 2,232 11,492 3 setembe 1361 21 44,646 2,232 11,492 29 octobe 1361 21 44,646 2,232 11,492 HARES V E SAGE HARES V E SAGE 24 juillet 1364 21 44,640 2,232 24 juillet 1364 oyal 1,000 3,885 3,885 20 3,885 0,194 11,490 3 setembe 1364 fanc à cheval 1,000 3,885 3,885 20 3,885 0,194 11,490 20 avil 1365 Gos tounois 24 2,441 15 39,056 39,060 1,953 20 avil 1365 d. aux fleus de lis 1,000 3,824 3,824 20 3,824 0,191 10,214 3 août 1369 24 39,060 1,953 10,214 12 octobe 1373 24 39,060 1,953 10,214 HARES VI E FOU HARES VI E FOU 11 mas 1385 Blanc Guéna 25 1,562 10 37,488 37,500 1,875 11 mas 1385 écu à la couonne 1e 1,000 4,079 4,079 22,5 3,626 0,181 10,343 192

es oblèmes monétaies au moyen âge 23 févie 1388 27 34,720 1,736 23 févie 1388 écu à la couonne 2e 1,000 3,990 3,990 22,5 3,547 0,177 9,789 24 octobe 1388 27 34,720 1,736 9,789 11 mas 1389 Blanc Guéna 27 1,446 10 34,704 34,720 1,736 11 mas 1389 écu à la couonne 3e 1,000 3,990 3,990 22,5 3,547 0,177 9,789 23 juillet 1393 27 34,720 1,736 9,789 29 juillet 1394 27 34,720 1,736 29 juillet 1394 écu à la couonne 4e 1,000 3,947 3,947 22,5 3,508 0,175 9,896 29 avil 1405 29 32,340 1,617 9,218 20 octobe 1411 32 1,220 10 29,280 29,300 1,465 8,351 2 novembe 1411 32 29,300 1,465 2 novembe 1411 écu à la couonne 5e 1,000 3,824 3,824 22,5 3,399 0,170 8,620 7 juin 1413 Gos au lis et Gossus 29 2,963 20 32,316 32,340 1,617 9,514 3 juillet 1413 29 32,340 1,617 3 juillet 1413 etit écu à la couonne 1,000 2,594 2,594 15 3,459 0,173 9,350 3 novembe 1413 29 32,340 1,617 9,350 10 mai 1417 Blanc Guéna 40 0,750 10 23,400 23,440 1,172 10 mai 1417 mouton 0,958 2,549 2,442 20 2,442 0,122 9,599 21 octobe 1417 Gos Floette 60 1,300 20 15,600 15,620 0,781 21 octobe 1417 mouton 0,916 2,549 2,335 20 2,335 0,117 6,690 mas 1419 96 9,760 0,488 mas 1419 écu à la couonne 6e 0,958 3,653 3,500 30 2,333 0,117 4,183 26 févie 1420 écu à la couonne 7e 0,958 3,653 3,500 40 1,750 0,087 5,578 avil 1420 128 7,320 0,366 4,183 mai 1420 160 5,660 0,283 3,235 décembe 1420 30 30,660 1,533 19 décembe 1420 écu 1,000 3,708 3,708 22,5 3,296 0,165 9,302 11 août 1421 salut 1,000 3,884 3,884 25 3,107 0,155 9,867 HARES VII E VITORIEUX HARES VII E VITORIEUX 12 setembe 1422 40 1,172 12 setembe 1422 Fanc à cheval 1,000 3,059 3,059 20 3,059 0,153 7,663 15 janvie 1423 36 1,302 8,513 21 janvie 1423 Écu à la couonne 1e 1,000 3,824 3,824 25 3,059 0,153 8,512 2 mas 1423 48 0,976 2 mas 1423 Écu à la couonne 2e 1,000 3,824 3,824 25 3,059 0,153 6,381 4 novembe 1423 32 1,465 4 novembe 1423 Fanc à cheval 1,000 3,059 3,059 20 3,059 0,153 9,578 août 1424 Écu à la couonne 3e 0,958 3,824 3,663 25 2,931 0,147 9,998 mai 1426 40 1,172 7,998 août 1426 48 0,976 août 1426 Écu à la couonne 4e 0,916 3,496 3,202 25 2,562 0,128 7,619 12 novembe 1426 54 0,868 6,776 29 décembe 1426 32 1,465 11,437 27 août 1427 40 1,172 9,150 9 novembe 1427 48 0,976 9 novembe 1427 Écu à la couonne 5e 0,875 3,496 3,059 25 2,447 0,122 7,976 31 juillet 1428 54 0,868 31 juillet 1428 Écu à la couonne 6e 0,833 3,496 2,912 25 2,330 0,116 7,451 18 janvie 1429 72 0,651 18 janvie 1429 Écu à la couonne 7e 0,750 3,496 2,622 25 2,098 0,105 6,207 1e mas 1429 84 0,558 5,320 15 avil 1429 96 0,488 4,653 6 juin 1429 112 0,418 3,986 9 octobe 1429 32 1,465 9 octobe 1429 Royal 1e 1,000 3,824 3,824 25 3,059 0,153 9,578 5 avil 1431 Royal 2e 1,000 3,824 3,824 25 3,059 0,153 9,578 15 setembe 1431 40 1,172 15 setembe 1431 Royal 3e 1,000 3,496 3,496 30 2,331 0,117 10,057 4 décembe 1431 32 1,465 4 décembe 1431 Royal 4e 1,000 3,824 3,824 25 3,059 0,153 9,578 26 juin 1434 40 1,172 7,662 14 setembe 1435 Écu à la couonne 1,000 3,496 3,496 30 2,331 0,117 10,057 HARES VII HARES VII 28 janvie 1436 32 1,465 28 janvie 1436 Écu neuf 1e 1,000 3,496 3,496 25 2,797 0,140 10,476 12 août 1445 Écu neuf 2e 0,989 3,471 3,433 25 2,746 0,137 10,669 193

es oblèmes monétaies au moyen âge 20 janvie 1447 34 1,378 20 janvie 1447 Écu neuf 3e 0,979 3,471 3,398 27,5 2,471 0,124 11,152 26 mai 1447 32 1,465 26 mai 1447 Écu neuf 4e 0,989 3,471 3,433 27,5 2,497 0,125 11,736 10 janvie 1448 Écu neuf 5e 0,979 3,471 3,398 27,5 2,471 0,124 11,856 18 mai 1450 Écu neuf 6e 0,963 3,471 3,343 27,5 2,431 0,122 12,053 26 juin 1456 36 1,302 26 juin 1456 Écu neuf 7e 0,963 3,447 3,319 27,5 2,414 0,121 10,786 OUIS XI OUIS XI 31 décembe 1461 36 1,302 31 décembe 1461 Écu couonne 0,963 3,447 3,319 27,5 2,414 0,121 10,786 18 setembe 1467 iad 1,218 10,090 4 janvie 1474 Blanc à la couonne 11 1,114 4 janvie 1474 Écu couonne 0,963 3,399 3,273 30,25 2,164 0,108 10,295 2 novembe 1475 Blanc au soleil 1,119 2 novembe 1475 Écu soleil 0,963 3,496 3,367 33 2,040 0,102 10,968 30 mai 1477 Gos-de-oi 1,149 11,263 HARES VIII HARES VIII 11 setembe 1483 Blanc au soleil 1,119 11 setembe 1483 Écu soleil 0,963 3,496 3,367 36,25 1,857 0,093 12,049 24 avil 1488 Douzain 1,021 10,994 11 novembe 1488 Dizain 1,012 10,897 24 mai 1489 Gos-de-oi 1,085 11,683 8 août 1494 Écu soleil 2e 0,963 3,496 3,367 36,25 1,857 0,093 11,683 OUIS XII OUIS XII 25 avil 1498 Douzain 1,021 25 avil 1498 Écu soleil 0,963 3,496 3,367 36,25 1,857 0,093 10,994 19 novembe 1507 Écu oc éic 0,963 3,496 3,367 36,25 1,857 0,093 10,994 3 févie 1512 Gos 1,026 11,047 6 avil 1514 Teston 0,900 9,691 194

es oblèmes monétaies au moyen âge HARES VI JEAN SANS PEUR HENRI V HARES RÉGENT date oids du s.t. oids du s.t. oids du s.t. oids du s.t. oids du s.t. oids du s.t. oids du s.t. oids du s.t. ied ied ied ied date agent o agent o agent o agent o 10 mai 1417 1,172 40 0,122 10 mai 1417 4 setembe 1417 1,172 40 4 setembe 1417 13 octobe 1417 1,172 40 13 octobe 1417 21 octobe 1417 0,781 60 0,116 21 octobe 1417 14 décembe 1417 0,879 53,3? 14 décembe 1417 24 févie 1418 0,732 64 0,781 60 24 févie 1418 juin 1418 juin 1418 12 octobe 1418 0,781 60 12 octobe 1418 janvie 1419 0,781 60 0,084 janvie 1419 mas 1419 0,488 96 0,113 0,732 64 mas 1419 avil 1419 0,586 80 0,689 68 avil 1419 avil 1419 0,651 72 avil 1419 mai 1419 0,586 80 mai 1419 11 juin 1419 0,558 84 0,081 11 juin 1419 17 juin 1419 0,468 100 17 juin 1419 4 juillet 1419 0,558 84 4 juillet 1419 23 août 1419 0,488 96 23 août 1419 19 setembe 1419 0,434 108 19 setembe 1419 12 octobe 1419 0,390 120 12 octobe 1419 12 janvie 1420 0,488 96 0,056 12 janvie 1420 26 févie 1420 0,087 26 févie 1420 avil 1420 0,366 128 0,366 128 avil 1420 mai 1420 0,293 160 0,293 160 mai 1420 juin 1420 0,293 160 0,293 160 juin 1420 août 1420 0,260 180 0,038 août 1420 octobe 1420 0,234 200 octobe 1420 décembe 1420 1,533 30 0,164 0,217 216 décembe 1420 janvie 1421 0,213 220 0,035 janvie 1421 16 févie 1421 0,195 240 16 févie 1421 7 mas 1421 0,176 246 7 mas 1421 12 avil 1421 0,146 320 12 avil 1421 6 mai 1421 1,563 30 0,164 6 mai 1421 11 août 1421 0,155 11 août 1421 8 octobe 1421 0,114 408 8 octobe 1421 20 novembe 1421 1,563 30 20 novembe 1421 30 novembe 1421 0,155 30 novembe 1421 3 févie 1422 0,097 480 3 févie 1422 16 févie 1422 0,048 960 16 févie 1422 20 juin 1422 0,032 1440 20 juin 1422 12 setembe 1422 1,172 40 12 setembe 1422 195

es oblèmes monétaies au moyen âge Bibliogahie ARDANT Gabiel, 1965, Théoie sociologique de l imôt, Thèse ou le doctoat ès lettes, Pais, Imimeie Nationale. ARDANT Gabiel, 1971, Histoie de l imôt, live I, De l Antiquité au XVII e siècle, Pais, Fayad. AUBERT Félix, 1890, e Palement de Pais de Philie le Bel à hales VII (1314-1422) : Sa cométence, ses attibutions, Pais ; 1977, ééd., Genève, Slatkine egaiotis Reints. BAUTIER Robet-Heni, 1951, «o et l agent de la fin du XIII e siècle au début du XIV e siècle», Académie des inscitions et belles lettes. omtes endus des scéances,.169-174, Rééd. 1992, texte n II, Vaioum Reints, ondes. BAK Antony, 1993, «individu et la société» dans J. H. BURNS, éd., Histoie de la ensée olitique médiévale (350-1450), Pais, P.U.F.,. 554-573. BOH ac, 1933, «e oblème de l o au oyen Âge», Annales ES, t. IV,. 1-34. BOH ac, 1933, «Économie-natue ou économie-agent : un seudo-dilemme», Annales ES, t. V,. 7-16, Réed. 1963, élanges histoiques, Pais, éd. EHESS, t. II,. 868-877. BOH ac, 1953, «utations monétaies dans l ancienne Fance», Annales ES, t. VIII, n 2 et n 4,. 145-158 (avil-juin) et. 433-456 (octobe-décembe). BOH ac, 1963, élanges histoiques, Pais, éd. EHESS. BRAUDE Fenand, 1980, ivilisation matéielle, économie et caitalisme, Pais, e ive de oche, oll. Réféences. BURNS J. H. (éd.), 1993, Histoie de la ensée olitique médiévale (350-1450), Pais, P.U.F. ANNING J. P., 1993a, «Politique : institutions et concetions» dans J. H. BURNS, éd., Histoie de la ensée olitique médiévale (350-1450), Pais, P.U.F.,. 323-346. ANNING J. P., 1993b, «oi, souveaineté et théoie cooative, 1300-1450» dans J. H. BURNS, éd., Histoie de la ensée olitique médiévale (350-1450), Pais, P.U.F.,. 428-449. AZEES Raymond, 1966, «Quelques éflexions à oos des mutations de la monnaie oyale fançaise : 1295-1360», e oyen Âge, t. XXII,. 82-105 et. 251-278. AZEES Raymond, 1976, «a stabilisation de la monnaie a la céation du Fanc (déc. 1360) : blocage d une société», Taditio, 32,. 293-311. OEAN Janet, 1993, «Poiété et auveté» dans J. H. BURNS, éd., Histoie de la ensée olitique médiévale (350-1450), Pais, P.U.F.,. 574-613. DAY John, 1994, onnaies et machés au oyen Âge, Pais, omité ou l histoie économique et financièe de la Fance. DEPEYROT Geoges, 1995-1996, Histoie de la monnaie. Des oigines au 18 e siècle, «Intoduction : de l antiquité au 13 e siècle», 1995, coll. ONETA 2, «Du 14 e au 16 e siècle», 1996, coll. ONETA 3, «es 17 e et 18 e siècles», 1996, coll. ONETA 4, oneta, Wetteen. DE ROOVER Raymond, 1946-1947, «e contat de change deuis la fin du XIII e siècle jusqu au début du XVII e», Revue belge de hilologie et d histoie, t. XXV,. 111-128. DE ROOVER Raymond, 1976, «e maché monétaie au oyen Âge et au début des tems modenes : oblèmes et méthodes», Revue histoique, n 495,. 5-40. DUBOIS Heni, «e ouvoi économique du Pince», es inces et le ouvoi au oyen Âge, Pais, Publications de la Sobonne,. 229-246. DUNBABIN Jean, 1993, «e gouvenement» dans J. H. BURNS, éd., Histoie de la ensée olitique médiévale (350-1450), Pais, P.U.F.,. 450-491. DUPUY laude, 1992, «De la monnaie ublique à la monnaie ivée au bas oyen Âge (XIII e et XIV e siècles)», Genèses, Juin, n 8,. 25-59. FAVIER Jean, 1987, De l o et des éices, Pais, Hachette, collection Pluiel. FAVIER Jean, 1993, Dictionnaie de la Fance médiévale, Pais, Fayad. htt:// 196

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es oblèmes monétaies au moyen âge Table des matièes IENE DE IBRE DIFFUSION DU DOUENT - DD VERSION 1... 2 SOAIRE... 3 ES ABREVIATIONS... 4 INTRODUTION... 5 PREIERE PARTIE AFFIRATION DU POUVOIR ROYA... 7 HAPITRE I PREIINAIRES SUR ÉTAT AU OYEN AGE... 9 Section 1 e concet d État au oyen Âge... 9 Section 2 Un État s oosant à d autes ouvois... 9 1 Une féodalité moibonde... 9 2 Une autoité ecclésiastique qui edue... 11 Section 2 es émisses histoiques des États teitoiaux... 11 HAPITRE II ONEPTS POITIQUES ET AFFIRATION DU POUVOIR ROYA... 13 Section 1 a oyauté... 13 1 Un oi divin... 13 2 indéendance juidictionnelle du oi... 13 Section 2 a couonne... 14 Section 3 e conseil... 15 Section 4 a loi... 16 1 Volonté et affimation du ouvoi olitique... 17 A a synthèse du doit omain, chétien et gemanique : la double natue de la loi... 17 B a volonté du ince comme aison suffisante de la légitimité législative... 17 e ôle de la volonté... 18 2 es limites de la souveaineté... 18 A e ôle des nomes fondamentales... 18 B e ae et l état de l Église... 19 e ôle de la coutume féodale... 19 D es doits de la communauté... 20 E a oiété ivée... 20 3 Théoie juidique de la souveaineté teitoiale... 20 4 a théoie cooative comme modèle de eésentation sociale et olitique... 21 A es cooations aux XII e et XIII e siècles... 21 B Théoie cooative et État teitoial... 22 5 Une institutionnalisation de la loi : le Palement de Pais... 22 A Définitions... 22 B es tois chambes du Palement... 22 a océdue juidique... 23 D e Palement et son ôle de centalisateu juidique... 23 E es cométences du Palement... 24 HAPITRE III ONNAIE ET AFFIRATION DU POUVOIR ROYA... 25 Section 1 Pémisses d une légitimité monétaie teitoiale... 25 Section 2 a fomation de l esace monétaie fançais... 25 1 es odonnances monétaies oyales... 26 2 idéal d une unité monétaie du oyaume... 26 A a mise sous tutelle des monnaies seigneuiales... 27 B Pohibition des monnaies étangèes... 27 iconscition d un esace monétaie... 27 3 année de la utue : 1295... 27 Section 3 atuité du ouvoi oyal : une monnaie au sevice de la majesté oyale... 28 1 Affimation de la leine souveaineté oyale dans le domaine monétaie : l acte du 16 janvie 1347... 28 198

es oblèmes monétaies au moyen âge 2 Retou à la monnaie fote en 1360 avec le «fanc»... 32 3 Émegence du mecantilisme... 33 A Politique commeciale du ince... 34 B Politique monétaie du ince... 34 HAPITRE IV IPOT ET AFFIRATION DU POUVOIR ROYA... 35 Section 1 De l imôt don à l imôt focé... 35 1 imôt don du oi... 35 A Un ouvoi qui se éalise dans la odigalité... 36 B imôt et le don... 36 2 a hase de tansition, du XIV e au XVI e siècle... 37 3 imôt obligatoie de l État... 37 A oosition ente bougeoisie et noblesse... 37 B oosition ente l État et le oi... 38 Section 2 Histoie de l imôt... 38 1 Une société qui veut soti de la féodalité... 38 2 a enaissance du commece et des États... 39 3 a enaissance de l imôt et l affanchissement des hommes... 40 A es affanchissements dans les seigneuies... 40 B es affanchissements dans les inciautés... 41 Imôt et limitation de l abitaie... 42 4 es effets négatifs de l imôt... 42 A effet négatif de l imôt su l économie... 43 B es évoltes fiscales... 43 Section 3 onnaie et imôt... 44 1 imôt déend de la monnaie... 44 2 imôt induit une double thésauisation monétaie... 45 A a thésauisation du ouvoi oyal... 45 B a thésauisation des agents ivés... 45 3 e ôle de la fiscalité su la monnaie... 45 4 a monétisation focée de l économie a l imôt... 46 SEONDE PARTIE AFFIRATION DU POUVOIR ARHAND... 48 HAPITRE I ES ONEPTS ET INSTRUENTS DU POUVOIR ARHAND... 50 Section 1 e caital et le tavail... 50 1 a commission... 50 2 a commande... 50 Section 2 es difféents tyes de sociétés... 50 1 a société à aticiations... 50 2 a société en «commandite»... 51 3 a comagnie... 51 A a comagnie se veut exclusive... 51 B a comagnie se fait aussi banque ou finance ses investissements... 52 Section 3 e cédit local... 52 1 a citique de l usue... 52 2 e monde du cédit... 53 A a vente à cédit... 53 B e êt amical... 53 usuie... 53 D a vente à achete... 54 E a location-vente... 54 3 es déôts et les oéations de viement... 54 A aaition du comte de déôt... 54 B aaition du viement... 54 aaition de la gande banque... 55 Section 4 a lette de change... 55 1 e change tié... 55 A Du contat à la lette de change... 56 B es quate aticiants d un contat de change... 56 oéation de change ouve un cédit... 57 D intéêt caché dans les difféentiels de taux de change... 58 2 e êt bancaie : le echange... 59 A Exemle d oéation de echange... 60 B Tyologie des individus face aux vaiations des taux de change... 61 HAPITRE II AFFIRATION HISTORIQUE DU POUVOIR ARHAND... 65 Section 1 a éiode des oisades... 65 1 es conditions généales... 65 199

es oblèmes monétaies au moyen âge A émegence du commece italien d Oient gâce aux oisades... 65 B es nouvelles caactéistiques du commece italien... 65 o d Afique... 66 2 es hommes d affaies des villes maitimes... 66 A a commande... 66 B es villes maitimes... 67 3 es hommes d affaies des villes de l intéieu... 69 A Genèse de la comagnie... 70 B Plaisance... 70 Sienne... 71 D Floence... 71 4 Vie et cultue... 71 Section 2 aogée commeciale et les inventions techniques... 72 1 es conditions généales... 72 A aêt des oisades... 72 B exansion commeciale ves l Oient... 72 exansion commeciale ves l Occident... 72 D Une nouvelle oute teeste... 73 E Un monoole commecial italien... 73 F Déclins de Pise, Sienne et Plaisance... 73 G affimation monétaie des cités... 73 H e alentissement économique de 1330-1340... 73 2 À Gênes, foye d individualisme... 74 A a coissance économique de Gênes... 74 B e oblème de l assuance... 74 a société en commandite... 75 D endettement de Gênes et la asa di San Giogio... 75 2 À Venise les emièes banques... 75 A Un commece vénitien lus taditionnel... 76 B e déveloement de la commission... 76 a banque à Venise... 76 D onclusion... 76 3 À Floence, les comagnies à succusales multiles... 77 A a comagnie... 77 B es activités bancaies et le change... 78 es aots comlémentaies ente la aauté et les gandes comagnies... 78 D es oéations de cédit... 79 E a fae des monnaies... 79 F es bénéfices des comagnies... 80 G es etes et les faillites des comagnies... 80 4 a mentalité ationnelle des machands... 81 A a mentalité des machands : une aoche ationaliste... 81 B Définition d un tems abstait... 81 Section 3 esso du caitalisme financie et industiel, XV e siècle... 82 1 es conditions généales... 82 A Rétécissement de l esace commecial... 83 B industialisation au XV e siècle... 83 atuité des innovations assées... 83 2 À Floence, les comagnies à filiales au tems des édicis... 84 A e cédit a l oéation de echange... 84 B endossement... 84 Une industie textile comlètement ationalisée... 84 D De nouvelles comagnies toujous aussi fagiles que les écédentes... 85 3 À Venise sous les containtes de l État... 85 A es banquies... 86 B aogée commecial de Venise : le emie ties du XV e siècle... 86 «endomissement» de Venise... 86 4 À Gênes, au tems de la casa di san Giogio... 87 TROISIEE PARTIE AUSES ET EFFETS DES UTATIONS ONETAIRES... 89 HAPITRE I A DEFINITION DES ESPEES... 91 Section 1 e tite... 91 es alliages éliminaies... 91 A agent-ontellie... 91 B agent-le Roi... 91 Section 2 e oids... 91 200

es oblèmes monétaies au moyen âge 1 a taille... 91 2 e mac... 92 3 a live de Toyes et la live oids de mac... 92 Section 3 e cous... 92 Section 4 Poblèmes elatifs à la définition des esèces... 93 1 es toléances... 93 2 es mutations... 93 A utation éelle... 93 B utation nominale... 94 e déci ou la démonétisation des esèces n ayant lus cous... 95 3 e ied de la monnaie... 95 A Définition... 95 B Deux exemles... 96 Double intéêt du ied... 96 4 onométallisme et bimétallisme... 96 HAPITRE II PRESENTATION FORAISEE DES UTATIONS ONETAIRES... 97 Section 1 odèle bimétallique avec ix de comte et unicité du tye de monnaie... 97 1 Deux tyes de ix... 97 A es ix commeciaux... 97 B es ix légaux... 97 2 Difféence d aéciation du aot o-agent a l ode olitique et a l ode économique... 98 3 Évaluation de l o et de l agent a l ode économique... 98 4 Rééquilibage du cous légal au niveau du cous commecial ou évite les hénomènes séculatifs... 101 A odification du cous légal de l o... 101 B odification de toutes les caactéistiques de la monnaie en o et en agent... 101 utation éelle de la monnaie en o... 102 D utation éelle de la monnaie en agent... 102 E utation nominale de la monnaie en o... 103 F utation nominale de la monnaie en agent... 103 5 Rééquilibage du cous légal au niveau du cous commecial en coisant les difféents tyes de mutations... 104 6 Récaitulatif... 104 A Remaques... 105 B Exemle numéique de mutations... 106 Section 2 odèle bimétallique avec ix de comte et multilicité des tyes de monnaie... 106 1 Deux tyes de ix... 107 A es ix commeciaux... 107 B es ix légaux... 107 2 Difféence d aéciation du aot o-agent a l ode olitique et a l ode économique... 107 3 Evaluation de l o et de l agent a l ode économique... 108 4 Rééquilibage du cous légal au niveau du cous commecial ou évite les hénomènes séculatifs... 109 A odification de toutes les caactéistiques de la i ième monnaie d o et la j ième monnaie d agent... 109 B odification de toutes les caactéistiques de la ième monnaie d o et la q ième monnaie d agent... 109 5 Politique monétaie nécessaie ou évite la séculation... 113 A odification des cous légaux des anciennes ièces... 113 B Résultats... 114 onclusion : un système monétaie médiéval intinsèquement instable... 114 Section 3 odèle éaliste... 114 1 Deux tyes de ix... 119 A Un ix de comte de la monnaie fiduciaie qui coesond exactement à son ix monétaie... 119 B es ix monétaies... 119 es ix monétaies elatifs... 119 2 Difféence d aéciation du aot o-agent a l ode olitique et a l ode économique... 119 3 Évaluation de l o et de l agent a l ode économique... 119 4 Rééquilibage du cous légal au niveau du cous commecial ou évite les hénomènes séculatifs... 121 A odification de toutes les caactéistiques des deux monnaies éelles... 121 B utation éelle de la monnaie en o... 122 utation éelle de la monnaie en agent... 122 D utation nominale de la monnaie en o... 123 E utation nominale de la monnaie en agent... 123 5 Récaitulatif... 123 Exemle numéique de mutations... 124 6 es amélioations à aote au modèle... 125 HAPITRE III HISTOIRE DE A ONNAIE EN FRANE DES REFORES DE SAINT OUIS JUSQU AU FRAN 126 Section 1 e monométallisme agent (VIII e -XIII e siècles)... 126 A a monétisation s imose a la foce... 126 201

es oblèmes monétaies au moyen âge B Aaition du système de comte (, s., d.)... 126 1 e égime du denie... 127 A a disaition de l o... 127 B a éaaition du mocellement monétaie... 127 es denies des emies aétiens (987-1137)... 127 2 a ciculation monétaie du VIII e au XIII e siècle... 128 A insuffisance des échanges et la monétisation de l économie... 128 B a ciculation des monnaies aabes et byzantines... 129 Section 2 e etou au bimétallisme (milieu du XIII e siècle)... 130 1 es nouveautés du XIII e siècle... 130 A es gosses monnaies d agent... 130 B a eise du monnayage de l o... 130 2 e système monétaie de saint ouis... 132 A es éfomes de ouis IX... 132 B Reise de la fae du aisis... 132 éation du gos tounois... 132 D éation de l écu d o... 133 E es tounois de ouis IX... 133 3 Pésentation généale des mutations su la éiode 1295-1360 ou la monnaie en agent... 133 4 es difficultés du bimétallisme de 1290 à 1330... 135 A effondement du système monétaie de ouis IX... 135 B es tentatives de etou à la bonne monnaie... 136 es affaiblissements successifs (1318-1330)... 138 D Rétablissement de la bonne monnaie (1329-1330)... 139 E a dévaluation monétaie deuis saint ouis... 141 Section 3 es cises monétaies du XIV e siècle... 141 1 es mutations jusqu en 1360... 142 A instabilité... 142 B es monnaies d agent... 142 es monnaies d o... 143 D es cous aallèles... 143 2 a bonne monnaie etouvée (1360-1417)... 144 A a emise en ode : 1360-1385... 144 B ent affaiblissement de la monnaie : 1385-1417... 146 HAPITRE IV ONNAIE DE OPTE ET SYSTEE DE OPTE... 148 Section 1 es oblèmes liés à la monnaie de comte... 148 1 En Fance, à la fin du XIII e et au XIV e siècle... 149 2 En Flande, au XIV e siècle... 150 3 En Babant, ves la fin du XIV e siècle... 150 4 e este de l Euoe... 151 5 onclusion... 151 Section 2 es caactéistiques des difféentes monnaies de comte et systèmes de comte... 152 1 a monnaie de comte... 152 2 e système de comte floin-gos-denie etit... 153 A Ses bases... 153 B es aots... 153 es avantages du système de comte gos-floin... 153 D Vaiantes et évolution du système gos-floin... 153 3 es systèmes de comte fanc-gos et écu-gos... 154 A e système de comte fanc-gos... 154 B e système de comte écu-gos... 155 4 onclusion... 155 Exlications avec le modèle... 155 HAPITRE V ES AUSES DES UTATIONS ONETAIRES... 157 Section 1 es cous intenationaux des métaux écieux... 157 1 a disaition de l agent au début du XIV e siècle : les faits... 157 2 es flux de métaux écieux avant 1340... 158 A En Occident... 158 B En Oient... 158 onclusion... 159 3 es flux de métaux écieux aès 1340... 159 A a guee de ent Ans... 159 B a femetue de la me Noie... 159 onclusion... 160 4 Quelques commentaies su les analyses de Robet-Heni Bautie et Raymond azelles... 160 A itique des aots commeciaux ente l o et l agent déteminés a R.-H. Bautie... 160 202

es oblèmes monétaies au moyen âge B itique de l analyse de R. azelles su le ôle de la dévaluation de la monnaie de comte dans les mutations... 162 Section 2 a dévaluation au sevice des ecettes oyales : l imôt monétaie inflationniste... 165 Section 3 a dévaluation ou accoîte les moyens de aiement en ciculation... 166 es limites des affaiblissements... 167 A a hausse des ix... 167 B indexation des tansactions a les agents économiques... 167 Section 4 a lutte conte la mauvaise monnaie... 167 1 auses inciales à l existence de la mauvaise monnaie... 167 2 onséquences de cette mauvaise monnaie... 168 3 oyen emettant de lutte conte la mauvaise monnaie : l affaiblissement... 168 Section 5 a guee comme moyen de justifie l imôt et les mutations... 168 Section 6 es mutations, un instument de égulation sociale... 169 Récaitulatif... 169 HAPITRE VI TYPOOGIE DES INDIVIDUS FAE AUX UTATIONS ET EURS ONSEQUENES HISTORIQUES... 171 Section 1 Tyologie des individus face aux mutations... 171 Section 2 es effets des mutations su la oulation : les faits histoiques... 173 1 es effets des affaiblissements... 173 A es victimes des affaiblissements... 173 B es bénéficiaies des affaiblissements... 174 es individus conte la monnaie stable... 174 D es individus conte les enfocements... 174 2 es effets des enfocements... 175 A e enfocement de 1306... 175 B e enfocement de 1329... 175 e enfocement de 1343... 175 3 es excès des mutations... 175 4 onclusion... 176 ONUSION... 177 FIGURES ET TABEAUX... 179 BIBIOGRAPHIE... 196 TABE DES ATIERES... 198 203