MEMOIRE POUR L OBTENTION DU MASTER SPECIALISE EN GESTION INTEGREE DES RESSOURCES

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1 PROBLEMATIQUE D ALIMENTATION EN POTABLE DE LA VILLE DE DJOUGOU : CONTRIBUTION DE LA GIRE MEMOIRE POUR L OBTENTION DU MASTER SPECIALISE EN GESTION INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU Présenté et soutenu publiquement le [Date] par Jean-Eudes OKOUNDE Jury d évaluation du stage : Travaux dirigés par : Denis ZOUNGRANA Enseignant UTER ---- Président : Prénom NOM Membres et correcteurs : Prénom NOM Prénom NOM Prénom NOM Promotion [2009/2010] i

2 DEDICACE Je dédie cette formation à ma mère à titre posthume, A mon père, A ma chère épouse Charlotte OKOUNDE DJEGUI pour son encouragement et son soutien, A mes chers enfants Kébo, Katchoré et Founilayo que ce travail soit pour vous un signe de motivation et de volonté. ii

3 REMERCIEMENT Je voudrais remercier sincèrement mon maître de Stage monsieur Adamou ADJALLA pour sa disponibilité soutenue. Je remercie mon maître de mémoire pour les conseils et sa disponibilité. Je remercie le directeur des Etudes et de la planification de la SONEB Mr David BABALOLA et ses collaborateurs pour avoir mis à ma disposition les documents nécessaires pour rédiger ce mémoire. Je remercie aussi mes collaborateurs qui n ont pas ménagé leur temps pour m aider à collecter certaines données. Je remercie tous les professeurs et les tuteurs qui ont contribué à cette formation. iii

4 Résumé Dans le cadre de l atteinte des OMD, le Bénin s est donné comme priorité l Approvisionnement en Eau Potable (AEP) consacrée dans les documents de base (DSRP, OMD). La Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB) mise en place depuis Janvier 2004 est chargée de l Application de la réforme du secteur de l eau en milieu urbain. L inadéquation nette de la disponibilité avec les besoins réels des populations en eau reste une épineuse question dans les zones géologiques et hydrogéologiquement difficiles comme c est le cas du GRAND DJOUGOU. L AEP de Djougou est caractérisée par : une insuffisance des ressources en eau actuellement mobilisées (deux forages à faibles débits et un barrage dont la capacité est réduite à plus de la moitié) ; une vétusté du réseau existant ; un prix d eau amenant les populations à se rabattre sur les bornes fontaines et les sources alternatives. Dans ce contexte, la GIRE devra contribuer à améliorer les approches permettant d assurer la durabilité de la ressource en eau pour l AEP de la ville de Djougou. Les objectifs spécifiques qui découlent de cet objectif global sont : (1) diagnostiquer la situation actuelle de l AEP de la ville de Djougou ; (2) analyser les données caractéristiques de l AEP; et (3) proposer la contribution de la GIRE pour une gestion durable de l AEP. Suite à l analyse des résultats des plusieurs propositions ont été faites dans le but d améliorer les mobilisations des ressources en eau tant de surface que souterraines tout en respectant les concepts de la GIRE. Dans le cadre de la mobilisation des eaux de surface qui représente aujourd hui la solution la plus probante, cinq (05) sites de barrages ont été identifiés et comparés. Quant à la mobilisation des eaux souterraines, elle viendra en appoint. Pour réussir cette approche, l état centrale devra mettre en place un comité interministériel qui se chargera de la mobilisation des ressources financières et servira de point focal aux différents acteurs. iv

5 ABSTRACT In the achievement of the MDGs, Benin is committed as a priority supply in water potable (EPA) in background (PRSP, Millennium development goals). Benin National Water Society (BNWS) implemented in January 2004 is responsible for the implementation of the reform of the sector of water in urban areas. NET inadequacy of availability with the real needs of populations in water remains a thorny question in geological and hydrogeologically difficult areas as is the case of GRAND DJOUGOU. What may be the contribution of the IWRM to answer this question? The EPA from Djougou is characterized by: a lack of resources currently mobilized water (two drill holes at low speeds and a dam which capacity is reduced to more than half); a dilapidated; network affordable water causing people to rely on the fountains terminals and alternative sources. In this context, IWRM must contribute to improve approaches to ensure the sustainability of resource AEP Djougou city water. The specific objectives arising from this overall objective are: (1) diagnose the current status of the EPA in the town of Djougou; (2) analyze the characteristic data of the ASP; and (3) offer the contribution of the IWRM for sustainable management of the EPA. Analysis results of several proposals were made with the aim of improving the mobilization of water resources both surface underground while respecting the IWRM concepts. In the mobilization of surface waters that represents today the most conclusive solution, several five (05) sites of dams were identified and compared. On the mobilization of groundwater, it will be extra. To succeed this approach, the central State must set up an interdepartmental Committee that will load the mobilization of financial resources and will serve as a focal point for the different actors. v

6 SIGLES ET ABRÉVIATIONS AEP AEV AGETUR BDI CARDER CeRPA DG-Eau DIEPA DSRP EPE ETP GIRE GPS OMD ONU PANGIRE PEA PEHD PVC RGPH RNIE SDAGE SNV SONEB UEMOA UNICEF : Alimentation en Eau Potable : Adduction d Eau Villageoise : AGence d Exécution des Travaux URbains : Base de Données Intégrées : Centre d'action Aégionale pour le Développement Rural : CEntre Régionale pour la Promotion Agricole : Direction Générale de l Eau : Décennie Internationale de l Eau Potable et de l Alimentation : Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté : Équivalent Point d Eau : ÉvapoTranspiration Potentielle : Gestion Intégrée des Ressources en Eau : Global Positioning System : Objectifs du Millénaire pour le Développement : Organisation des Nations Unies : Plan d Action Nationale de Gestion Intégrée des Ressources en Eau : Poste d Eau Autonome : Polyéthylène Haute Densité : PolyChlorure de Vinyle : Recensement Générale de la Population et de l Habitat : Route Nationale Inter-Etat : Schéma Directeur d'aménagement et de Gestion des Eaux : Organisation Néerlandaise pour le Développement : Société Nationale des Eaux du Bénin : Union Économique et Monétaire Ouest Africaine : Fonds des Nations Unies pour l Enfance vi

7 SOMMAIRE I. INTRODUCTION... 4 II. Hypothèses de travail et Objectifs HYPOTHÈSES DE TRAVAIL OBJECTIF GLOBAL OBJECTIFS SPÉCIFIQUES... 8 III. Matériels et Méthodes MATÉRIELS MÉTHODOLOGIE UTILISÉE RENCONTRE AVEC LES RESPONSABLES Rencontre avec les responsables de la SONEB Rencontre avec les responsables de la DG-Eau DOCUMENTATION AU NIVEAU DES MINISTÈRES RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS LOCALES DE LA VILLE DE DJOUGOU VISITE DE TERRAIN ET DIAGNOSTIC DES ÉQUIPEMENTS PRÉSENTATION DES RÉSULTATS ENQUÊTES SUR LES RESSOURCES EN EAU POTENTIELLES ANALYSE DES RÉSULTATS ET DISCUSSION DES PROPOSITIONS RECOMMANDATIONS IV. Résultats GÉNÉRALITÉS LOCALISATION ET ACCÈS DE LA COMMUNE DE DJOUGOU RESSOURCES PHYSIQUES DE LA COMMUNE DE DJOUGOU Climatologie Relief, sols, végétation et hydrographie Géologie et hydrogéologie DONNÉES SOCIO-ÉCONOMIQUES Démographie Activités économiques et capacités de développement Organisations locales de développement DESCRIPTION DE LA SITUATION ACTUELLE DE L AEP DE DJOUGOU RESSOURCES EN EAU

8 Eaux souterraines Eaux de surface INFRASTRUCTURES Station de traitement de l eau de surface Réseau de distribution et réservoirs Production et tarifs de l eau Gestion du réseau PROPOSITIONS EN VUE DU RENFORCEMENT DES RESSOURCES EN EAU RESSOURCES SOUTERRAINES MOBILISABLES RESSOURCES DE SURFACE MOBILISABLES V. Discussion et Analyses ANALYSE DE L ÉTAT ACTUEL DU RÉSEAU ET DE SA GESTION ANALYSE DES SCENARII MOBILISATION HARMONISÉE DE LA RESSOURCE ÉQUITÉ ET SOLIDARITÉ DANS L ESPACE ET DANS LE TEMPS ENTRE LES USAGERS ACTUELS ET FUTURS UTILISATION RATIONNELLE ET CONCERTÉE DE LA RESSOURCE MOBILISÉE PROTECTION HARMONISÉE DES RESSOURCES NON NUISANCE AUX AUTRES RIVERAINS OU USAGERS DE LA RESSOURCE EAU VI. RECOMMANDATION VII. CONCLUSIONS VIII. BIBLIOGRAPHIE..48 VII ANNEXES

9 LISTE DES TABLEAUX Tableau 1 : Récapitulatif des facteurs climatiques de la Commune de Djougou Tableau 2 : Caractéristiques des forages raccordés au réseau AEP de la ville de Djougou Tableau 3 : Caractéristiques du lac contribuant à l AEP de la ville de Djougou Tableau 4 : Production mensuelle d eau pour l AEP de la ville de Djougou Tableau 5 : Tarifs de l eau pour la ville de Djougou Tableau 6 : Caractéristiques des forages analysés Tableau 7 : Caractéristiques morphométriques des bassins versants des sites (1 existant et 3 proposés).. 31 Tableau 8 : Points d eau modernes existants dans un rayon de 15 km autour de la ville de Djougou et les besoins en eau brute des populations LISTE DES FIGURES Figure 1 : Variation mensuelle des températures minimales et maximales Figure 2 : Variation mensuelle des hauteurs de pluie et de l évapotranspiration Figure 3 : Accès à la ville de Djougou à partir de Cotonou (RÉF. CARTE TOURISTIQUE DU BENIN, IGN-France, 2000) Figure 4 : Relief, sols, végétation et hydrographie de la Commune de Djougou (RÉF. CARTE TOURISTIQUE DU BENIN, IGN-France, 2000) Figure 5 : Géologie et hydrogéologie de la Commune de Djougou (RÉF. CARTE HYDROGÉOLOGIQUE DU BENIN, GEOHYDRAULIQUE ) Figure 6 : Projection démographique de la Commune de Djougou Figure 7 : Points d eau fonctionnels dans la Commune de Djougou (RÉF. BANQUE DE DONNÉES INTÉGRÉE DU BENIN, DG-Eau ) Figure 8 : Schéma hydraulique du système d AEP actuel Figure 9 : Organes de prise d eau sur le lac Figure 10 : Parties de la station de traitement des eaux de surface Figure 11 : Variation des productions mensuelles d eau pour l AEP de Djougou Figure 12 : Position des forages (existants et proposés) et du réseau de collecte Figure 13 : Position du site du barrage existant (Lac) Figure 14 : Position du site du barrage DJ-1 Figure 15 : Position du site du barrage DJ-1 bis Figure 16 : Position du site du barrage DJ Figure 17 : Position du site du barrage DJ Figure 18 : Position du site du barrage DJ Figure 19 : Position du site du barrage Affon

10 I. INTRODUCTION La 108ème séance plénière de l Assemblée Générale de l Organisation des Nations Unies (ONU) tenue le 28 juillet 2010, a reconnu le droit à une eau potable salubre et propre comme un droit fondamental de l homme, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l homme. Ce vote majoritaire (122 pour, 0 contre et 41 abstentions) s inscrit dans la logique de l atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l horizon En déclarant le droit à l eau potable comme droit fondamental de l homme, la communauté internationale en général et les Nations Unies en particulier viennent d élever le droit des populations à accéder à l eau potable et salubre au rang des droits fondamentaux de l homme, comme le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité. En effet, en 2004, dans la résolution 58/217, les Nations Unies ont proclamé la période décennie internationale d action, «L eau, source de vie». A travers cette résolution, l Assemblé Générale appelait la communauté internationale à faire davantage attention sur les questions relatives aux ressources en eau, à tous les niveaux, et sur l exécution de programmes et de projets relatifs à l eau, tout en visant à garantir la participation des femmes aux activités de développement concernant l eau, et la poursuite de la coopération à tous les niveaux, en vue de la réalisation des objectifs relatifs aux ressources en eau convenus sur le plan international. Ainsi, la question relative à l eau potable est déclinée au point sept (7) des OMD. Dans la mise en œuvre de cette résolution des Nations Unies, le Bénin, à travers la Direction Générale de l Eau, a mis en place deux stratégies pour l approvisionnement en eau potable en milieu rural ( ) et en milieu urbain ( ). D après ces stratégies, l eau constitue une ressource rare et indispensable à la vie et au développement socio-économique du pays. L alimentation, la santé et toutes les activités humaines dépendent de sa disponibilité en quantité et qualité suffisantes. Actuellement, le secteur de l Approvisionnement en Eau Potable (AEP) constitue une des priorités nationales consacrées dans les documents de base du Bénin (DSRP, OMD) et bénéficie d importants appuis techniques et financiers par les partenaires au développement. En milieu urbain, depuis la décennie internationale de l eau potable et de l assainissement (DIEPA) , des efforts tangibles ont été réalisés en matière d équipements des villes en installations hydrauliques modernes, l augmentation du taux de desserte des populations et de gestion du service de l eau par la mise en place depuis Janvier 2004 de la Société Nationale des 4

11 Eaux du Bénin (SONEB). La stratégie nationale de l AEP en milieu urbain s inscrit dans le cadre d un processus plus large de la réforme qui touche le secteur de l eau (politique nationale de l eau, GIRE, Code de l eau, création de la SONEB, stratégie de l hydraulique rurale). Celle-ci vient compléter le dispositif des stratégies sous-sectorielles. Cette stratégie constitue un instrument de la politique nationale du Bénin en matière d AEP en milieu urbain. Elle traduit selon la Direction Générale l Eau, la volonté de l Etat de renforcer le développement du secteur de l approvisionnement en eau potable en milieu urbain pour mieux satisfaire les besoins de la population et rendre plus efficace sa gestion. Quant à la stratégie nationale de l approvisionnement en eau potable en milieu rural , elle tient compte de la Stratégie de la Réduction de la Pauvreté et des Objectifs de Développement du Millénaire, et oriente l action du gouvernement dans le secteur par des principes directeurs et un plan d action en vue de sa mise en œuvre. La SONEB, société d état chargée d approvisionner en eau tous les chefs lieux de communes, rencontre d énormes difficultés dues au développement que connaissent les villes notamment la croissance démographique, le développement des industries etc., facteurs qui, combinés, dénotent une inadéquation nette avec la disponibilité et les besoins réels des populations en eau. Des efforts sont faits par la SONEB en initiant assez de projets visant à améliorer la qualité des services aux usagers. Ces efforts se traduisent à travers des projets et programmes de réhabilitation, d extension, de densification, de construction et de recherche des ressources en eau suffisantes et pérennes. Plusieurs études ont été lancées par la SONEB, d autres sont en cours de préparation. La gestion intégrée des ressources en Eau (GIRE) qui doit être perçue comme un outil de développement et de planification de la gestion des ressources en eau dont les principes sont clairement définis estelle prise en compte dans la préparation des divers projets en cours où à venir? Quelle pourrait être l apport de la GIRE pour un projet d alimentation en eau potable? Le GRAND DJOUGOU, c'est-à-dire la ville de Djougou et les agglomérations environnantes sont situées dans un contexte géologique et hydrogéologique difficile, caractérisé par un socle cristallin avec des forages de faibles débits. Il est alimenté par deux forages à débits faibles et un barrage dont la capacité est réduite de plus de la moitié. Pour palier à ce problème, quelle pourra être la contribution de la GIRE? 5

12 II. HYPOTHESES DE TRAVAIL ET OBJECTIFS L eau est la base de toute forme de vie. Elle est à la fois habitat, aliment, moyen de production, moyen de transport et bien marchand. L eau tisse naturellement un vaste réseau de connections du fait : qu elle est liée aux autres ressources naturelles (sol, végétation, biodiversité, etc.) ; que les systèmes aquatiques sont interconnectés ; que les problèmes environnementaux se répercutent d un bout à l autre d un bassin hydrographique ; que différents groupes d intérêts l utilisent pour subvenir à leurs besoins. La croissance démographique, l urbanisation et les progrès réalisés en termes d industrialisation se combinent pour créer une demande en eau toujours plus importante. Les écosystèmes, milieux producteurs et régénérateurs de cette ressource, sont menacés, pollués et détruits. Lorsque les ressources en eau sont restreintes et que différents groupes d intérêts manifestent en même temps des besoins par rapport à ces ressources, des réactions concurrentielles et conflictuelles apparaissent. Droits de propriété, construction de barrages, gestion d un même bassin hydrographique entre plusieurs entités d un pays (Communes, Départements, Régions), concurrence entre milieux naturels et ruraux qui renouvellent l eau d une part et le milieu urbain qui la capte et la rejette polluée d autre part sont autant de sources conflictuelles qui accentuent encore la crise mondiale. Il règne à l heure actuelle une distribution inéquitable parmi les différents utilisateurs. La lutte des intérêts et le manque de coopération apparaissent à tous les niveaux, tant dans la discussion internationale, dans la mise en œuvre institutionnelle, que dans l utilisation au niveau communautaire. Saisons des pluies violentes et irrégulières, crues, inondations, glissements de terrain, sécheresses prolongées et changement de climat se manifestent déjà par des changements drastiques du cycle de l eau dans certaines régions de la planète. Les coûts engendrés par les catastrophes naturelles liées à l eau ont plus que doublé ces dernières années. Les barrages, constructions et autres risques potentiels créés par l homme aggravent encore la situation. 6

13 Les gouvernements manquent de capacités et de moyens financiers pour mettre en place des méthodes efficaces de préparation aux effets des catastrophes et d atténuation de ces effets. Les approches privilégiant la prévention sont encore peu répandues par rapport aux approches curatives classiques. La réduction des risques n est pas suffisamment intégrée dans la gestion des ressources en eau et a été jusqu à présent principalement considérée comme un problème technique à retombée économique, sans tenir compte des aspects socioculturels et écologiques. Les projets d alimentation en eau potable (AEP) sont tributaires des situations ci-dessus citées et s avèrent plus vulnérables parce qu il s agit d assurer la vie des populations. L AEP de Djougou n échappe pas à cette situation, elle qui est caractérisée par : une insuffisance des ressources en eau actuellement mobilisées une vétusté du réseau existant un prix d eau amenant les populations à se rabattre sur les bornes fontaines et les sources alternatives 2.1. HYPOTHÈSES DE TRAVAIL la situation actuelle de l AEP de Djougou est connue ; il existe des ressources en eau pérennes, suffisantes et mobilisables ; le réseau de l AEP de Djougou est géré de façon efficiente ; tous les aspects de la GIRE sont pris en compte dans la conception et la gestion de l AEP de Djougou OBJECTIF GLOBAL La Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) est un processus qui encourage la mise en valeur et la gestion coordonnée de l eau, des terres et des ressources associées en vue de maximiser le bien-être économique et social qui en résulte d une manière équitable, sans compromettre la durabilité d écosystèmes vitaux. L objectif global du travail en cours est de contribuer à améliorer les approches permettant d assurer la durabilité de la ressource en eau pour l AEP de la ville de Djougou au Bénin. 7

14 2.3. OBJECTIFS SPÉCIFIQUES Les objectifs spécifiques qui découlent de l objectif global sont : diagnostiquer la situation actuelle de l AEP de la ville de Djougou ; analyser les données caractéristiques de l AEP de la ville de Djougou ; proposer la contribution de la GIRE pour une gestion durable des ressources en eau pour l AEP de Djougou, tenant compte d une desserte des agglomérations traversées par les infrastructures hydrauliques. 8

15 III. MATERIELS ET METHODES 3.1. MATÉRIELS Les matériels utilisés pour l étude sont : Le Plan d investissement de la Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB) ; La carte hydrographique du Bénin avec un accent sur le sous-bassin hydrographique auquel appartient la ville de Djougou ; La carte hydrogéologique du Bénin avec un accent sur la zone de Djougou ; La base de données (BDI) de la Direction Générale de l Eau (DG-Eau) ; Les études sectorielles concernant la ville de Djougou ; Le Plan de Développement Communal de la ville de Djougou ; Les matériels de terrain (GPS, Appareil photo numérique, jumelles, kit d analyses physico-chimiques de l eau, etc.) ; Les fiches de collecte de données ; Les matériels de bureau (curvimètre, planimètre, ordinateurs portable et de bureau, imprimantes, photocopieuse, etc.) MÉTHODOLOGIE UTILISÉE Notre méthodologie est basée sur le concept d une approche systémique, en concertation avec l ensemble des acteurs et intervenants dans le développement de la zone du projet. La recherche a été conduite de façon participative sur la base d une consultation des acteurs afin de favoriser une compréhension de la problématique, discuter des objectifs de la recherche et des mutations possibles dans la mise en œuvre des projets d AEP avec la contribution de la GIRE En effet l alimentation en eau potable (AEP) est un système assez sensible dans une société, au regard des contraintes auxquelles elle est soumise : contradictions et conflits des intérêts entre le fournisseur (ici, la Société Nationale des Eaux du Bénin - SONEB) et les usagers, ces derniers étant de plus en plus exigeants du point de vue des quantités d eau disponibles et des prix pratiqués (davantage de quantités d eau disponibles et à moindre coût). Nonobstant cette situation que connait la SONEB, la difficulté majeure réside dans la mise à disposition de la ressource de façon durable. Cette méthodologie est conduite selon les rubriques suivantes 9

16 Rencontre et échanges avec les responsables de la SONEB et de la DG-Eau ; Documentation au niveau des Ministères ; Rencontre des autorités locales de la ville de Djougou ; Visite de terrain et diagnostic des équipements ; Présentation des résultats obtenus ; Enquêtes sur les ressources en eau potentielles Analyse des résultats et discussion des propositions ; Recommandations ; Conclusion et perspectives RENCONTRE AVEC LES RESPONSABLES Rencontre avec les responsables de la SONEB Cette rencontre a permis de discuter avec la Direction des Études et de la Planification sur le plan d investissement de la SONEB et plus spécifiquement les actions à mener sur l AEP de Djougou, notamment en matière de problèmes de mobilisation des ressources en eau Rencontre avec les responsables de la DG-Eau Au niveau de la DG-Eau, des rencontres ont permis de recueillir le Code de l eau et les différents textes réglementaires en matière de gestion des ressources en eau et des documents relatifs aux avancées de la GIRE. Suite à ces rencontres, il apparait que le PANGIRE n est pas encore adopté et que le SDAGE est en cours de démarrage dans la Basse et Moyenne Vallée de l Ouémé qui prend en compte la zone d étude actuelle DOCUMENTATION AU NIVEAU DES MINISTÈRES Les Ministères qui on fait l objet de nos investigations sont : Le Ministère du Développement et de la Prospective pour les données relatives aux budgets-programmes de tous les Ministères, ce qui a permis de collecter des données à caractère hydraulique dans la zone d étude. Le Ministère de l Agriculture, de l Elevage et de la Pêche à travers la Direction de la Programmation et de la Prospective pour recueillir les données relatives aux programmes en cours dans le secteur, la Direction du Géni-Rural. 10

17 Le Ministère de la Décentralisation et du Développement Local pour apprécier l implication des autorités locales dans les projets et programmes parmi lesquels ceux relatifs à l AEP RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS LOCALES DE LA VILLE DE DJOUGOU Cette rencontre avec le Maire et ses Conseillers a permis de prendre la mesure de l acuité du problème d accessibilité de l eau, surtout en saison sèche. Le problème de comblement et de la pollution de l eau du barrage, qui affecte la bonne qualité de l eau. La séance a aussi permis d expliquer au conseil communal les objectifs de à la recherche et de la faire adopter comme un problème à résoudre par tout le monde VISITE DE TERRAIN ET DIAGNOSTIC DES ÉQUIPEMENTS La visite de terrain et le diagnostic des équipements a permis de visiter et d apprécier tous les ouvrages et équipements notamment les ressources (forages et lac), le réseau de transport, la station de traitement, le réseau d adduction et de distribution, les réservoirs, les équipements de puisage, les équipements électromécaniques, etc PRÉSENTATION DES RÉSULTATS Suite à la revue documentaire, aux rencontres, à la visite de terrain et diagnostic des équipements, les résultats seront présentés sous forme de textes et de graphiques ENQUÊTES SUR LES RESSOURCES EN EAU POTENTIELLES En nous référant aux principes de la GIRE et suite à l état des lieux fait sur la situation actuelle du système d alimentation en eau potable de la ville de Djougou, les différents scénarii vont être analysés et des propositions vont être faites dans le but de l application optimale de la gire. Les éléments ci après vont êtres pris en compte dans les appréciations notamment : Mobilisation harmonisée de la ressource. 11

18 Équité et solidarité dans l espace et dans le temps entre les usagers actuels et futurs. Utilisation rationnelle et concertée de la ressource mobilisée. Préoccupation genre. Protection harmonisée des ressources. Non nuisance aux autres riverains ou usagers de la ressource eau ANALYSE DES RÉSULTATS ET DISCUSSION DES PROPOSITIONS Les résultats présentés précédemment vont être analysés en tenant compte d un certain nombre de paramètres et des hypothèses initialement formulées. Des propositions pourront être faites suite aux scénarii comparés entre eux suivant des poids attribués selon le niveau de respect de la procédure GIRE RECOMMANDATIONS Suite aux différentes propositions comparées entre elles issues de l analyse des résultats, des recommandations seront faites pour le choix d un système qui répond le plus aux exigences de l AEP de la ville de Djougou. IV. RESULTATS 4.1. GÉNÉRALITÉS LOCALISATION ET ACCÈS DE LA COMMUNE DE DJOUGOU La commune de Djougou est située au Nord-ouest de la République du Bénin, dans le Département de la Donga dont Djougou est le Chef-lieu. Sur la carte touristique de la République du Bénin au 1/ , la ville de Djougou est repérée par les coordonnées géographiques suivantes : Longitude Est : Latitude Nord : Pour accéder à la ville de Djougou à partir de Cotonou, on emprunte l itinéraire Cotonou- Bohicon-Dassa par la RNIE2 (204,05 km) puis l itinéraire Dassa-Savalou-Djougou par la RNIE3 (260,87 km) soit une distance totale de 465 km entièrement bitumée. L accès est ainsi possible en toutes saisons de l année. 12

19 RESSOURCES PHYSIQUES DE LA COMMUNE DE DJOUGOU Climatologie La Commune de Djougou est caractérisée par un climat tropical sec caractérisé par deux saisons bien marquées que sont la saison sèche dont la durée est de cinq mois (Novembre à Mars) et la saison des pluies dont la durée est de six mois (Avril à Septembre). Le mois d Avril est celui du régime transitoire de printemps. Le mois d Octobre est marqué par le régime transitoire d automne. La pluviométrie annuelle moyenne est de mm. Le mois le plus pluvieux est celui d Août avec 313 mm. Le mois le plus chaud est celui d Avril avec une température moyenne de 30 C et le mois le moins chaud est celui d Août avec une température moyenne de 25 C. L évaporation annuelle est de mm en moyenne. Elle est plus intense au cours du mois de Mars et faible en Août. Tableau 1 : Récapitulatif des facteurs climatiques de la Commune de Djougou JANV. FÉV. MARS AVR MAI JUIN JUIL. AOUT SEPT OCT NOV DEC ANNÉE Tn 18,7 19,4 21,2 23,4 24,0 22,9 21,8 21,2 21,0 20,8 20,6 18,9 Tx 34,7 36,8 37,7 36,3 33,8 31,6 29,7 29,4 30,7 32,8 34,9 34,7 Etp 125,9 127,2 152,8 148,5 140,5 119,3 107,4 103,2 106,2 118,7 118,3 119, ,7 Pan 1,2 4,9 32,3 89,9 124,3 178,0 260,4 313,3 221,0 77,4 6,6 0, ,5 Source : Service Météorologique National du Bénin 13

20 Figure 1 : Variation mensuelle des températures minimales et maximales Source : Traitement des données météo Figure 2 : Variation mensuelle des hauteurs de pluie et de l évapotranspiration Source : Traitement des données météo 14

21 Figure 3 : Accès à la ville de Djougou à partir de Cotonou (RÉF. CARTE TOURISTIQUE DU BENIN, IGN- France, 2000) 15

22 Relief, sols, végétation et hydrographie La ville de Djougou présente un relief de plateau parsemé de collines de faibles dénivellations. Les sols sont à texture argilo-sableuse ou latéritique (gravillonnaire à caillouteux) globalement favorables aux activités de productions agricoles. Les superficies emblavées représentent 35,7 % de l espace communal. La végétation est dominée par la savane boisée et arbustive dont hectares constituent des forêts classées. Cependant des poches non négligeables de forêts claires et de forêts denses s observent par endroits. Plusieurs cours d eau traversent la Commune de Djougou. Ce sont tous des affluents du fleuve Ouémé. Parmi eux, on note la Donga qui a donné son nom au Département dont Djougou est le chef-lieu Géologie et hydrogéologie La Commune de Djougou est géologiquement caractérisée par des roches de l âge du Dahomeyen dominées par une série de gneiss de la Mékrou et de Djougou ; il s agit de : gneiss à biotite, à deux micas, amphibole dans la zone Nord : forages caractérisés par une profondeur variable de 45 à 65 mètres, un niveau d eau variable de 25 à 50 mètres, un débit inférieur à 2 m 3 /s et un taux de réussite de 29% gneiss à biotite et grenat, amphibolite à pyroxène et grenat, leptynite, paragneiss à muscovite, filons de pegmatite, gneiss fin, micaschistes à deux micas : forages caractérisés par une profondeur inférieure à 45 mètres, un niveau d eau variable de 10 à 25 mètres, un débit de pompage inférieur à 2 m 3 /s et un taux de réussite de 70% amphibolite schisteuse dans la zone de Djougou où les profondeurs de forages atteignent 65 m intrusions tardives de massifs intrusifs, granites, granites prophyriques au Centre-nord sur une superficie d environ 46 km 2 et à l Ouest sur une superficie de 40 km 2 environ. Ces zones révèlent une faiblesse en matière de potentialité de développement à partir des eaux souterraines : forages caractérisés par une profondeur inférieure à 45 mètres, un niveau d eau variable de 10 à 23 mètres, un débit d exploitation variable de 2 à 5 m 3 /s et un taux de réussite de 33% 16

23 apparition de formations associées au gneiss, complexe amphibolotique gneissique de Founogo (amphibolites, gneiss, micaschistes mylonitisés et en écailles) orientées Nord-sud à environ 18 kilomètres à l Ouest de la ville de Djougou ; la superficie de ces formations associées est de 35 km 2 environ roches volcano-sédimentaires de l Ouémé au Nord-ouest de la Commune : forages caractérisés par une profondeur inférieure à 45 mètres, un niveau d eau variable de 10 à 25 mètres, un débit d exploitation inférieur à 2 m3/s et un taux de réussite de 60%. 17

24 Figure 4 : Relief, sols, végétation et hydrographie de la Commune de Djougou (RÉF. CARTE TOURISTIQUE DU BENIN, IGN-France, 2000) 18

25 Figure 5 : Géologie et hydrogéologie de la Commune de Djougou (RÉF. CARTE HYDROGÉOLOGIQUE DU BENIN, GEOHYDRAULIQUE ) 19

26 DONNÉES SOCIO-ÉCONOMIQUES Démographie La Commune de Djougou, qui compte 3 arrondissements urbains et 30 villages ou quartiers de villes, a une population jeune à 65% environ. Le taux d accroissement moyen, sur la base des recensements de 1992 et 2002, est de 3,1%. En cette année 2010, le nombre d habitants est estimé à avec un nombre de personnes variable de 8 à 11 par ménage. Figure 6 : Projection démographique de la Commune de Djougou Activités économiques et capacités de développement Les activités agricoles sont exercées par environ 70 % de la population active. Les principales cultures vivrières sont : l igname, le sorgho, le maïs, le mil, le niébé, le manioc. Les principales cultures de rentes sont le coton et l arachide. Le ramassage et la cueillette du néré, de l anacarde et du karité sont également des sources de revenus. L élevage reste encore traditionnel et non intégré à la production végétale. Les bovins sont en général confiés aux éleveurs peulhs. Les autres animaux élevés sont les ovins, les caprins et les porcins. Un important marché de bétail est situé à Kolokondé, un Arrondissement de la Commune de Djougou. Le commerce et l artisanat représentent ensemble la deuxième source de revenus après les activités agricoles. Ce commerce est basé sur les échanges des biens de consommation 20

27 courants, à savoir les vivres et les produits manufacturés. L artisanat est une activité menée par les potiers, les vanniers, les tisserands, les soudeurs et les menuisiers Organisations locales de développement La Commune de Djougou dispose de diverses organisations mises en place par les populations. On distingue entre autres : Les organisations à petite échelle qui sont des organisations plus ou moins structurées qui participent à l épanouissement des communautés à travers les entraides et les tontines. Les organisations de gestion des biens communautaires dont les plus connues sont : o Les Associations des Parents d Élèves pour la gestion des affaires financières et sociales des écoles publiques o les Comités de Gestion des Points d Eau qui assurent la gestion et l entretien des ouvrages hydrauliques essentiellement en zone hors SONEB DESCRIPTION DE LA SITUATION ACTUELLE DE L AEP DE DJOUGOU RESSOURCES EN EAU L AEP de Djougou est assurée à la fois par des eaux souterraines (2 forages à débits faibles pour une AEP) et des eaux de surface (1 barrage de retenue d eau) Eaux souterraines Deux forages, situés dans l Arrondissement de Sérou, sont raccordés au réseau de distribution de l AEP de la ville de Djougou. Leurs caractéristiques sont : Tableau 2 : Caractéristiques des forages raccordés au réseau AEP de la ville de Djougou Localisation Caractéristiques N Localité Longitude Est Latitude Nord Distance % Djougou (km) Profondeur forée et équipée (m) Débit d exploitation (m 3 /h) Source d énergie observations 21

28 1 Alpha-Kpara Centre , , Groupe électrogène Fonctionnel 2 Nangatchouri , , Source : SONEB et mission effectuée sur le site Réseau électrique SBEE Fonctionnel Les forages situés dans un rayon de 15 km autour de la ville de Djougou et ayant un débit au développement supérieur à 10 m 3 /h sont en nombre très faible (0,84%). Ceci explique l insuffisance des capacités en eaux souterraines pour satisfaire les besoins des populations en eau potable. Néanmoins, des systèmes d adduction d eau villageoise (AEV, nombre = 2), des postes d eau autonomes (PEA, nombre = 5), des forages à motricité humaine (nombre = 116 dont 109 fonctionnels) et des puits à grand diamètre (nombre = 340 dont 324 fonctionnels) sont installés dans des localités de la Commune afin de pallier à cette insuffisance Eaux de surface En complément aux forages, un prélèvement d eau de surface est assuré au niveau du lac nommé Téro situé à l entrée Sud de la ville de Djougou. L eau ainsi prélevée est envoyée dans une station de traitement en vue de la rendre potable. Les caractéristiques de ce lac sont : Tableau 3 : Caractéristiques du lac contribuant à l AEP de la ville de Djougou Localisation Caractéristiques du bassin versant Indice Apports Capacité Coefficient Superficie Périmètre de d eau année cuvette Longitude Est Latitude Nord écoulement S (km 2 ) P (km) pente moyenne (m 3 ) Ke (%) Ig ( ) (m 3 ) , ,0 29,08 23,87 5, Source : SONEB, mission effectuée sur le site observations Envasement de la cuvette de retenue Présence d habitations du côté Ouest 22

29 Figure 7 : Points d eau fonctionnels dans la Commune de Djougou (RÉF. BANQUE DE DONNÉES INTÉGRÉE DU BENIN, DG-Eau ) 23

30 INFRASTRUCTURES Le schéma hydraulique du système d AEP de Djougou est le suivant : Figure 8 : Schéma hydraulique du système d AEP actuel Source : Visite de terrain Figure 9 : Organes de prise d eau sur le lac Source : Visite de terrain Station de traitement de l eau de surface La station de traitement de l eau brute en provenance du barrage existant est composé de : 2 décanteurs floculateurs métalliques de forme cylindro-conique et traitant chacun un débit de 15m 3 /h ; 2 filtres à sable de 15 m 3 /h chacun. 24

31 Le sulfate d alumine, le lait de chaux et l hypochlorite de calcium sont injectés dans la conduite à l entrée de la station de traitement. L eau traitée est recueillie dans une bâche de 20 m 3, une station de reprise construite en dessus composée de deux pompes verticaux de 30m 3 /h HMT 35 m chacun, refoule l eau traitée dans le réseau de distribution. Figure 10 : Parties de la station de traitement des eaux de surface Source : Visite de terrain et des équipements Réseau de distribution et réservoirs En 2008, le réseau de distribution, entièrement en PVC, avait une longueur totale de mètres linéaires pour abonnés. Durant la période de 1998 à 2008, le taux d accroissement des abonnés est de 7,6 %, soit un peu plus que le taux moyen national qui est de 6,5%. Le réseau de distribution comprend deux réservoirs en béton armé de capacités respectives de 160 m 3 et 180 m 3. Le réservoir de 160 m 3 ne domine pas suffisamment les concessions situées dans son voisinage immédiat. Le nombre des gros consommateurs est de 20 dont 9 usagers collectifs, avec une consommation moyenne mensuelle de m 3, représentant 22 % de la consommation totale de Djougou. La consommation mensuelle moyenne par gros consommateur est de 168 m 3. Le volume annuel d eau traitée refoulée est de m 3, ce qui donne 214,3 m 3 branchement pour Djougou, contre 242, 65 m 3 pour l ensemble du Bénin. par 25

32 Volume produit (m3) Production et tarifs de l eau La production d eau de la ville de Djougou en 2008 est d environ m 3, répartie mensuellement comme suit : Tableau 4 : Production mensuelle d eau pour l AEP de la ville de Djougou mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Vol (m 3 ) Source : SONEB A cause de l insuffisance d eau potable disponible, la consommation spécifique par habitant est relativement faible, à savoir 4,5l/j/hab bien en dessous de la valeur nationale qui est de 9l/j/hab. Une autre raison est certainement le faible revenu des familles dans leur ensemble qui se disciplinent dan l usage de l eau pour ne pas dépasser le premier seuil des tarifs (voir tableau ci-dessous). Le montant du branchement est de cent mille ( ) Francs CFA. Figure 11 : Variation des productions mensuelles d eau pour l AEP de Djougou Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juill. Août Sept. Oct. Nov. Déc. V (m3) Source : SONEB Les besoins en eau sont élevés pendant la période de Novembre à Mai qui correspond à la saison sèche, période au cours de laquelle les ressources alternatives (puits, citernes, mares, etc.) sont inexistantes. 26

33 Tableau 5 : Tarifs de l eau pour la ville de Djougou Seuils de consommation Prix du m3 d eau (FCFA) 0 à 5 m 3 /mois à 50 m 3 /mois 459 Plus de 50 m 3 /mois 658 Pour les consommations collectives 300 Source : SONEB Gestion du réseau Le réseau d AEP de la ville de DJOUGOU et ses environs est géré par un service déconcentré de la SONEB nommé «AGENCE» qui a à sa charge un ou plusieurs réseaux dans un rayon donné et suivant la taille des villes. L AGENCE chargée de la gestion de l AEP de DJOUGOU est composé de : un service technique et un service administratif et financier. Le service technique est chargé de la gestion technique du réseau et des autres équipements techniques dans le but de rendre continu le service de l eau pour les usagers. Les problèmes que rencontre souvent ce service sont, entre autres : Casse de conduites Fuites d eau au niveau des raccordements des compteurs Fuites d eau au niveau des autres pièces de raccord Lenteur dans les interventions pour les réparations des fuites à ciel ouvert Non disponibilité de certaines pièces de rechanges Difficulté dans l identification des fuites dans le réseau 4.3. PROPOSITIONS EN VUE DU RENFORCEMENT DES RESSOURCES EN EAU Afin de renforcer l AEP de la ville de Djougou et des localités voisines, les propositions suivantes ont été faites : 27

34 RESSOURCES SOUTERRAINES MOBILISABLES L analyse documentaire couplée aux études hydrogéologiques ont permis d identifier les caractéristiques de la zone et de privilégier celles qui assurent la réussite des implantations. L inventaire des ouvrages existants et des archives d anciens projets réalisés par la DG-Eau, l ex CARDER, la SNV, l UNICEF, l UEMOA, l AGETUR et l analyse des renseignements ainsi obtenus ont permis de caractériser les points d eau dont les débits sont compris entre 4 et 21m 3 /h et une profondeur équipée de 50 ml à 65 ml. Le tableau suivant récapitule les caractéristiques des forages : Tableau 6 : Caractéristiques des forages analysés Indice IRH de forage Longitude Est Latitude Nord Débit d'exploitation (m 3 /h) Niveau dynamique moyen en période de crue (m) Niveau dynamique moyen en période d'étiage (m) Amplitude du niveau dynamique observée h (m) DJO-B '02,1" 09 42'40,0" 5,3 3 5,7 2,7 DJO-B '22,5" 09 49'00,0" 4,3 5,2 8,3 3,1 DJO-B '55,0" 09 58'49,0" 9,45 3,1 6,3 3,2 DJO-B '09,2" 09 30'00,0" 8,5 13,43 17,2 3,77 DJO-D '03,0" 09 25'00,0" 10 5,4 11,4 6 INC-C '12,5" 09 25'30,0" 7,37 4,6 9,6 5 INC-C '46,9" 09 54'00,0" 6,7 8,6 13,4 4,8 PAR-C '37,8" 09 23'00,0" 3,6 3,5 4,35 0,85 PAR-C '48,1" 09 28'30,0" 8,8 2,8 4,96 2,16 PAR-A '26,6" 09 44'27,0" 21 12,31 17,3 4,99 Source : mesures opérées sur le terrain Dans la Commune de Djougou, les recharges sont assurées et se présentent en 2 classes : la classe de 2 m à 5 m et la classe de 6 m et plus. L investigation hydrogéologique et géophysique montre la possibilité de créer 10 nouveaux forages dans un rayon de 15 km autour de la ville de Djougou. Nous admettons un débit moyen de 8,5 m 3 /h pour lesdits forages. 28

35 Figure 12 : Position des forages (existants et proposés) et du réseau de collecte 29

36 30

37 RESSOURCES DE SURFACE MOBILISABLES Du point de vue hydrographique, la Commune de Djougou est essentiellement drainée par 2 principaux cours d eau que sont la Donga et la Doninga, affluents de l Ouémé en rive droite. Le site existant est celui situé à l entrée Sud de la ville de Djougou. En plus de ce site existant, 3 autres sites sont proposés. Les deux premiers sont recherchés sur les affluents de la Donga plus proches de la ville, 10 km pour le premier (avec 1 variante) et 5 km pour le second (avec 2 variantes). La position du troisième site permet de retenir les eaux provenant de la Donga et de la Doninga. Ce site est à 50 km environ. Les bassins versants des sites sont caractérisés par les données morphométriques que sont : la superficie, le périmètre, l indice de compacité, la longueur du rectangle équivalent, les altitudes en crête et au droit du site de barrage, l indice global de pente, la dénivelée spécifique. Les caractéristiques morphométriques des bassins versants correspondants aux sites sont : Tableau 7 : Caractéristiques morphométriques des bassins versants des sites (1 existant et 3 proposés) Sites de barrages Site existant Site n 1 Site n 2 Site n 3 DJ-1 DJ-1bis DJ-2 DJ-3 DJ-4 Afon Coordonnées Latitude Nord ,02" ,80 " ,80" ,91" ,00" ,60" ,8" Longitude Est ,00" ,7" ,80" , ,60" ,30" ,6" Superficie (km2) Périmètre (km) Long cours d eau (km) 29,5 11,4 8,5 43,9 47,9 96, ,6 13,5 12,9 26,5 29,2 39,3 275,8 9,40 5,90 5,10 10,20 12,70 15,80 91,93 Cote max (m) Caractéristiques bassin versant Cote min (m) Indice de compacité 1,23 1,13 1,25 1,13 1,19 1,13 0,02 Long rect équ (km) 8,22 3,44 4,61 6,83 9,64 10,33 33,13 Indice (m/km) pente 6,21 11,04 7,81 6,44 5,39 5,23 3,56 Déniv spécif (m) 33,71 37,29 22,77 42,65 37,34 51,32 60,45 Relief Assez faible Assez faible Faible Assez faible Assez faible Modéré Modéré 31

38 Réseau Radial Radial Radial Radial Radial Radial Apport moyen annuel (x m3)

39 Figure 13 : Position du site du barrage existant (Lac) Figure 14 : Position du site du barrage DJ-1 Figure 15 : Position du site du barrage DJ-1 bis Figure 16 : Position du site du barrage DJ-2 Figure 17 : Position du site du barrage DJ-3 Figure 18 : Position du site du barrage DJ-4 Source : cartes de Djougou Feuille NC-31-VIII au 1/ , IGN-PARIS, édition

40 Figure 19 : Position du site du barrage Affon Source : Base de Données Intégrées, BDI-DGEau,

41 V. DISCUSSION ET ANALYSES 5.1. ANALYSE DE L ÉTAT ACTUEL DU RÉSEAU ET DE SA GESTION Plus de la moitié de l eau courante est gaspillée suite à des fuites. L accès à l eau douce passe nécessairement par une réduction des gaspillages. L eau douce est de plus en plus rare et chère, comme n importe quel autre produit. Qu elle soit distribuée à des petits consommateurs urbains ou à des grands consommateurs industriels, cette denrée a un prix. Dans le cas particulier de l AEP de Djougou, le réseau, en PVC, révèle des faiblesses suite aux nombreuses années d exploitation. On note de manière intempestive des fuites à ciel ouvert dues à des cassures de tuyau ou à un relâchement au niveau des raccordements des compteurs ou autres pièces spéciales. Concernant les fuites internes, elles ne sont découvertes que lorsque les terrains traversés sont mouillés à la surface du sol. Pour ce qui concerne les fuites à ciel ouvert, une section de l AGENCE de la SONEB est mise en place pour les réparations y afférentes. Par contre la SONEB ne dispose pas d équipements et de compétence pour déceler à temps les fuites internes du réseau et les traiter. Pour palier les pertes dues aux diverses fuites, il s avère nécessaire de procéder à l usage de conduites PEHD pour les extensions du réseau et du remplacement progressif des conduites PVC existantes. Afin d'améliorer la qualité du service rendu aux usagers, les gestionnaires des réseaux d'eau potable doivent, non seulement garantir la qualité de l'eau et assurer la continuité de l'alimentation, mais aussi réduire les pertes en eau et préserver le cadre urbain tout en diminuant les coûts ANALYSE DES SCENARII Avant de poursuivre la discussion et les analyses il est important de rappeler l objectif de la recherche qui est de voir en quoi la gire peut contribuer à la problématique de l alimentation en eau de la ville de DJOUGOU. Pour cela nous rappelons le consensus international sur la GIRE basé sur les quatre principes de Dublin : l eau douce est une ressource limitée et vulnérable, indispensable au maintien de la vie, au développement et à l environnement ; 35

42 l exploitation et la gestion de l eau doivent se fonder sur une approche Participative, impliquant les usagers, les planificateurs et les décideurs à tous les niveaux ; les femmes jouent un rôle central dans l approvisionnement, la gestion et la préservation de l eau ; l eau a une valeur économique dans toutes ses utilisations concurrentes et doit être reconnue comme un bien économique. En nous référant à ces principes et suite à l état des lieux fait sur la situation actuelle du système d alimentation en eau potable de la ville de Djougou, les différents scénarii vont être analysés et des propositions vont être faites dans le but de l application optimale de la GIRE. Les éléments ci après vont êtres pris en compte dans les appréciations notamment : Mobilisation harmonisée de la ressource. Équité et solidarité dans l espace et dans le temps entre les usagers actuels et futurs. Utilisation rationnelle et concertée de la ressource mobilisée. Préoccupation genre. Protection harmonisée des ressources. Non nuisance aux autres riverains ou usagers de la ressource eau MOBILISATION HARMONISÉE DE LA RESSOURCE La mobilisation des ressources en eau nécessaires pour la réalisation de l AEP de la ville de Djougou requiert la réalisation de forages ou de barrages. L eau étant une denrée vulnérable et limitée, l objectif sera d assurer une gestion rationnelle par la réalisation des infrastructures de mobilisation d eau. La ressource pourrait être affectée par une mobilisation non coordonnée et non harmonisée. Que ce soit le barrage ou le forage, la matrice des interrelations potentielles permettra de visualiser les différentes relations entre le potentiel de la ressource en eau et le besoin réel de la population de la ville de Djougou et ses environs. En effet le potentiel hydrogéologique et le besoin en eau brute de la population de la ville de Djougou et ses environs se présentent à l horizon 2030 comme suit : 36

43 Tableau 8 : Points d eau modernes existants dans un rayon de 15 km autour de la ville de Djougou et les besoins en eau brute des populations. POTENTIEL HYDROGÉOLOGIQUE Nombre d Equivalent Point d Eau (EPE) dans un rayon de 15 km par rapport à la ville Moyenne de 1985 des à 2008 profondeurs des forages se situant dans un rayon de 15 km par rapport à la zone du projet Moyenne des NS d eau des forages réalisés dans un rayon de 15 km autour de la ville Pourcentage des forages ayant un débit au développement (en m 3 /h) compris dans l intervalle [0,7 ; 5[et dans un rayon de 15 km Pourcentage autour de des la ville forages ayant un débit au développement (en m 3 /h) compris dans l intervalle [5; 10[et dans un rayon de 15 km autour de la ville Pourcentage des forages ayant un débit au développement 10 m 3 /h et dans un rayon de 15 km autour de la ville Structure géologique souvent captée m 8.28m/repère sol 86.52% 12.64% 0.84% Gneiss, des micaschistes à deux micas, des amphibolites schisteuses, des îlots de quartzites BESOIN EN EAU BRUTE TOTAL [Qmoy] (Millions m 3 /an) Le sous-sol de la commune de Djougou, présente un potentiel hydrogéologique passablement généreux mais le débit d exploitation des forages positifs obtenus avec des taux des réussites de 52% pour la meilleure des campagnes de sondage, demeure très faible. La quasi inexistence de forage de débit supérieur ou égal à 10m 3 /h ou le faible pourcentage de forages de débit compris entre 5 et 10m 3 /h montre la difficulté d utiliser uniquement des forages comme source de captage dans un système d Alimentation en Eau Potable, face aux besoins évolutifs des populations. Les eaux de surface des différents sous-bassins seraient un moyen sûr car d importants volumes d eau pourraient être mobilisés. La caractéristique hydraulique des eaux de surface, c est leurs 37

44 écoulements intermittents dus aux variabilités pluviométriques. En effet au nord du Bénin, où se localise la zone d étude, le déficit d écoulement, de l ordre de 40%, correspond à une diminution de la pluviométrie de 15 à 20% (Lebel et Vischel, 2005). L hypothèse la plus avancée sur cette diminution trouverait son origine dans la réduction durable des apports en eau souterraine. (Kamagaté, 2006). Il est donc nécessaire d assurer une gestion durable de la ressource à travers l amélioration du système d alimentation en eau de la ville de Djougou sur les différents sites proposés, à savoir : DJ 1, DJ 2, DJ 3, DJ 4 et Affon. D après les enquêtes réalisées sur l option de mobilisation (forages ou barrages) de la ressource (voir annexe 1) pour l AEP de la ville de Djougou il résulte ce qui suit : Les thèmes de cette enquête ont porté sur le potentiel hydrogéologique de la commune, la mise en appointage des forages, la possibilité d implantation de barrage sur les sites, l existence de zone à risque de salinisation et l impact de chacun des barrages sur la variation des niveaux de la nappe et des débits des cours d eau. L enquête a consisté dans un premier temps à répondre par l affirmation ou la négation concernant les thèmes cités ci-dessus. A travers les réponses, les sites ont été mis en concurrence selon que ceux-ci répondent favorablement aux préoccupations de la GIRE (au quel cas on leur affecte un signe positif "+"). Ainsi le site qui aurait plus de pourcentage d attribution positif sera le plus indiqué pour répondre au principe de mobilisation harmonisé de ressource en eau. Les eaux souterraines de la commune de Djougou peuvent être utilisées en appointage dans le système d approvisionnement en eau avec les barrages des sites DJ 2, DJ 3, DJ 4 et Affon. 38

45 ÉQUITÉ ET SOLIDARITÉ DANS L ESPACE ET DANS LE TEMPS ENTRE LES USAGERS ACTUELS ET FUTURS La gestion participative de la population riveraine et concertée des différents acteurs intervenant dans le domaine de l eau ainsi que les acteurs institutionnels doivent assurer une gestion intégrée et efficace des ressources naturelles en l occurrence celle de l eau dans la ville de Djougou. Le barrage de Téro est le patrimoine de la SONEB qui en assure la gestion. La nouvelle approche visera à intégrer les secteurs de la pêche, de l élevage et de l agriculture. Tout devra se baser sur une planification et une projection des actions possibles dans le bassin, tout ceci dans un environnement législatif adéquat. Cette autorité de régulation doit mettre en place des instruments tels que le Contrôle direct : règles, droits, normes, plans d utilisation des sols, réglementation des services publics, etc. ou encore les instruments économiques : prix, tarifs, subventions, aides, redevances, frais, marchés, taxes, etc. Suivant le principe précédent d enquête, les sites DJ 1 DJ 1bis, DJ 2, DJ 3, DJ 4 et Affon ont été mis en compétition pour des raisons de volume mobilisable par ceux-ci, leur capacité à supporter d autres activités en dehors de l AEP puis la possibilité de mettre en place dans le cas où les barrages de ces sites seraient réalisés, un comité plurisectoriel de gestion. D après le diagramme présenté ci-dessus, la réalisation du barrage sur le site de Affon permettrait le développement d activités auxiliaires à l approvisionnement en eau potable car il mobilise non seulement un volume important de la ressource mais il présente un atout majeur lié à son isolement qui favoriserait non seulement le développement de l agriculture, du tourisme, de la pisciculture, mais aussi de mini AEP pour les agglomérations qui existent entre le barrage et le centre urbain de la commune de Djougou. De plus par la proximité du site avec la forêt classée de l Ouémé supérieur, une synergie de gestion pourrait être établie entre l administration forestière et la SONEB. Quant aux sites DJ 1 DJ 1bis, DJ 2, DJ 3, DJ 4, pour lesquels les pourcentages obtenus lors de cette enquête sont de 13% pour le meilleur score, la réalisation des barrages ne pourrait pas favoriser une organisation communautaire en raison de l exiguïté de ces bassins et de leur situation au voisinage du centre urbain. La réalisation de ces ouvrages resterait l apanage de la SONEB et les autres secteurs qui auraient besoin d eau pour le développement de leurs activités ne pourraient en avoir à cause de l insuffisance du volume mobilisable d une part et de la situation géographique de ces barrages d autre part. 39

46 UTILISATION RATIONNELLE ET CONCERTÉE DE LA RESSOURCE MOBILISÉE. Plusieurs acteurs interviennent au niveau de la gestion et de l utilisation du barrage et de son bassin versant. On peut les regrouper en deux grandes catégories à savoir : Les acteurs étatiques parmi lesquels il y a les services nationaux et déconcentrés de l État (SONEB, DG Eau, CeRPA etc. ), les collectivités locales (Mairies des communes traversées par le bassin); les utilisateurs des ressources en eau et des ressources naturelles au niveau des barrages (existant et à construire) et de leurs bassin versants. Il s agit surtout des producteurs agricoles, des maraîchers, des éleveurs, des pêcheurs, des exploitants forestiers et exploitants du bois énergie etc. Il convient de noter qu autour des barrages et de leurs bassins versants, chaque acteur, surtout les utilisateurs, développe son activité/intérêt avec sa logique, sa stratégie de façon à optimiser à son seul profit les services de l eau et des ressources naturelles associées. Comme il a été développé dans le paragraphe précédent, la réalisation de barrage sur le site de Affon pourrait satisfaire l intérêt de chacune de ces parties. En tenant compte de sa capacité mobilisatrice et de son isolement, ce site peut constituer sans équivoque la grande marmite autour de laquelle les simples consommateurs de la ville de Djougou et ses environs, ainsi que les usagers lucratifs pourront se satisfaire à condition d une utilisation rationnelle qui passe par 40

47 des actions d information, de sensibilisation, de formation, d éducation et de mise en place des mesures d accompagnement en faveur de tous les acteurs et les populations vivant dans le bassin versant. Sur le plan du genre (voir le diagramme ci-dessous), tous les sites recensés dans le cadre de la présente étude favoriseraient l intégration des femmes et des franges vulnérables de la population au développement de leurs activités personnelles mais aussi dans l organe de gestion et de prise de décision. La phase de réalisation de ces ouvrages apportera une valeur ajoutée aux commerçantes en raison de la forte mobilisation de moyens humains que nécessiteraient les divers chantiers. Ces sites favoriseraient de même l éclosion des cultures maraichères, ainsi que les cultures de contre saison qui utilisent dans la plupart des cas, une main d œuvre féminine PROTECTION HARMONISÉE DES RESSOURCES Les systèmes d alimentation en eau potable doivent bénéficier d une protection efficace, tant au niveau de la ressource que des infrastructures mises en œuvre pour le stockage ou la distribution. La protection aura pour objectifs de : Produire une eau dont la qualité ne nuit pas à la santé. Pour cela, elle doit être conforme à la réglementation sanitaire. Mettre à la disposition de l usager une quantité d eau suffisante pour couvrir ses besoins. Procurer un confort d utilisation en approvisionnant l eau à une pression adaptée à l usage. Garantir une distribution 24 heures sur 24 grâce à des solutions de secours. La protection se doit de protéger tous les objectifs du système AEP et notamment des pollutions accidentelles. 41

48 L enquête réalisée sur les sites DJ 1 DJ 1bis, DJ 2, DJ 3, DJ 4, et Affon ne révèle pas de difficulté physique lié à la mise en place de dispositif de protection (voir le diagramme ci-dessous). Cependant les périmètres de protection qui sont actuellement occupés par des agriculteurs constituant une source potentielle de pollution aux pesticides, devront être délocalisés NON NUISANCE AUX AUTRES RIVERAINS OU USAGERS DE LA RESSOURCE EAU Dans ce paragraphe nous aborderons les questions relatives aux impacts positifs, que la réalisation de barrage sur chacun de ces sites aurait sur l environnement (pollution, zone protégée, diversité biologique ) et l aspect socio économique (santé et mode de vie). Il s agira à l issue de cette enquête, d identifier le site qui donnerait un poids considérable aux paramètres énumérés ci-dessus. Il est à noter que les sites DJ 1 DJ 1bis, DJ 2, DJ 3, DJ 4, sont plus urbanisés que celui de Affon à cause de leur proximité avec le centre ville de Djougou. Le manteau géologique est constitué de trois ensembles relativement distincts : La rive gauche présente des terrasses alluvionnaires composées de sable argileux et d argile limoneuse. Ces terrasses donnent à la cuvette une certaine étanchéité. Au niveau du lit mineur, on retrouve des affleurements métamorphiques dus à l effet érosif du cours d eau, ils sont formés de gneiss fins et micaschistes à biotite. Aucune trace de faille n a été observée. 42

49 En s éloignant du cours d eau, les rives (surtout en rive droite) deviennent couvertes par des colluvions résultant de l érosion de la roche mère qui affleure par endroit. Le site est favorable pour la construction d un barrage en présence de deux élévations sur les deux rives pouvant servir comme appuis pour la digue et des terrasses alluvionnaires qui peuvent être des zones d emprunts (surtout en rive gauche). AVANTAGE La réalisation de ce barrage mobilisera un stock d eau Sur le plan socio-économique, au-delà de l objet principal du projet qui est d assurer l alimentation en eau potable, ce stock d eau peut servir au développement des cultures de contre saison par le système d irrigation, le maraîchage, ou au renforcement de l abreuvement des animaux domestiques des localités concernées. Certaines autres activités seront développées ; parmi elles, on peut citer les activités piscicoles et de pêche au niveau de la retenue et/ou sur le cours d eau. Du point de vue de la santé de la population, l existence de ce stock d eau permet de garantir une bonne santé à la population par la distribution d eau potable en toutes saisons, ce qui éviterait les maladies d origine hydrique. IMPACTS NEGATIFS Destruction du couvert végétal : la mise en eau du réservoir du barrage induirait l inondation d environ 30 ha. Ce qui provoquerait la destruction en cet endroit des espèces ligneuses telles que : Isoberlinia doka, Daniellia oliverii, Combretum sp, Terminalia sp, Il en ressort la perturbation de la quiétude et l émigration obligatoire des espèces de faune terrestre occupant ce biotope. La microfaune et la microflore y seraient également modifiées. 43

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