Les surfaces d activité économique au sein de l Aire Urbaine de Lyon

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1 Rapport du Laboratoire d Économie des Transports Pour le compte de la DRAST (Ministère de l Équipement) et de l ADEME dans le cadre du groupe 11 du PREDIT Les surfaces d activité économique au sein de l Aire Urbaine de Lyon Rapport Intermédiaire n 7 du projet Simbad SImuler les MoBilités pour une Agglomération Durable Décembre 2008 Auteur : Elsa LE VAN Sous la direction de Jean-Louis ROUTHIER et Jean-Pierre NICOLAS

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3 Sommaire 1. Introduction Déterminer les espaces occupés par l habitat et les activités économiques : mise en perspective dans le projet SIMBAD Méthodologie L habitat Les activités économiques Les hypothèses sous-jacentes au travail 9 2. Les filières de l industrie dans l aire urbaine de Lyon Présentation générale Du point de vue du foncier : Les surfaces de stockage : à la frontière entre l industrie et la logistique Présentation générale Les bases de données disponibles Les résultats de l enquête TMV Les commerces et les services Phase prospective : l Aire Urbaine de Lyon aujourd hui et demain Conclusion : les résultats obtenus Tableaux de synthèse Surfaces moyennes occupées par emploi par secteur d activité (NES700) Surfaces d activité économique par IRIS en Nombre de logements disponibles par IRIS en Lexique Références Bibliographie Liste des bases de données utilisées Références Internet 101 Laboratoire d Economie des Transports 3

4 Tableaux Tableau 1 : Exploitation du fichier ENTREPOTS Tableau 2 : Localisation des entrepôts dans la région lyonnaise Tableau 3 : les entrepôts identifiés par la nomenclature SIRENE dans diverses villes Tableau 4 : comparaison des fichiers FEDIMAG et SIRENE sur quelques départements Tableau 5 : Décompte des déclarations d'installations classées et des permis de construire Tableau 6 : comparaison des différentes sources de recensement des entrepôts Tableau 7 : répartition des entrepôts enquêtés suivant la classe d activité Tableau 8 : La taille des entrepôts selon leur classe d'activité Tableau 9 : superficie moyenne des entrepôts Tableau 10 : surface d entreposage par emploi Tableau 11 : Surface moyenne de l emprise par activité Résultat d enquête Les grandes implantations logistiques Tableau 12 : L évolution de la consommation dans l agglomération lyonnaise Tableau 13 : Offre commerciale "grandes surfaces" par secteur : Tableau 14 : Nombre de commerce de moins de 300 m² dans le département du Rhône Tableau 15 : Répartition des points de vente par tailles de communes du Rhône (En nombre d'établissements) Tableau 16 : Répartition des points de vente par tailles de communes du Rhône (En densité pour habitants) Tableau 17 : Répartitions des activités par territoires du SCOT Tableau 18 : Répartitions des commerces non alimentaires par taille de commune Tableau 19 : Répartitions des commerces non alimentaires par territoires SCOT Tableau 20 : Répartition et densité pour 1000 habitants des m² par activité et par SCOT Tableau 21 : Répartition des activités en nombre et en m² dans le Rhône au 31/12/ Tableau 22 : Le secteur alimentaire dans le Rhône au 31/12/ Tableau 23 : Le secteur non alimentaire dans le Rhône au 31/12/ Tableau 24 : Appareil Commercial des grandes surfaces du Rhône Tableau 25 : Répartition des activités de plus de 300 m²dans le Rhône Tableau 26 : Liste des plus fortes concentrations de grandes-surfaces dans le Rhône Tableau 27 : Supermarchés et hypermarchés dans le Rhône en juin Tableau 28 : Enquête point de vente INSEE, surface moyenne par magasin en m² Tableau 29 : Forte disparité entre les commerces de m² Tableau 30 : Nombre d emploi par NES 15 et D4Z Tableau 31 : surfaces moyennes par type d établissement Tableau 32 : surfaces moyennes par emploi selon le secteur d activité Tableau 33 : SHON par emploi par activités APET Tableau 34 : SHON et EMPLOI par IRIS Laboratoire d Economie des Transports 4

5 1. Introduction 1.1. Déterminer les espaces occupés par l habitat et les activités économiques : mise en perspective dans le projet SIMBAD Le thème du développement durable intervient aujourd'hui de manière récurrente dans les discours sur l'avenir des transports et son expression est explicite dans la législation nationale comme dans les réglementations locales régissant ce secteur d activité. La volonté politique de promouvoir un développement des transports respectueux de l environnement, sans pour autant négliger ses aspects économiques et sociaux, est donc désormais clairement affichée. L objectif du projet SIMBAD (SImuler les MoBilités pour une Agglomération Durable) est de fournir un outil capable de simuler différentes politiques de transport et d urbanisme, afin d anticiper leurs conséquences environnementales, économiques et sociales, de mieux prendre en compte les liens qui existent entre ces trois dimensions, et d offrir in fine un éclairage pertinent sur les impacts de ces politiques, au niveau d une aire urbaine et à un horizon de 20 ans. L architecture retenue pour cette modélisation (cf. rapports intermédiaires n 4, 2006, et n 5, 2007) repose sur six modules, qui s agencent selon le schéma proposé ci-dessous. Graphique 1 : L agencement des 6 modules du projet SIMBAD Localisation des Activités Localisations résidentielles Interactions Localisations Marchandises en Ville Interactions génération des déplacements Mobilités Individuelles Echange & Transit Affectations VP et TC t+1 Laboratoire d Economie des Transports Accessibilités 5

6 C est le modèle URBANSIM qui a été retenu pour représenter les dynamiques de localisation sur l Aire Urbaine de Lyon (cf. rapport n 1, Nicolas, Deymier, 2005). Que ce soit pour la localisation des ménages comme celle des activités économiques, ce modèle procède selon une même logique en trois phases : Un module de transition permet de prendre en compte les évolutions annuelles. Il est nécessaire de lui fournir pour chaque année le nombre et la répartition des ménages selon les caractéristiques retenues. Le module supprime alors les ménages en trop dans la base établie pour l année précédente et repère ceux qui sont en plus, auxquels il faudra attribuer une localisation géographique. La procédure est la même pour les activités économiques, repérées par les emplois ou les établissements (ce sont ces derniers qui ont été retenus dans SIMBAD). Un module de relocalisation permet de tirer au sort les ménages déménageant ou les établissements se relocalisant durant l année. Ce tirage s opère à partir de probabilités différenciées selon les caractéristiques socio-économiques du ménage ou du type d activité, calculées en amont par l utilisateur d URBANSIM. Enfin, un module de localisation va permettre d attribuer une localisation géographique à tous les ménages et tous les établissements repérés au cours des deux phases précédentes. Comme l indique le graphique page suivante, deux autres modules viennent compléter ce premier enchaînement. Le premier est dédié à la détermination des prix du marché foncier, qui vont influer sur les résultats du module de localisation. L autre est relatif à l évolution des usages du sol et va permettre d offrir des opportunités de localisation dans chaque zone aux ménages comme aux entreprises en recherche de résidence ou d implantation. Il a été décidé de ne pas utiliser ce dernier module pour cette version de SIMBAD, compte tenu d une part du temps disponible, d autre part du fait que l usage des sols est plus contraint et réglementé en Europe qu aux Etats-Unis, obligeant à considérer d autres logiques que celles utilisées par URBANSIM avant d en proposer une modélisation. Les évolutions des usages du sol seront donc prises en compte de manière extérieure à la modélisation, sur la base de scénarios de développement urbain convenus avec l Agence d Urbanisme de Lyon, partenaire du projet. Deux grandes variantes seront envisagées, avec un développement diffus poursuivant l étalement urbain constaté depuis trente ans, et, en contrepoint, un développement maîtrisé sur l agglomération lyonnaise et autour de pôles secondaires choisis. Cependant, un travail de reconstitution fine des espaces utilisés doit être réalisé pour disposer d une base initiale pour 1999, à partir de laquelle les mouvements des ménages et des établissements et leurs nouvelles localisations pourront être établis. Elle pourra évoluer d une année sur l autre en étant complétée selon les scénarios de développement urbain retenus et pour permettre au modèle d affecter ménages et établissements aux emplacements disponibles. Laboratoire d Economie des Transports 6

7 Graphique 2 : la structure du modèle URBANSIM source : the URBANSIM project, 2006 Le présent rapport rend compte du travail de recensement des espaces occupés par l habitat et les activités économiques dans chaque Iris de l aire urbaine de Lyon Méthodologie Pour l habitat comme pour les activités économiques, nous n avons pas cherché à établir des surfaces au sol, car elles ne rendent pas compte des possibilités d étagements des localisations. Le principe retenu a donc été de rechercher l unité d espace adéquate en fonction des bases de données disponibles sur l aire urbaine, avant de systématiser les estimations pour chaque IRIS. Ce travail a été très différent dans le cas de l habitat et dans celui des activités économiques. Laboratoire d Economie des Transports 7

8 L habitat Le cas de l habitat a pu être traité de manière très simple et rapide car le recensement général de la population de 1999 fournit le nombre total de logements existants dans chaque IRIS, avec une distinction d une part selon le nombre de pièces et d autre part selon l occupation ou la vacance du logement. Nous avons en première approximation estimé qu un logement correspondait à une unité d espace pouvant accueillir un ménage, permettant de disposer immédiatement de l espace occupé par l habitat dans chaque IRIS (cf. 6.4.). Les évolutions à venir en matière de possibilités de localisation pour les ménages peuvent dès lors être simulées en faisant évoluer ce nombre de logements de chaque IRIS en fonction des scénarios envisagés avec l Agence d Urbanisme en matière de politique d urbanisme et de ses effets Les activités économiques La recherche de l unité d espace adéquate pour les établissements a été plus difficile à mener et c est de fait l investigation qu elle a nécessité qui constitue le cœur de ce rapport. Du fait des variations importantes dans la taille des établissements et des différences fortes de surfaces nécessaires selon l activité, l unité retenue a été la surface hors œuvre nette (SHON) totale dédiée aux activités économiques dans chaque IRIS. La base servant de référence a été le fichier SIRENE 1999 de l INSEE, à partir duquel nous avons extrait l ensemble des établissements de l aire urbaine de Lyon, relocalisés à l IRIS grâce à leur adresse (travail réalisé dans le cadre de sa thèse par David CAUBEL, 2006). SIRENE fournit une description détaillée de chaque établissement, et notamment une répartition fine par classes de nombre de salariés 1. Des travaux menés antérieurement dans le cadre de FRETURB nous ont dès lors permis d estimer un nombre moyen d emplois par type d établissement en fonction de leur classe de taille, de leur localisation et leur secteur d activité suivant la nomenclature fine de l INSEE en 700 types (ROUTHIER, TOILIER, 2007). Par ailleurs, un travail important a été mené pour établir des surfaces moyennes par emploi pour chaque type d activité et, si nécessaire, en fonction de sa localisation. Les principales bases utilisées ont été les suivantes : L inventaire des commerces et le schéma de développement commercial, qui provient de la Chambre de commerce et d industrie, et est mis à la disposition du public. Nous avons longuement exploité les données de la Chambre de Commerces, mais les libellés des activités sont très différents de celles de l INSEE, et peuvent alors être sources d erreur. Néanmoins le fichier des données CCI du SCOT de l Aire Urbaine ont été mis en annexes pour combler d éventuels manques. 1 Soit les classes 0 salarié, 1 à 2 salariés, 3 à 5, 6 à 9, 10 à 19, 20 à 49, 50 à 99, puis 100 à 199 et toutes les classes suivantes vont de 100 en 100. Laboratoire d Economie des Transports 8

9 Les données de la DDCCRF (Direction Départemental de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes). Les données sur les entrepôts et les industries proviennent des enquêtes réalisées par le Laboratoire d Economie des Transports sur les entrepôts de l Aire Urbaine, qui fournissent les surfaces logistiques, les surfaces totales, l activité principale. Enfin, les données relatives à la géographie proviennent de l Atlas de l Aire Urbaine de l Agence d Urbanisme de Lyon. Le produit de ces deux résultats (nombre d emplois par secteur X surfaces moyennes par emploi) a permis de déduire une SHON pour chaque établissement recensé dans SIRENE, puis d estimer la SHON totale dévolue aux activités économiques dans chaque IRIS. La base ainsi établie permet d envisager des mouvements d établissements en fonction des espaces libérés et des espaces nécessaires pour chacun d entre eux. Elle peut également évoluer d une année sur l autre, comme dans le cas de l habitat, en fonction des scénarios envisagés avec l Agence d Urbanisme en matière de politique d urbanisme et de ses effets Les hypothèses sous-jacentes au travail Le travail réalisé lors de toute modélisation est réducteur, et les hypothèses posées pour établir ces estimations ne sont pas neutres. Ainsi, le lien direct posé entre logement et ménage ne tient pas compte de leur taille respective. Cela suppose que, dans chaque Iris, la structure des logements répartis selon leur taille correspond aux besoins des ménages : sur les 25 ans de la simulation, l offre anticipera ces besoins et ne contraindra pas les ménages dans leurs choix de localisation en tout cas pas différemment qu à la période de référence 1999, qui a servi à établir et estimer les paramètres de ces choix. Les hypothèses posées pour l offre d espace des établissements apparaissent plus nombreuses. Elles sont cohérentes avec les types, les tailles et les nombres d établissements présents dans chaque IRIS, mais ne reflètent pas les réserves foncières directement disponibles pour les activités économiques : Tout d abord, l hypothèse d une surface moyenne par emploi dans chaque secteur, même fin et avec si possible une distinction selon la taille et la localisation, gomme de fait les variations possibles propres à chaque établissement qui peuvent avoir éventuellement un impact sur les surfaces moyennes estimées par IRIS. Par ailleurs, tout espace d activité économique est ramené en m 2 de SHON, sans prendre en considération les spécificités des espaces nécessaires aux différents secteurs. Autrement dit, avec notre procédure, un bureau d études peut tout à fait se localiser dans un espace occupé à la période précédente par une entreprise industrielle ou de logistique. Comme le montrent les résultats du rapport intermédiaire n 7, les établissements industriels ont tendance à se localiser à proximité les uns des autres, comme les établissements du tertiaire entre eux, ce qui peut limiter les risques de glissements structurels liés à cette hypothèse. Il n empêche qu il convient de l avoir à l esprit Des réserves foncières sont réalisées par les collectivités pour développer leur offre de zones aménagées ou par les entreprises elles-mêmes pour revendre ou en prévision de leur développement futur. Ces espaces, qui peuvent être considérés comme immédiatement disponibles d une année sur l autre, ne sont pas comptabilisés dans Laboratoire d Economie des Transports 9

10 notre méthode. Ils pourront par contre être considérés comme activés dans les scénarios d évolution de l offre établis avec l Agence d Urbanisme de Lyon. Le fichier SIRENE utilisé comme base de référence n est pas toujours parfait pour rendre compte des localisations. Les grandes entreprises avec plusieurs succursales dans l agglomération se trouvent parfois situées à une seule adresse, ainsi que tous les emplois qui les concernent. L actualisation de la base est difficile car si les établissements sont obligés de se déclarer au moment de leur installation (création ou transfert), ils ne le font pas forcément au moment de leur disparition. Par ailleurs, l hétérogénéité des bases, tant au niveau spatial, temporel que dans la définition des nomenclatures, a parfois conduit à agréger l information pour la ramener à un niveau à laquelle elle était cohérente avec les autres bases : Après des recherches infructueuses de données concernant les SHON en 1999, nous avons constaté que la plupart des observatoires et organismes de statistiques proposent des données pour l année Nous avons donc supposé que les surfaces moyennes des emplois par type d activité n ont pas évolué entre les deux années 1999 et La nécessité de recourir à la notion d Aire Urbaine, a posé quelques difficultés dans la mesure où cette unité statistique est rarement utilisée par les organismes qui fournissent des informations sur les activités économiques (la CCI prend en considération le Rhône, d autres organismes considèrent la Communauté Urbaine, d autres l Aire Urbaine ou d autre comme le SEPAL, le SCOT). Cette différenciation spatiale complexifie la recherche d information et rend les données souvent difficilement comparables. D autre part, seul l INSEE utilise l IRIS et cette unité statistique est très peu disponible lorsque l on fait des recherches. Enfin, une dernière difficulté vient de la définition des nomenclatures. L APET700 de l INSEE, qui s agrège en NES 16, NES36 (etc.) a servi de référence pour notre travail, mais les différents organismes ne raisonnent pas tout à fait sur les mêmes nomenclatures. Par exemple, les commerces sont souvent divisés en deux catégories : les commerces de moins de 400m² et ceux de plus de 400m². L ensemble de ces hypothèses fait que, plus qu une représentation parfaite des localisations et de l offre de surfaces disponibles sur l aire urbaine, nous travaillerons avec une image déformée, qui se rapproche malgré tout de l aspect de la réalité que nous voulons représenter. Par ailleurs, les dynamiques correspondront pour une part, concernant l évolution de l offre, à des scénarios prospectifs destinés à être tester et pour une autre part, concernant la localisation des établissements, aux logiques constatées en Les conséquences de ces limites par rapport à la modélisation dans SIMBAD mériteront sans doute d être approfondies lorsque l ensemble de la boucle localisations / mobilités / accessibilités / localisations aura été constituée. A terme, des alternatives à cette représentation simplifiée des espaces disponibles et des logiques de localisation pourront être proposées puis intégrées dans des versions ultérieures du projet. * * * Laboratoire d Economie des Transports 10

11 Avant de fournir les résultats obtenus et les chiffres qui seront utilisés dans le cadre du projet, ce rapport expose les principales bases utilisées, classées par grands secteurs économiques : industrie, surfaces de stockage, commerces et services. A chaque fois, une présentation générale du secteur est faite et les principaux chiffres et tableaux collectés sont commentés. Une partie apporte également des éléments prospectifs, à partir des grands projets existants, en cours de réalisation ou envisagés. Enfin, on trouvera en conclusion les hypothèses utilisées et les chiffres finalement retenus pour notre projet. Laboratoire d Economie des Transports 11

12 2. Les filières de l industrie dans l aire urbaine de Lyon 2.1. Présentation générale L agglomération lyonnaise est caractérisée par un socle industriel puissant et diversifié allant du textile à la chimie, en passant par le véhicule industriel, la mécanique ou encore la pharmacie. Cette base productive a généré un fort tissu de PME/PMI. Cette situation, si elle permet d amortir les effets de crises sectorielles, pénalise Lyon dans la quête de spécialisation qui caractérise toutes les métropoles européennes. Les grandes filières industrielles (chimie, pharmacie, métallurgie, construction mécanique et électrique, énergie) contribuent fortement à l attractivité économique, au niveau et à la diversification des emplois dans l agglomération. Aux emplois directs qu elles génèrent, il convient d ajouter les emplois indirects offerts en sous-traitance, maintenance, services divers (négoce et commerce de gros). Historiquement ancrées dans le territoire et marquées par la présence de grands groupes de renommée mondiale, elles contribuent à l image internationale de l agglomération, à son rayonnement, en justifiant par exemple la tenue de salons et congrès liés à ces activités. Cette économie de production évolue rapidement. La plupart des secteurs d activités délocalisent les activités de production pure, y compris celles, comme l habillement ou la bijouterie, où le label «made in France» était porteur d une image forte. Les centres de recherche, de design, de création, se renforcent dans l agglomération. Mais inexorablement attirées par un rapport coût/qualité du travail largement en faveur des pays émergents, les unités de production risquent de poursuivre leurs délocalisations. De Neuville-sur-Saône à Givors, la vallée de la chimie concentre près de emplois directs, auxquels il convient d ajouter les emplois indirects liés à la maintenance des sites, aux services divers2. La chimie lyonnaise, très dépendante de centres de décisions extérieurs au territoire, est en profonde mutation. La chimie lourde se délocalise massivement dans les pays à faible coût de main d œuvre, et en direction des marchés émergents (Asie). La chimie lyonnaise se repositionne sur des productions à forte valeur ajoutée, la chimie de spécialités (croissance à 2 chiffres). Les innovations générées ont un impact sur de nombreuses filières aval : biotechnologies, agroalimentaire, plasturgie et sur la recherche-développement (près du tiers des emplois de l aire urbaine). Les évolutions de production, les stratégies mondiales des groupes (rachat fusion absorption spécialisation sur certains produits) se traduisent par une baisse régulière des emplois ( sur l aire urbaine en 1998, en 2002). Dans le même temps, les qualifications demandées sont de plus en plus élevées. Les grands groupes investissent toujours sur l agglomération lyonnaise. Les travaux du SDE ont montré que la filière chimie était une de celles qui investissaient le plus dans l agglomération. Imaginer à court ou moyen termes, une délocalisation massive des unités de production est une hypothèse peu réaliste. La réduction du risque passe donc par deux voies : la maîtrise à la source, et le contrôle accru de l urbanisation autour des sites. Ces évolutions se traduisent également par des réorganisations de sites (regroupement d unités, libération d immobilier ou de foncier), qui interrogent directement les collectivités sur le devenir de ces espaces. L industrie est le secteur où le nombre de salarié par établissement est le plus important : 2,6% des établissements industriels emploient plus de 100 salariés. Dans le secteur industriel, Laboratoire d Economie des Transports 12

13 le textile, la pharmacie, la mécanique, la métallurgie et la construction électrique sont des secteurs dynamiques. La chimie reste l unes des grandes spécificités de l agglomération lyonnaise. Le Grand Lyon [2005] 2 propose la synthèse suivante pour caractériser les grandes filières industrielles de l agglomération et les enjeux auxquels elle a à faire face. Mécanique : une filière traditionnelle qui doit se moderniser La filière doit redorer son image par une politique d investissements plus soutenue, notamment dans les fonctions de soutien le long de la chaîne de valeur : recherche & développement, management et développement commercial, mais aussi en technologie, par la recherche de la maîtrise des évolutions technologiques (numérique, informatique). Agroalimentaire : à la recherche de relations transfilières Le maillage transectoriel avec les industries de l emballage, de la chimie, de la biotechnologie, apparaît incontournable dans un contexte de marché difficile pour permettre à la filière d anticiper dans le domaine de la recherche et de l amélioration du process et être ainsi porteur d avantages concurrentiels durables. Chimie : repositionnement sur la chimie fine et la recherche développement La tendance est l attirance de la filière vers une spécialisation sur des activités de chimie fine ou vers les sciences de la vie. Le secteur est marqué par une forte concentration sur de grandes entreprises et exporte 40 % de sa production. La filière Chimie génère des activités de sous-traitance dans l industrie et le service (chaudronnerie, logistique, ingénierie, tests et normes). Elle offre des possibilités de développement à des PMI opérant sur des créneaux très spécialisés. De nombreux thèmes d alliances sont à considérer : biotechnologies pour l agrochimie et la pharmacie, nouveaux matériaux (notamment de synthèse), ingénierie de l environnement et éco-industries, pour répondre aux pressions croissantes de la réglementation aux exigences de l opinion publique (en termes de renforcement global de la sécurité). Métallurgie : une filière d appui plus qu une filière motrice De même que sur la filière mécanique, l accès à une taille critique est important pour améliorer la compétitivité des entreprises, d autant que l absence de gros donneurs d ordre sur le territoire limite les possibilités d échanges et de collaborations industrielles en associant les sous-traitants dans la course à la mondialisation. Energie : Lyon, tête de pont d une activité en plein essor à l échelle régionale La région lyonnaise bénéficie de nombreux atouts pour la valorisation de l énergie : qualité de la formation dispensée sur l agglomération, poids de la recherche en Rhône-Alpes, ainsi que la situation naturellement privilégiée pour la production d énergie (présence massive d eau, installations techniques de qualité, gros marché local, facilité d export vers des marchés européens demandeurs) qui devraient conforter Rhône-Alpes dans son leadership national sur la production électrique, et affirmer Lyon comme, pôle de l ingénierie nucléaire. 2 Grand Lyon [2005] Les politiques de rayonnement et de l emploi Laboratoire d Economie des Transports 13

14 Construction électrique : une filière qui subit directement la mondialisation Dans un marché largement internationalisé, avec des structures importantes, l enjeu pour la filière apparaît être la création d une offre territoriale attractive, riche de compétences et de possibilités de sous-traitance, condition sine qua non du développement de cette filière. Services aux entreprises : un ensemble diversifié avec un bon niveau de compétences L offre lyonnaise est diversifiée et présente un bon niveau de compétences. Le développement des activités de services dans le domaine du conseil implique une capacité à inscrire l activité locale dans des réseaux de compétences plus larges. De même, pour le pôle R&D, on peut s interroger sur sa visibilité et son positionnement à l échelle mondiale : au besoin de conforter ses pôles d excellence (cf. dans les biotechnologies, les sciences de l ingénieur, les sciences humaines et la gestion ) s ajoute la nécessité de rechercher les synergies entre les disciplines différentes, valorisant ainsi la diversité existante. Pharmacie : l innovation comme clef du développement Par rapport à cette reconfiguration de l industrie, les experts sont inquiets sur la capacité de la France à sortir son épingle du jeu : part importante d entreprises de taille moyenne, résultats au plan de la recherche. Cette situation interroge sur la capacité lyonnaise à maîtriser la trajectoire de son développement pharmaceutique. BTP : un secteur dépendant des commandes publiques Le facteur prix qui reste le critère déterminant de compétitivité a eu un effet très déstructurant pour les PME locales. L enjeu pour la collectivité est de maintenir le tissu en centre ville. En particulier, c est sur le défi de l innovation que doit se focaliser l enjeu des alliances de PME. La commande publique tire une bonne partie de l activité d entreprises locales ou de filiales ; l Etat ayant pris sur la plupart des dossiers un retard important, notamment à travers l étalement des contrats de Plan, c est donc les collectivités territoriales qui peuvent, grâce à leur capacité de décision, relancer un processus d investissement indispensable au secteur. Environnement : des acteurs nombreux et variés à fédérer Le marché lyonnais sur le domaine de l éco-industries a choisi de développer une valeur d exemplarité. Pollutec donne à la ville un rayonnement international. La Maison des écoentreprises est une vitrine et un centre d échanges pour les différentes éco-entreprises. Une école de propreté a été créée afin de pérenniser le vivier d emplois que constitue la filière. Lyon vise une position leader sur le plan européen, par ses grands groupes qui prennent les parts de marché à l étranger mais aussi par un important réseau de PMI innovantes sur ce terreau, gisement de clients potentiels et de nouveaux marchés. Filière automobile : la recherche d alliances Le tissu lyonnais est caractérisé par une majorité de PME. L enjeu des alliances sur le secteur est particulièrement significatif, ainsi que le développement technologique et l international. Plasturgie : partenariats, recherche et innovation comme enjeux L enjeu principal d ici 5 ans pour la plasturgie rhônalpine sera la capacité du secteur à opérer des alliances et regroupements significatifs pour atteindre une taille critique, et faire évoluer significativement les compétences humaines. Ces perspectives d évolution engagent la capacité du territoire à attirer de grands donneurs d ordres pour pérenniser les mouvements de restructuration du secteur. Laboratoire d Economie des Transports 14

15 Textile : le virage du textile technique En déficit majeur de communication, le textile-habillement a un enjeu de régénérescence très fort. La tendance "naturelle" au déclin ne doit pas conduire à écarter toute action publique dans ce domaine. En particulier, les entreprises sont demandeuses d accompagnement en innovation, d aides à l exportation, de communication valorisante. L industrie textile apparaît sur Lyon comme un véritable paradoxe. Elle fait partie du patrimoine industriel lyonnais. Le diagnostic montre qu elle peut aussi faire partie des industries d avenir. Numérique : la quête d une complémentarité avec Grenoble Tout comme chaque secteur émergent et à forte capacité d entraînement, l attractivité du territoire est essentielle à développer pour attirer ces industries. L appui sur les leaders (HP, Gemini) pourrait servir d effet de levier. Sur le plan régional, il serait utile de déterminer les atouts communs et les moyens à mobiliser pour créer un effet de levier en exploitant les synergies entre Grenoble et Lyon. Biotechnologies : un cluster affiché mais avec un potentiel sous exploité La filière biotechnologie bénéficie d un environnement porteur et pourrait se structurer localement en s appuyant sur les grands groupes (BioMeyrieux, Merial) et les acteurs du secteur de la santé (hôpitaux, cliniques, recherche, formation) pour fonder un véritable pôle d innovation. Au total, le bilan sur Lyon est décevant au vue des atouts. Le secteur exerce l influence sur la quasi-totalité des industries traditionnelles (pharmacie, agroalimentaire, chimie, plasturgie, textile à usage technique, produits destinés à la protection de l environnement ) fortement représentées dans l économie locale et régionale. Il y a peu eu de créations d entreprises sur 10 ans. La recherche appliquée a stagné. Carte 1 :Typologie des filières sur le territoire Laboratoire d Economie des Transports 15

16 2.2. Du point de vue du foncier : Sur le périmètre de la Communauté urbaine, (Grand Lyon - DAEI ) il n existe pas pour l heure d observatoire du foncier économique à proprement parler. Au niveau du foncier industriel, on dénombre hectares aménagés dont hectares restant disponibles. A ce chiffre il convient d ajouter le foncier disponible dans les ZAC à vocation économique (107 hectares) et le foncier à vocation économique des zones industrielles en requalification (2 700 hectares). Au total, ce sont hectares qui sont disponibles, auxquels s ajoutent les mises sur le marché programmé d ici 2007, soit 360 hectares (répartis essentiellement entre le pôle agroalimentaire de Mions/Corbas, l extension de la ZI de Meyzieu et dans les zones locales pour l artisanat et les petites activités). Concernant les locaux industriels et commerciaux, le Grand Lyon donne pour l année 2007 les chiffres suivants : - Les demandes satisfaites augmentent de 38% en 9 ans ; m² de locaux industriels placés contre m² en 2005 et m² en % des m² de locaux industriels placés l ont été dans le neuf et la part des ventes aux utilisateurs est toujours plus importante (52 % des m² placés en 2007). Cela a représenté 329 transactions (+19 % par rapport à 2006). Les produits neufs sont caractérisés par une forte évolution qualitative, tant sur le plan architectural qu environnemental. L Est, en première et seconde couronne, a concentré encore une fois la majorité de la demande placée (49 % en 1 ère couronne et 20 % en seconde couronne). En 2007, l offre immédiatement disponible s élève à m², dont 70 % dans l Est de la métropole. La valeur d acquisition continue d augmenter, ce qui renforce la demande de locaux à la location m² de locaux logistiques placés (contre m² en 2006 et m² en 2005) et 34 transactions (+ 36 % par rapport à 2006). 43 % de la demande a été placée sur le territoire de la métropole ; 57 % sont ensuite répartis sur la Plaine de l Ain, le nord de la métropole, le Nord-Isère. Avec 64 % des surfaces placées dans le neuf, le marché lyonnais est conforme aux tendances globales du marché immobilier et connaît une progression constante de la part du neuf placé. 30 % des surfaces placées (neuf et ancien) ont fait l objet d acquisitions par les utilisateurs, ce qui montre la nécessité de disposer de produits flexibles. 37 % des implantations réalisées sont supérieures à m², 33 % entre et m². L offre immédiatement disponible se porte à m². Elle est confortée par m² de projets en cours ou à construire sur la Plaine de l Ain, la première couronne est et le Nord-Isère. La demande sera favorisée en 2008 par la concentration des acteurs chez les logisticiens et les chargeurs ainsi que par le développement des acteurs et des prestataires logistiques déjà installés en région lyonnaise. Malgré les premiers chiffres indiqués ci-dessus, les données concernant l immobilier d industrie ne sont pas disponibles ou restent approximatives. Déjà le rapport relatif aux enquêtes TMV pointait cette difficulté 4. «Nous avons exploré et confronté plusieurs sources de données permettant d approcher la connaissance des aires d entreposage et de constituer 3 Sources : Rapport Pré Diagnostic Scot de l agglomération lyonnaise Partie : Les politiques de rayonnement et d emploi Mai Evaluation des trafics des véhicules utilitaires LET juin 2004 Laboratoire d Economie des Transports 16

17 une liste la plus complète possible pour une aire urbaine donnée. Nous avons donc tenté d analyser dans une perspective d exhaustivité les sources suivantes : Les fichiers d établissements (SIRENE), Les répertoires des observatoires économiques (CCI), Les répertoires professionnels, Les fichiers de permis de construire, Les fichiers de déclaration d établissements classés, Les pages jaunes de la Poste. Au terme de l analyse, nous avons en déduisons qu il n existe aucune source d information vraiment satisfaisante sur le plan de la représentativité qui permette un recensement des entrepôts d une agglomération. En effet, nous avons constaté que chacune des 5 sources que nous avons analysées comporte des défauts importants.» Face à cette incomplétude des données sur le secteur industriel, et à la difficulté d obtenir les surface moyenne nous nous sommes reportés à l enquête TMV réalisée par le Laboratoire d Economie des Transports sur l Aire urbaine de Lyon, pour construire nos estimations sur les industries et les entrepôts. Les données obtenues sont alors les suivantes : Laboratoire d Economie des Transports 17

18 Tableau 1 : Exploitation du fichier ENTREPOTS Laboratoire d Economie des Transports 18

19 3. Les surfaces de stockage : à la frontière entre l industrie et la logistique 3.1. Présentation générale Il n est pas simple de distinguer les industries, des entrepôts des espaces logistiques. Il n est pas toujours précisé (dans les fichier SIRENE par exemple) l existence ou non d unité de production et d espace de stockage Par essence les deux sites présentent des caractéristiques très différentes notamment en termes de mètres carrés par emplois. Le rapport réalisé par le LET «Evaluation des trafics de véhicules utilitaires hors tournées urbaines : analyse des entrepôts périphériques» montre que toute entreprise de production, de commerce, de transformation et de transport de biens possède des lieux, spécifiques ou non, destinés au stockage ou dépôt de ces biens avant leur transformation ou leur expédition. Ces lieux figurent sous le nom de remise, dépôt, réserve, quai ou entrepôt. Ils sont soit isolés dans un établissement propre (on parle alors souvent d entrepôt) soit intégrés à un établissement d activité diverse (réserve d un magasin, mais aussi entrepôt d un industriel). Ce sont tous des lieux d immobilisation de la marchandise plus ou moins longue dans le temps, dont la taille (superficie, volume), le taux d occupation, la durée de stockage, les différentes transformations effectuées sur les biens stockés sont très variés. Il devient alors difficile de les quantifier et de les qualifier. Il est encore plus complexe d isoler ceux au sein desquels la marchandise ne subit aucune transformation. L étude réalisée par le SES montre que sous l impulsion du changement de nature des activités dans les entrepôts, la conception de ces bâtiments a beaucoup évolué ces dernières années. Une nouvelle génération de grands bâtiments, dits «de catégorie A», est apparue. En contrepartie, un certain nombre d entrepôts ont disparu par démolition ou changement d affectation, leur localisation ou leur configuration n étant plus adaptées aux besoins. Les surfaces de stockage qui ont pu donner lieu à une observation précise dans le cadre de cette études se réfèrent à des bâtiments dédiés aux activités logistiques, principalement d une surface supérieure à m², qualifiés généralement d entrepôts. Certains peuvent comporter une part minoritaire de surfaces de bureaux ou d activités annexes. Cette étude montre qu il n existe pas de statistiques permettant de connaître les surfaces de stockage incluses dans des bâtiments industriels ou de vente. En ce qui concerne les bâtiments à vocation principale d entrepôts, leur construction fait l objet d autorisations de construire qui sont suivies statistiquement sous l intitulé «lieux de stockages non agricoles». La démolition ou le changement d affectation ne sont par contre pas connus. De plus, les demandes de permis sont souvent déposées sous l intitulé «locaux d activité» Tableau 2 : Localisation des entrepôts dans la région lyonnaise Plaine de l Ain Rocade Est L Isle d Abeau Autres Secteurs 16% 31% 44% 9% Laboratoire d Economie des Transports 19

20 Les activités de Transport et Logistique 5 Le poids dans l aire urbaine de la branche transport logistique s est renforcé ; l emploi salarié a progressé de plus de 50% entre 1992 et Par son vaste bassin de consommation, son tissu économique diversifié, sa situation géographique et ses capacités en services, la région de Lyon s affirme comme un pôle d attraction pour les activités logistiques. Celles-ci emploient plus de personnes dans l aire urbaine de Lyon, tous secteurs d activités confondus. développement économique de l agglomération. Ils ne concernent pas les seules entreprises de transport et de logistique, mais l ensemble des sociétés industrielles et commerciales : l activité des premières n est que la part externalisée de l activité des secondes. Cette logistique est parfois locale (pour assurer la distribution de produits à la population), parfois internationale (pour expédier dans le monde entier les pièces produites par les industries locales). C est un élément indissociable du développement des entreprises de l agglomération. L emploi salarié dans la branche transport logistique a connu une progression de plus de 50 % entre 1992 et 2002 dans l aire urbaine de Lyon. Cette croissance, nettement plus rapide que celle de l emploi total (+18 %), est favorisée par le mouvement d externalisation des fonctions logistiques et transport auprès des entreprises spécialisées. Le poids de l aire urbaine dans la branche transport-logistique s est encore renforcé en France depuis 10 ans. Par ailleurs, la nature des emplois évolue : si les emplois liés à l entreposage (personnels de quai, magasiniers, caristes, ) et au transport (conducteurs routiers) restent majoritaires et peu qualifiés, l éventail des métiers s est élargi avec l intégration d opérations à valeur ajoutée ou de gestion informatique des flux (informaticiens, gestionnaires de stocks). Environ m² de locaux logistiques sont placés chaque année par les grands opérateurs immobiliers, ce qui représente entre 60 et 90 hectares de terrain. En 2004, ce sont m² qui ont été placés, dont 80 % de neuf. L Isle d Abeau s affirme comme le premier pôle logistique lyonnais et a accueilli les plus grandes implantations en 2004, dont trois supérieures à m² bâtis. Les autres pôles logistiques de la région lyonnaise sont la Plaine de l Ain et le secteur de la Rocade Est (Chassieu, Mions-Corbas, Pays de l Ozon ). Le parc actuel de locaux logistiques est estimé à 3 millions de m² dans la région urbaine de Lyon; début 2005, l offre disponible à six mois est de m², dont 40 % de neuf. La logistique a consommé en moyenne 70 hectares par an ces dernières années dans la région lyonnaise. Même si cette tendance se ralentit (et si une partie des implantations (et des emplois) se localise dans le couloir Rhône/Saône), il resterait encore au rythme actuel plusieurs centaines d hectares à identifier comme zones d accueil des activités logistiques (la Rul en prévoit 700). Le développement de la multimodalité (un service ferroviaire performant nécessite une massification des flux), l amélioration de la gestion des flux, les préoccupations paysagères (éviter les risques de mitage liés à des implantations désordonnées) plaident selon la Rul, pour des espaces dédiés de taille significative, autour de 100 hectares par site. L étude réalisée par le SES sur le Nord-Pas-de-Calais montre que contrairement aux locaux de stockage de surface modeste, répartis de manière homogène sur le territoire français, les locaux dépassant m² sont implantés de façon plus dense dans certaines régions. Ainsi, les grands locaux de stockage (plus de m²), qui ont connu une forte croissance au cours des années 90 (+ 9,4 % entre 1995 et 2000), se concentrent sur trois régions : Île-de- 5 Sources : Le marché des entrepôts en France, DTZ Research, janvier 2004 Laboratoire d Economie des Transports 20

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