Mathématiques. Révisions d algèbre linéaire (PTSI) 2016/2017
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- Claude Cantin
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1 Mickaël Prost Lycée Chaptal Paris Mathématiques Révisions d algèbre linéaire (PTSI) 2016/2017 «En mathématiques, la manière de poser la question est plus importante que la façon de la résoudre» Georg Cantor (1867)
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3 1 Systèmes d équations linéaires Plan de cours I Définitions et vocabulaire 1 II Opérations élémentaires sur les lignes 2 III Résolution d un système linéaire 3 A Cas des systèmes échelonnés 3 B Cas général : méthode du pivot de Gauss 4 IV Exercices 6 Dans tout ce chapitre, désigne l ensemble des nombres réels ou des nombres complexes ; n et p désignent quant à eux deux entiers naturels non nuls I Définitions et vocabulaire Définition 11 On appelle scalaire un élément de Définition 12 On appelle équation linéaire à p inconnues une équation de la forme a 1 x 1 + a 2 x a p x p = b où a 1, a 2,, a p, b sont p + 1 éléments de donnés a 1,, a p sont appelés coefficients de l équation, b est appelé second membre de l équation ; x 1,, x p sont les inconnues de l équation Tout p-uplet (x 1,, x p ) p vérifiant cette équation est appelé solution de l équation Définition 13 On appelle système d équations linéaires à n équations et à p inconnues la donnée de n équations de la forme : a 11 x 1 + a 12 x a 1p x p = b 1 (Σ) a i1 x 1 + a i2 x a ip x p = b i a n1 x 1 + a n2 x a np x p = b n Les scalaires a i,j (i {1,, n}, j {1,, p}) sont les coefficients du système Les scalaires b 1,, b n forment le second membre du système Les scalaires x 1,, x p sont les inconnues que l on cherche à déterminer On note généralement L i la i e équation Une solution de (Σ) est un p-uplet (x 1,, x p ) p vérifiant les équation L 1,, L n 1
4 CHAPITRE 1 SYSTÈMES D ÉQUATIONS LINÉAIRES L existence et le nombre de solutions dépendent de (a i j ) 1in et de (b i ) 1in 1jp Vocabulaire : Un système qui admet au moins une solution est dit compatible S il ne l est pas, il est dit incompatible Le système est dit homogène (ou sans second membre) si b 1 = b 2 = = b n = 0 On appelle système homogène associé à (Σ) le système (Σ) dans lequel on remplace les b i par 0 Un système homogène admet toujours (0,, 0) comme solution Un système est dit carré si n = p, c est-à-dire s il admet autant d équations que d inconnues Cela ne veut pas pour autant dire qu il admet une solution, ni qu elle est unique 2x1 + 4x 2 = 2 Ex : x 1 + x 2 = 5 Un système carré est dit triangulaire supérieur si a i j = 0 pour j < i 2x 1 + 3x 2 + 4x 3 = 1 Ex : 2x 2 x 3 = 2 2x 3 = 5 On prendra soin comme dans les exemples précédents d aligner systématiquement les inconnues des diverses équations pour faciliter les calculs II Opérations élémentaires sur les lignes On définit trois opérations élémentaires (de base) sur les lignes d un système linéaire (Σ) de la forme : a 11 x 1 + a 12 x a 1p x p = b 1 a n1 x 1 + a n2 x a np x p = b n Échange de la ligne L i et de la ligne L j, noté L i L j Multiplication d une ligne par un scalaire non nul, notée L i λl i Ajout d une ligne à une autre ligne multipliée par un scalaire, noté L i L i + λl j Cette dernière notation se lit «L i reçoit L i + λl j» On remarque que ces opérations sont inversibles À titre d exercice, écrire les opérations inverses On peut définir d autres opérations élémentaires comme composées des opérations élémentaires de base : changer l ordre des lignes, additionner des lignes, ajouter à une ligne une combinaison linéaire des autres lignes, etc Définition 14 Deux systèmes (Σ 1 ) et (Σ 2 ) sont dits équivalents si l un se déduit de l autre par une succession d opérations élémentaires Les opérations élémentaires étant inversibles, on peut bien passer d un système à l autre et vice-versa Théorème 15 Deux systèmes équivalents ont même ensemble de solutions Si deux systèmes (Σ 1 ) et (Σ 2 ) sont équivalents, on pourra écrire (Σ 1 ) (Σ 2 ) - 2 -
5 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* III Résolution d un système linéaire A Cas des systèmes échelonnés Définition 16 Un système est dit échelonné si le nombre de coefficients nuls qui commencent chaque ligne augmente strictement d une ligne à l autre (pour éventuellement finir sur des lignes dont tous les coefficients sont nuls) Exemples x y + z = 0 Le système 3z = 1 est un système échelonné (qui ne possède aucune solution puisque 0 3) 0 = 3 x + 2 y 3z = 0 Le système 2x 5 y + z = 1 n est pas échelonné On remarquera qu il suffit d appliquer L 2 L 2 2L 1 z = 2 pour qu il devienne échelonné Définition 17 S il existe, le premier coefficient non nul d une ligne L i est appelé i e pivot du système Exemple Dans le système 1 x y + z = 0 3 z = 1, 1 est le premier pivot du système, 3 est le second 0 = 3 L intérêt d un système échelonné est qu il se résout par substitution 1 On parle alors de méthode de la remontée L exemple suivant sera plus parlant Exemple 3 x + 5 y + 2z = 3 Considérons le système -2 y + 3z = 5-5 z = 5 Le système suivant est échelonné (et même triangulaire) et possède trois pivots On trouve à l aide de la troisième équation z = 1 Par substitution, on trouve y = 4 grâce à la deuxième ligne, et pour finir, la première ligne nous donne x = 5 Le système possède ici une unique solution, le triplet ( 5, 4, 1) Trois cas de figure se présentent : (i) Si tous les coefficients d une ligne sont nuls et que le second membre b i correspondant est non nul, le système n admet pas de solution, il est incompatible (ii) Si lors de la remontée, il reste des inconnues dont la valeur n est pas imposée, le système admet une infinité de solutions (iii) Sinon, le système admet une unique solution 1 Substituer signifie qu on exprime une inconnue en fonction des autres puis qu on reporte l expression obtenue dans les équations - 3 -
6 CHAPITRE 1 SYSTÈMES D ÉQUATIONS LINÉAIRES Exemples x y + z = 0 Illustration du cas (i) : 3z = 1 0 = 3 2x + 3 y + z = 5 Illustration du cas (ii) : 3z = 2 Pour ce dernier système, on a z = 2 3 et en injectant dans la première équation, on a, par exemple, 17 x = y L ensemble des solutions du système est donc : = y, y, 2 3 y 3 Il y a bien une infinité de solutions Des trois cas de figure on peut déduire la propriété suivante : Proposition 18 Un système échelonné admet 0, 1 ou une infinité de solutions B Cas général : méthode du pivot de Gauss L idée essentielle est de résoudre un système d équations linéaires en se ramenant à un système échelonné équivalent par une succession d opérations élémentaires La méthode générale (méthode dite du pivot) est la suivante : ❶ On sélectionne dans la première colonne un coefficient non nul et on échange la première ligne et la ligne correspondante : 3y + 2z + t = 1 x y + 2z t = 3 (Σ) 2x + 4 y + 6z = 2 x y + 2z t = 3 5x + y + 9z 3t = 4 L 3 L 1 3 y + 2z + t = 1 2x + 4 y + 6z = 2 5x + y + 9z 3t = 4 ❷ À l aide de ce premier pivot, on annule les coefficients de la première inconnue dans les autres équations : x y + 2z t = 3 x y + 2z t = 3 3 y + 2z + t = 1 3 y + 2z + t = 1 (Σ) 2x + 4 y + 6z = 2 L 3 L 3 2L 1 6 y + 2z + 2t = 4 L 4 L 4 5L 1 5x + y + 9z 3t = 4 6 y z + 2t = 9 ❸ On fixe ensuite la première ligne et on réitère avec la seconde inconnue, puis avec la troisième, et ainsi de suite On aboutit de proche en proche à un système échelonné x y + 2z t = 3 x y + 2z t = 3 3 y + 2z + t = 1 3 y + 2z + t = 1 (Σ) 6 y + 2z + 2t = 4 L 3 L 3 2L 2 2z = 6 L 4 L 4 2L 2 6 y z + 2t = 9 5z = 11 x y + 2z t = 3 x y + 2z t = 3 3 y + 2z + t = 1 z = 3 5z = 11 L 4 L 4 5L 3 3 y + 2z + t = 1 z = 3 0 = 4-4 -
7 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Le système est donc incompatible L échelonnement du système a été mené à terme mais on aurait pu s arrêter à l étape précédente car les deux dernières équations du système précédent donnent z = 3 et z = 11 5 (Σ) n admet donc pas de solution Théorème 19 Tout système linéaire est équivalent à un système échelonné Tout système étant équivalent à un système échelonné, on peut en déduire que : Corollaire 110 Tout système linéaire admet 0, 1 ou une infinité de solutions On peut démontrer que quelles que soient les opérations effectuées, le nombre de pivots dans le système échelonné obtenu est constant Ce théorème fondamental dont on admet la démonstration conduit à la définition suivante : Définition 111 On appelle rang d un système le nombre de pivots obtenus après échelonnement Exemple Le rang du système (Σ) vaut 3 car d après les calculs précédents, il est équivalent au système échelonné : 1 x y + 2z t = 3 3 y + 2z + t = 1 1 z = 3 0 = 4 Définition 112 Un système carré est dit de Cramer s il admet une unique solution Théorème 113 Un système carré à n équations et à n inconnues est de Cramer si et seulement si son rang est égal à n Et les matrices augmentées dans tout ça? Certains préféreront l écriture condensée d un système linéaire sous forme de matrice augmentée 3x 2 y + 5z = 3 Par exemple, le système x + 2 y + 3z = 1 peut s écrire 2x + y + z = 0 À vous de choisir l écriture qui vous convient! Le théorème suivant s avère peu utile en pratique (dans la résolution concrète d un système linéaire) mais montre l importance de la linéarité Cette propriété se retrouvera dans les prochains chapitres - 5 -
8 CHAPITRE 1 SYSTÈMES D ÉQUATIONS LINÉAIRES Théorème 114 Toute solution d un système linéaire est la somme d une solution particulière du système et d une solution du système homogène associé Notons ( x 1, x 2,, x p ) une solution particulière du système a 11 x 1 + a 12 x a 1p x p = b 1 a n1 x 1 + a n2 x a np x p = b n Soit (x 1,, x p ) une solution quelconque du système Comme on a de plus : a 11 x 1 + a 12 x a 1p x p = b 1 a n1 x 1 + a n2 x a np x p = b n on peut écrire : mais encore : a 11 x 1 + a 12 x a 1p x p = a 11 x 1 + a 12 x a 1p x p a n1 x 1 + a n2 x a np x p = a n1 x 1 + a n2 x a np x p a 11 (x 1 x 1 ) + a 12 (x 2 x 2 ) + + a 1p (x p x p ) = 0 a n1 (x 1 x 1 ) + a n2 (x 2 x 2 ) + + a np (x p x p ) = 0 Ainsi, (x h 1,, x h p ) = (x 1 x 1,, x p x p ) est solution du système homogène et on a : (x 1,, x p ) = (x h 1,, x h p }{{} ) + ( x 1, x 2,, x p ) }{{} solution du système homogène solution particulière IV Exercices Exercice 1 Résoudre les systèmes linéaires suivants et préciser leur rang : x + 2 y + 3z = 2 x + 3 y + 4z = 17 x + y + z = 1 (S 1 ) 4x + 5 y + 6z = 0 (S 2 ) 7x 5z = 0 (S 3 ) 3x + 2 y = 14 7x + 8 y + 9z = 0 3x + y z = 51 2x 2 y 2z = 0 Réponse (Ex 1) 1 Le système est de Cramer (donc de rang 3), son unique solution est le triplet ( 1, 2, 1) 2 Il en va de même pour le deuxième système, l unique solution est , , Le système n admet aucune solution, une mise sous forme échelonnée permet de justifier qu il est de rang 2 (deux pivots non nuls) - 6 -
9 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Exercice 2 On considère le système suivant : x + y + mz = m ( ) x + m y z = 1 x + y z = 1 (m ) 1 Préciser pour quelle(s) valeur(s) du réel m le système précédent est de Cramer Déterminer alors son unique solution en fonction de m On pourra utiliser les formules de Cramer présentées dans le chapitre 2, paragraphe IIB] 2 Déterminer les ensembles de solutions lorsque le système n est pas de Cramer Réponse (Ex 2) Procédons tout d abord sans utiliser les formules de Cramer du prochain chapitre x + y + mz = m x + m y z = 1 x + y z = 1 L 2 L 2 L 1 L 3 L 3 L 1 x + y + mz = m (m 1)y (m + 1)z = 1 m (m + 1)z = 1 m Le dernier système étant échelonné, on peut facilement discuter son nombre de solutions Si m = 1, la dernière ligne montre que ( ) n admet pas de solution Si m 1, on a z = m 1 m+1 et (m 1)y = 0 Il faut donc distinguer deux cas Si m 1, y = 0 puis x = m(1 z) = 2m m+1 Le système est de Cramer et admet pour unique solution le triplet 2m m 1 m+1, 0, m+1 Si m = 1, on trouve x = 1 y et z = 0 Le système admet une infinité de solutions de la forme (1 y, y, 0) Revenons maintenant à l énoncé 1 Le système ( ) est de Cramer si et seulement si sont déterminant est non nul, 1 1 m 1 m m 2 0 m ± Pour m ±1, on peut donc utiliser les formules de Cramer : m 1 m 1 m m 1 1 m 1 m m m(1 m) x = = = 2m 1 m 2 1 m m ; y = (m 1)2 = 0; z = = = m 1 1 m 2 1 m 2 1 m m On retrouve bien le résultat mais au prix d un coûteux effort calculatoire 2 Lorsque le système n est pas de Cramer, c est-à-dire pour m = 1 et m = 1, il n y a pas d autre choix que de résoudre les deux systèmes associés à l aide de la méthode du pivot : x + y + z = 1 x + y z = 1 x + y z = 1 (m = 1); x + y z = 1 x y z = 1 x + y z = 1 (m = 1) On sait d avance que l on trouvera zéro solution ou bien une infinité, ce qui se voit par ailleurs directement en observant la forme des deux systèmes On retrouve alors les solutions précédentes REMARQUE : Dans le cas où m = 1, on pourra écrire l ensemble des solutions sous la forme {(1 y, y, 0) y } Attention, cette écriture n est pas unique! - 7 -
10 CHAPITRE 1 SYSTÈMES D ÉQUATIONS LINÉAIRES - 8 -
11 2 Matrices Plan de cours I Matrices, opérations sur les matrices 10 A Somme et multiplication par un scalaire 10 B Produit de deux matrices 10 C Transposée 11 II Matrices carrées 12 A Déterminant d une matrice 12 B Inversion de matrices 13 C Puissance de matrices 17 D Matrices particulières 20 III Rang d une matrice 21 IV Trace d une matrice 22 V Exercices 23 Dans tout ce chapitre, désigne l ensemble des nombres réels ou des nombres complexes ; n, p et q désignent quant à eux trois entiers naturels non nuls Définition 21 On appelle matrice de taille n p à coefficients dans un tableau à n lignes et à p colonnes d éléments de On note M n,p () l ensemble des matrices de taille n p à coefficients dans Soit M une telle matrice On note m i,j le coefficient situé sur la i e ligne et la j e colonne de M On écrit alors : m 11 m 1p M = ou M = (m i,j ) 1in 1jp m n1 m np Garder en tête que le premier indice dans la notation précédente désigne le nombre de lignes alors que le second renvoie au nombre de colonnes Lorsque n = p, la matrice est dite carrée et on note M n () l ensemble des matrices carrées d ordre n Lorsque n = 1, M est appelée matrice ligne : M = m 11 m 1p Lorsque p = 1, M est appelée matrice colonne : M = Rappelons que deux matrices sont égales si, par définition, elles ont même taille et mêmes coefficients Par la suite, 0 n,p désignera la matrice nulle de M n,p (), c est-à-dire la matrice de taille n p dont tous les coefficients sont nuls 9 m 11 m n1
12 CHAPITRE 2 MATRICES I Matrices, opérations sur les matrices A Somme et multiplication par un scalaire Définition 22 On définit la somme de deux matrices A, B M n,p () et on note A + B la matrice de M n,p () suivante : i 1, n j 1, p (A + B) i,j = A i j + B i j Proposition 23 Pour toute matrice A, B, C M n,p (), on a : (A + B) + C = A + (B + C) (associativité) ; A + 0 n,p = 0 n,p + A = A (existence d un élément neutre) ; l existence d une matrice notée A telle que A + ( A) = ( A) + A = 0 n,p (existence d un symétrique) ; A + B = B + A (commutativité) Définition 24 Soient A M n,p () et λ On définit la multiplication de A par λ et on note λa la matrice suivante : i 1, n j 1, q (λa) i,j = λa i,j Exemple = B Produit de deux matrices Définition 25 On définit le produit de deux matrices A M n,p () et B M p,q () et on note A B ou AB la matrice de M n,q () suivante : p i 1, n j 1, p (AB) i, j = a i,k b k,j k=1 La formule précédente est fondamentale On prendra garde au fait qu on ne peut pas toujours multiplier deux matrices entre-elles pour cause d incompatibilité des dimensions, le nombre de colonnes de la première devant être égal au nombre de lignes de la seconde Cependant, le produit de deux matrices carrées de taille n est toujours défini Il est important de savoir rapidement retrouver cette formule en multipliant deux matrices A = (a i j ) et B = (b i j ) écrites côte à côte ou bien placées comme dans l exemple suivant
13 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Exemple méthode de calcul Soient A = M ,3 () et B = 2 2 M 3,2 () = AB avec, par exemple, 8 = ( 1) ( 2) Proposition 26 Pour toute matrice A, B M n,p (), C, D M p,q () et E M q,r (), on a : (A + B)C = AC + BC, A(C + D) = AC + AD (distributivité) ; (AC)E = A(C E) (associativité) ; Vérifier dans la proposition précédente que les produits matriciels sont bien définis De manière générale, deux matrices A, B M n () ne commutent pas : A = ; B = ; AB = = BA De plus, AB = O n A = O n ou B = O n comme le montre l exemple suivant : = On ne peut donc pas «simplifier» par des matrices dans une équation matricielle : AB = AC B = C Cependant, si la matrice A est inversible, on peut multiplier cette égalité par A 1 à gauche et obtenir B = C On notera l analogie avec les nombres réels ou complexes : tous ces nombres sont inversibles, sauf 0, et c est uniquement à cette condition que l on peut simplifier une équation On note I n la matrice carrée de taille n comportant des 1 sur la diagonale et des 0 ailleurs La matrice identité (ou matrice unité) est un élément neutre pour la multiplication C Transposée Définition 27 : Transposée Soit A M n,p () On définit la matrice transposée de A et on note t A ou A T la matrice suivante : A T = (a j,i ) 1jp M p,n () 1in
14 CHAPITRE 2 MATRICES Exemples A = 1 5 M 2 () A T = 1 3 M 2 () B = M 2,3 () B T = 1 0 M 3,2() C = M 3() C T = M 3() Pour obtenir la transposée d une matrice carrée, il suffit d effectuer une symétrie des coefficients par rapport à la diagonale Proposition 28 Pour toute matrice A, B M n,p (), on a : (A T ) T = A; (A + B) T = A T + B T ; (AB) T = B T A T (attention!) Exemple On considère la matrice M M n () et les vecteurs colonnes X, Y M n1 () Quelle est la taille des matrices M X, Y T M, M M T, Y T X, X Y T et Y T M X? On trouve respectivement n 1, 1 n, n n, 1 1, n n et 1 1 Représenter les matrices en question peut s avérer utile pour retrouver leur dimension! II Matrices carrées Toutes les matrices seront par la suite supposées carrées, de taille n n A Déterminant d une matrice Nous reviendrons l an prochain sur la notion de déterminant et étudierons plus en détails ses propriétés Définition 29 : en dimension 2 et 3 On définit le déterminant d une matrice d ordre 2 par : a b c d = ad bc d une matrice d ordre 3 par : a b c d e f = a e f g h i h i d b c h i + g b c e f (dév / première colonne) = a e f h i b d f g i + c d e g h (dév / première ligne) = aei + b f g + cdh ceg bdi ah f (Sarrus)
15 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* a Le déterminant se note det c Proposition 210 A, B M n (), λ, b ou bien a d c b d det(ab) = det(a) det(b) et det(λa) = λ n det(a) On prendra donc garde au fait que det( I 2 ) = 1 alors que det( I 3 ) = 1 De manière générale, det(a + B) det(a) + det(b) B Inversion de matrices 1 Définition et premières propriétés Définition 211 Une matrice A M n () est inversible si et seulement s il existe une matrice B M n () telle que : AB = BA = I n On note A 1 l inverse de A et GL n () l ensemble des matrices inversibles, appelé groupe linéaire La relation étant symétrique, si AB = BA = I n, B est également inversible et B 1 = A Exemples I 2 est inversible car = On a donc I = I De même, = donc est inversible et Il suffit en fait que AB = I n pour avoir BA = I n : Théorème 212 Si deux matrices A, B M n () vérifient AB = I n alors BA = I n = On a alors AB = BA = I n, ce qui donne A GL n () et B = A 1 Nous aurons, pour cette démonstration, recours aux applications linéaires et à leurs propriétés générales Le lecteur est renvoyé aux prochains chapitres pour plus d explications Soient A, B M n () vérifiant AB = I n On considère alors l application ϕ définie sur l espace vectoriel M n () par ϕ : M MA ϕ est une application linéaire car pour tout M 1, M 2 M n () et λ, ϕ(λm 1 + M 2 ) = (λm 1 + M 2 )A = λm 1 A + M 2 A = λϕ(m 1 ) + ϕ(m 2 ) ϕ : M n () M n () donc ϕ (M n ()) ϕ est injective car Ker(ϕ) = {0 n } : M Ker(ϕ) = MA = 0 n = MAB = 0 n = M I n = 0 n = M = 0 n
16 CHAPITRE 2 MATRICES M n () étant un espace de dimension finie, l endomorphisme ϕ est surjectif Comme I n Im(ϕ), il existe C M n () telle que ϕ(c) = I n, c est-à-dire, telle que CA = I n Il ne reste plus qu à montrer que B = C, ce qui est bien le cas car on peut multiplier l égalité CA = I n à droite par B pour obtenir CAB = C = B On a donc bien BA = I n GL n () n est pas un espace vectoriel! En effet, la matrice nulle n est pas inversible Si c était le cas, il existerait B telle que 0 n B = B 0 n = I n, absurde! Proposition 213 Si deux matrice A, B GL n (), alors : (i) AB GL n () et (AB) 1 = B 1 A 1 (ii) A T GL n () et A T 1 = A 1 T Un simple calcul permet de justifier l inversibilité et de fournir l inverse : (i) (AB)(B 1 A 1 ) = A(BB 1 )A 1 = AA 1 = I n (ii) A T A 1 T = (A 1 A) T = I T n = I n Théorème 214 A M n () est inversible det(m) 0 Dans ce cas, det(a 1 ) = 1 det A Nous reviendrons sur la preuve en deuxième année ; montrons seulement l implication Si A est inversible, AA 1 = I n donc det(a) det(a 1 ) = det(i n ) = 1 Le produit étant égal à 1, det(a) 0 et on a det(a) = 1 det(a) 2 Inversion de matrices et systèmes d équations linéaires Lemme 215 Soient A, B M n () telles que pour toute matrice colonne X de M n,1 () on ait AX = BX Alors A = B Il ne s agit en aucun cas d une «simplification par X» En termes d applications linéaires, l analogie est la suivante : x E f (x) = g(x) = f = g si k j Soient j 1, n et X la matrice colonne de la forme 1 j, c est-à-dire que X k = 0 1 si k = j
17 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Comme AX = BX (égalité entre deux vecteurs colonnes), i 1, n (AX ) i,1 = (BX ) i,1 c est-à-dire n n A i,k X k,1 = B i,k X k,1 k=1 k=1 Les coefficients du vecteur X étant nuls sauf pour k = j, on tire de cette égalité : i 1, n A i,j = B i,j Le raisonnement étant valable pour j quelconque, on a bien l égalité des coefficients, donc des deux matrices Considérons maintenant A M n,p () et Y M n,1 () x 1 Résoudre l équation AX = Y où X = M p,1 () revient à résoudre x p a 11 a 12 a 1p x 1 y 1 = a n1 a n2 a np x p y n donc à résoudre le système d équations linéaires : a 11 x 1 + a 12 x a 1p x p = y 1 On suppose désormais que n = p a i1 x 1 + a i2 x a ip x p = y i a n1 x 1 + a n2 x a np x p = y n Théorème 216 Soit A M n () La matrice A est inversible si et seulement si le système associé à l égalité AX = Y avec Y quelconque est un système de Cramer = On suppose A inversible AX = Y donc X = A 1 Y Ainsi, pour tout Y, l équation AX = Y admet une unique solution X = A 1 Y Le système est donc de Cramer = On suppose que AX = Y est un système de Cramer À l aide de la méthode du pivot, on peut exprimer les inconnues x i comme combinaisons linéaires des paramètres y j, c est-à-dire : x 1 =b 11 y 1 + b 12 y b 1p y n x i =b i1 y 1 + b i2 y b ip y n x n =b n1 y 1 + b n2 y b np y n
18 CHAPITRE 2 MATRICES Notons alors B la matrice (b i j ) 1in associée 1jn On a X = BY D où Y = AX = ABY, c est-à-dire (AB)Y = I n Y Y étant quelconque, d après le lemme précédent, AB = I n La matrice A est donc inversible 3 Détermination pratique de l inverse d une matrice La démonstration du théorème précédent nous fournit une méthode pratique pour inverser une matrice! En effet, la matrice B qui apparaît lors de la résolution du système AX = Y n est rien d autre que l inverse de A Ainsi, pour inverser une matrice A GL n (), on pourra poser X, Y M n,1 () et résoudre le système AX = Y à l aide de la méthode du pivot de Gauss Exemple Inversons la matrice A = 1 1 On résout pour cela AX = Y avec X = 1 2 x1 x 2 et Y = y1 y 2 : x1 + x 2 = y 1 x1 + x 2 = y 1 x1 = 2 y 1 + y 2 x 1 + 2x 2 = y 2 L 2 L 2 L 1 x 2 = y 2 y 1 x 2 = y 1 + y 2 x1 2 1 y1 2 1 On a ainsi, =, ce qui montre que A est inversible et que A 1 = x y On n oubliera pas, lors de la dernière étape, de bien ordonner les termes y 1 et y 2 pour ne pas inverser les coefficients de la matrice A 1 Évidemment, toute matrice n est pas inversible L équivalence du théorème précédent montre que la résolution du système AX = Y avec A / GL n () conduira à l apparition d un système échelonné incompatible Exemple Essayons d inverser la matrice B = 1 1 Nous savons d avance que c est peine perdue car det(b) = x1 + x 2 = y 1 2x 1 + 2x 2 = y 2 L 2 L 2 2L 1 x1 + x 2 = y 1 0 = y 2 2 y 1 Le système obtenu est bien incompatible : il admet 0 solution ou une infinité (selon la valeur de y 2 2y 1 ) La matrice B n est donc pas inversible En pratique, si on s intéresse seulement à l inversibilité d une matrice, on calculera son déterminant Si l énoncé demande de calculer l inverse, on pourra se lancer dans la résolution d un système Il ne s agit pas de la seule méthode! On peut aussi utiliser l astuce suivante, présentée sur un exemple : Exemple 1 2 Soit A = Montrer que A 2 4A I = 0 2 et en déduire que A est inversible A 2 = donc A 2 4A I = = Ainsi, A 2 4A = I 2 donc A(A 4I 2 ) = I 2 Ainsi, A est inversible, d inverse A 1 = A 4I 2 = Calculer le produit AA 1 pour vérifier les calculs puis retrouver A 1 à l aide de la résolution d un système
19 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Retenir la formule suivante peut s avérer utile : a c 1 b 1 d = d ad bc c b a Cette formule n a de sens que lorsque la matrice A est inversible puisque ad bc = det(a) 4 Retour sur la résolution de systèmes linéaires On peut déterminer l unique solution de l équation AX = Y (lorsque A est inversible) sans calculer explicitement l inverse de A grâce aux formules dites de Cramer 1 Proposition 217 : Formules de Cramer a b Si A = et det A 0 alors l unique solution du système A c d x 1 = a c y 1 y 2 b a y 1 d c y 2 ; x b 2 = a b d c d x1 x 2 = y1 y 2 est donnée par : a b c x 1 y 1 Si A = d e f et det A 0 alors l unique solution du système A x 2 = y 2 est donnée g h i x 3 y 3 par : y 1 b c a y 1 c a b y 1 y 2 e f d y 2 f d e y 2 y 3 h i g y 3 i g h y 3 x 1 = ; x a b c 2 = ; x a b c 3 = a b c d e f d e f d e f g h i g h i g h i Ces formules peuvent être généralisées pour n quelconque mais les calculs deviennent très fastidieux! Exemple 2x y = 1 Résoudre le système 3x + 4 y = 6 On trouve (x, y) = (2, 3) à l aide des formules de Cramer C Puissance de matrices Soient A M n () et p Par définition, A p = A } {{ A } Par convention, A 0 = I n p fois On montre alors facilement que A p A q = A p+q Pour calculer les puissances successives d une matrice M, on peut utiliser l une des méthodes suivantes 1 Par récurrence La méthode la plus naturelle consiste à calculer quelques puissances de M et d essayer, si possible, de généraliser le résultat à l aide d une récurrence 1 Attention, elle ne figurent pas au programme et il n est en théorie pas possible de les utiliser le jour du concours
20 CHAPITRE 2 MATRICES Exemple Si J = 1 1 1, J 2 = = 3J, J 3 = JJ 2 = 3J 2 = 9J On peut montrer par récurrence que J p = 3 p 1 J car J p+1 = JJ p = J3 p 1 J = 3 p 1 J 2 = 3 p J Proposition 218 : Puissances d une matrice diagonale λ 1 0 λ p 1 0 Soit D = M n () une matrice diagonale Alors, pour tout p, D p = 0 λ n 0 λ p n La démonstration repose sur une récurrence 2 Formule du binôme (A+ B) 2 = (A+ B)(A+ B) = A 2 +AB + BA+ B 2 L égalité (A+ B) 2 = A 2 +2AB + B 2 est donc vraie si et seulement si AB = BA, c est-à-dire si les matrices commutent La formule du binôme se généralise donc au cas des matrices qui commutent On remarquera que si A commute avec B, alors, pour tout k, AB k = B k A Théorème 219 : Formule du binôme p p Si A et B commutent alors (A + B) p = A k B p k pour p quelconque k k=0 Procédons par récurrence sur p Initialisation La formule est clairement vraie pour p = 0 et p = 1, nous l avons également démontrée pour p = 2 Hérédité Supposons le résultat vrai au rang p et montrons qu il l est encore au rang p + 1 (A + B) p+1 = (A + B)(A + B) p = (A + B) = p k=0 p+1 p k A k+1 B p k + p k=0 p p = A k B p k+1 + k 1 k=1 k=0 p p = A p+1 + A k B p k+1 + k 1 k=1 p p = A p k 1 k=1 p p A k B p k k k=0 p A k B p k+1 k p A k B p k+1 (par changement d indice) k p k=1 p A k B p k+1 + B p+1 k p A k B p k+1 + B p+1 k
21 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* (A + B) p+1 = A p+1 + p p + 1 A k B p+1 k + B p+1 (formule du triangle de Pascal) k k=1 p+1 p + 1 = A k B p+1 k k k=0 Ce qui achève la démonstration par récurrence Exemple Calculons T p avec T = en écrivant T = D + N où D = et N = Tout d abord, DN = N D = donc les matrices commutent p p On peut alors appliquer la formule du binôme et on trouve T p = N k D p k k k=0 3 n k 0 0 Comme N 2 = 0, par récurrence, N k = 0 pour k 2 et D n k = 0 2 n k n k Ainsi, dans la somme précédente, toutes les matrices sont nulles sauf celles obtenues pour k = 0 et k = 1 D où : 3 p 0 0 p p p 1 T p = D p + N D p 1 = 0 2 p p2 p p Pour p = 0, T p = T 0 = I 3 On voit que la formule précédente s applique encore Exemple À l aide de la matrice J définie précédemment, calculer les puissances successives de M = Penser à vérifier le résultat obtenu pour n = 2 et n = 3 3 Par diagonalisation Cette technique n est pas explicitement au programme de première année mais elle est au cœur du programme de deuxième année, la méthode est donc à connaître Théorème 220 Soient A, B M n () et P GL n () telles que A = P 1 BP Alors, pour tout p, A p = P 1 B p P Démontrons ce résultat par récurrence en supposant que A = P 1 BP Initialisation La formule est vraie pour p = 0 car A 0 = I n et P 1 B 0 P = P 1 P = I n Hérédité Supposons le résultat vrai au rang p et montrons qu il l est encore au rang p + 1 A p+1 = AA p = (P 1 BP)(P 1 B p P) = P 1 BB p P = P 1 B p+1 P Ce qui achève la démonstration par récurrence
22 CHAPITRE 2 MATRICES Ainsi, si pour une matrice carrée M donnée, on arrive à trouver une matrice diagonale D et une matrice inversible P telles que M = P DP 1, on aura M p = P D p P 1 Un des enjeux fondamentaux du programme de deuxième année consistera à savoir s il est possible d établir une telle relation et à savoir comment construire de telles matrices 2 Exemple Soit M = et P = Vérifier que P est inversible et calculer P 1 M P En déduire M k pour k Tout d abord, det(p) = 3 0 donc P est inversible De plus, P 1 = et on a : 1 1 P 1 M P = = On notera cette dernière matrice D On a alors M = P DP 1 et par récurrence, M k = P D k P 1 pour k Ainsi, M k = ( 2) k = ( 2) k 1 ( 2) k ( 2) k+1 1 ( 2) k+1 On prendra soin de vérifier que la formule est vraie pour k = 1 et k = 2 D Matrices particulières λ 1 0 Matrices diagonales : D = 0 λ n λ p 1 0 On montre par récurrence que pour tout entier naturel p, D p = 0 λ p n Une matrice diagonale est inversible si et seulement si ses coefficients sur la diagonale sont tous non nuls Son inverse est alors : 1 λ 0 1 D 1 = 0 a 11 a 1n Matrices triangulaires supérieures : T = 0 a nn Une matrice triangulaire est inversible si et seulement si ses coefficients sur la diagonale sont tous non nuls On pourra s en convaincre en calculant son déterminant 3 Matrices symétriques : Une matrice carrée S est dite symétrique si t S = S, c est-à-dire si pour tout (i, j) 1, n 2, a i j = a ji Une matrice symétrique sera donc de la forme : 1 λ n a 11 a 12 a 1n a S = 12 a 22 a n 1n a 1n a n 1n a nn 2 En anticipant, on dira que «M est semblable à une matrice diagonale» ou bien que «M est diagonalisable» 3 qui, comme pour une matrice diagonale, est égal au produit des coefficients sur la diagonale
23 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* On note S n () l ensemble des matrices symétriques d ordre n à coefficients dans Il s agit d un espace vectoriel 4 Matrices antisymétriques : Une matrice carrée A est dite antisymétrique si t A = A, c est-à-dire si pour tout (i, j) 1, n 2, a i j = a ji Une matrice antisymétrique sera donc de la forme : 0 a 12 a 1n a A = 12 0 a n 1n a 1n a n 1n 0 On remarquera que d après la définition, a ii = a ii, ce qui justifie que les coefficients sur la diagonale d une matrice antisymétriques sont tous nuls On note A n () l ensemble des matrices antisymétriques d ordre n à coefficients dans Il s agit d un espace vectoriel III Rang d une matrice Définition 221 On appelle rang d une matrice A le rang du système AX = 0 associé Pour calculer le rang d une matrice, on pourra donc mettre sous forme échelonnée le système correspondant puis compter le nombre de pivots obtenus non nuls Noter que l on peut pratiquer directement la méthode du pivot de Gauss sur la matrice étudiée Les égalités suivantes sont des égalités entre rangs, non pas des égalités matricielles Exemple Déterminer le rang de A = On effectue pour cela une succession d opérations élémentaires sur les lignes : rg = = rg = 2 L L 3 2L rg L 2 L 2 2L 1 L 3 L 3 3L 1 Nous verrons dans un prochain chapitre comment déterminer ce rang par encadrement à l aide de combinaisons linéaires Théorème 222 Soit A M n () Alors, rg(a) = rg(a T ) (admis) Ce théorème nous montre que le travail sur les lignes d une matrice A pour déterminer son rang peut aussi se faire sur les colonnes Théorème 223 A M n () est inversible rg A = n det(m) 0 4 en utilisant un des résultats du chapitre suivant
24 CHAPITRE 2 MATRICES Voir le chapitre «Systèmes d équations linéaires» On peut donc déterminer le rang d une matrice pour justifier l inversibilité (ou plutôt la non inversibilité) de celle-ci plutôt que passer par un calcul de déterminant Exemple La matrice J = n est pas inversible car rg(j) = 1 < On aurait aussi pu raisonner par l absurde en remarquant que J 2 = 3J Si J était inversible, en multipliant l égalité par J 1, on trouverait J = 3I 3 Absurde IV Trace d une matrice Définition 224 On appelle trace d une matrice M M n () et on note Tr(M) la somme des coefficients diagonaux n de M Autrement dit, Tr(M) = m ii i=1 Exemple Si M = alors Tr(M) = = Proposition 225 Si A, B M n (), alors Tr(AB) = Tr(BA) Attention, les matrices AB et BA sont généralement différentes, même si elles ont la même trace D une part, (AB) i j = D autre part, (BA) i j = on a Tr(BA) = n k=1 i=1 n a ik b k j donc Tr(AB) = k=1 n n b ik a k j donc Tr(BA) = k=1 i=1 k=1 n a ik b ki n i=1 k=1 n b ik a ki Les indices de sommation étant muets, n a ik b ki De plus, les sommes considérées sont finies donc l ordre de sommation n importe pas L égalité est donc établie Exemple Les deux matrices suivantes ont bien même trace (égale à 69) : = ; =
25 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* V Exercices Exercice 1 Déterminer le rang des matrices suivantes : A = 0 3, B = , C = Réponse (Ex 1) rg(a) = rg = rg = 2 ; 2 1 L 1 L rg(b) = rg = rg = L L rg(c) = rg = rg = 1 L L 2 L 1 L 3 L 3 L L 2 L 2 3L 1 rg Exercice 2 Pour a, on définit les trois matrices suivantes : 1 Vérifier que AN = NA et N 3 = 0 2 Calculer B n pour tout entier n = 2 ; a A = 0 a 0, N = 0 0 1, B = A + N 0 0 a Pour quelles valeurs de a la matrice B est-elle inversible? Calculer B 1 pour ces valeurs de a Réponse (Ex 2) 0 a 0 1 AN = NA = 0 0 a et N 3 = Comme les matrices A et N commutent, on peut utiliser la formule du binôme de Newton et on obtient : B n = (A + N) n = n k=0 n N k A n k = k n A n + 0 n NA n puisque n 2 (sinon, il y aurait moins de termes dans la somme) a k Comme A k = 0 a k 0 et N 2 = 0 0 0, on trouve : 0 0 a k a n a n 1 0 n 2 B n = 0 a n 0 +n 0 0 a n 1 n(n 1) a n n N 2 A n a n = a n a 2 n(n 1) 2 na 0 a 2 na 0 0 a 2 3 La matrice B est triangulaire supérieure, elle est inversible si et seulement si tous ses coefficients diagonaux sont nont nuls (le déterminant est ici le produit des coefficients diagonaux), c est-à-dire
26 CHAPITRE 2 MATRICES si et seulement si a est non nul Pour inverser B, on procède par pivot de Gauss : a 1 0 x 1 y 1 BX = Y 0 a 1 x 2 = y a x 3 y 3 x 1 = 1 ax 1 + x 2 = y 1 a y 1 1 a y a y 3 3 ax 2 + x 3 = y 2 x 2 = 1 a y 2 1 a y 2 3 ax 3 = y 3 x 3 = 1 a y 3 x 1 1 a 1 1 a 2 a 3 x 2 = 1 0 x a 1 a 1 2 a y 1 y 2 y 3 X = B 1 Y REMARQUE : On constate même que la formule établie à la question précédente pour n 2 fonctionne encore pour n = 1 Étrange?! Exercice 3 Soient les matrices M = et D = a) Trouver l unique vecteur colonne X 1 dont la première coordonnée vaut 1 tel que M X 1 = 0 b) Trouver l unique vecteur colonne X 2 dont la deuxième coordonnée vaut 1 tel que M X 2 = 1 12 X 2 c) Trouver l unique vecteur colonne X 3 dont la dernière coordonnée vaut 2 tel que M X 3 = X 3 2 On note P la matrice dont les vecteurs colonnes sont (dans l ordre) X 1, X 2 et X 3 Montrer que la matrice P est inversible et calculer sa matrice inverse P 1 3 Montrer que la matrice P 1 M P est diagonale et égale à D Déterminer D n pour tout entier n 1 4 Montrer par récurrence que, pour tout entier n 1 : M n = P D n P 1 5 En déduire que, pour tout entier naturel non nul n : 1 n 1 n M n = n 1 n n 1 n n n n Réponse (Ex 3) On trouve X 1 = 0, X 2 = 1 et X 3 = On pourrait calculer le déterminant de P mais le fait qu on puisse inverser P à l aide de la méthode du pivot suffit à justifier l inversibilité On trouve : P 1 =
27 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* On a bien D = P 1 M P et D n = pour n 1 n REMARQUE : Attention, cette formule est fausse pour n = 0 car 0 0 = 1, et on a bien D 0 = I 3 4 Classique, c est du cours! 5 Il suffit de calculer explicitement P D n P 1 avec les expressions de P 1 et D n données précédemment a b b Exercice 4 Soit M(a, b) = b a b une matrice à coefficients réels b b a 1 Calculer (M(a, b)) n pour n en écrivant M(a, b) comme une combinaison linéaire de deux matrices bien choisies 2 Comment faut-il choisir a et b pour que les matrices (M(a, b)) 2 et M(a, b) soient proportionnelles? Réponse (Ex 4) On peut écrire M(a, b) sous la forme bj + (a b)i 3 avec J = On peut alors utiliser la formule du binôme pour calculer M n sachant que I et J commutent On trouve : n n n n M(a, b) n = (a b) n k b k J k = (a b) n I 3 + (a b) n k b k 3 k 1 J k k k=0 car J k = 3 k 1 J seulement pour k 1 Ainsi, n M(a, b) n = (a b) n I n (a b) n k (3b) k J 3 k k=1 n = (a b) n I n (a b) n k (3b) k (a b) n J 3 k k=0 = (a b) n I 3 1 n 3 J k=0 = (a b) n I J (a + 2b)n J k=1 n (a b) n k (3b) k J = (a b) I n 3 13 k J ((a b) + 3b)n J 2 M(a, b) = bj + (a b)i 3 et M(a, b) 2 = (2a + b)bj + (a b) 2 I 3 Si a b 0, 2a + b M(a, b) 2 = (a b) a b bj + (a b)i 3 On doit donc avoir 2a + b = a b, c est-à-dire a + 2b = 0, pour que les deux matrices soient proportionnelles Si a = b, M(a, b) 2 = 3aM(a, b) Ainsi, (M(a, b)) 2 et M(a, b) sont proportionnelles si et seulement si a = b ou a = 2b 1 1 Exercice 5 Soit A = Déterminer A n pour tout n On pourra commencer par calculer A 2, A 3, 2 Soient (x n ) n et (y n ) n les suites définies par : x 0, y 0 x n+1 = x n y n y n+1 = x n + y n
28 CHAPITRE 2 MATRICES a) On pose X n = xn y n Établir une relation entre X n+1, A et X n b) Montrer alors que X n = A n X 0 c) En déduire une expression de x n et y n en fonction de x 0, y 0 et n pour tout n Réponse (Ex 5) On s aperçoit que A =, A 2 =, A 3 = et A 4 = On peut dès lors conjecturer que : 1 1 n 1 A n = 2 n 1 = 2 n 1 A 1 1 Démontrons ce résultat par récurrence, sachant qu il est évidemment vrai pour n = 1 A n+1 = A n A = 2 n 1 A A = 2 n 1 A 2 = 2 n A D après le principe de récurrence, le résultat est vrai quel que soit n 1 2 a) On a X n+1 = AX n b) Par récurrence, X n = AX n 1 = A AX n 2 = A 2 X n 2 = = A n X 0 c) Ainsi, xn 1 1 X n = = A n X y 0 = 2 n 1 x0 2 n 1 x = 0 2 n 1 y 0 n 1 1 y 0 2 n 1 x n 1 y 0 Par identification, pour tout n 1, x n = 2 n 1 x 0 2 n 1 y 0 et y n = 2 n 1 x n 1 y 0 Exercice 6 Déterminer si les matrices suivantes sont inversibles et lorsqu elles le sont, calculer leur inverse A = ; B = ; C = ; D = Réponse (Ex 6) Il suffit d appliquer la méthode vue en cours aux différentes matrices La matrice C est la seule non inversible et : A 1 = ; B 1 = ; D 1 = Exercice 7 Matrices de rotation cos θ Pour tout θ, on considère la matrice R(θ) = sin θ 1 Calculer R(θ)R(ϕ) sin θ cos θ 2 Montrer que R(θ) est inversible pour tout θ et calculer son inverse Réponse (Ex 7) 1 On trouve à l aide des formules trigonométriques R(θ)R(ϕ) = R(θ + ϕ) REMARQUE : Ceci n est pas une surprise, multiplier des matrices de rotations revient à composer les rotations planes correspondantes, donc à additionner les angles cos θ sin θ 2 On trouve det(r(θ)) = cos 2 (θ) + sin 2 (θ) = 1 0 puis R(θ) 1 = = R( θ) sin θ cos θ REMARQUE : Là encore, le point de vue géométrique est primordial La bijection réciproque d une rotation est une rotation d angle opposé
29 3 Espaces vectoriels Plan de cours I Définitions et premiers exemples 27 A Espaces vectoriels 27 B Sous-espaces vectoriels 28 II Famille de vecteurs 30 A Définitions 30 B Sous-espace engendré par une famille de vecteurs, famille génératrice 30 C Famille libre 33 D Bases 37 III Dimension finie 38 A Espaces vectoriels de dimension finie 38 B Représentation matricielle 41 C Rang d une famille de vecteurs 44 D Bases et déterminant 45 IV Sommes directes et espaces supplémentaires 46 A Définitions 46 B Dimension finie 48 V Exercices 51 I Définitions et premiers exemples A Espaces vectoriels Définition 31 : Espace vectoriel Soit E un ensemble On dit que E est un -espace vectoriel (-ev en abrégé) si on peut le munir d une opération interne (notée +) et d une opération externe (notée ) telles que : x, y E x + y = y + x (commutativité) x, y, z E (x + y) + z = x + (y + z) (associativité) 0 E E x E x + 0 E = x (existence d un élément neutre) x E x E x + x = 0 E (existence d un symétrique) x, y E λ λ (x + y) = λ x + λ y x E λ, µ (λ + µ) x = λ x + µ x x E λ, µ λ (µ x) = (λµ) x x E 1 x = x Les éléments de E sont appelés des vecteurs, ceux de des scalaires 0 E est appelé vecteur nul On peut multiplier un vecteur par un scalaire mais on ne multiplie pas deux vecteurs entre eux! On pourrait montrer à partir de la définition que : x E 0 x = 0 E 27
30 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS ou bien que : λ x = 0 E = λ = 0 ou x = 0 E Par la suite, nous noterons 0 le scalaire nul qui est également noté 0 Notons qu un espace vectoriel contient toujours au moins le vecteur nul, il ne peut être vide Si un ensemble ne contient pas de vecteur nul (élément neutre pour la loi +), ce n est pas un espace vectoriel Les différents points de la définition permettent d effectuer des opérations sur les vecteurs analogues à celles qu on effectue plus habituellement dans 2 ou 3 En pratique, on ne revient jamais à cette définition pour montrer qu un ensemble muni de deux lois est un espace vectoriel Exemples Quelques exemples classiques d espaces vectoriels (munis des lois usuelles) :, et plus généralement n ; [X ], l ensemble des polynômes à coefficients dans ; M n,p () l ensemble des matrices à coefficients dans de taille n p ; (, ) l ensemble des fonctions définies sur et à valeurs dans ; l ensemble des suites à valeurs réelles ou complexes (que l on pourrait noter (, )) Pour montrer que ces différents ensembles possèdent une structure d espace vectoriel, on revient à la définition précédente Il s agit d un résultat classique du cours qui peut être réutilisé sans démonstration le jour du concours B Sous-espaces vectoriels E désigne dans toute la suite du chapitre un -espace vectoriel Définition 32 : Sous-espace vectoriel Soit F un sous-ensemble (ou partie) de E On dit que F est un sous-espace vectoriel de E si : F ; x, y F x + y F ; x F λ λx F On vérifie qu un sous-espace vectoriel est lui-même un espace vectoriel Ce résultat est très pratique : pour montrer qu un ensemble possède une structure d espace vectoriel, il suffit de prouver qu il s agit d un sous-espace vectoriel d un espace vectoriel déjà connu 1 On se ramènera notamment aux exemples fondamentaux présentés précédemment On peut même avoir plus simplement recours à la caractérisation suivante : Théorème 33 : Caractérisation d un sous-espace vectoriel F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si : 0 E F ; x, y F λ λx + y F (stabilité par combinaison linéaire) S en suit tout une série d exemples qu il convient de maîtriser parfaitement Exemple 1 {0 E } est un sous-espace vectoriel de E 1 Autrement dit, on ne reviendra jamais à la définition d un espace vectoriel et celle-ci peut passer aux oubliettes
31 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Exemple 2 (), l ensemble des fonctions de classe sur, est un espace vectoriel en tant que sous-espace vectoriel de (, ) : la fonction nulle est évidemment de classe ; si f, g () et λ, λ f + g est de classe sur comme somme de fonctions de classe Exemple 3 n [X ], l ensemble des polynômes à coefficients réels de degré au plus n, est un espace vectoriel en tant que sous-espace vectoriel de [X ] : le polynôme nul est de degré au plus n ; si P,Q n [X ] et λ, le polynôme λp + Q est bien de degré au plus n Donc λp + Q n [X ] Exemple 4 S n (), l ensemble des matrices symétriques de taille n n à coefficients dans, est un sous-espace vectoriel de M n () : la matrice nulle est symétrique ; soit M, N S n () et λ Comme M et N sont symétriques, (λm + N) T = λm T + N T = λm + N Donc λm + N S n () On montre de même que A n () est un sous-espace vectoriel 2 Exemple 5 L ensemble des suites convergentes à valeurs réelles est un sous-espace vectoriel de l ensemble des suites à valeurs réelles : la suite nulle converge (vers 0) ; si (u n ) n et (v n ) n sont deux suites qui convergent respectivement vers l et l, λ un réel, alors la suite (λu n + v n ) n converge (vers λl + l ) Il y a bien stabilité par combinaison linéaire Exemple 6 F = {(x, y, z) 3 x + 2 y 3z = 0} est un sous-espace vectoriel de 3 : le vecteur nul appartient bien à F car = 0 ; si u(x, y, z), v = (x, y, z ) 3, λ alors λu + v F En effet, λu + v = (λx + x, λ y + y, λz + z ) et : Exemple 7 (λx + x ) + 2(λ y + y ) 3(λz + z ) = λ(x + 2 y 3z) + (x + 2 y 3z ) = λ0 + 0 = 0 G = {(x + y, x y, 2y) 3 (x, y) 2 } est un sous-espace vectoriel de 3 : Pour x = y = 0, (x + y, x y, 2 y) = 0 3 donc 0 3 G Soient u, v G et λ x + y x + y Il existe x, x, y, y tels que u = x y et v = x y 2 y 2 y x + y x + y (λx + x ) + (λ y + y ) x + y λu + v = λ x y + x y = (λx + x ) (λ y + y ) = x y 2 y 2 y 2(λ y + y ) 2 y avec x = λx + x et y = λy + y Donc on a bien montré que λu + v G 2 À vos crayons!
32 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS Proposition 34 : Intersection de deux sous-espaces vectoriels L intersection de deux sous-espaces vectoriels de E est un sous-espace vectoriel de E Montrons que F G est un sous-espace vectoriel de E 0 E F et 0 E G car F et G sont deux sous-espaces vectoriels (sev) de E Donc 0 E F G Soient x, y F G et λ λx + y F car F est un sev de E De même, λx + y G car G est un sev de E Donc λx + y F G F G ne sera en revanche jamais un sous-espace vectoriel, sauf si F G ou G F II Famille de vecteurs E désigne toujours un -espace vectoriel A Définitions Définition 35 Soit n Une famille de n vecteurs de E est un n-uplet d éléments de E C est donc un élément de E n Une famille de vecteurs (u 1,, u n ) de E est ordonnée Définition 36 Soient (u 1,, u n ) E n une famille de E et (λ 1,, λ n ) n On appelle combinaison linéaire des n vecteurs u i affectés des coefficients λ i le vecteur u = λ 1 u λ n u n = λ i u i i=1 Exemple On considère les vecteurs de 3 u 1 = (1, 0, 1), u 2 = (2, 1, 0), u 3 = (5, 2, 1) et u 4 = (0, 0, 0) Les vecteurs u 3 et u 4 sont des combinaisons linéaires de u 1 et u 2 car u 3 = u 1 + 2u 2 et u 4 = 0u 1 + 0u 2 B Sous-espace engendré par une famille de vecteurs, famille génératrice Définition 37 Soit (u 1,, u n ) une famille de vecteurs de E On note Vect(u 1,, u n ) l ensemble des combinaisons linéaires des vecteurs u 1,, u n, c est-à-dire : n Vect(u 1,, u n ) = i=1 α i u i (α 1,, α n ) n Vect(0 E ) = {0 E } Vect(u) est l ensemble des vecteurs qui s écrivent sous la forme λu, c est-à-dire l ensemble des vecteurs colinéaires à u Si u est non nul, on dit alors que Vect(u) est la droite vectorielle dirigée (ou engendrée) par u Vect(u, v) est l ensemble des vecteurs qui s écrivent sous la forme λu+µv Si u et v ne sont pas colinéaires 3, on dit alors que Vect(u, v) est le plan vectoriel dirigé (ou engendré) par u et v 3 Que se passe-t-il lorsque u et v sont colinéaires?
33 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Théorème 38 Soit (u 1,, u n ) une famille de vecteurs de E Vect(u 1,, u n ) est un espace vectoriel Il suffit de prouver qu il s agit d un sous-espace vectoriel de E : Tout d abord, on a bien Vect(u 1,, u n ) E car E est un espace vectoriel, donc une combinaison linéaire d éléments de E est encore un élément de E 0 E Vect(u 1,, u n ) car 0 E = 0u u n Soient x, y Vect(u 1,, u n ) et λ Il existe α 1,, α n, β 1,, β n tels que x = λx + y = λ n α i u i + i=1 n α i u i et y = i=1 n β i u i = i=1 n β i u i donc : i=1 n (λα i + β i ) }{{} i=1 u i Ainsi, λx + y Vect(u 1,, u n ) Tout ensemble qui s écrit sous la forme Vect( ) est donc un espace vectoriel C est une nouvelle façon de montrer qu un ensemble possède une structure d espace vectoriel Ceci s applique à l exemple suivant : Exemple E = [X ], Vect(1, X, X 2 ) = {ax 2 + bx + c [X ] (a, b, c) 3 } = 2 [X ] Ainsi, 2 [X ], et plus généralement n [X ], est un espace vectoriel Proposition 39 Vect(u 1,, u n ) est le plus «petit» sous-espace vectoriel de E contenant les vecteurs u 1,, u n (au sens de l inclusion) Soit F un sous-espace vectoriel de E contenant u 1,, u n Considérons x Vect(u 1,, u n ) Il existe donc α 1,, α n tels que x = α 1 u α n u n Comme F est stable par combinaison linéaire, x F Ainsi, Vect(u 1,, u n ) F Définition 310 : Famille génératrice Une famille (u 1,, u n ) de E est dite génératrice si tout vecteur de E s écrit comme une combinaison linéaire des vecteurs u 1,, u n Autrement dit, x E (α 1,, α n ) n x = n α i u i On dit alors que la famille (u 1,, u n ) engendre E et on a E = Vect(u 1,, u n ) Existence de la décomposition i=1-31 -
34 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS Exemples Deux exemples pour commencer : La famille ((1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)) est génératrice de 3 car tout vecteur de 3 peut s écrire comme combinaison linéaire de ((1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)) : a a, b, c b = a 0 + b 1 + c 0 c La famille (1, X, X 2 ) est génératrice de 2 [X ] puisque tout polynôme de degré au plus 2 peut s écrire comme combinaison linéaire de (1, X, X 2 ) La famille (1, X 2 ) n et cependant pas génératrice de 2 [X ] car X 2 [X ] et ne peut s écrire sous la forme a + bx 2 Attention, il peut exister plusieurs familles génératrices distinctes Elles peuvent même ne pas avoir le même cardinal! Exemple Les familles (1, X, X 2 ), 1, X, X 2 2, (1, X, X + X 2 ) et (1, X 1, X 2, X X 2 ) sont toutes génératrices de 2 [X ] Prouvons-le (seulement dans le cas des deux dernières familles) en considérant un élément quelconque P = a + bx + cx 2 de 2 [X ] : Montrons qu il existe α 1, α 2, α 3 tels que P = α 1 + α 2 X + α 3 (X + X 2 ) : P = a + bx + cx 2 = α 1 + α 2 X + α 3 (X + X 2 ) a + bx + cx 2 = α 1 + (α 2 + α 3 )X + α 3 X 2 α 1 = a α 1 = a α 2 + α 3 = b α 2 = b c α 3 = c α 3 = c Ainsi, P = a + (b c)x + c(x + X 2 ) et s écrit bien comme une combinaison linéaire de la famille (1, X, X + X 2 ) Puisque P est quelconque, celle-ci est donc génératrice Montrons qu il existe λ 1, λ 2, λ 3, λ 4 tels que P = λ 1 + λ 2 (X 1) + λ 3 X 2 + λ 4 (X X 2 ) : P = λ 1 + λ 2 (X 1) + λ 3 X 2 + λ 4 (X X 2 ) a + bx + cx 2 = (λ 1 λ 2 ) + (λ 2 + λ 4 )X + (λ 3 λ 4 )X 2 λ 1 λ 2 = a λ 1 = a + b λ 4 λ 2 + λ 4 = b λ 2 = b λ 4 λ 3 λ 4 = c λ 3 = c + λ 4 Contrairement au système précédent, il y a une infinité de solutions, comme on souhaite en trouver au moins une, prenons par exemple λ 4 = 0 On a alors : Nous aurions pu prendre λ 4 = 1 : P = a + bx + cx 2 = (a + b) + b(x 1) + cx 2 P = a + bx + cx 2 = (a + b 1) + (b 1)(X 1) + (c + 1)X 2 + (X X 2 ) Un seul des deux exemples suffit à prouver que la famille (1, X 1, X 2, X X 2 ) est génératrice de 2 [X ], mais l on voit ici que la décomposition n est pas nécessairement unique!
35 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Proposition 311 : Propriétés des familles génératrices Soit u 1,, u n E On pose F = Vect(u 1,, u n ) On ne change pas l espace vectoriel engendré F si : (i) on permute plusieurs vecteurs dans la famille (u 1,, u n ) Vect(u 1,, u i,, u j,, u n ) = Vect(u 1,, u j,, u i,, u n ) (ii) on ajoute à la famille un vecteur combinaison linéaire des u 1,, u n (iii) on multiplie l un des vecteurs par un scalaire non nul (iv) on retranche à la famille un vecteur combinaison linéaire des autres À l aide de ces propriétés, on peut directement justifier les égalités : 2 [X ] = Vect(1, X, X 2 ) = Vect(1, X 2, X ) = Vect(1, X, X 2, X + X 2 ) = Vect(1, 2X, X 2 ) Démontrons par exemple la propriété (ii) Notons u n+1 le vecteur que l on rajoute Posons F = Vect(u 1,, u n ) et G = Vect(u 1,, u n, u n+1 ) On chercher à prouver que F = G F G car tout vecteur combinaison linéaire des u 1,, u n est combinaison linéaire des u 1,, u n, u n+1 : u = α 1 u α n u n = α 1 u α n u n + 0u n+1 Réciproquement, montrons que G F Soit u G Il existe donc α 1,, α n, α n+1 tels que u = α 1 u α n u n + α n+1 u n+1 n Or, par hypothèse, u n+1 = λ i u i donc : i=1 n u = α 1 u α n u n + α n+1 λ i u i = (α 1 + α n+1 λ 1 )u (α n + α n+1 λ n )u n i=1 Donc u F Proposition 312 Toute famille de vecteurs de E qui contient une famille génératrice de E est génératrice de E En d autres termes, si on rajoute à une famille génératrice de E des vecteurs de E, cette nouvelle famille reste génératrice Si une famille génératrice de E contient des vecteurs combinaisons linéaires des autres, on peut les retirer, la nouvelle famille reste génératrice Si l on retire des vecteurs qui ne sont pas combinaisons linéaires des autres, la nouvelle famille ne sera en revanche plus génératrice! Exemple (1, X 2 ) n est pas génératrice de 2 [X ] C Famille libre Définition 313 : Famille libre Une famille (u 1,, u n ) de E est dite libre si : λ 1 u λ n u n = n λ i u i = 0 E = λ 1 = = λ n = 0 On dit alors que les vecteurs u 1,, u n sont linéairement indépendants i=1 Une famille non libre est dite liée Une famille (u 1,, u n ) est donc liée s il existe λ 1,, λ n non tous nuls tels que λ 1 u λ n u n = 0 E
36 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS Exemples La famille ((1, 0, 1), (1, 1, 1), (3, 1, 3)) est liée dans 3 car (3, 1, 3) = 2(1, 0, 1) + (1, 1, 1) donc : 2 (1, 0, 1) + 1 (1, 1, 1) + ( 1) (3, 1, 3) = 0 3 et (2, 1, 1) (0, 0, 0) La famille ((1, 0, 0), (1, 1, 1), (0, 0, 1)) est libre car s il existe λ 1, λ 2, λ 3 tels que : λ 1 + λ 2 = 0 alors, λ 2 = 0 λ 2 + λ 3 = 0 λ 1 (1, 0, 0) + λ 2 (1, 1, 1) + λ 3 (0, 0, 1) = 0 3 ce qui conduit à λ 1 = λ 2 = λ 3 = 0 Proposition 314 Une famille est liée dès qu elle contient le vecteur nul Une famille composée d un seul vecteur est libre si et seulement si ce vecteur n est pas nul Une famille composée de deux vecteurs est libre si et seulement s ils ne sont pas colinéaires La famille (u 1,, u n, 0 E ) est liée car 0 u u n E = 0 E Si u est non nul, la famille (u) est libre car : λu = 0 E = λ = 0 Si (u, v) est liée alors il existe α, β tels que αu + β v = 0 E avec (α, β) (0, 0) Si α est non nul, u = β α v Si α = 0, β est nécessairement non nul et alors v = α β u Dans les deux cas, u et v sont colinéaires Réciproquement, si u et v sont colinéaires, on aura, par exemple, u = λv donc 1 u + ( λ) v = 0 E, ce qui montre que la famille est liée La dernière propriété est fausse dès qu il y a plus de deux vecteurs Il faudrait vérifier que chaque vecteur n est pas combinaison des autres pour prouver que la famille est libre, ce qu on ne fait pas en pratique Théorème 315 : Caractérisation des familles liées La famille (u 1,, u n ) est liée si et seulement si (au moins) un des vecteurs est combinaison linéaire des n 1 autres Posons = (u 1,, u n ) = On suppose la famille liée Il existe (λ 1,, λ n ) non tous nuls tels que Soit j 1, n tel que λ j 0 λ 1 u λ j u j + + λ n u n = 0 E donc : n λ i u i = 0 E u j = 1 n (λ 1u λ j 1 u j 1 + λ j+1 u j λ n u n ) = i=1 n i=1 i j λ i λ j u i Vect i j (u i)
37 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* = Réciproquement, si u j = n α i u i alors i=1 i j n α i u i u j = 0 E, ce qui peut se réécrire : i=1 i j α 1 u α j 1 u j 1 + ( 1) u j + α j+1 u j α n u n = 0 E On a une combinaison linéaire nulle dont les coefficients ne sont pas tous nuls, donc la famille est liée! Théorème 316 : Caractérisation des familles libres La famille (u 1,, u n ) est libre si et seulement si : Unicité de la décomposition x Vect(u 1,, u n )!(λ 1,, λ n ) n x = λ 1 u λ n u n Posons = (u 1,, u n ) = Supposons que la famille (u 1,, u n ) est libre Soient x Vect(u 1,, u n ) et x = λ 1 u λ n u n = λ 1 u λ n u n On a : x x = (λ 1 λ 1 )u (λ n λ n )u n = 0 E Comme la famille (u 1,, u n ) est libre, on en déduit que λ 1 λ 1 = = λ j λ j = = λ n λ n = 0 On a donc bien λ j = λ j quel que soit j 1, n, ce qui nous assure l unicité de la décomposition = On suppose l unicité de la décomposition et nous allons montrer que la famille (u 1,, u n ) est libre Soit λ 1,, λ n tels que λ 1 u λ n u n = 0 E Comme 0 E = 0u u n, par unicité de la décomposition, il vient λ 1 = = λ n = 0 Proposition 317 Toute sous-famille d une famille libre est libre Toute famille contenant une famille liée est liée Exemples Les familles suivantes de 3 sont-elles libres ou liées? = 1, 1, 1, 2 = 1, = 1, 1, 1, 4 = 1, 1, 1, Soient α, β, γ tels que : α 1 + β 1 + γ 1 = 0 c est-à-dire α β γ 0 α + β γ = 0 α β + γ
38 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS α β γ = 0 α β γ = 0 α + β γ = 0 2γ = 0 α = β = γ = 0, la famille 1 est donc libre α β + γ = 0 2β = 0 La famille 2 est libre car elle comporte deux vecteurs non colinéaires On peut soit voir directement que le dernier vecteur est combinaison linéaire des deux premiers, soit revenir à la définition d une famille libre Soient α, β, γ tels que : α + β + 3γ 0 α + β + γ = c est-à-dire α + β + γ α + β + γ = α + β + 3γ = 0 α + β + 3γ = 0 α + β + 3γ = 0 α + β + γ = 0 α + β + γ = 0, le système admet une infinité de 2β + 4γ = 0 α + β + γ = 0 solutions de la forme ( γ, 2γ, γ) Par exemple, pour γ = 1, on trouve que : = La famille 3 est liée (et la résolution a même conduit à exprimer un vecteur comme combinaison linéaire des deux autres) 4 ne peut être libre car elle comporte «trop» de vecteurs comme nous le verrons par la suite Contentons-nous pour l instant de revenir aux propriétés déjà connues On peut se lancer dans une résolution fastidieuse de système ou bien constater que le dernier vecteur est combinaison linéaire des trois autres : La famille 4 est donc liée = Pour des familles de polynômes échelonnés en degré (c est-à-dire que les degrés sont deux à deux distincts), la proposition suivante peut s avérer utile Proposition 318 Une famille de polynômes non nuls échelonnés en degré est libre 0 0 Procédons par récurrence sur le nombre n de polynômes de la famille Initialisation Si P 1 est non nul, la famille (P 1 ) qui ne contient qu un seul vecteur est libre Hérédité Considérons une famille (P 1,, P n, P n+1 ) une famille de polynômes non nuls échelonnés en degré On peut sans perte de généralité supposer que les polynômes sont ordonnés dans le sens des puissantes croissantes Soient λ 1,, λ n+1 tels que : λ 1 P λ n P n + λ n+1 P n+1 = 0 Si λ n+1 0, P n+1 = 1 λ n+1 (λ 1 P λ n P n ), ce qui est absurde pour une question de degré D où λ n+1 = 0 et : λ 1 P λ n P n =
39 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Comme par hypothèse de récurrence, la famille (P 1,, P n ) est échelonnée en degré, elle est libre Ce qui conduit à λ 1 = = λ n = 0 Donc (P 1,, P n, P n+1 ) est libre Ceci achève la démonstration par récurrence Exemple On prouve ainsi sans aucun calcul que la famille (X + 1, X 3 3X 2 + 1, X 5 + 6X 2, X 4 3) est libre D Bases Définition 319 : Base Une base d un espace vectoriel E est une famille libre et génératrice Exemples Voici quelques exemples fondamentaux : ((1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)) est une base de 3 Plus généralement, ((1, 0,, 0), (0, 1, 0,, 0),, (0,, 0, 1)) est une base de n (1, X,, X n ) est une base de n [X ], (X k ) k est une base de [X ] ,,, est une base de M () Plus généralement, si on note E i j la matrice qui ne comporte que des 0 sauf un 1 sur la i e ligne et j e colonne, la famille de n 2 matrices (E i j ) 1in est une base de M n () 1jn Ces différentes bases, «naturelles» pour les espaces concernés, sont qualifiées de «canoniques» Attention, ces bases ne sont pas uniques Exemple Montrons que (X, X 2 + 2, X 2 3X ) est une base de 2 [X ] La famille est génératrice Soit P = a + bx + cx 2 2 [X ] Trouvons λ 1, λ 2, λ 3 tels que P = λ 1 X + λ 2 (X 2 + 2) + λ 3 (X 2 3X ) On doit pour cela avoir : a + bx + cx 2 = 2λ 2 + (λ 1 3λ 3 )X + (λ 2 + λ 3 )X 2 Par identification, cela nous conduit à la résolution du système : 2λ 2 = a λ 1 = b + 3c + 3a/2 λ 1 3λ 3 = b λ 2 = a/2 λ 2 + λ 3 = c λ 3 = c a/2 La famille est libre Supposons qu il existe λ 1, λ 2, λ 3 tels que λ 1 X + λ 2 (X 2 + 2) + λ 3 (X 2 3X ) = 0 On trouve alors : Donc λ 1 = λ 2 = λ 3 = 0 2λ 2 = 0 λ 1 3λ 3 = 0 λ 2 + λ 3 = 0 Nous avons ainsi démontré que (X, X 2 + 2, X 2 3X ) est une base de 2 [X ]
40 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS À l aide de la caractérisation d une famille libre et de la définition d une famille génératrice, on montre le théorème fondamental suivant : Théorème 320 : Caractérisation d une base (u 1,, u n ) est une base de E ssi Existence et unicité de la décomposition x E!(λ 1,, λ n ) n x = λ 1 u λ n u n Exemple Nous avions déjà prouvé dans l exemple précédent l existence (famille génératrice) et l unicité (famille libre) de la décomposition Nous avions même trouvé les coefficients d une telle décomposition à partir des coefficients du polynôme P Par exemple, si P = 2X 2 5X + 2, alors : P = b + 3c + 3 a X + a 2 2 (X 2 + 2) + c a (X 2 3X ) = 2X + 1(X 2 + 2) + 1(X 2 3X ) 2 Exemple Déterminer le centre de M n (), ie l ensemble des matrices qui commutent avec toutes les autres INDICATION : On pourra travailler avec une base de M n () et on commencera par traiter le cas n = 2 (difficile) III Dimension finie A Espaces vectoriels de dimension finie Définition 321 Un espace vectoriel de dimension finie est un espace qui admet une famille génératrice finie, c est-à-dire qui contient un nombre fini de vecteurs Exemples n, M n () et n [X ] sont des espaces vectoriels de dimension finie car ils possèdent des familles génératrices finies (notamment les bases canoniques) Théorème 322 : Théorème de la base extraite Soit E un espace vectoriel admettant une famille génératrice finie Alors contient une sous-famille qui est une base de E Un espace de dimension finie admet donc une base finie Raisonnons par récurrence Soient E un espace vectoriel de dimension finie et k la proposition «Toute famille génératrice de k vecteurs de E contient une sous-famille qui est une base de E» Initialisation Si k = 0, E est engendré par 0 vecteur : E = {0 E } La famille vide est une base de E
41 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Hérédité Supposons la propriété vraie au rang k et considérons une famille génératrice = (u 1,, u k+1 ) de E Si est libre, c est une base de E Sinon est liée et un des vecteurs de est combinaison linéaire des autres Nous pouvons retirer ce vecteur et noter la sous-famille obtenue D après ce qui précède, celle-ci est toujours génératrice Comme contient k vecteurs, elle contient par hypothèse de récurrence une sous-famille qui est une base de E étant elle-même une sous-famille de, la propriété est démontrée au rang k + 1 Si on connaît une famille génératrice de E, on peut toujours enlever des vecteurs combinaisons linéaires des autres jusqu à obtenir une famille libre donc une base de E Nous admettons le théorème suivant qui permet de définir la dimension d un espace vectoriel de dimension finie Théorème 323 : Dimension Soit E un espace vectoriel de dimension finie Toutes les bases de E ont même cardinal On appelle dimension de E ce cardinal et on le note dim E Exemples Le théorème précédent nous permet de connaître la dimension de certains espaces vectoriels usuels : ((1, 0,, 0), (0, 1, 0,, 0),, (0,, 0, 1)) est une base de n donc n est un espace vectoriel de dimension n (1, X,, X n ) est une base de n [X ] donc n [X ] est un espace vectoriel de dimension n + 1 (E i j ) 1in est une base de M n () donc M n () est un espace vectoriel de dimension n 2 1jn À retenir : pour déterminer la dimension d un espace vectoriel de dimension finie, il suffit d exhiber une base de cet espace et de compter le nombre de vecteurs obtenus Par convention, dim({0 E }) = 0 Définition 324 On appelle droite vectorielle un espace de dimension 1, plan vectoriel un espace de dimension 2 Théorème 325 Soient E un espace vectoriel de dimension n et une famille génératrice de E Alors Card( ) n, et si Card( ) = n, c est une base de E Tout repose sur le théorème de la base extraite possède une sous-famille base de E qui comporte donc n vecteurs Ainsi, contient plus de n vecteurs Si possède n vecteurs, =, ce qui fait de une base de E Dans la pratique, ce résultat a une importance capitale : il suffit qu une famille soit génératrice et comporte autant de vecteurs que la dimension de E pour que celle-ci soit une base de E
42 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS Exemples Plaçons-nous dans 3 ((1, 0, 1), (1, 2, 1)) n engendre pas 3 car elle comporte moins de 3 vecteurs Déterminons une base de 3 à partir de la famille génératrice = ((1, 2, 0), (0, 0, 1), (0, 2, 0), (1, 1, 0)) On peut pour cela remarquer que (0, 2, 0) = 2(1, 2, 0) 2(1, 1, 0) donc : 3 = Vect((1, 2, 0), (0, 0, 1), (0, 2, 0), (1, 1, 0) = Vect((1, 2, 0), (0, 0, 1), (1, 1, 0)) Cette dernière famille comportant de plus 3 vecteurs, c est-à-dire exactement la dimension de l espace, c est une base Attention, ce n est pas parce qu une famille contient plus de n = dim(e) vecteurs qu elle est génératrice! Par exemple, (X, 2X, 3X ) n est pas génératrice de 1 [X ] car le polynôme constant 1 ne peut s écrire comme une combinaison linéaire des trois vecteurs précédents Voici maintenant l équivalent du théorème de la base extraite pour les familles libres : Théorème 326 : Théorème de la base incomplète Soient E un espace vectoriel de dimension n et une famille libre de E On peut compléter en une base de E Soient = (u 1,, u k ) une famille libre et = (e 1,, e n ) une base de E Si est génératrice, c est une base de E Supposons désormais que n est pas génératrice Il existe au moins un vecteur de qui n est pas une combinaison linéaire des vecteurs u i En effet, par l absurde, si tous les vecteurs e j étaient combinaisons linéaires des vecteurs u i, on aurait E = Vect(e 1,, e n ) Vect(u 1,, u k ) Et comme Vect(u 1,, u k ) E (tous les vecteurs u i sont dans E), on aurait E = Vect(u 1,, u k ), ce qui ferait de une famille génératrice de E, absurde par hypothèse Soit e j0 un vecteur non combinaison linéaire des vecteurs u i On pose = (u 1,, u k, e j0 Montrons que la famille reste libre Pour cela, supposons que λ 1 u λ k u k + λ k+1 u j0 = 0 E Si λ k+1 0, e j0 = 1 λ (λ k+1 1 u λ k u k ) est une combinaison linéaire des vecteurs u i Absurde, donc λ k+1 = 0 Ainsi, λ 1 u λ k u k = 0 E Comme est libre, λ 1 =, λ k = 0 On a bien montré que λ 1 = = λ k = λ k+1 = 0 On peut poursuivre le raisonnement et ajouter à des vecteurs non combinaison linéaire jusqu à obtenir une famille génératrice, qui restera libre (comme ) On aura ainsi construit une base de E contenant Exemple Soit u = (1, 0, 1) 3 Comme u est non nul, la famille (u) est libre Le théorème de la base incomplète permet d affirmer qu il existe v, w 3 tels que (u, v, w) soit une base de 3 Théorème 327 Soient E un espace vectoriel de dimension n et une famille libre de E Alors Card( ) n, et si Card( ) = n, c est une base de E
43 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Tout repose sur le théorème de la base incomplète possède une sur-famille base de E qui comporte donc n vecteurs Ainsi, contient moins de n vecteurs Si possède n vecteurs, =, ce qui fait de une base de E Si on connaît une famille libre d un espace vectoriel E qui contient n = dim(e) vecteurs, c est une base! Exemples Plaçons-nous dans 2 ((3, 2), ( 1, 5)) sont deux vecteurs non colinéaires donc forment une famille libre Comme dim( 2 ) = 2, c est même une base de 2 ((1, 2), (3, 1), (5, 2)) ne peut pas être une base de 2 car la famille comporte trop de vecteurs, elle ne peut être libre Théorème 328 : Dimension d un sev Soit F un sous-espace vectoriel de E, E de dimension finie Alors F est de dimension finie et dim F dim E De plus, si dim F = dim E alors F = E Pour montrer que deux espaces vectoriels E et F de dimension finie sont égaux, il suffit donc de prouver que F E puis que dim(f) = dim(e) La double inclusion ne sera alors pas nécessaire Proposition 329 Si F et G sont deux sous-espaces vectoriels d un espace vectoriel E de dimension finie, F G = {(x, y) x F, y G} est un sous-espace vectoriel de E et dim(f G) = dim(f) dim(g) B Représentation matricielle 1 Généralités On considère un espace vectoriel E de dimension finie n et une base = (e 1,, e n ) de E Soit x un vecteur de E Il existe alors un unique n-uplet (x 1,, x n ) n tel que x = x 1 e 1 + x n e n Définition 330 Les scalaires x 1,, x n sont alors appelés coordonnées du vecteur x dans la base On peut alors choisir de représenter x par la matrice colonne de ses coordonnées dans la base : x 1 Mat (x) = x n
44 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS Exemple Soit x 2 défini par x = (5, 9) On a x = 5(1, 0) + 9(0, 1) donc ses coordonnées dans la base canonique de 2 sont X = 5 9 Considérons maintenant la base = ((3, 2), ( 1, 5)) de 2 et déterminons les coordonnées du vecteur x dans cette base Cherchons pour cela a et b tels que x = a(3, 2) + b( 1, 5) : (5, 9) = (3a b, 2a + 5b) Donc les coordonnées de x dans la base sont X = 3a b = 5 a = 2 2a + 5b = 9 b = 1 On prendra garde au fait que les coordonnées diffèrent selon la base choisie On travaille souvent dans n avec la base canonique, ce qui permet d identifier le n-uplet (x 1,, x n ) n x 1 et son vecteur coordonnées Mais dès qu on change de base, ce vecteur n est plus le même! x n 2 1 On peut de même représenter une famille de vecteurs = (u 1,, u p ) dans la base par : u 11 u p1 Mat ( ) = M n,p () u 1n u pn où u i j représente la j e coordonnée du vecteur u i dans la base, c est-à-dire que l on a : La matrice dépend là aussi de la base choisie 2 Changement de base u i = n u i j e j j=1 On considère plus généralement deux bases = (e 1,, e n ) et = (e 1,, e n ) d un espace vectoriel de dimension finie E et on cherche à déterminer un lien entre les coordonnées d un même vecteur dans les base et Définition 331 Soient = (e 1,, e n ) et = (e 1,, e n ) deux bases d un espace vectoriel de dimension finie E On appelle matrice de passage de la base à la base, et on note P, la matrice de M n () dont les vecteurs colonnes représentent les coordonnées des vecteurs de la base dans la base, soit : n où e k = α jk e j pour tout k 1, n j=1 e 1 e 2 e n e 1 α 11 α 12 α 1n e 2 α 21 α 22 α 2n = P e n α n1 α n2 α nn
45 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Théorème 332 : Inversibilité d une matrice de passage Soient = (e 1,, e n ) et = (e 1,, e n ) deux bases d un espace vectoriel de dimension finie E La matrice de passage P est inversible et son inverse est P On introduit les deux matrices de passage P et P : e 1 e 2 e n e 1 α 11 α 12 α 1n e 2 α 21 α 22 α 2n = P e n α n1 α n2 α nn e 1 e 2 e n e 1 β 11 β 12 β 1n e 2 β 21 β 22 β 2n = P e n β n1 β n2 β nn Posons M = P P et montrons que M = I n n n n n j 1, n e j = β k j e k = α ik e i = α ik β k j e i n β k j k=1 k=1 i=1 i=1 k=1 }{{} m i j D après l unicité de la décomposition du vecteur e j dans la base (e 1,, e n ), m i j = 1 si i = j, 0 sinon Ceci étant vrai quel que soit l entier j, nous avons bien montré que M = I n Théorème 333 : Formule de passage Soient = (e 1,, e n ) et = (e 1,, e n ) deux bases d un espace vectoriel de dimension finie E Soit x E On pose X = Mat (x) et X = Mat (x) On a X = PX avec P = P En reprenant les notations de l énoncé du théorème et en posant X = n D autre part, x = λ k e k = k=1 Ainsi, on a bien X = PX α 11 α 1n PX = α n1 α nn k=1 λ k n α jk e j = j=1 λ 1 λ n = λ 1 λ n n λ k α 1k n λ k α nk k=1 k=1 n n λ k α jk e j donc X = k=1 j=1, on a d une part : n λ k α 1k n λ k α nk k=1 k=1 Comme P est inversible, on trouve X = P 1 X Pour ne pas confondre P et P 1, on se souviendra que pour obtenir les coordonnées X dans la nouvelle base en fonction des coordonnées X dans l ancienne base, il est nécessaire d inverser un système, donc d inverser une matrice
46 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS Exemple Reprenons l exemple précédent en considérant les bases = ((1, 0), (0, 1)) et = ((3, 2), ( 1, 5)) de La matrice de passage de la base à la base est P = 2 5 Soit x = (5, 9) Ses coordonnées dans la base sont : 5 X = P 1 = = = On retombe sur le résultat attendu Cette méthode présente néanmoins un gros avantage : si l on choisit un autre vecteur x, le calcul de P 1 étant déjà effectué, il suffit d utiliser la formule de passage pour déterminer les coordonées de x dans la base, il n y a plus de système à inverser C Rang d une famille de vecteurs 1 Définition et propriétés Définition 334 : Rang Soit = (u 1,, u p ) une famille de vecteurs de E On appelle rang de la dimension du sous-espace vectoriel de E engendré par, c est-à-dire dim Vect(u 1,, u p ) On le note rg(u 1,, u p ) Exemples Soit E un espace vectoriel de dimension quelconque Si u E est non nul, rg(u) = dim(vect(u)) = 1 Si u, v E sont non colinéaires, rg(u, v) = dim(vect(u, v)) = 2 Si u, v E sont colinéaires et non nuls, rg(u, v) = dim(vect(u, v)) = 1 Proposition 335 Soient E un espace vectoriel de dimension n et = (u 1,, u p ) une famille de p vecteurs de E (i) rg(u 1,, u p ) p ; (ii) rg(u 1,, u p ) n ; (iii) rg(u 1,, u p ) = p si et seulement si la famille est libre ; (iv) rg(u 1,, u p ) = n si et seulement si la famille est génératrice de E Soit = (u 1,, u p ) On pose F = Vect(u 1,, u p ) et r = rg(u 1,, u p ) Par définition, r = dim(f) (i) La famille est génératrice de F, donc son cardinal p est supérieur à la dimension de l espace qu elle engendre : r p (ii) F E donc r = dim(f) dim(e) = n (iii) = Si r = dim(f) = p, alors la famille est une base de F (génératrice et card( ) = dim(f)) La famille est donc libre = Si la famille est libre, comme elle est génératrice de F, c est une base Donc r = dim(f) = p (iv) = Si r = dim(f) = n, alors, comme F E, on a F = E et la famille engendre bien E = Si la famille est génératrice, Vect(u 1,, u p ) = F = E, donc r = dim(f) = dim(e) = n
47 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Corollaire 336 Soit (u 1,, u n ) une famille de vecteurs d un espace vectoriel E de dimension n La famille (u 1,, u n ) est une base de E si et seulement si rg(u 1,, u n ) = n 2 Détermination pratique Nous admettons le théorème suivant Théorème 337 Soit (u 1,, u p ) une famille de vecteurs d un espace vectoriel E de dimension finie n, admettant pour base la famille = (e 1,, e n ) Alors, le rang de la famille (u 1,, u p ) est égal au rang de la matrice représentative des vecteurs u 1,, u p dans la base, c est-à-dire : rg(u 1,, u p ) = rg(mat (u 1,, u p )) Ce théorème donne deux informations : Pour déterminer le rang d une famille de vecteurs, il suffit de calculer le rang d une matrice Si l on change de base, le rang de la matrice obtenue est invariant Autant choisir une base simple! Exemple Montrons que la famille = (1 + 2X + 3X 2, 2 + X + 3X 2, 3 + 2X + X 2 ) est une base de 2 [X ] Pour cela, montrons que rg( ) = 3 = dim( 2 [X ]) en écrivant la matrice M représentative de cette famille dans la base canonique de 2 [X ] M = = rg(m) = rg L 2 L 2 2L 1 L 3 L 3 3L = L 3 L 3 L 2 rg = D Bases et déterminant Théorème 338 Soit E un espace vectoriel de dimension n avec (u 1,, u n ) une famille de vecteurs de E On considère la matrice représentative M de la famille (u 1,, u n ) dans une base quelconque de E Dans ce cas, la matrice M est inversible (u 1,, u n ) est une base de E det(m) 0 Ce théorème découle du précédent, en utilisant le fait qu une matrice carrée M d ordre n vérifie : M inversible det(m) 0 rg(m) = n Attention, le déterminant n a de sens que lorsqu on manipule une famille de n vecteurs dans un espace de dimension n Sinon, la matrice n est pas carrée (et la famille ne peut être une base de E) On peut néanmoins déterminer son rang
48 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS Exemples Les familles suivantes sont-elles des bases de 3? = 1, 1, 1, 2 = 1, = 1, 1, 1, 4 = 1, 1, 1, , la famille 1 est donc une base de La famille 2 ne peut pas être génératrice car elle comporte moins de trois vecteurs, ce n est pas une base de = 0, la famille 3 est donc liée, ce n est pas une base de La famille 4 ne peut être libre car elle comporte plus de 3 vecteurs, ce n est pas une base de 3 Exemple Reprenons l exemple de la famille = (1 + 2X + 3X 2, 2 + X + 3X 2, 3 + 2X + X 2 ) de 2 [X ] Il suffit en fait de calculer le déterminant de la matrice M, matrice représentative de cette famille dans la base canonique de 2 [X ], pour montrer qu il s agit bien d une base de 2 [X ] = = = 12 0 IV Sommes directes et espaces supplémentaires A Définitions F et G désignent désormais deux sous-espaces vectoriels de E, E de dimension quelconque (finie ou infinie) Définition 339 : Somme de deux sev On appelle somme de F et G l ensemble noté F + G défini par : F + G = {x 1 + x 2 x 1 F, x 2 G} Cela signifie que pour tout x F + G, il existe x 1 F et x 2 G tels que x = x 1 + x 2 La décomposition n est pas nécessairement unique! Exemple F = Vect(X ), G = Vect(1, X 2, X 2 X ) 3X F + G car 3X = }{{} 3 X + }{{} 0 mais aussi 3X = }{{} 2 X + 1 X 2 + ( 1) (X 2 X ) }{{} F G F G
49 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Théorème 340 F + G est un sous-espace vectoriel de E qui contient F et G Montrons d abord que F + G est un sous-espace vectoriel de E 0 E F + G car 0 E = 0 }{{} E + 0 }{{} E F G Soient x, y F + G et λ Il existe x 1, y 1 F et x 2, y 2 G tels que x = x 1 + x 2 et y = y 1 + y 2 Donc : λx + y = λ(x 1 + x 2 ) + (y 1 + y 2 ) = (λx 1 + y 1 ) + (λx }{{} 2 + y 2 ) }{{} F G car F et G sont des sous-espaces vectoriels, donc stables par combinaison linéaire Ainsi, on a bien λx + y F + G F + G est donc un sous-espace vectoriel de E De plus, F F + G car tout vecteur x F peut s écrire sous la forme x = }{{} x F + 0 E Idem pour G }{{} G Définition 341 : Somme directe On dit que la somme de F et de G est directe lorsque F G = {0 E } On la note alors F G Proposition 342 : Unicité de la décomposition Si x F G alors il existe un unique couple (x 1, x 2 ) F G tel que x = x 1 + x 2 Supposons que x = x 1 + x 2 = x 1 + x 2 avec x 1, x 1 F et x 2, x 2 G On a alors : x 1 x 1 }{{} F = x 2 x 2 }{{} G On a donc x 1 x 1 F G donc x 1 x 1 = 0 E par hypothèse, c est-à-dire x 1 = x 1 De même, x 2 = x 2 G x x 2 x 1 F Chaque vecteur se décompose de manière unique comme la somme d un élément de F et d un élément de G
50 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS Définition 343 : Espaces supplémentaires On dit que F et G sont supplémentaires dans E si E = F + G et F G = {0 E } On note alors E = F G Cela revient à dire que : x E!(x 1, x 2 ) F G x = x 1 + x 2 B Dimension finie On suppose désormais que E est un espace vectoriel de dimension finie C est donc également le cas pour les sous-espaces vectoriels F et G On admet la propostion suivante : Proposition 344 dim(f + G) = dim(f) + dim(g) dim(f G) Théorème 345 : Caractérisation des sommes directes en dimension finie Soient E un espace de dimension finie et F, G deux sous-espaces vectoriels de E F et G sont supplémentaires dans E si et seulement si l une des propositions suivantes est vérifiée : (i) E = F + G et F G = {0 E } (ii) E = F + G et dim(e) = dim(f) + dim(g) (iii) F G = {0 E } et dim(e) = dim(f) + dim(g) Le point (i) correspond à la définition Montrons que (i) (ii) On suppose que E = F + G F G = {0 E } dim(f G) = 0 dim(f +G) = dim(f)+dim(g) dim(e) = dim(f)+dim(g) Montrons que (ii) (iii) On suppose que dim(e) = dim(f) + dim(g) Remarquons que F + G E donc pour avoir F + G = E, il faut et il suffit que dim(f + G) = dim(e) F G = {0 E } dim(f G) = 0 dim(f + G) = dim(f) + dim(g) dim(f + G) = dim(e) On a souvent recours à la dernière caractérisation On commence par montrer que l intersection des deux espaces est réduite à {0 E } puis on prouve l égalité des dimensions Exemple 1 On considère les deux espaces vectoriels : F = (x, y, z, t) 4 x y + t = 0 ; G = λ(1, 1, 2, 0) + µ(2, 0, 1, 1) (λ, µ) 2 2x + z = 0 Déterminer une base de F et trouver un système d équations vérifiées par les éléments de G F et G sont -ils supplémentaires dans 4? Tout d abord, G = Vect((1, 1, 2, 0), (2, 0, 1, 1)) La famille ((1, 1, 2, 0), (2, 0, 1, 1)) est génératrice et
51 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* comporte deux vecteurs non colinéaires donc forme une famille libre Au final, c est une base de G qui est donc un espace de dimension 2 On a : x x x y y y F = = x z z 2x t t y x y 0 1 donc F = Vect ((1, 0, 2, 1), (0, 1, 0, 1)) Pour les mêmes raisons que précédemment, cette famille est une base de F, qui est ainsi un espace de dimension 2 On a également : x y G (λ, µ) 2 z t x 1 2 y 1 0 = λ + µ (λ, µ) 2 z 2 1 t 0 1 Montrons que 4 = F G Comme dim(f) + dim(g) = 4, il reste simplement à montrer que F G = {0 4} Soit (x, y, z, t) F G Comme (x, y, z, t) F et (x, y, z, t) G, il vient : x y + t = 0 x y + t = 0 x y + t = 0 2x + z = 0 x = y + 2t z = 2y + t 2x + z = 0 x y 2t = 0 2 y z + t = 0 Les espaces F et G sont bien supplémentaires Exemple 2 L 2 L 2 2L 1 L 3 L 3 L 1 L 4 L 4 L 2 2 y + z 2t = 0 x = λ + 2µ y = λ x = y + 2t z = 2λ + µ z = 2 y + t t = µ 3t = 0 2 y z + t = 0 x y + t = 0 x 0 2 y + z 2t = 0 y 0 = t = 0 z 0 2z + 3t = 0 t 0 E = 4 [X ] et F = {P E P(0) = P (0) = P (1) = 0} Montrer que F est un espace vectoriel, déterminer une base de F et préciser sa dimension Montrer que G = Vect(1, X, 1 + X + X 2 ) est un supplémentaire de F dans E Soit P = ax 4 + bx 3 + cx 2 + dx + e 4 [X ] e = 0 P F P(0) = P (0) = P (1) = 0 d = 0 4a + 3b + 2c + d = 0 P = ax 4 + bx (4a + 3b)X 2 = a(x 4 2X 2 ) + b X 3 32 X 2 Donc F = Vect X 4 2X 2, X X 2 Cette écriture de F justifie le fait que F est un espace vectoriel De plus, la famille X 4 2X 2, X X 2 engendre F et comme les deux polynômes ne sont pas proportionnels, elle est libre On a donc une base de F et nous avons ainsi montré que dim(f) = 2 Montrons que 4 [X ] = F G Comme dim(f) + dim(g) = 5 = dim( 4 [X ]), il reste simplement à montrer que F G = {0 [X ] } Soit P F G Montrons que P est nul
52 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS P G donc il existe a, b, c tels que P = a + bx + c(1 + X + X 2 ) Comme P F, P(0) = P (0) = P (1) = 0 et on trouve successivement : a = b = 0 et b + 3c = 0 Ainsi, P = 0 [X ] Exemple 3 Montrer que M n () = S n () A n () Préciser les dimensions de ces espaces Montrons tout d abord que S n () A n () = {O} où O désigne la matrice nulle de M n () Soit M S n () A n () Comme M S n (), t M = M De plus, M A n () donc t M = M D où M = M, soit M = O Montrons que dim(m n ()) = dim(s n ()) + dim(a n ()) Tout d abord, dim(m n ()) = n 2 Pour déterminer la dimension des deux sous-espaces vectoriels, il faudrait en exhiber une base ce qui s avère un peu pénible à écrire On ne peut que conseiller de le faire à la main, en commençant par le cas n = 2 De manière un peu moins rigoureuse, on peut se contenter de dénombrer les degrés de liberté dans la construction d une matrice symétrique / antisymétrique Cela ne constitue pas une preuve mais nous donne une idée des dimensions Si S S n (), notons les coefficients que l on peut choisir, les autres étant imposés par symétrie : S = Il y a n = n(n+1) 2 coefficients, d où dim(s n ()) = n(n+1) 2 Si A A n (), notons les coefficients que l on peut choisir, les autres étant imposés par antisymétrie : 0 0 A = 0 Il y a (n 1) = n(n 1) 2 coefficients, d où dim(a n ()) = n(n 1) 2 Comme n(n+1) 2 + n(n 1) 2 = n 2, on a bien dim(m n ()) = dim(s n ()) + dim(a n ()) Ainsi, M n () = S n () A n () Exemple 3 (bis) On aurait pu travailler sans l aide des dimensions en montrant directement que tout élément de M n () s écrit comme la somme (unique) d une matrice symétrique et d une matrice antisymétrique Raisonnons pour cela par analyse/synthèse : Analyse Soit M M n () On suppose le problème résolu, c est-à-dire qu il existe S S n () et A A n () telles que M = S + A t M = t S + t A = S A Donc nécessairement, S = M + t M 2 et A = M t M 2 On vient au passage de prouver l unicité de la décomposition Synthèse Soit M M n () Posons S = M + t M et A = M t M D une part, M = S + A 2 2 D autre part, t t M + M S = = S et t t M M A = = A donc (S, A) S n () A n () 2 2 Nous avons ainsi montré que M n () = S n () A n () et avons même établi la forme de la décomposition
53 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* de tout élément de M n () Ex : M = = Attention, un supplémentaire n est pas unique Exemple On considère les trois vecteurs de 2 suivants : u = (1, 2), v = ( 2, 1) et w = (3, 4) Montrer que 2 = Vect(u) Vect(v) = Vect(u) Vect(w) Théorème 346 : Base adaptée Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E de bases respectives (e 1,, e p ) et (e p+1,, e n ) Alors, E = F G si et seulement si la famille (e 1,, e p, e p+1,, e n ) est une base de E Dans ce cas, la famille (e 1,, e p, e p+1,, e n ) est qualifiée de base adaptée Nous observerons l importance des bases adaptées dans le prochain chapitre mais remarquons déjà que ce théorème nous fournit une nouvelle méthode pour justifier que deux espaces sont supplémentaires : il suffit de montrer que la concaténation de deux bases de F et G constitue une base de E pour que ceux-ci soient supplémentaires dans E V Exercices Exercice 1 1 Montrer que l équation 2x + y z = 0 définit un plan vectoriel de 3 et en déterminer une base x + y z = 0 2 Montrer que le système d équations définit une droite vectorielle de 3 et en déterminer une base x + 2z = On considère la droite = Vect(u) avec u = 1 1 Trouver un système d équations (comme dans la question précédente) permettant de définir Réponse (Ex 1) 1 (x, y, z) 3 appartient à l espace vectoriel défini par l équation 2x + y z = 0 si et seulement si, x x 1 0 y = y = x 0 + y 1 z 2x + y L espace vectoriel est donc engendré par la famille 0, 1 qui est de plus libre car ces deux 2 1 vecteurs ne sont pas colinéaires L espace vectoriel est donc de dimension 2, c est un plan 2 On a : x 2z 2 x + y z = 0 y = 3z = z 3 x + 2z = 0 z z 1 2 Ainsi, le système linéaire définit la droite vectorielle Vect
54 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS 3 (x, y, z) λ x 1 x = y y = λ 1, c est-à-dire si et seulement si y = z z 1 Exercice 2 Les ensembles suivants sont-ils des sous-espaces vectoriels de 3? Si oui, en déterminer une base et préciser leur dimension 1 A = {(x, y, z) 3 x + 2 y 3z = 0} ; 2 B = {(x + y, x y, 2 y) (x, y) 2 } ; 3 C = {(x, y, z) 3 x + 2 y z = 2} ; 4 D = {(2x 3 y, x + 1, x + 3 y (x, y) 2 } ; 5 E = {(x, y, z) 3 2x = y et y = 3z} Montrer également que 3 = B E Réponse (Ex 2) Les ensembles C et D ne sont pas des espaces vectoriels car ils ne contiennent pas le vecteur nul Pour les autres ensembles, on peut revenir à la caractérisation d un espace vectoriel ou simplement voir que : (x, y, z) A (x, y, z) = ( 2 y + 3z, y, z) = y( 2, 1, 0) + z(3, 0, 1) ; A = Vect(( 2, 1, 0), (3, 0, 1)) A est donc un espace vectoriel On en a obtenu une base (pourquoi?) Comme elle contient deux vecteurs,a est un plan vectoriel B = Vect((1, 1, 0), (1, 1, 2)), les conclusions sont identiques E = Vect( 1 2, 1, 1 3 ) = Vect(3, 6, 2) est une droite vectorielle Montrons maintenant que B et E sont supplémentaires : dim(b) + dim(e) = = 3 = dim( 3 ) ; B E = {0 3} car si on considère u B E, alors, Donc u = (0, 0, 0) Nous avons ainsi démontré que 3 = B E u B (x, y) 2 u = (x + y, x y, 2y) 2(x + y) = x y x + 3 y = 0 u E x y = 6 y x 7 y = 0 x = y = 0 REMARQUE : Il est préférable d utiliser cette caractérisation des espaces supplémentaires plutôt que de chercher à montrer que 3 = B + E Exercice 3 Les familles de 3 composées des vecteurs suivants sont-elles libres ou liées? 1 u 1 = (1, 1, 0), u 2 = (0, 1, 1) 2 u 1 = (0, 0, 1), u 2 = (0, 1, 1), u 3 = (1, 1, 1) 3 u 1 = (1, 1, 0), u 2 = (0, 1, 1), u 3 = (1, 1, 0) 4 u 1 = (1, 1, 1), u 2 = (1, 1, 1), u 3 = ( 1, 1, 1), u 4 = (1, 1, 1) 5 u 1 = (1, 0, 2), u 2 = (2, 3, 1), u 3 = (4, 2, 1) Réponse (Ex 3) 1 Les deux vecteurs ne sont pas colinéaires donc la famille est libre 2 La remarque précédente ne s applique plus ici puisqu il y a plus de 2 vecteurs Néanmoins, det(u 1, u 2, u 3 ) = =
55 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* La famille est donc libre REMARQUE : On aurait également pu revenir à la définition d une famille libre Faisons-le à titre d exercice Supposons qu il existe λ 1, λ 2, λ 3 tels que λ 1 u 1 + λ 2 u 2 + λ 3 u 3 = λ 3 0 λ 1 u 1 + λ 2 u 2 + λ 3 u 3 = λ 2 + λ 3 = 0 λ 1 λ 2 λ 3 0 λ 3 = 0 λ 2 + λ 3 = 0 λ 1 = λ 2 = λ 3 = 0 λ 1 + λ 2 + λ 3 = 0 La famille est bien libre 3 On réitère le procédé : det(u 1, u 2, u 3 ) = = La famille est donc liée Mais il suffisait tout simplement de voir que u 1 = u 3 pour conclure Quatre vecteurs de 3 sont nécessairement liés Rappelons que toute famille libre de n comporte nécessairement au plus n vecteurs Au-delà, elle est liée Autrement dit, un des vecteurs s écrit comme combinaison linéaire des autres REMARQUE : Cela n est pas demandé dans l exercice mais on pourrait déterminer un tel vecteur en cherchant des coefficients λ 1, λ 2, λ 3, λ 4 non tous nuls tels que λ 1 u 1 + λ 2 u 2 + λ 3 u 3 + λ 4 u 4 = 0 3 On a trois vecteurs en dimension 3, on peut retravailler avec le déterminant : det(u 1, u 2, u 3 ) = = La famille est donc libre Exercice 4 Pour quelles valeurs du réel m la famille (u 1, u 2, u 3, u 4 ) est-elle libre? u 1 = (1, 1, 0, 0), u 2 = (1, m, 1, 0), u 3 = (1, 0, m, 1), u 4 = (1, 0, 0, m) Réponse (Ex 4) Là encore, on pourrait revenir à la définition d une famille libre mais nous préférons utiliser l outil précieux que constitue le déterminant (en développant par rapport à la première colonne) pour éviter de résoudre des systèmes 4 4 à paramètre m 0 0 m m 0 = 1 1 m m 0 = m 3 (m 2 (m 1)) = m 3 m 2 + m m 0 1 m 0 1 m Pour savoir si ce déterminant est nul, il suffit de déterminer les racines du polynôme m 3 m 2 + m 1 1 étant racine évidente, on peut le factoriser par m 1 et on trouve m 3 m 2 + m 1 = (m 1)(m 2 + 1) La seule racine réelle est donc 1 (les deux racines complexes conjuguées sont i et i) La famille est donc libre si et seulement si m
56 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS Retrouvons maintenant ce résultat sans avoir recours au déterminant : x + y + z + t = 0 x + m y = 0 xu 1 + yu 2 + zu 3 + tu 4 = 0 4 y + mz = 0 z + mt = 0 z = mt z = mt y = mz y = m 2 t x = m y x = m 3 t x + y + z + t = 0 (m 3 m 2 + m 1)t = 0 Deux cas de figure se présentent : Si m 3 m 2 + m 1 0, c est-à-dire m 1, on trouve t = 0 puis x = y = z = 0 donc la famille est libre Si m = 1, on a x = t, y = t et z = t t peut prendre n importe quelle valeur Pour t = 1 par exemple, on a donc u 1 + u 2 u 3 + u 4 = 0 4 Cette méthode permet même d exhiber une combinaison linéaire nulle non triviale lorsque la famille est liée À retenir! Exercice 5 Les familles suivantes sont-elles libres? 1 = ((1, 0, 1), (0, 1, 1), (1, 1, 4), (1, 2, 3)) dans 3 2 = (u, v, w) où les trois suites u, v et w sont définies pour tout n par : u n = 1, v n = cos 2 (n) et w n = cos(n) 3 la famille composée des trois fonctions de dans : u : x sin(x), v : x cos(x) et w : x sin(2x) Réponse (Ex 5) 1 La famille comporte trop de vecteurs pour être libre 2 Délicat 3 Notons f 1, f 2 et f 3 les trois fonctions constituant la famille Supposons qu il existe α, β et γ tels que αf 1 + β f 2 + γf 3 = 0 (), où 0 () désigne la fonction nulle Cela revient à dire que : x α sin(x) + β cos(x) + γ sin(2x) = 0 Cette égalité étant vraie quel que soit x, évaluons-la pour des valeurs de x judicieusement choisies : x = 0, x = π 2 et x = π 4 On obtient successivement : β = 0, α = 0 et γ = 0 La famille est donc libre Exercice 6 Pour quelles valeurs du réel m la famille (u, v, w) est-elle une base de 3? 1 pour u = (1, 2, 1), v = (2, 3, 1) et w = (1, 1, m) 2 pour u = (2 m, 1, 0), v = ( 1, 2 m, 1) et w = (0, 1, 2 m) Réponse (Ex 6) Il suffit dans les deux cas de calculer le déterminant associé Le premier vaut (m + 2) et le second (m 2)(m 2 4m + 2) Il reste à conclure! Exercice 7 On considère les deux ensembles suivants : E = (x, y, z, t) 4 /x y + z t = 0, F = (x, y, z, t) 4 /x = y
57 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* 1 Montrer que E et F sont des sous-espaces vectoriels de 4 2 Déterminer une base de E, de F, puis de E F Réponse (Ex 7) 1 Classique, en revenant à la définition, ou, mieux, en écrivant E et F sous la forme Vect( ) 2 On a, par exemple, E = Vect,, ; F = Vect,, REMARQUE : Attention, il n y a pas unicité de la base Elles doivent toutes cependant comporter le même nombre de vecteurs, qui correspond à la dimension de l espace On remarquera que E et F sont ici des hyperplans de 4 On peut déterminer une base de E F de plusieurs façons On s attend a priori à trouver un espace de dimension 2 Rappelons tout d abord que l intersection de deux espaces vectoriels est encore un espace vectoriel De plus, l intersection de deux plans en dimensions 3 est généralement une droite Attention, l intersection de deux plans peut être un plan (si ceux-ci sont confondus)! Nous sommes néanmoins certains que dim(e F) 3 x y + z t = 0 x = y (x, y, z, t) E F (x, y, z, t) = x(1, 1, 0, 0) + z(0, 0, 1, 1) x = y z = t Donc E F = Vect((1, 1, 0, 0), (0, 0, 1, 1)) et dim(e F) = 2, comme prévu a b c Exercice 8 Soit E = 0 a b, (a, b, c) a Montrer que E est un -espace vectoriel et déterminer une base de E Réponse (Ex 8) M E (a, b, c) M = a b c donc : E = Vect 0 1 0, 0 0 1, On a ainsi montré que E est un espace vectoriel! REMARQUE : On aurait également pu montrer que E est un sous-espace vectoriel de 3 () : la matrice nulle appartient bien à E (obtenue pour pour a = b = c = 0) ; si l on considère deux matrices M 1 et M 2 de E, un réel λ alors λm 1 + M 2 appartient bien à E car : a 1 b 1 c 1 a 2 b 2 c 2 a b c λ 0 a 1 b a 2 b 2 = 0 a b 0 0 a a a avec a = λa 1 + a 2, b = λb 1 + b 2 et c = λc 1 + c De plus, on a obtenu une base de E car la famille 0 1 0, 0 0 1, est naturellement génératrice et, de plus, libre : a b c a b c = a b = a = b = c = a
58 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS E est donc un espace vectoriel de dimension 3 (sous-espace vectoriel de 3 () qui est de dimension 9) Exercice 9 Vérifier que les ensembles suivants sont des espaces vectoriels et en trouver une base 1 A = {(x + y, x, y, 2x 3 y) x, y } ; 2 B = {P n [X ] P(1) = 0} ; 3 C = (a, b, c) 3 2a 5b = 0 et b + 4c = 0 ; 4 D = Vect(f 1, f 2, f 3 ) avec f 1 (x) = x + 1, f 2 (x) = x 1, f 3 (x) = 2 x ; 5 E = (x, y, z) 3 5x + 2 y 3z = 0 ; 6 F = (x, y, z, t) 4 x + y + 3z + t = 0, 2x + y + 4z + t = 0, x = z Réponse (Ex 9) 1 A = Vect((1, 1, 0, 2), (1, 0, 1, 3)) est un plan de 4 2 Soit P n [X ] P n [X ] Q n 1 [X ] P = (X 1)Q a 0,, a n 1 P = (X 1)(a 0 + a 1 X + + a n 1 X n 1 ) a 0,, a n 1 P = a 0 (X 1) + a 1 X (X 1) + + a n 1 X n 1 (X 1) On a donc B = Vect(X 1, X (X 1),, X n 1 (X 1)) Cette famille qui contient n polynômes est génératrice, mais est-elle libre? Oui, car elle est constituée de polynômes non nuls étagés en degrés C est donc une base de B qui est ainsi de dimension n REMARQUE : Rappelons que n [X ] est de dimension n C = Vect(10, 4, 1) est une droite de 3 4 D est clairement un espace vectoriel (et même un sous-espace vectoriel de ()) Par contre, la famille (f 1, f 2, f 3 ) bien que génératrice n est pas libre : x a(x + 1) + b(x 1) + c(2 x) = 0 x (a + b c)x + (a b + 2c) = 0 Pour a = 1, b = 3 et c = 2, l égalité est vérifiée Ainsi, f 1 = 3 f f 3 REMARQUE : On aurait pu aussi remarquer que f 1, f 2 et f 3 sont trois fonctions polynomiales de 1 [X ] qui est de dimension 2, la famille ne peut donc pas être libre Comme f 1 est combinaison linéaire de f 2 et f 3, on a D = Vect(f 2, f 3 ) Cette fois-ci, comme les fonctions f 2 et f 3 sont proportionnelles, la famille (f 2, f 3 ) est libre Elle forme donc une base de D, qui est ainsi de dimension 2 5 E est un (hyper)plan de 3 6 On a : x + z = 0 x + z = 0 x + z = 0 (x, y, z, t) E x + y + 3z + t = 0 y + 2z + t = 0 y + 2z + t = 0 2x + y + 4z + t = 0 y + 2z + t = 0 x = z (x, y, z, t) = ( z, 2z + t, z, t) = z( 1, 2, 1, 0) + t(0, 1, 0, 1) y = 2z + t Donc F = Vect(( 1, 2, 1, 0), (0, 1, 0, 1)) est un plan de 4 (la famille est génératrice et également libre puisque les deux vecteurs ne sont pas colinéaires) Exercice 10 On considère l équation différentielle y + x 2 y = 0 1 Montrer, sans la résoudre, que l ensemble des solutions sur est un espace vectoriel 2 Retrouver ce résultat en résolvant l équation 4 et déterminer une base de cet espace 4 c est l occasion de faire quelques révisions d analyse!
59 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Réponse (Ex 10) 1 Montrons que l ensemble des solutions est un sous-espace vectoriel de l ensemble des fonctions définies sur : La fonction nulle est solution évidente de l équation Soient y 1, y 2 et λ Montrons que λ y 1 + y 2 est encore solution : x (λ y 1 + y 2 ) + x 2 (λ y 1 + y 2 ) = λ(y 1 + x 2 y 1 ) + (y 2 + x 2 y 2 ) = λ0 + 0 = 0 REMARQUE : Il faut bien prendre conscience que l écriture précédente n est pas rigoureuse, on devrait écrire y 1 (x) et y 2 (x) et même plus précisément : x (λy 1 + y 2 ) (x) + x 2 (λ y 1 + y 2 )(x) = λ(y 1 (x) + x 2 y 1 (x)) + (y 2 (x) + x 2 y 2 (x)) = 0 2 Rappelons tout d abord que toute équation différentielle de la forme y (x) = f (x)y(x) admet comme solutions les fonctions de la forme y(x) = λe F(x) où F est une primitive de la fonction f, c est-à-dire que F = f Montrer que ces fonctions conviennent en vérifiant qu elles sont bien solutions de l équation différentielle Comme dans notre cas, y = x 2 y, on trouve y(x) = λe x3 d 3 car dx sont donc proportionnelles à la fonction x e x3 = Vect 3 Cela revient à dire que : e x3 3 x3 3 = x 2 Toutes les solutions On vient donc de montrer que est un espace vectoriel, c est même une droite vectorielle! Exercice 11 On considère les deux ensembles : F = (x, y, z) 3 3x + 2 y + z = 0 G = (x, y, z) 3 x 3 = y 2 et y = 2z 1 Montrer que F et G sont des espaces vectoriels 2 Déterminer une base de F et une base de G 3 F et G sont-ils des espaces vectoriels supplémentaires? Réponse (Ex 11) 1 Désormais classique 2 On trouve, par exemple, F = Vect((1, 0, 3), (0, 1, 2)) et G = Vect((3, 2, 1)) 3 Tout d abord, on a dim(f) + dim(g) = dim( 3 ) Reste à vérifier que F G = {0 3} 3x + 2 y + z = 0 (x, y, z) F G 2x 3 y = 0 x = y = z = 0 y 2z = 0 Donc F G = {(0, 0, 0)}, ce qui montre que F G = 3 REMARQUE : Le lecteur aura compris qu il suffit de vérifier (à coup de déterminant bien sûr) que la famille ((1, 0, 3), (0, 1, 2), (3, 2, 1)) est une base de 3 pour montrer que les espaces sont bien supplémentaires
60 CHAPITRE 3 ESPACES VECTORIELS
61 4 Applications linéaires Plan de cours I Définitions et premières propriétés 59 II Noyau et image d une application linéaire 61 A Noyau et injectivité 61 B Image, rang et surjectivité 63 C Théorème du rang et bijectivité 64 D Résolution de l équation f (x) = y 67 III Représentation matricielle 67 A Matrice d une application linéaire 67 B Image d un vecteur 69 C Composition d applications et produit matriciel 69 D Matrice de passage et changement de base dans le cas d un endomorphisme 70 E Matrice, image, noyau et rang 72 IV Endomorphismes induits 73 V Projections et symétries vectorielles 74 VI Exercices 78 Dans tout ce chapitre, E, F et G désigneront des -espaces vectoriels I Définitions et premières propriétés Définition 41 On dit que f est une application linéaire de E dans F si : x, y E, λ, f (λx + y) = λ f (x) + f (y) On note (E, F) l ensemble des applications linéaires de E dans F Exemple 1 Montrons que l application f : 2 3 (x, y) (x + 2 y, x, 2 y) Soient u(x, y), u (x, y ) 2 et λ Comme λu + u = (λx + x, λ y + y ), on a : est linéaire f (λu + u ) = ((λx + x ) + 2(λ y + y ), (λx + x ), 2(λy + y )) = (λx + 2λ y, λx, 2λ y) + (x + 2 y, x + 2 y ) = λ(x + 2 y, x, 2y) + (x + 2 y, x + 2 y ) = λ f (u) + f (u ) 59
62 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES Exemple 2 Montrons que l application ϕ définie sur [X ] par ϕ(p) = X 2 P P est linéaire Soient P,Q [X ] et λ ϕ(λp + Q) = X 2 (λp + Q) (λp + Q) = λ(x 2 P P) + (X 2 Q Q) = λϕ(p) + ϕ(q) Proposition 42 Si f : E F est linéaire, alors f (0 E ) = 0 F Supposons que f (E, F) f (0 E ) = f (0 E + 0 E ) = f (0 E ) + f (0 E ) = 2 f (0 E ) Donc f (0 E ) = 0 F Cette propriété nous permet de montrer qu une application n est pas linéaire Exemple L application ϕ définie sur 2 par ϕ(x, y) = (x + 2 y + 1, x y) n est pas linéaire En effet, ϕ(0, 0) = (1, 0) (0, 0) Proposition 43 Soient f, g : E F deux applications linéaires Alors, λf + g et g f sont linéaires Si f est de plus bijective alors f 1 est également linéaire Considérons f, g (E, F) et prouvons les deux derniers points Soient x, y E et λ (g f )(λx + y) = g(f (λx + y)) = g(λ f (x) + f (y)) f (E,F) = λg(f (x)) + g(f (y)) = λ(g f )(x) + (g f )(y) g (E,F) Soient x, y E et λ Posons alors x = f 1 (x) et y = f 1 (y) On a alors x = f (x ) et y = f (y ) et, f 1 (λx + y) = f 1 (λ f (x ) + f (y )) = f (E,F) f 1 (f (λx + y)) = λx + y = λ f 1 (x ) + f 1 (y ) car f 1 f = Id E On remarquera que si f : E F, f 1 : F E donc f 1 f = Id E alors que f f 1 = Id F Proposition 44 L ensemble (E, F) muni des lois + et est un -espace vectoriel Nous admettons le résultat suivant
63 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Proposition 45 Si E et F sont de dimension finie, (E, F) est un -ev de dimension finie et dim( (E, F)) = dim E dim F Définition 46 Un endomorphisme de E est une application linéaire de E dans lui-même On note (E) l ensemble des endomorphismes de E Un isomorphisme est une application linéaire bijective Un automorphisme est un endomorphisme bijectif On note GL(E) l ensemble des automorphismes de E Une forme linéaire est une application linéaire à valeurs dans Exemple L application f : 3 définie par f (x, y, z) = x + 2 y z est une forme linéaire de 3 f est bien à valeurs dans f est linéaire : Soient u(x, y, z), u (x, y, z ) 3 et λ, on a : f (λu + u ) = (λx + x ) + 2(λ y + y ) (λz + z ) = λ(x + 2 y z) + (x + 2 y z ) = λf (u) + f (u ) GL(E) n est pas un espace vectoriel II Noyau et image d une application linéaire Dans toute cette partie, on considère f (E, F) A Noyau et injectivité Définition 47 On appelle noyau de f et on note Ker(f ) l ensemble défini par : Ker(f ) = {x E f (x) = 0 F } = f 1 ({0 F }) Attention, si A est un ensemble, la notation f 1 (A) ne signifie pas que f est bijective! f 1 (A) désigne l ensemble des antécédents des éléments de A par f Autrement dit, f 1 (A) = {x E f (x) A} On retiendra que : x Ker(f ) f (x) = 0 F Théorème 48 Ker(f ) est un sous-espace vectoriel de E Montrons que Ker f est un sous-espace vectoriel de E Tout d abord, 0 E Ker(f ) En effet, nous avons montré que f (0 E ) = 0 F Soient x, y Ker(f ) et λ f (λx + y) = λ f (x) + f (y) = λ0 F + 0 F = 0 F donc λx + y Ker(f )
64 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES Attention, 0 E n est pas toujours le seul antécédent de 0 F, on se méfiera fortement de l implication souvent fausse : f (x) = 0 F = x = 0 E Cette propriété est vraie lorsque l application est injective Et dans le cas d une application linéaire, il suffit réciproquement que cette propriété soit vérifiée pour que l application soit injective En d autres termes, on a la théorème suivant : Théorème 49 L application linéaire f est injective si et seulement si Ker(f ) = {0 E } Démontrons ce résultat par double implication = Supposons f injective, c est-à-dire que : (x, y) E 2 f (x) = f (y) = x = y Soit x Ker(f ) Montrons que x = 0 E Comme f (x) = 0 F et f (0 E ) = 0 F, on a f (x) = f (0 E ) et par injectivité, x = 0 E = Supposons maintenant que Ker(f ) = {0 E } Montrons que f est injective et considérons pour cela x, y E quelconques f (x) = f (y) f (x) f (y) = 0 E Comme Ker(f ) = {0 E }, x y = 0 E, c est-à-dire x = y f (x y) = 0 E x y Ker(f ) f (E,F) Exemple 1 Soit f l endomorphisme de 3 défini par f (x, y, z) = (2x y, y + z, z x) Étudions l injectivité de f Déterminons pour cela son noyau (x, y, z) Ker(f ) f (x, y, z) = (0, 0, 0) (2x y, y + z, z x) = (0, 0, 0) Ce qui conduit à la résolution suivante : 2x y = 0 y + z = 0 x = y = z = 0 z x = 0 Ainsi, Ker(f ) = {0 3} et f est injective On laisse au lecteur le soin de montrer que f est bien un endomorphisme de 3 Exemple 2 Éudions l injectivité de l endomorphisme ϕ : P X P P de 2 [X ] Vérifions pour commencer que ϕ est bien un endomorphisme de 2 [X ] : ϕ est linéaire : pour tout P,Q 2 [X ] et pour tout λ, ϕ(λp + Q) = X (λp + Q) (λp + Q) = λ(x P P) + (XQ Q) = λϕ(p) + ϕ(q) ϕ est à valeurs dans 2 [X ] En effet, on peut raisonner sur le degré ou bien effectuer le calcul suivant avec P = ax 2 + bx + c : Déterminons le noyau de ϕ ϕ(p) = X (2aX + b) (ax 2 + bx + c) = ax 2 c 2 [X ] P = ax 2 + bx + c Ker(ϕ) ϕ(x ) = ax 2 + c = 0 [X ] Or deux polynômes sont égaux si et seulement s ils ont mêmes coefficients Donc par identification, a = c = 0 Ainsi, P = bx, ce qui prouve que Ker(ϕ) = Vect(X ) L application n est donc pas injective
65 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* B Image, rang et surjectivité Définition 410 On appelle image de f et on note Im(f ) l ensemble défini par : Im(f ) = f (E) = {y F x E y = f (x)} = { f (x) x E} Les trois écritures précédentes sont équivalentes On retiendra que : y Im(f ) x E y = f (x) Tout vecteur s écrivant sous la forme f ( ) appartient à l image de f Théorème 411 Im(f ) est un sous-espace vectoriel de F Montrons que Im f est un sous-espace vectoriel de F Comme 0 F = f (0 E ), on a bien 0 F Im(f ) De plus, si x, y Im(f ) et λ, il existe x, y E tels que x = f (x ) et y = f (y ) D où, λx + y = λ f (x ) + f (y ) = f (λx + y ) Im(f ) Le théorème suivant montre que l on peut aisément obtenir une famille génératrice de l image (en prenant l image par f de vecteurs constituant une base de E) Il suffit alors de retirer les vecteurs combinaisons linéaires des autres afin d obtenir une famille libre, donc une base Théorème 412 Soient E, F deux espaces vectoriels, E étant supposé de dimension finie, et f (E, F) Si (e 1,, e n ) est une base de E alors Im f = Vect(f (e 1 ),, f (e n )) y Im(f ) x E y = f (x) (λ 1,, λ n ) n y = f (λ 1 e λ n e n ) (λ 1,, λ n ) n y = λ 1 f (e 1 ) + + λ n f (e n ) Donc on a bien Im(f ) = Vect(f (e 1 ),, f (e n )) Définition 413 Soit f (E, F) avec E de dimension finie Alors Im(f ) est de dimension finie et on appelle rang de f, noté rg(f ), la dimension de Im(f ) En effet, si E est de dimension finie, avec les notations précédente, Im(f ) = Vect(f (e 1 ),, f (e n )) donc Im(f ) admet une famille génératrice finie et on a même dim(im(f )) n
66 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES Théorème 414 L application linéaire f est surjective si et seulement si Im(f ) = F Rappelons qu une application f : E F est surjective si et seulement si tout élément de F admet au moins un antécédent par f Cela revient à dire que f (E) = F, soit Im(f ) = F Corollaire 415 Si f (E, F) et E de dimension finie, alors f surjective si et seulement si rg(f ) = F On a Im(f ) F et si rg(f ) = dim(im(f )) = dim(f), l égalité des dimensions nous donne alors Im(f ) = F Reprenons les deux exemples du paragraphe précédent pour voir si les applications étudiées sont surjectives Exemple 1 Soit f l endomorphisme de 3 défini par f (x, y, z) = (2x y, y + z, z x) Étudions la surjectivité de f Déterminons pour cela son image Im(f ) = Vect(f (e 1 ), f (e 2 ), f (e 3 )) avec (e 1, e 2, e 3 ) la base canonique de 3 On trouve : f (e 1 ) = (2, 0, 1); f (e 2 ) = ( 1, 1, 0); f (e 3 ) = (0, 1, 1) Cette dernière famille, qui engendre Im( f ), est également libre : = 3 0 (ou bien on revient à la définition d une famille libre) C est donc une base de Im(f ), qui est ainsi de dimension 3, et on a Im(f ) = 3 f est donc surjective Exemple 2 Éudions la surjectivité de l endomorphisme ϕ : P X P P de 2 [X ] Déterminons l image de ϕ De la même façon que dans l exemple précédent, Im(ϕ) = Vect(ϕ(1), ϕ(x ), ϕ(x 2 )) = Vect( 1, 0, X 2 ) = Vect(1, X 2 ) Cette dernière famille est bien libre (deux vecteurs non colinéaires), mais Im(ϕ) 2 [X ] car dim(im(ϕ)) = 2 < 3 = dim( 2 [X ]) donc ϕ n est pas surjective C Théorème du rang et bijectivité Théorème 416 : Théorème du rang On suppose que E est de dimension finie et f (E, F) Alors, dim E = dim Ker(f ) + dim(im(f )) }{{} =rg(f )
67 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* La démonstration n est pas au programme mais se révèle très instructive On suppose que E est de dimension n On a Ker f E Soit (e 1,, e p ) une base de Ker f Complétons-la en une base (e 1,, e p, e p+1,, e n ) de E }{{}}{{} p vecteurs n p vecteurs Démontrons que rg f = n p et montrons pour cela que (f (e p+1 ),, f (e n )) est une base de Im f Im f = Vect(f (e 1 ),, f (e p ), f (e p+1 ),, f (e n )) = Vect(f (e p+1 ),, f (e n )) La famille (f (e p+1 ),, f (e n )) est donc génératrice La famille est également libre En effet, soient λ p+1,, λ n tels que : Alors, f n i=p+1 λ p+1 f (e p+1 ) + + λ n f (e n ) = λ i e i = 0 F par linéarité, ce qui montre que n i=p+1 λ i f (e i ) = 0 F n i=p+1 λ i e i Ker f La famiile (e 1,, e p ) étant une base de Ker(f ), il existe donc λ 1,, λ p tels que : n i=p+1 λ i e i = p λ i e i, soit λ 1 e 1 + λ p e p λ p+1 e p+1 λ n e n = 0 E i=1 La famille (e 1,, e n ) étant une base de E, elle est libre et dès lors, tous les λ i sont nuls En particulier, λ p+1 = = λ n = 0 Ainsi, (f (e p+1 ),, f (e n )) est une base de Im(f ) et Im(f ) est de dimension n p = n dim(ker(f )) On notera que dans le théorème du rang, seule la dimension de l espace de départ intervient Ce théorème n a plus de sens lorsqu e cet espace est de dimension infinie Corollaire 417 Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension finie E et F sont isomorphes si et seulement si dim(e) = dim(f) Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension finie = Soit ϕ un isomorphisme entre les deux espaces E et F Ker(ϕ) = {0 E } et Im(ϕ) = F donc d après le théorème du rang : dim(e) = dim(ker(ϕ)) + dim(im(ϕ)), soit dim(e) = 0 + dim(f) = dim(f) = Réciproquement, si on suppose que dim(e) = dim(f) = n, on considère une base (e 1,, e n ) de E (resp (f 1,, f n ) de F) et l application ϕ : E F définie par : L application ϕ est linéaire ϕ : x = λ 1 e λ n e n λ 1 f λ n f n L application ϕ est injective : ϕ(x) = 0 F λ 1 f 1 + +λ n f n = 0 F (λ 1,, λ n ) = (0,, 0) car la famille (f 1,, f n ) est libre Cela revient à dire que x = 0 E, mais encore que Ker(f ) = {0 E } L application ϕ est surjective : dim(im(ϕ)) = dim(e) dim(ker(ϕ)) = n = dim(f) Comme Im(F) F, on trouve Im(f ) = F
68 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES Théorème 418 Soit f un endomorphisme de E ou E est de dimension finie Alors, f injective f sujective f bijective La preuve repose là encore sur le théorème du rang : f injective Ker(f ) = {0 E } dim(ker(f )) = 0 dim(e) = dim(im(f )) Im(f ) = E f surjective L hypothèse de dimension finie nous permet d utiliser le théorème du rang, le fait que f soit un endomorphisme permet de justifier le fait que Im(f ) E et donc Im(f ) = E par égalité des dimensions En dimension finie, un endomorphisme est bijectif dès qu il est injectif ou surjectif! C est une propriété importante des applications linéaires On pourra se reporter aux exemples traités précédemment Il est souvent plus simple de prouver la bijectivité en justifiant l injectivité de l application et ce, en montrant que le noyau est réduit à {0 E } Mais il n y a pas de règle générale Théorème 419 Soit f (E, F) f est un isomorphisme si et seulement s il existe une base de E telle que f () soit une base de F On considère une application f (E, F) = Supposons que f est un isomorphisme et considérons une base = (e 1,, e n ) quelconque de E f étant surjective, la famille (f (e 1 ),, f (e n )) engendre F = Im(f ) Cette famille comporte n = dim(e) vecteurs et comme dim(e) = dim(f) (cf corollaire précédent), on en déduit que cette famille génératrice est une base de Im(f ) = Considérons une base = (e 1,, e n ) de E telle que f () = (f (e 1 ),, f (e n )) soit une base de F F = Vect(f (e 1 ),, f (e n )) = Im(f ) donc f est surjective Soit x Ker(f ) Il existe α 1,, α n tels que x = n α i e i Ainsi, i=1 n f (x) = f α i e i i=1 = linéarité n α i f (e i ) = 0 F Mais comme (f (e 1 ),, f (e n )) est une base de F, la famille est liibre Ce qui montre que α 1 = = α n = 0 Ainsi, x = 0 E et on a bien Ker(f ) = {0 E }, f est injective Au final, f est un isomorphisme de E vers F i=1 L image de toute base par un isomorphisme est donc une base, et réciproquement
69 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* D Résolution de l équation f (x) = y On cherche à résoudre l équation f (x) = y avec f (E, F) et y F Si y / Im(f ), il n y a aucune solution Si y Im(f ), il existe x 0 E tel que y = f (x 0 ) Le problème admet donc au moins une solution De plus, y = f (x) f (x) = f (x 0 ) f (x x 0 ) = 0 F x x 0 Ker(f ) Donc les solutions de l équation sonc de la forme x 0 + u avec u Ker(f ), c est-à-dire f (u) = 0 F Si Ker(f ) = {0 E }, il n y a qu une solution, x 0 Si dim(ker(f )) 1, il y en a une infinité On retrouve un résultat bien connu : dans un problème linéaire, les solutions s écrivent comme la somme d une solution particulière et d une solution de l équation homogène III Représentation matricielle On considère une application f (E, F) Dans toute cette partie, E et F sont supposés de dimension finie A Matrice d une application linéaire Soient = (e 1,, e p ) une base de E et = (f 1,, f n ) une base de F p Soit u E quelconque Il existe λ 1,, λ p tels que u = λ j e j Par linéarité, p f (u) = f λ j e j = j=1 j=1 p λ j f (e j ) Pour déterminer f (u) à partir de u, il faut et il suffit de connaître l image des vecteurs de la base par f, c est-à-dire de connaître les vecteurs f (e j ) On vient simplement de montrer : Théorème 420 Une application linéaire est entièrement déterminée par l image d une base de E j=1 De plus, les vecteurs f (e j ) sont des éléments de F Ils peuvent donc s écrire comme combinaisons linéaires des vecteurs f i, à savoir : n j 1, p f (e j ) = m i,j f i i=1 Définition 421 : Matrice d une application linéaire On appelle matrice de f relativement aux bases et la matrice (m i,j ) 1in 1jp On la note Mat(f,, ) ou bien Mat, (f ) f 1 f 2 f n f (e 1 ) f (e 2 ) f (e p ) = Mat, (f ) M n,p() Si E = F, on prend généralement = et on obtient la matrice carrée :
70 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES e 1 e n f (e 1 ) f (e n ) Si f = Id E alors dans toute base de E, Mat (f ) = I n Exemple 1 = Mat (f ) M n () Soit f l endomorphisme de 3 défini par f (x, y, z) = (2x y, y + z, z x) On note = (e 1, e 2, e 3 ) la base canonique de 3 et = (e 1, e 2, e 3 ) avec : e 1 = (1, 1, 0), e 2 = (0, 0, 1), e 3 = (0, 1, 1) Montrons que la famille est une base de 3 et déterminer les matrices Mat, (f ), Mat, (f ) et Mat, (f ) Tout d abord, est bien une base de 3 car = f (e 1 ) = (2, 0, 1) = 2e 1 e 3, f (e 2 ) = ( 1, 1, 0) = e 1 + e 2 et f (e 3 ) = (0, 1, 1) = e 2 + e 3 donc : f (e 1 ) f (e 2 ) f (e 3 ) e e = Mat (f ) e f (e 1 ) = (2, 0, 1) = 2e 1 + e 2 2e 3, f (e 2) = ( 1, 1, 0) = e 1 2e 2 + 2e 3 et f (e 3) = (0, 1, 1) = e 3 donc : f (e 1 ) f (e 2 ) f (e 3 ) e e = Mat, (f ) e Pour déterminer les coordonnées du vecteur f (e 1 ) dans la base, on peut déterminer α, β, γ tels que f (e 1 ) = αe 1 + βe 2 + γe 3 à l aide d un système linéaire, ou bien effectuer les calculs de tête f (e 1 ) = (1, 1, 1) = e 1 e 2, f (e 2 ) = (0, 1, 1) = e 3 et f (e 3 ) = ( 1, 2, 1) = e 1 2e 2 + 3e 3 donc : f (e 1 ) f (e 2 ) f (e 3 ) e e = Mat (f ) e Pour s entraîner, on déterminera Mat,(f ) Exemple 2 Écrire la matrice dans la base canonique de 2 [X ] de l endomorphisme ϕ : P X P P ϕ(1) = 1, ϕ(x ) = 0 et ϕ(x 2 ) = X 2 donc la matrice de ϕ dans la base canonique est : ϕ(1) ϕ(x ) ϕ(x ) X X Pour s entraîner, on écrira la matrice représentative de ϕ dans la base (1+ X, X 2 + X, X 2 + X +1) en montrant préalablement qu il s agit bien d une base de 2 [X ]
71 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* B Image d un vecteur On reprend les notations du paragraphe précédent : = (e 1,, e p ) et = (f 1,, f n ) désignent des bases de E et F On considère un vecteur u E quelconque et on note (λ 1,, λ p ) p ses coordonnées p dans la base, c est-à-dire que l on a u = λ j e j Ainsi, f (u) = Mais nous avons également : j=1 p λ j f (e j ) = j=1 On vient de prouver le résultat suivant Proposition 422 p λ j j=1 i=1 n m i, j f i = m 11 m 1n λ 1 = m n1 m nn λ p n p λ j m i,j i=1 j=1 p λ j m 1, j p λ j m n,j Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension finie, de bases respectives et Soient x E et f (E, F) On pose X = Mat (x) et M = Mat, (f ) Alors Mat (f (x)) = M X j=1 j=1 f i Exemple 1 (bis) Reprenons l exemple 1 du paragraphe précédent f (1, 2, 3) = (0, 5, 2) mais on peut également vérifier que : = Nous avons choisi de travailler dans la base canonique, ce qui est de loin le plus simple Mais tout fonctionne également dans la base : (1, 2, 3) = e 1 + 2e 2 + e 3 et, Donc f (1, 2, 3) = 3e 2 + 5e 3 = (0, 5, 2) Exemple 2 (bis) = Reprenons l exemple 2 du paragraphe précédent ϕ(2x 2 3X + 5) = 2X 2 5 mais on peut également vérifier que : = Donc on retrouve bien ϕ(2x 2 3X + 5) = 2X 2 5 C Composition d applications et produit matriciel On suppose par la suite que f est un endomorphisme de E, ce qui revient à prendre F = E
72 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES Proposition 423 On considère deux endomorphismes f et g de E et on note une base de cet espace (i) Mat (f + g) = Mat (f ) + Mat (g) ; (ii) Mat (f g) = Mat (f ) Mat (g) ; (iii) f est bijective si et seulement si Mat (f ) est inversible Dans ce cas, Mat (f 1 ) = Mat (f ) 1 Le point (iii) découle simplement du point (ii) en prenant g = f 1 Voici un tableau de correspondance synthétisant les propriétés qui viennent d être exposées : Représentation vectorielle x E f (E) f (x) E f + g (E) f g (E) f 1, f GL(E) Représentation matricielle X M n1 () M M n () M X M n1 () M + N M n () M N M n () M 1, M GL n () D Matrice de passage et changement de base dans le cas d un endomorphisme Soient et deux bases de E et f (E) On rappelle que P = P GL n () désigne la matrice de passage de la base à la base ses colonnes représentent les coordonnées des vecteurs de dans la base : e 1 e 1 e n e n = P La matrice P est inversible et P 1 représente la matrice de passage de la base à la base Théorème 424 : Formules de passage Soit x E On note X (resp X ) le vecteur coordonnées de x dans la base (resp ) X = PX ie X = P 1 X Soit f (E) On note M (resp M ) la matrice de f dans la base (resp ) M = P 1 M P Le premier point a déjà été démontré dans le chapitre précédent D après ce qui précède, f (x) a pour coordonnées M X dans la base et M X dans la base Ainsi, M X = P 1 (M X ), ce qui donne M P 1 X = P 1 M X
73 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* L égalité précédente étant valable quel que soit le vecteur X, un résultat du chapitre «Matrices» montre que M P 1 = P 1 M, c est-à-dire que M = P 1 M P N oublions pas que pour déterminer X en fonction de X, on doit inverser un système D où la présence de la matrice P 1 dans la formule X = P 1 X Exemple 1 (ter) Reprenons l endomorphisme f de 3 défini par f (x, y, z) = (2x y, y + z, z x) Notons M sa matrice dana la base canonique et M sa matrice dans la base = (e 1, e 2, e 3 ) où e 1 = (1, 1, 0), e 2 = (0, 0, 1), e 3 = (0, 1, 1) On a M = et : et P = Une résolution de système conduit à P 1 = M = P 1 M P = = = ce qui était exactement ce que nous avions trouvé Définition 425 : Matrices semblables Deux matrices M et M sont dites semblables s il existe une matrice P inversible telle que : M = P 1 M P Toute matrice inversible pouvant s interpréter comme une matrice de passage, deux matrices semblables représentent le même endomorphisme dans deux bases différentes Elles vérifient donc, comme nous allons le constater, un certain nombre de propriétés communes Proposition 426 Deux matrices semblables ont même rang, même trace et même déterminant Laissons de côté l égalité entre rang pour le moment et considérons deux matrices M, M M n () vérifiant M = P 1 M P avec P GL n () (i) Tr(M ) = Tr(P 1 M P) = Tr(P 1 (M P)) = Tr((M P)P 1 ) = Tr(M) car Tr(AB) = Tr(BA) ; (ii) det(m ) = det(p 1 M P) = det(p 1 ) det(m) det(p) = 1 det(m) det(p) = det(m) det(p) Exemple Dans l exemple 1, on vérifie bien que : Tr(M) = Tr(M ) = 4; det(m) = det(m ) =
74 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES Le déterminant et la trace étant invariants par changement de base, on peut donner la définition suivante Définition 427 On appelle déterminant (resp trace) d un endomorphisme f et on note det(f ) (resp Tr(f )), le déterminant (resp la trace) de toute matrice représentative de f E Matrice, image, noyau et rang Il est souvent plus simple de travailler avec des matrices que des applications linéaires Soit = (e 1,, e n ) une base de E Pour déterminer le noyau d une application linéaire, on pourra procéder comme suit : Exemple x Ker(f ) M X = 0 avec X = Mat (x) et M = Mat (f ) L endomorphisme ϕ : P X P P de 2 [X ] admet comme matrice dans la basecanonique : ϕ(1) = 1, ϕ(x ) = 0 et ϕ(x 2 ) = X 2 donc la matrice de ϕ dans la base canonique est M = D où, a 0 a 0 a 0 0 P = a+bx +cx 2 Ker(ϕ) b = 0 0 = 0 b = b = b c 0 c 0 c Attention à ne pas dire que Ker(ϕ) = Vect 1, n oublions pas que Ker(ϕ) 2 [X ] On travaillait 0 jusqu à présent avec des coordonnées On a en fait Ker(ϕ) = Vect(X ) Pour déterminer l image d une application linéaire, on pourra procéder comme suit : x Im(f ) x Vect(f (e 1 ),, f (e n )) Exemple (suite) X Vect(C 1,, C n ) avec X = Mat (x) et C i la i e colonne de M = Mat (f ) La matrice de l exemple précédent nous donne directement Im(ϕ) = Vect( 1, 0, X 2 ) = Vect(1, X 2 ) Cette famille génératrice est même une base car d après le théorème du rang, rg(f ) = dim(im(f )) = dim( 2 [X ]) dim(ker(ϕ)) = 3 1 = 2 Il reste pour finir à faire le lien entre les différentes notions de rang apparues tout au long des chapitres Rappelons que l on avait défini : le rang d un système linéaire comme le nombre de pivots de n importe quel système échelonné équivalent ; le rang d une matrice comme le rang du système homogène associé ; le rang d une famille de vecteurs comme la dimension du sous-espace vectoriel engendré par ces vecteurs ; le rang d une application comme la dimension de son image Nous allons vérifier la cohérence de ces définitions à l aide des deux propriétés suivantes
75 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Proposition 428 Le rang d une famille de vecteurs (u 1,, u n ) est égal au rang de la matrice représentative de cette famille dans n importe quelle base Cette propriété avait été admise dans le chapitre précédent Théorème 429 Soit f (E, F) où E et F sont de dimension finie, avec une base de E et une base de F Si on note M = Mat, (f ), alors rg(f ) = rg(m) L image de f est engendrée par f () = (f (e 1 ),, f (e n )) donc : rg(f ) = dim(im(f )) = dim(vect(f (e 1 ),, f (e n ))) = rg(f (e 1 ),, f (e n )) = rg(mat (f (e 1 ),, f (e n ))) (proposition précédente) = rg(m) Deux matrices semblables représentant le même endomorphisme dans des bases différentes, elles ont même rang que lui et on a ainsi le résultat suivant : Corollaire 430 Deux matrices semblables ont même rang IV Endomorphismes induits Définition 431 On dit qu un sous-espace vectoriel F E est stable par f (E) si f (F) F, autrement dit si : x F f (x) F Si c est le cas, l application restreinte f F définie sur F par f F (x) = f (x) est à valeurs dans F Étant linéaire, f F est un endomorphisme de F, appelé endomorphisme induit Définition 432 Soit E un espace vectoriel de dimension n On suppose que F est un sev de E stable par f (E) L application f F est est appelée endomorphisme induit Si (e 1,, e p ) est une base de F que l on complète en une base (e 1,, e n ) de E, on a alors : f (e 1 ) f (e p ) f (e p+1 ) f (e n ) e 1 Mat f F e p = Mat(f ) e p+1 0 e n
76 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES Si E = F G et si F et G sont stables par f, on aura dans une base adaptée : f (e 1 ) f (e p ) f (e p+1 ) f (e n ) e 1 Mat f F 0 e p = Mat(f ) e p+1 0 Matf G e n V Projections et symétries vectorielles Définition 433 : Projecteur vectoriel Soit E = F G Si x E, il existe un unique couple (x 1, x 2 ) F G tel que x = x 1 + x 2 On appelle projection sur F parallèlement à G l application linéaire p définie par : x E p(x) = x 1 L application p est linéaire et on a alors : F = Im(p), G = Ker(p) donc E = Im(p) Ker(p) G x x 2 = x p(x) x 1 = p(x) F Projection d un vecteur x sur F parallèlement à G Théorème 434 : Caractérisation des projecteurs Soit p (E) p est une projection vectorielle sur Im(p), parallèlement à Ker(p) si et seulement si p p = p En utilisant les notations de la définition, = Supposons que p est la projection vectorielle sur F parallèlement à G et considérons x E p(p(x)) = p( x }{{} 1 ) = x 1 = p(x) F = Supposons que p p = p et montrons que E = Im p Ker p dim E = dim Im p + dim Ker p d après le théorème du rang De plus, Im p Ker p = {0 E } En effet, soit x Im p Ker p
77 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* On a donc p(x) = 0 E et il existe y E tel que x = p(y) Ainsi, x = 0 E p(x) = 0 E = p(p(y)) = p(y) = x Donc on a bien E = Im p Ker p Enfin, si x = x 1 + x 2 avec (x 1, x 2 ) Im p Ker p alors, p(x) = p(x 1 + x 2 ) = p(x 1 ) + p(x 2 ) = p(x 1 ) = p(p(y 1 )) = p(y 1 ) = x 1 p est bien la projection vectorielle sur Im(p) parallèlement à Ker(p) Dans la démonstration, nous avons utilisé le fait que E = F G si et seulement si F G = {0 E } et dim(e) = dim(f) + dim(g) Nous aurions également pu montrer directement que E = F + G en montrant que tout vecteur x E s écrit comme la somme d un vecteur de F et d un vecteur de G On a ici x = p(x) +(x p(x)), avec p(x) Im(p) et x p(x) Ker(p) car p(x p(x)) = p(x) (p p)(x) = p(x) p(x) = 0 E Exemple Montrons que si p est un projecteur, alors Im(p) = Ker(p Id E ) Im(p) Ker(p Id E ) Soit x Im(p) Il existe y E tel que x = p(y) Or (p Id E )(x) = p(x) x = p(p(y)) p(y) = 0 E donc x Ker(p Id E ) Ker(p Id E ) Im(p) Soit x Ker(p Id E ) On a p(x) x = 0 E donc x = p(x) Im(p) Exemple Soit f l endomorphisme de 3 dont la matrice dans la base canonique est : M = Montrer que f est un projecteur et préciser ses caractéristiques géométriques On vérifie tout d abord que M 2 = M Donc f est une projection vectorielle Déterminons Ker(f ) On notera la base canonique 0 a x Ker(f ) M X = 0 avec X = b = Mat (x) 0 c a + 2b + c = 0 a 2b c = 0 a + 2b + c = 0 2a + 4b + 2c = 0 2b c 2 1 X = b = b 1 + c 0 c Donc Ker(f ) = Vect 1, 0 C est le plan vectoriel d équation x + 2 y + z = Déterminons Im( f )
78 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES Im(f ) = Vect 1, 2, 1 = Vect C est la droite vectorielle dirigée par 1 2 f est donc la projection vectorielle sur parallèlement à Soit p une projection vectorielle Comme nous venons de le voir, tout vecteur x Ker(p) vérifie p(x) = 0 E et tout vecteur x Im(p) vérifie p(x) = x Considérons une base adaptée à E = Im(p) Ker(p) obtenue par concaténation 1 d une base de Im(p) et d une base de Ker(p) Dans cette base, la matrice de p est diagonale et on a : 1 1 Mat (p) = 0 0 Définition 435 : Symétries vectorielles Soit E = F G Si x E, il existe un unique couple (x 1, x 2 ) F G tel que x = x 1 + x 2 On appelle symétrie par rapport à F parallèlement à G l application linéaire s définie par : x E s(x) = x 1 x 2 L application s est linéaire et on a : F = Ker(s Id E ) et G = Ker(s + Id E ), donc E = Ker(s Id E ) Ker(s + Id E ) On rappelle que x Ker(s Id E ) s(x) = x et x Ker(s + Id E ) s(x) = x G x x 2 x 1 F x 2 s(x) Symétrie d un vecteur x par rapport F parallèlement à G Attention, deux sous-espaces vectoriels F et G de n ne sont pas nécessairement orthogonaux 2, les normes des vecteurs x et s(x) - sauf cas particuliers - sont distinctes Théorème 436 : Caractérisation des symétries Soit s (E) s est une symétrie vectorielle par rapport à Ker(s Id E ) et parallèlement à Ker(s + Id E ) si et seulement si s s = Id E 1 si (e 1,, e p ) est une base de F, (e p+1,, e n ) une base de G, alors (e 1,, e n ) est une base de E = F G 2 La notion de produit scalaire, donc d orthogonalité, dans un espace vectoriel quelconque sera abordée l an prochain
79 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* En utilisant les notations de la définition, = Supposons que s est la symétrie vectorielle par rapport à F, parallèlement à G et considérons x E s(s(x)) = s( x }{{} 1 + ( x 2 )) = x }{{} 1 + x 2 = x F G = Supposons que s s = Id E et montrons que E = Ker(s Id E ) Ker(s + Id E ) Procédons pour cela par analyse/synthèse Analyse Soit x E On suppose le problème résolu, c est-à-dire qu il existe deux vecteurs x 1 Ker(s Id E ) et x 2 Ker(s + Id E ) tels que x = x 1 + x 2 s(x) = x 1 x 2 Donc nécessairement, x 1 = x + s(x) 2 et x 2 = x s(x) 2 Synthèse Soit x E Posons x 1 = x + s(x) et x 2 = x s(x) D une part, x = x 1 + x s(x) + s(s(x)) D autre part, s(x 1 ) = = x + s(x) s(x) s(s(x)) = x 1 et s(x 2 ) = x 2 donc (x 1, x 2 ) Ker(s Id E ) Ker(s + Id E ) Nous avons donc prouvé que E = Ker(s Id E ) Ker(s + Id E ) Enfin, si x = x 1 + x 2 avec (x 1, x 2 ) Ker(s Id E ) Ker(s + Id E ) alors, = x s(x) 2 = s(x) = s(x 1 + x 2 ) = s(x 1 ) + s(x 2 ) = x 1 x 2 s est bien la projection vectorielle sur Ker(s Id E ) parallèlement à Ker(s + Id E ) Exemple Soit g l endomorphisme de 3 dont la matrice dans la base canonique est : M = Montrer que g est une symétrie vectorielle et préciser ses caractéristiques géométriques On vérifie tout d abord que M 2 = I 3 Donc g est une symétrie vectorielle Déterminons Ker(g Id E ) On notera la base canonique a x Ker(g Id E ) M X = X avec X = b = Mat (x) c b + c = 0 a 1 2a 3b + c = 0 a = b = c X = a = a 1 2a b c = 0 a Donc Ker(g Id E ) = Vect 1 C est la droite vectorielle dirigée par
80 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES On procède de même pour déterminer Ker(g + Id E ) 1 2 On trouve Ker(g + Id E ) = Vect 0, 1 C est le plan vectoriel d équation 2x 4 y + z = g est donc la symétrie vectorielle par rapport à parallèlement à Soit s une projection vectorielle Comme nous venons de le voir, tout vecteur x Ker(s Id E ) vérifie s(x) = x et tout vecteur x Ker(s + Id E ) vérifie s(x) = x Considérons une base adaptée à E = Ker(s Id E ) Ker(s +Id E ) obtenue par concaténation d une base de Ker(s Id E ) et d une base de Ker(s +Id E ) Dans cette base, la matrice de s est diagonale et on a : 1 Mat (s) = VI Exercices Exercice 1 Montrer que les applications suivantes sont linéaires, déterminer leur matrice dans les bases canoniques de 2 et 3 Déterminer enfin une base de leur image et de leur noyau 1 f 1 : 3 3 (x, y, z) (x 2 y, x, 5 y) 2 f 2 : 3 3 (x, y, z) (2x + 3 y z, 2x 3 y + z, 4x + 6 y 2z) 3 f 3 : 3 2 (x, y, z) (2x y, x + y) Réponse (Ex 1) 1 Soient u(x, y, z) et u (x, y, z ) deux éléments de 3 et λ un scalaire f 1 (λu + u ) = f 1 (λx + x, λ y + y, λz + z ) = (λx + x ) 2(λ y + y ), λx + x, 5(λ y + y ) = λ(x 2 y, x, 5 y) + (x 2 y, x, 5 y ) = λ f 1 (u) + f 1 (u ) Donc f 1 est linéaire Comme de plus f 1 : 3 3, f 1 est un endomorphisme de 3 On a f 1 (1, 0, 0) = (1, 1, 0) ; f 1 (0, 1, 0) = ( 2, 0, 5) ; f 1 (0, 0, 1) = (0, 0, 0) Ainsi, si on note M 1 la matrice de f 1 dans la base canonique, M 1 = Pour déterminer une base du noyau, on peut résoudre au choix f 1 (u) = 0 3 ou M 1 X = 0 u Ker(f 1 ) f 1 (u) = 0 3 (x 2 y, x, 5 y) = (0, 0, 0) x = y = 0 u = (x, y, z) = z(0, 0, 1) Donc Ker(f 1 ) = Vect((0, 0, 1)) REMARQUE : On sait donc d avance, en vertu du théorème du rang, que rg(f 1 ) = dim(im(f 1 )) = 3 1 =
81 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Im(f 1 ) = Vect(f 1 (e 1 ), f 1 (e 2 ), f 1 (e 3 )) d après le cours, mais cette dernière famille n est pas nécessairement libre Im(f 1 ) = Vect((1, 1, 0), ( 2, 0, 5), (0, 0, 0)) = Vect((1, 1, 0), ( 2, 0, 5)) ((1, 1, 0), ( 2, 0, 5)) est bien une base de Im(f 1 ) pour au moins deux raisons : la famille est génératrice et elle est de plus libre car elle est composée de deux vecteurs non colinéaires ; la famille est génératrice et elle comporte deux vecteurs, ce qui est exactement la dimension de l espace d après le théorème du rang 2 Le raisonnement est strictement identique pour les application linéaires f 2 et f 3 On trouve après calculs : M 2 = et M 3 = On notera que f 3 ( 3, 2 ), et donc que Ker(f 3 ) 3, alors que Im(f 3 ) 2 : Ker(f 2 ) = Vect(( 1, 1, 1), (1, 0, 2)); Ker(f 3 ) = Vect((0, 0, 1)); Im(f 2 ) = Vect((1, 1, 2)); Im(f 3 ) = Vect((2, 1), ( 1, 1)) REMARQUE : On prendra soin de s assurer systématiquement que le théorème du rang est vérifié : dim(ker(f )) + rg(f ) = dim(e) avec f (E, F) Exercice 2 Soit E = 3 et (e 1, e 2, e 3 ) la base canonique de E Soit f l endomorphisme de E défini par : f (e 1 ) = 2e 2 + 3e 3 ; f (e 2 ) = 2e 1 5e 2 8e 3 ; f (e 3 ) = e 1 + 4e 2 + 6e 3 1 Justifier l existence et l unicité de f 2 Construire sa matrice représentative dans la base canonique 3 Déterminer Ker(f Id E ) et en donner une base 4 Déterminer Ker(f 2 + Id E ) et en donner une base 5 Montrer que 3 = Ker(f Id E ) Ker(f 2 + Id E ) 6 Déterminer la matrice représentative de f dans une base adaptée à la somme directe précédente Réponse (Ex 2) 1 Il s agit ici de redémontrer un point du cours, à savoir que tout endomorphisme est entièrement déterminé par la donnée des images des vecteurs d une base de E (ici la base canonique) En effet, f 3 étant linéaire, si u = λ i e i, i=1 3 f (u) = f λ i e i = i=1 3 λ i f (e i ) Comme on connaît f (e 1 ), f (e 2 ) et f (e 3 ), on connaît l expression de f (u) 2 On trouve : en notant la base canonique de 3 i=1 f (e 1 ) f (e 2 ) f (e 3 ) e e = Mat (f ) M 3 () e
82 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES M I 3 = donc, u Ker(f Id E ) (M I 3 )X = 0 avec X = Mat (u) x y = z 0 x + 2 y z = 0 x + 2 y z = 0 2x 6 y + 4z = 0 y + z = 0 3x 8 y + 5z = 0 x = y = z u = (x, y, z) = x(1, 1, 1) Donc Ker(f Id E ) = Vect(e 1 ) avec e 1 = (1, 1, 1) De même, on résout (M 2 + I 3 )X = 0 avec M 2 + I 3 = et on trouve : Ker(f 2 + Id E ) = Vect(e 2, e 3 ) avec e 2 = (1, 1, 0), e 3 = (1, 0, 1) On vérifiera que (e 2, e 3 ) est bien une base de Ker(f 2 + Id E ) 5 On procède comme d habitude en deux temps : dim(ker(f Id E )) + dim(ker(f 2 + Id E )) = = 3 = dim( 3 ) ; Ker(f Id E ) Ker(f 2 + Id E ) = {0 3} À vérifier en considérant u Ker(f Id E ) Ker(f 2 + Id E ), qui s écrit donc sous la forme : u = λ 1 = µ 1 + ν et on montre alors que λ = µ = ν = 0 REMARQUE : On pourrait aussi se contenter de montrer que (e 1, e 2, e 3 ) forme une base de 3 6 Notons = (e 1, e 2, e 3 ) la base obtenue par concaténation d une base de Ker(f Id E) et d une base de Ker(f 2 + Id E ), et P la matrice de passage de la base à la base e 1 e 2 e 3 e e = P e D après le cours, M = P 1 M P où M = Mat (f ) et M = Mat (f ) On trouve ainsi : P 1 = ; M = REMARQUE : Si u Ker(f Id E ), f (u) = u Ainsi, f (e 1 ) = e 1 D où la première colonne de M Exercice 3 Soient f (E, F) et g (F, G) Montrer que Ker(f ) Ker(g f ) et Im(g f ) Im g
83 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* Réponse (Ex 3) 1 Soit x Ker(f ) On a f (x) = 0 F (g f )(x) = g(f (x)) = g(0 F ) = 0 G car g est linéaire Donc x Ker(g f ) Ainsi, Ker(f ) Ker(g f ) 2 De même, on considère x Im(g f ) Il existe donc y E tel que x = (g f )(y) x = g(f (y)) donc x Im(g) Ainsi, Im(g f ) Im g Exercice 4 Soient f et g deux endomorphismes d un espace vectoriel E tels que g f = f g Montrer que Ker f et Im f sont stables par g Réponse (Ex 4) 1 Il s agit de montrer : «x Ker(f ) = g(x) Ker(f )» Soit x Ker(f ) Comme f (x) = 0 E, f (g(x)) = g(f (x)) = g(0 E ) = 0 E donc on a bien g(x) Ker(f ) 2 Il s agit de montrer : «x Im(f ) = g(x) Im(f )» Soit x Im(f ) Comme il existe y E tel que x = f (y), g(x) = g(f (y)) = f (g(y)) donc on a bien g(x) Im(f ) Exercice 5 Soient E et F deux espaces vectoriels de bases respectives et, et une application ϕ (E, F) dont on donne ci-dessous M, (ϕ) Déterminer : 1 les dimensions de E et F ; 2 le rang de ϕ ; 3 les coordonnées de ϕ(u) dans en fonction de celles de u dans ; 4 une base de Ker ϕ et de Im ϕ A = ; B = ; C = Exercice 6 Soit E = 2 [X ], F = [X ] et f : E F P X P 1 Montrer que f est une application linéaire 2 Montrer que f définit un endomorphisme de E 3 Déterminer une base de Ker f et de Im f Réponse (Ex 6) 1 Soient P,Q E et λ Donc f est linéaire f (λp + Q) = X (λp + Q) = X (λp + Q ) = λx P + XQ = λ f (P) + f (Q) 2 Soit P E Il s agit de montrer que f (P) E Si P est de degré au plus 2, P est de degré au plus 1, donc X P de degré au plus 2 Ainsi, f (P) E Comme f est linéaire, f est un endomorphisme de E REMARQUE : On aurait pu poser P = ax 2 + bx + c et calculer f (P) pour montrer que deg(f (P)) 2 3 Il y a plusieurs possibilités pour déterminer Ker(f ) : On construit la matrice de f dans la base canonique (1, X, X 2 ) de E (espace de dimension 3!) : M =
84 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES a 0 a 1 M b = 0 b = c = 0 b = a 0 Donc Ker(f ) = Vect(1) c 0 c 0 REMARQUE : On n oublie pas de repasser des vecteurs coordonnées aux vecteurs de 2 [X ] P Ker(f ) f (P) = 0 X P = 0 P = 0, c est-à-dire si et seulement si P est un polynôme constant On retrouve bien Ker( f ) = Vect(1) De plus, Im(P) = Vect(f (1), f (X ), f (X 2 )) = Vect(X, 2X 2 ) = Vect(X, X 2 ) Et on a ainsi obtenu une base de Im(f ) (Pourquoi?) Exercice 7 On pose A = 1 2 et on considère l application ϕ définie sur M () par ϕ(m) = AM 1 Montrer que ϕ est un endomorphisme de M 2 () 2 Construire sa matrice dans la base canonique de M 2 () Attention à la taille de la matrice, la dimension de M 2 () est Réponse (Ex 7) 1 Toute image d un élément de M 2 () par ϕ est un élément de M 2 () donc ϕ : M 2 () M 2 () Il reste à montrer que ϕ est linéaire : M 1, M 2 M 2 () λ ϕ(λm 1 + M 2 ) = A(λM 1 + M 2 ) = λam 1 +AM 2 = λϕ(m 1 )+ϕ(m 2 ) 2 M 2 () est un espace de dimension 4, sa base canonique est : Comme ϕ(e 1 ) = = (E 1, E 2, E 3, E 4 ) = 1 0 = E E 3, ϕ(e 2 ) = 1 0, , , ϕ(e ) = 0 0, et ϕ(e ) = ϕ(e 1 ) ϕ(e 2 ) ϕ(e 3 ) ϕ(e 4 ) E E = Mat E (ϕ) E : 0 6 Exercice 8 Soit f : 3 3 définie par f (x, y, z) = (3z, x + y + 3z, z) 1 Construire la matrice représentative M de f dans la base canonique, notée 2 Montrer que f est un projecteur de 3 3 Déterminer une base de Ker f et de Im f 4 Vérifier que Ker f Im f = {0 3} 5 Montrer que la réunion d une base de Ker f et de Im f forme une base de 3, notée 6 Calculer P 1 M P où P représente la matrice de passage de la base à la base Réponse (Ex 8) f est bien linéaire et M = On vérifie que M 2 = M donc f est un projecteur 3 On résout f (x, y, z) = (0, 0, 0) et on trouve Ker(f ) = Vect((1, 1, 0)) De plus, Im(f ) = Vect(f (e 1 ), f (e 2 ), f (e 3 )) = Vect((0, 1, 0), (3, 3, 1))
85 Mickaël PROST Lycée Chaptal PT* 4 Nous savons d après le cours que pour un projecteur f, 3 = Ker(f ) Im(f ), mais redémontrons ce résultat ici On peut revenir à la définition de f ou bien utiliser le fait que f est un projecteur Soit u Ker f Im f f (u) = 0 3 et il existe v 3 tel que u = f (v) Ainsi, f (u) = 0 3 = f (f (v)) = f 2 (v) = f (v) = u donc u est bien nul f proj 5 On peut soit calculer le déterminant formé par les 3 vecteurs ou bien se souvenir que comme les espaces sont supplémentaires dans 3, la concaténation des bases est une base de 3 REMARQUE : Vu que l énoncé semble ignorer le fait que 3 = Ker(f ) Im(f ), on s attend plutôt ici à la première méthode On a P = et en inversant P, on trouve P 1 = M = P 1 M P = = REMARQUE : Précisons que les calculs précédents sont complètement inutiles! En effet, M n est rien d autre que la matrice de f dans la base adaptée ((1, 1, 0), (0, 1, 0), (3, 3, 1)) Ces vecteurs vérifient par définition f (u) = 0 3 ou f (u) = u car Im(f ) = Ker(f id 3) dans le cas d un projecteur D où la forme de la matrice M! Exercice 9 Soient E un -ev et p, q deux projecteurs de E vérifiant p q = 0 On pose r = p + q q p 1 Montrer que r est un projecteur 2 Montrer que Ker r = Ker p Ker q 3 Montrer que Im r = Im p Im q Réponse (Ex 9) 1 Vérifions que r r = r : r r = (p + q q p) (p + q q p) = p (p + q q p) + q (p + q q p) q p (p + q q p) = p + q p + q q p q p = r où l on a simplifié les calculs en utilisant p p = p, q q = q et p q = 0 (E) 2 Procédons par double inclusion Soit x Ker p Ker q On a p(x) = q(x) = 0 E Ainsi, r(x) = p(x) + q(x) q(p(x)) = 0 E + 0 E q(0 E ) = 0 E et on a bien x Ker r Nous avons montré que Ker p Ker q Ker r Soit x Ker(r) On a r(x) = p(x) + q(x) q(p(x)) = 0 E ( ) Montrons que p(x) = q(x) = 0 E en composant l égalité ( ) par p Comme p(0 E ) = 0 E, p(p(x)) + p(q(x)) p(q(p(x))) = 0 E En simplifiant, il vient p(x) = 0 E On compose de même l égalité ( ) pour trouver q(x) = 0 E Ainsi, x Ker p Ker q, et nous avons montré que Ker r Ker p Ker q 3 Tout d abord, Im p Im q = {0 E } En effet, considérons x Im p Im q Il existe y E et z E tels que x = p(y) et x = q(z) Attention, il n y a a priori aucun argument permettant d écrire x = p(y) = q(y) Cependant, p(x) = p(p(y)) = p(y) = x Mais on a également p(x) = p(q(z)) = 0 E Donc x = 0 E Montrons maintenant que Im r = Im p + Im q par double inclusion
86 CHAPITRE 4 APPLICATIONS LINÉAIRES Soit x Im(r) Il existe y E tel que x = r(y) = p(y) + q(y) q(p(y)) Par linéarité, x = p(y) + q(y p(y)) Donc x Im p + Im q }{{}}{{} Im p Im q Nous avons bien montré que Im r Im p + Im q Soit x Im p + Im q Il existe donc y, z E tels que x = p(y) + q(z) Il s agit icit de montrer que x = r(u) = p(u) + q(u) q(p(u)) avec u E C est pourtant bien le cas car : r(x) = p(x) + q(x) q(p(x)) = p(y) + q(p(y)) + q(z) q(p(y)) = x Donc x = r(x) Im(r) Exercice 10 Soit f l endomorphisme de 3 canoniquement associé à la matrice : A = Montrer que f est une symétrie vectorielle et déterminer ses caractéristiques géométriques Réponse (Ex 10) Il suffit dans un premier temps de montrer que A 2 = I 3 pour montrer que f 2 = Id 3 On sait alors que f est la symétrie vectorielle par rapport à Ker(f Id 3), parallèlement à Ker(f + Id 3) x x 0 (x, y, z) Ker(f Id 3) (A I 3 ) = y z = On trouve alors (par exemple) Ker(f Id 3) = Vect((2, 1, 0), (2, 0, 1)) qui est un plan vectoriel De la même façon, on trouve (par exemple) Ker(f + Id 3) = Vect(2, 1, 1) qui est une droite vectorielle y z
87 Table des matières 1 Systèmes d équations linéaires 1 I Définitions et vocabulaire 1 II Opérations élémentaires sur les lignes 2 III Résolution d un système linéaire 3 IV Exercices 6 2 Matrices 9 I Matrices, opérations sur les matrices 10 II Matrices carrées 12 III Rang d une matrice 21 IV Trace d une matrice 22 V Exercices 23 3 Espaces vectoriels 27 I Définitions et premiers exemples 27 II Famille de vecteurs 30 III Dimension finie 38 IV Sommes directes et espaces supplémentaires 46 V Exercices 51 4 Applications linéaires 59 I Définitions et premières propriétés 59 II Noyau et image d une application linéaire 61 III Représentation matricielle 67 IV Endomorphismes induits 73 V Projections et symétries vectorielles 74 VI Exercices 78 85
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