Stratégie de placement

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1 Private Banking Stratégie de placement No. 3 / Actions Europe : Or : Tactique : Surpondération Europe l once descend au-dessous de 1100 dollars Positionnement au sein des mandats Baloise Investment Advice ( BIA ) Page 5 Page 9 Page 10

2 2 Stratégie de placement No. 3 / Editorial Editorial 2 Actions 4 Rétrospective 4 Suisse 4 Etranger 5 Marchés émergents 6 Thème spécial Obligations hybrides 7 Matières premières : Or 9 Tactique de placement 10 Positionnement dans les mandats Baloise Investment Advice ( BIA ) 10 Impressum 11 Comment nous contacter 12 Editorial Les actifs réels atteignent des prix record lors des ventes aux enchères - sommes-nous au bord de l effondrement? Le tableau «Les femmes d Alger (Version O )» a été adjugé pour 160 millions de dollars US lors d une vente aux enchères chez Christie s en mai Aucune œuvre d art n a jamais atteint un tel prix à l occasion d une vente aux enchères. Le même tableau n avait été vendu «que» 31,9 millions de dollars US en Les prix record ne se limitent pas uniquement aux tableaux. Une Ferrari 250 GTO a été vendue aux enchères pour 34,65 millions de dollars US, en août 2014, lors de la fameuse Bonhams Quail Auction, à Carmel en Californie. Ce prix constitue également un record absolu pour une automobile changeant de propriétaire lors d une vente aux enchères. L an «de Pablo Picasso Justin Tallis AFP Getty Images dernier, les deux principales maisons de ventes aux enchères ont également enregistré des chiffres d affaires record. Christie s et Sotheby s ont vendu des œuvres d art et des objets de collection pour respectivement 7,7 et 6,7 milliards de dollars US. Mais le marché des véhicules de collection nous montre également que les prix de tels objets peut fortement varier. Durant les années 1970, les prix ont fortement augmenté lorsque des concessionnaires spécialisés ont racheté pratiquement toutes les Ferraris d occasion proposées sur le marché. Dans le sillage de la crise pétrolière de 1973, les prix des voitures de collection se sont ensuite effondrés. La Miura, le plus célèbre modèle de la marque de voitures de sport Lamborghini, pouvait à l époque être acquise pour dollars US. Une Ferrari 250 GR SWB California Spider vendue pour 4,9 millions de dollars US en 2009 était proposée à dollars US dans le magazine automobile Road & Track. Les classiques de l automobile ont connu un nouvel essor dans les années Puis les prix se sont de nouveau effondrés à l occasion de la récession du début des années Pourquoi les biens matériels ont-ils à ce point la cote à l heure actuelle? La faiblesse des taux d intérêt contraint les investisseurs à rechercher des alternatives pour leurs placements. Aujourd hui, les placements traditionnels sûrs tels que les obligations ne rapportent pratiquement plus rien. Les taux d intérêt n ont eu de cesse de diminuer depuis la crise financière. Ainsi, les liquidités qui ne sont plus investies dans des obligations sont-elles en partie affectées à des biens matériels. Le niveau bas record des taux d intérêt rend en outre particulièrement intéressants les frais de financement des biens matériels. Les œuvres d art et voitures de collection sont par ailleurs considérées comme un symbole de réussite sociale et leur prix est donc souvent excessif. L effet de propriété (économie comportementale) devrait par ailleurs contribuer à expliquer ces hausses de prix considérables. Ainsi, les personnes auraient tendance à surévaluer un bien lorsqu elles le possèdent. L effet de propriété peut engendrer un écart entre la propension à payer et à vendre d un individu pour un même bien. Son évaluation n est donc pas nécessairement rationnelle ni fondamentalement justifiée. Gestion de fortune versus biens matériels Contrairement à un investissement en placements alternatifs tels que les biens matériels, un mandat de gestion de fortune est investi selon le principe de la «théorie moderne du portefeuille» et de la finance comportementale (Behavioral

3 Stratégie de placement No. 3 / Editorial 3 Finance). La composition optimale du portefeuille ne repose pas uniquement sur les rendements attendus des catégories de placement, mais aussi sur les risques correspondants. Afin de maximiser les rendements et de minimiser le risque, seuls les investissements qui améliorent le rendement ou qui réduisent les risques sont intégrés dans le portefeuille. La théorie moderne du portefeuille démontre que le risque peut être considérablement abaissé si le dépôt est optimisé ou investi dans différentes catégories de placement. Les avantages sont nombreux lorsque plusieurs titres individuels sont pris en compte, de sorte que les risques des différents modèles d affaires et branches s annulent en partie au lieu de s additionner. L investisseur est ainsi diversifié en termes de risques et de rendement et n est exposé qu aux risques systématiques respectifs des catégories de placement. Nous sélectionnons les différents placements individuels et catégories de placement sur la base des risques et rendements attendus, mais aussi de la finance comportementale. En matière d économie comportementale, nous réfléchissons aux thématiques suivantes : Heuristique : les gens prennent souvent des décisions sur la base d une règle empirique simple, rapide et stable et non d une analyse de l ensemble des possibilités. Classification : la manière dont un problème ou une décision est présenté influe sur les actes du décisionnaire. Marchés imparfaits (anomalies du marché) : tentatives d explication des actions du marché observées, qui vont à l encontre des attentes raisonnables et de l efficacité du marché. Seuls les coûts doivent en définitive être analysés. Or, ils sont relativement faibles en ce qui concerne la gestion de fortune. L investisseur doit au contraire s attendre à des coûts élevés pour la conservation des œuvres d art et les primes d assurance visant à protéger ses investissements. L envolée des actifs réels pourrait encore perdurer. Il n est donc pas exclu que des prix encore plus élevés soient payés pour des biens matériels lors des ventes aux enchères à venir ou même sur le marché privé. Les prix record enregistrés par les œuvres d art et autres biens matériels attestent définitivement de la période d euphorie que nous traversons. Mais chaque catégorie de placement connaît ses propres cycles. Les expériences du passé nous ont enseigné que toute envolée est suivie d une période de baisse. Il est donc d autant plus important de ne pas mettre «tous vos œufs dans le même panier». Nous vous aiderons volontiers à répartir vos actifs. Ferrari 250 GTO Bonhams Quail Lodge Auction La diversification des biens matériels est, en revanche, souvent insuffisante, car des sommes importantes, voire une partie considérable de la fortune, doivent être investies pour leur acquisition. A l inverse, les actions et les obligations peuvent être acquises en très petites coupures et se prêtent donc très bien à la diversification. Le marché des actifs réels pourrait souffrir d une illiquidité brutale en cas d incertitudes quant à l évolution de la conjoncture mondiale. Les biens matériels tels que les objets de collection ont en outre une forte valeur émotionnelle, ce qui signifie qu il n y a souvent aucun rapport entre le prix payé et leur valeur fondamentale. Les actions sont en revanche réévaluées quotidiennement par les acteurs du marché et les cours devraient refléter les évolutions futures des bénéfices des entreprises. Ur sp fl u g e r Responsable Clientèle et distribution

4 4 Stratégie de placement No. 3 / Actions Actions Rétrospective Les tiraillements au sujet de la Grèce ont mis brutalement fin à la hausse des cours qui se poursuivait depuis janvier en Europe. Les menaces d insolvabilité, voire de sortie complète («Grexit») de la zone euro, ont fortement pesé sur les marchés durant le deuxième trimestre. Bien qu il n ait pas été directement concerné, l indice suisse des valeurs vedettes SMI a reculé de 7 % par rapport à son plus haut. Les États membres de l UE en tant que créanciers de la Grèce ont été d autant plus sous pression. L Euro Stoxx 50 et l indice DAX cyclique ont respectivement perdu 13 % pendant les négociations avec la Grèce qui ont duré trois mois. Les acteurs du marché craignaient un effondrement de la zone euro en cas de Grexit. Une sortie de la Grèce aurait au moins eu des conséquences négatives sur des États périphériques à l endettement comparables, tels que l Italie, l Espagne et le Portugal. Alexis Tsipras, le premier ministre de gauche nouvellement élu en Grèce, n a pas voulu accepter les exigences des créanciers, à savoir le Fonds monétaire international (FMI), le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et la BCE, ou a voulu les renégocier. Les réformes exigées englobaient : l harmonisation de la TVA (augmentation de 13 à 23 %), des diminutions des retraites du personnel de la fonction publique et des privatisations des biens détenus par l'état. Le référendum contre les réformes demandé par Alexis Tsipras a entraîné l interruption des discussions avec les créanciers. La correction du marché des actions déjà engagée s est encore accentuée de ce fait. Performance Equity Indices* 2015 (31st July in local currency) SMI 8.1 % DAX (Germany) 15.3 % Euro Stoxx % Dow Jones Industrial (US) 0.3 % Nasdaq Composite (US) 8.1 % Nikkei 225 (Japan) 19.0 % Hang Seng (China) 7.2 % *Dividends included L acceptation du référendum par le peuple a créé la surprise. La possibilité d un Grexit est devenue de plus en plus probable lorsqu une échéance du FMI est restée impayée le 30 juin dernier. Cela ne constituait cependant qu une banqueroute «technique». Le FMI est une institution publique et la Grèce pourra donc rembourser la dette à une date ultérieure avec un intérêt moratoire correspondant. Il n empêche que le gouvernement grec faisait face à une énorme pression. Les banques grecques n avaient plus d argent et un contrôle des flux de capitaux a dû être instauré pour empêcher leur fuite vers l étranger. Le compagnon de route d Alexis Tsipras, le ministre des finances Yanis Varoufakis, a dû démissionner à la demande des créanciers. Un cavalier seul de la Grèce ne semblait par ailleurs pas réaliste, les Grecs n ayant en effet guère progressé dans la réduction du déficit budgétaire ou dans les réformes structurelles au cours des six dernières années. Pourquoi opteraient-ils pour un cavalier seul dans une situation aussi délicate? Le premier ministre n a pas eu d autre choix que d accepter la politique d économie rigoureuse exigée par les créanciers. La bourse a salué le compromis signé entre le débiteur et les créanciers par une reprise de grande envergure. L Euro Stoxx 50 a gagné 10 % en seulement quelques jours. La zone euro n a pas encore atteint de nouveaux plus hauts. Les marchés américains ont été moins affectés par la débâcle grecque. L économie américaine s est redressée après un premier trimestre particulièrement faible. Le marché du travail et le marché immobilier se portent toujours bien et la présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen envisage dès cette année la première augmentation des taux d intérêt depuis Actions Suisse Bien que la Suisse n appartienne pas à l Union européenne, le marché suisse des actions a été sous pression pendant le deuxième trimestre, à cause de la crise grecque. La zone euro est en effet le principal partenaire commercial de la Suisse et celleci est donc très dépendante par rapport à l évolution économique européenne. 10'000 9'500 9'000 8'500 8'000 7'500 7'000 Swiss Market Index 6' Après le compromis conclu entre la Grèce et les États membres de l UE, le Swiss-Market-Index (SMI) a pu se hisser à un nouveau plus haut (9482) en seulement quelques jours, le 20 juillet

5 Stratégie de placement No. 3 / Actions 5 dernier. La politique monétaire expansionniste de la Banque centrale européenne (BCE) qui rachète des emprunts d'état des pays de l UE à hauteur de 60 milliards d euros par mois a toujours pour effet de soutenir la conjoncture. La tendance mondiale aux fusions et aux rachats a également atteint la Suisse. En juin, le groupe d agrochimie américain Monsanto a présenté une offre de rachat de Syngenta. Le titre Syngenta a grimpé en flèche de près de 35 % en l espace d un mois. La vague de reprises devraient encore se poursuivre en raison des cotations relativement élevées des actions et des possibilités de financement intéressantes. Nous favorisons les valeurs cycliques dans notre stratégie sectorielle. Les banques que nous avions évitées pendant six ans depuis la crise financière présentent le plus grand potentiel de rattrapage. Les efforts de restructuration d UBS se sont traduits par un résultat du T2 supérieur aux prévisions. Notre recommandation Credit Suisse du 15 juin offre cependant encore un potentiel de hausse de cours bien supérieur à celui d UBS. Le nouveau CEO Tidjane Thiam souhaiterait que le modèle d affaires soit plus résistant et mise par conséquent sur l activité de gestion de fortune. La rentabilité est sensiblement améliorée par la réduction de l activité de banque d investissement. En raison de la valorisation toujours relativement forte du SMI, dont le PER culmine à 18,3 et de la parité CHF / EUR encore élevée de 1.064, qui limite les exportations nous privilégions le marché européen des actions. Étranger Après une phase de correction de plusieurs mois, l indice européen des valeurs vedettes (Euro Stoxx 50) a pu rattraper deux tiers de la baisse de cours en l espace d une semaine suivant l accord conclu avec la Grèce. La reprise économique de la zone euro est robuste et n a pas été freinée par la récente crise grecque. Les indicateurs avancés laissent même à penser que les taux de croissance retrouveront, l année prochaine, leurs niveaux d avant la crise financière. La Banque centrale européenne (BCE) a néanmoins encore accéléré les achats d emprunts avant la période estivale. Mario Draghi envisage par ailleurs la poursuite du programme de rachat d emprunts jusqu en septembre Cette politique monétaire extrêmement souple affaiblit l euro et accélère ainsi la croissance des exportations. Les récentes conditions de financement accentuent la propension des entreprises à investir DAX Index CAC Index Indices Europe Le programme de rachat d emprunts remplit sa fonction et maintient les taux d intérêt des États périphériques de la zone euro secoués par la crise à un faible niveau. La valorisation des marchés européens se distingue par une décote par rapport aux marchés américains. Il n est pas certain que l Euro Stoxx 50 parvienne à retrouver rapidement les plus hauts d avril ; cela dépendra des résultats des entreprises au second trimestre. D après le modèle des variations saisonnières, il faut toutefois s attendre à des corrections en septembre et octobre VIX Index S&P 500 (implied volatilities) L interruption de la reprise aux États-Unis n a été que de courte durée. Le premier trimestre a été perturbé par le mauvais temps. Le taux de chômage de 5,4 % se situe déjà à son plus bas sur six ans. Le marché immobilier s est redressé depuis la crise immobilière en 2008 et les dépenses de consommation reprennent. La consommation aux États-Unis contribue environ à hauteur de 70 % à la croissance du produit intérieur brut. En raison de la solidité de l évolution conjoncturelle, la présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen a suggéré à plusieurs reprises qu une hausse des taux d intérêt dès cette année serait «raisonnable». Ce serait le premier relèvement des taux directeurs depuis Selon un sondage mené par Bloom-

6 6 Stratégie de placement No. 3 / Actions berg s, plus de 51 % des économistes interrogés s attendent à une hausse en septembre. Un taux directeur de 0,625 % d ici fin 2015 est majoritairement attendu au sein de la Réserve fédérale, ce qui correspond à peu près à deux relèvements des taux directeurs. 19'500 18'500 17'500 16'500 15'500 14'500 13'500 Dow Jones Index 12' Le processus de normalisation des taux d intérêt est imminent, sans compter que la courbe des taux pourrait voir sa pente s accentuer. Quels sont les secteurs qui profitent de la hausse des taux d intérêt? Les valeurs cycliques présentent une forte corrélation avec la hausse des taux d intérêt. Nous réduisons les titres défensifs ayant un rendement sur dividendes élevé, car ils ont été acquis en guise d alternative aux obligations à faible rendement durant la phase de taux bas. Nous conseillons toutefois d attendre que les mois de septembre et octobre sujets aux corrections soient passés pour initier ce remaniement du portefeuille. La croissance économique de 7 % prédite par le gouvernement est menacée. Le modèle de croissance se basait sur une croissance rapide de l économie exportatrice. En raison des fortes augmentations de salaires, la Chine doit se hisser vers le haut le long de la chaîne de création de valeur afin de maintenir sa compétitivité. Pour que la transition soit un succès, il faut que les réformes engagées fassent effet, mais aussi que les déséquilibres tels que les surcapacités soient réduits. Dans l espoir que cette transition aboutisse, les investisseurs locaux misent sur le marché des actions à Shanghai. Il a ainsi progressé de près de 60 % cette année. Derrière cette forte hausse se cachent des entreprises qui ont cherché à accroître leur bénéfice grâce à des placements financiers financés par le biais du crédit. Les petits investisseurs ont également profité de l occasion pour enregistrer des gains rapides grâce au financement externe. Pour des achats financés par crédit, les investisseurs ne doivent consigner qu une fraction en guise de garantie sur leurs comptes. Une prophétie autoréalisatrice a ainsi vu le jour depuis le début de l année, car du fait de la hausse des cours des actions tous les investisseurs financés par crédit ont pu investir des sommes de plus en plus importantes. Corporate and household debt as % GDP (ls) Debt servicing as % GDP (rs) Marchés émergents Dans notre dernière stratégie de placement de mars, nous avions passé au crible les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). S agissant de la Chine, nous avions indiqué que son économie était face à un enjeu majeur MSCI Emerging Market Index Emerging Markets Shanghai Stock Exchange Composite Index Le gouvernement chinois a laissé faire sans intervenir. La bulle spéculative a fini par éclater à la mi-juin. En dépit des mesures de soutien engagées par le gouvernement, le Shanghai Composite Index a cédé 32 % en moins d un mois Principales contre-mesures du gouvernement chinois : Consignation (sûretés) relevée de 10 à 30 % Les sociétés de courtage ont été contraintes d acheter des actions, afin de soutenir le propre marché des actions Prolongation du délai de détention pour les investisseurs possédant plus de 5 % d une entreprise

7 Stratégie de placement No. 3 / Obligations hybrides 7 Obligations hybrides La banque centrale chinoise met à disposition EUR 73 milliards afin de soutenir les petites et moyennes entreprises La banque centrale chinoise a par ailleurs abaissé les taux d intérêt afin de réduire le service de la dette afférent aux crédits. La confiance des investisseurs en Chine a souffert, malgré les interventions du gouvernement. Avec un PER de 15,1x (estimation du consensus 2015), les actions chinoises ne sont pas surévaluées. Nous déconseillons néanmoins tout engagement à court terme, car les marchés des actions ne décollent pas seulement à la hausse (ce qui n est pas fondamentalement justifié), mais aussi à la baisse! Les investisseurs cherchent des alternatives en raison du niveau bas record persistant des taux d intérêt. Les investisseurs avides de rendement trouvent leur compte avec les obligations hybrides. Les coupons élevés ne sont pas payés pour rien ; l investisseur supporte un risque supplémentaire par rapport à des obligations traditionnelles. Les caractéristiques suivantes doivent être prises en compte avec les obligations hybrides : Solvabilité : Durée : Distribution : subordonnée très longue ou sans limitation de durée échelonnée (cumulée) ou annulation et modification des modalités d intérêts (fixe ou variable) Les premières obligations hybrides ont été émises comme aujourd hui, en raison de modifications de la législation. En 1993, le producteur de pétrole américain Chevron a émis une forme d obligation hybride. Entre-temps, les Preferred Securities figurent au bilan de pratiquement toutes les sociétés américaines. Suite aux nouvelles dispositions sur les fonds propres, les établissements financiers européens émettent davantage d obligations hybrides ces derniers temps. Stefan Schurr

8 8 Stratégie de placement No. 3 / Obligations hybrides Émetteurs : Les avantages pour les émetteurs sont nombreux, le capital hybride est comptabilisé comme capital-actions et améliore ainsi la notation. Les intérêts payés réduisent la charge fiscale et améliorent ainsi le bénéfice net. Les distributions peuvent être reportées si la marche des affaires est mauvaise et compte tenu de la maturité longue, l émetteur n est pas tenu de rembourser impérativement le capital à une date fixe. Grâce à ces caractéristiques, l émetteur peut le cas échéant empêcher une banqueroute. Aucun droit de vote ni aucune participation au bénéfice ne sont par ailleurs accordés pour les obligations hybrides. Investisseurs : Les obligations hybrides ont souvent des rendements sensiblement plus élevés que les emprunts non subordonnés du même émetteur. L acheteur est dédommagé pour la postériorité, l attribution d un droit de rachat, la maturité longue (risque de taux) et le taux d intérêt échelonné. Avec un revenu / coupon fixe (composante de capitaux empruntés) et une participation simultanée aux pertes (composante de capitaux propres), les obligations hybrides affichent un profil de risque asymétrique (inégal). Évaluation : L évaluation de ces instruments est complexe. Avant tout achat, l investisseur devrait se demander s il bénéficie d une compensation suffisante pour les éventualités (risques). Il existe en principe deux méthodes d évaluation afin de déterminer la juste valeur : d une part une comparaison avec des titres similaires, d autre part une approche fondamentale. Les obligations hybrides ne sont souvent pas standardisées et l on ne trouve par ailleurs que peu de titres avec la même notation. L approche fondamentale se fonde sur un modèle Black-Scholes, dans lequel les probabilités de survenance de plusieurs des événements cités doivent être quantifiées. Les caractéristiques sont souvent évaluées individuellement selon : la postériorité le taux d intérêt échelonné et les modalités de taux (fixe ou variable) le risque de maturité / prolongation En pratique, la plupart des obligations hybrides sont évaluées avec la méthode relative. L autre méthode requiert un modèle Black-Scholes spécialement développé afin de combiner différentes options. Ces modèles sont appliqués par les banques d investissement afin de définir la fixation des prix pour les émissions ou par les hedge funds qui souhaitent profiter des écarts de prix par rapport à la juste valeur. Pour l investisseur privé, il ne reste bon gré mal gré qu une seule méthode d évaluation. Chaque option accordée à l émetteur a un important effet de levier, ce qui se traduit par de fortes variations de cours lors de la survenue d un événement. Bien que l investisseur soit à la recherche d un meilleur rendement en raison du niveau bas record des taux d intérêt, les obligations hybrides à forte distribution mais aux caractéristiques difficiles à évaluer sont réservées aux acheteurs tolérants aux risques. Mickael Pouvreau

9 Stratégie de placement No. 3 / Matières premières : Or 9 Matières premières : Or Depuis le plus haut de USD 1895 atteint en 2011, l or n a évolué que dans une seule direction. Le 20 juin dernier, le cours de l or a atteint son plus bas sur cinq ans de USD 1100 / once. Auparavant, le métal précieux s était hissé de USD 258 à USD 1895 sur une période de 11 ans, de 2001 à fin En cas de reprise économique, les investisseurs ne sont plus à la recherche d un havre sûr et n ont plus besoin de la stabilité de la valeur de l or Goldpreis Price of pro Gold Unze (USD) in USD Dans la Stratégie de placement n 3, 2013, nous vous présentions pour la première fois notre régression développée en interne (modèle : relation entre deux variables). Le prix de l or était à l époque de La conclusion selon laquelle l or se déprécie de 20 % si les taux d intérêt augmentent vient de se produire! Notre modèle montre une corrélation très importante entre l évolution du prix de l or et le rendement réel. Au plan arithmétique, le rendement réel est calculé comme suit : rendement nominal (emprunt du trésor américain à 10 ans) l inflation. Le rendement réel est constitué de deux facteurs : d une part la croissance économique, d autre part l offre et la demande de dollars US. La qualité (facteur explicatif ou capacité de prédiction) de la régression est significative. La corrélation entre le rendement réel et l évolution du prix de l or est presque de 90 %, sur une longue période de 1996 à juillet 2015! La variable indépendante (rendement US réel à 10 ans) explique ainsi plus de 80 % de l évolution du prix. Outre le rendement réel, il existe encore d autres facteurs déterminants pour le prix, p. ex. l offre d or. Celle-ci dépend sans aucun doute du prix de l or. Les positions spéculatives font également grimper les cours. Il est donc conseillé de procéder à une prévision du principal vecteur (rendement réel ou taux d intérêt). Le rendement réel devrait lentement augmenter avec le processus de normalisation des taux d intérêt. Actuellement, le rendement réel à dix ans est de près de 0,6 %. A long terme, il devrait retrouver la valeur moyenne d environ 2 % et ainsi comprimer le prix de l or à USD 740. Il est actuellement impossible de prévoir quand le processus de normalisation sera achevé, car il dépend principalement de l évolution de la conjoncture américaine. La présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen a souligné à plusieurs reprises qu un relèvement des taux d intérêt serait approprié cette année. Le prix de l or est donc encore loin d avoir touché le fond! Ammentorp

10 10 Stratégie de placement No. 3 / Tactique de placement Tactique de placement Positionnement dans les mandats Baloise Investment Advice ( BIA ) Environnement favorable aux actions Europe Dans la perspective de l issue imprévisible du conflit entre la Grèce et ses créanciers concernant sa dette, nous avons progressivement adopté une position plus défensive au second trimestre 2015, réduisant ainsi la surpondération des actions. Grâce aux efforts de conciliation de la Grèce, à la stabilisation de l économie américaine et à la politique monétaire accommodante des banques centrales d Europe et d Asie, nous sommes de nouveau un peu plus optimistes. Le retournement de tendance imminent sur le front des taux d intérêt US (en dépit de l absence de pression inflationniste), la reprise sensible après l accord conclu avec la Grèce (Swiss Performance Index + 8 %), mais aussi la durée exceptionnellement longue de la hausse des actions nous incitent cependant à la prudence. Nous estimons que les cotations des actions continueront d être orientées à la hausse, notamment en Europe. Nous privilégions les actions européennes en raison du niveau bas record des frais de financement grâce à la politique de taux de la BCE, à la reprise de l économie qui s amorce enfin et au potentiel de rattrapage relativement important des bénéfices des entreprises. Les sociétés suisses souffrent en revanche du franc fort et du ralentissement conjoncturel qui en découle. Elles pourraient néanmoins profiter de la reprise en Europe, notamment en cas d appréciation de l EUR autour de 1,10 pour un CHF. Nous ne sommes pas non plus trop pessimistes en ce qui concerne les coûteuses actions US, d autant qu il n y a aucun risque d inflation susceptible de contraindre la Réserve fédérale américaine à relever sensiblement ses taux et que les entreprises n ont toujours pas besoin de payer des salaires beaucoup plus élevés. Nous estimons en revanche que la situation reste délicate dans les pays émergents, qui subissent le contre-coup de résultats économiques décevants, d une baisse des prix des matières premières et du relèvement des taux américains. Les obligations manquent toujours d attrait Malgré la détente en Grèce, les taux d intérêt demeurent à un niveau proche de leurs plus bas historiques, notamment en Suisse. Bien que le premier relèvement des taux d intérêt par la Réserve fédérale américaine attendu dès cette année devrait générer une certaine pression à la hausse, nous ne tablons globalement que sur une légère hausse des taux d intérêt. Avec la nouvelle baisse des prix des matières premières ( 13 % depuis le début de l année), l inflation reste faible pour l instant, ce qui maintient les taux d intérêt nominaux à un bas niveau. Même aux États-Unis où le cycle conjoncturel est avancé et où la situation sur le marché de l emploi commence à être tendue, nous ne relevons toujours aucune hausse préoccupante des salaires. Le programme de rachat d obligations qui vient à peine d être lancé au printemps 2015 s oppose par ailleurs à une hausse des taux d intérêt en Europe. La plus forte demande de titres à revenu fixe qui se monte à EUR 60 milliards par mois se traduit en principe par une hausse des prix et une baisse des rendements. En Suisse, la demande d obligations reste forte, en raison des taux d intérêt négatifs introduits sur les liquidités. Nous ne prévoyons cependant pas de nouvel abaissement du taux directeur pour l instant. Les obligations des pays émergents semblent certes attrayantes du fait de leur forte rémunération. La dégradation de la qualité du crédit de certains États et le vent contraire émanant du retournement de tendance imminent sur le front des taux d intérêt aux États-Unis agissent toutefois comme un frein sur cette catégorie de placement pour l instant. L immobilier suisse offre une certaine valeur ajoutée La hausse des cours des placements immobiliers suisses au premier trimestre a été une conséquence temporaire des taux d intérêt négatifs de la BNS et a pris fin avec la légère hausse des taux en mai. En comparaison avec les obligations en CHF, nous privilégions toujours cette catégorie de placement, malgré les récentes plus-values en juillet. Les forts rendements de distribution et la stabilité des cash-flows offrent une certaine protection contre les baisses de cours durables, bien que ces derniers mois nous aient montré à quel point les prix des fonds immobiliers peuvent fluctuer. Il faut bien sûr tenir compte du fait que le marché immobilier en Suisse a atteint une certaine maturité et que les recettes locatives ne devraient guère augmenter avec la récente baisse du taux d intérêt de référence. L environnement est par ailleurs plus difficile pour les plus-values, notamment à cause des augmentations de capital persistantes des fonds immobiliers et des actions immobilières. Les placements immobiliers profitent toutefois encore des coûts de refinancement très faibles. Nous conservons donc notre positionnement neutre.

11 Stratégie de placement No. 3 / * Disposé à assumer les risques 16% 5% Des matières premières sans grand potentiel L offre de matières premières excédentaire au plan mondial devrait s opposer à une reprise rapide des prix des matières premières. Une hausse de la production en Irak, la hausse atten- 79% due des exportations de pétrole iranien après l accord conclu sur le nucléaire et la production de pétrole * Equilibré de schiste toujours 16% 7% aussi forte aux États-Unis assurent une forte production de pétrole, alors que l évolution quelque peu hésitante de l économie chinoise freine notamment la croissance de la demande de métaux industriels. Compte tenu de la hausse des taux d intérêt aux États-Unis et de l inflation négligeable, nous estimons actuellement que l or manque d attrait. *Risikofreudig *Ausgewogen*Sicherheitsorientiert * Disposé à assumer les risques 5% 16% 79% 10% * Equilibré 16% 7% 31% 46% * Axé sur la sécurité 17% 26% 31% 47% Liquidités Obligations Actions 46% Placements alternatifs * Axé sur la sécurité 17% 26% 10% 47% Liquidités * ) Nous gérons en outre Obligations les stratégies suivantes : Prudent Axé sur la croissance Actions Impressum Rédaction Bernard Genzoni, Analyst Sources Baloise Bank SoBa Blackrock: Turbulenzen am chinesischen Aktienmarkt, Bloomberg Bloomberg Intelligence, INSIGHT: China Risks Vicious Circle on Market, Profit Drops, T. Orlik and F. Chen, Julius Bär, Insights, Ch.Gattiker Juli / August 2015 Hersh Shefrin: Beyond Greed and Fear: Understanding behavioral finance and the psychology of investing. Oxford University Press, 2002 ET CNBC, R. Frank, Picasso becomes most expensive artwork sold at auction The International New York Times, At Auctions, Who Benefits Most From Art-Market Boom? ZKB, Anlagen Schweiz Aktien, Juni 2015 ZKB, Anlagen International, Juli 2015 Parution 3 x par an Heure limite de la rédaction le Déni de responsabilité Ce document a été établi par la Baloise Bank SoBa. Il doit être utilisé à titre informatif et ne constitue pas une offre pas plus qu une invitation à l achat ou à la vente d instruments de placement. La Baloise Bank SoBa n assume aucune responsabilité pour les pertes liées à l utilisation de ces informations. Il est conseillé de prendre conseil auprès d un spécialiste qualifié. Les informations contenues dans ce document ne constituent pas le résultat d une analyse financière. Les «Directives visant à garantir l indépendance de l analyse financière» de l Association suisse des banquiers ne s appliquent pas à ce document. Ces informations ne sont pas destinées à être diffusées aux Etats-Unis ou à être communiquées aux U.S. Persons. Les investisseurs des autres pays doivent se conformer aux restrictions de vente en vigueur pour les différents placements. Placements alternatifs

12 Comment nous contacter Téléphone / Internet Private Banking Baloise Service Line, , Aeschengraben 25, 4001 Bâle Murtenstrasse 143, 3027 Berne Centralstrasse 8, 2540 Granges Rue Pichard 13, 1002 Lausanne Frohburgstrasse 4, 4601 Olten Amthausplatz 4, 4502 Soleure Förrlibuckstrasse 10, 8037 Zurich Investment Center Amthausplatz 4, 4502 Soleure, AM Clientèle Institutionelle Amthausplatz 4, 4502 Soleure, Votre sécurité nous tient à cœur. f

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