La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives

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1 Le magazine de lʼagence de lʼeau Artois-Picardie n 57 Janvier 2009 La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives Un exemple de réalisation : la ZAC du Bord des Eaux à Noyelles-Godault Contre-Courant n 57 p. 1 Janvier 2009

2 L eau d ici et d ailleurs p.4 La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives L eau à la une p.10 Douai : Nathalie Kosciusko-Morizet inaugure le 4ème bassin des eaux usées de temps de pluie Wingles : une nouvelle station pour la Communaupole de Lens-Lievin La station d épuration de Lewarde : une démarche pédagogique originale Fred et Jamy Au cœur de l eau p.14 Bien connaître la nature pour mieux la protéger L ADOPTA : Association Douaisienne pour la Promotion des Techniques Alternatives Claire comme de l eau p.15 Notre sélection de publications Citoyens de l eau p.16 Conférence «Eau et changement climatique» : vers une mutation durable de nos sociétés Contre Courant Marque déposée Journal d information publié par l Agence de l Eau Artois-Picardie Directeur de la publication : Alain Strébelle Directrice de la rédaction : Christine Dericq Rédactrice en Chef : Anne Debarge Rédaction : Aurélie Raymond Crédit photo : Ph. Frutier Altimage, AEAP, Fotolia, CAD Cartes : Claudine Becquet (AEAP) N ISSN : Parution en exemplaires Abonnement gratuit : Agence de l Eau Artois-Picardie 200, rue Marceline Centre Tertiaire de l Arsenal BP Douai Cedex tél fax ou sur internet rubrique agence de l eau Contre-Courant n 57 p. 2 Janvier 2009

3 Edito Bien urbaniser pour ne pas provoquer d inondations Lors des épisodes pluvieux, l eau s infiltre dans le sol ou rejoint directement les cours d eau. Ce phénomène naturel permet le renouvellement de la ressource. Cependant, lorsque l eau arrive en grande quantité sur des surfaces imperméabilisées, les évacuations sont très vite saturées. L eau déborde, provoquant ainsi des inondations et des rejets d eaux usées directement dans le milieu naturel. Comment faire pour concilier les aménagements urbains avec la protection des biens, des personnes et des milieux? Comme on ne peut augmenter indéfiniment «la taille des tuyaux», des techniques alternatives qu encourage l Agence de l Eau Artois- Picardie s imposent. Il s agit de prendre en compte la gestion et l intégration dans le paysage urbain des eaux pluviales dès l origine. Les alternatives «au tout tuyau» (noues, fossés, chaussées réservoirs, puits d infiltration, bassins secs ou en eaux) sont des techniques ayant prouvé leur efficacité. Une étude préalable permet de vérifier leur faisabilité technique et financière ainsi que leur compatibilité avec le paysage. La gestion des eaux pluviales est l une des priorités du IX ème Programme d Intervention de l Agence, deux axes forts étant privilégiés : limiter l imperméabilité dans les extensions ou les créations de zones d aménagement ; récupérer les premières eaux de pluies pour les traiter avant rejet dans le milieu naturel. Préserver la ressource en eau et maintenir un prix de l eau économiquement supportable par tous est un objectif majeur de l Agence de l Eau Artois-Picardie. La promotion et l aide à la mise en œuvre des techniques alternatives sont un des outils de l atteinte de cet objectif. Alain Strébelle Directeur général de l Agence de l Eau Artois-Picardie Contre-Courant n 57 p. 3 Janvier 2009

4 L eau d ici et d ailleurs La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives. La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives Depuis 2004, l Agence de l Eau Artois-Picardie a lancé une politique de financement des ouvrages de gestion des eaux de temps de pluie, particulièrement axée sur la mise en place de «techniques alternatives». On entend par techniques alternatives des ouvrages d assainissement pluvial dont le fonctionnement repose sur la rétention des eaux pluviales et/ou leur infiltration dans le sol. Ces techniques sont nombreuses : noues, fossés, structures réservoirs avec revêtement poreux ou classique, puits d infiltration, tranchées drainantes, toitures terrasses végétalisées... Modulables et complémentaires, elles peuvent être mises en œuvre aussi bien dans les zones d urbanisation nouvelle que dans les quartiers plus anciens. L objectif de cette politique est triple Limiter l impact de l imperméabilisation sur le milieu naturel ; l augmentation des surfaces imperméables engendre des apports d eaux pluviales importants dans le réseau hydrographique de surface ainsi qu une dégradation de la qualité des cours d eau, Limiter l impact des eaux pluviales sur les réseaux d assainissement en évitant les débordements aux droits des déversoirs d orage et des trop-pleins de bassins et de stations d épuration, et améliorer le transfert de la pollution vers l ouvrage de traitement, Assurer une meilleure gestion et une meilleure préservation de la ressource en eau en permettant l infiltration des eaux pluviales sur place. Les conditions d éligibilité Pour bénéficier des participations financières de l agence de l eau, la collectivité doit afficher une réelle volonté de requalification du milieu et une politique globale de gestion de l eau sur l ensemble de son territoire. Cette dynamique se transcrit dans les documents d urbanisme tels que le PLU, le SCOT et le règlement d assainissement, par exemple en imposant un rejet zéro ou limité et en favorisant la mise en place de techniques alternatives. Noue aménagée. AEAP Contre-Courant n 57 p. 4 Janvier 2009

5 L eau d ici et d ailleurs La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives. La collectivité dispose ainsi d un cadre réglementaire permettant d agir en amont des nouveaux projets et d éviter d éventuels dysfonctionnements. L agence de l eau et la collectivité s engagent alors dans un Programme Pluriannuel Concerté (PPC), qui planifie les opérations prévues à court terme (2 à 3 ans). Une étude diagnostique des eaux de temps de pluie, préalable à la réalisation des travaux, assure la cohérence et optimise les investissements programmés. Le financement L agence de l eau peut apporter une participation financière pour les études, les travaux de mise en place de techniques alternatives et les travaux de réutilisation des eaux pluviales. Concernant les études de gestion des eaux de temps de pluie en milieu urbanisé, la participation financière est apportée sous forme d une subvention à hauteur de 50 % du montant de l étude. Pour les investissements qui concourent à un meilleur fonctionnement des réseaux par temps de pluie par la mise en place de techniques alternatives, la participation financière de l agence est calculée sur la base de 19 par mètre carré de surface imperméable déconnecté, correspondant aux surfaces non raccordées au réseau d assainissement. A ce plafond est ensuite appliqué un taux d intervention de 30 % d avance remboursable en 20 ans et de 15 % de subvention. Pour les travaux qui s accompagnent d une réutilisation des eaux pluviales à des usages non nobles, tel que l arrosage des espaces verts, l alimentation des sanitaires, le montant de l aide est apporté sous forme d une subvention au taux de 25 %. Parking enherbé. AEAP Les participations financières de l année 2008 sur le bassin Artois-Picardie Gestion des eaux pluviales Techniques alternatives et récupération/réutilisation des eaux pluviales. Nombre de dossiers Nombre d inter- communalités concernées Montant des travaux retenus (HT en M ) Montant des participations financières décidées (HT en M ) ,982 1,720 Indicateurs m 2 (surface non raccordée au réseau) m 3 (volume d eau de pluie récupérée) Contre-Courant n 57 p. 5 Janvier 2009

6 L eau d ici et d ailleurs La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives. Les techniques alternatives au cœur de la rénovation La commune de Courcelles-les-Lens a lancé un pro- gramme de rénovation de la cité du Château d eau. Profitant de ces travaux, la collec- tivité a décidé de déconnecter les eaux pluviales du réseau pour les traiter sur le site. En amont du projet, l étude de sol devait donner des précisions sur la perméabilité du terrain et dé- finir les techniques alternatives à mettre en place. Faiblement perméable, le sol ne permettait qu une infiltration partielle. La partie excédentaire a donc été dirigée vers le réseau de la cité, via un système de trop plein des noues. Des noues en bordure des voiries ont donc été mises en place. Elles traitent 6540 m 2 de surface imperméabilisées représen- tées par la voirie, les trottoirs et les accès aux habitations. Exemple de travaux dans la Somme. Contact : David Moreau - Chargé d interventions - Mission Mer du Nord La gestion des eaux pluviales à Marquise : une démarche volontaire et concertée Située dans le bassin versant de la Slack à une dizaine de kilomètres en amont de l estuaire, la commune de Marquise fait partie du Syndicat Intercommunal d Assainissement de Marquise-Rinxent qui dispose depuis 1996 d une station d épuration d une capacité de EH. Confronté à des rejets urbains de temps de pluie et à des inondations des riverains en basse ville, le S.I.A de Marquise-Rinxent a décidé en 1999 la mise en place, en amont immédiat de la station d épuration, d un bassin de stockage/restitution de m 3 pour intercepter et renvoyer à faible débit ces eaux polluées vers la station d épuration. Dans le cadre de la mise à jour du schéma d assainissement réalisé en 2000, l étude hydraulique du réseau urbain a mis en évidence un constat de saturation des deux principales branches du réseau unitaire de la commune de Marquise en cas de fortes pluies. Le circuit des eaux pluviales Un apport supplémentaire d eaux pluviales dans le réseau unitaire, qui serait dû à une imperméabilisation supplémentaire des nouvelles zones d urbanisation, aurait des conséquences néfastes à la fois pour les riverains (augmentation des fréquences d inondation) et pour le milieu naturel (déversement plus fréquent d eaux usées vers la Slack). Contre-Courant n 57 p. 6 Janvier 2009

7 L eau d ici et d ailleurs La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives. Consciente de ces difficultés, la commune de Marquise a initié, avec le concours de l agence de l eau et de la MISE, une réflexion visant à définir les solutions de gestion des eaux pluviales pour chaque zone d urbanisation future mais également sur les zones urbaines existantes. Une Charte de gestion des eaux pluviales Cette étude a abouti d une part à la définition d un zonage pluvial assorti d un guide et d une Charte de gestion des eaux pluviales à destination des particuliers et des aménageurs, et d autre part à des propositions de travaux sur les secteurs déjà urbanisés. Le programme de travaux comprend à la fois la création de nouveaux exutoires vers le milieu récepteur superficiel permettant de détourner les eaux pluviales du réseau unitaire et des actions de «désimperméabilisation» et d infiltration sur les secteurs du centre ville. Pour la mise en œuvre des opérations, la commune de Marquise et l agence de l eau ont conclu un Programme Pluriannuel Concerté Parmi les réalisations, citons le réaménagement d une friche industrielle en centre ville dans le cadre des travaux d agrandissement du groupe scolaire Pierre Mendès-France. L opération a permis de déraccorder une surface de l ordre de m2 du réseau unitaire par l utilisation de techniques alternatives et notamment le stockage des eaux pluviales sur place pour réemploi dans les sanitaires du groupe scolaire. Les eaux pluviales non réutilisées sont quant à elles infiltrées dans le sous-sol via deux puits d infiltration. Contact : Ludovic Lemaire - Chef de mission littoral Le recyclage des eaux pluviales en industrie Le recyclage des eaux pluviales sur un site industriel constitue une opportunité pour réduire les coûts liés à leur évacuation et, bien sûr, à l approvisionnement en eau. C est aussi l occasion de mieux maîtriser les pollutions collectées par ces eaux au contact des surfaces imperméables (pollutions accidentelles, micropolluants,...), de réduire les coûts de la déminéralisation en utilisant une ressource faiblement minéralisée. Elle constitue, au même titre que l infiltration, une alternative au rejet direct ou via les réseaux collectifs dans les eaux de surface. L utilisation des eaux pluviales au sein d un site industriel est encadrée par l Arrêté Ministériel des Installations Classées, dites ICPE, du 02/02/1998. L article 2 mentionne que «les usages professionnels et industriels sont autorisés sauf ceux qui exigent une qualité potable». A part dans certaines industries telles que l agroalimentaire, une eau «non potable» peut satisfaire l essentiel des usages liés aux procédés et aux lavages, ainsi que la production de vapeur et le refroidissement. Un exemple de gestion des eaux pluviales : MCA à Maubeuge La réalisation la plus significative dans le bassin Artois-Picardie concerne le site industriel MCA à Maubeuge (groupe RENAULT). Mis en service en 2000, le dispositif a représenté un investissement de 2,6 millions d euros. Il a bénéficié de euros de participation financière de l agence de l eau. Contre-Courant n 57 p. 7 Janvier 2009

8 L eau d ici et d ailleurs La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives. Installé sur la zone d activités de Grévaux les Guides, ce site de 82,6 Ha consommait m 3 /an d eau potable du réseau public facturée 1 euro/m 3, dans un contexte local de tension en eau. Fort de l expérience du groupe RENAULT, sur l utilisation d eau de rivière, d un potentiel sur site de récupération d eau pluviale et compte tenu des contraintes fortes en terme de débit et de concentration en polluants (hydrocarbures < 5 mg/l, MeS < 30 mg/l) ), MCA a entièrement revu la gestion de ses eaux pluviales. Le dispositif mis en œuvre et les résultats obtenus Le dispositif consiste à capter l ensemble des eaux de ruissellement des surfaces imperméabilisées dans trois bassins représentant m 3. Ils assurent un stockage et une décantation primaire avant le traitement des eaux par voie physico-chimique. Les eaux sont ensuite filtrées sur lit de sable, traitées par charbon actif puis chlorées. En 2007, ce sont m 3 qui ont ainsi pu être recyclés pour une capacité de recyclage maximale de m 3, en satisfaisant ainsi 35 % des besoins de l usine. La qualité de l eau obtenue va au-delà des exigences réglementaires : hydrocarbures et MeS < 1 mg/l, DCO < 10 mg/l, chlorures < 60 mg/l. Contact : Serge Perdrix - Ingénieur Expert - Service Industrie Station de traitement des eaux pluviales MCA Maubeuge Source MCA Contre-Courant n 57 p. 8 Janvier 2009

9 L eau d ici et d ailleurs La maîtrise des eaux pluviales par les techniques alternatives. L ADOPTA : Association Douaisienne pour la Promotion des Techniques Alternatives Depuis 2008 et pour trois ans, l Agence de l Eau Artois-Picardie finance un animateur territorial au profit de l Association ADOPTA. Cet emploi permettra d accélerer le développement de la politique de gestion des eaux pluviales sur l ensemble du Bassin Artois-Picardie. L ADOPTA est une association loi 1901 qui a été créée en 1997 à l initiative du SIADO (Syndicat Intercommunal d Assainissement de la région de Douai), de la Société des Eaux de Douai et de la Ville de Douai, suite à un changement de politique du Syndicat d assainissement du Douaisis basé entre autres sur des inondations répétitives et sur la Loi sur l Eau de Financée depuis maintenant 11 ans par l agence de l eau et par le Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais, l ADOPTA a pour objectif de promouvoir les techniques alternatives en matière d eaux pluviales (puits d infiltration, tranchées drainantes, noues, chaussées à structure réservoir...). Ces techniques ont pour but de réduire les volumes d eau s écoulant vers l aval (soit vers la station d épuration) grâce à leur stockage temporaire et leur infiltration (si possible). Elles peuvent être mises en place aussi bien au niveau d urbanisations nouvelles qu existantes. Une démarche de sensibilisation Afin de mener à bien cette démarche, l ADOP- TA sensibilise, d un point de vue régional mais aussi national, les professionnels, élus et particuliers à travers diverses actions telles que l élaboration et la distribution de fiches techniques, l organisation de circuits de visite montrant quelques unes des 450 réalisations du Douaisis, l intervention lors de colloques, de conférences et de salons et l aide au développement de projets. L ADOPTA regroupe actuellement une cinquantaine de membres adhérents, tous acteurs dans l art de construire, maîtres d oeuvre et d ouvrage, entreprises de travaux publics et bâtiments, bureaux d études, architectes, aménageurs, fournisseurs.., mais aussi une vingtaine de membres associés, s investissant pleinement dans le développement de cette association et de ses actions. Pour ces trois années, l agence de l eau a apporté une participation financière estimée à TTC pour l animation territoriale au profit de l association. Ce montant correspond à 70 % des salaires et charges salariales (y compris forfait équipement et fonctionnement). Infiltration des eaux pluviales au niveau d une chaussée à structure réservoir avec enrobés poreux : résidence du Général Delestraint à Lambres-lez-Douai. Renseignements : ADOPTA-3, Place d Haubersart Douai Site internet : Tél : Fax : Contre-Courant n 57 p. 9 Janvier 2009

10 L eau à la une Douai : Nathalie Kosciusko-Morizet inaugure le 4 ème bassin des eaux usées de temps de pluie. Douai : Nathalie Kosciusko-Morizet inaugure le 4 ème bassin des eaux usées de temps de pluie Le 16 octobre, la secrétaire d Etat chargée de l Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet était à Douai pour inaugurer le quatrième bassin des eaux usées de temps de pluie de la station d épuration de Douai Fort de Scarpe et célébrer par la même occasion, le ème jour consécutif de respect de l ensemble des normes de rejet qui lui sont assignées. Aux côtés de Jean-Jacques Delille, Président de la communauté d Agglomération du Douaisis, de Jacques Vernier, Maire de Douai, d Alain Strébelle, Directeur Général de l agence de l eau et de nombreux élus du secteur, Nathalie Kosciusko-Morizet a salué la performance de l usine d épuration. Une usine «verte» performante La communauté d Agglomération du Douaisis gère l assainissement des eaux du secteur de Douai. Son réseau collecte les eaux usées issues de toutes les activités humaines. 360 km de réseaux sillonnent ainsi toutes les rues des huit CAD villes raccordées et aboutissent à l usine d épuration de Douai Fort de Scarpe. Aux habitants concernés s ajoute la pollution issue des activités industrielles (soit l équivalent de habitants), portant à équivalents habitants sa capacité totale d épuration. Contre-Courant n 57 p. 10 Janvier 2009

11 L eau à la une Douai : Nathalie Kosciusko-Morizet inaugure le 4 ème bassin des eaux usées de temps de pluie. Chaque jour de l année, 365 fois par an, les eaux sales entrantes et les eaux épurées sortantes font l objet de prises d échantillons et d analyses. Depuis plus de 13 ans et demi, tous les résultats analytiques ont été jugés «très satisfaisants» pour cet équipement qui reçoit une quantité importante de pollution à traiter. «Les poissons ne La station de Douai en chiffres Capacité : EH Les villes raccordées : Courchelettes, Cuincy, Douai, Esquerchin, Flers-en-Escrebieux, Lambres-lez-Douai, Lauwin-Planque, Waziers et quelques zones urbaines attenantes. Débit moyen journalier : m 3 /j meurent qu une fois» a lancé Jacques Vernier, maire de Douai pour illustrer l idée selon laquelle «on a beau avoir une super station 364 jours par an, si le 365 ème jour elle ne marche pas, on fiche en l air tout ce qu on a fait le reste de l année». Mis au point depuis quatre ans, un système d auto-surveillance pointu permet à la CAD d affirmer que 88 % de la pollution produite par l ensemble des activités humaines sont éliminés lorsqu il ne pleut pas contre 83 % lorsqu il pleut. Un bassin, pour quoi faire? Depuis 1991, la collectivité a défini un schéma général de fonctionnement de son système d assainissement par temps de pluie. Il est aujourd hui pratiquement achevé. D une capacité de m 3, le nouveau bassin est destiné à stocker les eaux usées pour réduire au maximum les rejets dans la Scarpe par temps de pluie. Cet ouvrage constitue l avant dernier maillon de ce schéma sachant qu un bassin de 1300 m 3 sera construit début Tous les équipements sont en place pour permettre aux débits générés par les pluies les plus fréquentes d arriver directement ou via un stockage temporaire par ces bassins, aux unités de traitement de Douai Fort de Scarpe. Cet ouvrage représente un investissement de 2,6 millions d euros financé à hauteur de 65 % par l agence de l eau. Contacts : Vincent Valin - Directeur Lutte contre la Pollution - ou Patricia Lefevre - Ingénieur chargé d interventions spécialisé - Mission Mer du Nord Débit horaire de pointe - sur le biologique m 3 /h - sur le pluvial : m 3 /j Flux journalier de DCO : kg/j Flux journalier de MES : kg/j Flux journalier d azote : kg/j Flux journalier de phosphore : 500 kg/j Contre-Courant n 57 p. 11 Janvier 2009

12 L eau à la une Wingles : une nouvelle station pour la Communaupole de Lens-Liévin. AEAP Wingles : une nouvelle station pour la Communaupole de Lens-Lievin Le 17 octobre 2008, Michel Vancaille, Président de la Communaupole de Lens-Liévin, et Martial Grandmougin, Directeur Général Adjoint de l agence de l eau ont inauguré le poste Alexis et la nouvelle station d épuration de Wingles. Le poste Alexis et la nouvelle station d épuration de Wingles complètent le dispositif du traitement des eaux usées mis en place par la Communaupole de Lens-Liévin pour traiter les eaux usées de équivalents-habitants. Construite à côté de l ancienne station, légèrement en retrait du canal de la Deûle, la nouvelle station d épuration traite les eaux usées de équivalent-habitants (contre pour l ancienne). Elle reçoit les eaux usées des communes de Wingles, Meurchin, Hulluch, Estevelles, Annay-sous-Lens, Bénifontaine, Pont-à-vendin et Vendin-le-Vieil. Ces eaux usées sont collectées par quatre postes de refoulement dont le poste Alexis qui reprend les eaux usées des communes de Bénifontaine, Hulluch et Wingles. L ouvrage «Parc Alexis» (bassin et postes de refoulement) a été restructuré afin d améliorer le transfert des eaux usées et pluviales vers la station de Wingles et donc de supprimer les débordements par temps de pluie qui occasionnaient des inondations et des rejets d eaux polluées vers le Flot de Wingles. Les collecteurs fuyards en amont du poste ont également été remplacés de même qu un poste de rabattement de nappe a été déconnecté afin de supprimer les eaux claires parasites du réseau d assainissement, qui venaient perturber le fonctionnement de la station, et supprimer les rejets polluants au milieu naturel protégeant ainsi un des champs captants les plus productifs de la Communaupole. Des techniques de pointe Tout au long du traitement, la nouvelle station utilise les techniques les plus pointues pour assurer une épuration maximale (traitement du carbone, de l azote et du phosphore...). L air de l atelier de déshydratation des boues est également traité afin de supprimer totalement les problèmes d odeurs. Enfin, les boues issues de l épuration sont récupérées et déshydratées. Elles font ensuite l objet d une valorisation agricole par compostage. Des enjeux pour l avenir Le poste Alexis et la nouvelle station de Wingles sont des réponses à des enjeux majeurs pour la protection de la ressource en eau et l amélioration de la qualité du milieu naturel. Leur mise en service permet d apporter des solutions à l amélioration de la collecte des eaux usées, et ainsi assurer une meilleure qualité des eaux de la Deûle. Contre-Courant n 57 p. 12 Janvier 2009

13 L eau à la une La station d épuration de Lewarde : une démarche pédagogique originale. La station d épuration de Lewarde : une démarche pédagogique originale Plus moderne, plus efficace, l usine de dépollution de Lewarde, réhabilitée sur le site de l ancienne station, a fait peau neuve et a été inaugurée le 12 décembre 2008 en présence de Jean-Jacques Candelier, président de la Communauté de Communes Cœur d Ostrevent (CCCO), d Alain Strébelle, directeur général de l agence de l eau, et de Christian Rock, Sous-Préfet de Douai. Opérationnelle depuis le mois de juillet, la nouvelle station accueille les effluents des communes de Lewarde, Loffre, Erchin et Villers-au-Tertre Nord, soit une capacité de équivalents-habitants. Dotée de systèmes modernes plus poussés de traitement des eaux, elle assure le traitement des nuisances sonores et olfactives, le traitement du phosphore et de l azote et enfin la gestion des eaux usées par temps de pluie. Au-delà des performances épuratoires, le point fort de cette nouvelle construction est son intégration dans le paysage. Elle est implantée un peu plus loin des habitations que la précédente et vient s inscrire dans le prolongement d un chemin de randonnée : le chemin des galibots. Un espace pédagogique unique dans l arrondissement Placé sous le signe de l écologie et de la protection de l environnement, le site a tout misé sur la pédagogie : un espace pédagogique dédié à l accueil des scolaires (fin du cycle primaire et collège) a été mis en place. Maquette interactive, écran de projection, panneaux informatifs, le cycle de l eau livre tous ses mystères. L objectif est double : faire découvrir aux visiteurs les infrastructures tout en les sensibilisant à la préservation de l environnement. En prime : un film pédagogique tourné avec Fred et Jamy, les célèbres animateurs de l émission «C est pas sorcier», introduira les visites. Intitulé «D ici jaillit l or bleu», ce document d une vingtaine de minutes retracera le cycle de l eau et mettra en perspective tous les enjeux de cette ressource naturelle en intégrant les gestes éco-citoyens. Un parcours d interprétation extérieur complète la visite. Sept tables d interprétation situées sur le site de la station expliquent le rôle de chaque ouvrage dans l épuration de l eau. Enfin, la visite s achève devant les poissons du bassin d agrément alimenté par les eaux de rejets. D un point de vue financier, l opération représente euros (travaux + action pédagogique) sur lesquels l agence de l eau a apporté près de 1,2 millions d euros. Contre-Courant n 57 p. 13 Janvier 2009

14 Au cœur de l eau Bien connaître la nature pour mieux la protéger. Bien connaître la nature pour mieux la protéger La connaissance des milieux aquatiques et les impacts de notre mode de vie sur la qualité de l environnement font appel à de nombreuses disciplines scientifiques. Depuis 2006, en collaboration avec la communauté scientifique, l agence de l eau propose des rencontres-débats en associant toutes les disciplines scientifiques concernées. Après les perturbateurs endrocriniens et la contamination de la faune piscicole du district de l Escaut, le troisième rendez-vous fut consacré aux réseaux de suivi de la qualité des milieux aquatiques. Une journée pour le suivi des milieux aquatiques Les réseaux de surveillance existent depuis les années 70. Ils ont été mis en place par l agence de l eau. En constante évolution depuis, la mesure de la physicochimie s est vue complétée par la chimie sur l eau et les sédiments, l hydrobiologie et actuellement l hydromorphologie... Près de 200 stations de mesure permettent cette surveillance multipartenariale (agence de l eau, DIREN, ONEMA) qui, aujourd hui concerne toutes les catégories de masses d eau : cours d eau, plan d eau, et aussi les estuaires et ports. Plus d un million d euros y est consacré. Cette journée, organisée le 9 décembre 2008 à Polytech Lille, a rassemblé plus de 150 participants (scientifiques, partenaires producteurs et utilisateurs de données milieux aquatiques) et fut l occasion de faire le point sur le nouveau dispositif de suivi des milieux aquatiques. Les eaux de surfaces continentales (cours d eau et plans d eau), les eaux côtières et de transition, et les eaux souterraines ont été abordées pour l ensemble des éléments de qualité chimiques, physicochimiques, biologiques et hydromorphologiques. L ensemble de ces suivis, fortement impacté par la mise en œuvre de la Directive Cadre sur l Eau, sera replacé dans le cadre du Schéma Directeur des Données sur l Eau (SDDE) et du futur Schéma National des Données sur l Eau (SNDE). Retrouver les powerpoints des intervenants sur le site internet de l agence à la rubrique Sciences et technique. Contact : Jean Prygiel - Chef du Service Ecologie du Milieu - Contre-Courant n 57 p. 14 Janvier 2009

15 Claire comme de l eau Notre sélection de publications. Flore de la Flandre française Conservatoire Botanique National de Bailleul Plus de plantes sauvages qui se rencontrent à travers la Flandre française sont présentées dans cet ouvrage fiches descriptives illustrées d une photographie originale présentent chaque espèce avec son nom français, son nom scientifique mais aussi néerlandais. Une carte de la Flandre permet en un clin d œil d en apprécier la répartition et la rareté. Des informations synthétiques permettent d accéder rapidement à l essentiel de l information relative à chaque plante : milieux naturels représentatifs de la Flandre française sont décrits en s appuyant sur l exemple d un ou plusieurs sites naturels, souvent accessibles au public. Cet ouvrage s adresse à un large public. Il permet de découvrir ou d approfondir ses connaissances sur ce monde incroyablement diversifié des plantes sauvages. Cet ouvrage est disponible en librairie, prix 45 Si la mer m était contée Illustré de façon ludique, cet ouvrage rassemble les poésies de toutes les écoles publiques et privées du littoral artois-picardie ayant participé au concours de poésies lancé dans le cadre de la journée mondiale de l océan Les enfants aidés par leurs professeurs avaient pu à cette occasion mettre à l honneur le thème de la mer. Epandage d effluents industriels : une filière maîtrisée! Les process industriels génèrent des effluents résultant de la transformation des matières premières tout au long des lignes de fabrication. Chaque industrie produit des effluents avec des caractéristiques spécifiques. Cette plaquette s intègre dans une action de communication de la Conférence Permanente des Epandages. A destination du grand public, elle a pour but d expliquer le bien fondé des épandages d effluents industriels, comment ces épandages sont sécurisés et pourquoi des enquêtes publiques sont réalisées. Ces deux documents sont disponibles sur simple demande auprès du service documentation de l agence. Contre-Courant n 57 p. 15 Janvier 2009

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