palmier dattier dans différents systèmes oasiens du Tafilalet, Maroc
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- Gabrielle Carignan
- il y a 8 ans
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1 Analyse comparative des pratiques d irrigation du palmier dattier dans différents systèmes oasiens du Tafilalet, Maroc Renevot, G. (1), A. Bouaziz (2), M. Raki (2) et T. Ruf (3) 1. Etudiante du CNEARC, Montpellier 2. Professeur à l IAV Hassan II, Rabat 3. Chercheur à l IRD, Montpellier
2 1. Introduction Le palmier dattier est une espèce végétale bien adaptée à l espace sub désertique oasien.
3 Mais les oasis sont soumises aujourd hui à plusieurs contraintes physiques, environnementales et socio-économiques. On peut citer notamment le manque d eau, la salinisation et l érosion des sols, l ensablement des espaces cultivés, l analphabétisme analphabétisme, la pauvreté et l émigration des populations.
4 Pourquoi s intéresser au palmier dattier?
5 1. Les différents atouts du palmier dattier Permet l alimentation des animaux d élevage (écart de triage des dattes) Apport de revenus à l agriculteur : Vente des dattes Résistant à la salinité ité Alimentation de la famille : Autoconsommation des dattes Résistant aux conditions climatiques sévères Créé un microclimat et favorise ainsi i la culture de plantes basses Fournit une multitude de sous produits Permet de lutter contre l ensablement Source : enquête
6 2. Importance du palmier dattier dans l économie marocaine -4.6 millions de pieds sur une superficie de ha, soit une densité moyenne de 100 pieds à l hectare - La production est en moyenne, de tonnes/an, le Maroc se place au 8ème rang. -Une partie de cette production était exportée, notamment sur le marché anglais qui appréciait la qualité des dattes marocaines (Mejhoul et Boufeggous). - la consommation moyenne de dattes au Maroc est de 3 kg/habitant contre 15 kg/habitant dans les zones de production - LeTafillalet représente 28% de la production nationale
7 2. Situation géographique de la zone de l étude Zone de l étude
8 Tableau synthétique des différentes ressources hydriques et des volumes moyens annuels disponibles dans le Tafilalet Ressources hydriques Volumes moyens annuels disponibles (en Mm 3 ) Eaux de surface Barrage H.Addakhil 90 Crues 38 Sources et résurgences 7,5 Eaux souterraines Khettaras 9,3 Puits 120 forages Total 265 Mm 3 Source : ORMVA-TF,2005
9 2. Objectifs du travail: - Réaliser une typologie des différents systèmes oasiens (vergers modernes ou monoculture de palmier dattier, palmeraies avec cultures intercalaires) dans la zone phoenicicole du Tafilalet. - Décrire la conduite des cultures et évaluer la rentabilité économique et le coût de l irrigation dans les différents systèmes de culture du palmier dattier
10 - Réaliser des bilans hydriques dans différents types de palmeraie (vergers modernes de monoculture, palmeraies avec culture intercalaires, ) afin de mesurer l efficience des pratiques d irrigation et de les comparer aux besoins théoriques du palmier dattier, - Faire des propositions d action pour améliorer les pratiques d irrigation
11 3. Méthodologie: Echantillonnage et choix des exploitations i et des parcelles 20 exploitations ont été choisies pour tenir compte de la diversité des palmeraies du Tafilalet: - 5 zones (Mdaghra-Kheng, Aoufous, Erfoud, Jorf et Rissani), - Oi Origine i de l eau: Barrage, crue, puits et forages, - Méthodes d irrigation : gravitaire, localisée - Systèmes de cultures: trois strates, deux strates et monoculture de palmier dattier
12 4. Résultats & discussions Typologie des palmeraies Deux grands types de palmeraies se distinguent : - Une minorité conduite en irrigation localisée: Groupe 1 - Une grande majorité conduite en irrigation gravitaire: Groupe 2
13 Palmeraies en irrigation localisée Groupe A B Localisation Extensions Jorf (Errachidia) (Monkarâa) Type d exploitation entreprise familiale Surface moyenne (ha) Surface moyenne irriguée (ha) Origine eau d irrigation 150 0,25 Pompage* Crue Khettara* Densité Palmiers/ha variété dominante de palmier Mejhoul «Khalt» dattier Bouffegous Finalité de l irrigation Palmier dattier maraîchage Valeur de la production (Dh)
14 Palmeraies en irrigation localisée Ce groupe se singularise par la sécurité de l approvisionnement en eau. Au sein de ce groupe 1 on distingue deux sous groupes suivant l origine principale de l eau (Tableau 1) : Le sous groupe A comprend des exploitations très modernes qui utilisent l eau du pompage p et accessoirement les eaux des crues. Le sous groupe B comprend des petites exploitations familiales irriguées à l aide de l eau des Khettaras et de rarement l eau de crues. Elles sont localisés dans la zone de Jorf (village de Monkara) à proximité de la ville d Erfoud.
15 Palmeraies en irrigation localisée (sous groupe B) Le système d irrigation localisée a été financé par un projet de coopération japonaise (JICA). Cette expérience est limitée : 2 agriculteurs L eau est stockée dans deux bassins de 90 m3 pour être ensuite pompée et injectée dans un réseau d irrigation localisée disposé sur la parcelle. Ces systèmes permettent d irriguer de petites surfaces, en moyenne de l ordre de 0,25 hectares/agriculteur. Les cultures maraîchères sont dominantes. Elles sont destinées en grande partie à l autoconsommation ti et à la vente sur le marché local pour des produits particuliers (gombo). Le palmier dattier est peu dense, 95 arbres/ha. Les variétés dominantes sont des «Khalt».Les variétés «nobles» (Boufeggous) sont replantées lorsque les arbres ont été détruits par le Bayoud.
16 Palmeraies irriguées en gravitaire Sept sous groupes ont été étudiés. Ils se distinguent par l importance de la précarité de l approvisionnement en eau. Cette précarité est très forte dans les zones situées le plus en aval du barrage Hassan Dakhil. Elle varie également en fonction des disponibilités ibilité et de la qualité des eau souterraines (fonction degré de salinité). C est ainsi que les exploitations situées le plus en aval du barrage sont celles qui connaissent le plus de difficultés, difficultés aggravées par la présence d eau souterraines très chargées en sel (groupe F). Par contre, les exploitations qui disposent de ressources en eau sécurisées (source, pompage, khettaras en activité) sont en meilleure position. On y trouve également les meilleures qualité de dattes.
17 Palmeraies en irrigation gravitaire (1) Origine dominante Khettara Pompage de l eau (Groupe C) (Groupe D) (Groupe G) Localisation Jorf Erfoud Errachidia: S. Bou Abdilah (Al Bouya) Rissani Erfoud: Ouled Zahra Type d exploitation familiale familiale familiale Surface moyenne (ha) Surface moyenne irriguée (ha) Ressources Crue Crue Crue, Barrage complémentaires en Pompage barrage + Eaux usées eau Densité des dattiers (arbres/hectare) variété de palmier dattier dominante Finalité de l irrigation Valeur de la production (Dh) «Khalt» Maraîchage Luzerne céréales «Khalt» Bouffegous Luzerne Palmier dattier «Khalt» Luzerne Céréales olivier
18 Palmeraies en irrigation gravitaire (2) Origine dominante de l eau Source* résurgences* Crue Groupe E1 Groupe E2 Groupe F Localisation Zone Nord Douira Rissani d Aoufouss (Ammar, Tinaghars) Type d exploitation familiale familiale familiale Surface moyenne (ha) Surface moyenne irriguée (ha) Ressources complémentaires Crue Crue barrage en eau barrage barrage Densité du palmier dattier (en nombre d arbre/hectare) variété principale de palmier dattier «Khalt» Vitro plant «Khalt» Finalité de l irrigation i Luzerne Luzerne Palmier dattier Céréales Palmier dattier fruitier Valeur de la production (Dh) ** 2 800
19 Résultats économiques des palmeraies modernes Le revenu à l hectare représente 12 fois celui de la moyenne des groupes situés dans les palmeraies traditionnelles. Cet écart est dû : - les dattes produites dans ces plantations sont des variétés nobles de type «Mejhoul») et se vendent très chères. - Forte densité de palmier dattier par hectare :156 arbres/ha contre une moyenne de 77 arbres/ha dans les palmeraies traditionnelles - Importance des rendements : 35 kg/arbre dans la palmeraie d extension extension, contre 20 Kg/arbre
20 Résultats économiques des palmeraies traditionnelles A l intérieur de ces palmeraies, on distingue deux ensembles : le premier obtient un revenu compris entre et dh/ha et le second réalise un revenu inférieur à dh/ha. La supériorité du premier ensemble s explique par l importance de la densité de palmiers dattiers et à la nature des cultures sous-jacentes au palmier dattier. Les plus rémunératrices sont les cultures maraîchères suivies de l arboriculture fruitière.
21 Les coûts d irrigation Ils d irrigation constituent les charges les plus importantes dans les charges totales. Ils dépendent principalement de l origine de l eau, des volumes dérivés é et des modes d irrigation (gravitaire ou localisé). Ils s élèvent à Dh par ha dans les plantations modernes contre 80 à 7873,7 dans les palmeraies traditionnelles. Les agriculteurs possédant leur propre matériel de pompage ont des charges environ deux fois plus élevées é que celles des autres intrants (engrais et autres).
22 les temps de travaux pour l irrigation Ils sont très élevés dans les palmeraies d extension, (près de 280 journées de travail par ha) et représentent 70% de la totalité des besoins en main d œuvre, cela est lié au temps de contrôle et d entretien de la station de pompage et des goutteurs. Dans la palmeraie traditionnelle, ces temps de travaux oscillent entre 6,66 et 37 %des besoins totaux en main d œuvre, ces différences sont liées principalement aux débits des eaux d irrigation. Plus le débit est faible et plus le temps d irrigation i est élevé. é
23 Description des itinéraires techniques du palmier dattier Mois Elagage et taille Récolte du pollen et pollinisation Irrigation Selon les disponibilités en eau Traitement phytosanitaire Tuteurage des régimes Ensachage des régimes Récolte et conditionnement
24 Temps de travaux pour la conduite des palmeraies (nb Jour / ha ) Groupe A Groupe B Groupe C Groupe D Groupe E Groupe F Groupe G Groupe H* Taille et nettoyage de la touffe Application des engrais et pesticides Récolte du pollen et pollinisation éclaircissage ensachage Tuteurage Récolte par grappillage Récolte total ,35 Transport Triage Total Hj/système
25 Les méthodes d irrigation pratiquées Modes d irrigation Cuvette Bassin Planche billon avantages Economie d eau Limite la progression du «Bayoud» Préparation simple du sol Lessivage important des sels du sol en profondeur Alimenter la nappe phréatique Adapté pour les systèmes à plusieurs étages de végétation Nivellement facile Utilisation possible de faibles débits Arrosage facilité Bon ameublissement du sol Adapté pour les plants qui craignent la submersion (plant situé en haut du billon) inconvénients Exigence en MO pour la réalisation des cuvettes N est utilisé qu en monoculture Inadapté pour certaines cultures (si hauteur d eau trop importante) Nécessite des débits très importants Tendance à tasser le sol Exigence en MO:: Présence continue de l irrigant Inadapté aux gros débits Difficile a mettre en œuvre dans sol légers (écrasements des billons) Ei Exigence en MO. Risque de brûlure des plants en sols salés à cause des remontées salines importantes
26 Doses et fréquences des irrigations Groupe A B C D E F G H Type d irrigation Localisée Gravitaire Consommation totale en eau/an m Nombre d irrigation Origine de l eau FO Kh Kh + FO S C + P + P Br EU S Cultures associées - M M, L, L F, L, B - L B O L et B B M: Maraichage L : Luzerne B : Blé F: Arbres Fruitiers O : Olivier M: Maraichage, L : Luzerne, B : Blé, F : Arbres Fruitiers, O : Olivier FO : Forage, Kh ; Khettara, P : Pompage, S : Source, C ; Crue, EU : Eaux usées
27 Dose d'irrigation annuelle (m3/ha) dose (en m 3/h a) A B C D E F G H groupe
28 Valeur Ajoutée (Dirhams / ha) Dh en A B C D E F G H groupe
29 Productivité de l'eau (VAB/prix du m3 d'eau consommé) en Dh A B C D E F G H groupe
30 Productivité du travail (VAB / Homme x Jour) en Dh A B C D E F G H groupe
31 Conclusions Deux grands types de palmeraies se distinguent : -Une minorité conduite en irrigation localisée, qui dégage des revenus/ha élevés et qui consomme le moins d eau / ha grâce à l utilisation des variétés Majhoul et des technologies modernes -Une grande majorité conduite en irrigation gravitaire, dont la consommation en eau enregistre une grande variabilité et des revenus modestes qui ne représentent t qu environ 15% des revenus / ha de irrigation localisée ( au lieu de Dh/ha), - Cependant, les systèmes traditionnels oasiens les mieux dotés en eau (Khettara et source) valorisent le mieux le m3 d eau d irrigation (40 pour les traditionnels au lieu de 15 Dh/m3 pour l irrigation localisée)
32 La grande question qui se pose aujourd hui est celle de la durabilité de ces systèmes qui est liée à la gestion de la ressource en eau et à la façon dont on envisage de relever les autres défis : le Bayoud, l ensablement, la salinisation des sols, Les questions que l on se pose sont : ne faudrait-il pas envisager : i. d accompagner les agriculteurs dans leur organisation pour une meilleure gestion de la ressource? ii. D opérer une réallocation de l eau en fonction du nombre de palmiers dattiers? iii. De réaliser au moins à titre pilote des remembrements? et enfin iv. D introduire et promouvoir des cultures alternatives (Safran, caroubier, cactus,..) et des technologies économes en eau ou qui réduisent les effets néfastes de la salinité?
33 Merci de votre attention L Homme des oasis est suffisamment intelligent et innovant pour relever ces défis: comme en témoigne cette luzernière irriguée avec des eaux salées (4-5 g/litre)
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