CEP Artisanat de Martinique Rapport d étude

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1 CEP Artisanat de Martinique Rapport d étude V.E.V. Consulting Novembre

2 Contrat d étude prospective du secteur de l artisanat Martinique 2012 Rapport d étude Sommaire Synthèse exécutive 8 Introduction 16 Partie A. Etat des lieux et diagnostic 1. Analyse économique de l artisanat en Martinique Champ du secteur : plus de 500 activités, nécessitant un savoir-faire manuel Définitions : des entreprises à taille humaine, où le savoir-faire manuel est essentiel Un champ large : plus de 500 activités Certains métiers font l objet de focus dans ce CEP ; le bâtiment en est exclu Un secteur clé de l économie, pesant 13% de l emploi total % des entreprises martiniquaises travailleurs concernés ; 13% de la population active occupée Une progression des effectifs malgré la crise, alimentée en partie par la création du statut d auto-entrepreneur Plusieurs caractéristiques distinctives Une densité territoriale bien supérieure à la moyenne nationale Une répartition territoriale plus équilibrée que l ensemble des entreprises Des entreprises plus âgées que la moyenne Des activités de construction et de fabrication non alimentaire proportionnellement plus importantes que dans le reste de la France Un secteur dynamique en termes d évolution des effectifs, mais un marché du travail déséquilibré Plusieurs FAP de l artisanat ont été créatrices d emplois entre 1999 et Le marché du travail reste néanmoins déséquilibré 30 1

3 1.5. Des métiers impactés par les préoccupations de développement durable La dimension environnementale du développement durable concerne de nombreux métiers Le traitement des déchets d entreprise n est pas satisfaisant en Martinique L opération Garage Propre vise à améliorer le traitement des déchets Les artisans des métiers de bouche doivent traiter les rejets d eaux usées Les frigoristes sont concernés par une filière de valorisation des D3E La maîtrise de l énergie crée des opportunités pour les frigoristes Les artisans ne retirent pas tout le bénéfice attendu de leurs comportements écoresponsables L offre de formation Une offre de formation sous statut scolaire diversifiée, des attractivités et des taux d insertion différenciés Contexte général de la FPI de l Education nationale en Martinique % des effectifs de la FPI Edu Nat ; une offre de formation étoffée en mécanique-électricité-électronique et en cuisine-transformation agroalimentaire Des débouchés dans les métiers de bouche pour l enseignement agricole Quelques formations supérieures offrent des débouchés dans des secteurs de l artisanat Une attractivité différenciée des spécialités de formation De très bons taux de réussite, notamment en Bac Pro Une insertion professionnelle variable, de même que la correspondance entre le métier exercé et la spécialité de formation Des formations aux métiers variées par voie d apprentissage, ainsi que d autres formations valorisables dans l artisanat Les effectifs en apprentissage au CFA Métiers ont diminué de 14% entre 2007 et 2011, pour atteindre 711 en Les 4 CFA de Martinique dispensent des formations valorisables en entreprises artisanales Des diplômes de niveau V ou IV Les filles sont minoritaires au CFA Métiers Les taux de réussite aux examens sont moins bons qu en FP initiale sous statut scolaire Les apprentis de l artisanat tendent à mieux s insérer professionnellement que dans d autres secteurs La professionnalisation des acteurs doit être poursuivie Les statistiques de l insertion par le 1 er RSMA sont encourageantes et ce résultat reposerait notamment sur la mise en exergue du savoir-être Le 1 er RSMA se positionne comme un chaînon manquant entre la FI sans diplôme et l accès à la FP qualifiante ou à l emploi direct De nombreux jeunes suivent des formations dans le secteur de l artisanat, notamment le BTP, et les statistiques de l insertion sont encourageantes 73 2

4 2.4. Formation continue des demandeurs d emploi et des salariés La FPC dans le secteur de l artisanat concerne moins de 10% des stagiaires Le PRFP bénéficie à plusieurs activités artisanales, notamment les métiers de bouche, les réparateurs automobiles, les thermiciens, outre le BTP La CMA et l AFPAM comptent parmi les principaux organismes de formation continue dans le secteur artisanal La VAE est peu utilisée dans l artisanat en Martinique ; autour de 40 diplômes ou titres par année Les contrats de professionnalisation sont très peu utilisés dans le secteur de l artisanat Les pratiques de gestion des ressources humaines La gestion de l entreprise doit s inscrire dans une démarche de progrès Le chef d entreprise artisanale, véritable homme-orchestre, pratique une gestion traditionnelle peu propice à l anticipation Or, les évolutions de l environnement de travail commandent une professionnalisation Pratiques de gestion et gestion de la diversité Des difficultés de recrutement dues à l étendue des compétences recherchées et surtout à un manque d attractivité du secteur Des salaires et des revenus modestes Les artisans martiniquais n ont pas mis en place une gestion active des âges, pourtant 45% des indépendants ont 50 ans ou plus Certains métiers demeurent fortement masculins, tels que les métiers de bouche, la réparation automobile, les taxis ou les photographes L accès à l emploi salarié l artisanat est très difficile pour les personnes handicapées, mais certaines créent leur propre activité Les risques professionnels sont nombreux, en raison de la diversité des métiers Plusieurs métiers artisanaux sont exposés aux maladies professionnelles et aux accidents du travail Les mécaniciens automobiles sont exposés aux TMS et aux produits toxiques Les artisans taxis subissent des contraintes de posture et de confinement Les coiffeurs, les prothésistes dentaires et les artisans du meuble doivent se protéger des maladies respiratoires et cutanées Les ambulanciers et les coiffeurs sont exposés aux risques psychosociaux dus au stress Le travail illégal est un fléau pour la profession Le travail illégal et les sanctions encourues Un nombre d infractions élevé est observé dans des secteurs intensifs en entreprises artisanales, au niveau national En Martinique, les illégalités prennent la forme insidieuse de travail informel Une Convention départementale de partenariat pour la lutte contre le travail illégal en Martinique a été signée par le Préfet et les professionnels, en Le contrôle mérite d être amélioré Les effets pervers du statut d auto-entrepreneur doivent être réduits 125 3

5 Partie B. Perspectives et besoins en compétences 4. Des perspectives qui appellent des adaptations Des mutations qui obligent les professionnels à s adapter ou à disparaître Les tendances démographiques concernent les artisans, leurs salariés et leurs clients Les mutations économiques rendent une professionnalisation des acteurs impérative Les transformations psychosociologiques entraînent une distanciation avec la tradition, aspect clé de nombreux métiers artisanaux Les évolutions réglementaires et technologiques offrent des opportunités pour ceux qui sauront se mettre à niveau, mais présentent des risques pour ceux qui adoptent le statu quo Le scénario tendanciel est défavorable Des opportunités à saisir par des actions volontaristes Les organisations professionnelles doivent veiller à s inscrire dans les priorités et les plans d actions des collectivités Les entreprises pourront bénéficier des nouveaux partenariats de la CMA Le Campus Caribéen des Arts permettra de constituer un pôle d excellence et de professionnalisation dans le domaine culturel Une stratégie de gestion anticipée pour répondre aux enjeux stratégiques Enjeu 1 : la compétitivité de l artisanat martiniquais Enjeu 2 : L attractivité des métiers et la fidélisation des travailleurs Enjeu 3 : La montée en compétences Evolutions des métiers et besoins en compétences à satisfaire Des besoins en compétences managériales, commerciales, TIC et sociales pour la plupart des métiers Compétences managériales : professionnalisation de la gestion et du management Compétences marché : relation client et gestion commerciale Compétences sociales : TIC, anglais et inter-culturalité, questions environnementales, patrimoine martiniquais, savoir-être professionnel Des besoins en compétences en réponse à l évolution des métiers Métiers de bouche : sécurité alimentaire et compétences relationnelles Réparation automobile : des besoins de main d œuvre qualifiée en électronique Coiffure et esthétique : polyvalence incluant le conseil et compétences relationnelles Frigoristes : conduite d études en efficacité énergétique Ambulanciers : des besoins en compétences sociales et managériales Prothésistes dentaires : organiser la profession pour équilibrer les relations avec les dentistes Photographes : des besoins en accompagnement à la prise en charge des formations pour mettre à jour leurs compétences 146 4

6 Artisans taxi : des besoins en compétences marché pour diversifier la clientèle Meubles et travail du bois : une diversification vers l ébénisterie d art dans un secteur très fragilisé par la concurrence des produits importés Textile-habillement: une nécessaire réorientation vers les métiers de la mode, susceptibles d offrir des débouchés Bijoutiers : la fabrication de bijoux de moins grande densité en or requiert des compétences spécifiques Fleuristes : des besoins de mise en place de formations pour crédibiliser ce secteur porteur en Martinique Synthèse du diagnostic prospectif sous forme de matrice AFOM 156 Partie C. Orientations et objectifs stratégiques Introduction : l arborescence de déclinaison de la stratégie de gestion anticipée Eclaircir l horizon économique du secteur Améliorer la visibilité économique du secteur Créer un observatoire économique au sein de la CMA Adapter l offre aux attentes des clients Aider à la structuration de filières à potentiel Renforcer les aides directes et indirectes Elaborer un guide des aides financières et accompagner les entreprises pour les mobiliser Encourager les comportements écoresponsables Sensibiliser les acheteurs à la notion de coût global à long terme pour créer une demande pour les prestations liées au développement durable Créer les conditions pour que les frigoristes puissent réaliser des études et des missions de conseil en efficacité énergétique Anticiper la gestion des ressources humaines Poursuivre les actions menées pour valoriser l image de la profession Médiatiser et communiquer régulièrement sur les avancées et événements du secteur Promouvoir l emploi des femmes dans certains secteurs artisanaux Aider les artisans à se professionnaliser Sensibiliser et professionnaliser les chefs d entreprise et leur conjoint à la GRH Lutter contre le travail illégal et la concurrence déloyale Améliorer le contrôle du travail illégal 171 5

7 Juguler la concurrence déloyale Prévenir les risques professionnels Communiquer sur les bonnes pratiques de prévention des risques professionnels Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Resserrer l adéquation de la formation professionnelle initiale aux besoins en compétences du secteur de l artisanat Mettre en place une méthode d élaboration de la carte des FPI par le Rectorat qui associe les représentants du secteur Mettre à niveau, acquérir et mutualiser des équipements Créer des conditions favorables au développement de l alternance Accompagner les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale Renforcer et accompagner la politique de formation et de mise à jour des connaissances techniques et d encadrement des formateurs Développer la mobilisation des contrats de professionnalisation Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins Former les artisans et leur conjoint à l élargissement des compétences attendues Combler les écarts entre les besoins en compétences et l offre de formation pour les métiers 177 Partie D. Fiches actions Précisions de lecture des fiches actions 180 Orientation 1. Eclaircir l horizon économique du secteur Créer un observatoire économique au sein de la CMA 181 Adapter l offre aux attentes des clients 183 Aider à la structuration de filières à potentiel 185 Elaborer un guide des aides financières et accompagner les entreprises pour les mobiliser 188 Sensibiliser les acheteurs à la notion de coût global à long terme pour créer une demande pour les prestations liées au développement durable 190 Créer les conditions pour que les frigoristes puissent réaliser des études et des missions de conseil en efficacité énergétique 192 Orientation 2. Anticiper la gestion des ressources humaines Médiatiser et communiquer régulièrement sur les avancées et événements du secteur 194 Promouvoir l emploi des femmes dans certains secteurs artisanaux 197 Sensibiliser et professionnaliser les chefs d entreprise et leur conjoint à la GRH 199 Améliorer le contrôle du travail illégal 202 6

8 Juguler la concurrence déloyale 204 Communiquer sur les bonnes pratiques de prévention des risques professionnels 206 Orientation 3. Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Mettre en place une méthode d élaboration de la carte des FPI par le Rectorat qui associe les représentants du secteur 208 Mettre à niveau, acquérir et mutualiser des équipements 210 Accompagner les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale 214 Renforcer et accompagner la politique de formation et de mise à jour des connaissances techniques et d encadrement des formateurs 217 Développer la mobilisation des contrats de professionnalisation 220 Former les artisans et leur conjoint à l élargissement des compétences attendues 223 Combler les écarts entre les besoins en compétences métiers et l offre de formation 225 o Frigoristes : ouvrir des BTS et licence pro en énergie thermique et mettre en place des actions de formation continue en efficacité énergétique 225 o Réparation automobile : enrichir l offre de formation en électronique embarquée et en maintenance des véhicules hybrides-électriques et sensibiliser au traitement des déchets 227 o Métiers de bouche : ouvrir un Bac Pro traiteur et un brevet de maîtrise boulanger, ainsi que des modules régionaux en formation continue 229 o Cosmétique-esthétique : proposer des brevets de maîtrise 231 o Bijoutiers : ouvrir une section artisanat d art bijouterie sur le Campus Caribéen des Arts 234 o Photographes : les accompagner à la prise en charge de formation 236 o Artisans du meuble : les aider à se diversifier vers l ébénisterie d art, en facilitant un partenariat avec le Campus Caribéen des Arts et en envisageant de transférer quelques formations du CFA BTP vers le CFA Métiers 238 o Textile, Habillement: se réorienter vers la mode et le spectacle 240 Annexes 243 A1. Sigles et glossaire 243 A2. Entretiens réalisés 245 7

9 CEP Artisanat Martinique 2012 Synthèse exécutive L Etat, la Région Martinique, la Chambre de Métiers et de l Artisanat, l AGEFOS-PME, l OPCALIA et l AGEFMA ont convenu de mener une étude prospective 1 sur l activité, l emploi, les conditions de travail et l évolution des métiers dans le secteur des métiers de l artisanat à la Martinique, dans le but de disposer des outils nécessaires à la mise en place d une gestion optimale des ressources humaines. La finalité de ce travail est de maintenir l employabilité et de sécuriser les parcours professionnels des salariés. Ce rapport est le fruit d un travail collaboratif qui a mobilisé une quinzaine d institutions concernées par l artisanat, l emploi et la formation en Martinique. Une quinzaine de réunions avec les instances de suivi de la mission et des groupes de travail thématiques se sont tenues de mars à octobre Une quarantaine d entretiens supplémentaires ont été réalisés avec des organisations professionnelles, entreprises et d autres acteurs de la formation et de l emploi. 1. Contexte et enjeux : un secteur qui ne sait pas se faire entendre par les pouvoir publics Le CEP Artisanat de Martinique porte sur l ensemble du secteur artisanal, à l exclusion du bâtiment, qui fait l objet d un CEP BTP. L artisanat, un pilier fragilisé de l économie martiniquaise L artisanat est un secteur clé de l économie martiniquaise, avec 13% des actifs occupés, entreprises, et en tant que protagoniste du développement durable, par le maillage des territoires ruraux, l animation des centres-villes et des quartiers sensibles, et l insertion professionnelle des jeunes et des chômeurs. Toutefois, ce secteur est confronté à de graves difficultés et à des incertitudes. La mondialisation économique soumet les entreprises locales à la concurrence des produits importés. Les clients sont de plus en plus exigeants sur les prix, compte tenu de la diminution de leur pouvoir d achat et de 1 Contact : Victor-Emmanuel VAUGIRARD, Professeur Agrégé des Universités en Finance à l Université de Strasbourg ; Directeur de V.E.V Consulting ; Quartier Palmiste Lamentin Martinique ; tel : ; [email protected] 8

10 l intensification de la concurrence entre professionnels, exacerbée par le commerce électronique et par les possibilités de comparaison des biens et services qu offre l Internet. Les entreprises artisanales ont une faible surface financière, ce qui rend les banques réticentes à leur octroyer des prêts. Un salarié peut devenir rapidement et facilement un concurrent, car l actif principal est l expertise technique et les barrières à l entrée, en termes de moyens financiers et humains, sont peu élevées dans le secteur des métiers de l artisanat. Cette possibilité a été facilitée par la création du statut d autoentrepreneur en 2009 et continue de l être avec les incitations à la pluriactivité. Le travail illégal est un fléau pour la profession, notamment sous la forme insidieuse de travail informel : réparation automobile, photographie, soins personnels, outre le bâtiment, où il peut concerner 1 emploi sur 10. La petite taille des entreprises et le manque de structuration des familles d activités professionnelles rend le secteur artisanal inaudible auprès des pouvoirs publics. Le scénario tendanciel est donc défavorable, d autant plus que les pouvoirs publics n ont pas les moyens de mettre en œuvre une politique de relance keynésienne, en raison de leur situation financière dégradée. Des opportunités peuvent être concrétisées si des actions volontaristes sont mises en place La CMA et les organisations professionnelles doivent veiller à s inscrire dans les priorités et les plans d actions de collectivités. Ainsi, elles participeront aux ateliers qui seront animés dans le cadre du Plan d actions de développement de la Martinique (PADM). Elles accorderont une attention particulière aux initiatives prises par la CAESM pour la valorisation des métiers d art (bijouterie, céramiste, tailleur de pierre, restauration de meubles, costumier, broderie, photographie de mode, composition florale ). Dans le même registre, la montée en puissance du Campus Caribéen des Arts constitue une opportunité pour les métiers de l artisanat d art, notamment la bijouterie, la restauration de meubles, la couture-mode et la photographie de mode, dont les organisations professionnelles devront se rapprocher pour monter des actions de formation communes. Des changements de comportements des professionnels sont nécessaires pour réaliser ce potentiel, notamment l acceptation de la mutualisation de moyens et d actions collectives dans un contexte de tissu économique atomisé, où chaque entreprise prise individuellement ne peut pas faire la différence ainsi que la professionnalisation de la gestion des entreprises (voir infra). 2. La gestion des ressources humaines doit s inscrire dans une démarche de progrès Le chef d entreprise artisanale, véritable homme-orchestre, pratique une gestion traditionnelle peu propice à l anticipation Même aidé de son conjoint, il résulte de la multifonctionnalité du chef d entreprise une gestion des recrutements pas assez rigoureuse, y compris ceux d apprentis ; l absence de démarches de GPEC, alors même que de nombreux chefs d entreprise et salariés devront partir à la retraite (45% des artisans indépendants ont 50 ans ou plus). En outre, certaines familles d activités professionnelles artisanales demeurent particulièrement exposées aux accidents de travail et aux maladies professionnelles. 9

11 Or, les évolutions de l environnement de travail commandent une professionnalisation de la gestion La pression forte des clients qui recherchent des délais de plus en plus courts et les prix de plus en plus serrés imposés par la concurrence exacerbée appellent une rationalisation de l organisation du travail. L informatisation des ateliers, les démarches qualité, la responsabilisation des personnels et leur polyvalence deviennent des avantages comparatifs essentiels dans ce contexte. 3. L offre de formation est dense, mais son processus d élaboration n associe pas suffisamment les professionnels Des formations à la plupart des métiers de l artisanat sont offertes en Martinique, par toutes les voies de formation : initiale, apprentissage, continue. Ainsi, les spécialités de formation de l artisanat concentrent 44% des effectifs de la formation professionnelle initiale de l Education nationale, et l offre de formation est particulièrement étoffée en mécanique-électricité-électronique et en cuisinetransformation agroalimentaire. Néanmoins, cette offre concerne principalement les niveaux V et IV. La principale faiblesse de l offre de formation réside dans son mode d élaboration, qui laisse peu de place à la concertation. 4. Les besoins en compétences pour anticiper les mutations concernent autant les salariés que les chefs d entreprise artisanale et leur conjoint Des besoins en compétences managériales, commerciales, TIC et sociales pour la plupart des métiers La rationalisation de la gestion et la professionnalisation du management sont impératives, dans un contexte d intensification de la concurrence, de crise économique et de clients toujours plus exigeants et disposant de moins de pouvoir d achat. Les aptitudes à vendre et à améliorer les relations avec les clients deviennent également capitales. Cela concerne la plupart des professions artisanales, mais plus particulièrement les entreprises qui souhaitent se positionner sur la réparation et la rénovation d articles qu elles fabriquent et les professionnels en prise directe avec les clients, comme la coiffure-esthétique. Ces compétences marché supposent aussi de professionnaliser la gestion commerciale (commercialisation, étude de marché, communication), d améliorer l accueil des clients ou d être sensibles aux pratiques en vigueur dans d autres pays, à des fins de benchmarking. Outre l utilisation des TIC, devenue tellement importante et transversale qu on pourrait mettre cette compétence dans la rubrique «compétences managériales» (informatique de gestion) ou la rubrique compétences marché (web marketing), des compétences sociales nécessaires sont : 10

12 - la pratique de l anglais et une sensibilité à l inter-culturalité, pour tous ceux qui veulent développer les relations avec les touristes : artisans taxi, artisans d art (bijoutiers, photographes, métiers de la mode ), - la connaissance des fondamentaux du patrimoine naturel et culturel martiniquais, pour enrichir la relation client, notamment avec les touristes, - une sensibilité aux questions environnementales : traitement des déchets, maîtrise de l énergie, lutte contre le bruit (réparation automobile, coiffure-esthétique ), - le savoir-être professionnel, pour tous les collaborateurs d artisans. Des compétences spécifiques sont nécessaires pour répondre à l évolution des métiers Métiers de bouche : des besoins en compétences techniques et de sécurité alimentaire, mais aussi des compétences relationnelles, commerciales et managériales Réparation automobile : une nécessaire augmentation des niveaux de qualification et des compétences en électronique Coiffure-esthétique : un besoin de polyvalence et d élargissement des compétences aux prestations de conseil Les frigoristes doivent se former à la conduite d études en efficacité énergétique, pour tirer parti des évolutions sur la maîtrise de l énergie Ambulanciers : des besoins en compétences sociales envers la hiérarchie et envers les clients Prothésistes dentaires : il s agit avant tout d organiser la profession pour équilibrer les relations avec les dentistes de façon à limiter la concurrence déloyale des prothèses importées Photographes : des besoins en accompagnement à la prise en charge des formations pour mettre à jour leurs compétences Artisans taxi : des besoins en compétences marché pour diversifier la clientèle Meubles et travail du bois : une diversification vers l ébénisterie d art dans un secteur très fragilisé par la concurrence des produits importés Textile-habillement: une nécessaire réorientation vers les métiers de la mode, susceptibles d offrir des débouchés Bijoutiers : des besoins en compétences spécifiques pour fabriquer des bijoux de moins grande densité en or et enrichir la dimension conception de leur activité Fleuristes : des besoins de mise en place de formations pour crédibiliser ce secteur porteur en Martinique 5. Les orientations sectorielles visent à éclaircir l horizon économique, à créer un bon environnement de travail et à répondre aux besoins en compétences Eclaircir l horizon économique du secteur Les actions de nature économique sont un préalable au développement de compétences pour s adapter, voire anticiper les mutations. La création d un observatoire économique du secteur au sein de la CMA contribuera à donner davantage de visibilité aux professionnels, de même que la structuration de filières à potentiel. La mobilisation des nombreuses aides publiques peut être facilitée par l élaboration d un guide clarifiant chaque dispositif et l accompagnement par des consultants pour monter les 11

13 dossiers. La maîtrise de l énergie offrira des opportunités aux artisans du froid-climatisation, si les acheteurs sont sensibilisés à la notion de coût global à long terme et si les frigoristes sont formés à la réalisation d études et de prestations de conseil en efficacité énergétique et de diagnostic de type Bilan Carbone. Créer un environnement de travail favorable Des leviers d actions en gestion des ressources humaines peuvent être actionnés pour créer un bon environnement de travail : L attractivité de la profession pour les femmes et les hommes sera renforcée par des actions d information sur la moindre pénibilité de certains métiers permise par les nouvelles technologies, par des campagnes de communication sur la contribution de l artisanat au développement durable, en accompagnant les porteurs de projets et en aidant les entreprises existantes voulant se moderniser, et en faisant témoigner des salariés satisfaits de leur situation, dans les établissements scolaires, à l occasion des manifestations diverses, dans les spots télévisés La lutte contre le travail illégal sera facilitée par la création d une carte professionnelle permettant à l usager de mieux identifier le professionnel et de vérifier l activité de l artisan, et les effets pervers des situations de concurrence déloyale seront signalés aux pouvoirs publics afin que des actions correctrices puissent être mises en œuvre. La professionnalisation des artisans et de leur conjoint sera amplifiée par l intensification des formations en gestion dispensées par la CMA et par l ouverture de brevets de maîtrise dans plusieurs spécialités de formation (voir infra). Dans un contexte de vieillissement des artisans et de leurs salariés, il est impératif, d une part, de préparer les cessions-reprises d entreprise par des formations idoines, d autre part, d accompagner la mise en en place de démarches de GPEC dans les entreprises. Un accompagnement à l engagement dans des démarches de GPEC peut être réalisé par la CMA, si certains de ses agents sont formés à l utilisation du logiciel COMAFOA, développé par le réseau des Chambres de Métiers et de l Artisanat. Les principales actions retenues pour prévenir les risques professionnels sont de remettre en place une formation sur le document unique (comme le faisait antérieurement la CMA) et de communiquer auprès des organisations professionnelles et entreprises de Martinique afin de leur faire connaître les bonnes pratiques recommandées par la CGSS dans d autres régions françaises. Répondre aux besoins en compétences Des actions de formation doivent permettre de satisfaire les besoins en compétences créés par les mutations démographiques, économiques, sociales, environnementales et technologiques : voir infra. 12

14 6. L évolution de l offre de formation doit permettre d intégrer le développement durable et de former localement davantage d encadrants Un premier ensemble d actions vise à resserrer l adéquation de la formation professionnelle initiale aux besoins en compétences du secteur de l artisanat. Il est notamment proposer d associer davantage les professionnels à l élaboration de la carte des formations. Un deuxième ensemble d actions vise à créer des conditions favorables au développement de l alternance. Il convient notamment d accompagner les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale, dans le droit-fil du club des maîtres d apprentissage récemment créé en Martinique. La montée en compétences des personnes intéressées par cette fonction est cruciale, car le manque de qualification est parfois un frein à la mise en place de formations en apprentissage (exemple du CAP Boucher). Il est également retenu de renforcer et d accompagner la politique de formation et de mise à jour des connaissances techniques et d encadrement des formateurs. Pour développer la mobilisation des contrats de professionnalisation, il est retenu de d améliorer le dispositif au niveau des organismes de formation et d améliorer le dispositif au niveau des entreprises. Les compétences des artisans et de leur conjoint seront élargies en densifiant les formations dispensées par la CMA et d autres organismes et en y intégrant des modules sur l importance du relationnel client, la cession d entreprise, et plus classiquement aux fondamentaux de la gestion d entreprise : comptabilité et finance, informatique de gestion, gestion de projet, commercialisation, démarches qualité La montée en compétences des artisans sera favorisée par l ouverture de formations de niveau supérieur, selon le cas de type BTS ou Licence Pro, par exemple en énergie thermique pour les frigoristes, ou de type brevet de maîtrise, lorsque des compétences en gestion sont recherchées parallèlement aux compétences techniques (coiffure-esthétique, boulangerie ) Il est retenu de proposer des modules régionaux (ou formations complémentaires d initiative locale) lorsque les référentiels nationaux ne sont pas suffisamment adaptés à la réalité martiniquaise. C'est le cas des métiers de bouche, où la recherche d une typicité locale est un atout dans la perspective de mettre en place des projets touristiques, tel qu un parcours gastronomique. Ces choix stratégiques se traduisent par des actions d évolution de l offre de formation, pour chaque famille d activités professionnelles. Quelques illustrations sont fournies en annexe de la présente synthèse. Des fiches actions sont proposées dans le corps du rapport, pour faciliter la mise en œuvre des actions prioritaires retenues. 13

15 Annexe. Illustrations d évolution de l offre de formation retenue pour quelques FAP Réparation automobile : enrichir l offre de formation en électronique embarquée et en maintenance des véhicules hybrides-électriques ; sensibiliser au traitement des déchets FAP Génie maintenanc e automobile Ecart entre l offre et la demande Offre de formation existante Statut scolaire CAP Peinture en carrosserie CAP et Bac Pro Réparation des carrosseries CAP et Bac Pro réparation auto CAP et Bac Pro maintenance nautique BTS Après-vente véhicules particuliers Apprentissage CAP carrosserie réparation CAP, Bac Pro peinture en carrosserie CAP, Bac Pro réparation auto MC V Maintenance des systèmes embarqués de l automobile Formation continue TPV mécanicien auto AFPA TPV carrossier réparateur AFPA TPV électricien auto AFPA Note : (*) FCIL mis en place dans un lycée d Amiens Besoins en compétences identifiés Electronique embarquée Véhicules hybrides et électriques (besoins à un horizon de 5 ans) Sensibilisation à la protection de l environnement (traitement des déchets) Actions de formation proposées FPI Apprentissage FP continue Observations Ouverture 3 FCIL Maintenance des tractions hybrideélectrique automobile (accès après BTS) (*) Ouverture 3 FCIL Maintenance des tractions hybrideélectrique automobile (accès après BTS) (*) Evolution 1 MC Maintenance des systèmes embarqués de l automobile Modules spécifiques environnement Fort taux d attractivité (FPI) Insertion prof encore possible chez les concessionnai res et les petites entreprises de maintenance qui se modernisent. Métiers de bouche : ouvrir un Bac Pro traiteur et un brevet de maîtrise boulanger, ainsi que des modules régionaux en formation continue Ecart entre l offre et la demande Actions de formation proposées FAP Offre de formation existante Besoins en compétences identifiés FPI Apprentissag e FP continue Observations Evolution 1 Ouverture 3 Ouverture 3 Métiers de bouche, alimentation, agroindustries Statut scolaire CAP Pâtissier Bac Pro Boulanger pâtissier Bac Pro bio-industries de transformation Bac Pro Technicien vente et conseil qualité en produits alimentaires BTS qualité dans les Métiers nobles : traiteurs, charcutiers Hygiène, sécurité alimentaire, traçabilité des produits Sensibilisation à Constitution d un pôle métiers de l alimentation (boucher, charcutier, traiteur, poissonnier) Bac Pro boucher charcutier traiteur Brevet de maîtrise boulanger (niv. III) (Modules CAP Boucher au CFPPA Lorrain (prévu par le SPEL du Nord)*** CQP Boucher (en cours d ouverture) Demande pour les métiers nobles de l alimentation (charcutier, traiteur ) Rayons traiteurs dans les hypermarchés (*) En principe, les référentiels de 14

16 industries alimentaires et les bio-industries Apprentissage BP Boucher (CFAA) ** CAP Boulanger MC Pâtisserie boulangerie Formation continue TP V AFPAM la protection de l environnement (traitement des déchets) spécifiques environnemen t)* Modules régionaux traiteurs charcutiers Modules QHSE Poursuivre les formations en gestion d entreprise Modules spécifiques environnement formation en FPI et apprentissage tiennent compte des problématiques environnementales Remarques: 1. Un CAP boucher était proposé au CFA Métiers, mais a été fermé 2. (**) BP Boucher en 2 ème année au CFA Agricole. Le CFA pourra proposer la mise en place d une nouvelle promotion à compter de septembre 2013 sur deux ans pour des apprenants ayant déjà un CAP Boucher. (Source : Délégué régional à l ingénierie de la formation DAAF) 3. (***) Source : Délégué régional à l ingénierie de la formation DAAF Coiffure-esthétique: proposer des brevets de maîtrise Ecart entre l offre et la demande Actions de formation proposées FAP Offre de formation existante Besoins en compétences identifiés FPI Apprentissage FP continue Observations Evolution 1 Ouverture 3 Densification 2 Coiffure, Esthétique, cosmétique, parfumerie Statut scolaire CAP coiffure CAP, Bac Pro et BTS esthétique Apprentissage CAP, MC, BP Coiffure CAP soins esthétiques BP cosmétique parfumerie Formation continue AFPAM, CMA Compétences sociales (accueil, hiérarchie ) et marché (relationnel client, gestion commerciale) Reprise de salons de coiffure Sensibilisation aux risques professionnels (produits manipulés, troubles musculosquelettiques) Sensibilisation à la protection de l environnement (traitement des déchets) Modules spécifiques environnement et risques professionnels (*) Brevet de maîtrise coiffure (Niv III) Brevet de maîtrise esthétique, cosmétique Modules spécifiques environnement et risques professionnels (*) BM ci-contre (contrat de professionnalisation) Renforcer les partenariats avec des écoles nationales coiffure Augmentation de l offre de formation en esthétique Modules spécifiques environnement et risques professionnels Filière très demandée par les élèves Densité de salons de coiffure élevée en Martinique, mais vieillissement artisans offre opportunités reprises Note : (*) Ces modules sont déjà pris en compte dans les référentiels nationaux, en principe 15

17 Introduction L Etat, le Conseil régional, La Chambre de Métiers et de l Artisanat de Région Martinique, l AGEFOS-PME, l OPCALIA et l AGEFMA ont convenu de mener une étude prospective sur l activité, l emploi, les conditions de travail et l évolution des métiers dans le secteur de l artisanat à la Martinique, dans le but de disposer des outils nécessaires à la mise en place d une gestion optimale des ressources humaines et destinée notamment à maintenir l employabilité et à sécuriser les parcours professionnels des salariés. Les commanditaires ont eu besoin pour cela d un appui technique et d éléments d analyse pour alimenter une réflexion et proposer aux acteurs économiques et aux représentants du secteur (employeurs et représentants des salariés) des solutions idoines. I.1. Contexte de la prestation Cette démarche s inscrit dans un contexte particulier dont les principaux éléments caractéristiques sont les suivants. Le secteur de l artisanat joue un rôle clé dans l économie de la Martinique, mais une certaine atonie du secteur est constatée depuis quelques années. Le développement de l autoentrepreneuriat à partir de 2009 crée des situations de concurrence déloyale, singulièrement à la Martinique où le tissu économique est déjà fortement atomisé. Parallèlement, la loi Grenelle et la réglementation thermique spécifique à l Outremer (RTAA DOM) appellent un développement rapide de la maîtrise de l énergie et des énergies renouvelables dans l habitat et le tertiaire ainsi que des solutions pour le traitement des déchets des entreprises. Ces orientations ouvrent des perspectives en termes de nouveaux marchés pour le secteur de l artisanat, mais elles interviennent dans un contexte budgétaire contraint. En outre, des évolutions de l activité sont prévisibles, en raison des différents plans de relance régionaux et de l évolution de la réglementation, des lois de défiscalisation, des techniques et des exigences de la clientèle. Ainsi, les mutations du marché du travail engendrées par le taux de vieillissement de la population et l apparition de nouveaux métiers, parallèlement à la tension existante sur le marché de la formation, fait obligation aux acteurs de l emploi-formation en Martinique d initier de nouveaux modes de réflexion en matière de formation. En outre, les difficultés liées à la création d entreprise font obligation de renforcer les actions de reprises et transmission d activité. La réussite passe par l accompagnement et la formation des jeunes. L homme doit rester au cœur de la démarche. I.2. Objectifs de la mission Il ressort de ces éléments de contexte, des enjeux forts assignés aux résultats de l étude et qui obligent à une méthode dans laquelle les salariés autant que les employeurs devront être associés, et ceci à toutes les étapes de la mission. 16

18 La présente mission a pour objectif général de réaliser une étude prospective du secteur de l artisanat en vue d accompagner et d anticiper les conséquences des mutations démographiques, économiques, sociologiques, technologiques et réglementaires en termes d employabilité. Les objectifs stratégiques de l étude sont: de réaliser un état des lieux exhaustif de l activité, du marché du travail, de la formation, ainsi que des attentes et des besoins en matière d emploi et de compétences, en prenant en compte les problématiques environnementales; de dresser un diagnostic économique et social, et analyser les dysfonctionnements identifiés dans le secteur, notamment dans le domaine des conditions de travail ; de proposer des hypothèses d évolution à court et moyen terme (mutations économiques, technologiques, démographiques et sociales) et identifier les conséquences de ces évolutions sur l emploi ; de proposer des orientations stratégiques et des actions concourant au développement de l emploi et des compétences en vue du maintien ou du développement de l employabilité et de la sécurisation des parcours professionnels. Les objectifs opérationnels de l étude sont donc: de s approprier une vision partagée de la carte des emplois des entreprises de l artisanat, au moyen d une présentation ordonnée, actualisée des métiers et principaux emplois, de manière à disposer d un outil commun de gestion RH et de communication ; de cerner les évolutions essentielles de l environnement professionnel et des métiers susceptibles d impacter les modes d organisation, les emplois et les compétences des entreprises du secteur ; d identifier les pistes de travail débouchant sur des orientations de formation et de gestion des ressources humaines pour l avenir, par exemple autour de : o l information et la valorisation des métiers, o l accompagnement des emplois émergents ou en forte transformation, notamment du fait de la prise en compte croissante des préoccupations environnementales, o les nouveaux besoins en compétences et axes de formation professionnelle adaptés aux défis et enjeux du secteur, o la réflexion sur les parcours professionnels et les échanges de pratiques de gestion des ressources humaines socialement responsables ; de disposer d outils structurés et adaptés de connaissance et de gestion prévisionnelle des ressources humaines utiles aux entreprises comme à l ensemble du secteur, dans une optique de management stratégique. Ces outils serviront de support aux dispositifs de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, notamment sur les questions de formation, d égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et d accompagnement dans l évolution professionnelle. 17

19 Partie A. Etat des lieux et diagnostic Chapitre 1. Analyse économique du secteur 1.1. Champ du secteur Définition : des entreprises à taille humaine où le savoir-faire manuel est essentiel Des entreprises à taille humaine Les entreprises artisanales se caractérisent par leur dimension et la nature de leur activité. Elles emploient, dans leur majorité, moins de 10 salariés et doivent exercer une activité de production, de transformation, de réparation ou de prestation de service répertoriée dans le répertoire des métiers. Selon la loi du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat, «doivent être immatriculées au répertoire des métiers les personnes physiques et les personnes morales qui n'emploient pas plus de 10 salariés et qui exercent à titre principal ou secondaire une activité professionnelle indépendante de production, de transformation, de réparation ou de prestation de services relevant de l'artisanat et figurant sur une liste établie par décret en Conseil d'état» (Source: INSEE). Sous certaines conditions, les entreprises qui le souhaitent peuvent rester immatriculées au répertoire des métiers au-delà du seuil des 10 salariés (on parle de «droit de suite»). Seules les personnes ayant la qualification requise peuvent se prévaloir auprès de leur clientèle de la qualité d'artisan ou du titre de maître artisan. Le nombre d'entreprises artisanales ne coïncide pas avec celui des artisans, car plusieurs artisans peuvent être associés au sein d'une même entreprise. Les artisans, des hommes et des femmes de savoir-faire «Indépendamment de la définition juridique de l activité artisanale, présentée en annexe (cf. décret n du 17 juin 2008 et les diverses versions antérieures), la présente publication qualifie fréquemment le processus de fabrication «d artisanal» par opposition à «industriel». Cette qualification signifie, dans ces cas d utilisation, que le travail y est faiblement divisé, que les tâches manuelles y sont essentielles, peu répétitives, et demandent un savoir et/ ou un savoir-faire important» (NAFA rev2 version 2008). Un artisan doit avoir un diplôme ou une qualification préalable à l installation (loi du 5 juillet 1996) : - Artisan: CAP / BEP (ou immatriculation depuis 6 ans), - Maître artisan: brevet de maîtrise (ou immatriculation depuis 10 ans), 18

20 - Réglementations spécifiques: ambulance, taxi, déménagement, coiffure, - Qualification préalable obligatoire (diplômes professionnels, titres homologués, VAE) pour les activités qui mettent en jeu la santé et la sécurité des clients. Une entreprise artisanale est immatriculée au répertoire des métiers. Qualifiés dans leur métier, les artisans sont les dépositaires de nombreux savoir-faire transmis essentiellement par le biais de l apprentissage. Ce sont des chefs d entreprise indépendants qui assurent, seuls ou avec leur conjoint, la responsabilité de l entreprise. Ils travaillent dans un esprit d initiative, d innovation, à la recherche de la qualité, du respect de l environnement et de la satisfaction du client. un artisan est officiellement reconnu comme tel, s il justifie soit d un diplôme ou d un titre homologué dans le métier exercé, soit d une immatriculation au Répertoire des Métiers pendant au moins six ans. un artisan devient maître-artisan lorsqu il peut justifier de 10 années d immatriculation au Répertoire des Métiers, ou lorsqu il est titulaire du brevet de maîtrise dans le métier exercé après 2 ans de pratique professionnelle. un maître d'apprentissage confirmé est reconnu disposer des qualités pédagogiques et des compétences nécessaires pour former les apprentis. Ce titre est délivré par les chambres des métiers et de l artisanat. le titre d artisan d art est attribué à l artisan dont l activité est répertoriée dans la classification des métiers d art. Ce titre est délivré par les chambres des métiers et de l artisanat. Source : Un champ large : plus de 500 activités L artisanat rassemble plus de 500 activités différentes, réparties dans 4 secteurs d activités: - Bâtiment - Services : transport, réparation, services à la personne - Fabrication: bois-ameublement, textile, travail des métaux - Alimentation La répartition sectorielle des entreprises artisanales de Martinique indique que le bâtiment et les services sont prépondérants Répartition des entreprises artisanales par sous-secteurs d'activités 18% 28% Bâtiment 6% Fabrication 48% Services Alimentation Source : CMA de la Martinique 19

21 Métiers de l artisanat exemples Métiers de bouche Métiers des services à Métiers de la la personne production Métiers du bâtiment Boulanger Fleuriste Ebéniste Terrassement Pâtissier Photographie Ferronnier Assainissement Charcutier Taxi Sculpteur Maçon Traiteur Ambulancier Imprimeur Charpentier Boucher Coiffure Bijoutier Menuisier Chocolatier Esthétique Joaillier Plombier etc Laverie Chaudronnier Peintre Teinturerie Soudeur Electricien Pressing Cordonnier Carreleur Couturier Horloger Installateur sanitaire Secrétariat Infographiste Installateur climatisation Mécanicien Maréchal-ferrant Plâtrier-plaquiste Carrossier etc Serrurier-métallier etc etc Certaines activités font l objet de focus dans ce CEP ; le bâtiment en est exclu Les métiers du bâtiment sont exclus du champ de l étude, car ils font l objet d un CEP spécifique. Toutefois, certains métiers à la frontière de ce champ, comme les frigoristes, feront l objet d analyses. Les commanditaires de l étude ont pré-identifié une dizaine de familles d activités professionnelles qui connaissent des problèmes particuliers et qui font l objet en conséquence de focus dans la présente étude. Alimentation Production Services Bâtiment Boulangerie, pâtisserie, glacier Boucherie, charcuterie Bijouterie, horlogerie Bois, mobilier Textile, habillement Prothésiste dentaire Réparation automobile Fleuristerie Artisans taxis Coiffure et esthétique Photographie Frigoristes 20

22 1.2. Un secteur clé de l économie martiniquaise, pesant 13% de l emploi total % des entreprises martiniquaises Au 1 er janvier 2012, le secteur de l artisanat comptait entreprises enregistrées au Répertoire des Métiers, soit 28% du parc d entreprises du territoire (activités marchandes et hors agriculture) 2. Graphique Evolution du nombre d'entreprises artisanales martiniquaises Nombre d'entreprises artisanales Tableau a. Nombre d entreprises par secteur d activités en Martinique au 1 er janvier 2010 activités marchandes hors agriculture Nombre Pourcentage Ensemble % Industrie % Construction ,5% Commerce, transports, services divers % dont commerce et réparation automobile ,9% Administration publique, enseignement, santé, ,5% action sociale Source : INSEE «Région Martinique chiffres clés» mise à jour le 30 juin 2011 Source : Répertoire des Métiers ; février 2012 Tableau b. Entreprises artisanales par activité principale (NA08 38 postes) Au 1er janvier 2010 en nombre Martinique Martinique/France (en %) CA - Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac CB - Fabrication de textiles, industries de l'habillement, industrie du cuir et de la chaussure 407 0, ,6 CC - Travail du bois, industries du papier et imprimerie 383 1,9 CG - Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique ainsi que d'autres produits minéraux non métalliques CH - Métallurgie et fabrication de produits métalliques à l'exception des machines et des équipements 87 0, ,5 CK - Fabrication de machines et équipements n.c.a. 53 1,1 CM - Autres industries manufacturières ; réparation et installation de machines et d'équipements 571 1,2 FZ - Construction ,0 GZ - Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles 938 0,6 HZ - Transports et entreposage 562 1,5 2 28% = /

23 IZ - Hébergement et restauration 68 0,2 JC - Activités informatiques et services d'information 32 0,6 LZ - Activités immobilières 45 0,7 MA - Activités juridiques, comptables, de gestion, d'architecture, d'ingénierie, de contrôle et d'analyses techniques 53 0,5 MC - Autres activités spécialisées, scientifiques et techniques 167 1,1 NZ - Activités de services administratifs et de soutien 353 0,7 QA - Activités pour la santé humaine 49 0,9 RZ - Arts, spectacles et activités récréatives 25 0,4 Autres activités ,8 - dont SZ - Autres activités de service ,8 Total ,9 Champ : données en NAF rév. 2, activités marchandes hors agriculture selon la définition économique de l'artisanat. Source : Insee, répertoire des entreprises et des établissements (Sirene). Remarque : une légère différence apparaît entre les effectifs indiqués par la CMA et ceux de l INSEE travailleurs concernés ; 13% de la population active occupée Les effectifs salariés et d artisans du secteur s élèvent à en 2010, soit 12,7% de la population active occupée 3, avec une projection de en Graphique a. Evolution des effectifs (salariés et artisans) dans le secteur de l'artisanat entre 2006 et Remarque : la statistique 2011 est une projection Source : Chambre de Métiers et d Artisanat de Martinique Tableau de bord contrat d objectifs (avril 2012) 3 13% = / où est la population active occupée en 2010 (Source : INSEE Chiffres clés Région Martinique Emploi-population active ; géographie au 1 er janvier 2010). 22

24 Effectifs artisans indépendants pour les familles d activités professionnelles faisant l objet d une attention particulière dans ce CEP Les effectifs d artisans se décomposent comme suit par code d activité ; bien noter qu il ne s agit pas de l ensemble des FAP artisanales, mais seulement de celles qui font l objet de focus dans le CEP (hors effectifs du BTP, qui sont indiqués pour rappel) : Tableau Effectifs des artisans indépendants enregistrés au RSI, par code d'activité (au 30 juillet 2012) Dénombrem ent des actifs Tot NAF al Charcuterie 1013B 5 Boulangerie 1071C 55 Pâtissier 1071D 49 Fabrication de vêtements 1413Z 79 Fabrication de meubles 3101Z 2 Fabrication de meubles 3102Z 11 Fabrication de meubles 3109B 28 Fabrication d'articles de joaillerie et de bijouterie 3212Z 13 Fabrication d'articles de joaillerie et de bijouterie 3213Z 40 Fabrication de prothèses dentaires 3250A 12 Installation et montage de matériel aéraulique et frigorifique industriel 3320B 3 Construction de maisons individuelles 4120A 72 Construction d'autres bâtiments 4120B 35 Construction de routes et autoroutes 4211Z 5 Construction de réseaux pour fluides 4221Z 2 Construction d'ouvrages maritimes et fluviaux 4291Z 4 Construction d'autres ouvrages de génie civil n.c.a. 4299Z 1 Construction d'autres ouvrages de génie civil n.c.a. 4311Z 2 Travaux de terrassement courants et travaux préparatoires 4312A 101 Travaux de terrassement spécialisés ou de grande masse 4312B 4 Forages et sondages 4313Z 2 Travaux d'installation électrique dans tous locaux 4321A 218 Travaux d'installation électrique sur la voie publique 4321B 2 Travaux d'installation d'eau et de gaz en tous locaux 4322A 147 Installation et entretien de climatisation et chaufferie 4322B 62 Travaux d'isolation 4329A 4 Autres travaux d'installation n.c.a. 4329B 9 Travaux de plâtrerie 4331Z 20 Travaux de menuiserie bois et PVC 4332A 77 Metallerie, serrurerie 4332B 61 Agencement de lieux de vente 4332C 41 Travaux de revêtement des sols et des murs 4333Z 78 Travaux de peinture et vitrerie 4334Z 156 Autres travaux de finition 4339Z 43 Travaux de charpente 4391A 77 Travaux de couverture par éléments 4391B 36 Travaux d'étanchéification 4399A 11 Travaux de montage de structures métalliques 4399B 13 Travaux de maçonnerie générale et gros œuvre de bâtiment 4399C 293 Autres travaux spécialisés de construction 4399D 17 Réparation automobile et carrossier 4520A 244 Réparation automobile et carrossier 4520B 12 Boucherie 4722Z 32 Commerce de fleur 4776Z 35 Commerce de fleur 4789Z 164 Taxis 4932Z 90 Photographie 7420Z 88 Ambulancier 8690A 21 Réparation de meubles 9524Z 4 Réparation d'articles d'horlogerie et de bijouterie 9525Z 5 Blanchisserie, teinturerie 9601A 2 Pressing 9601B 29 Coiffure 9602A 159 Esthétique, soins de beauté 9602B 226 Thanatopraxie 9603Z 11 Ensemble 3012 Source: RSI - contribution au CEP Artisanat; septembre 2012 (Traitement complémentaire par VEV) 23

25 71% des entreprises artisanales n ont aucun salarié, contre 78% pour l ensemble des secteurs d activités à 19 salariés 3% Graphique b. Pourcentage d'entreprises artisanales selon le nombre de salariés 6 à 9 salariés 5% 1 à 5 salariés 20% 20 salariés et plus 1% Aucun salarié 71% Source : Chambre de Métiers et d Artisanat de Région Martinique ; au 1 janvier Source pour l ensemble des secteurs d activités: INSEE Chiffres clés Région Martinique; mise à jour le 28 octobre

26 Une progression des effectifs malgré la crise, alimentée en partie par la création du statut d auto-entrepreneur Cette progression concerne tant le nombre d entreprises que les effectifs de travailleurs (artisans et salariés), comme vu précédemment. Cette progression est nourrie en partie par la création du statut d auto-entrepreneur. Une forte hausse des créations d entreprise en Martinique depuis 2009, tous secteurs confondus, nourrie par le boom des auto-entrepreneurs Graphique Démographie des entreprises, tous secteurs confondus Ensemble des créations Créations hors auto-entrepreneurs Source : INSEE Chiffres clés Région Martinique «Démographie des entreprises» Mise à jour 10 mai 2011 Toutefois, l auto-entrepreneuriat engendre quelques difficultés pour les artisans Une concurrence déloyale par rapport aux artisans déclarés en tant que tels, qui sont sous des régimes fiscaux et sociaux normaux. Un risque de déqualification des métiers, lorsque ces auto-entrepreneurs ne sont pas passés par les voies classiques d apprentissage des métiers (formation par voie d apprentissage ; diplôme de lycée professionnel ). La limite du chiffre d affaires imposée par ce statut 5 empêche par le fait même le développement de l entreprise, et incite les personnes concernées à sousestimer leurs revenus. 5 Plafond de chiffre d affaires : euros HT pour les prestations de service, selon la loi de finance

27 1.3. Plusieurs caractéristiques distinctives des entreprises artisanales martiniquaises Une densité territoriale bien supérieure à la moyenne nationale Le nombre d entreprises artisanales rapporté à habitants est de 247 en Martinique (263 en Guadeloupe), contre 166 pour l ensemble de la France. Cette densité importante implique une concurrence exacerbée entre entreprises artisanales et peut donc se traduire par une plus grande fragilité des entreprises. D un autre côté, elle peut être interprétée comme un signe de dynamisme et pourrait constituer un atout pour concurrencer les entreprises de plus grande taille, si les artisans martiniquais parvenaient à se regrouper (groupements d entreprises, coopératives ) pour mener des actions collectives et mutualiser des moyens. Tableau Densités en France - Nombre d'entreprises artisanales en 2010 et taux pour habitants Province France métropolitaine Guadeloupe Guyane Martinique La Réunion France champ : artisanat au sens économique défini par le REE Les ratios sont calculés à partir des estimations de population au 01/01/2009. Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements REE (Sirène), Estimations de population Une répartition territoriale plus équilibrée que l ensemble des entreprises La répartition territoriale des entreprises artisanales est plus équilibrée que pour l ensemble des entreprises, confirmant ainsi la contribution à l activité de proximité de l artisanat. 44,5% des entreprises artisanales sont situées sur le territoire de la CACEM (Centre de la Martinique), alors que pour l ensemble des secteurs d activités, 67% de l ensemble des salariés affiliés à Pôle Emploi pour l assurance chômage 6. Tableau Nombre d entreprises artisanales par territoire et par type d activités Pourcentage Alimentation Fabrication Bâtiment Services Ensemble de l ensemble CCNM ,5% CACEM ,5% CAESM % Ensemble % Source : Chambre de Métiers et de l Artisanat de Région Martinique ; au 1 er janvier Source : Pôle Emploi Services statistiques ; information mise à jour le 20 septembre

28 Des entreprises plus âgées que la moyenne des entreprises en Martinique 80% des entreprises artisanales ont 3 ans ou plus, contre 72% pour l ensemble des entreprises. Cette plus grande ancienneté, qui ne doit pas être confondue avec une plus grande viabilité, est due à plusieurs facteurs explicatifs : - Les artisans attachent à leur entreprise une valeur sentimentale et éprouvent des difficultés à «s en séparer» ; - De nombreux artisans ne payaient pas de cotisations retraite, ce qui les obligent à travailler plus longtemps ; - La technicité des métiers complique la cession des entreprises, au-delà des problèmes économiques posés par les cessions-transmissions. Graphique a. Ancienneté des entreprises artisanales martiniquaises, au 1er janvier 2012 Graphique b. Ancienneté des entreprises martiniquaises - tous secteurs confondus, au 1er janvier % 20% 40% 28% 38% 32% Moins de 3 ans 3 ans à 9 ans 10 ans ou plus Moins de 3 ans 3 ans à 9 ans 10 ans ou plus Source : Répertoire des Métiers ; au 1 er janvier 2012 Source : INSEE Chiffres clés Région Martinique ; mise à jour le 10 mai

29 Des activités de construction et de fabrication non alimentaire proportionnellement plus importantes que dans le reste de la France Tableau Répartition sectorielle des activités artisanales, par région, en 2010 répartition des entreprises artisanales par activité en A38 (en %) Industries manufacturières Construc tion Commerce, réparation automobile et motocycles Services Total dont industries alimentaires dont autres industries manufacturières Province 16,7 4,9 4,7 39,2 14,4 29,7 France métropolitaine 16,3 4,7 4,6 39,2 14,1 30,4 Guadeloupe 21,2 5,3 5,2 50,9 8,3 19,6 Guyane 23,2 5,5 6,5 45,9 9,8 21,1 Martinique 20,9 4,1 5,8 44,2 9,5 25,4 La Réunion 21,8 6,0 5,8 39,8 9,6 28,8 France 16,5 4,7 4,6 39,4 13,9 30,2 champ : artisanat au sens économique défini par le REE Cette répartition ne considère que les entreprises disposant d'un code activité artisanale. source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements REE (Sirène) 28

30 1.4. Un secteur dynamique en termes d évolution des effectifs, mais un marché du travail qui reste déséquilibré Le secteur de l artisanat compte plusieurs familles d activités professionnelles parmi les plus créatrices d emplois entre 1999 et 2008 Entre 1999 et 2008, plusieurs secteurs d activités intensifs en entreprises artisanales ont été parmi les plus créateurs d emploi salarié, construction, autres activités de services (coiffure, esthétique), réparation automobile, transport et entreposage, transformations alimentaires. A l inverse, le secteur de l habillement a perdu des emplois. Cette vitalité s est globalement maintenue sur la période récente 7 (voir plus en avant section «un secteur clé de l économie martiniquaise»). Graphique Evolution de l emploi salarié par secteur d activités entre 1999 et 2009 Source : INSEE Martinique Contribution aux travaux prospectifs de la Région Martinique (septembre 2011) ; traitement complémentaire par le prestataire. 7 Hormis le secteur du BTP : voir CEP BTP. 29

31 Le marché du travail reste néanmoins déséquilibré Plusieurs métiers les plus recherchés par les demandeurs d emploi sont dans le secteur artisanal Le classement des métiers les plus recherchés montre une certaine stabilité au cours des dernières années ; plusieurs familles d activités professionnelles du secteur de l artisanat sont concernées : coiffure, esthétique, cosmétique (services à la personne), réparateurs automobiles (commerce, vente), BTP, transport, frigoriste (installation, maintenance), bijoutiers, ébénistes (arts et façonnage d ouvrages d art). Tableau a. Répartition des DEFM A par métier agrégé et mise en exergue des catégories les plus recherchées Métier agrégé 2007 Métier agrégé 2010 Services à la personne et à la collectivité Services à la personne et à la collectivité Commerce, vente et grande distribution Commerce, vente et grande distribution Support à l entreprise Support à l entreprise Agriculture et pêche, espaces naturels et Construction, bâtiment et travaux publics espaces verts, soins aux animaux Construction, bâtiment et travaux publics Hôtellerie- restauration tourisme loisirs et animation Hôtellerie- restauration tourisme loisirs et animation Transport, logistique Transport, logistique Agriculture et pêche, espaces naturels et espaces verts, soins aux animaux Installation et maintenance Installation et maintenance Santé Santé Industrie 841 Industrie Arts et façonnage d ouvrages d art 394 Arts et façonnage d ouvrages d art 409 Spectacle 301 Banque, assurance, immobilier 368 Communication, media et multimédia 293 Communication, media et multimédia 367 Banque, assurance, immobilier 291 Spectacle 279 Non déterminé 258 Non déterminé 197 Total Total Source : Pôle Emploi Contribution aux travaux prospectifs de la Région Martinique ; septembre 2011 La demande d emploi excède très largement l offre d emploi dans plusieurs secteurs d activités comprenant une majorité d entreprises artisanales Tableau b. Tableau comparatif des DEFM A et des offres d emploi enregistrées par catégorie agrégée de métiers en 2010 DEFM A Poids OEE Poids Ratio D/O A. AGRICULTURE ET PÊCHE, ESPACES NATURELS ET ESPACES VERTS, SOINS AUX ANIMAUX ,5% ,3% 2,45 B. ARTS ET FACONNAGE D'OUVRAGES D'ART 409 1,0% 47 0,5% 8,70 C. BANQUE, ASSURANCE, IMMOBILIER 368 0,9% 130 1,3% 2,83 D. COMMERCE, VENTE ET GRANDE DISTRIBUTION ,9% ,2% 4,06 E. COMMUNICATION, MEDIA ET MULTIMEDIA 367 0,9% 101 1,0% 3,63 F. CONSTRUCTION, BÂTIMENT ET TRAVAUX PUBLICS G. HÔTELLERIE- RESTAURATION TOURISME LOISIRS ET ANIMATION ,3% 877 8,5% 5, ,5% ,4% 2,03 30

32 H. INDUSTRIE ,6% 167 1,6% 6,17 I. INSTALLATION ET MAINTENANCE ,8% 542 5,2% 3,59 J. SANTE ,7% 233 2,2% 6,35 K. SERVICES A LA PERSONNE ET A LA COLLECTIVITE ,9% ,3% 4,65 L. SPECTACLE 279 0,7% 297 2,9% 0,94 M. SUPPORT A L'ENTREPRISE ,9% ,3% 4,06 N. TRANSPORT ET LOGISTIQUE ,9% 349 3,4% 7,97 Non Déterminé 197 0,5% Source : Pôle Emploi Contribution aux travaux prospectifs de la Région Martinique ; septembre % des intentions d embauche émanent d établissements ayant moins de 10 salariés ; un établissement sur cinq envisageait de recruter en 2010 La propension à recruter de la Martinique s établissait à 18,9% en 2010 : établissements envisagent de réaliser au moins une embauche en 2010 ; - le nombre total de projets de recrutement s élève à unités ; - 63% de ces intentions d embauche émanent des établissements de moins de 10 salariés. - Les principaux secteurs d activités demandeurs sont l agriculture industrie agro-alimentaire (IAA), l industrie hors IAA et la construction. Graphique Proportion d établissements déclarant des projets de recrutement (Source : enquête BMO 2010 ; Pôle Emploi, Credoc) Ensemble des secteurs 18,9 IAA et agriculture 31,2 Industrie manufacturière Construction 22,6 21,7 Commerce 14,9 Services 17,7 (en %)

33 Les mécaniciens automobiles comptent parmi les métiers connaissant des difficultés de recrutement La proportion de recrutements difficiles pour les mécaniciens automobiles est de 51% des intentions d embauche, contre 43% pour l ensemble des métiers. Tableau c. Les 10 métiers où sont signalées les plus fortes difficultés de recrutement (Source : enquête BMO 2010 ; Pôle Emploi, Credoc) Effectifs à recruter (1) % de cas difficiles à recruter Agents de sécurité et de surveillance, enquêteurs privés et métiers assimilés ,6% Employés de l'hôtellerie 77 80,5% Professionnels de l'animation socioculturelle (animateurs et directeurs) ,5% Serveurs de cafés, de restaurants et commis ,7% Aides à domicile, aides ménagères, travailleuses familiales ,5% Maçons ,5% Mécaniciens et électroniciens de véhicules 83 50,8% Agriculteurs salariés, ouvriers agricoles ,5% Formateurs (y compris moniteurs d'auto-école) ,6% Agents administratifs divers (saisie, assistanat RH, enquêtes ) 86 42,6% (1) Sont uniquement retenus les métiers représentant plus de 1% du nombre total de projets de recrutement en

34 1.5. De nombreux métiers impactés par les préoccupations de développement durable La dimension environnementale du développement durable concerne de nombreux métiers de l artisanat Définition du développement durable Le développement durable est un concept que l on résume aujourd hui d une simple phrase : «un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs». Illustrations de métiers impactés De nombreuses caractéristiques, inhérentes à l artisanat, relèvent déjà du développement durable : des entreprises à taille humaine, des relations personnalisées avec la clientèle, le maintien de savoir-faire locaux et traditionnels, le maillage des territoires ruraux, l animation des centres-villes et des quartiers sensibles, et l insertion professionnelle des jeunes et des chômeurs. Les principaux domaines environnementaux susceptibles de concerner les artisans sont les suivants : - Gestion des déchets - Traitement des eaux usées - Maîtrise de l énergie - Réduction du bruit De nombreux métiers sont impactés : - Garages automobiles - Casses automobiles - Métiers de bouche - Frigoristes, électroniciens, photographes - Coiffure et esthétique, bijouterie - Services funéraires 33

35 - Prothésistes dentaires - Bois-ameublement - Nettoyage à sec - Transport Dans la suite de cette section, les garages automobiles, les métiers de bouche et les frigoristes font l objet de développements Le traitement des déchets d entreprise n est pas satisfaisant en Martinique Réglementation et gouvernance : principes du pollueur-payeur et responsabilité élargie du producteur (REP) Le secteur des déchets est fortement régi par les règlementations et contraintes européennes et nationales. La nouvelle Directive Cadre sur les Déchets (n 2008/98/CE) réaffirme les principes du pollueur-payeur, de proximité et celui de responsabilité élargie du producteur (REP) selon lequel le fabricant doit désormais intégrer le coût de l'élimination ou du recyclage des produits en fin de vie dans le coût de production de ses produits dès leur conception. Les plans issus de la réglementation en Martinique PDEDMA: un Plan d élimination des déchets ménagers et assimilés a été approuvé en 1995 et révisé en 2005, en Martinique. PREDIS: un Plan régional d élimination des déchets industriels spéciaux a été approuvé en Martinique par arrêté préfectoral du 1 er décembre 1998 (voir précisions infra). Plan déchets BTP: un Plan départemental de collecte, de valorisation et d élimination des déchets du bâtiment et travaux publics a été approuvé en Martinique en PREDIS Le Plan régional d élimination des déchets industriels spéciaux (PREDIS) a été approuvé en Martinique par arrêté préfectoral du 1 er décembre Ce Plan établi initialement par la Préfecture est devenu compétence de la Région Martinique. Les déchets pris en compte dans le PREDIS sont : - les déchets industriels spéciaux (DIS): déchets d hydrocarbures et huiles usagées des entreprises, solvants et déchets de peinture, déchets minéraux spéciaux, rebuts (métaux spéciaux, emballages souillés, déchets de filtration ), - les déchets toxiques en quantités dispersées (DTQD) : déchets chimiques de laboratoire, 34

36 - certains déchets des collectivités : REFIOM (résidu d épuration des fumées d incinération des ordures ménagères), huiles usagées des ménages, batteries usagées, déchets ménagers spéciaux (piles ), - les fluides réfrigérants: huiles chlorées, gaz CFC (chlorofluorocarbone), HCFC (hydrochlorofluorocarbone) et HFC (hydrofluorocarbures). Les déchèteries ne sont pas en nombre suffisant en Martinique; et il n y a pas de déchèterie d entreprises Seulement 6 déchèteries existent (21 déchèteries à l horizon 2015 sont prévues dans le PDEDMA) et il n y a aucune déchèterie d entreprises en Martinique. - Cette situation conduit à l acceptation de déchets de toute nature (équipements électroménagers, encombrants des ménages, huiles de batteries usagées, autres DIB) en décharges, d où une augmentation du coût d exploitation des centres d enfouissement technique (CET). Compte tenu des caractéristiques du tissu économique local, les déchets des secteurs d activités suivants ont fait l objet d une attention particulière ces dernières années: - les déchets du secteur agro-alimentaire, composés en grande majorité de déchets organiques, comme eau de lavage, pulpes, graisses, sang, etc., qui peuvent générer impacts sanitaires et environnementaux très importants en cas de mauvaise gestion (santé publique, odeurs, dégradation des milieux aquatiques...) ; - les déchets du secteur automobile ; - trois principaux gisements potentiels de déchets industriels banals (DIB) d entreprises sont le carton (en raison de l importance de l importation et du secteur du commerce), le plastique et les déchets de bois constitués à 2/3 par le secteur ameublement et transformation du bois et à 1/3 par les palettes. Des filières responsabilité élargie du producteur ont été structurées récemment en Martinique Le secteur du traitement des déchets est dominé par le groupe SEEN qui détient des filiales pour de nombreux types de déchets : METAL DOM (métaux, D3E, VHU et pneus) ; E-Compagnie (déchets dangereux spécifiques, de types huiles, batteries, piles et accumulateurs); Martinique Recyclage (déchets d emballage principalement) et Evéa (collecte de DIB notamment). Quelques filières de déchets du secteur automobile ont été structurées, mais elles ne donnent pas lieu à un traitement local: batteries, pneus (voir infra). Une filière de valorisation des déchets d équipements électriques et électroniques (D3E) implique tant les distributeurs que les collectivités et les consommateurs. 35

37 L opération Garage Propre vise à améliorer le traitement des déchets dans le secteur de la réparation automobile L offre de traitement des déchets automobiles s est élargie récemment, mais de nombreuses entreprises artisanales manquent de moyens pour faire face à l obligation du traitement des déchets Les principaux déchets concernés Ces déchets d entreprise sont : DIB = Déchets Industriels Banals : ce sont des déchets non toxiques et non dangereux (pare-chocs, emballages non souillés, ferrailles, papiers, cartons, pare-brise...) DIS = Déchets Industriels Spéciaux : ce sont des déchets qui peuvent présenter un caractère dangereux ou toxique et qui nécessitent un traitement particulier (bombes aérosols, batteries, peintures, emballages souillés, filtres à huile ou à gasoil, liquide de refroidissement, matériaux souillés, solvants...). Des filières responsabilité élargie du producteur ont été structurées récemment, mais elles ne donnent pas lieu à un traitement local Ces REP sont : Batteries : L association TDA Martinique (Traitement des Déchets Automobiles) a été développée par les importateurs de véhicules et de matériel incorporant des batteries, en 2000 Pneus : L association TDA PUNR (Traitement des Déchets Automobiles Pneus Usagés Non Réutilisables) a été développée par les importateurs locaux de pneumatiques, en 2006 Huiles usagées: E-COMPAGNIE est le collecteur agréé qui regroupe et stocke les huiles usagées avant qu elles ne soient exportées en Métropole pour valorisation. Véhicules hors d usage (VHU): Quatre démolisseurs agréés peuvent procéder à la récupération et au traitement (dépollution, élimination des déchets, compactage et transport à destination de l'hexagone). Plastiques et ferreux: de plus petits acteurs louent des bennes et assurent une collecte à une fréquence régulière, à côté des entreprises spécialisées pour les déchets à réglementation spécifique vus précédemment. o Azur Environnement a signé un partenariat avec le syndicat des carrossiers. o L entreprise Alizé Environnement, actuellement présente sur le marché de la collecte des déchets d entreprises en général, envisage de développer une offre sur le segment de la collecte des déchets du secteur de l automobile. 36

38 Mais de nombreuses entreprises artisanales manquent de moyens pour faire face à l obligation du traitement des déchets Position du problème : - Des déchets produits en petites quantités, certains nocifs ; - Un nombre insuffisant des lieux de collecte (exemple des déchèteries) ; - Un éloignement de l'artisan par rapport aux lieux de collecte ou par rapport aux prestataires privés qui facturent donc les longs déplacements. Les artisans pallient le manque de solutions: - en mélangeant les déchets dangereux avec les autres déchets assimilables aux ordures ménagères; - en abandonnant ces déchets dans des lieux quelconques, dans l espoir qu ils seront récupérés; - en rejetant les déchets liquides dans le réseau d assainissement; - en pratiquant de mauvaises conditions de stockage des déchets dangereux pour l homme et l environnement. Ces pratiques palliatives adoptées ont des conséquences négatives: - des risques pour l homme et l environnement (pollution des sols, des rivières, de l'air, etc.); - une augmentation des coûts de traitement des déchets engendrée par la présence de polluants. De bonnes et de mauvaises pratiques ont été identifiées Des mauvaises pratiques ont été recensées par l ADEME Les huiles: seul le fût d huile neuf est stocké à l intérieur du garage, le fût d huile usagé est placé à même le sol, au contact du soleil, de la terre et de la pluie. La teneur en eau des huiles cause des problèmes au collecteur. Solvants, diluants: les destinations finales sont les ordures ménagères ou les bennes de collectivités. Emballages, bidons chiffons, papiers souillés: la destination finale est les ordures ménagères. Les filtres à huiles et essences: le stockage se fait dans un bac en plein air (séché par le soleil et lessivé par la pluie) ou bien les filtres prennent la direction des ordures ménagères. Les véhicules hors d usages: ils sont placés à même la terre, derrière l atelier, en attendant une aide des pouvoirs publics pour leur élimination Un grand nombre d artisans construisent leur garage dans des zones d habitations; le réparateur qui dispose de peu d espace stocke les véhicules en attente de réparation sur la voie publique. 37

39 Mais quelques bonnes pratiques existent également, à l instar du garage XYZ 8, certifié ISO Le secteur de l automobile génère des déchets non dangereux (pneumatiques, pare-brise, pare-chocs, les ferrailles, emballages non souillés) qui peuvent rejoindre des filières de valorisation. Dans cette optique, le garage XYZ a investi dans un compacteur pour les cartons et loue deux bennes pour trier les métaux et les plastiques. - Les DIB sont collectés dans des poubelles (de couleur marron) mises à disposition gratuitement par la CACEM. - Pour les déchets dangereux, des investissements dans un séparateur d hydrocarbures, un recycleur de solvants qui régénère les produits de vernis en diluant de nettoyage ont été réalisés. Un indice moyen du coût des déchets a été calculé et est répercuté sur les clients, conformément aux dispositions réglementaires applicables. Mais ceci pose des problèmes auprès de sa compagnie d assurance qui refuse de prendre en compte les coûts de traitement des déchets (ce point est clarifié plus bas). La CMA et le syndicat professionnel des réparateurs automobiles ont mis en place l opération Garage Propre L opération Garage Propre vise à aider les professionnels de l automobile à éliminer leurs déchets dans des filières agréées Contexte: Les professionnels de l automobile (réparation, maintenance, carrosserie, matériel agricole, motoculture, motocycle) sont aujourd hui confrontés à des problèmes concernant l élimination de leurs déchets. Les petites entreprises ont des difficultés à trouver des filières d élimination à cause de la faible quantité qu elles produisent. Pour trouver une solution, la Chambre de Métiers et de l Artisanat de la Martinique et le syndicat professionnel des réparateurs automobiles ont mené une réflexion qui a abouti à la mise en place de l opération GARAGE PROPRE. Dorénavant, les artisans concernés pourront bénéficier de prestations techniques adaptées à leurs besoins. 8 La dénomination de l entreprise ne peut pas être indiquée dans le présent rapport. 38

40 Préconisations et actions pour le développement durable Les préconisations issues de cette réflexion sont : - Sensibiliser les artisans sur le tri des déchets à la source ; - Informer les artisans sur la réglementation, ses implications et son évolution ; - Communiquer le nom des entreprises collectrices de déchets et les dispositifs mis en place sur le terrain ainsi que leurs tarifs ; - Mettre à disposition des artisans une benne compartimentée pour éviter le mélange des déchets ; - Construire un abri à proximité du garage pour le stockage et une meilleure collecte des déchets liquides et solides ; - Construire davantage de déchèteries d entreprises ou de déchèteries mixtes particuliers entreprises (cela permettrait une hausse des volumes collectés et une baisse du coût moyen de traitement) ; - Construire davantage de zones artisanales: la zone permet de regrouper sur un site les artisans du même corps de métiers, de regrouper les déchets de chacun pour un meilleur service des organismes collecteurs ; - Inviter les entreprises responsables de la collecte et de la valorisation des déchets aux réunions du comité de pilotage de l'opération Garage Propre. Ces entreprises pourraient décrire les difficultés rencontrées auprès des artisans de la réparation automobile, et proposer des solutions afin de sensibiliser et d'équiper les artisans martiniquais d'outils respectueux de l'environnement. Les actions concrètes prévues sont : - Edition des premières plaquettes «Garage Propre» ; - Travail avec un groupe pilote d une trentaine artisans intéressés par la démarche ; - Actions de sensibilisation auprès des jeunes du CFA Métiers (projet de mise en œuvre de la collecte au sein des déchets des garages au sein de l établissement d enseignement) ; - Définir avec les prestataires les modes de stockage, en fonction du volume d activité des garages ; - Sensibilisation et formation des artisans sur le besoin d une démarche du tri des déchets ; - Création d un réseau ; - Réalisation de pré-diagnostics environnementaux ; - Sensibilisation au calcul et à l établissement des devis ; - Visites individuelles et accompagnement pour les pré-diagnostics ; - Accompagnement des chefs d entreprises sur la mise en œuvre des rétentions; - Sensibiliser les artisans et le grand public sur les enjeux : image de l île et risques de pollution; - Sensibilisation des artisans aux arguments pour répercuter les coûts et expliquer au grand public ; - Information des agents économiques et sensibilisation des futurs artisans (Stage de Préparation à l Installation) sur les nouvelles pratiques. 39

41 Des progrès restent à faire, comme l investissement dans des séparateurs à hydrocarbures Pour les garages, de nombreux risques de pollution de la ressource en eau peuvent être identifiés : - les eaux de lavage et de ruissellement chargées d impuretés au contact de l air (gaz d échappement) et du sol (traces d huiles de vidange, de carburants, de pneus de véhicules) peuvent générer une pollution brute considérable qui arrive dans le lit des rivières en absence de traitement ; - le déversement accidentel d hydrocarbures dans un atelier (fuite d une machine), huile ou acide de batterie ou de liquide de refroidissement, peut générer une pollution pour le milieu naturel ou les stations d'épuration collectives ; - le nettoyage ou dégraissage avec des solvants et autres produits dangereux de pièces et de machines en mécanique générale présente aussi des risques pour la ressource en eau. Des systèmes spécifiques comme des séparateurs à hydrocarbures sont des équipements à installer pour «prévenir, limiter, réduire ou corriger les atteintes à l environnement». - Destiné à recueillir les effluents de production chargés en hydrocarbures, un séparateur à hydrocarbures est composé de deux compartiments : le débourbeur et le déshuileur. Le coût d'investissement d'un séparateur à hydrocarbures varie en fonction de la taille et des modèles. - L'entretien d'un séparateur à hydrocarbures nécessite un pompage régulier des deux compartiments par un prestataire, prestation qui génère à la fois des coûts de transport et d intervention. Une vidange annuelle voire biannuelle semble nécessaire pour un bon entretien du dispositif et un rendement acceptable. Une alternative à la vidange traditionnelle au moyen d'un camion hydrocureur consiste à utiliser des boudins ou sacs absorbants en microfibres de polypropylène hydrophobes, qui doivent ensuite être éliminés comme des déchets toxiques. Peu de garages de taille artisanale disposent d un séparateur à hydrocarbures. Ainsi, la réglementation n est pas un levier suffisant dans ce domaine ; l absence de contrôle pourrait l expliquer. 40

42 Les artisans des métiers de bouche doivent traiter les rejets d eaux usées Les rejets d eaux usées chargées en graisse doivent faire l objet de traitements spécifiques Parce qu une mauvaise gestion peut générer des impacts sanitaires et environnementaux (santé publique, odeurs, dégradation des milieux aquatiques...), l agro-alimentaire au sens large (à savoir, tant les entreprises industrielles que les métiers de bouche, les cuisines collectives et les restaurateurs) fait l objet de contrôles réguliers, principalement par les agents de l Agence Régionale de Santé et de la Direction départementale des services vétérinaires de la Martinique. Les rejets d'eaux usées chargées en graisses, farine, sang, détergents, etc. doivent impérativement faire l objet de traitements spécifiques : Pour l agro-alimentaire, un bac à graisses composé de deux compartiments (débourbeur et dégraisseur) est destiné à recueillir les effluents de production chargés en matières solides et en graisses. Dans les restaurants, le séparateur à graisses auto-nettoyant est conçu pour être installé directement dans la cuisine en sortie des éviers de lavage de vaisselle. De bonnes pratiques existent en Martinique. Ainsi, pour la boulangerie-pâtisserie XYZ 9, l agrandissement de l atelier de cuisine encadré par le suivi et le financement des services de contrôle a abouti à un ensemble d investissements pour limiter les rejets polluants de l activité et se conformer aux normes (traitement des eaux, coupe-airs pour les fours, etc.), en Pour mettre en œuvre ce type de démarche d ensemble, l entreprise s est tournée vers une société spécialisée dans l installation de cuisines professionnelles. Plus généralement, l impact de l activité sur l environnement doit être diminué Les professionnels des métiers de bouche et de la production alimentaire doivent également intégrer les évolutions réglementaires visant un meilleur respect de l environnement. Certaines activités, comme les abattoirs et les activités de transformation de matières premières animales et végétales destinées à la fabrication de produits alimentaires sont en effet soumises au respect de la directive européenne IPPC (International Plant Protection Convention). Cette directive vise à minimiser la pollution émanant des sources industrielles et impose aux exploitants d obtenir une «autorisation environnementale» démontrant une mise en conformité de leur processus de production aux exigences de l Union Européenne. 9 Le nom de l entreprise ne peut pas être indiqué dans le présent rapport. 41

43 Les frigoristes sont concernés par une filière de valorisation des D3E Le frigoriste (technicien ou monteur-dépanneur) installe, met en service et maintient les équipements frigorifiques monopostes utilisés pour la conservation de denrées périssables équipant les points de distribution alimentaire, (chambres froides, vitrines et armoires réfrigérées, machines à glace, équipements frigorifiques, etc.) et des équipements de confort thermodynamique (pompe à chaleur, refroidisseur d'eau, etc.). Pour des équipements frigorifiques centralisés, le monteur-dépanneur réalise les raccordements fluidiques et électriques, participe, en appui à un technicien, aux activités de mise en service et réalise, sur instructions, la maintenance préventive des premier et deuxième niveaux. Il travaille souvent seul, ce qui nécessite une attention soutenue, le respect des normes de sécurité et l'application de la réglementation en vigueur. Il est amené à effectuer des opérations dans un contexte à risques : lors de la manipulation de fluides frigorigènes, à l'occasion d'interventions sur les équipements électriques et sur des appareils à pression. Pour certaines de ces interventions, il doit être certifié et habilité. Le monteur-dépanneur frigoriste n'intervient pas dans la fonction étude, celle-ci étant réalisée par un technicien pour les petites études et par un bureau d'études pour les autres. La filière de valorisation des déchets d équipements électriques et électroniques (D3E) a été lancée en novembre 2007 en Martinique La filière de valorisation des déchets d équipements électriques et électroniques (D3E) a été lancée en novembre 2007 en Martinique, conformément au décret n du 20 juillet 2005 qui rend obligatoire le principe du «un pour un», c'est-à-dire la reprise d'un équipement usagé lors de l'achat d'un appareil neuf. Outre les distributeurs de D3E, tenus par le principe du «un pour un», sont impliqués les collectivités, chargées d opérer le tri dans les déchèteries, les opérateurs susceptibles d intervenir pour le réemploi des appareils concernés et les consommateurs. Le consommateur est sollicité via l éco-contribution, qui varie selon le prix de l appareil et permet de financer sa valorisation finale. Les appareils électriques et équipements électroniques usagés des ménages doivent être recyclés et réutilisés. Aujourd hui, ils sont triés en 4 familles de produits : gros électroménager froid ; gros électro-ménager hors froid ; écrans ; petits appareils en mélange. Les prestataires locaux Eco-Systèmes, éco-organisme national agréé par les pouvoirs publics pour collecter et recycler les appareils électriques et électroniques usagés, a mandaté l'association Entreprises & Environnement pour être son interlocuteur local. Suite à un appel d'offre, les prestataires locaux d'eco-systemes depuis le 1 er janvier 2010 sont : - METALDOM, en sous-traitance de Martinique Recyclage, pour la logistique de collecte et de regroupement des quatre flux et également d'empotage et expédition vers la Métropole du gros électroménager hors froid, des écrans et des petits appareils ménagers. 42

44 - CITRADEL pour la dépollution (phase 1) du gros électroménager froid (GEM F), puis empotage et expédition vers la Métropole pour traitement La maîtrise de l énergie crée des opportunités pour les frigoristes La demande traduit des besoins croissants de prestations et matériels de MDE dans le domaine de l habitat et pour certains secteurs d activités Les usages principaux de l énergie dans l habitat et le tertiaire sont le froid alimentaire, l eau chaude sanitaire et la climatisation. A l échelle de la Martinique, l habitat et le tertiaire représentent 37% du bilan des consommations, ce qui fait de ce groupe le deuxième secteur consommateur d énergie primaire du territoire. Dans l habitat, le froid alimentaire est l usage le plus consommateur (27%), devant l eau chaude sanitaire (17%) et la climatisation (10%). En milieu industriel, trois postes sont généralement les plus consommateurs en énergie : les moteurs de chaîne, le froid industriel et le process de chauffage. Pour la Grande distribution et l agroalimentaire, le froid industriel et alimentaire représente un enjeu énergétique ciblé. Le froid industriel regroupe tous les systèmes permettant d'abaisser la température dans un espace clos (congélateur industriel, local, immeuble, etc.). Cela concerne en premier lieu les installations et compresseurs frigorifiques qui composent les groupes froids, les chambres froides alimentaires, etc., pour stopper la croissance bactérienne et ralentir les réactions chimiques indésirables en vue d augmenter la durée de vie des produits agroalimentaires. La maîtrise de l énergie crée des opportunités pour peu que les clients soient sensibilisés Les entreprises consommatrices doivent comprendre que : Réduire sa consommation est une économie d'énergie et donc une économie financière. Des choix d investissement permettent de minimiser les dépenses énergétiques : - les dépenses énergétiques peuvent être minimisées en privilégiant des compresseurs performants, des appareils économes en énergie, des moteurs haut rendement, en détectant et supprimant les fuites sur le circuit de distribution, en installant des programmateurs ou des thermostats électroniques ; - la diminution de la puissance réactive sur les machines tournantes peut être source d'économie non négligeable ; - préférer un équipement de classe A, ou peu énergivore à l'achat, sera très rapidement amorti par les économies d'énergie engendrées. A partir d un diagnostic de la consommation de l entreprise assorti d une analyse critique des installations existantes, il est possible d agir sur les différents aspects précédents. L'importance du diagnostic énergétique est d'identifier les principaux postes de dépenses et d'établir un plan d'action avec des priorités. 43

45 La qualité du suivi des équipements doit être améliorée, parallèlement à ces nouveaux choix d investissement. La maintenance et l entretien des machines concourent à une consommation énergétique optimisée et sont donc, à ce titre, souvent encadrés par la réglementation. L installation et l entretien des équipements frigorifiques doit être confiée à un prestataire agréé. Certaines entreprises ont bien compris les gains possibles par la MDE l exemple d une entreprise agroalimentaire Suite au pré-diagnostic prévu dans le cadre du programme «Objectif Energie - 20 %» proposé par l'ademe et l'ampi, l entreprise XYZ a pu réaliser que sa centrale frigorifique représentait près de deux tiers des consommations d'énergie du site, lesquelles s élèvent à 3 % de son chiffre d affaires. Parmi les pistes d actions efficaces qui n'engendrent pas de dépenses significatives, on peut citer la maintenance préventive et l installation de variateurs de vitesse sur les compresseurs. En effet, le recours à un compresseur à vitesse variable est une source d économie d énergie non négligeable puisque cela permet d ajuster la pression et la quantité d air comprimé nécessaire aux besoins spécifiques de chaque procédé. En parallèle, des investissements en nouveaux matériels sont à prévoir, pour faire évoluer le processus d'exploitation et remplacer des compresseurs frigorifiques d anciennes générations. Une piste d'optimisation à explorer serait de jouer sur l inertie thermique des surgélateurs Les artisans martiniquais ne retirent pas tout le bénéfice attendu de leurs comportements écoresponsables Les membres du groupes de travail «développement durable» du CEP Artisanat signalent les problèmes suivants. De nombreux assureurs refusent de prendre en compte les coûts de traitement des déchets, tels que répercutés sur les clients des réparateurs automobiles Alors que cette prise en compte est de plein droit, certains experts indiquent une mention «sous réserve de garantie», qui rend l application de la loi par les assurances discrétionnaire. Pour résoudre cette difficulté, les professionnels de l automobile devraient se regrouper pour effectuer un lobbying efficace auprès du Préfet. Les bonnes pratiques des entreprises en matière de protection de l environnement ne sont pas récompensées par les maîtres d ouvrage, qui continuent empiriquement à sélectionner les offres sur le critère du moins-disant Alors même que l obtention d agréments ou de certifications coûte cher aux entreprises: accompagnement par un consultant, formation du personnel, temps consacré à sensibiliser le personnel 44

46 et les dirigeants à cette problématique (temps pendant lequel ils ne peuvent pas travailler), paiement de l organisme certificateur, les maîtres d ouvrage ne portent pas suffisamment d attention sur la dimension environnementale des offres des candidats. 45

47 Chapitre 2. L offre de formation 2.1. FPI sous statut scolaire : une offre de formation diversifiée, des attractivités et des taux d insertion différenciés Contexte général de la FPI de l Education nationale en Martinique La rénovation de la voie professionnelle en 2009 Au cours des trois dernières années, une réforme majeure a impacté le paysage de la voie professionnelle : la rénovation de la voie professionnelle initiée par le décret du 10 février 2009, avec comme objectifs principaux : - l élévation du niveau de qualification des jeunes, - l amélioration de leur insertion professionnelle, - la création de meilleures conditions de préparation à leur poursuite d études dans l enseignement supérieur, - la réduction du nombre de sortants sans diplôme. Cette réforme qui institue un nouveau cursus de préparation du baccalauréat professionnel en trois ans, sécurise désormais le parcours scolaire des élèves concernés en un seul continuum et sort de l ancienne architecture Des effectifs d élèves globalement en baisse depuis plus de 10 ans; une baisse marquée depuis 2008 en formation initiale professionnelle: 16% Chiffres clés ( ): élèves accueillis dans 16 LP et LPO publics et 468 élèves dans des établissements privés, dont en CAP et en Bac Pro. Les effectifs de la FPI sont en baisse nette depuis 2008 : voir infra Graphique Une offre de formation diversifiée De nombreux diplômes, sur l ensemble du territoire, couvrant de nombreux domaines professionnels : - 39 baccalauréats professionnels, - 34 CAP, - et 2 BEP (niveau terminale) qui en sont à leur dernière année d existence (en ) : carrières sanitaires et sociales / Hôtellerie-restauration. - 2 formations complémentaires d initiative locale (FCIL) qui complètent les formations qualifiantes. Les élèves sont scolarisés principalement dans les secteurs commerce-vente et comptabilité-gestion, avec quelques nuances en fonction du niveau de diplôme. 46

48 Graphique Evolution des effectifs du 2 nd degré public et privé (hors post bac) en Martinique er cycle (hors enseignement adapté) 2nd cycle général et techno (hors post-bac) 2nd cycle professionnel Tout le second degré (hors post-bac et y compris enseignement adapté) Sources : 1. Rectorat de Martinique service statistique «Evolution des effectifs (hors post bac) de 1998 à 2009» (juillet 2010) ; 2. Académie de la Martinique Service statistique de l académie «Constat de rentrée du second degré ; années scolaires et » % des effectifs de la FPI Education Nationale ; une offre de formation étoffée en mécanique-électricité-électronique et en cuisinetransformation agroalimentaire L offre de formation est étoffée, notamment dans les domaines de la mécanique, de l électricité et de l électrotechnique L offre de formation in extenso en formation professionnelle (FPI) est présentée dans le tableau suivant. Les spécialités de formation pouvant conduire à un métier dans le secteur de l artisanat sont surlignées sur fond jaune (les spécialités du BTP sont indiquées sur fond vert, pour mémoire). Pour de nombreuses spécialités, les élèves pourront choisir d exercer dans le secteur artisanal ou dans l industrie, donc les chiffrages d effectifs pour ceux qui seront formés spécifiquement pour l artisanat comportent forcément une marge d erreur. 47

49 La FPI comptait élèves dans le secteur de l artisanat (dont 987 pour le BTP hors énergie, génie climatique, électricité), sur un total de dans l ensemble des spécialités, soit 44% des effectifs de la FPI. Les principales spécialités concernées sont : - la mécanique, électricité, électronique : (dont en électricité, électronique et 460 en mécanique automobile) - le BTP hors énergie, génie climatique, électricité : la transformation alimentaire : la coiffure, esthétique : l habillement : l énergie, génie climatique : Tableau a. Répartition des effectifs en formation professionnelle initiale sous statut scolaire de l Education nationale par spécialité et niveau de formation à la rentrée 2010 (secteurs publics et privés) Unité : nombre et pourcentage du total Domaines de spécialités (Niveau 17) Spécialités pluritechnologiques de la production Agriculture, pêche, forêts et espaces verts 22 Transformations 23 Génie civil, construction et bois 24 Matériaux souples Groupe de spécialité de formation (Niveau 100) Technologies industrielles fondamentales Automatique, robotique, commande des transformations industrielles CAP et BEP (Niveau V) Bac Pro (Niveau IV) BTS (Niveau III) Nb % Nb % Nb % 47 2,5% 79 4,3% Aménagement paysager, parcs, 214 jardins, espaces verts, terrains de sport 41 2,1% 0,0% Spécialités pluri-technologiques des 220 transformations 0,0% 38 0,6% Agroalimentaire, alimentation, 221 cuisine ,0% 99 1,7% 38 2,1% Transformations chimiques et 222 apparentées 30 1,6% 227 Energie, génie climatique 0,0% 133 2,3% 41 2,2% 230 Spécialités pluri-technologiques génie civil, construction, bois 26 1,3% 163 2,8% 44 2,4% Mines et carrières, génie civil, 231 topographie 16 0,8% 71 1,2% 51 2,8% Bâtiment : construction et 232 couverture 47 2,4% 56 1,0% 233 Bâtiment : finitions 136 6,9% 101 1,7% 234 Travail du bois et de l'ameublement 126 6,4% 150 2,6% 240 Spécialités pluri-technologiques matériaux souples 17 0,9% 0,0% 242 Habillement 31 1,6% 163 2,8% 243 Cuirs et peaux 6 0,3% 0,0% 48

50 25 Mécanique, électricité, électronique 250 Spécialités pluri-technologiques en mécanique-électricité 0,0% 301 5,1% 39 2,1% Mécanique générale et de précision, 251 usinage 0,0% 43 0,7% 252 Moteurs et mécanique auto 102 5,2% 309 5,3% 49 2,7% 254 Structures métalliques 117 5,9% 165 2,8% 255 Electricité, électronique 147 7,5% ,1% 96 5,2% Total des spécialités de la ,3% ,6% ,8% production 30 Spécialités plurivalentes des services 31 Echanges et gestion 32 Communication et information 33 Services aux personnes Transport, manutention, 311 magasinage 0,0% 152 2,6% 24 1,3% 312 Commerce, vente ,5% ,2% ,5% Finances, banque, assurances, 313 immobilier 23 1,2% 314 Comptabilité, gestion 0,0% ,6% ,5% Spécialités plurivalentes de la 320 communication-information 321 Journalisme et communication 27 1,4% 23 0,4% 324 Secrétariat, bureautique 0,0% ,3% 121 6,6% Informatique, traitement de 326 l information, réseaux 153 8,3% Spécialités plurivalentes sanitaires 330 et sociales ,5% 54 0,9% 37 2% 331 Santé (médecine, paramédical) 32 1,7% 332 Travail social 40 2,0% 0,0% 56 3% 333 Enseignement, formation 334 Accueil, hôtellerie, tourisme 145 7,4% 267 4,6% 98 5,3% Services à la collectivité 343 Animation culturelle, sportive et de loisirs Coiffure, esthétique, autres spécialités des services aux personnes Nettoyage, assainissement, protection de l'environnement 138 7,0% 89 1,5% 19 1,0% 77 1,3% 31 1,7% Total des spécialités des services ,7% ,4% ,2% Domaines des capacités individuelles Domaines des activités quotidiennes et de loisirs Ensemble des spécialités % % % Source : Rectorat de la Martinique, avec traitement complémentaire du prestataire 49

51 Graphique a. Répartition des élèves par spécialité en CAP (et BEP) en

52 Graphique b. Répartition des élèves par spécialité en Bac Pro en

53 Les filières de formation sont réparties sur l ensemble du territoire Graphique c. Implantation des Bac Pro de la FPI secteur public (Source : Rectorat de la Martinique contribution aux travaux prospectifs de la Région Martinique ; septembre 2011) 52

54 Tableau b. Carte des formations professionnelles initiales de l Education Nationale en Martinique CARTE DES FORMATIONS DES PRINCIPAUX DOMAINES DES LP / LPO Etab. Domaines LP Dillon LP Trinité LP Lumina Sophie LP Petit manoir LP Place d'armes LP Pointe des négres LP R. Néris LP Saint- James LPO Acajou 2 LPO du nord caraïbe LPO Joseph Pernock LPO Joseph Zobel LPO La Jetée LPO Nord atlantique LP André Aliker LP Chateauboeuf Accueil Art floral Art graphique Batiment travaux Publics Bois Coiffure Commerce Couture, métiers de la mode Electronique Electrotechnique Energétique Esthétique Génie électrique Hotellerie - Restauration, patisserie Hygiène / Environnement Industrie agroalimentaire Maintenance automobile Carosserie Peinture Auto Maintenance équipements industriels Maintenance mécanique Bac pro CAP CAP, Bac pro CAP CAP, Bac pro, BTS CAP, Bac pro, BTS CAP, Bac pro Bac pro CAP, Bac pro Bac pro CAP, Bac pro, BTS CAP, Bac pro Bac pro Bac pro Bac Pro, BTS Bac Pro, BTS CAP, Bac pro, Mise à niveau, MC CAP CAP, Bac pro, BTS CAP, Bac pro Bac pro CAP, Bac pro Bac pro CAP, Bac pro CAP, Bac pro Bac pro CAP, Bac pro, MC CAP, Bac pro (Ouverture en 2013) Bac pro CAP, Bac pro, BTS Matériels CAP, Bac pro Métallerie CAP, Bac pro Nautique Restauration Sanitiaire et social Bac pro CAP, Bac pro CAP, Bac pro CAP, Bac pro Bac pro, Tertiaire administratif Bac pro BTS Bac pro Bac pro Bac pro Bac pro Bac pro Transport logistique CAP, Bac pro, BTS Travaux Paysagers CAP CAP Source : Académie de la Martinique ; contribution aux travaux prospectifs de la Région Martinique (mars 2012) Bac pro 53

55 L enseignement agricole propose des formations offrant des débouchés dans les métiers de bouche Ces formations sont dispensées au lycée professionnel agricole du Robert : Bac Pro Bio-industries de transformation Bac Pro Technicien vente conseil qualité des produits alimentaires Elles offrent des débouchés dans les PME industrielles, mais peuvent être également valorisées dans les entreprises artisanales les plus importantes Quelques formations supérieures offrent des débouchés dans des secteurs de l artisanat Peu de formations supérieures sont spécifiques au secteur de l artisanat (hormis un BTS en esthétique, cosmétique), mais plusieurs BTS, DUT et licences professionnelles permettent d exercer dans le secteur de l artisanat, même si ce n est pas leur vocation première, qui tend plutôt vers des PME industrielles. Tableau Formations supérieures par voie de formation initiale et par voie d apprentissage en Martinique hors spécialités tertiaires offrant des débouchés dans le secteur de l artisanat Famille d activités Diplômes Etablissements professionnelles Gestion Entrepreneur métiers de l artisanat (Niv III) CFA Métiers (Apprentissage ou contrat de professionnalisation) BTS bio-analyses et contrôles LGT Bellevue BTS qualité dans les industries alimentaires et Métiers de bouche les bio-industries LPO Joseph Pernock Lorrain Licence de biochimie, biologie parcours sciences des aliments UAG DSI campus Schoelcher Esthétique, cosmétique BTS esthétique, cosmétique LP Chateauboeuf FdF BP Préparateur en pharmacie (Niv. IV) CFA Métiers Autres services à la Brevet technique des métiers Prothésiste Chambre de Métiers (formation en mobilité personne, santé dentaire Guadeloupe) Réparation automobile BTS après-vente automobile option véhicules particuliers LPO Acajou 2 Lamentin Diplôme national d arts plastiques option art (niv II) (4) Campus Caribéen des Arts Artisanat d art Diplôme national d arts plastiques option objet (niv II) (5) Campus Caribéen des Arts Diplôme national d arts et techniques option design graphique (niv II) (6) Campus Caribéen des Arts BTS transports et prestations logistiques LP André Aliker FdF DUT gestion logistique et transport UAG IUT Kourou antenne Campus de Schoelcher Transports Licence Pro logistique spécialité logisticien d entreprise (3) CFA Tertiaire CCIM (Apprentissage et contrat pro) Titre II responsable logistique CFA Tertiaire CCIM (Apprentissage et contrat pro) ; EGC contrat pro Frigoristes BTS fluides énergie environnement option génie frigorifique LPO Acajou 2 Lamentin 54

56 BTP Tous secteurs : grandes entreprises artisanales de production, grands garages automobiles Lycée des métiers du BTP Petit-Manoir BTS bâtiment Lamentin ; LGT Frantz Fanon Trinité ; Greta BTP contrat Pro BTS domotique AMEP BTS travaux publics Lycée des métiers du BTP Petit-Manoir Lamentin CQP Installateur maintenance en systèmes solaires (Niv. IV) Pro Form BTP au Robert ; en contrat de professionnalisation BTS assistance technique d ingénieur LPO Acajou 2 BTS électrotechnique LGT Joseph Gaillard FdF BTS maintenance industrielle LPO Joseph Zobel Rivière-Salée BTS hygiène propreté environnement (1) DUT hygiène sécurité environnement (2) LP Dumas Jean-Joseph FdF UAG IUT Kourou antenne Campus de Schoelcher ; CNAM apprentissage Notes : (1) Le titulaire du BTS hygiène propreté environnement peut travailler dans une entreprise de nettoyage industriel ou une industrie. Il intervient dans les domaines de la propreté et de l'hygiène des locaux et des équipements, de la propreté urbaine, de la gestion des déchets et de l'assainissement. (2) Le titulaire du DUT Hygiène sécurité environnement est technicien de sécurité dans l'industrie (métallurgie, agroalimentaire, nucléaire, pétrochimie...). Ses domaines d'intervention sont l'hygiène, la sécurité et l'environnement. Il veille à l'amélioration des conditions de travail du personnel ainsi qu'à la sécurité des installations (chaufferies, installations électriques, installations de ventilation, d'aération, de gaz médicaux...). (3) Offert aussi au CNAM en cours de soir (formation continue) (4) DNAP option art forme des techniciens assistants de concepteurs dans les domaines des arts plastiques : volume et mise en œuvre, peinture, pratique du dessin, photographie, photographie numérique, vidéo, esthétique (5) DNAP option design objet forme des assistants de concepteurs de produits industriels, emballages, espaces commerciaux (6) DNAT option design graphique forme des techniciens (graphiste, maquettiste, illustrateur) et se distingue par son caractère plus immédiatement professionnalisant ; l obtention du DNAT permet d intervenir dans les secteurs de l édition, des agences de communication, de la publicité. Source : guide de l ONISEP «Après le Bac ; choisir ses études supérieures» Académies de Guadeloupe, Guyane, Martinique ; Rentrée

57 L attractivité des spécialités de formation est différenciée L attractivité d une spécialité de formation peut se mesurer par le taux de pression: le rapport entre le nombre de premiers vœux formulés par les élèves pour une affectation dans une spécialité et les capacités d accueil dans la spécialité concernée. Ainsi, un taux de pression égal à 2 pour une spécialité signifie qu il y a eu deux fois plus de vœux 1 que de places disponibles ; il en résulte que le vœu prioritaire de 50% des élèves concernés n a pas pu être satisfait. Les CAP pâtissier, maintenance de véhicules automobiles, cuisine et peinture en carrosserie et la 2 nde Pro technicien système énergétique climatique sont très attractifs. A l inverse, les CAP métiers du pressing et fleuriste et la 2 nde Pro réparation de carrosserie figure parmi les formations les moins attractives. Graphique a. Taux de pression par spécialité en CAP en 2010 (Source : Rectorat de la Martinique) 56

58 Des attractivités défavorables de spécialités de formation peuvent être expliquées par la pénibilité de certains métiers ou de mauvaises conditions de travail (exp., métier du pressing), ou l image de ces métiers (exp., fleuriste, réparation de carrosseries). A noter qu un métier qui attire beaucoup de personnes peut correspondre à un taux de pression moyen en FPI, par exemple parce que les lieux de formation sont concentrés. C est le cas pour la coiffure ou l esthétique, dont les formations sont dispensées seulement au LP Chateauboeuf. Une alternative pour les personnes intéressées peut être de se former en formation continue. Graphique b. Taux de pression par spécialité en Bac Pro en 2010 (Source : Rectorat de la Martinique) 57

59 De très bons taux de réussite, notamment en Bac Pro Les taux de réussite en Bac Pro pour le secteur de l artisanat sont très bons et progressent ces dernières années, comme les autres domaines. L année 2010 apparaît comme une année atypique, avec des taux de réussite voisins de 100%. Une raison possible est la généralisation de l évaluation sous forme de contrôle continu, puisque «on évalue quand la personne est prête.» Les résultats sont moins bons au niveau CAP, comme pour les autres domaines de spécialités. Tableau a. Taux de réussite au Bac Pro, par domaine de spécialités Domaine de spécialités Session 2006 Session 2007 Session 2008 Session 2009 Session 2010 Effectif % Effectif % Effectif % Effectif % Effectif % AGRICULTURE, PECHE, FORET , COMMUNICATION ET INFORMATION , , , , ,7 ECHANGES ET GESTION , , , ,3 GENIE CIVIL, CONSTRUCTION, BOIS 96 75, , , , ,7 MATERIAUX SOUPLES 31 96, , , MECANIQUE, ELECTRICITE, ELECTRONIQUE , , , , ,9 SERVICES A LA COLLECTIVITE , BAC PRO SERVICES AUX PERSONNES , , , ,6 TRANSFORMATIONS 80 97, , , , TAUX DE REUSSITE MOYEN AU BAC PRO (toutes filières confondues) 82,9% 88,5% 92,7% 94,1% 98,2% Source : Rectorat de Martinique ; juillet

60 Tableau b. Taux de réussite au CAP, par domaine de spécialités Domaine de spécialités Session 2006 Session 2007 Session 2008 Session 2009 Session 2010 Effectif % Effectif % Effectif % Effectif % Effectif % COMMUNICATION ET INFORMATION , , ,6 ECHANGES ET GESTION , GENIE CIVIL, CONSTRUCTION, BOIS , , , , ,9 MATERIAUX SOUPLES 32 70, , , ,9 MECANIQUE, ELECTRICITE, ELECTRONIQUE , , , , ,6 SERVICES A LA COLLECTIVITE , , ,6 SERVICES AUX PERSONNES , , , , ,5 TRANSFORMATIONS , , , , ,2 TAUX DE REUSSITE MOYEN AU CAP (toutes filières confondues) 57, 1% 69,5% 71,1% 71,7% 74,7% Source : Rectorat de Martinique Contribution au CPRDFP ; juillet

61 L insertion professionnelle est différenciée, ainsi que la correspondance entre le métier exercé et la spécialité de formation Une distribution du taux d emploi très large D après l enquête IVA 10 «Insertion Professionnelle des lycéens 7 mois après leur sortie», la distribution des taux d emploi des élèves du CAP au BTS ayant suivi une formation liée à l artisanat est très large : - du plus élevé : près de 40% pour l énergie, le génie climatique et la technologie industrielle ; - au plus bas : 11,5% pour l habillement, 14% pour l agroalimentaire, 16,8% pour la mécanique automobile ; - la coiffure, esthétique (19%) et le bâtiment (19,5%) se situant dans une position intermédiaire ; la moyenne étant de 21% pour des spécialités de services et de 19,7% pour les spécialités du domaine de la production (19,7%). Graphique a. Taux d'emploi par spécialité de production Mines et carrières, génie civil, topographie Energie, génie climatique Technologie industrielle Mécanique générale et de précision, usinage Matériaux et transformation Spécialités pluritechnologiques génie civil, Travail du bois et de l'ameublement Bâtiment Electricité, électronique Moteurs et mécanique automobile Structures métalliques Spécialités pluritechnologiques mécanique-électricité Agro-alimentaire, alimentation, cuisine Habillement (y c. mode, couture) 21,1% 19,5% 19,5% 18,3% 16,8% 16,7% 15,4% 14,0% 11,5% 27,3% 30,0% 40,0% 39,1% 38,5% Source : Académie de la Martinique et AGEFMA «L insertion professionnelles des jeunes apprentis et lycéens de Martinique Situation au 1 er février 2011» (2012). 10 Académie de la Martinique et AGEFMA «L insertion professionnelles des jeunes apprentis et lycéens de Martinique Situation au 1 er février 2011» (2012). 60

62 Graphique b. Taux d'emploi par spécialité de services Santé, social Informatique, traitement de l'information Journalisme et communication Accueil, hôtellerie, tourisme Spécialités plurivalentes sanitaires et sociales Comptabilité, gestion Coiffure, esthétique, autres services personnels Spécialités plurivalentes des échanges et gestion Secrétariat, bureautique Transport, manutention, magasinage Nettoyage, assainissement, protection de 5,9% 25,6% 21,4% 21,1% 19,0% 18,4% 16,2% 14,3% 35,7% 33,3% 44,7% Source : Académie de la Martinique et AGEFMA «L insertion professionnelles des jeunes apprentis et lycéens de Martinique Situation au 1 er février 2011» (2012). Une adéquation des spécialités de formation à l emploi variable La spécialité de formation «moteurs et mécanique automobile» a une adéquation à l emploi un peu plus élevée que la moyenne (43,8% versus 42%) ; en revanche, l adéquation à l emploi de la spécialité «électricité, électronique» est de 25%. Tableau Taux d adéquation emploi / formation par spécialité de formation Spécialités de formation Part des emplois en adéquation avec la formation suivie Ensemble 42% Santé 73,3% Comptabilité, gestion 55% Accueil, hôtellerie, tourisme 54,5% Moteurs et mécanique automobile 43,8% Electricité, électronique 25% Spécialités plurivalentes des échanges et gestion 20,9% Source : Académie de la Martinique et AGEFMA «L insertion professionnelles des jeunes apprentis et lycéens de Martinique Situation au 1er février 2011»(2012). Toutes spécialités de formation confondues, le taux d emploi est d autant plus élevé que le niveau de formation est important, les contrats à durée déterminée représentent plus de la moitié des contrats et les entreprises qui embauchent les lycéens sont de taille diverse. 61

63 2.2. Des formations aux métiers variées par voie d apprentissage, ainsi que d autres formations valorisables dans l artisanat A l occasion du sommet social organisé le 10 mai 2010, le Président de la République a rappelé l'importance de l'alternance (contrats d apprentissage et contrats de professionnalisation) qui constitue une voie de qualification et d'insertion rapide et durable dans l'emploi. En France, l objectif de jeunes en alternance à l horizon 2015 contre aujourd hui nécessite un engagement de tous pour le développement de ce type de contrats, auprès des jeunes comme des adultes. En Martinique, le Conseil régional a pour sa part annoncé en 2010 un objectif de doublement du nombre d apprentis, pour le faire passer à 4000 à l horizon Les effectifs en apprentissage au CFA Métiers ont diminué de 14% entre 2007 et 2011, pour atteindre 711 en 2011 Les effectifs du CFA Métiers sont passés de 830 à 711 entre 2007 et 2011 (730 au 1 er semestre ; 630 au 2 ème semestre) 11, soit une baisse de 14% sur la période. Cette baisse des effectifs est commune aux CFA Métiers, BTP et Agriculture, mais pas au CFA Tertiaire. Par contraste, les effectifs de l apprentissage des neuf (9) CFA de Guadeloupe ont cru de près de 70% depuis 2006/2007, mais il est vrai que la Guadeloupe partait d effectifs plus faibles Graphique Evolution des effectifs par CFA en Martinique CFA Agricole CFA BTP CFA Métiers CFA Tertiaire Ensemble Source : Région Martinique (Direction de la formation tout au long de la vie) Rapport sur l apprentissage aux conseillers régionaux; 20 octobre 2011 pour les années ; CFA Métiers pour l année 2011 ; Région Martinique tableau de bord service de l apprentissage pour l année Source : Direction du CFA Métiers ; information mise à jour le 8 novembre

64 Les 4 CFA de Martinique dispensent des formations valorisables en entreprises artisanales Les spécialités de formations sont variées. Elles peuvent concerner directement l artisanat, comme la boulangerie ou la réparation automobile, ou peuvent être valorisées dans les entreprises artisanales, notamment en gestion et commerce. Les spécialités sont présentées selon la nomenclature des spécialités de formation (NSF). Le CFA Métiers propose les spécialités de formation classiques de l artisanat, ainsi que des formations en gestion-commerce qui peuvent être valorisées dans les entreprises artisanales Domaine de spécialité 10 Formations générales Tableau a. Formations dispensées au CFA Métiers Offre 2012 avec effectifs en 2011 Groupe de spécialité de formation 100 Formations générales 22 Transformation 221 Agro-alimentaire, alimentation, cuisine Mécanique, 25 électricité, électronique Mécanique générale et de précision, usinage Moteurs et mécanique auto Structures métalliques (y compris soudure, carrosserie, coques bateaux, cellules d avions) Intitulé Niveau Effectifs 2011 Classe préparatoire à l apprentissage dispositif d initiation aux métiers en VI 84 alternance CAP Boulangerie V 26 CAP Cuisine V 46 CAP Pâtisserie chocolaterie V 59 Mention complémentaire pâtisserie boulangerie V nd Mention complémentaire Cuisinier en dessert restaurant V nd BAC Pro Cuisine IV nd CAP Mécanique de maintenance option C Bateaux V 3 CAP Maintenance de véhicules auto option véhicules particuliers V 39 CAP Mécanique de maintenance option A véhicules particuliers V 13 Mention complémentaire maintenance systèmes embarqués automobiles V 16 BAC Pro Maintenance de véhicules automobiles IV 64 CAP Carrosserie réparation V 18 CAP Peinture en carrosserie V 34 BAC PRO Carrosserie peinture IV nd Echanges et 31 gestion 311 Transport, manutention, magasinage 312 Commerce, vente BAC professionnel logistique IV 23 CAP Vendeur magasinier pièces de rechange et équipements auto CAP Employé de vente option A : produits alimentaires CAP Employé de vente option B : produits d équipement courant V 5 V 11 V 28 63

65 Services aux 33 personnes 314 Comptabilité, gestion Santé (médecine, paramédical) Accueil, hôtellerie, tourisme BAC Pro Commerce IV 48 Compétences Entrepreneur Métiers de l'artisanat III nd BP Préparateur en pharmacie IV 72 Brevet technique des métiers (BTM) prothésiste dentaire IV nd BAC Pro Services- Accueil-Assistance IV 1 BAC Pro Restauration IV 17 BEP Métiers de la restauration et de l hôtellerie : production services et V 36 production culinaires CAP Restaurant V 9 Services aux 33 personnes 336 Coiffure, esthétique, autre spécialités des services aux personnes CAP Coiffure V 67 CAP Coiffure option coiffure mixte V 12 CAP Esthétique cosmétique soins conseils vente V 15 Mention complémentaire Coloriste permanentiste V 0 Mention complémentaire Coiffure styliste visagiste V nd BP Cosmétique parfumerie IV nd BP Coiffure option coloriste IV 50 permanentiste Sources : documents communiqués par le CFA Métiers en septembre 2011 ; liste de formations 2012 remise à la Région par le CFA ; traitement complémentaire par le prestataire pour la présentation selon la nomenclature de spécialités de formation Le CFA BTP propose les principales formations du BTP, mais aussi des formations dans des spécialités connexes, comme le froid, l ameublement ou l électrotechnique Tableau b. Formations dispensées par l AMEP CFA BTP Offre 2012 avec effectifs en 2011 Domaine de spécialité 10 Formations générales Groupe de spécialité de formation Intitulé Niveau Effectifs Formations générales DIMA VI 32 CAP froid climatisation V 29 Bac Pro Electrotechnique, énergie et équipements communicants IV Transformations 227 Energie, génie climatique Bac Pro énergie (EG) option A TMSEC Technicien de maintenance de systèmes énergétiques et climatiques / option B TISEC Technicien en installation de systèmes énergétiques et climatiques IV 46 64

66 Génie civil, 23 construction, bois Spécialités pluritechnologiques, génie 230 civil, construction, bois Mines et carrières, génie 231 civil, topographe 232 Bâtiment : construction et couverture 233 Bâtiment : finitions 234 Travail du bois et de l ameublement CAP Maintenance des bâtiments de collectivités Bac Pro Travaux publics (2 ème année) IV 1 CAP Maçon V 47 Bac Pro Technicien d études du bâtiment option Etudes et économie IV 27 Bac Pro Technicien du bâtiment organisation et réalisation du gros-œuvre IV 38 (1) BTS multipolaires avec 4 options O1. Technico-commercial : spécialité matériaux de construction O2. Enveloppe du bâtiment : façades et étanchéité O3. Fluides énergies environnements : option C génie frigorifique O4. Electrotechnique III R2012 CAP Peintre, applicateur de revêtement V 56 CAP Serrurier métallier V 35 CAP Installateur sanitaire V 51 Bac Pro Aménagement et finition du bâtiment IV 39 CAP Charpentier bois V 32 CAP Menuisier Fabricant de menuiserie V nd Bac Pro Technicien Menuisier Agenceur IV 24 Bac Pro Technicien Menuisier Agenceur et Constructeur Bois IV nd V nd Mécanique, 25 électricité, électronique 255 Electricité, électronique (non compris automatismes, productique) CAP Préparation et réalisation d ouvrages électriques V 41 Echanges et Mention complémentaire Création et Comptabilité, gestion V nd gestion reprise d entreprise dans le BTP (1) Bac Pro Technicien du bâtiment organisation et réalisation du gros-œuvre en cours d évolution Bac Pro Technicien du bâtiment organisation et réalisation et travaux publics Sources : documents communiqués par le CFA BTP en septembre 2011 ; liste de formations 2012 remise à la Région par le CFA ; traitement complémentaire par le prestataire pour la présentation selon la nomenclature de spécialités de formation 65

67 Le CFA Agricole propose des formations dans le domaine des transformations alimentaires et des services Formations en Apprentissage Agricole ; Mise à jour juillet 2012 (notes transmises au Conseil Régional par le CFAA) CAPA Travaux paysagers ; CFA Agricole ; CFPPA Carbet CAPA Services en milieu rural ; CFA Agricole, MFREO CAPA Industries agro-alimentaires spécialité ouvrier polyvalent de la viande ; CFA Agricole BPA Travaux des aménagements paysagers ; CFA Agricole BPA Transformations alimentaires spécialité transformation des viandes ; CFA Agricole BP Boucher ; Education Nationale ; en 3 ans ; jeunes titulaires d'un CAP cuisinier pour une inscription en 2 années ; CFA Agricole Le CFA Tertiaire propose une licence Pro logistique et de nombreuses formations en gestion et commerce pouvant être valorisées dans les entreprises artisanales Par exemple, le DUT Gestion des entreprises et des administrations (GEA) Petites et Moyennes Organisations peut être mis en valeur dans une entreprise artisanale Des diplômes de niveau V ou IV Les CFA Métiers, BTP et Agricole dispensent des formations exclusivement de niveaux V et IV, alors que plus de la moitié des effectifs du CFA Tertiaire suivent des formations de niveau III. Tableau Répartition des apprentis des CFA par niveau en 2011 Niveaux V et VI Niveau IV Niveau III Niveaux I et II CFA Agricole 66% 34% 0 0 CFA BTP 59% 41% 0 0 CFA Métiers 64% 36% 0 0 CFA Tertiaire 5% 27% 54% 14% Ensemble 49% 35% 13% 3% Note : les stagiaires accueillis dans le cadre du DIMA sont répertoriés en Niveau VI Sources : Responsables des CFA Contributions au CPRDFP ; octobre

68 Les filles sont minoritaires au CFA Métiers Les filles représentent 39% des effectifs du CFA Métiers durant l année L écart avec la parité s est dégradé depuis où elles constituaient 46% des effectifs. Bien sûr, les pondérations dépendent des spécialités de formation. Ainsi, elles sont au contraire fortement majoritaires en coiffure-esthétique. Ces ratios doivent s apprécier par rapport au poids des femmes dans la population (54%) et dans la population active (50,7% en 2008) 12. Les écarts sont encore plus importants au CFA BTP (6,5% des effectifs) et au CFA Agricole (15%). Au contraire, les femmes constituent 58% des effectifs du CFA Tertiaire. En effet, les représentations sexuées conduisent à des autolimitations dans le choix des filières et des métiers. CFA Agricole Tableau Répartition des effectifs des CFA par genre 2005/ / / / /2010 Filles Garçons Filles Garçons Filles Garçons Filles Garçons Filles Garçons CFA BTP CFA Métiers CFA Tertiaire Tous CFA Note : les effectifs communiqués par l AGEFMA sont différents de ceux communiqués par la Région, mais cela ne change pas l analyse sur le genre. Les effectifs des CFA évoluent au cours de l année, en raison d abandons des apprentis ou de préinscriptions n ayant pas pu être confirmées lorsque les candidats ne trouvent pas d entreprises d accueil ; c est pourquoi il peut y avoir des différences entre les statistiques fournies par les CFA aux différents donneurs d ordre : le Rectorat dans le cadre de l enquête annuelle dite «enquête 51» et le Conseil Régional, en octobre et décembre de chaque année. Ainsi, il serait utile que toutes les statistiques soient transmises systématiquement au Conseil Régional de Martinique, de façon qu il puisse avoir une information fiable sur l évolution des effectifs des CFA. Cette proposition est reprise de façon plus formalisée dans le Schéma d Apprentissage de Martinique, partie intégrante du CPRDFP (2012). Source: AGEFMA; juillet Voir l annexe «Etat des lieux et diagnostic» du CPRDFP ; source : INSEE recensement de la population

69 Les taux de réussite aux examens sont moins bons qu en FP initiale sous statut scolaire Les taux de réussite en CFA Métiers sont moins bons qu en FPI (98% en Bac Pro ; 75% en CAP, comme vu dans la section sur la FPI), y compris spécifiquement en Bac Pro. Tableau a. Taux de réussite aux examens dans les CFA CFA Agricole 87% 91% 86% CFA BTP 62% 70% 72,5% CFA Métiers 67% 63% 62% CFA Tertiaire 45% 46% 62% Sources : Responsables des CFA Contribution aux travaux prospectifs de la Région Martinique ; octobre 2011 Tableau b. CFA Métiers Taux de réussite aux examens CAP Présents Admis Taux de réussite 75% 68% 61% BEP Présents Admis Taux de réussite 52% 46% -- Bac Pro et BP Présents Admis Taux de réussite 63% 74% 64% Mentions complémentaires Présents Admis Taux de réussite 81% 45% 70% Ensemble Présents Admis Taux de réussite 67% 63% 62% Source : CFA Métiers «Contribution aux travaux prospectifs de la Région Martinique» ; octobre

70 Les apprentis de l artisanat tendent à mieux s insérer professionnellement que dans d autres secteurs Les statistiques suivantes relatives à l insertion des apprentis ont été élaborées par l AGEFMA-OREF à partir des résultats de l enquête Insertion Professionnelle des Apprentis - Insertion dans la Vie Active des lycées (IPA-IVA 2011). Cette enquête a été réalisée sur un échantillon de plus de 900 apprentis et pré-apprentis en fin de cursus dans les CFA en 2009/2010. Leur insertion professionnelle au 1 er février 2011, 7 mois après leur sortie du CFA, a pu être observée. Le taux d emploi des anciens apprentis ou pré-apprentis est de 49%, tous secteurs confondus, 7 mois après leur sortie de CFA, soit une augmentation de 20,5 points depuis Ils sont 39,7% en recherche d emploi, 8.8% en inactivité et 2.5% sont en stage. Les apprentis s insèrent correctement dans les secteurs des services aux personnes, de la mécanique-électricité ou les activités de transformation Les métiers de l artisanat sont bien lotis, puisque les apprentis s insèrent correctement dans les secteurs des services aux personnes (notamment la coiffure, esthétique), de la mécanique-électricité ou les activités de transformation ; en revanche, les taux d insertion sont très faibles dans le secteur de l agriculture et de la construction-génie civil. Graphique Situation des sortants par groupe de spécialités Services aux personnes 79,3% 17,1% 3,7% Mécanique, électricité, électronique 56,2% 4,1% 30,6% 9,1% Transformations 56,1% 31,7% 12,2% Echange et gestion 45,9% 1,5% 41,4% 11,3% Services à la collectivité 40,0% 60,0% Communication et information 28,6% 14,3% 57,1% Génie civil, construction, bois 17,9% 3,6% 64,3% 14,3% Agriculture, pêche, forêt 17,1% 4,9% 75,6% 2,4% emploi Stages Chômage Inactifs Source : Académie de la Martinique et AGEFMA «L insertion professionnelles des jeunes apprentis et lycéens de Martinique Situation au 1er février 2011» (2012). 69

71 Les petites entreprises de la réparation automobile et de coiffure, esthétique font partie des entreprises qui embauchent le plus d apprentis Les entreprises qui embauchent les apprentis sont en majorité de très petites entreprises ; 78.9% des entreprises ont moins de 10 salariés. Les branches d activités qui emploient le plus de jeunes sont celles du commerce, de la réparation automobile et des services aux particuliers (notamment en coiffure et en esthétique). Ces 3 branches accueillent ensemble 63% des sortants de CFA en emploi (cf. tableau infra). Tableau Part des branches d activités dans l emploi d apprentis Branche d activités Part Immobilier, commerce 26,9% Réparation automobile 21,8% Services aux particuliers 14,3% Industrie agro-alimentaire 8,4% Hôtellerie-restauration 6,3% Services aux entreprises 3,8% Bâtiment second œuvre 3,4% Bâtiment gros-œuvre, travaux publics 2,9% Enseignement, santé 2,9% Administration, collectivités territoriales 2,1% Industrie mécanique, électricité, métallurgie 1,7% Agriculture 1,3% Autres industries 0,8% Banque, assurance 0,8% Transports 0,4% Autres 2,1% Source : enquête IPA-IVA

72 Diagnostic de l apprentissage pour l artisanat : la professionnalisation des acteurs doit être poursuivie Le lecteur intéressé pourra compléter la lecture de ce CEP Artisanat par le Schéma d Apprentissage de Martinique (CPRDFP 2012). L appariement de l offre de formation et des besoins de l économie martiniquaise peut être amélioré L économie martiniquaise est confrontée à de nombreuses mutations démographiques, socioéconomiques, réglementaires et technologiques. Pour illustrer, les entreprises sont confrontées à des exigences réglementaires croissantes, dans les domaines de la prévention des risques professionnels, la protection de l environnement et des démarches qualité. Ces évolutions obligent les professionnels à s adapter ou à disparaître et les besoins en compétences pour accompagner les conséquences de ces mutations sont nombreux. Il en résulte que l offre de formation doit être régulièrement mise à jour, tant en formation professionnalisante initiale que continue. Dans le domaine de l artisanat, le présent CEP initie donc une démarche qui devra être réactualisée régulièrement. La crise économique en Martinique depuis 2008 engendre des tensions financières pour les entreprises, ce qui corsète leurs capacités à accueillir des apprentis Les difficultés d accueil d apprentis par les entreprises, et ultérieurement d absorption des anciens apprentis par le marché sont bien réelles, en raison des difficultés financières des entreprises, en ce point bas de la conjoncture économique. La professionnalisation des acteurs doit être poursuivie: apprentis, maîtres d apprentissage, formateurs Le comportement professionnel de certains apprentis doit être amélioré Certains apprentis ne maîtrisent pas les fondamentaux de savoir-être professionnel (respect de la hiérarchie, ponctualité, tenue vestimentaire ), ce qui peut être démotivant pour les maîtres d apprentissage, et entraîner à plus grande échelle des difficultés pour l ensemble des apprentis à trouver des entreprises d accueil, en raison d une mauvaise réputation. D un autre côté, il arrive que des apprentis réalisent des activités non prévues par le contrat d apprentissage, ce qui peut les démobiliser. Les compétences d encadrement des formateurs doivent être renforcées et leurs compétences techniques mises à jour Il s agit de garantir des contenus de formation conformes aux évolutions et besoins des métiers et d apprendre aux formateurs à sensibiliser les stagiaires aux comportements appropriés dans l univers professionnel. Le renforcement des compétences d encadrement doit faire l objet d un accompagnement ad hoc favorisé par les donneurs d ordre et les inspecteurs de l Education nationale peuvent jouer un rôle important. 71

73 Les maîtres d apprentissage doivent être accompagnés dans leur fonction tutorale Un manque d engagement des maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale est parfois rapporté. Cette situation peut être expliquée par le fait que, dans les TPE, le maître d apprentissage, qui peut être également le chef d entreprise, n a pas beaucoup de temps à consacrer à l apprenti, ou par le fait que le maître d apprentissage n est pas nécessairement rétribué pour cette tâche supplémentaire. En effet, c est l entreprise qui bénéficie d aides, et la compensation financière du maître d apprentissage n est pas une disposition inscrite dans la réglementation. D une façon plus générale, la qualité des pratiques pédagogiques en entreprise dans la relation tutorale est hétérogène. Elle dépend de facteurs multiples, dont l ancienneté de la pratique tutorale, la capacité à intégrer l apprenti pleinement dans l entreprise et l implication du maître d apprentissage dans les formations proposées par les CFA. de plus, dans certains métiers, des pratiques tutorales relevant davantage de l utilisation de main d œuvre à bas coût, avec une implication assez faible dans la formation, ont parfois un effet de découragement pour les jeunes qui préfèrent choisir un cursus scolaire à temps plein. La capacité d accueil du CFA Métiers doit être sécurisée Cette capacité est de 1200 apprenants, tel que précisé dans la convention qui lie le Conseil régional de Martinique et le CFA. Pourtant, la capacité d accueil du CFA Métiers en toute sécurité serait actuellement de 900/950 apprenants 13, et cette capacité ne pourrait pas être modifiée sans des mesures de mises en sécurité des bâtiments ou de nouveaux bâtiments. Cette situation doit être signalée formellement au Conseil régional pour qu il puisse prendre les dispositions adéquates Graphique Taux d'occupation des CFA en 2009/ Effectifs 2009/2010 Capacité d'accueil 0 CFA Agricole CFA BTP CFA Métiers CFA Tertiaire Source : AGEFMA «Les chiffres clés de l apprentissage» (juin 2011) 13 Source : responsable du CFA Métiers. 72

74 2.3. Les statistiques de l insertion par le 1 er RSMA sont encourageantes et ce résultat reposerait notamment sur la mise en exergue du savoir-être Le 1 er RSMA se positionne comme un chaînon manquant entre la FI sans diplôme et l accès à la FP qualifiante ou à l emploi direct Deux types de public sont accueillis au 1 er RSMA : les «volontaires stagiaires» (VS) qui n ont pas de qualification particulière et qui intègrent le 1 er RSMA pour recevoir une formation ; les «volontaires techniques» (VT), déjà titulaires d un diplôme comme le CAP ou Bac Pro et qui intègrent le 1 er RSMA pour obtenir une première expérience professionnelle, outre une formation complémentaire. En 2010, 502 VS ont été incorporés, soit un taux de sélection de 50%. Les femmes constituaient 26% des effectifs incorporés et les non diplômés 70%. L acte de volontariat et la vie en internat dans une enceinte militaire sont les fondements de la formation proposée par le 1 er RSMA. Le programme de formation repose sur l acquisition de prérequis dans les domaines : du savoir-être (éducation comportementale et instruction civique), du savoir (remise à niveau scolaire), et du savoir-faire (formation pré-professionnelle). Les volontaires sont également préparés et présentés au permis de conduire et à l attestation de formation aux premiers secours (AFPS). De plus, la polyvalence des stagiaires est encouragée pour optimiser leurs chances d insertion professionnelle. C est ainsi que la spécialité «agent d entretien du bâtiment» comprend plusieurs modules, comme le carrelage ou la peinture De nombreux jeunes suivent des formations dans le secteur de l artisanat, notamment le BTP, et les statistiques de l insertion sont encourageantes Tableau Nombre de places offertes au 1 er RSMA entre 2008 et Agent administratif Agent de prévention et de sécurité Agent de restauration Agent d'entretien du bâtiment Agent d'entretien espaces verts Agent magasinier Agent propreté et d'hygiène Charpentier bois Conducteur d'engin TP

75 Conducteur PL et SPL option TP Conducteur tous transports Installateur sanitaire / Plombier 19 Maçon - Carreleur 35 Maraîcher - horticulteur Mécanicien automobile Menuisier du bâtiment Peintre en bâtiment 17 Ensemble Légende : les cellules grisées correspondent aux filières fermées ou transformées ; les lignes surlignées en vert et jaune correspondent à la filière bâtiment et aux autres secteurs de l artisanat Source : 1 er RSMA contribution aux travaux prospectifs de la Région (octobre 2011) Le taux d insertion des jeunes est de plus de 82%, en y incluant la poursuite de formations A noter que le 1 er RSMA considère comme une insertion la poursuite de formations, ce que ne font pas la plupart des autres organismes de formation. Graphique Bilan de l'insertion en 2010 au RSMA de Martinique (Source : Présentation du 1 er RSMA aux Rencontres de l Apprentissage et du BTP ; 29 septembre 2011 ; traitement complémentaire par le prestataire) Insertion 82,1% Insertion en Martinique 66% Poursuite de formation en métropole 19% Engagement dans l'armée 15% CDI ou CDD 74,5% Poursuite de formation en Martinique 25,5% Armée en Martinique 66% Armée en métropole 34% 74

76 2.4. Formation continue des demandeurs d emplois et des salariés La formation continue dans le secteur de l artisanat concerne moins de 10% des stagiaires Les stagiaires de formation continue ayant suivi une formation dans le domaine de l artisanat représentent moins de 10% de l effectif total Le nombre de stagiaires de formation continue auxquels ont été dispensés des formations dans les spécialités de l artisanat a été de 4 214, soit 9,5% du nombre de stagiaires pour l ensemble des spécialités de formation (44 081). La répartition entre spécialités de formation est la suivante : - Transformations, hors énergie: Energie, génie climatique : BTP 14, hors génie climatique : Matériaux souples : Mécanique, électricité : Transport, manutention, magasinage : Coiffure, esthétique et autres spécialités des services aux personnes : 581 Tableau a. Formation continue 2010 Nombre de stagiaires et d'heures stagiaires par spécialité, présenté selon l architecture de la nomenclature NSF (extrait pour l artisanat) Privés Publics Parapublics Total Nb de stag Nb d'h stag Nb OF Nb de stag Nb d'h stag Nb OF Nb de stag Nb d'h stag Nb OF Nb de stag Nb d'h stag 200-Technologies industrielles fondamentales Technologies de commandes des transformations industrielles Nb OF 220-Spécialités pluritechnologiques des transformations Agro-alimentaire, alimentation, cuisine Transformations chimiques et apparentées (y compris pharmaceutiques) Métallurgie (y compris sidérurgie, fonderie, non ferreux...) Pour le BTP, de nombreuses prestations de formation sont effectuées sans recourir à des organismes locaux, car ces derniers ne seraient pas qualifiés ou équipés pour certaines spécialités. Il en résulte que : des entreprises se regroupent et font venir des formateurs de la France métropolitaine ; des formations intragroupe sont réalisées par des équipes de formation du groupe (exemple du groupe Vinci). 75

77 224-Matériaux de construction, verre, céramique Plasturgie, matériaux composites Papier, carton Energie, génie climatique Spécialités pluritechnologiques, génie civil, construction, bois Mines et carrières, génie civil, topographie Bâtiment: construction et couverture Bâtiment: finitions Travail du bois et de l'ameublement Spécialités pluritechnologiques, matériaux souples Textile Habillement (y compris mode, couture) Cuirs et peaux Spécialités plutitechnologiques, mécanique-électricité Mécanique générale et de précision, usinage Moteurs et mécanique auto Mécanique aéronautique et spatiale Structures métalliques Electricité, électronique (non compris automatisme et productique) Transport, manutention, magasinage Coiffure, esthétique et autres spécialités des services aux personnes 566 Total formation continue Source: DIECCTE - Contribution au CPRDFP; septembre

78 En effet, les spécialités les plus dispensées en formation continue concernent principalement des fonctions transversales de l entreprise et les formations générales Les spécialités de formations les plus dispensées en 2010, tous types de bénéficiaires confondus, sont indiquées dans le tableau ci-dessous. La prédominance de ces formations tient au fait que, d une part, les stagiaires ont intérêt à se former pour des fonctions support (vente, comptabilité, TIC ) de façon à optimiser leur employabilité, d autre part, les organismes de formation ont intérêt à proposer des formations à spectre large, pour trouver une demande solvable. Tableau b. Nombre de stagiaires et d heures stagiaires par spécialité en 2010, classé par ordre décroissant de spécialités les plus dispensées Spécialités Nombre Nombre Nombre de % du total d heuresstagiaires de formation d organismes stagiaires Enseignement, formation , Sécurité des biens et des personnes, police, surveillance , Développement des capacités d orientation, d insertion ou de réinsertion sociales et professionnelles Informatique, traitement de l information, réseaux de transmission , des données Spécialités pluridisciplinaires, sciences humaines et droit , Ressources humaines, gestion du personnel, gestion de l emploi , Formations générales , Commerce, vente , Transport, manutention, magasinage , Santé , Langues vivantes Spécialités plurivalentes des services , Autres Total Source : DIECCTE contribution aux travaux prospectifs de la Région Martinique ; Statistiques datant du 14 juillet

79 Le programme régional de formation professionnelle bénéficie à plusieurs activités artisanales, notamment les métiers de bouche, les réparateurs automobiles, les thermiciens outre le BTP Le programme régional de formation professionnelle (PRFP) est composé du PRFP des jeunes (PRFPJ) et du PRFP des adultes (PRFPA) 15. Il s agit de programmes annuels élaborés à partir d actions de formation proposés par les centres de formation ayant répondu aux appels d offres du Conseil régional de Martinique. Les propositions d actions de formation sont retenues par le Conseil régional de Martinique en tenant compte des besoins exprimés par les demandeurs d emploi et par le monde économique. PRFP Jeunes Le PRFP des jeunes s inscrit dans le cadre de la loi quinquennale du 20 décembre 1993 par laquelle le Conseil régional assure la prise en charge du parcours de formation proposé aux jeunes demandeurs d emploi âgés de 16 à 26 ans, non titulaires d un diplôme de niveau V (CAP, BEP ). Les jeunes doivent contacter d abord les missions locales, qui les dirigent alors vers la Région. Le programme de formation des jeunes a bénéficié à jeunes en 2010 (510 entre janvier et septembre 2011). Les niveaux de formation concernés sont principalement les niveaux V et quelques niveaux IV. Les secteurs d activités sont ciblés en fonction des priorités économiques régionales et des besoins de l économie versus le poids économique des secteurs : le tourisme, l industrie-btp, l agriculture et l environnement cumulent 70% des effectifs formés ; les activités artisanales apparaissent dans chacun de ces secteurs (signalées sur fond bleu dans les tableaux suivants). Tableau a. PRFP Jeunes 2010 Répartition des bénéficiaires par secteurs d activités Secteurs d activités Effectifs Pourcentage Services ,7% Tourisme hôtellerie restauration ,3% Industrie BTP ,8% Environnement ,1% Agriculture ,4% Gestion commerce ,7% Animation 30 2,5% Divers 30 2,5% Ensemble % Source : Conseil régional de Martinique (effectifs prévisionnels) 15 La Région a aussi mis en place un dispositif d aide en faveur des demandeurs d emploi inscrits depuis au moins 6 mois au Pôle Emploi, afin de répondre aux projets des publics dont le cursus de formation n entre pas dans le cadre des différents programmes de formations (PRFPJ, Programmes d actions de l AFPAM et de l Ecole de Formation Professionnelle aux Métiers Maritimes et Aquacoles (EFPMA). 78

80 PRFPJ 2011 FORMATION Lot Effectif Niveau de sortie Validation BAC professionnel restauration IV Diplôme TOURISME- HÔTELLERIE- RESTAURATION CAP services hôteliers V Diplôme CAP pâtisserie V Diplôme CAP cuisine V Diplôme CAPA option industrie agroalimentaire spécialité ouvrier polyvalent de travail industriel des viandes V Diplôme Ouvrier polyvalent BTP V Attestation de stage INDUSTRIE-BTP CAP maintenance de véhicules automobiles option motocycles V Diplôme CAP maintenance de véhicules automobiles option véhicules particuliers V Diplôme ENVIRONNEMENT CAPA option entretien de l'espace rural MAN énergie renouvelable CAP maintenance et hygiène V Diplôme V Certificat 6 15 V Diplôme BAC professionnel hygiène et environnement 7 15 IV Diplôme 60 AGRICULTURE CAPA option production agricole, utilisation des matériels, spécialité productions végétales 1 15 V Diplôme 79

81 BAC professionnel travaux paysagers 4 15 IV Diplôme CAPA option production horticoles, spécialité productions fruitières 3 15 V Diplôme PRFPJ 2010 Formation Effectif Niveau de sortie Validation Organismes BAC professionnel restauration CAP services hôteliers CAP agent polyvalent de restauration 30 IV Diplôme MIC 30 V Diplôme GRETA NORD 30 V Diplôme MIC TOURISME-HÔTELLERIE- RESTAURATION Agent d'accueil et de réception 30 V Attestation de stage GRETA NORD CAP cuisine 30 V Diplôme GRETA NORD BEP métiers de l'hôtellerie et de la restauration 30 V Diplôme AMEP RAYNAL SARCUS CQP assistant d'exploitation en hôtellerie et restauration 30 V Certificat NOUVEL IFPC INDUSTRIE-BTP CQP serveur de restaurant CAP carreleur mosaïste Assistant chef de chantier 30 V Certificat NOUVEL IFPC V Diplôme GRETA BTP 30 V Ouvrier polyvalent 15 V Ouvrier polyvalent 30 V CACES grue B 377B M CAP charpentierbois Attestation de stage Attestation de stage Attestation de stage GRETA BTP AB STRATEGIE GRETA BTP 15 V Certificat GRETA BTP 30 V Diplôme GRETA BTP CAP réparation, entretien des embarcations de plaisance CAP préparation et réalisation des ouvrages électriques 30 V Diplôme GRETA SUD 30 V Diplôme GRETA BTP 80

82 CAP serruriermétallier 30 V Diplôme GRETA BTP CAP maçon 30 V Diplôme GRETA BTP CAP maintenance matériels de travaux publics et manutention 30 V Diplôme GRETA BTP CAP installateur sanitaire CAP maintenance et hygiène des locaux 30 V Diplôme GRETA BTP V Diplôme MIC ENVIRONNEMENT CQP installateur thermique et photovoltaïque 30 V Certificat AB STRATEGIE CAP agent de la qualité de l'eau 30 V Diplôme FOR ALTERNANCE CAP gestion des déchets et propreté urbaine 30 V Diplôme IFNA

83 PRFP Adultes Le PRFP des adultes est ouvert à tout public demandeur d emploi pouvant justifier de six mois d inscription à Pôle Emploi. Les actions de formation mises en œuvre dans le cadre de ce programme ouvrent droit, sous certaines conditions, à une rémunération. Le programme de formation des adultes a bénéficié à 574 personnes en 2010 (499 entre janvier et septembre 2011). Tous les niveaux de formation sont concernés, du V au I. Tableau b. PRFP Adultes 2010 Répartition des bénéficiaires par secteurs d activités Secteurs d activités Effectifs Pourcentage Services ,3% Tourisme hôtellerie restauration 60 10,5% Industrie BTP 66 11,5% Environnement 30 5,2% Agriculture 96 16,7% Gestion commerce ,1% Animation 32 5,6% Divers 35 6% Ensemble % Source : Conseil régional de Martinique (effectifs prévisionnels) PRFP 2011 FORMATION Effectifs Niveau de sortie Validation Master professionnel construction durable/écoquartier 15 I Diplôme INDUSTRIE-BTP BAC Professionnel technicien géomètre topographe Ouvrier polyvalent du BTP 15 V 15 IV Diplôme Attestation de stage Chef de chantier gros œuvre 12 III Diplôme 57 BTSA Gestion et maîtrise de l'eau- Maîtise de l'eau assainissement 15 III Diplôme Technicien entretien de cours d'eau 15 IV Attestation de stage CAP Maintenance et hygiène des locaux 15 V Diplôme ENVIRONNEMENT CQP Installateur thermique et photovoltaïque 15 V Certificat Mentions complémentaires- Technicien en énergies renouvelables-option énergie thermique Certificat de spécialisation taille et soins aux arbres- Elagage 15 IV Diplôme 15 III Diplôme 82

84 90 PRFP 2010 FORMATIONS Effectifs Niveau de sortie Validation Accueil trilingue anglais espagnol 15 V Attestation de stage TOURISME- HÔTELLERIE- RESTAURATION Agent hôtellerie 15 V Attestation de stage BTS Hôtellerie-restauration option B: art culinaire, art de la table et du service 15 III Diplôme BTS Animation et gestion touristiques locales 15 III Diplôme 60 Ouvrier maître polyvalent BTP 12 IV Attestation de stage INDUSTRIE-BTP Ouvrier polyvalent du BTP 15 V Attestation de stage Chef de chantier gros œuvre 12 III Diplôme Grutier polyvalent 12 V CACES Mention complémentaire soudage 15 IV Diplôme 66 ENVIRONNEMENT FCIL installation et maintenance système des énergies renouvelables: photovoltaïque/éolien Licence professionnelle protection de l'environnement spécialité gestion des services à l'environnement 15 IV Attestation de stage 15 II Diplôme 30 BP aménagements paysagers en éco-jardinage 12 IV Diplôme Bac professionnel travaux paysagers 15 V Diplôme AGRICULTURE CAPA productions horticoles spécialité productions florales et légumières CAPA production hoticole spécialités productions fruitières BAC professionnel conduite et gestion de l'exploitation option productions animales Certificat de spécialisation plantes aromatiques et médicinales Certificat de spécialisation tracteurs et machines agricoles: utilisation et maintenance 15 V Diplôme 15 V Diplôme 15 IV Diplôme 12 IV Diplôme 12 IV Diplôme 96 83

85 La CMAM et l AFPAM comptent parmi les principaux organismes de formation continue dans le domaine de l artisanat La CMAM dispense des formations métiers et surtout des formations en gestion Les formations métiers étaient variées avant les difficultés actuelles de la CMAM Code NSF Tableau a. Spécialités de formations dispensées par la CMAM formations métiers Spécialité de formation Nombre de stagiaires Nombre Nombre Nombre Nombre d heuresstagiaires de d heures- de stagiaires stagiaires stagiaires 221 Pâtisserie Boulangerie Cuisine Mention complémentaire dessert Nombre d heuresstagiaires 334 Restauration Coiffure Esthétique BP pharmacie Brevet des métiers d art Techniques HACCP (hygiène en restauration) CDC taxi de place ; perfectionnement taxi Gestion de l eau Parasismique Climatisation auto mise aux normes Total Note : de plus, une formation «conseil formation» pour les formations techniques est dispensée (financement FAFSEA) 84

86 Les formations en gestion sont les plus nombreuses Tableau b. Spécialités de formations dispensées par la CMAM formations en gestion Formations 300 management et commerce 300 Formations juridiques Perfectionnement gestion finance Commerce, perfectionnement commercial 314 Gestion création d entreprise Encadrant d entreprise artisanale 324 Assistant de dirigeant d entreprise 320 Communication Informatique Total (Tableaux a et b) Source : CMAM bilans pédagogiques 2008 à 2010 Tableau c. Types de stagiaires de la CMAM Salariés Demandeurs d emploi Particuliers (art. L du Code du Travail) Autres Total Source : CMAM bilans pédagogiques 2008 à 2010 Tableau d. Niveaux des formations dispensées I et II Licence ou plus III BTS, DUT IV Niveau Bac V Niveau CAP VI Niveau fin de scolarité obligatoire IX Formations ne se rattachant pas aux références des niveaux précédents (initiation, perfectionnement ; formations en gestion dans le cadre de la création d entreprise artisanale) Total

87 Source : CMAM bilans pédagogiques 2008 à 2010 L offre de l AFPAM dans les secteurs d activités intensifs en entreprises artisanales est large L AFPA Martinique a accueilli 1681 stagiaires en 2010, dont 1446 demandeurs d emploi (86%) 16. La production de l AFPAM a été de heures stagiaires en 2010, en progression de 9,3% par rapport à 2009 ( ). 65% de cette production a été mise en œuvre dans le cadre du programme régional de formation professionnelle ( heures stagiaires). Tableau e. Bénéficiaires accueillis par l AFPAM, répartis par statut et par pôle Demandeurs Salariés et % DE Totaux d emplois autres Pôle BTP IAEE Industrie Automatisme Electronique Electricité % effectifs des pôles % % Pôle GISS Gestion Informatique Santé Services % % Pôle TCHR tourisme commerce hôtellerie restauration % % Total % % Source : Rapport d activités 2010 de l AFPAM Tableau f. Répartition des effectifs par spécialité en 2010 Code Spécialité de formation Nombre de stagiaires Nombre d heures stagiaires 220 Transformation Génie civil construction bois Matériaux souples Mécanique - électricité Services Développement des capacités Autres Ensemble Remarque : le total (1568) diffère du total indiqué dans le rapport d activités (1681) Source : Extrait du bilan pédagogique de l AFPAM ; communiqué au prestataire en décembre Source : Rapport d activités 2010, transmis au Conseil Régional et au prestataire. 86

88 La VAE est peu utilisée dans l artisanat en Martinique ; autour de 40 diplômes ou titres par année Le dispositif «validation des acquis de l expérience» (VAE) permet l'obtention de tout ou partie d'une certification (diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification professionnelle) sur la base d'une expérience professionnelle salariée, non salariée (commerçant, collaborateur de commerçant, profession libérale, agriculteur ou artisan...) et/ou bénévole (syndicale, associative) et/ou volontaire. Cette expérience, en lien avec la certification visée, est validée par un jury. Le secteur de l artisanat fait l objet de peu de validation des acquis de l expérience, comme la plupart des secteurs d activités en Martinique. On dénombre ainsi une quarantaine de diplômes / titres obtenus chaque année dans des spécialités de formation pouvant donner lieu à un emploi dans le secteur artisanal (ces spécialités sont surlignées dans le tableau ci-dessous), auxquels il faut rajouter quelques VAE dans le tertiaire de bureau / tertiaire informatique qui donnent la possibilité aux lauréats d exercer leurs compétences dans le secteur de l artisanat. Comme pour les autres secteurs d activités, la raison principale est que les personnes concernées pensent qu une VAE n aura pas de conséquences sur leur salaire ou leur promotion dans l entreprise. En outre, certains salariés ne veulent pas divulguer leurs projets professionnels à leur employeur. De plus, pour le BTP, la DIECCTE impose aux organismes de formation un cahier des charges strict, notamment en matière d équipements à mettre à disposition des personnes. Ces équipements peuvent être particulièrement lourds dans le cas du BTP, et peu de centres de formations sont ainsi capables de proposer de telles prestations. Tableau Diplômes et titres obtenus par validation des acquis de l expérience de 2008 à Niveau Production agricole et sylvicole - Elevage Bâtiment : grosœuvre - génie civil - extraction Bâtiment : équipements et finitions Travail des métaux : structures métalliques - Fonderie Mécanique - Automatismes du titre / diplôme F H T F H T F H T V IV V 1 IV III V IV III 8 II 1 V IV 1 2 V IV III

89 Electricité - Electrotechnique - Electronique Production alimentaire- Production culinaire Textile - Habillement - Cuir Exploitation forestière - Travail du bois Transport - Logistique - Conduite - Manutention - Magasinage V 4 IV III V IV III 1 V 1 2 IV V 2 IV V 6 IV III 1 Tertiaire de bureau tertiaire spécialisé informatique Commerce - Distribution Paramédical - Travail social - Soins personnels Hôtellerie - Restauration - Tourisme - Loisirs - Animation - Sport Nettoyage - Assainissement - Environnement - Sécurité Techniques de la communication - Média Formations générales - Enseignement - Aménagement du territoire - Patrimoine - Développement personnel V IV III II I V IV III II 2 V IV III V IV III 1 2 V IV III II 1 II I 1 III II Tous secteurs Légende : F femmes ; H hommes ; T Ensemble Source : AGEFMA «La VAE en chiffres : panorama chiffré des années 2008 à 2010» (2012)

90 Les contrats de professionnalisation sont peu utilisés dans le secteur de l artisanat Le contrat de professionnalisation est un contrat de travail conclu entre un employeur et un salarié, qui alterne des périodes d enseignement général, technologique et professionnel et des périodes de travail en entreprise dans une activité en rapport avec la qualification visée. Pour les publics visés, notamment les jeunes de moins de 26 ans et les adultes demandeurs d emploi âgés de 26 ans ou plus, le contrat de professionnalisation doit favoriser l insertion ou la réinsertion professionnelle. Le contrat de professionnalisation n a pas le succès escompté en Martinique Selon les données de la DIECCTE, le nombre de CP signés chaque année en Martinique fluctue autour de 500. La même atonie est constatée en Guadeloupe. Le nombre de contrats signés peut paraître faible lorsque l on considère l état dégradé du marché du travail : taux de chômage élevé, notamment celui des jeunes, durée du chômage s allongeant et marginalisation croissante des jeunes au chômage, etc. Graphique a. Evolution du nombre de contrats de professionnalisation signés par année (Source : Chiffres clés de l AGEFMA «Les contrats de professionnalisation» ; juin 2012) 89

91 Le secteur de l artisanat est peu concerné par le contrat de professionnalisation. En 2011, 63% des contrats ont été conclus avec des entreprises de moins de 10 salariés. Le nombre d entreprises de BTP et de transport accueillant des bénéficiaires de CP représente moins de 4% du nombre de contrats annuels. La proportion d entreprises artisanales de soins personnels dans le pourcentage du secteur des services dans le graphique ci-dessous n est pas connue. Graphique b. secteur d activités des entreprises accueillant des salariés sous contrat de professionnalisation (Source : AGEFMA «Le contrat de professionnalisation : réponse aux besoins en main d œuvre qualifiée des entreprises» ; 2009) Secteurs d'activités des entreprises Autres Agriculture-Environnement Transport Construction Santé Finances et assurances Activités immobilières Hôtellerie Industrie Services Commerce 0,67% 1,33% 2,67% 2,67% 2,67% 0,67% 2,00% 3,33% 13,33% 23,33% 47,33% 90

92 Chapitre 3. Les pratiques de gestion des ressources humaines 3.1. La gestion de l entreprise doit s inscrire dans une démarche de progrès Le chef d entreprise artisanale, véritable homme-orchestre, pratique une gestion traditionnelle peu propice à l anticipation Le chef d entreprise assure plusieurs fonctions et peut être aidé par son conjoint pour les tâches administratives La plupart des chefs d entreprise assurent un certain nombre de fonctions: commerciale (démarchage, devis, négociation, suivi), production, supervision des réalisations, animation d équipe, et bureau d études (diagnostic, négociation avec les fournisseurs, préparation du chantier) dans le cas du BTP. Ils peuvent bénéficier de l aide de leur conjoint pour les tâches administratives et comptables et parfois la gestion du personnel. La gestion des entreprises n est pas suffisamment rigoureuse Il résulte de la multi-fonctionnalité du chef d entreprise que : - la gestion des recrutements n est pas suffisamment rigoureuse, y compris ceux d apprentis ; - des démarches de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ne sont pas mises en place, alors même que de nombreux chefs d entreprise et salariés devront partir à la retraite (45% des artisans indépendants ont 50 ans ou plus) ; - le droit du travail n est pas bien connu ; - les démarches de négociation avant le déclenchement des conflits avec les employés ne sont pas mises en pratique. En outre, certaines familles d activités professionnelles artisanales demeurent particulièrement exposées aux accidents de travail et aux maladies professionnelles Or, les évolutions de l environnement de travail commandent une professionnalisation de la gestion La pression forte des clients qui recherchent des délais de plus en plus courts et les prix de plus en plus serrés imposés par la concurrence exacerbée appellent une rationalisation de l organisation du travail. L informatisation des ateliers, les démarches qualité, la responsabilisation des personnels et leur polyvalence deviennent des avantages comparatifs essentiels dans ce contexte. 91

93 3.2. Pratiques de gestion et gestion de la diversité Des difficultés de recrutement dues à l étendue des compétences recherchées et surtout à un manque d attractivité du secteur Les entreprises déclarent des difficultés à recruter les mécaniciens-électroniciens de véhicules, les ouvriers de l industrie et certains ouvriers du BTP Les enquêtes BMO de Pôle Emploi mettent en exergue les mécaniciens-électroniciens de véhicules, les ouvriers de l industrie et certains ouvriers du BTP comme familles de métiers en tension en Martinique. Le cas des ouvriers de l industrie est signalé dans le graphique ci-dessous (proportion de cas difficiles de recrutement : 53,3%) et ceux des maçons (52,5%) et des mécaniciens-électroniciens de véhicules (50,8%) ont déjà été signalés (voir chapitre 1 du présent rapport). Graphique a. Nombre de projets de recrutement en 2010 Graphique b. Proportion de cas de recrutement difficiles en 2010 Autres (conducteurs Ouvriers de l'industrie Ouvriers du BTP Autres techniciens et Vente, tourisme et Social et médico-social Fonctions Encadrement Ensemble Autres (conducteurs Ouvriers de l'industrie Ouvriers du BTP Autres techniciens et Vente, tourisme et Social et socio-médical Nombre de projets de recrutement en Fonctions 2010 Encadrement 30% 27,40% 53,30% 31,50% 43% 33,40% 18,90% 28,50% 38,60% Source : Enquête BMO 2011 Pôle Emploi Martinique et Crédoc Proportion de cas de recrutement difficiles en 2010 Source : Enquête BMO 2011 Pôle Emploi Martinique et Crédoc 92

94 Ces difficultés de recrutement sont dues à l étendue des compétences recherchées et surtout à un manque d attractivité du secteur Un écart de compétences est constaté Les socio-professionnels soulignent un décalage entre le niveau de compétences attendu par les chefs d entreprise et celui présenté par les candidats, tant en termes d étendue des savoir-faire que de comportements au travail. Il en résulte concrètement que la rémunération demandée par certains candidats serait excessive au regard de leurs compétences. Dans certains métiers tels que le froid-climatisation, la transformation alimentaire, la réparation automobile ou le second œuvre du BTP (électricité, réseaux), un bac pro au minimum est exigé. En effet, une montée en niveau de qualification est nécessaire, en raison : - du développement des contrats de maintenance, où les compétences d autonomie et de gestion de la relation client sont primordiales, - de l utilisation croissante de l informatique et de l électronique, - des préoccupations croissantes concernant la qualité des produits et leur impact environnemental. L image de certains métiers du secteur est négative L image de la profession reste insuffisamment valorisée parce que, d une part, l image des activités manuelles se compare défavorablement à celle des nouvelles technologies ou celle de nombreuses activités tertiaires, d autre part, les représentations des métiers de l artisanat auprès des jeunes, de leurs familles et des enseignants restent marquées, pour certains métiers, par des conditions d exercice pénibles, peu rémunératrices, insuffisamment porteuses de prestige et de reconnaissance sociale. Nous renvoyons au chapitre 2 sur la formation pour des observations sur les taux de pression pour les filières de formation, comme les métiers du pressing, les fleuristes, la réparation de carrosseries ou la maçonnerie générale. Les acteurs économiques martiniquais prennent des initiatives pour valoriser l image de la profession C est ainsi que la Région Martinique, la Chambre de Métiers et de l Artisanat de la Martinique et des partenaires ont organisé un championnat des métiers en Martinique, en mars Cette manifestation a permis de sélectionner des jeunes, qui pourront participer au championnat des métiers national. La CCIM et des partenaires ont organisé «les rencontres de l apprentissage dans le secteur du BTP» en septembre et octobre Cette manifestation, qui s est déroulée séquentiellement sur les quatre bassins d emploi du territoire, a permis des échanges entre les élèves, apprentis et stagiaires, d une part, et des entreprises et acteurs institutionnels de l emploi, de la formation et de l insertion, d autre part. La Région Martinique finance une émission intitulée «les 300 secondes pour la formation» qui contribue à faire connaître les dispositifs de la formation. Cette émission n a pas vocation à faire 93

95 connaitre les dispositifs de formation d un secteur en particulier, mais des dispositifs concernant le secteur de l artisanat pourraient y être mis en valeur Les salaires et les revenus sont modestes Les salaires dans les secteurs d activités intensifs en entreprises artisanales se comparent défavorablement à la moyenne des secteurs, à l exception des transports La Déclaration Annuelle des Données Sociales (DADS) est une formalité déclarative que doit accomplir toute entreprise employant des salariés, en application de l'article R du code de la Sécurité sociale (Décret du 24 mars 1972) et des articles et 241 de la loi du 7 juin 1951 du Code Général des Impôts. L exploitation des DADS fournit des informations par secteurs d activités, sans distinguer entre les entreprises artisanales et les autres. Il est toutefois possible d inférer quelques caractéristiques des entreprises artisanales, à partir des secteurs d activités comprenant relativement plus d entreprises artisanales. Le graphique ci-dessous ventile les salaires médians par secteur d activité, où le salaire médian se définit comme le salaire tel que la moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l autre moitié gagne plus. Le salaire médian se différencie du salaire moyen qui est la moyenne de l ensemble des salaires de la population considérée. Les salaires médians dans les secteurs d activités intensifs en entreprises artisanales se comparent défavorablement à la moyenne des secteurs 17, à l exception des transports. Graphique Salaires mensuels nets des salariés - valeur médiane 2009 (euros) (Source: AGEFMA exploitation des DADS 2009 (juin 2012) Note : les salaires des secteurs des services à la personne (comprenant la coiffure, esthétique) et des industries non agro-alimentaires ne sont pas disponibles sur les documents de l AGEFMA. 94

96 Les revenus des artisans indépendants (20 K ) sont modestes par rapport aux cadres (48 K ) et même les professions intermédiaires (28 K ) Les artisans indépendants ont déclaré au RSI ont déclaré un revenu annuel d un peu plus de 20 K, soit 1674 mensuels. Les écarts entre secteurs d activités sont très importants, de 68 K pour l eau et le traitement des déchets à 9 K pour les arts et les autres activités de services. Si ce revenu se compare favorablement au salaire mensuel net médian pour l ensemble des secteurs d activités en Martinique (1 475 ), il est très inférieur au salaire moyen des cadres (25,6 par heure, soit par mois ou 48 K par an) et même celui des professions intermédiaires (14,7 par heure, soit par mois ou 28 K par an). Tableau a. Nombre d artisans indépendants déclarés au RSI par secteur d activités, en 2010 Tableau b. Revenus moyens déclarés par ces indépendants, en 2010 Dénombrement des actifs secteurs Total Revenu moyen déclaré en 2010 secteurs Revenu activités techniques 158 activités techniques arts 32 arts autres activités de services 146 autres activités de services commerce; réparation 827 commerce; réparation construction 240 construction eau et traitement des déchets 16 eau et traitement des déchets hébergement et restauration 22 hébergement et restauration industrie manufacturière 694 industrie manufacturière information et communication 5 information et communication n.s. santé 11 santé services administratifs 151 services administratifs transport et entreposage 305 transport et entreposage Ensemble des secteurs d'activités 2607 Moyenne pondérée des secteurs d'activités Source : RSI services statistiques juillet 2012 ; traitement complémentaire par V.E.V Consulting Tableau c. Salaire net horaire moyen (en euros) selon la catégorie socioprofessionnelle en 2008 Région Martinique CSP Salaire net horaire moyen (en euros) Ensemble 12,6 Cadres 25,6 Professions intermédiaires 14,7 Employés 10,4 Ouvriers qualifiés 10,1 Ouvriers non qualifiés 8,6 Source : INSEE Chiffres clés Région Martinique «Salaires et revenus d activité» mise à jour janvier

97 Les artisans martiniquais n ont pas mis en place une gestion active des âges, pourtant 45% des indépendants ont 50 ans ou plus Les artisans martiniquais n ont pas mis une gestion active des âges 18. Pourtant, tant de nombreux chefs d entreprise artisanale que leurs salariés ont un âge avancé, comme l indiquent les deux tableaux cidessous, l un concernant les artisans indépendants cotisant au RSI, l autre concernant l ensemble des salariés martiniquais. 45% des artisans indépendants ont 50 ans ou plus ; les plus âgés opèrent dans les activités de transformation, le commerce-réparation, les métiers de bouche et le transport Le tableau ci-dessous indique la répartition des artisans indépendants par tranche d âge et par secteur. Un tableau complémentaire du chapitre 4 (perspectives) précise la proportion des plus de 50 ans par métier. Le vieillissement des chefs d entreprise artisanale est propice à la mise en œuvre d une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) pour anticiper la transmission des entreprises. En effet, faute d'une relève familiale suffisante dans de nombreuses entreprises, la cession des entreprises doit être envisagée, mais pour cela une vision prospective doit être développée chez le chef d entreprise artisanale, en d autres termes, le chef d entreprise doit être familiarisé avec la GPEC. D un autre côté, le chef d entreprise artisanale, dont on a vu qu il est un homme-orchestre, n a pas le temps ou les moyens de s engager sans appui dans des démarches prospectives. Conscientes de cette réalité, la DIECCTE Martinique et Constructys (ex AREF-BTP) ont initié une expérimentation dans quelques entreprises du BTP, sous la forme d une aide technique apportée par un consultant financé par la DIECCTE et Constructys pour mettre en œuvre une démarche de GPEC dans l entreprise. Tableau a. Répartition des artisans indépendants par tranche d'âge et par secteur (traitement juillet 2012) secteurs activités techniques 1% 3% 7% 11% 12% 15% 13% 13% 12% 8% 6% 39% arts 0% 9% 13% 9% 16% 19% 13% 6% 9% 3% 3% 22% autres activités de services 0% 6% 11% 12% 11% 13% 11% 12% 9% 7% 8% 36% commerce; réparation 1% 4% 6% 10% 13% 14% 13% 11% 10% 8% 11% 40% construction 0% 5% 10% 10% 13% 13% 11% 12% 9% 8% 8% 37% eau et traitement des déchets 0% 0% 6% 13% 6% 6% 25% 13% 13% 19% 0% 44% hébergement et restauration 0% 9% 9% 9% 9% 9% 9% 9% 9% 9% 18% 45% industrie manufacturière 0% 2% 5% 8% 12% 15% 15% 14% 11% 9% 10% 44% information et communication 0% 20% 0% 40% 20% 0% 20% 0% 0% 0% 0% 0% santé 0% 0% 9% 18% 9% 18% 18% 18% 0% 9% 0% 27% services administratifs 1% 6% 9% 13% 13% 13% 12% 13% 11% 7% 5% 34% transport et entreposage 0% 2% 5% 6% 8% 13% 13% 15% 12% 10% 14% 52% Ensemble des secteurs 0,4% 3,9% 7,1% 10,2% 12,7% 14,9% 14,5% 13,8% 11,3% 8,9% 10,6% 44,6% Source : RSI services statistiques juillet 2012 ; traitement complémentaire par V.E.V Consulting 65 et plus 50 et plus 18 Sources : Groupes de travail du CEP Artisanat et entretiens réalisés. 96

98 Ce vieillissement concerne d ailleurs l ensemble des actifs martiniquais, notamment dans la fonction publique En 2007, l INSEE Antilles-Guyane estimait que près de actifs martiniquais ayant un emploi en 1999 vont cesser leur activité, à l horizon De nombreux départs à la retraite étaient à prévoir, dans la plupart des secteurs d activités 20. Dans l artisanat, les départs en retraite concernent donc autant les salariés que les chefs d entreprises. Le tableau de répartition des effectifs salariés par tranche d âge ci-dessous indique que les secteurs d activités intensifs en entreprises artisanales, comme l industrie et la construction, sont dans la moyenne du vieillissement des actifs ; en fait, c est la fonction publique qui tire la pyramide des âges vers le haut. Tableau b. Répartition des effectifs salariés, par secteur et tranche d âge (DADS 2009) (Source : INSEE Martinique; juin 2012) Table of AGE by A6 (NOMENCLATURE AGREGEE A6) AGE Moins de 25 ans De 26 à 35 ans De 36 à 45 ans De 46 à 55 ans Plus de 55 ans Agricultur ture Agricul e (%) Industries Industries (%) Constr uction Constr uction (%) Comme rce, transpo rt, héberge ment Commerc e, transport, hébergem ent (%) Service s marcha nds Service s marcha nds (%) Admini stration publiqu e Administ ration publique (%) 366 7,5% ,1% ,5% ,6% ,9% ,2% ,6% % ,3% ,3% ,5% ,9% ,8% % ,2% ,9% ,9% ,5% ,6% ,5% ,8% ,6% ,4% ,4% ,8% ,8% ,8% ,6% 468 9,6% 835 8,3% 657 8,3% ,6% ,7% ,7% % Total Total (%) Total % % % % % % % 19 Source : INSEE (Antiane n 68, août 2007) «Les emplois de demain dans une population qui vieillit» 20 Cette étude n a pas été mise à jour et l INSEE Antilles-Guyane ne sait pas si les départs à la retraite se sont matérialisés et si les départs ont été remplacés (Source : INSEE Antilles-Guyane Direction des études ; juillet 2012). 97

99 Certains métiers demeurent fortement masculins, tels que les métiers de bouche, la réparation automobile, les taxis ou les photographes Une situation contrastée par métier Les artisans indépendants sont très majoritairement des hommes dans les métiers de bouche, la réparation automobile, les taxis et les photographes, outre le secteur du bâtiment. A l inverse, les femmes artisans indépendants sont fortement majoritaires en coiffure-esthétique, commerce de fleurs et fabrication de vêtements. Ces disparités par métier ne se traduisent pas pour l ensemble des artisans indépendants, puisque les femmes représentent globalement 45% des artisans des familles d activités professionnelles analysées. La situation est plus contrastée pour l ensemble des salariés et artisans du secteur artisanal, puisque les femmes représentent 25% des effectifs 21, en incluant le bâtiment. A noter que ces chiffres incluent les emplois dans les fonctions supports, telles que le secrétariat ou la comptabilité. Hors ces emplois, la proportion de femmes serait encore plus faible. Tableau a. Répartition par sexe des artisans indépendants, pour quelques familles d'activités professionnelles hors BTP Dénombrement des actifs Répartition par sexe NAF Total Femme Homme Charcuterie 1013B 5 20% 80% Boulangerie 1071C 55 27% 73% Pâtissier 1071D 49 41% 59% Fabrication de vêtements 1413Z 79 86% 14% Fabrication de meubles 3101Z 2 0% 100% Fabrication de meubles 3102Z 11 9% 91% Fabrication de meubles 3109B 28 18% 82% Fabrication d'articles de joaillerie et de bijouterie 3212Z 13 31% 69% Fabrication d'articles de joaillerie et de bijouterie 3213Z 40 85% 15% Fabrication de prothèses dentaires 3250A 12 8% 92% Installation et montage de matériel aéraulique et frigorifique industriel 3320B 3 0% 100% Installation et entretien de climatisation et chaufferie 4322B 62 5% 95% Métallerie, serrurerie 4332B 61 5% 95% Réparation automobile et carrossier 4520A 244 5% 95% Réparation automobile et carrossier 4520B 12 8% 92% Boucherie 4722Z 32 6% 94% Commerce de fleur 4776Z 35 74% 26% 21 Source : CMARM «Le secteur des métiers de l artisanat : pistes de solutions pour un meilleur développement des entreprises artisanales» (31 juillet 2012). 98

100 Commerce de fleur 4789Z % 34% Taxis 4932Z 90 18% 82% Photographie 7420Z 88 20% 80% Ambulancier 8690A 21 33% 67% Réparation de meubles 9524Z 4 0% 100% Réparation d'articles d'horlogerie et de bijouterie 9525Z 5 0% 100% Blanchisserie, teinturerie 9601A 2 50% 50% Pressing 9601B 29 52% 48% Coiffure 9602A % 30% Esthétique, soins de beauté 9602B % 3% Thanatopraxie 9603Z 11 27% 73% Ensemble % 55% Source: RSI contribution au CEP Artisanat (âges au 31 juillet 2012) Pourtant, les femmes sont devenues plus nombreuses que les hommes sur le marché du travail Aujourd hui, les femmes sont plus nombreuses que les hommes sur le marché du travail, puisqu elles constituent 50,7% des salariés de l ensemble de l économie martiniquaise, comme conséquence d une féminisation de l emploi en Martinique depuis les années soixante-dix. En effet, la tertiarisation de l économie est bénéfique aux femmes, en raison de la nature des emplois créés ; l offre d emploi s est orientée vers des métiers où les femmes sont traditionnellement majoritaires. Il est vrai que les femmes se positionnent sur un nombre d activités plus réduit que les hommes. En Martinique, elles ne sont majoritaires que dans 32 familles professionnelles, sur un total de 86, et sont concentrées sur quelques métiers 22. Tableau b. Emploi selon le secteur d activités Nombre % Nombre % dont salariés dont femmes en % en % Ensemble % % 87% 50,7% Agriculture % ,5% 62,3% 24,6% Industrie ,9% ,3% 86,5% 29,1% Construction ,3% ,1% 72,4% 10,4% Commerce, transports, ,7% ,1% 83,7% 51% services divers Administration publique, enseignement, ,1% % 95,9% 64,3% santé, action sociale Source : INSEE Chiffres clés Région Martinique («géographie au 01/01/2010») ; mise à jour le 30 juin Source : INSEE Antilles-Guyane «La place des femmes dans la société martiniquaise» ;

101 Cette situation résulte des conditions de travail et des représentations sexuées Le nécessaire aménagement des conditions de travail des femmes dans le secteur peut être un frein Les conditions d exercice du travail dans l artisanat peuvent faire intervenir la force physique (port de charges lourdes, soumission aux intempéries ), notamment dans la production et le bâtiment. Le travail des femmes dans le secteur nécessite un aménagement des conditions de travail, comme le poids des charges excédant le maximum légal pour les femmes, l absence de vestiaires, l obligation d installations sanitaires spécifiques dans les ateliers ou sur les chantiers. Les représentations sexuées conduisent à des autolimitations dans le choix des filières et des métiers L image très masculine de la plupart des métiers de production et du BTP ou de la réparation automobile est souvent partagée tant par les femmes et les jeunes filles que par les intermédiaires de l emploi et les acteurs de l Education. L orientation scolaire est fortement déterminée par la prégnance de rôles sexués dévolus à chacun des deux sexes. On constate ainsi des mécanismes d autolimitation des choix de filières et de métiers, d autocensure plus marquée chez les filles que chez les garçons, qui traduisent l influence des stéréotypes de genre. C est pourquoi des actions sont mises en œuvre en Martinique pour promouvoir l égalité hommes-femmes, à l initiative de la DRDFE Parmi les actions mises en œuvre, notamment à l initiative de la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l Egalité (DRDFE), on peut citer : La promotion de l égalité d accès à la formation professionnelle auprès des décisionnaires. - Ainsi, dans le cadre d une convention passée entre l ARACT 23 et la DRDFE sont organisées «les matinales de l égalité», qui rassemblent les DRH - Dirigeants d entreprises, élus de comités d entreprise, représentants syndicaux. La mise en avant de «l approche du genre», fruit d une collaboration de la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l Egalité (DRDFE ; Préfecture), du Rectorat et d une université. Les opérations «Montrer des femmes dans des métiers d hommes» (partenariat DRDFE ONISEP) invitant à la diversification d orientation professionnelle dans les brochures de l ONISEP. La mise en place de formations de femmes dans des métiers dits masculins : 23 ARACT : Association Régionale d Amélioration des Conditions de travail 100

102 - Par exemple, avec l AFPAM Dillon et le co-financement du FSE, les formations qualifiantes suivantes ont été organisées en 2009 : «Agent d entretien en zones sensibles», «Conducteurs (trices) livreurs (euses) de véhicules légers.» Afin de promouvoir la création d activité, la DRDFE s est associée à la Boutique de gestion 24, une coopérative d activités, le CUCS du Lamentin, la couveuse 2ECE (Espace d essai pour la création d entreprise) et l ADIE pour réaliser le projet intitulé «Entrepreneuriat au féminin». Ce dispositif a la volonté de simplifier et sécuriser le parcours de création en facilitant l accès au financement et en assurant un suivi adapté afin de contribuer à la consolidation des activités créées. Toutefois, une mesure de l impact de ces opérations n est pas disponible. Plusieurs mutations rendent les perspectives de féminisation du secteur plus favorables Ces évolutions sont les suivantes : L amélioration des conditions d exercice des métiers de la production et de construction, avec notamment l irruption de l informatique et de l électronique (par exemple, les machines à commande numérique) et l évolution des mentalités devrait permettre un renforcement de la féminisation dans la production et la construction. La familiarisation à ces activités induite par la dimension domestique du bricolage peut contribuer à renforcer la volonté des femmes de s orienter vers ces métiers dont certains aspects font appel à un sens plus aiguisé de l esthétique et même à une certaine forme de créativité. En ce qui concerne les travaux à domicile, la clientèle est souvent sensible à la présence de femmes dans une équipe, notamment du fait de la meilleure réputation de celles-ci en matière de propreté, de discrétion et de ponctualité. Les conjointes d artisan peuvent jouer un rôle essentiel avec le renforcement des avantages liés à leur statut juridique. Le développement des compétences comportementales dans les entreprises artisanales et la prégnance du relationnel dans la fidélisation du client pourrait faire prendre la mesure de l intérêt à recruter des femmes. 24 La Boutique de Gestion a été liquidée en

103 L accès à l emploi salarié dans l artisanat est très difficile pour les personnes handicapées, mais certaines créent leur propre activité En Martinique, 17 % des personnes sont concernées par une forme de handicap. Ce taux est proche de celui de la France métropolitaine (16 %). L âge est un élément déterminant quant à l apparition d un handicap. L accès à l emploi pour les personnes en situation de handicap est particulièrement difficile, y compris pour les personnes dont le handicap est officiellement reconnu. Dans leurs activités quotidiennes, les personnes en situation de handicap sont majoritairement assistées par un de leurs proches. Le concept de handicap est une notion complexe. Le handicap peut revêtir différentes formes et s exprimer de façon très variée. Pour cerner la notion de handicap, trois approches complémentaires sont proposées : le handicap ressenti (tel que la personne le vit et le déclare), le handicap identifié (le fait de présenter un caractère manifeste de handicap, tels que le fauteuil roulant ou la cécité), et le handicap reconnu (par une administration civile ou militaire, le versement d une allocation spécifique, etc.). L accès à l emploi est très difficile pour les personnes handicapées, tous secteurs confondus, et seules 12% des personnes reconnues comme telles sont en emploi Les principales déficiences sont visuelles, motrices et psychologiques, en Martinique comme dans le reste de la France Les déficiences augmentent avec l âge. La proportion des déficients dans la population est significativement moins importante en Martinique qu en France métropolitaine. Unité : % Tableau a. Part des principales déficiences selon l âge en Martinique Moins de 60 ans Martinique 60 ans et plus Ensemble de la population Moins de 60 ans France métropolitaine 60 ans et plus Ensemble de la population Vision Psychologique Motricité Audition Parole Source : INSEE Antilles-Guyane Premiers Résultats «Le handicap en Martinique : une réalité complexe»; N 79 octobre 2011 Seul un tiers des handicapés est présent sur le marché du travail et parmi ceux-ci 50% sont au chômage Les personnes handicapées sont bien moins souvent en activité (en emploi ou au chômage) que le reste de la population, et ce, quel que soit le type de handicap. Lorsqu elles sont présentes sur le marché du travail, c est une fois sur deux en tant que chômeur. Ainsi, seulement une personne sur cinq est en emploi parmi les handicapés «identifiés», contre une sur deux dans l ensemble de la population. 102

104 Les personnes handicapées en emploi sont majoritairement des ouvriers ou des employés et sont surreprésentées dans cette CSP par rapport à la population martiniquaise. A l inverse, les cadres sont sous-représentés parmi les handicapés qui ne comptent que 1 % de cadres contre 4 % dans la population totale. Tableau b. Situation professionnelle des handicapés de 15 à 67 ans selon le type de handicap, en Martinique Unité :% Population totale Population en situation de handicap Ressenti Reconnu Identifié Emploi Chômage Etudes Retraité Au foyer Autres inactifs (dont invalides) Ensemble Source : INSEE Antilles-Guyane Premiers Résultats «Le handicap en Martinique : une réalité complexe»; N 79 octobre 2011 Dans le secteur de l artisanat, l accès à l emploi est encore plus difficile, en raison de la nécessité d un travail manuel dans la plupart des métiers En l absence de statistiques sectorisées sur l emploi des personnes handicapées en Martinique, cette section reste principalement qualitative. Il faut également garder à l esprit que l obligation d emploi de personnes en situation de handicap ne s applique pas aux entreprises artisanales, car la plupart ont un effectif inférieur à 10. Les entreprises évoquent souvent l incompatibilité de la situation de handicap avec le travail manuel ainsi que les problèmes de sécurité dans les ateliers comme frein au recrutement de personnes handicapées. En revanche, ces freins spécifiques disparaissent pour les emplois dans les fonctions supports, comme la comptabilité, l informatique ou le secrétariat. 103

105 Néanmoins, le secteur de l artisanat est bien représenté dans les activités créées par les personnes en situation de handicap en Martinique La DIECCTE de Martinique (Plan Régional d Insertion des Travailleurs Handicapés (PRITH)) a recensé les activités créées en Martinique par les personnes en situation de handicap en 2010 et Ces créations concernent très majoritairement des activités artisanales. Tableau c. Activités créées par des personnes en situation de handicap en Martinique du 1 er janvier 2010 au 15 décembre 2011 Secteur Nombre de créations d entreprise Salons de coiffure / esthétisme 2 Exploitations agricoles 5 Art et décoration 1 Jus frais et salades de fruits / plats végétaliens 2 Jardins et espaces verts 1 Atelier mobile de maintenance et réparation automobile 1 Pâtisserie / Glacier confiseur 2 Structure d'hébergement (petit hôtel) 1 Traiteur 1 Pêche artisanale 1 Multiservices BTP 2 Source : PRITH Martinique ; janvier 2012 Les difficultés d accès à l emploi dans le secteur de l artisanat se traduisent, en amont, par l absence de prescriptions de formations pour les BOETH dans ce secteur CAP Emploi et la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) sont les principaux prescripteurs d actions de formations au profit des personnes handicapées. Pour les années 2010 à 2012, on constate que peu de prescriptions ont porté spécifiquement sur le secteur de l artisanat, quoi que les personnes formées pour les emplois de bureau (agent administratif d entreprise, comptable assistant, Passeport de compétences informatiques européen (PCIE) ) peuvent in fine exercer dans ce secteur, ainsi que les dessinateurs d exécution graphique. Tableau d. Prescripteur CAP EMPLOI Demandes de formations pour 2011 Libellé de la formation Type de formation Effectif concerné Agent administratif d entreprise 10 Action eco/consommation/environnement 12 Suite parcours non-voyants comme agent standardiste Formations longues 12 Agent environnement 10 Remise à niveau public sourd 10 Entreprise d entraînement pédagogique 10 Découverte de métiers 20 Formations courtes (90 à 210 hr) PCIE complet

106 Evaluation du projet professionnel en milieu de travail (EPPMT) 50 Technique de recherche d emploi 10 Valoriser sa candidature 10 Source : PRITH Martinique «Formation des BOE» décembre 2011 Tableau e. Prescripteur CAP EMPLOI Demandes de formations pour 2012 Libellé de la formation Effectif Type de formation Niveau concerné Agent d entretien Professionnalisante V 4 Assistant de gestion des entreprises Professionnalisante III 6 Employé polyvalent de commerce Professionnalisante IV 21 CACES chariot élévateur / magasinier cariste Professionnalisante V 11 PCIE Mise à niveau 5 Agent administratif (secrétariat/accueil/standard) Professionnalisante V 31 Cuisine Professionnalisante V 2 CAP Petite Enfance Professionnalisante V 6 Comptable assistant Professionnalisante IV 5 Secrétaire comptable Professionnalisante IV 3 Assistant de direction Professionnalisante III 2 Hôte(sse) de caisse Professionnalisante 6 Diplôme d Etat d Auxiliaire de Vie Sociale (DEAVS) Professionnalisante IV 5 Assistant ressources humaines Professionnalisante II 1 CAP hygiène et environnement Professionnalisante V 1 CAP agent de déchèterie Professionnalisante V 4 Développement personnel, estime de soi Mise à niveau 10 Source : PRITH Martinique «Formation des BOE» décembre 2011 Tableau f. Prescripteur MDPH Orientations en Centres de Rééducation Professionnelle (2010) Libellé de la formation Effectif Type de formation Niveau concerné Bac Pro Artisanat d art Professionnalisante IV 1 Préparatoire + agent accueil information Professionnalisante V 1 Préparatoire + agent de transit douanes Professionnalisante V 1 Préorientation Soutien à l orientation 1 Ouvrier fleuriste Professionnalisante V 1 Préparatoire + secrétaire médico-sociale Professionnalisante IV 1 Dessinateur d exécution en communication graphique Professionnalisante IV 1 Préformation + bac professionnel dessinateur d exécution graphique Professionnalisante IV 1 CAP dessinateur d exécution graphique Professionnalisante V 1 Agent administratif d entreprise Professionnalisante V 1 Employé de bureau Professionnalisante V 1 Préparatoire + technicien d assistance en informatique Professionnalisante IV 1 Préorientation Soutien à 1 105

107 l orientation Agent d accueil Professionnalisante V 1 Agent d accueil et d information Professionnalisante V 1 Préparatoire Mise à niveau 1 Source : PRITH Martinique «Formation des BOE» décembre

108 3.3. Les risques professionnels sont nombreux, en raison de la diversité des métiers Plusieurs métiers artisanaux sont exposés aux maladies professionnelles et aux accidents de travail Toutes branches confondues, la Martinique se situe dans une position favorable par rapport à la moyenne française à l aune de la fréquence des risques professionnels Les principaux risques professionnels 25 sont : - les accidents de travail, notamment les risques de chute de hauteur ou après glissement sur un sol dérapant, - les maladies professionnelles, notamment les risques musculo-squelettiques, - les risques routiers professionnels, qui se matérialisent, soit en accidents de trajet (domicile travail), qui sont considérés de la même manière que les accidents de travail, soit en accidents de mission, qui constituent également des accidents de travail. Tableau a. Principaux indicateurs des risques professionnels toutes branches confondues 2010 Evolution 2009/2010 Effectif de salariés ,5% Nombre d établissements déclarant des salariés % Accidents du travail avec arrêt (AT) ,7% Accidents graves (avec IPP 10%) 45 16,7% Accidents du travail mortels 3 200% Accidents de trajet avec arrêt ,9% Accidents de trajet graves (avec IPP 10%) 4 60% Accidents de trajet mortels 1 66,7% Maladies professionnelles (MP) ,7% MP Mortelles 0 -- Coût moyen d un accident de travail avec arrêt ,3% Nombre de jours d arrêt de travail ,9% Durée moyenne de l arrêt de travail (en jours) 43 10,4% Légende : IPP incapacité physique permanente ; IFR nombre d accidents avec arrêt pour 1000 salariés Source : Direction des Risques Professionnels de la Caisse Générale de Sécurité Sociale de Martinique : «Les risques professionnels en Martinique ; statistiques 2010» 25 Les statistiques de cette section sont issues d un document de la Direction des Risques Professionnels de la Caisse Générale de Sécurité Sociale de Martinique : «Les risques professionnels en Martinique ; statistiques 2010» 107

109 Tableau b. Risques professionnels évolution de 2006 à 2010 Nombre d accidents du travail (AT) avec arrêt Nombre d AT graves avec IPP 10% Nombre d accidents de trajet avec arrêt Nombre de maladies professionnelles reconnues Indice de fréquence régional (1) (1) Indice de fréquence régional : nombre d accidents avec arrêt pour 1000 salariés Source : Direction des Risques Professionnels de la Caisse Générale de Sécurité Sociale de Martinique : «Les risques professionnels en Martinique ; statistiques 2010» L indice de fréquence régional, nombre d accidents de travail avec arrêt pour 1000 salariés, est inférieur à la moyenne française. Graphique a. Indice de fréquence des risques professionnels - évolution Source : Direction des Risques Professionnels de la Caisse Générale de Sécurité Sociale de Martinique : «Les risques professionnels en Martinique ; statistiques 2010» Indice de fréquence martiniquais Indice de fréquence national L occurrence des accidents du travail apparaît en augmentation par rapport aux années Graphique b. Accidents du travail - Evolution Sources : pour les années : INSEE tableaux économiques régionaux Martinique (chapitre santé) 2009 ; pour les années : Direction des Risques Professionnels de la Caisse Générale de Sécurité Sociale de Martinique : «Les risques professionnels en Martinique ; statistiques 2010» Accidents du travail avec arrêt Accidents du travail graves Plusieurs métiers artisanaux présentent des risques : construction, transformation alimentaire, transformation industrielle, coiffure, transports La principale maladie professionnelle concernant le secteur artisanal est l affection périarticulaire, comme les autres secteurs La plupart des entrées ci-dessous concernent l artisanat, y compris la ligne «Activités de service 2», qui comprend les services à la personne (dont coiffure, esthétique) et les activités de travail temporaire (concernant particulièrement le BTP). 108

110 Branche Tableau c. Principales maladies professionnelles reconnues par branche Affections chroniques du rachis lombaire Affections périarticulaires Lésions eczématiformes Atteinte auditive Lésions eczématiformes de mécanisme allergique Atteinte des doigts ou des orteils Unité : nombres Rhinites et asthmes professionnels Leptospirose Métallurgie BTP 8 8 Transport, eau, gaz, électricité Alimentation (IAA et commerce de l alimentation) Agriculture Bois, ameublement, textile Commerces non alimentaires 6 6 Activités de services Activités de services Total Source : Direction des Risques Professionnels de la Caisse Générale de Sécurité Sociale de Martinique : «Les risques professionnels en Martinique ; statistiques 2010» Total Les «activités de service 1» correspondent aux activités financières et cabinets d'études, assurances, recherche publique, administrations locales (collectivités territoriales et administration hospitalière, uniquement pour les salariés contractuels), autres administrations, accueil à domicile, bureaux d'essai, organismes de formation (personnel enseignant et administratif). Les «activités de service 2» et travail temporaire correspondent aux activités de travail temporaire, nettoyage et désinfection, professions de santé, vétérinaires, action sociale sous toutes ses formes (dont une partie de l'activité des services d'aide à la personne), formation (stagiaires des centres de formation professionnelle), organisations économiques, sociales et culturelles, services aux personnes et à la collectivité. L ARACT signale que des salariés peuvent ne pas reconnaître les symptômes des troubles musculosquelettiques (TMS) ; ils ne les déclarent donc pas, et leur état de santé peut se dégrader. Toutefois, la Direction des risques professionnels de la CGSS de Martinique a un plan d actions qui vise notamment à réduire la croissance des TMS. C est ainsi qu elle réalise une «enquête questionnaire TMS» auprès des salariés des secteurs les plus exposés (BTP, agriculture, industrie agro-alimentaire, grande distribution, commerce), afin de dresser un portrait de la santé musculo-squelettique des salariés, dans le but de dépister le plus tôt possible les situations de travail contraignantes. L exploitation de cette enquête permet à la DRP-CGSS de réaliser des interventions ergonomiques dans certains établissements enquêtés. 109

111 La transformation alimentaire, la transformation industrielle, le BTP et le transport font partie des secteurs les plus touchés par les accidents du travail L alimentation-agriculture est une branche professionnelle à haut risque, avec 33% des accidents de travail 26, de même que la construction (11% des accidents de travail pour à peu près 7% des effectifs). Les principales origines des accidents du travail sont les objets en cours de manipulation, les accidents de plain-pied (tels que le chutes après glissement), et les chutes avec dénivellation, cette dernière cause concernant particulièrement le secteur du BTP. Tableau d. Répartition des accidents du travail par branche professionnelle en 2010 Branche Nombre d accidents avec arrêt Indice de fréquence Nombre d accidents du travail graves (IPP 10%) Métallurgie BTP Transport, eau, gaz, électricité Alimentation (IAA et commerce de l alimentation) et agriculture Chimie, caoutchouc, plasturgie Bois, ameublement, textile Commerces non alimentaires Activités de services 1 (assurances, administrations territoriales, organismes de formation) Activités de services 2 (travail temporaire, établissements de soins privés, activités de nettoyage ) Autres activités (accueil à domicile ) Toutes branches confondues Source : Direction des Risques Professionnels de la Caisse Générale de Sécurité Sociale de Martinique : «Les risques professionnels en Martinique ; statistiques 2010» Tableau e. Eléments matériels à l origine des accidents Accidents du travail avec arrêt Accidents du travail graves (IPP 10%) Nombre % Nombre % Objets en cours de manipulation , ,7 Accidents de plain-pied , ,7 Chutes avec dénivellation ,5 5 11,1 Divers et imprécis 216 8,4 6 13,3 Outils à main 123 4,9 0 - Objets en cours de transport manuel 113 4,4 1 2,2 Circulation ,4 Masse en mouvement accidentel 98 3,8 3 6,8 Machines et scies 72 2,8 2 4,4 Nuisances physiques et chimiques 39 1,5 1 2,2 Appareils de levage et de manutention 36 1,4 1 2,2 Total Source : DRP de la CGSS de Martinique : «Les risques professionnels en Martinique ; statistiques 2010» 26 Avec les nombres du tableau, 33% = 846 /

112 Tableau f. Evolution des accidents du travail par branche professionnelle en Martinique Branche Au 31/12/2003 Au 31/12/2004 Au 31/12/2005 Au 31/12/2006 Au 31/12/2010 ACCIDENTS AVEC ARRET Métallurgie BTP Transport, eau, gaz, électricité Alimentation (IAA et commerce de l alimentation) et agriculture Industrie de la chimie, caoutchouc, plasturgie Industrie du bois, ameublement, textile, cuirs Commerces non alimentaires Activités de services 1 (assurances, administrations territoriales, organismes de formation) Activités de services 2 (établissements de soins privés, activités de nettoyage ) et travail temporaire et autres activités (accueil à domicile ) Total accidents avec arrêt ACCIDENTS AVEC INCAPACITE PERMANENTE Métallurgie BTP Transport, eau, gaz, électricité Alimentation (IAA et commerce de l alimentation) et agriculture Industrie de la chimie, caoutchouc, plasturgie Industrie du bois, ameublement, textile, cuirs Commerces non alimentaires Activités de services 1 (assurances, administrations territoriales, organismes de formation) Activités de services 2 (établissements de soins privés, activités de nettoyage ), travail temporaire et autres activités (accueil à domicile ) Total accidents graves Sources : INSEE tableaux économiques régionaux Martinique (chapitre santé) 2009, pour les années 2003 à 2006 ; Direction des Risques Professionnels de la Caisse Générale de Sécurité Sociale de Martinique : «Les risques professionnels en Martinique ; statistiques 2010» ; pour les années 2007 à

113 Les mécaniciens automobiles sont exposés aux TMS et aux produits toxiques Position du problème : la nécessité de combiner sécurité et productivité Cette profession, étant constituée d entreprises majoritairement de petite taille, les responsables doivent assurer seuls les diverses fonctions de l entreprise et ne peuvent donc pas toujours mettre en place une organisation efficace de la prévention. Or, les risques sont nombreux et très variés. Il en résulte un taux de fréquence des accidents supérieur à la moyenne nationale. Le taux de fréquence des accidents avec arrêt de travail dans ce secteur (1 accident pour 20 salariés) reste supérieur à la moyenne nationale tous secteurs confondus (1 accident pour 23 salariés) 27. Au-delà des réglementations qui s imposent aux employeurs, le combat pour l amélioration de la sécurité et des conditions de travail des salariés rejoint et renforce celui de la qualité du travail et de la productivité. Ainsi, pour améliorer la performance globale de l entreprise dans l environnement réglementaire, social et concurrentiel actuel, il est essentiel de maîtriser les risques et leur coût induit. De plus, pour améliorer les conditions de santé et de sécurité au travail au sein des entreprises, cellesci peuvent obtenir, sous certaines conditions, une aide financière en signant un contrat de prévention avec leur Caisse régionale d assurance maladie ou leur Caisse générale de sécurité sociale. La complexité croissante des véhicules, des outils et des techniques de réparation contraint aujourd hui le réparateur à disposer d un équipement minimum supérieur au petit outillage d autrefois et implique une élévation des niveaux de formation. Le professionnel pour être compétitif et assurer au client le sérieux indispensable à la sécurité doit ainsi s adapter constamment à l évolution technique du secteur. La prévention des troubles musculo-squelettiques dans les garages Ces TMS sont liés: - à l hyper-sollicitation des membres supérieurs. Les plus couramment rencontrés concernent les tendinites de l épaule, du coude ou du poignet ; - à des postures prolongées accroupies, contraignantes pour les genoux ; - aux efforts importants pour porter des charges lourdes ou des charges moins lourdes mais à répétition qui, associés à des positions extrêmes, sont susceptibles de provoquer diverses pathologies lombosciatiques (avec lumbago, lombalgie et/ou sciatalgie). 27 Source : Source: Institut National de Recherche de et Sécurité «Réparation et entretien des véhicules automobiles» (2008) 112

114 Illustration : le port de charges Illustration: le port de charges est à l origine de pathologies de la colonne vertébrale et des articulations Recommandations aux employeurs Recommandations aux employés - Équiper tous les postes de travail : d'engins de levage, de chariots spécifiques (pour les moteurs, boîtes de vitesse ), de tables élévatrices ou de pont afin de favoriser le travail à bonne hauteur. - Organiser les différentes tâches à effectuer pour limiter le déplacement des charges. - Utiliser le matériel de levage mis à disposition. - Entretenir régulièrement le matériel. - Effectuer les vérifications réglementaires annuelles des engins de levage. - Limiter l'encombrement de l'atelier et prévoir des emplacements spécifiques pour le stockage à proximité du poste de travail. - Avec le concours des salariés, organiser le travail afin de réduire au strict minimum le port de charges. - Maintenir propre l'état des sols. - Travailler à bonne hauteur (cela permet ainsi un geste adapté à la tâche avec une amplitude articulaire satisfaisante). - Choisir les postures les plus favorables et appliquer les recommandations données lors des formations sur la prévention des risques liés à l'activité physique et à l'ergonomie (PRAPE). - Informer les salariés des risques qu ils encourent et les former sur la prévention des risques liés à l'activité physique et à l'ergonomie (PRAPE), ainsi que sur la bonne utilisation du matériel de levage mis à disposition. - Intégrer dans la planification du temps d'intervention la mise en poste des engins de levage. Source: Réseaux de veille et de prévention des risques professionnels en PACA La prévention des risques liés aux produits toxiques dans les garages Moyens de protection contre les risques liés aux produits toxiques dans les garages Mécanique Carrosserie Risques liés à la vidange moteur : - Chauffée par le moteur, l huile se modifie et se charge en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et amines aromatiques. - A court terme, en l absence de protection, le contact avec ces produits peut provoquer des eczémas. Risques liés aux opérations de ponçage ou de décapage des carrosseries : - Ces opérations réduisent les peintures en très fines poussières. Celles-ci peuvent contenir différents types de métaux dangereux et notamment du plomb, du chrome et du cadmium - A long terme, des cancers de la vessie peuvent se - L inhalation de ces poussières peut provoquer des développer pathologies respiratoires, des cancers du poumon et altérer la fertilité. Comment se protéger : Comment se protéger : Travailler dans un local bien ventilé Une aire de ponçage spécifique doit être aménagée Porter des vêtements de travail et des gants et équipée d un plancher aspirant adaptés Des ponceuses à aspiration intégrée doivent être Utiliser des fûts étanches pour recueillir les huiles utilisées de vidange Des masques adaptés doivent être portés par les opérateurs, même pour les petits travaux Source: Réseaux de veille et de prévention des risques professionnels en PACA 113

115 Les artisans taxis subissent des contraintes de posture et de confinement La prévention des risques associés à ces contraintes peut être facilitée par des gestes simples 28 : Les contraintes de posture: mal de dos, effets des vibrations, circulation sanguine Siège adapté, bien réglé; boîte de vitesse automatique; se dégourdir les jambes toutes les deux heures Les contraintes liées aux horaires et à l organisation du travail: compression gastrique due à la position assise prolongée, alimentation fragmentée Veiller au petit-déjeuner qui doit représenter plus de 20% des apports journaliers; emporter avec soi des fruits frais ou secs en guise de collation Les contraintes liées à l activité: risque d accident de la circulation Outre les dispositions des pouvoirs publics en matière de sécurité routière, acquérir ou équiper le véhicule au meilleur niveau de sécurité (ABS, limiteur de vitesse ); kits mains libres pour le téléphone Les contraintes de confinement: risque d infection microbienne, brusques changements de luminosité Eviter d abuser de la climatisation et l entretenir; lunettes de soleil, filtres de protection solaire Les contraintes d environnement: gêne respiratoire et irritation des yeux due à la pollution atmosphérique Renouveler l air intérieur du véhicule régulièrement; utiliser la fonction «recyclage de l air» de la climatisation Les contraintes de proximité: grippe, pathologies ORL contagieuses Aérer le véhicule, se laver les mains régulièrement; se faire vacciner contre la grippe 28 Source : 114

116 Les coiffeurs, les prothésistes dentaires et les artisans du meuble doivent se protéger des maladies respiratoires et cutanées Pour les prothésistes dentaires, les risques professionnels sont faciles à prévenir: - Vaccination contre les hépatites B et C - Utilisation de produits désinfectants - Port de masque et de gants - Utilisation de dispositifs aspirants sur les postes de travail Les artisans du meuble sont exposés aux risques de troubles musculo-squelettiques et d accidents de travail, comme les réparateurs automobiles (voir supra), et aux maladies respiratoires. Le port de masque et une bonne aération de l atelier sont des moyens de protection efficaces contre ces dernières. Dans la suite de cette section, nous explicitons le cas des coiffeurs. Risques, causes, conséquences Les TMS sont la première cause de maladie professionnelle chez les coiffeurs, en raison des positions prises : dos courbé, tête penchée, coude levé, gestes répétitifs Les affections respiratoires et cutanées sont la deuxième cause de maladie professionnelle, du fait des produits qu ils manipulent, y compris les shampoings! Autres risques professionnels des coiffeurs : - Risques de chute et de glissades (première cause d accident) - Risques liés aux équipements de travail, dont coupures, brûlures, - Risques psychosociaux: stress dû à la charge de travail, aux relations tendues avec la clientèle - Risques liés aux ambiances physiques de travail: bruit du matériel, fond sonore, éclairage inadapté - Risques routiers en cas de déplacement chez les clients. Près de 3% des chefs d entreprise ont cessé la coiffure pour cause d invalidité liées aux allergies respiratoires (Source: Caisse AVA Coiffure-esthétique (France)). Le coût d une maladie professionnelle se répercute sur la profession au travers du taux de cotisation des accidents du travail et des maladies professionnelles imputé aux entreprises. Moyens de protection Aménagement des locaux Sols antidérapants pour éviter les chutes, postes de travail suffisamment espacés pour permettre l usage de tabourets à la coupe, local pour la préparation des produits 115

117 Equipements Sièges de clients et bacs de lavage réglables, sèche-cheveux non bruyants et aisés à manier, choix de produits de coiffage proscrivant les substances cancérogènes, mutagènes et toxiques, sans substances allergisantes, plutôt sous forme de gel afin d éviter la dispersion des polluants. Organisation du travail Rotation des tâches pour éviter les gestes répétitifs, nettoyage à l humide pour réduire la dispersion des poussières Port de gants de travail Gants jetables adaptés pour la préparation, la pose ainsi que pour le rinçage du produit et le nettoyage des instruments, gants réutilisables à manchette haute pour les shampooings Respect des règles d hygiène individuelle et collective Lavage des mains avec un savon neutre, entretien des mains avec des crèmes protectrices, nettoyage des tenues de travail, interdiction de manger dans les locaux Les ambulanciers et les coiffeurs sont exposés aux risques psychosociaux Les ambulanciers sont particulièrement exposés aux risques psychosociaux, en raison des situations dramatiques qu ils peuvent vivre, au «contact avec des personnes âgées qui vivent parfois dans des conditions indécentes», et surtout, à la fréquence des situations d urgence qu ils doivent gérer. Le chef d entreprise artisanale a un rôle important à jouer pour réduire cette tension, par le dialogue avec ses collaborateurs. Les coiffeurs invoquent le stress dû à la charge de travail et aux relations parfois tendues avec la clientèle. 116

118 3.4. Le travail illégal est un fléau pour la profession Le travail illégal et les sanctions encourues Le travail illégal est un terme générique regroupant plusieurs fraudes majeures à la législation du travail Les fraudes 29 définies par l article L du Code du travail sont le travail dissimulé, le marchandage, le prêt illicite de main-d œuvre, l emploi d étranger sans titre de travail, le cumul irrégulier d'emplois et la fraude ou fausse déclaration prévue aux articles L , L et L Le travail dissimulé est le fait de : - ne pas déclarer une activité professionnelle, - ne pas déclarer un salarié ou ne déclarer qu une partie des heures de travail effectuées par un salarié. (art. L et L du code du travail). «Sont interdits : 1 Le travail totalement ou partiellement dissimulé, défini et exercé dans les conditions prévues aux articles L et L ; 2 La publicité, par quelque moyen que ce soit, tendant à favoriser, en toute connaissance de cause, le travail dissimulé ; 3 Le fait de recourir sciemment, directement ou par personne interposée, aux services de celui qui exerce un travail dissimulé.» Le marchandage est toute opération à but lucratif de fourniture de main-d œuvre qui a pour effet de causer un préjudice au salarié qu'elle concerne ou d'éluder l'application des dispositions de la loi, de règlement ou de convention ou accord collectif de travail est constitutive du délit de marchandage (art. L du code du travail). Le prêt illicite de main d œuvre se définit comme suit : le prêt de main-d œuvre à but lucratif est une activité réglementée et réservée exclusivement aux entreprises de travail temporaire ; les opérations de prêt exclusif de main-d œuvre à but lucratif réalisées hors de ce cadre sont illégales (art. L du code du travail). L emploi d étranger sans titre de travail est le fait pour un employeur français ou un prestataire étranger d embaucher, d employer ou de conserver à son service ou sur le territoire national, un salarié ressortissant d un pays tiers qui n a pas de titre l autorisant à travailler en France. (art. L du code du travail). Un ressortissant d un pays tiers peut être en règle concernant le séjour sans être autorisé à exercer une activité professionnelle. Une autorisation de travail est obligatoire s il est embauché directement par une entreprise en France («emploi direct»), mais également s il vient travailler dans le cadre d une prestation de services. Toutefois, une autorisation de travail n est pas requise pour un salarié occupant un emploi dans une entreprise établie dans un pays membre de l Union européenne pour lequel il a 29 Source principale de cette section: 117

119 obtenu un titre de travail délivré par cet Etat membre et qui le détache en France dans le cadre d une prestation de services transnationale. Le cumul irrégulier d emplois. Le cumul d emplois salariés est licite, mais fait l objet d une limitation. Aucun texte n interdit à une même personne d être simultanément salariée de plusieurs employeurs relevant du secteur privé, sauf si elle est liée par une clause de non concurrence ou d exclusivité prévue par un contrat de travail. Cependant, il est interdit à un salarié des professions industrielles, commerciales, artisanales ou agricoles d effectuer des travaux rémunérés relevant de ces professions, au-delà de la durée maximale du travail en vigueur dans sa profession. En règle générale, un salarié ne peut effectuer plus de 48 heures de travail par semaine, pour les différents emplois qu il occupe dans le secteur privé. Les sanctions encourues sont pénales et administratives Selon qu il y ait volonté ou non de se soustraire à la loi (caractère intentionnel du manquement à une obligation), l infraction constitue une contravention ou un délit pénal. Les sanctions encourues sont pénales et administratives 30. Pour illustrer, les sanctions encourues en cas de travail dissimulé comprennent: - Sanctions pénales : 3 ans d emprisonnement et une amende de pour la personne physique ; - Sanctions administratives : possibilité pour l autorité administrative de refuser les aides publiques à l emploi ou à la formation professionnelle pendant une période de 5 ans en cas de verbalisation (art. L du code du travail) ; exclusion des marchés publics pendant 5 ans en cas de condamnation judiciaire (art. 43 et 44 du code des marchés publics) ; - L annulation de certaines mesures de réduction ou d exonération de cotisations en cas de travail dissimulé 31 : o Le bénéfice de toute mesure de réduction et d exonération, totale ou partielle, de cotisations de sécurité sociale ou de contributions dues aux organismes de sécurité sociale, appliquée par un employeur ou un travailleur indépendant sans qu il soit tenu d en faire une demande préalable (comme par exemple, la réduction de cotisations dite réduction «Fillon»), est subordonné au respect par l employeur ou le travailleur indépendant des dispositions de l article L du code du travail prohibant le travail totalement ou partiellement dissimulé (dissimulation d emploi salarié - absence de déclaration préalable à l embauche, absence de bulletin de paie, etc. - ou dissimulation d activité, telles que définies ci-dessus) ; o Lorsque l infraction de dissimulation d emploi salarié ou de dissimulation d activité est constatée par procès-verbal, l organisme de recouvrement (en règle générale, l Urssaf dont relève l employeur) procède, dans la limite de la prescription applicable en matière de travail dissimulé (c est-à-dire 5 ans), à l annulation des réductions ou exonérations des cotisations ou contributions mentionnées ci-dessus. 30 Pour une présentation exhaustive des sanctions, voir par exemple : 31 Source : 118

120 - Action civile du salarié : le salarié peut, en cas de rupture de son contrat de travail, obtenir une indemnité forfaitaire égale à six mois de salaire (art. L du code du travail) Un nombre d infractions élevé est observé dans des secteurs intensifs en entreprises artisanales, au niveau national Le BTP et la confection concentrent beaucoup d infractions constatées. Le BTP fait l objet de plus de la moitié des contrôles nationaux et donc donne lieu au plus grand nombre d infractions, même si le taux d infraction s établit en dessous de la moyenne nationale. Le taux d infraction dans la confection est parmi les plus élevés. Pour la Martinique, aucun document comportant des statistiques sur le travail illégal n est disponible 32. Graphique a. Taux d'infraction par secteur prioritaire 30% 26,9% 25% 20% 15% 11,0% 11,1% 12,0% 13,1% 16,6% 19,5% 20,0% 20,5% 10% 5% 0% N.B. : les secteurs Confection et Gardiennage sont inclus dans les secteurs prioritaires depuis 2006 Source : Direction Générale du Travail «La lutte contre le travail illégal en France en 2008» 32 Néanmoins, lors du groupe de travail organisé sur ce thème dans le cadre du CEP BTP, la représentante de la DIECCTE a indiqué que 160 contrôles ont été effectués dans le secteur du BTP en 2011 en Martinique et que 34 infractions ont été constatées, ayant donné lieu à l établissement de 2 procès-verbaux. 119

121 8000 Graphique b. Nombre de contrôles effectués par secteur en BTP HCR Commerce Industrie Agriculture Transports Services Autres Source : Direction Générale du Travail «La lutte contre le travail illégal en France en 2008» En Martinique, les illégalités prennent la forme insidieuse de travail informel Les personnes ayant eu recours au travail informel sont classées en trois catégories : o la première regroupe les personnes ayant occupé un emploi informel la semaine de référence et qui déclarent qu il s agit de leur principale activité ; o la seconde rassemble ceux qui ont occupé au moins deux emplois la semaine de référence et qui déclarent que leur activité informelle est une activité secondaire ; o la troisième s intéresse aux personnes qui n ont pas travaillé la semaine de référence, c est-àdire les chômeurs et les inactifs, mais qui ont exercé récemment une activité occasionnelle déclarée ou non. Sont considérés comme travailleurs informels : o ceux qui sont à leur compte et non immatriculés, o les salariés n ayant pas reçu de fiche de paie, o et les aides familiales travaillant plus de 10 heures. Les chiffres suivants sont une estimation réalisée à partir d une enquête déclarative 33. Ils sont donc sans doute sous-estimés. 33 Source : INSEE Antilles-Guyane Antiane n 74 Martinique Juillet

122 Un emploi principal sur vingt est informel en Martinique En 2010, personnes ont travaillé sans être déclarées dans les six derniers mois, soit 5,2% de la population des ans. o o o o o Pour d entre eux, il s agit de leur emploi principal. Les hommes sont plus disposés que les femmes à y recourir (6,1% contre 4,4%). L emploi informel concerne davantage les âges intermédiaires : ans. Avoir une activité principale informelle est une pratique plus courante chez les nonsalariés : les aides familiaux non déclarés sont et les indépendants non enregistrés sont Quant aux salariés, ils sont L activité informelle n est pas réservée à certains diplômés. Le taux d emploi informel des diplômés et le taux d emploi informel des peu ou pas diplômés sont très proches. Graphique a. Taux d'emploi informel par tranche d'âge (Unité %) 7% 6% 5% 4% 3% 2% 1% 0% 3% 0% 2% 15 à 24 ans 2% 1% 4% 25 à 49 ans 2% 1% 0% 0% 3% 3% 50 à 64 ans 15 à 64 ans Personnes sans emploi ayant eu recours à un emploi occasionnel au cours des 6 derniers mois Emploi secondaire informel Emploi principal informel Source : INSEE Enquête Emploi DOM 2010 Champ : Martinique, population des ménages, actifs occupés de 15 à 64 ans (âge au 31 décembre) L usage du travail informel est plus manifeste dans les services aux particuliers, la construction et l agriculture, où il concerne 1 emploi sur 10 Dans ces secteurs, la majorité des emplois informels sont à temps partiel, ce qui n est pas le cas dans les autres secteurs d activités. Travailler dans l informel est une occupation transitoire. Les deux tiers des personnes qui occupaient ces emplois ne le sont plus un an après. Mais ce type d emploi ne débouche pas automatiquement sur un emploi stable, au contraire. Deux personnes sur cinq sont sans emploi un an après. Seul un sur trois a trouvé un emploi stable un an après. Malgré leur caractère précaire, ces emplois constituent la seule source de revenu d activité pour la moitié des ménages qui y ont recours. 121

123 Graphique b. Part de l'emploi principal informel par secteur d'activité selon le temps de travail (Unité : %) Services aux particuliers, y c. hôtels, restaurants Construction Agriculture, Sylviculture, Pêche Commerce Tous secteurs confondus Services aux entreprises Education, santé et action sociale Transport, activités financières et immobilières Industrie et Energie Administration et activités associatives 0% 2% 4% 6% 8% 10% 12% Temps partiel Temps complet Source : INSEE Enquête Emploi DOM 2010 Champ : Martinique, population des ménages, actifs occupés de 15 à 64 ans (âge au 31 décembre) Une Convention départementale de partenariat pour la lutte contre le travail illégal en Martinique a été signée en 2009, entre le Préfet et les professionnels de l artisanat entre : Et: L Etat représenté par le Préfet de la Région Martinique, Le Procureur de la République Le Directeur de la Caisse Générale de Sécurité Sociale Le Président de la Chambre de Métiers et de l Artisanat de la Martinique Les Présidents des Organisations Professionnelles de l Artisanat Le Président de la Chambre de Commerce et d Industrie de la Martinique Le Président de la Chambre d Agriculture Organisations des Transporteurs de la Martinique (UNICOPTRANS, Syndicat des malaxeurs, USTC, UTRM, UTAP) Régime Sociale des Indépendants 122

124 Article 1: Actions d information et de communication (extraits) Les pouvoirs publics s engagent dans des actions de prévention en liaison avec les Organisations Professionnelles signataires de l accord. - Ils sont disposés à intervenir pour informer les entreprises et les sensibiliser à la lutte contre le travail illégal. - Ils interviendront, autant que de besoin, dans les formations organisées par les chambres consulaires et organismes patronaux au bénéfice de leurs adhérents. - Ils recevront de ces mêmes Organisations Professionnelles leurs explications ou leurs plaintes selon les situations. Les organisations professionnelles, les Transporteurs et les Chambres Consulaires souhaitent par la mobilisation de leurs adhérents et la diffusion de l information qu elles leur feront sur les risques liés au travail illégal, limiter l extension de cette pratique délictuelle. Actions conjointes : - Sensibiliser les professionnels des différentes branches d activité afin que la prévention du travail illégal entre dans les faits au travers d actions engagées le plus en amont possible en matière de gestion du personnel, d accueil de stagiaires en formation, d activités commerciales, de sous-traitance et de passation de marchés. - Sensibiliser les responsables publics afin qu ils prennent toutes mesures pour éviter de façon directe ou indirecte, le travail illégal. Poursuites judiciaires: - Les organisations professionnelles, les transporteurs et les Chambres Consulaires cosignataires de la convention, se constitueront partie civile dans les procédures les plus significatives ; - Elles veilleront, pour les cas exemplaires, à demander au juge de prononcer les peines complémentaires, dont, principalement, la publication des jugements de condamnation dans la presse locale et la presse professionnelle. - Si elles ne sont pas engagées dans la procédure, elles pourront contacter la presse locale, afin qu'elles se fassent l écho de ces condamnations. Article 2: actions de formation Les organismes professionnels incluront des interventions sur la lutte contre le travail illégal dans les formations qu'ils organisent, notamment auprès des candidats à l'inscription au répertoire des métiers ou au registre du commerce. Article 3: actions de vigilance (extraits) Les intervenants de la présente convention s engagent à échanger toutes les informations dont ils ont eu connaissance pour faire échec aux pratiques visées à l article L et suivant du Code du Travail. 123

125 Ils participeront activement aux commissions départementales et aux comités de suivi et proposeront des actions dans le cadre de leurs programme (exemple : élaboration et mise en œuvre d un plan de communication, évaluation des actions engagées pour la réalisation des objectifs définis, proposer toute une amélioration destinée à renforcer leur efficacité, etc. Ils transmettront au Procureur de la République, les affaires de travail dissimulé qui leur auront été signalées. Article 4: détection et répression du travail illégal (extraits) Les services de l Etat s engagent à communiquer aux représentants des organisations professionnelles et aux Chambres Consulaires signataires le nom et les coordonnées de chaque correspondant dans les services en charge du travail illégal. Les organisations d employeurs et de salariés ayant effectué un signalement auprès de ce service seront informées par celui-ci des suites réservées à leurs interventions en leur communiquant, en cas de constats d infractions, les numéros d enregistrement des procès-verbaux, afin de leur permettre d apprécier l opportunité de poursuivre l action auprès du tribunal compétent. Les organisations professionnelles et les Chambres Consulaires cosignataires de la convention peuvent contacter la presse locale, afin qu'elles se fassent l'écho de ces condamnations. Les plaignants communiqueront les décisions judiciaires sanctionnant les infractions de travail dissimulé aux services du ministère chargés du travail, de façon à ce qu il puisse en tenir compte, conformément aux textes en vigueur, dans les décisions de versement ou d octroi des subventions. Article 5: suivi de la convention (extraits) Pour assurer le suivi et le bilan des actions, les parties signataires conviennent de mettre en place un Comité de Pilotage de la présente convention constitué des personnalités ou de leurs représentants suivants: [essentiellement les signataires de la présente convention] Les résultats des travaux pourront être communiqués au Comité Local Unique de Lutte contre les Fraudes. Cette instance sera chargé de veiller à l application de la présente convention, d'élaborer un plan de communication et de gérer les moyens nécessaires à sa mise en œuvre, d'évaluer les actions engagées pour la réalisation des objectifs définis, de proposer toute amélioration destinée à renforcer leur efficacité et de faire le point sur les suites données aux procédures pénales initiées Le contrôle mérité d être amélioré Selon les participants au groupe de travail «travail illégal» du CEP Artisanat, les actions suivantes doivent être entreprises : Améliorer l efficacité du contrôle du travail illégal par la DIECCTE, 124

126 - en renforçant l équipe dédiée à cela : (seulement) 4 inspecteurs du travail, - en réalisant des contrôles dans des créneaux sensibles : soir, weekend Développer les échanges entre la DIECCTE et les organisations professionnelles pour mieux cibler les contrôles - Les organisations professionnelles peuvent signaler des situations de travail illégal suspecté, - Elargir les contrôles aux entreprises non déclarées! Alléger les procédures prévues dans la Convention départementale de partenariat pour la lutte contre le travail illégal en Martinique, en (Extrait Art. 4) «Les organisations d employeurs et de salariés ayant effectué un signalement auprès de ce service seront informées par celui-ci des suites réservées à leurs interventions en leur communiquant, en cas de constats d infractions, les numéros d enregistrement des procès-verbaux, afin de leur permettre d apprécier l opportunité de poursuivre l action auprès du tribunal compétent.» - En pratique, les artisans doivent réaliser les enquêtes et collecter des preuves euxmêmes Les effets pervers du statut d auto-entrepreneur doivent être réduits Selon les participants au groupe de travail «travail illégal» du CEP Artisanat, «on crée un système qui met les entreprises en difficulté, donc qui les incite à se mettre dans l illégalité» et «on contrôle toujours les mêmes entreprises déclarées, dont on connaît l adresse, mais on ne contrôle pas les autres, celles qui trichent.» Il convient donc : de permettre que les organisations professionnelles puissent témoigner devant le Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) d adhérer et participer aux réunions de la section locale de l Union Professionnelle Artisanale (UPA), pour ensuite faire un lobbying efficace auprès des parlementaires : - leur exposer les problèmes causés par le statut de l auto-entrepreneur, - faire des propositions de refonte du statut, - proposer de généraliser les avantages des auto-entrepreneurs à tous les artisans, - faire supprimer la possibilité d accès au statut d auto-entrepreneur pour le personnel de la fonction publique. 125

127 Partie B. Perspectives, enjeux et besoins en compétences Chapitre 4. Des perspectives qui appellent des adaptations 4.1. Des mutations qui obligent les professionnels à s adapter ou à disparaître Les tendances démographiques concernent tant les artisans et leurs salariés que leurs clients La Martinique vieillit 34% des Martiniquais auront 60 ans ou plus en En Martinique, si les tendances démographiques se poursuivent, la population sera de habitants en La part des moins de 20 ans sera de 23 %. Les plus de 60 ans représenteront 34 % de l ensemble de la population, contre 17 % actuellement. L âge moyen d un martiniquais sera de 44 ans (36,4 ans en 2005). 126

128 Tableau a. Population en 2030 et structure par âge selon les différents scenarii Population en 2030 Part des classes d âge (%) 0-19 ans ans ans 65 ans et plus Scénario central Scénario baisse fécondité Guadeloupe Guyane Martinique Guadeloupe Guyane Martinique Guadeloupe Scénario sans Guyane migration Martinique Source : INSEE Antilles-Guyane Les Cahiers Antilles-Guyane «Projections de populations aux Antilles- Guyane à l horizon 2030» (2008) 45% des artisans indépendants ont 50 ans ou plus ; les métiers de bouche, les artisans taxi et les fabricants de meubles sont particulièrement concernés Une proportion de 45% des artisans indépendants ont 50 ans ou plus (voir tableau de répartition des âges par grand secteur d activité de l artisanat est fourni dans le chapitre 3 (gestion des ressources humaines). Une décomposition par métier montre que les métiers de bouche, les artisans taxi et les artisans du meuble sont particulièrement concernés. Tableau b. Proportion de séniors parmi les artisans indépendants quelques familles d'activités professionnelles Dénombrement des actifs Age NAF Total 50 et plus Charcuterie 1013B 5 60% Boulangerie 1071C 55 58% Pâtissier 1071D 49 39% Fabrication de vêtements 1413Z 79 41% Fabrication de meubles 3101Z 2 50% Fabrication de meubles 3102Z 11 18% Fabrication de meubles 3109B 28 54% Fabrication d'articles de joaillerie et de bijouterie 3212Z 13 46% Fabrication d'articles de joaillerie et de bijouterie 3213Z 40 23% Fabrication de prothèses dentaires 3250A 12 33% 127

129 Installation et montage de matériel aéraulique et frigorifique industriel 3320B 3 33% Installation et entretien de climatisation et chaufferie 4322B 62 15% Métallerie, serrurerie 4332B 61 21% Réparation automobile et carrossier 4520A % Réparation automobile et carrossier 4520B 12 25% Boucherie 4722Z 32 69% Commerce de fleur 4776Z 35 37% Commerce de fleur 4789Z % Taxis 4932Z 90 46% Photographie 7420Z 88 28% Ambulancier 8690A 21 24% Réparation de meubles 9524Z 4 25% Réparation d'articles d'horlogerie et de bijouterie 9525Z 5 0% Blanchisserie, teinturerie 9601A 2 50% Pressing 9601B 29 31% Coiffure 9602A % Esthétique, soins de beauté 9602B 226 8% Thanatopraxie 9603Z 11 18% Source: RSI (âges au 31 juillet 2012) Ce vieillissement de la population entraîne de nouveaux besoins et implique d anticiper les départs à la retraite Le vieillissement de la population martiniquaise, plus important que dans les autres départements d outre-mer, engendre des besoins nouveaux en matière d habitat et d équipement et de services personnels (esthétique, ambulanciers, prothèses dentaires ). Le vieillissement des entrepreneurs implique qu ils seront confrontés à la question de la cessiontransmission de leur entreprise à brève échéance. Le vieillissement des salariés signifie des départs à la retraite dans un avenir proche et donc une perte de savoir-faire si les chefs d entreprise artisanale ne préparent pas ces départs. Or, la plupart des artisans martiniquais ne mettent pas en place une gestion active des âges Les mutations économiques rendent une professionnalisation des acteurs impérative La mondialisation et les formes de concurrence déloyale qui peuvent en résulter, le financement de plus en plus contraint, ou la pression des clients sur les prix, les délais et la qualité obligent les professionnels à rationaliser leur gestion. En outre, ceux-ci doivent tenir compte du fait que, dans l artisanat, un salarié peut devenir rapidement et facilement un concurrent. 128

130 La mondialisation exacerbe la concurrence La mondialisation économique soumet les entreprises locales à la concurrence des produits importés. De moins en moins de secteurs sont protégés 34, y compris les productions alimentaires locales, qui subissent les progrès de la qualité gustative des produits surgelés et l amélioration de la logistique. Les artisans doivent donc baisser leur prix ou innover / se différencier ou disparaître De plus, certaines activités sont exposées aux variations des cours internationaux des matières premières, comme les bijoutiers. D un autre côté, le développement des échanges internationaux permet d importer des matières et équipements à moindre coût. Toutefois, la réalité de la gouvernance économique en Martinique tempère cet avantage, dans la mesure où de nombreux «intermédiaires agréés» parviennent à capter les flux et prélèvent une marge avant de les redistribuer aux professionnels. Les entreprises souffrent d un rationnement du financement Cette diminution de l accès au financement concerne tant les subventions locales, nationales ou européennes que le crédit bancaire. Les enveloppes financières allouées aux subventions de secteurs ou de projets se réduisent. Cette tendance est amplifiée par la situation financière tendue des collectivités locales en Martinique et de l Etat français. De plus, ces financements sont fléchés de façon croissante sur des projets innovants et la valeur ajoutée des projets doit être démontrée. Les entreprises souffrent d un véritable «credit crunch» en Martinique et les capacités d infléchir les comportements de prêt des banques par les élus locaux et même l Etat sont faibles, dans la mesure où les centres de décision des banques sont souvent basés à Paris et que des normes de solvabilité s imposent aux banques (ratios de Bâle). Les clients ont des exigences croissantes sur les prix, les délais et la qualité Les clients sont de plus en plus exigeants sur les prix, compte tenu de la diminution de leur pouvoir d achat et de l intensification de la concurrence entre professionnels, exacerbée par le commerce électronique et par les possibilités de comparaison des biens et services qu offre l Internet. Cette tendance s accompagne d exigences croissantes sur les délais de réalisation des prestations, comme conséquence des évolutions psychosociologiques relatives au rapport au temps et à l hédonisme (voir infra), et sur la qualité. Il en résulte que les entreprises sont souvent contraintes de travailler dans la précipitation, avec des risques plus élevés, en termes de malfaçons notamment, mais également de sécurité. Dans la même veine, de nombreuses entreprises artisanales se plaignent de l image peu valorisante que leur renvoie parfois la clientèle (principalement des particuliers), et de l appauvrissement de la relation qui l accompagne, se limitant de plus en plus à un strict échange de réalisation de service contre rémunération. Parallèlement, les clients sont de plus en plus sensibles à la présentation, au packaging, au «dressage». 34 Même le secteur du BTP est de plus en plus exposé à cette concurrence : la libéralisation du travail dans le cadre européen signifie que les groupes nationaux sont autorisés à faire appel à des ressortissants européens pour réaliser des prestations sur les chantiers en Martinique (voir CEP BTP). 129

131 En outre, les clients aisés peuvent se montrer exigeants, avec des demandes de certifications, une multiplication des devis, des demandes d explication à leur sujet, des négociations plus systématiques, etc. Dans l artisanat, un salarié peut devenir facilement un concurrent Dans le secteur des métiers de l artisanat, un salarié peut devenir rapidement et facilement un concurrent, car l actif principal est l expertise technique et les barrières à l entrée, en termes de moyens financiers et humains, sont peu élevées. Cette possibilité a été facilitée avec la création du statut d auto-entrepreneur en 2009 et continue de l être avec les incitations à la pluriactivité. Cette réalité accentue la fragilisation du secteur résultant des évolutions économiques précédentes Les transformations psychosociologiques entraînent une distanciation avec la tradition, aspect clé de nombreux métiers artisanaux Le rapport au temps change dans l ère moderne, avec le désir de disposer des rétributions de l effort et du travail le plus rapidement possible. Pour les jeunes qui se forment, cela entraîne un manque d appétence pour de nombreux métiers de l artisanat où le temps d apprentissage est nécessaire long. Pour les clients, cela veut dire une exigence croissante de délai de réalisation court des prestations. La valorisation des métiers traditionnels est rendue plus difficile par la prégnance de métiers apparaissant comme plus modernes, notamment ceux qui s appuient sur les technologies de l information et de la communication. De plus, les jeunes sont de moins en moins enclins à s engager dans des métiers jugés pénibles 35 (ambulanciers, travail du bois, certains métiers de bouche ), dans une ère qui promeut l hédonisme Les évolutions réglementaires et technologiques offrent des opportunités pour ceux qui sauront se mettre à niveau, mais présentent des risques pour ceux qui adoptent le statu quo Des exigences réglementaires croissantes, liées à la sécurité et à la protection de l environnement, génèrent des surcoûts pour les professionnels Les entreprises sont confrontées à des exigences réglementaires croissantes, dans les domaines de la prévention des risques professionnels, la protection de l environnement et des démarches qualité. Le respect de ces exigences génère des surcoûts pour les entreprises, sous la forme de formation des dirigeants et du personnel, accompagnement par des consultants, paiement d organismes certificateurs ou le coût d opportunité représenté par le temps dédié à la sensibilisation à ces problématiques. Certains organismes peuvent prendre en charge une partie de ces surcoûts (par exemple, l ADEME ou la Région pour la protection de l environnement, ou la CGSS pour la prévention des risques 35 C est également le cas pour certains métiers du BTP, comme les maçons, carreleurs ou peintres en bâtiment : voir CEP BTP Martinique

132 professionnels), mais la compensation n est que très partielle, compte tenu du temps consacré par les dirigeants et le personnel de l entreprise à l appropriation de ces problématiques. De plus, des frustrations peuvent apparaître chez les professionnels, lorsqu ils ont le sentiment que leurs efforts ne sont pas reconnus par les acheteurs qui continueraient à retenir les offres les moinsdisantes, sans tenir compte des qualités techniques des propositions d intervention. D un autre côté, les préoccupations liées à la maîtrise de l énergie créent des opportunités pour les artisans qui sauront se mettre à niveau, comme les frigoristes. Les évolutions technologiques représentent des opportunités si elles sont accompagnées d une mise à niveau Certains métiers artisanaux ou les besoins en compétences pour les exercer sont profondément modifiés par l informatique et l électronique, telles que la photographie, devenue presque intégralement numérique ou la maintenance automobile, qui s effectue dorénavant avec des «malettes constructeurs», requérant ainsi des compétences en électronique et se traduisant également par une diminution des interventions réalisables localement. Ces évolutions recèlent des opportunités pour les professionnels : - la possibilité de gérer leur entreprise de façon plus efficiente, dans la mesure où ces outils permettent des gains de productivité ; - une pénibilité de certains métiers qui diminue, par exemple grâce aux outils de commande numérique, et donc moins de difficultés à recruter des jeunes, si des actions de communication pertinentes sont mises en place ; - la possibilité de s approprier le contexte économique (étude de marché) et technique (état de l art) plus rapidement, grâce aux informations accessibles sur Internet, - la possibilité de se former pour prendre en compte ces évolutions et de connaître les bonnes pratiques mises en œuvre par les professionnels de la France continentale ou d ailleurs. Néanmoins, elles représentent également des risques : - le développement de l Internet et du commerce électronique, couplé à la libéralisation des échanges de biens et services, exacerbe la concurrence internationale ; - l Internet facilite les comparaisons, ce qui exacerbe les exigences qualité des clients ; - le spectre de prestations réalisables localement se rétrécit pour certains métiers, comme indiqué plus en avant pour la maintenance automobile. Les entrepreneurs et leurs salariés doivent donc se professionnaliser et se mettre à niveau pour tirer le meilleur parti de ces évolutions, ce qui suppose que des accompagnements par les institutions soient mis en place, outre les initiatives individuelles. 131

133 Le scénario tendanciel est défavorable La partie état des lieux de ce rapport a mis en exergue le fait que l augmentation nominale du nombre d entreprises artisanales en Martinique ces dernières années était une évolution en trompe-l œil, dans la mesure où de nombreux artisans ne faisaient que survivre, avec des revenus très modestes (20 K par an) par rapport aux cadres (48 K ) et même les professions intermédiaires (28 K ). Cette augmentation du nombre d entreprises entraîne à une densité territoriale bien supérieure à la moyenne nationale. La Martinique se situe à un point bas du cycle économique et les perspectives de retour à la croissance sont aléatoires. La conjoncture économique est défavorable depuis 2008 et les enquêtes de l INSEE ou l IEDOM les plus récentes ne donnent pas de perspectives positives. Les marges de manœuvre des pouvoirs publics pour mettre en œuvre une politique de relance keynésienne sont quasi-inexistantes, compte de leur situation financière dégradée. De plus, la concurrence internationale continuera à s exacerber. Faute d'une relève familiale suffisante dans de nombreuses entreprises, la cession des entreprises doit être envisagée, mais pour cela une vision prospective doit être développée chez le chef d entreprise artisanale. Un manque d anticipation des départs à la retraite des artisans et de leurs salariés se traduirait par une perte de savoir-faire. 132

134 4.2. Des opportunités à saisir par des actions volontaristes Les organisations professionnelles doivent veiller à s inscrire dans les priorités et les plans d actions de collectivités Le Plan de relance n 2 de la Région Martinique cible les entreprises ; Les artisans peuvent mettre en avant leurs professions dans le cadre: o de l élaboration du Plan d Actions de Développement de Martinique (PADM) de la Région, de novembre 2012 à juin 2013 ; o de la révision du Schéma d Aménagement Régional (SAR) par la Région, d octobre 2012 à août 2013 ; o de l élaboration du Programme opérationnel par la Préfecture, la Région et le Département, de septembre à décembre 2012 ; o des réflexions sur les services publics demain qui auront lieu dans le cadre de la mise en place de la Collectivité unique, durant l année Les projets envisagés par des collectivités pour le développement de leurs territoires : o CACEM : la stratégie de développement économique visant à optimiser l attractivité de l agglomération, consiste à investir sur des filières motrices : l agro-transformation, les éco-matériaux et le nautisme durable ; et à renforcer l accompagnement des entreprises; o CAESM : la valorisation des métiers d art (bijouterie, céramiste, tailleur de pierre, restauration de meubles, costumier, broderie, photographie de mode, composition florale ) Les entreprises pourront bénéficier des nouveaux partenariats de la CMA Les entreprises et organisations professionnelles pourront mobiliser des dispositifs, en passant par la CMA qui s est engagée dans une démarche de partenariats : Des conventions sont en cours d élaboration entre la CMA et des partenaires, pour sécuriser des moyens et des sources d informations: o Convention d objectifs et de moyens avec la Région; o Convention de partenariat avec la Communauté Espace Sud de la Martinique pour une décentralisation des Services de la Chambre de Métiers, permettant ainsi plus de proximité; o Convention avec le Régime social des indépendants (RSI), l objectif étant de proposer une personne référencée comme interlocuteur prioritaire des artisans, puis de rapprocher et d enrichir le fichier consulaire (Répertoire des Métiers) avec celui du RSI. Un réseau de l artisanat fort permettra des synergies : Assemblée Permanente des Chambres de Métiers (APCM), la Conférence interrégionale des métiers et de l'artisanat d'outre-mer 133

135 (Coirema), la Conférence Permanente des Chambres de Métiers et de l Artisanat de Région Antilles-Guyane Le Campus Caribéen des Arts permettra de constituer un pôle d excellence et de professionnalisation dans le domaine culturel La montée en puissance de ce pôle constitue une opportunité pour les métiers de l artisanat d art, notamment la bijouterie, la restauration de meuble, la couture-mode et la photographie de mode, dont les organisations professionnelles devront se rapprocher pour monter des actions de formation communes. La Région Martinique a officialisé un Campus Caribéen des Arts en Ce pôle d excellence et de professionnalisation s inscrit dans l action régionale qui vise à combler l absence de formation supérieure, professionnelle et de recherche en matière de spectacles vivants, des arts de la scène et du spectacle. Les formations proposées se déclineront et se développeront en privilégiant la modularité qui s intègre dans la semestrialisation, permettant le transfert de crédits (ECTS) dans le système européen de reconnaissance des enseignements à travers les établissements. Le Pôle élargira son partenariat aux institutions internationales artistiques de la recherche, de l enseignement et de la diffusion, de la production des arts dans le cadre de la coopération régionale, des réseaux métropolitains et européens d échange d étudiants, d enseignants, mutualisation et échanges de connaissance via les technologies de l information et de la communication. La philosophie centrale de la création du Campus Caribéen des Arts est basée sur la recherche, l expérimentation, la valorisation du patrimoine. C est à partir de ces expérimentations que se développent la production, l interprétation, les répertoires, la diversité des œuvres, les écritures et la transmission. L offre de formation est en cours de structuration et enrichit celle de l Institut Régional des Arts Visuels de la Martinique (IRAVM) qu il remplace 36. Les formations seront dispensées dans quatre disciplines : - Musique : instruments à vent, à cordes, chant, claviers - Danse : traditionnelle, contemporaine, classique, jazz - Arts dramatiques, cinéma - Arts plastiques et visuels : art, design, design graphique Deux filières de formation sont proposées : 36 Les formations sont annoncées dans une plaquette de présentation du Campus Caribéen des Arts, publiée en

136 la formation professionnelle initiale, du 1 er cycle au 3 ème cycle, sanctionnée par un «diplôme de formation professionnelle initiale» (loi n du 13 août 2004) la formation supérieure des arts Caraïbe Amérique, délivrant : - licence, DNSP 37, DNAT 38, DNAP 39, avec les mentions suivantes : Arts dramatiques ; Danse ; Musique ; Pratiques et techniques de la musique ; Arts plastiques et visuels - Master, diplôme ayant grade de master, DNSEP 40 - Doctorat Un aspect spécifique du pôle se situe dans l introduction de deux secteurs à partir des domaines des arts plus conventionnels : l artisanat d art et la production audiovisuelle «minimaliste». Ils s inscrivent dans l exploitation experte de l innovation technologique, tels que les révolutions numériques et informatiques, l abaissement des coûts de formats ou matériels de performances accrues rivalisant avec un environnement technologique plus conventionnel, onéreux Une stratégie de gestion anticipée pour répondre aux enjeux stratégiques Les principaux enjeux stratégiques auxquels sont confrontées les entreprises du secteur sont de nature économique, de gestion des ressources humaines et de formation Enjeu 1 : La compétitivité de l artisanat martiniquais Dans le contexte économique d une concurrence exacerbée par les importations, les entreprises qui ne seront pas compétitives disparaîtront. Cette recherche de performance peut se traduire non seulement par une rationalisation de la gestion pour une meilleure compétitivité-prix, mais aussi par la recherche d une compétitivité-qualité et des stratégies de différenciation Enjeu 2 : L attractivité des métiers et la fidélisation des travailleurs Dans un contexte où l attrait pour de nombreux métiers artisanaux tend à s effriter et où des départs à la retraite occasionneront des pertes de compétences, les entreprises et plus généralement les familles d activités professionnelles qui survivront seront celles qui sauront valoriser l image des métiers, qui mettront en place des outils de gestion des ressources humaines permettant de fidéliser les travailleurs et qui anticiperont les départs à la retraite des dirigeants et des salariés par une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Elles auront préparé au mieux la transmission des entreprises et elles auront anticipé la pénurie dans les métiers où il y a déjà des difficultés de recrutement. 37 DNSP : diplôme national professionnel supérieur 38 DNAT : diplôme national d arts et techniques 39 DNAP : diplôme national d art plastique 40 DNSEP : diplôme national supérieur d enseignement plastique 135

137 Enjeu 3 : La montée en compétences Les compétences doivent être adaptées aux mutations en cours. Les entreprises en capacité d anticipation auront largement intégré la maîtrise de l évolution des métiers sur le plan des matériaux (par exemple, utilisation de matières premières alternatives pour compenser la hausse du cours de matériaux habituellement utilisés) et/ou le plan technologique (innovation dans l assemblage de matériaux différents, procédés nouveaux). Les artisans auront également professionnalisé leur gestion de l entreprise et le management des ressources humaines. Pour certains métiers, la polyvalence des salariés sera recherchée. Les artisans survivants auront su diversifier leurs activités, notamment la maintenance et la réparation d articles dont ils assuraient uniquement la fabrication auparavant. 136

138 Chapitre 5. Evolutions des métiers et besoins en compétences Les mutations précédemment décrites entraînent des évolutions des métiers et ont des impacts collectifs. Pour une bonne adaptation à ces changements, il convient en particulier de bien répartir les rôles entre la CMA de Région Martinique, les organisations professionnelles et les entreprises Des besoins en compétences managériales, commerciales, TIC et sociales pour la plupart des métiers Compétences managériales : rationalisation de la gestion et professionnalisation du management L intensification de la concurrence, le contexte de crise et des clients toujours plus exigeants et disposant de moins de pouvoir d achat, entraînent que la rationalisation de la gestion des entreprises est un impératif. Cette dimension comprend la gestion des ressources humaines, pour les entreprises artisanales les plus importantes. Par exemple, comme il sera détaillé dans les sections suivantes, la formation continue dans les métiers de bouche devrait développer des modules autour des compétences en gestion et management qui relèvent de niveaux IV+. Elle devra intégrer l informatique de gestion et la comptabilité. Elle devra également faciliter la reprise d entreprise. Une bonne gestion des ressources humaines implique que les artisans doivent savoir donner des repères de savoir-être professionnel à leurs employés et qu ils sachent aussi écouter les employés exposés au stress, par exemple chez les ambulanciers. A cet égard, l ouverture de brevets de maîtrise est judicieuse pour certains métiers comme la boulangerie, car cette formation donne non seulement des compétences techniques, mais aussi en gestion et en management Compétences marché : relation client et gestion commerciale Pour les mêmes raisons que pour les compétences managériales, les aptitudes à vendre et à améliorer les relations avec les clients sont capitales. Cela concerne la plupart des professions artisanales, mais plus particulièrement les entreprises qui souhaitent se positionner sur la réparation et la rénovation d articles qu elles fabriquent et les professionnels en prise directe avec les clients, comme la coiffureesthétique. Ces compétences marché supposent aussi de professionnaliser la gestion commerciale (commercialisation, étude de marché, communication), d améliorer l accueil des clients ou d être sensibles aux pratiques en vigueur dans d autres pays, à des fins de benchmarking. Elles peuvent impliquer de réelles capacités de persuasion, comme pour les frigoristes qui doivent convaincre les clients que les calculs de rentabilité de choix d investissement doivent être réalisés à long terme, basés sur la notion de coût global, versus un délai de retour sur investissement de deux ou trois ans, de façon à se créer des opportunités pour des études relatives à l efficacité énergétique. 137

139 Compétences sociales : TIC, anglais et inter-culturalité, questions environnementales, patrimoine martiniquais, savoir-être professionnel Outre l utilisation des TIC, devenue tellement importante et transversale qu on pourrait mettre cette compétence dans la rubrique «compétences managériales» (informatique de gestion) ou la rubrique compétences marché (web marketing), des compétences sociales nécessaires sont : - la pratique de l anglais et une sensibilité à l inter-culturalité, pour tous ceux qui veulent développer les relations avec les touristes : artisans taxi, artisans d art (bijoutiers, photographes ), - la connaissance des fondamentaux du patrimoine naturel et culturel martiniquais, pour enrichir la relation client, notamment avec les touristes, - une sensibilité aux questions environnementales : traitement des déchets, maîtrise de l énergie, lutte contre le bruit (réparation automobile, coiffure-esthétique, pressing, thanatopraxie ), - le savoir-être professionnel, pour tous les collaborateurs d artisans Des besoins en compétences en réponse à l évolution des métiers Métiers de bouche : sécurité alimentaire et compétences relationnelles Evolution de la demande et des métiers : des consommateurs de plus en plus exigeants et une responsabilité accrue des professionnels en matière d hygiène La demande a évolué : aujourd hui, les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la qualité nutritionnelle des produits alimentaires. Les produits locaux, basés sur les valeurs du territoire connaissent un succès croissant. Dans un même temps, les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de produits leur facilitant le quotidien : produits préparés, pratiques à transporter et à consommer. Selon les travaux de la DARES 41 (Les métiers à l horizon 2015), les petites entreprises des métiers de bouche (charcutier, boucher, boulanger) seront fortement concurrencés par la grande distribution. Ce secteur de l artisanat est particulièrement concerné par les évolutions réglementaires. Les entreprises de transformation alimentaire doivent respecter des règles spécifiques en particulier en termes de rejets et de consommation d'eau. Les réglementations communautaires dites «le paquet hygiène», entrées en application le 1 er janvier 2006 impliquent une responsabilité accrue des professionnels de l agroalimentaire dans la maîtrise de l hygiène des aliments 41 DARES Direction de l animation de la recherche, des études et de la statistique du Ministère du Travail, de l Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social 138

140 Des besoins en compétences techniques et de sécurité alimentaire, mais aussi relationnelles, commerciales et managériales Du fait des évolutions permanentes des réglementations, des produits et des modes de production, les employeurs privilégient comme critères de recrutement la possession des compétences techniques, l expérience et la capacité d adaptation. Les compétences relationnelles et commerciales (notamment la maîtrise des informations sur la santé et la nutrition) sont de plus en plus requises dans la transformation alimentaire artisanale. Compte tenu des évolutions réglementaires de plus en plus contraignantes, quels que soient le domaine ou le secteur d activité, les savoirs de base intègrent nécessairement les notions d hygiène, de sécurité alimentaire et de traçabilité des produits. La formation continue devrait développer des modules autour des compétences en gestion et management qui relèvent de niveaux IV+. Elle devra intégrer l informatique de gestion et la comptabilité. Elle devra également faciliter la reprise d entreprise. Cas particulier des artisans bouchers - Trois enjeux principaux: modernisation des boucheries; formations à l hygiène ; positionnement sur les métiers nobles : traiteur, charcuterie, tripier - Un frein à lever: pas d école de boucherie en Martinique - Solution: le syndicat des artisans bouchers est en train de mettre en place un CQP boucher, au moyen d un partenariat avec l Ecole Nationale de la Boucherie et le laboratoire KINI (au Robert, en Martinique) Cas particulier des boulangers - L enjeu est d acquérir des compétences en gestion, pour être plus en mesure de faire face à la concurrence de la Grande distribution - Solution : créer un brevet de maîtrise en boulangerie. Cette formation donne des compétences techniques, mais aussi en gestion et en management. Cas particulier des artisans du poisson - Il s agit de préparateurs de conserves (harang saur, souskaï ) et de sushis - la présentation (le «dressage») devient aussi importante que les qualités gustatives et nutritives des aliments - la pertinence sur le métier de traiteur est confirmée, comme pour la viande - Les spécialistes du sushi ne peuvent pas accueillir d apprentis, malgré leurs demandes au CFA Métiers, car la spécificité de leur métier implique que les apprentis n auraient pas une pratique suffisamment diversifiée de la cuisine (par exemple, pour les sauces). 139

141 Réparation automobile : des besoins de main d œuvre qualifiée en électronique Evolution de la demande et des métiers : une complexité croissante des véhicules La complexité croissante des véhicules, des outils et des techniques de réparation contraint aujourd hui le réparateur à disposer d un équipement minimum supérieur au petit outillage d autrefois et implique une élévation des niveaux de formation. Le professionnel pour être compétitif et assurer au client le sérieux indispensable à la sécurité doit ainsi s adapter constamment à l évolution technique du secteur. Parallèlement, une réduction de la quantité en main d œuvre nécessaire est vraisemblable, en raison d une fiabilité croissante des véhicules due aux évolutions technologiques dans la construction automobile (contrecarré en partie par l augmentation du parc de véhicules). Les réparations se font avec des «mallettes constructeur». Une nécessaire augmentation des niveaux de qualification et des compétences en électronique La complexité croissante des véhicules appelle une augmentation des niveaux de qualification. Des compétences en électronique sont indispensables. Les travailleurs devront également pouvoir intervenir sur des véhicules hybrides puis sur des véhicules tout électriques. Le développement du segment des petites voitures sans permis fait appel à des compétences différentes en carrosserie, car des blocs de plastique à assembler sont utilisés pour ces véhicules. Au total, les professionnels expriment des besoins en qualification plus élevée et des besoins en compétences plus diversifiées, notamment en électronique. Par ailleurs, les chefs d entreprise doivent s organiser pour diminuer l exposition aux risques professionnels et mieux traiter les déchets (voir les chapitres n 1 et 3 du présent rapport) Coiffure et esthétique : polyvalence incluant le conseil et compétences relationnelles Evolution de la demande et des métiers : l élargissement de la gamme de services Les secteurs de la coiffure et de l esthétique sont en développement en Martinique. Cette croissance, modérée dans la coiffure, est forte dans l esthétique. De plus, il existe des débouchés pour les personnes souhaitant reprendre un salon de coiffure, en raison du vieillissement des artisans installés (23% des artisans ont 50 ans ou plus ; voir chapitre 4 «perspectives»). Pour continuer à se développer, ces secteurs doivent viser de nouveaux segments de marché en termes de clientèle (jeunes, retraitées, hommes ) ou d activités (service rapide et sans rendez-vous, discount, onglerie, conseil maquillage ). Les entreprises des soins personnels sont de trois types : - les indépendants, 140

142 - les établissements franchisés qui emploient généralement plusieurs salariés, - les entreprises individuelles, dont les professionnels exercent «à domicile». Si l esthétique et la coiffure sont des secteurs dans lesquels la promotion sociale est possible (débuter apprenti, devenir salarié puis chef d entreprise), ce sont aussi des secteurs dans lesquels le turn-over est important. Quelques pistes d explication peuvent être apportées : concurrence inter-employeurs, installation à son compte (risque important de cessation d'activité dans le service à domicile), conditions de travail particulières (pénibilité, importance du temps partiel), maladies professionnelles... Un besoin de polyvalence et d élargissement des compétences aux prestations de conseil Le cadre réglementaire définit le CAP comme étant le diplôme minimum obligatoire pour exercer la profession de coiffeur (coiffeuse) ou d'esthéticien (esthéticienne). Le Brevet Professionnel (BP) ou le Brevet de Maîtrise (BM) est obligatoire pour s installer à son compte. Toutefois, une personne titulaire d un CAP peut créer son entreprise de coiffure à domicile. Une réglementation précise par ailleurs le périmètre d'intervention respectif des soins esthétiques et des soins médicaux. En coiffure, le CAP reste le diplôme de référence en termes de recrutement bien que l'on assiste à une élévation progressive du niveau de formation. Dans le secteur de l'esthétique, le niveau IV (bac professionnel) semble plus recherché, car plus polyvalent. Les entreprises recherchent des professionnels autonomes et polyvalents, capables de recevoir le client, d'établir un diagnostic et des conseils et de répondre aux exigences de la clientèle. Des besoins en compétences nouvelles apparaissent également autour du développement durable avec la vente de produits biologiques et la problématique du recyclage des produits. Bien sûr, les compétences relationnelles sont importantes, pour des professionnels en prise directe des avec des clients. La relation client doit être professionnalisée dans un contexte où les clients sont de plus en plus exigeants, en termes de prix, de qualité et de délais de réalisation. Les professionnels indiquent que, dans les cursus de formation, il est nécessaire: - de donner des repères de savoir-être professionnel, comme le respect de la hiérarchie ; - de renforcer les notions d accueil ; - de mettre l accent sur la gestion commerciale ; - d introduire dans ces cursus la pratique des échanges avec les autres pays, afin de permettre aux apprenants d être confrontés à d autres réalités. 141

143 Frigoristes : conduite d études en efficacité énergétique Evolution de la demande et des métiers : la MDE crée des opportunités à condition que les clients potentiels soient sensibilisés La demande de prestations pour la maîtrise de l énergie par les utilisateurs d équipements de froidclimatisation, notamment les entreprises industrielles se développera si des actions de communication appropriées sont menées par l ADEME et les collectivités locales : - Réduire sa consommation est une économie d'énergie et donc une économie financière ; - Des choix d investissement permettent de minimiser les dépenses énergétiques : les dépenses énergétiques peuvent être minimisées en privilégiant des compresseurs performants, des appareils économes en énergie, des moteurs haut-rendement, en détectant et supprimant les fuites sur le circuit de distribution, en installant des programmateurs ou des thermostats électroniques ; - A partir d un diagnostic de la consommation de l entreprise assorti d une analyse critique des installations existantes, il est possible d agir sur les différents aspects précédents. L'importance du diagnostic énergétique est d'identifier les principaux postes de dépenses et d'établir un plan d'action avec des priorités ; - La qualité du suivi des équipements doit être améliorée, parallèlement à ces nouveaux choix d investissement. La maintenance et l entretien des machines concourent à une consommation énergétique optimisée et sont donc, à ce titre, souvent encadrés par la réglementation. L installation et l entretien des équipements frigorifiques doit être confiée à un prestataire agréé. Ces actions de communication peuvent être menées en s appuyant sur l AMPI, qui compte parmi ses membres la plupart des entreprises utilisatrices d équipements de froid industriel. Les frigoristes doivent se former à l efficacité énergétique, pour tirer parti de ces évolutions Pour tirer parti de ces évolutions et ne pas laisser les bureaux d études être les seuls à en profiter, les frigoristes ont besoin de compétences en efficacité énergétique. Cela implique, non seulement la capacité de réaliser des diagnostics ex post, mais surtout l aptitude à conseiller le client, ex ante, sur le choix d équipements moins énergivores. Cela suppose également de pouvoir convaincre les clients que les calculs de rentabilité de choix d investissement doivent être réalisés à long terme, basés sur la notion de coût global, versus un délai de retour sur investissement de deux ou trois ans. L acquisition de compétences en conseil en efficacité énergétique appelle des formations de niveau III+ en énergie, notamment thermique. La réalisation de diagnostics énergétiques et plus généralement d études telles que les Bilans Carbone suppose de suivre des sessions de formation idoines organisées par l Institut de Formation Carbone. L ADEME Martinique devra communiquer sur les prochaines sessions de formation organisées en Martinique (voir fiche action «Communiquer sur les formations «Bilan Carbone» organisées par l ADEME»). 142

144 Ambulanciers : des besoins en compétences sociales et managériales Un métier qui évolue peu, mais des conditions de travail de plus en plus stressantes et une concurrence des taxis de place Le métier d ambulancier lui-même n évolue pas, hormis la nécessité de professionnalisation en gestion dans le contexte suivant : Des conditions de travail de plus en plus stressantes o Des patients âgés qui peuvent vivre dans des conditions indécentes o Réagir rapidement; répondre à des demandes urgentes o Dépendent de la disponibilité des médecins pour la prise en charge du patient lorsqu ils l amènent à l hôpital, même si la remise du patient aux services administratifs de l hôpital décharge les ambulanciers de toute responsabilité La profession est confrontée à la concurrence des taxis de place, sur les segments de clientèle les plus rentables : dialysés, «ambulance assise». L implantation en Guadeloupe de l IFA pose problème pour l obtention du diplôme d Etat ambulancier L Institut de Formation d Ambulancier (IFA) compétent pour les Antilles et la Guyane est implanté au CHU de Guadeloupe. Les conditions d accès à la profession Le brevet de secouriste suffisait, jusqu en Depuis une loi d octobre 2011, il faut également un diplôme d auxiliaire ambulancier (condition de niveau d accès: aucun; durée 70 heures réparties sur deux semaines; sont délivrées une attestation de formation et une attestation de formation aux gestes et soins d'urgence de niveau 2) Le diplôme le plus élevé est le diplôme d Etat d ambulancier (DEA) (Niveau V; 18 semaines de formation, dont 5 semaines en entreprise). Diagnostic sur la formation Des formateurs de l IFA de Guadeloupe peuvent se déplacer en Martinique pour former à la préparation du diplôme d auxiliaire ambulancier, la formation ne durant que deux semaines. En revanche, ce n est pas possible pour le DEA, car la formation est plus longue. Il en résulte que les auxiliaires doivent démissionner de leur entreprise en Martinique, pour aller suivre la formation en Guadeloupe (ou en France métropolitaine). Si la Martinique comportait un IFA, une formation en alternance sur place serait possible. 143

145 Par ailleurs, de nombreux salariés se réorientent vers d autres métiers pour progresser: infirmier, aidesoignant, car le métier d ambulancier ne permet pas d évolution de carrière: Il n y a pas de diplôme après le DEA. Les formations (DAA et DEA) donnent des compétences techniques satisfaisantes, selon les professionnels. Des besoins en compétences sociales et managériales Les besoins en compétences pour les salariés concernent les comportements professionnels: les relations / contact avec les patients, la discrétion professionnelle, le savoir-être professionnel dans l entreprise («ne pas voler le gasoil du patron» ). Les besoins en compétences pour les chefs d entreprise concernent: - la gestion (par exemple, le calcul des coûts de revient d une prestation), mais ceux-ci ne se déplacent pas quand une formation est organisée à leur profit ; - Pour les entrepreneurs les plus dynamiques: l anglais, dans le cadre de prestations pour les touristes, y compris le rapatriement sanitaire (depuis Sainte Lucie ). Les chefs d entreprise doivent pouvoir gérer les troubles psycho-sociaux (stress dû aux conditions d exercice) : - Par le dialogue avec les salariés - Avec l aide de la DRP de la CGSS - En communiquant auprès d eux sur l existence de fiches pratiques: 144

146 Prothésistes dentaires : s organiser collectivement pour équilibrer les relations avec les dentistes La survie même de la profession est en question en Martinique, en raison de la concurrence des pays asiatiques et africains; et absence de convention régissant les rapports entre les dentistes et les prothésistes dentaires La survie même de la profession en Martinique est en question: - Les dentistes de la place importent des prothèses dentaires asiatiques (Chine) ou africaines (Niger, Madagascar ) (via la France métropolitaine, donc ces produits sont aux normes) ; - Il existe une concurrence exacerbée entre les prothésistes locaux, qui, pour certains, travaillent directement avec des patients ce qui n est pas déontologique, puisque «seuls les dentistes peuvent prendre des empreintes dans la bouche» et qui pratiquent des prix hétérogènes (écarts de 1 à 4). Les causes principales de cette situation seraient le statut artisanal (versus paramédical) de profession et un manque de solidarité entre les artisans locaux. la Il en résulte que les dentistes les considèrent comme de simples sous-traitants versus des collaborateurs. La profession doit s organiser pour résoudre ces problèmes La formation existante, le Brevet technique des métiers (BTM) Prothésiste dentaire (CFA Métiers) répond aux besoins en compétences techniques, mais ne permet pas de résoudre le problème de reconnaissance par les dentistes. Pour cela, les collectivités publiques et la CMA doivent inciter les professionnels à s organiser, en fléchant des financements sur des actions collectives ou en lançant des appels à projets collaboratifs Une autre proposition a été avancée : créer un diplôme d Etat paramédical, comme pour les infirmiers, ce qui donnerait aux prothésistes dentaires plus de poids face aux dentistes et pourrait permettre de résoudre le problème des prothésistes travaillant directement avec les patients, par des sanctions disciplinaires; néanmoins, ce point de vue n est pas partagé. 145

147 Photographes : des besoins en accompagnement à la prise en charge des formations pour mettre à jour leurs compétences La situation d isolement géographique des photographes martiniquais est défavorable à leur formation Les besoins recensés sont : - des besoins en compétences managériales, - des besoins de mise à jour des connaissances. Le Groupement des photographes professionnels de la Martinique organise des formations. - Pour les actions de formation standard, il fait venir des formateurs de France métropolitaine ou de l étranger ; - Pour les formations plus pointues, les photographes intéressés doivent partir. Mais la situation d isolement des photographes ultramarins entraîne que se former devient un luxe : - Le coût des formations est élevé pour des artisans aux revenus relativement modestes : frais pédagogiques, frais de déplacement et d hébergement, coût d opportunité représenté par la perte d une semaine de travail pour deux jours de formation ; - Or, le Fonds d Assurance Formation (FAF) durcit ses conditions de prise en charge. Ce problème de prise en charge par le FAF est exacerbé par la couverture des auto-entrepreneurs, qui bénéficient d un taux de cotisation au FAF plus faible (quoiqu une tendance à l alignement des taux soit observée) et qui déclarent des revenus bien plus bas que les artisans. Mener des actions de sensibilisation auprès des élus et la DIECCTE sur le besoin en accompagnement Comme conséquence de ces problèmes de prise en charge, les photographes martiniquais se forment beaucoup moins que leurs homologues de France métropolitaine et recrutent très peu (la plupart travaillent seuls). Pour ceux qui recrutent, il s agit principalement d emplois support, tels que les assistants de direction. Lorsqu ils recrutent des photographes, ce sont en général des amateurs qui pratiquent déjà la photographie. Au total, le CEP Artisanat ne propose pas une évolution de l offre de formation, mais suggère de mener des actions de sensibilisation auprès des élus locaux et de la DIECCTE sur le besoin en accompagnement à la prise en charge des frais de formation. 146

148 Artisans taxi : des besoins en compétences marché pour diversifier la clientèle La profession d artisan de taxi de place est régie par le code du transport L L appellation de taxi s applique à tout véhicule automobile de neuf places assises au plus, y compris celle du chauffeur, muni d équipements spéciaux, dont le propriétaire ou l exploitant est titulaire d une autorisation de stationnement sur la voie publique en attente de la clientèle, afin d effectuer à la demande de celle-ci et à titre onéreux le transport particulier des personnes et de leurs bagages. En Martinique, la profession s articule autour de trois organisations professionnelles : Union des artisans taxis, Chambre syndicale des artisans taxis, Syndicat régional des artisans taxi. Viennent s y ajouter deux coopératives équipées de centraux radios : Madinina Taxi et Martinique Taxi. Un secteur en difficulté La Martinique compte 388 artisans taxis de place professionnels (juin 2012), dont 27% sont en âge de partir à la retraite (103 transporteurs sont âgés de 65 ans ou plus) 43. Les principales difficultés de la profession sont : - une forte diminution du marché principal de la profession que constitue le transport des usagers, en raison de l augmentation du parc de véhicules personnels - le transport clandestin, «ces véhicules qui se mettent aux abords des marchés ou ailleurs et qui racolent les clients»; - le nombre d autorisations délivrées serait trop important par rapport aux besoins du marché. Néanmoins, le marché pourrait être renforcé par l augmentation du public touristique portuaire et aéroportuaire ; - les difficultés du secteur touristique. En outre, selon les organisations professionnelles, «La profession devrait également pâtir du projet de modernisation des transports publics» 44. Des besoins en compétences marché pour diversifier la clientèle : touristes, personnel d entreprise, transport sanitaire Aujourd hui, le modèle du taxi stationné sur une place en attente d un client est dépassé ; la profession doit s orienter vers de nouveaux marchés : - démarcher la clientèle touristique, ce qui suppose d aller vers les bateaux de croisière, mais aussi de se former à l anglais et d autres langues pour proposer des tours et autres activités de loisirs aux touristes ; - démarcher la clientèle des entreprises, qui ont besoin de déplacer leur personnel, de faire du portage, ce qui requiert des compétences marché pour les artisans taxi - signer une convention Transport assis professionnalisé, avec la Caisse Générale de Sécurité Sociale. Le transport sanitaire de personnes à mobilité réduite, de dialysés ou de diabétiques 43 Source : Magazine France Antilles du 13 juin 2012 «Les taxis de place à la recherche d une vitesse de croisière». 44 Source : Magazine France Antilles ; article déjà cité. 147

149 nécessite un sens aigu de la communication. Actuellement, 150 transporteurs ont signé cette convention Meubles et travail du bois : une diversification vers l ébénisterie d art dans un secteur très fragilisé par la concurrence des produits importés Un secteur subissant la concurrence des produits importés Le secteur de l ameublement et du travail du bois subit de plein fouet la concurrence des produits importés par les grandes surfaces spécialisées. Même les grands noms martiniquais du meuble en souffrent, d autant plus que leurs enfants ne veulent pas prendre la relève, au regard des difficultés du secteur. Il faudrait valoriser une «image locale», mais les professionnels eux-mêmes doutent de l avenir de la profession. Seule la mise en œuvre d une volonté politique de préserver le savoir-faire local est susceptible de changer ce scénario tendanciel défavorable, mais des initiatives restées sans suite ne donnent pas beaucoup d espoir aux professionnels, tels qu un projet d accord-cadre entre la CMARM et le Syndicat du Bois ou un audit de la filière bois réalisé par la Région en Il est nécessaire de se diversifier vers l ébénisterie d art dans ce contexte défavorable Les professionnels tendent à s orienter vers la prestation de service pour survivre dans ce contexte : réparation et restauration de meubles (versus fabrication). Une étape supplémentaire consiste à se former pour l ébénisterie d art. Pour cela, un partenariat entre l organisation professionnelle du secteur et le Campus Caribéen des Arts paraît judicieux. La situation des entreprises ne leur permet pas d embaucher des apprentis ou des salariés. En revanche, il leur est plus facile d accueillir des stagiaires de lycée professionnel pour quelques semaines. Les compétences techniques données par les formations existantes sont acceptables, quoique «certains stagiaires confondent un tournevis et un ciseau à bois» et «ne savent pas lire leur mètre», en raison du tropisme un peu théorique des formations. Les établissements scolaires sont bien équipés, en fait, bien mieux que de nombreuses entreprises du secteur, et les élèves travaillent beaucoup à l aide de logiciels. 148

150 Textile-habillement: une nécessaire réorientation vers les métiers de la mode, susceptibles d offrir des débouchés Périmètre du secteur et problématiques Les savoirs technologiques développés par les professionnels de ce secteur s articulent autour des techniques de fabrication, de transformation et d utilisation des matériaux souples. Les principales professions sont : - les ouvriers non qualifiés du textile et de la confection, - les ouvriers qualifiés de la coupe des vêtements et de l'habillement, - les tailleurs et couturières qualifiés. Ce secteur est confronté à la mondialisation, qui génère une forte diminution des effectifs de production, en France d une façon générale, et encore plus en Martinique. Ce secteur est également soumis au problème du travail illégal. L'artisanat se développe, notamment les activités de retouche dans le contexte du développement des services à la personne. Toutefois, les véritables débouchés, en Martinique, comme dans le reste de la France, se situent dans les métiers de la mode. L offre de formation est stérilisée par le manque de possibilité d accueil en entreprises locales Carte des formations initiales Trois lycées professionnels dispensent des formations dans ce domaine. Il s agit du : - LP Raymond Néris - Marin - LP Jean-Joseph DUMAS Pointe des Nègres Fort-de-France - SEP Joseph Pernock Lorrain Effectif des formations LP R. Néris Marin R2011 2nde 1 ère Terminale Bac Pro Métiers de la Mode - Vêtements LP JEAN-JOSEPH Dumas Pointe des Nègres R2011 2nde Terminale CAP Métiers de la Mode Vêtements Flou nde 1 ère Terminale (2ans et 3ans) Bac Pro Métiers de la Mode - Vêtements

151 SEP Joseph Pernock Lorrain R nde 1 ère Terminale Bac Pro Métiers de la Mode - Vêtements Les résultats aux examens sont fluctuants et moins bons en Bac Pro que la moyenne CAP Couture Flou 69% 46% 78% 81% 67% BEP Métiers Mode Industries Connexes BEP Métiers Mode Vêtement Bac Pro Artisanat & Métiers d Art : Vêtement Accessoires Mode 50% 47% 38% 72% Première session en juin % 61% 83% 78% 83% 76% Taux de réussite dans la FPI de l Education nationale Unité : % CAP 57,1 69,5 71,1 71,7 74,7 Bac Pro 82,9 88,5 92,7 94,1 98,2 Bac Pro Métiers de la Mode - Vêtements Première session en juin 2012 Une évolution nationale des diplômes qui pose des difficultés locales, par manque d entreprises d accueil des élèves stagiaires La rentrée 2009 a marqué le basculement obligatoire pour toutes les filières du BAC PRO 2 ans en BAC PRO 3 ans. Dans la même période, la filière Génie Industriel Textile (GIT) a eu la particularité d une abrogation des deux BAC PRO existants: Métiers de la Mode Industries Connexes Productique : MMIC-P ; Artisanat Métiers d'art Vêtements et Accessoires de Mode : AMA-VAM. Ils sont remplacés par le nouveau BAC PRO Métiers de la Mode Vêtement: MMV à caractère conception industrielle. Les difficultés relatives à ce BAC PRO MMV sont bien réelles, compte tenu du fait que 40% de la formation professionnelle doit se réaliser dans le cadre des périodes de formations en milieu professionnel (PFMP). Or, ce type d entreprises n existe pas localement. Depuis la rentrée 2011, le CAP Couture Flou et Prêt à Porter sont abrogés et remplacés par le CAP Métiers de la Mode Vêtement Flou (première session d examen en juin 2013). Il en est de même pour les CAP Tailleur Homme et CAP Tailleur Femme qui sont remplacés par le CAP Métiers de la Mode Tailleur. 150

152 Cette filière est marquée par un faible taux d attractivité (Rentrée 2011): Bac Pro MMV : 0,8 ; CAP MM-VF : 0,9 La poursuite d étude n est pas possible en Martinique et l insertion professionnelle des diplômés est difficile Poursuite d étude 45 - Aucune formation spécifique de type Mention Complémentaire, Brevet de Technicien Supérieur ou Brevet des métiers d Art dans cette filière de formation au niveau académique, ni sous statut scolaire, ni sous statut d apprentissage. - A noter que la carte des diplômes nationaux de niveau 2 n offre que le BTS Design de mode, textile et environnement option A : mode ou option B : textile-matériaux-surface. Insertion professionnelle - Pas d information sur le devenir des jeunes. - Toutefois, l insertion professionnelle pérenne après l obtention du diplôme reste difficile compte tenu de l inexistence de PME. Le marché de l emploi se limite à quelques TPE plutôt artisanales et quelques rares boutiques qui offrent les retouches de vêtements de prêt à porter. Le tissu local d entreprises offre peu de possibilité d accueil des enseignants dans le cadre de la formation continue Il est nécessaire que les enseignants élèvent leur niveau de formation, notamment pour l utilisation des technologies informatiques qui prennent une place importante dans l enseignement des disciplines professionnelles. Pour ce faire, des modules de formation sont proposés au niveau académique, mais le tissu industriel local n offre aucune possibilité de formation continue pour ce public. Formation continue Nombre de stagiaires et d'heures stagiaires par spécialité, présenté selon l architecture de la nomenclature NSF (extrait d un tableau complet du chapitre 2) (Source : DIECCTE ; effectifs 2010) Total Nb de stag Nb d'h stag Nb OF 240-Spécialités pluritechnologiques, matériaux souples Textile Habillement (y compris mode, couture) Cuirs et peaux Source : Inspecteur de l Education Nationale, en charge de cette filière, en Martinique. 151

153 Une orientation vers les métiers de la mode à valider, en créant des conditions favorables à la concrétisation du potentiel Des perspectives de recentrage de la filière en un pôle unique, un lycée des métiers de la mode, de l esthétique et de la coiffure Compte tenu des investissements conséquents en matière d équipements à réaliser pour assurer une formation de qualité, de l inadéquation des ateliers existants et des difficultés liées à l insertion, il est envisagé de recentrer la formation des métiers de la mode sur un seul établissement, en un pôle de formation unique dans le cadre d un Lycée des métiers de la mode, de l esthétique et de la coiffure, ceci à l horizon R2013 R2014. Mettre en avant la dimension culturelle et spectacle de cette famille d activité professionnelle Les référentiels nationaux en formation professionnelle initiale ont évolué récemment pour prendre en compte la nécessaire évolution vers les métiers de la mode, comme indiqué plus en avant. L organisation de la profession est un premier pas pour mettre en place des actions collectives, et une organisation professionnelle adhérente à la CMA a en effet été créée en Il convient de développer la dimension culturelle, la créativité, l innovation, le sens du spectacle pour les professionnels de ce secteur. C est pourquoi un partenariat avec le Campus Caribéen des Arts est judicieux, de même que des échanges avec d autres pays. Il convient également de poursuivre les évènements mettant en valeur les métiers de la mode, à l instar des «Lamantins de mode» de la Ville du Lamentin (voir fiche action dédiée à ce métier) Bijoutiers : la fabrication de bijoux de moins grande densité en or requiert des compétences spécifiques Selon le Groupement des artisans bijoutiers, les artisans bijoutiers seraient 60 en Martinique, employant en moyenne 2 employés, ce qui porte à 180 les effectifs du secteur et constitue une forte baisse par rapport aux effectifs datant d une dizaine d années. De plus, une quarantaine d entreprises font du commerce de métaux précieux. Le secteur subit l inflation du cours de l or et la concurrence de sociétés de rachat d or Le cours de l or a été multiplié par 3 ces dernières années (le lingot d un kilo d or vaut plus de euros HT en octobre 2012), alors que parallèlement le pouvoir d achat des particuliers a diminué. Il en résulte que les artisans bijoutiers doivent comprimer leurs marges commerciales pour pouvoir vendre. A noter qu une action collective judicieuse serait une collaboration entre les artisans bijoutiers martiniquais pour effectuer des achats d or groupés. 152

154 Parallèlement, de nombreuses sociétés de rachat d or se sont implantées en Martinique ces dernières années. Leurs principaux clients sont les personnes en difficultés financières, prêtes à céder une partie de leur patrimoine en bijoux, pour retrouver des marges de manœuvre financières, ou des personnes qui ont un sentiment d insécurité, compte tenu des faits divers en Martinique. Il en résulte une baisse d activités pour les artisans bijoutiers, puisque les bijoux vendus sont fondus pour récupérer l or ou quittent le territoire, ainsi qu une perte pour la Martinique, qui possédait il y a encore quelques années un important patrimoine en bijoux. Les artisans bijoutiers redoutent de disparaître dans les 4 ans si aucun contingentement n est apporté à l installation de ces sociétés. L octroi de mer, au taux de 30%, obère également le coût de revient des achats d or, alors même que, selon le groupement des artisans bijoutiers, «les bijoux en or font partie de la culture martiniquaise, que l or est une matière première dont le cours fluctue au niveau international et que le cours a été multiplié par trois ces dernières années». La baisse du pouvoir d achat des Martiniquais pourra les inciter à acheter des bijoux de moins forte teneur en or. Des transactions sur des bijoux à 9 carats ou 14 carats commencent à être répertoriées, alors que «le Martiniquais tenait traditionnellement à son or 18 carats». A noter qu il s agit de pratiques culturelles ; aux Etats Unis, par exemple, les bijoux à 14 carats sont la norme. Les besoins en compétences concernent le travail des bijoux de moins forte densité en or ainsi que l usage des TIC Dans ce contexte défavorable, les artisans bijoutiers martiniquais essaient : - de travailler un plus grand nombre de matières : argent, bois, coco, - de fabriquer des bijoux en or, à 14 voire 9 carats, - de créer des produits, à la fois modernes et typiques de la Martinique, pour atteindre une clientèle internationale. Cette recherche de diversification requiert des compétences additionnelles : - les professionnels souhaitent bénéficier d une aide financière des collectivités pour des visites dans des pays ayant une expertise avérée dans le travail du bois : pays africains, Haïti, pays asiatiques, ou à tout le moins faire venir en Martinique des formateurs de ces pays ; - la fabrication de bijoux de 14 ou 9 carats requiert des procédés chimiques et des matériels différents, résultant de l utilisation de plus grandes quantités de cuivre. Selon les professionnels, des sessions de formation peuvent être utiles aux artisans bijoutiers pour la maîtrise de ces procédés ; - un autre besoin en compétence mentionné spontanément par les artisans bijoutiers est l usage de l informatique, tant pour l exercice direct de leur métier, la gravure notamment, que pour la gestion de l entreprise et la vidéosurveillance. Ces besoins en compétences justifient une collaboration avec le Campus Caribéen des Arts, mais ne s accompagnent pas de besoins en ouverture de formation plus classiques La stratégie de diversification des professionnels justifie un rapprochement entre l organisation professionnelle le Groupement des artisans bijoutiers et la direction du Campus Caribéen des Arts qui souhaite développer l artisanat d art en créant une section de bijouterie. Ce partenariat aurait pour 153

155 principal objectif de stimuler la créativité des artisans bijoutiers, autrement dit au stade de la conception des articles. Pour satisfaire ces besoins en compétences dans le domaine de la fabrication, les artisans vont suivre des formations en France métropolitaine, à tout le moins ceux qui en ont les moyens. Si la situation du secteur devait s améliorer, alors la mise en place d actions de formation continue en Martinique pourrait être utile, de façon que les bijoutiers soient en mesure de s outiller en machines plus sophistiquées et plus performantes et pour suivre les tendances en arts nouveaux. De plus, «l ouverture d un CAP bijoutier n est pas justifiée, au regard de la situation économique de la profession». D ailleurs, un CAP bijoutier par apprentissage existait en Martinique il y a quelques années, mais a été fermé en raison des difficultés d insertion professionnelle des apprentis. Selon les professionnels, si les pouvoirs publics prenaient des dispositions pour que la profession puisse se redresser, alors l ouverture d une telle formation en inter-dom pourrait devenir pertinente Fleuristes : des besoins de mise en place de formations pour crédibiliser ce secteur porteur en Martinique La Martinique compte 41 entreprises de fleuristerie 46. L activité de fleuriste ne se résume pas au commerce de fleurs. C est un art qui consiste à concevoir et créer des œuvres à partir de fleurs, de produits végétaux et d accessoires. Par conséquent, il s agit d un métier et une formation préalable est essentielle. Cependant, cette activité ne fait pas partie des activités réglementées de l Artisanat, mais requiert tout de même un réel savoir-faire. Un secteur qui présente des perspectives favorables, si la concurrence déloyale des vendeurs au bord des routes est contrôlée Atouts L existence d une matière première abondante et variée Les fleurs tropicales locales ont une durée de vie longue ce qui constitue un atout concurrentiel par rapport aux fleurs utilisées par les fleuristes en Europe Une demande de produits régulière, en raison notamment d évènements inéluctables, nécessitant la commande régulière de fleurs, et mieux, de compositions florales L existence d une organisation professionnelle qui veille à la défense et au développement du secteur des fleuristes dans en Martinique Faiblesses L absence de réglementation du métier quant à la formation, alors que celui-ci exige un réel savoir-faire et surtout une connaissance pointue de la matière (les fleurs et les plantes) La concurrence déloyale non contrôlée des vendeurs non déclarés que l on retrouve sur les routes à l occasion des fêtes L aspect éphémère et la fragilité des produits destinés à la vente et à l exportation (emballage spécifique) Opportunités Un marché non saturé et un nombre de professionnels sur le territoire encore faible : moins de 2 fleuristes par commune La création de structures groupées est indispensable pour Menaces La concurrence des fleurs artificielles qui s intensifie Un risque de déqualification si on laisse faire les vendeurs non déclarés sur le bord des routes 46 Source : CMA «Les fleuristes à la Martinique» (présentation de janvier 2012). 154

156 négocier avec les fournisseurs et améliorer la compétitivité des entreprises. Une coopérative créée à l initiative de quelques fleuristes et accompagnée par la CMAR a fonctionné quelques années. C est une expérience à renouveler avec une plus grande implication et solidarité des fleuristes La signature d une convention avec le Procureur et les Services de l Etat pour la lutte contre le travail illégal. Cet acte est décisif pour la suite, notamment en matière de contrôle de la réglementation La mise en chantier de formations pour cadrer et développer le métier Le rapprochement des Régions Guadeloupe, Martinique et Guyane pour un échange de savoir-faire et la mutualisation des moyens Des ententes partenariales avec les horticulteurs locaux Des partenariats et la mise en place de formations sont utiles pour concrétiser ces perspectives favorables Des partenariats sont nécessaires, notamment : - La signature d une convention avec le Procureur et les Services de l Etat pour la lutte contre le travail illégal - La création de structures groupées pour négocier avec les fournisseurs - Des ententes partenariales avec les horticulteurs locaux - Le rapprochement des Régions Guadeloupe, Martinique et Guyane pour un échange de savoirfaire et la mutualisation des moyens Les actions de formation permettront une montée en qualification des fleuristes. Les principaux diplômes des référentiels nationaux sont : - CAP fleuriste, en formation professionnelle initiale ou continue (Greta) - Brevet professionnel fleuriste, en CFA - Brevet de maîtrise fleuriste, en CFA ou formation continue 155

157 5.3. Synthèse du diagnostic prospectif sous forme de matrice AFOM Une matrice Atouts / faiblesses / Opportunités / Menaces (AFOM ou SWOT en anglais) permet de présenter une synthèse des analyses précédentes. Atouts Faiblesses Domaine économique Un tissu économique fortement atomisé, donc qui éprouve des difficultés à influencer les pouvoirs publics, et un regroupement insuffisant des entreprises afin de réaliser des économies, tant sur les investissements machines, que sur les investissements humains. Un accès limité au crédit, en dépit des dispositifs et mesures prises pour aider les entreprises, particulièrement les très petites entreprises (micro-crédit, statut EIRL ). De plus, la co-garantie SIAGI qui permet de garantir jusqu à 70% du montant des emprunts n est pas appliquée. Concurrence des commerçants qui diversifient leurs activités en faisant la maintenance des biens vendus : concessionnaires automobiles, vendeurs d équipements électroménagers Un secteur qui pèse 13% de l emploi total et rassemble plus de 500 activités, et donc qui ne peut pas être ignoré par les pouvoirs publics s il s organise pour cela Un secteur traditionnellement moins exposé à la concurrence internationale que la plupart des autres secteurs Une compagnie consulaire en restructuration : la Chambre de Métiers et de l Artisanat de la Région Martinique procède à la mise en place de moratoires afin de lui permettre d accéder aux financements publics. Une cessation progressive des activités d accompagnement administratives et comptables des entreprises par la CMA Un accompagnement suivi post-création pas assez formalisé. La réorganisation des dispositifs d accompagnement des entreprises au niveau de la Martinique (Réseau Cap Performance) a eu pour conséquence la mise à l écart de la Chambre de Métiers et de l Artisanat, interlocutrice privilégiée et incontournable pour les projets relevant du secteur des métiers. Un réseau de partenaires mal valorisé. La compagnie consulaire a souffert de l émiettement des relations avec les partenaires tant au niveau public que privé. Les contraintes liées à l environnement génèrent des surcoûts (à court terme) 156

158 Domaine de la gestion des ressources humaines La «gestion traditionnelle» de nombreuses entreprises du secteur n est pas propice à l inscription dans des démarches de progrès Le travail illégal est un fléau pour le secteur Le statut d auto-entrepreneur crée des conditions d une concurrence déloyale Un savoir-faire des artisans et un attachement viscéral à leur métier Des artisans hommes orchestres plutôt que chefs d orchestre Un déficit d image de certains métiers du secteur Un nombre insuffisant de femmes dans certains métiers, qui ne permet pas de profiter de tendances actuelles, comme l importance croissante de la relation client Plusieurs familles d activités professionnelles exposées aux accidents de travail et aux maladies professionnelles (TMS) Domaine de la formation Des chefs d entreprise qui prennent conscience de la nécessité de la formation pour se développer Des conseillers d entreprises formés à l Institut Supérieur des Métiers accompagnant les porteurs de projets à la création et les chefs d entreprises artisanales pour le développement et la promotion La formation peut nécessiter des équipements coûteux, donc l adaptation aux besoins exprimés par les entreprises prend un certain temps Une insuffisance de la participation de la profession à l élaboration des programmes (en formation initiale) 157

159 Opportunités Menaces Domaine économique Les préoccupations liées à la maîtrise de l énergie créent des opportunités pour ceux qui sauront se mettre à niveau Le Plan de relance régional n 2 cible les entreprises Les artisans peuvent mettre en avant leurs professions dans le cadre de l élaboration du Plan d Actions de Développement de Martinique (PADM), du Schéma d Aménagement Régional (SAR) et du Programme opérationnel Des conventions sont en cours d élaboration avec des partenaires, pour sécuriser des moyens et des sources d informations : - Convention d objectifs et de moyens avec la Région; - Convention de partenariat avec la Communauté Espace Sud de la Martinique pour une décentralisation des Services de la Chambre de Métiers, permettant ainsi plus de proximité; - Convention avec le Régime social des indépendants (RSI). L objectif est de proposer une personne référencée comme interlocuteur prioritaire des artisans puis de rapprocher et d enrichir le fichier consulaire (Répertoire des Métiers) avec celui du RSI. Un réseau de l artisanat fort permet les synergies : APCM, la Conférence interrégionale des métiers et de l'artisanat d'outremer (Coirema), la Conférence Permanente des Chambres de Métiers et de l Artisanat de Région Antilles-Guyane Les projets envisagés par des partenaires pour le développement de leurs territoires : - CACEM : la stratégie de développement économique visant à optimiser l attractivité de l agglomération, consiste à investir sur des filières motrices : l agro-transformation, les éco-matériaux et le nautisme durable ; et à renforcer l accompagnement des entreprises; - CAESM : la valorisation des métiers d art. Des évolutions technologiques se traduisent par une diminution des interventions réalisables localement. Par exemple, la maintenance automobile s exerce avec des «malettes» constructeurs De nombreux créneaux porteurs dans les filières prioritaires identifiées en Martinique (sources : CMA, Région, CACEM, Etats Généraux de l Outremer): - Viande : de nombreuses transformations sont possibles afin de valoriser la production animale (charcutier, tripier ) ; - Poisson: la transformation des produits de la mer permet la valorisation de certains métiers (suchis, conserves) et le développement de nouveaux (poissonnier, écailler, mareyeur, ) ; - La transformation des produits agricoles (légumes, fruits) sera d autant plus profitable que des partenariats seront formalisés avec la Grande Distribution ; - Bâtiment : du fait de l expertise dans la construction parasismique, d un parc immobilier public et privé vieillissant ainsi que la nécessité de réduire la facture énergétique, deux segments sont prioritaires : la rénovation et les énergies renouvelables ; 158

160 - Nautisme: en raison de savoir-faire dans la construction navale, réparation et des projets sur des espaces communautaires. Par ailleurs, la Martinique est au carrefour des routes du commerce maritime et de la plaisance ; - Artisanat d art : la création du Campus Caribéen des Arts, les projets sur l espace communautaire espace sud, la transversalité avec le tourisme sont autant de raisons motivant ce choix ; - Santé : Fabrication de prothèses : les perspectives sont favorables pour les entreprises (prothésiste dentaire, podo-prothésiste, orthoprothésiste ), en raison d un taux d accident élevé en Martinique, de l exposition de la région aux séismes et de l existence de formations qualifiantes en prothèses dentaires en Guadeloupe ; ainsi, l accompagnement des entreprises du secteur est justifié ; Transformation des plantes médicinales (pharmacopée, cosmétique ) Domaine de la gestion des ressources humaines Les nouvelles technologiques rendent la pratique de certains métiers moins pénible Un audit de compétences en cours (mise à jour juillet 2012) permettra à la CMA d envisager la réorganisation de ses services. Le vieillissement des chefs d entreprise artisanale et des salariés créera une perte de savoir-faire à leur départ en retraite, si la transmission des entreprises n est pas préparée Domaine de la formation La préparation d une plateforme commune de services des chambres de Métiers et de l Artisanat des Régions Antilles Guyane, afin de répondre à toutes les étapes de la vie de l entreprise (création, développement, transmission, formation). Un Espace formation à la CMA assurant la formation continue des chefs d entreprises artisanales et leurs conjoints collaborateurs, dans le cadre de l Université régionale des métiers de l artisanat La création (en cours) d une Maison de l Entreprise à la Région Martinique pourrait améliorer la lisibilité du dispositif d accompagnement des porteurs de projets. Jusqu à aujourd hui, les porteurs de projet se trouvent confrontés à la multiplicité des acteurs particulièrement pour la création d entreprise. La complexité croissante de certains processus de fabrication / certains chantiers et les délais serrés imposés par les clients / MOA créeront des situations contentieuses, si les métiers de l encadrement n intègrent pas une dimension managériale L engagement de la DEAL et du Conseil Régional dans la formation parasismique pour les artisans du bâtiment. L engagement de quelques chefs d entreprise dans la formation peut être valorisé 159

161 Partie C. Orientations et objectifs stratégiques Introduction : l arborescence de déclinaison de la stratégie de gestion anticipée Pour répondre aux enjeux de compétitivité, d attractivité et de montée en compétences, les orientations stratégiques retenues sont les suivantes : o Eclaircir l horizon économique du secteur o Anticiper la gestion des ressources humaines o Adapter l offre de formation aux besoins en compétences En effet, des préconisations portant sur la gestion des ressources humaines et la formation ne paraîtront pertinentes aux professionnels du secteur que si des conditions de pérennité des entreprises locales sont favorisées. Ces grandes orientations sont déclinées en objectifs stratégiques et en actions selon l arborescence suivante : Orientation stratégique Eclaircir l horizon économique du secteur Objectifs stratégiques Améliorer la visibilité économique du secteur Renforcer les aides directes et indirectes Encourager les comportements écoresponsables Actions Pilotes Publics cibles Créer un observatoire économique au sein de la CMA Adapter l offre aux attentes des clients Aider à la structuration de filières à potentiel Elaborer un guide des aides financières et accompagner les entreprises pour les mobiliser Sensibiliser les acheteurs à la notion de coût global à long terme pour créer une demande pour les prestations liées au développement durable Créer les conditions pour que les frigoristes puissent réaliser des études et des missions de conseil en efficacité énergétique CMA CMA Entreprises artisanales, acteurs de la formation et de l emploi Entreprises artisanales, notamment celles des métiers de bouche Horizon de réalisation CMA Entreprises artisanales X X Conseil Régional ADEME ADEME Donneurs d ordre Collectivités, particuliers, entreprises Frigoristes Entreprises utilisatrices d équipements de froid industriel X X X X X X 160

162 Orientation stratégique Anticiper la gestion des ressources humaines Objectifs stratégiques Poursuivre les actions menées pour valoriser l image de la profession Aider les artisans à se professionnaliser Lutter contre le travail illégal et la concurrence déloyale Prévenir les risques professionnels Actions Pilotes Publics cibles Médiatiser et communiquer régulièrement sur les avancées et événements du secteur artisanal Promouvoir l emploi des femmes dans certains secteurs artisanaux Sensibiliser et professionnaliser les artisans et leur conjoint à la gestion des ressources humaines Améliorer le contrôle du travail illégal Juguler la concurrence déloyale Communiquer sur les bonnes pratiques de prévention des risques professionnels CMA DRDFE CMA, DIECCTE, Conseil Régional CMA CMA ou OP CMA et DRP (CGSS) - Elèves et stagiaires, parents, enseignants - Demandeurs d emploi - Grand public Entreprises du secteur, syndicats de salariés, demandeurs d emploi, élèves et stagiaires, parents, enseignants Entreprises artisanales, organisations professionnelles Organisations professionnelles, DIECCTE Bijoutiers, photographes, ambulanciers, prothésistes dentaires (entreprises fautives et leurs clients) Garages automobiles, taxis, coiffure etc Horizon de réalisation X X X X X X X X X X X Orientation stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectifs stratégiques Resserrer l adéquation de la formation initiale aux besoins en compétences du secteur de l artisanat Créer des conditions favorables au développement de l alternance Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Actions Pilotes Publics cibles Mettre en place une méthode d élaboration de la carte des FPI par le Rectorat qui associe les représentants du secteur Mettre à niveau, acquérir et mutualiser des équipements Accompagner et soutenir les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale Renforcer et accompagner la politique de formation et de mise à jour des connaissances techniques et d encadrement des formateurs Développer les contrats de professionnalisation Former les artisans dirigeants en tenant compte de l élargissement des compétences attendues Satisfaire les besoins en compétences métiers Horizon de réalisation Rectorat Elèves de la FPI X X X Conseil Régional Conseil Régional Conseil Régional DIECCTE, Conseil Régional CMA Conseil Régional, Rectorat, CMA, CFA-M - LP - OF continue Salariés des entreprises intéressés par une fonction de maître d apprentissage dans les secteurs d activités artisanales Formateurs des CFA, enseignants en LP susceptibles d accueillir des sections d apprentissage Jeunes et entreprises du secteur artisanal Chefs d entreprise artisanale et leur conjoint Entreprises artisanales X X X X X X X X 161

163 Chapitre 6. Eclaircir l horizon économique du secteur Dans un contexte économique marqué par une concurrence accrue des produits artisanaux importés et par une diminution du pouvoir d achat des consommateurs, les professionnels demandent de la visibilité sur les perspectives économiques, comme préalable à l engagement dans des démarches d amélioration de la gestion des ressources humaines et de montée en compétences par la formation. Orientation stratégique Eclaircir l horizon économique du secteur Objectifs stratégiques Améliorer la visibilité économique du secteur Renforcer les aides directes et indirectes Encourager les comportements écoresponsables Actions Pilotes Publics cibles Créer un observatoire économique au sein de la CMA Adapter l offre aux attentes des clients Aider à la structuration de filières à potentiel Elaborer un guide des aides financières et accompagner les entreprises pour les mobiliser Sensibiliser les acheteurs à la notion de coût global à long terme pour créer une demande pour les prestations liées au développement durable Créer les conditions pour que les frigoristes puissent réaliser des études et des missions de conseil en efficacité énergétique CMA CMA CMA Conseil Régional ADEME ADEME Entreprises artisanales, acteurs de la formation et de l emploi Entreprises artisanales, notamment celles des métiers de bouche Entreprises artisanales Donneurs d ordre Collectivités, particuliers, entreprises Frigoristes Entreprises utilisatrices d équipements de froid industriel 2013 X X X X X Horizon de réalisation X X X 6.1. Améliorer la visibilité économique du secteur Créer un observatoire économique au sein de la CMA Un observatoire économique avait été créé au sein de la CMA, mais n a pas pu fonctionner par manque de moyens. La proposition est de recréer un tel observatoire. Cet observatoire collecterait et analyserait des informations de nature économique et sociale, mais pourrait également s intéresser à l évolution des métiers, permettant ainsi à la profession d adosser une démarche de GPEC à des travaux prospectifs de bonne qualité. Cet observatoire pourrait également concevoir des indicateurs de suivi du secteur, voire, s il dispose des moyens humaines et financiers idoines, réaliser des études de marché et de formation des prix et d identification des marges dans une filière donnée, pour aider les artisans des organisations professionnelles concernées à se positionner. Il faut pour cela s assurer que les indicateurs pourront être alimentés régulièrement, et donc se préoccuper de la collecte des données et des relations durables à sécuriser avec les organismes qui génèrent ces données. A minima, des conventions de partenariat devront être signées avec les 162

164 organisations professionnelles de l artisanat, l INSEE et l Institut Martiniquais de Statistique et d Evaluation des Politiques Publiques. Institut Martiniquais de Statistique et d Evaluation des Politiques Publiques La création de l IMSEPP (Institut Martiniquais de Statistique et d Evaluation des Politiques Publiques) a été actée par la Région en début 2012, mais l Institut ne sera réellement en activité qu en La fin de l année 2012 est consacrée à l élaboration du programme de travail et à la formation complémentaire des collaborateurs à l utilisation des logiciels statistiques et cartographiques dont disposera l Institut. «La mission principale de l Institut sera d évaluer des politiques publiques nommément désignées, en terme d impact global de développement et d activité économique (et pas seulement de création d emploi). L observation et l analyse statistique ne seront, du moins au début, que des outils au service de l évaluation. Les enquêtes et études réalisées viendront en complément de la production des organismes existants, sauf dans le cas de domaines ou de champs inexplorés par ces organismes. Dans ce cas, l IMSEPP prendra toutes les initiatives nécessaires dans des limites qui seront fixées par son conseil d administration, mais il ne doit pas être considéré comme un fournisseur de données au sens strict du terme, comme l INSEE peut l être. L Institut n aura, en aucun cas, vocation à se substituer aux services de l Etat en charge de la production statistique.» «L IMSEPP sera ouvert à tous les partenariats, sous réserve qu ils correspondent à sa vocation initiale et qu ils ne constituent pas une charge sur le plan financier.» Dans ces conditions, un partenariat avec un observatoire économique au sein de la CMA pourra être envisagé. Source : Chargé de mission «évaluation des politiques publiques» de la Région Martinique, responsable de la création de l IMSEPP Adapter l offre aux attentes des clients Les modes de consommation actuels privilégient le prêt à consommer, le prêt-à-porter, le prêt à l usage immédiat. Parallèlement, la mondialisation économique soumet les entreprises locales à la concurrence des produits importés et la recherche d une différenciation apparaît comme un impératif. Les artisans doivent donc être capables de faire évoluer leurs offres vers une combinaison de produits originaux, valorisant le patrimoine local, et de produits plus standardisés, en adéquation avec les modes de consommation actuels. Il convient donc d aider les organisations professionnelles à mener des actions d information et de communication auprès de consommateurs, pour faire valoir la qualité artisanale, le service, le conseil professionnel et l originalité des produits. Il s agit aussi de leur faire connaître les bonnes pratiques et mettre en avant les exemples de succès par des témoignages d entreprises qui ont su se diversifier sur ces axes. Il convient également de mettre plus systématiquement et plus directement à la disposition des professionnels les études effectuées sur les demandes de consommation actuelles. 163

165 Aider à la structuration de filières à potentiel Des créneaux porteurs existent dans plusieurs secteurs d activités artisanales. Par exemple, l artisanat d art, notamment la bijouterie, est susceptible de tirer parti de la création du Campus Caribéen des Arts, de projets sur le territoire de l Espace Sud portés par la CAESM et du développement du tourisme. Autre exemple, la transformation des produits de la mer permettrait la valorisation de certains métiers, tels que les fabricants de suchis ou les producteurs de mets en conserves, et le développement de nouveaux métiers, comme les mareyeurs ou les fileteurs. La concrétisation de ce potentiel suppose que des collaborations soient développées en amont et en aval des secteurs concernés. Ainsi, dans le domaine alimentaire, il est difficile de rentabiliser une activité de production sans accord avec la Grande Distribution. Or, on constate un manque de structuration au niveau des filières en Martinique. Parmi les causes principales, l étroitesse du marché entraîne que les acteurs d un secteur sont souvent en concurrence directe, et donc sont réticents à mener des actions collectives. Il convient donc d aider à structurer des filières où les entreprises artisanales sont nombreuses, pour tirer parti des créneaux porteurs identifiés. Pour cela, une démarche progressive doit être mise en œuvre. Elle commence par la collaboration d acteurs d un secteur d activité donné sur certaines problématiques, puis la pérennisation de cette collaboration sous une forme associative, et la constitution de coopératives et autres mutualisations de moyens, en matière d approvisionnement, d outils de production ou de distribution. Les donneurs d ordre encourageront cette structuration en fléchant des fonds publics pour certaines opérations réalisées par des structures collectives. Il convient également de faire partager les bonnes pratiques d organisation telle que la création d une interprofession martiniquaise de fruits, légumes et produits horticoles (IMAFLHOR) en

166 6.2. Renforcer les aides directes et indirectes Elaborer un guide des aides financières et accompagner les entreprises pour mobiliser ces aides Les contraintes financières subies par les entreprises de la Martinique sont avérées, notamment le rationnement du crédit bancaire. La capacité des pouvoirs publics, nationaux ou locaux, à desserrer ce nœud est limitée, en raison des normes internationales qui s imposent (comme les ratios de Bâle) et du fait que les centres de décision des banques sont situés principalement à Paris. La création d une banque publique d investissement (BPI) a été avalisée en Conseil des Ministres le 17 octobre La BPI aura pour priorité d offrir l ensemble des instruments de soutien financier aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, en conformité avec les règles européennes. Elle offrira également des services d accompagnement et de soutien renforcé à l innovation et à l export. Elle sera accessible pour les entreprises grâce à des guichets uniques dans chaque région. Sa stratégie sera élaborée avec l aide d un conseil national d orientation, présidé par un président de région et associant l ensemble des forces vives du pays, en particulier les partenaires sociaux. En région, un conseil régional d orientation permettra d articuler l action de la banque publique d investissement avec les schémas régionaux de développement économique. La BPI devrait être opérationnelle au premier semestre 2013, après le vote du projet de loi en fin d année Des aides existent pour encourager les entreprises à s engager dans des démarches de développement durable, d innovation ou plus généralement de progrès, mais elles sont peu connues des entreprises artisanales ou perçues comme trop complexes pour que les entreprises essaient même de les mobiliser. Elaboration d un guide des aides publiques locales Ces aides prennent la forme de subventions, d avances remboursables ou de prestations en nature, comme des pré-diagnostics réalisés par des agents des collectivités ou des diagnostics ou prestations de conseil ou d accompagnement par des consultants rémunérés par des collectivités. De nombreux donneurs d ordre fournissent de telles aides, comme la Région, l ADEM, l ADEME, la CACEM et les autres EPCI, ou les chambres consulaires. L élaboration d un guide des aides doit comprendre une clarification de chaque dispositif de façon que les prescriptions puissent être appropriées. Quelques exemples d aides financières dans le domaine environnemental sont indiqués dans la fiche action. Accompagnement des entreprises et des porteurs de projet pour mobiliser ces aides Outre la clarification des dispositifs d aides, les entreprises ont besoin d un accompagnement par des prestataires pour l identification des sources de financement et le montage administratif des dossiers. C est ainsi que certaines organisations professionnelles, comme la CGPME, ont bien compris cette problématique et ont recruté des chargés de mission énergie qui aident aussi les entreprises au montage de dossiers. 165

167 6.3. Encourager les comportements écoresponsables Sensibiliser les acheteurs à la notion de coût global à long terme pour créer une demande pour les prestations liées au développement durable Cette action concerne plus particulièrement les artisans intervenant en froid-climatisation, électricité, électronique et installations sanitaires. Il s agit de faire comprendre aux acheteurs que sont les collectivités, les entreprises et les particuliers, que la maîtrise de l énergie (MDE) permet des gains à long terme, même si elle présente des surcoûts immédiats. A titre d illustration, les coûts d exploitation sur 30 ans peuvent représenter 70% du coût d investissement, et ainsi des économies de type MDE sur l exploitation d un équipement a un gros impact à long terme. Cette sensibilisation des entreprises, des collectivités et des particuliers à cette notion de coût global à long terme (versus coût instantané) créerait une demande au profit des artisans intervenant en froidclimatisation, électricité, électronique et installations sanitaires. En donnant à ces entreprises des perspectives économiques favorables, cela inciterait davantage d entreprises à former leurs salariés aux compétences nécessaires. Concrètement, cette sensibilisation pourrait prendre la forme de modules compris dans des formations à la gestion des entreprises au bénéfice des chefs d entreprises Créer les conditions pour que les frigoristes puissent réaliser des études et des missions de conseil en efficacité énergétique La MDE crée des opportunités, à condition que les clients potentiels soient sensibilisés et que les frigoristes acquièrent des compétences dans la conduite d études. En effet, pour tirer parti de ces évolutions, les frigoristes ont besoin de compétences en efficacité énergétique. Cela implique, non seulement la capacité de réaliser des diagnostics ex post, de type Bilan Carbone des équipements déjà installés, mais surtout l aptitude à conseiller le client, ex ante, sur le choix d équipements moins énergivores. Cela suppose également de pouvoir convaincre les clients que les calculs de rentabilité de choix d investissement doivent être réalisés à long terme, basés sur la notion de coût global, versus un délai de retour sur investissement de deux ou trois ans, comme indiqué plus en avant. 166

168 Chapitre 7. Anticiper la gestion des ressources humaines La concurrence des produits importés et l image dévalorisée de certains métiers du secteur sont deux des principaux maux dont souffre le secteur artisanal. Les artisans et les organisations professionnelles en capacité d anticipation seront ceux qui auront largement intégré: o la nécessité de rationaliser la gestion de leur entreprise ; o la maîtrise de l évolution des métiers sur le plan des matériaux et/ou technologique ou bien de nouvelles fonctions qui apparaissent, en conséquence des mutations technologiques et réglementaires ; o la possible pénurie dans les métiers où il y a déjà des difficultés de recrutement; o la nécessité de motiver et fidéliser les salariés, dans un secteur où les salariés peuvent devenir facilement des concurrents ; o la préparation des départs à la retraite de nombreux chefs d entreprise et salariés. Les actions retenues pour répondre à ces enjeux sont présentées dans l arborescence suivante : Orientation stratégique Anticiper la gestion des ressources humaines Objectifs stratégiques Poursuivre les actions menées pour valoriser l image de la profession Aider les artisans à se professionnaliser Lutter contre le travail illégal et la concurrence déloyale Prévenir les risques professionnels Actions Pilotes Publics cibles Médiatiser et communiquer régulièrement sur les avancées et événements du secteur artisanal Promouvoir l emploi des femmes dans certains secteurs artisanaux Sensibiliser et professionnaliser les artisans et leur conjoint à la gestion des ressources humaines Améliorer le contrôle du travail illégal Juguler la concurrence déloyale Communiquer sur les bonnes pratiques de prévention des risques professionnels CMA DRDFE CMA, DIECCTE, Conseil Régional CMA CMA ou OP CMA et DRP (CGSS) - Elèves et stagiaires, parents, enseignants - Demandeurs d emploi - Grand public Entreprises du secteur, syndicats de salariés, demandeurs d emploi, élèves et stagiaires, parents, enseignants Entreprises artisanales, organisations professionnelles Organisations professionnelles, DIECCTE Bijoutiers, photographes, ambulanciers, prothésistes dentaires (entreprises fautives et leurs clients) Garages automobiles, taxis, coiffure etc. Horizon de réalisation X X X X X X X X X X X 167

169 7.1. Poursuivre les actions menées pour valoriser l image de la profession Cet objectif concerne plus particulièrement les travailleurs, les jeunes et les adultes à la recherche d un emploi ou cherchant à se réorienter. Certaines mesures de valorisation envisagées permettent également de mettre en valeur l artisanat aux yeux du grand public, mais cet objectif a été explicité dans le chapitre «éclaircir l horizon économique du secteur» Médiatiser et communiquer régulièrement sur les avancées et événements du secteur artisanal Les difficultés de recrutement constatées par les professionnels et par les enquêtes BMO de Pôle Emploi traduisent notamment un déficit d image de certains métiers, comme les mécaniciensélectroniciens de véhicules, les métiers du pressing ou les ouvriers de l industrie (outre certains ouvriers du BTP). L image de la profession reste insuffisamment valorisée parce que, d une part, l image des activités manuelles se compare défavorablement à celle des nouvelles technologies ou celle de nombreuses activités tertiaires, d autre part, les représentations des métiers de l artisanat auprès des jeunes, de leurs familles et des enseignants restent marquées, pour certains métiers, par des conditions d exercice pénibles, peu rémunératrices, insuffisamment porteuses de prestige et de reconnaissance sociale. Valoriser l image de l artisanat suppose : de mener des actions d information, par exemple sur le fait que le développement des technologies rend la pratique de certains métiers moins pénible, grâce notamment au pilotage de machines à commande numérique ou sur la contribution de l artisanat au développement du tourisme. Pour cela, il conviendra d actualiser régulièrement le site internet de la CMA en apportant les informations pratiques et événementielles. de lancer des campagnes de communication, notamment sur la contribution de l artisanat au développement durable, en exploitant les media fréquentés par les jeunes, comme les réseaux sociaux, vidéos visualisables sur Internet, reportages télés d accompagner les porteurs de projets et aider les entreprises existantes voulant se moderniser et de faire témoigner des salariés satisfaits de leur situation, dans les établissements scolaires, à l occasion des manifestations diverses, dans les spots télévisés Promouvoir l emploi des femmes dans certains secteurs artisanaux Les femmes constituent 25% des effectifs des entreprises artisanales 47, en incluant les fonctions support, alors qu elles constituent 50,7% des salariés de l ensemble de l économie martiniquaise. Seules 17% des entreprises artisanales sont dirigées par des femmes. D un autre côté, dans de nombreux cas (non quantifiés), les épouses font fonction de gérante de fait des entreprises de leur conjoint. Certains métiers sont particulièrement concernés, comme la charcuterie (les femmes constituent 20% des artisans indépendants), la fabrication de meubles (9%), la réparation automobile (5%), les artisans taxis (18%) ou les photographes (20%). A l inverse, elles représentent 97% des 47 Source : Répertoire de la CMA 168

170 artisans indépendants de l esthétique-soins de beauté, 70% du commerce de fleur, 86% de la fabrication de vêtements. Cette situation résulte des conditions de travail et des représentations sexuées, comme indiqué dans la partie diagnostic de ce rapport. Il convient donc de : Pérenniser les initiatives comme les «matinales de l égalité» Dans la partie «état des lieux et diagnostic», certaines initiatives de la Délégation Régionale aux Droits de la Femme et à l Egalité (DRDFE) ont été présentées, comme l organisation des «matinales de l égalité» qui rassemblent les DRH - Dirigeants d entreprises, élus de comités d entreprise, représentants syndicaux, dans le cadre d une convention passée entre l ARACT et la DRDFE. La proposition est de pérenniser ces initiatives, d y associer des entreprises artisanales et de s organiser pour en évaluer les effets (par exemple, par des questionnaires adressés aux participants 6 mois et un an après ces manifestations, pour en mesurer l efficacité). Mettre en exergue les évolutions favorables à la féminisation du secteur, comme l informatisation des activités et l importance croissante de la relation client Les actions menées, et notamment les actions de communication, doivent mettre en exergue les mutations favorables à la féminisation du secteur. Ainsi, l amélioration des conditions d exercice de certains métiers, comme la maintenance automobile ou la fabrication de meubles, avec notamment l irruption de l informatique et de l électronique (par exemple, les machines à commande numérique), et l évolution des mentalités permettent un renforcement de la féminisation des métiers concernés. De plus, le développement des compétences comportementales dans les entreprises et la prégnance du relationnel dans la fidélisation du client pourrait faire prendre la mesure de l intérêt à recruter des femmes. 169

171 7.2. Aider les artisans à se professionnaliser Sensibiliser et professionnaliser les chefs d entreprise et leur conjoint à la gestion des ressources humaines Une gestion rigoureuse des ressources humaines est impérative dans un contexte d image dévalorisée de plusieurs métiers artisanaux, de salaires qui se comparent défavorablement à d autres secteurs d activités, de salariés qui peuvent devenir facilement des concurrents et de vieillissement des artisans et de leurs salariés. Les objectifs d une professionnalisation de la gestion des ressources humaines des artisans sont de développer la motivation et l implication des salariés, d encourager les progressions internes et les reconnaître pour fidéliser davantage et de déléguer mieux et plus. Des actions de sensibilisation et de formation doivent être mises en place pour atteindre ces objectifs par la CMA, la CCIM et d autres organismes de formation. De plus, dans la perspective du départ à la retraite des salariés vieillissants, une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences doit être mise en place, pour éviter la perte de compétences occasionnée par le départ non préparé d un salarié. C est pourquoi le Conseil Régional de Martinique met en œuvre une «Stratégie régionale de la formation professionnelle» qui comprend une forte dimension prospective, avec notamment une incitation des entreprises à mettre en place des plans de formation, pour maintenir l employabilité des salariés. C est un des objectifs visés par un projet d accord-cadre sur la formation tout au long de la vie entre le Conseil Régional et les organisations patronales, dont l article 4 vise à «anticiper les mutations économiques» et l article 7 vise à «anticiper les besoins des entreprises en collaborant avec le Conseil Régional pour l élaboration de l offre de formation appropriée». Un accompagnement à l engagement dans des démarches de GPEC peut être réalisé par la CMA (ou la DIECCTE), qui mettrait du personnel ou des consultants à disposition des artisans. Un logiciel existe au niveau national : COMAFOA, c'est la gestion des COMpétences des Actifs par la FOrmation dans l'artisanat. C est un outil qui permet de faire l état des lieux des savoir-faire maîtrisés ou à acquérir dans les entreprises artisanales. Créé par des artisans, pour les artisans, COMAFOA est développé par le réseau des Chambres de Métiers et de l Artisanat. Un déploiement dans les entreprises de Martinique suppose que des agents de la CMA soient formés à l utilisation de ce logiciel, cette formation étant payante Lutter contre le travail illégal et la concurrence déloyale En Martinique, les illégalités prennent la forme insidieuse de travail informel. Sont considérés comme travailleurs informels : ceux qui sont à leur compte et non immatriculés, les salariés n ayant pas reçu de fiche de paie et les aides familiales travaillant plus de 10 heures. Un emploi principal sur vingt est informel en Martinique. Cette statistique est une estimation réalisée à partir d une enquête déclarative (INSEE Antilles-Guyane Antiane n 74 Martinique Juillet 2011) ; elle conduit donc sans doute à une sous-estimation de ce fléau pour les professions artisanales. 170

172 A cet égard, les participants aux groupes de travail du CEP Artisanat ont signalé les effets pervers du statut d auto-entrepreneur : «on crée un système qui met les entreprises en difficulté, donc qui les incite à se mettre dans l illégalité» et «on contrôle toujours les mêmes entreprises déclarées, dont on connaît l adresse, mais on ne contrôle pas les autres, celles qui trichent.» Ils suggèrent notamment aux artisans d adhérer et de participer aux réunions de la section locale de l Union Professionnelle Artisanale (UPA), pour ensuite faire un lobbying efficace auprès des parlementaires afin que ceux-ci puissent relayer leurs préoccupations auprès du Gouvernement: - leur exposer les problèmes causés par le statut de l auto-entrepreneur, - faire des propositions de refonte du statut, - proposer de généraliser les avantages des auto-entrepreneurs à tous les artisans, - faire supprimer la possibilité d accès au statut d auto-entrepreneur pour le personnel de la fonction publique. Cette section se spécialise sur le contrôle des situations de travail informel ou de concurrence déloyale, pour lesquelles les acteurs locaux ont des moyens d action Améliorer le contrôle du travail illégal Les principales mesures de retenues pour améliorer le contrôle sont : de créer une carte professionnelle permettant à l usager de mieux identifier le professionnel et de vérifier l activité de l artisan, protégeant ainsi le consommateur contre les travailleurs clandestins ; de développer les échanges entre la DIECCTE et les organisations professionnelles, en permettant à ces dernières de signaler des situations de travail illégal suspecté, afin de mieux cibler les contrôles Juguler la concurrence déloyale Plusieurs familles d activités professionnelles signalent des situations de concurrence déloyale. Ainsi, les bijoutiers souffrent de la concurrence de sociétés de rachat d or, les photographes ne parviennent plus à financer leurs formations, car les auto-entrepreneurs émargent aussi sur les financements du Fonds d Assurance Formation, les ambulanciers souffrent de la concurrence des taxis de place pour le transport des personnes à mobilité réduite. Le statut d auto-entrepreneur est particulièrement décrié par de nombreux artisans, qui y voient des concurrents en mesure de «casser les prix», compte tenu des facilités fiscales et sociales qui leur sont faites. Ils attirent l attention des pouvoirs publics sur le fait que ce statut peut constituer un frein à l embauche de collaborateurs, puisque ces derniers peuvent devenir facilement et rapidement des concurrents, après un temps d observation du savoir-faire de l artisan. Il est difficile de lutter contre la concurrence déloyale, car elle n est pas illégale. Les possibilités d actions consistent essentiellement à sensibiliser les pouvoirs publics sur les effets pervers de telle ou telle situation, afin que des actions correctrices puissent être mises en œuvre. 171

173 7.4. Prévenir les risques professionnels Communiquer sur les bonnes pratiques de prévention des risques professionnels Les risques professionnels sont nombreux dans le secteur artisanal, tout naturellement en raison de la diversité des métiers. La principale maladie professionnelle concernant le secteur artisanal est l affection péri-articulaire, comme les autres secteurs. La transformation alimentaire, la transformation industrielle, le BTP et le transport font partie des secteurs les plus touchés par les accidents du travail. Les principales actions retenues sont de remettre en place une formation sur le document unique (comme le faisait antérieurement la CMA) et de communiquer auprès des organisations professionnelles et entreprises de Martinique afin de leur faire connaître les bonnes pratiques recommandées par la Caisse Générale de Sécurité Sociale dans d autres régions françaises. 172

174 Chapitre 8. Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Cette orientation vise à répondre à l enjeu de montée en compétences. Celles-ci doivent être adaptées aux mutations en cours. Les entreprises en capacité d anticipation auront largement intégré la maîtrise de l évolution des métiers sur le plan des matériaux (par exemple, utilisation de matières premières alternatives pour compenser la hausse du cours de matériaux habituellement utilisés) et/ou le plan technologique (innovation dans l assemblage de matériaux différents, procédés nouveaux). Les artisans auront également professionnalisé leur gestion de l entreprise et le management des ressources humaines. Pour certains métiers, la polyvalence des salariés sera recherchée. Les artisans survivants auront su diversifier leurs activités, notamment la maintenance et la réparation d articles dont ils assuraient uniquement la fabrication auparavant. Les actions retenues pour répondre à ces enjeux sont présentées dans l arborescence suivante : Orientation stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectifs stratégiques Resserrer l adéquation de la formation initiale aux besoins en compétences du secteur de l artisanat Créer des conditions favorables au développement de l alternance Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Actions Pilotes Publics cibles Mettre en place une méthode d élaboration de la carte des FPI par le Rectorat qui associe les représentants du secteur Mettre à niveau, acquérir et mutualiser des équipements Accompagner et soutenir les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale Renforcer et accompagner la politique de formation et de mise à jour des connaissances techniques et d encadrement des formateurs Développer les contrats de professionnalisation Former les artisans dirigeants en tenant compte de l élargissement des compétences attendues Satisfaire les besoins en compétences métiers 2013 Horizon de réalisation Rectorat Elèves de la FPI X X X Conseil Régional Conseil Régional Conseil Régional DIECCTE, Conseil Régional CMA Conseil Régional, Rectorat, CMA, CFA-M - Lycées professionnels - OF continue Salariés des entreprises intéressés par une fonction de maître d apprentissage dans les secteurs d activités artisanales Formateurs des CFA, enseignants en LP susceptibles d accueillir des sections d apprentissage Jeunes et entreprises du secteur artisanal Chefs d entreprise artisanale et leur conjoint Entreprises artisanales X X X X X X X X 173

175 8.1. Resserrer l adéquation de la formation professionnelle initiale aux besoins en compétences du secteur artisanal Rappel du contexte : - Les réorganisations de la carte des formations prennent du temps, d autant plus que les formations pour certains métiers artisanaux (réparation automobile, frigoriste, BTP ) nécessitent des équipements coûteux. - Les besoins des entreprises pour une compétence donnée peuvent être temporaires ou fluctuants, au gré des chantiers annoncés par les maîtres d ouvrage. - De plus, la croissance des emplois dans un secteur donné ou les besoins des entreprises n impliquent pas que les formations dans ce secteur soient demandées par les jeunes, à tout le moins en formation initiale. - Certains jeunes, formés dans une filière artisanale, vont travailler dans un autre secteur d activité. Dans cet environnement fluctuant, les mentions complémentaires (MC) permettent de mettre en place, pour une courte période (par exemple, 6 mois ou 1 an), une formation en réponse à des besoins exprimés par des entreprises Mettre en place une méthode d élaboration de la carte des FPI par le Rectorat qui associe les représentants du secteur Cette action vise à renforcer les échanges entre le Rectorat de la Martinique et les professionnels du secteur. Elle suppose de positionner les organisations professionnelles (OP) artisanales comme forces de propositions au Rectorat de la Martinique, de façon que le secteur soit plus susceptible de faire prendre en compte ses besoins. Il convient pour cela de désigner des interlocuteurs représentatifs au Rectorat (par exemple, les présidents des OP), par une lettre formelle au Recteur, de façon que le Rectorat soit aidé dans sa prise de décision sur la carte de formation, ou en désignant un expert de la profession pour participer à des instances de concertation, comme le Comité de coordination régionale de l emploi et de la formation professionnelle (CCREFP). La mesure consiste à mettre en place une méthode d élaboration de la carte des formations par le Rectorat qui associe les représentants du secteur, au-delà du simple établissement de référentiels en concertation avec les professionnels. 174

176 Mettre à niveau, acquérir et mutualiser des équipements Chaque année, la Région procède à la répartition des crédits d équipement dans les lycées à la suite d une remontée d enquête des besoins des établissements. Si certains lycées professionnels sont bien dotés (par exemple, le LP Petit Manoir pour le travail du bois ou le BTP), globalement une restructuration des ateliers des lycées et une remise à niveau des équipements s imposent. De plus, plusieurs organismes de formation continue sont confrontés à la cherté des équipements dans ce secteur et ne sont pas en mesure de proposer des prestations dans certaines spécialités (réparation automobile, travail du bois, BTP ), y compris en ce qui concerne la maîtrise de l énergie. Cette situation conduit tout naturellement à envisager l utilisation de locaux et matériels d entreprises Créer des conditions favorables au développement de l alternance Rappel du contexte : Les effectifs du CFA Métiers ont diminué depuis 2006/2007, comme pour les autres CFA, hormis le CFA tertiaire. Les entreprises sont réticentes à recruter des apprentis, en raison d une situation financière tendue et de problèmes comportementaux en milieu professionnel des apprentis. Dans ce contexte, il est possible de développer les passerelles entre la formation professionnelle initiale sous statut scolaire et l apprentissage en CFA, en donnant aux jeunes la possibilité d effectuer une première année en lycée avant deux années en apprentissage. En effet, cette forme de mixité dans la formation en apprentissage donne aux jeunes le temps de se familiariser au monde de l entreprise durant la première année, sans que cela ne représente une contrainte financière trop forte pour l entreprise, puisque le jeune effectue un stage sous statut scolaire. Il est également possible et moins cher d ouvrir des sections d apprentissage dans des lycées ayant déjà une coloration sectorielle (par exemple, esthétique-coiffure au LP Chateauboeuf), que d effectuer des travaux d agrandissement du CFA Métiers pour élargir l offre de formation Accompagner et soutenir les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale L objectif opérationnel principal de cette action est de développer les actions de formation de maîtres d apprentissage, au plus près de leurs besoins et de leurs contraintes professionnelles, en particulier sur le droit du travail et les techniques pédagogiques de base, dans le droit-fil du club des maîtres d apprentissage récemment créé en Martinique. La montée en compétences des personnes intéressées par cette fonction est cruciale, car le manque de qualification est parfois un frein à la mise en place de formations en apprentissage (exemple du CAP Boucher). Pour atteindre cet objectif, outre la définition d une «offre de services» pertinente à destination des maîtres d apprentissage en termes de formation comme d accompagnement durant la formation, il convient de construire un système de reconnaissance de la qualité des pratiques tutorales (type «label»), en lien avec les chambres consulaires. Cette labellisation pourrait notamment être acquise au moyen de la validation des acquis de l expérience (VAE). 175

177 Renforcer et accompagner la politique de formation et de mise à jour des connaissances techniques et d encadrement des formateurs Les objectifs opérationnels principaux sont de garantir des contenus de formation conformes aux évolutions et besoins des métiers et d apprendre aux formateurs à sensibiliser les stagiaires aux comportements appropriés dans l univers professionnel. Pour atteindre ces objectifs, il convient notamment de définir les besoins en mise à jour des connaissances techniques des formateurs, et les modalités souples pour y répondre (partenariat avec des entreprises sur de nouveaux matériels, par exemple) et d organiser des échanges avec le 1 er RSMA, pour former les formateurs à la sensibilisation des stagiaires quant à l importance des comportements compatibles avec le monde professionnel et à l enseignement de modules de savoir-être professionnels Créer des conditions favorables au développement des contrats de professionnalisation La loi de 2004 a substitué aux précédents dispositifs en alternance un dispositif centré sur les compétences à acquérir pour répondre aux besoins de l entreprise. Le contrat de professionnalisation est accessible à tous les jeunes de 16 à 25 ans souhaitant compléter leur formation quel qu en soit le niveau, ainsi qu aux demandeurs d emploi de plus de 26 ans. Cependant, en Martinique, le contrat de professionnalisation n a pas le succès escompté. Selon la DIECCTE, le nombre de contrats de professionnalisation signés chaque année fluctue autour de 500. Très peu de contrats signés concernent les métiers de l artisanat. La raison principale serait que le niveau d activité des entreprises et leur situation financière tendue ne favorisent pas le recours à ces contrats. C est pourquoi le Conseil Régional a donné son accord pour la mise en place, à compter de la rentrée 2011, d une prime régionale d incitation au développement des contrats de professionnalisation de euros, par contrat, en faveur des entreprises (Délibération n du 22 décembre 2010). Les objectifs opérationnels poursuivis par cette action sont d assurer un développement quantitatif des contrats de professionnalisation au sein des entreprises artisanales martiniquaises, d améliorer le dispositif au niveau des organismes de formation et d améliorer le dispositif au niveau des entreprises. Pour atteindre ces objectifs, les actions concernent tant les donneurs d ordre que les entreprises, les organismes de formation et les candidats. Elles sont explicitées dans une fiche action Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins Former les artisans et leur conjoint à l élargissement des compétences attendues Le contexte concurrentiel exacerbé, la diminution de pouvoir d achat des clients et le vieillissement des artisans et de leurs salariés imposent de rationaliser la gestion de leur entreprise. Or, la plupart des artisans martiniquais assurent à eux seuls plusieurs fonctions: production, supervision des réalisations, 176

178 fonctions commerciales (démarchage, devis, négociation, suivi). Ils bénéficient parfois de l aide de leur conjoint pour les tâches administratives et comptables. Cette gestion au fil de l eau n est pas adaptée aux évolutions économiques, qui poussent à l optimisation sous contrainte. Il convient donc de former non seulement les artisans, mais aussi leur conjoint, à l importance du relationnel client, à la cession d entreprise, et plus classiquement aux fondamentaux de la gestion d entreprise : comptabilité et finance, informatique de gestion, gestion de projet, commercialisation, démarches qualité Combler les écarts entre les besoins en compétences métiers et l offre de formation Des fiches actions sont proposées pour chacun des métiers suivants Frigoristes : ouvrir des BTS et licence pro en énergie thermique et mettre en place des actions de formation continue en efficacité énergétique La maîtrise de l énergie (MDE) crée des opportunités à condition que les clients potentiels soient sensibilisés et que les frigoristes acquièrent des compétences en efficacité énergétique. L acquisition de compétences en conseil en efficacité énergétique appelle des formations de niveau III+ en énergie, notamment thermique. La réalisation de diagnostics énergétiques et plus généralement d études telles que les Bilans Carbone suppose de suivre des sessions de formation idoines organisées par l Institut de Formation Carbone Réparation automobile : enrichir l offre de formation en électronique embarquée et en maintenance des véhicules hybrides-électriques et sensibiliser au traitement des déchets La complexité croissante des véhicules appelle une augmentation des niveaux de qualification. Des compétences en électronique sont indispensables. Les travailleurs devront également pouvoir intervenir sur des véhicules hybrides puis sur des véhicules tout électriques. Le développement du segment des petites voitures sans permis fait appel à des compétences différentes en carrosserie, car des blocs de plastique à assembler sont utilisés pour ces véhicules. Par ailleurs, les chefs d entreprise doivent s organiser pour diminuer l exposition aux risques professionnels et mieux traiter les déchets, ce qui justifie des actions de formation continue Métiers de bouche : ouvrir un Bac Pro traiteur et un brevet de maîtrise boulanger, ainsi que des modules régionaux en formation continue Pour les artisans bouchers, trois enjeux principaux sont identifiés: modernisation des boucheries; formations à l hygiène ; positionnement sur les métiers nobles : traiteur, charcuterie, tripier ; et un frein à lever: pas d école de boucherie en Martinique. Il existe une demande pour les traiteurs en Martinique, ce qui justifie l ouverture d un Bac Pro boucher-charcutier-traiteur en apprentissage. Cette ouverture pose la question de la disponibilité de maîtres d apprentissage, car la plupart des artisans bouchers n ont pas le diplôme nécessaire. En revanche, dans le domaine de la grande distribution, ce 177

179 problème n'existe pas, du fait que les bouchers ont suivi une formation diplômante, au minimum le CAP boucher. En formation continue, l ouverture de modules régionaux traiteurs charcutiers est nécessaire, si on veut créer des «parcours gastronomiques» qui mettent en valeur la typicité locale en relation avec le tourisme. Les formations dispensées par des organismes tels que l AFPAM respectent des référentiels nationaux, donc la touche locale est peu présente dans les formations. Il convient donc de créer des modules régionaux ; la création de ces modules suppose la réalisation d investissements et la conception de projets pédagogiques idoines. L ouverture d un brevet de maîtrise boulanger est justifiée par l état du marché : il y a 250 boulangers en Martinique ; les titulaires d un BM trouveraient du travail. Comme indiqué plus en avant, cette formation comprend des modules en gestion d entreprise, compétence que les personnes formées pourront transférer aux entreprises d accueil Coiffure-esthétique : proposer des brevets de maîtrise Ce secteur offre des débouchés en Martinique ainsi que, pour la coiffure, des perspectives de reprises d entreprise. Il convient donc : - d inculquer aux apprenants des compétences sociales et des compétences de marché, notamment le relationnel client. Il sera fait appel pour cela au pouvoir de persuasion des formateurs ; - de créer des conditions favorables pour la cession-reprise d entreprises, en ouvrant des brevets de maîtrise ; - de renforcer les relations avec des écoles de coiffure françaises Bijoutiers: ouvrir une section artisanat d art bijouterie sur le Campus Caribéen des Arts Le secteur subit l inflation du cours de l or et la concurrence de sociétés de rachat d or. Dans ce contexte défavorable, les artisans bijoutiers martiniquais essaient : de travailler un plus grand nombre de matières : argent, bois, coco ; de fabriquer des bijoux en or, à 14 voire 9 carats ; de créer des produits, à la fois modernes et typiques de la Martinique, pour atteindre une clientèle internationale. Cette stratégie de diversification des professionnels justifie un rapprochement entre l organisation professionnelle le Groupement des artisans bijoutiers et la direction du Campus Caribéen des Arts qui souhaite développer l artisanat d art en créant une section de bijouterie. Ce partenariat aurait pour principal objectif de stimuler la créativité des artisans bijoutiers, autrement dit au stade de la conception des articles. Pour satisfaire les besoins en compétences dans le domaine de la fabrication, les artisans vont suivre des formations en France métropolitaine, à tout le moins ceux qui en ont les moyens. De plus, «l ouverture d un CAP bijoutier n est pas justifiée, au regard de la situation économique de la profession». Si la situation du secteur devait s améliorer, alors la mise en place d actions de formation continue en Martinique pourrait être utile, de façon que les bijoutiers soient en mesure de s outiller en machines plus sophistiquées et plus performantes et pour suivre les tendances en arts nouveaux. 178

180 Photographes: les accompagner à la prise en charge des formations Les besoins recensés sont des besoins en compétences managériales et des besoins de mise à jour des connaissances. Toutefois, la situation d isolement géographique des photographes martiniquais est défavorable à leur formation, d autant plus que le Fonds d Assurance Formation (FAF) durcit ses conditions de prise en charge. Comme conséquence de ces problèmes de prise en charge, les photographes martiniquais se forment beaucoup moins que leurs homologues de France métropolitaine et recrutent très peu (la plupart travaillent seuls). L ouverture de sections de formation en Martinique ne paraît donc pas nécessaire. Il est proposé de mener des actions de sensibilisation auprès des élus locaux et de la DIECCTE sur le besoin en accompagnement à la prise en charge des frais de formation Artisans des meubles : les aider à se diversifier vers l ébénisterie d art, en facilitant un partenariat avec le Campus Caribéen des Arts et en envisageant de transférer quelques formations du CFA BTP vers le CFA Métiers Le secteur de l ameublement et du travail du bois subit de plein fouet la concurrence des produits importés par les grandes surfaces spécialisées. Il est proposé de mener des actions de sensibilisation auprès des élus locaux sur le besoin de visibilité du secteur, pour valoriser une «image locale» du travail du bois. Une diversification vers l ébénisterie d art paraît judicieuse, même si une demande solvable n est pas encore perceptible, selon les professionnels. A cet effet, un rapprochement entre l organisation professionnelle le Syndicat martiniquais du bois et de l ameublement et la direction du Campus Caribéen des Arts dans le domaine de l artisanat d art en général et de la sculpture en particulier paraît judicieux. Dans la même veine, un transfert des CAP et Bac Pro menuisier agenceur du CFA BTP vers le CFA Métiers peut être envisagé, de façon à s orienter vers l ébénisterie d art. En revanche, il ne paraît pas utile de faire évoluer l offre de formation initiale sous statut scolaire en Martinique Habillement-couture : se réorienter vers la mode et le spectacle Il convient de développer la dimension culturelle, la créativité, l innovation, le sens du spectacle pour les professionnels de ce secteur. C est pourquoi un partenariat avec le Campus Caribéen des Arts est judicieux, de même que des échanges avec d autres pays. Cette stratégie sera accompagnée de l organisation d évènements mettant en valeur les métiers de la mode, à l instar des «Lamantins de mode» de la Ville du Lamentin. Compte tenu des investissements conséquents en matière d équipements à réaliser pour assurer une formation de qualité, de l inadéquation des ateliers existants et des difficultés liées à l insertion, il est envisagé de recentrer la formation des métiers de la mode sur un seul établissement, en un pôle de formation unique dans le cadre d un Lycée des métiers de la mode, de l esthétique et de la coiffure, ceci à l horizon R2013 R

181 Partie D. Fiches actions Précisions de lecture Trois orientations stratégiques ont été retenues. Chacune identifie des objectifs stratégiques qu un ensemble d actions prioritaires permet d atteindre. Toutes ces actions font l objet de fiches organisées comme suit : Fiche action : intitulé de l action Orientation stratégique Objectif stratégique Constat et diagnostic Objectifs opérationnels de l action Public cible Descriptif de l action Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Orientation stratégique que l action contribue à réaliser Objectif stratégique que l action concourt à atteindre Etat des lieux et mise en évidence de points à améliorer dans le champ de l action Réalisations auxquelles doit mener l action Publics concernés prioritairement par l action Ensemble des jalons, méthodes et outils permettant la mise en œuvre de l action Pilote : le ou les acteurs en charge du pilotage et de l animation de l action Partenaires : autres acteurs impliqués dans l action Période durant laquelle doit être menée Items quantitatifs (nombres, taux, ratios ) ou qualitatifs (opinions, perceptions ) permettant de mesurer la progression vers les objectifs opérationnels de l action Estimation financière de l action Financeurs des actions et / ou budgets / documents de programmation permettant de les financer Autres actions du CEP Artisanat concourant à des objectifs opérationnels communs ou dont la mise en œuvre est liée à celle de l action de la fiche 180

182 Orientation 1. Eclaircir l horizon économique du secteur Fiche action Créer un observatoire économique au sein de la CMA Enjeu stratégique Objectif stratégique Eclaircir l horizon économique du secteur Améliorer la visibilité économique du secteur Constat et diagnostic L artisanat est un secteur atomisé, comprenant entreprises en Martinique et plus de 500 activités. La définition d une entreprise artisanale croise un critère juridique (type d activité) et un critère économique (taille). C est dire qu il peut être complexe d identifier et d analyser des informations économiques sur ce secteur. Cette complexité se renforce pour les informations de nature sociale (gestion des ressources humaines, offre et besoins de formation ), car il n y a pas d organisme spécialisé dans ce domaine, comme peut l être l INSEE dans le domaine économique. En réalité, la collecte et l analyse de données nécessite le croisement de multiples sources d informations, en premier lieu les organisations professionnelles, mais aussi la CGSS ou le RSI. Un observatoire économique avait été créé au sein de la CMA, mais n a pas pu fonctionner par manque de moyens. La proposition est de recréer un tel observatoire. Objectifs opérationnels de l action Public cible Disposer d une information fiable et pertinente de nature économique et sociale, afin de pouvoir être un outil d aide à la décision pour les entreprises artisanales, les décideurs politiques et les acteurs de l emploi formation Partager l information disponible au sein des différentes structures concernées par : - l emploi et l activité économique - la construction de l offre de formation et la mise en œuvre des actions - l insertion des demandeurs d emploi Entreprises du secteur, organismes producteurs d analyses économiques dont les laboratoires de recherche, Conseil Régional, DIECCTE, Pôle Emploi, organismes de formation, Missions locales, chambres consulaires. 181

183 Mettre en place des comités techniques composés des différents fournisseurs de données liées à la conjoncture économique, l évolution des métiers (organisations professionnelles locales, observatoires nationaux) et la formation (Conseil Régional, DIECCTE, Pôle Emploi, Rectorat, MIL ) Concevoir des indicateurs de suivi du secteur Co-construire avec les différents partenaires fournisseurs de données un «socle commun» formalisant l ensemble de données qui alimenteront le système d information Descriptif de l action Passer convention avec les fournisseurs de données afin de définir de manière officielle la fréquence de transmission des données, la précision de l information attendue et la structure des fichiers qui seront transmis. A minima, des conventions de partenariat devront être signées avec l INSEE, l IEDOM, le Régime social des indépendants (RSI), la Caisse Générale de Sécurité Sociales (CGSS), la Direction régionale des finances publiques (DRFIP), l Institut Martiniquais de Statistique et d Evaluation des Politiques Publiques et le Conseil Régional Réaliser des études de marché et de formation des prix et d identification des marges dans une filière donnée, pour aider les artisans des organisations professionnelles concernées à se positionner. Diffuser l information, la restituer de telle sorte qu elle soit facilement exploitable Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Associer l Association de Gestion du Fonds pour l'insertion Professionnelle des Personnes Handicapées (AGEFIPH) aux travaux, en tant que co-financeur de formations pour les bénéficiaires de l obligation d emploi (BOE) Pilote : CMA Partenaires : Toutes les organisations professionnelles artisanales, Conseil Régional, Rectorat, les OPCA, DIECCTE, 1 er RSMA, tous les CFA, principaux organismes de formation continue du secteur, groupement SYNFORM, MIL, EC2, INSEE, Institut Martiniquais de Statistique et d Evaluation des Politiques Publiques (IMSEPP), IEDOM, AGEFMA, autres chambres consulaires, AMPI, AGEFIPH 2014 Nombre de partenaires alimentant le Système d Information Analyses réalisées à partir des données de «l Observatoire économique de la CMA de Martinique» Estimation financière : - Deux emplois équivalents temps plein (analyste et administratif): 100 K annuel - Frais de fonctionnement: 20 K annuel - Acquisition de matériels et logiciels la première année : 20 K Sources de financement : - PO FEDER : Action 1 2. Accompagner l amélioration de l environnement des entreprises Sous-action Actions collectives au bénéfice des PME-PMI Adapter l offre aux attentes des clients 182

184 Orientation stratégique Objectif stratégique Constat et diagnostic Objectifs opérationnels de l action Public cible Fiche action Adapter l offre aux attentes des clients Eclaircir l horizon économique du secteur Améliorer la visibilité économique du secteur La mondialisation économique soumet les entreprises locales à la concurrence des produits importés. De moins en moins de secteurs sont protégés, y compris les productions alimentaires locales, qui subissent les progrès de la qualité gustative des produits surgelés et l amélioration de la logistique. La recherche d une différenciation apparaît donc comme un impératif. En outre, les modes de consommation actuels privilégient le prêt à consommer, le prêt à porter, le prêt à l usage immédiat. Parallèlement, les clients sont de plus en plus sensibles à la présentation, au packaging, au «dressage». Il convient de sensibiliser les artisans à ces évolutions et à les aider à adapter leurs offres. Promouvoir les facteurs de différenciation de la production artisanale Faire évoluer les offres pour qu elles comprennent des produits correspondant aux modes de consommation actuels Augmenter les ventes des artisans locaux Entreprises artisanales, notamment celles des métiers de bouche Actions d information et de communication auprès de consommateurs Lutter contre une certaine image de cherté de l artisanat, en faisant valoir la qualité artisanale, le service, le conseil professionnel et l originalité des produits (produits alimentaires) Maintenir les efforts de maîtrise des informations sur la santé et la nutrition Aide aux professionnels pour faire évoluer leur offre de produits et services Descriptif de l action Faire connaître les bonnes pratiques et mettre en avant les exemples de succès par des témoignages d entreprises qui ont su se diversifier sur ces axes. Cette diversification peut signifier qu un artisan combine la fabrication de produits originaux, valorisant le patrimoine local, et de produits plus standardisés, correspondant aux modes de consommation actuels. Mettre plus systématiquement et plus directement à la disposition des professionnels les études effectuées sur les demandes de consommation actuelles (produits alimentaires) Développer des offres à forte demande: prêt à consommer, prêt-à-préparer, par des initiatives de soutien et de diffusion des idées innovantes. Cette demande est en forte progression; elle correspond surtout à des modes de consommation des jeunes, clients de demain Pilote : CMA Acteurs Calendrier de réalisation Partenaires: organisations professionnelles artisanales, Région, autres chambres consulaires (que la CMA)

185 Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Actions d information menées par la CMA en direction des organisations professionnelles et des entreprises Manifestations relatives à la promotion des produits artisanaux martiniquais Evolution du chiffre d affaires consolidé des secteurs artisanaux Estimation financière - Campagnes d information : 20 K par an (un chargé de mission CMA à mi-temps) - Manifestations et campagnes de promotion des produits artisanaux locaux: par campagne Sources de financement : CMA, organisations professionnelles, Région, FEDER (mesure «actions collectives») Créer un observatoire économique au sein de la CMA Aider à la structuration de filières à potentiel 184

186 Orientation stratégique Objectif stratégique Fiche action Aider à la structuration de filières à potentiel Eclaircir l horizon économique du secteur Améliorer la visibilité économique du secteur Des créneaux porteurs existent dans plusieurs secteurs d activités artisanales. Par exemple, l artisanat d art, notamment la bijouterie, est susceptible de tirer parti de la création du Campus Caribéen des Arts, de projets sur le territoire de l Espace Sud portés par la CAESM et du développement du tourisme. Autre exemple, la transformation des produits de la mer permettrait la valorisation de certains métiers, tels que les fabricants de suchis ou les producteurs de mets en conserves, et le développement de nouveaux métiers, comme les mareyeurs ou les fileteurs. La concrétisation de ce potentiel suppose que des collaborations soient développées en amont et en aval des secteurs concernés. Ainsi, dans le domaine alimentaire, il est difficile de rentabiliser une activité de production sans accord avec la Grande Distribution. Constat et diagnostic Or, on constate un manque de structuration au niveau des filières en Martinique. Parmi les causes principales, l étroitesse du marché entraîne que les acteurs d un secteur sont souvent en concurrence directe, et donc sont réticents à mener des actions collectives. Les conséquences principales de ce défaut d organisation sont multiples : - Peu d actions d animation de filières, pourtant à fort effet de levier ; - Pas de partage de savoir-faire des secteurs ayant réussi à s organiser (banane, rhum ) vers les autres, en matière d exportation, de labellisation, d influence sur la réglementation, de captation de fonds publics (ex : fonds POSEI par le secteur de la banane) ; - Des financements publics parfois mal / non utilisés, par exemple, la pêche et l aquaculture il y a quelques années, le secteur des TIC aujourd hui ; - Pas de relais / interlocuteurs pour les donneurs d ordre ou les organismes de recherche. Il convient donc d aider à structurer des filières où les entreprises artisanales sont nombreuses, pour tirer parti des créneaux porteurs identifiés. Objectifs opérationnels de l action Public cible Favoriser la structuration de filières où les entreprises artisanales sont nombreuses Entreprises artisanales La structuration de filières appelle une démarche progressive : Poursuivre l identification de créneaux porteurs dans des secteurs d activités prioritaires Lorsque des niches à potentiel sont identifiées, les donneurs d ordre peuvent encourager la constitution de filières pour permettre de concrétiser ces atouts et opportunités. Descriptif de l action Des travaux ont été entamés par la CMA, la Région, la CACEM et d autres acteurs, qu il convient de poursuivre. Viande : de nombreuses transformations sont possibles afin de valoriser la production animale (charcutier, tripier ) ; Poisson: la transformation des produits de la mer permet la valorisation de certains métiers (suchis, mets en conserves) et le développement de nouveaux métiers (poissonnier, écailler, mareyeur, fileteur ) ; La transformation des produits agricoles (légumes, fruits) sera d autant plus profitable que des partenariats seront formalisés avec la Grande Distribution ; Bâtiment : du fait de l expertise dans la construction parasismique, d un parc immobilier public et 185

187 privé vieillissant, ainsi que la nécessité de réduire la facture énergétique, deux segments sont prioritaires : la rénovation et les énergies renouvelables ; Nautisme: les projets sur des espaces communautaires (CAESM et CACEM) créent des opportunités pour les artisans de l industrie nautique (réparation navale, voilerie ). De plus, la Martinique est au carrefour des routes du commerce maritime et de la plaisance ; Artisanat d art : la création du Campus Caribéen des Arts, les projets sur le territoire de l Espace Sud portés par la CAESM et le développement du tourisme sont des opportunités pour des familles d activités professionnelles comme la bijouterie ; Santé : Fabrication de prothèses : les perspectives sont favorables pour les entreprises (prothésiste dentaire, podo-prothésiste, orthoprothésiste ), en raison d un taux d accident élevé en Martinique, de l exposition de la région aux catastrophes naturelles et de l existence de formations qualifiantes en prothèses dentaires en Guadeloupe ; ainsi, l accompagnement des entreprises du secteur est justifié ; L exceptionnelle biodiversité martiniquaise offre des opportunités pour la transformation des plantes médicinales : pharmacopée, cosmétique Encourager l organisation des secteurs et la structuration des filières à différents degrés et progressivement: - Collaboration sur certaines problématiques, - Pérennisation de cette collaboration sous une forme associative, - Coopératives et autres mutualisations de moyens, en matière d approvisionnement, d outils de production, de distribution - Interprofessions: viande (AMIV), produits maraîchers (voir infra IMAFLHOR); aquaculture (en cours). Pour cela, flécher des fonds publics pour certaines opérations réalisées par des structures collectives, plutôt qu à des opérateurs individuels, par exemple pour un programme de recherchedéveloppement-innovation ou de développement de produits touristiques artisanaux. Faire connaître les bonnes pratiques de structuration de filières comme l Association martiniquaise interprofessionnelle de la viande, du bétail et du lait (AMIV) ou les produits maraîchers (voir infra IMAFLHOR). Objet: Création d une interprofession Martiniquaise de fruits, légumes et produits horticoles (IMAFLHOR) en 2010 Contexte: - Les producteurs de produits maraîchers étaient inaudibles par rapport aux planteurs de banane et ne profitaient pas du savoir-faire de ces derniers; - La production locale n était pas valorisée: La production locale de produits maraîchers satisfaisait moins de 50% de la consommation ; Les distributeurs / importateurs imposaient leurs conditions aux producteurs ; - Plusieurs tentatives de constitution d une interprofession au cours des six années précédentes avaient été infructueuses. Mode opératoire : un phasage inclusif comme facteur de réussite 1. Création d une association AMAFLHOR (Décembre 2009) - Objet: création d une interprofession - Modalités: regroupements d associations existantes de producteurs maraîchers - Production: définition d un programme d actions pour l interprofession à créer 2. Création d une association des indépendants (Février-Juin 2010) - Objet: Rassembler les producteurs maraîchers n appartenant à aucune organisation professionnelle 3. Création de l interprofession IMAFLHOR (Agrément préfectoral le 14 mai 2010) 186

188 - Objet: faciliter et développer l activité économique de ses membres en ce qui concerne la production et la commercialisation de toutes productions dites de diversification végétale. - Toute la filière est impliquée: production, transformation, importation et distribution, approvisionnement d intrants en agriculture. Ainsi, la Grande Distribution a participé à l inauguration officielle de l interprofession à la Région. - Recrutement d administratifs permanents pour le fonctionnement et l animation de l interprofession - Mise en œuvre du programme d actions: o Contribuer à la proposition de nouvelles mesures POSEI et bénéficier des financements correspondants ; o Restructuration des outils de production ; o Augmentation de la production pour répondre à la demande. Pilote : CMA Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: organisations professionnelles artisanales, Région, autres chambres consulaires (que la CMA), DIECCTE, autres organisations professionnelles en fonction du secteur (Syndicat de la Grande Distribution, Fédération hôtelière ) Nombre de filières structurées Evolution du nombre d actions menées par les organisations professionnelles Evolution du nombre d appels à projets collaboratifs par les donneurs d ordre Estimation financière - Poursuite du travail d identification de filières à potentiel : 20 K (chargé de mission CMA à mitemps) - Actions collectives: K par action - Formalisation d une collaboration sous forme associative : 100 K annuels (2 personnels permanents) Sources de financement : Région, DIECCTE, organisations professionnelles, CMA, FEDER (mesure «actions collectives») Adapter l offre aux attentes des clients Encourager la mutualisation de moyens 187

189 Orientation stratégique Fiche action Elaborer un guide des aides publiques et accompagner les entreprises pour mobiliser ces aides Eclaircir l horizon économique du secteur Objectif stratégique Renforcer les aides directes et indirectes Les contraintes financières subies par les entreprises de la Martinique sont bien réelles, notamment le rationnement du crédit bancaire. La capacité des pouvoirs publics, nationaux ou locaux, à desserrer ce nœud est limitée, en raison des normes internationales qui s imposent (comme les ratios de Bâle) et du fait que les centres de décision des banques sont situés principalement à Paris. Les fonds d investissement de proximité (FIP) permettant de collecter l épargne locale pour la réinjecter dans l économie locale, au moyen d une incitation fiscale, ont été institués par la loi pour l'initiative économique du 1er août La loi de Finance Rectificative pour 2011 (n du 29 juillet 2011), parue au JO n 0175 du 30 juillet 2011, permet une réduction d impôt de 50% pour les FIP qui investissent à hauteur de 60% dans des PME non cotées d Outre-Mer. Premier fonds de ce type agréé, le 19 août 2011, le FIP Néovéris Outre-Mer 2011 est réservé aux contribuables des départements et collectivités d Outre-Mer et dédié au financement en fonds propres des PME situées notamment à la Réunion, aux Antilles et en Guyane. Son objectif est de permettre aux investisseurs ultra-marins de participer au développement des PME de leur région et à la création d emplois locaux. Il n y a pas encore de retour d informations sur le succès de ce fonds. Constat et diagnostic La création d une banque publique d investissement (BPI) a été avalisée en Conseil des Ministres le 17 octobre La BPI aura pour priorité d offrir l ensemble des instruments de soutien financier aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, en conformité avec les règles européennes. Elle offrira également des services d accompagnement et de soutien renforcé à l innovation et à l export. Elle sera accessible pour les entreprises grâce à des guichets uniques dans chaque région. Sa stratégie sera élaborée avec l aide d un conseil national d orientation, présidé par un président de région et associant l ensemble des forces vives du pays, en particulier les partenaires sociaux. En région, un conseil régional d orientation permettra d articuler l action de la banque publique d investissement avec les schémas régionaux de développement économique. La BPI devrait être opérationnelle au premier semestre 2013, après le vote du projet de loi en fin d année Des aides existent pour encourager les entreprises à s engager dans des démarches de développement durable, d innovation ou plus généralement de progrès, mais elles sont peu connues des entreprises artisanales ou perçues comme trop complexes pour que les entreprises essaient même de les mobiliser. Ces aides prennent la forme de subventions ou de prestations en nature, comme des pré-diagnostics réalisés par des agents des collectivités ou des diagnostics ou prestations de conseil ou d accompagnement par des consultants rémunérés par des collectivités. De nombreux donneurs d ordre fournissent de telles aides, comme la Région, l ADEM, l ADEME, la CACEM et les autres EPCI, ou les chambres consulaires. Dans l attente de solutions de marché à plus long terme, il est nécessaire d accompagner les entreprises de Martinique à mieux mobiliser les aides existantes. Objectifs opérationnels de l action Public cible Recenser les dispositifs d aides disponibles en Martinique et mettre cette information à disposition des entreprises, sous un format le plus clair possible Aider les entreprises à mobiliser ces aides Donneurs d ordre 188

190 Etablir une cartographie des dispositifs d aides disponibles en Martinique, dans les domaines du développement durable, de l innovation, de l engagement dans des démarches qualité Clarifier chaque dispositif dans une «guide des aides publiques pour les entreprises de Martinique», de façon que les prescriptions puissent être appropriées Descriptif de l action Diffuser ce guide à l ensemble des collectivités, donneurs d ordre et organisations professionnelles patronales et syndicats de salariés, pour mise à disposition des entreprises (sous la forme de brochures et en postant ce guide sur les sites Internet de ces institutions Communiquer sur l existence du guide, dans les actions de communication des institutions et dans la presse écrite Accompagner les entreprises pour l identification des aides et le montage administratif des dossiers pour les mobiliser - en missionnant des consultants - ou en recrutant des chargés de mission Pilote : Conseil Régional Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: Préfecture, DIECCTE, ADEME, ADEM, EPCI, Chambres consulaires, partenaires sociaux, OPCA, ARACT, AGEFMA 2013 «Guide des aides publiques pour les entreprises de Martinique» élaboré Nombre d entreprises accompagnées par des chargés de mission ou des consultants pour mobiliser ces aides Estimation financière - Réalisation d un guide par un consultant : 40 K - Accompagnement des entreprises par des consultants : par entreprise Sources de financement : - PO FEDER : Action 1 2. Accompagner l amélioration de l environnement des entreprises Sousaction Actions collectives au bénéfice des PME-PMI Communiquer auprès des acheteurs publics sur les leviers d actions permettant une plus grande participation des entreprises artisanales locales à la commande publique 189

191 Fiche action Sensibiliser les acheteurs à la notion de coût global à long terme pour créer une demande pour les prestations liées au développement durable Orientation stratégique Eclaircir l horizon économique du secteur Objectif stratégique Encourager les comportements écoresponsables Les acheteurs sont souvent réticents à effectuer des achats écoresponsables, car l investissement initial peut être plus cher. Ils ne prennent pas en compte les coûts de maintenance, la durée de vie des équipements, la consommation d énergie des équipements, ni a fortiori l impact environnemental de leurs achats. Constat et diagnostic Les vendeurs, les entreprises de froid-climatisation, les entreprises de travaux, les fournisseurs et les autres prestataires de services ne sont donc pas incités à proposer des biens et services permettant la protection de l environnement, alors même que cela peut représenter une source de revenus supplémentaires pour eux. Ainsi, une sensibilisation des entreprises, des collectivités et des particuliers à la notion de coût global à long terme (versus coût instantané) créerait une demande au profit des entreprises artisanales de froidclimatisation, d électricité-électronique et du BTP (installateurs sanitaires ) fournissant de telles prestations. Objectifs opérationnels de l action Faire comprendre aux entreprises que la maîtrise de l énergie (MDE) permet des gains à long terme, même si elle présente des surcoûts immédiats Créer une demande au profit des entreprises artisanales fournissant de telles prestations Encourager les entreprises artisanales concernées à former leurs salariés aux compétences nécessaires Public cible Descriptif de l action Collectivités, particuliers, entreprises Choisir quelques illustrations simples permettant d expliciter les économies permises par les achats responsables en MDE. Par exemple, les coûts d exploitation sur 30 ans peuvent représenter 70% du coût d investissement, et ainsi des économies de type MDE sur l exploitation d un équipement a un gros impact à long terme. Déterminer les media et les messages adaptés à chaque cible : - Collectivités publiques : Conférences et séminaires de sensibilisation, entretiens individuels réalisés par l ADEME et le Syndicat Mixte d Electricité de la Martinique (SMEM) ; - Entreprises : Séminaires, newsletter et entretiens individuels de sensibilisation réalisés par les chambres consulaires ; modules spécifiques à la MDE dans les formations à la gestion des entreprises au bénéfice des chefs d entreprise - Particuliers : messages de sensibilisation dans la presse écrite et les media audiovisuels. Communiquer auprès des entreprises artisanales de froid-climatisation, d électricité-électronique et du BTP (installateurs sanitaires ) et secteurs liés (bureaux d étude, architectes ) sur les actions de sensibilisation en cours, et sur les perspectives d augmentation de la demande pour des éco-prestations grâce à ces actions. Pilote : ADEME Martinique ; Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs Partenaires: SMEM, Région, DIECCTE, Département, Communautés d agglomérations ou de communes, Chambres consulaires, organisations professionnelles concernées (froid-climatisation, électricité, électronique, installateurs sanitaires ), OPCA 2013 Nombre de conférences organisées sur ce thème 190

192 de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Nombre de parutions dans la presse Evolution des dépenses en équipements et prestations MDE en Martinique Estimation financière - Conférences et entretiens individuels : coût nul, en utilisant le personnel et les moyens (newsletter ) des principaux donneurs d ordre (ADEME, SMEM, Chambres consulaires ) - Parutions dans la presse écrite et les media audiovisuels: / an Source de financement : - ADEME Créer les conditions pour que les frigoristes puissent réaliser des études et des missions de conseil en efficacité énergétique 191

193 Fiche action Créer les conditions pour que les frigoristes puissent réaliser des études et des missions de conseil en efficacité énergétique Orientation stratégique Eclaircir l horizon économique du secteur Objectif stratégique Constat et diagnostic Objectifs opérationnels de l action Encourager les comportements écoresponsables La MDE crée des opportunités, à condition que les clients potentiels soient sensibilisés et que les frigoristes acquièrent des compétences dans la conduite d études (voir le chapitre «Evolution des métiers et besoins en compétences). En effet, pour tirer parti de ces évolutions et ne pas laisser les bureaux d études être les seuls à en profiter, les frigoristes doivent se former à la réalisation de diagnostics énergétiques et plus généralement aux études telles que les Bilans Carbone. Pour cela, l ADEME doit communiquer plus largement sur les sessions de formation organisées. Faciliter la réalisation d études d efficacité énergétique par les frigoristes Permettre l accès aux formations Bilan Carbone aux entreprises de froid-climatisation Public cible Descriptif de l action Frigoristes Entreprises utilisatrices d équipements de froid industriel Mener des actions de communication en direction des acheteurs d équipements de froidclimatisation, notamment les entreprises industrielles, telles que : - Réduire sa consommation est une économie d'énergie et donc une économie financière ; - Des choix d investissement permettent de minimiser les dépenses énergétiques : les dépenses énergétiques peuvent être minimisées en privilégiant des compresseurs performants, des appareils économes en énergie, des moteurs haut-rendement, en détectant et supprimant les fuites sur le circuit de distribution, en installant des programmateurs ou des thermostats électroniques ; - A partir d un diagnostic de la consommation de l entreprise assorti d une analyse critique des installations existantes, il est possible d agir sur les différents aspects précédents. L'importance du diagnostic énergétique est d'identifier les principaux postes de dépenses et d'établir un plan d'action avec des priorités ; - La qualité du suivi des équipements doit être améliorée, parallèlement à ces nouveaux choix d investissement. La maintenance et l entretien des machines concourent à une consommation énergétique optimisée et sont donc, à ce titre, souvent encadrés par la réglementation. L installation et l entretien des équipements frigorifiques doit être confiée à un prestataire agréé. Ces actions de communication peuvent être menées en s appuyant sur l AMPI, qui compte parmi ses membres la plupart des entreprises utilisatrices d équipements de froid industriel. Mener des actions de communication en direction des frigoristes sur les sessions de formation sur l efficacité énergétique, notamment dans l aspect conseil aux clients, et aux diagnostics énergétiques, et plus particulièrement le Bilan Carbone Pour tirer parti de ces évolutions, les frigoristes ont besoin de compétences en efficacité énergétique. Cela implique, non seulement la capacité de réaliser des diagnostics ex post, mais surtout l aptitude à conseiller le client, ex ante, sur le choix d équipements moins énergivores. Cela suppose également de pouvoir convaincre les clients que les calculs de rentabilité de choix d investissement doivent être réalisés à long terme, basés sur la notion de coût global, versus un délai de retour sur investissement de deux ou trois ans (voir fiche action dédiée). L acquisition de compétences en conseil en efficacité énergétique appelle des formations de niveau III+ 192

194 en énergie, notamment thermique. La réalisation de diagnostics énergétiques et plus généralement d études telles que les Bilans Carbone suppose de suivre des sessions de formation idoines organisées par l Institut de Formation Carbone. L ADEME Martinique devra communiquer sur les prochaines sessions de formation organisées en Martinique. Les informations suivantes peuvent être relayées auprès du Syndicat martiniquais des professionnels du froid et de la climatisation via son président ou la CMA ou plus généralement par les media. Avec le Bilan Carbone, les décideurs disposent d un moyen efficace pour initier et piloter la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à leur activité. La méthode permet de réaliser le bilan des émissions de GES des activités industrielles ou tertiaires, du patrimoine et des services d une collectivité territoriale, de l ensemble des activités d un territoire. Les formations ne sont pas régulières et sont organisées par l Institut de formation carbone (les formateurs viennent en Martinique) ( Une session pourrait avoir lieu durant le premier semestre A l issue de la formation, les stagiaires se verront remettre pour leur structure, une licence d exploitation. Une entreprise (frigoriste, bureau d études) qui souhaite être référencée par l ADEME doit suivre une formation de 4 jours, pour un prix de HT : Module de 2 jours «Acquisition des bases de la méthode» ; Module de 2 jours «maîtrise de la méthode». Pré-requis - Avoir une culture climat, avoir des connaissances de base en matière d énergie (unités) et en traitement de données, maîtriser le tableur Excel. - Obligatoire : avoir suivi le module d'acquisition des bases de la méthode. - Recommandé : avoir réalisé le Bilan Carbone de sa structure, ou avoir préparé un des exercices d'application. Remarque: les pré-requis ne sont pas formulés en termes de diplôme, même si un niveau III paraît être le minimum. Pilote : ADEME Martinique ; Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: SMEM, Région, DIECCTE, Syndicat martiniquais des professionnels du froid et de la climatisation, CMA, organisations professionnelles comprenant des entreprises acheteuses d équipements de froid-climatisation, AMPI, OPCA 2013 Nombre d actions de communication en direction des acheteurs d équipement de froid-climatisation Nombre d actions de communication en direction des frigoristes Nombre de frigoristes inscrits aux formations organisées Evolution des demandes de diagnostic énergétique par les entreprises Estimation financière : coût négligeable, si les actions de communication sont ciblées (Association des frigoristes de la Martinique, CMA, AMPI) Source de financement : - ADEME Sensibiliser les acheteurs à la notion de coût global à long terme pour créer une demande pour les prestations liées au développement durable 193

195 Orientation 2. Anticiper la gestion des ressources humaines Fiche action Médiatiser et communiquer régulièrement sur les avancées et événements du secteur artisanal Orientation stratégique Objectif stratégique Anticiper la gestion des ressources humaines Poursuivre les actions menées pour valoriser l image de la profession Les difficultés de recrutement constatées par les professionnels et par les enquêtes BMO de Pôle Emploi traduisent notamment un déficit d image de certains métiers, comme les mécaniciens-électroniciens de véhicules, les métiers du pressing ou les ouvriers de l industrie (outre certains ouvriers du BTP). Constat et diagnostic L image de la profession reste insuffisamment valorisée parce que, d une part, l image des activités manuelles se compare défavorablement à celle des nouvelles technologies ou celle de nombreuses activités tertiaires, d autre part, les représentations des métiers de l artisanat auprès des jeunes, de leurs familles et des enseignants restent marquées, pour certains métiers, par des conditions d exercice pénibles, peu rémunératrices, insuffisamment porteuses de prestige et de reconnaissance sociale. Nous renvoyons au chapitre 2 sur la formation pour des observations sur les taux de pression pour les filières de formation, comme les métiers du pressing, les fleuristes, la réparation de carrosseries ou la maçonnerie générale. Objectifs opérationnels de l action Public cible Documenter le fait que l artisanat est compatible avec la modernité Montrer que les conditions d exercice de certains métiers ont évolué grâce à l électronique et l informatique Elèves et stagiaires, parents, enseignants Demandeurs d emploi Grand public Informer Informer sur le fait que le développement des technologies rend la pratique de certains métiers moins pénible, grâce notamment au pilotage de machines à commande numérique Informer sur la contribution de l artisanat au développement du tourisme (et former en conséquence les artisans) Descriptif de l action Actualiser régulièrement le site internet de la CMA en apportant les informations pratiques et événementielles Favoriser une meilleure connaissance réciproque des acteurs de l AIO, notamment les établissements du 2 nd degré et les missions locales, des CFA et des entreprises On ne peut pas assez insister sur l importance des acteurs de l accueil, l information et l orientation dans l image de l apprentissage et plus généralement des métiers. Une meilleure connaissance par ces acteurs du monde de l entreprise et du fonctionnement des CFA favorisera l orientation en apprentissage dès le 2 nd degré de jeunes ayant le profil adéquat pour cette voie de formation et le métier retenu. Ainsi, des actions d informations spécifiques et régulières sur le tissu économique martiniquais et des 194

196 visites d entreprises pas seulement par les inspecteurs de l Education nationale pourraient être inscrites comme conditionnalités dans les conventions régionales avec le Rectorat. Communiquer Communiquer sur la contribution de l artisanat au développement durable: «L'artisan est une entreprise citoyenne, responsable accueillant des jeunes en formation afin de favoriser la transmission d'un savoir-faire»; «L'artisan est un acteur économique de proximité» Médiatiser et communiquer régulièrement sur les avancées et événements du secteur artisanal Il convient en particulier de continuer à participer aux opérations évènementielles nationales, tel que le prix «Stars & Métiers» portée par le réseau Banques Populaires (BRED en Martinique) et les Chambres de Métiers et de l Artisanat. En Martinique, une sélection est organisée pour la deuxième fois en Organisé par les Banques Populaires et les Chambres de métiers et de l artisanat, le prix Stars & Métiers récompense les chefs d entreprises artisanales pour leur savoir-faire et leur réussite en matière d innovation technologique, managériale, commerciale et stratégique. En 2011, plus de 2000 candidats de tous les métiers de l artisanat et régions de France ont participé aux différentes sélections départementales et régionales. 100 ont été retenus à l issue des sélections régionales pour concourir au niveau national. Sept lauréats ont été primés dans quatre catégories et une mention spéciale a été attribuée à l un d eux. Les catégories du concours Innovation technologique : mise en œuvre de nouveaux produits ou procédés technologiques de production ou de fabrication. Stratégie globale d innovation : présence de l innovation dans tous les domaines de l entreprise (organisationnels, humains, commerciaux, ). Dynamique de gestion de ressources humaines : savoir-faire de l entreprise, formation, transmission du savoir, gestion motivante des salariés. Dynamique commerciale : orientations de développement, résultats économiques obtenus, pertinence des choix dans la gestion. Communiquer au moyen des outils modernes : media fréquentés par les jeunes, comme les réseaux sociaux, vidéos visualisables sur Internet, reportages télés Créer des émissions télévisées consacrées aux métiers de l'artisanat Accompagner et faire témoigner Accompagner les porteurs de projets et aider les entreprises existantes voulant se moderniser Faire témoigner des salariés satisfaits de leur situation, dans les établissements scolaires, à l occasion des manifestations diverses, dans les spots télévisés Acteurs Pilote : CMA Partenaires : organisations professionnelles concernées, Conseil Régional, Rectorat, Associations de parents d élèves, Pôle Emploi, AGEFMA, DIECCTE, 1 er RSMA, tous les CFA, principaux organismes de formation, groupement SYNFORM, MIL, EC2, Chambres consulaires, AMPI, AGEFIPH, CCIM 195

197 Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation 2013 Nombre d actions de communication autour de l artisanat Evolution des effectifs en formation dans une spécialité de l artisanat Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Estimation financière : 20 K (chargé de mission CMA à mi-temps) Sources de financement : CMA, Région, FEDER Promouvoir l emploi des femmes dans certains secteurs artisanaux 196

198 Fiche action Promouvoir l emploi des femmes dans certains secteurs artisanaux Orientation stratégique Objectif stratégique Constat et diagnostic Objectifs opérationnels de l action Public cible Descriptif de l action Anticiper la gestion des ressources humaines Poursuivre les actions menées pour valoriser l image de la profession Les femmes constituent 25% des effectifs des entreprises artisanales, en incluant les fonctions support, alors qu elles constituent 50,7% des salariés de l ensemble de l économie martiniquaise. Seules 17% des entreprises artisanales sont dirigées par des femmes. D un autre côté, dans de nombreux cas (non quantifiés), les épouses font fonction de gérante de fait des entreprises de leur conjoint. Certains métiers sont particulièrement concernés, comme la charcuterie (les femmes constituent 20% des artisans indépendants), la fabrication de meubles (9%), la réparation automobile (5%), les artisans taxis (18%) ou les photographes (20%). A l inverse, elles représentent 97% des artisans indépendants de l esthétiquesoins de beauté, 70% du commerce de fleur, 86% de la fabrication de vêtements. Cette situation résulte des conditions de travail et des représentations sexuées. En effet, les représentations sexuées conduisent à des autolimitations dans le choix des filières et des métiers. L image très masculine de certains métiers artisanaux (réparation automobile, fabrication de meubles, artisan taxi, outre de nombreux métiers du BTP) est souvent partagée tant par les femmes et les jeunes filles que par les intermédiaires de l emploi et les acteurs de l Education. L orientation scolaire est fortement déterminée par la prégnance de rôles sexués dévolus à chacun des deux sexes. On constate ainsi des mécanismes d autolimitation des choix de filières et de métiers, d autocensure plus marquée chez les filles que chez les garçons, qui traduisent l influence des stéréotypes de genre. Augmenter l emploi des femmes dans les métiers artisanaux fortement masculins, comme artisan et comme salariée Entreprises du secteur, syndicats de salariés, demandeurs d emploi, élèves et stagiaires, parents, enseignants Pérenniser les initiatives de la Délégation Régionale aux Droits de la Femme et à l Egalité (DRDFE) comme les «matinales de l égalité» qui rassemblent les DRH - Dirigeants d entreprises, élus de comités d entreprise, représentants syndicaux, dans le cadre d une convention passée entre l ARACT et la DRDFE (voir partie «état des lieux et diagnostic» du rapport). - Associer à ces rencontres des entreprises artisanales - (DRDFE) Evaluer les effets de ces rencontres, par exemple, par des questionnaires adressés aux participants 6 mois et un an après ces manifestations, pour en mesurer l efficacité. Mettre en exergue les évolutions favorables à la féminisation du secteur - L amélioration des conditions d exercice de certains métiers, comme la maintenance automobile ou la fabrication de meubles, avec notamment l irruption de l informatique et de l électronique (par exemple, les machines à commande numérique), et l évolution des mentalités permettent un renforcement de la féminisation des métiers concernés ; - La familiarisation à ces activités induite par la dimension domestique du bricolage peut contribuer à renforcer la volonté des femmes de s orienter vers ces métiers dont certains aspects font appel à un sens plus aiguisé de l esthétique et même à une certaine forme de créativité ; - Les conjointes d artisan peuvent jouer un rôle essentiel avec le renforcement des avantages liés à leur statut juridique ; - Le développement des compétences comportementales dans les entreprises et la prégnance du relationnel dans la fidélisation du client pourrait faire prendre la mesure de l intérêt à recruter des femmes. 197

199 Pilote : Délégation Régionale aux Droits de la Femme et à l Egalité (DRDFE) Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires : Organisations professionnelles patronales, CMA syndicats de salariés, ARACT, Conseil Régional, Rectorat (ONISEP et CIO), Associations de parents d élèves, Pôle Emploi, AGEFMA, DIECCTE, 1 er RSMA, CFA, principaux organismes de formation, groupement SYNFORM, MIL, EC2, Chambres consulaires, AGEFIPH Nombre d actions de communication autour des facteurs favorables à une féminisation des secteurs artisanaux cibles de l action Evolution des effectifs féminins en formation dans une spécialité concernée Estimation financière : euros par an (hypothèse de deux actions par an) Sources de financement : - Budget de la DRDFE Médiatiser et communiquer régulièrement sur les avancées et événements du secteur artisanal 198

200 Fiche action Sensibiliser et professionnaliser les chefs d entreprise et leur conjoint à la gestion des ressources humaines Orientation stratégique Anticiper la gestion des ressources humaines Objectif stratégique Aider les artisans à se professionnaliser Une gestion rigoureuse des ressources humaines est impérative dans un contexte d image dévalorisée de plusieurs métiers artisanaux, de salaires qui se comparent défavorablement à d autres secteurs d activités, de salariés qui peuvent devenir facilement des concurrents et de vieillissement des artisans et de leurs salariés. Les artisans et les organisations professionnelles en capacité d anticipation seront ceux qui auront largement intégré: o la nécessité de rationaliser la gestion de leur entreprise ; o la maîtrise de l évolution des métiers sur le plan des matériaux et/ou technologique ou bien de nouvelles fonctions qui apparaissent, en conséquence des mutations technologiques et réglementaires ; o la possible pénurie dans les métiers où il y a déjà des difficultés de recrutement; o la nécessité de motiver et fidéliser les salariés, dans un secteur où les salariés peuvent devenir facilement des concurrents ; o la préparation des départs à la retraite de nombreux chefs d entreprise et salariés. Constat et diagnostic Faute d'une relève familiale suffisante dans de nombreuses entreprises, la cession des entreprises doit être envisagée pour faire face aux départs à la retraite des chefs d entreprise, mais pour cela une vision prospective doit être développée chez le chef d entreprise artisanale. Il doit donc être familiarisé avec la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). La GPEC vise à anticiper les évolutions de l emploi et des compétences sur un territoire donné, en lien avec les mutations socio-économiques, pour accompagner les acteurs à s adapter, au moyen, notamment, d une offre de formation appropriée. La DIECCTE Martinique et l OPCA Constructys (ex AREF-BTP) ont initié une expérimentation dans quelques entreprises du BTP, sous la forme d une aide technique apportée par un consultant financée par la DIECCTE et Constuctys pour mettre en œuvre une démarche de GPEC dans l entreprise. La Région Martinique a créé en 2010 une mission prospective et évaluation au sein de la Direction de la formation tout au long de la vie et met en œuvre une «Stratégie régionale de la formation professionnelle» qui comprend une forte dimension prospective, avec notamment une incitation des entreprises à mettre en place des plans de formation, pour maintenir l employabilité des salariés. C est un des objectifs visés par un projet d accord-cadre sur la formation tout au long de la vie entre le Conseil Régional et les organisations patronales, dont l article 4 vise à «anticiper les mutations économiques» et l article 7 vise à «anticiper les besoins des entreprises en collaborant avec le Conseil Régional pour l élaboration de l offre de formation appropriée.» Objectifs opérationnels de l action Professionnaliser les chefs d entreprise et leur conjoint dans la gestion de leurs ressources humaines Faciliter l engagement dans des démarches de GPEC pour anticiper les évolutions concernant les ressources humaines, conformément à la volonté des élus régionaux et d autres acteurs publics Public cible Entreprises artisanales, organisations professionnelles 199

201 Sensibiliser les artisans à de bonnes pratiques pour fidéliser leurs salariés - Développer la motivation et l implication des salariés, - Encourager les progressions internes et les reconnaître pour fidéliser davantage, - Déléguer mieux et plus Cette sensibilisation prendra la forme de sessions de formation organisées par la CMA, la CCIM ou d autres organismes de formation, avec l implication des organisations professionnelles Accompagner les entreprises pour qu elles s engagent dans une démarche de GPEC - Formation d agents de la CMA à l utilisation du logiciel COMAFOA. o COMAFOA, c'est la gestion des COMpétences des Actifs par la FOrmation dans l'artisanat. C est un outil qui permet de faire l état des lieux des savoir-faire maîtrisés ou à acquérir dans les entreprises artisanales. Créé par des artisans, pour les artisans, COMAFOA est développé par le réseau des Chambres de Métiers et de l Artisanat. o Un déploiement dans les entreprises de Martinique suppose que des agents de la CMA soient formés à l utilisation de ce logiciel. Cette formation étant payante, il convient d aider financièrement la CMA. Descriptif de l action - Expérimentation de la GPEC sur un petit nombre d entreprises de quelques familles professionnelles concernées par le vieillissement des salariés et artisans (boucherie ), en transférant aux entreprises les outils RH nécessaires à l accompagnement de leurs salariés (recrutement, formation, entretiens annuels, classification, rédaction de fiches de poste, rémunération, etc.) - Mobilisation de l Etat, de la Région et d autres partenaires, comme Pôle Emploi et les missions locales, dans l animation d un groupe de travail GPEC dans le cadre du Comité de coordination régional de l emploi et de la formation professionnelle (CCREFP). Cette action suppose que les organisations professionnelles concernées de l artisanat soient invitées à ce groupe de travail. Elle implique également que les initiatives prises dans le cadre du Service public à l emploi local (SPEL) soient communiquées aux partenaires du CCREFP ne faisant pas partie du SPEL; - Etablissement d un cadre socio-économique prospectif régional, s appuyant sur le présent CEP ; - Déclinaison des évolutions anticipées sur la dimension ressources humaines, la gestion des compétences et l amélioration des conditions de travail au sein des entreprises; - Capitalisation de l expérimentation de la DIECCTE et de l OPCA Constructys dans le secteur du BTP, en généralisant à d autres secteurs artisanaux l accompagnement par des consultants pour la mise en place de démarches de GRH et de GPEC ; - Recensement, formalisation et valorisation des bonnes pratiques par la communication et leur diffusion. Pilotes : CMA, DIECCTE, Conseil Régional Acteurs Calendrier de réalisation Partenaires: organisations professionnelles de l artisanat, OPCA, syndicats de salariés, Préfecture, AGEFMA, ARACT, tous les acteurs locaux intéressés par le développement du territoire et le maintien ou développement de l emploi, tels que Pôle Emploi, les missions locales ou les communautés de communes / d agglomération

202 Indicateurs de réalisation Nombre d entreprises s inscrivant dans la démarche Fréquence des réunions du CCREFP dont l ordre du jour comporte la GPEC Estimation financière - Coûts de formation d agents de la CMA à l utilisation du logiciel COMAFOA Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat (ou coût par entreprise accompagnée, sous la forme de la rémunération d un consultant : 3 000, soit un coût annuel de 60 K, en supposant que 20 nouvelles entreprises s engagent dans la démarche chaque année) Source de financement : - PO FSE Accompagner les artisans pour rationaliser la gestion de leur entreprise 201

203 Fiche action Améliorer le contrôle du travail illégal Orientation stratégique Objectif stratégique Anticiper la gestion des ressources humaines Lutter contre le travail illégal et la concurrence déloyale En Martinique, les infractions à la législation du travail prennent notamment les formes suivantes : travail informel ou «coup de main», abus d utilisation du travail intérimaire, ou déclarations sans paiement (des moratoires sont demandés à la CGSS et au RSI, puis une liquidation intervient, puis une autre entreprise est créée). Constat et diagnostic Sont considérés comme travailleurs informels : ceux qui sont à leur compte et non immatriculés, les salariés n ayant pas reçu de fiche de paie et les aides familiales travaillant plus de 10 heures. Un emploi principal sur vingt est informel en Martinique. Cette statistique est une estimation réalisée à partir d une enquête déclarative (INSEE Antilles-Guyane Antiane n 74 Martinique Juillet 2011) ; elle conduit donc sans doute à une sous-estimation de ce fléau pour les professions artisanales. Malgré les contrôles effectués par la DIECCTE et d autres organismes, les organisations professionnelles affirment que la situation ne s améliore pas et met en danger les entreprises en règle. Objectifs opérationnels de l action Public cible Diminuer le nombre de situations de travail illégal dans le secteur artisanal Organisations professionnelles, DIECCTE Créer une carte professionnelle (proposition de la Conférence Interdom des CMA; juillet 2012) - «de format de carte bancaire, renouvelable chaque année, ce sera le sésame permettant à l usager de mieux identifier le professionnel et de vérifier l activité de l artisan» - «en dehors de l objectif d une authentification de l artisan, cet outil vise également à mieux protéger le consommateur contre les travailleurs clandestins, communément appelés artisans marrons» Descriptif de l action Informer la DIECCTE qu il est possible d améliorer l efficacité du contrôle du travail illégal, en réalisant des contrôles dans des créneaux sensibles: soir, weekend Développer les échanges entre la DIECCTE et les organisations professionnelles pour mieux cibler les contrôles - Les organisations professionnelles pourront ainsi signaler des situations de travail illégal suspecté - Elles permettront aussi d élargir les contrôles aux entreprises non déclarées Pilote : CMA Acteurs Partenaires : Organisations professionnelles artisanales, DIECCTE et autres organismes de contrôle du travail illégal, Région et autres principaux maîtres d ouvrage Calendrier de réalisation

204 Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Nombres de cartes délivrées sur le territoire de la Martinique Nombre de réunions entre la DIECCTE et les organisations professionnelles organisées à ce sujet Estimation financière : - Achat de cartes par les entreprises (somme modique) Sources de financement : - Entreprises Juguler la concurrence déloyale 203

205 Fiche action Juguler la concurrence déloyale Orientation stratégique Objectif stratégique Constat et diagnostic Anticiper la gestion des ressources humaines Lutter contre le travail illégal et la concurrence déloyale Plusieurs familles d activités professionnelles artisanales signalent des situations de concurrence déloyale. Ainsi : - les bijoutiers souffrent de la concurrence de sociétés de rachat d or, - les photographes ne parviennent plus à financer leurs formations, car les auto-entrepreneurs émargent aussi sur les financements du Fonds d Assurance Formation, - les ambulanciers souffrent de la concurrence des taxis de place pour le transport des personnes à mobilité réduite, - les prothésistes dentaires déplorent l importation de prothèses en provenance d Asie ou d Afrique par les chirurgiens-dentistes. Le statut d auto-entrepreneur est particulièrement décrié par de nombreux artisans, qui y voient des concurrents en mesure de «casser les prix», compte tenu des facilités fiscales et sociales qui leur sont faites. Ils attirent l attention des pouvoirs publics sur le fait que ce statut peut constituer un frein à l embauche de collaborateurs, puisque ces derniers peuvent devenir facilement et rapidement des concurrents, après un temps d observation du savoir-faire de l artisan. Objectifs opérationnels de l action Public cible Diminuer les occurrences de concurrence déloyale dans le secteur artisanal Entreprises artisanales à l origine des troubles Clients des entreprises Gouvernement Pouvoirs publics en fonction des professions concernées : ex. CGSS et ARS pour les ambulanciers Il est difficile de lutter contre la concurrence déloyale, car elle n est pas illégale. Les possibilités d actions consistent essentiellement à sensibiliser les pouvoirs publics sur les effets pervers de telle ou telle situation, afin que des actions correctrices puissent être mises en œuvre. Mener des actions de sensibilisation des professionnels et de la population Descriptif de l action Ces actions visent à conscientiser les Martiniquais sur les risques que font peser ces situations sur la pérennité du secteur artisanal. Ainsi, pour vendre leurs bijoux, des Martiniquais responsabilisés s adresseraient, par solidarité, à des artisans bijoutiers plutôt qu à des sociétés de rachat d or. Les professionnels eux-mêmes sont conscients des limites de telles opérations, dans un contexte où le pouvoir d achat de nombreux Martiniquais a diminué, et donc où le prix proposé est le principal critère d achat ou de vente. (Statut auto-entrepreneur) Adhérer et participer aux réunions de la section locale de l Union Professionnelle Artisanale (UPA), pour ensuite faire un lobbying efficace auprès des parlementaires : - leur exposer les problèmes causés par le statut de l auto-entrepreneur, - faire des propositions de refonte du statut, - proposer de généraliser les avantages des auto-entrepreneurs à tous les artisans, - faire supprimer la possibilité d accès au statut d auto-entrepreneur pour le personnel de la fonction publique. 204

206 (Ambulanciers) Mener une action collective auprès de la CGSS et l ARS pour limiter plus strictement le nombre d autorisations de transport des personnes à mobilité réduite données aux taxis de place Dans ce genre de situation, il faut que la profession soit totalement solidaire en face de ces acteurs. Il convient donc que les deux organisations professionnelles d ambulanciers se rapprochent pour mener cette action. Pilote : CMA ou organisations professionnelles concernées Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires : Organisations professionnelles artisanales concernées par une forme de concurrence déloyale, Union Professionnelle Artisanale, Conseil Régional, DIECCTE, Conseil Régional, Parlementaires martiniquais 2013 Evolution effective du statut d auto-entrepreneur Nombre d actions de sensibilisation réalisées sur cette problématique Sources de financement des actions de sensibilisation: organisations professionnelles concernées Améliorer le contrôle du travail illégal 205

207 Fiche action Communiquer sur les bonnes pratiques de prévention des risques professionnels Orientation stratégique Objectif stratégique Anticiper la gestion des ressources humaines Prévenir les risques professionnels Constat et diagnostic Les risques professionnels sont nombreux dans le secteur artisanal, tout naturellement en raison de la diversité des métiers. La principale maladie professionnelle concernant le secteur artisanal est l affection péri-articulaire, comme les autres secteurs. La transformation alimentaire, la transformation industrielle, le BTP et le transport font partie des secteurs les plus touchés par les accidents du travail. La communication sur les moyens de prévention doit être poursuivie. Objectifs opérationnels de l action Public cible Diminuer les occurrences de maladie professionnelle et d accidents du travail Entreprises artisanales Les principales actions retenues sont de remettre en place une formation sur le document unique (comme le faisait antérieurement la CMA) et de communiquer auprès des organisations professionnelles et entreprises de Martinique afin de leur faire connaître les bonnes pratiques recommandées par la Caisse Générale de Sécurité Sociale dans d autres régions françaises. Mettre en place une formation sur le document unique L accompagnement proposé par la CGSS n est pas accessible à toutes les entreprises, car celles-ci doivent être à jour de leurs cotisations sociales pour pouvoir en bénéficier. Les prestations d accompagnement proposées spontanément par des consultants référencés par la CGSS sont en général individuelles et chères (3 000 euros). Descriptif de l action La CMA avait mis en place une formation sur le document unique il y a quelques années. La demande des professionnels est que la CMA recommence à dispenser cette formation. Dans les métiers exposés aux troubles psychosociaux dus au stress (ex. : ambulanciers), une sensibilisation et un accompagnement des chefs d entreprise doivent être mis en place pour qu ils apprennent à apaiser leurs collaborateurs par le dialogue Communiquer sur la toxicité des produits et leurs effets à long terme Certaines professions sont particulièrement exposées aux produits toxiques, telles que les bijoutiers, les garagistes automobiles, les coiffeurs ou les métiers du pressing. Il convient de poursuivre la communication sur les effets à long terme de ces produits sur la santé en direction des entreprises. 206

208 Communiquer intensivement sur les bonnes pratiques à mettre en place et sur les bénéfices pour les entreprises La Direction des Risques Professionnels (DRP) de la CGSS Martinique accompagne et soutient la démarche d amélioration des conditions de travail Exemple d un garage de tôlerie et peinture Le contrôleur de la DRP chargé de ce secteur d activité a accompagné l entreprise lors de l identification des risques, la recherche de mesures de prévention et sur le montage du dossier de financement, en Un espace de travail totalement repensé pour diminuer les risques identifiés en amont: - Des cabines de peinture permettant l utilisation de peintures à base d eau - Un laboratoire peinture équipé d un extracteur d air et d une hotte aspirante pour les vapeurs de peintures et de solvants - Des aires de préparation pour le ponçage des carrosseries équipées d un système d aspiration des poussières de ponçage par le bas - Des zones de circulation dont le sol est équipé d un revêtement en époxy permettant une circulation des opérateurs en sécurité et une étanchéité du sol facilitant ainsi le nettoyage - Des équipements réduisant les postures contraignantes - Un compresseur avec centrale insonorisée Les bénéfices observés - Des conditions de travail améliorées - Une productivité considérablement augmentée: de 500 véhicules traités à l année à actuellement Acteurs Pilote : CMA et CGSS Partenaires : Organisations professionnelles artisanale, Conseil Régional, DIECCTE, Conseil Régional Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Nombre d artisans suivant une formation sur le document unique Nombre d actions de communication sur la toxicité des produits Nombre d actions de promotion des actions réalisées CMA, CGSS, organisations professionnelles

209 Orientation 3. Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Fiche action Mettre en place une méthode d élaboration de la carte des formations initiales par le Rectorat qui associe les représentants du secteur Orientation stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Resserrer l adéquation de la formation initiale aux besoins en compétences du secteur de l artisanat La carte des formations initiales est un objet de préoccupation pour de nombreuses instances : Rectorat, Région, organisations professionnelles de l artisanat et acteurs du monde économique, Pôle Emploi et aussi les parents d élèves. Ce document est au carrefour de changements institutionnels (réforme de la voie professionnelle dans le secondaire, réforme de l action publique), de politiques régionales et aussi de contraintes environnementales (démographie d élèves, transport, implantation d internats, marché du travail, représentation des métiers, etc.). Mettre en œuvre une carte des formations suppose une forte coordination et coopération entre l Académie et la Région principalement, mais aussi avec d autres partenaires. Constat et diagnostic La méthode actuelle pour élaborer la carte des formations est la suivante, en ce qui concerne le Rectorat de la Martinique : - Le Secrétariat général organise des réunions de bassin sur le thème de la carte des formations où sont débattues des propositions d évolution ; - Les acteurs à ces réunions ont un état des lieux précis de l offre de formation initiale, des capacités d accueil, du taux de remplissage des structures, afin de cibler les filières et les niveaux qui doivent faire l objet d une évolution ; - Un document de cadrage est élaboré au niveau du Rectorat, à la suite de ces réunions, qui fait l objet d un dialogue itératif avec chaque établissement, puis il est validé par le Recteur avant d être présenté aux instances régionales. Compte tenu de la diversité des parties prenantes et des enjeux rappelés plus en avant, il importe de faire évoluer cette méthodologie et les outils de travail, en associant le milieu économique dans le dispositif. Objectifs opérationnels de l action Public cible Prendre en compte les besoins économiques dans la définition de l offre de formation initiale Les élèves de la formation professionnelle initiale 208

210 La représentation économique du secteur artisanal dans les réunions de bassin Lors des réunions de bassins, peuvent être associés les partenaires régionaux et les représentants du monde économique local, car dans un bassin de formation ou sur une filière métier, ces derniers ont une meilleure connaissance du tissu, des besoins en qualification ou des métiers émergents. Cet élément de diagnostic sur les perspectives d emploi affinerait les orientations d ouvertures ou de fermetures de classes, hors tout constat démographique. Certains niveaux de diplôme CAP et BTS, pour des familles professionnelles à fort potentiel, comme les thermiciens, ou avec des difficultés de recrutement, comme les mécaniciens automobiles, pourraient être mis en exergue avec proposition d une réponse conjoncturelle de la part de l Education nationale. Sur cet axe, la formation continue peut être une passerelle ou une voie complémentaire. Descriptif de l action La professionnalisation des acteurs Les différents acteurs du processus d élaboration des cartes de formation doivent avoir une culture commune. C est pour cela qu on peut inclure dans les projets à venir une action de professionnalisation des acteurs du système éducatif sur le thème de la relation emploi-formation. Il serait opportun de proposer une sensibilisation des chefs d établissement à l analyse du marché du travail, à une connaissance des principaux outils statistiques utilisés par les professionnels du monde économique (Pôle Emploi, INSEE, etc.). Pour une programmation pluriannuelle Cette programmation apparaît comme la plus pertinente : doivent y figurer les évolutions souhaitées, celles-ci étant toutefois subordonnées à une réévaluation annuelle en fonction de l environnement socioéconomique. Cet exercice de prospective permet de mieux gérer, à moyen terme, les postes de professeurs à pourvoir, à reconvertir, ainsi que la programmation des plateaux techniques. Le lissage annuel, lui, permet de suspendre des formations pour une certaine durée ou d adapter plus finement l offre de formation en fonction des objectifs stratégiques plus généraux. Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Pilote : Rectorat Partenaires: Région, organisations professionnelles de l artisanat et d autres secteurs, CMA et autres chambres consulaires, Pôle Emploi, INSEE, AGEFMA 2013 puis chaque année. Nombre de réunions de bassin auxquels sont associées les organisations professionnelles de l artisanat Nombre d actions de sensibilisation en faveur des acteurs du système éducatif Un document de programmation pluriannuelle réalisé, relatif aux formations, aux postes à pourvoir et aux plateaux techniques Evolution des taux d insertion professionnelle des élèves La mise en œuvre de cette action ne demande aucun financement. Accompagner et soutenir les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale Renforcer et accompagner la politique de formation et de mise à jour des connaissances techniques et d encadrement des formateurs en apprentissage 209

211 Fiche action Mettre à niveau, acquérir et mutualiser des équipements Orientation stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectifs stratégiques Constat et diagnostic Resserrer l adéquation de la formation initiale aux besoins en compétences du secteur de l artisanat Le Code de l Éducation, par son article L214-6, confie à la Région la charge des lycées : leur construction, reconstruction, extension, grosses réparations, équipement Adapter la carte des formations en permettant la concrétisation des ouvertures de formations arrêtées par l Académie suppose, chaque année, des travaux immobiliers conséquents. La qualité de l équipement pédagogique et général est essentielle au bon fonctionnement des enseignements, pour permettre l utilisation des technologies de l information et de la communication et permettre la mise en place des référentiels de formation chaque fois qu ils sont rénovés pour tenir compte de l évolution des techniques et des équipements utilisés par les entreprises dans lesquelles les élèves sont appelés à s insérer. Chaque année, la Région procède à la répartition des crédits d équipement dans les lycées à la suite d une remontée d enquête des besoins des établissements. L enquête demande de différencier les besoins, concernant la mise à niveau sur des formations existantes, des besoins liés à de nouvelles ouvertures prévues pour la rentrée suivante. Par ailleurs, de nombreux organismes de formation continue sont confrontés à la cherté des équipements dans ce secteur. Objectifs opérationnels de l action Mettre en cohérence ou conformité les équipements et locaux avec l évolution de la carte des formations Permettre que davantage d organismes de formation professionnelle continue soient en mesure de proposer des formations dans le domaine de l artisanat Renforcer l attractivité des métiers de l artisanat Public cible Lycées professionnels Organismes de formation continue Mettre à niveau ou acquérir de nouveaux équipements pour les lycées professionnels Cette fiche est spécialisée sur l équipement des lycées professionnels. Elle s appuie principalement sur un «état des lieux des équipements et locaux des LP et LPO» élaboré par le Rectorat (avril 2011). Descriptif de l action LP/LPO Filières Etat des lieux LP Pointe des Nègres Génie industriel Structures métalliques Environnement Les zones de travail et les équipements sont très insuffisants pour assurer la formation des élèves en Bac Pro Technicien en chaudronnerie industrielle les spécialités de formation dispensées sont : - CAP Maintenance et hygiène Préconisations des inspecteurs Etablir un programme de travaux et d équipements pour constituer des zones de formation indispensables à la formation bac pro technicien en chaudronnerie industrielle Renouveler le matériel de SST (mannequins pour sauveteurs secouristes du 210

212 des locaux - Bac Pro Hygiène et environnement - BTS Hygiène propreté environnement travail) Refaire l étanchéité Santé / social Génie industriel textile Les ateliers ont été refaits Des infiltrations d eau sont observées les spécialités de formation dispensées sont : - CAP Petite enfance - BEP CSS (carrières sanitaires et sociales) - Bac Pro Accompagnement aide et services à la personne - Bac Pro SPVL Il n y a pas de problème particulier Bac Pro Métiers de la mode vêtements Diplôme rénové depuis la rentrée 2009 ; des équipements de laboratoire sont nécessaires dans le cadre des nouvelles compétences à acquérir pour l obtention du diplôme Acheter des équipements pour le bac pro ASSP Achat d équipements pour créer un laboratoire d analyse des matériaux LP/LPO Filières Etat des lieux LPO François Structures métalliques Génie électrique électrotechnique Génie thermique et climatique Génie industriel bois Peinture Le plateau technique ne correspond pas aux besoins de la formation. les laboratoires ne sont pas organisés et équipés pour favoriser une formation de qualité en bac pro. La section a été implantée récemment à la section d enseignement professionnel (SEP) du François et les équipements sont insuffisants pour assurer la formation en bac pro technicien en installation des systèmes énergétiques et climatiques Le système d aspiration des poussières est vétuste et représente un danger pour les usagers. Les espaces de travail ne sont pas conformes aux besoins des formations en cours Les locaux sont dans un état de vétusté qui nuit à la qualité de la Préconisations des inspecteurs Mettre à niveau le plateau technique Mettre à niveau les équipements Prendre en compte le programme d équipements établi par l équipe pédagogique Mettre aux normes les équipements de l atelier bois : remplacement du système d aspiration des poussières. Réorganiser les zones de travail afin de faciliter la formation des charpentiers bois et des constructeurs bois. Rénover les locaux 211

213 Hôtellerie restauration formation. De nouveaux diplômes y sont préparés : - Bac Pro Cuisine - Bac Pro Commercialisation et services en restauration Acheter des équipements pour ces nouveaux Bac Pro LP/LPO Filières Etat des lieux LPO Nord Caraïbes Hôtellerie restauration Alimentation Entretien des textiles De nouveaux diplômes y sont préparés : - Bac Pro Cuisine - Bac Pro Commercialisation et services en restauration Nouvelle section: - CAP Pâtisserie Accueil d un CAP Pressing à la rentrée 2011 L établissement ne possède aucun équipement pour cette ouverture Préconisations des inspecteurs Acheter des équipements pour ces nouveaux Bac Pro Installer un climatiseur Réaliser des travaux de gros-œuvre, plomberie, électricité Equiper les locaux pour l accueil des élèves Réaliser une étude sur les équipements des entreprises qui pourraient être mise à disposition des organismes de formation, notamment dans le domaine du développement durable La logique est d envisager la mutualisation d équipements disponibles dans les organismes de formation les plus importants, notamment l AFPAM, au profit de centres de formation de taille plus modeste. En effet, la qualité et les moyens des plateaux techniques de certains organismes sont reconnus («c est comme si les stagiaires étaient dans une entreprise»), ce qui fait penser tout naturellement à les mettre à disposition d autres organismes de formation pendant leurs périodes de non-utilisation par les organismes de formation propriétaires. Néanmoins, la mise en œuvre de ce scénario peut être difficile, lorsque les plateaux techniques sont rarement disponibles et que «les salles de cours sont des ateliers en environnement professionnel reconstitués.» C est pourquoi un recensement des équipements disponibles dans les entreprises artisanales et industrielles (et d autres secteurs d activités pouvant avoir du matériel utile pour des stagiaires) pourrait être réalisé, comprenant des entretiens avec les chefs d entreprise concernés pour connaître leur inclinaison à mettre à disposition d organismes de formation ces équipements. La Région ou la CMA pourraient être les commanditaires d une telle étude. Pilote : Conseil Régional Acteurs Calendrier de réalisation Partenaires: Rectorat, CFA Métiers et CFA BTP, principaux organismes de formation professionnelle, groupement d OF Synform, OPCA, AMPI, ADEME 2013 Indicateurs de réalisation Investissements de mise à niveau et d acquisition de nouveaux équipements réalisés Recensement des équipements disponibles et mutualisables réalisé Financement Estimations financières : - Investissements : selon données Rectorat - Etude de recensement des équipements : euros 212

214 Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Sources de financement : - Investissements : budget Education de la Région Martinique - Etude sur les équipements : Région, avec la possibilité d un co-financement ADEME pour les équipements liés au développement durable Mettre en place une méthode d élaboration de la carte des formations initiales par le Rectorat qui associe les représentants du secteur 213

215 Orientation stratégique Fiche action Accompagner les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Créer des conditions favorables au développement de l alternance Remarque préliminaire : cette fiche concerne plus particulièrement les maîtres d apprentissage dans le cadre de l apprentissage, mais peut tout aussi bien être appliquée aux tuteurs dans le cadre des contrats de professionnalisation. La qualité des pratiques pédagogiques en entreprise dans la relation tutorale est hétérogène. Elle dépend de facteurs multiples, dont l ancienneté de la pratique tutorale, la capacité à intégrer l apprenti pleinement dans l entreprise et l implication du maître d apprentissage dans les formations proposées par les CFA. De plus, dans certains métiers, des pratiques tutorales relevant davantage de l utilisation de main d œuvre à bas coût, avec une implication assez faible dans la formation, ont parfois un effet de découragement pour les jeunes qui préfèrent choisir un cursus scolaire à temps plein. Mais la pratique tutorale n est pas nécessairement intuitive et peut nécessiter d être confortée en termes d accompagnement et d échanges avec les CFA ou d autres maîtres d apprentissage. Constat et diagnostic Une plateforme de formation tutorale a été mise en place dans le cadre du COM Apprentissage Elle est destinée aussi bien aux tuteurs dans le cadre du contrat de professionnalisation qu aux maîtres d apprentissage. Peu de maîtres d apprentissage se sont inscrits pour bénéficier des actions de formation, et aucun ne vient d entreprises privées. Le nouveau COM Apprentissage prévoit parmi ses actions de fonctionnement : «Mettre en place une plateforme de formation assurant la formation continue et l accompagnement des maîtres d apprentissage, des développeurs de l apprentissage, des médiateurs, des accompagnateurs sociaux et des formateurs. Pour ces derniers, les formations s appuieront sur les conclusions du CPRDFP, et devront prendre en compte les programmes pédagogiques consécutifs aux nouvelles sections d apprentissage et l élévation des niveaux d apprentissage. A cet égard, l accès à la qualification par la voie de la VAE est à envisager.» La Région Martinique a un projet d accord-cadre sur la formation tout au long de la vie avec les organisations patronales, dont l article 10 est relatif au développement de l alternance et stipule que les organisations patronales s engagent à contribuer à la formation des maîtres d apprentissage pour un apprentissage de qualité. Assurer la pérennité de l engagement pédagogique des maîtres d apprentissage Développer les actions de formation de maîtres d apprentissage, au plus près de leurs besoins et de leurs contraintes professionnelles, en particulier sur le droit du travail et les techniques pédagogiques de base Objectifs opérationnels de l action Renforcer les compétences techniques des maîtres d apprentissage pour permettre le développement des formations supérieures en apprentissage Favoriser les capacités d échange, y compris collectif, entre maîtres d apprentissage et formateurs des CFA Construire un système de reconnaissance de la qualité des pratiques tutorales (type «label»), en lien avec les chambres consulaires en particulier. Public cible Salariés des entreprises intéressés par une fonction de maître d apprentissage dans les secteurs d activités artisanales 214

216 Réaliser une enquête auprès des maîtres d apprentissage sur leurs besoins en formation et en accompagnement de leur fonction tutorale Définir une «offre de services» pertinente à destination des maîtres d apprentissage en termes de formation comme d accompagnement durant la formation Communiquer sur la plateforme existante à l AGEFMA, en faisant témoigner ceux qui ont été satisfaits de cette expérience Engager une réflexion sur les pilotes les plus appropriés pour les plateformes tutorales Dans le cadre du précédent COM Apprentissage, l AGEFMA était en charge de l animation de la plateforme de formation tutorale, mais l AGEFMA est une association de gestion de l environnement de la formation, et non pas un organisme de formation. A l inverse, l expérience des CFA dans la formation des apprentis devrait être facilement transposable aux maîtres d apprentissage. De plus, la formation des maîtres d apprentissage dans les locaux des CFA est de nature à renforcer les liens entre les CFA et ces personnes, ce qui permettrait aux CFA de consolider leurs réseaux d entreprise. Dans le cas particulier du CFA Métiers, ce tissage de réseau contribuera à donner un nouvel élan à la CMA. Il faudra au minimum consulter les maîtres d apprentissage ayant participé au dispositif de plateforme tutorale pour avoir leur avis sur la question. Créer une prime à la formation des maîtres d apprentissage, avec deux composantes : 1) une incitation à se former pour élever leur niveau ; 2) une incitation à se former pour mieux encadrer les apprentis Descriptif de l action Cette prime ou ces primes peuvent être créées sur délibération du Conseil Régional, de la même façon que la Région a pu introduire une modulation de la prime d apprentissage de soutien à l effort de formation dans les filières que la Région décidera annuellement de développer (délibération adoptée le 11 février 2011, dans le cadre du plan de relance de l apprentissage). C est ainsi que la Région Auvergne a introduit la bonne pratique suivante: si le maître d'apprentissage suit une formation d'une journée (proposée par le CFA) et si un formateur est accueilli en entreprise, un bonus de 500 est versé à la fin du contrat à l entreprise. Source : Etablir un cahier des charges relatif au tutorat des apprentis à l attention des maîtres d apprentissage Ce cahier des charges sera accompagné d une «fiche d accompagnement» très concrète aiderait les maîtres d apprentissage à exercer leur fonction tutorale et permettrait d harmoniser les pratiques. Elle remplacerait l actuel «livret d accompagnement», document administratif que de nombreux chefs d entreprise signent sans avoir lu, par manque de contenu opérationnel. Engager une réflexion avec les organisations professionnelles, le CFA Métiers et les autres CFA sur la faisabilité et les modalités d élaboration d un système de reconnaissance de la qualité des pratiques tutorales, apportant certains avantages à son titulaire (à la manière d un agrément facultatif). Cette labellisation pourrait également être obtenue au moyen d une validation des acquis de l expérience. Faciliter l immersion des maîtres d apprentissage potentiels dans des entreprises disposant des ressources idoines, pour permettre le développement des formations supérieures en apprentissage Le développement des formations supérieures en apprentissage appelle des questionnements spécifiques concernant les maîtres d apprentissage. En effet, il convient de s assurer de la disponibilité d un nombre suffisant de maîtres d apprentissage qualifiés pour accompagner cet objectif de la politique régionale. Outre le système de labellisation précédent, il convient de faciliter la formation / l immersion des maîtres d apprentissage potentiels dans d autres entreprises ayant les personnes 215

217 ressources avec le niveau requis ; de sorte que même si ces entreprises et ces personnes ne sont pas elles-mêmes intéressées par l accueil d apprentis, elles puissent au moins contribuer au développement de l apprentissage en transférant de bonnes pratiques vers les maîtres d apprentissage qu elles accueilleraient. La Région a les moyens de sensibiliser les entreprises à cet enjeu, grâce à son projet d accord-cadre avec les organisations patronales qui prévoit, dans son article 10 sur le développement de l alternance, que ces organisations s engagent à contribuer à la formation des maîtres d apprentissage pour un apprentissage de qualité. Pilote : Conseil Régional Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: CFA Métiers et autres CFA, CMA, CCIM, DIECCTE Martinique, OPCA, les organisations professionnelles patronales des secteurs d activités artisanales, les syndicats de salariés, Rectorat, UAG, AGEFMA, principaux organismes de formation, groupement d organismes de formation SYNFORM 2013 Nombre d actions de formation réalisées au profit des maîtres d apprentissage Mise en place d un espace d échanges Résultat du système de reconnaissance de la qualité des pratiques tutorales Enquête auprès des maîtres d apprentissage Budget de la formation professionnelle du Conseil Régional de Martinique Encourager l amélioration des compétences techniques et d encadrement des formateurs en apprentissage 216

218 Orientation stratégique Fiche action Encourager l amélioration des compétences techniques et d encadrement des formateurs en apprentissage Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Créer des conditions favorables au développement de l alternance Constat et diagnostic La pratique de la formation en apprentissage subit une double évolution : les évolutions classiques aux questions de formation, apparition de nouvelles techniques pédagogiques ou propositions techniques ; et les évolutions relatives aux pratiques professionnelles, aux nouvelles technologies développées par les secteurs professionnels concernés. Sur le premier point, la nécessité de mise à jour régulière des connaissances et des techniques est la même que pour tout autre type de formation. Sur le second point, la capacité à se former en continu revêt des enjeux spécifiques, du fait de la très forte connexion des formations par apprentissage avec les pratiques professionnelles. L utilisation de techniques et outils «dépassés» dans les formations par apprentissage décrédibilise ces formations auprès des professionnels. Il en résulte que les formateurs doivent être en mesure d améliorer et d élargir de façon permanente leurs compétences techniques. Par ailleurs, les formateurs doivent être capables de mettre en œuvre des pédagogies adaptées à ce type de public, ainsi que l enseignement de modules de comportements professionnels. Cette nécessité prend tout son sens lorsqu on tient compte du fait que de nombreux formateurs en CFA sont également des enseignants de l Education nationale. Dans le cadre du COM Apprentissage, des formations ont été mises en place pour les formateurs des CFA, sur des thématiques identifiées avec les directeurs des CFA. Les formateurs n y ont pas participé régulièrement, par manque de temps ou alors parce que les créneaux horaires proposés ne convenaient pas à tous. Garantir des contenus de formation conformes aux évolutions et besoins des métiers Promouvoir une image de l apprentissage comme formation à la pointe des évolutions technologiques et professionnelles et donc susceptible de fournir des compétences nouvelles Objectifs opérationnels de l action Garantir une formation de qualité en termes de techniques pédagogiques Assurer un suivi précis et un renforcement des objectifs de formation continue des formateurs en CFA, en enseignement général et en enseignement technique Mettre en œuvre un suivi précis des évolutions des techniques professionnelles et des besoins des entreprises Apprendre aux formateurs à sensibiliser les stagiaires aux comportements appropriés dans l univers professionnel Public cible Formateurs du CFA Métier et des autres CFA, mais aussi enseignants en lycées professionnels susceptibles d accueillir des sections d apprentissage 217

219 Réalisation d un état des lieux des politiques de formation continue des formateurs dans les CFA et définir les objectifs prioritaires pour les 5 années à venir Améliorer la pédagogie des formateurs Certains dispositifs existants permettent d assurer la formation pédagogique des formateurs, mais des actions complémentaires sont retenues : o Mettre en place des ateliers d échanges de pratiques et d analyses de pratiques (appellations contrôlées) o Instaurer une commission régionale de réflexion pédagogique avec les directions et formateurs, permettant notamment une réflexion commune sur les modalités d individualisation des parcours, les outils pédagogiques communs sur les TIC ou le e-learning o Organiser des échanges avec le 1 er RSMA, pour former les formateurs à la sensibilisation des stagiaires quant à l importance des comportements compatibles avec le monde professionnel et à l enseignement de modules de savoir-être professionnels Descriptif de l action A noter que certains dispositifs existants en Martinique permettent d assurer la formation pédagogique des formateurs : - L AFPAM a mis en place une formation conduisant au titre professionnel de «formateurs professionnels d adultes» de niveau III du Ministère du travail. L AFPAM a formé environ 150 personnes depuis le début de cette formation et a encouragé ses propres formateurs à faire partie des premières cohortes de stagiaires. - L UAG-IUFC a mis en place un diplôme universitaire de formateurs d adultes (DUFA), formation de niveau II (conditions d accès Bac+2 ou VAE), de heures, visant à «former des formateurs animateurs capables de s'impliquer dans des actions pédagogiques et d'accompagnement d'adultes en situation d'apprentissage et de professionnalisation». - Le GIP FCIP (Education nationale) a également mis en place une licence de responsable de dispositif de formation. Définir des moyens de veille commune sur l évolution des besoins et techniques des professionnels pour chaque famille d activité, en s appuyant sur le partenariat avec les organisations professionnelles artisanales et les autres OP patronales, les syndicats de salariés et les chambres consulaires. Pour être suffisamment précis, ces travaux devront être spécialisés par secteur d activité, en associant les socio-professionnels des secteurs concernés : boucherie, réparation et carrosserie automobile, coiffure-esthétique, bijouterie Identifier les besoins en mise à jour des connaissances techniques des formateurs et les modalités souples pour y répondre Ces travaux doivent être effectués en partenariat étroit avec les organisations professionnelles sectorielles. Accompagner les formateurs sur les compétences techniques pour accompagner cette montée en niveau Le CFA Métiers, les autres CFA et les autres organismes de formation peuvent permettre à leurs formateurs de participer à des salons techniques se déroulant en métropole ainsi qu à des carrefours de rencontre de formateurs organisés par leur réseau d appartenance (par exemple, l AFPA nationale), afin d améliorer la veille technologique indispensable pour assurer un enseignement de qualité. Néanmoins, les salons et carrefours professionnels ne sont pas considérés par les OPCA comme étant des actions de formation, ce qui signifie que les organismes doivent financer les participations de leurs 218

220 formateurs sur fonds propres. En dépit de cette contrainte, le système de formation doit dégager des marges de manœuvre budgétaires pour donner l'exemple de ce point de vue, afin d'anticiper les besoins du système économique et de jouer son rôle d entraînement vers l excellence. L action retenue est d encourager les formateurs et enseignants de l Education nationale (ceux-ci interviennent souvent en CFA) à s'inscrire dans les programmes européens et à participer à des stages en entreprise à la Martinique, au moyen d actions de communication. Pilote : Région Martinique Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: CFA, DIECCTE Martinique, OPCA, 1 er RSMA, chambres consulaires, les organisations professionnelles artisanales, les autres OP patronales, les syndicats de salariés, Rectorat, UAG, AGEFMA, principaux organismes de formation, groupement d organismes de formation SYNFORM 2013 Etudes sectorielles comportant une identification des besoins en formation en CFA, notamment les formations supérieures Actions de formation mises en œuvre Suivi de l évolution des niveaux de compétence Budget de la formation professionnelle du Conseil Régional de Martinique, OPCA Accompagner les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale 219

221 Fiche action Développer la mobilisation des contrats de professionnalisation Orientation stratégique Objectif stratégique Constat et diagnostic Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Créer des conditions favorables au développement de l alternance Les dispositifs d alternance (contrats d apprentissage et contrats de professionnalisation) répondent à la volonté de rapprocher la formation et l emploi. Plusieurs réformes ont été entreprises pour développer ces dispositifs qui reconnaissent le caractère formateur du travail en entreprise et permettent aux jeunes d accéder à la qualification tout en améliorant leur insertion dans l emploi. La loi de 2004 a substitué aux précédents dispositifs en alternance un dispositif centré sur les compétences à acquérir pour répondre aux besoins de l entreprise. Le contrat de professionnalisation est accessible à tous les jeunes de 16 à 25 ans souhaitant compléter leur formation quel qu en soit le niveau, ainsi qu aux demandeurs d emploi de plus de 26 ans. A l occasion du sommet social organisé le 10 mai 2010, le Président de la République a rappelé l importance de l alternance qui constitue une voie de qualification et d insertion rapide et durable dans l emploi. Cependant, en Martinique, le contrat de professionnalisation n a pas le succès escompté. Selon la DIECCTE, le nombre de contrats de professionnalisation signés chaque année fluctue autour de 500. Très peu de contrats signés concernent les métiers de l artisanat 48. La raison principale serait que le niveau d activité des entreprises et leur situation financière tendue ne favorisent pas le recours à ces contrats. C est pourquoi le Conseil Régional a donné son accord pour la mise en place, à compter de la rentrée 2011, d une prime régionale d incitation au développement des contrats de professionnalisation de euros, par contrat, en faveur des entreprises (Délibération n du 22 décembre 2010). Objectifs opérationnels de l action Public cible Assurer un développement quantitatif des contrats de professionnalisation au sein des entreprises artisanales martiniquaises Améliorer le dispositif au niveau des organismes de formation Améliorer le dispositif au niveau des entreprises Tous les jeunes de 16 à 25 ans souhaitant compléter leur formation quel qu en soit le niveau, ainsi qu aux demandeurs d emploi de plus de 26 ans, intéressés par l exercice d un métier dans le secteur artisanal Toutes les entreprises du secteur artisanal 48 Source : AGEFMA (2010) «Etude sur les contrats de professionnalisation». 220

222 En direction des donneurs d ordre Créer et assurer le suivi d un tableau de bord du contrat de professionnalisation destiné à suivre au moins annuellement les indicateurs d évolution des contrats de professionnalisation (nombre de contrats signés, nombre d entreprises signataires, formations représentées, diplômes ou titres préparés, taux de réussite, taux d embauche dans l entreprise, taux d embauche dans une autre entreprise après 3 mois et après 6 mois, etc.) En direction des entreprises Assurer une meilleure communication sur le contrat de professionnalisation afin de mettre en avant les avantages en matière d adaptabilité, de culture d entreprise et de formation et les engagements réciproques issus du contrat Instituer une incitation financière plus importante afin d encourager les entreprises à recourir au CP Accompagner les entreprises pour que ces dernières puissent faire face aux contraintes administratives nées de la signature d un CP (respect des procédures et des clauses du contrat, notamment en cas de rupture, détermination du salaire, répartition temporelle entre l organisme de formation et l entreprise...). Cet accompagnement est particulièrement utile pour les entreprises artisanales, peu outillées pour ces questions administratives. Améliorer les rythmes de l alternance en travaillant «sur mesure» (prise en compte du secteur, du rythme d activité, de la saisonnalité ou de la taille de l entreprise ) Descriptif de l action Faire évoluer le rôle et le statut des tuteurs : - améliorer le rôle du tuteur en lui permettant de bénéficier d une formation systématique sur la façon d encadrer mais aussi sur les règles régissant les relations entre un employeur et son salarié, - mutualiser des tuteurs au profit de petites entreprises en mobilisant, par exemple, des tuteurs seniors disponibles et expérimentés, - rapprocher les formateurs présents au sein des organismes de formation des tuteurs en entreprise pour que la formation théorique aille de concert avec la formation pratique. En direction des organismes de formation Créer un annuaire des organismes de formation mettant en place des formations en contrat de professionnalisation Travailler à la restructuration des organismes de formation, dans le but : - d éliminer les mauvaises pratiques observées dans certains organismes, - d introduire un contrôle plus régulier, - d exiger des garanties en termes de qualité de formation, de suivi et d encadrement. En direction des candidats Aider à l orientation des candidats afin d éviter qu il y ait un décalage entre la formation suivie et l emploi Former les candidats au savoir être, en amont de la signature des contrats, afin d éviter que les employeurs ne soient confrontés à des candidats ne sachant ni se présenter, ni s adresser à un supérieur hiérarchique, ni comment se comporter en entreprise. Acteurs Calendrier de réalisation Pilotes : DIECCTE, Conseil Régional Partenaires : Organisations professionnelles de l artisanat et des autres secteurs, syndicats de salariés, AGEFMA, Rectorat, OPCA, 1 er RSMA, CFA, MIL, Ecole de la 2 ème chance, organismes de formation, CMA et autres chambres consulaires

223 Indicateurs de réalisation Financement Nombre de contrats de professionnalisation signés dans les familles d activités professionnelles de l artisanat Mise en place du tableau de suivi Réalisation de l annuaire des organismes de formation Mise en place des formations pour les tuteurs et les candidats Estimation financière - Réalisation d un tableau de bord de suivi : 0 (en interne par la DIECCTE) - Réalisation d un annuaire des organismes de formation : 0 (en interne par l AGEFMA) - Accompagnement des entreprises pour qu elles puissent faire face aux contraintes administratives nées de la signature d un CP : euros (hypothèses : 20 entreprises par année ; 2 jours*hommes par entreprise ; honoraire de consultant : 700 euros par jour) - Formation des candidats aux comportements professionnels : euros (hypothèses : 20 candidats par année ; conventionnement avec le 1 er RSMA sur la base de 2 jours par groupe de 10) Sources de financement : - DIECCTE - Co-financement possible par la Région Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Accompagner les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale 222

224 Enjeu stratégique Fiche action Former les artisans et leur conjoint à l élargissement des compétences attendues Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Le contexte concurrentiel exacerbé, la diminution de pouvoir d achat des clients et le vieillissement des artisans et de leurs salariés imposent de rationaliser la gestion de leur entreprise. Constat et diagnostic Les mutations économiques appellent des compétences croissantes en gestion et management des ressources humaines. Les impératifs de professionnalisation doivent se traduire notamment par le respect de normes de sécurité, de normes environnementales et des normes de qualité, ces dernières notamment dans le domaine des métiers de bouche. Bien sûr, l insuffisance de familiarisation avec l informatique de gestion et les outils Internet constituent un désavantage comparatif pour les artisans, comme pour les autres chefs d entreprise. Or, la plupart des artisans martiniquais assurent à eux seuls plusieurs fonctions: production, supervision des réalisations, fonctions commerciales (démarchage, devis, négociation, suivi). Ils bénéficient parfois de l aide de leur conjoint pour les tâches administratives et comptables. Cette gestion au fil de l eau n est pas adaptée aux évolutions économiques, qui poussent à l optimisation sous contrainte. Objectifs opérationnels de l action Créer des conditions favorables à la pérennité des entreprises du secteur Elargir les compétences des chefs d entreprise artisanale à des aspects non techniques Faciliter la conformité des entreprises artisanales aux exigences réglementaires environnementales Public cible Chefs d entreprise artisanale et leur conjoint Aider à préparer au mieux la cession-reprise des entreprises, en mettant en place des actions de formation à la gestion et au droit des sociétés au profit des dirigeants, de membres de leur famille et de salariés intéressés Descriptif de l action Mettre en œuvre une démarche de professionnalisation des acteurs en lien avec les organismes collecteurs des fonds de la formation professionnelle, dans les domaines suivants : - la dimension managériale (voir fiche dédiée), - la comptabilité et les fondamentaux financiers - l informatique de gestion - la gestion de projet - le relationnel client (voir infra) la promotion de leurs produits en général et la promotion au moyen d Internet en particulier (webmarketing); - la commercialisation. - les questions environnementales (voir infra) - les démarches qualité : accueil, langues étrangères (pour les artisans intéressés par des ventes directes aux touristes), labellisation, marques; - la connaissance du patrimoine martiniquais, qui aidera les artisans à mieux concevoir des produits originaux et à se différencier par rapport aux produits importés massivement; Le contenu des programmes sera affiné dans un cadre partenarial avec les organisations professionnelles du secteur. Faire de la professionnalisation du relationnel client un axe prioritaire de renforcement des artisans. La relation client est en effet déterminante pour une revalorisation de l image de l artisanat. De plus, la 223

225 stratégie de diversification vers la rénovation, la maintenance ou la réparation mentionnée plus en avant pour certains artisans de la fabrication (meubles, bijouterie ) repose en partie sur cette relation. Informer et communiquer pour que les entreprises se conforment aux exigences réglementaires environnementales. Des modules de formation techniques supplémentaires sont nécessaires, notamment dans les domaines de la gestion des déchets Pilote : CMA Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: organisations professionnelles artisanales, CCIM, OPCA, DIECCTE, Région, ADEME, principaux organismes de formation du secteur, groupement SYNFORM, AGEFMA Nombre de dirigeants d entreprises artisanales et de porteurs de projet de reprise ayant suivi une formation en cession reprise d entreprise Nombre de dirigeants d entreprises artisanales ayant suivi une formation en gestion d entreprise et en management de projet Nombre de chefs d entreprise artisanale ayant suivi une formation dans les domaines non techniques indiqués (informatique de gestion, traitement des déchets, qualité ) Estimation financière : euros - Formation à la cession-reprise : euros (hypothèses : 5 jours par groupe de 10 et 2 jour de suivi individualisé par un consultant-formateur ; 20 personnes par an ; 700 euros de rémunération journalière pour les consultants ou équivalent-coût de revient pour les chambres consulaires) - Formation à la gestion : euros (hypothèses : 5 jours par groupe de 10 ; 40 personnes par an; honoraires du consultant formateur : 700 euros par jour) - Formation dans le domaine réglementaire environnemental : euros (hypothèses : 20 personnes par an; coût unitaire : euros) Sources de financement : - CMA, CCIM, OPCA, Région, ADEME Sensibiliser et professionnaliser les chefs d entreprise et leur conjoint à la gestion des ressources humaines 224

226 Fiche action Frigoristes : ouvrir des BTS et licence pro énergie thermique ; mettre en place des actions de formation continue en efficacité énergétique Enjeu stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Constat et diagnostic La demande de prestations pour la maîtrise de l énergie par les utilisateurs d équipements de froidclimatisation, notamment les entreprises industrielles se développera si des actions de communication appropriées sont menées par l ADEME et les collectivités locales. Pour tirer parti de ces évolutions et ne pas laisser les bureaux d études être les seuls à en profiter, les frigoristes ont besoin de compétences en efficacité énergétique. Objectifs opérationnels de l action Créer des conditions favorables pour que les frigoristes bénéficient de l évolution de la réglementation sur l efficacité énergétique Public cible Artisans du froid et climatisation Descriptif de l action L acquisition de compétences en conseil en efficacité énergétique appelle des formations de niveau III+ en énergie, notamment thermique. Des partenariats peuvent être noués avec des pays ou régions qui détiennent un savoir-faire dans ce domaine, comme la Californie. La réalisation de diagnostics énergétiques et plus généralement d études telles que les Bilans Carbone suppose de suivre des sessions de formation idoines organisées par l Institut de Formation Carbone. l ADEME doit communiquer sur la tenue des prochaines sessions de formation auprès des professionnels intéressés et par le relais du Syndicat martiniquais des professionnels du froid et de la climatisation. Rappelons que la capacité limitée d absorption par le tissu économique local des personnes formées dans des filières pointues peut justifier l ouverture de formations pour seulement un ou deux ans, puis de recommencer cinq ans après. Ainsi, une Licence Pro Thermicien accueillant 10 apprenants peut être ouverte une seule année, en fonction des besoins exprimés par les entreprises. 225

227 FAP Ecart entre l offre et la demande Besoins en Offre de formation existante compétences identifiés FP initiale Ouverture 3 Actions de formation proposées Apprentis sage Ouverture 3 FP continue Densification 2 Observat ions Génie thermiqu e et climatiq ue FPI et apprentissage - 1 CAP froid et climatisation (CFA BTP) - 2 Bac Pro TMSEC, dont 1 CFA BTP - 2 Bac Pro TISEC, dont 1 en CFA - Bac Pro électrotechnique, énergie, équipements communicants en FPI et CFA - BTS fluides énergies environnements option génie frigorifique (LPO Acajou) FPC - Formations de niveau V pour les frigoristes et chauffe-eau solaires - 1 Bac Pro énergétique (Greta BTP) - Peu de formations par les bureaux d étude Thermicien ; Efficacité énergétique des bâtiments ; Efficacité énergétique des équipements de froid industriel MC IV ENR Licence Pro thermicien Licence Pro énergie MC IV ENR BTS fluides énergies environnem ents option A : génie sanitaire et thermique Formation au Bilan Carbone par l Institut de Formation Carbone (frigoristes) Ingénierie thermique Coopération Californie ou autres régions avancées dans ce domaine TP et Formations non diplômantes niveau I, II, III Augmentat ion de la demande anticipée : RTAA DOM, MDE, énergie thermique des bâtiments Pilotes : CMA, Rectorat, Conseil Régional Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: CFA Métiers, CFA BTP, Syndicat martiniquais des professionnels du froid et de la climatisation, ADEME, CCIM, OPCA, DIECCTE, principaux organismes de formation du secteur, groupement SYNFORM, AGEFMA Nouvelles actions de formation en FP Initiale, apprentissage et FP continue Evolution des effectifs d apprenants en froid-climatisation et plus généralement génie thermique et climatique Sources de financement : Région, OPCA, Rectorat, ADEME Communiquer sur les formations «Bilan Carbone» organisées par l ADEME 226

228 Fiche action Réparation automobile : enrichir l offre de formation en électronique embarquée et en maintenance des véhicules hybrides-électriques et sensibiliser au traitement des déchets Enjeu stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Constat et diagnostic La complexité croissante des véhicules, des outils et des techniques de réparation contraint aujourd hui le réparateur à disposer d un équipement minimum supérieur au petit outillage d autrefois et implique une élévation des niveaux de formation. Le professionnel pour être compétitif et assurer au client le sérieux indispensable à la sécurité doit ainsi s adapter constamment à l évolution technique du secteur. Objectifs opérationnels de l action Créer des conditions favorables à l élévation du niveau de compétences des garagistes pour s adapter aux évolutions technologiques Public cible Réparateurs automobiles Descriptif de l action Des compétences en électronique sont indispensables. Les travailleurs devront également pouvoir intervenir sur des véhicules hybrides puis sur des véhicules tout électriques. Le développement du segment des petites voitures sans permis fait appel à des compétences différentes en carrosserie, car des blocs de plastique à assembler sont utilisés pour ces véhicules. Au total, les professionnels expriment des besoins en qualification plus élevée et des besoins en compétences plus diversifiées, notamment en électronique. Par ailleurs, les chefs d entreprise doivent s organiser pour diminuer l exposition aux risques professionnels et mieux traiter les déchets (voir les chapitres n 1 et 3 du présent rapport). 227

229 FAP Génie maintenanc e automobile Ecart entre l offre et la demande Offre de formation existante Statut scolaire CAP Peinture en carrosserie CAP et Bac Pro Réparation des carrosseries CAP et Bac Pro réparation auto CAP et Bac Pro maintenance nautique BTS Après-vente véhicules particuliers Apprentissage CAP carrosserie réparation CAP, Bac Pro peinture en carrosserie CAP, Bac Pro réparation auto MC V Maintenance des systèmes embarqués de l automobile Formation continue TPV mécanicien auto AFPA TPV carrossier réparateur AFPA TPV électricien auto AFPA Note : (*) FCIL mis en place dans un lycée d Amiens Besoins en compétences identifiés Electronique embarquée Véhicules hybrides et électriques (besoins à un horizon de 5 ans) Sensibilisation à la protection de l environnement (traitement des déchets) Actions de formation proposées FPI Apprentissage FP continue Observations Ouverture 3 FCIL Maintenance des tractions hybrideélectrique automobile (accès après BTS) (*) Ouverture 3 FCIL Maintenance des tractions hybrideélectrique automobile (accès après BTS) (*) Evolution 1 MC Maintenance des systèmes embarqués de l automobile Modules spécifiques environnement Fort taux d attractivité (FPI) Insertion prof encore possible chez les concessionnai res et les petites entreprises de maintenance qui se modernisent. Pilotes : CMA, Rectorat, Conseil Régional Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: CFA Métiers, Groupement inter-régional garagistes Martinique (GICRAM) et Chambre syndicale des réparateurs automobiles, OPCA, DIECCTE, principaux organismes de formation du secteur, groupement SYNFORM, AGEFMA Nouvelles actions de formation en FP Initiale, apprentissage et FP continue Evolution des effectifs d apprenants dans les nouvelles formations ouvertes Sources de financement : Région, OPCA, Rectorat Communiquer sur les bonnes pratiques de prévention des risques professionnels 228

230 Fiche action Métiers de bouche : ouvrir un Bac Pro traiteur et un brevet de maîtrise boulanger, ainsi que des modules régionaux en formation continue Enjeu stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Constat et diagnostic Pour les artisans bouchers, il y a trois enjeux principaux: modernisation des boucheries; formations à l hygiène ; positionnement sur les métiers nobles : traiteur, charcuterie, tripier ; et un frein à lever: pas d école de boucherie en Martinique. Il existe une demande pour les traiteurs en Martinique, ce qui justifie l ouverture d un Bac Pro boucher-charcutier-traiteur en apprentissage. Cette ouverture pose la question de la disponibilité de maîtres d apprentissage, car la plupart des artisans bouchers n ont pas le diplôme nécessaire. Il y a 250 boulangers en Martinique et un besoin de compétences en gestion. Objectifs opérationnels de l action Pour les bouchers, créer des conditions favorables pour un positionnement sur les métiers nobles : traiteur, charcuterie, tripier Pour les boulangers, permettre la professionnalisation de la gestion des entreprises Public cible Bouchers et boulangers Descriptif de l action Artisans bouchers Suite aux réunions du Service Public de l Emploi Local (SPEL) du Nord animées par le sous-préfet de Trinité, - le Syndicat des artisans bouchers est en train de mettre en place un CQP boucher, au moyen d un partenariat avec l Ecole Nationale de la Boucherie et le laboratoire KINI (au Robert, en Martinique) ; ce CQP permettra une qualification, mais pas d avoir la capacité professionnelle en vue d une installation ; - un CAP Boucher devrait être ouvert au CFPPA du Lorrain, avec un lieu de formation au Robert et la pratique sur la plateforme du laboratoire KINI. L ouverture d un Bac Pro boucher-charcutier-traiteur en apprentissage est justifiée par la demande pour les traiteurs en Martinique. Cette ouverture pose la question de la disponibilité de maîtres d apprentissage. Deux pistes sont évoquées (ou une combinaison des deux): - la formation en mobilité, puisque des maîtres d apprentissage sont disponibles en France continentale ; - la formation de maîtres d apprentissage locaux par la VAE (voir la fiche action dédiée). En revanche, dans le domaine de la grande distribution, ce problème n'existe pas, du fait que les bouchers ont suivi une formation diplômante, au minimum le CAP Boucher. En formation continue, l ouverture de modules régionaux traiteurs charcutiers est nécessaire, si on veut créer des «parcours gastronomiques» qui mettent en valeur la typicité locale en relation avec le tourisme. Les formations dispensées par des organismes tels que l AFPAM respectent des référentiels nationaux, donc la touche locale est peu présente dans les formations. Il convient donc de créer des modules régionaux ; la création de ces modules suppose la réalisation d investissements et la conception de projets pédagogiques idoines. Boulangers L ouverture d un brevet de maîtrise boulanger est justifiée par l état du marché : il y a 250 boulangers en Martinique ; les titulaires d un BM trouveraient du travail. Comme indiqué plus en avant, cette formation comprend des modules en gestion d entreprise, compétence que les personnes formées pourront transférer aux entreprises d accueil. 229

231 Ecart entre l offre et la demande Actions de formation proposées FAP Offre de formation existante Besoins en compétences identifiés FPI Apprentissag e FP continue Observations Evolution 1 Ouverture 3 Ouverture 3 Métiers de bouche, alimentation, agroindustries Statut scolaire CAP Pâtissier Bac Pro Boulanger pâtissier Bac Pro bio-industries de transformation Bac Pro Technicien vente et conseil qualité en produits alimentaires BTS qualité dans les industries alimentaires et les bio-industries Apprentissage BP Boucher (CFAA) ** CAP Boulanger MC Pâtisserie boulangerie Formation continue TP V AFPAM Métiers nobles : traiteurs, charcutiers Hygiène, sécurité alimentaire, traçabilité des produits Sensibilisation à la protection de l environnement (traitement des déchets) Constitution d un pôle métiers de l alimentation (boucher, charcutier, traiteur, poissonnier) Bac Pro boucher charcutier traiteur Brevet de maîtrise boulanger (niv. III) (Modules spécifiques environnemen t)* CAP Boucher au CFPPA Lorrain (2013 ; prévu par le SPEL du Nord)*** CQP Boucher (en cours d ouverture) Modules régionaux traiteurs charcutiers Modules QHSE Poursuivre les formations en gestion d entreprise Modules spécifiques environnement Demande pour les métiers nobles de l alimentation (charcutier, traiteur ) Rayons traiteurs dans les hypermarchés (*) En principe, les référentiels de formation en FPI et apprentissage tiennent compte des problématiques environnementales Remarques: 1. Un CAP boucher était proposé au CFA Métiers, mais a été fermé, car le marché ne pouvait pas absorber plusieurs cohortes de diplômés. de plus, il n y avait pas suffisamment de diplômés en entreprises pour accueillir des apprentis. 2. (**) BP Boucher en 2 ème année au CFA Agricole. Le CFA pourra proposer la mise en place d une nouvelle promotion à compter de septembre 2013 sur deux ans pour des apprenants ayant déjà un CAP Boucher. (Source : Délégué régional à l ingénierie de la formation DAAF) 3. (***) Source : Délégué régional à l ingénierie de la formation DAAF Pilotes : CMA, Rectorat, Conseil Régional Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: CFA Métiers, Syndicat intercommunal des artisans bouchers et Syndicat patronal de la boulangerie-pâtisserie, OPCA, DIECCTE, principaux organismes de formation du secteur, groupement SYNFORM, AGEFMA Nouvelles actions de formation en FP Initiale, apprentissage et FP continue Evolution des effectifs d apprenants dans les nouvelles formations ouvertes Sources de financement : Région, OPCA, Rectorat Adapter l offre aux attentes des consommateurs Accompagner les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale 230

232 Enjeu stratégique Fiche action Coiffure-esthétique: proposer des brevets de maîtrise Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Les secteurs de la coiffure et de l esthétique sont en développement en Martinique. Cette croissance, modérée dans la coiffure, est forte dans l esthétique. De plus, il existe des débouchés pour les personnes souhaitant reprendre un salon de coiffure, en raison du vieillissement des artisans installés (23% des artisans ont 50 ans ou plus ; voir chapitre 4 «perspectives»). Pour continuer à se développer, ces secteurs doivent viser de nouveaux segments de marché en termes de clientèle (jeunes, retraitées, hommes ) ou d activités (service rapide et sans rendez-vous, discount, onglerie, conseil maquillage ). Constat et diagnostic Le cadre réglementaire définit le CAP comme étant le diplôme minimum obligatoire pour exercer la profession de coiffeur (coiffeuse) ou d'esthéticien (esthéticienne). Le Brevet Professionnel (BP) ou le Brevet de Maîtrise (BM) est obligatoire pour s installer à son compte. En coiffure, le CAP reste le diplôme de référence en termes de recrutement bien que l'on assiste à une élévation progressive du niveau de formation. Dans le secteur de l'esthétique, le niveau IV (bac professionnel) semble plus recherché, car plus polyvalent. Les entreprises recherchent des professionnels autonomes et polyvalents, capables de recevoir le client, d'établir un diagnostic et des conseils et de répondre aux exigences de la clientèle. Des besoins en compétences nouvelles apparaissent également autour du développement durable avec la vente de produits biologiques et la problématique du recyclage des produits. Objectifs opérationnels de l action Inculquer aux apprenants des compétences sociales et des compétences de marché Créer des conditions favorables pour la cession-reprise d entreprises Renforcer les relations avec des écoles de coiffure françaises Public cible Coiffeurs et esthéticiens 231

233 Descriptif de l action Inculquer aux apprenants des compétences sociales et des compétences de marché Il s agit plus d une façon d enseigner, de pédagogie, de conviction des formateurs au regard de ces aspects que de contenus de formation. En effet, les référentiels nationaux, à tout le moins en formation professionnelle initiale sous statut scolaire et par voie d apprentissage, comprennent des modules ou des parties de programme sur ces aspects. Concrètement, les besoins en compétences identifiés sont : - les compétences liées au développement durable, avec la vente de produits biologiques et la problématique du recyclage des produits ; - le relationnel client et les notions d accueil; - le comportement professionnel, comme le respect de la hiérarchie, «même si le patron est cool avec ses dreadlocks»; - la gestion commerciale, dans la mesure où des opportunités de reprise d entreprises apparaîtront prochainement ; De plus, l introduction dans ces cursus de la pratique des échanges avec d autres régions françaises ou d autres pays, permettrait aux apprenants d être confrontés à d autres réalités. Créer des conditions favorables pour la cession-reprise d entreprises, en ouvrant des brevets de maîtrise Des opportunités de cession-reprise d entreprise s ouvriront dans les prochaines années, en raison de la démographie des artisans coiffeurs. Pour préparer la reprise des salons par les plus jeunes, l ouverture de brevets de maîtrise est la solution idoine, puisque cette formation donne des compétences en gestion d entreprise, outre le savoir-faire technique. Ces brevets de maîtrise peuvent être proposés par voir d apprentissage au CFA Métiers ou par la formation continue à la CMA, par exemple, par voie de contrat de professionnalisation. Renforcer les relations avec des écoles de coiffure françaises Ces échanges peuvent être très profitables, pour rester à la pointe de la technique, du savoir-faire et des tendances en esthétique. Ces échanges peuvent prendre la forme de sessions de formation des artisans coiffeurs de Martinique. Ces sessions peuvent avoir lieu en Martinique ou dans les régions françaises. Le Syndicat Mixte des artisans coiffeurs de Martinique fait partie d un réseau national, qui collabore avec certaines écoles de référence. D autres artisans coiffeurs ont mis en place à titre individuel leur propre partenariat, par exemple avec l Ecole M Partn Hair à Bordeaux. 232

234 Ecart entre l offre et la demande Actions de formation proposées FAP Offre de formation existante Besoins en compétences identifiés FPI Apprentissage FP continue Observations Evolution 1 Ouverture 3 Densification 2 Coiffure, Esthétique, cosmétique, parfumerie Statut scolaire CAP coiffure CAP, Bac Pro et BTS esthétique Apprentissage CAP, MC, BP Coiffure CAP soins esthétiques BP cosmétique parfumerie Formation continue AFPAM, CMA Compétences sociales (accueil, hiérarchie ) et marché (relationnel client, gestion commerciale) Reprise de salons de coiffure Sensibilisation aux risques professionnels (produits manipulés, troubles musculosquelettiques) Sensibilisation à la protection de l environnement (traitement des déchets) Modules spécifiques environnement et risques professionnels (*) Brevet de maîtrise coiffure (Niv III) Brevet de maîtrise esthétique, cosmétique Modules spécifiques environnement et risques professionnels (*) BM ci-contre (contrat de professionnalisation) Renforcer les partenariats avec des écoles nationales coiffure Augmentation de l offre de formation en esthétique Modules spécifiques environnement et risques professionnels Filière très demandée par les élèves Densité de salons de coiffure élevée en Martinique, mais vieillissement artisans offre opportunités reprises Note : (*) Ces modules sont déjà pris en compte dans les référentiels nationaux, en principe Pilotes : CMA, Conseil Régional Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: CFA Métiers, Syndicat mixte des artisans coiffeurs, Ecoles nationales de coiffure, OPCA, DIECCTE, principaux organismes de formation du secteur, groupement SYNFORM, AGEFMA Ouverture effective de BM au CFA Métiers Formations effectives associant écoles nationales de coiffure Sources de financement : Région, OPCA Adapter l offre aux attentes des consommateurs Accompagner les maîtres d apprentissage dans leur fonction tutorale Communiquer sur les bonnes pratiques de prévention des risques professionnels 233

235 Fiche action Bijoutiers: ouvrir une section artisanat d art bijouterie sur le Campus Caribéen des Arts Enjeu stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Le secteur subit l inflation du cours de l or et la concurrence de sociétés de rachat d or. Dans ce contexte défavorable, les artisans bijoutiers martiniquais essaient : - de travailler un plus grand nombre de matières : argent, bois, coco, - de fabriquer des bijoux en or, à 14 voire 9 carats, - de créer des produits, à la fois modernes et typiques de la Martinique, pour atteindre une clientèle internationale. Constat et diagnostic Cette recherche de diversification requiert des compétences additionnelles : - les professionnels souhaitent bénéficier d une aide financière des collectivités pour des visites dans des pays ayant une expertise avérée dans le travail du bois : pays africains, Haïti, pays asiatiques, ou à tout le moins faire venir en Martinique des formateurs de ces pays ; - la fabrication de bijoux de 14 ou 9 carats requiert des procédés chimiques et des matériels différents, résultant de l utilisation de plus grandes quantités de cuivre. Selon les professionnels, des sessions de formation peuvent être utiles aux artisans bijoutiers pour la maîtrise de ces procédés ; - un autre besoin en compétence mentionné spontanément par les artisans bijoutiers est l usage de l informatique, tant pour l exercice direct de leur métier, la gravure notamment, que pour la gestion de l entreprise et la vidéosurveillance. Objectifs opérationnels de l action Créer des conditions favorables pour une diversification de l activité des bijoutiers Public cible Artisans bijoutiers Descriptif de l action Les besoins en compétences des bijoutiers justifient une collaboration avec le Campus Caribéen des Arts, mais ne s accompagnent pas de besoins en ouverture de formation plus classiques. La stratégie de diversification des professionnels justifie un rapprochement entre l organisation professionnelle le Groupement des artisans bijoutiers et la direction du Campus Caribéen des Arts qui souhaite développer l artisanat d art en créant une section de bijouterie. Ce partenariat aurait pour principal objectif de stimuler la créativité des artisans bijoutiers, autrement dit au stade de la conception des articles. Pour satisfaire ces besoins en compétences dans le domaine de la fabrication, les artisans vont suivre des formations en France métropolitaine, à tout le moins ceux qui en ont les moyens. Si la situation du secteur devait s améliorer, alors la mise en place d actions de formation continue en Martinique pourrait être utile, de façon que les bijoutiers soient en mesure de s outiller en machines plus sophistiquées et plus performantes et pour suivre les tendances en arts nouveaux. De plus, «l ouverture d un CAP bijoutier n est pas justifiée, au regard de la situation économique de la profession». D ailleurs, un CAP bijoutier par apprentissage existait en Martinique il y a quelques années, mais a été fermé en raison des difficultés d insertion professionnelle des apprentis. Selon les professionnels, si les pouvoirs publics prenaient des dispositions pour que la profession puisse se redresser, alors l ouverture d une telle formation en inter-dom pourrait devenir pertinente. 234

236 FAP Bijoutiers Ecart entre l offre et la demande Offre de Besoins en formation compétences existante identifiés FPI - Aucune Apprentissage - Aucune (*) FPC - Aucune Travail de bijoux de moins grande densité en or (9 et 14 carats) Travail de matières alternatives : argent, bois, coco Création de produits, à la fois modernes et typiques de la Martinique, pour atteindre une clientèle internationale. Actions de formation proposées Formation prof initiale Ouverture 3 Campus Caribéen des Arts ouverture d une section bijouterie produits typiques de Martinique (la profession doit se rapprocher de la direction pour concevoir le contenu) Apprentiss age Aucune (*) Inchangé (CAP Inter- DOM seulement si situation se redresse) FP continue Ouverture 3 Voir Campus Caribéen des Arts colonne FPI avec possibilité FP continue Poursuite des formations TIC et gestion de l entreprise Observations Concurrence des sociétés de rachat d or Inflation du cours de l or Effectifs en chute libre (*) Un CAP bijoutier par apprentissage existait en Martinique il y a quelques années, mais a été fermé en raison des difficultés d insertion professionnelle des apprentis Pilotes : CMA, Campus Caribéen des Arts, Conseil Régional Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: Groupement des artisans bijoutiers, OPCA, DIECCTE, principaux organismes de formation du secteur, groupement SYNFORM, AGEFMA Nouvelles actions de formation en FP Initiale, apprentissage et FP continue Evolution des effectifs d apprenants dans les nouvelles formations ouvertes Sources de financement : Région, OPCA Juguler la concurrence déloyale 235

237 Enjeu stratégique Fiche action Photographes: les accompagner à la prise en charge des formations Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Les besoins recensés sont des besoins en compétences managériales et des besoins de mise à jour des connaissances. Constat et diagnostic Le Groupement des photographes professionnels de la Martinique organise des formations. - pour les actions de formation standard, il fait venir des formateurs de France métropolitaine ou de l étranger ; - pour les formations plus pointues, les photographes intéressés doivent partir. Toutefois, la situation d isolement géographique des photographes martiniquais est défavorable à leur formation, d autant plus que le Fonds d Assurance Formation (FAF) durcit ses conditions de prise en charge. Comme conséquence de ces problèmes de prise en charge, les photographes martiniquais se forment beaucoup moins que leurs homologues de France métropolitaine et recrutent très peu (la plupart travaillent seuls). Pour ceux qui recrutent, il s agit principalement d emplois support, tels que les assistants de direction. Lorsqu ils recrutent des photographes, ce sont en général des amateurs qui pratiquent déjà la photographie. Objectifs opérationnels de l action Créer des conditions favorables pour une mise à jour des compétences des photographes Public cible Artisans photographes Descriptif de l action Il est proposé de mener des actions de sensibilisation auprès des élus locaux et de la DIECCTE sur le besoin en accompagnement à la prise en charge des frais de formation. En revanche, l ouverture de sections de formation en Martinique ne paraît pas nécessaire. 236

238 FAP Ecart entre l offre et la demande Besoins en Offre de formation compétences existante identifiés Actions de formation proposées Formatio n prof initiale Aucun changement nécessaire Appren tissage Aucun changem ent nécessair e Formation professionnel le continue Aucun changement nécessaire Observations Photogra phie FPI et apprentissage - Aucune - les formations TIC peuvent être valorisées pour ce métier FPC - Formations à la gestion d entreprise mises en place par la CMA, le CNAM ou la CCIM Mise à jour des connaissances face aux évolutions technologiques Gestion de l entreprise Aucune Aucune Poursuite des formations à la gestion d entreprise Suivent les formations en France métropolitaine (ou le Syndicat fait venir des formateurs en Martinique) Prise en charge formation par FAF diminue Presque plus d embauche par les photographes martiniquais, qui ont des difficultés économiques pour la plupart Les rares personnes recrutées sont en général des personnes qui pratiquent la photographie en amateur Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Pilotes : Groupement des photographes professionnels de la Martinique Partenaires: CMA, Conseil Régional, OPCA (FAF), DIECCTE, AGEFMA Nombre de réunions sur la prise en charge des frais de formation organisées entre le Groupement des photographes, la DIECCTE, la Région et la CMA Prise en charge effective d une partir des frais de formation par la DIECCTE et la Région Sources de financement : Région Juguler la concurrence déloyale 237

239 Fiche action Artisans des meubles : les aider à se diversifier vers l ébénisterie d art, en facilitant un partenariat avec le Campus Caribéen des Arts et en envisageant de transférer quelques formations du CFA BTP vers le CFA Métiers Enjeu stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Le secteur de l ameublement et du travail du bois subit de plein fouet la concurrence des produits importés par les grandes surfaces spécialisées. Même les grands noms martiniquais du meuble en souffrent, d autant plus que leurs enfants ne veulent pas prendre la relève, au regard des difficultés du secteur. Constat et diagnostic Il faudrait valoriser une «image locale», mais les professionnels eux-mêmes doutent de l avenir de la profession. Seule la mise en œuvre d une volonté politique de préserver le savoir-faire local est susceptible de changer ce scénario tendanciel défavorable, mais des initiatives restées sans suite ne donnent pas beaucoup d espoir aux professionnels, tels qu un projet d accord-cadre entre la CMARM et le Syndicat du Bois ou un audit de la filière bois réalisé par la Région en Il n y a pas de besoin en compétences nouvelles dans ce contexte défavorable. Les professionnels tendent à s orienter vers la prestation de service pour survivre dans ce contexte : réparation et restauration de meubles (versus fabrication). La situation des entreprises ne leur permet pas d embaucher des apprentis ou des salariés. En revanche, il leur est plus facile d accueillir des stagiaires de lycée professionnel pour quelques semaines. Les compétences techniques données par les formations existantes sont acceptables, quoique «certains stagiaires confondent un tournevis et un ciseau à bois» et «ne savent pas lire leur mètre», en raison du tropisme un peu théorique des formations. Les établissements scolaires sont bien équipés, en fait, bien mieux que de nombreuses entreprises du secteur, et les élèves travaillent beaucoup à l aide de logiciels. Objectifs opérationnels de l action Créer des conditions favorables pour une diversification des professionnels vers l ébénisterie d art Public cible Artisans du meuble et du travail du bois Descriptif de l action Il est proposé de mener des actions de sensibilisation auprès des élus locaux sur le besoin de visibilité du secteur. Il s agit, au-delà des prises de position publique, de conclure formellement des partenariats et de mettre en œuvre des recommandations d études dans des domaines connexes (filière bois, par exemple). Une diversification vers l ébénisterie d art paraît judicieuse, même si une demande solvable n est pas encore perceptible, selon les professionnels. A cet effet, un rapprochement entre l organisation professionnelle le Syndicat martiniquais du bois et de l ameublement et la direction du Campus Caribéen des Arts dans le domaine de l artisanat d art en général et de la sculpture en particulier paraît judicieux. Dans la même veine, un transfert des CAP et Bac Pro menuisier agenceur du CFA BTP vers le CFA Métiers peut être envisagé, de façon à s orienter vers l ébénisterie d art. En revanche, il ne paraît pas utile de faire évoluer l offre de formation initiale sous statut scolaire en Martinique. 238

240 Ecart entre l offre et la demande Actions de formation proposées FAP Meubles, travail du bois Offre de formation existante FPI - CAP Menuisier fabricant de menuiserie, mobilier et agencement, LP Petit Manoir, SEP Joseph Pernock, SEP Joseph Zobel, LP Espérance - Bac Pro Technicien menuisier agenceur ; SEP Joseph Pernock - Bac Pro Technicien de fabrication en bois et matériaux associés, SEP Joseph Zobel Apprentissage - CAP Menuisier fabricant de menuiserie, mobilier et agencement, CFA BTP - Bac Pro technicien menuisier agenceur ; CFA BTP Besoins en compétence s identifiés Travail fin du bois : «ébénisterie d art» FP initiale Aucun changem ent nécessair e Inchangé Apprentissage Evolution 1 La pertinence d une migration des CAP et Bac Pro menuisier agenceur du CFA BTP vers le CFA Métiers a été évoquée, de façon à s orienter vers l ébénisterie d art (*) FP continue Ouverture 3 Partenariat avec le Campus Caribéen des Arts (la profession doit se rapprocher de la direction pour concevoir le contenu) Observations Concurrence des produits importés : «il n y aura plus d artisans bois en Martinique dans 10 ans» Volonté politique nécessaire pour valoriser une «image locale» du travail du bois Une diversification vers l ébénisterie d art paraît judicieuse, même si une demande solvable n est pas encore perceptible Compétences techniques des stagiaires LP accueillis satisfaisantes FPC - CAP et TP V menuisier agenceur AFPAM et Greta BTP (*) Possibilité évoquée par des membres d un GT CEP BTP : inspecteur de l Education nationale, Greta BTP Remarque : le métier de charpentier est abordé dans le CEP BTP 2012 ; ne sont prises en compte ici que les formations relatives à la fabrication et la réparation de meubles Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Pilote : Syndicat martiniquais du bois et de l ameublement Partenaires: CMA, Campus Caribéen des Arts, Conseil Régional, CFA Métiers, CFA BTP, OPCA Collaboration effective avec le Campus Caribéen des Arts Transfert effectif de formations du CFA BTP vers le CFA Métiers Sources de financement : Région Communiquer sur les bonnes pratiques de prévention des risques professionnels 239

241 Fiche action Textile, Habillement: se réorienter vers la mode et le spectacle Enjeu stratégique Adapter l offre de formation aux besoins en compétences Objectif stratégique Mettre en place des actions de formation répondant aux besoins en compétences Le secteur du textile-habillement est confronté à la mondialisation, qui génère une forte diminution des effectifs de production, en France d une façon générale, et encore plus en Martinique. Ce secteur est également soumis au problème du travail illégal. Constat et diagnostic L'artisanat se développe, notamment les activités de retouche dans le contexte du développement des services à la personne. Cet aspect souffre néanmoins d une image d activité surannée. Les véritables débouchés, en Martinique, comme dans le reste de la France, se situent dans les métiers de la mode. C est pourquoi l offre de formation professionnelle initiale a été réorientée récemment vers les métiers de la mode. Objectifs opérationnels de l action Créer des conditions favorables une concrétisation du potentiel des métiers de la mode Public cible Artisans de la couture et de l habillement Descriptif de l action Il s agit de créer des conditions favorables à la concrétisation du potentiel du secteur des métiers de la mode en Martinique. Compte tenu des investissements conséquents en matière d équipements à réaliser pour assurer une formation de qualité, de l inadéquation des ateliers existants et des difficultés liées à l insertion, il est envisagé de recentrer la formation des métiers de la mode sur un seul établissement, en un pôle de formation unique dans le cadre d un Lycée des métiers de la mode, de l esthétique et de la coiffure, ceci à l horizon R2013 R2014. L organisation de la profession est un premier pas pour mettre en place des actions collectives, et une organisation professionnelle adhérente à la CMA a en effet été créée en Il convient de développer la dimension culturelle, la créativité, l innovation, le sens du spectacle pour les professionnels de ce secteur. C est pourquoi un partenariat avec le Campus Caribéen des Arts est judicieux, de même que des échanges avec d autres pays. Il convient également de poursuivre les évènements mettant en valeur les métiers de la mode, à l instar des «Lamantins de mode» de la Ville du Lamentin. Les Lamantins de la Mode Cette manifestation, désormais biennale, permet de parler de mode avec d'autres, mais aussi de découvrir le travail des jeunes créateurs locaux et les collections de fin d'année des stylistes invités. Elle peut comprendre la participation d étudiants d écoles de France métropolitaine, ce qui permet de développer les échanges entre les créateurs martiniquais et l extérieur ; ainsi, des étudiants d'esmod Paris (Ecole Supérieure des Arts et Techniques de la Mode) ont participé à l édition 2012 de cette manifestation. La présentation du cursus de certains créateurs locaux est susceptible d indiquer des voies à suivre aux jeunes intéressés et de renforcer l attractivité du secteur. Ces parcours sont diversifiés. 240

242 Le parcours de Madame X Styliste, modéliste et costumière sont les trois grandes caractéristiques de sa profession. Elle pratique le métier de styliste depuis plus de 20 ans et costumière depuis 10 ans. Madame X est titulaire d'un BEP-CAP couture flou, d'un bac d'artisanat d'art, d'un certificat de styliste, de costumière (costume de scène, costume grotesque, costume en volume). Elle a suivi de nombreuses formations. Elle a obtenu son certificat de costume de scène ainsi que celui de costume grotesque (costume volume). Stagiaire chez Caraco Canesou (atelier de confection sous-traitant avec les grands théâtres de France et les maisons de haute couture), elle est la lauréate de plusieurs concours (meilleure styliste de l'icc, meilleure styliste et meilleure look femme au défilé d'or en 1999). Le parcours de Monsieur Y Il a étudié les sciences économiques, l'urbanisme et s'oriente par la suite vers les Arts Plastiques pour ensuite se jeter définitivement dans le bain en ouvrant sa première boutique. Autodidacte, il a appris la couture avec sa mère, sans avoir pour autant de formation technique. D'ailleurs, il se définit comme étant un «self made man», qui en plus de la couture, a également su pour les besoins de ces défilés coiffer, maquiller. Ceci s'explique par le fait que, pour lui, un défilé, ce n'est pas seulement une succession de vêtements ; c'est aussi une conception globale avec une attitude, un look, où tout entre en jeu. Il puise son inspiration dans la vie en elle-même, la Caraïbe, l'observation des gens. La musique également l'inspire, car il avoue en écouter beaucoup avant les défilés. Depuis que son talent de créateur est reconnu, les femmes le lui rendent bien, n'hésitant pas à s'habiller de sa vision de la robe créole. Il a pignon sur rue à Fort-de-France, à Pointe-à-Pitre, à Paris et à Miami, dans des espaces de vente entièrement dédiées aux femmes. Source : FAP Couture, habillemen t, métiers de la mode Ecart entre l offre et la demande Offre de Besoins en formation compétences existante identifiés FPI CAP Métiers de la Mode Vêtements Flou Bac Pro Métiers de la Mode - Vêtements Bac Pro Artisanat & Métiers d Art : Vêtement Accessoires. Mode Apprentissage - Aucune FPC stagiaires formés en 2010 Création de vêtements, à la fois modernes et typiques de la Martinique, pour atteindre une clientèle internationale. Actions de formation proposées FP initiale Evolution 1 Recentrage de la filière en un pôle unique, un lycée des métiers de la mode, de l esthétique et de la coiffure Apprentiss age Aucune Inchangé FP continue Evolution 1 Collaboration avec Campus Caribéen des Arts (la profession doit se rapprocher de la direction pour concevoir le contenu) Echanges avec des écoles françaises ou étrangères Poursuite des formations TIC et gestion de l entreprise Observations La mondialisation rend la production de masse non rentable dans les pays développés La confection est un secteur qui concentre du travail illégal Image vieillote des activités de retouche Perspectives de débouchés pour le secteur des métiers de la mode Une poursuite des actions de promotion des métiers de la mode est appropriée 241

243 Pilotes : CMA Acteurs Calendrier de réalisation Indicateurs de réalisation Financement Liens avec d autres actions du CEP Artisanat Partenaires: Organisation professionnelle de l habillement-couture-métiers de la mode, Campus Caribéen des Arts, Conseil Régional, OPCA, DIECCTE, AGEFMA Pôle unique de FPI coiffure-esthétique-mode effectif Partenariat avec le Campus Caribéen des Arts effectif Formations dans des écoles françaises ou étrangères Sources de financement : Région, OPCA Juguler la concurrence déloyale 242

244 Annexe 1. Liste des sigles utilisés et glossaire ARACT : Association Régionale d Amélioration des Conditions de travail BM : Brevet de maîtrise BMO : Enquête Besoins en main d œuvre réalisée annuellement par Pôle Emploi et le Centre de recherche pour l étude et l observation des conditions de vie (CREDOC) CMA (ou CMARM) : Chambre de Métiers et d artisanat de Région Martinique CUCS : Contrat urbain de cohésion sociale 2ECE (couveuse) : Espace d essai pour la création d entreprise D3E (ou DEEE) : Déchets des équipements électriques et électroniques DEFM : Demandeur d emploi en fin de mois DIB : Déchets industriels banals DIECCTE : Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l emploi ; issue de la fusion de la Direction du travail (DTEFP), d une partie de la DRIRE (Industrie) et de la Direction de la concurrence, depuis le 1 er janvier DIMA : Dispositif d initiation aux métiers en alternance DIS : Déchets industriels spéciaux DRP : Direction des risques professionnels de la Caisse Générale de Sécurité Sociale ETAM : Catégorie socio-professionnelle regroupant les employés, techniciens et agents de maîtrise FAP : Famille d activités professionnelles FPC : Formation professionnelle continue FPI : Formation professionnelle initiale GPEC : Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences HQE : Démarche Haute qualité environnementale (ADEME) IFR : Indice de fréquence régional (des accidents du travail) MOA : Maître d ouvrage 243

245 NAF : Nomenclature des activités françaises PDEDMA: Plan d élimination des déchets ménagers et assimilés PREDIS: Plan régional d élimination des déchets industriels spéciaux PRFP : Programme régional de formation professionnelle PRITH : Plan Régional d Insertion des Travailleurs Handicapés RSMA : Régiment de service militaire adapté RTAA DOM : Règlementation thermique, acoustique et aération, en vigueur dans les DOM TP : Titres professionnels (du Ministère de l Emploi) VAE : Validation des acquis de l expérience 244

246 Annexe 2. Liste des personnes rencontrées Une quarantaine de personnes ont été rencontrées, principalement de mars à octobre 2012, en groupe de travail (GT) ou en entretiens individuels. Ces personnes représentent des organisations professionnelles, des entreprises, des donneurs d ordre ou des organismes de formation. Dans le tableau ci-dessous, les noms des présidents d organisations professionnelles sont surlignés en jaune. Présidents d organisations professionnelles et entreprises du secteur de l artisanat Activités Personnes interrogées Coordonnées Date Bijouterie, horlogerie Pierre KICHENAMA, Groupement des Artisans bijoutiers octobre Photographie Henri SALOMON, Groupement des Photographes Professionnels de la Martinique octobre Réunion Marie-Céline JEAN-BAPTISTE LINARD, Syndicat présidents OP Mixte des Artisans Coiffeurs Coiffure 11 mai Serge JANDIA GT 1 juin José MARTINI, entreprise Creativ Hair novembre Prothésistes-dentaires Steeve PERRIER, Syndicat des Prothésistesdentaires octobre Hermann SULTAN, Syndicat Patronal de la GT 1 juin et Boulangerie-Pâtisserie 30 oct Boulangerie-pâtisserie Bertrand FORSAIN GT 5 juin David SYLVESTRE, retraité mai Boucherie Henri BASSON, Syndicat Inter-communal des Artisans Bouchers octobre Transformation alimentaire (poisson) Julien ANGEVIN, entreprise Sushiwave septembre Mathias POTIRON, Groupement Inter Régional Garagistes Martinique (GICRAM) GT 5 juin Réparation automobile Eric BASTE, GICRAM GT 5 juin Claudio MORNET GT 5 juin Thierry LANDALLY GT 5 juin Artisan taxi Olivier LABASTIDE GT 5 juin Théodore ALERE GT 5 juin Alain LERUS, Syndicat Martiniquais des Professionnels du Froid et de la Climatisation GT 18 juin Froid-climatisation Claude RAMPHORT GT 9 octobre Joël JACQUENS GT 9 octobre Amandine JULIENNE, BET énergie TECSOL janvier Bois et ameublement Marius MINOT, Syndicat Martiniquais du Bois et de l Ameublement octobre Kevin MARIE-JOSEPH, entreprise Générale de Menuiserie janvier Bâtiment Hervé LAUREOTE, CMA Président GT 9 octobre Travaux publics paysagistes Pierre-Eric GAILLARD, Chambre Nationale Artisanat Travaux Publics Paysagiste & Activités annexes de Martinique Réunion présidents OP 11 mai Transporteurs François PAULIN, Syndicat des Transporteurs Sanitaires de la Martinique octobre Sergio BELNY, Entreprise de transport de marchandises mai 245

247 Autres organismes Organismes Personnes interrogées Coordonnées Date Régime Social des Indépendant Daniel LOUIS-LOUISY, directeur avril CGSS Evelyne PARA, responsable de la direction des risques professionnels avril DIECCTE François MARTIN, responsable du service commerce et artisanat août Rectorat Georges GAILLARD, inspecteur de l Education nationale juillet Rectorat Madame MENCE, inspectrice de l Education nationale février Rectorat Madame HILARICUS, inspectrice de l Education nationale février Rectorat Gérard DORION, inspecteur de l Education nationale février AFPAM Jacques OLINY, DG et Philippe BONIFACE février ARACT Sylvestre LABEAU (Dir Patrice 2 mars Lerus) Cabinet JOCK expertise comptable et commissariat aux comptes Philippe JOCK, également président du MEDEF août Campus Caribéen des Arts Etienne JEAN-BAPTISTE, directeur 23 août AMPI Richard CRESTOR, délégué général mars 246

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