Avec le soutien de la Région Ile-de-France et de la maison des Tilleuls

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1 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:10 Page1 Vu d ici n o 13 page 1 no 13 mai / juin / juillet 2010 Trimestriel réalisé par des habitants de Blanc-Mesnil Seine-Saint-Denis (93) Avec le soutien de la Région Ile-de-France et de la maison des Tilleuls Comment habiter et penser son quartier? Se réapproprier son propre discours, son propre vécu et être en capacité de le porter publiquement est la philosophie qui fonde l expérience de Vu d ici. Pour ce numéro, l équipe du journal est allée à la rencontre des habitants du quartier pour recueillir leur sentiment devant la dégradation des conditions de vie, de logement, de transport qui perdurent et s aggravent dans les quartiers populaires. Pour faire entendre leur désarroi et leur colère, leurs propositions et leurs mobilisations. On ne cesse de nous parler de l insécurité mais en la déconnectant d un système économique et social qui la produit, en premier lieu par un chômage de masse qui précarise et vulnérabilise les familles et les jeunes en particulier. La mémoire des révoltes des banlieues de 2005 est présente dans tous les esprits alors que la situation ne cesse n o 13 de se détériorer laissant l Etat indifférent, bien plus préoccupé par le sauvetage des banques et de la finance. C est cette insécurité qui, selon le dernier rapport de l Observatoire nationale des zones urbaines sensibles, fait vivre un tiers des habitants sous le seuil de la pauvreté qui nous alarme et que nous voulons mettre au centre du débat public. On s étonnerait alors moins des taux d abstention qui aux régionales ont dépassé les 70% des inscrits dans nombre de ces quartiers et nous indiquent que la population a de plus en plus le sentiment d être en dehors de la vie électorale et du système politique. Vu d ici Vue de la tour Maurice Audin Photo Samir Hadj Belgacem SOMMAIRE Edito p. 1 Dossier dégradation des conditions de vie des habitants p. 2 à 8 Dégradation des logements et mobilisation des locataires de la tour Maurice Audin p. 2 Peur sur la ville, peur pour l avenir p. 5/6 Mobilisation des habitants p. 6 Les transports publics: un service «pour» ou bien «contre» le public concerné? p. 7/8 La confiance envers et contre tout p ème Parlement des enfants p. 9 Festivités de fin d année p. 10/11 Désaccords de la langue française au temps des immigrés p. 12 Marche mondiale pour Gaza p. 13 Rencontre avec les femmes palestiniennes p. 14 Abdelmalek Sayad p. 16

2 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:10 Page2 page 2 Vu d ici n o 13 Dégradation des logements et mobilisation des locataires de la tour Maurice Audin enquête Les obligations du bailleur (bailleur privé et social): art. 6 de la loi du «Le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent 1, ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé et doté des éléments de confort le rendant conforme à l usage d habitation». deux derniers bailleurs ont effectué récemment une transaction importante. En 2008, Vilogia a racheté des 1529 logements de la Sci d Icade, qui comprenait les Sci des Tilleuls (1 145 logements) et Descartes (384 logements). L arrivée de Vilogia au Blanc-Mesnil s inscrit dans la stratégie d implantation en Ile-de-France du promoteur immobilier CMH auquel la société appartient (voir encadré). Ce groupe a réalisé l acquisition de nombreux logements en Ile-de-France et son opération la plus Cependant la situation reste contrastée selon les bailleurs avec des bâtiments réellement rénovés ou reconstruits et d autres n ayant subi que des réparations sommaires, des travaux d embellissement extérieur ou de résidentialisation. Ainsi alors que ces habitations étaient initialement conçues comme des lieux de promotion résidentielle accueillant une population variée, elles se sont transformées en zones de relégation destinées aux habitants les plus modestes et démunis. Les conditions de vie se sont par ailleurs dégradées (montée du chômage, de l emploi précaire, pénurie de logements) allant de pair avec la détérioration des conditions de logement, qui font ressurgir des problèmes de sécurité, d insalubrité et de santé publique que l on pouvait croire disparus. 1. Des problèmes qui rendent le quotidien insupportable Le logement est désormais devenu le premier poste de dépenses des ménages devant l alimentation. La part moyenne du logement dans le budget des Français, est passée de 11% en 1960 à 25% en Cette moyenne certes en hausse masque néanmoins de lourdes différences entre les catégories de ménages les plus modestes et celles les plus aisées 3. Quand l accession à la propriété a amélioré la situation de nombreux ménages, les conditions de logement des plus modestes, restés locataires se sont le plus souvent dégradées. Au Blanc-Mesnil, la part des ménages locataires a même augmenté entre 1999 et 2005, passant de 52% à 54% 4. Dans la commune, ce sont les logements sociaux qui constituent la grande majorité du parc locatif. La ville ne compte en effet pas moins de 8500 logements sociaux, principalement répartis au nord et au sud et qui sont gérés par une quinzaine de bailleurs extérieurs à la ville et essentiellement privés 5. Ceci explique l absence d office municipal HLM ainsi que la faible maîtrise de la gestion du logement social par les élus municipaux de la ville. La coordination d amicale des locataires mise en place depuis quelques années et les pouvoirs publics n arrivent à infléchir que marginalement l action des bailleurs à travers la Conférence Communale sur le Logement. Parmi les bailleurs les plus importants de la ville 6, on compte l Opievoy (avec logements), France Habitation (avec 993 logements), Emmaüs (avec 850 logements), la Sci d Icade Patrimoine et Vilogia. Ces importante concerne la commune du Blanc-Mesnil et son parc d habitat social. Le Groupe CMH est né en 1999 de la mise en commun des moyens de plusieurs bailleurs sociaux (SLE et Logicil notamment) autour du CIL, collecteur du 1% Logement 7. Promoteur et également bailleur, le groupe CMH est initialement implanté dans la région du Nord-Pas-de-Calais où il possède logements sur les que compte l ensemble de son parc. Vilogia vient de faire l acquisition de 7500 logements en Ile de France, sur les dernières années. La société a investi dans plusieurs villes des départements de la région parisienne : 419 logements à Poissy (Yvelines), 380 logements à Melun (Seine-et- Marne), à Blanc-Mesnil, 870 à Tremblay-en- France, 288 à Sevran (Seine-Saint-Denis) et 439 à Epinay-sous-Sénart (Essonne). Comme de nombreuses communes d Ile de France, le Blanc-Mesnil connaît une forte dégradation des bâtiments de son parc d habitat social majoritairement construit entre 1949 et Le pic de construction s est concentré sur la période (42,5% du parc existant). Le vieillissement précoce et l entretien insuffisant des bâtiments ont rendu nécessaires des travaux de rénovation et même de destruction / reconstruction. Parmi les logements les plus emblématiques du quartier d habitat social des Tilleuls, la tour Maurice Audin représente un exemple inquiétant des difficultés rencontrées par certains habitants. Livrée en 1962, cette tour haute de seize étages, compte 96 logements où cohabitent environ 300 à 400 personnes. Anciennement géré par le bailleur Icade, l immeuble appartient désormais à la société Vilogia. Quelques locataires 8 ont accepté de recevoir une petite délégation du journal Vu d ici pour parler de leurs conditions de logement et de vie. Sur la dizaine de témoignages que les locataires présents ont bien voulu nous accorder, la plupart ont été réalisés par l entremise de personnes ressources de l immeuble, qui ont permis que quelques portes s ouvrent. Ces interviews sont également le fruit de rencontres dans les cages d escalier et les couloirs, que nous avons arpentés durant l après-midi du 6 mars 2010 où, ce jour-là, les ascenseurs de la tour étaient à nouveau en panne. M. Albert, 86 ans, étage du haut, résident de longue date: «J ai 86 ans et je suis depuis 48 ans dans l appartement que j ai intégré dans les années Je ne peux pas faire mes courses comme je veux, ni sortir à cause du problème de l ascenseur. Oui, maintenant je suis isolé. Avant on avait un gardien mais maintenant il n y a plus personne». M me Mina, 42 ans, étage du haut, résidente récente: «Je ne peux pas recevoir des amis car si l ascenseur est en panne, ils ne veulent pas monter les escaliers. En plus, il n y a pas de lumière dans les halls». dossier dégradation des conditions de vie des habitants

3 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:10 Page3 Vu d ici n o 13 page 3 M. Marben, 65 ans, étage du haut, résident de longue date : «Je suis très mécontent de l aspect extérieur de mon appartement et de l intérieur de l immeuble. Les portes ne sont pas remplacées dans le hall, les carreaux sont cassés régulièrement. Il n y a pas de lumière. Les boîtes aux lettres sont dégradées. L ascenseur ne fonctionne que de temps en temps, il m est difficile de faire mes courses car je ne peux pas les monter en une fois, alors je prends juste les denrées périssables et le reste je le monte au fur et à mesure que ça me manque. Un jour j ai monté toutes mes courses en une fois, j ai cru que j allais mourir». M me Rijal, 52 ans, étage du haut, résidente de longue date : «L état du bâtiment est désastreux dans les escaliers, les rampes sont décelées, les murs craquelés et sales. Le local colonne sèche reste sans porte et les RIA (Robinet d Incendie Armés pour les pompiers) sont détériorés. Il n y a aucune sécurité. Les revêtements ne sont pas appropriés aux escaliers de secours». Si les escaliers de la tour Maurice Audin sont devenus le principal moyen d accès des habitants à leur logement, c est que les ascenseurs sont le plus souvent hors-service. Cette situation loin d être exceptionnelle, se produit à un rythme hebdomadaire et comme les dépannages tardent souvent à être réalisés, il n est pas rare que les ascenseurs ne fonctionnent pas durant plusieurs jours d affilée. Après les ascenseurs, c est l état déplorable des parties communes (escaliers, hall d entrée, couloirs, boites aux lettres, abords du bâtiment) qui se trouvent au centre des nombreux témoignages. Leur manque d entretien se cumule aux dégradations dont ces espaces communs sont l objet et met en jeu la sécurité même des habitants (dispositifs incendie défaillants, escaliers de secours difficilement utilisables). La détérioration des parties communes revient de manière récurrente dans les paroles des différents locataires comme ayant des répercussions importantes sur leur quotidien (réduction des déplacements et des activités au minimum, fatigue, isolement social). A ces problèmes collectifs viennent s ajouter des situations personnelles singulières et des difficultés spécifiques à chaque appartement individuel. 2. Une diversité de situations individuelles et un même constat d échec L observation des situations individuelles révèle des conditions de logements diverses entre les locataires selon le type de logement et selon les étages de la tour. Si quelques locataires n ont pas de problèmes significatifs à signaler, nombreux sont ceux qui portent des doléances spécifiques à leur logement et relatent avec désarroi leurs difficultés et la manière dont ils essayent d y faire face. M me Traoré, 42 ans, étage du haut, résidente récente : «J ai refait la peinture il n y a pas longtemps mais ça ne sert à rien le mur s écaille. On a de l humidité, il y a des moisissures sur les murs. Les enfants ne dorment plus dans leurs chambres. Mon ballon d eau chaude fuit». M me Sabri, 35 ans, étage du bas, résidente récente : «Mon mari a réparé lui-même les volets qui sont en panne. Les robinetteries n ont pas fonctionné pendant trois mois. Il n y a pas de lumière au plafond. On a acheté des allogènes. Les prises ne sont pas aux normes électriques, c est très dangereux pour les enfants». M me Kelfaoui, 59 ans, étage du haut, résidente de longue date : «Mes toilettes sont à changer et les personnes qui sont venues voir ont fait un trou dans le tuyau. Ils ont mis un cache sur le trou, et puis c est tout mais ça n a rien changé. Il fait très froid dans l appartement». M me Jacquart, 48 ans, étage du haut, résidente récente: «Cela fait deux mois que je suis dans cet appartement, la robinetterie ne fonctionne pas! J ai acheté un chauffage d appoint qui nous fait une dépense de plus en électricité et toujours pas d ascenseur». M me Saint-Martin, 44 ans, étage du bas, résidente récente : «J ai été obligée d acheter un chauffage d appoint car il n y en a pas dans la maison, les escaliers sont sales, l ascenseur ne fonctionne pas, les charges sont beaucoup trop élevées». M. Alain, 45 ans, étage du haut, résident de longue date : «Je suis resté cinq mois sans un fonctionnement correct de l ascenseur. L électricité n est pas conforme. Dans le séjour, tous mes appareils électriques sont branchés sur un simple fil qui a été tiré depuis la cuisine. Quand il y a des prises, elles sont anciennes. J ai aussi des cafards dans les pièces. Les charges sont vraiment trop importantes par rapport aux services qui sont supposés être rendus». De nombreux logements connaissent des problèmes de vétusté des installations électriques, des robinetteries et les locataires constatent régulièrement des dysfonctionnements tels que l absence intermittente d eau et de chauffage. La plupart des appartements manquent d isolation, d aération et subissent des infiltrations qui favorisent la présence de cafards. Face à cela, les habitants font avec les moyens à leur disposition, souvent insuffisants (petits bricolages, entraide). Ces solutions de fortune ne sont pas viables pour tous. Les familles composées de plusieurs personnes sont confrontées à des situations d autant plus insupportables qu elles touchent des enfants en bas âge pouvant mettre en péril leur sécurité ou leur santé 9. Le cas de M me Zohra en est une bien triste illustration. M me Zohra : «Moi, j habite au-dessus du 10 ème étage et j ai cinq enfants dont des jumeaux qui sont asthmatiques. Heureusement qu une amie très proche m aide beaucoup parce que sinon ce serait vraiment la galère. Il n y a pas d ascenseurs et à cause de ça, j ai accouché avant terme, à 35 semaines! Comme mes deux enfants sont asthmatiques, ils ont besoin de séances de kiné quotidiennes, ce qui m oblige à utiliser tout le temps l ascenseur. Depuis qu il ne fonctionne plus, je passe tout mon temps à monter et descendre les étages pour amener et ramener mes fils aux séances de kiné et sans compter tout le reste. Une fois, comme je n en pouvais plus, j ai demandé au SAMU de venir nous chercher mes petits et moi, mais c est un cercle vicieux, comme l ascenseur ne marche jamais, le personnel soignant ne veut plus se déplacer». Les demandes de M me Zohra n ont pour l instant pas abouti auprès de Vilogia. Malgré l appui du service logement de la ville, le bailleur ne lui propose qu une solution de relogement à Tremblay-en-France alors que des logements sont vacants à des étages inférieurs de la tour. Mais tous les habitants de la tour n engagent pas systématiquement de réclamations auprès du bailleur. Pour les locataires plus persévérants et qui arrivent à faire valoir leur cause personnelle, les avancées sont souvent maigres quand ils ne sont pas renvoyés à leur responsabilité. 3. La responsabilité des habitants mise en cause par Vilogia Depuis l arrivée de Vilogia, la situation, qui était déjà peu satisfaisante (sous Icade), apparaît avoir empiré pour les locataires rencontrés. Ainsi si certains problèmes ne sont pas neufs et font suite à plusieurs années de manque d entretien et d investissement dans les bâtiments, d autres sont à mettre sur le compte du nouveau gestionnaire. La disparition des interlocuteurs directs qu étaient les gardiens et la suppression du dispositif des correspondants de nuit est à mettre à l actif du nouveau bailleur comme l ont souligné plusieurs locataires. M me Larimi, 39 ans, étage du haut, résidente de longue date: «A Maurice Audin, il n y a plus de gardien pour sauver tous les habitants de ma tour: les personnes âgées, les mamans avec leurs petits En plus, nous n avons même plus de médiateurs. Vilogia m a dit qu il n y avait plus rien pour moi et que désormais, mon seul et unique interlocuteur sera un chargé de clientèle C est un appel au secours que je lance! Je suis épuisée, je me réveille toutes les nuits et je suis obligée de prendre des somnifères pour dormir». Au-delà de la détresse, c est également un sentiment d impuissance qui s exprime par la disparition des différents interlocuteurs de terrain qui contribuaient à traiter les demandes et aider au règlement des conflits entre les différents locataires, à faire remonter des doléances au bailleur et régler une somme de menus problèmes du quotidien. Si la société n a pas renouvelé les emplois de gardiens, c est qu elle mise sur le développement de plateformes téléphoniques et de bureaux «d accueil» qui «n accueillent» les habitants que sur rendez-vous, pris au préalable par téléphone. Cette «gestion à distance» des relations avec les locataires se fait au détriment de ceux qui ont le moins de ressources pour défendre leurs problèmes individuels de logement. En effet, les envois de courrier, les appels téléphoniques et les nombreuses relances nécessaires représentent autant d obstacles pour des habitants qui sont souvent accaparés par de multiples difficultés. Désormais le principal moyen de communication du bailleur reste les courriers dans lesquels les locataires sont rappelés à leur responsabilité et désignés à mots couverts comme responsables de leurs conditions de logement notamment dans cette récente lettre du mois de mars: «Nous profitons de ce courrier pour vous rappeler qu en tant que locataires, vous êtes les premiers acteurs de la propreté de votre résidence et qu à ce titre nous souhaitons vous sensibiliser sur les dépôts sauvages qui donnent une bien triste image de votre quartier. Nos équipes sont mobilisées pour l entretien ménager des espaces extérieurs cependant force est de constater que certains locataires ne respectent pas le travail effectué. Merci de déposer vos déchets dans les locaux prévus à cet effet et ce dans l intérêt d une maîtrise de vos charges locatives!» D un côté, Vilogia évoque des «équipes mobilisées» mais de l autre la société remplace les intermédiaires par des chargés de clientèles derrière un numéro de téléphone. Les habitants constatent depuis plusieurs mois que l entretien n est pas assuré régulièrement et qu aucun travail de rénovation des parties communes (ascenseur, escalier, hall d entrée, couloir) n est pour l instant envisagé. Il faut dire que la gestion du bâtiment (réparation, entretien) est sous-traitée à différents prestataires de service. Cette «gestion à distance» à moindre coût n est pas sans incidence dans un grand ensemble comme les Tilleuls. M me Zohra: «On n a pas eu d eau pendant quatre jours, quatre jours!!! Vendredi, samedi, dimanche et lundi Je suis partie faire un bordel!!! Quatre jours sans eau. J étais furieuse et j ai téléphoné à la responsable de Vilogia en lui disant que c était vraiment inadmissible. Elle a rétorqué qu elle connaissait l existence de ce problème et qu une pompe avait éclaté. Ce matin, j ai croisé par hasard le plombier et je l ai interpelé en lui disant qu on n avait plus d eau depuis plusieurs jours. Il m a dit qu il ne pouvait rien faire car ce n était pas à son niveau mais si ça ne relève pas d un plombier, c est la responsabilité de qui alors??? J étais vraiment hors de moi, je me

4 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:10 Page4 page 4 Vu d ici n o 13 suis alors demandé qui on était des animaux? On est des êtres humains pourtant». Prestataires et bailleurs se défaussent ainsi souvent l un sur l autre mais également parfois sur les jeunes adolescents et adultes de la tour. La responsabilité de ces derniers est aussi évoquée par certains locataires. M. Alain: «J ai fait de nombreuses déclarations verbales auprès du bailleur Vilogia. J en avais assez des nuisances des groupes de jeunes qui restaient dans les halls le jour comme la nuit. Il y a trop de problèmes dans la tour». Mais ce sont surtout certains prestataires de services qui prétextent de leur présence «inquiétante» pour ne pas intervenir ou les bailleurs pour ne pas réparer suite à des dégradations répétées. Il est inutile de nier que des dégradations et nuisances proviennent de certains jeunes du quartier. Néanmoins, ces derniers de même que les autres locataires subissent les mauvaises conditions de logement et leurs conséquences sur le plan familial, scolaire ou encore professionnel. Il n est ainsi pas acceptable de rejeter sur la jeunesse du quartier, la responsabilité de la défaillance de l entretien, de la maintenance et des services dus aux locataires. Cette instrumentalisation occulte à moindre frais la responsabilité du bailleur quand ses locataires doivent s acquitter de plus de 200 euros de charges locatives mensuelles 10 alors même que leur accès à ces logements est conditionné à la faiblesse de leurs ressources. La hausse de ces charges est d ailleurs souvent mise en perspective par le bailleur comme moyen de pression ou de rétorsion dès qu il s agit d assurer des services qui relèvent des spécificités du cahier des charges du logement social. Témoignage de Colette Gonin, maison des Tilleuls, suite à la visite du 6 mars 2010 : «J ai pu vérifier de mes yeux les dires des locataires et je peux affirmer que la réalité dépasse la fiction. Plus je gravis les escaliers de cette tour de 16 étages, plus je me sens impuissante. Il faut attendre qu il y ait un drame pour se bouger! Les murs sales ou les tags sont présents presque à chaque niveau. La saleté est tellement visible que je comprends mieux les cafards. Les paliers servent aussi de décharge ainsi que les dépendances des sorties de secours. Les rares paliers propres sont ceux que les locataires nettoient eux-mêmes, car le personnel de nettoyage ne monte pas lorsque l ascenseur est en panne. C était le cas lors de notre passage et apparemment, c est une habitude. J aimerais dire que j en rajoute, mais malheureusement les faits sont là. Pour ma part, je pense qu une démolition serait plus appropriée qu un semblant de rénovation (de la poudre aux yeux!) On joue avec le désespoir des personnes les plus fragilisées par le manque d appartements. Vilogia doit le respect d un toit digne pour une vie digne». 4. La mobilisation des habitants Suite à l échec des différentes démarches engagées à l échelle individuelle et des tentatives infructueuses de médiatisation de leurs problèmes de logement par les médias dominants, plusieurs habitants ont commencé à s organiser. M me Zohra : «J ai fait appel à un journaliste de TF1. Nous avons pu discuter par téléphone et il m a dit qu il était intéressé par la situation, mais qu avant notre première rencontre, il devait rencontrer le PDG de Vilogia. Il s est donc rendu au 34, rue de Paradis, à l agence Vilogia. Par miracle, le PDG s y trouvait ce matin-là, mais comme il devait partir en déplacement à Lille, ni lui, ni la direction, n ont accepté de répondre aux questions du journaliste Ce dernier m a donc rappelée en m expliquant qu il ne pouvait pas rencontrer les locataires des Tilleuls avant d avoir eu un entretien avec le PDG, afin de connaître le point de vue de Vilogia». La mobilisation des habitants de la tour a débuté par une première réunion, le 29 janvier, puis d autres dont celle du 17 mars qui a réuni près d une quarantaine de locataires (voir Mobilisation des habitants p. 6). La maison des Tilleuls a épaulé cette mobilisation en hébergeant une pétition et en mettant à disposition ses locaux pour organiser les réunions. La mobilisation se poursuit autour de la reformation du bureau de l amicale des locataires et des possibilités d action en justice. A ce sujet, deux avocats et un membre du syndicat de locataire de la CNL (Confédération Nationale du Logement) ont également participé à définir les multiples formes d action qui peuvent être engagées par les locataires. Vu d ici a aussi apporté son soutien et voulu rendre compte à travers le cas de la tour Maurice Audin de la dégradation des conditions de logement qui s inscrivent dans une tendance plus générale de détérioration des conditions de vie dans les quartiers populaires. En 2008, Vilogia a réalisé d importantes opérations de réhabilitation en région parisienne affirmant s inscrire «dans la lutte contre l insalubrité» aux côtés des élus franciliens. Alors que le groupe du nouveau repreneur se félicite d un chiffre d affaire de 250 millions d euros pour 2008 et vante sa responsabilité sociale et environnementale, la situation des locataires de la tour Maurice Audin semble rappeler que les logements sociaux peu rentables ne sont pas la priorité du groupe, qui semble peu se soucier du sort de leurs locataires. Enquête (textes et photos) menée par Sophie Cornelie, Colette Gonin, Florence Husson et Samir Hadj Belgacem 1. La notion de décence est définie par le décret n du (JO du ). Ce décret définit les caractéristiques minimales que doit respecter le logement loué. 2. Selon les chiffres de l enquêtes de l Insee Cinquante ans de consommation en France, Insee Références, édition Pour neutraliser l effet trompeur de l accession à la propriété sur la mesure de la consommation des ménages, la comptabilité nationale considère que les ménages propriétaires occupant leur logement bénéficient de facto d une consommation de logement, c està-dire se payent des loyers à eux-mêmes (loyers dits «imputés»). 4. Les chiffres concernant l habitat au Blanc-Mesnil sont issus du Plan Local d Urbanisme et de la commune réalisé en 2006 et du rapport de l Observatoire Social du Développement Urbain réalisé en 2005 et mis à jour en juillet Mis à part, l office départemental (l Odhlm 93), qui ne possède qu un faible contingent de 223 logements à la Cité Alizard (alors qu il est le plus important bailleur du département, avec logements en 1998). 6. Il existe plusieurs bailleurs qui possèdent moins de 500 logements dont : La Résidence Urbaine de France (RUF) : 409 logements, Sobegim / Semipfa : 295 logements, Scic Habitat : 280 logements, Batigère : 280 logements, Domaxis : 261 logements, Ogif : Sci Notre- Dame : 236 logements, Efidis : 265 logements, Sodedat 93 : 225 logements, l Odhlm 93 : 223 logements, Toit et Joie : 70 logements. Chiffres extraits du PLU. 7. Les informations concernant Vilogia et le groupe CMH sont issus du rapport d activité 2008, disponible en ligne. 8. Certaines personnes désirant conserver l anonymat, nous avons préféré modifier les noms et certaines informations concernant ces témoignages (âge, étage et présence dans l immeuble sont donnés à titre indicatif et approximatif volontairement). 9. Un logement insalubre est un logement qui présente des risques pour la santé des occupants (ou pour le voisinage). Cette notion d insalubrité ne doit pas être confondue avec celle d indécence, qui constitue le non respect des critères de décence fixés par un décret daté du 30 janvier Les réclamations écrites de locataires concernant l insalubrité des logements sont adressées aux Ddass ou aux Services Communaux d Hygiène et de Santé (Schs). En cas de problème d indécence, le particulier peut saisir le Tribunal d Instance. Une fiche logement décent est consultable sur le site : rubrique infos pratiques. En cas d insalubrité avérée (nombreux critères défavorables, risques pour la santé) : la procédure prévue par le Code de la Santé Publique est mise en œuvre par la Ddass ou les Schs). (Articles et suivants du Code de la Santé Publique : 10. Les charges payées par les locataires sont en moyenne plus élevées dans le secteur social (141 /mois) que dans le secteur libre (112 ). Cela s explique par la composition des deux parcs. Le parc social comprend en effet davantage de grands immeubles jouissant d équipements collectifs et moins de maisons individuelles que le parc privé. En outre, les appartements du parc social, qui logent des familles plus nombreuses, sont plus spacieux. Alain Jacquot, Blandine Jezequel et Christelle Minodier, Les charges dans le budget des locataires, Insee Première, n 990 novembre dossier dégradation des conditions de vie des habitants

5 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:10 Page5 Vu d ici n o 13 page 5 Peur sur la ville, peur pour l avenir témoignages Contes soufis à la Maison pour tous du Chemin Notre-Dame, Photo Américo Mariano Samedi matin, 9h30 à la Maison pour tous du Chemin Notre-Dame (cité du 212), quelques parents s affairent, préparent la salle pour la réunion. D ordinaire ils se réunissent le mardi soir à partir de 19h, tous les deux ou trois mois. Cette formule du samedi est une tentative pour rencontrer plus de monde, alors on essaie en se disant «On sera peut-être plus nombreux». Les invitations ont circulé, dans le cahier des enfants via l école, par le bouche à oreille. Juste une invitation entre parents du quartier; le thème est libre, on peut passer par curiosité, rester un peu, repartir, chacun choisit. Les premiers parents arrivent, quelques habitués. «Tu prends un café, un thé? Installe toi». Florence et Sabrine se lancent: «Nous souhaitons être le lien entre les parents et l école, proposer un espace où l on peut discuter entre nous sur la scolarité de nos enfants, partager nos ressentis, nos inquiétudes, trouver des réponses à nos questions» Ils sont sept, puis neuf, petit à petit d autres parents arrivent, hommes, femmes avec ou sans enfants. M. A.: «Je suis venu pour parler du collège, des problèmes qui reviennent sans cesse. Mon fils m a téléphoné au travail pour me parler d un jeune qui s est fait taper dessus, il a peur, il s est enfermé à la maison, ça m a fait mal, j ai quitté le travail pour venir le voir» M me P. : «Les grands qui font ça ne se rendent pas compte de l impact sur les petits. Les plus petits ont peur d aller dehors. Mon fils a même peur d aller au sport.» Une autre mère poursuit «Mes enfants ne veulent même plus descendre pour jouer, je dois aller avec eux, on a peur que ça recommence». Elle fait allusion au drame survenu dans le quartier la nuit du 21 juin 2009 où des bagarres entre jeunes ont abouti à la mort de l un deux. Pour beaucoup, dans le quartier, le traumatisme est encore là, tout frais comme si c était hier. Ils ne comprennent pas pourquoi des jeunes en arrivent là. Une autre exprime ses craintes: «Mes enfants ne veulent même plus aller dans d autres quartiers, ni au sport, encore moins faire les courses». M me Z. se plaint des bus, «Ils ne passent plus dans le quartier depuis jeudi, encore, ils nous laissent à l aéroport». «Moi je suis chauffeur de bus, je ne travaille pas sur les lignes de Blanc-Mesnil mais là quand même c est devenu grave, c est tout le monde qui trinque à cause de quelques uns. Notre boulot c est de transporter les gens. Je ne comprends pas pourquoi ça se passe comme ça, c est pas normal», renchérit M. Ba. S.: «Mais il faut vraiment qu on se mette dans la tête que ceux qui font ça sont une minorité et qu en réalité la majorité des gens veulent la paix, la tranquillité, c est ça qui est dommage». La parole circule un long moment d un parent à l autre, d abord pour faire état d un ras-le-bol général, puis progressivement pour imaginer les réponses possibles à apporter pour enrayer ces phénomènes. Si des idées de sanctions plus fermes pour les jeunes commettant ces actes sont évoquées, le constat est aussi fait que les sanctions existent et qu elles n ont pas permis de juguler ces montées sporadiques de violence. Il y a donc autre chose à trouver. Ne serait-ce que s arrêter sur les causes qui conduisent des ados, des jeunes à ce type de comportement. D autres évoquent la responsabilité des parents; «Tu peux tout faire pour éduquer ton enfant mais une fois dehors avec ses copains ton enfant n est plus à toi, il veut être avec les autres, comme eux, et des fois c est aussi faire des bêtises ensemble». F. : «Y en a dans le quartier qui sont derrière les barreaux, ça n a pas permis de dissuader les autres. Le véritable problème c est le mal-être des jeunes. L échec scolaire, pas de travail, de formation. Comment peut-on agir sur cela? Libérer la parole. C est très important de mettre des mots sur ce qui ne va pas. Nous, ils nous échappent à 16, 17, ou 18 ans, ils peuvent se comporter comme des anges à la maison, ils écoutent, ils obéissent mais ils ne nous appartiennent plus quand ils sont dehors. Nous seuls, nous ne pouvons rien faire, on a beau leur donner la bonne éducation. Il faut mettre les jeunes au centre, pour qu ils prennent conscience de ce qu ils font, de leurs manques, de leurs frustrations. Il y a des besoins. Nous tous isolés, nous ne pouvons absolument rien faire.» S appuyant sur le dépouillement des recherches empiriques menées ces quinze dernières années, on estime que dans une minorité de cas liés à une reproduction intergénérationnelle de la violence (ou de pratiques délinquantes) et caractérisés souvent par des manifestations infantiles précoces, la famille ne joue pas un rôle direct dans l apparition de la délinquance. La plupart du temps, la délinquance apparaît à la pré-adolescence ou à l adolescence, en liaison avec un contexte psychosocial spécifique (la relégation sociale et spatiale, la marginalisation scolaire, la perception du racisme), et sous l influence directe des groupes de pairs. Dans cette situation, face au «On n habite pas le quartier, c est le quartier qui nous habite» risque de renforcement de la délinquance, la famille joue un rôle de prévention et de contrôle. 1 M. X. : «On n habite pas le quartier, c est le quartier qui nous habite». Si dans un premier temps chacun s est exprimé sur les peurs qui l animaient, la deuxième partie des échanges s est orientée sur les causes de ces phénomènes. Sabrine: «Il faut faire attention car ce n est quand même pas cela tous les jours, il y a de temps en temps des tensions mais pas plus qu ailleurs et puis s isoler sans savoir vraiment ce qui se passe ne rend pas service.» Les rumeurs vont bon train et effectivement il se raconte tout et n importe quoi sur le moindre évènement dans la ville, alors des espaces d échanges comme celui-ci sont importants. Ils permettent de ne pas se sentir seul, de rencontrer d autres adultes du quartier, d extérioriser les peurs, les craintes. C est surtout un espace où la pensée et la raison reprennent le dessus, où nous pouvons ensemble partager des ressentis tant sur les faits que sur les causes et ainsi réfléchir collectivement aux propositions d amélioration de la situation. Florence revient sur une initiative de parents qu ils avaient impulsée en octobre 2009, suite à une succession de conflits entre groupes de jeunes des différents quartiers et établissements scolaires de la ville. Ils avaient sensibilisé d autres parents en les invitants à une réunion au collège, plus de 50 personnes se sont déplacées. Ils répondaient d ailleurs eux-mêmes à une demande très forte des parents du quartier venu nombreux (30 personnes) à une des réunions qu ils animaient un mardi soir. Sabrine: «C est pour ça qu on a fait la semaine d accompagnement. On commençait à sentir que ça chauffait un petit peu, juste avant les vacances de la Toussaint. On a organisé des rencontres à des points visibles avec le collège, nous avons discuté avec les jeunes, pour leur montrer la présence des parents et qu on ne voulait pas laisser passer ce genre de choses. Peut-être, qu il faudrait renouveler cette opération?» Au-delà de ces initiatives ponctuelles le constat est fait d un vide pour les jeunes, peu d activités, d espaces ouverts, peu de propositions d action collective. Comment leur donner envie de s inscrire dans des dynamiques valorisantes? M me A.: «Pour nous de toute façon c est trop tard, on nous a abandonnés, sans parler du racisme, mais nos enfants, ils sont intelligents, pleins de vie, pleins d envies, ils doivent pouvoir comme les autres avoir des projets, du travail.» S.: «Je pense effectivement qu individuellement, on ne les met pas assez en valeur». F.: «Il faut leur faire confiance, leur montrer qu ils sont capables de faire quelque chose.» Mme P.: «Ils n ont pas d activité parce qu on les voit les après-midis quand il n y a pas école, les week-ends pareil et le soir.» L enquête réalisée dans les quartiers de Toulouse atteste des mêmes préoccupations de parents, et ce quels que soient les quartiers.

6 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:10 Page6 page 6 Vu d ici n o 13 «Ce qui frappe en premier c est leur conscience aiguë des risques encourus par leurs enfants (échec scolaire, toxicomanie, délinquance, suicide, démoralisation, image négative d eux-mêmes, chômage ). Les ménages apparaissent à la recherche constante du maintien de leurs équilibres constitutifs (dans les domaines économique, affectif, moral et social). Leur vie quotidienne est faite d une succession de résolutions de problèmes» 2. Le premier étant toujours de payer le loyer sans retard. Mais, trouver un soutien scolaire pour leurs enfants, économiser quelques ressources pour les fêtes, ne pas montrer sa fatigue, son découragement ou sa révolte, sont aussi des défis quotidiens. Alors à l image de beaucoup de parents inquiets de l avenir de leurs enfants, conscients que les choix politiques de toutes ces dernières années n ont jamais été en faveur d une réelle justice sociale, encore moins d une égalité réelle, ils se mobilisent encore, trouvent le temps, l énergie pour entraîner avec eux les familles, les jeunes et les institutions. Afin que la situation s améliore, un tant soit peu, dans ces quartiers que l on sait relégués. Florence, Zouina et l amicale des parents 1. Muchielli Laurent, Recherches et prévisions, n Delcroix Catherine, Les parents des cités : la prévention des risques encourus par les enfants, Annales de la recherche urbaine, 1999, n Le rapport de l Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) dresse chaque année un bilan de la politique de la ville. Les Zus sont les 751 quartiers retenus par les pouvoirs publics pour être la cible prioritaire de la politique de la Ville. Environ 5 millions de personnes y habitent. Au Blanc-Mesnil, sont déclarés Zus les quartiers nord de la ville (Cité 212, Grand Ensemble des Tilleuls, Cité Floréal Aviation). Quelques extraits du rapport de novembre 2009 : Les problèmes sociaux s y concentrent toujours davantage. Les disparités scolaires se creusent (deux fois plus d enfants qu ailleurs y accusent en sixième un retard de deux ans) et s expliquent, dit le rapport, par l origine ethnique et la catégorie sociale des individus concernés. Ces difficultés scolaires sont redoublées par un taux de discrimination manifeste. L écart de réussite entre les collégiens de Zus et les autres s accroît. En 2008, pour les 15 / 24 ans de sexe masculin, ces zones affichaient un taux de chômage de près de 42 %. Le taux de ces jeunes sans emploi a augmenté de six points entre 2007 et L emploi stable leur est moins accessible et pas seulement faute de qualification, note l Onzus qui pointe l enclavement, l absence de réseau personnel et «d autres discriminations». La pauvreté y sévit plus qu ailleurs (le revenu fiscal y est globalement inférieur de moitié à celui des autres territoires) et frappe tout particulièrement les jeunes de moins de 25 ans (40 % à 45 % d entre eux vivent sous le seuil de pauvreté). En matière de sécurité, la délinquance de proximité est inférieure de 12 % dans les Zus par rapport à leurs circonscriptions de rattachement mais «le sentiment d insécurité au domicile ou dans le quartier est plus important». Chaque année environ jeunes sortent du système scolaire sans diplôme ni qualification et éprouvent les plus grandes difficultés à trouver un emploi. A la différence d autres pays, le niveau scolaire en France est un facteur essentiel justifiant la position sociale ou le salaire. Pour la Cnaf, au 31 décembre 2008, environ 36% des bénéficiaires de prestations servies par les caisses familiales de France peuvent être qualifiés d allocataires à bas revenus, «cette proportion dépasse 58% dans les Zus». Enfin, plus de 36% des personnes appartenant à un ménage immigré vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 910 euros mensuels, selon une étude de l Insee publiée vendredi 2 avril Soit un taux supérieur de 25 points aux ménages non immigrés. Cette proportion atteint 42,7% quand la personne est native d Afrique, tandis qu elle tombe à 24% quand la personne est originaire de l Union européenne des Quinze, une référence choisie pour son niveau de développement équivalent à la France. L Insee précise qu est désignée comme «personne immigrée» une personne née à l étranger ou de nationalité étrangère même si elle a ensuite été naturalisée française. Sites pour en savoir plus: Z.M. Mobilisation des habitants La réunion, qui s est déroulée le 17 mars, à 18h30, à la maison des Tilleuls a drainé une quarantaine de personnes autour de la présence de deux avocats ainsi que d un membre de la CNL (Confédération Nationale du Logement, syndicat de locataire auquel est affiliée l amicale des locataires de la tour Maurice Audin), de Nadia Kadi, chargée de mission, Politique de la ville et vie des quartiers et Sabrina Bousekkine, adjointe à la jeunesse, à l adolescence et à la lutte contre les discriminations. Cette dernière a annoncé que la municipalité par l intermédiaire de l adjoint du maire au logement, M. Vadillo, et la coordination des amicales de locataires avaient alerté Photo S. H. B. le préfet des difficultés rencontrées avec Vilogia. Une première rencontre a eu lieu au Raincy entre les élus de la ville et les représentants de Vilogia en présence du souspréfet. Après la présentation et les interventions à la tribune (et la dissipation des malentendus: plusieurs personnes pensaient rencontrer des représentants de Vilogia), la réunion a porté sur les modalités de reformation de l amicale de locataires de la tour Maurice Audin, dissoute quelques mois plus tôt. Les trois personnes volontaires lors de la réunion précédente ont été rejointes par trois nouvelles, formant à elles six le noyau du nouveau bureau provisoire de l amicale des locataires. M me Hajar Elouadoudi a été désignée comme porte-parole (en attendant la convocation en assemblée générale avec pour ordre du jour la reconstitution d un bureau). La nécessité de la démarche d adhésion à l amicale a été rappelée ainsi que son prix (27 euros). L amicale permettra de poursuivre la mobilisation en cours, qui a donné lieu à une pétition et au projet d aller manifester devant l agence parisienne du groupe et de déposer, en mains propres, la pétition à la direction de Vilogia, en lui demandant de prendre des engagements avec des échéances précises. Les différentes actions de mobilisation ont été passées en revue et débattues. Les avocats ont déconseillé de consigner des loyers et des charges sans une décision de justice. Ils ont insisté sur la complémentarité des démarches individuelles (action en justice) et collectives (amicale, syndicat de locataires) et sur la nécessité d épuiser toutes les voies de recours amiables avant d engager une procédure en justice. Dans cette dernière alternative, ils ont présenté l intérêt de regrouper les dossiers individuels afin qu ils soient traités en même temps. Les demandes d aide juridictionnelle ont été évoquées afin de ne pas supporter des frais de justice trop élevés. La fin de la réunion a porté sur des demandes personnalisées auprès des avocats concernant notamment des réparations qui n ont pas été honorées ou des prélèvements injustifiés ou abusifs du bailleur. S. C., C. G., F. H. et S. H. B. 1. Maître Ysmene Berion qui réalise les consultations juridiques tous les quinze jours à la maison des Tilleuls, accompagnée de maître Mannarino, avocat au barreau de la Seine-Saint-Denis, spécialisé en droit de l habitat et dans la défense des locataires. 2. M. Antounes, M me Helouadoudi, M. Siccoko, M me Faleras, M. Jeanneau et M me Vincent. 3. Voir dossier dégradation des conditions de vie des habitants

7 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:10 Page7 Vu d ici n o 13 page 7 Les transports publics : un service «pour» ou bien «contre» le public concerné? reportage Avons-nous besoin d ouvrir un dictionnaire pour donner une définition de ce que serait le «transport public»? Un service public ne signifieraitil pas «un service au service du public» afin de rendre sa vie plus facile? Pourquoi alors tant de frustrations chez le «public» concerné? Aucun des «clients» abonnés aux trois et quatre zones de ce service qui ont été sondés dans notre commune du Blanc-Mesnil pour écrire cet article n a répondu par la satisfaction. A l unanimité, les réponses ont été négatives. Encore un peu et on me prenait pour la cible à attaquer, pour une fois que quelqu un s intéresse à eux, à leurs conditions de voyage désastreuses. Mais ça n a jamais atteint une si longue période de perturbations et ce depuis l automne 2009, jour après jour, mois après mois. «Chaque matin, j angoisse tellement d être en retard à mon travail, car j ai déjà eu plein de remarques et d avertissements de mon employeur, j ai vraiment peur de perdre mon emploi» me dit une jeune femme. Les patrons ne veulent plus entendre d excuse du type: «Ce n est pas de ma faute, c est le bus, il n avançait pas, la route était bouchée». Pour lui, il suffit de se lever plus tôt. Bah oui, tout le monde devrait se lever plus tôt, les usagers des transports publics, et ceux qui prennent leur véhicule aussi, comme ça la route serait bouchée plus tôt, non? J ai une autre idée: camper devant son travail, ne pas rentrer chez soi, on est certain d y être le lendemain matin! Mouna confie: «Moi c est le soir. Je fais de mon mieux pour essayer de rentrer un peu plus tôt. Je ne prends pas de pause le matin, ni l après-midi. Et je mange en vingt minutes maximum. Je me fais toute petite, car mes collègues croient que je gruge. Tout ça pour ne plus infliger à ma fille de se retrouver au commissariat à cause des annulations de train, comme c est déjà arrivé, un soir horrible où je ne savais comment faire pour rentrer». Retards, annulations, pas de trains de tout: pour quoi faire des trains?! Les gens qui ont des enfants à aller chercher dans les institutions telles que garderies, crèches, écoles, eh bien ils n ont qu à se faire pousser des hélices et voler comme l inspecteur Gadget. Quelle bonne idée: des hélices individuelles, on va exploiter le concept, ça se vendrait mieux que les téléphones toutes options que les usagers tripotent sans cesse afin d essayer de se distraire un peu. «Et vous, racontez-moi», ai-je demandé à un homme marqué par la lassitude et la résignation: «Hier matin, par exemple, j attendais le bus à un arrêt où quatre lignes passent. Eh bien on a attendu vingt minutes. Le bus est arrivé, plein à craquer, les portes ne s ouvraient pas tellement les gens étaient serrés. Bah, j ai pas pu monter dedans! Et derrière, deux autres bus à moitié vides sont passés sans s arrêter, car personne ne descendait à notre arrêt, et ils n ont pas tenu compte de nos gesticulations, ils pensaient que celui qui s est arrêté allait nous prendre tous. Résultat: encore une attente interminable, au lieu d être à mon travail. Que faire? Dans ce froid en plus 1. J ai vraiment les nerfs, mais je n ai aucune solution à tout ça, je suis obligé de prendre le bus, pour aller ensuite prendre le RER, qui connaît des retards aussi tout le temps, c est la misère». Vive le pays industrialisé qui ne rate jamais le sommet du G8! «J ai souvent l impression que nous n existons pas, tellement on se déplace dans de mauvaises conditions, entassés, coincés dans les bouchons, avec les odeurs en prime. A faire un trajet de cinq minutes en trente minutes, on devient fou, les gens sont résignés mais souffrent beaucoup», dit Agnès. Question aux «Décideurs» : les bus qui longent la Nationale 2 ne desservent pas la Gare RER du Bourget, ils ont des arrêts sur la N2 même, ce qui oblige les usagers à marcher, traverser la N2, ce qui n est pas sans danger et ce qui prolonge le trajet encore (voir les flèches en rouge et en rose). Pourquoi les bus ne passent-ils pas à la gare directement (surtout que certaines lignes le font déjà)? Les rues existent, il suffit d aménager là un passage pour les bus. Mais peut-on attendre des pouvoirs publics de penser à le faire alors que depuis 17 ans que j attends mon bus sur cette nationale où 6 lignes passent, pas un abri bus n existe pour abriter les nombreux voyageurs qui attendent sur les trottoirs trop étroits, dans les conditions climatiques difficiles de notre région? Bon nombre de voyageurs convergent du Blanc-Mesnil Et les gens qui prennent leur véhicule pourraient facilement y renoncer afin d emprunter le transport en commun, ce qui serait sans aucun doute un geste pas négligeable pour notre environnement vers la gare RER du Bourget et inversement en empruntant plusieurs bus, notamment le 152, 609, 610, 607, CIF 1. Faisons une simulation: si chaque bus passait à l heure indiquée sur les affiches, au lieu de passer en file les uns derrière les autres, après que les usagers aient attendu longtemps, ne serait-ce pas plus convenable? Imaginons ce qui pourrait se passer sur le tronçon commun : nous avons, disons, 4 lignes de bus qui ont 3 passages chacun par heure, 4 lignes x 3 passages = 12 L intérieur du CIF, pas trop plein. Ils attendent tous d y monter Photos Suat Istanbullu passages divisés par 60 minutes = un intervalle de 5 minutes. Le temps d attente pourrait être de 5 minutes entre chaque bus: un rêve irréalisable? Mais pourquoi rester fataliste? Et les gens qui prennent leur véhicule pourraient facilement y renoncer afin d emprunter le transport en commun, ce qui serait sans aucun doute un geste pas négligeable pour notre environnement Ce serait bien aussi de faire une route comme dans le Valde-Marne, un tram-bus, où les véhicules transportant les usagers ne rencontrent jamais d obstacle: en effet, il s agit de voies sécurisées et exclusives aux bus, qu aucun autre véhicule ne peut encombrer. Nous soulignons ici l absence totale de couloir d autobus sur la large N2 Les gens contraints de monter rapidement et «sauvagement» par la descente, ne valident évidemment pas leur titre de transport. Ce qui signifie que le bus comptabilise moins de voyageurs qu il y en a en réalité. Un autre problème à résoudre. Le plus choquant, c est de voir dix contrôleurs verbaliser les gens qui n ont pas validé leur pass navigo : quand on est obligé de monter par derrière, on ne peut pas venir devant, là où se trouvent les bornes pour valider ce pass. J ai réussi à me glisser ce matin. Je tiens juste à côté du conducteur. Je peux même l aider à tourner le volant s il

8 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:10 Page8 page 8 Vu d ici n o 13 me le demande. On entend, de derrière, quelqu un dire des «pardon, pardon, je voudrais passer». Un jeune garçon pointe son nez et demande au conducteur de bien vouloir le laisser descendre, car la route est trop bouchée, il va «être en retard à l école». Le conducteur ne peut pas le laisser descendre, «pour raison de sécurité», et ajoute agacé qu il ne peut pas faire le taxi ici, il y a des arrêts, il faut l accepter. Le garçon se met à le supplier «Mais au prochain arrêt que votre bus ne dessert pas, vous pourriez me laisser descendre, exceptionnellement, je vous en prie Monsieur». «Je vais voir ce que je peux faire», finit par laisser échapper le conducteur. Entre temps, treize minutes sont passées, pour faire cent-cinquante mètres. Il a eu beaucoup de mal à se rabattre sur la file de droite, mais il a insisté, car les automobilistes énervés ne voient même pas qu un bus essaye de faire une manœuvre, ou ne veulent pas voir. Nous avons mis vingt-cinq minutes pour faire un trajet de trois cents mètres en ligne droite. Trente-cinq minutes pour arriver au métro La Courneuve 8 mai 1945, au lieu de dix minutes. Mais, estimons-nous heureux d avoir nos lignes de bus. Ce n est pas le cas toujours pour tous. Rappelons-nous la ligne 148: les agressions des conducteurs de cette ligne ont mené à isoler encore plus le quartier des Tilleuls, les conducteurs refusant d y passer. La violence a eu raison: elle a généré la hantise des conducteurs, mais aussi la hantise des usagers qui ont peur de monter sur cette ligne «à haut risque». On peut encore noter les griefs suivants: Les usagers sont ballottés dans les modèles de bus actuels, il faut s accrocher fermement si on n est pas assis. Or, lorsque nous sommes trop nombreux, on n a pas de quoi se tenir à portée de main. Monter et descendre dans ces bus trop hauts demeure périlleux pour les personnes fragiles ou avec une poussette, un enfant, un sac de courses, et inaccessibles aux handicapés : des modèles offrant un confort de voyage existent pourtant. Les horloges dans ces bus ne sont pas réglées et affichent des heures abracadabrantes: est-ce si difficile de les régler? On ne peut même pas compter sur une horloge correcte! Il y a des choses comme ça, je me demande vraiment pour quoi ça existe. Tout comme ces écrans qui ont été accrochés juste devant le signal lumineux «Demande d arrêt», de telle sorte qu on ne peut pas voir si la demande d arrêt est bien prise en compte ou pas. Sur ces écrans, idem, l heure n est jamais exacte, c est très aléatoire, au point que si quelqu un s y fie, c est fichu. L affichage électronique du temps d attente n existe que pour le 152 et 133, et les autres? La gare RER du Blanc-Mesnil: quand il y a des perturbations, le RER arrive souvent déjà plein et est rendu omnibus, alors que des RER vides passent. On stationne souvent à Saint-Denis pour laisser les RER pressés, vides serait-ce si difficile de revoir cette pratique? Et pour aller plus loin, voilà quelques propositions: Pourquoi la ligne 7 du métro ne serait-elle pas prolongée jusqu à la zone du Pont Yblon et aux parcs d activités du Bourget? Faut-il attendre 2030 pour cela? Pourquoi ne fait-on pas des tunnels qui desserviraient les sorties d autoroute pour décharger les petites voies des nombreux camions et poids-lourds qui vont vers les zones d activité des communes du Bourget, Blanc-Mesnil, Aulnay? Pourquoi n y aurait-il pas de pistes cyclables sur les voies comme la N2 qui pourraient encourager bien des personnes à prendre leur vélo (à condition d avoir un lieu sécurisé pour stationner leur engin et être certain de le retrouver après)? Pour essayer de changer les choses, des actions sont nécessaires, et elles ne doivent pas venir forcément des autres, mais de nous-mêmes : notre union peut faire changer le cours de notre quotidien. Il existe de nombreux sites Internet sur le sujet des transports dans notre région, ainsi que des initiatives individuelles ou collectives, je vous en propose ci-dessous quelques uns qui pourraient éventuellement vous inciter à réagir. Cela ne tient qu à nous également d essayer d adopter une attitude positive, de respecter un minimum de savoirvivre et de courtoisie (ne pas déranger avec le téléphone ou la musique), se saluer à l arrêt de bus, de se parler au lieu de ruminer ou de marmonner des choses incompréhensibles en s énervant, de sourire aussi, de comprendre et respecter le conducteur au lieu de pester contre lui Si vous avez d autres propositions, elles sont les bienvenues. Bonne route! Suat Istanbullu 1. Rappelons les températures en dessous de O en cet hiver interminable. Association des Usagers des Transports fnaut Ile-de- France Fédération des Usagers des Transports et des Services Publics Les Galériens du RER B RER B, Retards Ensemble Réagissons Projet de modernisation du RER B au nord A l initiative de la RATP et de la maison des Tilleuls, une rencontre sportive (mais pas seulement!) s est tenue entre les habitants du quartier et des agents de la RATP, le 21 avril après-midi, à l occasion de l inauguration du terrain Juste Héras (à côté du collège Descartes). Une occasion d engager le dialogue que nous espérons voir poursuivi. La confiance envers et contre tout point de vue En fait, je ne m y attendais pas, vous me direz on ne s y attend jamais mais au-delà de ça j ai toujours eu dans ma vie la vilaine habitude de faire confiance Et voilà, après une réunion au centre social des Tilleuls je rentre chez moi et là quand je m aperçois que mon porte-cartes a disparu de mon sac, alors les choses s écroulent autour de moi. Pourquoi? Pas parce que j ai été volée, enfin si, mais ce n est pas l action par elle-même qui m atteint le plus mais où cela a eu lieu! Cet endroit, ce centre social que je fréquente depuis quelques années maintenant, dans un «quartier», voilà, mais moi cela ne m a pas empêchée d y aller régulièrement, même si je n ai pas grandi dans une cité, avec tout ce que cela impliquerait soi-disant, c est-à-dire la mentalité, les réflexes, etc. On me dit depuis longtemps «ah oui, c est aux Tilleuls, ah oui et ça craint pas?», voire «ce n est pas dangereux, la zone» Moi de répondre, «quand tu connais c est un endroit comme un autre!» C est aussi que je pensais avoir trouvé le comportement juste à adopter avec les uns et les autres, petits et grands, garçons et filles, et à ce moment là, quand j ai découvert le vol, je me suis direct remise en question quand à tout ça. Pourtant depuis le temps, ils me connaissent, ils me respectent? Est-ce qu ils me respectent vraiment? Enfin, d un autre côté mon nom n était pas «marqué» sur mon sac et je me dis «après tout, peut-être ils ne savaient pas que c était le mien de sac!» Mais franchement, tout ça me travaille tout de même, j avoue. Deux jours plus tard, il est 18 heures, et le centre social m appelle: mon porte-cartes est revenu! Sans carte bleue, certes, mais il est revenu à l accueil et tout le reste y est, alors là je respire Pourquoi j ai décidé de coucher sur papier cette expérience? Mon objectif premier est de dire merci, pas pour le vol bien-sûr mais pour le respect qui a sûrement favorisé le retour de mon bien, ce qui me conforte donc dans ma pensée initiale de pouvoir continuer à faire confiance en l être humain et ceci où que cela se passe. D autre part, je m en vais vous exposer en quelques mots ma définition de la confiance: c est la foi dans laquelle nous avons tendance à nous réfugier, cette assurance et cette crédulité que nous utilisons envers nos prochains, ce crédit que nous accordons aux autres, même sans les connaître, afin de ne pas vivre dans la peur et la méfiance jour après jour. Cette confiance nous permet de vivre mieux au quotidien, ce n est pas quelque chose qui s achète mais qui se mérite et lorsque l on décide comme moi de l accorder sans crédit aucun, alors je pense à voix haute et vous dis que rien que pour ça elle vaut la peine d être respectée Ourida B. dossier dégradation des conditions de vie des habitants

9 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:10 Page9 Vu d ici n o 13 page 9 16 ème Parlement des enfants initiative (Depuis 1994, l expérience du Parlement des enfants se renouvelle avec succès. Le président de l Assemblée nationale et le ministre de l Éducation nationale en organisent conjointement la 16 ème édition. La séance finale rassemble au Palais Bourbon les 577 délégués juniors des classes de CM2 participantes, et se tiendra cette année le samedi 5 juin Chacune des classes est invitée à élaborer collectivement une proposition de loi et à élire un délégué junior. Le jour du vote au Palais Bourbon, les délégués juniors choisissent la meilleure loi parmi les trois sélectionnées par un jury national Proposition de loi visant à soutenir les adolescents dans leur quotidien Présentée par Sharif Aitmamar, Yohann Augustinien, Mélina Bakabafoua, Mehdi Bendjebbour, Imane Chitour, Cécilia Delandtsheer, Chama Hadri, Yacine Hedada, Fatima Ibrahim, Jennie Item, Laurent Jin, Lyandy Jovial, Myriam Khababa, Daisy Kossi, Djibril Lecroq, Thomas Malvoisin, Anis Moumou, Ilyes Nedjai, Matéo Nivelle, Khaina Rachid, Chelsea Samba, Carolle Seri, Maeva Sioumandan, Allyssa Zouggar. Elèves de la classe de CM2 de l école élémentaire André et Jean Lurçat du Blanc-Mesnil (Académie de Créteil) Exposé des motifs Mesdames, Messieurs, C est à l occasion d un travail sur le 20 e anniversaire de la Convention internationale des droits de l enfant, que nous avons été interpellés sur la situation des adolescents pour lesquels l état était trop absent. Malheureusement le gouvernement n est pas le seul à délaisser ces jeunes. En effet nous vivons dans une société d adultes qui en est effrayée. Le manque d informations, d écoute et d expression provoque chez ces jeunes la colère et le mal-être. Comment croire en l avenir et avoir confiance en soi quand tout le monde s éloigne de cette jeunesse? Nous sommes arrivés à ce constat en lisant le travail conséquent de la défenseure des enfants Madame Dominique Versini et en auditionnant des acteurs de la jeunesse ainsi que des collégiens et lycéens. Même Monsieur le président de la République Nicolas Sarkozy a proposé d engager une grande politique de prévention de la dépression et du mal-être. Tous les intervenants que nous avons rencontrés (psychologue scolaire, élus à la jeunesse, professionnels de la jeunesse, infirmière et conseiller principal d éducation du collège, lycéens, collégiens, travailleur social, députée) s accordent à dire la même chose : Les jeunes vivent difficilement leur adolescence. Ils ne connaissent pas leurs droits et leurs devoirs. Il n existe pas de lieu identifié de tous où ils puissent s exprimer et s informer. Ils ne sont pas informés de tous les dispositifs mis en place à leur intention. Les lieux à disposition sont souvent excentrés de leur domicile. S y rendre sans informer les parents est alors impossible. L accès aux loisirs n est pas un droit respecté car il nécessite souvent d avoir de l argent. Cela crée frustrations et inégalités pour les jeunes qui sont dans le besoin. Photo Américo Mariano Nous qui sommes à l entrée de notre adolescence nous voulons agir pour préserver notre avenir ainsi que l avenir des générations futures. Réagissons et donnons la possibilité aux jeunes d être mieux dans leur peau, de comprendre et d être compris afin d installer une confiance mutuelle qui puisse redonner confiance en l avenir. Parce que la loi doit ouvrir des droits pour chacun, tous les adolescents ont le droit d être informés, d être protégés, d accéder aux loisirs et de disposer des lieux qui existent pour eux. Parce que le loisir est un élément essentiel de la construction de l Homme depuis son enfance, ce qui a été prouvé tout au long de l histoire, il est urgent que chacun puisse y accéder pour s épanouir. Puisque c est une question qui concerne l adolescence, le financement de ce budget consacré à améliorer nos vies fera l objet d un effort conjoint entre le ministère de l éducation nationale et celui de la jeunesse et des sports. C est la raison pour laquelle, nous avons choisi quatre articles : Article 1 L obtention d une clé USB en classe de CM2 permettra d étendre les compétences attendues dans le domaine des TICE. Elle sera gérée par l enseignant qui en expliquera l utilisation au travers du B2i. Article 2 Parce que sont déjà inscrits dans les programmes du collège l étude de questions de société telles que le handicap ou encore la discrimination, il est important que d autres questions qui préoccupent les élèves soient abordées. Celles-ci seront déterminées conjointement entre le professeur et les élèves. Article 3 L intervention des différents acteurs au sein des établissements sera décidée par l équipe pédagogique conjointement avec les élèves. Article 4 Une carte culture et loisirs accompagnée de bons prépayés permettra aux jeunes qui n ont pas la possibilité d accéder aux loisirs d en avoir un accès gratuit en fonction des revenus de leurs parents. Proposition de loi Article 1 er Tout adolescent qui est en fin du cycle 3 à l école primaire reçoit une clé USB dans laquelle il trouve : 1. Toutes les informations répertoriées : a. sur les changements psychique et physique b. les droits et les devoirs 2. Une liste des lieux d accueil par département 3. Des informations officielles relatives à l accessibilité d Internet 4. Des liens vers les sites et forums sécurisés et gérés par des professionnels qui agissent auprès des jeunes sur des sujets tels que : a. le mal-être b. la santé c. la sexualité d. la prévention et la sécurité 5. Les lieux de loisirs accessibles et les différents tarifs les concernant. Article 2 Au collège, l heure de vie scolaire et des cours d éducation civique sont consacrés aux débats de société qui interrogent et inquiètent les adolescents, ceci en alternance avec les cours proposés par le professeur. Article 3 Dans les collèges, les lieux disponibles sont utilisés pour que les élèves puissent s informer, libérer leur parole, débattre, exprimer leurs souffrances et accéder à des possibilités d avenir certaines. A cet effet, psychologues, professionnels de la jeunesse, associations, travailleurs sociaux peuvent être invités. Article 4 Chaque jeune entre 11 et 19 ans dispose d une carte culture et loisirs accompagnée de bons prépayés utilisables pour régler : 1. Une entrée au cinéma 2. Une entrée dans un musée 3. Une séance de sport 4. Une entrée dans un théâtre ou un opéra 5. Des livres 6. Des tickets de transports Question à Monsieur le ministre de l Education nationale: Que pensez-vous de la situation des enfants à Mayotte en ce qui concerne l accès aux soins et l admission au sein du système scolaire? Question à Monsieur le président de l Assemblée nationale: Comment gérez- vous votre rôle à l Assemblée et votre métier de médecin?

10 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:11 Page10 Festiv i de fin d page 10 Vu d ici n o 13 Fête du 19 décembre D de Kabal en concert à la maison des Tilleuls en partenariat avec le Deux Pièces Cuisine lors de la fête du 19 décembre Les résidentes du Foyer Maria Valtat quittent la fête à 1 h du matin Ambiance pendant le réveillon solidaire du 31 décembre

11 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:11 Page11 Vu d ici n o 13 page 11 Réveillon solidaire du 31 décembre Le père Noël lors de la fête de quartier du 19 décembre 2009 au centre commercial des Tilleuls Spectacle de marionnettes pour la fête du 19 décembre ités d année Réveillon solidaire du 31 décembre

12 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:11 Page12 page 12 Vu d ici n o 13 Désaccords de la langue française au temps des immigrés récit Quand le formateur sortit de la gare RER isolée au milieu d un parc urbain verdoyant et boisé, la pluie avait cessé de tomber. Devant lui, le ciel s ouvrait sur des plaines endormies dans la nuit finissante, sous la surveillance d une file de pylônes électriques dont les bras de Titans semblaient porter tout le poids d un ciel bas. Il se réveilla enfin du sommeil qui l avait accablé pendant le trajet, un trajet qu il faisait en ce lundi pour la dernière fois. Vendredi passé, il venait de terminer son contrat de formateur FLE (français langue étrangère). Il avait fait ses adieux à la classe qu il avait eue en charge de longs mois durant. Il venait maintenant récupérer ses dernières affaires. Son contrat n ayant pas été renouvelé, il se retrouvait donc au chômage. Devait-il en être triste ou heureux? Mais que ces adieux furent émouvants. A eux seuls, ils justifiaient de croire encore à un métier déconsidéré autant que l est son public, les immigrés. Les stagiaires avaient décoré la classe, apporté toutes sortes de douceurs et de boissons et chanté des chansons. Ils l avaient comblé de cadeaux et fait une quête qu ils lui offrirent dans une enveloppe. Il en avait eu les larmes aux yeux. Il se souvint alors de son premier jour de classe. Le centre de formation l avait appelé la veille pour le lendemain sans préparation aucune. On ne s était pas inquiété de lui réclamer un programme pédagogique et d activités bien ficelé, ni même de rendre un rapport sur son activité à la fin de sa mission. Visiblement, c était le dernier de leurs soucis. Et les seuls documents à remettre qu on exigea du formateur de façon réitérée furent les feuilles d émargement des stagiaires, pièces qui justifiaient le paiement du service rendu par les financeurs au bénéfice du centre. Quand le formateur voulut qu on lui taille un portrait circonstancié de ses futurs stagiaires, on le pria de venir récupérer une liasse de photocopies établissant leur évaluation, mais il renonça, sachant par expérience qu elles étaient aussi inutiles que lucratives pour l organisme évaluateur, différent du centre tout en partageant ce même amour du travail mal fait. Evidemment il devait donner 26 heures de cours par semaine auprès de deux groupes de 15 personnes dont la composition par niveaux était toujours hétéroclite, le temps d apprentissage variant entre 200 et 400 heures selon les candidats qui ne peuvent espérer plus. Sans compter qu on ne pouvait s appuyer sur des manuels et des supports adaptés aux stagiaires comme si pour les maisons d édition ils restaient une mauvaise affaire. Heureusement qu avec le temps, il avait appris à parer à ces habitudes qui faisaient bien partie d un métier où on se targue pourtant de vouloir faire le bonheur des étrangers en leur apprenant ce «français de survie» afin de rester balayeur ou agent de sécurité. Passant le portique de l entrée du parc, après avoir traversé des prairies où s ébaudissaient des lapins, il vit enfin les tours de la cité où se trouvait la salle où il exerçait. C était un petit baraquement tout en longueur, situé au milieu de la citadelle de béton et face à un parking jonché de carcasses. A l intérieur, dans la froideur d un vieux carrelage, un profond couloir le départageait et distribuait les salles de chaque côté. D abord les WC, ensuite la salle de restauration improvisée, puis les classes aussi sobres que tristes. C était toujours mieux que ces salles en soussol mitoyennes des caves et des poubelles, les vitres donnant sur des pelouses pleines de détritus où banquetaient des rats comme dans un caboulot. Mais, en découvrant la salle du formateur, il déchanta. C était un cagibi avec une armoire remplie de tout un fatras de documents si poussiéreux qu il renonça à l utiliser. Il n y avait pas non plus de photocopieuse, ce qui l obligeait à retourner au centre pour faire ses tirages et à en revenir chargé comme un mulet en prévision des jours prochains. Cependant, il prit place dans sa classe et accueillit chaleureusement les stagiaires. Ils étaient bien plus de 15. Quatre d entre eux, trois hommes et une femme, n étaient pas inscrits à ce cours. Le formateur comprit bien vite qu ils n avaient pas de papiers. Il leur rappela qu ici on n était pas à la préfecture et qu ils n avaient rien à craindre. Et ils avaient manifesté un désir si pressant de vouloir apprendre le français qu il ne put que les inviter à rester, même si la loi ne l y autorisait pas. La femme, appelée Wardia et native de Tlemcen, ne comprit pas tout de suite les propos du formateur car sa voisine, Baya la Bougiote, avec qui elle semblait partager une grande complicité, lui faisait la traduction. Wardia remercia vivement le formateur qui ne tarda pas à se rendre compte qu elles se connaissaient bien et que c était Et le formateur s émut devant cette soif d apprendre qui animait en général ce public déshérité mais dont les moyens mis en œuvre ne pouvaient les en étancher. Baya qui l avait entraînée à tenter sa chance. Et le formateur s émut devant cette soif d apprendre qui animait en général ce public déshérité mais dont les moyens mis en œuvre ne pouvaient les en étancher. Il en était d autant plus touché lorsque, avec un respect sincère, il entendait les stagiaires chinois l appeler maître, les Tamouls «profésor» ou ceux de culture musulmane cheikh. Après ça, comment pouvait-il comprendre qu on raconte partout que les immigrés ne veulent pas apprendre le français? Passées toutes ces émotions, il entama enfin une série d activités pour faire connaissance et une évaluation. L une de ces activités consistait en un entretien oral et qui correspondait à une épreuve du DILF (diplôme initial de langue française). Il considérait cet examen cagot comme un handicap supplémentaire dans l obtention des papiers plutôt qu un instrument au service de l étude. Aussi répondait-il d abord lui-même aux questions qu il allait ensuite leur poser pour marquer la réciprocité dans l échange. Et vu que certains devaient le passer, le formateur trouvait là l occasion de les familiariser avec ce qui les attendrait. Yao, femme thaïlandaise, et ses enfants Photo Ghislain B. Sur ce arriva bientôt le tour de Baya. Il entama les questions relatives à l état civil. Après le nom, la date et le lieu de naissance, et le mariage, il aborda le chapitre des enfants. Elle ne répondit pas. Croyant qu elle n avait pas compris, il reformula de façon plus lente ses propos qu il accompagna de gestes qui allaient lui sembler bien dérisoires. Soudain elle s effondra de larmes. Désarmé, le formateur lui demanda s il avait dit des mots qui l avaient blessée. Elle avoua que non mais, à la pause, Wardia éclaira la lanterne encore trouble du formateur autour d un café chaud. Au temps où Baya était comme la pêche qui excite la convoitise des oiseaux, elles se maria avec un cousin. Stérile, il la répudia pour une autre et elle vécut ainsi sans homme. Elle lui expliqua que sa question lui avait rappelé qu elle était aujourd hui mariée à un vieil immigré veuf qui avait accepté de l épouser pour les mêmes raisons qui avaient motivé autrefois sa répudiation. Et tout ça lui était remonté comme le flot indéfinissable qui emporte les égarés. Le formateur resta hagard, bouleversé, sans un mot à ajouter en ce jour de classe qui lui donna là une terrible leçon. Et c était à Baya qu il pensait quand il arriva enfin devant le baraquement, à sa joie d avoir obtenu son DILF. Approchant de la porte d entrée vitrée, revigoré par ce souvenir de succès, de dos, il aperçut Ahmed, le collègue qui allait le remplacer, un vieux routier de l alphabétisation et ami des immigrés. Ouvrant la porte, il tomba nez à nez avec Wardia de Tlemcen qui sortait des toilettes. Cette fois, c était elle qui était en pleurs. «Que vous arrive-il Madame Wardia? Que se passe-t-il?» «C est votre collègue, il ne veut pas que je suive les cours de français! Vraiment, il n y a d exiguïté que dans le cœur Monsieur le professeur!» Farid Taalba

13 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:11 Page13 Vu d ici n o 13 page 13 Marche mondiale entretien pour Gaza Rachid Zrioui, citoyen très impliqué dans la vie sociale et politique de la ville de Montreuil, participe au Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens en tant que représentant de l ONG AFD (Alliance for Freedom and Dignity); il s est rendu à la marche mondiale pour Gaza et nous fait part de son expérience. En quoi consistait la marche mondiale pour Gaza? Qui y a participé? C était une marche qui a été initiée d abord aux Etats- Unis. Il y a eu plusieurs délégations internationales qui ont essayé d envoyer en Egypte des militants, des individus pour converger vers Gaza. Moi, j appartenais à la délégation du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Personnellement mon implication sur le terrain de la solidarité internationale se fait dans le cadre de la représentation d une ONG, un réseau européen, l AFD, et individuellement je tenais à participer à cette marche. Il y avait d autres délégations françaises et l objectif c était de s intégrer avec toutes les autres délégations internationales pour converger sur Gaza. Mais qui, plus précisément, l a initiée? Il y avait plus de 200 associations au niveau international qui ont appelé à la marche. L appel est parti des Etats- Unis et a été relayé dans d autres parties du monde jusqu en Inde, jusqu en Afrique. Il y avait vraiment un regroupement international au niveau des associations. Quels étaient les objectifs de cette marche? Cela faisait deux ans que Gaza vivait et vit encore aujourd hui sous le blocus! Un blocus soutenu par l Europe et les Etats-Unis. Alors il y avait un constat à faire, qui est toujours d actualité: 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, n arrive pas à subvenir à ses besoins élémentaires comme l hygiène et la santé. Ce sont des constats forts et on a vu que l agression israélienne de l an passé a été d une rare violence. Beaucoup s entendaient pour dire que cela s expliquait par une logique de punition collective qui était appliquée au peuple palestinien. Et on remarquait bien qu il y avait un soutien tacite d une partie de la communauté internationale. C est ce qui a fait que, de par le monde, l appel à une marche sur Gaza a eu un si fort retentissement. Je faisais partie de ceux qui pensent qu à un moment donné il faut être capable de dire stop! Comment ne pas réagir alors que des êtres humains se font coloniser et massacrer au XXI e siècle? On a des institutions mondiales qui ne font que multiplier les condamnations. Combien de fois on cite les résolutions de l ONU qui ne sont pas appliquées? Et, malgré tout, personne ne bouge! Donc, en tant que simple citoyen, que simple terrien, même si j ai des activités de représentation associative, et bien, il m appartient, comme à chaque citoyen, tout simplement, sans représenter personne, de dire: puisque les gouvernements ne sont pas capables de faire quelque chose, il ne reste que les peuples. La marche avait donc plusieurs objectifs. Le premier était d exiger la levée immédiate du blocus. Et puis nous voulions que les médias la suivent et la retransmettent au monde entier dans l espoir que ce dernier ouvre les yeux sur le drame qui se produit devant notre nez. Quand es-tu parti? Je suis parti avant Noël. Mais la convergence devait se faire le 31 décembre pour tout le monde. Tu peux nous raconter comment tu as vécu cette expérience? A partir du moment où tout était bien préparé, où on avait donné nos passeports et toutes les informations demandées et qu il y avait un lien qui se faisait avec les autorités égyptiennes, on était loin de penser qu on allait être bloqués au Caire. Bien sûr, on se doutait qu il ne serait pas facile de passer à Gaza, qu on allait même pour certains être bloqués avant, mais on ne pensait pas qu on serait bloqué au Caire. C est peut-être un manque de maturité mais, pour autant, est-ce qu il fallait ne pas faire cette marche?! Non, en fait, car pour l Afrique du Sud, par exemple, ce n était pas en restant chez soi qu on a pu faire bouger les choses, donc ce n était pas une question d utopie. Maintenant, oui, on a très vite senti, j ai très vite senti, que lorsqu on est arrivé au Caire, on était effectivement dans une situation, une société, un état qui est vraiment une dictature, un régime policier. Puisque là on était tout simplement parqué dans nos hôtels, on s est aussi vite rendu compte qu on était suivi, repéré très facilement. On s est retrouvé dans un fonctionnement qu on n a pas l habitude d avoir en France. Un fonctionnement de semi clandestinité. Il fallait se coordonner par petits groupes. C était très difficile d avoir des réunions plénières. D ailleurs, on n en a eu qu une seule pour ce qui est des Français qui étaient partis avec le Collectif national. On faisait des mises au point tous les jours. On attendait les informations puisque certains s occupaient du lien avec toutes les autres délégations de marcheurs des autres pays. C est donc petit à petit que l étau s est resserré. Puis des Français se sont retrouvés bloqués devant l ambassade de France. Comme il y avait des liens d individu à individu, on a bien sûr été voir comment cela se passait pour eux. La place n était pas complètement fermée, on a même essayé de leur amener un peu de ravitaillement. Après, on s est rendu compte qu ils pouvaient aller et venir pour manger et boire. Il s agissait en fait d un campement devant l ambassade de France parce qu ils n avaient pas réussi à obtenir les cars qu on leur avait promis suite à des négociations en présence de représentants de l ambassade de France. Pour notre délégation, les négociations se faisaient plutôt avec la société civile égyptienne avec qui la délégation avait des liens (avec différents mouvements de l opposition égyptienne). On a réussi à avoir des cars. On a vraiment cru qu on allait sortir du Caire mais finalement c était perdu d avance. On s était engagé sur une autoroute mais on a été sommé de retourner dans nos hôtels. Malgré tout ça, il ne faut pas oublier que cette marche avait aussi pour objectif de dynamiser la campagne BDS (boycott, désinvestissements, sanctions). Elle a eu un grand impact dans le monde grâce à Al Jazeera même si on sait qu en Europe et aux Etats-Unis, on a cherché à l amoindrir. Il y a eu une rencontre importante entre de nombreuses délégations internationales (qui a abouti à la Déclaration du Caire: pour en finir avec l Apartheid israélien) et cela ouvre la voie à d autres initiatives. Propos recueillis par Farid Taalba Liens AFD (Alliance for Freedom and Dignity) : La Marche de la liberté pour Gaza Un an après l offensive meurtrière israélienne contre la population de Gaza et alors que celle-ci subit toujours un blocus insupportable, une marche internationale du Caire à la bande de Gaza était organisée du 27 décembre 2009 au 2 janvier Elle a rassemblé près de 1400 personnes provenant de 44 pays. Les marcheurs demandaient la levée du siège et la fin de l impunité des criminels de guerre israéliens. Les autorités égyptiennes ne leur ont pas permis de franchir la frontière pour se rendre à Gaza. Seules 80 personnes ont été autorisées à passer et ont pu se joindre aux manifestants palestiniens. Est-il permis de dire que la marche de la liberté fut un échec? Nous ne le pensons pas. Des manifestations, sit-in, veillées se sont tenus au Caire durant ces sept jours. Dans le même temps, manifestants en Israël, pacifistes israéliens, Palestiniens d Israël et internationaux ont marché jusqu au point de passage d Erez pour exiger la levée du blocus et de l occupation. Le 31 décembre ce sont plusieurs milliers de Palestiniens qui manifestaient dans la bande de Gaza. Ce qui s est passé d essentiel et d extraordinaire, c est que 1400 personnes venues de 44 pays, se sont rendues au Caire en pleines fêtes de fin d année, sur leurs propres deniers, animées par un fort élan de solidarité, pour réclamer la levée du siège de Gaza. Ce mouvement populaire international compte dans la lutte contre la colonisation qui prendra peut-être fin par la volonté des peuples. Comme compte la campagne «Boycott, désinvestissements, sanctions» qui prend de l ampleur contre l Etat d Israël jusqu à la fin de l occupation. France Palestine Blanc-Mesnil DR

14 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:11 Page14 page 14 Vu d ici n o 13 Rencontre avec les femmes palestiniennes échange AGENDA les rendez-vous à ne pas manquer A la maison des Tilleuls Les lundis à 14h: Le Salon de thé reste un rendez-vous régulier. N hésitez pas à venir avec vos amies pour partager un moment de plaisir et de détente. 30 juin: Fête du quartier des Tilleuls au sein du centre commercial: animations et goûter pour toutes les familles. A l Hôtel de Ville Du 17 au 22 mai: Exposition du mémorial Les noms de l abolition dans le hall de l Hôtel de Ville: inscription des prénoms, des numéros de matricule d esclaves et des noms patronymiques donnés à partir de 1848 aux nouveaux libres de Guadeloupe et de Martinique. La rencontre avec les femmes palestiniennes s est faite par hasard. Le collectif des femmes de la maison des Tilleuls se préparait pour un départ à Nantes, invité par Carole Reux, responsable du centre culturel Cosmopolis, pour un séminaire de trois jours afin de présenter l exposition Nomadie, parcours de femmes dans le monde. Nous étions accompagnées de deux associations marocaines de la région de Marrakech: Dar El Haouz, qui encourage la poursuite des études universitaire des jeunes filles issues des milieux ruraux de la province du Haouz, et l association Afoulki, un terme amazigh qui signifie «le bien être», créée en 1974 pour contribuer à améliorer le niveau d instruction et les conditions de vie des familles et surtout des femmes rurales et leurs enfants. Ainsi que d une association italienne, Cittavivagaia qui repère des jardins abandonnés puis s adresse à la mairie pour obtenir l autorisation de les cultiver. L exposition déclinée sous forme de photographies, vidéos, enregistrements sonores donnait à voir les femmes des Tilleuls sur leur lieu de vie mais aussi lors de différentes rencontres effectuées durant des séjours en France, en Belgique, au Portugal, en Algérie. En ouvrant ma boîte mail, je trouve un message du docteur Bachir, un ami, me demandant si je peux prendre en charge pendant quelques jours, un groupe de cinq femmes travailleuses sociales (Walla, Kifah, Nour, Nabila et Rana) venues du camp de réfugiés d Askar 2 situé à Naplouse, en Cisjordanie. Elles étaient invitées par la ville d Echirolle (Isère) jumelée avec Naplouse, où se trouvent deux camps de réfugiés: Askar 1, crée en 1948 qui reçoit des subventions de l UNWRA (United Nations Relief and Works Agency, voir encadré) et Askar 2 qui s est ouvert en 1965 et ne reçoit aucune aide. Elles ont dû passer par l aéroport d Amman en Jordanie, celui de Tel Aviv en Israël étant interdit aux Palestiniens, puis faire escale à Istanbul avant d arriver à Paris. Un voyage épuisant de 24 heures. Je les ai accueillies pour les accompagner dans leurs divers déplacements. J ai contacté Yamina qui fait partie du collectif Quelques unes d entre nous de la maison des Tilleuls, lui demandant si elle pouvait organiser des rencontres avec différentes associations pour des échanges d expériences et connaissances. En effet, le projet des Palestiennes et notamment de Kifah est de s occuper d un centre social à Askar 2 où elles veulent venir en aide aux familles. Ouvrir dans le camp un centre de formation sur le travail et l éducation et partager des expériences avec d autres femmes militantes. Le mardi 26 janvier, nous avons donc été invitées à un repas convivial par le directeur de la maison des Tilleuls. Pour Rana, c était «un moment extraordinaire car pendant notre séjour nous avons été sans cesse solicitées pour parler de notre travail et de la situation politique en Palestine et là nous avons pu rire, souffler, parler de choses intimes». Le lendemain nous sommes allées au ministère des Affaires étrangères pour présenter leur projet d ouverture d un centre social destiné aux familles: venir en aide aux femmes battues, aux veuves, aux enfants orphelins, aux épouses de prisonniers, éviter les mariages forcés pour les jeunes filles, assurer un suivi psychologique et aider les femmes à s en sortir économiquement. Elles ont longuement plaidé leur cause dans l espoir de pouvoir étre soutenues financièrement. Lors de cette rencontre, nous sommes longuement intervenues, Yamina et moi, pour raconter les échanges que nous avons eus avec elles et faire part de l expérience et de la mobilisation dans notre quartier car nous menons les mêmes combats vis à vis de nos enfants, même si nos conditions de vie sont différentes. Ensuite nous sommes parties pour une visite à l Institut du Monde Arabe où nous avons été reçue par le directeur qui nous a offert des places pour l exposition sur l Islam. Puis nous avons fait un petit détour à la Mosquée de Paris accompagnées du docteur Bachir, notre premier lien avec les femmes palestiniennes et lui-même militant très engagé. Nous avons eu droit à une visite guidée et commentée et un verre de thé nous y a été offert. Au retour de notre voyage à Nantes, le directeur de la maison des Tilleuls, a invité le collectif Quelques unes d entre nous, les femmes palestiniennes et l association 19 mai de 15h à 20h: L atelier Généalogie permettra aux Antillais de trouver le prénom et le numéro de matricule de leur aïeul esclave qui le premier porta le nom patronymique de la famille. 20 mai: à la salle des réceptions de l Hôtel de Ville. A 18h30: Par la nuit, lecture performance de Jean Luc Raharimanana sur une musique de Tao Ravao. Compagnie Siska Dio Originaire de Madagascar, J. L. Raharimanana parcourt les chemins sinueux et pluriels de la mémoire afin de «transcrire, tout transcrire». Ses pièces de théâtre, contes musicaux et récits, font écho à la mémoire d un peuple. A 19h30: Rencontre avec Olivier Le Cour Grandmaison, historien. Au tournant du XIX e siècle, les Républicains favorables aux conquêtes coloniales ont réussi là où leurs prédécesseurs avaient échoué Comment diriger un empire si vaste? De quels instruments politiques, administratifs, juridiques et scientifiques la métropole a-telle besoin pour remplir ses missions désormais? Quelles orientations pour les territoires de la «Plus Grande France»? Quelques-unes des questions posées par O. Le Cour Grandmaison dans son dernier ouvrage La République impériale Politique et racisme d Etat. Infos: Au Forum 1/5 place de la Libération Blanc-Mesnil 27, 28 et 29 mai à 19h et 20h30: Les enfants perdus. D de Kabal (rappeur, acteur, slameur, metteur en scène) et Farid Berki (chorégraphe, pionnier de la danse hip-hop en France) réussissent avec ce spectacle à faire partager au plus grand nombre l histoire d un jeune homme que la découverte du hip-hop va sauver de l engloutissement dans la jungle urbaine Tél.: , 28 et 29 mai à 19h et 20h30: We are l Europe de Jean-Charles Massera, mise en scène de Benoit Lambert. Dans un registre burlesque et déjanté, une mise en pièces des discours et de l imaginaire de la «petite bourgeoisie blanche occidentale» de l aube du XXI e siècle, une véritable entreprise de déconstruction des clichés et des discours des sociétés capitalistes mondialisées et le portrait de leurs malheureux consommateurs... Au parc Jacques Duclos Blanc-Mesnil 19 juin: Fête des associations à partir de midi, stands associatifs, animation, spectacle, concert à 17h: HK et les Saltimbanks. Au Deux Pièces Cuisine 42 avenue Paul Vaillant Couturier Blanc-mesnil 21 juin à 18h: Inauguration du Centre de Préparation Musicale La Cuisine. Festival inaugural du 21 juin au 13 juillet: concerts, battle hip hop, etc. Visite des locaux. Infos au Casey, qui dans son dernier album, Libérez la bête, revient sur la colonisation de l Afrique et des Antilles avec son rap percutant, sera en tournée le 24 mai au Nouveau Casino (75011 Paris). Tél Le 4 juin à Canal 93 à Bobigny dans le cadre des Nuits zébrées Nova. Tél Et le 28 juin au Zénith (75019 Paris ). Tél

15 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:11 Page15 Vu d ici n o 13 page 15 AGENDA suite A La Villette 211, avenue Jean Jaurès Paris Du 11 au 30 mai 2010: Focus Afrique du Sud. Durant trois semaines, à travers la danse, le théâtre et la musique, plusieurs dizaines d'artistes viendront témoigner de la richesse, de la diversité, des différentes langues, des traditions comme de la relation à la modernité, de ce grand pays en passe de devenir un acteur majeur de la scène économique et politique mondiale. Tél.: mai à 20h: concert de soutien au tribunal Russel avec HK & les Saltimbanks au Cabaret Sauvage. Tél.: italienne autour d une collation. Un échange qui s est poursuivi jusqu au départ des femmes palestiniennes à l aéroport de Roissy. bien sûr pas comparable, nous menons aussi des combats dans les quartiers populaires pour le logement décent, l éducation de nos enfants, contre le chômage et pour le droit des femmes. Pour cette journée, nous avons préparé un couscous avec l aide de quelques femmes du collectif, et à 17 heures, lorsqu elles sont arrivées, nous étions tous là pour les accueillir. Ce fut un moment fort. Une fois les présentations faites, nous nous sommes installés autour de la table pour déguster thé, café et gâteaux. Lorsque le dialogue a débuté, je me suis sentie frustrée de ne pas pouvoir parler directement avec elles car il me fallait passer par une interprète des femmes parmi nous parlaient l arabe et leur accompagnatrice Kifah s exprimait très bien en français. Si certaines d entre nous se sentaient limitées par le barrage de la langue de la complicité a tout de suite été créée par nos regards si chaleureux (il parait que les yeux sont les fenêtres du cœur!) Et nous avons pu avoir des échanges intenses, avec le sentiment qu on se connaissait 17 mai et 4 juin 14h30 16h30 (scolaires et groupes); 18h 20h (tous publics): Allons Z en-france. Le collectif Daja revient au Wip pour mener une deuxième étape de création autour de l immigration et des sans-papiers à partir de textes extraits de l ouvrage collectif Cette France-là et des écrits d Alexis Spire, Marcel Detienne et Gérard Noiriel. Comédiens, chorégraphe/ danseur hiphop, historien, dramaturge conjugueront leurs langages dans une compréhension à la fois intellectuelle et émotionnelle de cette question. Ce projet de spectacle ne constituera pas un témoignage de plus sur la situation des immigrés mais la réinscrira dans une dimension socio-historique plus large. Entrée libre sur réservation. Info/résa: Najla Fezzani Au Tarmac de la Villette Du théâtre du monde avec du 4 au 15 mai: Sakura, des marionnettes de l'ile de la Réunion; du 25 mai au 5 juin: Moi, fardeau inhérent d'haïti; du 22 juin au 10 juillet: Têtes à têtes du Burkina Faso et Cameroun et du 20 juillet au 21 août: le Festival Sautes d'humour avec cinq artistes autour des 50 ans d'indépendances africaines. Tél A la salle des fêtes de Bondy Esplanade Claude Fuzier 5 juin: L association Les Amis de Djamel Kelfaoui organise un concert-hommage à Djamel Kelfaoui. Réalisateur, il préparait un deuxième volet sur l impact toujours actuel de Cheb Hasni sur la jeunesse des années Mais lors d un repérage pour ce complément de tournage, il meurt dans des circonstances troubles le 22 mai 2009 à Laghouat (Algérie). Algérien né à Paris en 1961, acteur de la vie locale à Bondy où il a créé le festival Y a de la banlieue dans l air, et figure du mouvement interculturel pour l égalité des années 80, Djamel Kelfaoui a réalisé plusieurs reportages ou documentaires, dont Algérie, Mémoires du raï diffusé sur Arte en Il nous laisse un travail inachevé que sa famille et ses amis entendent contribuer à sauvegarder et à faire connaître du grand public. Tél: Photos Américo Mariano Lorsque Fafa m a demandé de l aider à faire venir le groupe de femmes palestiniennes à Blanc-Mesnil et d organiser une rencontre avec le collectif Quelques unes d entre nous, j ai également pris contact avec des personnes qui soutiennent la cause du peuple palestinien: des adhérent de l association France-Palestine, le directeur de la maison des Tilleuls, des élus de la ville, délégués à la solidarité, à l action féministe, à l adolescence et à la jeunesse, à la lutte contre les discriminations. Plusieurs ont répondu présents et la soirée a donné lieu à un échange amical avec toutes ces femmes venue de si loin mais qui nous étaient si proches car nous menons les mêmes combats. Elles ont exprimé la difficulté de trouver du travail, d accéder aux soins, fait part du manque de médicaments, des coupures d électricité, de l absence Et nous avons pu avoir des échanges intenses, avec le sentiment qu on se connaissait depuis toujours. d eau potable Elles doivent souvent vivre dans des ruines après avoir perdu leur maison et leurs proches. Dans une situation qui n est depuis toujours. Lorsqu elles ont dû partir, elles nous ont enlacées une par une, et nous avons sorti nos mouchoirs Je garde en moi leurs visages rayonnants et l espoir d une prochaine visite inch allah! Fafa et Yamina UNRWA (United Nations Relief and Works Agency) Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient, créé le 8 décembre L UNRWA est présente à Gaza, en Cisjordanie, Jordanie, Liban et Syrie, dans une soixantaine de camps. Son mandat, qui devait être temporaire, a été constamment renouvelé. On compte aujourd hui plus de 4,4 millions de réfugiés palestiniens enregistrés auprès de l UNRWA. L office assure des services dans les domaines de l enseignement, des soins de santé et des secours, ainsi que dans le secteur social mais ses moyens financiers sont de plus en plus affaiblis. Vu d ici à la maison des Tilleuls 7, square Maurice Audin Blanc-Mesnil TÉL SITE MAIL Président d honneur : Hervé Bramy Directeurs de la publication et de la rédaction : Olivier Canzillon et Zouina Meddour Rédactrice en chef : Marina Da Silva Photos: Ghislain B., Sophie Cornelie, Colette Gonin, Marie-Ange Guilleminot, Samir Hadj Belgacem, Florence Husson, Suat Istanbullu et Américo Mariano Ont participé à ce numéro : Ourida B., Sophie Cornelie, Fafa, Colette Gonin, Samir Hadj Belgacem, Florence Husson, Suat Istanbullu, Zouina Meddour, Farid Taalba, Yamina et Rachid Zrioui Avec la contribution de Yves Jammet Conception maquette : Costanza Matteucci Réalisation : Frédéric Schaffar Impression : Stipa Montreuil

16 VUdICI_n13_BAT:journal tilleuls 03/05/10 14:11 Page16 page 16 Vu d ici n o 13 Abdelmalek Sayad ( ) : valoriser ses archives et questionner sa pensée aujourd hui tribune libre Origine du projet : une formation qualifiante en archivistique En concertation avec les organisations représentatives du secteur archivistique 1, l association de Prévention du Site de la Villette (APSV) a initié en décembre 2005 la première formation qualifiante d Assistant archiviste archives matérielles et numériques. Il s agit d une formation en alternance d une durée de dix-sept mois. La première phase de cinq mois est financée par le Conseil Régional d Ile-de-France. La seconde de douze mois prend la forme de contrats de professionnalisation signés avec des services d archives d entreprises et des prestataires de services spécialisés. Dans ce cadre en 2008/ 2009 et suite au premier inventaire effectué par l association Génériques 2, les stagiaires de la seconde promotion ont réalisé l inventaire détaillé des 420 boîtes du fonds Abdelamalek Sayad. Abdelmalek Sayad, sociologue de l émigrationimmigration Depuis sa rencontre avec Pierre Bourdieu à l université d Alger à la fin des années 1950 et jusqu à sa mort, Sayad a travaillé à faire de l immigration un objet de recherche légitime qu il a objectivé par des enquêtes conduites, notamment, par entretien. Aux dires de ceux qui ont travaillé DR avec lui, Sayad était un remarquable interviewer. Sur presque cinquante ans et avec une exceptionnelle lucidité critique, il a étudié l émigrationimmigration algérienne en France. A cet unique objet, dont il était partie prenante et qu il qualifiait «d exemplaire», il a consacré plus de 90 articles qui ont fait date. En matière d immigration, Sayad a cherché à déconstruire tout ce qui apparaît comme allant de soi dans le monde social en raison de nos automatismes mentaux et verbaux. Il a poussé si loin l analyse que cet objet ne peut plus être tenu aujourd hui pour «naturel». En effet, depuis Sayad, on sait que l émigration et l immigration sont des «catégories» qu il faut comprendre dans la dynamique historique et sociale qui les institue. De façon exemplaire, le sociologue nous a appris que pour penser le phénomène migratoire «fait social total» il importe, d une part, de ne pas dissocier l émigration de l immigration (il s agit d histoires de vies enchevêtrées à l histoire collective, de trajectoires individuelles qui articulent variables d origine et variables d aboutissement) et d autre part, de tenir ensemble les rapports de force entre pays d origine (pays dominé) et pays d accueil (pays dominant) et la «pensée d Etat» qui prévaut dans chacun. Dans le contexte de la mondialisation du début du XXI e siècle, la sociologie critique de Sayad, qui vise la compréhension du monde social en s opposant à l ordre naturel des choses, c est-à-dire aux mécanismes de domination et d assujettissement, conserve toute sa pertinence. En effet, le phénomène qui désigne la mobilité des populations est, au temps du capitalisme planétaire, un enjeu de luttes entre les nations. Le fait que depuis 2003 la législation française en la matière ait été revue cinq fois en est une illustration. Les archives d un érudit En 2006, Rebecca Sayad a fait don à la Cité Nationale de l Histoire de l Immigration (CNHI) de l ensemble des archives de son mari. Depuis, le nom de Sayad a été donné à la Médiathèque du palais de la Porte Dorée, hommage aux ruptures scientifiques opérées par le sociologue. Consultables à la Médiathèque de la CNHI 3, ses archives contiennent la quasi totalité des manuscrits de Sayad. D une écriture très lisible, ceux-ci comportent de nombreuses corrections et donnent lieu à de multiples variantes et reprises. Scripteur prolixe, Sayad utilisait abondamment le scotch lorsqu il était à sa table de travail. Par le nombre des collages et becquets, certains manuscrits sont très spectaculaires et évoquent les paperolles proustiennes. Les tapuscrits les plus anciens sont dactylographiés sur du papier jauni à la fibre grossière ; certains parmi les plus significatifs, sont annotés de la main de Bourdieu. Ses archives valent également d un point de vue historique et épistémologique car tous les outils de la sociologie de la seconde partie du XX e siècle y sont représentés : guides d entretiens, questionnaires, grilles de codage, statistiques, listings, cassettes audio, etc. Les archives Sayad ouvrent donc de diverses et nombreuses pistes de recherches : inventaires analytiques de la correspondance et de l œuvre, étude génétique des manuscrits, étude biographique, histoire de la sociologie française, etc. La valorisation des archives Sayad Depuis mai 2009 et avec le soutien de différents partenaires 4, l APSV conçoit et met en œuvre la valorisation des archives Sayad «hors les murs», c est-à-dire en dehors des espaces de la Cité de l Immigration. L objectif de ces actions est de vulgariser sans déformation, ni déperdition la pensée d un auteur qui, loin des considérations partisanes, avait confiance dans le savoir et en sa capacité à rendre le monde moins inéluctable et moins désespérant. Dans cette logique, il s agit d interroger les savoirs subjectifs liés à l immigration et de les articuler dans la durée à des savoirs théoriques (lectures commentées de textes de Sayad) afin de qualifier les réflexions et engagements de chacun. Ni panégyrique de Sayad, ni regard compassionnel sur les migrants, cette initiative vise à mettre les écrits du sociologue, envisagés comme une «boîte à outils», au service de non-sociologues, professionnels du champ social, éducatif et culturel, par exemple. Au Blanc-Mesnil, le collectif des femmes de la maison des Tilleuls lit Sayad En 2010, quatre sites sont associés au projet. Pour ne pas dissocier ici de là-bas et pour lire Sayad sous le double éclairage franco-algérien, un cycle trimestriel de rencontres-expositions est organisé à Oran avec le Centre Culturel Français et le Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle. Dans le Val-de- Marne, une formation, pilotée par le Centre social Petit- Prés-Sablière et l association Filles et Fils de la République, fait alterner des temps de lecture/ débat centrés sur Sayad et des visites de lieux de culture maghrébine à Paris. En Essonne, le Centre de ressources politique de la Ville vient de mettre en œuvre un groupe de travail intitulé: (re)penser les questions liées à l immigration à partir des travaux et de l œuvre d Abdelmalek Sayad. Enfin, le collectif des femmes de la maison des Tilleuls s apprête à créer, avec le soutien de la mission lutte contre les discriminations un atelier de lecture à partir des entretiens réalisés par Sayad en vue d en donner une lecture publique au Deux Pièces Cuisine de Blanc-Mesnil en novembre prochain. Prenant le contre-pied des discours faciles sur «la rencontre des cultures» et des discours anxiogènes sur «le choc des civilisations», ces actions en cohérence avec l œuvre de Sayad aimeraient donner à chacun des participants l occasion d interroger les présupposés et les impensés qui accompagnent les transformations du monde social, au nombre desquelles l immigration compte, pour, en premier lieu, se tenir à distance des illusions et des souffrances qu ils induisent et pour gagner in fine en liberté de penser et d action. Yves Jammet Coordinateur de la formation Assistant archiviste à l APSV Lire: A. Sayad, La double absence, Des illusions de l émigré aux souffrances de l immigré, Seuil, L Immigration ou les paradoxes de l altérité, tomes 1 et 2, Raison d agir, Association des Archivistes Français (AAF), Association des professionnels de l économie numérique (Aproged), Association des Prestataires en Archivage et en Gestion Externalisée (Page) et ministère de la Culture et de la Communication (Archives Nationales). 2. En 2004, l Association Génériques, association spécialisée dans le traitement des archives de l immigration, a effectué un premier travail de conditionnement et d inventaire des archives Sayad Partenaires : CNHI, Conseil Régional d Ile-defrance (Développement économique et emploi, Démocratie régionale), Ministère de la Culture et de la Communication (Dedac, Desrt), Mairie de Paris (Dpvi), Association des amis d Abdelmalek Sayad, Association France-Algérie, Association des Archivistes Français, Association Génériques, Fondation Seligmann. Partenaires opérationnels : Centre Culturel Français d Oran (intervenants : Claudine Chaulet, Christian de Montlibert, Mustapha Haddeb, Abdelhafid Hammouche, Gérard Noiriel, Tassadit Yacine ; artistes : Bruno Serralongue, Sadek Rahim, Jean-Luc Vilmouth ) ; Centre Social Petits-Prés- Sablières (formateur référent : Rachid Mendjeli, sociologue) ; Centre de ressources Politique de la Ville en Essonne (formateur référent : Smaïn Laacher, sociologue) ; Maison des Tilleuls du Blanc-Mesnil (formateurs référents : Samir Hadj Belgacem, doctorant en sociologie, Farid Taalba, auteur et Philip Boulay, metteur en scène). Le mardi de 14 h à 16 h (+ un samedi matin par mois). Infos : mdt et mission lutte contre les discriminations Traitement du fonds Sayad par les stagiaires Assistant archiviste Photos Marie-Ange Guilleminot, 2009

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