Réunion de la société civile organisée

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1 Réunion de la société civile organisée Compte-rendu de la réunion Société Civile Organisée qui a eu lieu le 1 er juillet sur le site de la caserne du Muy

2 2 SOMMAIRE 1. INTRODUCTION, LAURE-AGNÈS CARADEC, ADJOINTE AU MAIRE EN CHARGE DE L URBANISME LE PROJET LES ENJEUX ET LES OBJECTIFS DU PROJET URBAIN LES MODALITÉS DE CONCEPTION DU PROJET URBAIN Les périmètres de réflexion Les principes du dialogue compétitif et de l appel à projet Le calendrier du projet à ce jour est le suivant LE DIALOGUE DES PARTIES PRENANTES Les grands enseignements de la cartographie des parties prenantes Les conditions de réussite du dialogue des parties prenantes Le dispositif de dialogue des parties prenantes LE TRAVAIL PAR TABLE CLÔTURE, LAURE-AGNÈS CARADEC... 12

3 3 1. INTRODUCTION, LAURE-AGNÈS CARADEC, ADJOINTE AU MAIRE EN CHARGE DE L URBANISME Laure-Agnès Caradec, Adjointe au Maire en charge de l Urbanisme, remercie les personnes présentes de participer à cette réunion et explique la démarche dans laquelle la Ville de Marseille souhaite s engager. Le point de départ du projet est constitué de l achat des casernes qui s étendent sur 7 hectares. Leur situation géographique, à proximité de la gare Saint-Charles qui accueillera la Ligne Nouvelle Provence Côte d Azur conduit à élargir la réflexion à un périmètre de 140 hectares autour des casernes, de part et d autre du faisceau ferré sur le secteur Saint-Charles et Belle de Mai. La ville souhaite élaborer un projet urbain afin de, pour renouveler le tissu urbain aujourd hui dégradé et enclavé et de renforcer l attractivité de la ville.. Le périmètre de réflexion englobe des composantes majeures de la ville : l université, la Friche de la Belle de Mai, le Pôle Média, la gare, Il implique une réflexion urbaine large qui permettra de rénover l habitat, renforcer la qualité de vie, créer des liens entre le quartier de la Belle de Mai et le haut de l avenue Camille Flammarion, aujourd hui séparés par les voies ferrées qui constituent une véritable frontière. Cette démarche innovante est un des projets phares de la ville. Elle a souhaité être accompagné par le cabinet Res publica, spécialisé en management des parties prenantes. Res publica a rencontré les acteurs institutionnels et locaux et va animer des rencontres pour connaitre les besoins et les attentes du territoire et aider la ville à écrire le cahier des charges du dialogue compétitif qui permettra de définir le nouveau projet urbain de ce secteur, en prolongement de l hyper centre de Marseille. La journée du 1er juillet est organisée en 3 temps de rencontre et constitue le point de départ de la démarche de management des parties prenantes qui doit aboutir doivent permettre d alimenter le cahier des charges du projet urbain : une réunion des adjoints au maire concernés par le projet et notamment Mesdames et Messieurs Sabine Bernasconi, Maire des 1 er et 7 ème arrondissements ; Danièle Casanova, Adjointe au Maire en charge des Écoles maternelles et élémentaires ; Laure-Agnès Caradec, Adjointe au Maire en charge de l Urbanisme ; Gérard Chenoz, Adjoint au Maire en charge des Grands Projets d Attractivité ; Anne-Marie d Estienne d Orves, Adjointe au Maire en charge de la Culture ; Lisette Narducci, Maire des 2 ème et 3 ème arrondissements et Didier Parakian, Adjoint au Maire en charge de l Économie. Monsieur Jean-Claude Gondard, Directeur Général des Services de la Ville de Marseille assistait également à cette réunion ; une réunion avec les acteurs institutionnels qui, à divers titres sont concernés par le futur projet urbain et peuvent contribuer à sa réussite ; enfin, la présente réunion, avec les membres de la société civile organisée locale afin d envisager avec ses membres les meilleurs moyens de mobiliser l ensemble des parties prenantes concernées par cette ambitieuse opération portée par la ville de Marseille. La Ville rencontrera régulièrement les parties prenantes pour valider ensemble le cahier des charges du projet urbain.

4 4 2. LE PROJET 2.1. LES ENJEUX ET LES OBJECTIFS DU PROJET URBAIN Hélène Jouve, Chef de projet à la Ville de Marseille, a d abord présenté éléments de contexte du projet : les Acquisition par la Ville de Marseille depuis 2008 de l ensemble des casernes de la Belle de Mai au Ministère de la Défense, Volonté politique de la Ville de Marseille, depuis les années 1990, d agir sur le secteur de la Belle de mai, considéré comme un secteur à enjeux compte-tenu d une part de sa situation géographique (continuité de l hyper-centre) mais aussi de sa paupérisation constante, Confirmation gouvernementale de l arrivée de la LGV sur Marseille et de la construction d une nouvelle gare enterrée sous l actuelle Saint-Charles. La Ville de Marseille a l ambition de mener un projet urbain emblématique sur le secteur Gare / Belle de mai et la volonté de mettre en place une démarche novatrice en impliquant l ensemble des parties prenantes concernées. Les enjeux du projet urbain sont : Faire du quartier de la Gare métropolitaine un nouveau lieu d attractivité économique de la Ville (en valorisant la façade sur la voie ferrée) ; Créer un Laboratoire de Recherche de Développement Urbain sur les nouvelles façons de construire la ville ; Assurer au projet une réussite sur une double échelle : ๐ Le devenir à terme du centre-ville de Marseille voire de la Métropole ; ๐ Le développement d une dynamique positive sur le quartier de la Belle de Mai par les leviers socio-économiques et urbains. Ainsi, le défi de ce projet urbain est de combiner en une seule et même procédure trois niveaux programmatiques (équipement métropolitain, équipements de proximité, projet immobilier), le tout articulé avec la démarche de dialogue des parties prenantes.

5 LES MODALITÉS DE CONCEPTION DU PROJET URBAIN Agnès Ankri, Chef de projet à la Ville de Marseille a présenté la procédure retenu par la ville pour concevoir le projet urbain : le dialogue compétitif Les périmètres de réflexion La procédure s inscrira sur les périmètres identifiés dans le plan ci-dessous qui sont ceux du plan-guide et l appel à projet Les principes du dialogue compétitif et de l appel à projet Le dialogue compétitif consiste à faire réfléchir 3 à 4 groupements pluridisciplinaires sur le projet. Et pour rendre les ambitions du projet plus opérationnel, la ville a souhaité lancé un appel à projet sur le site des casernes pour vérifier et optimiser le projet en prenant en compte au mieux les attentes et les besoins sur le secteur.

6 Le calendrier du projet à ce jour est le suivant 2.3. LE DIALOGUE DES PARTIES PRENANTES Les principes et les objectifs du dialogue des parties prenantes Gilles-Laurent Rayssac, Res publica, a d abord expliqué les principes du dialogue des parties prenantes. Le dialogue des parties prenantes consiste à : Associer l ensemble des acteurs concernés Favoriser le dialogue et les échanges collectifs Cette démarche innovante pour un projet urbain ambitieux doit permettre d alimenter, in fine, la rédaction du cahier des charges du dialogue compétitif. Elle consiste en un processus de partage et d échanges lancé très en amont du projet pour élaborer un projet cohérent et appropriable par tous. La méthodologie du dialogue des parties prenantes s organisent en trois étapes : Identifier les acteurs concernés comprendre leurs attentes et situer le projet dans l univers des parties prenantes Animer les discussions entre les acteurs selon des méthodes directes et ouvertes Exploiter les résultats du dialogue : ils sont une ressource pour le projet C est une démarche ouverte et conviviale de gestion du changement.

7 Les grands enseignements de la cartographie des parties prenantes Préalablement à l organisation de rencontre entre les acteurs et les habitants, Res publica a rencontré de façon individuelle un certain nombre de parties prenantes (élus, acteurs institutionnels, associations locales, acteurs culturels, organismes publics, comité de quartier ) afin de réaliser une première identification des enjeux et des attentes sur le secteur, mais aussi de comprendre son jeu d acteur. Les entretiens ont permis de dresser un portrait du territoire qui peut se résumer ainsi : Un territoire à double face, qui souffre d une mauvaise réputation et qui «ne donne pas envie» (Ouest vs. Est) : ๐ Côté ouest, de Racati aux Casernes, depuis la gare vers St Mauront : un territoire en souffrance ๐ Côté Est, des Casernes à la Friche : un «village», en mutation Un territoire en déqualification constante Un territoire d accueil Un territoire physiquement enclavé alors qu il bénéficie d une situation géographique privilégiée Mais qui présente également des atouts dont les principaux sont les suivants : Un tissu associatif local dense, volontaire et diversifié Un territoire emblématique qui garde une âme Les sujets d intérêts et d attentes majeurs sont : Le manque d équipements, notamment scolaires, sportifs et espaces verts Le manque de qualité des espaces publics, les problématiques de stationnement et la circulation : ๐ Une forte présence de la voiture dans un espace public très contraint, un stationnement souvent anarchique ๐ Une circulation difficile liée à l étroitesse des rues, conflits d usage vélo, bus, voiture, piéton, ๐ Des problèmes de propreté et des différences de qualité de l espace public entre Est et Ouest Un quartier peu attractif en termes de commerces et d emploi La desserte du quartier en transports en commun qui interroge (bus surchargés, faible régularité, bloqué dans la circulation)

8 8 La paupérisation et la dégradation des logements : ๐ Une présence en augmentation des primo-arrivants ๐ Un quartier racheté par des marchands de sommeil, peu de propriétaires occupants ๐ Des communautarismes qui s accentuent et des difficultés de cohabitation qui s aggravent ๐ Des opérations immobilières ponctuelles qui manquent de cohérence à l échelle du quartier ๐ Un souhait de diversifier la population ๐ Des «espaces verts» privés, invisibles mais bien présents Une confusion (entretenue?) entre le niveau de pauvreté du quartier et de Saint- Mauront Le fort sentiment d insécurité ๐ Des vols ou agressions vis-à-vis des visiteurs ou étudiants ๐ Les tunnels sous les voies ferrées ๐ Pas de caméras de surveillance ๐ mais pas plus que dans Marseille en général La cohabitation des communautés qui semble sensible en lien avec la paupérisation de la population Le manque d écoute et de considération de la part de la Ville Les conditions de réussite du dialogue des parties prenantes Un enjeu majeur du dialogue et du projet est celui de l articulation les échelles macro (métropolitaine) et micro (quartier). Les objectifs stratégiques du dialogue des parties prenantes sont de : Initier des échanges avec l ensemble des acteurs de la métropole pour mettre en place un système de gouvernance du projet quartiers libres Saint-Charles Belle de mai Faire bénéficier le projet des énergies présentes localement et enrichir le projet de ce que certains appellent la «maîtrise d usage» ; assurer la participation des acteurs et habitants aux transformations nécessaires du quartier

9 9 Réussir une transformation cohérente du secteur de la gare métropolitaine pour qu il profite à tous, et en faire le phare de la métropole, un projet porteur d attractivité et de développement Le dispositif de dialogue des parties prenantes

10 10 3. LE TRAVAIL PAR TABLE Les participants ont été installés par groupe de 5 à 7 personnes. Il leur a été demandé de répondre collectivement, table par table, à la question suivante : Quelles seraient selon vous les meilleures solutions pour mobiliser le plus grand nombre d habitants et d usagers du quartier dans les ateliers de septembre? Nous avons synthétisé ci-après les réponses apportées par les différents groupes. Au préalable, il est demandé que la Ville s engage à prendre en compte la parole des habitants et des usagers du quartier. La Ville doit donner le sentiment aux habitants du quartier qu ils seront écoutés et entendus. Au-delà, un participant a formulé le souhait que le projet soit rediscuté après la restitution. La mobilisation doit s appuyer sur les relais locaux : Les relais identifiés sont nombreux et diversifiés : associations, CIQ, Maison pour Tous, CLSH, écoles, Friche, le collectif des Brouettes, lieux culturels, parents d élèves, établissements scolaires, AIL ; s appuyer sur les professions de contact : commerçants, infirmières, pharmaciens, centres médicaux, bars ; associer les services municipaux et sociaux ; habitants du Valmy, bailleurs sociaux qui sont des acteurs présents et impliqués sur le territoire, syndicats de copropriété Au-delà, certaines figures de ces réseaux pourraient devenir des ambassadeurs de la mobilisation et diffuser l information sur le dialogue dans d autres réseaux. Cela implique de fournir des outils de communication, par exemple sous forme de kit mis à la disposition des associations et réseaux locaux. Des personnes-relais pourraient restituer de façon orale aux habitants ce qui s est dit dans les temps de rencontre ; l oralité est importante dans ce quartier ; s appuyer sur les commerçants pour donner l information de façon orale. La communication et la mobilisation doivent être attractives et conviviales : Donner envie aux habitants : il faut que les habitants voient leur intérêt à participer aux temps de rencontre, leur montrer que les transformations du quartier leur seront profitables ; ouvrir la caserne aux habitants et leur permettre de s approprier les lieux ; Organiser un évènement festif et convivial dans un espace approprié : cour de la caserne, friche, CAL de la Busserade ; faire connaitre le lieu de façon festive ; Profiter des manifestations diverses sur le quartier pour diffuser l information (fête de quartier, marché, vides-greniers ), pour faire connaitre le site ; Aller à la rencontre des habitants, passer dans les rues pour ressentir les différentes ambiances, les besoins, les habitudes ; tenir des stands et prendre le temps de discuter ; parler du droit à la parole et du désir de vivre autrement ;

11 11 Diversifier et attirer par une pluralité d outils de communication : ๐ identité visuelle, slogan, flyer, affiche ๐ diffuser l information via la presse, les sites Internet, la radio Le calendrier du dialogue doit être clair et connu de tous : Annoncer les dates de rencontre en amont ; Préciser les lieux et, si possible, organiser les ateliers dans un lieu unique, dans l idéal sur la caserne du Muy. Les temps de rencontre doivent permettre à tous de s exprimer : Initier un travail avec les enfants dans les écoles ; Organiser des réunions à différentes heures ; Élargir les temps de rencontre sur le terrain à la place Caffo ; Dialoguer avec les lycéens de Victor Hugo ; Organiser des réunions par thème ou par public : écoles, collège, CIQ, enfants, espaces publiques, emploi et activité, ; Organiser un débat sur Internet. Par ailleurs, il a été demandé que la Ville prévoie de faire employer les habitants du quartier sur les chantiers du projet. Une participante a indiqué que la priorité est l installation d équipements provisoires pouvant accueillir une école. La réponse à cette priorité est aussi un moyen de donner envie aux habitants de participer. De plus, elle ajoute que le projet ne doit pas conduire à la destruction ou à la privatisation du peu d espaces publics, notamment les espaces verts, du quartier. Par ailleurs, elle souhaite que la parole des acteurs locaux et des habitants, que la maitrise d usage, soient prises en compte tout au long de la conception du projet. Une participante ajoute que le problème des écoles date de plusieurs années, et regrette que la mairie n ait pas anticipé la construction de nouveaux équipements.

12 12 4. CLÔTURE, LAURE-AGNÈS CARADEC Laure-Agnès Caradec, Adjointe au Maire en charge de l Urbanisme, remercie les participants pour la diversité de leurs propositions. La concertation est importante, même si la prise de décision revient aux élus. L objectif de la Ville est de faire en sorte que chacun se retrouve dans le projet final ; elle souhaite développer la ville en s appuyant sur le projet de la gare métropolitaine. Concernant l école, le conseil municipal a délibéré le déblocage d une somme de 6 millions d euros pour créer une école provisoire. Le site d implantation n a pas encore été déterminé. À la rentrée, les temps de rencontre se poursuivront jusqu à la restitution qui aura lieu en novembre.