Chapitre 4. Suites réelles
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- Andrée Clément
- il y a 9 ans
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1 Département de mathématiques et informatique L1S1, module A ou B Chapitre 4 Suites réelles Emmanuel Royer [email protected] Ce texte mis gratuitement à votre disposition a été rédigé grâce au soutien de l université Blaise Pascal. Pour soutenir son laboratoire de mathématiques, vous pouvez envoyer vos dons par chèque à l ordre de M. l agent comptable de l université Blaise Pascal à l adresse suivante : Université Blaise Pascal, Laboratoire de mathématiques, Monsieur le directeur, Les Cézeaux, BP 80026, F Aubière Cedex, France. Ce texte est mis à disposition selon le Contrat Attribution-NonCommercial 3.0 Unported disponible en ligne deed.fr ou par courrier postal à Creative Commons, 171 Second Street, Suite 300, San $\ Francisco, California 94105, USA. CC BY:
2 p. 2 Remarque importante. Ce cours n est pas indépendant du cours de Mathématiques pour tous.
3 Table des matières p. 3 Table des matières 1 Généralités 4 2 Limite d une suite Convergence vers une limite finie Limite infinie Comparaisons de suites Inégalités et limites Croissance polynômiale et croissance exponentielle Approximation décimale des nombres réels Convergence des suites monotones 30 5 Suites extraites 34 6 Quelques suites particulières Suites arithmético-géométriques Quelques propriétés des suites complexes Suites définies par une récurrence linéaire d ordre Introduction Une méthode algébrique Une méthode matricielle Exemples Exercices 49 A Structure linéaire de l espace vectoriels des suites 55 B Convergence des suites complexes (par Thierry Buffard) 55
4 p. 4 1 Généralités 1 Généralités Une suite réelle est une application d un sous-ensemble Z n0 = {n Z: n n 0 } dans R. Si u : Z n0 R est une suite réelle, on note souvent u n plutôt que u(n) sa valeur en n. Ce réel s appelle le terme d indice n de la suite. Le réel u n0 s appelle le premier terme de la suite. On note aussi (u n ) n n0 (ou parfois juste (u n )) la suite u. Dans la suite, nous omettrons le terme réelle et parlerons de suite quand nous devrions parler de suite réelle. Une suite peut être définie à l aide d une formule permettant le calcul direct de chaque terme de la suite, par exemple ( 1 1 n 6 ) n 7. Cette formule s appelle le terme général de la suite u. Une suite peut aussi être dfinie par récurrence, c est-à-dire par la donnée des k premiers termes et d une relation entre u n+k et u n+k 1,...,u n pour tout n n 0. Exemple 1 On définit une suite en (u n ) n 1 en posant u 1 = 1 u 2 = 2 u 3 = 3 u n+3 = u n+2 + u n+1 + u n pour tout n 1. Exemple 2 Soit a 1 un entier quelconque. On définit une suite en (u n ) n 0 en posant pour tout n 0. u 0 = a 1 u n+1 = 2 u n si u n est pair 3u n + 1 si u n est impair Soit n 0 un entier. On note U n0 l ensemble des suites (u n ) n n0. On munit cet ensemble d une structure d espace vectoriel sur R. Définition 3 Soit u = (u n ) n n0 et v = (v n ) n n0 deux éléments de U n0. Leur somme u + v est l élément de U n0 dont le terme d indice n est u n +v n pour tout entier n n 0. Autrement dit : (u + v) n = u n + v n pour tout entier n n 0. Définition 4 Soit u = (u n ) n n0 un élément de U n0 et λ un réel. Le produit externe de λ par u, noté λu est l élément de U n0 dont le terme d indice n est λu n pour tout entier n n 0. Autrement dit : (λu) n = λu n pour tout entier n n 0.
5 1 Généralités p. 5 Exemple 5 Soit u et v les suites définies respectivement par u n = 3n + 2 et v n = n pour tout entier n 1. La suite 5u 4v est la suite w définie pour tout n 1 par w n = 15n n. Proposition 6 Quelque soit l entier n 0, l ensemble U n0 est un espace vectoriel sur R. Démonstration. L ensemble U n0 est muni d une opération interne, l addition, et d une opération externe, le produit externe. Vérifions que ces deux opérations vérifient les axiomes de définition d un espace vectoriel. Pour cela, on utilise le fait que deux suites sont égales si et seulement si leurs valeurs en tout entier sont égales et le fait que R est un espace vectoriel. On commence par l addition. a) L addition est associative. Soit en effet u,v et w trois suites de U n0. Pour tout n n 0 on a Ainsi, (u + v) + w = u + (v + w). ((u + v) + w) n = (u + v) n + w n = (u n + v n ) + w n = u n + (v n + w n ) = u n + (v + w) n = (u + (v + w)) n. b) L addition est commutative. Soit en effet u et v deux suites de U n0. Alors pour tout n n 0 on a (u + v) n = u n + v n = v n + u n = (v + u) n. Ainsi, u + v = v + u. c) La loi admet un élément neutre. Notons en effet 0 la suite qui prend la valeur 0 en tout entier n n 0. Pour tous ces entiers, on a et donc u + 0 = u. (u + 0) n = u n + 0 n = u n + 0 = u n d) Tout élément de U n0 admet un opposé. Considérons en effet une suite u U n0. Définissons la suite u de U n0 par ( u) n = u n pour tout n n 0. Alors, pour ces entiers on a et donc u est l opposé de u. (u + ( u)) n = u n + ( u) n = u n u n = 0 = 0 n
6 p. 6 1 Généralités L ensemble U n0 est donc un groupe commutatif. Vérifions les propriétés du produit externe. i) Le produit externe est distributif par rapport à l addition. Soit en effet u et v deux suites de U n0 et λ un réel. Pour tout n n 0, on a Ainsi, λ(u + v) = λu + λv. (λ(u + v)) n = λ(u + v) n = λ(u n + v n ) = λu n + λv n = (λu) n + (λv) n = (λu + λv) n. ii) Le produit externe est distributif par rapport à l addition dans R. Soit en effet u U n0 et λ et µ deux réels. Pour tout n n 0, on a Ainsi, (λ + µ)u = λu + µu. ((λ + µ)u) n = (λ + µ)u n = λu n + µu n = (λu) n + (µu) n = (λu + µu) n. iii) Le produit externe est associatif avec le produit de R. Soit en effet u U n0 et λ et µ deux réels. Pour tout n n 0, on a donc (λµ)u = λ(µu). ((λµ)u) n = (λµ)u n = λ(µu n ) = λ(µu) n = (λ(µu)) n iv) Le scalaire 1 n agit pas. Soit en effet u U n0. Pour tout n n 0 on a Ainsi 1 u = u. (1 u) n = 1 u n = u n. Remarque 7 On montrera en annexe A que l espace vectoriel U n0 n est pas de dimension finie. Il existe sur l espace vectoriel des suites U n0 une troisième opération, le produit.
7 1 Généralités p. 7 Définition 8 Soit u = (u n ) n n0 et v = (v n ) n n0 deux éléments de U n0. Leur produit uv est l élément de U n0 dont le terme d indice n est u n v n pour tout entier n n 0. Autrement dit : pour tout entier n n 0. (uv) n = u n v n Cette opération interne vérifie les propriétés suivantes. Définition 9 Le produit de U n0 a) est commutatif ; b) est associatif ; c) admet un élément neutre, la suite 1 définie par 1 n = 1 pour tout n 0 ; d) est distributif par rapport à l addition. Démonstration. Considérons trois suites u,v et w de U n0. a) pour tout entier n n 0, on a (uv) n = u n v n = v n u n = (vu) n et donc uv = vu. Le produit est donc commutatif ; b) Pour tout entier n n 0, on a ((uv)w) n = (uv) n w n = (u n v n )w n = u n (v n w n ) = u n (vw) n = (u(vw)) n et donc (uv)w = u(vw). Le produit est donc associatif ; c) pour tout entier n n 0, on a (u1) n = u n 1 n = u n 1 = u n et donc u1 = u. Ainsi 1 est l élément neutre pour le produit ; d) pour tout entier n n 0, on a ((u + v)w) n = (u+v) n w n = (u n +v n )w n = u n w n +v n w n = (uw) n + (vw) n = (uw + vw) n et donc (u + v)w = uw + vw. Le produit est donc distributif par rapport à l adition. Parmi les exemples de suites qu il faut bien connaître, il y a les suites arithmétiques. Définition 10 Soit r un réel. Une suite (u n ) n n0 u n+1 = u n + r pour tout n n 0. est dite arithmétique de raison r si Exemple 11 La suite (3+5n) n 2 est arithmétique de raison 5 car 3+5(n+1) (3 + 5n) = 5 pour tout n 2. Toutes les suites arithmétiques sont semblables à celle de l exemple précédent, ainsi que le montre la proposition suivante. Proposition 12 Si (u n ) n n0 est arithmétique de raison r alors pour tout n n 0. u n = u n0 + (n n 0 )r
8 p. 8 1 Généralités Démonstration. On appelle E(n) l égalité u n = u n0 + (n n 0 )r. L égalité E(n 0 ) est vraie : u n0 = u n0 + 0r. Soit n n 0, supposons vraie l égalité E(n). Alors, u n+1 = u n + r = u n0 + (n n 0 )r + r = u n0 + (n + 1 n 0 )r et donc E(n + 1) est vraie. Par récurrence, on en déduit que E(n) est vraie pour tout n n 0. On peut alors calculer la somme des premiers termes de toute suite arithmétique. Proposition 13 Si (u n ) n n0 est arithmétique de raison r alors la somme des k+1 premiers termes de cette suite est k u n0 +j = u n0 + u n u n0 +k = (k + 1)u n0 + j=0 pour tout k 0. Démonstration. On a k u n0 +j = j=0 k ( un0 + jr ) = (k + 1)u n0 + r j=0 k(k + 1) r. 2 k j = (k + 1)u n0 + j=0 k(k + 1) r. 2 k(k + 1) Pour retenir la proposition 13, on peut remarque que r est le produit de la 2 somme des k premiers entiers naturels avec la raison et que (k + 1)u n0 est le premier terme multiplié par le nombre de termes de la somme. Il faut aussi connaître les suites géométriques. Définition 14 Soit q un réel. Une suite (u n ) n n0 u n+1 = qu n pour tout n n 0. est dite géométrique de raison q si Exemple 15 La suite (3 5 n ) n 2 est géométrique de raison 5 car 3 5 n+1 = n pour tout n 2. Toutes les suites géométriques sont semblables à celle de l exemple précédent, ainsi que le montre la proposition suivante. Proposition 16 Si (u n ) n n0 est géométrique de raison q alors pour tout n n 0. u n = u n0 q n n 0
9 1 Généralités p. 9 Démonstration. Si q = 0, le résultat est vrai à condition de faire la convention 0 0 = 1. On suppose désormais q 0. On appelle E(n) l égalité u n = u n0 q n n 0. L égalité E(n 0 ) est vraie : u n0 = u n0 q 0. Soit n n 0, supposons vraie l égalité E(n). Alors, u n+1 = qu n = qu n0 q n n 0 = u n0 q n+1 n 0 et donc E(n + 1) est vraie. Par récurrence, on en déduit que E(n) est vraie pour tout n n 0. On peut alors calculer la somme des premiers termes de toute suite géométrique. Proposition 17 Si (u n ) n n0 est géométrique de raison q alors la somme des k+1 premiers termes de cette suite est k (k + 1)u n0 si q = 1 u n0 +j = q k+1 1 j=0 u n0 si q 1 q 1 pour tout k 0. Démonstration. Une suite géométrique de raison 1 est constante et égale à u n0. La somme de ses k + 1 premiers termes est donc (k + 1)u n0. On suppose maintenant q 1. On a k k k u n0 +j = (q j u n0 ) = u n0 q j. j=0 Pour tout n 0, on note E(n) l égalité n j=0 j=0 q j = qn+1 1 q 1. L égalité E(0) est vraie. Supposons vraie l égalité E(n). Alors, n+1 q j = j=0 n j=0 q j + q n+1 = qn+1 1 q 1 + qn+1 = qn q n+2 q n+1 = qn+2 1 q 1 q 1. L égalité E(n + 1) est donc conséquence de l égalité E(n). Par récurrence, l égalité E(n) est vraie pour tout n 0 et on termine la preuve en prenant n = k. j=0 Les suites croissantes et décroissantes jouent un rôle important dans l étude des suites.
10 p Généralités Définition 18 Soit (u n ) n n0 une suite. 1) On dit qu elle est croissante si u n+1 u n pour tout n n 0. On dit qu elle est strictement croissante si u n+1 > u n pour tout n n 0. 2) On dit qu elle est décroissante si u n+1 u n pour tout n n 0. On dit qu elle est strictement décroissante si u n+1 < u n pour tout n n 0. 3) On dit qu elle est monotone si elle est soit croissante, soit décroissante. 4) On dit qu elle est constante si, pour tout n n 0, on a u n = u n0. 5) On dit qu elle est stationnaire s il existe un entier n 1 n 0 tel que, pour tout n n 1, on a u n = u n1. Exemple 19 i) Les suites arithmétiques de raison positive sont croissantes. ii) Les suites arithmétiques de raison négative sont décroissantes. iii) Les suites géométriques de raison supérieure à 1 sont croissantes si leur premier terme est positif et décroissantes sinon. iv) Les suites géométriques de raison comprise entre 0 et 1 sont décroissantes si leur premier terme est positif et croissantes sinon. v) Les suites géométriques de raison strictement négatives et premier terme non nul ne sont ni croissantes ni décroissantes. vi) Les suites constantes sont stationnaires mais les suites stationnaires ne sont pas nécessairement contantes. Exemple 20 i) La suite (ln(n)) n 1 est strictement croissante (a). En effet ln(n + 1) ln(n) = ln n + 1 (1 n = ln + 1 ) > 0. n ii) La suite (exp(n)) n 0 est strictement croissante. C est une suite géométrique de raison e = exp(1) > 1. iii) Soit u, la suite définie pour tout entier n 1 par u n = n 2 n. Pour tout n, on a u n 0 et u n+1 = 1 ( ). u n 2 n Si n 1, on en déduit u n+1 u n 1. Pour tout n 1, on a u n > 0 et donc u n+1 u n. La suite u est donc décroissante. iv) Soit u, la suite définie pour tout entier n 1 par u n = ( 1)n. Pour tout entier n 1, n on a u 2n > u 2n+1 (puisque u 2n > 0 et u 2n+1 < 0) alors que u 2n+1 < u 2n+2. La suite u n est dons pas monotone. a. On rappelle que les fonctions logarithme et exponentielle ont été étudiées lors du cours de Mathématiques pour tous.
11 1 Généralités p. 11 i) Si la suite (u n ) n n0 est croissante, alors la suite ( u n ) n n0 est décrois- Exemple 21 sante. ii) Si la suite (u n ) n n0 est décroissante, alors la suite ( u n ) n n0 est croissante. Exemple 22 Soit f : R R une application croissante (b). On définit une suite (u n ) n n0 en fixant la valeur de u n0 et en posant u n+1 = f (u n ) pour tout n n 0. La suite (u n ) n n0 est monotone. On a en effet l alternative suivante. i) Soit u n0 +1 u n0. On note C(n) l égalité u n+1 u n. L égalité C(n 0 ) est vraie. Puisque f croît, pour tout n n 0, l égalité C(n) implique f (u n+1 ) f (u n ), c està-dire u n+2 u n+1 et donc C(n + 1). Par récurrence, on en déduit que la suite (u n ) n n0 est croissante. ii) Soit u n0 +1 u n0. On note D(n) l égalité u n+1 u n. L égalité D(n 0 ) est vraie. Puisque f croît, pour tout n n 0, l égalité D(n) implique f (u n+1 ) f (u n ), c està-dire u n+2 u n+1 et donc D(n + 1). Par récurrence, on en déduit que la suite (u n ) n n0 est décroissante. Remarque 23 On dit que la suite (u n ) n n0 est croissante à partir d un certain rang s il existe un entier n 1 n 0 tel que la suite (u n ) n n1 est croissante. Remarque 24 De façon générale, une suite (u n ) n n0 est dite satisfaire une propriété à partir d un certain rang s il existe un entier n 1 telle que la suite (u n ) n n1 satisfait cette propriété. La suite (cos(n)) n>0 ne prend ses valeurs que dans [ 1,1]. En revanche, la suite (n) n 0 peut prendre des valeurs arbitrairement grandes et la suite ( ln(n)) n 1 peut prendre des valeurs arbitrairement petite. On formalise ces notions. Définition 25 Soit (u n ) n n0 une suite. 1) On dit qu elle est majorée s il existe un réel M tel que, pour tout n n 0 on a u n M. 2) On dit qu elle est minorée s il existe un réel m tel que, pour tout n n 0 on a u n m. 3) On dit qu elle est bornée si elle est à la fois minorée et majorée. Remarque 26 Il faut remarquer qu une suite (u n ) n n0 est bornée si et seulement s il existe un réel M tel que M u n M pour tout n n 0, c est-à-dire si et seulement s il existe un réel M tel que u n M pour tout n n 0. a) En effet, considérons une suite u bornée. Il existe m 0 et m 1 tels que, pour tout entier n n 0, on a m 0 u n m 1. Puisque m 0 m 0 et m 1 m 1, on a donc m 0 u n m 1 puis max{ m 0, m 1 } u n max{ m 0, m 1 } pour tout n n 0. En posant M = max{ m 0, m 1 }, on obtient u n M pour tout n n 0. b) Réciproquement, supposons u n M pour tout n n 0. Alors M u n M pour tout n n 0. La suite u est donc minorée par M et majorée par M. Elle est donc bornée. b. Vous avez vu en Mathématiques pour tous que cela signifie que f (x) f (y) pour tous x et y tels que x y
12 p Limite d une suite Exemple 27 La suite u = ( ) 1 n+1 est majorée par 1 (en effet elle est décroissante donc n 0 u n u 0 pour tout n, et u 0 = 1) et minorée par 0. Elle est donc bornée. Notons que 1 n est pas le seul réel qui majore u, tout réel M 1 majore u. De même, 0 n est pas le seul réel qui minore u puisque tout réel m 0 minore u 2 Limite d une suite 2.1) Convergence vers une limite finie L objectif de cette partie est de rendre compte des situations où les valeurs d une suite peuvent être rendues aussi proches que voulu d un réel donné sans ne plus s en éloigner. Définition 28 Soit (u n ) n n0 une suite et l un réel. On dit que (u n ) n n0 converge vers l, ce qu on note lim n + u n = l ou u n l si, pour tout réel ε > 0, il existe un entier N n 0 tel que, pour tout entier n N, on a u n l ε. Imaginez que l on trace dans un plan muni d un repère orthonormal (Oxy) les couples (n,u n ) pour tout n n 0. La définition de la convergence vers l signifie que, quelque soit la bande horizontale choisie autour de la droite y = l, dès que n est assez grand, toutes les valeurs u n sont confinées dans cette bande. On peut se reporter à la figure 1 pour une illustration de la définition. Remarque 29 Pour dire qu une suite converge vers l, on dit aussi qu elle tend vers l ou qu elle a pour limite l. Une suite est dite convergente si elle converge vers un réel. Si une suite n admet pas de limite réelle, on dit qu elle diverge. Exemple 30 1) Soit (u n ) n n0 une suite stationnaire. Il existe un réel c et un entier n 1 n 0 tel que, pour tout n n 1 on a u n = c. Montrons que la suite converge vers c. Ayant fixé ε > 0, on choisit N = n et pour tout n N, on a u n c = 0 ε. Toute suite stationnaire est donc convergente. Les exemples suivants montrent qu il existe des suites convergentes qui ne sont pas stationnaires. 2) Montrons que la suite ( 1 n tend vers 0. Soit ε > 0, on choisit pour N le premier )n>0 entier strictement supérieur à 1 ε, c est-à-dire N = 1 ε +1. Si n N on a alors n 1 ε et donc 1 n 0 ε. 3) On généralise l exemple précédent. Soit α un réel positif strictement positif. Montrons que la suite ( ) (c) 1 n α tend vers 0. n>0 c. On rappelle la définition vue en cours de Mathématiques pour tous. Pour tout a > 0 et tout réel x, on pose a x = e x ln(a).
13 2 Limite d une suite p (b) ε = 0,01, N = 100 (a) ε = 0,1, N = 10 Figure 1 Pour tout ε > 0, il existe N tel que pour tout n N on a ( 1) n n ε. Soit ε > 0, on choisit pour N le premier entier strictement supérieur à ( ) 1 1/α, ε ( ) 1 1/α ε + 1. Si n N on a alors n ( ) 1 1/α ε puis n α 1 ε et donc c est-à-dire N = n 1 0 ε. α ( Cet exemple montre en particulier que les suites 0. ) 1 n n>0 et ( ) 1 tendent vers n 2 n>0 4) Soit q un réel tel que q < 1. Montrons que la suite (q n ) n>0 tend vers 0. Si q = 0, on a q n = 0 pour tout n > 0 ; ayant fixé ε > 0, on choisit N = 1 et pour tout n N, on a q n 0 = 0 ε. Supposons donc q 0. Soit ε > 0. Pour N, on choisit un entier qui soit à la fois strictement positif et supérieur à lnε ln q, par exemple N = max( ) lnε ln q + 1,0. Si n N, on a alors n lnε. Puisque q < 1, on en déduit nln q lnε puis, en ln q prenant l exponentielle de cette égalité q n ε. Ainsi q n 0 ε. 5) Considérons la suite ( 2n+1 n+1 ) 2n + 1 n + 1 n 0. On a = 2(n + 1) 1 n + 1 d où 2n + 1 n = 1 n + 1. = 2 1 n + 1 Soit ε > 0 et N un entier positif supérieur à 1 ε 1, par exemple N = 1 ε Pour tout n N on a alors 2n+1 n+1 2 = 1 n+1 ε. Ainsi, la suite ( ) 2n+1 n+1 converge n 0 vers 2. Proposition 31 Si une suite converge vers un réel, ce réel est unique.
14 p Limite d une suite Démonstration. Soit l et l deux nombres réels et u = (u n ) n n0 une suite dont on suppose qu elle converge vers l et l. Montrons qu alors l = l. Supposons, par l absurde, que l l. On pose alors ε = l l 3 qui est un réel strictement positif. Puisque u converge vers l, il existe un entier N n 0 tel que si n N alors u n l ε. Puisque u converge aussi vers l, il existe un entier N n 0 tel que si n N alors u n l ε. Pour tout n max(n, N ) on a donc l l = (un l ) (u n l) un l + u n l 2ε = 2 3 l l. Puisque l l > 0 on en déduit l inégalité contradictoire Ainsi l = l. Exercice 32 On considère deux suites u = (u n ) n n0 et v = (v n ) n n0. On suppose qu il existe n 1 n 0 tel que u n = v n pout tout entier n n 1. Montrer que si la suite u tend vers un réel l, alors la suite v tend aussi vers l. Exercice 33 On considère une suite u = (u n ) n n0. a) i) On suppose que u tend vers le réel l. Montrer que la suite (u n l) n n0 tend vers 0 ; ii) On suppose qu il existe un réel l tel que la suite (u n l) n n0 tend vers 0. Montrer que u tend vers l. b) i) On suppose que la suite u tend vers 0. Montrer que la suite ( u ) n n0 tend vers 0. ii) On suppose que la suite ( u ) n n0 tend vers 0. Montrer que la suite u tend vers 0. c) i) On suppose que u tend vers le réel l. Montrer que la suite ( u n l ) n n0 tend vers 0 ; ii) On suppose qu il existe un réel l tel que la suite ( u n l ) n n0 tend vers 0. Montrer que u tend vers l. Remarque 34 On considère une suite u = (u n ) n n0. Si u converge vers un réel l. Montrons qu alors, la suite ( u n ) n n0 converge vers l. Soit ε > 0. Il existe N n 0 tel que, pour tout n N, on a u n l ε. Or, pour tout entier n n 0, on a u n l u n l (voir le chapitre Nombres, Proposition 13). On en déduit que, pour tout n N, on a u n l ε. La suite ( u n ) n n0 converge donc vers l. La réciproque n est pas vraie. Nous allons montrer que si u n = ( 1) n pour tout n n 0, alors la suite ( u n ) n n0 converge vers 1 alors que la suite u n a pas de limite. Que la suite ( u n ) n n0 converge vers 1 est évident puisque c est la suite constante égale à 1. Supposons, par l absurde, que u converge vers le réel l. On applique alors la définition de cette convergence avec ε = 1 2. On obtient un entier N n 0 tel que, pour tout n N, on a ( 1) n l 1 2. En particulier, choisissant n = 2N, on a 1 l 1 2
15 2 Limite d une suite p. 15 puis, choisissant n = 2N + 1, on a 1 + l 1 2. Puisque 2 = (1 l) + (1 + l), on en déduit l inégalité contradictoire 2 1 l l = 1. La suite u ne peut donc pas avoir de limite finie. Cette unicité de la limite permet de définir des nombres comme limite de suites (voir l exemple 84). Proposition 35 Toute suite convergeant vers un réel est bornée. Démonstration. Soit (u n ) n n0 une suite de limite l R. Par définition de la convergence, avec le choix ε = 1, il existe un entier N n 0 tel que si n N alors u n l 1. Lorsque n parcourt l ensemble fini {n 0,..., N 1}, l ensemble des valeurs prises par u n l est fini. On peut donc définir α = max{ u n l : n {n 0,..., N 1}} puis M = max(1,α). Ainsi, u n l M pour tout entier n n 0. On en déduit que l M u n l + M pour tout entier n n 0. La suite (u n ) n n0 est donc bornée. Il existe des suites bornées qui ne sont pas convergentes. On a montré à la remarque 34 que la suite (( 1) n ) n 0 ne converge pas. Elle est cependant bornée puisqu elle ne prend que les valeurs 1 et 1. Il est souvent un peu pénible de calculer la limite d une suite en utilisant directement la définition. Une autre façon de procéder est de disposer d un ensemble de suites de références (dont on connaît la limite) et de connaître le comportement des suites lorsqu on applique des opérations à cet ensemble de suites de références. Théorème 36 Soit (u n ) n n0 et (v n ) n n0 deux suites. On suppose que u n l et v n l avec l et l réels. Alors 1) u n + v n l + l ; 2) si λ est un réel, λu n λl ; 3) u n v n ll ; ( ) 1 4) si l 0, il existe un entier n 1 n 0 tel que la suite est définie et u n n n 1 1 u n 1 l. Démonstration.
16 p Limite d une suite 1) Soit ε > 0. Puisque (u n ) n n0 converge vers l, il existe un entier N 1 n 0 tel que, pour tout entier n N 1 on a u n l 2 ε. Puisque (v n) n n0 converge vers l, il existe un entier N 2 n 0 tel que, pour tout entier n N 2 on a v n l 2 ε. Posons N = max(n 1, N 2 ). Si n N alors (u n + v n ) (l + l ) un l + v n l ε 2 + ε 2 = ε. On en déduit que (u n + v n ) n n0 converge vers l + l. 2) Si λ = 0, la suite (λu n ) n n0 est la suite constante nulle, elle admet donc 0 = 0 l pour limite. Supposons maintenant λ 0. Soit ε > 0, on a alors ε > 0. Puisque (u λ n ) n n0 converge vers l, il existe un entier N n 0 tel que, pour tout entier n N on a u n l ε λ. Pour tout entier n N on a donc λu n λl = λ u n l ε. Ceci montre que λu n λl. 3) Pour tout n n 0, on remarque que d où l on déduit u n v n ll = (u n l)v n + (v n l )l u n v n ll u n l v n + v n l l. La suite (v n ) n n0 est convergente, elle est donc bornée : il existe M > 0 tel que pour tout n n 0 on a v n M. On a donc Soit ε > 0, on a on a Ainsi u n v n ll u n l M + v n l l. ε 2M > 0. Puisque u n l, il existe N 1 n 0 tel que, pour tout n N 1 u n l ε 2M. u n v n ll ε 2 + v n l l pour tout n N 1. Si l = 0, on en déduit u n v n ll ε 2 ε pour tout n N 1 et donc u n v n ll. Supposons maintenant l 0. On a ε > 0. Puisque v 2 l n l, il existe N 2 n 0 tel que, pour tout n N 2 on a v n l ε 2 l. Posons N = max(n 1, N 2 ). Pour tout n N, on a donc puis u n v n ll. u n v n ll ε 2 + ε 2 l l = ε
17 2 Limite d une suite p. 17 4) Nous commençons par montrer qu il existe un entier n 1 n 0 tel que u n 0 pour tout n n 1. Puisque l 0, on peut choisir ε = l 2 dans la définition de u n l. On obtient alors un entier n 1 n 0 tel que, pour tout entier n n 1 on a u n l l 2, c est-à-dire l l 2 u n l + l 2. (1) Si l < 0, alors l + l 2 = l 2 < 0 et donc u n < 0 pour tout n n 1. Si l > 0, alors l l 2 = l 2 > 0 et donc u n > 0 pour tout n n 1. Dans les deux cas u n 0 pour tout n n 1. La suite ( 1 un )n n 1 est donc définie. 1 Montrons maintenant la deuxième partie de l énoncé : 1 u n l. Pour tout n n 1 on a 1 1 u n l = u n l l u n. Si l < 0, l inégalité de droite de l encadrement (1) conduit à u n 2 l = l 2 < 0 donc u n = u n l 2. Si l > 0, l inégalité de gauche de l encadrement (1) conduit à u n 2 l = l 2 > 0 donc u n = u n l 2. Dans les deux cas, on a u n l 2 > 0 puis 1 1 u n l 2 l 2 u n l pour tout n n 1. Soit ε > 0. Puisque u n l, il existe n 2 n 0 tel que pour tout n n 2 on a u n l l 2 2 ε. Posons N = max(n 1,n 2 ). Pour tout n N on a 1 1 u n l 2 l 2 l 2 2 ε = ε. On en déduit que 1 u n 1 l. Exemple 37 Considérons la suite u = ( ) 2n+3 7n+1. Pour tout entier n > 0, on a n 0 2n + 3 7n + 1 = 2 + 3/n 7 + 1/n. On a vu que 1 0 et que la suite constante de terme général 3 tend vers 3. Le point 2) n du théorème 36 implique donc que 3 0. La suite constante de terme général 2 tend n vers 2. Grâce au point 1) on a alors n 2. De même, Puisque 7 0 on n 1 déduit du point 4) que 7 + 1/n 1. Enfin, utilisant le point 3) on obtient /n 7 + 1/n 2 7.
18 p Limite d une suite Exemple 38 Soit a et b deux réels. On considère une suite (u n ) n n0 convergeant vers une limite réelle l b. Grâce au point 4) du théorème 36, il existe un entier n 1 tel que la suite ( ) un + a u n + b n n 1 est définie. Grâce au point 1) on a u n + a l + a et u n + b l + b. Grâce au point 4) on a 1 u n + b 1. Enfin, grâce au point 3) on obtient l + b u n + a u n + b l + a l + b. Corollaire 39 Toute suite géométrique de raison q telle que q < 1 converge vers 0. Démonstration. Considérons une suite géométrique u = ( ) u n0 q n n 0. n n 0 Si q = 0, on a u n = 0 dès que n n et donc u tend vers 0. Supposons alors q 0. On a u n = u n 0 q n q n 0 pour tout n n 0. D après l exemple 30, q n 0 donc u n 0. Remarque 40 Les points 1) et 2) du théorème 36 montrent que le sous-ensemble U n 0 de U n0 constitué des suites convergentes : U n 0 = { (u n ) n n0 U n0 : il existe un réel l tel que u n l } est un sous-espace vectoriel de U n0. En revanche, ayant fixé un réel l, le sous-ensemble U l n 0 de U n0 constitué des suites admettant l pour limite : U l n 0 = { (u n ) n n0 U n0 : u n l } n est un sous-espace vectoriel de U n0 que si l = 0. Les sous-espaces vectoriels U n 0 et U 0 n 0 ne sont pas de dimension finie (voir l annexe A). 2.2) Limite infinie Définition 41 Soit (u n ) n n0 une suite. On dit que (u n ) n n0 tend vers +, ce qu on note lim u n = + ou u n + n + si, pour tout réel M, il existe un entier N n 0 tel que, pour tout entier n N, on a u n M.
19 2 Limite d une suite p Figure 2 Une suite non croissante de limite +, la suite ( n ) ( 1) + n n n 1. Imaginez que l on trace dans un plan muni d un repère orthonormal (Oxy) les couples (n,u n ) pour tout n n 0. La définition de la convergence vers + signifie que, quelque soit la droite horizontale choisie, dès que n est assez grand, toutes les valeurs u n sont au dessus cette droite. On peut se reporter à la figure 2 pour une illustration de la définition. Remarque 42 Pour dire qu une suite tend vers +, on dit aussi qu elle admet + comme limite. On a une notion identique pour les suites devenant de plus en plus négatives. Définition 43 Soit (u n ) n n0 une suite. On dit que (u n ) n n0 tend vers, ce qu on note lim u n = ou u n n + si, pour tout réel m, il existe un entier N n 0 tel que, pour tout entier n N, on a u n m. Imaginez que l on trace dans un plan muni d un repère orthonormal (Oxy) les couples (n,u n ) pour tout n n 0. La définition de la convergence vers signifie que, quelque soit la droite horizontale choisie, dès que n est assez grand, toutes les valeurs u n sont au dessous cette droite. Remarque 44 Pour dire qu une suite tend vers, on dit aussi qu elle admet comme limite. Remarque 45 Il faut prendre garde que l expression «la suite u diverge» signifie que la suite u n a pas de limite réelle. Cela peut donc signifier trois choses : soit que le suite
20 p Limite d une suite u tend vers +, soit qu elle tend vers, soit qu elle n a pas de limite ni réelle ou infinie. Remarque 46 Une suite (u n ) n n0 tend vers + si et seulement si la suite ( u n ) n n0 tend vers. Exemple 47 1) Si q > 1, montrons que la suite (q n ) n n0 tend vers +. Soit M R. Si M 0, alors pour tout n n 0 on a q n > 0 M. Si M > 0, on choisit pour N un entier supérieur à ln M ln M, par exemple N = + 1. Pour n N, et puisque q > 1, on a alors q n M. lnq lnq 2) Si α > 0, montrons que la suite (n α ) n n0 tend vers +. Soit M R. Si M 0, alors pour tout n n 0 on a n α > 0 M. Si M > 0, on choisit pour N un entier supérieur à M 1/α, par exemple N = M 1/α + 1. Pour n N on a alors n α M. Le résultat suivant généralise la proposition 31. Proposition 48 Si une suite admet pour limite un réel, ou +, cette limite est unique. Démonstration. On considère une suite (u n ) n n0 puis l et l deux limites de cette suite. On distingue différents cas. 1) Si l et l sont réels, la proposition 31 implique que l = l. 2) Supposons l {,+ }. Grâce aux définitions de u n + et u n, pour tout M, il existe N tel que si n N alors u n M. La suite (u n ) n n0 n est donc pas bornée. Elle ne peut donc pas converger vers un réel. Ainsi, l {,+ }. a) Supposons l = +. Il existe N tel que pour tout n N on a u n 1. Supposons par l absurde que l =. Il existe alors N tel que pour tout n N on a u n 1. On obtient une contradiction dès que n max(n, N ) de sorte que nécessairement l = +. b) Si l =. Il existe N tel que pour tout n N on a u n 1. Supposons par l absurde que l = +. Il existe alors N tel que pour tout n N on a u n 1. On obtient une contradiction dès que n max(n, N ) de sorte que nécessairement l =. Exercice 49 1) Montrer que si une suite tend vers +, elle n est pas majorée. 2) Montrer que si une suite tend vers, elle n est pas minorée.
21 2 Limite d une suite p. 21 On généralise aussi les résultats des opérations sur les limites. Proposition 50 (Produit externe et limites) Soit (u n ) n n0 suppose que u n l avec l R {,+ }. i) si l R alors λu n λl ; si λ < 0 ii) si l = + alors λu n 0 si λ = 0 ; + si λ > 0 + si λ < 0 iii) si l = alors λu n 0 si λ = 0 si λ > 0 une suite et λ R. On Démonstration. i) C est le point 2) du théorème 36. ii) On suppose u n +. a) Supposons λ < 0. Soit m R. Comme u n +, il existe N tel que, pour tout n N, on a u n m λ. Puisque λ < 0, on en déduit que si n N alors λu n m. b) Supposons λ = 0. La suite (λu n ) n n0 est la suite constante nulle. Elle admet donc 0 comme limite. c) Supposons λ > 0. Soit M R. On a u n + donc il existe N tel que, pour tout n N, on a u n M λ. Puisque λ > 0, on en déduit que si n N alors λu n M. iii) On suppose u n. En utilisant la remarque 46, on voit que u n +. En appliquant le point ii) à la suite ( u n ) n n0, on trouve que λu n si λ < 0, que λu n 0 si λ = 0 et λu n + si λ > 0. Il reste alors à appliquer de nouveau la remarque 46 pour obtenir la limite de λ(u n ) n n0. Lorsque nous marquerons ind (pour indéterminé), cela signifie qu il n y a pas de résultat général applicable à toutes les suites. Il faut alors utiliser une méthode adaptée à chaque cas particulier.
22 p Limite d une suite Proposition 51 (Somme et limites) Soit (u n ) n n0 et (v n ) n n0 deux suites. On suppose que u n l et v n l avec l R {,+ } et l R {,+ }. Le tableau ci-dessous résume les limites éventuelles de (u n ) n n0 + (v n ) n n0 en fonction des valeurs de l et l. l l R + ind R l + l + + ind + + Remarque 52 Si u n + et v n, on ne peut pas prévoir la limite de (u n +v n ) n n0 sans étude spécifique, ainsi qu on le voit en considérant les exemples suivants. Si u n = n et v n = n/2 pour tous n alors u n + v n + ; si u n = n et v n = 2n pour tous n alors u n + v n ; soit α un réel quelconque, si u n = n + α/2 et v n = n + α/2 pour tous n alors u n + v n α ; si u n = n et v n = n+( 1) n, alors (u n +v n ) n n0 n a pas de limite (voir l exemple 86). Démonstration de la proposition 51. i) Si l = et l =. Soit m réel. Il existe N 1 tel que, pour tout n N 1 on a u n m/2 et N 2 tel que, pour tout n N 2 on a v n m/2. Posons N = max(n 1, N 2 ). Pour tout n N, on a u n + v n m. ii) Si l = et l R. Soit m réel. La suite (v n ) n n0 est bornée donc en particulier majorée. Il existe donc C tel que, pour tout n on a v n C. Il existe par ailleurs N tel que, pour tout n N on a u n m C. Finalement, pour tout n N on a u n + v n m. iii) Si l R et l =. On raisonne comme précédemment en échangeant les notations l et l. iv) Si l et l sont réelles, le résultat est le point 1) du théorème 36. v) Si l R et l = +. Soit M réel. La suite (u n ) n n0 est bornée, donc en particulier minorée. Il existe donc C tel que, pour tout n on a u n C. Il existe par ailleurs N tel que, pour tout n N on a v n M C. Pour tout n N on a donc u n +v n M. vi) Si l = + et l R. On raisonne comme précédemment en échangeant les notations l et l. vii) Si l = + et l = +. Soit M réel. Il existe N 1 tel que, pour tout n N 1 on a u n M/2 et N 2 tel que, pour tout n N 2 on a v n M/2. Posons N = max(n 1, N 2 ). Pour tout n N, on a u n + v n M. Exercice 53 Prouver les points v) à vii) de la proposition 51 en utilisant les points i) à iii) et la remarque 46.
23 2 Limite d une suite p. 23 Exemple 54 Les suites arithmétiques de raison strictement positive tendent vers +. Les suites arithmétiques de raison strictement négative tendent vers. Les suites arithmétiques sont en effet de la forme u n = u n0 + (n n 0 )r pour tout n n 0. Proposition 55 (Produit et limites) Soit (u n ) n n0 et (v n ) n n0 deux suites. On suppose que u n l et v n l avec l R {,+ } et l R {,+ }. Le tableau ci-dessous résume les limites éventuelles de la suite produit (u n v n ) n n0 en fonction des valeurs de l et l. l < 0 0 > 0 + l + + ind < 0 + ll 0 ll 0 ind ind > 0 ll 0 ll + + ind + + Remarque 56 Si une suite tend vers 0 et une autre vers ou +, on ne peut pas prévoir la limite de leur produit sans étude spécifique. On le voit en considérant les exemples suivants. Soit α un réel non nul quelconque, si u n = 1/(αn) et v n = α 2 n pour tous n alors u n v n α ; si u n = 1/n 2 et v n = n pour tous n alors u n v n 0 ; si u n = 1/n et v n = n 2 pour tous n alors u n v n + ; si u n = 1/n et v n = n 2 pour tous n alors u n v n ; si u n = ( 1) n /n et v n = n, alors (u n v n ) n n0 n a pas de limite (voir l exemple 86). Démonstration de la proposition 55. On ne traite que les cas non déjà traités et on s autorise à permuter les suites pour se ramener à un cas déjà démontré. i) Si l = et l =. Soit M un réel. Il existe N 1 tel que, pour tout N N 1 on a u n M. Il existe N 2 tel que, pour tout N N 2 on a v n M. Posons N = max(n 1, N 2 ). Pour tout n N, on a u n v n M et donc u n v n M. ii) Si l = et l R. En utilisant la définition de la convergence v n l avec ε = l /2 > 0, on trouve N 1 tel que pour tout n N 1 on a et donc l 2 v n l l 2 v n l /2. (2) Puisque u n, si M est un réel, il existe N 2 tel que pour tout n N 2 on a u n 2 M /l. (3) Posons N = max(n 1, N 2 ). Pour tout n N, les inégalités (2) et (3) sont valides et concernent des nombres négatifs. Pour tout n N, on a donc u n v n M et donc u n v n M.
24 p Limite d une suite iii) Si l = et l R +. Le théorème 36 implique que v n l < 0. D après le ii), on a u n ( v n ) +. Mais puisque u n ( v n ) = (u n v n ), la proposition 50 permet de déduire u n v n. iv) Si l = et l = +. La proposition 50 implique que v n. D après le i), on a u n ( v n ) +. Mais puisque u n ( v n ) = (u n v n ), la proposition 50 permet de déduire u n v n. v) Si l < 0 et l = +. On a alors v n. Grâce à ii) on en déduit u n v n + et donc u n v n. vi) Si l > 0 et l = +. On a alors v n. Grâce à iii) on en déduit u n v n et donc u n v n +. vii) Si l = + et l = +. On a alors u n et v n. Puisque ( u n )( v n ) = u n v n on en déduit u n v n +. Proposition 57 (Inverse et limites) Soit (u n ) n n0 une suite. On suppose que u n l avec l R {,+ }. ( ) 1 i) si l est réel et non nul alors il existe un entier n 1 n 0 tel que la suite est définie et 1 1 u n l ; ii) si l = 0 et s il existe n 1 tel que, pour tout n n 1, on a u n > 0 alors 1 + ; u n iii) si l = 0 et s il existe n 1 tel que, pour tout n n 1, on a u n < 0 alors 1 ; u n ( ) 1 iv) si l = ou l = + alors il existe un entier n 1 n 0 tel que la suite est définie et 1 u n 0. u n u n n n 1 n n 1 Remarque 58 La proposition 57 ne dit rien si u n 0 sans garder le même signe à partir d un certain rang (c est-à-dire si elle change de signe une infinité de fois). Dans ce cas, et si de plus la suite (u n ) n n0 ne s annule pas à partir d un certain rang n 1, alors ( ) 1 la suite n a pas de limite. Supposons en effet que (u u n ) n n0 tende vers 0 et que n n n 1 u n 0 pour tout n n 1. Supposons aussi que, pour tout N n 1, il existe n 2 N et n 3 N tels que u n2 > 0 et u n3 < 0. Puisque u n 0, le point ii) de la proposition 57 implique 1 ( ) 1 +. La suite n est alors pas bornée. Si elle admet une limite, u n u n celle-ci ne peut être que ou +. En particulier que toutes ses valeurs à partir d un certain rang sont de signe constant. Ce n est pas le cas. Démonstration de la proposition 57.
25 2 Limite d une suite p. 25 i) C est le point 4) du théorème 36. ii) Soit M un réel. Si M 0, on a 1 M pour tout n n u 1. Supposons M > 0. n Puisque u n 0, il existe N 1 tel que si n N 1 alors u n 1 M. Posons N = max(n 1, N 1 ). Si n N alors 0 < u n 1 M et donc 1 M. u n iii) Soit M un réel. Si M 0, on a 1 u n M pour tout n n 1. Supposons M < 0. Puisque u n 0, il existe N 1 tel que si n N 1 alors u n 1 M. Posons N = max(n 1, N 1 ). Si n N alors 0 < u n 1 M et u n < 0 donc 1 u n M. iv) Que l soit ou +, la suite ( u n ) n n0 tend vers +. Soit ε > 0. Il existe N tel que pour tout n N on a u n 1 ε. On en déduit que pour tout n max(n 1, N) on a 1 u n ε. Exemple 59 On considère deux entiers d et d strictement positifs puis des réels a 0,...,a d avec a d 0 et des réels b 0,...,b d avec b d 0. Pour tout n > 0, on écrit b 0 + b 1 n b d n d = ( b0 + b ) 1 n d n d b d n d. Cette quantité tend vers + si b d > 0 et vers si b d < 0. Dans le cas où b d > 0, il existe donc n 0 tel que, pour tout n n 0 on a b 0 + b 1 n b d n d > 1. De même, dans le cas où b d < 0, il existe n 0 tel que, pour tout n n 0 on a b 0 + b 1 n b d n d < 1. Dans les deux cas, il existe n 0 > 0 tel que b 0 + b 1 n b d n d 0 pour tout n n 0. Ainsi peut-on définir la suite ( a0 + a 1 n a d n d ) Pour tout n n 0, on écrit b 0 + b 1 n b d n d n n 0. a 0 + a 1 n a d n d b 0 + b 1 n b d n d = nd n d a a n d 1 d b 0 + b 1 n d n b. d 1 d n d + a 1 Puisque a a n d 1 d b 0 + b 1 n d n b d 1 d n d + a 1 a d b d
26 p Comparaisons de suites on obtient a 0 + a 1 n a d n d b 0 + b 1 n b d n d 0 si d < d a d si d = d b d + si d > d et si a d et b d ont même signe si d > d et si a d et b d sont de signes opposés. 3 Comparaisons de suites 3.1) Inégalités et limites Proposition 60 Soit (u n ) n n0 et (v n ) n n0 deux suites. On suppose qu il existe N tel que, pour tout n N, on a u n v n. Si u n l et v n l où l et l sont tous deux réels, alors l l. Le théorème ne concerne que des inégalités larges. Définissons deux suites u et v en posant u n = 1/n et v n = 2/n pour tout entier n > 0. On a u n < v n pour tout n > 0 mais limu n = limv n. Démonstration. On raisonne par l absurde en supposant l < l. On pose alors ε = l l 3 > 0. Il existe N 1 tel que, pour tout n N 1 on a u n l ε, c est-à-dire l ε u n l + ε, soit encore 2l + l 4l l u 3 n. (4) 3 De même, il existe N 2 tel que, pour tout n N 2 on a v n l ε, c est-à-dire 4l l 3 Des inégalités (4) et (5), on déduit que si n max(n 1, N 2 ) alors u n 2l + l 3 v n 2l + l. (5) 3 = l + l + l 3 > l + 2l 3 v n. Pour n max(n, N 1, N 2 ), on obtient l encadrement contradictoire v n < u n v n. La proposition précédente ne permet pas de dire si une suite admet une limite mais seulement de comparer des limites. Le théorème d encadrement sert lui à prouver l existence d une limite de suite. Théorème 61 (Théorème d encadrement) Soit (u n ) n n0, (v n ) n n0 et (w n ) n n0 trois suites. On suppose qu il existe N 0 tel que, pour tout n N 0, on a u n v n w n. Si (u n ) n n0 et (w n ) n n0 admettent la même limite réelle l, alors v n l.
27 3 Comparaisons de suites p. 27 Démonstration. Soit ε > 0. Il existe N 1 tel que, pour tout n N 1 on a et N 2 tel que, pour tout n N 2 on a Soit N = max(n 0, N 1, N 2 ). Si n N, on a et donc v n l ε. ε u n l ε ε w n l ε. ε u n l v n l w n l ε Exemple 62 On considère la suite u = ( cosn n ) n 1 1 n cosn n 1 n. Or on sait que 1/n 0 et 1/n 0 donc u n 0.. Pour tout n on a Exercice 63 Soit (u n ) n n0 et (v n ) n n0 deux suites. On suppose qu il existe n 1 n 0 tel que u n v n pour tout n n 1. Enfin, on suppose que v n 0. Montrer que u n 0. Exemple 64 Nous allons montrer que si α est un réel strictement positif alors ( n) α 1. Pour cela, grâce au théorème d encadrement, il suffit d encadrer généraux deux suites de limite 1. Puisque α > 0, on a pour tout n 1. De α α + 1, on déduit ( n) α 1 ( 1 + n) 1 α ( ) k n où k = α + 1 est un entier strictement positif. La suite ( ( ) k ) n n>0 suites qui tendent vers 1, elle tend donc vers 1. On a donc encadré deux suites de limite 1 d où le résultat. ( n) α par les termes est le produit de k ( ( ) k ) par n n>0 L équivalent du théorème d encadrement pour les limites infinies est le suivant.
28 p Comparaisons de suites Proposition 65 Soit (u n ) n n0 et (v n ) n n0 deux suites. On suppose qu il existe N 0 tel que, pour tout n N 0, on a u n v n. 1) Si u n + alors v n +. 2) Si v n alors u n. Démonstration. 1) Soit M un réel. Il existe N 1 tel que si n N 1 alors u n M. Soit N = max(n 0, N 1 ). On a v n u n M pour tout n N. 2) Soit m un réel. Il existe N 1 tel que si n N 1 alors v n m. Soit N = max(n 0, N 1 ). On a v n u n M pour tout n N. Exemple 66 Considérons la suite (n + cosn) n 0. Pour tout n, on a n 1 n + cosn. Puisque n 1 +, on en déduit n + cosn ) Croissance polynômiale et croissance exponentielle L objectif de cette partie est de montrer le résultat suivant. Théorème 67 Si α est un réel strictement positif et si r est un réel strictement supérieur à 1 alors n α r n 0. n + Démonstration. On définit une suite (u n ) n N en posant u n = n α /r n pour tout entier naturel n. Pour tout n 1 on a alors u n > 0 et u n+1 u n = 1 r ( n) α. Puisque r > 1 on peut choisir ε = r 1 2 > 0 dans la définition de ( n) α 1 (voir l exemple 64). On obtient alors l existence d un entier n 0 1 tel que ( ) α 1 + ε = r + 1 n 2 pour tout n n 0. On a alors u n+1 u n = 1 r ( ) α r + 1 < 1 n 2r pour tout n n 0. Par récurrence il suit u n ( ) r + 1 n n0 un0 2r
29 3 Comparaisons de suites p. 29 pour tout n n 0. Enfin, puisque (r + 1)/(2r) < 1, on a ( ) r + 1 n n0 un0 2r 0. n + Comme (u n ) n N est à termes positifs, on déduit du théorème d encadrement qu elle tend vers 0. Exemple 68 On a 2 n + n 7 ( 2 n 3 n = + 3) n7 3 n. Puisque 2 3 < 1, on a ( 23 ) n 0. Par ailleurs, n 7 3 n 0 donc 2 n + n 7 3 n ) Approximation décimale des nombres réels Soit a un nombre réel. L objet de cette partie est d en donner des approximations décimales. Un nombre décimal est un nombre rationnel qui n a qu un nombre fini de chiffres décimaux. Exercice 69 Soit x un nombre réel. Montrer qu il est décimal si et seulement s il existe un entier relatif k et un entier naturel n tel que x = x 10 n. Nous allons approcher le nombre réel a par des nombres décimaux. On définit une suite A(a) = (A n (a)) n 0 en posant pour tout entier n 0. A n (a) = 10n a 10 n Exercice 70 Donner les valeurs de A n (π) pour n {0,1,2,3,4,5}. La définition de la partie entière implique 10 n a 10 n a < 10 n a + 1. On a donc 10 n a 1 < 10 n a 10 n a et donc a 1 10 n < A n(a) a (6) pour tout n 0. Grâce au théorème d encadrement, on obtient lim A n(a) = a. n + les termes de la suite A ( a) étant tous des nombres décimaux, on dit que cette est une approximation décimale du nombre réel a. De plus, l encadrement (6) implique A n (a) < a A n (a) n pour tout n 0. On dit que chaque terme A n (a) est une valeur approchée par défaut de a à 10 n près.
30 p Convergence des suites monotones Définition 71 Soit a un nombre réel et ε un réel positif. Un réel x est 1) une valeur approchée de a à ε près si x ε a x + ε ; 2) une valeur approchée par défaut de a à ε près si x a x + ε ; 3) une valeur approchée par excès de a à ε près si x ε a x. On montre ensuite que les valeurs approchées de a données par les termes successifs de A(a) sont de plus en plus précises ou, ce qui revient au même, que la suite A(a) est croissante. Pour tout nombre réel x, on a x x et donc 10 x 10x. Le nombre 10 x est un entier inférieur à 10x et, le nombre 10x le plus grand entier inférieur à 10x. On a donc 10 x 10x. Choisissant x = 10 n a, on trouve 10 n a 10n+1 a 10 puis, après division par 10 n, on obtient A n (a) A n+1 (a) pour tout n 0. La suite A(a) est donc croissante. Remarque 72 Soit a un nombre réel. La suite A(a) tend vers a. Pour tout ε > 0, il existe donc un entier N tel que, pour tout n N, on a a ε A n (a) a + ε. Soit x < y deux nombres réels. On choisit a = x+y y x 2 et ε = 2 > 0. On trouve qu il existe N tel que x A n (a) y, et donc il existe un nombre décimal compris entre x et y. Entre deux nombres réels distincts, on peut donc toujours trouver un nombre décimal. On dit que l ensemble des nombres décimal est dense dans l ensemble des nombres réels. Cette notion sera approfondie en cours de Topologie. 4 Convergence des suites monotones Proposition 73 Si une suite croissante n est pas majorée alors elle tend vers +. Démonstration. Considérons une suite (u n ) n n0 croissante et non majorée. Il existe N tel que u N M sinon (u n ) n n0 serait majorée par M. Enfin, la suite (u n ) n n0 étant croissante, on trouve u n u N M pour tout n N. Dans la proposition 73, l hypothèse que la suite est croissante est nécessaire. Considérons en effet la suite (u n ) n 0 définie par n si n est pair u n = 0 sinon. Cette suite n est pas majorée, pourtant elle ne tend pas vers +. Corollaire 74 Si une suite décroissante n est pas minorée alors elle tend vers.
31 4 Convergence des suites monotones p. 31 Démonstration. Si (u n ) n n0 est décroissante et n est pas minorée alors la suite ( u n ) n n0 est croissante et n est pas majorée (si ( u n ) n n0 est majorée par M alors (u n ) n n0 est minorée par M). On en déduit que u n + puis que u n. On admet le résultat suivant concernant les suites croissantes majorées. Théorème 75 Si une suite croissante est majorée alors elle admet une limite finie. On en déduit un résultat de même type pour les suites décroissantes. Corollaire 76 Si une suite décroissante est minorée alors elle admet une limite finie. Démonstration. Si (u n ) n n0 est décroissante et minorée alors la suite ( u n ) n n0 est croissante et majorée. On en déduit l existence d un réel l tel que que u n l puis que u n l. Exemple 77 Soit f : R R une application croissante. On définit une suite (u n ) n n0 en posant u n+1 = f (u n ) pour tout n n 0 et en donnant une valeur à u n0. On suppose qu il existe un réel L tel que L = f (L). i) On suppose que u n0 +1 u n0 et u n0 L. Grâce à l exemple 22, on sait que la suite (u n ) n n0 est décroissante. La croissance de f implique que si u n L alors f (u n ) f (L), c est-à-dire u n+1 L. Par récurrence, la suite (u n ) n n0 est minorée. Elle admet donc une limite. ii) On suppose que u n0 +1 u n0 et u n0 L. Grâce à l exemple 22, on sait que la suite (u n ) n n0 est croissante. La croissance de f implique que si u n L alors f (u n ) f (L), c est-à-dire u n+1 L. Par récurrence, la suite (u n ) n n0 est majorée. Elle admet donc une limite. Exemple 78 On considère une suite (x k ) k 1 à valeurs dans les entiers de 0 à 9. Pour tout n 1, soit n u n = x k 10 k. k=1 Pour tout n, on a u n+1 u n = x n+1 10 n 1 0. La suite (u n ) n 1 est donc croissante. Par ailleurs, n 0 u n 9 10 k = n = n 1. k=1 Cette inégalité n est rien d autre que 0,x 1...x n 0, = 1 0, La suite (u }{{}}{{} n ) n 1 n fois n 1 fois est donc majorée. Étant croissante et majorée, cette suite admet une limite. Chaque valeur de u n est une valeur approchée du réel de [0,1] dont chaque x k est la k e décimale. Noter que nos calculs montrent que lim n n + k=1 ( 9 10 k = lim 1 1 ) n + 10 n = 1
32 p Convergence des suites monotones ce qui est une preuve de la non unicité du développement décimal des réels : 0, = 1. Enfin, même si les résultats précédents ne permettent pas de calculer la limite, ils permettent de la minorer ou de la majorer (d). Proposition 79 1) Si une suite est croissante, chacun de ses termes est inférieur à sa limite. 2) Si une suite est décroissante, chacun de ses termes est supérieur à sa limite. Démonstration. 1) Par convention le résultat est vrai si la suite est croissante et non majorée puisqu elle tend alors vers +. Soit donc (u n ) n n0 une suite croissante et majorée et l R sa limite. S il existe N tel que u N > l, alors u n u N > l pour tout n N. On pose alors ε = (u N l)/2 > 0. Il existe N 1 tel que u n l ε pour tout n N 1. On en déduit u n u N u n l + ε = u N + l < u 2 N pour tout n max(n, N 1 ). On obtient une contradiction d où l inexistence de N. On a donc u n l pour tout n n 0. 2) Soit (u n ) n n0 une suite décroissante et l R { } sa limite. Alors, ( u n ) n n0 est croissante et tend vers l. D après ce qui précède, on a donc u n l pour tout n n 0 ce qui implique u n l pour tout n n 0. Ces résultats permettent même de donner des méthodes de calcul de nombres réels «enserrés» par des suites dites adjacentes. Définition 80 Deux suites sont adjacentes si l une est croissante, l autre décroissante et si leur différence tend vers 0. Exemple 81 Les suites de terme général 1 n 1 et 1 + n 1 sont adjacentes : la première est croissante, la seconde est décroissante et leur différence, n 2 tend vers 0. Le résultat principal concernant les suites adjacentes est leur convergence vers une limite commune. Théorème 82 Si deux suites sont adjacentes, alors elles convergent et admettent la même limite. d. Par convention, tout réel est strictement inférieur à + et strictement supérieur à.
33 4 Convergence des suites monotones p. 33 Démonstration. On suppose que (u n ) n n0 est croissante, que (v n ) n n0 est décroissante et que u n v n 0. La suite (u n v n ) n n0 est bornée, il existe donc M tel que u n v n M pour tout n n 0. En particulier, et en utilisant la décroissance de (v n ) n n0, on a u n M + v n M + v 0 pour tout n n 0. La suite (u n ) n n0 est donc croissante et majorée, on en déduit qu elle admet une limite réelle l. De façon similaire, on a v n u n M u 0 M pour tout n n 0. La suite (v n ) n n0 est donc décroissante et minorée, on en déduit qu elle admet une limite réelle l. On a alors u n v n l l. Puisque u n v n 0, on a l = l. Les suites adjacentes permettent de construire des approximations successsives de leur limite commune. Proposition 83 Si (u n ) n n0 et (v n ) n n0 sont deux suites adjacentes, (u n ) n n0 étant croissante, leur limite commune l satisfait l encadrement pour tout entier n n 0. u n l v n Démonstration. Cela résulte du fait, déjà démontré, que les termes d une suite croissante sont toujours inférieurs à la limite de cette suite et que les termes d une suite décroissante sont toujours supérieurs à la limite de cette suite. Exemple 84 On considère les suites (u n ) n 1 et (v n ) n 1 définies par u n = 1 0! + 1 1! + 1 2! n! et v n = u n + 1 n!. La différence entre les deux suites tend vers 0, en effet n! n donc n! + puis La suite (u n ) n 1 est croissante puisque v n u n = 1 n! 0. u n+1 u n = Enfin la (v n ) n 1 est décroissante puisque v n+1 v n = u n+1 u n + 1 (n + 1)! 0. 1 (n + 1)! 1 n! = 2 (n + 1)! n + 1 (n + 1)! = 1 n (n + 1)! 0.
34 p Suites extraites Les suites (u n ) n 1 et (v n ) n 1 sont donc adjacentes. Les suites (u n ) n 1 et (v n ) n 1 admettent donc une limite réelle commune. On appelle e cette limite (e). On a donc 1 0! + 1 1! + 1 2! n! e 1 0! + 1 1! + 1 2! n! + 1 n! pour tout entier n. En prenant n = 15 on trouve l approximation suivante de e : e = 2, R avec 0 R 1 15! 7, Suites extraites Proposition 85 Soit u = (u n ) n n0 une suite et l R {,+ }. La suite u converge vers l si et seulement si u 2n l et u 2n+1 l. Démonstration. On définit deux suites u et v en posant v n = u 2n et w n = u 2n+1 pour tout entier n n 0 /2. 1) On suppose l R. a) On suppose que u converge vers l. i) Montrons que v converge vers l. Soit ε > 0. Il existe N 0 tel que si n N 0 alors u n l ε. Soit N un entier supérieur à N 0 /2. Si n N alors 2n N 0 et donc u 2n l ε, c est à dire v n l ε. On en tire que v converge vers l. ii) Montrons que w converge vers l. Soit ε > 0. Il existe N 0 tel que si n N 0 alors u n l ε. Soit N un entier supérieur à (N 0 1)/2. Si n N alors 2n + 1 N 0 et donc u 2n+1 l ε, c est à dire w n l ε. On en tire que w converge vers l. Si u converge vers le réel l, c est donc aussi le cas des suites v et w. b) Réciproquement, on suppose que que v et w convergent vers l. Montrons que u converge vers l. Soit ε > 0. Il existe N 0 tel que pour tout n N 0 on a Il existe N 1 tel que pour tout n N 1 on a Posons N = max(2n 0,2N 1 + 1). Soit n N : u 2n l ε. (7) u 2n+1 l ε. (8) e. Vous verrez dans le cours Séries numériques et suites de fonctions que ce nombre est le nombre exp(1).
35 5 Suites extraites p. 35 i) si n est pair, on écrit n = 2p ; on a p N 0 donc, grâce à (7), u 2p l ε et donc u n l ε ; ii) si n est impair, on écrit n = 2p + 1 ; on a p N 1 donc, grâce à (8), u 2p+1 l ε et donc u n l ε. Pour tout n N, on a donc u n l ε. Ainsi, u converge vers l. 2) On suppose l = +. a) On suppose que u tend vers +. i) Montrons que v tend vers +. Soit M R. Il existe N 0 tel que si n N 0 alors u n M. Soit N un entier supérieur à N 0 /2. Si n N alors 2n N 0 et donc u 2n M, c est à dire v n M. Pour tout M, il existe N tel que, si n N, alors v n M. On en tire que v tend vers +. ii) Montrons que w tend vers +. Soit M R. Il existe N 0 tel que si n N 0 alors u n M. Soit N un entier supérieur à (N 0 1)/2. Si n N alors 2n + 1 N 0 et donc u 2n+1 M, c est à dire w n M. Pour tout M, il existe N tel que, si n N, alors w n M. On en tire que w tend vers +. Si u tend vers +, c est donc aussi le cas des suites v et w. b) Réciproquement, on suppose que v et w tendent vers +. Montrons que u tend vers +. Soit M R. Il existe N 0 tel que pour tout n N 0 on a v n M, et donc u 2n M. (9) Il existe N 1 tel que pour tout n N 1 on a w n M, et donc Posons N = max(2n 0,2N 1 + 1). Soit n N : u 2n+1 M. (10) i) si n est pair, on écrit n = 2p ; on a p N 0 donc, grâce à (9), u 2p M et donc u n M ; ii) si n est impair, on écrit n = 2p + 1 ; on a p N 1 donc, grâce à (10), u 2p+1 M et donc u n M. Ainsi, pour tout M, il existe N tel que pour tout n N, on a u n M. On en déduit que u tend vers +. 3) On suppose l =. La suite u tend vers si et seulement si la suite u tend vers +. D après ce qu on vient de démontrer, la suite u tend vers + si et seulement si les suites v et w tendent vers +, c est-à-dire si et seulement si les suites v et w tendent vers. Exemple 86 Considérons la suite u = (( 1) n ) n 0 puis les deux suites v = (u 2n ) n 0 et w = (u 2n+1 ) n 0. La suite v est la suite constante égale à 1, elle converge donc vers 1. La suite w est la suite constante égale à 1, elle converge donc vers 1. Puisque 1 1, il en ressort que u n a pas de limite.
36 p Suites extraites Définition 87 Soit u = (u n ) n n0 une suite. On appelle suite extraite de u toute suite (u ϕ(n) ) n n0 avec ϕ : Z Z strictement croissante vérifiant ϕ(n 0 ) n 0. Remarque 88 Au lieu de suite extraite, on dit parfois sous-suite. Exemple 89 Les suites suivantes sont des suites extraites de u : i) (u 2n ) n n0 : on a ϕ(n) = 2n (sous-suite des termes de rangs pairs) ; ii) (u 2n+1 ) n n0 : on a ϕ(n) = 2n + 1 (sous-suite des termes de rangs impairs) ; iii) (u n+1 ) n n0 : on a ϕ(n) = n + 1. Proposition 90 Si une suite u tend vers l R {,+ }, alors toute suite extraite de u tend vers l. Pour démontrer la proposition 90, on a besoin d un résultat intermédiaire. Lemme 91 Soit ϕ : Z Z une application strictement croissante telle que ϕ(n 0 ) n 0. Pour tout entier n n 0, on a ϕ(n) n. Démonstration. On raisonne par récurrence en appelant H(n) la propriété ϕ(n) n. La propriété H(n 0 ) est vraie par hypothèse sur ϕ. Pour n n 0, supposons vraie la propriété H(n). Puisque ϕ est strictement croissante, on a ϕ(n + 1) > ϕ(n). Comme ϕ(n) et ϕ(n + 1) sont entiers, cette inégalité stricte implique ϕ(n + 1) ϕ(n) + 1. En utilisant H(n), on en déduit ϕ(n + 1) n + 1, c est-à-dire H(n + 1). Démonstration de la proposition 90. On considère une suite (u n ) n n0 admettant une limite et (u ϕ(n) ) n n0 une de ses suites extraites. 1) Supposons que u converge vers l avec l R. Soit ε > 0. Il existe N tel que si n N alors u n l ε. Si n N, on a ϕ(n) n N et donc u ϕ(n) l ε. Ainsi u ϕ(n) l. 2) Supposons que u tende vers +. Soit M R. Il existe N tel que si n N alors u n M. Si n N, on a ϕ(n) n N et donc u ϕ(n) M. Ainsi u ϕ(n) +. 3) Supposons que u tende vers. Soit m R. Il existe N tel que si n N alors u n m. Si n N, on a ϕ(n) n N et donc u ϕ(n) m. Ainsi u ϕ(n). Une importante conséquence pratique de la proposition 90 est que si d une suite on peut extraire deux sous-suites n ayant pas même limite, alors la suite n a pas de limite réelle ou infinie. Exemple 92 Soit a et b deux réels avec a différent de 0 et de 1 (f ). On définit une suite par récurrence en posant u n+1 = au n + b f. Le cas a = 0 est le cas des suites constantes. Le cas a = 1 est le cas des suites arithmétiques déjà étudié dans l exemple 54.
37 5 Suites extraites p. 37 pour tout n n 0. La suite (u n+1 ) n n0 est une suite extraite de (u n ) n n0. On en tire que si la suite (u n ) n n0 a une limite réelle ou infinie, alors la suite (u n+1 ) n n0 a même limite. i) Si (u n ) n n0 converge vers le réel l, alors puisque u n+1 l. Mais donc l = al + b. On en déduit l = u n+1 = au n + b al + b b 1 a. ii) Si (u n ) n n0 tend vers +, alors au n + b + si a > 0 et au n + b si a < 0. Puisque u n+1 +, on déduit que le cas u n + ne peut pas se produire dans le cas a < 0. iii) De même, le cas u n ne peut pas se produire que dans le cas a > 0. Exemple 93 Soit a,b,c,d des réels. On définit une suite u par récurrence en posant u n+1 = au n + b cu n + d pour tout n n 0. On suppose ad bc 0 (g) et c 0 (h). On suppose enfin que la suite est bien définie, c est-à-dire qu on peut montrer que la quantité cu n + d ne s annule pour aucune valeur de n. 1) On suppose que u tend vers ou +, alors u n 0 pour n suffisamment grand. On peut donc écrire au n + b cu n + d = a + b/u n. c + d/u n Cette quantité tend vers a/c mais, étant égale à u n+1 elle doit tendre vers ou +. La suite u ne peut donc pas avoir de limite infinie. 2) On suppose que u converge vers le réel l d/c, alors u n+1 l et au n + b cu n + d al + b cl + d. On a donc l = al + b cl + d puis cl2 + (d a)l b = 0. Il n y a de solution réelle que si (d a) 2 + 4bc 0. 3) On suppose que u converge vers le réel l = d/c. Alors au n + b b ad/c 0. Ainsi, au n + b cu n + d +. Ceci contredit u n+1 d/c. On ne peut donc pas avoir l = d/c. En conclusion, si u admet une limite, cette limite est nécessairement finie et est solution réelle de cl 2 + (d a)l b = 0. g. Si ad bc = 0 alors au n+b cu n +d = a c pour tout n n donc la suite est stationnaire. h. Le cas c = 0 se ramène à l exemple 92.
38 p Quelques suites particulières 6 Quelques suites particulières 6.1) Suites arithmético-géométriques Définition 94 On dit qu une suite (u n ) n n0 est arithmético-géométrique s il existe deux nombres réels a et b tels que u n+1 = au n + b pour tout n n 0. En prenant b = 0 on retrouve les suites géométriques ; en prenant a = 1, on retrouve les suites arithmétiques. définie par u 0 = 0 et u n+1 = 7u n + 1 est arithmético- Exemple 95 La suite (u n ) n n0 géométrique. Dans la suite, on considère une suite arithmético-géométrique comme dans la définition et on suppose a 1. On commence par montrer qu il existe r tel que la suite (v n ) n n0 définie par v n = u n + r pour tout n n 0 est géométrique de raison a. On calcule v n+1 = u n+1 + r = au n + b + r = av n ar + b + r. La suite (v n ) n n0 est donc géométrique de raison a si et seulement si ar + b + r = 0 autrement dit si et seulement r = b b a 1. On pose r = a 1. Les résultats concernant les suites géométriques permettent d étudier la limite de (u n ) n n0 en considérant la suite (v n ) n n0 = (u n + r) n n0. On a donc (u n ) n n0 = (v n r) n n0. i) Si u 0 = 1 a b alors v 0 = 0 donc (v n ) n n0 est la suite constante nulle et (u n ) n n0 est la suite constante égale à u 0 = b ii) si a > 1 et u 0 1 a ; b 1 a alors v n + et donc u n + ; iii) si a < 1 alors v n 0 et donc u n b 1 a ; iv) si a < 1 et u 0 1 a b alors (v n) n n0 n a pas de limite puisque v 2n signe(v 0 ) et v 2n+1 signe(v 0 ) ces deux limites étant distinctes puisque v 0 0. Il en résulte que (u n ) n n0 n a pas de limite : si elle avait une limite l, la suite (v n ) n n0 admettrait l + r comme limite. On peut enfin aisément retrouver la somme des premiers termes de (u n ) n n0. En
39 6 Quelques suites particulières p. 39 effet, n 0 +n 1 k=n 0 u k = n 0 +n 1 k=n 0 (v k r) = n 0 +n 1 = (u n0 + r) an 1 a 1 nr ( = u n0 + b ) a n 1 a 1 a 1 n b a ) Quelques propriétés des suites complexes k=n 0 v k nr = v n0 an 1 a 1 nr Nous n avons jusqu à présent parlé que de suites réelles (que nous appelions simplement suites). On peut définir et étudier une notion de suite complexe. Une suite complexe est une application d un sous-ensemble Z n0 = {n Z: n n 0 } dans C, et comme pour les suites réelles on note (u n ) n n0 une telle suite. Sur l ensemble U C n 0 des telles suites on définit une addition On définit aussi un produit externe Un C 0 Un C 0 Un C 0 (u n ) n n0,(v n ) n n0 (u n + v n ) n n0. C Un C 0 Un C 0 λ,(u n ) n n0 (λu n ) n n0. De même qu on a démontré la proposition 6, vous montrerez que U C n 0 est un espace vectoriel sur C. Plus d informations sur les suites complexes sont données en annexe B. Si a est un complexe non nul, on note R C a l ensemble des suites complexes (u n ) n 0 vérifiant u n+1 = au n pour tout n 0. Cet ensemble contient la suite nulle, il est stable par addition (si u n+1 = au n et v n+1 = av n pour tout n 0 alors (u n+1 + v n+1 ) = a(u n + v n ) pour tout n 0) et il est stable par produit externe (soit λ C, si u n+1 = au n pour tout n 0 alors λu n+1 = a(λu n ) pour tout n 0). L ensemble R C a est donc un sous-espace vectoriel de U C 0. Les éléments de RC a sont les suites géométriques de raison a. Si (u n ) n 0 est géométrique de raison a, alors u n = a n u 0 pour tout n 0 et donc (u n ) n 0 = u 0 (a n ) n 0. L espace vectoriel R C a est donc de dimension 1 engendré par la suite (a n ) n 0. Les suites de R C a s appelent des suites linéaires d ordre 1. Nous allons ensuite étudier les suites linéaires d ordre 2, c est-à-dire vérifiant une relation u n+2 = au n+1 + bu n pour tout n. 6.3) Suites définies par une récurrence linéaire d ordre Introduction Soit a et b deux nombres complexes avec b 0. On note R C a,b l ensemble des suites complexes (u n ) n 0 vérifiant u n+2 = au n+1 + bu n pour tout n 0. Cet ensemble contient
40 p Quelques suites particulières la suite nulle, il est stable par addition (si u n+2 = au n+1 + bu n et v n+2 = av n+1 + bv n pour tout n 0, alors (u n+2 + v n+2 ) = a(u n+1 + v n+1 ) + b(u n + v n ) pour tout n 0) et il est stable par produit externe (soit λ C, si u n+2 = au n+1 + bu n pour tout n 0, alors λu n+2 = a(λu n+1 ) + b(λu n ) pour tout n 0). L ensemble R C a,b est donc un sous-espace vectoriel de U0 C. On va déterminer ce sous-espace vectoriel Une méthode algébrique On note r 1 et r 2 les nombres complexes racines de l équation x 2 ax b = 0. On rappelle qu alors r 1 + r 2 = a et r 1 r 2 = b. i) Si r 1 = r 2, montrons que les suites (r n 1 ) n 0 et (nr n 1 ) n 0 constituent une famille libre de R C a,b. Il faut donc en particulier vérifier qu elles sont des éléments de R C a,b. On a r2 1 = ar 1 + b. Si n 0, on en déduit après multiplication par r1 n que rn+2 1 = ar1 n+1 + br1 n. Ainsi, (r1 n) n 0 R C a,b. Si x2 ax b = 0 n a qu une racine, c est-à-dire si r 1 = r 2, alors a = 2r 1 et b = r1 2. En particulier, ar 1 + 2b = 0. En multipliant par (n + 2)r1 n l égalité r1 2 = ar 1 + b, on trouve On a donc (nr n 1 ) n 0 R C a,b. (n + 2)r n+2 1 = (n + 2)ar n (n + 2)br n 1 = a(n + 1)r n bnr n 1 + (ar 1 + 2b)r n 1 = a(n + 1)r n bnr n 1. Montrons maintenant la liberté de la famille { (r n 1 ) n 0,(nr n 1 ) n 0}. Soit λ et µ deux complexes tels que λ(r n 1 ) n 0 + µ(nr n 1 ) n 0 = 0. Pour tout n 0, on a alors λr n 1 + µnrn 1 = 0. Puisque b = r2 1 0, on a r 1 0 et donc λ + µn = 0 pour tout n 0. Le choix de n = 0 donne λ = 0. Le choix n = 1 donne ensuite µ = 0. La famille { (r n 1 ) n 0,(nr n 1 ) n 0} est donc une famille libre de R C a,b. ii) Si r 1 r 2, montrons que les suites (r n 1 ) n 0 et (r n 2 ) n 0 constituent une famille libre de R C a,b. Il faut donc en particulier vérifier qu elles sont des éléments de R C a,b. On a r2 1 = ar 1 + b. Si n 0, on en déduit après multiplication par r1 n que rn+2 1 = ar1 n+1 + br1 n. Ainsi, (r1 n) n 0 R C a,b. On a aussi r2 2 = ar 2 + b donc (r2 n) n 0 R C a,b. Montrons maintenant la liberté de la famille { (r1 n) n 0,(r2 n) n 0}. Soit λ et µ deux complexes tels que λ(r1 n) n 0 +µ(r2 n) n 0 = 0. Pour tout n 0 on a alors λr1 n +µrn 2 = 0. Le choix n = 0 conduit à µ = λ de sorte que λ(r1 n rn 2 ) = 0 pour tout n 0. Puisque r 1 r 2, le choix n = 1 implique λ = 0. La famille { (r1 n) n 0,(r2 n) n 0} est donc une famille libre de R C a,b. On définit donc deux suites v et w v = (r1 n ) (nr1 n n 0 et w = ) n 0 si r 1 = r 2 ; (r2 n) n 0 si r 1 r 2.
41 6 Quelques suites particulières p. 41 On a montré que la famille {v,w} est une famille libre de R C a,b. On veut maintenant montrer que la famille {v,w} engendre R C a,b. Soit u RC a,b. On veut donc montrer qu il existe un couple de nombres complexes (α,β) tels que u n = αv n + βw n = 0 pour tout 0. Si un tel couple existe, le choix de n = 0 et n = 1 montre qu il est solution du système { αv0 + βw 0 = u 0 (11) αv 1 + βw 1 = u 1. Le déterminant de la matrice associée est d = w 1 v 0 v 1 w 0. On a v 0 = 1 et v 1 = r 1. De plus, si r 1 = r 2 alors w 0 = 0 et w 1 = r 1 tandis que, si r 1 r 2 alors w 0 = 1 et w 1 = r 2. Si r 1 = r 2 on a donc d = r 1 0 (en effet, si r 1 = 0 alors b = 0 ce qu on a exclu) et si r 1 r 2 alors d = r 2 r 1 0. Dans les deux cas, le déterminant de la matrice associée au système (11) est non nul et ce système a une solution (unique). On choisit pour (α,β) la solution de ce système. On note H(n) l hypothèse u r = αv r + βw r pour tout 0 r n. Notre choix de (α,β) implique que H(1) est vraie. Soit n 0 tel que H(n) est vraie. On veut montrer que H(n + 1) est vraie. Puisque H(n) est vraie, on a u r = αv r + βw r pour tout r n et, il reste à montrer que u n+1 = αv n+1 + βw n+1. On a u n+1 = au n + bu n 1 = a(αv n + βw n ) + b(αv n 1 + βw n 1 ) par H(n) = α(av n + bv n 1 ) + β(aw n + bw n 1 ) = αv n+1 + βw n+1. On a donc u n = αv n + βw n pour tout n 0 d où u = αv + βw. La famille libre {v,w} engendre R C a,b. C est donc une base de RC a,b. On a démontré le résultat suivant. Théorème 96 Soit a un nombre complexe et b un nombre complexe non nul. L ensemble R C a,b des suites (u n) n 0 vérifiant u n+2 = au n+1 + bu n pour tout entier n 0 est un sousespace vectoriel de U C 0 de dimension 2. Notons r 1 et r 2 les racines de l équation x 2 ax b = 0 : a) si r 1 r 2, le sous-espace vectoriel R C a,b admet pour bases la famille formée de deux suites (r1 n) n 0 et (r2 n) n 0 ; b) si r 1 = r 2, le sous-espace vectoriel R C a,b admet pour bases la famille formée de deux suites (r1 n) n 0 et (nr1 n) n 0. Autrement dit, pour toute suite (u n ) n 0 vérifiant u n+2 = au n+1 + bu n pour tout n 0, il existe un unique couple de nombres complexes (α,β) tel que a) si r 1 r 2, u n = αr1 n + βrn 2 pour tout n 0 ; b) si r 1 = r 2, u n = (α + βn)r1 n pour tout n 0.
42 p Quelques suites particulières Remarque 97 Si a,b,u 0 et u 1 sont réels, par récurrence toutes les valeurs de la suite u R C a,b sont réelles. L ensemble R a,b des suites réelles (u n ) n 0 vérifiant u n+2 = au n+1 + bu n pour tout n 0 est un sous-espace vectoriel du R-espace vectoriel U 0. Montrons que, comme précédemment, il est de dimension 2. Si les racines r 1 et r 2 sont réelles, le même raisonnement conduit au même résultat (avec des combinaisons linéaires à coefficients réels). Nous traitons le cas où l une des racines n est pas réelle. Si r 1 est racine alors son conjugué r 1 l est aussi. En effet, en prenant le conjugué de l égalité r 2 1 ar 1 b = 0 et en utilisant le fait que a et b sont réels, on obtient r 1 2 ar 1 b = 0. Ainsi, r 2 = r 1 et les racines sont de la forme r 1 = ρe iθ et r 2 = ρe iθ où ρ > 0 est le module commun à r 1 et r 2 et θ R est un module de r 1. On définit alors les suites v et w en posant v n = ρ n cos(nθ) = rn 1 + rn 2 2 et w n = ρ n sin(nθ) = rn 1 rn 2 2i pour tout n 0. Montrons que la famille {v,w} est une famille libre de R a,b. Les suites (r n 1 ) n 0 et (r n 2 ) n 0 vérifient u n+2 = au n+1 + bu n pour tout n 0 d après l étude du cas complexe, leur somme et différence aussi et donc v et w sont des éléments de R a,b. Soit λ et µ deux réels tels que λv + µw = 0. Alors, pour tout n 0 on a λρ n cos(nθ) + µρ n sin(nθ) = 0. Le choix de n = 0 conduit à λ = 0. Le choix de n = 1 conduit ensuite à µ = 0. En effet sinθ 0 puisque r 2 n est pas réelle. On poursuit ensuite comme dans le cas complexe pour montrer que la famille {v,w} engendre R a,b. Exercice 98 Écrire en détail la démonstration du fait que la famille {v,w} engendre R a,b. On obtient le résultat suivant.
43 6 Quelques suites particulières p. 43 Théorème 99 Soit a un nombre réel et b un nombre réel non nul. L ensemble R a,b des suites réelles (u n ) n 0 vérifiant u n+2 = au n+1 +bu n pour tout entier n 0 est un sous-espace vectoriel de U 0 de dimension 2. Notons r 1 et r 2 les racines (éventuellement complexes) de l équation x 2 ax b = 0. a) si les deux racines sont réelles et distinctes, ce sous-espace vectoriel R a,b admet pour base la famille constituée des deux suites (r n 1 ) n 0 et (r n 2 ) n 0 ; b) si les deux racines sont réelles et égales, ce sous-espace vectoriel R a,b admet pour base la famille constituée des deux suites (r n 1 ) n 0 et (nr n 1 ) n 0 ; c) si les deux racines sont complexes non réelles (et donc conjuguées et distinctes), on note r 1 = ρe iθ, avec ρ > 0 et θ R, alors ce sous-espace vectoriel R a,b admet pour base la famille constituée des deux suites (ρ n cos(nθ)) n 0 et (ρ n sin(nθ)) n 0. Autrement dit, si (u n ) n 0 vérifie u n+2 = au n+1 + bu n pour tout entier n 0, alors il existe un unique couple de nombres réels (α,β) tel que a) si les deux racines sont réelles et distinctes, u n = αr1 n + βrn 2 pour tout n 0 ; b) si les deux racines sont réelles et égales, u n = (α + βn)r1 n pour tout n 0 ; c) si les deux racines sont complexes non réelles (et donc conjuguées et distinctes), on note r 1 = ρe iθ, avec ρ > 0 et θ R, alors u n = (αcos(nθ) + βsin(nθ))ρ n pour tout n 0. Dans le cas c) du théorème 99, on peut donner un autre expression pour toute suite non nulle (u n ) n 0 de R a,b. Soit α et β non tous deux nuls. On a alors αcos(nθ) + βsin(nθ) = α 2 + β 2 α α 2 + β cos(nθ) + 2 β α 2 + β 2 sin(nθ). Or, 2 2 α β + = 1. α 2 + β 2 α 2 + β 2 Il existe donc un réel ϕ tel que cos( ϕ) = α β et sin( ϕ) = α 2 + β 2 α 2 + β. 2 Ainsi, α α 2 + β cos(nθ) + β sin(nθ) = cos(nθ + ϕ). 2 α 2 + β2 En posant R = α 2 + β 2, on a donc (αcos(nθ) + βsin(nθ))ρ n = Rρ n cos(nθ + ϕ). Exercice 100 On garde les notations du théorème 99 et on suppose être dans le cas c). Montrer que s il existe deux réels R 0 et ϕ R, alors la suite (u n ) n 0 définie par u n = Rρ n cos(nθ + ϕ)
44 p Quelques suites particulières pour tout entier n 0 appartient à R a,b. En déduire que R a,b est l ensemble des suites (u n ) n 0 pour lesquelles existent deux réels R 0 et ϕ R tels que pour tout entier n 0. u n = Rρ n cos(nθ + ϕ) Une méthode matricielle On donne maintenant une méthode basée sur du calcul matriciel. Si u n+2 = au n+1 + bu n pour tout n 0, alors ( 0 1 b a )( un u n+1 ) = ( un+1 u n+2 Notons A = ( ) 0 1 b a. On a donc (un ) n 0 R C a,b si et seulement si ( un+1 u n+2 ) ( ) un = A u n+1 pour tout n 0. On en déduit par récurrence que (u n ) n 0 R C a,b si et seulement si ( un u n+1 ) ( ) = A n u0 u 1 pour tout n 0. Le reste de cette partie est donc consacré au calcul de A n. Comme précédemment, on note r 1 et r 2 les nombres complexes racines de l équation x 2 ax b = 0. Puisque A λi a pour déterminant λ 2 aλ b, les complexes r 1 et r 2 sont les seules valeurs de λ pour lesquelles A λi n est pas inversible. Ce sont donc les seules valeurs de λ pour lesquelles le système (A λi)x = 0 a une infinité de solution. On utilisera les relations suivantes entre coefficients et racines : r 1 + r 2 = a et r 1 r 2 = b. i) On suppose r 1 r 2. On a ( ) ( )( ) ( ) 1 r (A r 1 I) = = = 0. r 1 b a r 1 r 1 b + (a r 1 )r 1 ). (12) De la même façon, (A r 2 I) ( 1 r2 ) = 0. On note e1 = (1,r 1 ) et e 2 = (1,r 2 ). Si αe 1 + βe 2 = 0, la première coordonnée livre α = β et la seconde conduit alors à α(r 1 r 2 ) = 0. Puisque r 1 r 2, on en déduit α = 0 puis β = 0. La famille {e 1,e 2 } est donc libre. Puisque le C-espace vectoriel C 2 est de dimension 2, on en déduit que la famille {e 1,e 2 } est une base de C 2. On note P la matrice de passage de la
45 6 Quelques suites particulières p. 45 base canonique de C 2 à la base {e 1,e 2 }. C est une matrice inversible. On calcule ( )( )( ) P 1 1 r AP = r 2 r 1 r 1 1 b a r 1 r 2 ( 1 r1 r = 2 ar 1 b r2 2 ar ) 2 b r 2 r 1 (r1 2 ar 1 b) (r 1 r 2 ar 2 b) ( ) 1 r 2 = 1 + r 1 r 2 0 r 2 r 1 0 r2 2 r. 1r 2 Ainsi obtient-on ( ) P 1 r1 0 AP =. 0 r 2 La matrice P 1 AP est diagonale, on la note D. On a A = PDP 1 et donc A n = PD n P 1 pour tout n 0. Or D n = ( r1 n 0 ) 0 r d où 2 n pour tout n 0. On déduit de (12) que ( A n 1 r2 r = 1 n r 1r2 n r2 n ) rn 1 r 2 r 1 b(r2 n rn 1 ) rn+1 2 r1 n+1 pour tout n 0. u n = r 2r n 1 r 1r n 2 r 2 r 1 u 0 + rn 2 rn 1 r 2 r 1 u 1 = r 2u 0 u 1 r 2 r 1 r n 1 + u 1 r 1 u 0 r 2 r 1 r n 2 ii) On suppose r 1 = r 2. On a alors A = ( ) 0 1 r1 2 2r 1. Par récurrence, on montre alors que ( A n (n 1)r n = 1 nr1 n 1 ) nr1 n+1 (n + 1)r1 n pour tout n 1. On obtient alors (i) ( ) u n = (n 1)r1 n u 0 + nr1 n 1 u1 u 1 = u r 0 nr1 n + u 0r1 n 1 pour tout n 1 (on vérifie facilement que cette formule est vraie aussi pour n = 0). Remarque 101 Tous ces calculs relèvent de la théorie de la diagonalisation qui sera vue plus tard (j). Cette théorie explique pourquoi les calculs menés ici conduisent à des résultats simples. i. Noter que b 0 implique r 1 0. j. Du moins si vous continuez l étude des mathématiques, ce que souhaite l auteur de ces lignes...
46 p Quelques suites particulières Exemples Cherchons le terme général de la suite réelle définie par u n+2 = u n+1 + u n pour tout n 0 u 0 = 1 u 1 = 2. L équation associée est x 2 x 1 = 0 dont les racines sont r 1 = Il existe donc des réels α et β tels que et r 2 = ( ) n ( u n = α + β 2 2 pour tout n 0. Les choix de n = 0 et n = 1 conduisent à u 0 = 1 = α + β u 1 = 2 = α La résolution du système conduit à et donc u n = α = β = ) n + β ( ) n ( pour tout n 0. Cherchons le terme général de la suite réelle définie par u n+2 = 4u n+1 4u n pour tout n 0 u 0 = 1 u 1 = 4. L équation associée est x 2 4x + 4 = 0 dont les racines sont r 1 = r 2 = 2. Il existe donc des réels α et β tels que u n = (α + βn) 2 n ) n
47 6 Quelques suites particulières p. 47 pour tout n 0. Les choix de n = 0 et n = 1 conduisent à { u0 = 1 = α u 1 = 4 = 2α + 2β. La résolution du système conduit à α = β = 1 et donc u n = (n + 1) 2 n pour tout n 0. Cherchons le terme général de la suite réelle définie par u n+2 = 8u n pour tout n 0 u 0 = 1 u 1 = 2. L équation associée est x = 0 dont les racines sont r 1 = 2 2i = 2 2e iπ/2 et r 2 = 2 2i = 2 2e iπ/2. Il existe donc des réels α et β tels que ( ( u n = αcos n π ) ( + βsin n π )) (2 2) n 2 2 pour tout n 0. Les choix de n = 0 et n = 1 conduisent à u 0 = 1 = α u 1 = 2 = 2 2β. On a donc u n = ( cos ( n π ) + 1 ( sin n π ) ) (2 2) n pour tout n 0. Cherchons le terme général de la suite complexe définie par u n+2 = 3iu n+1 + (i + 3)u n pour tout n 0 u 0 = 1 u 1 = 2. L équation associée est x 2 3ix i 3 = 0 dont les racines sont r 1 = i 1 et r 2 = 2i + 1. Il existe donc des complexes α et β tels que u n = α(i 1) n + β(2i + 1) n pour tout n 0. Les choix de n = 0 et n = 1 conduisent à { u0 = 1 = α + β u 1 = 2 = α(i 1) + β(2i + 1).
48 p Quelques suites particulières La résolution du système conduit à { α = i β = 1 i. et donc u n = i(i 1) n + (1 i)(2i + 1) n pour tout n 0.
49 7 Exercices p Exercices 1) On définit trois suites (u n ) n 0, (v n ) n 0 et (w n ) n 0 en posant pour tout n 0. u n = n(n + 1) n(n + 1)(2n + 1), v 2 n = 6 1) Calculer u n,v n et w n pour n {0,1,2,3,4,5}. 2) Donner le terme général de la suite (u 2n ) n 0. 3) Donner le terme général de la suite (v n 2) n 0. 4) Donner le terme général de la suite (w 2n 2 ) n 1. et w n = u 2 n 2) On définit une suite (u n ) n 0 en posant u 0 = 1 et u n+1 = u 2 n + 1 pour n 0. Calculer u n pour n {0,1,2,3,4,5}. 3) Justifier que l on définit une suite (u n ) n 0 en posant u 0 = 1/4 et u n+1 = 1 u 3 n pour n 0 4) Soit a un réel tel que a 1. On définit une suite (u n ) n 0 en posant u 0 = a et u n+1 = 1 u 2 n pour tout n 0. Que valent u et u 1548? 5) Parmi les suites (u n ) n 0 suivantes, dire lesquelles sont arithmétiques. Preciser, le cas échéant la raison et le premier terme. 1) u n = 7n + 3 2) u n = 4 3) u n = n 4) u n = (n + 5) 3 n 3 15(n 1) 2. 6) Déterminer les trois premiers termes d une suite arithmétique (u n ) n 0 sachant que { u 0 + u 1 u 2 = 7 2u 0 + 3u 1 4u 2 = 13. 7) Pour tout entier N 1, déterminer la somme des N premiers termes de la suite (3 n 7n + 6) n 0. 8) On définit deux suites (u n ) n 0 et (v n ) n 0 en posant u 0 = v 0 = 1 et { un+1 = 8u n + 7v n v n+1 = 7u n + 8v n. Déterminer les suites (u n + v n ) n 0 et (u n v n ) n 0 pour tout n 0 puis calculer le terme général des suites (u n ) n 0 et (v n ) n 0. 9) Le philosophe grec Zénon d Élée (autour de -450) prétendait démontrer l impossibilité d un mouvement par le raisonnement suivant : une flèche ne peut pas atteindre sa cible puisqu avant d atteindre cette cible, il lui faut parcourir la moitié de la distance, puis la moitié du chemin restant puis ainsi de suite, une infinité de moitiés. Pourquoi la conclusion de ce raisonnement est-elle fausse?
50 p Exercices 10) Calculer les limites des suites de terme général 1) n7 + 6n n 2, + 1 n 5 6n n 7 + 8n + 2, n 2 + n + 1 2n 2 + n + 1. ( ) 1 n. 3 2n + 2 2n + 1, n 4 + n n 4 + n 2. 2) 2 3 n, n 3 n, n, n2 n + 1 3) 2n + 1 n + 1, 11) On définit une suite u = (u n ) n 0 par u 0 = 0 et u n+1 = 9u n 4 12u n 5 pour tout entier n 0. 1) Montrer que pour tout n 0 tel que 12u n 5 0, on a u n+1 = u n 5. 2) En déduire que, pour tout n 1, on peut définir u n et que u n ) Pour tout entier n 0, on pose v n+1 = 2u n + 1 3u n 2. Montrer que la suite v = (v n ) n 0 est géométrique. 4) Déterminer la limite de v. 5) Pour tout entier n 0, établir l expression de u n en fonction de v n. 6) Quelle est la limite de u? 12) On définit une suite u = (u n ) n 0 par u 0 = 0 et u n+1 = 2u n 2 6u n + 5 pour tout entier n 0. 1) a) Montrer que pour tout n 0 tel que 6u n + 5 0, on a u n+1 = u n + 5. b) En déduire que, pour tout n 1, on peut définir u n et que u n 1 2. ( ) 2 2 2) On pose M =. 6 5 a) Pour quelles valeurs λ 0 et λ 1 du paramètre réel λ la matrice M λi n est-elle pas inversible?
51 7 Exercices p. 51 b) On note { V 0 = (x,y) R 2 : M ( ) ( )} { ( ) ( )} x x = λ y 0 et V y 1 = (x,y) R 2 x x : M = λ y 1. y Montrer qu il existe deux vecteurs w 0 et w 1 de R 2 tels que w 0 engendre V 0 et w 1 engendre V 1. c) Montrer que {w 0,w 1 } est une base de R 2. Soit P( la matrice ) de passage de la a b base canonique de R 2 à {w 0,w 1 }, on note P 1 =. Donner les valeurs de c d a,b,c et d. 3) On définit une suite v = (v n ) n 0 en posant, pour tout n 0 entier v n = au n + b cu n + d. a) Montrer que v est bien définie et que c est une suite géométrique. b) Déterminer la limite de v. c) Pour tout entier n 0, établir l expression de u n en fonction de v n. d) En déduire que u converge et donner sa limite. 4) On va retrouver cette limite par une autre méthode. a) Calculer D = P 1 AP. ( ) b) Pour tout entier n 0, on définit α n,β n,γ n et δ n par M n αn β = n. Déterminer α n,β n,γ n et δ n. c) Démontrer, par récurrence, que pour tout n 0 on a u n = β n δ n. d) En déduire que u converge et donner sa limite. 13) On définit une suite u = (u n ) n 0 par u 0 = 0 et γ n δ n u n+1 = 5u n + 4 9u n + 7 pour tout entier n 0. 1) a) Montrer que pour tout n 0 tel que 9u n + 7 0, on a u n+1 = u n + 7. b) En déduire que, pour tout n 0, on peut définir u n et que u n 2 3. ( ) 5 4 2) On pose M =. 9 7
52 p Exercices a) Pour quelle valeur λ la matrice M λi n est-elle pas inversible? b) On note V = { (x,y) R 2 : M ( ) ( )} x x = λ. y y Montrer V est un sous-espace vectoriel de dimension 1 et en construire un vecteur générateur w. c) Construire un vecteur t tel que {w,t} soit une base de R 2. On note P la matrice de passage de la base canonique de R 2 à {w,t}. ( ) a b 3) On note P 1 =. c d a) Calculer a,b,c et d. b) On définit une suite v = (v n ) n 0 en posant, pour tout n 0 entier v n = au n + b cu n + d. Montrer que v est bien définie et que c est une suite arithmético-géométrique. c) Déterminer la limite de v. d) Pour tout entier n 0, établir l expression de u n en fonction de v n. e) En déduire que u converge et donner sa limite. 4) On va retrouver cette limite par une autre méthode. a) Calculer T = P 1 MP. b) Par récurence, calculer T n pour tout entier n 0. c) En déduire T n pour tout entier n 0. ( ) d) Pour tout entier n 0, on définit α n,β n,γ n et δ n par M n αn β = n. Déterminer α n,β n,γ n et δ n. e) Démontrer, par récurrence, que pour tout n 0 on a u n = β n δ n. f) En déduire que u converge et donner sa limite. 14) On définit une suite u = (u n ) n 0 par u 0 = 1 et 1) Montrer que u est bien définie. 2) Montrer que pour tout n 1. u n+1 = 1 + u n pour tout entier n 0. u n+1 u n = u n u n un u n 1 γ n δ n
53 7 Exercices p. 53 3) En déduire que u est croissante. 4) Montrer qu il existe un unique réel positif l tel que l = 1 + l. 5) Montrer que u n l pour tout n 0. 6) Déduire des question précédente que u converge. 7) En donnant une relation entre u 2 n+1 et u n pour tout entier n 0, déterminer la limite de u. 15) On définit une suite u = (u n ) n 0 par u 0 = 0 et u n+1 = 2 u n pour tout entier n 0. 1) Pour tout n 0, montrer que si 0 < u n < 2 alors 0 < 2 u n < 2. En déduire que u est bien définie et bornée. 2) Pour tout n 1, montrer que u n+1 u n = u n 1 u n 2 un + 2 u n 1. 3) En déduire par récurrence que, pour tout entier n 0 la propriété P (n): { u2n+2 > u 2n u 2n+3 < u 2n+1 est vraie. 4) On définit deux suites a = (u 2n ) n 0 et b = (u 2n+1 ) n 0. Étudier variations de a et b. 5) Déduire de la question précédente et de la première question que a et b sont convergentes. 6) On note A la limite de a et B la limite de b. Montrer que B 2 = 2 A puis que (B 1)(B 3 + B 2 + B 2) = 0. 7) Montrer par récurrence que, pour tout entier n 0 la propriété P (n): { u2n < 1 u 2n+1 > 1 est vraie. n déduire que B 1. 8) Déduire des questions 6 et 7 que B = 1. 9) Montrer que la suite u converge et donner sa limite. 16) Soit u = (u n ) n 0 la suite définie par u 0 = 2 et pour tout n 0. a) Montrer que u est bien définie. u n+1 = 1 2 u n + 1 u n
54 p Exercices b) Montrer que, pour tout n 0 on a u n 2. c) Étudier les variations de u. d) Montrer que, pour tout n 0, on a 0 u n n (u 0 2) 2n. e) Montrer que u converge et déterminer sa limite. 17) On définit deux suites u = (u n ) n 0 et v = (v n ) n 0 par u n+1 = 3u n + 2v n, v 5 n+1 = 3v n + 2u n 5 pour tout n 0. Montrer que les suites u et v sont adjacentes. 18) Le but de cet exercice est de déterminer le terme général de la suite u = (u n ) n 0 définie par u 0 = u 1 = u 2 = 1 et pour tout n 0. Pour tout n 0, on pose u n+3 = 6u n+2 11u n+1 + 6u n U n = u n+2 u n+1 u n a) Montrer qu il existe une matrice M telle que, pour tout n 0 on a U n+1 = MU n. b) Exprimer U n en fonction de U 0 pour tout n 0. c) Pour quelles valeurs λ 0, λ 1 et λ 2 du paramètre réel λ la matrice M λi n est-elle pas inversible? d) On note x x x x V 0 = (x,y,z) R3 : M y = λ 0 y z z, V 1 = (x,y,z) R3 : M y = λ 1 y z z. et x x V 2 = (x,y,z) R3 : M y = λ 2 y z z. Montrer qu il existe trois vecteurs v 0, v 1 et v 2 de R 3 tels que v 0 engendre V 0, v 1 engendre V 1 et v 2 engendre V 2. e) Montrer que {v 0,v 1,v 2 } est une base de R 3. On note P la matrice de passage de la base canonique de R 3 à {v 0,v 1,v 2 }. f) Calculer D = P 1 MP. g) En déduire une expression de U n puis de u n pour tout n 0.
55 B Convergence des suites complexes (par Thierry Buffard) p. 55 A Structure linéaire de l espace vectoriels des suites On a vu proposition 6 que l ensemble U n0 des suites réelles (u n ) n n0 est un espace vectoriel sur R. Montrons que cet espace est de dimension infinie. On raisonne par l absurde en le supposant de dimension finie d. Considérons alors les d + 1 suites u (1),...,u (d+1) définies par u (1) n 0 = 1 et u (1) n = 0 si n n 0 u (2) n 0 +1 = 1 et u(2) n = 0 si n n u (d) n 0 +d 1 = 1 et u(d) n = 0 si n n 0 + d 1. u (d+1) n 0 +d = 1 et u(d+1) n = 0 si n n 0 + d. La famille {u (1),u (2),...,u (d+1) } est libre : soit en effet λ 1,...,λ d+1 des réels tels que Pour tout entier n n 0 on a donc λ 1 u (1) + λ 2 u (2) λ d+1 u (d+1) = 0. λ 1 u n (1) + λ 2 u n (2) λ d+1 u (d+1) n = 0. Le choix de n = n 0 donne λ 1 = 0. Le choix n = n donne λ 2 = 0. En choisissant successivement pour n les entiers de n 0 à n 0 +d on montre que les réels λ 1,...,λ d+1 sont nuls. On a donc construit une famille libre à d + 1 éléments d un espace vectoriel de dimension d. C est contradictoire. L espace U n0 n est pas de dimension finie. Remarque 102 Chacune des suites u (1),...,u (d+1) tend vers 0. Le raisonnement précédent justifie donc aussi la remarque 40. B Convergence des suites complexes (par Thierry Buffard) Définition 103 Une suite numérique complexe notée (z n ) n N (ou plus simplement (z n )) est une application de N à valeurs dans C. Définition 104 On dit qu une suite complexe (z n ) est convergente (dans C) s il existe un nombre complexe l tel que : ε > 0, N N ; n N, (n N = z n l < ε). (13) On dit alors que la suite (z n ) tend vers l, ou encore que la suite (z n ) converge vers l ou encore que la suite (z n ) a pour limite l.
56 p. 56 B Convergence des suites complexes (par Thierry Buffard) Proposition 105 (comme dans R) Si (z n ) est une suite convergente, alors sa limite est unique et est notée lim n + z n ou lim(z n ). Exemple 106 Soit z n = n+i i n pour tout n N. Montrons que lim(z n) = i. On a z n i = n+i i n i = n+i 1, donc z n i = 1. n 2 +1 Soit ε > 0. Pour N 0 = 1 ε 2 1 n N 0. On a ainsi montré que lim(z n ) = i. Remarque 107 On a l équivalence : + 1 si ε 1 et N 0 = 0 si ε > 1, on a z n i < ε pour tout lim(z n ) = l C si et seulement si la suite réelle ( z n l ) converge vers 0. Théorème 108 (comme dans R) a) Si (z n ) est une suite complexe convergente vers l C, alors la suite réelle ( z n ) converge vers l. b) Toute suite complexe convergente est bornée c est-à-dire vérifie qu il existe M R tel que z n M. c) Si lim(z n ) = l C et lim(z n) = l C, alors lim(z n + z n) = l + l, d) Si lim(z n ) = l C et lim(z n) = l C, alors lim(z n z n) = l l, e) Si lim(z n ) = l C et λ C, alors lim(λz n ) = λl, f) Si lim(z n ) = l C et l 0, alors la suite ( 1 z n ) est définie à partir d un certain rang n 0 et la suite ( 1 zn )n n 0 est convergente de limite 1 l. g) Si la suite (z n ) est convergente, alors toute suite extraite de (z n ) est convergente vers lim(z n ), h) La suite (z n ) est convergente vers l C si et seulement si les deux suites extraites (z 2n ) et (z 2n+1 ) sont convergentes vers l. Le théorème suivant permet de se ramener à l étude des suites réelles. Théorème 109 Soit (z n ) une suite complexe et soit l = a + ib C (a, b R). Alors, la suite (z n ) converge vers l = a + ib si et seulement si la suite réelle (R(z n )) converge vers a et la suite réelle (I(z n )) converge vers b. Démonstration. a) Supposons la convergence de la suite complexe (z n ) vers l = a + ib C et montrons la convergence des suites réelles (R(z n )) et (I(z n )) vers respectivement a et b. On sait que lim(z n ) = l équivaut à lim( z n l ) = 0. Or, R(z n ) a = R(z n l) z n l et donc R(z n ) a 0 c est-à-dire R(z n ) a. De même, I(z n ) b = I(z n l) z n l et donc I(z n ) b 0 c est-à-dire I(z n ) b.
57 B Convergence des suites complexes (par Thierry Buffard) p. 57 b) Supposons R(z n ) a R et I(z n ) b R et montrons la convergence de la suite complexe (z n ) vers l = a + ib. On a : z n (a + ib) = (R(z n ) a) + i(i(z n ) b) On obtient donc : z n (a + ib) = 0. R(z n ) a + I(z n ) b. Exemple 110 Soit z n = i n Pour tout n N, z n = Puisque R(z n ) = n+i n n i n 2 n pour tout n N. n n et I(z n) = n2 n , on obtient lim(z n) = i = i.
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