GARCH models : evidence from Tunisian Exchange market
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- Jean-Bernard Favreau
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1 MPRA Munich Personal RePEc Archive GARCH models : evidence from Tunisian Exchange market Amine Lahiani and Ouidad Yousfi EconomiX (UPX), EconomiX (UPX,), CR2M (University of Montpellier 2) December 2007 Online at MPRA Paper No , posted 7. February :31 UTC
2 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE : APPLICATION AUX TAUX DE CHANGE TUNISIENS LAHIANI A 1 et YOUSFI O 2 Abstract This paper deals with statistics and econometrics properties of fractionally integrated GARCH (F IGARCH). We compare these characteristics with those of traditional models. We insist on the GARCH exponential/igarch in nite decrease of volatility impact. Then, we apply it on three Tunisian exchange rate series between 1994 and As Beine, Laurent and Lecourt (2002), the contributions of the F IGARCH model are extended by accounting for the observed kurtosis through a student-t based maximum likelihood estimation. This estimation improves the goodness of t properties of this model and may lead to di erent interest parameters estimates Keywords : Long memory, Volatility, persistence, exchange rate. JEL Classi cation : C13, C22, C52, F31. Résumé Dans ce travail, nous étudions les propriétés statistiques et économétriques des modèles GARCH fractionnaillement intégrés (F IGARCH). A l aide de trois séries de taux de change prélevées sur le marché de change tunisien entre 1994 et 2002, nous mettons en évidence les propriétés «exibles» de ce modèle par rapport aux propriétés opposées des modèles traditionnels (la décroissance exponentielle de l impact des chocs sur la volatilité des modèles GARCH et la décroissance in nie des modèles IGARCH). Nous procédons comme Beine, Laurent et Lecourt (2002) en tenant compte du moment d ordre 4 observé en utilisant la fonction de vraisemblance. L introduction d une telle caractéristique améliore le degré d ajustement des données par le modèle et pourrait aboutir à des valeurs di érentes des estimateurs. Mots-clès : la mémoire longue, la persistance de la volatilité, taux de change. Classi cation JEL : C13, C22, C52, F Introduction La très grande fréquence des données nancières a favorisé l étude des impacts de court et de long terme d une brusque uctuation sur la dynamique des séries. Elle met en évidence le concept de mémoire longue dans les séries nancières et microéconomiques. Pendant de nombreuses années, le modèle de marche aléatoire Nous remercions Mme Catherine BRUNEAU dont les remarques et suggestions ont permis d améliorer de manière substantielle le présent papier. Nous restons responsables des éventuelles erreurs ou omissions. 1 EconomiX, UPX et HEC Genève. [email protected] 2 EconomiX, UPX. 1
3 2 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE a été considéré le meilleur prédicteur de la dynamique de la volatilité sur les marchés de change. Ce modèle présume qu on ne peut pas battre systématiquement le marché : les marchés sont e cients. Diebold et Nason (1990) montrent que le risque peut persister dans les séries nancières : l étude de ces séries révèle une dépendance temporelle du risque qui disparaît souvent progressivement. Les recherches se sont orientées vers l étude des dynamiques conditionnelles. Toutefois, ces travaux ne di érencient pas la dépendance conditionnelle révélant de la moyenne de celle de la variance. Deux volets sont alors issus. Le premier étudie l équation de la moyenne conditionnelle avec les modèles ARMA, ARIMA, ARF IMA... Le second s est focalisé sur la variance conditionnelle. Deux classes de modèles non linéaires se sont développées pour caractériser cette variance. La première classe se base sur les modèles d hétéroscédasticité conditionnelle autorégressive (ARCH) de Engle (1982) et ses extensions, le plus connu étant le modèle d hétéroscédasticité conditionnelle autorégressif généralisé (GARCH) de Bollerslev (1986) et le modèle GARCH intégré de Engle et de Bollerslev (1986). La deuxième classe fait référence aux modèles de volatilité stochastique (SV ) introduit par Taylor (1986). Dans ce papier, nous nous intéressons à la première classe de modèles. Contrairement aux modèles économétriques standards qui supposent que la variance est toujours constante, les modèles ARCH supposent que la variance conditionnelle est une fonction des carrés des innovations passées. L application de ces modèles sur les taux d in ation montre que la volatilité change au cours du temps. Dans tous ces travaux, on suppose que plus l innovation est lointaine dans le passé plus faible sera son impact sur la variance conditionnelle : la valeur de la volatilité est une fonction décroissante de l ordre de retard. La spéci cation linéaire de la variance conditionnelle semble saisir l e et des erreurs passées ou de mémoire longue trouvé dans les travaux empiriques. Cette spéci cation ne pose pas de problèmes d estimation particuliers. Toutefois, pour que la variance conditionnelle soit positive, des contraintes supplémentaires sur les paramètres du modèle sont nécessaires. Pour contourner cette dernière di culté, Engle (1982, 1983) et Engle et Kraft (1983) proposent de xer le nombre de retards à prendre en compte au lieu de travailler avec des ARCH in nis. En se basant sur les travaux faits sur l équation de la moyenne conditionnelle, une extension généralisée des modèles ARCH a été développée : le modèle GARCH. Ce dernier tient compte non seulement de la volatilité courante exprimée par les carrés des résidus passés mais aussi de la volatilité passée : il présente ainsi une spéci cation plus exible de la variance conditionnelle. Toutefois, le modèle GARCH ne permet de modéliser que la dépendance temporelle de court terme : l e et des chocs décroît exponentiellement dans le temps. Pour "étendre" la mémoire du modèle GARCH, Engle et Bollerslev (1986) introduisent une extension du modèle GARCH dite intégrée (IGARCH) qui présente une mémoire "explosive" : les e ets de chocs sont persistants à l in ni. Compte tenu des propriétés opposées des modèles traditionnels : décroissance exponentielle de l impact des chocs sur la volatilité des modèles GARCH par opposition leur persistance à l in nie dans les modèles IGARCH, un troisième modèle
4 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE 3 plus exible a été introduit. Sur le marché de change, Baillie, Bollerslev et Mikkelsen (1996) ont proposé une version ajustée des deux modèles : c est le processus GARCH fractionnaillement intégré (F IGARCH). Ces modèles sont spéci és par analogie avec les modèles ARF IMA dans l équation de la moyenne. Cette spéci cation a été discutée par Teyssière (1997), Breidt Crato et De Lima (1998). Chung (2001) a émis des réserves sur la spéci cation F IGARCH adoptée par Baillie, Bollerslev et Mikkelsen (1996) et a proposé une nouvelle version. Dans le présent papier, nous étudions les propriétés de la modélisation F IGARCH puis nous discutons ses di érentes spéci cations. Nous testons la validité de ce modèle grâce à une application au marché de change tunisien pour répondre à la question suivante : Jusqu à quelle mesure ce modèle permet-il de décrire la dynamique du taux de change? Le papier s organise comme suit : la section (2) présente les propriétés du modèle F IGARCH. Dans la section (3), nous l appliquons au marché de change tunisien moyennant trois séries de taux de change : l euro, le Livre Sterling et le dollar américain par rapport au dinar tunisien. En n, nous synthétisons nos principaux résultats et concluons. 2. Propriétés des modèles F IGARCH Dans ce papier, nous supposons que la moyenne est décrite par l équation suivante : y t = t +" t Pour simpli er, nous supposons que t est égal à une constante, I t 1 représente l information passée jusqu à la date t 1 et que " t =I t 1 s iid 0; 2 t : Les résidus conditionnels " t =I t 1 sont indépendamment et identiquement distribués, de moyenne nulle et hétéroscédastiques tel que : E (y t ) =. " t suit un processus GARCH(p; q) si : 8 < : " t = z t t E z t =I t 1 = 0 V ar z t =I t 1 = 1 et t véri e : 2 t =! + (L) " 2 t + (L) 2 t où L désigne l opérateur de retard et (L) = P q i =1 il i et (L) = P p j =1 jl j sont deux polynômes de L de degrés respectifs q et p. Pour s assurer de la stabilité et de la stationnarité du processus " 2 t, nous supposons que les racines des deux polynômes [1 (L) (L)] et [1 (L)] sont à l extérieur du cercle unitaire. Cette condition est satisfaite si ( + ) < 1. Le modèle GARCH (p; q) peut s écrire sous la forme d un modèle ARCH in ni, tel que : Soit : où (L) = (L) [1 tend vers 1: 2 t =! [1 (L)] 1 + (L) [1 (L)] 1 " 2 t 2 t =! [1 (L)] 1 + (L) " 2 t (L)] 1 P = 1 j L j décroît exponentiellement lorsque j j=1
5 4 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE Le modèle GARCH (p; q) peut être réécrit sous la forme d un modèle ARMA(m; p) tel que m = max fp ; qg. Soit v t = " 2 t 2 t les résidus dans l équation de la variance conditionnelle. En reprenant la dé nition du modèle GARCH(p; q) et remplaçant 2 t par " 2 t + v t, nous obtenons : [1 (L) (L)] " 2 t =!+ [1 (L)] v t Une large littérature nancière suggère que la volatilité conditionnelle des prix d actions présente une persistance signi cative des chocs (une longue mémoire) 3. Les modèles standards ARCH, GARCH, GARCH exponentiel (EGARCH) ne permettent pas de modéliser ce type de persistance. Des études empiriques plus récentes montrent que les deux processus " 2 t et log " 2 t laissent entrevoir que les chocs de volatilité décroissent lentement et sont persistants. Bien qu ils soient plus exibles que d autres modèles et tiennent compte de plusieurs propriétés spéci ques des marchés nanciers, les modèles GARCH présentent une mémoire courte, contredisant certaines propriétés empiriques de la volatilité des séries nancières. Mais que se passe-t-il si [1 (L) (L)] admet une racine unitaire? Dans ce cas, notre processus est non stationnaire au sens de GARCH. Pour remédier à ces limites, Engle et Bollerslev (1986) dé nissent le modèle IGARCH intégré. Il s écrit : (1 L) (L) " 2 t =!+ [1 (L)] v t où (L) = m P 1 i L i. Toutefois, ce modèle présente une persistance explosive des i=1 chocs de volatilité sur la dynamique de la série. En se basant sur le modèle IGARCH, Baillie, Bollerslev et Mikkelsen (1996) s inspirent de l analogie entre le modèle ARMA et le modèle ARF IMA, pour dé nir le modèle F IGARCH à partir du modèle GARCH. L idée est de permettre au paramètre d intégration d, qui appartenait à f0; 1g dans le modèle GARCH/IGARCH, de varier sur [0; 1]. Le modèle résultant est beaucoup plus exible : les chocs de volatilité décroissent exponentiellement mais sont plus persistants que dans le modèle GARCH et moins persistants que dans le modèle IGARCH. Le modèle F IGARCH est obtenu en remplaçant l opérateur de retard (1 L) dans la dernière équation par l opérateur de retard fractionnel (1 L) d. Le modèle F IGARCH(p; d; q) s écrit alors : (2.1) (1 L) d (L) " 2 t =!+ [1 (L)] v t où les polynômes (L) et [1 (L)] admettent des racines à l extérieur du cercle unitaire. Le processus F IGARCH(p; d; q), pareillement que pour le GARCH(p; q), admet une représentation ARCH. En remplaçant v t par son expression et en réorganisant les termes de l équation ci-dessus, on obtient : h i [1 (L)] 2 t =!+ 1 (L) (1 L) d (L) ou encore : 2 t =! [1 (L)] 1 + " 2 t h 1 (1 L) d (L) [1 (L)] Si on note par (L), le polynôme d ordre in ni, tel que : (L) = 1 (1 L) d (L) [1 (L)] 3 Voir, entre autres, Ding et all. (1993), De Lima et Crato (1993). 1 1 i " 2 t
6 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE 5 Le modèle F IGARCH s écrit : (2.2) 2 t =! [1 (L)] 1 + (L) " 2 t Breidt, Crato et De Lima (1998) adoptent une autre écriture du modèle. Ils considèrent le modèle GARCH suivant : [1 (L) (L)] 2 t 2 = (L) v t où 2 est la variance "non conditionnelle" de " t dans le modèle GARCH 4. Ensuite, ils montrent que le modèle F IGARCH peut être spéci é comme suit : (L) (1 L) d 2 t 2 = (L) v t Cette spéci cation n est pas récurrente et aucun papier à notre connaissance n a étudié ses propriétés. Chung (2001) montre que le F IGARCH tel qu il est dé ni par Baillie, Bollerslev et Mikkelsen (1996) est "non cohérent". Il considère (L) dans l équation (2:1) : qp (L) = 1 j L j j=1 Chung analyse l analogie de base entre le modèle ARF IMA et le modèle F IGARCH et montre qu il y a des di érences structurelles entre les deux spéci cations. Le modèle ARF IM A a été introduit par Granger (1980, 1981), Granger et Joyeux (1980) et Hosking (1981) pour étudier la mémoire longue dans l équation de la moyenne. Un processus stochastique y t suit un processus ARF IMA(a; d 0 ; m), s il véri e : (1 L) d0 (L) (y t ) = (L) " t ap mp où est la moyenne non conditionnelle de y t, (L)= 1 jl j et (L)= 1 j L j sont deux polynômes de L d ordre respectifs a et m et " t est un bruit blanc de moyenne 2. Pour s assurer de la stationnarité et de l inversibilité du processus y t, nous supposons que d 0 varie de 0; 5 à 0; 5. Ce paramètre décrit la mémoire longue du processus y t. L opérateur de di érence fractionnelle est dé ni à partir de son développement sur la base de séries de Maclaurin, tel que : 1P (j d (1 L) d0 = 1 d 0 ) 0 j=1 (j + 1) (1 d 0 ) Lj 1P = 1 j (d 0 ) L j = 1 d (L) j=1 Dans certains papiers, on trouve le développement précédent exprimé comme un polynôme d ordre in ni de L donné par : P (1 L) d0 = 1 (j d 0 ) P (j + 1) ( d 0 ) Lj = 1 j (d 0 ) L j (j z) (j +1) ( z) j=0 où j (z) = et ( ) est la fonction gamma standard. La constante! du modèle F IGARCH est structurellement di érente de dans les modèles ARF IM A. Dans ce dernier, l opérateur de retard fractionnail s applique 4 Nous détaillons l interprétation de 2 ultérieurement. Nous supposons que cette variance s écrit :! = (L) (1 L) d 2 j=1 j=0 j=1
7 6 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE à la constante. De plus, la structure de mémoire longue est di érente dans les deux modèles : le paramètre de mémoire d 0 varie entre 0; 5 et 0; 5 alors que d appartient à [0; 1]. Si 0 < d 0 < 1, le modèle ARF IMA est un modèle stationnaire à mémoire 2 longue. Les autocorrélations sont positives, diminuent hyperboliquement et tendent vers zéro lorsque le retard augmente. La densité spectrale est concentrée autour des faibles fréquences et tend vers l in ni lorsque les fréquences tendent vers zéro. Si d 0 = 0, le modèle ARF IMA se réduit au modèle ARMA standard. 1 2 < d 0< 0, le modèle est antipersistant, les autocorrélations décroissent hyperboliquement et tendent vers zéro et la densité spectrale est dominée par les composantes des fréquences élevées. Si Selon la valeur du paramètre d dans [0; 1], seront déterminés le pro l et la vitesse de propagation des chocs de volatilité. Si on se refère à l analyse des fonctions de réponses aux impulsions, dérivées de (2:1), on peut évaluer l impact de long terme des chocs passés v s, s t, sur la série en fonction de la limite des poids cumulés de le fonction de réponses impulsionnelles donnée par : (1) = lim k! +1 i=0 kp i := lim k! +1 k = F (d 1; 1; 1; 1) 1 (1) [1 (1)] où k t(" 2 t+k t (" 2 t+k 1 ) est le coe cient de la fonction d impulsion 5, E v v t est l espérance conditionnelle à la date t et v t = " 2 t 2. Si 0 d 1 alors F (d 1, 1, 1 ; 1) = 0, d ou (1) = 1 les chocs de volatilité décroissent hyperboliquement contrairement au modèle GARCH où ces chocs décroissent exponentiellement. Si d = 1 alors F (d 1; 1; 1; 1) = 1 d où (1) = 1 (1) [1 (1)] et les chocs sont in niment persistants. Si d > 1 alors la variance conditionnelle est explosive et (1) tend vers +1: Le paramètre de mémoire d 0 est appliqué directement sur le carré de l erreur contrairement au paramètre d s appliquant sur les 2 t dans le F IGARCH. Par ailleurs, un modèle ARF IMA (a; 0; m) se ramène à un modèle ARMA(a; m) tandis qu un modèle F IGARCH (p; 0; q) ne peut pas être réduit à un GARCH(p; q). S ajoutent à ces di érences structurelles, d autres d ordre technique : les paramètres du modèle ARF IMA sont moins contraints que ceux du modèle F IGARCH. Ces derniers doivent satisfaire certaines conditions pour assurer de la positivité de la variance conditionnelle. Si Bollerslev et Mikkelsen (1996) ont proposé certaines conditions, d autres papiers ont étudié la question et ont trouvé d autres conditions. 5 F (d 1; 1; 1; 1) est la fonction hypergéométrique solution de l équation di érentielle suivante : Elle est dé nie par : x (1 x) y 00 (x) + [c (a + b + 1) x] y 0 (x) ab y(x) = 0 F (a; b; c; z) = + X 1 n = 0 (a + k) (b + k) (c) (a) (b) (c + k) z k k!
8 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE 7 En se basant sur la première version du modèle, Chung (2001) conclut en la présence de quelques problèmes de spéci cation. Comme nous l avons déjà signalé, la constante du modèle F IGARCH peut s écrire : (2.3)! = (L) (1 L) d 2 où (L) = 1 qp j L j et (1 L) d P = 1 j (d) L j. Il su t de remplacer dans j=1 l équation (2:2). Soit : j=0! = 2 P (1) 1 j (d) L j j=0 Chung démontre que cette constante est théoriquement égal à 0. Toutefois, des études empiriques montrent que cette constante est faible mais signi cativement non nulle (voir Baillie, Bollerslev et Mikkelsen, 1996, Bollerslev et Mikkelsen, 1996 et Teyssière, 1997). Pour contourner ce problème, Chung reprend l écriture ARM A du modèle GARCH (p; q) -voir Breidt, Crato et De Lima (1998) - en considérant plutôt le processus " 2 t : [1 (L) (L)] " 2 t 2 =!+ [1 (L)] v t puis, il propose la version suivante du modèle F IGARCH, tel que : (2.4) (L) (1 L) d " 2 t 2 = [1 (L)] v t Cependant, l interprétation du paramètre 2 n est pas claire et ambiguë : nous ne savons pas si c est une variance "non conditionnelle" (comme dé nie précédemment) ou une composante constante dans " 2 t comme présentée dans l équation (2:3). Par ailleurs, les conditions de positivité de la variance conditionnelle posent un problème. Deux ensembles de conditions su santes ont été proposés : le premier est dé ni dans Baillie, Bollerslev et Mikkelsen(1996) et le deuxième est celui de Chung (2001). Nous notons que ces deux ensembles ne sont pas équivalents bien qu ils soient tous deux su sants : certains paramètres véri ent certaines conditions mais pas la totalité de ces conditions. Baillie, Bollerslev et Mikkelsen (1996) considèrent que ces conditions sont à dé nir au cas par cas. Ils considèrent l exemple particulier du modèle GARCH(p; q), étudié par Nelson et Cao (1992) alors que Chung, dans une première version de son papier en 1996, considère l écriture ARCH du modèle F IGARCH. Il montre que si 6= 0, les paramètres de la variance conditionnelle doivent véri er : (2.5) (2.6) (2.7) 1 = d d (d + 1) 2 = (d ) ( ) + 2 k = k 2 (d ) ( ) ( ) k P 1 j (d) k 1 j k (d) ; k = 3; 4; ::: j=2 pour que la variance conditionnelle soit positive, il su t que tous les paramètres k ; k = 1; ::: soient positifs. Ceci revient à imposer : 0 d < 1
9 8 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE Bollerslev et Mikkelsen (1996) quant à eux se basent sur une relation autorégressive entre les paramètres k tel que : 1 = d k = k 1 + (k 1 d) k 1 k (d) ; k = 2 ; 3 ::: où k (d) = k 1 (d) (k 1 d) k 1, k = 2; 3; ::: sont les coe cients d une expansion de séries Maclaurin (1 L). Ils en déduisent les inégalités suivantes comme conditions su santes pour assurer la positivité de la variance conditionnelle : (2.8) d 2 d 3 (2.9) d( 1 d ) (d 2 + ) 3. Application au marché de change tunisien 3.1. Statistiques descriptives des données. Notre étude empirique sera faite sur des données journalières de taux de change : l euro (EUR) (1305 observations) 6, le Livre Sterling (GBP ) (1305 observations) et le dollar américain (U SD) (1966 observations) par rapport au dinars tunisien (T ND). Ces données nous ont été fournies par le service de change de la Banque Centrale de Tunis (BCT) et Datastream. Les séries de l euro et du Livre Sterling s étendent du 18/09/2001 au 18/09/2006 alors que les cotations du dollar américain commencent le 01/03/1994 (date d ouverture du marché de change au comptant) et cessent au 01/03/2002. Nous nous intéressons au marché de change au comptant. La littérature empirique sur les taux de change ne trouve pas de dépendance linéaire entre les observations (pas d autocorrélations ou une corrélation très faible) mais elle montre une dépendance temporelle de second ordre ce qui peut être expliqué par une hétéroscédasticité. De plus la distribution des rendements des taux de change est asymétrique et caractérisée par des queues épaisses (voir Fig 1). Conformément à nos prévisions, le taux de change USD/T ND présente une tendance à la hausse relativement plus importante par rapport aux deux autres devises. L EUR/T ND et le GBP /T ND croient et décroissent avec des vitesses proportionnelles et de même signe. Prouvant ainsi la présence de périodes"stables" et d autres plus volatiles (voir Fig 2). Économiquement, ce constat empirique est expliqué par la dépréciation de la valeur du dollar durant la période du [01/03/ /03/1996]. Remarquons que les valeurs négatives (les baisses des cours) tendent à provoquer un accroissement de la volatilité supérieur à celui induit par des valeurs positives (hausse des cours) de même amplitude : C est l E et de Levier de Brock (1976) Stationnarité des séries de taux de change. Les corrélogrammes des autocorrélations et des autocorrélations partielles indiquent un comportement non stationnaires ; même si les autocorrélations ne sont pas proches de l unité mais très proches entre elles, on conclut donc en faveur de la non stationnarité des séries de taux de change. Pour con rmer cette hypothèse, nous avons mis en oeuvre le test de Dickey et Fuller (1979 et 1980) : le test ADF. Nous avons aussi utilisé le test KPSS de Kwiatkwski, Phillips, Schmidt et Shin (1992). Notre choix de tests s explique par le 6 En Tunisie, les échanges en euros ont commencé e ectivement le 04/01/1999.
10 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE 9 fait que pour le premier test l hypothèse nulle correspond à la présence d une racine unitaire tandis que l hypothèse nulle du second test correspond à la stationnarité. En e e, le premier test favorise l hypothèse nulle, il est donc impératif de considérer les deux types de tests. Ces tests permettent également de distinguer les processus à mémoire longue de ceux à mémoire courte. Quatre cas de gures sont possibles selon les résultats des deux tests : Le test ADF rejette l hypothèse de présence de racine unitaire et le test KPSS accepte l hypothèse de stationnarité. On en déduit que le processus est stationnaire. Le non rejet de l hypothèse nulle de présence de racine unitaire et le rejet de l hypothèse nulle de stationnarité. Le processus est donc non stationnaire : il est intégré d ordre un. Les tests ADF et KPSS peuvent rejeter l hypothèse nulle. Le processus ni I(0) ni I(1). On peut envisager la présence de mémoire longue. L acceptation de l hypothèse nulle par les deux tests révèle souvent la présence de problèmes de données. Les résultats des deux tests appliqués aux trois séries de taux de change sont communiqués dans le tableau (1) : Tableau (1) : Statistiques descriptives EUR GBP USD Moyenne 1,502 2,240 1,148 Médiane 1,526 2,259 1,123 Maximum 1,698 2,519 1,515 Minimum 1,287 2,040 0,911 Ecart type 0,122 0,127 0,174 JB 96,567** 173,418** 173,418** ADF -2,145** 97,133** -0,186** KPSS 0,632** 0,401** 0,757** ** signi catif au seuil 1 % JB : le test de normalité de Jarque Bera On conclut à la non stationnarité des trois séries. Cependant, cette non stationnarité peut être expliqué par l hétéroscédasticité des résidus. En e et, les autocorrélations décroissent très faiblement et ne convergent presque pas, le test de Box Pearce montre que les résidus sont fortement corrélés. Appliqué aux carrés des rendements, le test du Multiplicateur de Lagrange révèle un e et ARCH très signi catif jusqu à l ordre 10. Ces résultats sont récapitulés dans le tableau (2). L hypothèse nulle d absence d e et ARCH est rejetée pour toutes les séries. Pour stationnariser les séries, on di érencie les séries en logarithme dans le but de remédier à leur hétéroscédasticité ce qui correspond à étudier nalement les rendements des taux de change.
11 10 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE Tableau (2) : Résultats du test ARCH EUR GBP USD ARCH(2) 9,626** 10,547** 3,776** [0,000] [0,000] [0,023] ARCH(5) 5,850** 6,770** 5,042** [0,000] [0,000] [0,000] ARCH(10) 4,085 6,982** 29,371** [0,000] [0,000] [0,000] ** signi catif au seuil 1 %. Les P-values sont entre [ ]. Dans la suite, le taux de rendement est dé ni par : St r t = 100 log S t 1 où S t et S t 1 sont les cours journaliers aux instants t et t 1. Les rendements sont plus dispersés que les cours de change journaliers avec des écarts à la moyenne plus importants. En subdivisant la période étudiée en deux sous périodes, la première s étendant du 01/03/1994 au 26/06/1997 et la deuxième du 30/06/1997 au 31/12/1998, on remarque que le taux de change USD/T ND a augmenté considérablement durant la deuxième période, une des principales causes qui peut expliquer ce constat est l ouverture du marché de change à terme qui a favorisé la libéralisation nancière. Ce nouveau marché permet en e et aux opérateurs de se couvrir contre le risque de change à l import comme à l export ; le nombre de transactions sur le nouveau marché a nettement augmenté (voir Fig 2). L hypothèse de présence de racine unitaire est rejetée pour les trois devises, les séries des rendements sont donc stationnaires. L examen des corrélogrammes montre que les autocorrélations sont nettement moins faibles et convergent rapidement au bout des dix premiers retards (voir tableau (3)). Le tableau (3) : Statistiques descriptives des taux de rendement EUR GBP USD Moyenne -0,006-0,005-0,016 Médiane 0,000 0,001-0,017 Maximum 1,187 2,038 2,503 Minimum -1,404-1,541-3,321 Ecart type 0,213 0,277 0,466 Skeweness -0,231 0,403-0,044 (3,290) (5,690) (0,802) Kurtosis 7,092 8,611 6,032 (29,056) (39,676) (27,454) JB 851,59** 1599,9** 752,46** ADF -38,432** -41,640** -41,427** KPSS 0,050 0,132 0,273 ** signi catif au seuil 1 %. Les t -student sont entre ( ). D après le tableau (4), les autocorrélations empiriques des rendements au carré sont toutes positives et nettement plus élevées en valeur absolue que les autocorrélations empiriques des rendements. Le test de Portemanteau est très signi catif
12 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE 11 et les P-values sont généralement nulles (voir tableau (4)). Les autocorrélations ne convergent presque pas. Compte tenu de ces résultats, nous pouvons conclure à la présence d une variance conditionnelle hétéroscédastique et à la possibilité d une dépendance temporelle dans les premiers moments et les moments d ordre supérieur. Les tests de la normalité (le moment d ordre 3, le moment d ordre 4 et le test JB) révèlent que les distributions des trois séries ne sont pas gaussiennes (voir Fig 1). En e et, quelque soit la série considérée, les coe cients d aplatissement des queues des distributions (Kurtosis) sont signi cativement supérieurs à trois. Les graphiques de densité de Kernel montrent que les distributions sont léptokurtiques (une propriété courante des séries nancières). Généralement, on propose d autres lois alternatives tenant compte des propriétés des séries nancières telles que la loi de Student et la loi de Student symétrique. Tableau (4) : Résultats des tests de Box Pearce appliqués aux carrés des rendements EUR GBP USD Q (10) 49,633** 38,358** 74,849** [0,000] [0,000] [0,000] Q (15) 77,440** 40,141** 114,453** [0,000] [0,004] [0,000] Q (20) 165,429** 133,553** 214,481** [0,000] [0,000] [0,000] ** signi catif au seuil 1 %. Les P-values sont entre [ ] Modélisation ARF IM A F IGARCH. Granger et Teravista (1993) montrent qu une mauvaise spéci cation de la moyenne conditionnelle peut a ecter l estimation des paramètres de la variance conditionnelle. Teyssière (1997) une expérience Monte Carlo et montre qu ignorer la mémoire longue dans la moyenne conditionnelle d un processus à double mémoire longue peut donner des biais signi cativement importants lors de l estimation du processus de la volatilité conditionnelle. L estimation du modèle ARF IM A F IGARCH est nouvelle dans la littérature économétrique (voir Teyssière, 1997). Dans une première partie, nous estimons la moyenne par le modèle ARF IMA. L équation est la suivante : (3.1) (1 L) d0 (L) (y t ) = (L) " t où E (" t ) = 0, E " 2 t = 2 et E (" t " s ) = 0, 8 s 6= t. Les conditions citées ci-haut sont véri ées. Le modèle ARF IMA représenté par l équation (3:1) est estimé par la méthode du maximum de vraisemblance en utilisant PcGive (voir Doornik et Hendry, 2001) 7. Nous estimons di érentes paramétrisations du ARF IMA (a; d 0 ; m), allant jusqu à l ordre 2. Nous considérons di érentes combinaisons de (a; m) telles que a; m = 0::: Sowell (1992a) présente un algorithme détaillé pour l estimation des paramètres d un modèle ARF IMA(a; d 0 ; m). 8 L examen des corrélogrammes des autocorrélations et des autocorrélations partielles montrent que les autocorrélations tendent vers 0 après l ordre 2.
13 12 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE D après les valeurs des critères d information (AIC et SIC) 9, nous avons retenu les modèles ARF IMA(0; d 0 ; 0) pour les trois séries étudiées. Les résultats de nos estimations sont résumés dans le tableau (5). Tableau (5) : Les résultats des estimations après sélection des modèles ARF IM A EUR GBP USD 0,020 0, (6,02)** ( 2,04)* (1.11) d 0-0, (-4.92)** (-2,23)* (2.50)* ln (L) 61, , Q (20) 49,561 49,585 17,886 [0,000] [0,000]** [0,594] Q 2 (20) 62,381 40, ,969 [0,000]** [0,004]** [0,000]** AIC -0,090 0, SIC 2,905 3, SIC c -117, , ,3337 JB 28,433 35, [0.000]** [0.000]** [0.0000]** ARCH 4,311 14, [0.000]* [0.000]** [0.044]* ** signi catif au seuil 1%. * signi catif au seuil 5 %. Les t-student sont entre ( ). Les P-values sont entre [ ]. Les résultats reportés dans le tableau (5) montrent la présence d un e et ARCH dans les résidus de l estimation d un modèle ARF IMA(a; d 0 ; m) sur les séries de rendements des taux de changes étudiées. Une modélisation ARF IMA(a; d 0 ; m) F IGARCH(p; d; q) sur les trois séries de taux de croissance des taux de change étudiées tel que : (3.2) (3.3) (3.4) (L)(1 L) d0 (y t ) = (L) t t = z t t [1 L] 2 t = w + [1 L L(1 L)d ] 2 t où E ( t ) = 0 et E ( t s ) = 0, 8s 6= t: Ce modèle est estimé en utilisant la version professionnelle d Ox, selon la méthode du maximum de vraisemblance. Sous l hypothèse de normalité, la fonction de log-vraisemblance du modèle du modèle ARF IMA(a; d 0 ; m) F IGARCH(p; d; q) s ecrit comme suit : (3.5) L(; 1 ; 2 ; :::; T ) = T 2 ln (2) (1 2 ) T X t=1 [ ln ( 2 t ) + 2 t 2 t ] où 0 = (, 1, :::, a, 1, :::, m, d 0, w, 1, :::, q, 1,..., p, d). Nous avons estimé les paramètres des deux spéci cations du modèle F IGARCH : celle de Baillie, Bollerslev et Mikkelsen (1996) et de Chung (2001). Nous avons 9 2kT AIC c = 2 LV (max) + où LV est la valeur du Log vraisemblance à l optimum T (k+1) et k est le nombre de paramètres du modèle.
14 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE 13 constaté qu il n y a pas de di érences au niveau de la sélection des modèles. Toutefois, la constante dans le modèle de Chung est largement supérieure à celle de Baillie, Bollerslev et Mikkelsen. Dans la suite, on se contente d étudier cette dernière spéci cation. Les résultats des estimations sont récapitulés dans le tableau (6). Quelque soit le critère d information retenu, les séries présentent une dépendance de long terme dans leurs moyennes et volatilités conditionnelles. Le paramètre d intégration fractionnelle est signi catif et positif dans l équation de la variance conditionnelle. Nous sommes en présence d un phénomène de persistance de la volatilité des taux de rendement des trois devises : EUR, GBP et USD. Tableau (6) : Les résultats des estimations après sélection du modèle ARF IM A EUR GBP USD 0,019 0,014 0,008 (5,245)** ( 1,954) (1,529) d 0-0,070-0,042 0,050 (-3,433)** (-1,692) (2,38)* w 0,020 0,050 0,001 (5,394)** (4,136)** (1, 097) d 0,120 0,121 0,397 (4,947)** (3,546)** (2,518)* 1-0,046 0,436 (-0,989) (4,669)** 2 0,049 (1,201) 1 0,782 (7,88)** ln (L) 81, , ,98 Q (20) 43,949 11,126 14,298 [0,001]** [0,942] [0,815] Q 2 (20) 18,953 21,698 15,145 [0,524] [0,299] [0,584] AIC -0,119 0,722-0,493 SIC -0,103 0,742-0,473 SIC c -155, , ,902 Skeweness -0,054-0,248-0,068 Kurtosis 3,687 3,719 5,982 ** signi catif au seuil 1%. * signi catif au seuil 5 %. Les t-student sont entre ( ). Les P-values sont entre [ ]. Les résultats reportés dans le tableau (6) donnent plusieurs conclusions. Ils con rment ceux du tableau (5) pour deux des trois séries de rendements des taux de change. Le paramètre d intégration fractionnaille de la moyenne conditionnelle est négatif pour la zone euro et le Royaune Uni contrairement aux Etats-Unis. La série GBP /T ND montre l existence d une mémoire longue dans l équation de la moyenne lorsque seul le modèle ARF IMA est estimé. Par contre, quand on estime un ARF IMA F IGARCH sur cette même série, le paramètre de mémoire longue F IGARCH
15 14 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE dans l équation de la moyenne dévient non signi catif. En e et, d 0 est négatif et non signi catif. La série USD/T ND a une composante de mémoire longue dans l équation de la moyenne conditionnelle : d 0 est positif et signi catif. Pour la série EUR/T ND, d 0 est négatif et signi catif dans les deux tableaux donc la série présente une antipersitance et les autocorrélations décroissent hyperboliquement vers zéro. On peut donc conclure que les dynamiques estimées dans les moyennes conditionnelles ne sont pas a ectées par l introduction du modèle F IGARCH pour les séries EUR/T ND et USD/T ND. Les trois séries présentent une mémoire longue dans leurs équations de la variance. L estimation de la variance conditionnelle révèle des coe cients d intégration fractionnelle qui sont signi catifs et positifs, montrant la présence d un phénomène de persistance de la volatilité caractérisant les trois séries de rendements des taux de change étudiées. Le paramètre d 0 est très signi catif pour les séries de taux de rendements EUR et USD (signi catif au seuil 1%) et signi catif pour la série de taux de rendements GBP. Après la comparaison des divers critères d information, nous retenons les modèles suivants : ARF IMA(0; d 0 ; 0) F IGARCH(0; d; 0) pour l EUR, ARF IMA(0; d 0 ; 0) F IGARCH(1; d; 0) pour le GBP et ARF IMA(0; d 0 ; 0) F IGARCH(1; d; 1) pour l USD. Nous pouvons conclure aussi en la présence de mémoire longue (modélisée par le coe cient d intégration fractionnelle) et de mémoire courte (que nous retrouvons dans les paramètres du processus GARCH). Le test ARCH, appliqué aux carrés des résidus issus de l estimation des modèles ARF IM A F IGARCH sélectionnés, n est pas signi catif pour les trois séries (voir tableau (7)). Ceci con rme l absence d hétéroscédasticité. Tableau (7) : Résultats du test ARCH appliqué aux modèles sélectionnés EUR GBP USD ARCH(2) 1,385 0,018 1,817 [0,250] [0,981] [0,403] ARCH(5) 0,910 2,258 3,610 [0,473] [0,046]* [0, 606] ARCH(10) 0,999 1,306 11,128 [0,441] [0,221] [0,347] * signi catif au seuil 5 %. Les P-values sont entre [ ]. 4. Conclusion : L environnement économique et monétaire est caractérisé aujourd hui par une volatilité très élevée des séries nancières. Pour tenir compte de cet aspect dans la prévision du risque, plusieurs modèles économétriques ont été proposés. Dans ce papier, nous modélisons la volatilité des taux de croissance des taux de change via des processus GARCH à mémoire longue. La première partie de ce travail montre que ces processus GARCH sont particulièrement pertinents pour la modélisation des séries temporelles des taux de change présentant une dépendance de long terme. L avantage des modèles F IGARCH est qu ils permettent de cerner les dynamiques de court et de long terme de la volatilité et d inclure le phénomène de regroupement de volatilité dans l analyse.
16 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE 15 Nous avons discuté brièvement les deux dé nitions proposées par Baillie, Bollerslev et Mikkelsen (1996) et par Chung (2001), en montrant que les versions ne sont pas compatibles en général. L estimation du modèle ARF IMA F IGARCH sur les taux de rendements des taux de change tunisiens met en évidence la dépendance temporelle de long terme de la variance conditionnelle et particulièrement la série du dollar américain contre le dinar tunisien. A partir de la crise du 11 septembre 2001, on a constaté un pic de volatilité qui a persisté dans le temps. Cependant, il apparaît que ce choc a été amorti au bout de quelques mois.
17 16 MODÈLES GARCH À MÉMOIRE LONGUE Références [1] Beine, M. Laurent, S. et Lecourt, C.,1999, Accounting for conditional leptokurtosis and closing days e ects in FIGARCH models of daily exchange rates, Communication présentée au 6ième Workshop of Financial Modelling, Lille, Janvier. [2] Baillie, R.T., Bollerslev T.et Mikkelsen H.O., 1996, Fractionally integrated generalized autoregressive conditional heteroscedasticity, Journal of Econometrics 74, [3] Bollerslev, T., 1986, Generalized autoregressive conditional heteroscedasticity, Journal of Econometrics 31, [4] Bollerslev, T., Chou, R.Y. et Kroner, K.F., 1992, ARCH modelling in nance : A review of the theory and empirical evidence, Journal of Econometrics, Vol. 52, [5] Bollerslev, T., R.F. Engle et D.B. Nelson, 1994, ARCH models, in R.F. Engle et D. McFadden, eds., Handbook of Econmetrics, Vol. 4, Elevier Science B. V Amesterdam. [6] Bollerslev, T. et Mikkelsen H. O., 1996, Modeling and pricing long memory in stock market volatility, Journal of Econometrics, Vol. 73, [7] Bougerol, N. et Picard, N.M., 1992, Stationarity of GARCH processes and of some nonnegative time series, Journal of Econometrics, Vol. 52, [8] Breidt, F.J., Crato, N, et De Lima, P., 1998, The detection and estimation of long memory in stochastic volatility, Journal of Econometrics, Vol. 83, [9] Caporin M., 2002, Long memory conditional heteroscedasticity and second order causality, université de Ca Foscari Venise. [10] Caporin, M., 2002, F IGARCH models : stationarity, estimation methods and the identi cation problem, Université de Ca Foscari à Venise, n [11] Chung, C. F., 2001, Estimating the fractionally integrated GARCH model, National Taiwan University discussion paper. [12] Davidson, J., 2003, Moment and Memory Properties of Linear Conditional Heteroscedasticity Models, and a New Model, working paper. [13] Ding, Z. et Granger, C.W.J., 1996, Modeling volatility persistence of speculative returns : A new approach. J. Econometrics 73, [14] Hendry, D.F. et Doornik, J.A., Empirical Econometric Modelling Using PcGive Volume I, London : Timberlake Consultants Press. (ISBN ). [15] Engle, R.F., 1982, Autoregressive conditional heteroscedasticity with estimates of the variance U.K. in ation, Econometrica, Vol. 50, [16] Engle, R.F., et Granger, C.W.J., 1987, Cointegration and Error Correction : Representation, Estimation and Testing. Econometrica. Econometrica, Vol. 55, [17] Engle, R.F., et T. Bollerslev, 1986, Modelling the persistence of conditional variances, Econometric reviews, Vol. 5, [18] Giraitis, L., Koskoszka, P. et Leipus R., 2000, Stationary ARCH models : Dependence structure and central limit theorem, Econometric theory, Vol. 16, [19] Granger, C.W.J., 1980, Long Memory Relationships and the Aggragation of Dynamics Models, Journal of Econometrics, Vol. 14, [20] Granger, C.W.J. et Joyeux, R., 1980, An Introduction to long memory time series models and fractional di erencing, Vol 1, [21] Granger, C.W.J. et Terasvirta, T., 1993, Modeling Nonlinear Economic Relationships, Oxford, Oxford University Press. [22] Hosking, J.R.M., 1981, Fractional Di erencing, Biometrica, n 68 (1), [23] Kazakevicius, V. et Leipus, R., 2002, On stationarity in the integrated ARCH models, Econometrics theory, Vol. 18, n 1, [24] Kazakevicius, V., 2003, A New Theorem on existence of invariant Distributions With Applications to ARCH processes, Journal of Applied Probability, Vol. 40, n 1, [25] Kwiatkowski D., Phillips P., Schmidt, P. et Shin, Y.,1992, Testing the Null Hypothesis of Stationary Against the Alternative of a Unit Root : How Sure Are We that Economic Time Series Have a Unit Root?, Journal of Econometrics, Vol 54,
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