Le Journal de la Société canadienne de rhumatologie

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1 Le Journal de la Société canadienne de rhumatologie Volume 17, Numéro 4 Hiver 2007 LE POINT SUR Les communications en rhumatologie ÉDITORIAL Ça vous rappelle quelque chose? VŒUX PRÉSIDENTIELS ET VICE-PRÉSIDENTIELS IMPRESSIONS ET OPINIONS Le D r Duncan Gordon et The Journal of Rheumatology Le D r Barry Koehler, fondateur du Journal de la Société canadienne de rhumatologie Le D r Steve Edworthy : Site Web de la Société canadienne de rhumatologie Le point sur l avenir du site Web de la SCR Vidéo docteurs : Un guide du médecin spécialiste électronique ÉCHOS DU NORD Événements marquants : D r Harold Fireman ARTHROSCOPE Hôpital St. Michael s : Le Programme avancé de soins cliniques rhumatologiques (ACPAC) ACA au menu Camp d'entraînement musculo-squelettique La pratique rhumatologique au Québec : Portrait d une pratique solo Nouvelles régionales : Winnipeg (Manitoba), Trois-Rivières (Québec), Victoria (Colombie-Britannique) CONSULTATION DE COULOIR D r Peter Lee : Phénomène de Raynaud ARTICULONS NOS PENSÉES Évaluation des publications médicales Le Journal de la SCR est aussi offert en ligne! Vous le trouverez à l adresse suivante :

2 JSCR COMITÉ DE RÉDACTION Mission La mission du Journal de la SCR est de promouvoir l échange d information et d opinions au sein de la collectivité des rhumatologues du Canada. RÉDACTEUR EN CHEF Glen Thomson, M.D., FRCPC Ancien président, Société canadienne de rhumatologie Professeur adjoint, University of Manitoba Winnipeg (Manitoba) MEMBRES Ken Blocka, M.D., FRCPC Burrard Health Building Vancouver (Colombie-Britannique) Michel Gagné, M.D., FRCPC Polyclinique St-Eustache St-Eustache (Québec) James Henderson, M.D., FRCPC Chef, Médecine interne, Dr. Everett Chalmers Hospital Professeur, Université Dalhousie Frédéricton (Nouveau-Brunswick) Joanne Homik, M.D., M.Sc., FRCPC Professeure adjointe de médecine, University of Alberta Edmonton (Alberta) Sindhu Johnson, M.D., FRCPC Associée clinique, Département de rhumatologie, University Health Network- Toronto Western Hospital Site Chargée de cours, University of Toronto Toronto (Ontario) Majed M Khraishi, M.D., FRCPC Directeur médical, Nexus Clinical Research Professeur clinique de rhumatologie, Université Memorial St-John s (Terre-Neuve) Gunnar R. Kraag, M.D., FRCPC Président, Société canadienne de rhumatologie Professeur de médecine, Université d Ottawa L Hôpital d Ottawa Ottawa (Ontario) Diane Lacaille, M.D., FRCPC Professeure adjointe de rhumatologie Département de rhumatologie University of British Columbia Vancouver (Colombie-Britrannique) Barbara A. E. Walz LeBlanc, M.D., FRCPC Directrice, Département des maladies rhuamtismales, Credit Valley Hospital Mississauga (Ontario) Janet Markland, M.D., FRCPC Professeure clinique, Unité de maladies rhumatismales, Royal University Hospital Consultante invitée, Saskatoon City Hospital Médecin, St. Paul s Hospital Professeur clinique, University of Saskatchewan Saskatoon (Saskatchewan) Eric Rich, M.D., FRCPC Médecin, Centre Hospitalier de l Université de Montréal (CHUM)- Hôpital Notre-Dame Professeur adjoint, Université de Montréal Montréal (Québec) John Thomson, M.D., FRCPC Vice-président, Société canadienne de rhumatologie Médecin, The Ottawa Hospital Civic Campus Professeur, Université d Ottawa Ottawa (Ontario) Lori Tucker, M.D. Professeure adjointe clinique en pédiatrie, University of British Columbia Membre du personnel enseignant, Centre for Community Child Health Research Département de pédorhumatologie British Columbia's Children's Hospital University of British Columbia Vancouver (Colombie-Britrannique) Michel Zummer, M.D., FRCPC Ancien président, Société canadienne de rhumatologie Professeure adjointe, Université de Montréal Chef, Département de rhumatologie, Hôpital Maisonneuve-Rosemont Montréal (Québec) Le comité de rédaction examine en toute liberté les articles publiés dans cette revue et est responsable de leur exactitude. Les annonceurs n exercent aucune influence sur la sélection ou le contenu des articles publiés. ÉQUIPE DE RÉDACTION Paul F. Brand Directeur de la publication Russell Krackovitch Directeur de la rédaction Division des projets spéciaux Maeve Brooks Coordonnatrice de la rédaction Mandi Watson Rédactrice adjointe Dana Wittenberger Rédactrice-réviseure (français) Donna Graham Coordonnatrice de la production Dan Oldfield Directeur Conception graphique Jennifer Brennan Services administratifs Robert E. Passaretti Éditeur Copyright 2007 STA HealthCare Communications. Tous droits réservés. Le JOURNAL DE LA SOCIÉTÉ CANADIENNE DE RHUMATOLOGIE est publié par STA HealthCare Communications inc., Pointe-Claire (Québec). Le contenu de cette publication ne peut être reproduit, conservé dans un système informatique ou distribué de quelque façon que ce soit (électronique, mécanique, photocopiée, enre gistrée ou autre) sans l autorisation écrite de l éditeur. Ce journal est publié tous les trois mois. Poste-publication. Enregistrement n Port payé à Saint-Laurent, Québec. Date de publication : octobre Les auteurs sont choisis selon l étendue de leur expertise dans une spécialité donnée. Les articles du JOURNAL DE LA SOCIÉTÉ CANADIENNE DE RHUMATOLOGIE n engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement les opinions de la Société canadienne de rhumatologie ou de STA HealthCare Communications inc. Il est recommandé que les médecins évaluent l état de leurs patients avant de procéder à tout acte médical suggéré par les auteurs ou les membres du comité éditorial. De plus, les médecins devraient consulter les monographies de produit officiellement approuvées avant de prescrire tout médicament mentionné dans un article. Prière d adresser toute corres pondance au JOURNAL DE LA SOCIÉTÉ CANADIENNE DE RHUMATOLOGIE, 955, boul. Saint-Jean, bureau 306, Pointe-Claire (Québec) H9R 5K3.

3 ÉDITORIAL Ça vous rappelle quelque chose? Par Glen Thomson, M.D., FRCPC heures d attente parmi une foule d individus pareillement affligés. Des sièges dont le revêtement est usé à la corde et les coussins complète- «Des ment aplatis par le poids des dizaines de milliers de fesses. Un téléviseur pour vous faire oublier ces désagréments, mais l image mauve surréaliste reste muette. Un personnel peu empressé maniant de l équipement désuet. Bien des heures passées à vous répéter qu en payant plus, vous pourriez rendre cette expérience nettement plus agréable.» Ce texte sibyllin pourrait décrire l expérience vécue au ser - vice des urgences de nombreux hôpitaux (allez-y à titre de patient pour voir!), mais sachez qu il a été rédigé à pieds d altitude durant mon voyage de retour de Grande-Bretagne sur les ailes d une compagnie nationale, au début de l automne. Bien que nous soyons très fiers de tout ce qui affiche nos symboles nationaux, force est de reconnaître que bien des choses ont besoin d être rénovées dans notre pays. Depuis plusieurs années déjà, la SCR milite sans relâche pour améliorer les soins médicaux des personnes arthritiques au Canada. À cette fin, nous avons soutenu financièrement de nombreux projets et individus. Les administrations successives de la SCR ont géré avec sagesse le fonds créé au début des années 1990, alors doté de moins de $. L administration de Gunner Kraag a poursuivi cette tradition de diligence. La dernière demande pour venir en aide à une autre vénérable institution canadienne The Journal of Rheumatology a été examinée minutieusement au cours de longues réunions, non sans susciter un vif débat. La SCR aimerait bien garder dans le giron canadien cette revue scientifique qui a fait circuler partout dans le monde les opinions marquantes des rhumatologues canadiens. L aptitude à la communication est fondamentale en médecine. De l interrogatoire du patient à la description des découvertes mystérieuses de la recherche fondamentale, savoir transmettre l information de façon claire et précise revêt une importance critique. Dans ce numéro, nous explorons divers aspects de la communication en rhumatologie, en passant de l information scientifique révisée par les pairs et parue dans la prestigieuse publication du D r Duncan Gordon jusqu à la diffusion d information par la SCR, par l intermédiaire des médias imprimés et électroniques. Le Journal de la Société canadienne de rhumatologie a eu le grand privilège de recevoir des subventions accordées sans restriction par Pfizer pour soutenir ses efforts. Nous tenons à féliciter STA Communications de son professionnalisme et de son enthousiasme dans la réalisation de ce projet en cours. Censure du contenu inadéquat pour le bien des lecteurs du JSCR pendant une mission délicate au Musée du Vatican Notre coordonnatrice de la rédaction, Maeve Brooks, partira sous peu en congé de maternité; elle mérite un généreux cadeau de Noël pour son magnifique travail de création. Paul Brand, directeur de la publication et organisateur hors pair, connaîtra certainement une bonne année si tous nos colla - borateurs lui remettent leurs articles à temps! Avis aux intéressés : Mandi Watson, notre nouvelle coordonnatrice de Le minutage est essentiel en communications. Le rédacteur en chef à Aldershot, explorant de nouvelles techniques dans le domaine de l édition afind d assurer la soumission d articles avant l échéance. la rédaction, est une joueuse de rugby accomplie et elle ne craint aucun rhumatologue : les échéances trimestrielles devront être respectées! L année tire à sa fin et voici venu le moment de remercier notre président, le D r Gunnar Kraag, notre vice-président, le D r John Thomson, notre secrétaire trésorier, le D r Jamie Henderson et notre coordonnatrice générale, Christine Charnock, ainsi que tous les membres du comité exécutif de la SCR qui ont fait preuve de dévouement et de leadership pendant toute l année. Joyeux Noël, joyeuse Hannukah et de belles célébrations à vous tous et à vos familles. Nous souhaitons que la nouvelle année vous soit favorable et que chacun puisse profiter d un service de première classe! Glen T.D. Thomson, M.D., FRCPC Rédacteur en chef JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4 3

4 LES VŒUX DU PRÉSIDENT Vœux du président de la SCR l occasion du numéro des Fêtes du JSCR, je vous salue chaleureusement et j offre à tous mes meilleurs vœux de fin d année. J espère que vous pourrez privilégier des activités en famille et entre amis pour vous détendre et refaire le plein d énergie. Puis-je suggérer de ne pas lire nos courriels pendant 14 jours? Ça devrait être possible, non? Le décès des D rs Adel Fam et Dale McCarthy a marqué tristement l année Ils étaient aimés et respectés de tous ceux qui les connaissaient et ils ont eu une influence extraordinaire sur la vie de leurs patients, de leurs étudiants et de leurs collègues. Nous nous souviendrons d eux avec affection. Je tiens à exprimer ma gratitude et celle du comité exécutif et du conseil d administration de la SCR à Christine Charnock pour son travail remarquable à titre de coordonnatrice de la direction. C est le moteur de notre organisme. Comme toujours, les membres des divers comités, du comité exécutif et du conseil d admi - nistration travaillent sans relâche en notre nom et donnent à la SCR sa vitalité. Ils et elles accomplissent ce travail tout en poursuivant leurs activités professionnelles de la manière la plus performante. Le projet d achat du Journal of Rheumatology demeure une priorité pour la SCR et nous prévoyons présenter une proposition aux membres au plus tard lors de notre réunion annuelle à Mont Tremblant. L amélioration de notre site Web demeure une autre prio - rité et le D r Andy Thompson vous annoncera bientôt des changements fort intéressants. Nous avons déjà un nouveau serveur et notre site sera perfectionné et pourra être optimisé, par exemple pour offrir des vidéos de haute qualité et la diffusion WEB. Restez à l écoute... Notre programme scientifique continue de faire notre fierté; le D r Alf Cividino a pris la relève de la D re Janet Pope à titre de président du Comité scientifique. Le programme semble d un Le président Kraag demandant non pas ce que la SCR peut faire pour ses membres, mais ce que les membres peuvent faire pour la SCR. intérêt exceptionnel et j ai hâte de vous rencontrer tous à Mont Tremblant. Le numéro du JSCR de l été 2007 présentait des articles sur la vie et l héritage du D r Metro Ogryzlo, notamment l histoire de la Bourse internationale d étude et de recherche Metro A. Ogryzlo et des entrevues avec des boursiers. La SCR a créé cette bourse avec l intention de recueillir les fonds requis auprès de ses membres. Nos contributions ont diminué depuis quelques années, à telle enseigne que, l an dernier, moins du tiers des fonds provenait de la SCR et le reste, de la Société d arthrite. Cette dernière a décidé de mettre fin à ce financement; par conséquent, l avenir de cette bourse est menacé. Je crois que nous devons empêcher la disparition de cette bourse d étude et de recherche. Dans les mois à venir, je compte bien vous convaincre que nous devons honorer la mémoire des pionniers de la SCR comme Metro Ogryzlo et que nous devons respecter l engagement pris il y de nombreuses années de financer cette bourse d étude et de recherche. Le moment est également venu d effectuer une autre enquête sur nos besoins; par ailleurs, le choix des sites de nos réunions continue d alimenter les discussions. Une nouvelle réunion conjointe SCR- Colegio Mexicano de Reumatologia (CMR) est prévue en En 2009, nous aimerions tenir notre réunion dans l Ouest, à Kananaskis; nous examinons la possibilité de choisir un site autre qu une station de ski. Assez parlé travail! Je reviens à l essentiel de mon message. Je vous remercie à tous d avoir contribué au succès de la SCR et à titre de président, je vous ordonne de passer de belles vacances. Rendez-vous à Tremblant!. et ça continue... Gunnar Kraag, M.D., FRCPC Président, SCR 4 JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4

5 LES VŒUX DU VICE-PRÉSIDENT Meilleurs vœux pour le temps des fêtes! e vous écris de ma chambre d hôtel à Boston. Par cet après-midi gris et pluvieux, j attends que la réunion de 2007 de l American College of Rheumatology (ACR) commence pour de bon. Des milliers de rhumatologues de tous les pays sont réunis ici pour écouter, parler, apprendre, enseigner et établir des relations professionnelles. Je pense à l année écoulée depuis la dernière réunion de l ACR et j éprouve beaucoup de satisfaction et d enthousiasme parce que notre spécialité affiche une grande confiance dans sa capacité de maîtriser les maladies rhumatismales inflammatoires. Nous, rhumatologues, connaissons de mieux en mieux nos «nouveaux» traitements et nous parlons chaque jour de cure et de rémission sans médicaments. Au cours de la semaine, nous entendrons parler d autres nouveaux traitements très intéressants. Lorsque je pense à tout le chemin parcouru, surtout depuis 10 ans, je me demande si nous en sommes vraiment encore au commencement. Où en serons-nous dans 10 ans? J ai hâte de rencontrer d autres rhumatologues canadiens ici, à Boston. Ils viennent toujours en grand nombre à la réunion de l ACR et en plus d apprendre, d enseigner, de parler et d écouter, la «famille» canadienne se distingue par le rire et la convivialité. La SCR est active et travaille à de nombreux projets. Sous la direction efficace du D r Gunnar Kraag, la SCR a poursuivi ses activités habituelles et plus encore. Le D r Alf Cividino, nouveau président du Comité scientifique a élaboré un autre programme remarquable pour la prochaine réunion de la SCR à Mont Tremblant, au mois de mars Le D r Proton Rahman a pris la relève de la D re Sindhu Johnson au poste de président du Comité des résumés; nous attendons un nombre record de résumés. La D re Heather MacDonald Blumer demeure présidente du Comité de formation. Le D r Andy Thompson, président du Le vice-président John Thomson présentant formellement à la coordonnatrice générale de la SCR le code de conduite du Harvard Club. Comité du site Web a consacré beaucoup de temps à des projets de formation, dont certains sont sur le point de se concrétiser. Le D r Jamie Henderson, notre indéfectible secrétaire trésorier, continue de surveiller nos livres comptables de son œil d Écossais et d offrir de judicieux conseils chaque fois que des questions importantes sont examinées. Notre président sortant, le D r Michel Zummer, travaille ferme comme président du Comité d accès aux soins et il reste en contact avec nos collègues mexicains (il a été désigné officiellement ministre des Affaires canado-mexicaines). La D re Vivian Bykerk, présidente du Comité des traitements, a tra - vaillé assidûment à la mise à jour des lignes directrices et s est occupée des communi - cations avec les médias, par exemple lors du retrait du lumiracoxib. La D re Janet Markland et son Comité de ressources humaines s occupent de renseigner les résidents et les étudiants en médecine en vue de les con - vaincre que la rhumatologie est «la spécialité de l heure». Nos plus sincères remerciements au D r Arthur Bookman et au Comité «Journal of Rheumatology»qui se sont occupés du projet très emballant, mais très exigeant, de l achat possible du Journal of Rheumatology. Bien sûr, tout ce travail ne saurait porter fruit sans la collaboration de notre coordonnatrice générale, Christine Charnock. Les jours raccourcissent et le vent du nord emporte les dernières feuilles. Le moment est donc venu de vous offrir, ainsi qu à vos familles, des Fêtes de fin d année paisibles, reposantes et revivifiantes. Au plaisir de vous rencontrer à la réunion de la SCR à Mont Tremblant, au mois de mars Meilleurs vœux John Thomson, Vice président, SCR JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4 5

6 IMPRESSIONS ET OPINIONS Le D r Duncan Gordon et The Journal of Rheumatology Le D r Duncan Gordon est rédacteur en chef du Journal of Rheumatology depuis Il est également rhumatologueconseil auprès de l University Health Network-Toronto Western Hospital et professeur de médecine à l University of Toronto. The Journal of Rheumatology a été fondé par le D r Metro Ogryzlo, mais vous y avez participé dès le début. Quels défis avez-vous dû relever à la naissance du JR puis après le décès prématuré du D r Ogryzlo? Au début des années 1970, le D r Ogryzlo savait que les oto-rhino-laryngologistes avaient fondé leur propre revue médicale à l instigation du rédacteur en chef Peter Alberti et que cette revue avait beaucoup de succès. Le D r Ogryzlo connaissait le D r Alberti; ce dernier l avait initié au monde de l édition et lui avait laissé entendre qu il pourrait publier une revue de rhumatologie. Le D r Ogryzlo était convaincu qu une telle revue médicale accroîtrait l intérêt pour la rhumatologie et stimulerait la recherche sur l arthrite au Canada. Ce projet de revue de rhumatologie était loin de faire l unanimité parce qu il existait deux revues prestigieuses dans ce domaine : Arthritis and Rheumatism et Annals of the Rheumatic Diseases. Lorsque les responsables de ces deux revues ont appris que le D r Ogryzlo souhaitait lancer sa propre publication, ils ont tenté de l en dissuader. Ils ont alors promis d être plus accommodants et de nommer quelques Canadiens au comité de rédaction. Mais ce n était pas le but du D r Ogryzlo. Il voulait une revue de rhumatologie qui stimulerait l intérêt et la recherche au Canada. Si l on s en tient aux faits, cependant, il faut rappeler que le Canada comptait seulement 200 rhumatologues à cette époque. La revue ne pouvait donc être exclusivement cana - dienne, car le marché était trop restreint. La publication se devait d être internationale, mais d origine canadienne. C était le seul moyen de réaliser ce projet. Cinquante collaborateurs ont été invités à participer au premier numéro, lancé durant le congrès de 1974 de PANLAR. Ces collaborateurs à la rédaction venaient de divers pays et le comité de rédaction était constitué de rhumatologues parmi les plus éminents dans le monde. Cette composition mixte caractérise encore la revue : la plupart des rhumatologues canadiens reçoivent le JR mais la majorité des abonnés sont originaires d autres pays comme les États-Unis, l Europe, l Australie, l Amérique latine, et même le Japon, la Corée et la Chine. À cette époque, par ailleurs, la Société canadienne de rhumatologie (SCR) ne comprenait pas la nécessité de fonder le JR quand il existait déjà deux revues de rhumatologie sur le marché. Certes, une autre revue de rhumatologie au Canada n était pas nécessaire, mais elle était souhaitable pour son effet stimulant sur le milieu canadien de la rhumatologie, même si peu d articles allaient être rédigés par des auteurs canadiens. Le JR devait donc avoir un retentissement international, national et régional. Le D r Ogryzlo voulait faire du JR l organe officiel de la SCR, qui a refusé cette proposition en disant que le moment était inopportun. Au début, les difficultés consistaient à établir le JR, à susciter l intérêt des collaborateurs potentiels, ainsi qu à obtenir l agrément et la reconnaissance de la National Library of Medicine (États-Unis) afin que les articles y soient répertoriés. Cet agrément n était pas accordé de façon systématique. Il fallait aussi démontrer que la revue était digne de cette reconnaissance. En outre, le JR était financé par 30 rhumatologues de diverses régions du Canada qui avaient consenti ce petit investissement pour lancer la publication. C est ainsi que nous avons réussi à obtenir du financement et à recruter des annonceurs, des auteurs et des réviseurs scientifiques. En fait, nos auteurs sont devenus nos réviseurs scientifiques et nos abonnés sont devenus nos auteurs et nos réviseurs. Nous avions donc réuni un cercle de collaborateurs compétents au sein du JR. La revue n était plus le fait d un seul homme, mais d une équipe soucieuse de l évolution scientifique de la rhumatologie. D une part, nous devions convaincre les rhumatologues d adhérer à cette vision et, d autre part, nous devions relever le défi de leur offrir une publication de qualité. Durant un mois donné, quelles sont les étapes de la publication de la revue et combien de temps consacrez-vous à chaque numéro mensuel du Journal of Rheumatology? Nous avons une équipe administrative, un directeur de la publication et de nombreux rédacteurs. Après le décès prématuré du D r Ogryzlo, nous avons créé un comité de rédaction, encore en place aujourd hui. Bien sûr, ce ne sont pas les mêmes personnes, mais son fonctionnement est le même. Nous nous réunissons toutes les deux semaines afin d exa - miner les articles et de décider lesquels méritent d être envoyés à la révision par les pairs; pour chaque article, nous choisissons le réviseur pertinent et nous décidons quels ar - ticles seront publiés et à quel moment. Nous appelons ce comité le «jury d exposition» (en anglais : hanging committee), en référence à celui de la Tate Gallery, à Londres, parce que nous choisissons les «œuvres à exposer». En général, nous publions environ la moitié des articles qui nous sont soumis, non pas parce que certains articles ne 6 JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4

7 sont pas intéressants, mais parce qu ils ne correspondent pas au mandat de notre revue. Les commentaires de nos réviseurs scientifiques contribuent à améliorer les articles choisis et notre comité de rédaction inclut des rhumatologues de longue expérience. Si nous avons survécu au décès du D r Ogryzlo, c est parce que nous avions beaucoup appris pendant les deux années au cours desquelles il a travaillé dur pour établir le JR et veiller à son succès. The Journal of Rheumatology est l une des publications révisées par les pairs les plus prestigieuses dans le domaine de l arthrite. Quels atouts lui ont permis de rester à l avant-plan pendant toutes ces décennies? À la fondation de la revue, nous faisions figure de «petits derniers»! À cette époque, on comptait trois ou quatre revues révisées par les pairs et aujourd hui il y en a plus de 20. Nous nous distinguions par un fait intéressant : nous étions la seule revue de rhumatologie dans le monde à appartenir à des rhumatologues. Bien entendu, d autres se sont inspirés de nos réalisations, ce qui arrive souvent dans le cas des bonnes idées. Nous avons toujours essayé d accorder une place à la controverse dans nos pages éditoriales, car je trouve important d interpeller les lecteurs. Nous souhaitons amener les gens à réfléchir, à dire ce qu ils pensent et à croire à ce qu ils disent. Nous publions souvent des éditoriaux dont les points de vue s opposent. La revue publie aussi des opinions des lecteurs, qui peuvent nous faire part de leur mécontentement ou de leurs idées; c est un autre lieu de débat. Au lancement de la revue, cette façon de faire était innovatrice et nous a permis de nous faire connaître. Notre revue est également très conviviale et nous essayons toujours d y être équitables. Je crois que notre publication est de grande qualité et à l avant-garde, mais nous avons toujours su qu elle n aurait jamais le même retentissement qu Arthritis and Rheumatism ou Annals of the Rheumatic Diseases. Ces revues établissent des critères pour diverses maladies, et leurs articles sont très souvent cités. Nous avions l ambition de devenir comme Avis et non pas comme Hertz! L arrivée d Internet a profondément transformé le monde de l édition. Quelle a été l influence de l Internet sur les publications scientifiques révisées par les pairs? Quelles ont été les répercussions sur le Journal of Rheumatology? La communication électronique a un effet «yin et yang». L aspect positif est la satisfaction instantanée d un besoin. Au début, nous faisions parvenir les articles aux réviseurs par la poste en les accompagnant d une lettre leur demandant de réviser l article. Le réviseur qui recevait ce colis avait le temps de réfléchir à sa décision et ne jetait pas immédiatement l article. À l opposé, la demande de révision soumise par courriel permet au réviseur de répondre illico en disant qu il n est pas intéressé, puis il n y pense plus. Depuis cinq ans, le nombre d articles soumis au journal a augmenté de 30 %, car tout va beaucoup plus vite avec Internet, mais en même temps, nos réviseurs refusent plus souvent nos demandes parce qu ils sont trop occupés. Par conséquent, on voit que satisfaction instantanée signifie aussi rejet instantané! Nul doute qu Internet a contribué à notre croissance et à notre créativité, mais cette forme de communication est plus impersonnelle. Peu importe, l Internet est là pour rester et nous devons nous adapter. Certaines subventions à la recherche sont assorties de conditions exigeant la publication d articles pouvant être consultés librement, et ce, dans un court délai. Quel sera l effet de ces nouvelles exigences sur le Journal of Rheumatology et d autres publications? Vous faites allusion au concept des publications scienti - fiques à accès libre. Dans certaines parties de la planète, on exerce des pressions pour que tous les articles médicaux soient «à accès libre». Par exemple, le Congrès des États- Unis affirme qu il défraie le coût de recherches effectuées Nous avons toujours essayé d accorder une place à la controverse dans nos pages éditoriales, car je trouve important d interpeller les lecteurs. Nous souhaitons amener les gens à réfléchir, à dire ce qu ils pensent et à croire à ce qu ils disent. aux National Institutes of Health (NIH) et il se demande pourquoi le citoyen devrait payer pour avoir accès à cette information scientifique. Lorsque Harold Varmus, lauréat du Prix Nobel, était directeur des NIH, il a fait la promotion du concept de publication à accès libre. Il avait alors proposé de remplacer le financement du Journal par les abonnés et les annonceurs (modèle classique) par un financement provenant des auteurs et des agences de subvention à la recherche. Selon cette proposition, l auteur devrait payer pour faire publier son article, qui serait rédigé par le chercheur. Certaines agences de financement de la recherche comme le Wellcome Trust avaient même déclaré qu elles n autoriseraient pas le chercheur à publier un ar ticle dans une revue scientifique, à moins que cet article puisse être consulté immédiatement et gratuitement. The Journal of Rheumatology demeure une publication dont le financement provient de ses abonnés, mais tous nos éditoriaux et toute notre correspondance peuvent être JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4 7

8 IMPRESSIONS ET OPINIONS consultés gratuitement par tous sur notre site Web. Nous examinons la possibilité de facturer des frais aux auteurs. Dans le domaine des maladies rhumatismales, je constate que certaines sociétés pharmaceutiques versent des sommes consi - dérables pour faire publier des articles à accès libre. Cette façon de faire est certainement controversée. Lorsque le rédacteur en chef des Annals of the Rheumatic Diseases, la revue de médecine interne la plus connue, a effectué un sondage auprès de ses abonnés pour savoir s ils continueraient à s abonner à la revue si elle pouvait être consultée gratuitement, les lecteurs ont répondu «non» de façon catégorique. L annonceur est un autre joueur important du monde de l édition. Il investit dans la revue imprimée parce qu il est incertain de l incidence d une annonce électronique sur le site Internet de la revue. Certaines revues médicales ont accepté le Les publications scientifiques doivent veiller à ce que l information diffusée soit utile à nos patients et à l ensemble de la société. principe du libre accès, gratuitement, mais elles en ont souffert financièrement. C est ce qu a fait le Journal of the American Medical Association pendant plusieurs années et il a perdu une fortune. Le Journal de l Association médicale canadienne, une publication à accès libre, se finance en très grande partie par ses revenus publicitaires. Jetez un coup d œil à cette revue et vous constaterez la proportion importante de pages publicitaires. Les revues médicales très prestigieuses comme The Lancet rejettent le concept d accès libre, mais je crois bien que le New England Journal of Medicine permettra que ses articles soient consultés gratuitement six mois après leur publication. Nous ne savons pas encore quel sera l impact de ces changements sur le Journal of Rheumatology. Nous surveillons l évolution de la situation. Croyez-vous à un changement du rôle des publications scientifiques révisées par les pairs au cours de la décennie à venir? Au fur et à mesure des progrès de la recherche, le besoin de mieux comprendre obligera à élargir la portée des publications. Les domaines de recherche sont variés et nombreux et je crois que le rôle des publications ne changera pas, mais qu il sera encore plus important. La nature de ce rôle restera la même, je crois. Le Journal of Rheumatology et d autres revues semblables auront un rôle important dans le «cycle de la découverte médicale». Les publications scientifiques doivent veiller à ce que l information diffusée soit utile à nos patients et à l ensemble de la société. Cette dernière se fie de plus en plus sur la technologie et la transparence devra être la règle dans la conduite, la commandite et la publication des découvertes scientifiques. Nous devons mériter la confiance de notre lectorat et savoir la préserver par ces initiatives. Le principe de la révision par les pairs influe sur toutes les étapes de la diffusion de l information scientifique : la décision de financer une subvention, le maintien de l obligation de reddition de comptes, la soumission d articles pour révision et la publication des lettres à la rédaction.. Nous aurons aussi d autres défis à relever. Les réviseurs scientifiques essaient parfois de protéger leur «territoire» en retardant la parution d un article en conservant l information par-devers eux. Certains auteurs peuvent fausser les données ou publier le même article deux fois. Par conséquent, les publications scientifiques révisées par les pairs doivent continuer à jouer un rôle rigoureux pour surmonter toutes ces difficultés. Le mode de l édition scientifique changera-t-il? Croyez-vous qu un jour toutes les revues seront publiées en version électronique et que la version imprimée sera reléguée aux oubliettes de l histoire? Les annonceurs jouent un rôle de premier plan dans cette problématique, car pour l heure, ils ne souhaitent pas appuyer les médias électroniques. L éditeur Elsevier a essayé récemment d obtenir l appui en garantissant la publication à accès libre à certains chercheurs, mais cette activité est encore très expérimentale. Les lecteurs aiment consulter le document écrit. Je ne sais pas comment tout ça évoluera aurons-nous des revues scientifiques sur ipod? Je ne crois pas que c est pour bientôt et je ne conçois pas que les revues scientifiques prestigieuses se départiront de leurs droits de propriété. Par exemple, la Massachusetts Medical Society est propriétaire du New England Journal of Medicine, une source importante de revenus pour cette association médicale. De nombreuses revues sont la propriété d associations médicales, c est à dire que les profits permettent à ces associations de mener à bien leurs projets. Tant et aussi longtemps que les annonceurs ne pourront mesurer l impact de la publicité en ligne, par rapport aux annonces imprimées, l imprimé aura le dessus. Au nom de tous les membres de la SCR, nous tenons à transmettre nos plus sincères condoléances à notre collègue et ami, Duncan Gordon, qui a subi la perte tragique de son fils. 8 JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4

9 Le D r Barry Koehler, fondateur du Journal de la Société canadienne de rhumatologie Le D r Barry Koehler fut le fondateur et premier rédacteur en chef du Journal de la Société canadienne de rhumatologie (JSCR). Il est rhumatologue attaché au Richmond Hospital et professeur émérite de médecine clinique à la University of British Columbia Le D r Barry Koehler, fondateur du Journal de la Société canadienne de rhumatologie Le D r Barry Koehler fut le fondateur et premier rédacteur en chef du Journal de la Société canadienne de rhumatologie (JSCR). Il est rhumatologue attaché au Richmond Hospital et professeur émérite de médecine clinique à la University of British Columbia Vous avez été en 1992, fondateur et rédacteur en chef du JSCR. Pourquoi la Société canadienne de rhumatologie (SCR) a-t-elle jugé nécessaire de lancer cette revue à l'époque? Avez-vous fait face à des obstacles au début? Je ne me rappelle pas avoir rencontré beaucoup d'obstacles. L'idée a pris naissance dans le cerveau fertile du D r Paul Davis, qui était alors président de la SCR. Étant donné que nous étions sur le point de commencer à tenir nos assemblées annuelles indépendamment de celles du Collège Royal, il a semblé opportun de donner plus de visibilité à l'organisation. Nous avons obtenu beaucoup d'appuis et nous avons publié le journal avec l'aide de STA HealthCare Communications Inc. et de Paul Brand. Je crois que tout s'est plutôt bien déroulé. Est-il arrivé que la survie du JSCR soit menacée? Quels défis avez-vous dû relever lorsqu'il a commencé à être publié? Encore une fois, la mise sur pied du journal s'est faite sans problèmes, et probablement même plus facilement que nous ne le méritions! Tout s'est passé en douceur; les gens étaient heureux de nous fournir des articles et le conseil d'administration de la SCR s est révélée très enthousiaste. Dans mon souvenir, les débuts du journal ont été presque un jeu d enfants. Et heureusement, pendant que j'étais en poste, nous n'avons rencontré aucune difficulté majeure. La SCR s'est séparée du Collège Royal en 1994 et sa première assemblée annuelle a eu lieu au Mont-Tremblant, en La création d'une publication-maison a-t-elle joué un rôle, même mineur, dans les velléités d'indépendance qui ont conduit à la formation de la nouvelle SCR? Selon moi, peu de rhumatologues entretenaient un fort sentiment d'appartenance à l endroit de la SCR en tant qu'association professionnelle. Bien sûr, la plupart d entre eux se sont joints à la SCR et ont assisté aux réunions, mais elle n'était pas considérée comme un organisme très important. En fait, à mon sens, c est peut-être la Société d arthrite qui était perçue comme la plus apte à répondre aux besoins du milieu ou à défendre les intérêts de la rhumatologie. Pour plusieurs raisons, je crois que la situation a éventuellement changé et que, comparativement aux années 1960, 1970 et même au début des années 1980, les rhumatologues ont commencé à ne plus se sentir aussi bien épaulés par la Société d'arthrite. Ajoutez à cela le fait que nous nous séparions pour fonder une nouvelle revue scientifique indépendante. Je crois qu en effet, le JSCR a joué un rôle important auprès de nos adhérents et qu il a contribué à la création d'une SCR renouvelée. Le JSCR continue d'être imprimé sur papier quatre fois l'an. On peut aussi le consulter sur le site Web de la SCR, en version électronique. La version imprimée du JSCR continuera-t-elle d'avoir un rôle à jouer? Prévoyez-vous éventuellement en faire une publication uniquement électronique? Je crois que le journal suivra le même parcours que la plupart des autres revues scientifiques. J'ai l'impression qu'un jour il pourrait n'être publié qu'en version électronique, simplement pour des raisons de coût et d'efficacité. Nous n'en sommes pas encore là, mais peut-être que cela viendra d'ici une dizaine d années. Il y a fort à parier que les lecteurs plus jeunes se sentiront très à l'aise avec la version électronique. Et lorsqu ils auront atteint mon âge, c est probablement la version électronique, plus pratique, qu ils attendront. Il y a même lieu de se demander pourquoi nous publions encore la version papier, qui coûte cher et tout ce qui s ensuit. Selon moi, la plupart des gens seront bientôt prêts à consulter la version électronique. Sur le plan de l'archivage, les journaux électroniques sont également beaucoup plus pratiques. Si vous voulez consulter un article rédigé il y a deux ans, selon toute probabilité, vous ne l avez pas à portée de main, par contre vous pouvez en trouver la version électronique en ligne. Je crois que l'accessibilité des publications en ligne constitue un avantage indéniable. Quelles sont vos impressions sur les prochaines orientations du JSCR? Je crois que le D r Glen Thomson a réellement fait progresser la publication de manière très positive. Il l'a bien structurée; il a su y incorporer un bon dosage de contenu politique, historique et scientifique. Selon moi, la SCR s intéresse davantage maintenant à l'aspect scientifique de la publication, compte tenu des travaux qu elle dirige sur les directives de pratique et la recherche, mais dans l ensemble, le contenu du journal témoigne d'un bel équilibre. À mon avis, personne ne voudrait que le journal se transforme en une tribune uniquement politique. Cet équilibre a donc du bon. C'est une formule gagnante. Je continue de le lire et, selon moi, la plupart des membres font de même. Ce n'est pas un journal qu on met de côté. JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4 9

10 IMPRESSIONS ET OPINIONS Le D r Steve Edworthy : Site Web de la Société canadienne de rhumatologie Le D r Edworthy est rhumatologue titulaire au Foothills Medical Centre et professeur agrégé de médecine à l University of Calgary. Aujourd hui, rares sont les organismes n ayant pas pignon sur la Toile, mais lorsque vous avez inauguré le premier site Web de la Société canadienne de rhumatologie (SCR), cet événement marquait une grande innovation. Pourquoi la SCR avait elle décidé de créer son site Web à ce moment précis? Quels obstacles avez vous dû surmonter? Vous avez raison de dire qu au moment où la SCR a développé son site Web au milieu des années 1990, peu d organismes à but non lucratif avaient leur propre site sur la Toile. Notre plus grand défi avait été de convaincre les membres de la SCR que la création d un site Web était une priorité, même si d autres projets étaient très importants. Heureusement, le comité exécutif a été convaincu du besoin de créer un environnement électronique efficace pour diffuser de l information aux membres de la SCR. En outre, il nous a fallu résoudre les problèmes reliés aux types de logiciel et de matériel disponibles, ce qui nécessitait de grandes compétences techniques pour administrer notre site à cette époque. Par ailleurs, la direction de la SCR s interrogeait sur l utilité du site pour nos membres. Elle se demandait par exemple si les membres consulteraient le site Web pour obtenir de l information alors qu ils pouvaient recevoir cette documentation par la poste? On craignait aussi que l information soit mal interprétée ou ait des conséquences imprévues dans le milieu médical après une diffusion très large. De même, l utilisation d une nouvelle technologie n était pas sans risque. Après avoir décidé de concrétiser ce projet, nous avons eu l immense chance d avoir comme d avoir Elisia Teixeira comme webmestre, et c est encore elle qui administre notre site. L effet de nouveauté des sites Web et de l Internet s est atténué. Comment orienter l évolution des sites Web pour en faire de meilleurs outils de formation et d information? L Internet fait aujourd hui partie de notre quotidien! Grâce à son site Web, la SCR donne l occasion à ses membres de partager leurs expériences cliniques par des enquêtes sur les pratiques, l échange de commentaires sur le traitement des patients et la présentation de cas complexes. Ces activités interactives sont aujourd hui gérées très efficacement par des outils en ligne comme Elluminate. Nous pouvons offrir un contenu capable de retenir l attention des internautes : de l information médicale fiable à l intention des patients, des médecins de premier recours et des rhumatologues. La présentation de cette information exige beaucoup de travail, en particulier parce qu elle doit être préparée dans sa version électronique au lieu d un document écrit. Nous devons également adopter une approche plus conviviale pour les usagers, c est à dire les rhumatologues, les autres professionnels qui s intéressent à la rhumatologie, les patients, et même les associations qui collaborent avec la SCR. Tous les sites Web doivent relever le défi de se faire connaître sur la Toile. Il faut être visible sur des moteurs de recherche comme GoogleMC, sinon nos visiteurs ne nous trouveront pas. L Internet pose un autre défi futur aux médecins : la consultation des dossiers médicaux personnels en ligne. Cette éventualité préoccupe les médecins, car ils sont convaincus que cette activité ne s inscrit pas dans leur mandat professionnel. Je crois, toutefois, que cette tendance née de la pression des consommateurs est là pour rester et que le milieu médical ne pourra éviter de répondre à ce besoin. Un jour, les sites Web comme celui de la SCR seront interreliés et pourraient faire partie d un dossier médical personnel. C est une éventualité que certains d entre nous, adeptes de l informatique, explorent avec le concours de plusieurs firmes technologiques. 10 JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4

11 Comment les revues scientifiques classiques devraientelles s adapter à la nouvelle technologie électronique? Les responsables de ces revues sont-ils conscients de la menace que pourrait représenter Internet? Une revue scientifique qui n offre pas une version électro - nique à son lectorat se place certainement dans une situation périlleuse. Aujourd hui, tous mes étudiants à l université se fient entièrement sur la version électronique des articles et je doute qu ils consultent, même à l occasion la documentation écrite. S ils ne peuvent consulter une revue scienti - fique en ligne, ils omettent simplement cette référence. Faire face à la concurrence dans l univers des médias électroniques cause de nombreux problèmes. Ce n est pas une mince tâche : il faut investir beaucoup de temps et d argent, modifier le style de la revue et adopter probablement un autre modèle de fonctionnement. En revanche, si une revue scientifique bien établie et performante passe efficacement au mode électronique, ses chances de bien se positionner dans ce marché sont bien meilleures. Des organismes comme la SCR ont des ressources limitées et ils sont de plus en plus tributaires de la publicité pour produire et promouvoir la formation et l information. Il semble que cette tendance soit depuis longtemps un fait dans le milieu de l Internet. Est-ce dans cette direction que devrait évoluer la communication en rhumatologie et en médecine? Est-ce le seul «modèle de fonctionnement»? Il est vrai que la SCR a des ressources limitées et que la publicité est une source de revenus dont nous avons besoin. Bien qu efficace, ce modèle a l inconvénient d incommoder le lecteur par des messages publicitaires intempestifs à l écran. La publicité n est pas non plus sans danger, car elle pourrait être une source de conflit d intérêts avec la teneur de l information présentée, par exemple, lorsque le contenu éducatif porte sur un produit ou certaines classes de médicaments. Nombreux sont ceux qui essaient de trouver une solution de rechange à ce modèle de fonctionnement. Je ne sais pas ce qui conviendrait le mieux dans le cas de la SCR. Certains sites Web appliquent le principe de l abonnement et exigent des frais d adhésion pour que les membres puissent consulter ce site. On peut également limiter le nombre de messages publicitaires dans le cas des entreprises qui privilégient d autres valeurs. Une autre option serait aussi de collaborer avec d autres organismes désireux d allouer des fonds au site Web ou de participer à d autres activités qui ne sont pas mentionnées sur le site Web, mais qui sont utiles tant pour le site Internet que pour la SCR. Il existe des façons d utiliser l Internet sans avoir besoin de revenus publicitaires. Par exemple, on observe un phénomène nouveau : des études cliniques qui fonctionnent par l intermédiaire d Internet. La réalisation de ces études peut être d une valeur extraordinaire tant pour les entreprises que pour l ensemble de la société. Un site Web bien établi et performant pourrait offrir un service non fondé sur la publicité, mais qui accroîtrait l efficience du déroulement des études cliniques. Une revue scientifique qui n offre pas une version électronique à son lectorat se place certainement dans une situation périlleuse. Une collaboration intéressante avec l Association médicale canadienne (AMC) pourrait être une autre solution. L AMC possède une vaste expérience des services Internet, par exemple la provision de renseignements sur le patient, une boutique en ligne qui commercialise des produits électro - niques destinés aux médecins. L AMC souhaite vivement aider les médecins à améliorer leurs pratiques et à les rendre plus efficientes. La possibilité d un partenariat avec un L Internet fait aujourd hui partie de notre quotidien. Grâce à son site Web, la SCR donne l occasion à ses membres de partager leurs expériences cliniques par des enquêtes sur les pratiques, l échange de commentaires sur le traitement des patients et la présentation de cas complexes. organisme comme la SCR offrirait une occasion commerciale extraordinaire. À mon avis, joindre nos forces à celles de l AMC, qui possède un marché beaucoup plus vaste et des outils que la SCR n a pas, constitue la meilleure occasion d affaires pour la SCR dans l avenir. Quelles sont les perspectives futures du site Web de la SCR d ici cinq à dix ans? En plus de tout l immense travail accompli maintenant sous la direction du D r Andy Thompson, je souhaite que la SCR devienne une partie intégrante de nos pratiques médicales. Je voudrais que le site Web de la SCR facilite l échange sé - curitaire des communications et de l information médicale entre les professionnels de la santé. JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4 11

12 IMPRESSIONS ET OPINIONS Le point sur l avenir du site Web de la SCR Par Andy Thompson, M.D., FRCPC, et Elisia Teixeira Le fonctionnement du site Web de la SCR demeure efficace : plus de 40 visiteurs et 15 rhumatologues con - sultent notre site chaque jour. Nous espérons accroître ces nombres grâce à des changements et à des nouveautés à venir. Une présentation améliorée : Nous modifierons légèrement la mise en page. Ce changement vise à répondre aux besoins exprimés par nos membres et à faciliter les occasions de commandite. Une navigation plus conviviale: Nos membres s étaient plaints d avoir de la difficulté à trouver divers renseignements importants, par exemple les dates des réunions, les dernières nouvelles et les nouveaux programmes. Pour répondre à ce besoin, la page d accueil affichera une table des matières, sans avoir à cliquer sur les onglets en haut de la page. Des hyperliens plus évidents : D autres comités de la SCR souhaitaient que l accès à l information sur leurs programmes soit plus évident. La page d accueil proposera donc des liens directs à d autres ressources importantes de la SCA comme le Journal de la Société canadienne de rhumatologie! Évolution du modèle de commandite : Notre modèle de commandite évolue pour le mieux. Nous autorisons mainte - nant nos commanditaires à afficher leurs activités de formation médicale continue (FMC) sur notre serveur. Nous avons placé bien évidence une section des commanditaires, à droite du site. Nos membres n auront qu à cliquer sur cette section pour consulter les programmes de FMC proposés par nos commanditaires. Nous sommes conscients que certains de ces programmes pourraient présenter un biais inhérent; par conséquent, tous les programmes inclus dans la section des commanditaires seront clairement identifiés. Le comité exé - cutif de la SCR est convaincu que ce modèle de commandite transparent sera mutuellement avantageux pour la SCR, pour nos membres et pour nos commanditaires. C est un moment emballant pour le site Web de la SCR maintenant que nous abordons la prochaine étape du développement en respectant notre engagement de promouvoir l excellence dans le traitement, la formation et la recherche dans le domaine de l arthrite. D r Andy Thompson et Elisia Teixeira Le D r Andy Thompson est président du comité du site Web de la SCR et Elisia Teixeira est gestionnaire du site Web de la SCR. La réunion annuelle de la SCR (2007) 12 JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4

13 Vidéo docteurs : Un guide du médecin spécialiste électronique Par Ian T. D. Thomson Qu apprennent nos enfants sur la médecine à partir des jeux vidéo si omniprésents dans leur vie? C est essentiel que les parents et les médecins communiquent avec ces jeunes esprits, afin de les amener à comprendre les personnages de leurs jeux vidéo dans le contexte de ce que font les médecins en réalité. 1. D r Mario Jeu/Console : D r Mario (Nintendo) Pouvoirs : Soigne seulement les personnages infectés par un virus bleu, rouge ou jaune. Spécialité réelle : Spécilaiste des maladies infectieuses, certainement titularisé dans un centre hospitalier universitaire, puisqu il parvient à faire un gagne-pain d un domaine de pratique si étroit. 2. Le Professeur Jeu/Console : La légende de Zelda : L ocarina du temps (Nintendo 64) Pouvoirs : Emploi seulement des potions et des remèdes à base de plantes. Spécialité réelle : Pratique a médecine sans permis, dans le cadre du courant de la «médecine alternative». 3. D r Stiles Jeu/Console : Le centre de traumatologie : Sous le bistouri (Nintendo DS) Spécialité réelle : Chirurgien canadien dont la capacité de ralentir le temps pourrait être à l origine des longues listes d attente pour les opérations. 4. D r Robotnik Jeu/Console : Sonic le hérisson (Sega Genesis) Pouvoirs : Est obsédé par un hérisson parlant et passe son temps à planifier toutes sorte de vengeances vouées à l échec. Spécialité réelle : Administrateur médical toujours à la poursuite d objectifs délirants. Cette recherche rapide de docteurs vidéo n en a révélé aucun qui pratique la rhumatologie. Quand cette omission évidente sera-t-elle rectifiée? JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4 13

14 ÉCHOS JOINT COMMUNIQUE DU NORD Événements marquants : D r Harold Fireman Par Gunnar Kraag, M.D., FRCPC Il y a quelques années, j avais annoncé dans le JSCR que le D r Harold Fireman prenait sa retraite. Harold «apprit» la nouvelle lorsque son adjointe lui remit l article en lui demandant ce qu ils faisaient là, tous deux, à travailler s il était à la retraite. Harold m a téléphoné pour me dire qu il travaillait toujours autant et qu il n avait nullement l intention de partir prochainement à la retraite. Je lui ai téléphoné après avoir appris récemment qu il était maintenant à la retraite, et il a immédiatement confirmé : «Oui, Gunnar, cette fois, c est vrai.» Je lui ai proposé une entrevue et il a accepté avec grand plaisir. Il m a demandé si je connaissais son âge et lorsque j ai hésité à répondre, il m a dit qu il avait 88 ans. Du même souffle, il s est excusé de devoir abréger notre conversation parce que son partenaire de tennis l attendait. J ai pris les photos ci-jointes le lendemain de notre entrevue. J avais préparé des questions pour cet entretien, mais Harold était prêt et il a pris la parole d emblée. Nul besoin pour moi de lui poser des questions. Il n a pas commencé en parlant de lui-même, mais plutôt de Wally Graham. Il a déclaré que tout le curriculum en rhumatologie se trouvait dans une seule conférence de moins d une heure présentée par le D r Wally Graham; ce dernier avait parlé d arthrose, de polyarthrite rhumatoïde, de spondylarthrite ankylosante, de goutte et des colla - génoses. Harold avait assisté à cette conférence en 1940 et, à ce jour, il affirme que c est la meilleure des conférences auxquelles il a assisté. Il se rappelle que Wally était très beau, mince, plein d énergie et emballé. Il jouait du piano, détenait le record canadien du sprint de 440 verges et était un motivateur hors-pair. Harold considère que la mort subite de Wally à l âge de 56 ans a été une tragédie, car il aurait apporté d autres contributions majeures à la rhumatologie. Il avait fortement influencé Harold pour l orienter vers une carrière en rhumatologie. Harold me parle aussi du D r Almond Fletcher, un des plus éminents rhumatologues, qu il décrit comme un homme frêle, presque cachectique, d apparence maladive, mais d une très vive intelligence. Son influence a toutefois été moins marquante que celle de Wally Graham. En fait, le D r Fletcher a quitté le milieu de l arthrite pour aller travailler avec le D r Walter Campbell, spécialiste du diabète; à l occasion de ce changement d orientation professionnelle, le D r Fletcher avait dit à Harold «de ne pas lui en vouloir». Cela se passait au moment où l on administrait pour la première fois de l insuline à un patient au Toronto General Hospital. Harold a obtenu son doctorat en médecine en 1942 et il s apprêtait à partir pour St.Louis, où un poste l attendait au Barnes Hospital, mais sa carrière aux États-Unis dut attendre parce que les forces armées le réclamaient. Il a été membre de l Aviation canadienne de 1942 à Harold se souvient d un autre médecin également dans l Aviation, le D r Metro Ogryzlo, et en particulier d un dîner avec lui à Moncton. Dans l armée, les repas étaient préparés le plus souvent avec des aliments en poudre; Harold n a pas oublié le ravissement de Metro lorsqu on lui a servi des cornichons sûrs quel «délice» comparativement à ce qu ils mangeaient dans l armée. Il rappelle une autre anecdote que lui avait racontée le D r Phil Rosen; à l hôpital, ce dernier croise un jeune médecin inconnu venant d une autre unité de soins; tout excité au sujet d un cas qu il venait de voir, le D r Rosen amène ce collègue inconnu au chevet du patient. Ce jeune médecin inconnu, c était Metro et de cette rencontre et de cette relation est née la carrière du D r Rosen en rhumatologie. 14 JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4

15 Phil Rosen avait dit à Harold qu il collectionnait les horloges en bois principalement pour faire concurrence à son collègue, le D r Hugh Smythe, qui collectionnait les oreillers japonais. Ces oreillers étaient aussi en bois. Le D r Fireman a fait son internat à l Hôpital Civic d Ottawa parce qu il ne pouvait aller aux États-Unis, comme nous l avons expliqué; il a donc choisi aussi de s installer à Ottawa. Il a poursuivi sa formation à Kingston, une autre période qui évoque pour lui de nombreuses anecdotes, par exemple au sujet du célèbre D r Malcolm Brown, du D r Russell Cecil dont l ouvrage était le meilleur à cette époque, du D r Eric Bywaters et d autres encore. Harold serait le conférencier tout indiqué après un banquet, car c est un conteur naturel qui a vécu d extraordinaires expériences. À cette époque, les internes ne recevaient pas de salaires, mais plutôt un bonus d environ 50 $ à la fin de l année. En revanche, ils étaient logés, nourris et blanchis. Harold raconte qu on pouvait alors se faire un peu d argent de poche en donnant du sang, soit environ 15 $. Bien entendu, à cette époque, le sang était administré immédiatement au patient et non pas conservé dans une banque de sang. Les prix de l époque étaient si bas que Harold pouvait s offrir un dîner et une soirée dansante pour deux au Fairmont Château Laurier pour 1,50 $ alors 15 $, c était beaucoup d argent. Par conséquent, Harold croit que lui-même et ses collègues de stage devaient probablement souffrir d anémie. Harold a terminé ses études postdoctorales (fellowship) en 1961 et avec le D r Henry Sims, il a fondé une clinique d arthrite à l Hôpital Civic d Ottawa. Sa propre clientèle se composait de patients arthritiques, car à cette époque, le milieu médical croyait que la médecine ne pouvait rien pour ces patients. Le régime d assurance santé de l Ontario n existait pas et les consultations en milieu hospitalier étaient faites gratuitement. Harold considère les 20 dernières années de sa vie comme les plus belles et les plus agréables. Le travail ne l a jamais rebuté parce qu il adorait sa profession et ne la considérait pas comme un fardeau. Il attribue sa longévité en partie à la génétique, mais surtout au fait de rester actif. Il me conseille d ailleurs de «toujours demeurer actif». Harold joue au tennis régulièrement, mais il joue aussi au bridge, voyage, lit et est membre Harold sur le point de décocher un autre revers gagnant! d une société d histoire de la médecine, au sein de laquelle il a récemment présenté un exposé. Voltaire avait 67 ans lorsqu il a rédigé son ouvrage le plus important; Harold réitère qu il a vécu ses plus belles années de 68 ans à 88 ans. Il aimait ce qu il faisait, il est resté actif Il attribue sa longévité en partie à la génétique, mais surtout au fait de rester actif. Il me conseille d ailleurs de «toujours demeurer actif». et engagé. La prochaine fois que j aurai envie de faire la sieste, je me demanderai : «Qu est ce que Harold ferait maintenant?» Harold sait tenir son interlocuteur en haleine parce que c est un raconteur remarquable. J aimerais bien pouvoir vous raconter toutes ses histoires. Harold, nos plus sincères félicitations pour une magnifique carrière! JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4 15

16 ARTHROSCOPE Le Programme avancé de soins cliniques rhumatologiques (ACPAC) D re Rachel Shupak, directrice du programme ACPAC D re Katie Lundon, coordinatrice du programme ACPAC Le Programme avancé de soins cliniques rhumatologiques (ACPAC ou Advanced Clinician Practitioner in Arthritis Care) de l University of Toronto est un programme de formation musculo-squelettique et rhumatologique continue offert aux physiothérapeutes et ergothérapeutes expérimentés. Ce programme, élaboré au St. Michael s Hospital (SMH), en collaboration avec le Hospital for Sick Children (HSC) et l University Health Network de Toronto, fonctionne grâce à plus de 60 méde - cins en pratique universitaire ou communautaire. Précédé par le programme des praticiens du HSC, ce programme interdisciplinaire pour professionnels de la santé loge actuellement au SMH. Ce programme innovateur a été élaboré en réponse au besoin démontré d une approche interdisciplinaire dans le diagnostic et le traitement des patients atteints d ostéoarthrite (OA) et de polyarthrite rhumatoïde (PR). La réduction du nombre de rhumatologues, causée par la diminution des inscriptions et le vieillissement des rhumatologues existants, est un fait établi. Le Ministère de la santé de l Ontario souhaite de plus en plus modifier le modèle actuel de soins aux malades chroniques. Quel que soit le modèle adopté, il demeure essentiel que tous les membres d une équipe de soins aux arthritiques reçoivent la formation appropriée. Le programme ACPAC consiste en une série de 10 cours intensifs (théoriques et cliniques) offerts une semaine par mois. Le programme, fondé sur l acquisition de compétences précises, comporte une évaluation rigoureuse. Le curriculum est basé sur l intégration de matériel provenant de cinq modules de base : Sciences fondamentales (n=1), Fondements de la pratique clinique (n=1), Traitement (n=1) et, finalement, Art et science de la pratique clinique (n=2). Depuis 2005, le programme a produit 13 diplômés; 10 candidats ont été acceptés pour l année académique Ils devaient remplir des critères précis et être soutenus par leurs institutions d attache, lesquelles devaient s engager à les reprendre ensuite comme praticiens dans le cadre d un travail d équipe sous direction médicale. Les Régions ontariennes où pratiquaient les diplômés au cours des deux premières années du programme ACPAC candidats proviennent de diverses ressources de santé (universitaires ou non) situés dans des communautés rurales manquant de services, partout en Ontario. L évaluation de l efficacité du curriculum se poursuit, de même que l élaboration de nouveaux modèles de soins et de réadaptation. Le programme ACPAC survient à un moment critique, la distribution des soins en Ontario étant en pleine mutation. En tant que prestataires de services aux arthritiques, nous devons nous positionner à l avant-garde de l élaboration de nouveaux modèles efficaces de gestion des soins aux malades chroniques. Le programme ACPAC a été élaboré initialement grâce à l aide financière de Amgen/Wyeth (subvention à des fins éducatives sans restriction), de la section ontarienne de la Société d Arthrite, ainsi que du St. Michael s Hospital et de sa Fondation. De plus, il reçoit maintenant une subvention de trois ans du ministère de la santé de l Ontario et une subvention à visée éducative sans restriction d Abbott. References: 1. Site Web du programme ACPAC. Adresse: Consulté le 10 septembre Campos A, Graveline C, Ferguson JM, et coll. The Physical Therapy Practitioner: An Expanded Role for Physical Therapy in Pediatric Rheumatology. Physiother Can automne 2001; 53(4): MacKay C, Devitt R, Soever L, et coll. An Exploration of Comprehensive Interdisciplinary Models for Arthritis. Arthritis Community Research & Evaluation Unit (ACREU). University Health Network; avril Hanly, JG. Manpower in Canadian academic rheumatology units: current status and future trends. Canadian Council of Academic Rheumatologists. J Rheumatol 2001; 28(9): JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4

17 ARTHROSCOPE ACA au menu Par Ken Blocka, M.D., FRCPC J ai eu le plaisir d être assis à côté de M me Anne Dooley, présidente de l Alliance canadienne des arthritiques (ACA) lors du banquet de clôture de la récente rencontre annuelle de la SCR à Lake Louise. Comme beaucoup de rhumatologues, je connaissais vaguement l ACA, sans être bien au courant de ses buts et objectifs. La lumineuse conversation que nous avons poursuivie entre deux délicieuses bouchées de bœuf a rapidement permis de mettre à jour mes connaissances. Anne est une porte-parole passionnée et articulée de l ACA. Cet organisme national, créé par les patients pour la défense de leurs droits, comporte des membres et des partisans à travers le pays. L ACA permet aux arthritiques de tis ser des liens, et elle les aide à mieux défendre leurs droits, dans le but ultime d améliorer la qualité de vie de tous les patients atteints d atrthrite. Fondée en 2001, l ACA fait circuler les données les plus récentes en matière de connaissances nouvelles, de recherche et de politiques de santé, et travaille en partena - riat avec un ensemble d organismes à travers le pays. Les priorités stratégiques de l ACA comprennent : Mieux faire connaître l arthrite afin de favoriser un accès uniforme et rapide aux médicaments, aux médecins et aux services les plus appropriés. S assurer que la voix de la recherche en arthrite soit entendue à tous les niveaux de prise de décisions. Créer une ressource d informations pour les adultes et les enfants atteints d arthrite et pour leur réseau de soutien. Et, finalement, aider adultes et enfants à obtenir accès aux soins, remboursement des coûts et tout autre service nécessaire au traitement d une maladie pouvant durer toute la vie. J ai été particulièrement frappé par la prémisse de l ACA, à savoir que l expert principal en arthrite est le patient qui en est atteint. Une évidence? Peut-être, mais cela représente un changement fondamental d attitude pour notre profession qui, par tradition, voit dans le médecin l expert reconnu et, dans le patient, le quémandeur docile. De même, la prise de conscience par les patients qu ils ont le droit et la capacité de donner une opinion valable et nécessaire constitue un profond changement. J ai toujours considéré ma relation avec mes patients comme un partenariat et, quand c était possible, j ai toujours encouragé la participation de mes patients à toutes les phases de la prise de décisions. Nous avons tous constaté, j en suis sûre, que cette attitude est payante sur les plans de la fidélité au traitement et de la qualité de la relation médecinpatient. Nous apprenons continuellement de nos patients. Aussi érudites et pleines de bonnes intentions que soient nos recommandations, ce sont nos patients qui, ultimement, doivent décider de ce qui leur convient le mieux. Peu importe à qui ils s adressent : médecin, homme politique, compagnie pharmaceutique ou comité d attribution de fonds, nos patients apportent une perspective unique et valable. J applaudis les organismes comme l ACA, qui mettent de l avant le point de vue des patients, ce qui aide les arthritiques à se percevoir comme des acteurs clés de la bataille contre l arthrite. Il s agit d une stratégie gagnante pour tous et l ACA mérite notre soutien inconditionnel. «Et maintenant, café ou dessert?» Pour obtenir plus d informations sur l ACA, veuillez contacter Anne Dooley, présidente de l Alliance canadienne des arthritiques, au : or Camp d'entraînement musculo-squelettique Par Joanna Bostwick Chaque année depuis quatre ans, en décembre, le D r Alf Cividino coordonne un «Camp d'entraînement musculosquelettique» de quatre semaines, destiné aux étudiants en médecine de deuxième année. Comme son nom l indique, ce cours optionnel offre un vaste champ d apprentissage de la médecine de l appareil locomoteur. Le cours est taillé sur mesure en fonction des objectifs de l étudiant, compte tenu de son degré d intérêt pour la rhumatologie, la physiatrie, la médecine familiale et l orthopédie. Les journées du Camp sont remplies de cours interactifs ou magistraux et d ateliers portant soit sur l examen de l appareil locomoteur, soit sur des techniques (p. ex., les injections intra-articulaires). De plus, les étudiants sont assignés à diverses cliniques chaque semaine, afin 18 JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4

18 d acquérir une expérience concrète de cas complexes en rhumatologie. Durant l une des quatre semaines, les étudiants sont intégrés au service hospitalier de rhumatologie, ce qui les met en contact avec le traitement des patients hospitalisés en médecine interne. Des séances hebdomadaires de présentation de cas en radiologie rhumatologique et orthopédique les aident à mieux comprendre les modes de présentation et les divers degrés de gravité de chaque maladie. La collégialité et le soutien mutuel sont la norme chez les rhumatologues de Hamilton. Les étudiants rencontrent le groupe chaque semaine lors des tournées de rhumatologie et partagent leurs expériences, faisant ainsi l apprentissage des présentations de cas et de leur interprétation. Les étudiants doivent, à deux reprises, faire une présentation de 45 mi - nutes devant les rhumatologues. Malgré une certaine appréhension initiale, cette expérience accroît la confiance des étudiants dans leur capacité d appliquer leurs connaissances et de répondre aux questions des précepteurs. Mon expérience personnelle s est révélée fort enrichis - sante et a même, de diverses manières, changé ma vie. Je m intéresse depuis longtemps à la médecine de l appareil locomoteur, puisque j avais étudié la kinésiologie comme étudiante au premier cycle. C est cet intérêt qui m avait poussé à m inscrire au Camp, au départ, mais finalement j en ai retiré beaucoup plus que ce que j avais escompté. Durant la première semaine, j ai rencontré un jeune homme qui avait failli mourir de granulomatose de Wegener, un patient âgé handicapé par la polyarthrite rhumatoïde et une jeune femme aux prises avec un lupus. Chacun d eux souffrait d une maladie rhumatologique grave, mais ils avaient conservé une attitude positive et un sens de l humour profondément inspirants. Les rhumatologues qui travaillaient avec nous se sont révélés de merveilleux professeurs. Tous les gens que j ai rencontrés se montraient amicaux et incroyablement passionnés par leur travail. Personnellement, j ai été très impressionnée par le degré de soutien et d encouragement aux patients que manifestaient les médecins. Je me souviens d un cas en particulier, celui d un jeune père atteint de spondylite ankylosante (SA) récemment diagnostiquée. Il attendait avec impatience l approbation du gouvernement pour pouvoir commencer un traitement avec un MRB, puisqu il ne possédait aucun plan d assurance lui permettant de rembourser les frais élevés du traitement (réalité troublante, puisque les études montrent que le traitement précoce de la SA peut en améliorer grandement le pronostic). Bien qu il soit certainement très frustrant, pour les médecins, de composer avec le fait que le coût élevé des médicaments limite parfois les options de traitement, j ai pu constater avec plaisir à quel point les rhumatologues défendent les droits de leurs patients. La satisfaction d aider les gens à maîtriser à long terme des problèmes De gauche à droite : Le D r Cividino et les finissantes de la promotion 2008 de la Michael G DeGroote School of Medicine qui ont participé au Cam d entraînement musculo-squelettique : Nadine Gebara, Joanna Bostwick et Hinal Sheth. médicaux graves ainsi que la récompense que constituent les amitiés durables tissées avec les patients au cours des ans m ont paru les éléments les plus attirants de la rhumatologie. En y réfléchissant, la rhumatologie constitue un merveilleux amalgame entre l examen physique de base et une science en pleine expansion, l immunologie. J aime le défi de poser le bon diagnostic et d essayer de comprendre la physiopathologie des maladies inflammatoires et auto-immunes. Durant le Camp d'entraînement musculo-squelettique, j ai rapidement réalisé que la rhumatologie offre un ensemble intéressant d avenues de carrière permettant au praticien d adapter sa pratique à ses intérêts personnels et d être continuellement en train d apprendre. Si l on considère que la cause de nombreuses maladies demeure inconnue, la rhumatologie est un champ riche en potentiel sur le plan de la recherche et des percées à venir. Voilà ce qui m attire en rhumatologie : les patients, l indépendance et l acquisition de nouvelles connaissances. Il y a quelque chose de très stimulant dans la rapidité des progrès scientifiques dans ce domaine, de même que dans la possibilité que ces progrès se traduisent en nouveaux traitements pour les patients atteints de maladies rhumatologiques. Compte tenu de la pénurie de rhumatologues certifiés au pays et du nombre croissant de patients vieillissants atteints de maladies de l appareil locomoteur, j ai le sentiment qu une carrière en rhumatologie me permettrait d équilibrer ma vie personnelle et les défis que rencontreront sous peu les rhumatologues. JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4 19

19 ARTHROSCOPE La pratique rhumatologique au Québec : Portrait d une pratique solo Par Michel Gagné, M.D., FRCPC D abord médecin omnipraticien pendant 4 ans, en Abitibi, à Rouyn-Noranda, et à Laval, à la Cité de la Santé ; puis rhumatologue et interniste à l hôpital Sacré-Coeur de Montréal de 1984 à 1999; et enfin en pratique solo à Saint-Eustache, en polycli - nique depuis les 8 dernières années : 34 années de pratique médicale, en incluant les 6 années de résidence! Mais pourquoi une pratique solo après les années en milieu universitaire (hôpital affilié à l Université de Montréal)? D,abord pour se rapprocher de la maison!! Mais aussi pour devenir rhumatologue plein temps, croyant à tort que la pratique serait moins intense. Mais dans une clinique de 30 médecins omnipraticiens, et un bassin de population très élargi d au moins 250,000 habitants : de Lachute à Terrebonne et de Laval (partie nord ouest) à Tremblant; et bien, le travail ne manque pas! Au contraire, la pratique s est diversifiée! Après quelques mois, les demandes pour participer à des comités, d enseignement ou aviseur; puis de conférences pour les médecins ou le public, et même récemment pour des sessions de préceptorat ont afflués. Depuis 4 ans, une petite pratique de recherche clinique a même vu le jour et une infirmière clinicienne a été engagée à temps partiel. Les principaux axes de recherche sont : en génétique (recrutement en ostéoporose, arthrose, polyarthrite rhumatoide), en étude de phase 3 (arthrite rhumatoide,arthrite psoriasique etc ), et 2 projets de phase 2. Je participe en plus au registre de l arthrite débutante (Early RA) de mon collègue Murray Baron à McGill. Le fait d avoir une pratique solo a permis à mon avis d avoir un horaire plus flexible et d intégrer toutes ces activités. De plus, la participation aux congrès a été accrue depuis les dernières années, me permettant de garder le contact avec plusieurs collègues et de mettre à jour les connaissances de notre métier. Dans les moments libres, mon épouse Francine et moi «labourons» les terrains de golf l été. Le cinéma, la lecture, la marche et les voyages sont au rendez-vous les autres saisons. De plus, étant les heureux grands parents de 2 petits-enfants, nous avons modifié certains loisirs en «service de garde»!! Bref, la rhumatologie en solo reste toujours attrayante et me permet de vivre des moments précieux avec ma famille et mes amis. NOUVELLES RÉGIONALES Nouvelles du Manitoba Par Cory Baillie, M.D., FRCPC La dernière nouvelle la plus emballante en provenance du Manitoba est un rapport positif sur le front des ressources humaines. En effet, Winnipeg compte à présent quatre nouveaux rhumatologues, ce qui signifie un total de onze rhumatologues. La D re Shikha Mittoo s est joint au corps professoral du Health Sciences Centre en juillet Elle a reçu sa formation de l université Johns Hopkins, où elle a découvert un intérêt particulier pour les implications pulmonaires des maladies des tissus conjonctifs. Les D rs Ramandip Singh et Adarshdip Brar ont, quant à eux, complété leur cheminement académique à Winnipeg, en 2006 et 2007 respectivement. Ils constituent notre première équipe d époux rhumatologues. Ils ont établi une pratique conjointe et bien articulée (jeu de mots terrible mais entièrement voulu) dans la collectivité. La D re Snezana Barac a également terminé sa formation à Winnipeg en 2007 et compte débuter sa pratique dans la collectivité dès qu elle aura réussi ses examens de fellowship. À l approche de l hiver, nous nous rappelons de la chance que nous avons eue d avoir pu profiter d un été superbe cette année, ce qui nous a permis de poursuivre nos intérêts outre la rhumatologie. Le D r Glen Thomson s est dédié à l entraînement et à la formation de certains des aspirants à la Coupe du monde Le D r Dave Robinson, quant à lui, a consacré son temps libre au canotage en famille, ainsi qu à sa mise en forme en vue de l escalade Joints in Motion à laquelle il participera, au Pérou. Pour leur part, les D rs Tim McCarthy et Christine Peschken ont préféré passer les beaux jours d été à leurs chalets respectifs, en compagnie de leurs proches. Pour ce qui est de la D re Carol Hitchon, elle a passé bien des heures à faire du cyclisme de randonnée, tandis que le D r Hani El-Gabalawy s est adonné à un régime d entraînement multidisciplinaire en préparation pour une nouvelle saison de hockey. Et pendant que tous ces braves rhumatologues vaquaient à leurs activités estivales, je tentais tant bien que mal d améliorer mes habiletés de golfeur, ainsi qu à obtenir un meilleur temps pour le marathon du Royal Victoria, qui se tiendra la fin de semaine de l Action de grâces. 20 JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4

20 Des nouvelles de Trois-Rivières Par Jean-Luc Tremblay, M.D. Depuis 1999, j œuvre comme rhumatologue au sein de la Clinique de Rhumatologie/Physiatrie du Centre du Québec, à Trois-Rivières, en Mauricie. Notre groupe est actuellement composé de quatre rhumatologues (D re Louise Rouleau, D re Michèle Dessureault, D r Frederic Morin et moi-même) et ne nouvelle recrue se joindra bientôt à nous en la personne de D re Clode Lessard. Notre équipe est très dynamique et nous avons maintes activités professionnelles fort intéressantes. Nous sommes affiliés au Centre hospitalier Régional de Trois- Rivières (CHRTR). La tendance des soins rhumatologiques est d orienter le patient vers des traitements extra-hospitalier mais notre groupe considère essentiel de maintenir un service hospitalier pour pouvoir prendre en charge les patients avec pathologies complexes tels les vasculites ou les collagénoses sévères. Étant reconnus comme les spécialistes des maladies inflammatoires, nous sommes d ailleurs fréquemment demandés en consultation dans les dossiers multisystémiques complexes. Nous sommes grandement impliqués dans la formation d étudiants en médecine et des résidents de médecine. Environ dix résidents par année viennent faire des stages à notre clinique. Nous en profitons pour bien faire connaître notre spécialité et parfois, nos efforts portent fruit puisque plusieurs ont ensuite choisi la rhumatologie comme sur-spécialité. En fait, je crois avoir été le premier résident à demander un stage à Trois-Rivières en Notes de Victoria Par Milton Baker, M.D., FRCPC Les rhumatologues de Colombie-Britannique avaient de quoi célébrer cette année : la société des spécialistes a enfin permis, au bout d extraordinaires efforts, de faire reconnaître le problème de la disparité des revenus entre spécialités (aux dépens de la rhumatologie et d autres groupes), grâce à l utilisation de la formule MANDE, comparant les revenus quotidiens nets du lundi au vendredi entre spécialités. Ce fut l aboutissement d une longue et dure lutte. Les rhumatologues ont déjà reçu une augmentation d honoraires de 17 %, et ils devraient recevoir 6 % de plus d ici 3 ans. Ce dernier montant pourrait être augmenté en fonction du montant total disponible. Le conflit juridique opposant spécialistes et généralistes sur la rémunération fait toujours l objet d un appel, ce qui en retarde le règlement final. La controverse sur le règlement des disparités entre spécialistes perdure et il n existe aucune garantie de progrès sur ce terrain, mais nous gardons espoir et continuons à travailler fort à faire avancer ce dossier. Sur le front de Pharmacare, la Colombie-Britannique est sur le point d accepter enfin de couvrir agents biologiques dans le 1994 Ils ne se doutaient certainement pas que ce jeune résident inconnu deviendrait leur futur collègue! Depuis 2005, le CHRTR a été désigné comme un centre de formation médicale affilié à l Université de Montréal. Désormais, un étudiant peut faire tout son cours de médecine à Trois-Rivières, incluant l année préparatoire, les cours de médecine, l externat et la résidence en médecine familiale. Tous les membres du service y ont mis la main à la pâte en contribuant à différents niveaux à la formation des futurs médecins. Je dois souligner l apport exceptionnel de D re Dessureault qui a œuvré d arrache-pied à la mise en place et à la supervision du monitorat pour les étudiants de première année. Nous accueillons également avec plaisir les résidents du programme de rhumatologie qui manifestent l intérêt de venir effectuer un stage chez nous. Au point de vue de la recherche clinique, nous participons à plusieurs protocoles d études en arthrose, en ostéoporose et, évidemment, en arthrite rhumatoïde. Nous supervisons également un centre de perfusion au sein de notre clinique. Ce service était rendu nécessaire compte tenu du nombre croissant de traitements intraveineux disponibles. Bref, ça bouge énormément en Mauricie et comptez sur notre équipe pour maintenir la rhumatologie reconnue comme une spécialité dynamique et impliquée dans son milieu. traitement de la spondylite ankylosante. Pour l instant, la province ne couvre que l étanercept dans l arthrite psoriasique. Un appel logé par la BCMA (Association médicale de Colombie- Britannique) a permis d en arriver à une entente avec Pharmacare afin de réduire la paperasserie nécessaire à l approbation annuelle des agents biologiques, bien que la lenteur du processus bureaucratique ait retardé l implantation de ces réformes jusqu à maintenant. Nous devrions obtenir bientôt l approbation d au moins un MRB dans le traitement de la spondylite ankylosante. À Victoria, nous nous habituons peu à peu à vivre avec la nouvelle École de médecine. La rhumatologie n a été impliquée que de façon très limitée jusqu à présent, mais nous espérons obtenir bientôt plus d influence sur le contenu de l enseignement afin, peut-être, d orienter certains étudiants vers le choix d une carrière en rhumatologie. Deux de nos 5 rhumatologues travaillent à temps partiel, et un autre est sur le point de prendre sa retraite. Nous avons un programme actif de FMC, et les rhumatologues de l Île de Vancouver se réunissent deux fois par année. Nous avons eu la chance de pouvoir attirer plusieurs conférenciers de renommée internationale à nos rencontres, tels que Dan Furst et Vibeke Strand. Il paraît que les loisirs font partie de la vie à Victoria, mais les rhumatologues n en ont pas beaucoup vu la couleur. JSCR 2007 Volume 17, Numéro 4 21

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