Le développement de l assurance des catastrophes naturelles: facteur de développement économique

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1 ARTICLES ARTICLES PROFESSIONNELS ACADÉMIQUES PROFESSIONAL ACADEMIC ARTICLES ARTICLES Assurances e gesion des risques, vol. 79(1-2), avril-juille 2011, 1-30 Insurance and Risk Managemen, vol. 79(1-2), April-July 2011, 1-30 Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles: faceur de développemen économique par Rim Jemli, Abdelkarim Yahyaoui e Nouri Chourou résumé Dans le cadre de la sociéé conemporaine ou encore «la sociéé du risque», comme a éé bapisée par Beck dans les années quare-ving, même la naure des risques a évolué. Cerains risques revêen un aspec dynamique e don les conséquences son à grande échelle. De ce fai, ces risques, dis majeurs, remeen en cause les condiions de l assurabilié elles que définies par Berliner (1982). En effe, l inceriude croissane qui nous enoure emprein l assurance par de nouvelles lacunes : l ignorance de l occurrence des risques majeurs ainsi que la difficulé de l évaluaion de leurs graviés. Dans ce conexe, la gesion des caasrophes naurelles revê une grande imporance aussi bien pour le bien-êre social que pour l épanouissemen du issu économique e la croissance en général. Les aueurs : Rim Jemli : Faculé des Sciences Economiques e de Gesion de Sfax, Universié de Sfax- Tunisie, Unié de Recherche en Economie de Développemen (URED): Abdelkarim Yahyaoui : Faculé des Sciences Economiques e de Gesion de Sfax, Universié de Sfax-Tunisie, Unié de Recherche en Economie de Développemen (URED): Nouri Chourou : Professeur à la Faculé des Sciences Economiques e de Gesion de Sfax, Universié de Sfax-Tunisie, Unié de Recherche en Economie de Développemen (URED), Mail : Ce aricle es la version finale d un ravail présené au colloque inernaional : «L indusrie de l assurance : Défis e Perspecives», 25 e 26 Juin 2010, Sfax-Tunisie. Les aueurs remercien le professeur Marin Boyer d avoir accepé d évaluer ce aricle e pour ses commenaires rès enrichissans. 1

2 De ce fai, ce aricle vise à eser la relaion enre une bonne assurance des caasrophes naurelles e le développemen économique de ving-quare pays de l OCDE. La echnique uilisée es la méhode de données de panel. On propose ainsi une analyse d inégraion-coinégraion sur panel, en uilisan la méhode des moindres carrés ordinaires dynamiques (DOLS). Les résulas rouvés approuven bien l exisence d une relaion posiive enre le développemen de l assurance des caasrophes naurelles (mesuré par le aux de pénéraion de l assurance) e l amélioraion du PIB/êe des pays éudiés. Mos clés : Assurance, caasrophes naurelles, croissance économique, données de panel. Classificaion JEL : G22, Q54, O47, C23 absrac In he conemporary sociey or he sociey of risk as was bapized by Beck in he eighies, he naure of risk is in perpeual evoluion. Cerain risks dress a dynamic aspec and he consequences of which are of large-scales. Therefore, hese major risks differ significanly from Baruch Berliner s earlier insurance condiions of Indeed, he increasing uncerainy which surrounds us imprins he insurance by new gaps: he ignorance of he occurrence of he major risks as well as he difficuly of he evaluaion of heirs graviies. In his conex, he risk managemen of naural disasers akes on a big imporance as well for he social well-being as for he economic blooming and he growh generally. Therefore, his aricle aims a esing he relaion beween he improvemen of he naural disasers insurance and economic developmen of weny four counries of he OECD. The used echnique is he mehod of daa of panel. We propose an analysis of inegraion-coinegraion on panel, by using he mehod of Dynamic Ordinary Leas Squares (DOLS). The found resuls approve well he exisence of a posiive relaion beween he prosperiy of he naural disasers insurance (measured by he rae of insurance s peneraion) and he developmen growh of our sample (measured by he GDP per person). Keywords: Insurance, naural disasers, economic growh, panel daa. JEL classificaion: G22, Q54, O47, C23 1. INTRODUCTION Les caasrophes naurelles deviennen de plus en plus fréquenes mais, aussi, plus sévères. De sore qu aucun pays n es à l abri des conséquences néfases de ces risques. Or, la robusesse des économies se mesure par leurs degrés de résilience, c es-à-dire, par la façon don elles se relèven après un choc. Dans ce cadre, plusieurs aueurs on signalé une imporance cruciale de l assurance aussi bien pour sorir de la siuaion de panique que pour relancer la croissance économique. 2 Assurances e gesion des risques, vol. 79(1-2), avril-juille 2011

3 Parmi les éudes les plus récenes de la relaion enre l assurance e la croissance économique, on peu cier Popp (2006) qui posule que des faibles aux d assurance peuven rearder ou même empêcher la reconsrucion du capial physique. En effe, au-delà de leur premier rôle de fourniure des fonds nécessaires pour la reconsrucion du capial dérui par la caasrophe, les marchés d assurance doiven veiller à réduire l inceriude ou en adopan les nouvelles echnologies. Cee idée a éé, déjà, avancée par Skidmore e Toya (2002). Ces derniers réclamen que l assurance doi êre perçue comme le moyen par lequel les invesisseurs peuven ajuser leur risque de caasrophes naurelles. En fai, les données limiées sur les souscripeurs d assurance renden les assureurs dans l obligaion d ajouer une prime d inceriude aux polices de couverure. La même vue a éé reenue par la suie par Popp (2006). Ce dernier rouve dans l assurance une inciaion au recours aux nouvelles echnologies afin d améliorer les données relaives à la sévérié e à la probabilié des caasrophes. Ainsi, la prime de l inceriude serai plus allégée ce qui garani aux invesisseurs d avoir un meilleur rendemen de leurs invesissemens. De ce fai, l accumulaion de capial physique augmene ou en favorisan une meilleure croissance économique. Pour bien mener cee analyse nous allons procéder comme sui. Dans un premier emps, nous exposons succincemen les principaux ravaux héoriques e empiriques qui on monré l exisence d une relaion enre l assurance e la croissance économique. Pour cela, nous commençons par mere en évidence l imporance de l assurance des caasrophes naurelles pour le développemen des pays, en se référan aux principaux éudes e ravaux sur ce champ de recherche. Puis, nous nous concenrons plus sur les héories ayan éabli un lien enre l assurance des caasrophes naurelles e la croissance économique via l inégraion du progrès echnologique. Dans un second emps, nous esons empiriquemen un modèle de croissance de Solow (1956) augmené par le progrès echnologique, raian de la relaion enre le développemen du seceur de l assurance e la croissance économique. Ce qui perme de monrer les effes direcs du développemen de l assurance sur le développemen économique. Enfin, la dernière parie sera consacrée aux résulas des différenes esimaions e à leurs inerpréaions. 2. CADRE THÉORIQUE D après la compagnie Munich Ré, qui es le leader mondial de la réassurance des caasrophes naurelles, il es prévu une hausse du Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles 3

4 coû direc global annuel des caasrophes naurelles pour qu il aeigne les 300 billions $USD en Pouran, l assurance des caasrophes naurelles es resée rudimenaire dans de nombreux pays en se limian seulemen à la couverure des pariculiers forunés e des grandes enreprises. De ce fai, les gouvernemens son appelés à prendre les mesures nécessaires pour promouvoir le marché de l assurance des caasrophes naurelles noammen par la réducion des axes sur les primes d assurance caasrophe. En effe, les décideurs publics peuven pallier ceraines carences des marchés locaux de l assurance en agissan en an qu assureur en dernier ressor ou encore en insauran un régime d assurance obligaoire conre les caasrophes naurelles dans les zones à hau risque (Freeman, Keen e Mani, 2003). Dans nore cadre héorique, nous allons commencer ou d abord par souligner l imporance de l assurance des caasrophes naurelles e son inérê pour le développemen des pays. Puis, nous allons rappeler les principales héories ayan signalé que l assurance des caasrophes naurelles simule la croissance économique à ravers l inégraion d un progrès echnologique endogène. Cee hypohèse sera esée par la suie empiriquemen L imporance de la promoion de l assurance des caasrophes naurelles pour le développemen des pays Les conséquences des caasrophes naurelles sur les économies e leurs populaions son d auan plus graves par le manque de préparaion, l imperfecion de la collece e du parage des informaions ainsi que par le manque de couverure d assurance. Pour cela, la banque mondiale a foremen recommandé l amélioraion de la couverure pour les ménages (don leurs biens ne son pas assurés) ainsi que pour les peies e moyennes enreprises (qui n on pas une couverure conre la pere d exploiaion). A ce égard, elle a encouragé les gouvernemens à offrir des crédis pour les ménages e les peies enreprises pour qu ils puissen acheer des produis d assurance (Banque Mondiale, 2008). En effe, l assurance es un insrumen efficace d allégemen des conséquences des caasrophes en fournissan une indemnisaion financière face à une pere assurée. Il s ensui qu en l absence d un el mécanisme de ransfer e de parage du risque les conséquences socio-économiques seron plus néfases du fai de la longue durée nécessaire pour le recouvremen e la reconsrucion. Or, les souffrances seron plus graves en cas d une longue période d aene vu la grande fragilié humaine après une caasrophe : épidémies, mala- 4 Insurance and Risk Managemen, vol. xx(x-x), 79(1-2), xxxx-xxxx April-July

5 dies menales, raumaisme, pere d emploi e du revenu journalier, ec. (Prem e Bhargava, 2006). Dans le même cadre, le Provenion Consorium (2004) a consacré beaucoup d effors pour incier à la réducion des risques caasro phiques dans les pays en voie de développemen via principalemen la promoion des mécanismes de ransfer financier des risques e donc une plus grande paricipaion du seceur d assurance. D ailleurs, l assurance perme d évier une longue inerrupion des aciviés e oues les répercussions qui peuven s ensuivre. En fai, il es plus efficace de mobiliser les fonds nécessaires à l avance par le mécanisme de l assurance que d agir après la survenue de la caasrophe à ravers la solliciaion des empruns e de l aide inernaionale. D ailleurs, la disponibilié de l aide n es pas immédiaemen garanie surou si plusieurs pays von la demander simulanémen. E même si les fonds de l aide son disponibles, ceci ne garani pas forcémen la rapidié du recouvremen e de la consrucion car l influx massif e non planifié des aides peu avoir des effes pervers sur l économie. Ainsi, les mesures ex pos oues seules ne garanissen pas la disponibilié de la liquidié immédiae que peu garanir l assurance si elle es disponible (Gbesquiere e Mabul, 2007). De plus, l effe du ransfer de risque au seceur de l assurance es bénéfique aussi bien à cour erme, en accéléran la disponibilié des fonds, qu au long erme en évian des déournemens budgéaires, des fores hausses d impôs e des empruns addiionnels (Goes e Skees, 2003). De ce fai, il es crucial de promouvoir le seceur d assurance afin de garanir une disponibilié de la liquidié immédiae, alléger la charge publique de recouvremen, réduire l insuffisance des ressources e évier le plus possible la fore dépendance des pays. En fai, l absence d un seceur d assurance bien développé alourdi largemen la charge publique après la survenue d une caasrophe naurelle. Ce qui amène le gouvernemen à mobiliser de grandes ressources fiscales e des ressources desinées au développemen pour couvrir les peres de caasrophe naurelle. Par conséquen, le développemen de l assurance e des aures insrumens de ransfer du risque renforce le développemen des économies. En effe, l exisence d un bon sysème d assurance favorise les pays à s engager e à poursuivre leurs projes de développemen ou en évian une réallocaion oale des ressources vers le financemen d une siuaion d urgence déclenchée par la caasrophe naurelle (Gbesquiere e Mabul, 2007; e Charvéria, 2000). De plus, les monans d indemnisaion versés aux assurés, en conreparie de leurs couverures conre les caasrophes naurelles, Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles 5

6 réduisen les dépenses d assisance publique suie à une caasrophe. En fai, l assurance es considérée comme le mécanisme par lequel l assuré prépare une proporion de ses dépenses causées par la caasrophe naurelle (McCool, 1995). Un bon exemple qui reflèe l imporance e le rôle crucial de l assurance dans la gesion des risques naurels majeurs c es l expérience réussie de la Turquie avec son pool d assurance des risques séismiques (Turkish Caasrophe Insurance Pool -TCIP-). Avec ce pool, l assurance des séismes es obligaoire. Le TCIP éai la pierre d angle pour faire passer le financemen du risque séismique du budge de l Ea au seceur privé à ravers une accumulaion des réserves à long erme afin de financer les peres séismiques fuures. De ce fai, les indemnisaions son payées sans recourir au budge de l Ea. Cee mesure a allégé le fardeau fiscal des coningens sur le budge de l Ea. De plus, grâce à la solidarié sociale e au bon parage du risque via le TCIP, les primes d assurance son devenues abordables où un large monan de risques es ransmis aux marchés inernaionaux d assurance. En oure, l assurance es une acivié suppor du développemen des aures aciviés. Par exemple, aux Eas-Unis, l assurance es considérée un faceur clé pour le financemen des achas immobiliers. En l absence d une assurance habiaion, les prêeurs ne donnen pas de crédis. De ce fai, une faible disponibilié e un prix élevé de l assurance von ralenir même le aux d acha des maisons e les invesissemens financiers dans les régions risquées. Avec l indisponibilié e l inabordabilié de la couverure des caasrophes naurelles, même les délais de la phase de reconsrucion seron prolongés vu l absence des fonds immédias avec une plus grande réicence des prêeurs (Gary, 2007). En oure, la disponibilié de l assurance élimine la recherche de liquidié pour financer les peres causées par une caasrophe naurelle e donc les dépenses imprévues incomban aux enreprises. Ceci facilie l affecaion de leurs fonds à la croissance e au développemen pluô qu au recouvremen des peres. Donc, la disponibilié d une couverure d assurance encourage les individus à acquérir de nouveaux acifs e à consruire pour l avenir (Naions Unies, 2007). Vu le rôle crucial que peu jouer l assurance dans la gesion des caasrophes naurelles e sa conribuion considérable au développemen socio-économique de façon générale, plusieurs aueurs on signalé ces dernières années l imporance de mener des parenarias public-privés pour développer les couverures d assurance. Ces collaboraions enre décideurs publics e assureurs visen à appuyer le seceur de l assurance afin qu il soi capable de répondre aux grands défis posés par les caasrophes naurelles sachan que plusieurs esimaions prévoien que ces risques majeurs seron plus fréquens e 6 Assurances e gesion des risques, vol. 79(1-2), avril-juille 2011

7 plus inenses dans le fuur vu le changemen climaique, la fore urbanisaion e concenraion des valeurs assurables. En effe, dans la plupar des pays indusrialisés, l assurance consiue un mécanisme fondamenal à ravers lequel les gens e les enreprises gèren leurs risques. Cela es aussi valable pour les risques des caasrophes naurelles puisque la pénéraion du marché d assurance es souven imporane dans ces pays. Néanmoins, en absence de mesures publiques adéquaes e en présence de srices resricions pour le seceur d assurance, les assureurs peuven ne pas êre capables de répondre aux caasrophes fuures. Par conséquen, l assurance risquerai de perdre son imporance e sa capacié à réagir aux peres générées par les caasrophes naurelles même dans les pays où elle es le plus développée. A ce propos, Kunreuher e Micheal-Kerjan on foremen recommandé de suivre deux principes qui pourraien servir de guide à la réflexion sur l avenir de l assurance conre les caasrophes e d aénuaion de leurs peres en se basan sur les résulas issus d un programme de recherche mené par le Risk Managemen and Decision Processes Cener of The Wharon School of he Universiy of Pennsylvania e Insurance Informaion Insiue. Le premier principe consise à charger des primes de couverure basées sur le risque assurable afin de refléer les risques sous-jacens e pouvoir les uiliser pour incier les gens à enreprendre les mesures prévenives via la modulaion de leurs primes. Le deuxième principe es desiné à aider les gens ayan des faibles revenus e résidens dans des zones à hau risque à acheer une couverure d assurance sachan que ou raiemen spécial desiné à renforcer la capacié financière de cee caégorie, en rendan la prime abordable, devrai provenir des fonds publics e non de la compensaion des primes d assurance à ravers l adopion d un arif unique (subvenion des primes des haus risques par celles des faibles). En effe, le fai d adoper un sysème basé sur des primes foremen subvenionnées ou d imposer aux assureurs de charger des primes arificiellemen faibles peu fausser oue communicaion claire sur le risque réel auquel fon face les assurés (de sore que la prime fai défau de donner des signaux de prix aux résidens des zones à risque). De plus, un sysème de primes subvenionnées peu par la suie encourager le développemen dans les zones à hau risque (Kunreuher e Michel-Kerjan 2009 [a]). Ainsi, il es emps d élaborer e de mere en œuvre des poliiques e des sraégies pour mieux pouvoir gérer les caasrophes fuures. Pour ce faire, il es imporan d avoir une vision à long erme e d évier la myopie e la percepion erronée de ces risques considérés comme ayan une faible probabilié e des grandes conséquences. L une des soluions proposées par le programme de Wharon School Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles 7

8 éai le développemen de conras d assurance à long erme (Long Terme Insurance -LTI-) qui seron accompagnés de l ocroi de prês à long erme desinés au financemen des invesissemens dans la réducion des peres des caasrophes naurelles. Une elle soluion vise à surmoner les préjugés comporemenaux des individus noammen la myopie e la mauvaise percepion des caasrophes naurelles. En effe, l avanage d un conra de LTI es double. D une par, il donne aux assurés la garanie de bénéficier d une couverure d assurance pour une longue période. En fai, le refus de renouvellemen du conra radiionnel (annuel) a éé une préoccupaion majeure dans les zones à hau risque où les assureurs peuven renoncer à offrir une couverure ou de renouveler le conra après une caasrophe majeure comme ce fu le cas à la suie de la série des ouragans aux Eas-Unis en De plus, les LTI visen à incier économiquemen les assurés à invesir dans l aénuaion des peres pour bénéficier de la réducion des primes duran la période du conra. D aure par, en incian à la miigaion des peres des caasrophes naurelles, les LTI allègen les peres poenielles des assureurs. E, par conséquen, ces derniers peuven charger des primes plus faibles qui seron plus abordables pour les assurés. Touefois, cee soluion ne peu abouir que si l Ea approuve l applicaion des deux principes recommandés. Ainsi, selon le Principe 1, les régulaeurs d assurance doiven auoriser les assureurs à appliquer un aux de prime modulable selon le risque de l assuré ce qui reflèe l effor qu il a consacré à la prévenion e réducion des peres. De plus, selon le principe 2, l Ea doi appuyer financièremen les résidens à faibles revenus dans les zones à risques via des fonds publics pour acheer une couverure d assurance. (Kunreuher e Michel-Kerjan 2009 [b]; 2010). 2.2 Les fondemens héoriques du progrès echnologique incorporé par le développemen de l assurance des caasrophes naurelles Les éudes e les héories ayan évoqué le lien enre l assurance des caasrophes naurelles e la croissance économique (ou encore la reconsrucion du sock de capial déprimé) ne son pas oalemen récenes. En fai, cee idée a éé évoquée ou d abord dans le processus schumpéérien de desrucion créarice. Puis, elle a éé éudiée dan le cadre de la héorie endogène de la croissance à ravers le modèle de Solow-Swan (1956) qui on monré que l assurance en an qu une sore d épargne accélère la reconsrucion du capial dérui e rédui le délai de recouvremen. 8 Insurance and Risk Managemen, vol. xx(x-x), 79(1-2), xxxx-xxxx April-July

9 2.2.1 Le processus de desrucion créarice Le développemen de l assurance, à la suie d un choc négaif (les caasrophes naurelles dans nore cas), simule la croissance économique grâce à un progrès echnologique endogène. D ailleurs, cee idée a éé déjà formulée par Schumpeer (1942), à ravers le processus de desrucion créarice où le progrès echnologique es la principale source de croissance économique e d amélioraion de la qualié de vie 1. De els modèles, se basan sur le processus Schumpeérien de desrucion créarice, abouissen à une croissance plus élevée. A ce propos, les chocs négaifs des caasrophes naurelles son des caalyseurs de réinvesissemen e de modernisaion des biens d équipemen. E, par conséquen, l adopion de nouvelles echnologies sera rès bénéfique pour enreenir la croissance à long erme La héorie de croissance endogène Les premières enaives de formulaion d une héorie des caasrophes naurelles on commencé avec l ouvrage iniulé «L économie des caasrophes naurelles» de Douglas Calvin Dacy e Howard Kunreuher (1969). Ces aueurs affirmen que l objecif principal de ce ouvrage es l élaboraion d un sysème comple d assurance en cas de caasrophe comme une alernaive à la poliique paernalise acuelle du gouvernemen fédéral. Ces deux aueurs on éé, donc, les pionniers qui éudien l effe de l assurance des caasrophes naurelles sur la croissance économique. A ce égard, ils on débau la nécessié de fournir une assurance complèe, en cas des caasrophes naurelles, pour la récupéraion des socks de capial endommagé (Okuyama, 2003). Pour éudier la relaion assurance-croissance, ils son paris du modèle de croissance de Solow-Swan (Solow, 1956; e Swan, 1956), ou en inégran le progrès echnologique. En fai, la héorie de la croissance endogène indique que la modélisaion du progrès echnologique endogène es essenielle pour promouvoir des modèles de croissance plus sophisiqués (Barro e Sala-i-Marin, 1995, e Aghion e Howi, 1998). Dacy e Kunreuher on monré, à ravers le modèle qu ils on adopé, que l assurance considérée comme épargne accélère la reconsrucion du capial dérui e rédui donc le délai de recouvremen. De plus, lors d une caasrophe, les socks de capial les plus endommagés son les équipemens e les insallaions les plus anciens. Ainsi, lors du recouvremen, ils seron remplacés par d aures biens nouveaux e plus sophisiqués. Ce remplacemen de la echnologie peu êre considéré comme un sau posiif du niveau echnique en faveur du processus de producion. Ce qui aura, par la suie, des impacs considérables sur la voie de la croissance (Okuyama e al, 2004). Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles 9

10 Toujours dans un conexe d endogénéié du progrès echnologique, dû à l assurance, Hallegae e Dumas (2009), prévoien qu une fois l assurance es disponible dans les régions à hau risque, elle garanira que la populaion e les enreprises ouchées peuven resaurer leurs aciviés après chaque événemen néfase. De plus, un régime d assurance, mis à disposiion pour une longue période de emps, permera aux enreprises concernées e aux pariculiers de concevoir e d appliquer des sraégies de reconsrucion qui prennen en compe les echnologies les plus récenes. 3. PRÉSENTATION DU MODÈLE ET DES MÉTHODES D ESTIMATION 3.1 Présenaion du modèle Nore objecif dans cee parie es d éudier les effes du développemen du seceur d assurance des caasrophes naurelles sur le PIB/êe. Pour cela, la première éape à faire es le choix d un modèle adéqua. Ainsi, d après Mankiw, Romer e Weil (1992), le modèle de Solow-Swan s écri : Y i = K α(a L i i i )1 α ni avec L = L e e A = A e i 0 0 g+ W θ i. Où, Y : producion, K : sock de capial physique, L : ravail, A : faceur refléan le niveau echnologique e l efficacié de l économie, n : aux de croissance de la force de ravail, g : aux de progrès echnique supposé consan, W : veceur de développemen du seceur de l assurance e représene, ainsi, le faceur clé affecan le niveau de echnologie e l efficacié de l économie, θ : veceur de coefficiens qui relien un indicaeur de performance ou du développemen du seceur de l assurance (le aux de pénéraion) aux aures variables e i e son respecivemen les indices pays e emps. Selon Popp (2006), le progrès echnologique (A ) peu bien expliquer la relaion exisane enre l assurance des caasrophes naurelles e la croissance économique. Sur la même lignée de pensée Albala-Berrand (1993), Okuyama (2003) e Benson e Clay (2004) considèren que les desrucions dues aux caasrophes naurelles peuven favoriser une reconsrucion plus rapide du capial e ce grâce aux nouvelles echnologies. D ailleurs, cee relaion enre l assurance des aléas naurels majeurs e la croissance peu êre expliquée par un processus Schumpeérien 10 Assurances e gesion des risques, vol. 79(1-2), avril-juille 2011

11 de desrucion créarice. En fai, les chocs négaifs son caalyseurs de réinvesissemen e de modernisaion des biens d équipemen. Ces chocs suscien, grâce au progrès echnologique, une croissance plus élevée Démonsraion du modèle L évoluion de l économie es déerminée par : K dk = = sky δ.k d avec, s k es le aux d invesissemen en capial physique. On suppose que : (2) K = I δk e I = S avec δ, es le aux de dépréciaion du capial physique. Sachan que le sock de capial physique par unié de ravail effecif es donné par : k K =. A L Nous pouvons écrire son évoluion comme sui : k d K = d AL. L évoluion du capial physique par unié de ravail effecif k d K = d AL ' K (A L ) (A L ).K = 2 (A L ) K + AL LA K = AL AL AL s Y K A L k k δ = + A L A L k Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles 11

12 avec : A A L L = g : le aux de progrès echnique supposé exogène; = n : le aux de croissance démographique. Donc, Y K k = s (g n) k k s y ( g n).k k δ + = k δ + + A L A L Sachan que, le produi inérieur bru par unié de ravail effecif s écri comme sui : y Y = A L K = ( A L ) A L α 1 α α K = ( AL ) A L α K ( AL ) = α ( A L ) ( A L ) 1 α α K = (A L ) (A L ) A L K = A L α α = K A L α y = k. A L. A L α E en subsiuan (4) dans (3), nous obenons : α k = skk ( δ + g+ n).k. α α A l équilibre nous avons k: k= = 0 0 sksk k = = ( δ ( + δ g+ + gn).k + n).k. (6) (4) 12 Insurance and Risk Managemen, vol. xx(x-x), 79(1-2), xxxx-xxxx April-July

13 Déerminaion de l éa saionnaire de l économie. En uilisan (6), nous obenons: α 1 s k = ( δ + g+ n) k k α s k = ( δ + g+ n).k α 1 s k = ( δ + g+ n) k k. k s = δ + g + n 1 α k sk = δ + g+ n 1 1 α. (7) L économie converge vers un éa saionnaire représené par la relaion (7). D après la relaion (4), nous avons : * * (Y / A L ) = (k ) i i i i * * (Y i / L i ) = (y ) (8) i * * (y ) = (A ) (k * ) α. i i i α La relaion (8), représene la producion par ouvrier à l éa d équilibre e ce pour chaque pays. Le progrès echnologique pour chaque pays à l équilibre, es donné par : A * i = A e i 0 W θ i i. Avec W i : veceur des variables représenan les faceurs qui peuven influencer le progrès echnologique pour le pays i. Dans nore éude, W i es la variable refléan le niveau du développemen de l assurance des caasrophes naurelles. En subsiuan (7) e (9) dans (8), nous rouvons la producion par êe à l éa d équilibre : y * = A 0 e Wθ sk δ + g+ n α 1 α. (10) Pour la linéarisaion de cee relaion, nous appliquons le logarihme, nous obenons : Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles 13

14 Ln y * sk ( ) = Wθ Ln A0e δ + g+ n α 1 α La producion par êe à ravers le emps e par pays. (11) En ajouan les indices emps e individus, l équaion (16) s écri : α α Ln( yi, ) = Ln( A0,i ) + θi Wi, + LnS Ln δ + g+ k i, 1 α 1 α ( n i, ) (12) avec, LnA 0i, LnS ki,, n i,, g e δ son respecivemen la consane pays, les réserves en capial physique, le aux de croissance de force de ravail, le aux de croissance de progrès echnologique e le aux de dépréciaion. Les aux g e δ son supposés consans à ravers pays e dans le emps e leur somme es égale à 0.05 (Mankiw e al., 1992). Comme nous avons déjà vu, le niveau du développemen de l assurance des caasrophes naurelles es considéré comme éan un faceur clé pour expliquer les différences du développemen économique à ravers pays. Selon Douglas C. Dacy e Howard Kunreuher (1969), l assurance des caasrophes naurelles perme de reconsruire le sock de capial physique, ou en incorporan des nouvelles echnologies. (le développemen de l assurance sera représené par la variable W). Pour cela, nous allons essayer de eser les effes du développemen de l assurance sur le développemen économique. avec, Economériquemen, le modèle à esimer s écri : Ln(y ) = α + β Lnk + β Lnlf + β TPE + ξ (13) i i 1 i 2 i 3 i i Ln(y i ) es le PIB réel par êe; α i les effes individuels ou encore la consane pays, avec α i R; Lnk les réserves en capial physique; Lnlf regroupe le aux de croissance de la force de ravail e les aux de croissance de progrès echnologique e de dépréciaion. Sachan que les aux de croissance de progrès echnologique e de dépréciaion son supposés consans à ravers pays e dans le emps e leur somme (g + δ) es égale à 0.05; TPE le aux de pénéraion de l assurance; 14 Assurances e gesion des risques, vol. 79(1-2), avril-juille 2011

15 β' = (β 1, β 2, β 3 )es un veceur des coefficiens à esimer de dimension (3; 1) e; ξ i le erme d erreur de moyenne nulle e de variance égale à σ 2 ξ. Nous considérons un échanillon de T observaions de N processus individuels y i e x i avec, = 1,,T e i = 1,,N. Nous supposons que le processus y i es une foncion linéaire du processus x i défini de façon générale par la relaion suivane : y i = α i + β' i x i +ξ i i = 1,,N e = 1,,T (14) où, x i = (x 1i ; x 2i ; x 3i )' es un veceur de rois variables explicaives Présenaion des variables e leurs sources Les variables qui seron présenées son recueillies pour un panel de 24 pays de l OCDE 2 sur la période Les variables prises dans nore éude son : le produi inérieur bru réel par êe comme variable endogène, le sock de capial physique par êe, le aux de croissance de la force du ravail e un indicaeur relaif au développemen de l assurance. 3 La variable dépendane Nous uilisons, dans nore analyse empirique, le produi inérieur bru par habian comme variable dépendane. Les données, pour les 24 pays de nore échanillon représenaif, relaives à cee variable, son exraies soi des données de l OCDE (2009). Le sock de capial physique par êe Nous calculons le sock de capial physique en uilisan la méhode de l invenaire permanen décrie par Van Poelsberghe (1997). Ainsi, le sock de capial physique «K» de l année es égal à son sock en «1» ajusé d un aux de dépréciaion plus l invesissemen «I» en : K = I + (1 δ)k 1 où I es la formaion brue du capial fixe (FBCF) 4 e δ es le aux de dépréciaion (δ = 6 %) 5. Le sock de capial physique iniial K 0 es égal à l invesissemen iniial I 0 divisé par la somme du aux de croissance annuel ρ de l invesissemen I e du aux de dépréciaion δ de capial physique : K 0 = I 0 /(ρ + δ). Le sock de capial physique par êe es le rappor enre le sock de capial physique calculé e la populaion oale. Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles 15

16 Le aux de croissance de la force du ravail La force du ravail désigne l ensemble des effors physiques e inellecuels fournis par un individu qu il loue à un paron en échange d un salaire. Donc, chaque individu vend sa force de ravail pour dégager une valeur maérielle sous forme d un salaire. Ainsi, selon la Banque Mondiale 6, la force de ravail es calculée selon le nombre de la populaion acive oale. Cee dernière comprend les individus qui respecen les condiions de l Organisaion Inernaionale du Travail (OIT). Ainsi, la populaion acive regroupe ous les individus qui son capables physiquemen de ravailler. Elle regroupe à la fois les employés, les demandeurs d emploi e les personnes qui resen volonairemen au chômage e exclu les ouvriers dans le seceur informel. La variable relaive au développemen de l assurance des caasrophes naurelles (le aux de pénéraion de l assurance «TPE») Dans ce ravail, le aux de pénéraion de l assurance sera reenu comme la variable mesuran le développemen de l indusrie de l assurance des caasrophes naurelles (Mills, 2005 e Smolka, 2006). Ce choix se jusifie, d une par, par le fai «qu un faible aux de pénéraion es considéré comme l un des principaux faceurs de l imperfecion de l assurance des caasrophes naurelles 7» (Asian Developmen Bank, 2009). D aure par, ce choix es conrain par la disponibilié de mesure précise du aux de pénéraion de chaque branche d assurance. Ce aux es ou simplemen calculé pour l ensemble du seceur d assurance ou à la limie, il es fourni pour les deux principales caégories de l assurance : l assurance vie e l assurance non vie. E comme les caasrophes naurelles peuven oucher en même emps plusieurs lignes d assurance (habiaion, auomobile, maladie, décès, inerrupions d acivié, ec), on va uiliser le aux de pénéraion oal comme indicaeur du développemen de l assurance des caasrophes naurelles. La pénéraion de l assurance ou le aux de pénéraion de l assurance es un indicaeur de la performance du seceur. Il es défini par: «les primes en pourcenage du monan du produi naional bru (PNB)» (The Inernaional Associaion for he Sudy of Insurance Economics : The Geneva Associaion, 2009, p 95). Donc ce indicaeur es calculé par le rappor ene les primes d assurance e le PNB. 3.2 Les méhodes d esimaion Nous présenons dans cee parie les résulas des esimaions du modèle représené dans la relaion (13) obenus en uilisan différenes méhodes. Nous proposons d abord des esimaeurs classiques 16 Insurance and Risk Managemen, vol. xx(x-x), 79(1-2), xxxx-xxxx April-July

17 dans le conexe des données de panel els que les modèles à effes fixes ou aléaoires. La méhode des données de panel saique, ne prenan pas en compe la présence de racines uniaires dans les séries, peuven donner des esimaions biaisées e des ess saisiques qui ne suiven pas une loi usuelle de Suden. C es pour cee raison que nous proposons une analyse d inégraion-coinégraion sur panel, en uilisan la méhode des données de panel non saionnaire e plus pariculièremen la méhode des moindres carrés dynamiques (Dynamic Ordinary Leas Squares, DOLS) La méhode des données de panel saique Tess de spécificaion La première éape à éablir pour un échanillon de données de panel es de vérifier la spécificaion homogène ou héérogène du processus généraeur de données. Sur le plan économique, les ess de spécificaion reviennen à déerminer si l on a le droi de supposer que le modèle héorique éudié es parfaiemen idenique pour ous les pays, ou au conraire s il exise des spécificiés propres à chaque pays. Nous commençons à eser l hypohèse d une srucure parfaiemen homogène (la consane e la pene son ideniques). Si les saisiques de Fischer associées au es d homogénéié oale son supérieures au Fischer de la able, nous rejeons donc cee hypohèse. Ensuie, nous esons la présence des effes individuels en supposan ainsi que les β i son consanes pour ous les pays. Après avoir effecué ces deux ess, le modèle reenu sera esimé par deux spécificaions de panel héérogène, où la seule source d héérogénéié provien des consanes individuelles : Y i = α i + βx i + ε i. (15) Pour ce ype de modèle, nous disinguons deux cas : le cas où les paramères α i son des consanes déerminises (modèle à effes fixes) e le cas où les paramères α i son des réalisaions d une variable aléaoire d espérance e de variance finie (modèle à effes aléaoires). Modèle à effes individuels fixes L uilisaion des effes fixes condui à supposer l exisence d un effe spécifique à chaque individu. La prise en compe d un effe spécifique n es effecuée qu au niveau du résidu x i. Dans l esimaion Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles 17

18 d une équaion de croissance, l exisence de ce effe fixe pourrai correspondre à la déenion de faceurs spécifiques à chaque pays non direcemen observables. L esimaeur des Moindres Carrés Ordinaires (MCO) des paramères α i, β' dans le modèle à effes fixes es appelé esimaeur Wihin ou esimaeur LSDV (Leas Square Dummy Variable). La méhode d esimaion consise donc à redéfinir oues les variables auour de leurs moyennes individuelles pour supprimer la consane. L esimaeur du paramère β es donné par la relaion suivane : β LSDV 1 = (x x i )(x x i ) ' (x y )(y y i= 1 = 1 i, i, ) = = i, i i, i i 1 1 N T L esimaeur Wihin, obenu dans le modèle à effes fixes es idenique à l esimaeur des MCO obenu à parir d un modèle ransformé où les variables expliquées e explicaives son cenrées sur leurs moyennes individuelles. Modèle à effes individuels aléaoires D après (Hsiao, 1986), dans le modèle à effes aléaoires, le résidu peu êre décomposé en deux principales composanes de la façon suivane : ξ i = α i + ε i pour ou i = 1,,N avec, α i les effes individuels qui représenen l ensemble des spécificiés srucurelles de la variable endogène, qui différen selon les individus. Le processus sochasique ε i désigne la composane du résidu oal ξ i orhogonal aux effes individuels. Pour le modèle à effes aléaoire, l esimaeur non biaisé peu êre consrui à parir de l esimaeur des Moindres Carrés Généralisés (MCG). β MCG N T N N N N 1 ' 1 = XiQXi + φ ( xi x)( xi x) ' ' T XiQyi + φ ( xi x)( yi y) i= 1 i= 1 T i=1 i= 1 N N N 1 + φ ( x x)( x x) ' ' XiQyi + φ ( xi x)( yi y) ' i= 1 T. i=1 i= 1 i i i 1 Après avoir présené les différens esimaeurs uilisés dans nore ravail. Il convien de savoir quel es le bon modèle pour nore échanillon. Le choix es donc, enre le modèle à effes individuels fixes e le modèle à effes individuels aléaoires. Pour cela, nous procèdons à une analyse de es de spécificaion de Hausman Assurances e gesion des risques, vol. 79(1-2), avril-juille 2011

19 Tes de Hausman Le es de spécificaion de Hausman (1978) es un es de spécificaion des effes individuels. Il ser à discriminer les effes fixes e aléaoires. L hypohèse esée concerne la corrélaion enre les effes individuels e les variables explicaives : H 0 : E( αi \ X i ) = 0 H 1 : E( αi \ X i ) 0. Sous H 0, le modèle peu êre spécifié avec des effes individuels aléaoires e nous devons alors reenir l esimaeur des MCG. Sous l hypohèse alernaive H 1, le modèle doi êre spécifié avec des effes individuels fixes e nous devons alors reenir l esimaeur Wihin. La saisique de es de Hausman appliquée au es de la spécificaion des effes individuels es la suivane : H = (bˆwihin bˆmcg )'[var(bˆwihin bˆmcg )] 1 (bˆwihin bˆmcg ). Sous H 0, la saisique H sui asympoiquemen un Chi-deux (χ 2 ) à K degrés de liberé 8. Résulas d esimaion par la méhode des données de panel saique En uilisan la méhode des données de panel saique pour 24 pays de l OCDE 9 sur la période , nous obenons les résulas présenés dans le ableau 1. TABLEAU 1 EFFETS DU DÉVELOPPEMENT DE L ASSURANCE DES CATASTROPHES NATURELLES SUR LE PIB/TÊTE Variables Wihin (MCO) MCG cs - Lnk LnLF TPE Tes de Hausman p-value 0.07 (3.76)*** (0.57) (1.81)* (27.77)*** 0.06 (3.13)*** (0.76) (3.14)*** (0.001) Les valeurs enre parenhèses son les saiques de Suden. *, ** e *** son les significaiviés respecivemen à 10 %, 5 % e 1 %. Source : Esimaions des aueurs. Le développemen de l assurance des caasrophes naurelles 19

20 D après les résulas d esimaion, e plus précisémen, les saisiques du es de spécificaion de Hausman, nous consaons que l esimaion reenue, pour nore modèle, sera celle du modèle à effes individuels fixes e l esimaeur Wihin sera l esimaeur non biaisé. Ainsi, en uilisan la méhode des données de panel saique pour 24 pays de l OCDE sur la période , nous obenons les résulas présenés dans le ableau ci-dessus. Ce ableau, résume la régression en foncion de la variable TPE, refléan le degré du développemen de l assurance, e des variables de conrôle prises dans ce modèle. Nous consaons, à l issue de ces résulas, que le coefficien de la variable TPE es significaif e posiif. Ainsi, ou développemen de l assurance perme une amélioraion du PIB/êe. De ce fai, les résulas de cee esimaion son imporans puisqu ils viennen confirmer l exisence d une relaion significaive enre le développemen du seceur de l assurance des caasrophes naurelles e le développemen économique. Ce ci vien confirmer les ravaux pionniers de Dacy e Kunreuher (1969) e de ceux plus récens de Popp (2006) qui indiquen que l augmenaion du niveau d assurance conre les caasrophes naurelles es primordiale pour relancer la croissance économique La méhode des données de panel non saionnaire Tess de racine uniaire Lors des esimaions présenées dans le premier ableau, on n a pas pris en considéraion le problème de saionnarié des variables. Ce qui limie la robusesse des résulas obenus éan donné les biais d esimaions des paramères liés à la non-prise en compe des propriéés de non-saionnarié des séries. En effe, e pour pallier à ce problème, une série des ess de racines uniaires son devenus une démarche courane pour l analyse de la saionnarié des séries du panel. Le es le plus fréquemmen uilisé, lorsque la dimension emporelle es limiée, es celui de Im, Pesaran e Shin (IPS) (2003) qui proposen des ess permean de déecer la présence de racine uniaire dans les modèles de ype ADF. Dans cee parie, nous cherchons à éudier l ordre d inégraion des séries e les relaions de coinégraion enre les variables. Pour éudier la non saionnarié, nous uilisons le es d IPS présené par l équaion suivane : ki y = ρ y + y + µ + δ + ε i i i 1 ij j=1 i j i i i avec k le nombre de reards, choisi de façon à éliminer l auo-corrélaion des résidus. 20 Insurance and Risk Managemen, vol. xx(x-x), 79(1-2), xxxx-xxxx April-July

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